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Approche Insurrectionnelle au Cameroun et en Algérie

Texte Informatique

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Approche Insurrectionnelle au Cameroun et en Algérie

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CHAPITRE I : LA PARTICULARITE DE L’APPROCHE CENTREE SUR L’ENNEMI AU CAMEROUN ET EN ALGERIE

SECTION I : L’IDENTIFICATION DE , ET MODES D’ACTIONS AU CAMEROUN ET EN ALGERIE

L’ennemi en contre insurrection est un adversaire irrégulier, c’est-à-dire qu’il ne respecte pas les règles
juridiques, éthiques ou DEPARTEMENTAL opérationnelles communément admises. Son statut lui permet
une double asymétrie juridique et de rationalité et moins d’ordre opérationnel. Leur typologie est donc
variée (P1) ainsi que leur structure et mode d’action (P2).

Paragraphe I : La typologie de l’ennemi insurgé au Cameroun et en Algérie

Le Cameroun tout comme l’Algérie connaissent aujourd’hui des menaces engendrées par la
transformation du concept de sécurité ce qui entraine l’émancipation des acteurs non étatiques, parmi
lesquels ceux des violences armées illicites. Ainsi, au Cameroun, l’on remarque ces dernières décennies,
une pluralité ou diversités d’acteurs insurgés (A), tandis que l’on note en Algérie une domination
d’insurgé religieux qui s’appuie sur une idéologie religieuse (B).

La diversité des acteurs insurgés au Cameroun et leurs objectifs

Le Cameroun, après avoir connu une insurrection à la période marquant les indépendances, est passé par
une accalmie relative jusqu’aux années 1990. Cette période est marquée par une résurgence des
phénomènes d’instabilités. L’on connait tour à tour les coupeurs de route dans le septentrion, les actes de
pirateries maritime dans sa façade atlantique, les enlèvements des personnes et les prises d’otages, et
surtout le mouvement Boko-Haram dans la zone du lac Tchad et les mouvements sécessionnistes dans les
régions du nord-ouest et du sud-ouest. Ainsi donc, comme acteurs insurgé au Cameroun de nos jours, l’on
a la secte islamiste Boko-Haram, les mouvements sécessionnistes aux Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour
ne citer que ceux-là.

Par définition une insurrection vise le renversement de l’ordre social existant entre gouvernant et
gouverné pour mettre en place le nouveau modèle politique auquel aspire ce dernier en agissant à
l’intérieur de la nation ou même en empêchant la mise en place d’un changement 1 politique contraire à
leurs dessins. L’insurrection vise donc une entreprise délibérée et méthodique de destruction par la
violence et la subversion de la structure socio-politique existante.

Au départ, l’intérêt de Boko-Haram était d’aménager une base arrière de repli dans la guerre qui
l’opposait à l’armée nigériane, de sécuriser les couloirs d’approvisionnement par la connexion des espaces
sanctuarisés et de contrôler les zones de prélèvement des ressources humaines, logistiques, militaires,

1
Doctrine inter armée de contre insurrection (DIA –3.4.4-n°253)
matériels ,informationnelles et alimentaires. Par la suite, il était question de favoriser l’éclosion d’une
société nouvelle adossée sur la loi islamique2 (PR J.-[Link] EBODE, le conflit Boko-Haram au Cameroun
pourquoi la paix traine- t-elle ?). Pour les mouvements sécessionnistes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest
(NOSO), il s’agit de se soustraire à la souveraineté de l’Etat du Cameroun en créant un Etat indépendant.

L’insurge religieux, acteur dominant en Algérie.

A côté du problème identitaire des kabyles, qui font partie intégrante de l’Algérie, et du problème
transnational Touaregs entre le Mali et l’Algérie qui constitue les principaux mouvements identitaires en
Algérie. L’on souligne à grand trait le problème de l’intégrisme religieux avec sec différents courants
salafistes tel que AL-QUAIDA au Maghreb arabe. cette partie du continent est en proie à l’extrémisme
religieux. Pour le cas spécifique de l’Algérie, après la guerre révolutionnaire menée par le Front National
de Libération (FNL) lors des indépendances, ces dernières décennies sont marqués par les crises
identitaires (le problème de la Kabylie et des Touaregs), et surtout l’accentuation de l’intégrisme religieux
qui sous-tend les mouvements de contestation dans ce pays. L’objectif principal étant une application plus
stricte de la loi islamique.

De façon générale, les conflits aux Cameroun et en Algérie résultent des référents identitaires, ethniques,
religieux ou nationalistes. Cette partie était consacrée à l’identification de l’ennemi insurgé, à présent il
faut examiner leurs structures et modes d’action.

Paragraphe II : structure et mode d’action de l’ennemi insurgé

La structure(A) et les modes d’actions (B) de l’ennemi insurgé constituent la trame de fond de ce
paragraphe.

La structure des mouvements insurgés

Les insurrections récentes semblent le plus souvent constituées de mouvances de groupes plus ou moins
autonomes agissant en systèmes de réseaux. Ce qui constitue une nouveauté par rapport aux
mouvements insurgés généralement constitués de façon hiérarchique pendant les guerres de
décolonisation au Cameroun et en Algérie.

De nos jours, les insurrections sont formées par des systèmes complexes, plus ou moins coordonnés et
évolutifs, de réseaux de groupes insurgés distincts. Chacun de ces groupes se caractérisent par :

-Ses motivations qui peuvent être strictement d’ordre politique, d’ordre idéologique ou religieux, d’ordre
économique voir criminel. Elles peuvent aller de la simple recherche du profit ou fanatisme le plus
extrême. Ces motivations sont souvent imbriquées et évoluent dans le temps. Des revendications

2
NtudaEbode J.V « Le conflit Boko –Haram au Cameroun pour quoi la paix traine-t-elle ? »
politiques peuvent masquer des intérêts économiques comme on le voit avec la crise sécuritaire au NOSO
du Cameroun.

-Ses capacités (effectifs, armement, ressources financières, entrainement, discipline) qui sont plus ou
moins développées et qui constituent ses modes d’actions réguliers et irréguliers. Elles peuvent autoriser
à mener des actions militaires d’envergures de type conventionnel ou au contraire, contentent à des
actions très limitées de type terroriste. On le voit aussi dans les théâtres d’Opérations au Cameroun et en
Algérie.

-La légitimité qui est variable. Un groupe peut avoir une forte assise locale et ne pas être reconnu au
niveau régional et inversement. Le niveau de légitimité d’un groupe au niveau du théâtre des opérations
conditionne sa liberté d’action sur le théâtre de même que sa légitimité au niveau régional voire
international conditionne le niveau de soutient humain et matériel dont il peut bénéficier de l’étranger.

Ainsi, chaque groupe est généralement composé d’un noyau de membres permanents qui sont les cadres,
les combattants, les agents infiltrés, et des membres non permanents ou intermittents.

Les modes d’actions de l’ennemi insurgé

La grande liberté d’action et de circulation des insurgés3 du fait de leur dissimulation au sein de la
population et de leur affranchissement par rapport aux contraintes normatives respectées par les forces
de défense et de sécurité et surtout de leurs capacités et connivences à tous les niveaux de la société,
constitue leur principal atout. La dualité des insurrections peut conduire parallèlement à leurs activités
irrégulières des activités régulières d’ordre politique et religieux à travers une vitrine légale ; ce qui rend
encore plus complexe l’identification et la neutralisation des insurgés.Z

Les types d’actions violentes des groupes inHHHHHsurgés vont de l’attentat terroriste, éventuellement
suicide à l’attaque militaire conventionnelle, en passant par le harcèlement de type guérilla. Elles
dépendent des caractères spécifiques de chaque groupe (motivation, capacité, légitimité). Mais du fait du
choix de l’asymétrie par les insurgés, ils relèvent généralement du principe de contournement de la
supériorité opérationnelle des forces de sécurité et du renoncement à l’affrontement direct avec des
armements modernes. La sélection des modes d’actions est avant tout guidée par leur impact
psychologique sur les opinions publiques. Malgré la faible envergure de leurs actions tactiques, les
insurgés cherchent à en maximiser l’effet stratégique. Les actions s’adaptent aux ripostes des forces de
l’ordre. Ils réagissent rapidement à la nature, aux moyens et aux modes d’action des forces de défense et
de sécurité. Ainsi, lorsque les forces de défense et de sécurité mettent l’accent sur des modes d’actions
plus coercitifs, les insurgés évitent la confrontation et privilégient les voies indirectes tels que le
harcèlement et le terrorisme. Ils adoptent le comportement des criminels s’ils font face aux forces de
police.

Les groupes insurgés actuels bénéficient de l’accès aux nouvelles technologies disponible sur le marché.
La nouveauté réside dans leurs accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication
disponible sur les marchés civils ( téléphone satellite , internet )ces derniers leur permettent une
3
Marc-Louis Ropivia ,Géopolitique de l’intégration en Afrique noire, Paris .L ,Harmattan,1994.
information et communication plus facile que dans le passé , et ouvre l’accès aux médias nationaux et
internationaux, aux réseaux sociaux et donnent à leur propagande une visibilité. Ils exploitent ces atouts
pour magnifier leur combat et subvertir les opinions. Outre l’accès aux TIC, les insurrections modernes
peuvent accéder plus facilement qu’auparavant à des capacités militaires jusqu’alors réservées aux seules
forces militaires (vision nocturne, armement sophistiqué, capacité de type nucléaire).

Au terme de cette partie centrée sur l’indentification de l’ennemi insurgé et de leurs structures et
mode d’actions, au Cameroun et en Algérie, l’on note une diversité d’acteurs insurgés au Cameroun, ils
vont des réseaux aux bandes criminelles en passant par des revendications identitaires, voire religieuses
et même des terroristes. En Algérie, l’on relève aux cotés des insurgés identitaires dont les velléités sont
autonomistes et indépendantistes, la dominance de l’insurgé idéologique et notamment religieux. Leur
structure et leur mode d’action ont été passés en revue, l’on remarque qu’ils agissent en groupe plus ou
moins autonomes agissant en systèmes de réseaux, composés de cadres, de combattants et des
intermittents ; ils bénéficient d’une grande liberté d’action et de circulation. Leurs actions violentes vont
du terrorisme à l’attaque militaire conventionnelle en passant par le harcèlement de type guérilla. Ce qui
permet un traitement particulier de l’ennemi.
SECTION II : LE TRAITEMENT DE L’ENNEMI INSURGE AU CAMEROUN ET EN ALGERIE

Pour pacifier un territoire, il faut entreprendre la destruction des forces insurgées, mais en se gardant de
croire que la pacification sera obtenue par la mise hors combat de ses forces. Les opérations militaires
sont donc une condition indispensable. Elles se déclinent en opérations purement militaires et de combat
(Paragraphe I) et en des opérations non combattantes mais opératives au service de l’objectif politique de
réconciliation (paragraphe II).

Paragraphe I: Le traitement de l’ennemi insurgé par des opérations non combattantes

En contre insurrection, la conduite de la manœuvre opérative doit en permanence combiner


l’approche vis-à-vis du terrain et des insurgés(A) et celle vis-à-vis des populations et élites (B).

La méthode vis-à-vis des insurgés et du terrain

Une stratégie attrition est la plus part du temps, inutile et contreproductive 4. La base populaire dont
dispose les insurgés leur fournit un réservoir de ressource humaine quasi inépuisable surtout lorsque
l’insurrection n'a pas été isolée de ses soutiens extérieurs.

Les forces de défense et de sécurité cherchent à confiner et à désagréger l’insurrection c’est-à-dire


connaitre dans le but de comprendre les différents groupes d’insurgés, leurs ambitions, leurs motivations,
leurs capacités, leur légitimité au sein de la population mais également leurs relations, leurs rivalités, leurs
soutiens extérieurs5. Pour ce faire, la fonction de renseignement est fondamentale. Les forces de défense
cherchent à rallier le maximum de groupes réconciliables dans le cadre du projet de réconciliation, mais
être aussi à mesure de négocier en position de force. Pour ce faire, il faut maintenir le contact en
permanence avec le maximum de groupes insurgés soit directement soit par l’intermédiaire de
correspondants appropriés et maintenir une porte ouverte aux moins radicaux. Ce ralliement s’appuie sur
un processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) structuré, en particulier pour ce
dernier volet qui mérite un financement adéquat. Tel qu’il a été mis sur pied au Cameroun par le Chef de
l’Etat Chef Suprême des Forces Armées Son Excellence Paul BIYA à la suite des crises de boko-haram et
sécessionniste du NOSO.

En même temps, les forces de défense et de sécurité isolent les groupes insurgés en les repoussant dans
les terres peu peuplées afin de réduire leur emprise sur la population en les coupant de leurs soutiens
extérieurs. Au même moment, ils divisent l’insurrection en cloisonnant les groupes physiquement et par
des négociations différenciées selon chaque groupe tout en exacerbant leurs rivalités.

4
[Link] « Guerre révolutionnaire et pacification »Revue militaire d’information n°280, janvier 1957.
5
Jean [Link], NicoleVilboux « Contre insurrection et « Nouvelle »doctrine militaires »
Par rapport au terrain, les forces de défense et de sécurité réduisent la liberté de manœuvre de
l’insurrection en contrôlant étroitement les zones clés du théâtre des opérations, surveillant les frontières
pour couper les insurgés de leurs soutiens et de leurs bases extérieures, étendent les zones contrôlés de
façon progressive et évitent qu’elles ne retombent aux mains des insurgés. Cela entame la confiance des
populations envers les forces de l’ordre. Si cela advient, les insurgés l’exploitent à des fins de propagande.

En situation de contre insurrection, les forces de l’ordre doivent éviter que les zones non contrôlées
soient utilisées librement par les insurgés. Il est nécessaire qu’elles créent et entretiennent l’insécurité 6
des insurgés dans les zones qu’elles ne contrôlent pas directement et qui peuvent devenir des zones
refuges. Cela, en combinant la surveillance et le renseignement.

La méthode vis-à-vis de la population locale et des élites

Pour priver les insurgés du soutien populaire, les forces de défense et de sécurité soutiennent en
symbiose avec les élites et les acteurs politiques locaux, une alternative politique à la propagande
adverse. Ils appuient ce projet politique par des opérations d’informations : convaincre, démentir, agir au
profit de la population, elles luttent contre la propagande adverse, diffusent une image positive de la
force en faisant effort sur les zones sous contrôle afin de persuader les zones limitrophes de rejeter les
insurgés.

Par ailleurs, ils cherchent à réduire les motifs d’insatisfaction de la population en liaison avec les acteurs
civils de la reconstruction pour contribuer à la reprise des activités économiques. C’est dans cette optique
que le programme de reconstruction a été lancé pour les zones en crise au Cameroun. Il est impératif
d’éviter les dommages collatéraux, de contribuer à la protection de la population. Le contrôle de la
population doit être favorisé par des couvres feux et la mise en place des barrages routiers et la
restriction de déplacements et regroupements de la population.

Les forces de défense doivent ainsi développer et entretenir des relations suivies avec les autorités
officielles, les notables, les autorités coutumières, religieuses et économiques 7. De plus, ces derniers
doivent être identifiés sous l’angle de leur obédience politique ethnique et religieuse, de leur convictions
par rapport au pouvoir en place et à l’insurrection, leur allégeances réelles ou affichées éventuellement à
des réseaux criminels et leur influence réelle sur la population.

L’identification de ces cadres autochtones et l’entretien des relations appropriées avec eux exigent une
connaissance fine des structures sociales, de la culture, ainsi que de ses us et coutumes de façon à
adopter un comportement adapté.

Ces mesures qui visent à traiter l’ennemi sont réputées non combattantes par rapport à d’autres qui
visent tout aussi à traiter l’ennemi mais plus précisément à le neutraliser.

Paragraphe II : La neutralisation de l’ennemi par les moyens militaires : la destruction des insurgés

6
Robert Thompson, « Les principes fondamentaux de la contre insurrection »
7
Joint Dctrine publication(JDP) 3-40
Pour détruire définitivement les insurgés, il faut supprimer leur support. L’infrastructure politico-militaire
révolutionnaire qui permet à l’adversaire de contrôler la population, (Jacques HOGARD cité par Samuel
sylvain NDUTUMU dans la théorie africaine de la contre insurrection). Selon ce théoricien, de l’école
française de la contre insurrection, ces opérations n’ont d’intérêts que dans la mesure où elles favorisent
la politique générale de pacification. Ainsi, pour détruire les insurgés, une opération de bouclage est
nécessaire (A) et une opération de type tourbillon combinés aux actions locales (B) permettent de
comprendre la destruction de l’ennemie au Cameroun et en Algérie.

La destruction de l’ennemie par l’opération de bouclage

L’opération de bouclage, selon jacques HOGARD cité par Samuel sylvain NDUTUMU dans la théorie
africaine de la contre insurrection, vise à encercler puis détruire une unité insurgée. C’est une disposition
continue établie le long d’une ligne définie et visant à isoler une portion de terrain ou à minima de
signaler tout franchissement de cette ligne par l’adversaire. Il vise essentiellement à isoler un objectif
précis, mettre en place un dispositif favorable à des actions de ratissage tel que l’opération de ratissage
dénommée Bamenda Clean. Dans ce genre d’opération, il faut disposer suffisamment de temps pour
effectuer immédiatement après les opérations de combat contre les bandes armées, une fouille complète
de la zone, ces délais seront d’autant plus longs que la population est contaminée ou terrorisée par les
insurgés.

Les opérations de type tourbillon et les actions locales

C’est un procédé de nomadisation en permanence des unités en densité suffisante et chacune dans sa
zone, à travers des patrouilles, des reconnaissances, des embuscades, des fouilles, etc. Ces opérations
sont plus efficaces. En effet, sous réserve qu’elles soient conduites dans la durée, les insurgés sont
considérablement gênés par des actions incessantes de nomadisation. Quelques succès d’abord mineur
en entrainent d’autres plus important, car les renseignements collectés deviennent plus précis et les
langues des habitants se délient peu à peu. En revanche, les opérations de troisième type sont le lot
quotidien de toutes unités implantées qui s’efforcent de pacifier leur sous quartier, des embuscades, des
patrouilles, et des coups de main font régner l’insécurité chez les insurgés, permettant de capturer agents
de liaison et combattants. Elles permettent aussi de collecter des renseignements précis et contribuent à
détruire et à désorganiser l’infrastructure des insurgés. Ces opérations donnent l’ascendant aux unités
sur l’adversaire dont elles connaissent les forces et les faiblesses. Elles Persuadent la population que les
autorités légales sont fermement décidées à rester et à rétablir l’ordre publique et contribuer ainsi à faire
progresser la pacification. C’est en raison de ce critère locale du combat contre les surgés que l’on a pu
dire que la contre insurrection était avant tout « une guerre de capitaines et de lieutenants « HOGARD
pense à cet effet que les plus grands succès peuvent être espérés chaque fois qu’on confie une zone à une
petite unité (bataillon, compagnie) avec la mission de pacifier.
Dans certains cas, un blocus économique qui gêne considérablement l’insurgé est nécessaire, si les
caractéristiques de la zone le permettent (région difficile d’accès, peu peuples). Cette tactique pourra
durcir en créant une zone interdite que l’on prive de ses capacités productives en retirant la population en
détruisant les cultures en empoisonnant des points d’eaux en évacuant le bétail et en y pourchassant les
insurgés qui subsisteraient. Il faut également privilégier des actions de type « commando » à objectif
précis plutôt que d’envisager de grandes opérations.
CONCLUSION DU CHAPITRE I

L’adversaire a changé, il est désormais polymorphe et évolue délibérément au sein de la


population, nous avons vu sa composition sa structuration et ses modes d’actions, nous avons vu aussi
des moyens pour le détruire. L’adversaire aujourd’hui n’est plus nécessairement une armée
conventionnelle il est devenue un adversaire irrégulier qui utilise la subversion, les assassinats, les
attentats, les enlèvements, le terrorisme et n’hésite pas à affronter les forces de défense. Il évolue au sein
de la population pour se protéger et saper la légitimité des armées, dans ce type de guerre, ou
l’affrontement des volontés se fait dans le but de modifier le comportement de l’autre, le soutien des
populations devient prioritaire, ce d’autant plus que la bataille se fait au niveau des visions et des
perceptions. L’impératif de rallier les populations passe par l’effort de renforcement des capacités de
renseignement pouvant permettre de comprendre les intentions de l’ennemi et de le débusquer parmi les
populations. Pour ce faire, il est nécessaire de s’ingérer dans une approche qui vise à mettre la population
en confiance, c’est une approche dite populo-centrée. L’approche centrée sur l’ennemie qui présente la
faiblesse, de négliger les dégâts collatéraux s’avèrent inadaptée, inappropriée.
CHAPITRE II : LA SINGULARITE DE L’APPROCHE CENTREE SUR LA POPULATION AU CAMEROUN ET EN
ALGERIE

La plupart des menaces à la sécurité et à la stabilité des Etats africains ne sont plus liées à des conflits
entre Etats ou à des agressions extérieures. Mais, ce sont des conflits entre l’Etat et les groupes de
populations civiles insurgées. Ces derniers vivent le mal être, la pauvreté, les inégalités. Ainsi, animés
par des motivations d’ordre politique, idéologique, confessionnel, elles décident malheureusement
d’emprunter la voie de la violence pour contester l’autorité de l’Etat, espérant ainsi changer l’ordre établi.
La sureté physique des populations ; leur bien-être économique et social, le respect de leur dignité et
valeurs en tant qu’êtres humains et surtout la protection de leur droits et libertés fondamentaux repose
sur l’émancipation de la population. En les libérant de la peur, du besoin et les faisant accéder à la justice
sociale, on pose par-là les jalons d’une stabilité durable au sein de l’Etat. C’est la raison pour laquelle la
population est au cœur des batailles dans les luttes contre insurrectionnelles. Car, celui qui contrôle la
population, à défaut de gagner la guerre, dispose d’un avantage stratégique et opérationnel très
important. De plus, la population est l’une des composantes fondamentales de l’existence de l’Etat en
droit car c’est le triptyque territoire, population et gouvernement qui donne une définition à l’Etat.

Des lors, en contre insurrection, l’approche centrée sur la population vise à protéger ces
derniers, à leur redonner confiance en l’Etat. Il s’agit donc de les protéger contre les menaces, des
situations critiques auxquelles elles font faces en contexte insurrectionnelle. La population se trouve ainsi
au cœur des enjeux tant pour les insurgés que pour les forces de défense. La protection de la population
pendant la guerre contre insurrectionnelle prend une signification particulière. Dès lors, l’approche
centrée sur la population au moment de la contre insurrection poursuit des objectifs clairs (SECTIONI) qui
vise la défense de la population et la création des conditions de reprises économique idoines, à ce niveau,
nous verrons comment la symbiose entre armée et population agit pour défendre le territoire national à
travers le concept de de défense populaire au Cameroun (SECTIONII).

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