INTERACTION RAYONNEMENT-
MATIERE
Pr Mkimel Mounir
[Link]@[Link]
Université Hassan Premier
Institut Supérieur des Sciences de la Santé
AU 2020/2021
Objectifs du Cours
Pouvoir citer et décrire les phénomènes
d’interaction rayonnement matière.
Particules chargées lourdes
Electrons.
Photons.
Neutrons.
Pouvoir définir les grandeurs utilisées en
interaction rayonnement matière.
Plan
Généralités.
Interaction des photons avec la matière.
Effet photoélectrique.
Thomson – Rayleigh.
Effet Compton.
Création de paire.
Réaction photo nucléaire.
Notion de section efficace.
Interaction de particules chargées.
Interaction des neutrons.
Généralités
Un rayonnement est dit ionisant lorsqu’il est
susceptible d’arracher un ou plusieurs électrons à la
matière. Pour cela, il est nécessaire que son énergie
soit supérieure à l’énergie de liaison des électrons au
noyau.
Les effets d’une irradiation dépendent des
ionisations et excitations des atomes le long des
trajectoires des particules ionisantes.
Généralités
l’ionisation des atomes : un électron est arraché
de son cortège électronique à la suite d’un
transfert d’une énergie supérieure à l’énergie de
liaison de cet électron au noyau.
l’excitation des atomes : le transfert d’énergie
n’est pas suffisant pour provoquer le départ d’un
électron, mais il y a réarrangement au sein de
l’atome.
Les rayonnements ne peuvent être détectés et
caractérisés que grâce à leurs interactions avec la
matière.
Généralités
Classification des rayonnements
ondes radio, UV,
électromagnétiques
non ionisants visible, infrarouge,
E < 12,4 eV
Rayonneme nts
micro-onde
électromagnétiques
photons, X et g
E > 12,4 eV
ionisants neutrons
non chargées
particules légères électrons …
chargées
lourdes protons …
Généralités
Interaction : transfert d’énergie du rayonnement
incident au milieu traversé.
--- Électrons atomiques.
--- Noyaux.
Dépendance : nature et énergie rayonnement,
matière.
Interactions des particules chargées avec la
matière sont à caractère obligatoire. Pour les
autres elle est aléatoire.
Interaction des photon avec la matière
Rayons X : origine électronique
--- Rayonnement de freinage (rayons X continus)
--- Transitions entre les couches électroniques
(retour à l’état fondamental)
Rayons γ : origine nucléaire
---Transitions nucléaires (radioactivité).
---Photons d’annihilation (combinaison positon
avec électron).
Rx et Rγ : même comportement vis à vis de la matière
Quelque soit l’origine : E = hν = (hc)/λ.
Interaction de type aléatoire (non obligatoire).
Interaction des photons avec la matière
Différents mécanismes d’interaction en fonction de l énergie du photon
et du lieu d’interaction.
Un faisceau de photons, peut interagir avec :
Les électrons : par
Effet photoélectrique
Effet Compton
Diffusion simple : Thomson (é libre) ou Rayleigh (é lié)
les noyaux : par :
production de paire : E élevée > 1.022 MeV
Réaction photonucléaire : (E très élevée qq MeV),
Dans tous les cas, l’énergie incidente se répartit en une énergie,
transmise, transférée et diffusée.
Interaction des photons avec la matière
Effet photoélectrique
C’est l’interaction du photon incident sur un électron lié de la
cible, à qui il communique toute son énergie. Le photon
incident est donc totalement absorbé.
Effet photoélectrique
Réorganisation de l’atome
--- Émission de rayons X de fluorescence (Rx caractéristiques).
--- Émission électron Auger.
L’effet photoélectrique
Réaction à seuil : hν ≥ Wk
Direction de l’émission du photoélectron varie avec
l’énergie du Photon.
Plus hν grande, plus grande sera la probabilité que le
photoélectron soit émis dans la même direction que le
photon
Effet Thomson – Rayleigh
La diffusion simple, aussi appelée effet Thompson
Rayleigh ou diffusion cohérente, est une interaction
entre un rayonnement électromagnétique de faible
énergie et un atome du milieu traversé. Le
rayonnement incident excite alors l’atome, qui réémet
aussitôt ce surplus d’énergie sous forme de
rayonnement secondaire. Ce dernier, qui possède la
même énergie que le rayonnement primaire, est émis
vers l’avant et avec très peu de diffusion par rapport au
premier.
Effet Thomson – Rayleigh
Effet Thomson – Rayleigh
Photon faible énergie (lumière, Rx mous)
Importance relative faible de la diffusion élastique
par rapport aux autres types d’interactions des
photons
Contribution seulement de quelques % au
coefficient d’atténuation total.
Effet Compton
Photon incident entre en collision avec un
électron peu lié (couche superficielle).
Électron recule avec énergie cinétique :
T= hν – hν’ - Eb
Photon diffusé avec une énergie hν’ < hν.
Effet Compton
Effet Compton
E = h - h’ – (wl)
1/h’ - 1/h = (1- cos) / mc²
= h/mc²
Effet Compton
Photons Photons Electron
incidents diffusés compton
h faible
h moyenne
h élevée
l’effet Compton: cas extrême
Création de paires (matérialisation)
Matérialisation d’un photon en paire électron – positon.
Disparition du photon au voisinage du noyau.
Excédent d’énergie du photon incident est distribué en
énergie cinétique pour l’électron et le positon.
hν = Te- + Te+ – 2mec².
Positon rapidement freiné (ionisation + excitation).
Annihilation positon avec électron du milieu.
Émission de 2 photons de 511 keV.
Réaction à seuil : hν ≥ 2mec² =1,022 Mev.
Création de paires (matérialisation)
Probabilités comparées des trois
processus
Pour E< 0,5 MeV, l’EPE qui domine.
Pour 0,5 < E < 3 MeV l’effet Compton domine.
Pour E > 1,02 MeV EC et CP sont en concurrence
Pour E > 3 MeV : la CP devient dominante.
Prédominance en fonction de Z et E
En résumé
Réaction photon-nucléaire ou
photodésintégration
Réaction photon-nucléaire ou
photodésintégration
Notion de section efficace
Section efficace : σ, d’une entité cible pour une interaction
produite par des particules chargées ou non, est le rapport
entre la probabilité d’interaction P pour une cible qui est
soumise à une fluence de particule φ.
Soit σ la section efficace microscopique:
∑ = n.σ
∑est la section efficace macroscopique d’atténuation.
n le nombre de cible élémentaire par unité de volume de la
cible.
La section efficace s est une surface hypothétique autour
d’une particule cible, si une particule du faisceau incident
croise cette surface, il y aura interaction.
Le terme est dérivé de l’image classique d’un grand
nombre de projectiles ponctuels dirigés vers une surface
composée de cibles solides:
- l’interaction a lieu avec une probabilité de 100% si
le projectile croise la cible
- l’interaction n’a pas lieu si le projectile ne croise
pas la cible
La probabilité d’interaction totale pour un seul projectile
est le rapport entre s et la surface totale de la cible.
Notion de section efficace
cible
1 projectile
atome s
surface
s matière
P1proj (surface S)
S
atome s
surface
N projectiles
matière
(surface S)
s N
PN proj N s s
S S
Coefficient d’atténuation linéique
Le paramètre le plus important utilisé pour la
caractérisation de l’interaction photon matière est le
coefficient d’atténuation linéique : m
Le coefficient d’interaction est défini comme étant la
probabilité d’interaction d’un photon incident par unité de
longueur de matière traversée
Ce coefficient d’atténuation dépend de :
• L’énergie du photon incident hν
• Du numéro atomique Z du milieu
Grandeurs radiométriques
Les rayonnements sont caractérisés par deux grandeurs
principales:
--- Le nombre de particules N.
--- L’énergie transportée par ces particules R (on parle d’énergie
radiante).
L’ICRU 60 donne les définitions suivantes:
--- N est le nombre de particules émises, transférées ou reçues.
--- L’énergie radiante R est l’énergie émises, transférées ou reçues
(unité J).Pour des particules d’énergie E
R = E*N
Nombre de particules Énergie radiante
transférée
N R
reçue
Volume considéré
émise
Fluence des particules:
La fluence des particules est le rapport entre le
nombre de particules dN ayant traversé l’élément de
d
surface da. a
transférée
reçue Passage à la limite
du petit volume
d
a
Volume considéré
dN/da
émise
(m-²) d
a
Notons que l’élément de volume da est orthogonal à la direction
des particules et que de ce fait la fluence de particules est
indépendante de l’angle d’incidence du faisceau
Fluence énergétique
De la même manière, on définit la fluence
énergétique Y comme étant le rapport de
l’énérgie radiante dR sur da.
Y dR/da (Jm-²)
Ces grandeurs caractérisant des faisceau mono énergétiques,
on établit facilement le lien entre les 2 grandeurs:
Y dR/da =d(E*N)/da=E*(dN/da)
Y= E*
les faisceaux de photons sont polyénergétiques et le
concept ci-dessus devra pouvoir leur être appliqué.
On parlera alors de spectre de fluence de particules et
de spectre de fluence énergétique
E(E)= d/dE (E)
Et
YE(E)= dY/dE (E)= (d /dE)(E) *E = E *E
Spectre de fluence de photons et de fluence énergétiques à
1m de la cible de tungstène pour un faisceau de rayons X de
250kV avec un filtre de 1mm d’Al et un 1.8mm de Cu
Débit de fluence
Le débit de fluence est le rapport de la fluence par unité de
temps:
Débit de fluence d2 d
de particules N m2 s1
da dt dt
d2 dY
Débit de fluence Y R W m2
énergétique da dt dt
Atténuation d’un faisceau de photon
En résumé
Les photons ne sont pas arrêtés dans la
matière, mais leur faisceau y est simplement
atténué. Cette atténuation dépend de
l’épaisseur de matière traversée.
Interaction de particules chargées.
Elles mettent en jeu des particules légères (e-, e+)
ou lourdes ( protons, particules ),
Interactions obligatoires, secondaires aux forces
coulombiennes qui s’exercent entre ces particules
chargées et la matière :
Interaction de particules chargées.
C’est un transfert d’énergie du rayonnement incident au milieu
traversé ; ceci dépend de :
la nature de ce rayonnement
son énergie
la nature de la matière traversée
Ces interactions dépendent de propriétés liées à :
- La particule : la matière : numéro atomique : Z
• charge Z, (densité électronique)
• masse (m)
• vitesse (v)
En biologie, les interactions avec l’eau +++
Interaction de particules chargées.
Interaction des électrons
En traversant la matière, les électrons entrent
en interaction coulombienne avec ses atomes:
--- avec le cortège électronique
--- avec le noyau
Lors de ces interactions:
--- Les électrons perdent leurs énergie
cinétique
--- Changent de direction (diffusion)
La perte d’énergie est caractérisée par le
pouvoir d’arrêt s/r
La diffusion est caractérisée par le pouvoir
de diffusion angulaire
L’interaction électron- matière peut être:
Élastique: électron est dévié de sa trajectoire,
mais conserve son Ec
Inélastique: On distingue
--- l’interaction électron incident- électron de
l’atome où l’électron incident est dévié de sa
trajectoire et perd une partie de son Ec
---- l’interaction électron incident noyau de
l’atome où l’électron est dévié et perd une partie de
son Ec qui est émise sous forme de rayonnement de
breemstrahlung.
• la collision inélastique électron-
électron est une collision inélastique
dont le résultat est:
--- Soit une ionisation de l’atome avec
éjection de l’électron de son orbite.
--- Soit une excitation où un é de
l’atome quitte sa couche vers une
couche de niveau d’En plus élevée
• Ionisations et excitations résultat de la
perte de l’électron incident de son Ec
sont caractérisées par le Pouvoir
d’arrêt électronique (ou de collision).
Interaction électron- noyau:
• Diffusion de l’électron avec
conservation de l’Ec: caractérisé par le
pouvoir de diffusion angulaire
• Diffusion de l’électron avec perte
d’une partie de l’Ec sous forme de
rayonnement de Breemstrahlung et on
parle de pouvoir d’arrêt radiatif
Le pouvoir d’arrêt
L’énergie perdue par l’électron incident le long de
ses collisions inélastiques est décrite par : le
pouvoir d’arrêt linéaire total qui représente
l’énergie cinétique Ek perdue par unité de
longueur x:
Stot = dE/dx (Mev/cm)
On définit également le pouvoir d’arrêt massique
qui n’est autre que s/r
s 1 dE
[Link]²/g
r tot r dx
Transfert d’énergie linéique TLE
Le pouvoir d’arrêt caractérise la perte d’énergie de
l’électron incident dans le milieu, lorsqu’on veut
caractériser l’absorption du milieu traversé on
définit le transfert d’énergie linéique.
• Annihilation des positons = interaction fondamentale
permettant de réaliser un type particulier de scintigraphie :
la tomographie d’émission de positons.
• Les trajectoires des particules sont des lignes brisées
(particules légères : changement important de direction à
chaque interaction).
• Trajectoire des électrons:
• Dans l’eau la longueur totale de la
trajectoire est approchée par la formule :
Longueur (cm) = énergie initiale (Mev)/2
• Dans un milieu de masse volumique r la
trajectoire est approchée par formule :
Longueur (cm) = énergie initiale (Mev)/2r,
(r en g cm-3)
• -La distance séparant le point d’entrée de la particule et son
point terminal s’appèle « profondeur de pénétration
moyenne » ou parcours moyen R.
0,215
P max ( cm ) E ( MeV )1,66
r
Cas des particules chargées lourdes
Interaction des particules lourdes ( ) avec la matière
• Le TEL et la DLI de ces particules sont importants :
Courbe de Bragg dans l’air = évolution de l’ionisation spécifique en fonction du
parcours
Les trajectoires sont quasi rectilignes (les particules sont
peu déviées en raison de leur masse importante.
Dans l’air le parcours moyen R est approchée par la
formule:
R(cm) = 0.31 E3/2
E= énergie cinétique en MeV
Dans un matériaux de masse volumique rmat on a :
Rmat = Rair rair/ rmat, où r est en g cm-3
Interaction des neutrons