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Météorisation
Pour les articles homonymes, voir Météorisation.
Différentes étapes de la formation d'un sol (pédogénèse) : de la météorisation de la roche-mère à l'évolution de
l'enrichissement en humus et de la pédofaune.
Gélifraction d'un galet de basalte après cinq années d'exposition à la météorisation, Solheimajökull, Islande.
Auréoles de rouille dans un granite altéré. Cette teinte brunâtre est généralement due à la diffusion d'hydroxyde de fer du
type limonite, liée à la décomposition des minéraux ferrifères (biotite, pyrite).
Météorisation par les sels sur le littoral corse, Campomoro-Senetosa.
En géomorphologie, la météorisation, appelée aussi altération météorique, altération atmosphérique ou altération
climatique, est l’ensemble des processus mécaniques, physico-chimiques ou biologiques de réduction élémentaire des roches
et des minéraux à la surface de la Terre ; ils constituent la réponse des minéraux d’une roche pour trouver un équilibre
s’ajustant avec les conditions d’eau et d’air à la surface terrestre. Cette attaque de la roche en place s'effectue au contact de
l'atmosphère ou à son voisinage, et les phénomènes météorologiques en contrôlent étroitement la marche. Aussi la qualifïe-t-
on de météorisation, pour la distinguer de l'érosion qui implique un transport.
Vocabulaire, étymologie
Ce terme est la traduction de l'anglais weathering et de l'allemand Verwitterung , il a été proposé par Jean Tricart et André
Cailleux en 1955 sur le modèle du terme portugais meteorização . Les phénomènes biologiques avaient été exclus de la
définition originelle proposée par ces auteurs, considérant qu'ils ressortaient plutôt du domaine de la pédologie.
Étapes
La météorisation, dans son ensemble, est une combinaison de phénomènes de destruction et de synthèse, s'effectuant via tout
ou partie des trois grandes catégories de processus suivants :
Processus mécaniques
Ces processus entraînent un débitage ou une désagrégation de la roche en matériaux de taille plus réduite, mais sans
changement appréciable dans la composition chimique ou minéralogique ; suivant Roger Coque, on y regroupe les
fragmentations d’origine thermique (la gélifraction sensu lato et la thermoclastie) et les fragmentations d’origine hydrique
(haloclastie et hydroclastie), les auteurs anglo-saxons y ajoutant les phénomènes de détente (exfoliation).
Processus physico-chimique
Dit aussi processus d’altération, il provoque une transformation de la roche saine en produits secondaires, c’est-à-dire une
modification irréversible des propriétés physiques et chimiques des roches et minéraux. Le principal agent de météorisation
physico-chimique est l’eau atmosphérique qui agit à la fois comme un réactif chimique, comme un vecteur de transmission
d’autres réactifs (le transport de dioxyde de carbone par exemple), et comme un agent d’évacuation des produits libérés par la
météorisation (solutés). Certains auteurs, souvent géologues, restreignent la météorisation à cette seule altération physico-
chimique des roches : la météorisation est alors un processus supergène (de surface et d’origine externe) par lequel les
minéraux primaires, d’origine magmatique, métamorphique ou sédimentaire, rendus instables dans la partie supérieure de la
croûte, sont détruits et remplacés par des minéraux secondaires plus stables et généralement associés avec une nouvelle
porosité.
Depuis l'ère industrielle, la pollution acide et parfois artificiellement saline de l'air et des pluies est source d'une forme
particulière de dégradation des monuments faits de pierre et mortiers calcaires.
Processus biologiques
Qu’elles soient mécaniques (fragmentation par l’action disjonctante des racines d'arbres ou autres plantes, par les forces
tractrices exercées par les rhizines des lichens, par la pression exercée par l’augmentation de la biomasse des colonies
fongiques avec leur mycélium occupant les fissures des minéraux ou, autre exemple, désagrégation granulaire par la radula
des mollusques), ou qu’elles soient biochimiques par le biais de la respiration (libération de CO2, qui est un gaz acidifiant,
étant source d'acide carbonique) ou des sécrétions enzymatiques des micro-organismes ou des mycéliums.
On parle de biométéorisation pour cette dernière catégorie de processus.
Aspects colorimétriques
La météorisation des surfaces rocheuses se traduit notamment et souvent par un changement de couleur ou une décoloration
superficielle de la roche. Cette enveloppe colorée est appelée "cortex de météorisation" ; elle peut servir à dater la durée
d'exposition d'une roche où l'âge d'un dépôt (via la corticométrie).
Gallerie d'illustrations
Dissolution météoritique d'appareillages de pierre sur l'île de Gozo (Malte)
vacuoles issues de météorisation par le sel, roche calcaire près de Qobustan ( Azerbaijan)
Calcaire Permien près de Sedona (Arizona)
Météorisation et pollution acide de l'air :
Météorisation par pollution de l'air et pluies acides (sur statues de pierre calcaire)
Météorisation sur grès (Dresde, Allemagne)
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