Chapitre I :
Etat de l’art et Génie électrique
1.1. Introduction
Le génie électrique est un domaine qui regroupe plusieurs spécialités technique
liées aux l’électronique et l'électricité. Le facteur essentiel qui lie ces spécialités est
l’énergie.
1.2. État de l'art
1.2.1. Définitions
i) Réaliser un état de l'art consiste à rassembler le maximum d'informations sur
un sujet ou une technologie qui vous intéresse.
ii) État de l'art = un état des connaissances existantes, à un moment donné, sur
un objet d'étude.
iii) Dans le cas d'un mémoire, d'une thèse ou d'un article, il sera établi en fonction
d'une question de recherche.
1.2.2. Construction d'un état de l'art
La préparation de l’état de l’art est une étape fondamentale du processus de
recherche. C’est également l’un des aspects de la constitution d’un rapport scientifique.
La préparation de l’état de l’art est un processus itératif composé de quatre étapes.
Étape 1 : La recherche bibliographie
▪ Etablir une liste de mots clés.
▪ Collecter des éléments bibliographiques et à les sélectionner.
▪ La constitution des mots clés est faite en allant du général au spécifique.
▪ Les références bibliographiques doivent être récentes, mais il existe des articles
de référence dans le domaine, il faut tout de même les considérer même s’ils sont
relativement anciens.
Etape 2 : Lecture approfondie et critique des références
▪ Cette étape conduit à l’affinement du réseau de mots clés, à sa structuration et sa
réorganisation. Il faut identifier pour chaque référence bibliographique son apport. Il s’agit
de souligner le problème qu’il traite, la solution qu’il propose et les résultats obtenus. Ces
informations sont résumées dans un rapport.
Etape 3 : Synthèse
▪ Cette étape consiste à classifier des approches selon des critères à fixer, à tirer
des conclusions et des leçons et finalement, à suggérer des recommandations.
étape 4 : Rédaction de l'état de l'art
▪ Exige non seulement une capacité à sélectionner les articles, les brevets et les
travaux les plus pertinents au domaine visé, mais aussi une capacité à comprendre ces
travaux et à les analyser de façon à, d’une part, en tirer des critiques et, d’autre part, à
s’en inspirer pour développer des nouvelles pistes de recherche.
1.2.3. Réaliser un bon état de l'art
-Trouver les sources pertinentes d’information à consulter.
- Les sources d’informations sont les brevets et les publications scientifiques.
- Trouver les bons « mots-clés ».
- Consulter un grand nombre de documents.
- Une analyse en français et en anglais est notamment souhaitable.
- Effectuer une analyse minutieuse et spécialisée afin d’accéder aux données
techniques précises et de sélectionner les documents les plus pertinents.
1.2.4. Etat de l’art vous permettra de
- Vérifier l’originalité de votre idée : est-t-elle déjà été envisagée, proposée, mise en
œuvre par quelqu’un d’autre ?
- Connaître l’exploitabilité de votre idée : appartient-elle au domaine public ou bénéficie-
t-elle d’un propriété intellectuelle?
- Evaluer la brevetabilité de votre idée
- Donner des idées nouvelles de développement à votre projet, des indications sur des
voies nouvelles à explorer.
- Détecter des difficultés potentielles, des voies de développement à éviter.
- Identifier des partenaires potentiels ainsi que des concurrents.
1.3. Histoire de l'électricité
Le mot « électricité » vient du mot grec elektron, qui signifie « ambre ». L'ambre
jaune est de la résine d'arbre fossilisée ; elle se présente sous la forme de petites perles
vitreuses, d'une couleur jaune doré tirant vers le brun. Lorsqu'elle est frottée
énergiquement contre un tissu, cette matière présente la particularité d'attirer les corps
légers, tels les fétus de paille ou les cheveux. En fait, lorsqu’on approche le corps léger
de l’ambre frotté, les électrons de ce corps prennent la place des électrons arrachés à
l’ambre, et le corps est attiré. Cette propriété est peut-être connue depuis la préhistoire.
Elle est signalée par le philosophe grec Thalès de Milet dès le VIe siècle. Il frottait un
morceau d’ambre avec un tissu quand il a constaté que la pierre réussissait à attirer des
petits objets légers comme de la paille. Sans le savoir, il a découvert l’électricité-statique.
Figure 1.1. Ambre jaune naturel
A la fin du XVIe siècle, Le médecin londonien Guillaume Gilbert réalise la première
étude approfondie des phénomènes magnétiques. Gilbert songe naturellement à étudier
l'ambre qu'il sait capable d'attirer toutes sortes de corps légers. Gilbert dresse une liste
de corps susceptibles d'être attirés par l'ambre frotté. Il découvre la même propriété
d'attraction dans, la plupart des pierres précieuses (le cristal, diamant, rubis, opale, etc.),
les matières vitrifiées, en particulier le verre blanc transparent, le soufre, et les cristaux.
Il détermine pour chaque substance les caractéristiques des frottements qui produisent
les meilleures attractions, et il étudie enfin les influences des conditions météorologiques
sur le phénomène.
A la fin du XVIIe siècle, le physicien allemand Otto Von Guericke met au point la première
machine connue susceptible de produire une surface électrisée de manière quasi
permanente. Cette machine se compose d'une sphère de soufre, montée sur un axe
horizontal, de façon à pouvoir la mettre naturellement en rotation par l'intermédiaire d'une
manivelle. Le frottement continu d'un morceau d'étoffe (un tissu) sur cette sphère en
électrise la surface. Grâce à cet appareil, Otto Von Guericke réalise plusieurs
expérimentations qui l'amènent à élaborer différentes hypothèses scientifiques sur la
nature de l’électricité ; celles-ci s'avèrent en réalité totalement erronées, mais Otto Von
Guericke ouvre la voie aux chercheurs du XVIIIe siècle.
Figure 1.2. Machine électrostatique d’Otto Von Guericke.
En 1709, le physicien anglais Haukesbee met au point une machine inspirée de celle
d'Otto Von Guericke, mais dans laquelle, il remplace la sphère de soufre par un cylindre
de verre. Grâce à cette modification, Haukesbee observe pour la première fois les
étincelles électriques générées à la surface d'un corps électrisé adapte sa machine de
façon à pouvoir faire tourner un cylindre de verre à l'intérieur d'un autre du même
matériau. Il monte un robinet sur le cylindre intérieur afin de la vider à l'aide d'une pompe
à air. Il observe ainsi l'effet des étincelles électriques dans le vide.
En 1729, les physiciens anglais Grey et Wheler réalisent diverses expériences avec la
machine d'Haukesbee, ils découvrent la transmission à distance de l'électricité. Ils ont
constaté le phénomène en interposant simplement une baguette de métal entre le
cylindre de verre et les corps légers à attirer. Expérimentant plusieurs matériaux, ils
montrent que le transport de l'électricité peut se réaliser sur des distances extrêmement
grandes, de l'ordre de plusieurs centaines de mètres. Pour la première fois, ils établissent
une distinction entre matériaux bons et mauvais conducteurs et s'aperçoivent que le
corps humain peut, lui aussi, transmettre l'électricité.
De 1733 à 1745, le physicien et naturaliste Dufay consacre l'essentiel de ses études à
l'électricité. Dufay prouve que tous les corps sont électrisables, à la condition d'être isolés.
Dufay montre pour la première fois, le principe fondamental des charges électriques de
mêmes signes qui se repoussent, et de signes contraires qui s’attirent.
En 1745, Van Musschenbroek et son élève (Hollande) invente la bouteille de Leyde,
cette bouteille est un condensateur électrique qui essayaient d'électriser l'eau contenue
dans une bouteille.
Figure 1.3. La bouteille de Leyde
En 1768, l'opticien anglais Ramsden transforme complètement et définitivement
l'apparence des machines électrostatiques. Il imagine une machine composée d'un
plateau circulaire en verre, mis en rotation sur un axe horizontal et dont les deux côtés
frottent sur des coussinets en peau. Par l'intermédiaire de petits peignes récolteurs, les
charges s'accumulent sur la structure en laiton, isolée du socle par des colonnettes en
verre.
Figure 1.4. Machine de Ramsden.
En 1785, le physicien hollandais Van Marum met au point une machine similaire à celle
de Ramsden, mais conçue de telle façon qu'il est possible d'y collecter soit de l'électricité
«vitrée», soit de l'électricité «résineuse».
En 1786 en étudiant le système nerveux d'une grenouille, l'anatomiste italien Galvani
observe un phénomène de contraction des muscles, semblable à celui produit par une
commotion électrique, mais indépendant de toute machine électrostatique. Il émet alors
l'idée de l'existence d'une électricité animale, et pose en principe que le corps des
animaux est une sorte de bouteille de Leyde «organique». Grâce à ces recherches, est
établie l'hypothèse de l'existence d'une électricité dynamique, différente de l'électricité
statique produite par frottement.
Au début de 1800 le physicien italien Alessandro Volta observe qu'une plaquette de
cuivre et une autre de zinc, plongées dans un vase rempli d'une solution acide et reliées
l'une à l'autre, produisent un courant électrique. Afin d'accroître la force du courant, il
place plusieurs de ces montages les uns à la suite des autres et réalise ainsi le premier
montage en série de générateurs de courant électrique. Après la simplification de
l’installation, il réalise la première pile électrique. Pour la première fois, on dispose d'une
source d'énergie électrique relativement stable, utilisable longtemps et facilement
transportable.
En 1820, le savant danois Oersted a l'idée de tendre un fil métallique au-dessus d'une
boussole et faire passer un courant débité par une pile de Volta. Il observe alors que
l'aiguille quitte sa position et conclut qu'un fil traversé par un courant électrique produit
un champ magnétique susceptible d'influencer une aiguille soumise primitivement au
champ magnétique terrestre. Peu après, les physiciens français Biot et Savart établissent
les premières lois mathématiques permettant de mesurer l'amplitude du phénomène. Au
même moment, l'astronome français Arago invente l'électroaimant.
Figure 1.5. Prototype de la pile de Volta.
De 1820 à 1827, le physicien André-Marie Ampère publie un nombre important d'études
sur les relations qui existent entre électricité et magnétisme. Ses travaux lui permettent
d'énoncer plusieurs principes fondamentaux de l'électromagnétisme. Cependant, toutes
ses recherches ne sont pas fructueuses.
En 1822, collaborant avec le physicien suisse La Rive sur la production d'un courant
électrique par l'influence d'un autre courant, il passe juste à côté de la découverte du
phénomène d'induction. Parallèlement à Ampère, le physicien anglais Michael Faraday
mène d'autres recherches sur ce phénomène d'électromagnétisme.
Dès 1832, Pixii, constructeur français d'instruments scientifiques, sur une idée
d'Ampère, met au point une petite machine magnétoélectrique, composée d'un aimant
en fer à cheval, tournant verticalement en dessous d'un électroaimant. Les pôles de
l'aimant permanent présentés aux pôles de l'électroaimant changeant continuellement de
signe, cette machine produit en quelque sorte un courant alternatif dont on ne fait alors
aucun usage. La machine est dotée d'un mécanisme commutateur permettant de donner
au courant un sens unique ; on obtient de cette façon un courant induit continu assez
semblable au courant des piles ordinaires. Peu après, l'Anglais Clarke imagine un
appareil dans lequel c'est la bobine qui tourne devant un aimant fixe en fer à cheval.
Dans les années 1850, le principe de la machine de Clarke est réutilisé par Joseph
Van Malder dans la construction de ses machines magnétoélectriques. Celles-ci,
fabriquées à Paris par la Compagnie l'Alliance, servent principalement à l'alimentation
électrique des phares en bord de mer.
en 1866, le physicien Wilde conçoit une machine magnétoélectrique particulièrement
performante. Toutes ces inventions, et bien d'autres, conduiront Gramme à mettre au
point sa machine dynamoélectrique, fin 1869.
En 1869, l'inventeur belge Zénobe Gramme, rend possible la réalisation des
génératrices à courant continu en imaginant le collecteur. Il améliore les premières
versions archaïques d'alternateurs (1867) et devient célèbre en retrouvant le principe de
l'induit en anneau de Pacinotti. En 1871, il présente à l'Académie des sciences de Paris
la première génératrice industrielle de courant continu, que l'on appela machine de
Gramme et qui était en fait une magnéto. Il crée la base de la production industrielle et
individuelle d’électricité.
1.4. Génie électrique
En plus de la science qui étudie les phénomènes électriques et les lois qui s'y
rapportent, le terme du Génie électrique peut être compris dans un sens plus moderne
signifiant : Utilisation technique de l'électricité, soit en tant que support d'énergie, soit en
tant que support d'information.
D’un sens général, On peut, regrouper toutes les applications du Génie électrique en
deux domaines principaux :
▪ Energie électrique ;
▪ Traitement de l'information.
1.4.1. Énergie électrique
Le terme énergie électrique désigne toute énergie transférée ou stockée grâce à
l'électricité. Cette énergie est transférée d'un système à un autre par un mouvement de
charges.
Les systèmes susceptibles de fournir de l'énergie par transfert électrique :
▪ Les alternateurs.
▪ Systèmes chimiques comme les piles notamment.
Les systèmes susceptibles de transformer l'énergie issue de l’électricité :
▪ Les résistances électriques qui la transforment en chaleur.
▪ Les moteurs qui la transfèrent par un travail mécanique.
▪ Les lampes qui la transforment en rayonnement et en chaleur, et d'autres
systèmes électrotechnique ou électronique
Le transport d'énergie électrique se fait au moyen d'un conducteur électrique, par
exemple un métal ou une solution ionique.
Le stockage d’énergie est la constitution d'une réserve d'énergie à partir de flux
d'énergie dont on n'a pas l'usage immédiat, pour en disposer ultérieurement, quand la
demande sera plus importante.
Pour stocker de l'énergie fournie par transfert électrique il faut utiliser un convertisseur
capable de stocker l'énergie reçue, en :
▪ Energie chimique, dans les accumulateurs ou batteries.
▪ Energie mécanique.
▪ Energie potentielle.
Concernant les domaines d'utilisation de l'énergie électriques, Ils sont évidemment
multiples mais peuvent être plus ou moins regroupés dans quelques grandes familles :
▪ Éclairage.
▪ Chauffage (industriel ou tertiaire) en concurrence avec les moyens classiques, et
en particulier les combustibles fossiles.
▪ Climatisation : part de plus en plus importante.
▪ Motorisation : transport routier, part de plus en plus importante dans le secteur
industriel et domestique.
▪ Électrochimie : électrosynthèse, électrodyalyse
1.4.2. Traitement d'information
Le système d'information (SI) est un ensemble organisé de ressources qui permet de
collecter, stocker, traiter et distribuer de l'information, en général grâce à un ordinateur.
Le sous-système technique est composé des technologies (hardware, software et
équipements de télécommunication). Champ d'applications de traitement d’information est
vaste. Le tableau ci-dessous en donne un aperçu.
Applications Exemples
Télécommunications Télégraphe ; Téléphonie ; Télévision ; Transmission
des données ; Radiodiffusion ; Télémesure …
Systèmes de détection Radar ; Télédétection …
Electroacoustiques Enregistrement ; Production des sons …
Traitement de l’information Ordinateur ; Calculatrice …
Electronique Capteurs ; Circuits électroniques ; Signaux
analogiques et numériques ; Micro-électroniques ;
Circuits intégrés …
Génie biomédical Instrumentation biomédicale ; Biomatériaux ;
Imagerie médicale ; Bioélectricité ; Télémédecine
….
Tableau 1.1. Champ d'applications de traitement d’information.