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Corrigé du Devoir Surveillé MP2I - Suite Logistique

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Lycée Louis-Le-Grand, Paris Samedi 16/12/2023

MP2I – Mathématiques
A. Troesch

Devoir Surveillé no 5 (4h)

Corrigé du problème – Étude de la suite logistique

Questions préliminaires
1. Soit c ą 0. Alors
" *
1
f pxq “ x ðñ cxp1 ´ xq “ x ðñ xpc ´ 1 ´ cxq “ 0 ðñ x P 0, 1 ´ .
c

1
Si cneq1, on a donc deux points fixes distincts, 0 et ℓ “ 1 ´ c .
Si c “ 1, 0 est alors le seul point fixe .
2. La fonction fc est deux fois dérivable, et fc2 “ ´2c ă 0, donc fc est concave.
‚ Si c ‰ 1, on peut, par concavité, positionner la courbe par rapport à la corde entre les deux points fixes,
donc le support est la première bissectrice. Ainsi, la courbe est au-dessus de la première bissectrice entre les
deux points fixes, et en-dessous ailleurs. Ainsi,
$
&f pxq ´ x ě 0 si x P r0, ℓs ou rℓ, 0s,
%f pxq ´ x ď 0 sinon.

3. Si c “ 1, on positionne cette fois la courbe par rapport à la tangente en 1, qui est la droite d’équation y “ x.
Ainsi, la courbe est sous cette tangente, donc pour tout x P R, f pxq ´ x ě 0 .

Partie I – Étude de la suite logistique lorsque c Ps0, 3s

1. Soit c Ps0, 1r.


1 1
(a) On a c ą 1, donc ℓ “ 1 ´ c ă0.
(b) La fonction fc est strictement croissante sur s ´ 8, 21 s, et ℓ et 0 sont des points fixes de fc . Ainsi :
i. pour tout x Ps ´ 8, ℓs, x ď ℓ, donc f pxq ď f pℓq “ ℓ. On en déduit que s ´ 8, ℓs est stable par fc .
ii. Par le même argument, si x Psℓ, 0s, f p0q ă f pxq ď f pℓq. Ainsi, 0 ă f pxq ď ℓ, donc f pxq Ps0, ℓs. On en
déduit que sℓ, 0s est stable par fc .
iii. Enfin, pour tout x P r0, 1s, fc pxq ě 0, et comme le maximum de fc est atteint en 21 , on obtient :
1 c
@x P r0, 1s, f pxq ď f p q “ ď 1.
2 4

Ainsi, r0, 1s est aussi stable par fc . On observe (pour la suite du problème) que ceci reste vrai pour
toute valeur de c Ps0, 4s.
On en déduit alors facilement la nature des suites fc récurrentes suivant la valeur de u0 :
‚ Si u0 Ps ´ 8, ℓr, alors pour tout n P N, un Ps ´ 8, ℓr, et d’après la deuxième question préliminaire,
pun q est décroissante. On en déduit qu’elle converge dans R, vers ´8 (car il n’existe pas de point fixe
ℓ1 ă u0 ) : un Ñ ´8 .
‚ De même, si u0 Psℓ, 0s, pun q est croissante et majorée, et converge donc vers l’unique point fixe supérieur
à u0 : un Ñ 0
‚ Enfin, si u0 P r0, 1s, la question préliminaire 2 amène la décroissance de pun q, qui converge donc vers
l’unique point fixe possible 0 : un Ñ 0

1
(c) ‚ On observe que f p1 ´ ℓq “ cp1 ´ ℓqℓ “ f pℓq “ ℓ. Comme f est strictement décroissante sur s1, 1 ´ ℓr,
et négative, on en déduit que f ps1 ´ ℓrq Ăsℓ, 0r. Ainsi, si pun q est une suite fc récurrente initialisée avec
u0 Ps1, 1 ´ ℓr, u1 Psℓ, 0r, et à un décalage près des indices, on se retrouver dans une situation déjà étudiée.
On en déduit que un ÝÑ 0.
‚ Si u0 ą 1 ´ ℓ, on obtient u1 ă ℓ, donc un ÝÑ ´8.
‚ Enfin si u0 P tℓ, 1 ´ ℓu, u1 “ ℓ, puis pun q est stationnaire à cette valeur.
‚ En regroupant toutes les situations étudiées dans cette question et la précédente, on en déduit que
Wc p0q “sℓ, 1 ´ ℓr , Wc pℓq “ tℓ, 1 ´ ℓu et Wc p´8q “s ´ 8, ℓrYs1 ´ ℓ, `8r .
(d) Soit d Psc, 1r et u0 P Wc p0q “sℓ, 1 ´ ℓr. D’après la question précédente, un ÝÑ 0. Or, |f 1 p0q| “ c ă 1. Soit
d ą c, et k Psc, dr. Par continuité de f 1 , on dispose de ε ą 0, qu’on peut choisir tel que ε ă |ℓ|, tel que
|f 1 | ă k sur s ´ ε, εr. Puisque un ÝÑ 0, il existe un rang n0 tel que pour tout n ě n0 , un Ps ´ ε, εr. Ainsi,
d’après l’inégalité des accroissements finis, pour tout n ě n0 ,

|f pun q ´ f p0q| ď k|un ´ 0|, soit: |f pun q| ď k|un | .

il en résulte que pour tout n ě n0 ,

|un0 | n
|un | ď k n´n0 |un0 | “ ¨k .
k n0

On a donc un “ Opk n q. Mais puisque 0 ă k ă d, k n “ opdn q, d’où un “ opdn q .


2. Soit c “ 1
(a) D’après la question préliminaire 2, pour tout x P R, f pxq ď x, donc pun q est décroissante .
(b) La suite pun q est donc convergente dans R.
‚ Si u0 P r0, 1s, puisque cet intervalle est stable, pun q est bornée, et converge donc vers l’unique point fixe
0
‚ Si u0 ă 0, pun q étant décroissante, elle ne peut pas converger vers l’unique point fixe 0, donc un Ñ ´8.
‚ Si u0 ą 1, alors u1 ă 0 et on est ramené au cas précédent.
‚ Ainsi, W1 p0q “ r0, 1s et W1 p´8q “ Rzr0, 1s .
(c) Soit u0 P W1 p0q. Ainsi, un Ñ 0. Soit α P R. On a alors :

uα α α α α α α`1
n`1 ´ un “ f pun q ´ un “ un pp1 ´ un q ´ 1q „ ´αun .
`8

Cet équivalent admet une limite finie et non nulle si et seulement si α ` 1 “ 0, donc α “ ´1. On a alors :
1 1
´ ÝÑ 1.
un`1 un

D’après le théorème de Cesàro, on en déduit que


n´1 ˆ ˙
1 ÿ 1 1 1 1 1 1
1 “ lim ´ “ lim ´ “ lim .
nÑ`8 n u k`1 u k nÑ`8 n u n u 0 nÑ`8 nun
k“0

1
Ainsi, un „ .
`8 n
3. Soit c Ps1, 2s.
1
(a) ‚ On a alors ą 1c ě 12, donc 0 ă ℓ ď 12 . Ainsi, ℓ Ps0, 21 s .
‚ Supposons u0 Ps0, ℓs, pun q. Puisque fc est strictement croissante sur cet intervalle et 0 et ℓ sont des points
fixes, s0, ℓs est stable par fc . D’après la deuxième QP, on en déduit que pun q est croissante, et majorée
par ℓ. La croissance empêchant la convergence vers 0, on en déduit que un Ñ ℓ .
(b) ‚ L’intervalle s´8, 0r est clairement stable par f , et f pxq´x y est négative. Ainsi, si u0 ă 0, la décroissance
et l’absence de point fixe plus petit amène un Ñ ´8.
‚ Si u0 ą 1, u1 ă 0 et on est ramené au cas précédent.

2
‚ Si u0 Psℓ, 1r, alors tant que un Psℓ, 1s, la question préliminaire montre que la suite est décroissante et
strictement positive. Si pour tout n P N, un Psℓ, 1s, alors pun q converge, vers l’unique point fixe possible
ℓ. Sinon, il existe n0 tel que un0 Ps0, ℓr, ce qui ramène à l’étude précédente, et amène également un Ñ ℓ.
‚ Si u0 “ 0 ou u0 “ 1, pun q est stationnaire de valeur 0.
‚ On en déduit que Wc p´8q “ Rzr0, 1s , Wc p0q “ t0, 1u et Wc pℓq “s0, 1r .
4. Soit c Ps2, 3s.
(a) La fonction fc est décroissante sur r 21 , 4c s , et

c2 c2
ˆ ˙
1 c ´c¯ c
f “ , f “ p1 ´ q “ p4 ´ cq.
2 4 4 4 4 16
c2
L’intervalle r 21 , 4c s est donc stable si et seulement si 16 p4 ´ cq ě 21 . Résolvons donc cette inéquation :

c2 1
p4 ´ cq ě ðñ 4c2 ´ c8 ě 8
16 2
ðñ c3 ´ 4c2 ` 0 ď 0
ðñ pc ´ 2qpc2 ´ 2c ´ 4q ď 0.

Puisque c ą 2, ceci équivaut au fait que c2 ´ 2c ´ 4 ď 0, donc que c soit entre les deux racines de
? ?
ce polynôme, qui sont 1 ´ 5 et 1 ` 5. Ainsi, pour c ě 2, r 21 , 4c s est un intervalle stable par fc si et
?
seulement si c ď 1 ` 5.
C’est en particulier vrai pour tout c Ps2, 3s.
(b) Les points fixes de fc ˝ fc sont solutions de l’équation xp´cx ` pc ´ 1qq “ 0. Comme les points fixes de
fc ˝ fc sont aussi des points fixes de fc , on pourra factoriser l’équation (polynomiale) par ce polynôme. Donc
notamment par ´cx ` pc ´ 1q. Cette observation va beaucoup nous aider.
Soit x un point fixe de fc ˝ fc . Ainsi,

0 “ fc ˝ fc pxq ´ x
“ c2 xp1 ´ xqp1 ´ cxp1 ´ xqq ´ x
“ x ´c3 x3 ` 2c3 x2 ´ c2 pc ` 1qx ` c ´ 1
` ˘

“ xp´cx ` pc ´ 1qqpc2 x2 ´ pc2 ` cq ` pc ` 1qq


“ pf pxq ´ xqQpxq.

ce qu’on trouve par factorisation brutale par ´cx ` pc ´ 1q (par compensatinos successives), ou simplement
en calculant et simplifiant ce produit, puisqu’on nous donne gentillement Q.
Ainsi, les point fixes de fc ˝fc sont les points fixes de fc et les éventuelles racines de Q “ c2 X 2 ´ cpc ` 1qX ` pc ` 1q
(c) Le discriminant de Q est

∆ “ c2 pc ` 1q2 ´ 4c2 pc ` 1q “ c2 pc ` 1qpc ´ 3q ď 0.

Donc Q n’admet pas de racine réelle, sauf dans le cas où c “ 3. Dans ce cas, on a une racine double, égale à
cpc ` 1q 1 1 2 1
r“ 2
“ ` “ “1´ ,
2c 2 2c 3 c
puisque c “ 3. Ainsi, on retrouve le point fixe ℓ de fc . Donc, les points fixes de fc ˝ fc sont les mêmes que
ceux de fc .
Or, fc étant décroissante sur l’intervalle stable r 12 , 4c s, si u0 est dans cet intervalle, pu2n q et pu2n`1 q sont
monotones, et bornées, donc convergent vers l’unique point fixe de fc ˝ fc atteignable, à savoir ℓ.
On en déduit que un ÝÑ ℓ .
(d) Le signe de f pxq ´ x étant positif sur r0, 12 s, la suite croît tant qu’elle ne sort pas de s0, 12 s. Comme elle ne
peut pas converger dans cet intervalle, faute de point fixe atteignable, elle finit par en sortir (par au-dessus).
Ainsi, il existe n0 tel que un0 ą 21 . Comme f est majorée par 4c , on en déduit que un0 Ps 21 , 4c s .

3
(e) ‚ D’après la question précédente, si u0 Ps 21 , 4c s, on est ramené à la première situation étudiée, donc un ÝÑ ℓ.
‚ Si un P r 4c , 1r, f pun q P r0, 4c s, ce qui nous ramène aussi à l’une des deux situations précédentes.
‚ Les cas u0 P Rzr0, 1s et u0 P t0, 1u s’étudient comme avant.
‚ Ainsi, Wc p´8q “ Rzr0, 1s , Wc p0q “ t0, 1u et Wc pℓq “s0, 1r .

?
Partie II – Attraction par un 2-cycle (c Ps3, 1 ` 5s)
On suppose dans cette partie que c ą 3.
1. On l’a déjà montré dans la question I-4(a).
2. Supposons u0 P r 21 , 4c s. Puisque fc est décroissante sur cet intervalle stable, on en déduit que pu2n q et pu2n`1 q
sont monotones et bornées, donc elles convergent chacune vers un réel de l’intervalle r 21 , 4c s
Que dire de pu2n q et pu2n`1 q si u0 P r0, 4c s ?
3. On calcule |f 1 pℓq | : ˆ ˙ ˆ ˆ ˙˙ ˆ ˙
1 1 2
f1 1 ´ “c 1´2 1´ “c ´ 1 “ 2 ´ c.
c c c
Or, puisque c ą 3, |f 1 pℓq | ą 1.
On en déduit que le point fixe est répulsif. Puisque cette notion n’est pas au programme, on explicite un peu.
On peut trouve un voisinage V de ℓ tel que ℓ P V Ă r 21 , 4c s et un réel α ą 1 tel que |f 1 pxq| ą α pour tout
x P α. Si on suppose alors que un ÝÑ ℓ, il existe un rang n0 tel que pour tout n ě n0 , un P V , et donc, d’après
l’inégalité des accroissement finis (de même qu’en I-1(d)), on obtient pour tout n ě n0 ,

|un ´ ℓ| ě αn´n0 |un0 ´ ℓ|,

ce qui est incompatible avec le caractère borné. Donc pun q ne converge pas vers ℓ.
4. Dans ce cas, pu2n q non plus. En effet, sinon, par continuité de f , pu2n`1 q convergerait vers f pℓq “ ℓ, et cela
contredit ce qu’on vient d’établir. Donc un converge vers l’un des deux autres points fixes de fc ˝ fc . Appelons-le
ℓ1 . On en déduit que pu2n`1 q converge alors vers ℓ2 “ fc pℓ1 q, qui est l’autre point fixe de fc ˝ fc distinct de 0
et ℓ.
Ainsi, ℓ1 et ℓ2 sont deux valeurs d’adhérence de pun q , et puisque 2N Y 2N ` 1 “ N, il ne peut pas y en avoir
d’autre.
On peut expliciter ces valeurs en trouvant les racines de Q :

1 ´ a ¯
ℓi “ c ` 1 ˘ pc ` 1qpc ´ 3q .
2c

5. ‚ Le même argument qu’en I-4(d) permet de montrer que si u0 Ps0 21 s, alors un terme de la suite est dans
r 21 , 4c s et donc pun q va avoir le même comportement oscillatoire entre les deux valeurs propres ℓ1 et ℓ2 .
‚ C’est encore pareil lorsque u0 Ps 4c , 1r, puisque la première itération nous ramène dans s0, 4c s.
‚ L’étude pour les autres valeurs de u0 est la même qu’avant : Wc p´8q “ Rzr0, 1s et Wc p0q “ t0, 1u.

Partie III – Ensembles répulsifs, attractifs

1. Soit K répulsif, et pun q une suite f -récurrence telle que pour tout n P N, un R K. Supposons que un ÝÑ a P K.
Soit U un ouvert tel que dans la définition du caractère répulsif. En particulier, a P U , et U étant ouvert,
c’est un voisinage de a. On en déduit qu’il existe n0 tel que pour tout n ě n0 , un P U . Or, soit vn la suite
f -récurrence de premier terme un0 . On a alors pour tout n P N, vn “ un`n0 . Comme un0 P U , par définition de
U , il existe un rang n tel que vn R U , donc un0 `n R U , ce qui contredit la définition de n0 .
Ainsi, pun q ne peut pas converger vers un élément de K .
1
2. Supposons K attractif, et U un ouvert tel que dans la définition. On suppose que u0 P U . Soit εn “ 2n . On
construit une première extractrice ϕ de la façon suivant :
‚ ϕp0q “ 0

4
‚ Si ϕpnq est construit, on considère un rang m0 tel que pour tout m ě m0 , il existe x P K tel que |um ´ x| ă
εn`1 . On se donne ϕpn ` 1q une telle valeur de m, qu’on peut prendre strictement plus grande que ϕpnq, et
on définit xn un élément de K tel que |uϕpnq ´ xn | ă εn`1 .
Ainsi, uϕpnq ´ xn ÝÑ 0. Comme K est fermé borné, d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass (et la caractéri-
sation séquentielle des fermés), on peut extraire de pxn q une suite convergente xψpnq ÝÑ a P K. Alors, puϕ˝ψpnqq
est extraite de pun q et admet a P K comme limite. La suite pun q admet donc une valeur d’adhérence dans K .
3. (a) D’après le théorème de compacité, |f 1 | étant continue sur le compact K, elle admet un maximum α en un
certain x0 P K. On a alors α “ |f 1 px0 q| ă 1. On considère alors β Psa, 1r.
(b) Supposons que pour tout ε ą 0, il existe y P Kε tel que |f 1 pyq| ě β. On considère εn “ 21n et on se
donne yn P Kεn tel que |f 1 pyn q| ě β. Par définition de Kεn , il existe xn P K tel que yn P Bpxn , εn q, donc
|xn ´ yn | ă εn .
Puisque K est compact, on peut extraire (par Bolzano-Weierstrass) une suite pxϕpnq q telle que pxϕpnq q
converge vers un élément a P K. On a alors, également yϕpnq ÝÑ a. Par ailleurs, pour tout n P N,

|f 1 pyϕpnq q| ě β,

donc, par continuité de |f 1 |, on obtient, en passant à la limite :

|f 1 paq| ě β ą α,

ce qui contredit la définition de α.


(c) ‚ Ainsi, on dispose de ε ą 0 tel que |f 1 | ď β sur Kε . On pose U “ Kε . De façon évidente, K Ă U , et U
est ouvert en tant qu’union d’ouverts.
‚ Par ailleurs, on vérifie que f pU q Ă U . En effet, soit y P U . Il existe donc x P K tel que |y ´ x| ď ε, et
tel que ry, xs Ă U (car y P Bpx, εq qui est convexe). Par l’IAF (inégalité des accroissements finis), on en
déduit que
|f pyq ´ f pxq| ď β|y ´ x| ă bε ă ε.
Ainsi, f pyq P Bpf pxq, εq, et comme f pxq P K, f pyq P U .
‚ C’est pour cela qu’on avait besoin d’avoir des rayons de boules indépendants de x.
‚ Soit maintenant u0 P U et x0 P K tel que |u0 ´ x0 | ă ε. On considère pun q et pxn q les suites f -récurrentes
de premiers termes u0 et x0 . Une récurrence immédiate, basée sur le point précédent (f pU q Ă U ) montre
que pour tout n P N, run , xn s Ă U . Ainsi, par l’IAF, pour tout n P N,

|un`1 ´ xn`1 | ď β|un ´ xn |, donc: |un ´ xn | ď β n .

Le fait que β n ÝÑ 0 justifie alors que K est attractif .


4. Soit x un point périodique tel que |pf p q1 pxq| ă 1. On note, pour k P v0, p ´ 1w, xk “ f k pxq.
(a) Soit k P v1, p ´ 1w. La fonction f p´k envoie xk sur f p´k pxk q “ f p pxq “ x. Ainsi, par continuité de f p´k , il
existe δk tel que f pBpxk , δk qq Ă f pBpx, εqq.
p´1
ď
Soit maintenant δ “ minpδ1 , . . . , δp´1 q, et u0 P Bpxk , δq. Il existe donc k P v1, p ´ 1w tel que u0 P
k“1
Bpxk , δq Ă Bpxk , δk q. Par conséquent,

up´k “ f p´k pu0 q P Bpx, εq .

(b) Par continuité de f 1 , il existe ε ą 0 tel que pour tout y P Bpx, εq, |pf p q1 pyq| ď α, où α Ps|pf p q1 pxq, 1r. On
définit δ comme dans la question précédente, et
p´1
ď
U “ Bpx, εq Y Bpxk , δk q.
k“1

Il existe alors n0 tel que un0 P Bpx, εq. Par inégalité des accroissements finis appliqué itérativement avec la
fonction f p , on a alors, pour tout n P N

|un0 `np ´ x| ď αn |un0 ´ x|,

5
ce qui nous assure aussi qu’à chaque étape, on reste bien dans la boule Bpx, εq, et qu’on peut continuer à
appliquer l’IAF.
Ainsi, un0 `np ÝÑ x “ x0 .
En appliquant f k continue, on obtient un0 `k`np ÝÑ xk .
Ces suites extraites (pour k P v0, n ´ 1w) recouvrant tous les indices de N, on n’a pas d’autre valeur d’adhé-
rence. Ainsi, l’ensemble des valeurs d’adhérence est Kx . De plus grâce à ces suites extraites convergentes
dans Kx (en nombre fini), à partir d’un certain rang, (contrôlant simultanément la convergence de toutes
les suites extraites), un sera arbitrairement proche de l’un des éléments de Kx . Cela montre bien que
Kx est attractif .
5. Soit x un point périodique tel que |pf p q1 pxq| ą 1. On modifie la construction précédente en définissant d’abord
ε1 ă 21 minp|xi ´ xj |q. Ainsi, les boules Bpxi , ε1 q sont 2 à 2 disjointes.
Par continuité de f p , et puisque f p pxq “ x, on peut trouver ε2 tel que f p pBpx, ε2 qq Ă Bpx, ε1 q. On considère
alors comme ci-dessus ε ă ε2 et α ą 1 tel que |pf p q1 | ą α sur Bpx, εq, et δ vérifiant la même condition que dans
la construction précédente, qu’on choisit également tel que δ ă ε1 . L’ensemble U est alors définit comme avant,
et vérifie de plus que
f p pBpx, εqq Ă f p pBpx, ε2 qq Ă Bpx, ε1 q,

et f p pBpx, εqq est donc disjoint de toutes les boules Bpxk , δq, k P v1, p ´ 1w.
Remarquons aussi que f p “ f p´k ˝ f k , donc

pf p q1 pxq “ pf k q1 pxqpf p´k q1 pf k pxqq ‰ 0,

donc pf p´k q1 pxk q ‰ 0, et par continuité de pf p´k q1 et TVI, pf p´k q1 garde un signe constant strict sur tout un
voisinage de xk . Ainsi, quitte à diminuer δ, on peut supposer f p´k injective sur Bpxk , δq, et ceci pour tout
k P v1, n ´ 1w.
Supposons que u0 P U zKx. Comme précédemment, si u0 P Bpx0 , εq, on ne fait rien, et si u0 P Bpxk , δq,
k P v1, p ´ 1w, on obtient
up´k “ f p´k pu0 q P Bpx, εq.

Par ailleurs, f p´k étant injective sur Bpxk , δq, on a aussi

up´k ‰ f p´k pxk q “ x.

Ainsi, up´k P Bpx, εqztxu.


En posant n0 “ p ´ k, on a donc un0 P Bpx, εq, et un0 ‰ x. Si on suppose que pour tout n P N, un0 `np P Bpx, εq,
alors, d’après l’IAF,
@n P N, |un0 `np ´ x| ě αn |un0 ´ x| ÝÑ 8,

ce qui est contradictoire. Ainsi, existe une valeur de n, qu’on prend minimale, telle que un0 `np R Bpx, εq. Mais
comme unO `pn´1qp P Bpx, δq, on a alors
un0 `np P f p pBpx, εqq.

Par construction, cette boule n’intersecte aucune boule Bpxk , δq, donc
p´1
ď
un0 `np R Bpxk , δq.
k“1

On en déduit que un0 `np R U , ce qui est bien ce qu’il fallait obtenir pour montrer que Kx est répulsif .
6. L’hypothèse de minimalité n’a été donnée que pour simplifier la présentation de la preuve (pour que les xi
soient distincts). On l’adapte bien au cas où p est non minimal. Ou mieux : on se ramène au cas minimal. En
effet, si x est un point p-périodique, et si p0 est la période minimale, on dispose alors de q tel que p “ p0 q, donc
pf p q “ pf p0 qq . La dérivée de cette composée au point x est alors

pf p q1 pxq “ pf p0 q1 pxqpf p0 q1 pf p0 pxqqpf p0 q1 pf 2p0 pxqq . . . pf p0 q1 pf pq´1qp0 pxqq.

6
Puisque x est p0 -périodique, on en déduit que

pf p q1 pxq “ ppf p0 q1 pxqqq .

On en déduit que si |pf p q1 pxq| ă 1, alors |pf p0 q1 pxq| ă 1, et si |pf p q1 pxq| ą 1, alors |pf p0 q1 pxq| ą 1. Ainsi, si
l’hypothèse donnée dans les 2 questions précédentes porte sur une période non minimale, elle est aussi valide
pour la période minimale, ce qui permet de se ramener aux cas qu’on a démontrés.
Ainsi, l’hypothèse de minimalité de la période n’est pas indispensable .

Partie IV – Le chaos pour c “ 4

1. Montrons, par récurrence sur n P N, que pour tout n P N, et tout x P R, f4n psin2 pxqq “ sin2 p2n xq.
‚ L’initialisation, pour n “ 0, est triviale.
‚ Soit n P N. On suppose que pour tout x P R, f4n psin2 pxqq “ sin2 p2n xq. Alors

f4n`1 psin2 pxqq “ f4 psin2 p2n xqq “ 4 sin2 p2n xqp1 ´ sin2 p2n xqq “ p2 sinp2n xq cosp2n xqq2 “ sin2 p2n`1 xq.

‚ D’après le principe de récurrence, pour tout n P N et pour tout x P R, f4n psin2 pxqq “ sin2 p2n xq
2. Soit n P N et ℓ P 0, 2n`1 ´ 1 . D’après la question précédente,
0 8

ˆ ˆ ˙˙ ˆ ˙ ˆ ˆ ˙˙ ˆ ˙
2 ℓπ 2 ℓπ 2 ℓπ 2 pℓ ` 1qπ
f4 sin “ sin et f sin “ sin .
2n`1 2 2n`1 2

L’une de ces deux valeurs est égale à 0, l’autre à 1. Ainsi, d’après le théorème des valeurs intermédiaires (TVI),
f4n prend sur Iℓ toutes les valeurs entre 0 et 1. Comme Iℓ Ă r0, 1s et f4n pr0, 1sq Ă r0, 1s, on en déduit que
f4n pIℓ q “ r0, 1s .
3. La longueur de Iℓ vérifie, d’après l’IAF :
ˆ ˙ ˆ ˙
2 ℓπ 2 pℓ ` 1qπ π
sin ´ sin ď M cot n`1 ,
2n`1 2n`1 2

où m est un majorant de |psin2 q1 | sur Iℓ . Or,

@x P Iℓ , psin2 q1 pxq “ 2 sinpxq cospxq “ sinp2xq,

donc |psin2 q1 | ď 1. Ainsi, la longueur de Iℓ est majorée par π


2n`1 .
4. Tout réel y P r0, 1s s’écrit sous la forme y “ sin2 pxq, pour x P r0, π2 s. On cherche donc les valeurs de x dans
r0, π2 s telles que sin2 pxq soit point fixe de f4n , c’est-à-dire telles que

f4n psin2 pxqq “ sin2 pxq ðñ sin2 p2n xq “ sin2 pxq ðñ | sinp2n xq| “ | sinpxq| ðñ 2n x ” ˘x rπs.

Ainsi, on trouve deux séries de valeurs :


π π
x”0r s et x”0r s.
2n ` 1 2n ´ 1
Ainsi, les points n périodiques sont
´ ¯ ´ ¯
sin2 kπ
, k P 0, 2n´1 sin2 kπ
, k P 0, 2n´1 ´ 1. .
0 8 0 8
2n `1 et 2n ´1

Soit, z Ps0, 1s, et x Ps0, π2 s tel que z “ sin2 pxq. On pose, pour tout n P N,
Z n
p2n ` 1qx
^
p2 ` 1qx
kn “ „ .
π `8 π
n
´ ¯
Puisque x Ps0, π2 s, kn ă 2 2`1 , donc kn P 0, 2n´1 . Ainsi, sin2 2knn`1 π
0 8
est un point n périodique de f4 . Mais
par ailleurs,
kn π
ÝÑ x,
2n ` 1

7
donc, par continuité de f4 , ˆ ˙
2 kn π
sin n
ÝÑ sin2 pxq “ z.
2 `1
Comme de plus, 0 est lui-même un point périodique (pour n “ 1), on en déduit que On en déduit que
l’ensemble des points périodiques est dense dans r0, 1s .
5. Soit px, yq P r0, 1s2 et ε ą 0. D’après la question 2, il existe n P N˚ tel que les intervalles Iℓ soient de longueur
strictement inférieure à ε. Comme les Iℓ recouvrent r0, 1s, il existe ℓ tel que x P Iℓ . Puisque f4n est surjective de
Iℓ sur r0, 1s (question 2), il existe z P Iℓ tel que f4n pzq “ y. Puisque x et z sont dans un même intervalle Iℓ de
longueur strictement inférieure à ε, on en déduit que |x ´ z| ă ε.
Ainsi, fn est topologiquement transitive sur r0, 1s .
6. On a déjà la transitivité topologique et la densité des points périodiques. Il reste à montrer la sensibilité aux
conditions initiales.
Soit ε ą 0 et x P r0, 1s. On exploite encore une fois la surjectivité de f4n sur des intervalles Iℓ de petite taille, ce
qui va permettre de trouver un réel y proche de x (dans le même Iℓ ) mais tel que f4n pyq soit éloigné de f4n pxq.
Plus précisément, soit n tel que la longueur des Iℓ soit strictement inférieure à ε. On note a et b les deux bornes
de Iℓ , en s’arrangeant pour les nommer telles que f4n paq “ 0 et f4n pbq “ 1 (quitte à avoir éventuellement b ă a).
On définit alors y par : $
&a si f n pxq ě 1
4 2
y“
%b si f n pxq ă 1 .
4 2

On a donc |y ´ x| ă ε et |f4n pyq ´ f4n pxq| ě 21 ă 41 . On peut donc poser δ “ 41 , valeur qui permet de satisfaire
la définition de la sensibilité aux conditions initiales.
Ainsi, f4 est chaotique sur r0, 1s.
7. Soit y “ sin2 pxq un point n-périodique de f4 . Il vérifie donc sin2 p2n xq “ sin2 pxq.
Par ailleurs, pour tout t P r0, π2 s,

d ` n 1
pf4 q psin2 ptqq “ 2 sinptq cosptqf41 psin2 ptqq,
˘
dt
et d’un autre côté,
d ` n d
pf4 qpsin2 ptqq “ sin2 p2n tq “ 2n`1 sinp2n ptqq cosp2n ptqq.
˘
dt dt
On en déduit que, sauf si y “ 0 ou y “ 1,
sinp2n xq cosp2n xq
pf4n q1 pyq “ 2n ,
sinpxq cospxq
donc
sin2 p2n xqp1 ´ sin2 p2n xqq 2 2
2n sin pxqp1 ´ sin pxqq
pf4n q1 pyq “ 22n 2 “ 2 2 “ 22n ą 1.
sin pxq cos2 pxq sin pxq cos2 pxq
Ainsi, le point périodique y admet un cycle répulsif, d’après III-5 et III-6.
Le calcul de la dérivée de f4 en 0 montre que 0 est également un point périodique répulsif (de période 1). Quant
à 1, il n’est pas périodique.
Ainsi, tout point périodique est associé à un cycle répulsif .

Question subsidiaire
On pose u0 “ sin2 pπxq, pour x bien choisi. Comme un “ sin2 pπ2n xq, et comme sin2 est continue, on recherche x
tel que les valeurs π2n x modulo π2 soient denses dans r0, πs, c’est à dire que les valeurs 2n x modulo 1 (c’est-à-dire
les parties décimales) soient denses dans r0, 1s. Or prendre la partie décimale de 2n x revient à décaler la virgule de
n chiffres dans le développement en base 2, et a oublier ce qu’il y a devant la virgule. Il suffit de s’arranger pour
pouvoir, en faisant cela, être aussi près qu’on veut de n’importe quel réel. Or, les réels dyadiques (ceux qui ont un
développement fini en base 2, donc l’équivalent des décimaux pour la base 2) sont denses dans R. Ainsi, il suffit de
s’approcher suffisamment des réels grâce aux dyadiques. Cela, on peut envisager de le faire si en décalant la virgule et
en oubliant le début du développement, on peut retrouver (à peu de choses près) n’importe quel dyadique. Cela nous

8
incite à définir x de la manière suivante : la partie entière de x est nulle, et on construit sa partie décimale (développée
en base 2) en juxtaposant les décompositions en base 2 des entiers successifs. On peut donc définir ϕ une extractrice
telle que la partie décimale t2ϕpnq xu commence (en base 2) par les chiffres de l’entier n (par construction,ϕ est bien
strictement croissante).
On considère alors la suite f4 -récurrente de premier terme sin2 pπxq. Elle vérifie donc un “ sin2 pπ2n xq, pour tout n P N.
Soit alors y P r0, 1r et yn son approximation dyadique par défaut à 2´n près (i.e. les n premiers chiffres après la virgule
du développement propre en base 2). Pour y “ 1, on fait pareil, mais avec le développement impropre 0, 11111.... Les
n
entiers 2n yn forment alors une suite strictement croissante, et t2ϕp2 yn q xu est un réel dont les n premiers chiffres du
développement dyadique sont les mêmes que ceux de yn . Ainsi, ces deux réels ne diffèrent qu’au-delà (strictement) de
leur n-ième chiffre de leur développement en base 2, et donc
n
@n P N˚ , |t2ϕp2 yn q
xu ´ yn | ď 2´n .

Par définition de yn , on a aussi


@n P N˚ , |yn ´ y| ď 2´n .

Ainsi, par inégalité triangulaire :


n
@n P N˚ , |t2ϕp2 yn q
xu ´ y| ď 2´n`1 .
n
yn q
On en déduit que t2ϕp2 xu ÝÑ y, puis, par continuité de sin,
ˆ ˙ ˆ ˙
π ϕp2n yn q π ϕp2n yn q
uϕp2n yn q “ sin2 2 xu “ sin2 2 xu ÝÑ sin2 p2n πyq.
t t

Comme y ÞÑ sin2 p2n πyq est surjective de r0, 1s sur r0, 1s et que pϕp2n yn qq est une extractrice, on en déduit que
tout réel de r0, 1s est valeur d’adhérence de pun q .
Comme pun q est à valeurs dans r0, 1s, cela fournit l’ensemble de toutes les valeurs d’adhérence de pun q.

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