Systèmes Productifs Locaux en France
Systèmes Productifs Locaux en France
Actes du colloque
→ AVANT-PROPOS 5
→ TABLES RONDES
•En Italie 17
•En Espagne (plus précisément en Catalogne) 20
•Au Portugal 22
→ DISCOURS DE CLÔTURE
•Discours de Mme Dominique VOYNET, Ministre de l’Aménagement du
Territoire et de l’Environnement,
prononcé par M. Jacques ARCHIMBAULT (Conseiller technique) 37
… /…
Les débats ont confirmé que le développement des systèmes productifs locaux passe par une
réelle culture partenariale. Les PME en réseau doivent d’abord dépasser le paradoxe qui
subsiste entre volonté de collaborer et réflexe de rivaliser avec la concurrence. Elles doivent
ensuite s’organiser pour accéder aux informations relatives à l’innovation, clé de leur
compétitivité. Elles peuvent aussi s’associer dans la conduite de dispositifs communs de
formation et de gestion des compétences. La manière dont elles réussissent à cibler et
structurer en commun leur exportation est un atout non négligeable. Dans tous ces domaines,
les pratiques sont diverses et doivent beaucoup aux personnalités qui portent les projets, aux
structures d’animation et à la culture qui règne dans les PME.
Les débats ont aussi souligné que le développement des systèmes productifs locaux nécessite
l’appui des pouvoirs publics. La signature des contrats de plan Etat-régions 2000/2006 est une
occasion pour le Gouvernement d’apporter son soutien. Mais plus généralement, l’État doit
montrer aux entreprises l’intérêt qu’elles ont à coopérer pour être plus à même d’aborder la
compétition mondiale. Il doit aussi faire évoluer son système d’aide, aujourd’hui
essentiellement tourné vers l’entreprise isolée, pour tenir compte des regroupements et des
coopérations interentreprises et favoriser leur développement.
Autant de points débattus au cours de cette journée qui montrent l’intérêt économique et
territorial du développement des systèmes productifs en France.
En 1998, la DATAR lançait un appel à projets sur les Systèmes Productifs Locaux et dix
candidatures dont cinq projets retenus, émanèrent de la région Midi-Pyrénées.
En tant que partenaire de ces procédures liées au développement local dans cette région, le
Préfet remarque qu’il existe un lien très fort entre ces SPL et le développement des territoires,
mais longtemps les concepts d’aménagement du territoire ont eu du mal à rendre compte des
différentes formes de développement qui y ont émergé et ceci pour quatre raisons :
Ainsi, se voit renouvelée la notion de territoire qui pourrait devenir ce référentiel global qui
fait souvent défaut à l’efficacité des projets de partenariat.
L’expérience des SPL se trouve donc en plein cœ ur de l’actualité de la préparation des futurs
Contrats de Plan Etat-régions et des prochains programmes européens. Ceci légitime à la fois
la réflexion approfondie à laquelle ce colloque contribue aujourd’hui et l’intervention des
Pouvoirs Publics dans un cadre concerté, afin que tous disposent d’éléments de choix
cohérents, avec cependant le souci d’éviter de faire des SPL un système figé qu’il s’agira
plutôt d’accompagner que de contraindre.
M. GUIGOU, en introduction à son intervention, émet tout d’abord un souhait, celui que dans
les Contrats de Plan Etat-régions, chaque région contractualise, dans le volet territorial, cinq,
six ou sept SPL...
Un événement n’apparaît jamais déconnecté de l’histoire souligne-t-il... Et si aujourd’hui les
Districts à l’italienne, les Clusters, les SPL, sont à l’ordre du jour, c’est que les mutations de
la société depuis 1974, 1976, aboutissent à leur mise en œ uvre.
Mutations donc, de notre société. Sachons alors qu’un SPL, un district à l’italienne, ou un
Cluster, ce sont des entreprises d’un même secteur qui se rassemblent pour mutualiser des
fonctions et produire un environnement adéquat. Les chefs d’entreprises ne peuvent en effet
faire face sur tous les fronts. Ils doivent rechercher des économies internes et des économies
externes ; donc Chambres de Commerce, AFPA (Association nationale pour la Formation
Professionnelle des Adultes), IUT, Centres de Recherche, Universités, doivent travailler
ensemble en relation avec la vocation du lieu. Car il faut qu’il y ait une vocation du lieu pour
qu’existe le territoire au sens évoqué précédemment ; que tout le monde s’arc-boute sur la
spécialité, comme nous le verrons dans les exemples suivants : c’est cela un district ou un
SPL.
Il existe des ”SPL” aux États-Unis, mais le propre de l’Europe, ce sera de leur donner ou de
leur conserver une marque culturelle, une marque orientée vers la démocratie économique. En
un mot, il ne s’agit pas seulement d’un objet d’économie, mais d’un objet de civilisation.
M. COURLET insiste sur le fait que la notion de SPL est un outil important pour mieux
appréhender la logique du développement d’un tissu local de PME et qu’il s’agit bien d’un
concept stabilisé, reposant sur de nombreuses analyses effectuées tant en France qu’à
l’étranger.
Le SPL est un outil pour rechercher les conditions de mise en œ uvre d’une politique
économique territoriale et en insistant un peu, on peut dire que le Système Productif Local
peut être vu, pour reprendre l’expression d’un économiste français célèbre François
PERROUX, comme une ”communauté active de régulation de décisions, permettant une
intervention dans la localisation, la création et la répartition des ressources”.
Ainsi, avec le SPL, un nouveau rôle est attribué au territoire, qui devient en quelque sorte la
cible de l’action publique.
Pourquoi avoir engagé cette démarche ? Trois points importants méritent d’être soulignés :
- le SPL n’existe pas qu’en Italie ; il s’agit, de l’Italie au Danemark, de l’Europe du sud aux
pays émergents, d’un phénomène mondial ;
- le SPL n’est pas non plus un archaïsme, contrairement à ce que certains bassins
nourris d’industries traditionnelles pourraient laisser croire. L’existence de districts
technologiques comme celui de Labège ou agroalimentaires le prouve, de même que les
capacités (et les nécessités !) d’adaptation des SPL au processus de globalisation ;
- et, enfin, le SPL met l’accent sur la production de valeurs : les avantages comparatifs
durables dans une économie mondialisée sont à rechercher dans le tissu local ; ceux-ci
proviennent de la concentration de compétences, de savoirs, d’institutions et de concurrents
au sein d’un tissu local.
L’identification n’est donc pas le label qui donnerait droit à tel ou tel avantage, mais une
démarche qui vise à développer des dynamiques territoriales fondées sur la concentration de
PME.
- pour certains, le SPL est un concept relativement restrictif, d’où l’idée de label, de club, ou
encore de lobby à Bruxelles pour faire reconnaître quelques SPL comme espaces d’action ;
- pour d’autres, le SPL accepte une définition élargie, qui renvoie à une concentration
géographique de PME spécialisées, première étape d’un SPL. Les résultats rapides que M.
SAGET expose ensuite ”naviguent” entre ces deux tendances, sans toujours parvenir à les
distinguer.
Cinq critères donc, plus une recommandation, qui serait que chaque SPL intègre ses propres
outils d’auto-analyse ou de diagnostic stratégique qui lui permette d’avoir une lecture plus
explicite du système.
Constatons que le cœ ur du SPL, ce sont bien les entreprises, appuyées par des partenaires
locaux mobilisant des ressources locales.
Au total, apparaît un ”potentiel” de 150 à 200 SPL reconnus, émergents, ou à émerger... Une
véritable ressource qu’il s’agit maintenant de valoriser.
A MOREZ...
M. CRESTIN-BILLET expose ensuite les grandes lignes de la démarche concrète suivie par
le SPL de Morez :
- premier temps : création du groupement ”Alutec”, qui s’est occupé des problèmes de
recherche technologique ;
- deuxième temps : signature d’un premier Contrat de Progrès investissant 4,5 millions de
francs, financé par la profession (1,5 millions de francs), la région, le département, la DRIRE,
la DATAR, et les fonds européens. Un chef de projet a été mis à disposition pour assurer les
actions collectives ; il a coordonné la réflexion, en analysant notamment la concurrence afin
de déterminer une stratégie ;
- troisième temps, un deuxième Contrat de Progrès (17,5 millions de francs, dont 5 provenant
des entreprises). Cette fois, il y avait quatre volets dans la démarche:
- un volet ”technologique”, avec création d’un laboratoire, création d’un poste d’ingénieur et
d’un centre de documentation avec une documentaliste,
- ce volet technologique a débouché sur une démarche ”qualité collective”, à laquelle 35
entreprises se sont associées, l’objectif étant que 30 entreprises soient labellisées Iso 9000
sachant que six le sont déjà,
- un volet ”exportation”, dont l’objectif principal est de reconquérir le marché USA, grâce à
une stratégie collective,
- un volet ”communication”, avec l’organisation d’un concours international de design, la
création d’un poste d’attaché de presse et d’un site Internet.
Une analyse rapide de cette expérience montre que des efforts sont encore à fournir,
notamment sur le plan de la communication interne au SPL, et de l’implication des chefs
d’entreprises dans les actions collectives. Il s’agit aujourd’hui d’aller encore plus loin pour
s’intégrer durablement et efficacement dans le phénomène de globalisation. Ce que l’on
souhaite, c’est rester dans le bassin. L’innovation, la créativité, la réactivité sont nos atouts
essentiels.
Thiers, c’est 50 000 habitants, 50 % de l’emploi est industriel ; le taux de chômage y est
relativement faible. Un tissu dense de PMI regroupe 180 entreprises de plus de dix salariés,
dont 20 de plus de 100. La coutellerie a fait émerger de nombreuses activités :
- forge et estampage ;
- découpage et emboutissage ;
- usinage et décolletage (la première entreprise européenne est sur le site de Thiers) ;
- injection des matières plastiques, thermoformage et traitement de surface ;
- emballage.
L’origine de l’activité coutelière à Thiers daterait du XIIIème siècle. Ce serait les premières
croisades qui, revenant d’Orient, auraient ramené le savoir-faire du traitement de l’acier. Plus
de 700 couteliers au XVIIIème siècle. 10 000 emplois au début du XXème, et aujourd’hui 130
entreprises et 130 sous-traitants qui n’emploient que 3 000 personnes.
Le chiffre d’affaire global : 1,3 milliard de francs dont à l’export : 18 % ; ceci est un point
faible sur lequel le bassin devra travailler. Thiers, c’est 75 % de la production coutelière
française.
A ROUBAIX...
Alors, à quoi sert de créer un SPL à Roubaix, pour un secteur de production qui est quasi
totalement délocalisé ? Tout d’abord, parce que les capacités de production existent !
De plus, le ”circuit court” offre des possibilités telles que produire en 10 jours ; ce qui n’est
pas faisable à 10 000 kilomètres. Et puis, il y a le réassortiment. Si la grande distribution
manque de quelque 1000 exemplaires d’un article, il faut pouvoir les lui fournir. Enfin, il ne
faut pas négliger le fait qu’un tel système puisse contribuer à améliorer les gammes et les
produits.
Cela a fait que les fermetures massives des entreprises de 100 à 500 employés il y a 10, 15
ans, ont été suivies de manière assez spontanée par la création de petites unités de 10 à 50
salariés, se lançant dans le façonnage. Or, ces unités se sont trouvées en butte à deux
faiblesses :
De plus, comme nous voulions aller plus loin collectivement, tous les chefs d’entreprises ont
signé une Charte éthique reposant sur les trois points suivants :
- respect de la législation française... il vaut parfois mieux l’écrire que simplement le dire... ;
- solidarité entre les entreprises ;
- solidarité vis-à-vis de l’emploi. Il s’agissait ici de favoriser le recrutement de jeunes, des
handicapés et des chômeurs de longue durée et de transformer nos entreprises en
entreprises insérantes.
Trois chiffres pour conclure, qui montrent l’importance du nouveau souffle ainsi apporté à
ce territoire :
M. LEGER, Président du Club des districts industriels français présente la démarche qui,
depuis le district de la Vallée de l’Arve, a mené à la création du Club des districts industriels
français.
La Vallée de l’Arve se situe entre Genève et le Mont-Blanc. Elle est le prolongement naturel
d’un système productif horloger qui a évolué en district industriel du décolletage, grâce
notamment à :
Aujourd’hui donc, domine un métier : le décolletage qui représente sur un bassin de 60 000
habitants, 12 000 salariés distribués sur 500 PME, 70 % du décolletage sous-traité en France,
25 % à l’exportation. Comme dans tous les SPL, il s’agit d’une part prépondérante
d’entreprises familiales dont 75 % ont moins de 20 salariés.
Mais aujourd’hui le rachat d’entreprises par des groupes étrangers accélère notre réflexion sur
le devenir du district industriel, d’autant que celui-ci s’est tout de même enrichi d’un
environnement complet en amont et en aval.
Il faut conforter l’aire de production vers une aire système utilisant toutes les compétences
locales. Donc, élargir des stratégies communes à l’ensemble des SPL, par le biais d’une
réflexion anticipatrice.
C’est dans le prolongement de ces réflexions qu’a été créé le Club des districts industriels
français le 9 juillet 1997. Actuellement, il compte 17 bassins représentant plus de 5 000
entreprises.
Réunir tous ces représentants des SPL a été une réussite, mais n’oublions pas que ce sont bien
les entreprises qui feront le succès de l’opération et que, sans elles, il ne se passera rien.
EN ITALIE...
M. BALESTRI, Secrétaire du Club des districts industriels italiens, propose une présentation
générale des SPL en Italie.
Les recherches sur la compétitivité ne s’attardent souvent que sur deux notions, à savoir : les
problèmes économiques internes à une entreprise, ou les problèmes de politique économique
”tout court”. Les districts présentent l’originalité de tenir compte de l’aspect territorial de ces
problèmes ; ils ont pris une importance toute particulière en Italie. A noter qu’il n’existe en
Italie aucune entité administrative ou juridique affectée aux districts industriels, mais des
recherches en ont identifié environ 200.
C’est donc justement sur les marchés globaux que l’importance de ces lieux est significative
et ceci sur la souche de traditions artisanales.
Le cas des districts industriels italiens est intéressant aussi d’un autre point de vue.
Alors que les politiques de développement régional tendent à attirer capitaux et ressources
entrepreneuriales de l’extérieur, les districts montrent que l’on peut avoir intérêt à mobiliser
les ressources et les énergies locales.
Mais il est clair que les programmes de politique industrielle en Europe qui consacrent
beaucoup de place aux petites et moyennes entreprises ne perçoivent pas la dimension du
développement et des relations qui existent entre groupes d’entreprises localisées sur une
même zone ; pourtant, les districts démontrent la flexibilité et les capacités d’innovation de
ces entreprises liées à la dimension territoriale et à leur interaction.
Une question fréquente qui nous est posée est : quels sont les instruments de la politique
industrielle nationale qui ont pu favoriser le développement des districts ?... Les districts
industriels italiens sont nés sans programme d’aide ! Ils sont décrits comme des systèmes
gagnants qui n’avaient pas besoin d’interventions spécifiques.
Une tentative explicite pour soutenir les districts a été effectuée en 1991 avec une loi qui a
transféré aux régions les programmes de développement des districts.
Donc, même si le soutien public n’a pas été négligeable, il n’a jamais eu un rôle essentiel dans
le développement des districts.
Mais attention ! Si le modèle des districts italiens peut fasciner, les problèmes aujourd’hui n’y
manquent pas. Globalisation, nouvelles technologies et grande distribution imposent bien des
défis. Une réflexion sur la réorganisation des très petites entreprises s’impose, et la politique
qui en découlera devra être :
- souple ;
- articulée autour de tous les facteurs de l’activité économique ;
- complète, c’est-à-dire qu’elle devra investir la vie économique, sociale et culturelle du
district.
A San Daniele, district du jambon de haute qualité, les entrepreneurs insistent sur
l’importance de leur ”consorzio”, groupement professionnel qui réunit 37 entreprises et leur
impose des règles de stricte discipline, dans une ambiance de confiance vigilante. On note que
toute la ville bénéficie d’emplois induits liés à la fabrication de ce jambon.
A Udine, district de la chaise, le consorzio ”Promosedia” réunit plusieurs acteurs, dont les
industriels et les représentants de la Chambre de Commerce. Il définit les stratégies et
organise tous les ans un salon international.
La réalité des entreprises est en fait différente : les décisions ne peuvent se prendre
simplement à partir d’une analyse des coûts. Elles doivent tenir compte des ”externalités
positives” que génère le système local. Les externalités positives sont les interdépendances
entre des producteurs qui utilisent des facteurs créés par un tiers, comme par exemple un
certain ”know how” dont chacun pourrait disposer sur un territoire donné. Les ”externalités
négatives” quant à elles, sont ce dont pourrait pâtir une tierce partie suite à une opération
économique engagée par d’autres, par exemple, la pollution.
Un exemple est la firme virtuelle DICO, composée de 10 firmes reliées en réseau, capables
d’opérer ensemble en partenariat.
Ainsi émerge la possibilité d’une firme virtuelle, avec les avantages de la proximité
territoriale. Les réseaux sont utiles pour des échanges de données, mais l’organisation
nécessite aussi que l’on se parle en vis-à-vis.
M. DUCH se présente comme porteur d’une ”double casquette”... à savoir Président d’une
société de Conseil, et Président d’une association à but non lucratif, le ”Competitiveness
Institute”, qui concerne plus de 20 pays, rassemble plus de 60 membres et a une expérience de
renforcement de la compétitivité des clusters.
M. DUCH nous présente le cas de la Catalogne et non pas de l’Espagne... ceci est important !
En effet, lorsque l’on parle de compétitivité, il est plus fréquent d’avoir affaire aux Régions
qu’aux Etats.
Ainsi, pendant quatre ans, sans réunions ni colloques, les entreprises ont évolué dans le projet.
C’est seulement l’année dernière qu’a été organisée, avec l’intervention de
Michaël PORTER,Universitaire américain, une rencontre avec 600 entreprises pour exposer
les différentes expériences. On a travaillé avec plus de 19 clusters (”micro clusters”) dans les
domaines du jouet en bois, de l’électronique et du tourisme. Il faut souligner ici l’importance
des divers acteurs dans ce processus, dont le promoteur était le Gouvernement régional, et
”l’exécuteur”, une société de conseil externe dont le rôle était d’analyser les clusters présents
et surtout de gérer les processus de changement.
- aucun cluster n’a été priorisé ; tous sont jugés importants et susceptibles de créer de la
richesse pour leur région ;
Le résultat essentiel de ces travaux consiste en de nouvelles relations entre les entreprises et
les Pouvoirs Publics, qui ont évolué dans le sens d’un échange d’opinions. On a commencé
par se dire ce que chacun n’est pas habilité à faire pour, ensuite, travailler de façon
constructive. Il est clair que chacun a acquis une connaissance fine du problème des
entreprises au niveau de chaque grappe. Enfin, une reconnaissance internationale a émergé,
grâce notamment aux travaux de Michaël PORTER.
L’année dernière nous avons organisé une conférence au niveau mondial avec 90 participants
de 20 pays.
Elle apporte le témoignage de la région Centre du Portugal avec une ville : Marinha. Près de
35 000 habitants, deux SPL consolidés, 250 années d’industrie locale dans le verre (2 500
emplois), puis dans le moule plastique (1 500 emplois).
Dans les deux cas, il faut noter que le SPL est ouvert sur l’extérieur, soit par les ventes, soit
par les parts de marché, soit par les capacités de partenariat avec des institutions extérieures.
A signaler de plus que des projets sont en cours (label commun pour le verre, centre
technologique qui travaille sur un projet de développement de prototypage rapide...).
En conclusion, il est souligné que même si ces territoires font l’objet d’une attention
particulière de la part du Ministère de l’Économie, ils ne profitent d’aucune politique
spécifique, qui serait pourtant parfaitement justifiée. Le rôle des Pouvoirs Publics vis-à-vis
des SPL pourrait être un rôle d’accompagnateur, qui compenserait certains manques au niveau
notamment de la formation professionnelle, de l’innovation ou de la coopération
entrepreneuriale. Pourraient aussi être facilités le marketing, les investissements directs
étrangers et une organisation partenariale public/privé ayant pour but le suivi intégré des SPL.
Ceci se ferait dans une attitude de veille et d’anticipation des ”étranglements”. Ce partenariat
qu’il faut construire doit être ”horizontal” dans nos territoires, mais aussi ”vertical” avec les
diverses autorités (nationales, communautaires) pour accompagner les SPL.
INTERVENTION DE
Mme Marylise LEBRANCHU
Secrétaire d’Etat chargée des PME, du Commerce et de l’Artisanat
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Délégué,
Mesdames, Messieurs les Conseillers Généraux
Mesdames, Messieurs les Maires
Mesdames, Messieurs les représentants Consulaires,
Mesdames, Messieurs,
Je remercie tout d’abord la DATAR d’avoir consacré cette journée aux Systèmes Productifs
locaux, parce que je crois profondément, au bout de deux ans de travail avec les entreprises,
que c’est un besoin ressenti, aussi bien par les entreprises, que par l’ensemble des acteurs du
développement économique dont vous faites partie.
Et en anecdote, mais en anecdote déterminante pour l’avenir, j’ai vu que les Députés de la
Commission de la Production et des Echanges ont examiné par exemple, les résultats de
l’expérience italienne des Districts Industriels, la semaine dernière, lors d’une édition
spécifique. La DATAR a organisé un appel à projets, qui a recueilli de très nombreuses
réponses, même si et je fais une toute petite incidente, je ne suis pas certaine qu’aujourd’hui,
sur l’ensemble du territoire français, on soit absolument d’accord sur la définition des
Systèmes Productifs Locaux, mais j’y reviendrai.
Le sujet donc, interroge, l’objet mobilise, c’est incontestable et, je crois que l’on doit
souligner que votre force de mobilisation à Toulouse, est déjà un bon signe pour l’avenir !
Pour le Secrétariat d’Etat aux PME, intégré au Ministère de l’Economie, des Finances et de
l’Industrie, je crois que nous avons essayé depuis deux ans, d’imprimer une base territoriale à
chacun des axes de la politique menée.
Il faudra sans doute et, je le disais tout à l’heure à M. Jean-Louis GUIGOU, faire évoluer
l’appellation ”Systèmes Productifs Locaux”, parce que cette concordance de base territoriale
avec des politiques, montre que l’on a besoin d’une appellation, parce que l’on ne vit pas dans
le monde européen ou dans le monde français sans appellation et je pense que les ”SPL”, ce
n’est pas encore tout à fait un langage commun et partagé.
Les phénomènes qui nous intéressent concernent bien évidemment la production, mais aussi
un champ plus large de relations entre les entreprises, les territoires et l’action de l’Etat. Il
s’agit en fait, d’un élément de la politique menée pour le développement local lui-même ; il
s’agit aussi d’une démarche de solidarité pour les entreprises et j’en dirai un mot en
conclusion. Il s’agit enfin, d’une solidarité territoriale.
Et je crois qu’à côté de cela, de cette volonté des grandes entreprises d’avoir à proximité un
système cohérent, il y a eu en parallèle la volonté de certains territoires, mais aussi de
certaines Collectivités Territoriales, de Chambres Consulaires, de Comités d’Expansion, de
développer l’économie locale à partir des ressources territoriales : on appelle cela encore le
développement endogène.
Toutes ces démarches se rencontrent sur un objectif commun, qui est de valoriser le
développement des petites et moyennes entreprises, bien sûr en raison des avantages générés
par leur taille : leur souplesse, leur facilité de prise de décision, la capacité à investir des
niches, mais en plus, en suppléant les inconvénients liés aussi à ce problème de taille, qui est
la difficulté à engager des investissements lourds, celle aussi de répondre à des grosses
commandes, et celle d’avoir un système interne à l’entreprise de veille technologique et de
veille sur les marchés.
En France, les Comités d’Expansion ont, je crois, joué un rôle précurseur dans le
développement de cette démarche et ont particulièrement insisté sur la dimension ”territoire”
de la production qui, avec la contractualisation et la décentralisation, a évolué vers des
concepts de ”territoires innovants” et je pense que ce concept de territoires innovants, qui a
été un concept français très porté par les universitaires et par la DATAR, a peut-être été assez
peu décliné auprès de l’ensemble de nos entreprises.
L’action menée par le Secrétariat d’Etat de Christian PIERRET, chargé des technologies-
clefs, constitue en ce domaine un apport précieux, car il permet aux entreprises de disposer de
points de repère sur l’évolution technologique internationale. Mais je reste persuadée
aujourd’hui que si ces repères sont bien bâtis, il faut un échelon intermédiaire entre ceux qui
peuvent écrire la banque de données de ces repères internationaux et ceux qui peuvent les
transmettre directement, à l’intérieur des entreprises.
Dans le même mouvement, les actions qui sont proposées à la contractualisation, dans le
cadre des Contrats de Plan, qui viennent assurer les moyens financiers aux groupements
d’entreprises se mobilisant sur ce secteur, seront aussi déterminantes. Par exemple, je prends
le cas, égoïstement de mon ministère. J’ai voulu que l’on puisse répondre à ce volet de
Je crois que les entreprises françaises n’ont pas forcément eu l’opportunité, ou le temps,
d’entrer de plain-pied dans le système de l’organisation territoriale, parce que l’accès aux
financements était un problème majeur et qui a fait écran au reste. Et j’ai vu que, selon le
dernier rapport du Conseil National du Crédit et Titre, il y a une amélioration de la situation,
amélioration de la trésorerie, en particulier, des entreprises ces dernières années, mais je crois
qu’il ne faut pas que cette amélioration masque les difficultés qui restent réelles, aussi bien au
stade de la création, qu’au stade du développement. Et je pense que nous avons à régler, pour
que les Systèmes Productifs Locaux aient toute leur place, le poids des investissements
incorporels, parce que cela devient de plus en plus important, bien sûr pour la mise aux
normes, bien sûr pour l’innovation, pour la certification de qualité, pour le développement des
produits, mais aussi pour le recours au conseil et je dirais aux moyens d’intelligence qui font
que les SPL puissent travailler.
Les investissements, en particulier pour les PME et les entreprises artisanales, de commerce et
de service, sont très liés à ce que je viens de décrire, mais sont aussi liés au problème que
toute action qui ne requiert pas de leur part un achat de matériel important, que l’on peut
”hypothéquer” ou ”nantir”, est une difficulté nouvelle par rapport au monde bancaire et c’est
vrai que nous devons associer à ce travail qui est fait par la DATAR, le problème de la
garantie pour les crédits aux PME, à condition bien sûr que, très rapidement, on puisse aussi
avoir, pour ce dossier-là, une logique territoriale. Et c’est pourquoi je m’inscris totalement
dans votre sujet d’aujourd’hui.
J’ai soutenu certaines Régions qui ont contractualisé d’ores et déjà avec la BDPME, pour
essayer de bâtir et elles ont, pour certaines, réussi des accords de co-garanties, qui permettront
d’aller beaucoup plus loin dans le financement des entreprises et qui auront de plus en plus
cette nécessaire assiette de négociation territoriale dont vous parlez depuis ce matin. Et la
quotité majorée, obtenue grâce à la combinaison des fonds de garantie nationaux, qui sont
gérés par la BDPME et de ceux constitués par les Collectivités Territoriales, que ce soit les
Régions, ou des Collectivités, comme l’on dit aujourd’hui, infra-régionales, pourra nous
permettre de boucler cette approche des problèmes majeurs d’entreprises.
Autre sujet, c’est la solidarité entre les entreprises dans le cadre de cette mobilisation
territoriale. La solidarité, et nous sommes bien dans le sujet, nos amis Italiens la pratiquent de
longue date : d’autres, outre Atlantique, ou dans l’Europe du Sud, le font aussi. Pour la
France, je ne pense pas que nous puissions répéter ou copier l’un ou l’autre modèle ; nous
avons, au contraire, le devoir d’interpréter l’esprit de ce qui nous a été raconté tout à l’heure et
de créer une démarche nouvelle adaptée.
Devant les Chambres Consulaires, ou devant les Collectivités, devant les organisations des
chefs d’entreprises, je tiens toujours le même discours : la difficulté majeure à laquelle sont
confrontées les entreprises est bien celle de la solitude et cette solitude existe pour les
dirigeants aux différents stades de la vie de l’entreprise, que ce soit la création, le
développement, la croissance ou la transmission.
Elles ont soutenu, par exemple, les plates-formes d’initiative locale, ou elles ont procédé au
renforcement des structures existantes qu’étaient les Comités d’Expansion, ou elles ont crée
des agences de développement et elles ont reçu, à ce moment là, le soutien plus efficace des
réseaux de portée nationale.
C’est le sens de ce que nous avons mis dans les premières ébauches de contractualisation ;
c’est le sens que nous avons donné à l’esprit des initiatives pour l’entreprise artisanale, qui est
de les sortir d’un égoïsme habituel et de les lancer, justement, sur cette collaboration entre
elles et avec d’autres ; et c’est l’objectif poursuivi pour faciliter, bien sûr, la création
d’entreprises.
Je crois que c’est aussi la volonté exprimée d’organiser l’accès à la ressource financière,
comme je le disais tout à l’heure, mais aussi le souci de simplifier les démarches
administratives, parce que le temps perdu aux démarches administratives empêche les
entreprises de réfléchir, ou d’être acteurs à part entière sur un territoire.
Toutes ces actions visent donc à aider le partenariat et à assurer aux entreprises, où qu’elles se
trouvent sur les territoires, un environnement de conseil global, qu’il soit de conseil
technologique, financier, de formation, de commercialisation, ou d’exportation.
Ainsi, le chef d’entreprise pourra bénéficier, sur son territoire, des soutiens qu’il est en droit
d’attendre de la part de ses partenaires et aura envie, à ce moment-là, de participer à un
mouvement plus collectif sur son propre territoire.
Proximité territoriale
Et cette mobilisation doit nous conduire à parler d’économie de proximité. On l’a dit tout à
l’heure, la proximité, c’est d’abord la notion de distance, c’est celle d’un espace
géographique, d’un territoire, où se mêlent à la fois la production, la formation et la vie
sociale. Sur cet espace, les solidarités peuvent se développer entre différentes entreprises ; je
dis ”peuvent”, car en règle générale, vous l’aurez constaté, les exemples de ce type de
solidarité constituent encore des exceptions.
Et je suis persuadée que nous, l’Etat, les Collectivités, les Chambres Consulaires, l’ensemble
des réseaux, nous avons un rôle à jouer pour inciter les entreprises à se soutenir mutuellement
sur un territoire.
Je viens d’une région –et je tiens à cette anecdote- dans laquelle une des principales
organisations est une organisation agroalimentaire, de la production jusqu’à la transformation
Je crois donc que lorsque l’on parle de solidarité, de proximité géographique, il faut se mettre
d’accord sur l’analyse du territoire et, malheureusement, c’est peut-être cette démarche
d’analyse du territoire, d’analyse des plus ou des moins dans les réseaux, qui fait peut-être le
plus défaut.
Je crois qu’une journée comme celle d’aujourd’hui devrait conduire à populariser cette
démarche globale. Je crois que d’autres Régions que la mienne ont mieux réussi, où des
exemples de réussite en ce domaine sont nombreux, mais me ”baladant” dans une région de
fabrication d’art de la table, on m’a dit : ”Là, le réseau productif n’est pas possible, parce que
les gens sont en train de régler les conflits de leurs arrières grands parents du XIXème siècle,
et comme l’on ne connaît pas le conflit, on ne sait pas comment le régler”.
Et je crois que c’est vrai que de temps en temps, y compris l’aspect psychologique des choses,
qui a été largement souligné tout à l’heure, est un maître-mot de la réussite, parce que le
maître-mot de la réussite est sans conteste le partenariat, mais pour qu’il y ait un partenariat,
pour que chacune des actions conduise à une fédération d’acteurs, il faut que l’ensemble de
ces acteurs sache exactement ce qu’est l’origine de leurs différences de culture, ou de manière
de produire.
Je crois que l’on va aider à cela, parce que dans le même temps où chaque territoire
s’organise, je crois qu’il faut être optimiste, malgré tout ! Dans le même temps donc, où
chaque territoire s’organise et où le Gouvernement, avec les lois de Madame VOYNET,
Monsieur CHEVENEMENT et Monsieur ZUCCARELLI, met en place un dispositif législatif
qui permettra aux Collectivités d’intervenir dans la légalité bien sûr, mais aussi dans la
transparence et les dispositions que nous avons retenues avec Dominique STRAUSS-KAHN
pour les petites et moyennes entreprises, vont sûrement aider à gommer ce qui pouvait être,
non seulement une barrière psychologique, un peu culturelle comme je l’ai rappelé tout de
suite, mais aussi une barrière psychologique disant : ”Nous n’avons pas les moyens de”.
Je crois qu’il faut ajouter une chose et c’est vrai que même si les 35 heures ont été longtemps
un sujet qui fâche entre l’Etat et les entreprises, je crois qu’il faut tirer aussi des leçons
positives du texte de Martine AUBRY, parce que je me suis rendue compte, en travaillant
avec un certain nombre de territoires, que ce texte a permis de développer le recours au
conseil, pour des entreprises pour lesquelles ce n’était pas une évidence et que, appelant au
conseil sur un dossier aussi difficile que la gestion des ressources humaines, je crois que les
entreprises seront plus ouvertes, à la fois à l’appel au conseil extérieur, et puis à l’appel à tout
apport extérieur ; que l’on va aller au-delà du simple règlement d’un problème délicat et
passager.
Proximité sectorielle
Mais cette proximité géographique, ou d’intérêt, ou de partage d’envie de faire ensemble n’est
pas la seule ; il existe aussi, je crois, une proximité de type sectoriel, parce que la vie d’une
Cette nouvelle forme de proximité doit nous conduire à soutenir et à développer des réseaux
nationaux, mais aussi européens et je pense –j’en suis intimement persuadée- que de la même
manière qu’un citoyen pour être citoyen du monde, ou citoyen d’Europe –soyons moins
ambitieux- doit être un citoyen de quelque part ; je pense que de la même manière, une
entreprise, pour être une entreprise dans un réseau français ou européen, doit d’abord être une
entreprise d’un territoire et c’est en cela que je rejoins parfaitement la problématique
d’aujourd’hui.
Proximité de l’Etat
L’Etat doit participer à cette orientation ; c’est ce que nous essayons de mettre en œ uvre avec
Jacques DONDOUX et Christian PIERRET, en rapprochant déjà nos services, pour que les
entreprises n’aient pas affaire à un guichet unique –je ne crois pas au guichet unique-, mais à
un réseau unique où le fait que posant une question à une personne, ils sont sûrs que la
personne va aller chercher la réponse, même si ce n’est pas de sa propre compétence.
Je crois que c’est sûrement le service le plus important que l’Etat pourra rendre à l’ensemble
des acteurs économiques de ce pays.
Et il faut également ajouter à ce transfert de complexité des entreprises vers l’Etat, redire
plutôt, que l’Etat est garant de l’ensemble des mesures qui seront prises, mais garant aussi de
l’efficacité des actions engagées et il lui appartient de soutenir le développement de ces
territoires et de ces réseaux, même s’ils ne sont pas territoriaux.
L’Etat a longtemps pensé qu’il n’était pas possible de confier à des réseaux la gestion de
politiques nationales ; que ce soit des réseaux nationaux, des réseaux techniques, des réseaux
de formation, ou même des réseaux locaux tout simplement et je pense qu’il faut prendre
comme un acte fort le fait qu’en confiant la gestion de l’accompagnement des jeunes créateurs
d’entreprises, ou de ceux qui vont bénéficier des dispositions de la loi AUBRY concernant les
personnes en voie d’exclusion, de ceux qui vont bénéficier d’avances remboursables, en
confiant pour la première fois la gestion de l’accompagnement à des acteurs qui ne sont pas
des acteurs d’Etat, l’Etat a démontré que la proximité était une chose possible, également pour
Proximité sociale
Je suis un peu longue, mais je voudrais ajouter une chose : la proximité géographique, la
proximité sectorielle, la proximité avec l’Etat et les partenaires publics ne seraient pas
suffisantes si l’on ne parlait pas aussi de proximité sociale.
Je pense qu’il ne faut pas éloigner ce sujet, même si j’ai remarqué que dans beaucoup de
réunions, de colloques, de forums d’entreprises, on évite de parler de la proximité sociale. Je
crois au contraire que la coopération et la solidarité doivent être tangibles entre cadres,
employés, que le partenariat ne doit pas s’arrêter à la porte de l’usine ou à la porte du bureau
et qu’il y a aussi, à l’intérieur de l’entreprise, à écrire la proximité sociale, avec cette prise en
compte d’une nouvelle culture entrepreneuriale, plus ancrée, bien sûr, sur les territoires, mais
plus ancrée aussi sur les entités ”entreprises” elles-mêmes.
Il me semble que pour les Systèmes Productifs Locaux réussissent, il faut non seulement que
le chef d’entreprise, ou le cadre à qui l’on a confié cette mission, soit totalement intégré à la
démarche, mais que l’ensemble des acteurs interne à l’entreprise en soient aussi persuadés
pour que cette démarche devienne une réalité à long terme.
Et je conclurai en vous disant que je vous ai simplement donné ma façon de voir, notre façon
de voir, mais je crois que dans cette affaire, pour que les choses fonctionnent, il faut d’abord
que l’Etat fasse son métier, ne fasse que son métier, mais fasse bien son métier.
Je ne parle pas, bien sûr, de l’ensemble des services que l’on doit apporter à l’entreprise sur
chacun des territoires et de l’égalité que l’on doit recréer sur les territoires, qui n’est pas une
réalité aujourd’hui ; des efforts de Dominique VOYNET pour faire que lorsque l’on est dans
un territoire, d’un bout à l’autre de la France, autour de Paris, à côté de Lyon, ou à Toulouse,
on ait les mêmes chances de développement.
Je crois qu’il y a un formidable besoin d’égalité entre les territoires et donc cela, c’est le
métier de l’Etat, dans sa fonction de Contrat de Plan par exemple, mais aussi avec toutes les
actions de la DATAR.
Je crois également qu’il faut que nous parlions de solidarité entre les entreprises, parce que si
les Districts italiens se sont bâtis parce que les PME italiennes ont eu besoin d’être aussi
fortes que la majorité des grandes entreprises, je crois que dans l’ensemble du développement
européen, il faut que nous disions aux grandes entreprises qu’il est hors de question que nous
bâtissions ces Systèmes Productifs Locaux –ou peu importe leur nom dans l’avenir-
uniquement parce que les petites entreprises ne résistent pas à l’organisation des plus grandes.
Je crois au contraire qu’il faut dire aux grandes entreprises qu’elles doivent être solidaires des
plus petites et qu’à l’image du cas qui a été montré tout à l’heure pour les emballages, la
grande entreprise doit s’intégrer parfaitement dans le Système Productif Local et non pas
simplement se créer un réseau d’externalités qui, au départ, était peut-être, pour elle,
négatives.
Je vous remercie.
Les districts italiens partent d’une forte culture d’entreprise et d’un appui constant
mais mesuré des pouvoirs publics. Ils ressentent aujourd’hui le besoin d’être mieux
cooordonnés et appuyés pour des prestations collectives. En France, l’essentiel des
efforts doit porter sur la création d’un esprit de compétition/coopération et faire
descendre celui-ci au niveau de la production pour que le réseau devienne une
véritable entité économique. Dans cette évolution, quelle est la place respective des
différents acteurs publics notamment dans le cadre des contrats de plan Etats-régions ?
- évitons la confusion entre un SPL et une spécialisation sectorielle poussée. Un SPL, c’est un
système complexe d’interdépendances entre la production, la recherche, la formation,
l’exportation...A Rotterdam, SPL de logistique, vous avez 100 métiers !
- les SPL, ce n’est pas le local rural. A Paris il y a des SPL : le Sentier, le cinéma, les
cosmétiques... il y a des systèmes d’interdépendances très bien organisés... que l’on ne voit
pas !
- le développement des SPL remet en cause le système d’intervention de l’État :
celui-ci doit repenser sa relation aux entreprises et aux acteurs locaux.
Sur ce dernier point, il faut noter que l’intervention sectorielle de l’État n’est pas adaptée à la
volonté d’organisation de la globalité. Deux formes de l’action publique de l’État existent :
- le contrat, qui est ”simple” ;
- le zonage, bien plus compliqué...
La bonne relation avec le local, les SPL, les pays ou les agglomérations, passe par le contrat
qui permet de s’adapter à toutes les réalités, qui est respectueux des différences et qui est donc
un outil performant pour aider, soutenir ou animer ceux qui voudraient s’organiser.
Après la synthèse des ateliers présentée par M. AUBERT, Inspecteur Général de l’Industrie,
M. GANNE, chercheur au GLYSI-CNRS, Université Lumière-Lyon II, était invité à réagir.
Il étudie depuis longtemps les districts industriels et introduit son propos en précisant qu’il
préférerait une autre appellation qui traduirait mieux les notions d’ensembles et de diversité
(le tertiaire, les services, etc.) qui composent ces nouvelles formes d’organisation. En réaction
aux débats en ateliers, il formule 3 remarques :
1) - Outre le fait que les SPL en France constituent une multiplicité de zones de mono
activités (anciennes ou nouvelles), la différence avec les districts italiens réside dans la façon
dont l’Etat cherche à les institutionnaliser. Cette implication de l’Etat en France peut nous
amener à penser que ”cela casse tout le spontanéisme des Districts” tel qu’il a pu être observé
en Italie ou au Portugal. Mais cela peut aussi indiquer que nous en sommes à un autre stade
que l’on pourrait caractériser”d’institutionnel négocié” qui trouve sa place dans le contexte
global français (décentralisation, contrats de développement… ). Soyons donc conscients que
2) - Cet institutionnel négocié peut être productif à condition que ce nouveau modèle ne
soit pas rigide et fermé sur le local, alors même que la mondialisation impose de
multiples synergies et de nouveaux réseaux. Il est primordial que ces systèmes
productifs ou industriels puissent évoluer dans le temps et dans l’espace en prenant des
formes variées. Pour avoir beaucoup observé les districts italiens, M. GANNE insiste sur le
fait que ce système n’est pas magique et qu’un certain nombre de districts ont pu passer par
des phases de restructuration ou parfois même ont disparu. On ne peut donc miser sur un
modèle unique de développement ; il faut rester ouvert à de possibles mutations dans le
fonctionnement des SPL ;
3) - Être fidèle à une certaine logique des systèmes productifs locaux entraîne une remise
en question du mode d’intervention étatique tel qu’il existe aujourd’hui. Ce fut le cas pour la
création d’un lycée. Ces acteurs ont imaginé une solution, alors que l’éducation nationale
émettait un avis défavorable, pour fonder un lycée de proximité intégrant à la fois la
formation classique et la formation professionnelle. La mobilisation locale peut donc parfois
remettre en cause le système que nous connaissons et les collectivités peuvent aussi être en
mesure de trouver des solutions en exigeant d’avoir face à elles des interlocuteurs moins
cloisonnés au niveau étatique. Pousser jusqu’en son fond la logique de mobilisation locale,
c’est aussi accepter que soient présentées des formes inédites qui remettent en question les
formes d’interventions étatiques.
- création depuis un an d’un fonds pour l’innovation de l’emploi, pour aider à l’émergence de
nouveaux types d’emplois ;
- création d’un fonds de garantie en réponse à l’appel de Mme LEBRANCHU en liaison avec
la BDPME (Banque du Développement des PME) ;
- organisation d’assises de la Recherche, réorientées par le CCRRDT (Comité consultatif
régional pour la recherche et le développement technologique) vers le transfert de
technologie qui va ensuite aller à la rencontre des PME et PMI des 8 départements de
Midi-Pyrénées ;
- création d’un fonds d’amorçage au sein de l’IRDI (Institut Régional du Développement
Industriel), qui préfigure l’incubateur et enfin un projet d’incubateur qui va être déposé auprès
du Ministère de l’Industrie.
Un Conseil Régional peut donc intervenir sur les SPL à différents niveaux, sur :
Cette démarche des SPL intéresse au plus haut point donc la Région mais ce n’est pas au
Conseil Régional de la conduire mais de l’épauler, ou de l’appuyer.
Une fois que l’on a tenté de penser cette cohérence, l’Éducation Nationale a un autre rôle à
essayer d’assumer qui procède de ce que MARSHALL appelait à l’appui des districts
industriels, une ”atmosphère industrielle”, une sorte d’état d’esprit collectif favorable au
développement industriel.
C’est le rôle notamment des ”Comités locaux Education-Economie” où sont abordés des
problèmes tels que :
Le projet de ”la Vallée de la Mécanique” est une bonne illustration de cette demande. Les
industriels ont estimé leurs besoins dans un certain type de qualification (niveau IV). A la
demande qui se manifestait sous la forme de l’apprentissage, nous avons répondu en créant
des sections d’apprentissage dans nos lycées en utilisant l’article 57 de la loi quinquennale.
Le préfet de région nomme un chef de projet pour chaque contrat de progrès qui est un chargé
de mission de la DRIRE. Celui-ci est :
- savoir tout d’abord que rien n’est jamais gagné et qu’il faut continuer dans la confiance
réciproque et surtout ne pas la trahir ;
- une étude stratégique préalable est absolument nécessaire ;
- la présence d’une structure porteuse compétente, où sont prévus des permanents qui peuvent
prendre le temps de développer les actions collectives est une condition du succès ;
- ne pas oublier d’associer les grandes entreprises du secteur, à travers leurs leaders
incontestés et consensuels.
Pour conclure : il ne faut pas opposer les pratiques collectives et les pratiques individuelles.
L’important est d’amener tout le monde vers une stratégie à moyen terme.
- une région enclavée, éloignée, par la distance et la topographie, des centres de production et
de consommation, mais une situation stratégique en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ;
- une concentration d’entreprises tout à fait étonnante : 40 pour seulement 3 000 habitants ;
- un abattoir spécialisé qui symbolise la force des liens qui existent entre les Collectivités et
les entreprises. Cet outil est propriété de la Commune et est géré par une société réunissant les
charcutiers. Ainsi, les efforts de la Collectivité et ceux des salaisonniers se conjuguent pour
maintenir et développer l’abattage local et l’élevage régional.
Le développement des élevages porcins pose de gros problèmes et nous sommes très loin des
concentrations des élevages de l’Ouest. Il s’agit donc de trouver des adaptations. C’est dans
ce sens que le choix d’un positionnement marketing fort a été fait, en liant étroitement les
entreprises avec leur terroir. Cela crée une solidarité qui s’accroche à cette image.
D’autre part, un lien formel doit exister avec les éleveurs de la région et il a été décidé de
travailler dans le sens d’une appellation d’origine contrôlée. Ces produits ont été les premiers
à obtenir le ”label rouge” en 1969.
- si dans le tableau des lauréats de l’appel à projets de la DATAR sur les SPL, Midi-Pyrénées
est bien positionné, c’est parce qu’il y a eu une réflexion préalable sur l’approche des bassins
industriels que nous avons animés depuis de nombreuses années ;
- il y a eu le souhait d’un accompagnement des SPL, au niveau régional ;
- les SPL sont aussi une réponse à la mondialisation par le retour au territoire, au
développement local à partir de la mise en commun des compétences sur un métier ou une
activité et d’identifier les problèmes et objectifs communs.
Cinq conditions doivent être réunies pour structurer une bonne politique autour des SPL :
1 - d’abord bien identifier le SPL, sans codifier à l’excès ni, à l’inverse, élargir à tous les
modes d’organisation d’entreprises liées par l’appartenance à un territoire : pour favoriser la
coopération dans la compétition, il faut des acteurs jouant plus ou moins à armes égales et
s’engageant de part et d’autre sur des objectifs clairement définis. Il y a donc lieu de valider et
contractualiser.
3 - plutôt que de créer de nouvelles aides, optimiser ce qui existe dans le dispositif actuel. Peu
de moyens sont à apporter, mais ils seront ”ciblés” :
- autour de la diffusion de la culture du SPL au niveau local (musée, événementiel...) ;
- autour du ”lobbying” au plan national ou communautaire de façon à faire entendre la voix
des SPL au niveau souhaité ;
- afin de favoriser l’accès au crédit : regroupées en SPL, les PME/PMI font moins courir de
risque aux banques...
4 - tout SPL doit se poser -et résoudre- la question de l’acquisition de l’information au coût
minimum. L’organisation d’une veille technologique et concurrentielle où chaque membre du
réseau a son rôle pour collecter et protéger si nécessaire le renseignement utile, est la
condition indispensable pour acquérir et conserver une capacité d’innovation et de réaction
face à un monde ”globalisé” qui bouge en permanence.
Pourtant, ils peuvent et doivent être au cœ ur de toute la politique d’un Etat moderne puisque
l’on touche en fait, à travers l’émergence et la consolidation des SPL, à tous ses domaines
d’intervention.
C’est le sens du défi que nous avons les moyens de relever. Il y a urgence.
M. GUIGOU, au terme des débats, prend l’engagement de se battre sur trois points :
- premièrement, faire en sorte que les Préfets soient autorisés et même incités à rencontrer les
Présidents de Région afin de leur faire part du mandat qu’ils auront reçu pour contractualiser
sur les SPL ;
- deuxièmement, faire en sorte que dans les décrets qui suivront la loi de Dominique
VOYNET, se trouvent les Systèmes Productifs Locaux ;
- troisièmement, faire en sorte que dans les DOCUP (Document Unique de Programmation)
de l’Objectif 2, pour lesquels 50 milliards seront contractualisés, il y ait de bons projets de
Systèmes Productifs Locaux.
Mesdames, Messieurs,
Le succès de votre colloque, par le nombre de participants, mais plus encore par la qualité et
la densité des échanges, montre l’attention que portent en France les Développeurs et les
entrepreneurs à la notion de ”Système Productif Local”, et surtout aux réalisations concrètes
auxquelles elle fait référence.
Vous savez que j’ai, en tant que Franc-comtoise, un intérêt particulier pour ces sujets.
A l’instar du District italien, le Jura, tant du côté français que sur le versant suisse, a vu
évoluer un certain nombre de ses savoir-faire industriels.
Développés au départ par des petits entrepreneurs issus du monde rural, ils ont su d’adapter
aux évolutions du marché ; vous avez abondamment commenté tout cela, en citant les
exemples de la lunetterie, du jouet, de la tournerie ou de l’horlogerie, qui s’est d’ailleurs peu à
peu orientée vers les micro-techniques.
Au-delà du regard local, c’est, je crois, une certaine idée de l’aménagement du territoire et de
l’emploi qu’on découvre dans les processus productifs que vous avez décortiqués aujourd’hui.
Une économie moderne comme celle de la France tire certainement de la puissance de ses
grands groupes industriels une partie déterminante de sa force.
Les journaux bruissent chaque jour de rumeurs de fusions et de concentration, en Europe, aux
Etats-Unis et en Asie.
Toutes ne se réalisent pas, mais nos propres fleurons industriels doivent également –parfois
par anticipation– être à la hauteur des enjeux.
Cependant, notre économie serait fragilisée, si elle reposait sur la seule figure de la grande
entreprise et si ses modes d’expansion se résumaient à la seule croissance par ”absorptions-
fusions”.
La demande des particuliers et des entreprises est de plus en plus diversifiée ; la nécessité
d’évoluer vite, de réagir en temps réel, implique une forte capacité d’adaptation et
d’innovation.
Les positions apparemment les plus solides sont en réalité souvent fragiles… L’actualité le
prouve malheureusement :
On voit telle ou telle usine, appartenant à une multinationale, hier portée aux nues et
largement subventionnée par les pouvoirs publics et les collectivités locales, en passe de
procéder à des licenciements massifs ; parce qu’une incertitude de marketing a accumulé les
véhicules invendus sur des parkings, une région entière risque de se trouver une nouvelle fois
sur le carreau…
Trop de concentration en un seul endroit, sur une seule catégorie de produits, fragilise les
territoires et les met en situation de ”tout ou rien”…
L’emploi durable, comme l’ont compris nombre de décideurs, renvoie désormais à des formes
plurielles d’organisation, dans lesquelles un tissu dense de PME/PMI équilibre, complète et
parfois corrige la pression des grands groupes et des grandes entreprises.
Je crois que Marylise LEBRANCHU, dont c’est la passion, vous aura largement entretenu de
cela. Car c’est la politique du gouvernement que de ne pratiquer le laisser-faire, ni dans le
domaine industriel, ni dans les autres domaines économiques, sociaux et environnementaux.
Les éco-industries ou les éco-services sont l’exemple parfait de mon propos : il est sain que, à
côté de grands groupes multiservices de taille mondiale, en matière de déchets ou
d’assainissement, se structure aujourd’hui un tissu de petits ou moyens entrepreneurs. A
condition bien sûr que les gros ne pressurent pas les petits, ne les enferment pas dans la sous-
traitance de bas de gamme à faible valeur ajoutée, à faibles niveaux de qualification et par
conséquent à forte fragilité d’emploi.
Je n’aimerais pas, pour tout vous dire, que les éco-industries empruntent aux secteurs du BTP
leurs plus mauvais côtés, ceux qui précisément leur confèrent en France depuis longtemps une
instabilité particulière.
Il ne suffit pas en effet, de s’agiter en s’écriant ”PME, PMI !”. Il faut passer à l’acte et
contribuer à donner un minimum de dynamisme à nos entrepreneurs et de consistance à nos
emplois. La qualité du tissu local est à cet égard évidemment déterminante.
Vous avez évoqué dans vos travaux les conditions parfois non explicitées de cette qualité,
s’agissant des Systèmes Productifs Locaux :
Bien sûr, tout cela ne supprime ni le conflit, ni la concurrence, ni le risque… Mais quand
j’entends des chefs d’entreprises parler de ”s’épauler mutuellement, de mettre en commun des
moyens de production, de communication, de veille technologique, de crédit interentreprises
et de partage du risque”, je constate avec plaisir que le discours et la pratique économiques ne
renvoient pas forcément à des métaphores et à des comportements militaires : il ne s’agit pas
là de tuer le voisin, de mener la ”guerre des prix”, de conquérir à tout prix, de garder le secret,
de ”conduire des raids”, etc.
S’il est un terrain sur lequel on peut parler de jeu à somme positive, c’est bien celui des
Systèmes Productifs Locaux.
Du coup, l’espace du local reprend sa dignité et le politique, dont on dit souvent qu’il ne lui
reste aucune marge, retrouve une partie de son rôle : arbitrer entre des choix, diversifier des
solutions…
La réussite des entreprises repose alors sur l’attention qu’apporte une communauté, dans son
ensemble, à son devenir économique :
- Les écoles, dont l’ouverture à l’environnement industriel apporte aux jeunes une motivation
et une ouverture d’esprit très remarquées ;
- Les dispositifs de formation continue pour favoriser la mentalité et la pratique de la mobilité
sociale ;
- Les collectivités, pour gérer le foncier et ne pas laisser s’enkyster des friches ;
- Le tissu associatif, pour apporter une offre ”hors temps de travail” qui brasse les
individus et les groupes.
Le tableau que je dresse ne renvoie pas la vision idyllique de quelque utopie pour l’avenir : il
correspond assez bien à des situations que vous vivez quotidiennement et dont vous avez
parlé aujourd’hui avec chaleur.
Mais cette notion de développement durable a vocation à s’appliquer à des échelles plus
vastes, à des volumes plus importants et à la gestion de flux de longues distances.
Au total, le rapport s’avère de plus en plus évident entre la qualité de la démarche locale ou
professionnelle de coopération et l’impact, la durabilité du produit, du service et de
l’emploi…
Alors, quel peut et quel doit être le rôle particulier du Ministère de l’Aménagement du
Territoire et de l’Environnement dans la diffusion et la promotion de ce mode de
développement des PME/PMI en grappes ?
Ce n’est sûrement pas de fixer un modèle établi à priori, qu’il s’agirait de plaquer sur
n’importe quel territoire.
Vous avez peut-être discuté des différences entre les situations italiennes et françaises. Il n’y a
pas lieu de faire là-dessus de querelles de religion, une fois observé le retard français et
même, j’allais dire, la permanence chronique d’une relation difficile en France à la création, à
la reprise ou à la transmission d’entreprises.
Ce qui nous motive dans les exemples étrangers et dans les pratiques françaises existantes,
c’est la démarche et l’esprit. Notre rôle est, avant tout, de favoriser une façon de faire et de
procéder et non de forcer la réalité.
Ce sont évidemment les entreprises, par conscience de l’intérêt qu’elles peuvent y trouver et
par conviction, qui identifieront et créeront entre elles les coopérations et des liens nécessaires
à leur performance. Et cela en tenant compte de la spécificité liée à leurs activités et à leurs
territoires.
Donc, pas d’interventionnisme : un Système Productif Local, ça ne se décrète pas, pas plus
qu’un pays ou une agglomération.
La DATAR, dans la gestion de son appel à projets, s’est efforcée de procéder de cette façon :
ce qui l’a intéressée, c’est moins les constructions intellectuelles, y compris les plus parfaites
sur le papier, que les processus réellement existants, la présence d’acteurs vraiment motivés et
leur volonté d’aller dans la même direction.
Dans l’avenir, pour l’accompagnement régulier des projets émergents, elle procédera de la
même façon.
Etre à l’écoute des entrepreneurs, créer les conditions du débat, en particulier appuyer les
lieux et les espaces de proximité par lesquels s’améliore la communication socio-économique,
mobiliser les outils dont nous disposons autour de projets locaux partagés : voilà la
contribution que nous pouvons apporter à l’essaimage de l’idée de Système Productif Local.
Voilà pourquoi, un premier effort doit être fait pour inscrire la démarche SPL dans un paysage
institutionnel par ailleurs en plein mouvement.
Comme vous le savez, les mois qui viennent seront denses en matière d’aménagement du
territoire :
Au sein de ce volet territorial, la notion de SPL devra trouver toute sa place, comme outil
original pour conforter les partenariats.
Nous aurons l’occasion, en lien avec mes collègues de l’Emploi, de l’Industrie et des
PME/PMI, d’en souligner l’importance, auprès des préfets, des SGAR et des chefs de service.
La reconnaissance d’un mot par une administration ne suffit certainement pas, mais cela peut
aider. J’insisterai donc, comme je l’ai fait en matière de gouvernance locale avec l’outil
Agenda 21, pour que les promoteurs de pays et d’agglomérations aient en perspective, comme
un point de repère dans la dimension économique de leurs projets, la dynamique SPL.
Au demeurant, cette dynamique ne peut pas être sans effet sur nos propres dispositifs d’appui
à la création d’entreprises.
Les suggestions faites par certains parlementaires pour favoriser des ORAC industriels ou des
exonérations fiscales aux associations ayant pour objet d’aider les entreprises à construire des
stratégies collectives, méritent d’après moi notre attention…
De même, sans qu’il soit forcément pertinent d’ouvrir tout de suite des lignes ”spécial SPL”,
il m’apparaît utile que l’usage que nous faisons du FNADT et du FNDE tienne compte à
l’avenir des enseignements que nous tirerons de l’organisation des coopérations entre les
entreprises. Pourquoi ne pas imaginer des formes spécifiques de mobilisation de financement
et de capital risque, pour des entreprises qui s’engagent dans de telles coopérations ? Je
suggère aux organismes bancaires, aux plates-formes d’Initiative Locale, aux Comités de
Bassin d’Emploi et plus généralement aux structures de développement local, de regarder
d’un peu plus près la thématique SPL et ses acquis, pour voir comment tout cela pourrait
fonctionner et comment compléter les instruments existants.
Pour ce qui me concerne, je serais heureuse, par exemple, que les secteurs de
l’environnement, particulièrement actifs dans le Nord-Pas-de-Calais et en Rhône-Alpes,
puissent être dynamisés et diversifiés de cette façon, aucun SPL n’ayant jusqu’à présent
clairement émergé dans ces domaines !
Mesdames, Messieurs,
En cette période d’intense activité communautaire, notre réflexion est la parfaite illustration
de ce que signifie une circulation intelligente et mutuellement enrichissante de l’information
économique entre pays d’Europe.
Ce qui se joue en effet dans vos travaux, c’est bien l’émergence d’une nouvelle culture du
développement et de l’intelligence économiques, une pratique consciente de la veille et de
l’innovation territoriales.
Je vous félicite d’avoir apporté votre contribution à cette construction et je m’efforcerai d’en
être encore davantage porteuse dans l’avenir.
Je vous remercie.
Les SPL ne peuvent se structurer durablement en tant que tels si les coopérations
initiées au plan local ne perdurent pas. Leur développement dépend de la capacité
des acteurs à organiser un partenariat, à gérer leurs rapports entre concurrence et
collaboration. Les intervenants débattront de cette difficulté en atelier. Ils
aborderont la question de façon générique en insistant sur les démarches qui
permettent de dépasser ce ”paradoxe”.
Le facteur qui a déclenché le travail sur la coopération entre les entreprises à Albert a été la
crise de 1991/1993. La réflexion qui s’est engagée a alors abouti à un double constat : chacun
cherchait à s’approprier des parts de marché, alors que tous connaissaient de grandes
difficultés à trouver de la main d’œ uvre formée, ou mieux de la main d’œ uvre qualifiée.
Imaginons le climat qui régnait dans notre ville de 10 000 habitants, avec une périphérie de
petites communes, ancien fief de la machine-outil des années 45 aux années 70 ; quatre
grandes entreprises : trois de machines outils, une de l’aéronautique, et quatre ou cinq petites
entreprises qui fabriquaient des machines de levage ou de tractage. Aujourd’hui, le tissu est
composé d’une grande entreprise aérospatiale avec 1 000 ouvriers et d’une quarantaine de
petites entreprises de 2 à 200 employés. Vous voyez donc la profondeur de la restructuration.
Pourquoi l’hydraulique sur le site d’Albert ? Dans les années 55/60, a commencé à se
développer la mécanisation dans le machinisme agricole. Ainsi a émergé une entreprise qui a
employé jusqu’à 200 personnes. Mais en raison de problèmes structurels, elle a déposé son
bilan vers 1975. Il en est résulté un essaimage désordonné avec créations de petites entreprises
par les anciens employés. La conséquence a été que tout le monde opérait sur le même marché
et que se sont installées à la fois une concurrence stérile entre entreprises et une difficulté
accrue pour chacune d’elles à trouver de la main d’œ uvre qualifiée.
Un noyau dur d’entrepreneurs a alors lancé une étude. Les supports de cette étude ont été
l’AIDERA, une association de développement local, la CCI de Péronne et la DRIRE
(Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement) de Picardie. Cette
étude, menée sans concession, devait répondre à la question : ”possédons-nous vraiment les
capacités et les techniques pour nous développer ?”. Un constat a été ainsi mis à jour : des
problèmes existent au sein même de certaines entreprises, et des manques frappent toutes les
entreprises. En 1993, une Charte a été mise au point, et de cette Charte est né le PHMA.
Dans ce cadre se déroule toutes les six semaines, une réunion thématique. Une grande
convivialité y règne, d’autant que nous sommes maintenant une association à laquelle chacune
des 24 entreprises adhère pour un coût annuel de 1 000 F.
Nous sommes confrontés aujourd’hui à deux principaux problèmes. D’une part, la fiscalité sur
les associations qui risque de mettre en péril notre outil de réflexion, de communication et de
- L’individualisme des PME : il y a des ”villages gaulois”, comme il a été dit à propos de
Thiers, un peu partout...
- La protection du savoir et de l’innovation : si vous avez une entreprise un peu pilote dont la
perte aboutit à de l’essaimage, l’innovation se dilue. Il faut réussir à maintenir à tout prix le
savoir-faire.
- La notion de confiance-vigilance : la confiance ne peut s’acquérir que par l’existence ou la
mise au jour de complémentarités. Il faut pour cela du temps, et ne pas rester fixé sur la
concurrence à tous crins. Alors on peut travailler sur les deux grands chantiers que sont les
spécialisations/complémentarités des entreprises et la formation.
Il est nécessaire que les entrepreneurs définissent leur métier ou leur activité leader et ce n’est
qu’ensuite que pourront être mises en place des actions commerciales communes et, pourquoi
pas avec un commercial commun, car il faut chercher à externaliser en mutualisant certaines
fonctions. Dans bien des cas, c’est un pool d’entreprises qui pourra prendre le marché. Une va
faire la mécanique-soudure, l’autre, l’usinage, la troisième, le câblage, et une quatrième, peut-
être, l’assemblage.
Il faut avoir suffisamment de liberté d’esprit pour dire : ”çà, je vais le passer aux amis”.
M. BROYER, PDG d’INTEXA, propose quelques réflexions sur ”la mutualisation de la main
d’œ uvre qualifiée dans le textile roannais” :
PDG d’une entreprise de textile qui emploie aujourd’hui 120 salariés, après 10 ans
d’existence, il est également responsable textile à la CCI de Roanne.
Quel est le constat aujourd’hui ? Une crise textile grave et cyclique, parce que les
marchandises arrivent par avion d’Asie, à très bas prix. Alors, doit-on baisser les bras, ou
réfléchir et réagir ? Car une question se pose : que va-t-il rester ?... En Europe, je pense que ce
qui va nous rester, ce sera la partie immatérielle, c’est-à-dire le commercial, la création, le
marketing, la logistique, le développement... Il va rester des laboratoires de production qui
pourront encore employer de 40 à 80 personnes. Mais je ne vois plus aujourd’hui de grandes
entreprises produisant des volumes énormes...
Comment donc évoluer en tenant compte de ceci ? Dans leur diversité de taille et de
structures, les entreprises sont-elles capables aujourd’hui de comprendre ce qui va leur arriver
? Première nécessité : se rencontrer, se parler. Cela a été l’objet de l’opération MUTEX (la
mutation textile et habillement dans le bassin roannais). Elle a mobilisé 50 entreprises, 2 000
personnes et un budget de formation de 36 millions de francs, provenant des entreprises et
surtout du Ministère du Travail par le biais d’un Engagement de développement de la
formation (EDDF).
Le déroulement : nous, les dirigeants, nous nous sommes remis en cause et avons du coup fait
beaucoup bouger autour de nous, notamment à la CCI de Roanne. Nous avons organisé des
séminaires stratégiques qui prévoyaient une présentation de chaque entreprise, de ses
difficultés, de son projet. Puis des formations collectives et individuelles et la participation à
des groupes de travail. En même temps que l’on formait les dirigeants, ceux-ci ont formé leur
encadrement proche, lequel a formé à son tour l’opérateur.
La répartition des formations, d’un total de 230 000 heures pour 50 entreprises sur
1997/1998/1999 a été de 4 % pour les dirigeants, 26 % pour l’encadrement, 70 % pour les
opérateurs.
Pour 1999 et 2000, une association d’entreprises mène cette fois un projet collectif. Nous
avons, comme à Albert, demandé aux membres qui avaient reçu la formation MUTEX de
mettre la main au portefeuille. Cela coûte de 5 000 à 25 000 francs pour adhérer et sur les 50
entreprises du départ, 36 ont répondu positivement.
Que s’est-il passé après MUTEX ? On enregistre plusieurs synergies telles qu’une action entre
des commerciaux, une plate-forme de tricotage, une plate-forme de coupe et l’association
dont je viens de vous parler. En parallèle à ceci, Roanne et la Région ont œ uvré pour
développer la formation sur le bassin. Lyon cumulait tout. A partir de septembre 1999, la
dernière année d’études de l’ITEC (Institut Textile et Chimique) portant sur les spécificités
textiles se fera à Roanne. L’ITF (Institut Technique de France) va aussi venir chez nous. Ceci
va contribuer à créer un environnement favorable.
Autres effets induits de MUTEX : le GEM (Groupement d’employeurs) qui s’est fixé comme
objectif de créer un vivier de main d’œ uvre qualifiée pour les entreprises de l’ennoblissement.
Puis, le Groupe pour l’Emploi par l’Insertion et la Qualification (GEIQ). Plus personne n’est
formé pour la conduite de machines simples, ni pour l’ennoblissement : imprimeurs,
teinturiers... Il fallait donc créer un centre de formation, et c’est ce que nous avons fait avec le
GEM.
La philosophie du GEM : créer un noyau dur de personnes formées qui reste dans l’entreprise
pour pouvoir sauvegarder et pérenniser celle-ci et également former des personnels
”flottants”, c’est-à-dire qui ont appris un métier et peut-être même dans le futur deux ou trois.
D’où la mise en place d’un centre de formation, qui dispense de l’enseignement tant en
matières générales qu’en techniques spécifiques. Un point important à souligner est que la
formation est totalement individualisée.
M. BROYER : Oui, deux personnes issues de la CCI, parce qu’elles étaient en partie
disponibles et qu’elles connaissaient bien le textile. Ces deux personnes ont de plus suivi avec
nous toutes les formations.
M. DUCROC : On voit bien la thématique abordée, mais y a-t-il une vision à plus long terme,
au-delà de l’an 2000 et quelle est-elle ?
M. BROYER : C’est difficile. Nous sommes aujourd’hui, dans le textile en pleine tempête, et
il faut parfois barrer au jour le jour, tout en se préparant pour les moments où le ciel
redeviendra bleu.
On réfléchit bien sûr à cela dans le cadre du MUTEX, par exemple en relation avec le centre
virtuel de Rhône-Alpes. A Roanne, nous avons par exemple un important projet de cabines
virtuelles pour prendre les mesures des clients, afin de faire les ourlets sans essayage... Nous
avons donc des projets, bien sûr.
M. BROYER : Tout à fait. Il y a 2 ou 3 ans, il arrivait que des entreprises refusent des
marchés, parce que, pour une raison ou pour une autre, elles ne pouvaient pas les honorer.
Aujourd’hui, on fait le travail ensemble. C’est le fruit de notre connaissance mutuelle. On est
en train de mettre en place les achats et les stocks communs, on se dépanne... Je pense que la
territorialité que nous avons acquise aujourd’hui est en train d’essaimer au plan européen à
grande vitesse.
Question : M. BALESTRI nous disait ce matin que l’un des facteurs clés de succès des SPL
italiens était la concurrence interne. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ? Le modèle italien
est-il transposable en France ?
M. BROYER : Je ne crois pas que les Italiens aient une concurrence interne particulièrement
forte. Mais il s’agit de travailler en fait en petits laboratoires, où tout se sait... Donc le savoir
est mis plutôt en commun, puisque l’entreprise n’est pas fermée sur elle-même.
Par contre, les Italiens savent prendre les choses et vous les rendre encore plus belles qu’ils
les ont prises ! Ça, c’est constructif !
Question : Les Français adaptent le concept SPL à leurs spécificités ? Pouvez-vous nous
apporter des précisions sur vos procédés de recrutement ?
S’il s’agit d’un contrat de qualification, nous percevons les aides correspondantes. Et s’il y a
formation, FORTHAC (organisme collecteur du 1 % formation) participe et l’entreprise
s’engage à payer 50 % environ des heures au coût du GEIQ , parce qu’il faut bien que l’on
paye aussi le GEM et ses formateurs. Ensuite, le salarié à trois possibilités : quitter
l’entreprise, être embauché définitivement, ou bien encore rester dans le GEM. Nous gardons
ainsi un vivier qui peut nous assister dans les périodes fortes. Je pense d’ailleurs qu’il faudra
que l’on s’associe à d’autres groupements d’employeurs pour mettre en place des formations
”croisées”, car on s’aperçoit par exemple que sur Roanne, nous manquons de soudeurs. On
pourrait former pour cela et ainsi éviter des tensions.
Question : Depuis quand animez-vous cette association et avez-vous prévu le jour où vous
partirez... ?
M. BROYER : Cela fait 3 ou 4 ans que nous animons notre association, et lorsque je partirai,
il y aura plein de gens pour poursuivre l’action. Aucun problème de succession en perspective
donc.
Le génie naval a été retenu comme l’un des thèmes de SPL selon la méthode utilisée par la
DATAR. Les Chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire sont malheureusement les derniers
chantiers de grande construction navale en France et s’y est donc posée la question du
transfert technologique et de l’innovation.
Ceci est le résultat d’une démarche structurée, ou plus exactement qui s’est révélée structurée
a posteriori et qui a fait travailler sur le même objectif l’ensemble du tissu industriel de notre
bassin d’emploi autour du thème du génie naval. C’est donc un SPL un peu atypique en ce
sens qu’un réseau de petites et moyennes entreprises s’est créé autour de l’activité
”construction navale” et donc des Chantiers.
La première phase a été la création d’un centre de recherche cofinancé par les collectivités
(Municipalités, Département, Région, Etat), qui avait pour but de regrouper toutes les
activités de recherche existantes autour de Saint-Nazaire. A l’occasion de ce regroupement,
j’ai été sollicité pour présider l’association qui accompagnerait le développement de ces
structures de recherche pour favoriser, entre autres, le transfert technologique vers les
entreprises du bassin d’emploi, ou plus largement de la région.
Cette association a bien fonctionné et a eu la chance, ou le mérite, d’être retenue dans le cadre
d’un programme européen, sous l’égide de la DATAR, permettant de regrouper grandes,
petites et moyennes entreprises, ainsi que les représentants de l’Education de l’enseignement
supérieur, de la Recherche et des collectivités. Grâce à ce programme, l’association a pu
mettre en place un Institut de créativité industrielle qui forme une vingtaine de ”Bac + 2” pour
les mener à un niveau ”Bac +3” en les formant à la gestion de produits innovants. Cet Institut
a le mérite de rapprocher très
Parallèlement à cela, est apparue la nécessité d’accélérer les efforts de compétitivité, ce qui a
conduit à l’élaboration d’un projet d’entreprise. La grande entreprise prend le risque financier
et technique d’un contrat très important, en s’appuyant sur le réseau de fournisseurs et de
sous-traitants intervenant, le plus en amont possible, dans la conception et la construction du
navire.
Cette démarche nécessite une adaptation très rapide du tissu de petites entreprises et leur
demande en particulier de fonctionner en réseau, de se grouper pour prendre des marchés
intégrant plus de conception et de matière grise et donc, de reprendre des initiatives
économiques qu’elles n’avaient plus. C’est là qu’est intervenue la CCI, par une opération
d’accompagnement appelée ”Nouvelle Donne”, consistant à aider à l’élaboration de plans
stratégiques, à la définition des besoins de compétences, à la recherche de ces compétences
dans le domaine commercial notamment et à la formation des chefs d’entreprises dans les
domaines de la gestion et du commercial.
Question : Quel est le degré d’intervention de la grande entreprise ? Comment sont répartis les
savoir-faire et l’encadrement ?
M. d’ACREMONT : Je vais citer un exemple concret. Sur certains grands navires existe tout
un système de sonorisation et d’éclairage, en particulier dans leurs salles de spectacles. Les
technologies mises ici en œ uvre étaient auparavant gérées par les Chantiers. Nous avons
favorisé l’externalisation de ces techniques vers un entrepreneur qui a embauché le cadre des
Chantiers responsable de ce secteur et cette entreprise est aujourd’hui une référence
européenne, voire mondiale.
Intervention : Il y a 20 ans, quand nous avons construit nos premières usines, nous avons
travaillé en sous-traitance avec des PME qui construisaient des villas et notamment qui
fabriquaient des tuyaux de chauffage. Aujourd’hui, ces PME sont capables d’utiliser des
techniques spéciales de soudure sur inox, avec zéro défaut. Un travail absolument propre.
Elles ont été capables de changer de métier et d’être aujourd’hui concurrentielles sur un
marché élargi.
Question : La grande entreprise confie donc des tâches tertiaires : recherche, développement.
Sachant cela, comment avez-vous donc conçu l’Institut de la créativité industrielle dont vous
nous parliez précédemment ? L’avez-vous conçu avec l’Education Nationale ? Car l’on sait
que les formations doivent être rapidement mises en place, modulables et que les entreprises
ne peuvent pas former en interne.
Nous avons donc décidé d’être non seulement observateurs, mais initiateurs d’un avant-projet.
Notre réflexion nous a amenés à penser qu’il y avait des filières à créer en France dans le
domaine de la recherche développement. Nous avons d’abord pensé filière territoriale, puis
filière technique, puis filière sectorielle, ceci sur le territoire français ou sur le territoire
européen. Et nous considérons que tous les SPL, quels que soient leurs structures et leurs
supports, doivent toucher à l’innovation.
Nous pensons que cette partie du développement nécessite des moyens financiers et humains
de plus en plus importants et que les petites et les grandes entreprises doivent se réunir pour
faire de la recherche partagée. Et quand cela va très très loin, chacun peut mener sa propre
recherche et son propre développement pour aboutir à des procédés ou a des produits
nouveaux qui lui sont propres. Chacun peut alors prendre son propre chemin pour des
applications spécifiques. Est-ce que les SPL doivent s’intéresser à l’innovation ? Oui, il le faut
absolument.
Actuellement, nous avons quatre filières de développement sur les applications laser et, sur les
quatre, l’une est associée à un grand groupe et les trois autres concernent des réseaux de
petites entreprises.
M. GARES : Nous essayons d’aider à la mise en place d’un SPL sur le thème de la santé, dont
l’essentiel est dans le périmètre du SICOVAL, mais qui concerne l’ensemble de la région
Midi-Pyrénées. Au départ, un groupe de PME a identifié un besoin commun, celui d’un
équipement de stérilisation. Ces entreprises sont trop petites pour disposer individuellement
d’un tel équipement et recourent à une sous-traitance lointaine et coûteuse. Nous proposons
donc de réaliser pour elles l’étude d’un équipement commun, puis de les aider à le mettre en
place. Nous avons déjà mené une démarche identique, bien qu’elle ne porte pas le label SPL,
dans le domaine de la Compatibilité Electro-Magnétique (CEM) pour des entreprises
d’électronique et elle a abouti à la création d’une filiale commune exploitant un laboratoire de
test. Pour le secteur de la santé, l’idée est que, autour de ces premières activités en commun,
d’autres coopérations peuvent voir le jour. Il existe d’ailleurs déjà de nombreuses pistes, qui
Question : Vous avez donc innové dans le sens où vous avez répondu à un besoin ?
M. GARES : Nous innovons en effet dans la façon de répondre à un besoin qui ne trouvait pas
jusque-là de réponse satisfaisante. Cela dit, le but du SPL n’est pas forcément l’innovation en
soi. En revanche, un SPL peut être un formidable diffuseur d’innovation, dans la mesure où la
communication entre les entreprises, créée par exemple à l’occasion de l’utilisation d’un
équipement commun, permet aussi à chacune de profiter des avancées des autres, lorsqu’elles
ne posent pas de problème de concurrence. Nous voyons déjà ce mécanisme à l’œ uvre dans le
domaine de la CEM, que j’évoquais à l’instant. Je pense que dans celui de la santé, qui est très
vaste, le potentiel de diffusion de l’innovation par le SPL est considérable.
Je suis moi-même partie prenante d’un SPL, à savoir le pôle de la chaussure dans le grand
arrondissement de Cholet. 11 000 salariés et 45 % de la production de chaussures françaises...
et nous sommes, bien entendu, confrontés à la concurrence internationale. On s’aperçoit que
dans cette mondialisation, une des meilleures réponses est le développement de l’exportation,
mais les entreprises ont en général beaucoup de mal à s’organiser et à être solidaires à
l’exportation.
Les maîtres verriers, c’est une tradition millénaire qui emploie jusqu’à 6 000 personnes, mais
regroupées dans des PME pas toujours très bien armées pour affronter un marché mondial
concurrentiel. On travaille dans la Vallée de la Bresle essentiellement pour la parfumerie. Nos
clients sont exigeants et demandent de la qualité.
La collaboration entre les entreprises complémentaires n’est pas forcément facile à mettre en
place, même si, aujourd’hui, on est parvenu à faire travailler ensemble des entreprises, non
seulement complémentaires, mais également concurrentes.
Chez les spécialistes du sablage et du dépolissage, par exemple, on attend beaucoup des
études confiées au laboratoire universitaire de Rouen, pour définir de nouvelles normes et
améliorer les techniques de fabrication. Il s’agit de mettre en commun la résolution d’un
problème qui se pose individuellement à plusieurs entreprises.
On travaille sur des produits industriels, c’est vrai, mais on travaille à façon. Donc, à chaque
fois se présente un problème différent et, à chaque fois, on a quelque chose de nouveau à
mettre au point.
En fait, c’est surtout dans le domaine du parachèvement que ce district s’avère le plus
efficace. Ces sous-traitants des grands verriers peuvent être considérés comme de vrais
partenaires et devenir plus indépendants vis-à-vis de leurs donneurs d’ordres.
Notre district industriel s’appuie sur la filière verre. Sur 42 entreprises, il y en a en gros 38 qui
sont dans la Vallée de la Bresle, mais l’on essaie de favoriser l’essaimage autour de cette
vallée, notamment dans la région dieppoise.
La Vallée de la Bresle se situe entre Dieppe et Amiens. 100 000 habitants, 46 000 actifs, un
taux de chômage de 11,7 %. 44 entreprises identifiées dans la filière flaconnage en verre, 5
800 emplois aujourd’hui, pour 4 500 il y a 10 ans. Forte progression de l’emploi donc,
notamment dans le secteur des moulistes. Les verriers qui avaient des moules les ont passés à
des sous-traitants, souvent d’anciens salariés qui montaient leur entreprise.
Autre activité qui a pris de l’importance : le décor de flacons. Les flacons étaient autrefois
livrés transparents au client. En 1992 une dizaine d’entreprises employaient 550 personnes ;
aujourd’hui il y a 20 entreprises et 1 300 salariés. Notre Comité s’est investi pour faire en
sorte que ces créations perdurent.
Aujourd’hui, sur les 5 800 emplois du district, 3 800 sont chez les verriers eux-mêmes, dont
deux unités principales, plus les verreries semi-automatiques. Nous avons commencé à
intégrer à notre district les deux dernières petites verreries qui restent. Essayons de les faire
coopérer.
Les moulistes : 640 emplois répartis en douze entreprises, dont cinq ont mis en place un
groupement grâce au programme européen ADAPT.
Pour ce faire, la première piste a été d’amener les entreprises à se connaître. Nous avons
gagné des mois dans ce rapprochement entre les entreprises en organisant un voyage commun
en Allemagne. Seize chefs d’entreprises sont ensuite restés relativement groupés.
La deuxième piste a été de faire progresser le savoir-faire et les process. Les blocages
technologiques, notamment, sont souvent une sérieuse entrave. A partir de la prise de contact
préalable, nous sommes arrivés à la signature de conventions avec l’Université et trois
contrats de recherche sont en cours.
Troisième piste : la diversification. Notre souci était que les sous-traitants ne soient plus
dépendants à 100 % d’un seul donneur d’ordre et notre objectif est qu’à la fin de notre
programme, il n’y en ait plus un seul qui soit dépendant à plus de 50 % d’un grand verrier
donneur d’ordre.
Dans tout cela, nous avons été particulièrement surpris par la vitesse à laquelle nous avons
travaillé avec les chefs d’entreprises. Il est fort dommage que les aspects administratifs ne
suivent pas un tel rythme de travail. Si les administrations de l’Etat nous faisaient confiance
Toujours dans le domaine de la diversification, une étude par un cabinet parisien a permis de
révéler quelques possibilités dignes d’intérêt : passer du verre au plastique, passer du verre à
la porcelaine, développer l’assemblage et travailler sur le conditionnement du parfum. 100
emplois ont déjà été créés dans ce cadre de diversification.
Nous avons de plus engagé un gros travail de communication. Nous allons sortir un certain
nombre de documents, un site Internet démarre ces jours-ci, un autre site regroupera tout le
parachèvement, et nous avons arrêté un label commun à la vallée.
La notion de SPL arrive pour nous à point nommé. Si la vallée est bonne en emplois
industriels, il nous reste un gros travail à fournir dans les services, la logistique, le design, la
maquette, etc.
Un industriel de la Vallée de la Bresle : Je fais partie d’un des deux grands verriers dont M.
ROUILLIER vous a parlé. Notre société, fondée en 1623, a surtout évolué à partir des années
1970, lorsque nous avons su développer beaucoup plus notre exportation. Nous employons 1
650 personnes, et le développement de notre activité a permis à tout un ensemble de sous-
traitants d’évoluer en parallèle, notamment à partir du moment où nous avons prospecté à
l’étranger, en particulier aux Etats-Unis, avec un ”multicartes”. En 1985/1986, nous avons
créé une filiale aux USA, qui est devenue une filiale commerciale, mais aussi une filiale de
parachèvement. Plus proche de nos clients Américains et Canadiens, elle peut nouer avec eux
des relations beaucoup plus commerciales et satisfaire leurs demandes plus rapidement.
Nous fabriquons 350 millions de flacons par an, et nous exportons, directement ou via nos
clients, environ 75 % de cette production.
M. ROUILLIER : Au départ, ce sont les parfumeurs qui ont exporté nos flacons. Dans un
deuxième temps, ce sont les verriers qui se sont mis à exporter directement. Et troisième
temps, nous y sommes aujourd’hui, les sous-traitants se rendent compte qu’ils peuvent eux
aussi se lancer dans l’export. A ce titre, un exemple : cinq moulistes se sont associés. Nous
avons défini avec eux un protocole et des règles de partenariat. Un plan export a été élaboré,
financé par les DRCE (Direction Régionale du Commerce Extérieur) de Normandie et de
Picardie. Déjà deux marchés ont été signés, l’un avec l’Allemagne et l’autre avec l’Autriche,
alors que ces chefs d’entreprises n’étaient jamais allés à l’étranger jusqu’alors. Là aussi nous
avons été surpris de la relative rapidité avec laquelle les choses se sont produites. Une Charte
de répartition des commandes a été établie et une SARL de commercialisation est en cours de
création. L’embauche d’un ingénieur commercial et d’une secrétaire à temps partagé est
prévue.
M. ROUILLIER : Pour les cinq moulistes, il s’agit d’un site de commercialisation de leur
savoir-faire, pour converser avec les clients. Nous commencions, au Comité d’Expansion, à
recevoir des consultations pour ce groupement de moulistes !!! Nous les avons donc tout
Nous étudions maintenant la possibilité de créer un autre site pour l’ensemble de la filière
parachèvement.
Tout cela va très vite. Les entreprises sont prêtes, mais comme je l’ai déjà signalé, il faudrait
que les programmes publics avancent eux aussi à la bonne vitesse. Le travail de notre Comité
d’Expansion est aussi d’harmoniser tout cela.
Intervention : Je signale que nous avons un programme ”salons internationaux” qui travaille
sur l’ensemble de la Picardie et qui étend ses potentialités à la Normandie et à la Champagne-
Ardenne. L’ensemble de la logistique de participation à des salons est conduit par nous
gracieusement, puisqu’elle est financée par la Région Picardie. Il suffit qu’il s’agisse d’une
participation collective d’entreprises sur des salons internationaux.
M. ROUILLIER : L’idéal est un intermédiaire qui soit extérieur aux entreprises. Si le chef
d’une des entreprises prend la tête du groupement, des tensions risquent de se révéler. Si l’on
emploie un permanent, celui-ci risque d’en faire trop à sa tête, et de ne plus être à l’écoute.
Une agence de développement, un comité d’expansion, ou une chambre consulaire, peu
importe, mais il faut une structure un peu ”neutre”.
M. ROUILLIER : La Région Picardie paie la moitié et l’autre moitié est divisée en cinq
parties, payée chacune par une des cinq entreprises.
1- Il sera tenu compte de la charge de travail de chacun et du respect des délais du client,
c’est-à-dire que s’il y en a un qui reçoit le marché, il le passera aux autres dans la mesure où il
ne peut pas tenir les délais.
2- On tient compte en priorité des distances ; priorité sera donnée à celui qui aura fait le même
travail une fois précédente.
3- Les spécialités de chacun seront un élément déterminant du choix de l’exécutant de la
commande parce que tous les exécutants ont des machines différentes.
4- Sur l’ensemble d’un exercice, une répartition équitable du chiffre d’affaire sera faite entre
les partenaires.
La répartition s’effectue sur la base d’un ”mélange” de ces quatre points... Les premiers
marchés arrivent ces semaines-ci. Une politique définitive sera arrêtée au bout d’un an. Les
entreprises ont fait un travail de diagnostic individuel pour savoir exactement quelles étaient
les compétences de chacun, défini les pays sur lesquels des actions avaient été menées et
choisi les produits.
Réponse : On a mené une opération qui n’a pas la dénomination SPL, qui était en fait le
regroupement d’entreprises dans le domaine de l’environnement, sous la forme associative.
L’objet était de recruter une personne qui avait une connaissance des marchés publics, et
notamment à l’exportation, et l’on a complètement détaché la rémunération de cette personne
de la performance. On a budgété l’ensemble de l’opération, inclus le salaire : 50 % sont
couverts par des fonds publics, et 50 % par les entreprises. Nous arrivons à la sortie de cette
opération qui aura duré trois ans et nous pourrons alors dresser un véritable bilan. Toujours
est-il que les entreprises ont découvert de nouveaux marchés et ont surtout appris à travailler
ensemble.
Intervention : Je suis stupéfait de constater la forte présence des Italiens sur des salons et ceci
en commun. Et quand je dis ”en commun”, c’est-à-dire qu’une seule personne représente dix
entreprises, présente leurs offres, prend des affaires, puis partage et répartit les affaires qu’il
ramène. Et ils sont présents sur tous les salons !
M. BROWNE de KILMAINE : C’est vrai. Mais il faut reconnaître que les pouvoirs publics
italiens, espagnols ou portugais aident beaucoup plus leurs exportateurs que leurs homologues
français.
Quelle valeur ajoutée peut apporter un SPL dans le domaine de la formation ? Les problèmes
de compétences et de recrutement sont souvent identiques sur tout le territoire, excepté peut-
être dans des métropoles. Les réponses peuvent varier d’un endroit à un autre, mais dépendent
toutes d’un préalable incontournable : l’observation des besoins réels des entreprises.
Pour amener le débat, un document audiovisuel est présenté, évoquant les problèmes de
formation et les solutions imaginées dans le district de la ”Mécanic Valley”.
Document : A cheval sur l’Aveyron, le Lot et la Corrèze, la ”Mécanic Valley” concentre des
entreprises de première importance dans le domaine de la mécanique. 14 000 emplois dans
trois activités fortes : l’aéronautique, l’automobile et la machine-outil. Le dynamisme de cette
activité s’est construit grâce au combat des industriels pour le développement local, leur
détermination à s’ouvrir sur l’extérieur et à se structurer en réseau.
Le tissu industriel de ce territoire est d’abord représenté par quelques grandes entreprises,
leaders dans la mécanique : RATIER à Figeac (fabriquant d’hélices et spécialiste des
commandes de vol pour Airbus), GFI Industrie à Villefranche de Rouergue (branche
aéronautique), les ateliers de la SUM à Tulle (fabriquant de pièces d’armement, machines à
coudre, appareils de cinéma), BOSCH à Rodez, BOURGEOIS à Decazeville.
Mais ce réseau est aussi caractérisé par la présence de nombreux sous-traitants. BOSCH
Rodez, par exemple, s’est appuyé pendant 5 ans sur eux pour fabriquer des injecteurs mono-
point à l’aluminium. Avec plus de 400 salariés, cette sous-traitance se consacre à 85 % au
marché automobile et est fournisseur de BOSCH Allemagne et BOSCH Belgique.
Autre exemple : RATIER-FIGEAC qui, pour s’engager dans l’innovation, s’est impliquée
dans la création d’un véritable réseau d’entreprises. Certaines personnes, dont des cadres de la
société, ont été incitées à créer leur propre entreprise dans l’environnement immédiat. La
société a assuré la formation de leurs personnels, a prêté les outillages nécessaires, a fourni
des commandes pour démarrer et, avec l’aide de la CCI et des pouvoirs publics, a construit
des locaux. RATIER a ainsi essaimé dix entreprises représentant 250 emplois.
Ce réseau a des répercussions importantes dans plusieurs domaines où des actions communes
se développent. En matière de formation, le territoire compte des lycées professionnels à
Decazeville, à Brive et à Rodez, un Centre de Formation d’Apprentis de l’Industrie à Tulle
(CFA), un IUT à Figeac. Le C.F.A., que l’on nomme ici en souriant ”l’Ecole Ratier”, a été
Pour la recherche également, toutes les compétences nécessaires sont réunies dans un rayon
de 20 kilomètres. Ces compétences sont aujourd’hui fédérées autour d’une première
expérience commune : la construction de deux machines très grande vitesse. Cette opération
rapproche les concepteurs des utilisateurs et les fait travailler ensemble. RATIER s’est investi
dans ce programme avec l’espoir de pérenniser la construction de ce type de machines dans la
région, plutôt que d’aller les chercher à l’étranger.
Le problème du recrutement a beaucoup évolué ces 10 dernières années. Nos difficultés d’hier
à recruter des ingénieurs ou des cadres se portent aujourd’hui sur l’embauche d’ajusteurs,
monteurs et mécaniciens où les candidatures font cruellement défaut. Les formations
existantes sur le territoire ne forment pas le nombre de personnes nécessaires, faute d’intérêt
de la part des jeunes pour ces filières peu valorisées.
Une réflexion commune entre industriels nous incite à penser qu’une formation Bac
productique répondrait à nos besoins. Nous avons donc imaginé embaucher des jeunes comme
apprentis dès le B.E.P. (avec rémunération et emploi à la sortie). En accord avec l’Education
Nationale, les services du Recteur de l’Académie de Toulouse et les lycées de Rodez, Brive et
Figeac, un dispositif de formation en alternance est actuellement mis en place : 50 % du temps
au lycée pour les matières générales, et 50 % du temps dans une entreprise qui aura recruté le
jeune pour l’enseignement technique sur des machines que l’on utilise aujourd’hui.
J’espère que ce projet attirera des jeunes. Parallèlement, nous organisons des journées Portes
ouvertes pour revaloriser la filière mécanique.
M. VITRAT : Tout à fait, ”l’école RATIER” dispose déjà de maîtres d’apprentissage qui
accompagneront les jeunes durant leurs 2 années de formation.
M. VITRAT : L’intérêt de cette formation, c’est qu’elle amène un emploi immédiat. Mais les
formations BTS doivent bien sûr rester accessibles.
Intervention de la salle : Sur la région de Castres, nous avons créé un C.F.A. en textile et la
première difficulté a été de négocier avec l’Education Nationale pour la partie formation,
puisqu’en section mécanicien, nous avions quatre élèves. Nous sommes confrontés à ce
problème de recrutement de candidats et ceux qui viennent sont des jeunes en situation
d’échec, très difficiles à remettre dans le circuit scolaire.
M. VITRAT : Oui, nous avons aussi eu ces problèmes. On a amené l’idée du C.F.A. On
voulait détacher le C.F.A. de l’Education Nationale et cela s’est avéré très problématique.
M. LE LOUET : La recherche de jeunes candidats doit être accélérée par une véritable
campagne de publicité extérieure ! Il faut informer et sensibiliser pour que les jeunes se
dirigent vers ces formations.
Mme FAVRIE : Je ne crois pas que ce soit un problème lié à la volonté des chefs
d’entreprises. Ils font leur métier. Il faut faire des programmes qui soient adaptés.
Intervention de la salle : Peut-être que les parcours peuvent être un peu mieux
professionnalisés, mais nous travaillons avec des publics en très grande difficulté et l’on
essaie de les insérer en fonction de la professionnalisation de différents secteurs. Je pense que
le SPL est un bon outil pour pouvoir mieux réfléchir à ce problème.
Intervention de la salle : On nous a parlé tout à l’heure des Contrats de Progrès mis en place
par certaines DRIRE. Au sein du Ministère du Travail, des contrats d’objectifs professionnels
sont passés avec les Conseils Régionaux. Aucune liaison n’existe entre ces différents contrats.
Alors, dans le prochain Contrat de Plan, essayons de nous coordonner un peu plus !
M. VITRAT : Je vous dirai qu’on ne choisit pas ses parents... RATIER est devenue
américaine, mais cela n’indique pas que les centres de décisions partent. Il n’y a pas
d’Américains à Figeac, et nous gérons notre entreprise.
→ La coutellerie de Thiers
→ Têt Méditerranée
→ Le choletais
→ La Vallée de la Bresle
→ L'Adour
→ Mecanic Valley
→ Le Pays du Gier
→ Roanne
(1)
Présentés dans le cadre du Colloque
Informations générales
Domaine : Lunetterie
Localisation : Franche-Comté
Descriptif du district
Objectifs :
L'association ALUTEC créée en 1980 à l'initiative du Syndicat des Lunetiers du Jura s'est donnée
pour objectifs :
- de favoriser le développement technologique des entreprises du secteur à travers la promotion, la
veille et la conduite d'études techniques,
- d’encourager la participation active des entreprises à la réalisation d'essais et d'études.
Cible :
Les 60 PME du bassin et deux grandes entreprises.
Territorialité :
Au XVIIIème siècle la lunette moderne a pris naissance dans le bassin de Morez et s'est développée
jusqu'à constituer une véritable industrie. Le canton est aujourd’hui spécialisé dans la monture en
métal et en acétate usiné. Il assure 50% de la production de montures de lunettes en France mais le
premier italien a un chiffre d’affaire équivalent. Les produits sont exportés pour 45% dans les pays de
l'Union européenne et 30% dans le reste du monde dont les Emirats arabes.
Résultat attendu :
Le principal objectif de la démarche est d'augmenter la proportion d'entreprises certifiées ISO 9001 de
5 à 100 entre 1999 et 2001, de développer les synergies entre les entreprises par une politique de
créneaux (notamment autour des collections, des outillages, des matériaux, du design), de favoriser les
rapprochement pour atteindre la taille critique permettant d’attaquer les marchés mondiaux dans de
bonnes conditions.
Partenaires :
- Association des Lunetiers,
- Syndicat des Lunetiers du Jura,
- DRIRE,
- Préfecture de Franche Comté,
- Conseil Régional de la Franche Comté.
Informations générales
Localisation : Auvergne
Descriptif du district
Objectifs :
Positionner le bassin de Thiers comme une véritable vitrine de la coutellerie française face à une
concurrence italienne, espagnole et, de plus en plus, du Sud-est asiatique et du Brésil tel est l’objectif
du Comité de Pilotage du SPL aujourd’hui formalisé. Dans un premier temps, le bassin se réorganise
afin, d’une part, d'améliorer la compétitivité des entreprises par le biais de l'innovation, de la
productivité et de la qualité, et, d'autre part, de promouvoir l'image de la coutellerie de Thiers en
France et à l'international.
Dans un second temps, le district s'appuiera sur une structure de coordination, d'assistance et de veille.
Les objectifs choisis par les partenaires se fondent sur une analyse des SPL existants en France et en
Italie.
Cible :
Les 134 entreprises de coutellerie du bassin d'emploi de Thiers, les 130 fournisseurs et sous-traitants
de la filière qui emploient 3.000 salariés ainsi que les très petites entreprises (TPE) qui gravitent
autour de l'activité.
Territorialité :
La coutellerie est un art pratiqué depuis plusieurs siècles dans la région de Thiers. Il imprègne toutes
les activités et les diversifications engagées puisqu'il concerne encore 30 à 35% des emplois de la
région de Thiers (contre 90% il y a 50 ans). Cependant, la coutellerie de Thiers si elle devance le
bassin nogentais et le secteur de Laguiole, s'exporte difficilement face à une concurrence accrue.
Résultats attendus :
La constitution d'un véritable district industriel. Elle passe par la réussite des actions à engager en
matière :
• d'amélioration de la connaissance de marchés,
• d'aide à la pénétration de nouvelles technologies,
• d'amélioration et d'organisation des interconnexions entre entreprises,
• de mise en œ uvre de synergies sur les techniques et les savoir-faire avec des partenaires français et
européens spécialisés en la matière.
Partenaires :
- Chambre des Métiers du Puy de Dôme,
- Comité d'Expansion Economique du Puy de Dôme,
- ADIMAC (DATAR),
- Conseil Régional d'Auvergne.
Informations générales
Descriptif du district
Objectifs :
Depuis 15 ans, la crise de l'industrie textile s'est traduite par la fermeture brutale de nombreuses
entreprises et la perte de 11.000 emplois. Une demande locale se maintenant cependant, la démarche
globale entreprise vise à développer et animer un réseau d'entreprises de la filière textile-confection.
Dans cette optique, l'association renforce et amplifie les actions déjà engagées et cherche à répondre
aux nouveaux besoins qui se font jour en s'appuyant sur la mise en commun de certaines fonctions et
une forte réactivité grâce au réseau d'entreprises et sous-traitants.
Cible :
Les 60 entreprises spécialisées en la matière.
Territorialité :
L'industrie textile est développée depuis la fin du XIXème et a créé des habitudes de travail et de
coopération. Dans le contexte de la reconversion de l'industrie textile, due principalement aux
délocalisations, de nouvelles unités économiques se sont créées pour répondre aux nouvelles formes
de demandes. Aujourd'hui, 485 établissements sont recensés sur le territoire dont une trentaine se sont
regroupés au sein d'une association. Cette organisation dont le cœ ur est la Cité du Textile couvre
plusieurs communes au nord-est de Roubaix et tend à se développer à d'autres communes.
Résultats attendus :
La mise en place et la reconnaissance d'un véritable SPL spécialisé, réactif sur la production et la
confection textile, en associant un grand nombre de TPE et PME, constitue le principal objectif de la
Cité de l'Initiative du Textile. Il répondrait aux difficultés du secteur textile face à la crise que subit le
nord de la France.
Partenaires :
- Ville de Roubaix,
- URIC,
- ARACT,
- REACTIF,
- INNOTEX,
- UIT Nord,
- CBE Roubaix-Tourcoing.
Informations générales
Localisation : Languedoc-Roussillon
Descriptif du district
Objectifs :
Les industries nautiques de plaisance de Têt Méditerranée constituent un SPL émergeant. En 1996-97
une entreprise majeure de construction de catamarans de plaisance a décidé de réimplanter à Canet des
chantiers basés en République Populaire de Chine et dans le Var. De cette implantation industrielle
unique, a émergé l’idée de favoriser la création d’un SPL. La CCI a donc engagé une prospection des
marchés et une identification des perspectives d'évolution de l'industrie nautique via une étude de
faisabilité. Dès à présent elle s’efforce d’assurer :
- La structuration et l'organisation des activités,
- L'adéquation des infrastructures avec les besoins en matière d'aménagement de terrains et de
bassins,
- L'amélioration du niveau technique et de la compétitivité par la formation et la mise en commun
des recherches notamment sur les nouveaux matériaux,
- Le développement de l'interactivité entre les entreprises et avec d'autres sites méditerranéens.
Cible :
Chantiers de fabrication de catamarans de plaisance (des négociations prometteuses sont en cours avec
deux autres chantiers) et 17 entreprises directement liées à l'industrie nautique.
Territorialité :
Le district s'est développé autour de la commune de Canet en Roussillon. Il est lié strictement aux
industries nautiques : bateaux de plaisance, vedettes à moteur, voilerie, sellerie, matériaux,
électronique, ébénisterie constituant des filières aval et amont. Une association des industries
nautiques de Languedoc Roussillon vient d’être créée et renforce le rapprochement du territoire et de
l'industrie nautique.
Résultats attendus :
La CCI de Perpignan et des Pyrénées orientales a décidé de développer un véritable district industriel à
l’image de ce qui existe en Vendée mais sur un autre créneau : les bateaux de grande taille spécialisés
et fabriqués à l’unité, et sur un autre territoire : la Méditerranée.
Partenaires :
- Communauté de Communes Têt Méditerranée,
- Conseil Général des Pyrénées Orientales,
- Conseil Régional de Languedoc-Roussillon,
- EDF,
- Caisse Régionale du Crédit Agricole,
- Association des Industries Nautiques du Languedoc-Roussillon.
Informations générales
Descriptif du district
Objectifs :
Le système choletais est resté longtemps basé sur une compétitivité centrée sur la maîtrise des coûts
qui s'illustre par une production de moyenne gamme en série. Aujourd'hui, les industriels sont
confrontés à la nécessité d'être différenciés de leurs concurrents et d'améliorer les process.
La CCI du choletais et l'ensemble des acteurs territoriaux s'investissent pour revitaliser la région. Cette
démarche s'articule autour d'une réflexion globale sur les produits, les marchés, les opportunités de
nouvelles activités et un soutien au développement économique des entreprises. Elle est accompagnée
par une action d'animation pour encourager les synergies entre les entreprises, la complémentarité des
filières, l'essor de concept marketing, de la qualité.
La réalisation des orientations du district industriel s'appuie sur la mise en place d'outils et de services
communs tels que les NTIC.
Cible :
Les 150 TPE et PME ainsi que les groupes du choletais qui constituent le tissu industriel de la zone.
Territorialité :
L'arrondissement de Cholet, le nord de la Vendée et des Deux-Sèvres recensent plus de 10.000
personnes salariées dans le secteur de la chaussure. Cet espace constitue l'ossature du bassin de
production de plus de 50% des chaussures en cuir produites en France et rassemble les principaux
groupes du domaine.
En parallèle, l'industrie du textile-confection est animée par 150 entreprises qui emploient 1.000
personnes dans le tissage et 3.000 dans la confection. Cette activité est représentée par de nombreuses
marques et sous-traitants.
Résultats attendus :
L'objectif visé à terme est un renforcement, grâce une meilleure connaissance des évolutions des
marchés, des potentiels du choletais et de ses parts sur un marché mondialisé. Les concrétisations
attendues dans un premier temps sont plus précisément :
- l’identification des savoir-faire locaux et notamment des technologies afin de développer les
complémentarités et les liens entre entreprises,
- l'amélioration du système productif grâce à un perfectionnement de l'accès à l'information
(techniques, marchés,… ),
- l'émergence de nouvelles activités en croisant les compétences techniques.
Partenaires :
- C.E.T.I.H.(Centre d'Etudes Techniques des Industries de l'Habillement)
- Groupement Ouest Mode industrie
- C.T.C. (Centre Technique du Cuir)
- Groupement Professionnel de la Chaussure
Informations générales
Localisation : Rhône-Alpes
Descriptif du district
Objectifs :
La crise conjoncturelle de 1992-93, la pression accrue des donneurs d’ordre de l’industrie automobile
à partir de 1993-94 ont amené les industriels de la Vallée de l’Arve à renforcer les coopérations qui
existaient au sein d’un des plus vieux districts industriels français. Objectif : passer d’une « aire-
production » à une « aire-système », c’est-à-dire, être en capacité de proposer des produits finis
propres.
Le plan engagé depuis 1997 a pour objet le renforcement des potentiels, l'amélioration des outils et des
relations entre les entreprises ainsi que la diversification des activités en identifiant de nouveaux
secteurs. Il dépassera à terme le seul cadre de la vallée pour concerner 85.000 personnes et 30
circonscriptions.
Cible :
Les 800 entreprises du district industriel et les entreprises qui pourraient se créer.
Territorialité :
Le district industriel s'étend sur 30 km dans la vallée de l'Arve entre Genève et le massif du Mont-
Blanc. Il se compose de 180 PME/PMI, employant 12.000 personnes. Il est issu des habitudes de
travail nées de l'industrie artisanale de l'horlogerie au XIXème et de l'industrie du décolletage. Il a su
développer un maillage international et une clientèle dans 22 pays différents.
Résultats attendus :
Les promoteurs du district recherchent par leur démarche actuelle deux retombées :
1) L'amélioration des synergies et la coordination de leur développement grâce au soutien apporté au
réseau local et à son animation.
2) Le développement de l'identité industrielle et la recherche d'une qualification.
Partenaires :
- Communes de la Vallée de l’Arve,
- Syndicat National du Décolletage,
- Centre Technique de l'Industrie du Décolletage,
- Syndicat interprofessionnel,
- Observatoire stratégique de la sous-traitance,
- CCI de Haute-Savoie.
Informations générales
Localisation : Midi-Pyrénées
Descriptif du district
Objectifs :
Depuis la création du pôle santé, les entreprises pharmaceutiques et para-pharmaceutiques expriment
la volonté de développer des échanges entre les sphères de la formation, de la recherche et des
entreprises. C’est un SPL émergeant qui s’appuie sur le Centre de Transfert de Technologies
Médicales et le Syndicat des Industries de la Santé. Ses actions visent à consolider et développer les
effets de synergies existants, structurer et organiser les relations. L’objectif final est de renforcer la
position des entreprises sur les marchés nationaux et internationaux.
Cible :
Les sociétés des secteurs pharmaceutique et biomédical du pôle de Labège : des PME et 5 grands
groupes.
Territorialité :
L'industrie pharmaceutique collabore au travers d'un pôle santé réunissant 47 entreprises, des instituts
de recherche et des écoles d'ingénieur dans l'arrière pays du sud-est toulousain. Ce noyau - où les plus
petits sont souvent les plus actifs - profite de l’expérience acquise auparavant dans le domaine de
l’électronique sur le site de Labège.
Résultats attendus :
Le syndicat, moteur essentiel du SPL, attend des actions engagées un essor des partenariats, le
développement des fonctions achat et commercialisation, la création de nouvelles activités communes
et la mise à jour de projets complémentaires durables. Ces retombées devraient leur permettre de
renforcer leurs compétences et leur compétitivité sur le marché pharmaceutique.
Concrètement, un équipement collectif de stérilisation par rayonnements ionisants a déjà été créé et un
projet de pépinière spécialisée dans les bio-technologies doit prendre forme d’ici peu.
Partenaires :
- Centre de Transfert de Technologies Médicales,
- Syndicat des Industries de la Santé Midi-Pyrénées,
- Laboratoires et Centres de recherches locaux : CRITT, INSA, …
Informations générales
Descriptif du district
Objectifs :
Les grands donneurs d'ordre de la construction navale envisagent d'occuper un premier plan européen
dans la compétition internationale. Cet objectif se fonde sur les axes d'action suivants: l'analyse des
compétences existantes pour faciliter le maillage des entreprises, la spécialisation de certains corps de
métier et la diversification des produits et des marchés par le biais de la prospection, le soutien à
l'implantation, le développement de la communication.
Cible :
Les 60 entreprises du bassin de St-Nazaire qui emploient 2.000 personnes ainsi que les nombreuses
PME et PMI spécialisées en plasturgie, bois, métallurgie, machines-outils, électronique et
électromécanique qui gravitent autour de l'activité navale.
Territorialité :
La Loire-Atlantique rassemble la plus forte concentration de savoir-faire et compétences dans le
domaine de la construction navale confortée par la proximité des ports de Brest et Lorient. Le tissu
industriel regroupe ainsi 60 entreprises significatives et 10.000 personnes autour de l'estuaire de la
Loire. Par ailleurs, l'activité influence de nombreux domaines professionnels tels que la formation, les
centres de recherches …
Résultats attendus :
Les résultats doivent répondre aux exigences de compétitivité économique et d'autonomie
commerciale. Le partage de l'information, la veille sectorielle, le benchmarking constituent les outils
qui devront être une des composantes de l'activité des entreprises. La performance globale se mesurera
à la capacité du district industriel de développer des marchés extérieurs sur les segments actuels mais
aussi de nouveaux comme par exemple la plaisance, les navires à grande vitesse …
Partenaires :
- CCI de Nantes et Saint-Nazaire,
- Délégation du Développement de la région nazairienne,
- Ecole supérieure Atlantique d'Ingénieurs en Génie Electrique,
- Pôle productique de Saint-Nazaire,
- Centre d'Etudes Supérieures Industrielles,
- Pays de Loire Innovation.
Informations générales
Descriptif du district
Objectifs :
Les opérations engagées se concentrent sur le soutien et la consolidation du réseau de PME-PMI dans
le domaine de la micro-électronique. Cette démarche a pour objectif de renforcer l’économie du bassin
en l’orientant vers la diversification des activités, des produits et des clientèles ainsi que la constitution
d'une solidarité d'entreprises .
Pour cela, les promoteurs du pôle se fondent sur :
- un accroissement des capacités d'initiatives des entreprises,
- un regroupement des compétences et des moyens,
- un essor des partenariats.
L'objectif fondamental du pôle est de mettre en place une réflexion stratégique de développement et un
processus d'évolution des entreprises afin de les rendre indépendantes tout en constituant un réseau de
travail et d'échange.
Cible :
Les entreprises qui gravitent dans le domaine de la micro-électronique.
Territorialité :
Plus de soixante entreprises sont implantées dans un rayon de 40 à 50 km au sein de la grande
métropole marseillaise et aixoise. Elles se sont regroupées autour de questions techniques et
économiques liées à la micro-électronique. Actuellement, le bassin représente 25% de la production
française de composants électroniques actifs.
Trois structures associatives : CREMSI, JEMI et PROMES ont été créées afin d'assurer la
coordination des actions et des initiatives. Chacune assure en parallèle une action spécifique. Ainsi le
CREMSI soutient et encourage les programmes de recherche et développement, PROMES valorise le
secteur d'activités et ses applications notamment en initiant une politique de communication, JEMI
constitue une plate-forme de méthode, d'expertise de consultant-intégrateur-promoteur.
Résultats attendus :
Le bassin deviendrait à terme un SPL spécialisé dans le domaine de la micro-électronique. Les
entreprises disposeraient d'une autonomie et d'une capacité de réaction propre face aux marchés tout
en s'intégrant dans un réseau d'échange et de collaboration. Cette démarche permettrait de consolider
et pérenniser les activités actuelles.
Partenaires :
- DRIRE PACA,
- UDIMETAL,
- ANPE,
- AFPA,
- Conseil Régional de PACA.
Informations générales
Localisation : Picardie
Descriptif du district
Objectifs :
La volonté de sortir des traditionnelles luttes intestines entre industriels d’un même secteur et le
souhait d’un des plus gros donneurs d’ordre de la région d’externaliser une partie de sa production ont
amené des industriels de la mécanique et de l’hydraulique de la région d’Albert à se pencher sur
d’éventuelles coopérations. Ils ont été fortement encouragés par l’ADEIRA, la DRIRE de Picardie et
la CCI de Péronne.
Deux démarches sont aujourd’hui engagées : une étude pour déterminer quels sont les axes forts des
entreprises intéressées et leurs complémentarités pour de futures collaborations et la mise en place
d’une formation (productique, mécanique, usinage) face au déficit de personnel qualifié prévisible
pour les 3 ans à venir (environ 100 personnes).
Cible :
Les PME de la mécanique ainsi que leurs filières et réseau de sous-traitants qui ont adhéré à la
démarche
Territorialité :
Depuis 1993, 24 entreprises issues des secteurs hydrauliques et mécaniques de la région d'Albert
(canton d'Albert, Bray et Combles localisée entre Arras et Bapaume) se sont regroupées au sein d'une
association : PHMA.
L’AIDERA (Association Intercommunale de Développement Economique de la Région d’Albert) a
été créée en 1985 et aujourd’hui les élus envisagent la constitution d’une communauté de commune.
Résultats attendus :
Etablir de réelles coopérations à la manière des districts italiens.
Partenaires :
- DRIRE Picardie,
- CCI de Péronne,
- AIDERA,
- PHMA.
Informations générales
Localisation : Haute-Normandie
Descriptif du district
Objectifs :
La Vallée de la Bresle, c’est 75 % de la production mondiale du flaconnage de verre. Deux sociétés
dominent le paysage : Saint Gobain Desjonquères (1.600 emplois) et Pochet du Courval (1.650
emplois). Au total 42 entreprises produisent 2 milliards de flacons par an et assurent 5.700 emplois.
En 1997, le Comité d’Expansion souhaite organiser les sous-traitants pour les amener à diversifier
leurs productions, leurs donneurs d’ordre, notamment à l’exportation, et développer la recherche. Il
s’agit de :
- Structurer des réseaux d'entreprises,
- Accroître la compétitivité face aux concurrents,
- Organiser une commercialisation et une distribution commune,
- Développer la recherche d'une production de qualité.
Pour le parachèvement, des coopérations commencent à s’établir sur la base de petits groupes de 3 à 4
entreprises et un commercial commun à l’export est envisagé. Pour les moulistes, une société
commune consacrée à la fois à l’export et la recherche vient d’être créée.
Cible :
Les 47 entreprises du district comprenant toutes les activités en aval et amont de l'industrie du verre .
Territorialité :
A cheval sur la Picardie et la Haute-Normandie, d'Aumale à Tréport au sud de la vallée de la Somme,
la vallée de la Bresle rassemble toutes les compétences de l'industrie du verre et de la cristallerie.
Résultats attendus :
Le district industriel souhaite développer son marché en Europe et dans le monde. Pour cela, il entend
réussir l'élargissement des donneurs d'ordre, l'essor de la participation des autres maillons de la filière,
créer des partenariats transnationaux et enfin obtenir une meilleure productivité et qualité.
Partenaires :
- DRIRE de Haute-Normandie et de Picardie,
- SGAR de Haute-Normandie et de Picardie,
- CCI du Tréport,
- Union des Chambres Syndicales des Métiers du Verre,
- Comité d'Expansion de la Somme,
- Chambre syndicale du Vimeu et la CCI d'Abbeville,
- Musées verre et traditions verrières,
- Business Link,
- Commission Européenne (ADAPT).
Informations générales
Localisation : Pyrénées-Atlantiques
Descriptif du district
Objectifs :
L’objectif premier de ce SPL naissant est de développer une complémentarité et une synergie entre les
entreprises du textile, de l’habillement et de la chaussure du pays de l'Adour, ainsi que des actions
communes sur le département et à une échelle plus vaste.
Il se fonde sur trois axes : la compétitivité, l'image de marque et la recherche de nouveaux marchés.
La compétitivité passe par un renforcement des coopérations notamment en faisant appel aux NTIC,
tandis que le développement d'une image de marque exige l'amélioration de la qualité et une
communication commune attachée à la région Pyrénées. Le dernier volet découle des deux premiers
avec la mise en place d'outils communs de prospection commerciale et de communication.
L’objectif final est le développement des activités actuelles comme de nouvelles filières afin de
maintenir un dynamisme local et les emplois.
Cible :
Les 23 entreprises adhérentes au projet ainsi que les nombreuses entreprises familiales de la vallée où
la filière emploie 1.600 personnes environ.
Territorialité :
Des relations d'affaires existent entre les entreprises spécialisées localisées dans la Vallée de l'Adour
au nord-est de Pau. L'association Adour Compétitivité anime depuis plusieurs années des actions
collectives en faveur des entreprises du pays de l'Adour notamment vers l'Angleterre ainsi que le
Béarn et le Pays Basque.
Résultats attendus :
Le SPL attend des démarches engagées deux retombées majeures : l'identification d’un district lié à un
terroir pyrénéen et l'émergence d'alliances. Celles-ci se répercuteraient sur le développement des
marchés, l’essor d'un réseau local et régional, la production d’articles de qualité et porteurs de valeur
ajoutée. Elles contribueraient à affirmer une nouvelle image de la Vallée.
Partenaire :
- CETIH.
Informations générales
Localisation : Midi-Pyrénées
Descriptif du district
Objectifs :
Les entreprises de mécanique des 3 bassins reliés par la RN 140 entre Brive, Figeac et Rodez-
Decazeville se sont unies afin de juguler les effets de la crise industrielle. Elles s’efforcent dans un
premier temps de regrouper les compétences des différents bassins et de développer une stratégie de
reconcentration sur les métiers de bases, accompagnée d'un processus d'externalisation. Ce
développement se fonde sur l'articulation entre grandes entreprises et TPE/PME.
Cible :
Les 250 entreprises de la "Mecanic Valley", dont 6 grandes entreprises et une multitude de TPE et
PME.
Territorialité :
La situation de crise économique, la concurrence italienne et japonaise ont conduit les industriels à
s'unir et s'appuyer sur le tissu local. Cette volonté, développée isolément dans les bassins de Rodez,
Figeac, Brive et Decazeville s'est coordonnée dans le cadre d'une structure pilote autour des métiers de
l’aéronautique, de l’automobile et de la machine-outil.
Le bassin représente environ 250 entreprises (14.000 emplois) qui vivent aux rythmes de
développement soutenus par des leaders mondiaux. Actuellement, le district industriel cherche à être
clairement identifié et à émerger face à la métropole toulousaine qui tend à absorber les activités
nouvelles.
Résultats attendus :
Pour tirer les activités vers le haut, trois actions prioritaires ont été définies :
- Formation et recrutement dans des domaines innovants,
- Echange de savoir-faire et développement des interactions entre les entreprises,
- Communication avec développement d'une image forte autour du concept de Mecanic Valley.
Parallèlement, les TPE et PME sont encouragées à accéder à un niveau d'autonomie suffisant et à
développer des activités complémentaires.
Partenaires :
- Comité d'Expansion Economique de l'Aveyron
- CCI de Rodez,
- CCI de Cahors,
- CCI de Brive, Tulle-Ussel,
- Agence Lotoise de Développement.
Informations générales
Localisation : Rhône-Alpes
Descriptif du district
Objectifs :
Le pays du Gier a subit les conséquences des restructurations industrielles et fait face aux difficultés
spécifiques aux vieille zones industrielles. Actuellement, le tissu économique se caractérise par de
nombreuses PME qui travaillent en sous-traitance principalement dans les domaines de la métallurgie,
du textile, de la mécanique et de la construction automobile. Les partenaires locaux du pays du Gier
ont réussi à entamer la reconversion des entreprises et des logiques. Aujourd'hui, ils structurent leurs
actions autour de trois objectifs :
- organiser et renforcer le réseau d'entreprises,
- dynamiser et diversifier le tissu économique,
- adapter les ressources humaines aux besoins.
Cible :
Toutes les branches d'activité adhérentes du groupement: 70 PME-PMI.
Territorialité :
La vallée du Gier se caractérise par le déclin de l'industrie textile, la métallurgie et l'extraction du
charbon. La crise industrielle a été ressentie très durement et marque profondément le paysage et les
esprits de vallée. Aujourd'hui, le pays du Gier : 22 communes, 90.000 habitants, vit au rythme des
reconversions. Il se présente comme un district industriel bénéficiant de 20 secteurs d'activités
différents et d'une très forte identité.
Résultats attendus :
Le syndicat intercommunal du Pays du Gier et Gier Entreprises unissent leurs efforts pour dynamiser
le territoire et faciliter les mutations. La finalité de leurs actions est de favoriser le passage d'une
production de sous-traitance à une production propre. La complexité de la tâche se révèle au travers de
la nécessité de réconcilier l'économie, le social et le territoire dans une approche transversale de la
problématique du redéveloppement du pays.
Partenaires :
- CEDIIA,
- PAIO,
- Training centre of Magnesia – Volos (Gr),
- IRES Liguria – Genova (It),
- FOREM – Liège (B),
- TSB (D).
Informations générales
Localisation : Rhône-Alpes
Descriptif du district
Objectifs :
Aider individuellement et collectivement les entreprises à se réorganiser et se structurer, est l'objectif
principal des promoteurs du bassin de Roanne. Pour cela, le GEM, organe créé à l'initiative des
industriels du textile, a défini une stratégie en trois temps :
- développer une main d'œ uvre qualifiée et polyvalente,
- organiser un système de formation permettant de requalifier le personnel permanent,
- encourager la mutualisation des moyens à la disposition des PME.
Cible :
Les entreprises de l'ennoblissement qui emploient environ 700 personnes sur le bassin de Roanne ainsi
que les filières de développement commercial.
Territorialité :
Le bassin s'étend sur un périmètre de 30 à 50 km autour de la ville de Roanne. Il se fonde sur la
production textile qui, développée depuis le XIXème, constitue l'un des piliers de la vie économique
locale.
Actuellement, dans un contexte de concurrence accrue, notamment de l'Italie et des pays de l'Asie du
Sud-Est, les 700 PME et TPE se sont regroupées afin de maintenir et développer l'activité textile en
restructurant tant l'organisation de la production que les process de commercialisation. Ainsi, les
entreprises sont à même de proposer sur catalogue un produit qui associe le travail d'entreprises
différentes. Cette étape contribue à renforcer les liens préexistants afin de conforter la production
textile du bassin sur le marché et préfigure l'organisation d'un district industriel.
Résultats attendus :
Le GEM souhaite aboutir à une gestion pragmatique de l'emploi permettant de répondre tant aux
attentes des industriels en leur apportant une main d'œ uvre qualifiée notamment lors des pics de
production, qu'à celles des salariés en leur offrant une stabilité qui s'articule entre des périodes
d'activités dans différentes entreprises et des périodes de formation pour améliorer leurs compétences.
Partenaires :
- Syndicat de l'ennoblissement,
- ANPE,
- Direction Régionale du Travail,
- Collectivités locales