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Adolescence et santé sexuelle des filles

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© Éditions Albin Michel, 2001

ISBN : 978-2-226-23231-1

Centre national du livre


Collection dirigée
par Mahaut-Mathilde Nobécourt

Dans la même collection


Ados, Amour et Sexualité
Version garçon
Dr Sylvain Mimoun et Rica Étienne
Introduction

« Il faut que j’aille chez ma gynéco. » Pourquoi tant de femmes,


même très jeunes, consultent-elles des spécialistes, le plus souvent des
médecins femmes, auxquelles toutes avouent qu’elles n’aiment pas du tout
ce genre d’examen, quand elles ne leur disent pas d’un ton apitoyé : « Voir
ça toute la journée, vraiment je me demande comment vous faites ? » Il est
vrai que, aller chez sa gynéco1, ce n’est pas comme aller chez quelqu’un de
la famille, ce n’est pas comme aller chez le coiffeur et ce n’est pas non plus
comme aller chez le médecin quand on est malade.
La pilule et la contraception en général ont été pour les femmes une
immense conquête. Mais pour les obtenir il a fallu se battre, et les femmes
se sont battues. Cela a mis fin à une très longue période pendant laquelle la
condition des femmes était de faire des enfants, sans avoir le droit de
décider du nombre qu’elles voulaient.
Au début, la contraception a été combattue par la majorité du corps
médical. Seule une minorité de médecins et des gynécologues, hommes et
femmes, l’ont prise en charge. Grâce à la contraception, des femmes bien
portantes sont venues consulter, elles ont eu un examen gynécologique et un
frottis de dépistage. On a examiné leurs seins, ce qui était nouveau. Jusque-
là, on ne s’occupait que des seins des mères qui allaitaient et des seins
malades des vieilles dames. Les seins de toutes les autres étaient perçus
comme des objets érotiques, tentateurs, et le médecin reculait devant un
examen qui aurait pu paraître suspect.
Toujours grâce à la contraception, la consultation de gynécologie est
devenue un lieu où l’on peut parler de son corps, de ses maladies et de son
sexe, tout comme on peut parler de sa vie affective et sexuelle. Au début
venaient les mères de famille, puis petit à petit on y a vu des filles de plus
en plus jeunes. Aujourd’hui, les mères y envoient leurs filles, les filles y
viennent seules et, plus tard, il arrive que ce soient elles qui donnent une
adresse à leur mère. D’autres, très nombreuses, préfèrent avoir leur propre
gynécologue, une relation rien que pour elles. Pour certaines adolescentes,
la consultation de gynécologie est comme un passeport de féminité. Ce
n’est pas pour autant une démarche facile.
Ces consultations peuvent être des jalons dans la recherche de son
identité. En voguant parmi les multiples aspects des maux et des mots des
jeunes filles, ce livre se veut l’écho de ce qui se fait, de ce qui se dit dans
les consultations de gynécologie, où l’on passe du fonctionnement des
organes à la sexualité, des souffrances du corps à celles du cœur et de
l’esprit.

Nous constatons tous les jours la disproportion entre ce qui doit être
assumé par les jeunes filles en matière de contraception et de protection
contre les maladies sexuellement transmissibles et les informations qu’elles
possèdent sur le fonctionnement de leur appareil génital, sur leur sexualité.
Quant aux garçons, eux aussi se posent des questions, ont besoin
d’informations. Alors une version de ce livre « côté garçons » existe pour
eux dans la même collection. Ce livre-là est aussi pour vous si vous désirez
en savoir plus sur eux, comment ils se transforment, physiquement et
moralement, et comment ils voient les filles.

1- Il y a, bien entendu, des gynécologues hommes mais, par commodité et parce que nous pensons que, bien souvent, les jeunes filles préfèrent aller voir des gynécologues
femmes, nous avons choisi de mettre partout ce mot au féminin.
Chapitre 1
Le corps
et ses méta-
morphoses
La puberté commence avec l’apparition des premières règles, qui
signent l’appartenance de la petite fille au monde des femmes.
Mais, avant le coup d’éclat des règles, son corps et son esprit ont été
transformés discrètement par ses sécrétions hormonales. Par leur présence
ou leur absence, les règles vont ponctuer les années à venir.

Les signes avant-coureurs

► Le développement de la pilosité
Il précède celui des seins. Ce premier signe de la pré-puberté est
commun aux garçons et aux filles. Certaines éprouvent du dégoût devant
ces quelques poils longs et lisses, incongrus sur leur vulve d’enfant… Cela
ne ressemble pas à la toison des plus âgées, mais ce n’est déjà plus comme
avant. Ces premiers poils, les premières sécrétions vaginales, les
changements de l’odeur corporelle sont souvent gênants.

► La naissance des seins


La petite fille naît à la féminité avec l’éclosion de ses bourgeons
mammaires. Au début, elle peut vivre ce changement de façon négative. Ses
seins ne poussent pas toujours en même temps, leur asymétrie inquiète.
Leur croissance est parfois douloureuse, ils sont en avance sur sa féminité.
C’est une contrainte physique, son corps lui paraît étrange et étranger. Les
regards, les sous-entendus, les plaisanteries familiales la gênent, elle fait le
dos rond et cache ses seins naissants.

► Les premiers émois sexuels


Les hormones féminines qui font pousser les seins éveillent également
des émois sexuels qui étonnent et perturbent. Beaucoup de filles
connaissent déjà le plaisir de la masturbation. Avec leurs seins, elles
découvrent une sensualité nouvelle : la peau en est douce, le mamelon a une
vie à part, son excitation procure des sensations physiques troublantes. Les
seins leur apportent une image sexuée d’elles-mêmes, que réfléchissent les
yeux des autres. Elles commencent à découvrir leur pouvoir de séduction.

Adolescence et puberté

Peut-on dire que l’adolescence commence avec l’âge de la


puberté ? Non, certaines filles ont leurs règles vers 10-11 ans, ce sont
encore des enfants ; d’autres vers 16-17 ans, ce sont déjà des jeunes
filles.
Quant à la fin de l’adolescence, elle est encore plus floue. Il est
difficile de la situer lorsque la croissance est terminée et que toutes
les modifications, hormonales se sont accomplies, puisque cet âge
varie d’une jeune fille à l’autre. Il n’est pas possible non plus, de nos
jours, d’affirmer que la fin de l’adolescence se marque par une
autonomie matérielle et psychologique vis-à-vis des parents.
Les Anglo-Saxons parlent de teenagers, les 13 à 19 ans. Cela
simplifie la définition mais ne prend pas en compte les immenses
différences physiologiques, psychologiques et comportementales des
âges extrêmes.
L’adolescence est une période de bouleversements physiques,
psychologiques et émotionnels, marquée par la mise en route de la
fonction reproductrice et amoureuse. On ne naît pas adolescent.
L’enfance y prépare. L’amour des parents est un tremplin. À
l’adolescence de leur enfant, leur rôle devient difficile. Être attentif
sans être intrusif, accepter la mise en cause de leur autorité sans
démissionner, aimer toujours sans étouffer, assurer la constance des
liens. L’épanouissement de l’adolescent se fait contre et avec ses
parents.

► Les règles
Avec l’arrivée des règles, la fillette quitte bon gré malgré son enfance.
Elle n’est pas encore une femme, elle n’est plus une enfant. C’est le début
de l’adolescence, de ses troubles et de ses découvertes.

L’anatomie

► Les seins
Bien avant la venue des règles, vos seins commencent à pousser et font
de vous, visiblement, une fille. Certaines sont inquiètes de devenir bientôt
des femmes. D’autres sont fières de posséder enfin ce qui les fait ressembler
à leur mère.
Les seins, ou glandes mammaires, nous les avons en commun avec tous
les animaux qui allaitent leurs petits. L’allaitement est leur fonction
essentielle. Mais ce n’est pas encore ce qui vous préoccupe !
Ils prennent leur forme et leur volume peu de temps après la puberté, et
vont se modifier tout au long de la vie de la femme.
À l’adolescence, la glande a une forme semi-sphérique, en pomme ou
plus allongée, en poire. À son extrémité, le mamelon, ou téton, pointe plus
ou moins. Le mamelon est capable de durcir et de se contracter sous l’effet
des caresses, du désir, ou simplement du froid. Il possède un petit muscle
érectile et beaucoup de terminaisons nerveuses, ce qui le rend très sensible.
Autour du mamelon, l’aréole est plus ou moins large et se pigmente sous
l’action hormonale. Mais sa coloration dépend également de la carnation,
c’est-à-dire de la couleur de la peau ; elle est plus ou moins accentuée, du
rose très pâle au brun plus ou moins foncé, tout comme celle du mamelon.

J’ai une copine qui a deux poils autour de l’aréole, c’est


normal ?
Parfois, quelques poils apparaissent autour de l’aréole. Ce n’est pas une
anomalie, il s’agit le plus souvent d’un héritage familial. Évitez de les
couper ou de les arracher : vous risquez d’une part de vous infecter et
d’autre part de les voir repousser plus drus. Par contre, vous pouvez les
blondir avec un produit acheté en pharmacie, ou vous en débarrasser
définitivement par une épilation électrique. Si la pilosité est importante, si
elle s’étend entre les seins et à d’autres parties du corps, le médecin prescrit
une prise de sang pour vérifier les taux d’hormones. Une pilosité anormale
se traite et se guérit.

Ma sœur a des sortes de boutons sur l’aréole. Est-ce


dangereux ?
Ce sont les tubercules de Montgomery, de petites excroissances
constituées par les glandes sébacées situées dans le tissu sous-cutané. Elles
sécrètent du sébum, substance graisseuse à l’odeur particulière (voir peau).
Pensant qu’il s’agit de boutons, certaines femmes les pressent. Il vaut mieux
ne pas y toucher car elles peuvent s’infecter.

Je trouve mes seins trop petits. Que faire ?


Il est rare que l’on soit satisfaite de ses seins. On ne peut s’empêcher de
les comparer à ceux des stars et aux magnifiques poitrines exposées dans
les magazines. Alors, on trouve ses seins trop petits ou trop gros, le
mamelon semble trop saillant ou trop peu visible. Il peut être un peu rentré.
On s’inquiète de leur asymétrie. Mais nos deux seins ne sont pas
exactement semblables. Regardez vos pieds et vos mains, ils ne sont pas
non plus tout à fait pareils. La nature se moque de la symétrie.

LES SEINS
Vos seins ont transformé votre silhouette. Il faut un certain temps pour
s’habituer à sa nouvelle image corporelle, accepter ses seins naturellement
et même en être fière.
Pour avoir de beaux seins, il ne faut pas les cacher en faisant le dos
rond. Un dos droit et musclé, des muscles pectoraux solides, des épaules
dégagées assurent la beauté des seins même quand ils sont petits. La
natation galbe joliment la poitrine, et les courbes de poids fantaisistes
peuvent abîmer les seins.

J’ai des stries violacées sur les seins. Que puis-je faire ?
Il s’agit de vergetures. Ce sont des striures rouge violacé provoquées
par la rupture des fibres élastiques situées sous la peau à la suite d’une
distension trop brusque. Cette distension de la peau est provoquée soit par
une prise de poids rapide, soit par une sécrétion excessive des hormones de
la surrénale, petite glande située au-dessus des reins.
Il n’y a pas grand-chose à faire pour les éviter, mais elles disparaissent
assez vite. En moins d’un an, les vergetures deviennent blanc nacré et ne se
voient presque plus. Certaines peaux y sont plus sensibles que d’autres.

Faut-il porter un soutien-gorge tout le temps ?


Ce n’est vraiment pas indispensable pour des seins bien « amarrés »,
mais, si l’on a une poitrine lourde, le soutien-gorge procure un certain
confort. En revanche, que les seins soient gros ou moins gros, il est
recommandé pour la pratique du sport.
Les soutiens-gorge trop serrés, dont les armatures font pression sur la
glande, sont déconseillés : ils risquent d’entraîner des douleurs dans les
seins. Certains mamelons sont écorchés par des coutures agressives qui les
râpent.
Pour ne pas comprimer vos seins qui sont en train de prendre du
volume, prenez un soutien-gorge d’une taille au-dessus quand vous les
sentez à l’étroit.
Est-ce qu’il est dangereux de mettre ses seins au soleil ?
On peut exposer les seins au soleil comme le reste du corps. Cependant,
leur peau est plus fine et plus fragile que celle des jambes ou du dos. Pensez
donc à mettre une crème protectrice, et ne restez pas des heures au soleil
sans bouger. Les bains de soleil, c’est bien agréable, mais à la longue le
soleil n’est pas toujours ami de la peau.

Le soleil

Le soleil envoie vers la terre des rayons ultraviolets (UV)


responsables des principaux effets du soleil sur la peau. Certains
effets sont bénéfiques. Les ultraviolets stimulent la production de
vitamine D dans l’organisme. La vitamine D rend les os plus solides
et permet au calcium de mieux s’y fixer. Ils donnent à la peau une
pigmentation protectrice contre les rayons solaires, c’est le bronzage.
Certains effets sont négatifs à long terme, notamment un
vieillissement cutané prématuré particulièrement visible sur le visage
et sur le dos des mains, avec une peau qui a perdu son élasticité, ridée
et parsemée de taches pigmentées. S’exposer au soleil trop longtemps
sans protection favorise l’apparition de certains cancers cutanés, les
mélanomes.
Pour avoir bonne mine l’hiver, certaines femmes recourent à des
séances de bronzage par UV en cabine. Le temps d’exposition doit
être réglementé, et l’appareil de bonne qualité pour éviter les risques.
Des crèmes pour bronzer sans soleil sont disponibles sur le marché,
mais les dermatologues ne sont pas tous d’accord pour dire qu’elles
sont inoffensives.
La chirurgie esthétique se pratique-t-elle à
l’adolescence ?
Cela dépend de l’âge, du degré de développement de la glande
mammaire et de l’anomalie constatée.

Claire, 16 ans, vient consulter pour ce qu’elle vit comme une difformité. Ses seins ont
poussé en six mois alors que le reste de son corps n’a pas changé. Un an plus tard, son corps
s’est développé. Il est redevenu harmonieux.

Il faut être extrêmement prudent avant de prendre une décision


chirurgicale. Quand une importante hypertrophie ou une ptôse mammaire
(les seins qui tombent) déforme la silhouette, la chirurgie réparatrice est tout
indiquée, mais il faut savoir qu’elle laisse des cicatrices. Quand il s’agit
d’une anomalie morphologique, elle est même prise en charge par la
Sécurité sociale.

Coupe du sein
Le sein est constitué par trois sortes de tissus :
• Le tissu glandulaire, en prise directe avec les hormones. Il est
rempli de lobes contenant des lobules pleins d’acini, ces minuscules
unités glandulaires qui’sécrètent le lait après l’accouchement. Le lait
est conduit vers le mamelon par des canaux galactophores à la
manière de la sève dans un arbre : les canaux galactophores sont fins
et nombreux au niveau des acinis, ils s’abouchent à des canaux plus
gros dans les lobes puis se terminent en une douzaine de pores
galactophoriques, que vous pouvez voir avec une loupe sur vos
mamelons.
• Le tissu graisseux, réparti dans tout le sein. Plus il est abondant,
plus le sein est gros. Il forme un petit coussinet à la partie inférieure
du sein, lui donnant son galbe.
• Enfin un tissu fibreux, véritable soutien-gorge invisible : c’est le
ligament suspenseur du sein. Il est formé par une extension du grand
pectoral, ce muscle si développé chez les athlètes.
L’autopalpation

Apprenez à examiner vos seins pour qu’ils vous deviennent


familiers. Cela se nomme l’autopalpation. Vous pouvez vous examiner
couchée à plat dos sur un lit, ou dans la baignoire, ou même debout
en prenant votre douche si vos seins sont petits. Mieux vaut le faire
après les règles si vos seins sont trop sensibles avant.
Explorez votre sein gauche avec la main droite et inversement.
Pour bien sentir la consistance de votre sein, le mieux est de le palper,
la paume de la main et les doigts bien à plat. Écrasez doucement la
glande entre votre main et votre thorax en pratiquant de petits
mouvements circulaires sur toute sa surface. Pour la partie inférieure
du sein, levez le bras du côté que vous examinez. Pour sa partie
supérieure, abaissez l’épaule en laissant tomber le bras.

Certaines femmes répugnent à L’autopalpation : elles ont peur de


découvrir une grosseur, ou de passer à côté, et certaines n’aiment pas
toucher leurs seins. Cela aurait été peut-être plus facile si on le leur avait
appris quand elles étaient jeunes. L’autopalpation, c’est plus long à dire
qu’à faire. Mais il n’est pas nécessaire de vérifier ses seins tous les jours !
Tous les deux ou trois mois, c’est bien suffisant.

Et quand les seins font mal ?


Les seins, qui se nomment aussi « glandes mammaires », sont en effet
des glandes, qui subissent les fluctuations hormonales du cycle menstruel.
Ils peuvent grossir un peu avant les règles et même devenir douloureux.
La douleur des seins se nomme mastodynie. Le plus souvent, elle est
due à un déséquilibre hormonal. Les femmes s’en plaignent plus que les très
jeunes filles. Il arrive que la mastodynie soit d’origine psychologique.

Lorsque Stéphanie a appris que sa mère avait un cancer du sein, elle a eu peur et
s’est mise à avoir mal aux seins. Le médecin lui a expliqué que sa mastodynie était causée par
son chagrin, qu’elle-même n’avait rien, qu’elle se faisait seulement du souci pour sa mère.

Les exercices physiques qui sollicitent le muscle grand pectoral peuvent


occasionner des douleurs au niveau des seins. En réalité, ce ne sont pas les
seins qui font mal, c’est le muscle contracturé qui se situe juste en arrière.
Enfin, les sous-vêtements qui compriment trop les seins peuvent les
endolorir. La mastodynie n’est jamais un symptôme annonçant une maladie
grave du sein.

Les organes génitaux


On distingue les organes génitaux externes et les organes génitaux
internes. À la naissance, en regardant le sexe, on sait tout de suite que c’est
une fille. La vulve et le vagin font partie des organes génitaux externes.
L’utérus, les ovaires et les trompes font partie des organes génitaux internes.
Les organes génitaux sont les organes de la reproduction de l’espèce. Ils
servent à l’accomplissement des rapports sexuels et au déroulement de la
grossesse.

► L’appareil génital externe


Tout comme les seins, les organes génitaux externes, le sexe, La vulve
se modifient à la puberté, puis tout au long de la vie.

La vulve
La vulve est la partie visible du sexe de la femme. Elle cache et protège
le vagin. Elle est constituée par le mont de Vénus, qui se voit quand on est
debout : il bombe au-dessus de l’os du pubis. C’est un triangle charnu
recouvert de poils dont le dessin subit les variations des modes : en triangle,
en rectangle, épilation complète. Les grandes lèvres sont en partie visibles
chez la petite fille en position debout. À la puberté, elles s’horizontalisent,
se couvrent de poils et ne se voient qu’en position couchée. Elles sont plus
ou moins épaisses ou plus ou moins colorées. Il faut les écarter pour
observer les petites lèvres, beaucoup plus fines, de texture différente et de
forme plus irrégulière. Voir schéma
Chez moi, les petites lèvres ne sont pas pareilles. Est-ce
normal ?
Oui. Elles ne sont pas symétriques et ont des formes variées, ce qui
angoisse Véronique : « Mes petites lèvres dépassent beaucoup de mes
grandes lèvres, est-ce que c’est normal ? » Oui. Elles débordent souvent des
grandes lèvres qui les recouvrent.
Les petites lèvres n’ont pas de poils. En arrière, elles se perdent dans
une zone appelée la fourchette, qui sépare la partie postérieure du vagin de
l’orifice de l’anus. En avant, elles se rejoignent pour former le capuchon du
clitoris, premier organe de la jouissance.
Dans sa partie non visible, la vulve possède deux petites glandes situées
en arrière entre les petites lèvres et L’hymen, ce sont les glandes de
Bartholin. Elles servent à lubrifier le vagin au moment du rapport sexuel.
La vulve contient aussi des glandes sébacées et sudoripares.

L’hygiène

Une hygiène spéciale n’est pas nécessaire. La vulve se lave


comme les autres parties du corps. Il suffit d’avoir de bonnes
habitudes.
• après les selles, s’essuyer d’avant en arrière pour ne pas
transporter les germes intestinaux vers le vagin ;
• commencer par se laver les mains ;
• éviter les gants en éponge : ils ne sont jamais assez bien rincés
et peuvent conserver des germes. D’une toilette à l’autre, ils risquent
de vous réinfecter,
• se savonner la vulve à la main d’avant en arrière pour que les
restes de selles ne risquent pas de souiller le vagin ;
ne pas oublier de nettoyer les plis entre grandes et petites lèvres,
là où s’accumule parfois un dépôt blanchâtre ;
• bien se rincer, se sécher soigneusement avec une serviette propre
et personnelle.
Dans ce domaine comme dans d’autres, le mieux est souvent
l’ennemi du bien : il n’est pas bon de décaper sa vulve par des
toilettes trop répétées ou en utilisant des produits agressifs.
Blandine consulte pour des brûlures au niveau de la vulve. À
l’examen, sa vulve apparaît un peu rouge, comme « frottée ».
En fait, elle se lave plusieurs fois par jour avec des produits
moussants détergents ou déodorants. Pour elle, ces zones sont
« naturellement sales » et doivent donc être purifiées : Elle a du mal à
croire le médecin lorsqu’il lui dit qu’en se lavant moins, elle ira
mieux.
On trouve dans les pharmacies et les parapharmacies une série de
produits recommandés pour l’hygiène intime. Les laboratoires qui les
fabriquent jouent sur ce sentiment d’impureté. Un savonnage
quotidien suffit.
Quant aux lavages à l’intérieur du vagin, ils sont fortement
déconseillés car ils déstabilisent l’écosystème du vagin. Ils peuvent
détruire la flore vaginale, constituée par les défenseurs du vagin, les
lactobacilles. Ainsi, le vagin se fragilise et se protège moins bien
contreles infections. La muqueuse d’un vagin sain est
« autonettoyante » !
Certaines femmes, par hygiène, portent en permanence des
protège-slips. Si leur vulve ne supporte pas le frottement constant et
l’humidité qu’ils provoquent, elles risquent des irritations et des
inflammations vulvaires. Si vous devez laver vos petites culottes dans
un lavabo, prenez soin de les rincer abondamment pour qu’un reste
de savon ou de lessive n’irrite pas votre vulve.

Les glandes sébacées sécrètent une substance odorante, le sébum, qui


donne son odeur particulière à chacune des parties de notre corps. Les
glandes sudoripares sécrètent La sueur, comme sous les bras, sur les
aisselles. Chaque individu a son odeur personnelle. Comme les règles et les
sécrétions venues du vagin s’écoulent par la vulve, on comprend qu’une
bonne hygiène soit nécessaire.

Le clitoris
C’est lui que les petites filles découvrent très tôt en explorant leur
corps. Même si elles ne savent pas son nom, elles savent jouer avec ce petit
bourgeon pour se donner du plaisir. C’est la masturbation. Le clitoris est
placé au-dessous de l’os du pubis, protégé par le repli des petites lèvres et
caché sous son capuchon. Le clitoris est un organe érectile, c’est-à-dire
qu’il augmente de volume lors du désir, de la caresse. Il est plus ou moins
gros, plus ou moins visible. Sa sensibilité ne dépend en rien de sa taille.

L’hymen
Il se situe à l’intérieur des petites lèvres. C’est une membrane élastique
qui borde l’orifice du vagin. Les hymens ne sont pas tous pareils. Certains
ont la forme d’un anneau, on les dit circulaires ou annulaires ; d’autres sont
dits semi-lunaires. Certains sont fins, d’autres plus épais. L’hymen ferme
plus ou moins l’entrée du vagin. Dans des cas tout à fait exceptionnels, il
obture complètement l’orifice vaginal, empêchant même le sang des règles
de s’écouler. On appelle cela une imperforation hyménéale. Elle se guérit
très simplement, par une petite incision chirurgicale sous anesthésie.

À l’examen gynécologique, le médecin peut-il voir si on


est encore vierge ?
Généralement oui. Lors du premier rapport, les bords de l’hymen se
rompent mais l’hymen ne disparaît pas. Il change simplement d’aspect. Il
présente des bords moins réguliers, en forme de pétales. Mais parfois les
hymens sont si fins, si souples et si élastiques que cela peut ne pas se voir.
Ce n’est qu’à l’accouchement que certains hymens seront rompus.
LES DIFFÉRENTES FORMES D’HYMEN
Le vagin
Tout comme la vulve, le vagin fait partie des organes génitaux externes.
C’est un conduit musculo-membraneux, donc souple et élastique. En bas
(voir schéma), se trouve l’orifice vulvaire, ou anneau vaginal. En haut, le
vagin se termine par les culs-de-sac vaginaux, qui lui donnent de l’ampleur.
Le vagin est plus large et plus profond dans sa partie supérieure. Entre les
culs-de-sac, au fond du vagin, le col de l’utérus bombe comme un battant de
cloche.
Le vagin est une cavité aplatie entre la vessie et l’urètre vers L’avant et
le rectum vers l’arrière (le rectum, ou ampoule rectale, est la partie basse du
gros intestin qui se termine à l’anus). L’intérieur du vagin possède une
muqueuse qui produit les sécrétions vaginales, les pertes blanches. Comme
il est très riche en terminaisons nerveuses, il est très sensible à la douleur
comme à la jouissance. La sensibilité du vagin s’affine avec l’expérience
sexuelle.
Lorsque vous voulez explorer votre vagin, votre doigt bute assez vite
sur le col de l’utérus. Pourtant le vagin est profond autour du col, dans les
culs-de-sac. Il mesure 6 à 8 cm en avant et 8 à 10 cm en arrière, le long du
rectum. Il peut encore s’allonger au cours du rapport sexuel. La taille du
vagin est indépendante de celle de l’orifice vaginal. Ses parois sont
suffisamment souples pour permettre le passage du bébé dès que
l’accouchement se met en route.
Le vagin est normalement lubrifié par les sécrétions de sa muqueuse et
par la glaire du col. Il est humide tout le temps, plus ou moins comme
l’intérieur de la bouche. Le désir sexuel augmente cette humidité naturelle
par les sécrétions des glandes de Bartholin, (situées entre les petites lèvres
et l’hymen) et des glandes de Skene (situées autour de l’orifice urinaire),
ainsi que par une sorte de rosée lubrifiante produite par le vagin.

Les organes génitaux externes

De haut en bas, ou d’avant en arrière (c’est la même chose), il y a


trois orifices.
• L’orifice urinaire, ou méat urinaire, ou méat urétral. Il est
séparé du clitoris et de l’entrée du vagin par une zone appelée
vestibule.
• L’orifice vaginal. Il est séparé de la région anale par une zone
appelée fourchette. L’entrée du vagin est bordée par l’hymen.
• L’orifice anal ou anus.
Ces trois orifices peuvent être contractés ou relâchés
volontairement car des muscles les entourent. On peut se retenir
d’uriner, d’aller à la selle. Pour l’orifice vaginal, c’est la même
chose : si vous le contractez, vous n’arrivez même pas à mettre un
tampon ; si vous le relâchez, cela devient facile. Les muscles qui
entourent ces orifices font partie d’un muscle puissant, le muscle
pubococcygien, qui va du pubis au coccyx. Ce « hamac » musculaire
constitue le plancher pelvien. Il ferme le petit bassin et supporte le
poids de tous les organes qu’il contient.

Tout ce qu’il y a sur le schéma, vous pouvez le voir vous-même si vous


en avez envie, en vous examinant avec un miroir. Regardez-vous, soit
debout, un pied posé sur un tabouret, et penchée en avant, soit allongée, les
jambes repliées comme une grenouille. Lorsque vous poussez, comme pour
aller à la selle, l’hymen s’ouvre, un peu comme la corolle d’une fleur et
vous voyez l’entrée du vagin.

C’est joli sur le dessin, mais chez moi, je trouve ça très


laid.
On nommait autrefois les organes génitaux externes, « parties
honteuses ». Ce qui est honteux est souvent considéré comme laid. On nous
apprend très tôt à ne pas les montrer, on nous inculque la pudeur.
Contrairement aux garçons qui, à l’adolescence, aiment à comparer leurs
sexes, les filles ont peu de moyens de comparaison ! Pourtant, comme votre
nez ou vos seins, votre vulve a sa morphologie particulière.

► L’appareil génital interne


Contrairement à l’appareil génital externe, vous ne pouvez pas le voir. Il
comprend l’utérus, les trompes et les ovaires. La gynécologue l’explore au
cours de l’examen gynécologique.

L’utérus
Il mesure environ 7 cm de haut, 4 cm de large, et 3 cm d’épaisseur. Petit
chez l’adolescente, il est plus ou moins gros selon les femmes et selon le
nombre d’enfants qu’elles ont portés. L’utérus accueille pendant neuf mois
le futur bébé ; c’est sa fonction essentielle. Il est constitué extérieurement
d’un muscle, le myomètre, qui se contracte au moment des règles. La
muqueuse utérine, qui tapisse l’intérieur du myomètre, produit chaque mois
les règles.
L’utérus peut être antéversé ou rétroversé, c’est-à-dire incliné en avant
vers la vessie ou en arrière vers le rectum. Il a une certaine mobilité. Le mot
rétroversion utérine inquiète parfois : ce n’est ni une maladie, ni une
anomalie qui empêcherait d’avoir des enfants, ce terme désigne simplement
la position de l’utérus.
L’utérus comprend le col utérin, en haut du vagin, et le corps
utérin, situé dans la partie basse du ventre, appelée pelvis ou petit
bassin. L’utérus a la forme d’une poire, dont la petite extrémité, en
bas, est le col. De chaque côté de la partie supérieure, au niveau des
« cornes », s’ouvrent deux petits orifices qui mettent l’utérus en
communication avec les trompes.

Fanny vient en urgence pour une grosseur qu’elle a trouvée au fond du vagin : elle
vient de découvrir qu’elle possède un col utérin.

Les trompes
Les femmes ont deux trompes, mesurant chacune 10 à 12 cm de long.
La trompe est un tuyau, long, fin, ondulant et mobile. Elle sort de l’utérus
au niveau de sa corne, et s’ouvre comme la partie large d’une trompette
jusqu’à la surface de l’ovaire. Fine comme un cheveu au départ de l’utérus,
elle s’épanouit près de l’ovaire pour former le pavillon de la trompe, large
de 7 à 8 mm. Son extrémité est frangée et, comme des algues dans La mer,
ses franges bougent doucement et captent l’ovule pondu par l’ovaire.

Les ovaires
Ils ont la forme d’une amande dans sa coque. Ils mesurent à peu près
4 cm de long, 3 cm de Large et 1 cm d’épaisseur. Si leur taille n’est pas très
importante, leur fonction, comme nous allons le voir plus loin, est
fondamentale.

Les changements qui ne se voient pas


Avec l’anatomie des organes génitaux, le décor est planté. Maintenant il
va s’animer, se mettre à fonctionner. Quand ? À L’heure H, L’heure
biologique commandée par le cerveau. Cette heure n’est pas la même pour
chacune d’entre nous.
Les hormones s’activent. Avant de parler des règles, rythmées par le
cycle menstruel, nous allons vous raconter ce qui est au cœur de la vie,
l’ovulation, la fécondation, la nidation. Certaines d’entre vous l’apprennent
dans leur programme de biologie ; d’autres, non. Quoi qu’il en soit, pour
bien connaître son corps, cela vaut la peine de comprendre comment il
marche. Vous pouvez aussi zapper ce passage et revenir à cet aspect plus
tard.
Ce sont vos ovaires qui ont fait de vous une fille. Glandes sexuelles de
la femme, les ovaires ont une double activité. D’une part, ils sécrètent des
hormones. D’autre part, ils fabriquent chaque mois un ovule : c’est la ponte
ovulaire, ou ovulation.
À la puberté, les sécrétions de l’ovaire, les hormones ovariennes, ont
transformé votre corps, l’ont modelé et assurent votre fertilité.

► Les hormones
Ce sont des substances sécrétées par des glandes dites endocrines. Les
quantités émises sont faibles, mais l’action des hormones est puissante.
L’ovaire sécrète les hormones féminines, l’estradiol (œstrogènes) et la
progestérone.
Les hormones ovariennes sont transportées par voie sanguine dans tout
le corps vers des « organes cibles » – le sein, la peau, l’utérus, les veines, le
cerveau, les os, etc. –, qui réagissent aux messages des hormones
ovariennes.
Les œstrogènes sont les hormones de la féminité. Ils assurent le modelé
du corps en développant les seins, en affinant la taille et en dessinant les
hanches. Ils déterminent la qualité de la peau et de la chevelure. Ce sont les
hormones du désir amoureux.
La progestérone est l’hormone qui permet d’être enceinte et de
maintenir une grossesse. On l’appelait autrefois l’« hormone des mères de
famille ».

Est-il est vrai que les filles ont aussi des hormones mâles ?
Oui : L’ovaire sécrète également de très petites quantités d’androgènes,
nécessaires au développement de la vulve, de la pilosité sexuelle, et à la
libido (désir sexuel).

Comment agissent les hormones ovariennes ?


Elles agissent en excitant ou en freinant les organes « cibles ».
Si, par exemple, il y a un peu trop d’hormones mâles dans le sang, la
pilosité augmente, la peau devient grasse et on a de l’acné. S’il y a un peu
trop d’œstrogènes ou pas assez de progestérone, les seins font mal.

L’ovaire, tout seul, ne peut pas produire ses hormones et pondre ses
ovules. Il obéit aux ordres du cerveau. Le cerveau possède deux petites
glandes, l’hypothalamus et l’hypophyse, qui sont responsables du cycle
menstruel de la femme.

► Le cycle menstruel
Les cycles menstruels rythment la vie de la femme de la puberté à la
ménopause, lorsque les règles cessent définitivement. Ils correspondent au
nombre de jours qui s’écoulent entre le premier jour des règles et le premier
jour des règles suivantes. Comme le cycle de la lune, le cycle menstruel est
de 28 jours, mais il peut varier légèrement selon les femmes. Le cycle se
divise en deux phases. La première phase du cycle précède l’ovulation, la
deuxième phase du cycle dure 14 jours, de l’ovulation au premier jour des
règles suivantes. En réalité, les variations sont nombreuses.
À l’intérieur de l’ovaire il existe des milliers de follicules, petites billes
enchâssées contre sa coque. Chaque follicule sécrète des œstrogènes et
contient un ovocyte. L’ovocyte grossit à l’intérieur du follicule. Dès qu’il
arrive à maturité, il devient un ovule qui sort de l’ovaire, il est pondu. Une
fois que l’ovule a été expulsé, le follicule change de nom et d’activité : il se
transforme en « corps jaune » et produit de plus en plus de progestérone. En
somme, le follicule est comme une petite glande qui fonctionne et sécrète
ses hormones à l’intérieur d’une grosse glande, l’ovaire.

Comme toutes les autres glandes endocrines, l’ovaire fonctionne grâce à


d’autres hormones, les stimulines, produites par l’hypophyse. Cette glande,
située à la base du cerveau, lui envoie la FSH, l’hormone qui fait grandir les
follicules à l’intérieur de l’ovaire. La FSH a aussi pour rôle de faire sécréter
les œstrogènes qui font pousser la muqueuse utérine. L’hypophyse elle-
même reçoit ses ordres d’une glande voisine plus petite qu’elle,
l’hypothalamus. L’hypothalamus module les sécrétions de l’hypophyse par
son hormone la LHRH (commande de la LH) et son fonctionnement dépend
directement du cerveau.
Ainsi, pour que se produise une ovulation, le cerveau commande
l’hypothalamus, qui commande l’hypophyse, qui commande l’ovaire. Mais
l’ovaire n’est pas passif, il envoie des ordres au cerveau pour moduler les
sécrétions hormonales. Cela se nomme le rétrocontrôle.
► L’ovulation
C’est la fonction essentielle de l’ovaire. Au quatorzième jour du cycle,
l’hypophyse sécrète une deuxième hormone, la LH (stimuline de
l’ovulation), qui permet successivement la ponte ovulaire puis la formation
du « corps jaune », juste à l’endroit que l’ovule vient de quitter.
L’ovaire est une véritable usine qui sert au développement des follicules
et, à l’intérieur des follicules, au mûrissement des ovocytes, futurs ovules.
Mais il gâche énormément de ces follicules. Quand vous n’étiez qu’un
fœtus de quelques mois, bien au chaud dans l’utérus de votre mère, vos
minuscules ovaires étaient bourrés de plusieurs millions de follicules. À la
naissance, vous n’en aviez plus qu’un million et votre ovaire pesait 1 g.
Juste avant la puberté, il pèse 15 g et n’en possède plus que trois à
quatre cent mille. Ils ont fonctionné depuis votre naissance dans leur tic-tac
silencieux jusqu’à ce que la puberté les réveille en fanfare à l’heure
biologique, programmée dans le cerveau. Au commandement de
l’hypophyse et de sa FSH (stimuline de la croissance du follicule), dix à
vingt de ces follicules mûrissent les uns après les autres en faisant de petites
bosses à la surface de l’ovaire et sécrètent des œstrogènes.
Parmi tous ces follicules, il y a un élu : c’est le follicule dominant. Il
mesure 6 mm au début du cycle et atteint 20 mm quand il est mûr. Ce
follicule dominant est une véritable puce informatique, pleine de récepteurs
captant la FSH, la LH, l’estradiol, et même les androgènes. Le follicule
dominant est jaloux de son pouvoir, celui de pondre l’ovule. Il interdit aux
autres ovules de se développer en même temps que lui. Il interdit à l’autre
ovaire de fabriquer un follicule dominant. Après l’ovulation, il oblige tous
les autres follicules de sa couvée à se sacrifier, à disparaître, et les
transforme en follicules « atrésiques », c’est-à-dire inactifs.
Plus le follicule dominant grossit, plus il sécrète d’œstrogènes, plus il
envoie de signaux à l’hypophyse, jusqu’au moment où, stimulé par la LH, il
fait saillie à la surface de l’ovaire et se rompt. Comme le poussin brise sa
coquille et sort de l’œuf, l’ovule est expulsé de son ovaire par le follicule
rompu. C’est l’ovulation. À ce moment, l’ovule mesure 2 mm de diamètre.
Ce scénario recommence chaque mois, de la puberté à la ménopause.

Que devient le follicule dominant une fois qu’il expulse


l’ovule ?
Pour lui, ce n’est pas terminé. Ses vaisseaux sanguins se multiplient et
ses cellules grossissent. Ces cellules, riches en graisses, sécrètent de la
progestérone, la seconde hormone du cycle, après l’ovulation. Elles
remplissent complètement l’espace que l’ovule vient de quitter,
transformant ainsi le follicule dominant en corps jaune à l’endroit même
que l’ovule vient de quitter. Le corps jaune s’appelle ainsi parce qu’il est
jaune vif ; il fabrique la progestérone, deuxième hormone de l’ovaire,
sécrétée dans la seconde partie du cycle, dite phase lutéale. L’ovule ne
devient un œuf que s’il est fécondé par un spermatozoïde. Le corps jaune
stimule la muqueuse utérine pour qu’elle soit prête à accueillir un œuf qui
voudrait s’y implanter. Celle-ci s’épaissit encore et sa vascularisation
augmente (ses vaisseaux sanguins lui apportent plus de sang). Elle prépare
un nid douillet pour recevoir l’œuf. Le moment où l’œuf se blottit dans
l’utérus et s’y accroche se nomme la nidation.
Si l’ovule est fécondé, il y a grossesse. Le corps jaune fonctionne dans
l’ovaire pendant environ trois mois, le temps que le futur bébé fasse son nid
dans l’utérus de sa mère. Puis le relais est pris par le placenta, nouvel
organe qui sécrète les hormones de la grossesse et permet au bébé d’être
nourri et oxygéné. Le bébé est relié au placenta par le cordon ombilical.
Si l’ovule n’a pas été fécondé, le corps jaune fonctionne quatorze jours,
pendant lesquels il sécrète toujours un peu d’œstrogènes mais surtout
beaucoup de progestérone. Puis il cesse de sécréter, le taux des hormones
chute et La muqueuse s’évacue. Ce sont les règles. Les règles, ou
menstruations, viennent de l’utérus, ou plus exactement de la muqueuse qui
le tapisse, et non pas de la chute de l’ovule quand il n’a pas été fécondé
comme beaucoup le croient encore.

Mais que devient l’ovule, une fois qu’il a été pondu ?


Il n’a pas le temps de se perdre. Il est tout de suite happé par le pavillon
de la trompe. Les œstrogènes renforcent La musculature des trompes, la
progestérone calme leur mouvement. Au moment de l’ovulation, les franges
du pavillon se plaquent contre l’ovaire et aspirent littéralement l’ovule. Les
cellules qui tapissent L’intérieur de la trompe servent à maintenir l’ovule
intact et à le faire voyager lentement en direction de l’utérus.
La trompe ne sert pas seulement à conduire l’ovule. Pour les
spermatozoïdes venus du vagin, en sens inverse, c’est la dernière ligne
droite avant de rencontrer l’ovule. La trompe abrite l’union du
spermatozoïde vainqueur et de l’ovule dans sa partie externe, plus près du
pavillon que de l’orifice utérin. Enfin, elle pousse précautionneusement
l’ovule fécondé – devenu un œuf – vers la cavité utérine.
Quand l’ovule pondu par l’ovaire n’a pas été fécondé par un
spermatozoïde, il s’atrophie, se désagrège et est éliminé avec les sécrétions
de l’utérus et du col au milieu du cycle.

La nature est généreuse

La femme peut faire des bébés pendant, au maximum, 35 ans de


sa vie. Le calcul est donc simple : l’ovule par mois pendant 35 ans,
cela fait 35 x 12 mois = 420 ovules qui pourraient servir !
420 ovules pondus, cela représente à peu près le millième de ceux
qui sont stockés dans les ovaires sous forme d’ovocytes.
Avec ces 420 ovules la femme française fait en moyenne 1,8
enfant, selon les dernières statistiques.

► La fécondation
Tout d’abord, une définition : la fécondation est la fusion du
spermatozoïde, cellule sexuelle masculine, avec l’ovule, cellule sexuelle
féminine. Elle donne naissance à un œuf, le futur bébé, héritier des
chromosomes maternels et paternels.
Maintenant, les acteurs.

L’ovule, fraîchement pondu, vous le connaissez déjà. En sortant de


l’ovaire, il a eu de la chance. Il aurait pu se perdre dans les abîmes liquides
du petit bassin, mais le pavillon de la trompe l’a goulûment aspiré, le
sauvant d’une mort certaine. L’ovule est une grosse cellule qui mesure plus
de 2 mm, la plus grosse de toutes les cellules du corps. À ce moment, il se
laisse bercer par les mouvements de la trompe et ne va pas vite.

LA FÉCONDATION

Les spermatozoïdes, contenus dans le sperme de l’homme, sont de


minuscules cellules de 50 microns, quarante fois plus petites que l’ovule.
Chaque spermatozoïde comprend trois parties : une tête, un corps nommé
pièce intermédiaire, et une longue queue appelée flagelle. La tête est
presque entièrement occupée par le noyau de la cellule. La pièce
intermédiaire lui fournit son énergie. Le flagelle lui permet de se déplacer.
Au cours du rapport sexuel, l’homme, en éjaculant, projette des
centaines de millions de spermatozoïdes à l’intérieur du vagin. Mais
l’acidité du vagin en détruit un grand nombre. Les plus malins se précipitent
sur la glaire d’ovulation sécrétée par les glandes du col et s’y réfugient. La
glaire est bonne pour eux : elle les nourrit et les aide à grimper vers l’ovule
qui les attend. Comme de petits poissons frétillants, ils nagent à contre-
courant à travers l’utérus et la trompe, parcourent une vingtaine de
centimètres pour parvenir à l’ovule, cela en une demi-heure. C’est comme
si vous aviez nagé 8 km ! Beaucoup n’y survivent pas. Quelques milliers
seulement, les plus résistants, les plus chanceux, arrivent au rendez-vous
près du pavillon de la trompe. Et là, au tiers externe de la trompe, c’est la
rencontre.
Une horde de spermatozoïdes se plaque sur l’ovule, le dissimulant
complètement en lui faisant un manteau. Leurs flagelles s’agitent si
frénétiquement qu’ils entraînent la grosse cellule captive dans la danse. Un
prétendant et un seul, le gagnant de la course, franchit la paroi, pénètre dans
l’ovule, perd son flagelle et unit son noyau au noyau de l’ovule. L’ovule se
referme alors et se contracte, se débarrassant de tous les autres
spermatozoïdes. Les perdants sont chassés vers l’utérus et le vagin, ou
détruits rapidement par les sécrétions de la trompe. C’est ainsi que débute
chaque vie humaine.
Si l’ovule n’est pas fécondé, il se désagrège tout simplement dans le
milieu liquide de la trompe et disparaît.

Garçon ou fille ?

L’espèce humaine possède 46 chromosomes dans chacune des


cellules de son corps, c’est-à-dire 23 paires de chromosomes. Parmi
elles, 22 paires sont identiques. Elles se nomment « autosomes ». Une
paire varie selon le sexe, ce sont les chromosomes sexuels. La paire
de l’homme est constituée de deux chromosomes différents : un
chromosome X et un chromosome Y. La paire de la femme est
constituée de deux chromosomes X.
Avant de se rencontrer, l’ovule et le spermatozoïde subissent une
réduction de chromosomes, passant de 46 chromosomes à 23. Cette
division donne naissance à des spermatozoïdes porteurs d’un X ou
d’un Y. Au moment de la fécondation, si le spermatozoïde fécondant
porte un X, cela donne XX et c’est une fille. Si le spermatozoïde
fécondant porte un Y, cela donne XY et c’est un garçon.
La « formule » de l’homme s’écrit 44 + XY, la formule de la
femme 44 + XX. Le sexe du bébé ne dépend que du père. Il est
déterminé dès la fécondation.

► Les règles
Les premières règles sont le grand événement de la puberté. Même si
vous savez ce que sont les règles, même si des copines les ont eues avant
vous, même si votre mère a mis des serviettes hygiéniques dans votre sac à
dos quand vous partiez en vacances « au cas où », quand ça arrive, c’est un
événement !
Les règles peuvent survenir à un mauvais moment. Elles peuvent tarder
à venir, être irrégulières, douloureuses, hémorragiques, ou s’arrêter
complètement. Certaines les annoncent fièrement, d’autres s’en cachent,
redoutant les réflexions de la famille.
Quand une fille tarde à avoir ses règles alors que la plupart de ses
copines sont déjà réglées, il se peut qu’elle se sente en retard pour son âge,
exclue du clan de celles qui sont déjà devenues des « grandes ». Pourtant,
dans la plupart des cas, si ses poils ont commencé à apparaître sur le pubis
et ses seins à pousser, il n’y a pas de souci à se faire, il suffit d’attendre
encore un peu.

À quel âge est-il normal d’avoir ses règles ?


Disons que, en France, on a ses règles entre 12 et 13 ans. C’est une
moyenne. Certaines filles les ont plus tôt ou plus tard sans que ce soit
anormal. Au-dessous de 10 ans, les médecins parlent de puberté précoce et
cherchent s’il existe des anomalies hormonales pour les traiter. Au-delà de
15-16 ans, les filles et les mères s’inquiètent : pourtant, c’est parfois ainsi
dans certaines familles, chez des filles très grandes et minces. Il leur faut un
peu plus de temps qu’aux autres pour se développer. Le pédiatre ou la
gynécologue vérifie le stade pubertaire, la pilosité, les seins, l’état
hormonal, et fait faire une échographie pelvienne.
L’échographie

L’échographie, ou sonogramme pelvien, permet de voir l’intérieur


du ventre grâce à des ultrasons. Le médecin promène sur le ventre la
sonde à ultrasons et capte les échos qu’elle renvoie sur un écran,
comme sur un écran de télévision. Quand c’est possible, il introduit
une petite sonde à l’intérieur du vagin pour compléter l’examen. Vous
avez sûrement vu de belles images d’échographies de bébés dans
l’utérus de leur mère. L’examen est indolore. On vous demande de
boire de l’eau auparavant pour remplir votre vessie, qui, notamment
pour ce qui concerne cet examen, renvoie les échos des ovaires.
L’échographie permet d’apprécier la taille de l’ovaire et son contenu.
C’est une aide précieuse pour les diagnostics gynécologiques.

L’échographie permet de s’assurer de l’existence de l’utérus et des


ovaires. La croissance osseuse est mesurée au niveau des cartilages de
conjugaison par des radios du poignet. Quand tout est normal, il suffit de
patienter.
Parfois, des causes psychologiques retardent la venue des règles,
comme le désir de rester une enfant, de ne pas devenir – déjà – une femme.
L’absence de règles se nomme aménorrhée. On parle d’aménorrhée
primaire quand il n’y a jamais eu de règles auparavant, et d’aménorrhée
secondaire quand les règles s’arrêtent.

Mes règles ne sont pas régulières. Est-ce inquiétant ?


C’est d’autant moins grave que c’est quasiment normal tout de suite
après la puberté. Il faut souvent aux ovaires et aux hormones, commandées
par le cerveau, un temps de rodage pour recevoir et envoyer leurs messages.
Les ovaires sécrètent les œstrogènes depuis la prépuberté, mais ils ne sont
pas encore capables de pondre un ovule et donc de fabriquer de la
progestérone, deuxième hormone essentielle à la régularité des cycles
menstruels et sécrétée dans la seconde phase du cycle. L’irrégularité des
ovulations entraîne l’irrégularité des règles. Il faut attendre un à trois ans
pour que la machinerie hormonale fonctionne à plein régime.
Les règles, que l’on appelait autrefois des menstrues (car elles se
produisent tous les mois), se régularisent alors. Si cette période de mise en
route se prolonge trop, il vaut mieux consulter. La gynécologue fait faire
une prise de sang pour doser le taux des hormones (c’est un dosage
hormonal) et une échographie pelvienne pour vérifier le fonctionnement
ovarien.
On parle souvent de cycles irréguliers quand les règles ne surviennent
pas exactement le 28e jour : 28 jours, c’est le calcul d’une moyenne qui
peut comprendre des cycles de 25 et de 31 jours. La date des règles est
déterminée par la date de l’ovulation, et la première phase du cycle peut
être plus ou moins longue. Les règles surviennent 14 jours après
l’ovulation. L’important, ce n’est pas la longueur du cycle, c’est d’avoir une
ovulation. Elle ne se produit pas toujours tout de suite chez les filles très
jeunes, car leurs ovaires n’ont pas encore atteint leur complète maturité.

Est-il possible d’avoir des règles sans ovulation ?


C’est ce qui arrive en général au début. La muqueuse utérine s’épaissit
sous l’action des œstrogènes pendant des jours et des jours. L’ovaire
n’ovule pas, donc il n’y a pas de progestérone pour faire évoluer la
muqueuse. De guerre lasse, elle s’élimine en saignant : ce sont des règles,
mais sans ovulation.

Pourquoi certaines saignent-elles plus que d’autres ?


La quantité de sang émise dépend de la taille de l’utérus. Plus l’utérus
est gros, plus la surface de la muqueuse qui le tapisse est grande, plus le
sang produit est abondant. Cela dépend également de l’épaisseur de la
muqueuse utérine : une muqueuse plus épaisse produit des règles plus
abondantes. Au moment où la muqueuse se décolle de l’utérus, les petits
vaisseaux qu’elle contient se rompent : le sang des règles est donc constitué
du sang des vaisseaux et des débris de la muqueuse utérine.
Mais il n’y a pas que des facteurs mécaniques. La muqueuse utérine est
sous la dépendance des hormones féminines : les œstrogènes d’abord, qui la
font pousser ; puis la progestérone, qui développe ses vaisseaux pour
qu’elle accueille l’œuf en cas de fécondation. Selon la quantité respective
de chacune de ces hormones, la muqueuse est plus ou moins épaisse, donc
les règles sont plus ou moins fortes et plus ou moins longues. Comme les
hormones sont sous la dépendance du cerveau, par contrecoup les règles se
modifient lors des émotions, du stress ou d’une importante activité
physique. Les règles durent en moyenne trois à sept jours. La quantité de
sang évacué varie entre 50 et 200 ml (un à deux verres), ce qui est beaucoup
moins que ce que l’on a tendance à imaginer.

En quoi le sang des règles est-il différent du sang d’une


coupure ?
C’est vrai, le sang des règles est plus foncé, plus épais, moins
homogène que celui qui circule à l’intérieur des vaisseaux sanguins. Il ne se
coagule pas comme le sang de L’intérieur du corps. IL n’a pas non plus La
même odeur, car cette dernière se modifie à la sortie de l’utérus, au contact
du vagin et de la vulve d’où il s’écoule. Le sang des règles n’est pas sale.
Tout comme la transpiration, les règles sentent plus ou moins fort selon les
femmes.

Qu’est-ce que je peux faire si l’odeur est trop forte ?


Changer régulièrement ses protections externes ou internes, sa culotte,
et se Laver tout simplement. En un mot, avoir une bonne hygiène vulvaire,
pendant et en dehors des règles.
Que vaut-il mieux utiliser pour les règles, des serviettes
hygiéniques ou des tampons ?
C’est vraiment une question de choix personnel et d’adaptation à
l’abondance des règles. Au début de la puberté, quand les règles sont peu
abondantes et que le vagin est encore peu lubrifié, le mini-tampon ne
s’imbibe pas complètement de sang. Le coton qui le compose peut alors
irriter les parois du vagin. Le retrait et la remise d’un nouveau tampon
risquent d’être désagréables.
Au début, il n’est pas toujours facile d’apprendre ce nouveau geste.
Certaines filles se débrouillent seules en lisant la notice à l’intérieur de la
boîte de tampons. D’autres interrogent leur mère, leur sœur ou une amie.
Parfois c’est la gynéco qui leur explique comment faire, un mini-tampon à
l’appui.
Les protections externes sont plus simples d’utilisation Si les règles
sont très légères, un protège-slip suffit. Pourtant, si vous êtes très sportive,
notamment si vous nagez, vous pouvez avoir envie de mettre un mini-
tampon. Plus tard, faites comme vous voulez, en sachant toutefois que, si la
vulve est irritée, il vaut mieux mettre des protections internes pour éviter les
frottements, et à l’inverse, si le vagin est trop sensible, il vaut mieux mettre
des serviettes hygiéniques.

J’ai une copine qui n’arrive pas à mettre une protection


interne. Pourquoi ?
En a-t-elle vraiment envie ou est-ce pour faire comme les copines ? La
première fois, on a toujours un peu peur. Avant d’introduire un corps
étranger dans son vagin, il est bon de découvrir comment on est faite, de se
toucher, de trouver l’orifice vaginal et d’y mettre un doigt. Il faut pousser
comme pour aller à la selle, afin que l’orifice s’ouvre davantage, et profiter
de cette poussée pour introduire le tampon le plus profondément possible. Il
ne peut jamais aller trop loin. Ce n’est que lorsqu’il arrive dans la partie la
plus profonde et la plus large du vagin qu’on ne le sent plus. Au contraire,
un tampon insuffisamment enfoncé n’est pas supportable car il frotte sur
l’anneau musculaire du vagin, situé à 2 cm de l’orifice.
Dans les premiers temps, il vaut mieux ne pas garder le tampon trop
longtemps car il augmente de volume en s’imbibant du sang des règles et
son retrait risque d’être désagréable. Pour retirer le tampon, tirez sur le fil
que vous avez laissé dépasser à l’extérieur et aidez-vous en poussant à
nouveau. La position la plus commode est la position accroupie ou debout,
le pied sur un tabouret.
Si votre amie n’y arrive pas, elle a peut-être un hymen qui ne se laisse
pas distendre. Mais peut-être n’est elle pas prête à apprivoiser cette partie
d’elle-même qui lui fait peur. Ce n’est pas une question d’âge mais de
maturité psychologique. Suggérez-lui de voir une gynécologue.

Quand on met des protections internes, est-ce qu’on est


toujours vierge ?
Tout dépend de l’idée qu’on a de la virginité : est-ce ne pas avoir eu de
rapports sexuels, ou tout simplement avoir un hymen intact ? L’introduction
du tampon ne rompt pas l’hymen. Quand on l’introduit, il est petit ; quand
on le retire, il est imbibé de sang et a plus que doublé de volume. L’hymen
s’assouplit de mois en mois, mais ne rompt pas.
Dans les familles pour lesquelles l’hymen est sacré, la jeune fille doit
arriver intacte au mariage. Le saignement après le premier rapport est
considéré comme une preuve de virginité. Or, il se peut que l’hymen ait été
très assoupli par l’usage du tampon et que sa rupture ne provoque pas de
saignement. Pour éviter un drame, ces jeunes filles ont intérêt à ne pas
mettre de protection interne.

La virginité

Une fille est vierge tant qu’elle n’a pas connu d’homme au sens
biblique du terme, c’est-à-dire tant qu’elle n’a pas été déflorée par
pénétration sexuelle vaginale. Dans défloration, il y a le mot fleur.
Autrefois, perdre sa fleur signifiait perdre sa virginité.
Historiquement, l’intégrité de l’hymen garantissait à l’époux que
l’enfant qui naîtrait de son union serait bien le sien. Il n’y a pas si
longtemps, en France, au lendemain de la nuit de noces, l’exposition
du drap nuptial maculé de sang prouvait que la fille était vierge et que
son mari l’avait déflorée. La virginité de la fille était porteuse de
l’honneur de la famille. Cela reste intact dans certaines cultures et
religions. La virginité a ainsi une valeur symbolique.
L’évolution des mœurs, avec la mixité, la contraception, a changé
la donne. Il n’en reste pas moins que, pour certaines jeunes filles, un
hymen intact garde tout son prix. Pour d’autres, être encore vierge est
ressenti comme un handicap. Encore faut-il savoir si cette idée est la
sienne ou si elle lui est imposée par son entourage de copains. Le
mieux est de se dire : « Mon premier rapport si je veux, quand je veux,
et pas pour faire comme les autres. »
Quelle que soit la valeur qu’une fille accorde à son hymen, celui
que la nature lui a accordé est variable du point de vue anatomique.
Ces différences morphologiques expliquent qu’il n’est pas toujours
évident d’affirmer qu’une fille est vierge ou non.

À chacune d’agir selon ses convictions.


Lors du premier rapport sexuel, les bords de l’hymen se déchirent mais
l’hymen ne disparaît pas. Il change simplement d’aspect. Il présente des
bords plus ou moins réguliers, en forme de pétales.

Les modifications visibles


En même temps que les seins se développent et que l’appareil génital se
transforme, l’aspect physique change aussi. On continue à grandir, mais
moins qu’avant la puberté. On prend du poids et de la force. Les gestes
peuvent se faire plus maladroits. Il faut un peu de temps pour habiter
confortablement ce nouveau corps qui cherche sa place dans l’espace. Tous
ces changements sont visibles. La silhouette se dessine. L’apparence
physique prend beaucoup d’importance et l’image que renvoie le miroir
n’est pas toujours celle qu’on souhaite. Trop de rondeurs ici, pas assez là…
Quand des boutons d’acné fleurissent sur le visage, quand la pilosité
semble excessive, quand la cellulite capitonne les cuisses, quand des
vergetures apparaissent avec les kilos en trop… est-ce la faute aux
hormones ?

► La peau
Tout comme l’appareil génital, la peau est sous la dépendance des
sécrétions hormonales. Elle est riche en récepteurs hormonaux.
Votre peau vous protège et vous sépare du monde extérieur. Elle a
grandi avec vous. C’est un organe vivant qui capte les sensations venues du
dehors et qui laisse passer les sécrétions produites à l’intérieur, notamment
la sueur.

La peau

La peau comprend trois couches :


• Une couche profonde, l’hypoderme, constituée de graisse. Plus
la couche est épaisse, plus on est gros. L’hypoderme permet à la peau
de glisser sur les surfaces qu’il recouvre quand on bouge. Sa réserve
de graisse permet à l’organisme d’y puiser selon ses besoins.
• Une couche intermédiaire, le derme, tissu fibreux qui structure
la peau. Le derme contient de nombreuses terminaisons nerveuses qui
rendent la peau sensible au froid, au chaud, à la douleur, mais aussi
aux caresses. Le derme possède des vaisseaux sanguins, des glandes
sudoripares qui sécrètent la sueur et des glandes sébacées qui
sécrètent du sébum, à la racine de chaque poil.
• Une couche externe, l’épiderme. Les cellules de l’extérieur se
renouvellent régulièrement. On dit que la peau desquame. Cela se voit
quand on a des pellicules du cuir chevelu ou quand la peau a été
brûlée par le soleil : on pèle. Dans la profondeur de l’épiderme, les
cellules fabriquent une substance, la mélanine, qui pigmente la peau
et détermine sa couleur. Plus il y a de mélanine, plus la peau est
brune ; quand il n’y en a pas, on est albinos. Entre les deux, la
couleur de la peau est blanche, jaune, rouge ou noire.

Bien avant la puberté, la peau commence à se transformer. Les


œstrogènes sécrétés par l’ovaire affinent l’épiderme. C’est pour cette raison
que la peau des filles est plus fine, plus fragile, mais aussi plus douce que
celle des garçons. Les œstrogènes répartissent le tissu graisseux de
l’hypoderme. Ainsi le corps de la fille acquiert un modelé, des courbes, en
même temps que se dessinent ses seins.

Les boutons
Les imperfections de la peau, notamment les points noirs, l’acné et une
pilosité excessive sont dues soit à un mauvais équilibre entre hormones
féminines et hormones masculines, soit à une augmentation des sécrétions
androgéniques (c’est le moins fréquent), soit à la peau elle-même, qui est
incapable de réguler les hormones.
Les glandes sébacées sécrètent trop de sébum, ce qui rend la peau
grasse, luisante, et dilate les pores. C’est la séborrhée du visage. Quand le
pore se bouche, le sébum reste enfermé et forme un comédon, c’est-à-dire
un point noir. Ce point noir est un bouchon de sébum dont l’extrémité s’est
oxydée et a noirci à l’air. Si des bactéries pénètrent dans le comédon par le
pore dilaté, elles l’infectent. C’est ainsi que se forment les boutons d’acné.
La séborrhée touche également le cuir chevelu. Les cheveux deviennent
ternes et gras. Il n’est pas dangereux de les laver souvent avec un
shampooing doux.
Ces disgrâces se guérissent par des traitements hormonaux à action anti-
hormones mâles. Certaines pilules sont efficaces dans ces cas-là.

Les vergetures
Tout comme celle des seins, les vergetures peuvent marquer la peau des
cuisses, des hanches, des fesses au début de la puberté. Ne vous en
inquiétez pas trop, en moins d’un an les vergetures deviennent blanc nacré
et presque invisibles.
Que peut-on faire pour avoir une plus belle peau ?
Une peau saine n’est pas fragile, mais elle mérite un minimum de soins.
Il faut la protéger du froid, du vent, de la pollution par une crème, les plus
chères n’étant pas forcément les meilleures. Le visage doit être démaquillé
avant le coucher pour que les pores respirent pendant la nuit. Le soleil brûle
les peaux claires et peut laisser une pigmentation qui met parfois longtemps
à disparaître. Les crèmes écrans solaires peuvent prévenir ces effets. Les
peaux acnéiques méritent une consultation chez le dermatologue. N’oubliez
pas non plus que le tabac, en plus des graves dangers qu’il représente pour
la santé, abîme le teint et jaunit les dents.

► Les poils
La pilosité dépend à la fois de l’ovaire et d’une petite glande située au-
dessus du rein, la corticosurrénale. Ovaire et corticosurrénale sécrètent des
hormones mâles ou androgènes. Les androgènes font pousser les poils du
système pileux génital : la toison pubienne et des aisselles.
La pilosité des bras et des jambes dépend des sécrétions de la
corticosurrénale et non de celles de l’ovaire : elle apparaît bien avant la
puberté. Un duvet au-dessus de la bouche, quelques poils fins autour de
l’aréole désolent parfois des filles très brunes. Il ne faut surtout pas les
raser, ils repousseraient plus drus. Il vaut mieux les décolorer avec des
crèmes spéciales qu’on trouve en pharmacie, ou les faire épiler avec soin.

Marie, une patiente de 16 ans dit : « Pour les seins, d’accord ! Mais, avoir trop de
poils, c’est la barbe… »

Est-ce la faute aux hormones ?

Oui pour l’acné et l’hyperpilosité. Oui et non pour les vergetures,


qui dépendent à la fois de là poussée hormonale et de la prise de
poids. Non pour les prises de poids importantes. Dans la plupart des
cas, ces disgrâces vont disparaître comme par enchantement, sans
rien faire. Le temps tout seul va parfaire votre équilibre hormonal.

► Les odeurs
Les androgènes développent aussi les glandes sudoripares des aisselles,
des petites lèvres, de la région anale, du nombril et des mamelons. Cette
sueur odorante, différente de la sueur du reste du corps, donne à chacune
son odeur particulière plus ou moins marquée, tout comme le cuir chevelu a
son propre parfum. Alors que nos ancêtres n’en étaient pas gênés et même
savaient apprécier cette « odeur de femme », nos contemporains sont
devenus très délicats en matière d’odeurs corporelles. Une hygiène
corporelle quotidienne et l’usage d’un déodorant pour les aisselles suffisent
généralement à ne pas incommoder l’entourage.

Le poids
Les bouleversements hormonaux de la puberté modifient la répartition
des graisses sur le corps des adolescents. Le tissu adipeux, la graisse, est
sous la dépendance des œstrogènes, qui modèlent les hanches, les fesses et
les cuisses dès la puberté. Une petite couche de graisse est nécessaire au
bon équilibre hormonal et à l’ovulation.
Les changements hormonaux modifient aussi le comportement
alimentaire. C’est le temps des fringales, des repas pris à la sauvette ou
carrément sautés. Et, quand on a faim, on mange n’importe quoi, friandises
ou sandwiches, frites et hot dogs, boissons sucrées. Le régime étant moins
équilibré, quelques kilos superflus risquent de s’installer. Les formes
s’accentuent et la cellulite, cette ennemie redoutée, peut se nicher au niveau
des cuisses : quand on en pince la peau, elle prend un aspect de peau
d’orange.
Les modifications du corps sont plus ou moins spectaculaires : certains
garçons prennent 20 cm en quelques mois ! Chez les filles, ces
modifications sont en général plus progressives. Cependant, beaucoup
d’adolescentes n’y sont pas prêtes. Elles sont gênées physiquement et
moralement par leur taille et leurs nouvelles « formes ». Chacune réagit à sa
façon. Certaines se privent de nourriture pour ne pas quitter leur corps
d’enfant, d’autres se tiennent mal, se courbent en avant et rentrent les
épaules pour tenter de cacher le nouveau relief de leur poitrine, d’autres
encore s’enveloppent de vêtements amples pour les mêmes raisons.
Quelques jeunes filles prennent du poids rapidement, comme si elles
avaient besoin de s’abriter derrière des kilos superflus.
Sous ces attitudes défensives, la souffrance circule, car c’est une
période L’où on a à la fois très peur et très envie d’éprouver ses nouvelles
capacités de séduction.
Comme elles ne peuvent maîtriser les changements qui les perturbent,
les jeunes filles essaient de dominer leur corps par un nouveau
comportement alimentaire.
Certains comportements alimentaires sont dangereux. La nourriture
n’est pas seulement une nécessité vitale, c’est un plaisir qu’on se donne. Il
est important de reconnaître ce plaisir, et il est dommage d’en faire un
cauchemar.

La dictature de la minceur

Tous ces bouleversements corporels surviennent dans un monde


où la dictature de la minceur s’étale partout. L’obsession du poids est
devenue un phénomène de société. Les jeunes en pleine mutation n’y
échappent pas, ils y sont même particulièrement vulnérables. Le
matraquage médiatique trouve un large écho chez les jeunes qui ont
du mal à intégrer leur nouvelle image. Il peut rendre encore plus
difficile leur recherche d’identité.

À force de se priver de certains aliments « défendus » par le régime, on


en arrive à dévorer n’importe quoi, n’importe quand et en grande quantité,
pour se consoler des frustrations qu’on s’impose. Alors on a honte de soi,
on se culpabilise, ce qui pousse à manger davantage.

► Les régimes en question


Attention à ces régimes farfelus qui promettent de perdre beaucoup de
kilos en peu de temps. Ils sont généralement dangereux car ils vous mettent
en état de carence, c’est-à-dire qu’ils vous privent des éléments nutritifs
indispensables à votre santé. Et, dès que vous reprenez une alimentation
normale, vous regagnez les kilos perdus plus quelques autres, c’est ce qu’on
appelle les régimes « yoyo ».
Il en existe de toutes sortes, aussi fantaisistes les uns que les autres :
œufs durs et eau plate toute la journée, gruyère et porto à la place d’un
repas, fromage blanc maigre et ananas, soupes exclusivement pendant des
semaines, substituts de repas ou sachets de protéines et rien d’autre… Tous
ces régimes ont enrichi leurs auteurs en jouant sur la crédulité et surtout sur
la santé des femmes.
Quand on aime vraiment un aliment, il ne faut pas le supprimer mais en
manger en petites quantités, pour le plaisir.

La nourriture, c’est aussi dans la tête ?


La relation à la nourriture n’est pas simple pour beaucoup d’entre nous.
Elle s’est créée dès le premier contact du bébé avec sa mère, elle s’est
construite à travers elle. La nourriture peut devenir le symbole de l’amour
ou du non-amour. Le plaisir de la nourriture peut se substituer à d’autres
plaisirs qu’on est incapable de s’octroyer par peur de soi ou des autres. De
plus, on a tendance à être gros ou maigre selon son héritage génétique et
selon les habitudes alimentaires familiales.

Une bonne hygiène alimentaire consiste

• À diminuer la quantité des graisses et du sucre que l’on absorbe.


• À réduire un peu les portions sans se resservir.
• À ne pas se priver des aliments riches en protéines, en calcium,
en vitamines.
• À ne pas sauter de repas (trois ou quatre par jour).
• À ne pas manger en dehors des repas. D’ailleurs, ce que l’on
prend en dehors des repas, ce sont généralement des aliments
mauvais pour la ligne : barres chocolatées, bonbons, boissons
sucrées, glaces, etc. Tous sont constitués de sucres, nommés glucides,
contiennent peu de protéines reconstituantes et sont très caloriques
sous un petit volume.
• À privilégier le petit déjeuner.
• À équilibrer la quantité de protéines, de sucres et de graisses
(lipides).
• À manger des légumes peu caloriques qui remplissent l’estomac.

Est-ce que les hormones peuvent faire grossir ?


L’obésité peut être due à des troubles hormonaux de la thyroïde, de la
glande surrénale et de l’hypophyse que l’on dépiste et guérit. Mais c’est
plus rare qu’on ne le croit : dans la majorité des cas c’est une
suralimentation qui cause la prise de poids. Commence alors la souffrance
d’être grosse, plus grosse, de décider de s’arrêter de trop manger le
lendemain et de craquer devant le premier gâteau, de « résister à tout, sauf à
la tentation »… Certaines ont ainsi ce qu’on appelle des crises
d’hyperphagie, c’est-à-dire où elles mangent trop, qui alternent avec des
périodes de régime. Cela provoque un surpoids permanent, mais avec des
fluctuations très fréquentes. Ces variations perpétuelles entraînent une
dépendance à la nourriture encore plus grande. D’autres se suralimentent en
permanence. Et comme les obèses ont des besoins énergétiques supérieurs,
car tout kilo demande à être nourri, c’est un cycle infernal. Ce trouble du
comportement alimentaire appelé « hyperphagie incontrôlée » touche autant
les hommes que les femmes. Chose importante, dans ces cas-là, on ne se
fait pas vomir, contrairement à la boulimie (voir ci-dessous).
Cette insatisfaction permanente entraîne un état dépressif. Quelques
entretiens de psychothérapie aident à dénouer cette relation compliquée
avec la nourriture dans laquelle toute la famille est impliquée.
Le sucre trompeur

Le sucre stimule l’insuline, hormone sécrétée par le pancréas. Le


pancréas sert à réguler le taux de sucre dans l’organisme, ce que l’on
nomme la glycémie. Le fait d’avoir trop de sucre dans le sang
provoque une hyperglycémie, qui peut conduire au diabète. Le fait de
ne pas en avoir assez entraîne une hypoglycémie, qui s’accompagne
d’une intense sensation de faim pouvant aboutir au malaise. Si on
mange trop de sucres, on augmente les quantités d’insuline dans le
sang. On a alors faim rapidement et on remange des nourritures
sucrées pour calmer son appétit. À la longue, on risque de détraquer
l’équilibre du pancréas.

► La boulimie
Si les écarts de poids sont plutôt anodins à cet âge, la boulimie ne l’est
pas. Elle exprime un grand malaise. Elle n’est pas si rare à l’adolescence : 4
à 10 % des filles qui fréquentent l’école en seraient atteintes, les garçons
beaucoup plus rarement.
En rentrant à la maison, ces filles sont capables de vider le réfrigérateur
sans pouvoir se contrôler, jusqu’à atteindre un état de trop-plein allant
jusqu’au malaise physique. Cela se nomme la boulimie. Une fois qu’elle
s’est « remplie » à ras bord, la jeune fille boulimique n’a plus qu’une idée,
se vider. C’est ce qui fait la différence avec l’hyperphagique. Elle prend des
laxatifs et se fait vomir pour annuler le surplus de calories qui la ferait
grossir. Ceci se fait en cachette : certaines déploient des ruses de Sioux pour
assouvir cette pulsion plusieurs fois par jour. Se remplir et se vider permet
une certaine stabilité du poids. Cette compulsion et les contraintes de
dissimulation qu’elle impose rendent la jeune fille tellement honteuse et
culpabilisée que son comportement s’en ressent : elle est solitaire et a du
mal à établir ou conserver une relation sentimentale.
Le diagnostic de la boulimie est souvent établi par les dentistes : les
vomissements entraînent des rougeurs autour de la bouche, des irritations
des gencives et abîment les dents.
Des études faites sur des groupes de boulimiques montrent que l’origine
de ce trouble du comportement alimentaire est d’ordre psychologique. À
l’adolescence, il y a souvent conflit entre le besoin d’indépendance et la
peur de la séparation avec les parents. Ceci peut être source d’angoisses très
vives. La boulimie serait une maladie de la dépendance, comme peuvent
l’être l’alcool, le tabac, la drogue. Les boulimiques vivent en permanence
dans l’auto-accusation, la culpabilité, et peuvent connaître des périodes de
dépression et de désespoir allant jusqu’à des tentatives de suicide.
Pour sortir de ce cycle irrépressible, de cet enfermement, il faut en
parler. À des amis, des éducateurs, psychologues scolaires et si possible à
un médecin. Cela aidera à trouver les causes de ce comportement à l’égard
de la nourriture et orientera vers une prise en charge spécialisée.

► L’anorexie
Alors que les boulimiques parviennent à dissimuler longtemps leurs
dangereuses habitudes, celles qui maigrissent à vue d’œil attirent
l’attention, encore qu’elles arrivent parfois à masquer la fonte de leur
silhouette en se rembourrant avec plusieurs épaisseurs de pulls.
Le refus de manger pour perdre du poids se nomme anorexie. Une
adolescente sur cent est anorexique, l’âge moyen se situe entre 15 et 18 ans.
Contrairement à la honte et à la culpabilité de la boulimique,
l’anorexique éprouve un sentiment de triomphe sur soi et sur les autres. Il
est faux de croire qu’elle n’a pas faim. Même si elle le paie très cher, son
plaisir est justement de résister à son désir, de dominer sa faim donc de
maîtriser son corps.
Contrairement aux boulimiques, les anorexiques ne sont pas conscientes
de leur souffrance psychologique alors qu’elles sont en grand danger.

L’obsession de perdre des kilos…


Cela commence par le désir de perdre quelques kilos, soit
spontanément, soit à cause d’une réflexion qui a fait très mal. Perdre du
poids devient une obsession. La famille peut s’apercevoir de
l’amaigrissement avec un certain retard car, sous différents prétextes, la
jeune fille ne prend plus ses repas à la table familiale. En général le travail
scolaire est bon, il est doublé ou triplé par des activités sportives épuisantes.
L’hyperactivité physique est un des signes de l’anorexie. Elle est toujours
justifiée par la nécessité affirmée de s’occuper de son corps, alors que
justement ces filles désirent ne plus s’encombrer de ce corps qui occupe
tant de place. Elles veulent maîtriser leur corps, c’est-à-dire l’empêcher de
se féminiser. C’est ce mécanisme psychologique qui, d’abord, supprime les
règles.
Ensuite, l’aménorrhée est entretenue par le grand amaigrissement.
Paradoxalement, l’absence des règles inquiète la mère plus que la perte de
poids et une consultation de gynécologie s’ensuit. Au cours de cette
consultation, le médecin peut repérer assez facilement l’existence d’un
conflit dans la famille, le plus souvent entre la mère et la fille. Même si les
problèmes ne sont pas apparents, il existe des décalages entre ce qui est dit
par l’une et par l’autre. L’adolescente affirme que tout va très bien et qu’elle
ne comprend pas qu’on fasse si grand cas de ses règles, qui par ailleurs ont
très peu d’intérêt pour elle.
La gynéco propose de revoir la jeune fille seule. Dans certains cas,
quelques consultations et entretiens portant sur le fonctionnement ovarien et
sur les conflits éventuels peuvent suffire à desserrer le lien entre le refus de
voir son corps changer et ses douloureux problèmes d’identification et
d’autonomisation vis-à-vis de la mère. Après quelques consultations, le
médecin conseille une psychothérapie. Les règles ne reviennent que quand
le poids est rétabli et que la jeune fille veut bien les accepter. Cette forme
d’anorexie passagère est assez fréquente.

… qui peut virer à l’anorexie mentale


Mais parfois la situation s’aggrave inexorablement et la perte de poids
peut atteindre 15 à 20 kg (passage de 55 à 40 par exemple). Il s’agit de ce
qu’on appelle l’anorexie mentale.
Vous avez certainement rencontré des jeunes filles emmitouflées dans
plusieurs couches de vêtements, ayant l’air frigorifié et d’une maigreur
effrayante. L’amaigrissement s’accompagne de troubles circulatoires, (les
jambes, les pieds et les mains deviennent violacés), d’une augmentation de
la pilosité, d’une sécheresse visible de la peau, d’une grande frilosité. La
diminution du transit intestinal et la prise régulière de laxatifs peuvent
entraîner des phénomènes très graves de déshydratation avec troubles
cardiaques et respiratoires.
Certaines ont des comportements qui font peur : alors qu’elle ne se
nourrit pas, l’une travaille le soir dans un McDo, l’autre va boire 5 litres
d’eau avant d’être pesée chez le médecin.
Cette maladie témoigne de graves conflits psychologiques.
L’anorexique entame un bras de fer avec son corps de femme qu’elle nie.
Le désir de ne pas changer, la complexité de sa relation avec sa mère
peuvent la mener très loin. Il ne s’agit pas seulement d’un conflit actuel,
c’est la relation précoce de l’enfant avec sa mère qui est en cause.
L’anorexie mentale nécessite une prise en charge psychologique de la jeune
fille, et souvent aussi de sa famille. Les membres de la famille ont besoin
d’être aidés pour supporter les conséquences dramatiques de cette maladie,
et à se dégager de la dictature que leur fille s’impose et leur impose. Prise
dans son extrême souffrance, l’anorexique exerce une manipulation plus ou
moins consciente de tous les siens. Grâce à cette prise en charge, la majorité
des adolescentes s’en sortent. Une hospitalisation est souvent nécessaire.
Mais, dans des cas rarissimes, aujourd’hui encore certaines peuvent en
mourir.

Bons plans et bonnes adresses

• Fil Santé Jeunes 0 800 235 236.


• Le Gefab (Groupe d’études français de l’anorexie et de la
boulimie, association à but non lucratif créée en 1983) propose une
permanence téléphonique assurée par des anorexiques et des
boulimiques guéries et supervisées par une psychologue. Tél. :
01 45 43 44 75.

Entre ces extrêmes, boulimie et anorexie, la grande majorité des


adolescentes s’alimentent selon leur faim, sans se priver et sans trop
d’excès. « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. »
Avec la nourriture, on apporte au corps les calories nécessaires à son
fonctionnement. L’activité physique permet de brûler les calories
excédentaires. On a donc intérêt à bouger pour garder un bon équilibre entre
les apports alimentaires et les dépenses caloriques.
Bref, vive le sport.

Le sport

Il faut trouver celui qui vous plaît. Le sport stimule les


endorphines, « substances du bonheur » sécrétées par le cerveau. Il
permet de brûler les calories et il développe les muscles au détriment
de la graisse corporelle. Il procure du plaisir et une certaine
satisfaction de soi. C’est une bonne façon de s’occuper de son corps
et de l’aimer.
Mais il ne faut pas en abuser. La femme a besoin d’un équilibre
entre masse musculaire et tissu graisseux. Les joggeuses acharnées,
les athlètes de haut niveau dont le rapport muscles sur graisse est
trop élevé voient leur fonctionnement ovarien perturbé, n’ovulent plus
et n’ont plus de règles. Les jeunes danseuses de l’Opéra qu’on oblige
à maigrir pour passer un concours sont en aménorrhée tant qu’elles
n’ont pas repris leur poids. Chacune a un poids au-dessous duquel
l’ovaire refuse de fonctionner.
Tous les sports sont bons : la natation, la marche, le vélo
demandent peu d’investissement. La gymnastique, la danse,
l’athlétisme, le tennis, tous les sports d’équipe peuvent être pratiqués
raisonnablement, à condition qu’ils fassent plaisir. L’important c’est
de bouger. C’est bon pour le poids, l’effort physique brûle les calories
qu’on a absorbées en trop. C’est bon pour le cœur, les vaisseaux, les
poumons, les muscles, la peau et même les os. C’est à l’adolescence
qu’on constitue son capital osseux pour l’âge adulte. En effet,
l’activité physique permet au calcium de se fixer dans les os et les
rend solides.
Les changements psychologiques de l’adolescence
Devant la métamorphose de son corps d’enfant en un corps de femme,
l’adolescente éprouve des sentiments mêlés : étrangeté, peur et fierté,
excitation et trouble. Elle ressent souvent une grande fatigue, qui en même
temps inquiète et agace ses parents. Elle reste des heures à rêvasser sur son
lit, puis se lève et disparaît. Son humeur est variable, elle passe des accès de
gaieté et de fou rire à des périodes d’abattement. Elle n’est pas contente
d’elle, elle essaie de modifier son look, se néglige ou essaie des
maquillages.

► La relation avec les autres change


Tout cela modifie sa relation avec les autres, notamment avec ses
parents : elle ne les voit plus comme avant et ne se laisse plus regarder par
eux de la même façon, ce qui les étonne et les chagrine. Maintenant qu’elle
a des seins, des fesses, les contacts la dérangent. Les manifestations de
tendresse physique qu’elle recherchait auparavant lui deviennent
déplaisantes, et parfois elle a même un mouvement de recul quand ses
parents veulent l’embrasser. Elle se dérobe, elle prend de la distance, elle
change.

Sophie, qui avait si bon caractère, est devenue fantasque. Elle s’enferme des heures
dans la salle de bains et emprunte les vastes pulls de son père pour se dissimuler dedans. En
prenant de la distance, elle commence à juger ses parents. Elle met leur résistance à l’épreuve
tout en espérant des preuves d’amour. Elle réplique, elle discute, elle critique.

L’adolescente veut que sa personnalité, sa liberté soient reconnues. Ses


nouveaux modèles sont à présent extérieurs à la famille et son désir
d’indépendance prend de nombreux aspects. Elle provoque ses parents en
ne les prévenant ni de ses retards ni de ses absences. Elle n’accepte plus
d’être surveillée dans son travail, ses sorties, ses fréquentations. Elle a
besoin d’affirmer sa différence. Si ses parents sont non croyants, la voilà
qui affiche une appartenance religieuse. À l’inverse, elle peut dénigrer son
éducation religieuse et tout faire pour choquer.
Muette à la maison, elle passe des heures entières en bavardages et
confidences au téléphone. Elle se met à fumer alors que depuis toujours elle
expliquait aux adultes qu’il fallait cesser de s’empoisonner. Le tabagisme
est d’ailleurs plus fréquent chez les filles, semble-t-il.

Elle s’attache à un groupe dont elle adopte les codes, passant ainsi de la
dépendance familiale à la dépendance au groupe.
Même si l’atmosphère de la maison est souvent tendue, même si le bruit
et la fureur y sont présents, le drame n’est pas permanent. Les parents se
rappellent qu’ils sont passés par là, et surtout qu’ils en sont sortis. Ils
peuvent subir la mauvaise humeur de leur enfant sans se sentir attaqués, et
savent même l’apaiser… à condition que ça ne dure pas trop longtemps.

► La prise de risque peut être très « risquée »


Il est plus difficile pour les parents de tenir la barre quand ils voient leur
enfant se mettre en danger, jouer à éprouver son corps, ses capacités de
résistance, ses limites : ne pas manger, ne pas dormir. Il arrive que, dans les
soirées en bande, elle se mette à boire pour connaître des sensations
nouvelles, et la voilà en situation à risques. Un cran de plus, un coup de
déprime, une rencontre, et c’est le premier contact avec l’herbe, le
haschisch, etc. Dans ces soirées où circulent toutes sortes de substances,
elle risque d’être victime de violences sexuelles.
Les adolescents en révolte ont tendance à se mettre en danger : les
garçons prennent des risques physiques, les filles les prennent plutôt sur le
terrain de la sexualité. Malheureusement, si cela se passe mal, le fait d’avoir
été victimes les rend plus vulnérables encore. C’est ainsi qu’une fille qui a
été agressée peut devenir la victime désignée si elle ne change pas de
milieu. Face à certains risques : courage, fuyons !
Les enfants ont besoin que leurs parents soient solides, ne
démissionnent pas même quand ils les poussent à bout. Cela reste possible
quand le couple parental non seulement existe, mais ne se voile pas la face.
C’est plus difficile dans les familles désunies ou monoparentales, si
nombreuses aujourd’hui. Quand la mère est seule pour affronter ces
situations, l’intervention d’un tiers (enseignant, éducateur) peut aider à
sortir du schéma provocation, sanction, qui fait monter les enchères.
L’adolescence est une rude période de changements et pour
l’adolescente et pour les parents. Ces derniers ont beau le savoir, l’idée
qu’ils vont y échapper a la vie dure. Et même quand on le sait, il faut
pouvoir encaisser. Cependant, quand les ados ne ruent pas dans les
brancards, on peut se demander s’ils ne souffrent pas d’inhibitions qui
pèseront sur leur vie d’adulte. Certains feront leur crise plus tard, à une
période où on s’y attend beaucoup moins.

► « Jamais contente »
Il est rare d’échapper aux petites imperfections qui accompagnent la
poussée hormonale de l’adolescence. Et il est rare de bien les supporter. Au
contraire, on a tendance à se polariser dessus, car on se regarde souvent
dans le miroir pour se rassurer, s’inquiéter. On peut toujours dire aux
adolescentes que la beauté parfaite est exceptionnelle, parfois même
encombrante. Seul le temps leur permettra de s’aimer suffisamment pour
pouvoir s’accepter. Chacune peut plaire et être aimée telle qu’elle est.
S’accepter, c’est être bonne pour soi-même : prendre soin de son corps, le
nourrir correctement, lui donner ses heures de sommeil. C’est essayer de
trouver son équilibre personnel entre études et loisirs, entre vie affective et
vie sociale. C’est ne plus se renfermer sur ses problèmes, aller vers les
autres, donner et recevoir.
S’aimer suffisamment permet de sentir ce qui n’est pas bon pour soi et
de ne pas se laisser influencer par les autres quand ils ont des
comportements à risques, comme le tabac, l’alcool, la drogue. Si on a peur
de céder, il faut avoir le courage de changer de bande, il faut en parler à
quelqu’un en qui on a confiance. Il y a des médecins, des centres spécialisés
pour adolescents en difficulté qu’on peut appeler par téléphone ou qu’on
peut consulter. Résister, c’est se faire respecter en somme.

Bons plans et bonnes adresses

• Dans les centres de planning familial, les consultations


médicales sont gratuites et confidentielles ; elles ne nécessitent
aucune autorisation parentale. Pour avoir l’adresse du centre de
planning le plus proche de son domicile (DOM-TOM compris),
s’adresser au Mouvement français pour le planning familial : 4,
square Saint-Irénée, 75011 Paris, 01 48 07 29 10.
• Le Fil Santé Jeunes 0 800 235 236 est un numéro vert national
mis en place par l’École des parents sous l’égide du ministère de la
Santé. Ce service anonyme et gratuit fonctionne tous les jours, même
le dimanche, de 8 heures à minuit. Il propose écoute, soutien,
information et orientation pour toutes les petites inquiétudes de la vie
quotidienne et les problèmes de santé ou de sexualité.
• RESO est un autre numéro vert gratuit. Derrière le
0 800 232 600, une équipe de 25 bénévoles et trois médecins
permanents se relaient pour écouter et orienter si nécessaire vers une
consultation gratuite (médecin, dentiste, infirmier, kinésithérapeute,
etc.). Ce numéro est accessible du lundi au vendredi, toute l’année, de
9 heures à 20 heures.
• Depuis peu, il est possible de consulter sur Internet le premier
site santé dédié aux jeunes [Link]. Des rubriques sur la
puberté, les sentiments, le sexe, la contraception, la drogue, le bien-
être. Possibilité de discuter de sa santé dans des forums avec des
spécialistes ou dans des chats (discussions en direct).
• Également sur Internet, [Link], un service très complet de
10 000 pages, ([Link]) permet devant tout symptôme de
savoir quoi faire, qui appeler, dans quel délai, et de connaître sa
gravité. L’encyclopédie explique toutes les pratiques sexuelles, la
puberté, la première fois, les problèmes de peau et de cheveux avec
leurs solutions, les drogues, MST-sida… On peut se tester (peau,
sexualité…) et surtout, en tout anonymat, poser ses questions intimes
ou dérangeantes à des médecins en direct ou en différé. Sondages et
forums disent où en sont les autres ados dans leur découverte de
l’adolescence.
Chapitre 2
L’éveil
de la
sexualité
Le corps qui se transforme, les hormones complices éveillent les sens.
L’adolescente découvre le besoin d’aimer. Les garçons l’attirent, elle
voudrait vivre un grand amour. Parfois son visage reste flou, d’autres fois il
se précise : elle pense à tel copain ou bien à un acteur, un champion, une
personnalité séduisante qu’elle pare de toutes les qualités.
Elle commence à aiguiser les armes de sa séduction. Elle la vérifie
souvent dans les miroirs, tantôt satisfaite et tantôt désespérée par l’image
que ces derniers lui renvoient. Elle voudrait ressembler à cette actrice si
belle qu’elle a vue jouer ou encore à la copine de classe qui a tant de succès.
Alors elle essaie des maquillages, des coiffures, elle veut plaire. Elle rougit
souvent mais ses yeux brillent. Elle est prête pour l’amour.
Des lunettes déformantes

Quand on se regarde dans la glace, on ne se voit jamais comme


les autres nous voient. Eux voient les expressions, le mouvement, la
vie qui s’exprime, nous ne voyons que nos défauts comme avec une
loupe. On fait l’inventaire de tout ce qui ne va pas et forcément, on
n’est pas canon. Même celles qui se rapprochent le plus des critères
de la mode se trouvent des défauts et ne voient que ça. Les garçons ne
sont pas obsédés par les défauts des filles, et la plupart d’entre eux ne
cherchent pas chez leurs copines ce qui les rapprocherait d’une photo
de mode figée. Ils aiment les filles vivantes, et les rondeurs féminines,
les seins et fesses, alors que les filles parlent de bourrelets et de
culotte de cheval ! On nage en plein malentendus !

L’attirance physique, la sexualité, le désir de reproduction appartiennent


à tout le règne animal. C’est L’aboutissement normal de la période
pubertaire. Cette pulsion vers l’autre se nomme libido. Selon les époques,
les pays, les religions, les familles, le désir sexuel des femmes a été nié ou
réprimé.

La relation avec les parents


Il est fréquent que des parents qui s’entendent bien avec leurs enfants,
qui « communiquent », apprennent brutalement que leur fille a une vie
amoureuse dont ils ne savaient rien. C’est une chose parfois difficile à
admettre. Les liens avec les parents se sont tissés depuis l’enfance.
Au moment de l’adolescence, il y a des changements. Les enfants
remettent en question l’autorité des parents. De leur côté, les parents, si
libéraux soient-ils, ont du mal à accepter que leur petite fille devienne une
femme. Pour certains, la sexualité de leurs adolescents paraît toujours trop
précoce. Ces mutations les ramènent à leur propre jeunesse, au temps qui a
passé : cela peut leur donner un coup de vieux.
► Chacun son jardin secret
Il faut en finir avec l’idée que les enfants devraient aborder leur vie
sexuelle avec les parents. Les parents ne parlent habituellement pas de la
leur avec leurs enfants, à chacun son jardin secret. Il est plus facile de parler
avec eux de problèmes généraux que de problèmes intimes.
Il y a des parents qui acceptent que leur enfant ait une histoire
amoureuse et sexuelle, à condition qu’ils soient informés de tout. Il y a des
mères qui procurent la pilule à leur fille avant même que celle-ci leur en ait
parlé. Parfois les filles réagissent violemment à cette intrusion dans leur vie
intime, car elles se sentent humiliées et vivent très mal le fait que leur mère
ait un tel regard sur leur sexualité. Certaines, par défi ou par dépit,
n’utiliseront pas cette contraception forcée, ce qui peut amener à des prises
de risques.
Certains parents sont rassurés par une relation amoureuse régulière de
leur enfant : il/elle ne fera pas de bêtises, il/elle organise sa vie pour
travailler tout en étant amoureux. D’autres sont préoccupés par l’installation
dans une vie de couple, qui plus est sous leur toit, quand des années
d’études sont prévues.
D’autres encore ressentent une certaine inquiétude quand à 17-18-
19 ans leurs enfants ne montrent aucun signe visible de « maladie
d’amour », comme disent les chansons. On s’alarme généralement plus
pour un garçon que pour une fille. Quand il ne se passe rien, certains
parents se demandent si leur enfant n’est pas homosexuel. Quand c’est le
cas, ils sont souvent d’ailleurs les derniers à comprendre.

► Pouvoir en parler
Dans les consultations de gynécologie, les mères nous font souvent part
de leurs difficultés à parler librement de sexualité avec leur fille. Certaines
voudraient nous les envoyer. Elles nous demandent de les informer, de les
protéger, parfois de leur faire peur. IL y a des filles qui se sentent
particulièrement en confiance avec la gynécologue de leur mère, pour
lesquelles cela va de soi : « Puisqu’elle vient chez vous, qu’elle a confiance
en vous, c’est normal que je vienne vous voir », nous disent-elles.
Pour d’autres, il est capital que la gynéco soit totalement en dehors du
circuit maternel. Elles ont besoin d’un espace à elles, qu’elles n’aient pas à
partager. Ces attitudes sont tout à fait compréhensibles et acceptables. Elles
ne témoignent pas forcément d’une bonne ou moins bonne relation entre
mère et fille. Elles montrent simplement que, pour une mère, reconnaître
une femme dans sa fille et, pour une fille, reconnaître une femme dans sa
mère ne va pas de soi.
Avec la gynéco, qui est à distance et dans le secret médical, il peut être
plus facile de parler. À condition d’y être invitée et prête. Bien souvent,
lorsqu’on vient pour une contraception, c’est bien de sexualité qu’il s’agit.
Et s’il n’est question que de technique contraceptive on est parfois déçue,
même si on n’est pas encore prête à se livrer.
La sexualité se construit depuis la toute petite enfance. Le bébé a besoin
des soins, des caresses, du regard de sa mère pour développer sa sensualité ;
la petite fille a besoin de se voir fille dans les yeux de son père, que celui-ci
la reconnaisse comme féminine. Il lui faut ensuite apprendre à connaître,
aimer et respecter son corps. Elle peut alors désirer et accepter le corps de
l’autre.

Le corps de l’autre, le garçon


Dès la petite enfance, les filles remarquent que les garçons sont
différents d’elles aussi bien physiquement que dans leur comportement. À
l’adolescence, c’est encore plus visible.
Les femmes ont des ovaires qui pondent des ovocytes et sécrètent les
hormones féminines. Les organes de la reproduction chez l’homme sont les
testicules, qui fabriquent les spermatozoïdes et sécrètent une hormone
mâle, la testostérone. Ils sécrètent également des œstrogènes, mais en très
petite quantité, tout comme les ovaires sécrètent très peu de testostérone.
À la puberté, la testostérone dessine le corps des garçons. Leur
musculature est plus apparente, leur cage thoracique plus développée, leur
pilosité se répartit autrement, leur voix devient plus grave, elle mue. Leur
comportement change aussi. La testostérone leur procure plus d’agressivité
physique et des besoins de satisfaction sexuelle plus impérieux. Leur sexe
est visible. Au réveil, il se manifeste souvent par une érection. Il occupe une
grande place dans leur vie et dans leur imaginaire.
De nombreux garçons s’inquiètent de la taille de leur pénis et de ses
performances. Le pénis, ou verge, est un organe à dimensions variables.
Son extrémité est constituée par le gland. La peau du gland est douce, fine,
d’une extrême sensibilité. L’orifice urinaire s’ouvre en son centre. Le gland
est recouvert par un repli de peau souple et lâche, le prépuce. Dans certaines
religions, on pratique une circoncision, le prépuce est excisé et ne recouvre
plus le gland. La circoncision peut également être pratiquée pour des
raisons médicales, quand le prépuce est trop serré.
L’APPAREIL GÉNITAL MASCULIN
Le pénis contient des organes érectiles, les corps caverneux et
spongieux, qui se gorgent de sang lors de l’excitation sexuelle. C’est grâce
à eux que le pénis s’allonge, grossit, devient dur et se redresse vers
l’abdomen. Cela se nomme l’érection. L’érection masculine peut se
produire en dehors de toute activité sexuelle, par le seul jeu de
l’imagination, des fantasmes. Chez les filles, l’excitation sexuelle naît de la
même façon.
Chez les filles, comme chez les garçons, le fonctionnement des organes
génitaux est sous la dépendance du cerveau. Pourtant, l’érection est
indépendante de la volonté. La tension qu’elle provoque est soulagée par
l’éjaculation, émission de sperme qui supprime l’érection et détend la verge.
La masturbation est une pratique plus fréquente chez les garçons que chez
les filles. Le plaisir chez eux est essentiellement localisé au niveau des
organes sexuels, même s’ils avouent qu’ils adorent les caresses quand ils
sont en confiance.
Le corps de la femme est plus riche en zones dites érogènes, zones
sensibles à l’excitation érotique. La recherche du plaisir sexuel est
commune aux deux sexes. Elle est enrichie par le sentiment amoureux, par
l’amour, avec ses bonheurs et ses peines. Plus que les garçons, les filles ont
besoin de sentiment pour s’autoriser les plaisirs de l’amour.

Qu’est ce qui t’attire surtout


chez une fille/chez un garçon

Côté garçons
La beauté : 89 %
La gentillesse : 72 %
La confiance : 54 %
L’intelligence : 49 %
Pourvoir parler ensemble : 48 %
L’humour : 44 %
La façon de s’habiller : 33 %
L’originalité : 26 %
Qu’elle ait les mêmes idées que moi : 17 %
Côtés filles
La gentillesse : 83 %
La confiance : 74 %
L’humour : 69 %
La beauté : 63 %
Pourvoir parler ensemble : 63 %
L’intelligence : 34 %
La façon de s’habiller : 33 %
L’originalité : 29 %
Qu’il ait les mêmes idées que moi : 16 %
Source : sondage réalisé par l’Institut ABC + pour L’Express et
Science & Vie Junior sur 618 jeunes de 13 à 18 ans en
novembre 2000.

Les premières approches


On se plaît d’abord avec les yeux. On est troublée par les premiers
regards. On se sent choisi(e) et parfois déjà on promet. Cela peut
commencer par un baiser, et le premier baiser amoureux peut surprendre.
Dès la naissance, la bouche est la première source de plaisirs pour le
bébé. Appliquée sur le mamelon de la mère ou la tétine du biberon, elle lui
permet de se nourrir, de survivre. Le plaisir de téter, de sucer, de lécher est
immédiat.
L’enfant apprend à rendre les baisers qu’on lui fait. En grandissant, il
découvre la sensibilité de ses lèvres, la caresse que leur procurent certains
contacts. Il déteste embrasser certaines personnes à cause de leur peau ou de
leur odeur – le nez est si près de la bouche ! – ou simplement parce qu’il ne
les aime pas. Le baiser est une marque d’affection, même si, chez nous, l’on
s’embrasse pour se dire bonjour ou bonsoir.
Le baiser amoureux, c’est autre chose. C’est le premier contact avec
l’intérieur du corps de l’autre. C’est la première pénétration de l’intérieur de
la bouche. On découvre sa langue, son goût, son odeur, les salives se
mêlent. Même si l’on est amoureuse, cela peut dégoûter la première fois.
Mais le baiser amoureux est capable d’inonder d’un désir qui fait durcir les
seins et envoie au sexe des sensations voluptueuses.
Quand on est amoureuse, on désire être le plus souvent avec l’autre, le
plus près possible. On se blottit, on se serre contre lui, on se chuchote des
confidences à l’oreille, on se caresse, on s’embrasse, on oublie le reste du
monde.

Le premier baiser

Selon une enquête récente, le premier baiser se donne en moyenne


autour de 14 ans. Les premiers rapports sexuels commencent autour
de 17 ans chez les filles, un peu plus tôt chez les garçons, et dans
60 % des cas pendant les vacances.
Source : « Les comportements sexuels des jeunes de 15 à
18 ans », enquête de l’Agence nationale de recherche sur le sida,
ACSJ, avril 1995.

L’adolescence est le temps des baisers et des caresses, c’est le temps des
histoires d’amour passagères, des jeux de séduction. Beaucoup de jeunes
filles jouent à être amoureuses et passent d’un garçon à l’autre : c’est une
forme d’apprentissage des sensations et des sentiments.
Certaines poussent le flirt plus loin. Elles offrent leurs seins à regarder,
à caresser, à embrasser. Les seins féminins sont des organes érogènes. Le
plaisir fait gonfler les seins, durcit le mamelon et le rend plus sensible
encore. Même si l’on n’aime pas ses seins, ils sont une source de plaisir
pour les deux amoureux. Les sensations voluptueuses peuvent atteindre les
zones génitales.
Vient le moment où une jeune fille est amoureuse pour de bon. Le cœur
et le corps l’expriment clairement. Le désir ne se contente plus des caresses
à travers les vêtements, il se fait plus pressant.

Le premier rapport
Les caresses, l’étreinte des corps peau contre peau, les baisers, les mots
qu’on se dit attisent le désir sexuel, l’excitation du sexe. Chez l’homme, la
verge se met en érection. Chez la femme, la vulve se modifie et s’humidifie,
le clitoris sort un peu de son capuchon et se redresse. Le clitoris est rempli
de nerfs sensitifs nommés « corpuscules de la volupté ». C’est la zone la
plus érogène du corps féminin.
Moins de 50 % des filles de 15 à 18 ans disent connaître le plaisir de la
masturbation. Sans doute beaucoup ont-elles oublié les plaisirs de leur
petite enfance. Quant à celles qui connaissent la jouissance, elles l’attendent
maintenant de leur amoureux. Le clitoris est hypersensible. Des caresses
immédiatement localisées, brutales ou mécaniques lui procurent plus de
douleur que de plaisir et stoppent toute excitation. Ce starter de la
jouissance a besoin d’être approché avec délicatesse. Les caresses, les
baisers de la vulve et de la face interne des cuisses, une stimulation rythmée
le préparent à l’orgasme. Cet orgasme clitoridien est le premier à apparaître.
Il peut, ou non, s’accompagner de sensations vaginales. Au début de la vie
sexuelle, il n’y en a pas beaucoup.
Petit à petit, les sensations vives et voluptueuses du clitoris envoient des
prolongements dans le vagin. C’est loin d’être le cas général, et cette
dominante des sensations clitoridiennes n’a rien à voir avec la frigidité. Il y
a des femmes qui ont assez vite d’intenses sensations vaginales dont le
siège n’est pas toujours net. La paroi antérieure du vagin, qui longe le canal
urinaire, semble la zone la plus fréquemment citée. Certains sexologues ont
essayé d’y trouver le « point G ». Chacune a ses points A, B, C, ou D, ses
un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout. Ce qui est important, c’est
que cet alphabet amoureux ne soit pas parasité par des idées toutes faites, en
particulier par celles de certains hommes sur ce qu’une femme doit ressentir
et sur l’endroit où elle doit le ressentir.
L’orgasme n’est pas seulement l’aboutissement d’un plaisir croissant,
c’est la sensation soudaine d’une vague de plaisir maximale, suivie d’une
détente de tout le corps. C’est le soulagement de la tension des organes
sexuels après leur excitation. L’orgasme se décrit difficilement, il s’éprouve.
On se demande parfois si oui ou non on a eu un orgasme, a fortiori si les
descriptions qu’on a pu en lire ne correspondent pas à ce qu’on ressent.
Quand on l’éprouve, on sait qu’il est là. Il peut même arriver sans contact,
dans les rêves ou par imagination érotique.
Il n’est pas le même pour chaque femme, il dépend de sa personnalité,
de l’ambiance, du partenaire, de l’abandon qu’elle s’autorise et même des
circonstances. Il peut ne pas se produire à chaque rencontre. Il peut ne pas
se produire du tout. Pour le garçon, l’orgasme est un phénomène plus
mécanique et plus constant, qui survient au moment de l’éjaculation. Les
jeux de l’amour ne se limitent pas à la masturbation mutuelle et, chez le
garçon aussi, le reste du corps peut être réceptif aux caresses. Les jeux de
l’amour s’enrichissent de la connaissance de ce qui fait plaisir à l’autre et de
ce qui fait plaisir à soi-même. Il ne faut pas proposer ou accepter ce qui
déplaît ou ce qui fait mal.
L’acte sexuel en quatre temps
L’acte sexuel entre un homme et une femme se déroule en quatre phases
successives.

La phase d’excitation
Le sang afflue dans les organes génitaux de l’homme et de la femme,
qui se modifient et deviennent anatomiquement aptes au coït.

La phase de tension ou de plateau


C’est le temps de la copulation et de la recherche du plaisir. Elle dure
plus ou moins longtemps et prépare à l’orgasme.

L’ACTE DE L’AMOUR
La phase de l’orgasme
Pour l’homme, elle coïncide généralement avec l’éjaculation, émission
du sperme en trois à huit saccades procurant chacune un plaisir intense. Son
orgasme est généralement plus brusque, plus violent, plus court et plus
localisé que celui de la femme. Chez cette dernière, des contractions
involontaires partent du clitoris et atteignent par vagues la partie basse du
vagin, l’utérus, la région anale. Tout le corps y participe. Le nombre des
contractions est de trois à quinze environ. L’orgasme dure quelques
secondes. Il fait défaut lorsque le plaisir s’est arrêté à une des phases
précédentes.

La phase de détente ou de résolution


Les organes sexuels se décongestionnent et reprennent leur forme
initiale. Le clitoris retrouve son volume et sa position en dix à vingt
secondes, l’utérus, le vagin et les lèvres en une demi-heure environ. S’il n’y
a pas eu d’orgasme, le temps de détente est plus long.

De la crainte au plaisir
Rares sont les filles qui n’ont pas peur lors de la première pénétration.
Le mot défloration à lui seul fait surgir dans l’imaginaire l’idée du sang, de
la déchirure, de la douleur. Les garçons aussi sont anxieux au moment de
pénétrer une fille pour la première fois. Ils craignent de ne pas savoir s’y
prendre, de ne pas être à la hauteur ou de faire mal.
Même si le sexe en érection semble trop gros pour pénétrer, l’excitation
sexuelle provoquée par les caresses et le sentiment amoureux modifient la
vulve et le vagin, les lubrifient et les rendent prêts à l’accueillir. La main du
garçon ou celle de la fille peut guider le pénis vers l’orifice vaginal. La
rupture de l’hymen peut provoquer une douleur fugace, mais peut aussi ne
pas en provoquer du tout. Puis il y a la sensation du pénis qui bouge à
l’intérieur du vagin, de plus en plus profondément, dans un va-et-vient
rythmé caractéristique de l’acte sexuel.
La peur fait place à l’attente du plaisir. Le mouvement du pénis
s’accélère jusqu’au moment de l’éjaculation. Après l’orgasme, le sexe de
l’homme se ramollit et se détend. L’orgasme attendu ne sera peut-être pas
au rendez-vous cette première fois. Ce n’est pas inquiétant. Les filles ne
sont pas comme les garçons, qui jouissent généralement à chaque
éjaculation.
Le plaisir chez la femme est plus diffus, il lui faut généralement plus de
temps pour atteindre l’orgasme. Certains hommes pressés s’en agacent. Si
votre amoureux ne sait pas le deviner, il est important pour vous de dire ce
qui vous fait plaisir. Si vous ne le faites pas, vous risquez de vous installer
dans une routine sexuelle où vous avez moins de chances de connaître le
plaisir. En parler ensemble n’est pas toujours facile (crainte de vexer l’autre
honte ou pudeur), mais il faut essayer.
L’acte sexuel n’est pas seulement la rencontre de deux corps, c’est la
rencontre de deux personnes avec leur personnalité, leurs opinions, leurs
sentiments et aussi leurs problèmes. Certaines filles éprouvent du plaisir
sans se sentir amoureuses. Beaucoup d’autres ont besoin d’être amoureuses
pour y parvenir. Elles reprochent aux garçons d’être moins sentimentaux,
mais ce n’est pas toujours vrai. Les hommes et les femmes sont différents,
ils n’expriment pas leurs sentiments de la même façon.

Je n’ai pas saigné et je n’ai pas eu mal la première fois.


Est-ce normal ?
Généralement, on saigne un peu. Quand l’hymen est fin et souple, on ne
saigne pas du tout et cela peut étonner. Dans de rares cas, on saigne
davantage parce qu’un petit vaisseau s’est rompu. On arrête le saignement
en appuyant avec une serviette et en maintenant la compression quelque
temps. Quant à la douleur, elle dépend de la douceur de l’homme, de votre
confiance en lui et de votre désir amoureux. Après le premier rapport,
l’hymen peut rester sensible jusqu’à ce que les bords se cicatrisent. Cela
peut brûler un peu lorsqu’on urine. Mais comme la déchirure est
superficielle, cela ne dure pas longtemps.
Il existe cependant des hymens très épais, des orifices vaginaux très
petits, parfois des brides hyménéales, sortes de petits ponts de chair qui
empêchent toute pénétration : on les découvre lorsque l’introduction d’un
tampon vaginal est impossible ou à l’occasion d’un premier rapport sexuel.
Cela nécessite une petite intervention chirurgicale, mais c’est très rare.
Quelle est la meilleure position pour la première fois ?
C’est la plus simple, la plus classique, l’ancestrale position de la femme
allongée sur le dos les jambes écartées et un peu repliées. L’homme est au-
dessus d’elle, en face à face. Un coussin sous les reins peut faciliter la
pénétration du pénis dans le vagin la première fois.
Les positions au cours de l’acte sexuel sont aussi nombreuses et variées
que l’imagination humaine le permet. L’important est qu’elles conviennent
aux deux amants.

Combien de temps dure un rapport ?


À cause de l’émotion et de la tension nerveuse, le premier rapport
sexuel s’achève souvent avant d’avoir commencé. Le garçon éjacule avant
la pénétration. Ensuite, la durée du rapport varie d’un homme à un autre,
d’une rencontre à une autre. Cela peut aller de une à soixante minutes.

Est-il normal de ne pas sentir les jets de son sperme ?


C’est plutôt courant. Bien que cela déçoive parfois les hommes fiers de
la puissance de leur éjaculation, le vagin perçoit les mouvements du pénis,
ressent des sensations voluptueuses, mais il ne sent pas jaillir le sperme.

Qu’est-ce que le point G ?


Le point G a été découvert par les sexologues et n’a pas de réalité
anatomique. Ce n’est pas vraiment un point, c’est une zone située entre
l’urètre et l’os du pubis. Les caresses de cette région font sécréter les petites
glandes entourant l’urètre et stimulent indirectement le clitoris.
Qu’est-ce que la fellation ?
C’est la pénétration du pénis dans la bouche de la femme avec caresses
des lèvres, de la langue, et mordillements. Cela peut aller jusqu’à
l’éjaculation ou s’interrompre avant. Le sperme peut être avalé ou non. La
fellation est vécue par les femmes selon les circonstances.
Elle peut se pratiquer au cours d’un long rapprochement physique, ou à
la place. Pour faire plaisir à son amoureux et en être heureuse. Et aussi
parce que ça protège l’hymen, que cela peut se faire vite, sans intimité
particulière. Quoi qu’il en soit, le préservatif est nécessaire car la moindre
plaie de la bouche peut être une porte d’entrée pour le virus VIH.

Qu’est-ce que le cunnilingus ?


Ce sont des caresses du sexe féminin faites avec les lèvres ou la langue
de l’homme. Il est fréquent que les femmes refusent, par un sentiment de
trop grande invasion de leur intimité ou par peur de sentir mauvais. L’odeur
du sexe féminin est un stimulant érotique pour beaucoup d’hommes. Pour
d’autres, cette pratique est déplaisante.

Qu’est-ce que la sodomie ?


C’est un acte sexuel par pénétration anale de l’homme ou de la femme.
L’utilisation d’un préservatif s’impose non seulement contre le sida, mais
contre d’autres maladies sexuelles. La muqueuse rectale est plus fragile que
la muqueuse vaginale.

Sexualité : espace de liberté

Les pratiques sexuelles, les jeux amoureux dépendent des goûts,


de la fantaisie, de l’intimité de deux amants. Leur limite
infranchissable est le non-consentement, le déplaisir, la douleur
physique ou morale d’un des deux partenaires. Tout ce qui est imposé
par la violence, tout ce qui est imposé par le pouvoir physique ou
moral est inacceptable.

Et les fantasmes ?
Ce sont des représentations imaginaires. On s’imagine avec telle ou
telle personne ou bien dans telle ou telle situation. On en est aussi peu
responsable que de nos rêves. Les fantasmes traduisent nos désirs
inconscients et nous révèlent une part de notre personnalité que nous
ignorions. Ils sont pour beaucoup d’hommes et de femmes de puissants
stimulants érotiques. On peut par exemple rêver, en étant éveillée, qu’on
fait l’amour avec son acteur préféré, qu’on est violée, qu’on est quelqu’un
d’autre, etc. Ils peuvent survenir pendant qu’on fait l’amour, ce n’est pas
pour autant qu’on trahit son amoureux. On peut aussi fantasmer une relation
homosexuelle, ce n’est pas pour cela qu’on l’est. Le propre du fantasme,
c’est qu’il peut ne pas sortir de La tête. Certaines situations ou certaines
images sorties d’un film, par exemple, peuvent parasiter ou même bloquer
le plaisir. Les films porno, par exemple, sont loin d’être libérateurs pour
tout le monde.

Quelques difficultés
Au cours des consultations, nous recevons certaines jeunes filles qui se
plaignent de douleurs pendant l’acte sexuel ou d’une peur irrationnelle de la
pénétration. D’autres encore craignent d’être frigides, si le plaisir n’est pas
très vite au rendez-vous. Il s’agit dans la plupart des cas d’un problème
physique assez facile à résoudre, quelquefois de résistances psychologiques
dont les origines peuvent remonter à l’enfance. De toute façon, il est
important de consulter une gynécologue, qui vous aidera à résoudre le
problème ou vous orientera vers une consultation plus spécialisée.
J’ai mal pendant la pénétration. Est-ce parce que c’est le
début ?
Avoir mal pendant les rapports porte le nom barbare de dyspareunie.
La dyspareunie est dite superficielle quand la douleur se produit juste à
l’entrée du vagin. Il faut tout d’abord savoir si vous êtes prête pour le
rapport, si vous en avez vraiment envie, si vous êtes assez mouillée. Si c’est
le cas et que vous avez mal, il faut rechercher une cause médicale, telle la
vulvo-vaginite, et la traiter. Si vous avez mal au ventre pendant le rapport
sexuel, il s’agit d’une dyspareunie profonde qui nécessite un examen
gynécologique complet.
Une fois les causes médicales éliminées, il faut réfléchir sur ses propres
sentiments vis-à-vis de son copain. Il arrive parfois qu’on ait mal parce
qu’on n’a pas envie. Il peut être plus facile d’avoir mal que de dire je ne
veux pas.
La douleur peut provenir tout simplement de la brutalité de l’acte
sexuel. Certains garçons ne peuvent exprimer leur virilité que dans la
violence. C’est inacceptable.

J’ai une amie qui ne se laisse pas pénétrer. Elle est


amoureuse de son copain, ça fait longtemps qu’ils sont
ensemble, mais elle panique. Il ne l’a jamais pénétrée. Elle se
demande si elle est normale.
Si la dyspareunie est la douleur liée à la pénétration, le vaginisme est
l’impossibilité d’avoir des rapports avec pénétration vaginale. C’est rare,
mais nous en voyons régulièrement chez des femmes de tout âge, et de
toutes origines.
Ce trouble atteint des femmes qui ont peur de tout et par-dessus tout
une peur panique d’éclater, de mourir par pénétration. Cette panique
déclenche une contracture des muscles qui entourent le vagin et des muscles
internes des cuisses. Cette véritable phobie s’accompagne de désir et de
sensibilité aux caresses à condition que celles-ci s’arrêtent à une ligne de
démarcation soigneusement établie par chacune. Il existe chez ces femmes
un trouble de l’image du corps. Si on leur demande de dessiner
sommairement leurs organes génitaux externes et internes, on s’aperçoit que
le vagin n’existe pas ou qu’il n’y a aucune ouverture. Dans ces cas, il est
conseillé à la femme de consulter une gynécologue qui pourra la suivre ou
l’adresser à un spécialiste de techniques psychocorporelles.

Je n’éprouve pas de plaisir pendant la pénétration. Suis-


je frigide ?
Comme le disait Hélène Michel-Wolfromm, une des premières
gynécologues à s’intéresser à la dimension psychosomatique de la
gynécologie, « s’étonner que les premiers rapports sexuels ne soient pas
toujours accompagnés de plaisir, c’est comme s’étonner qu’un nourrisson
n’apprécie pas un steak-frites » ! Au début de la vie sexuelle, il n’y a pas
beaucoup de sensations vaginales. Mais si on se connaît de mieux en mieux,
les sensations s’affinent et s’enrichissent. Peut-être avez-vous plus envie de
caresses que de pénétration et n’avez-vous accepté que pour faire plaisir. Si
c’est le cas, il faut apprendre à dire non et attendre d’être prête.
Le terme de frigidité a toujours été employé à tort et à travers.
Certaines femmes n’ont ni désir ni plaisir, c’est l’anaphrodisie. D’autres
ont du désir, des sensations agréables mais pas d’orgasme, c’est
l’anorgasmie.
Il arrive qu’une femme se plaigne de frigidité alors qu’elle a un
orgasme clitoridien. Cet orgasme est déprécié soit par elle, soit par son
partenaire. Certains hommes sont frustrés quand la pénétration n’apporte
pas un plaisir supplémentaire et que leur partenaire n’éprouve pas de plaisir
au même moment qu’eux. Ils le vivent comme une remise en cause de leur
virilité : c’est eux qu’il faut rassurer.
Beaucoup de garçons privilégient la pénétration, autrement dit « ils ne
pensent qu’à ça » ! Ils sont moins intéressés par les caresses et les mots
tendres. Or, pour beaucoup de femmes, les mots sont une caresse
irremplaçable : « Il ne me dit jamais qu’il m’aime. »
Enfin, vous n’avez pas de plaisir parce que cela va trop vite : votre ami
éjacule avant que vos sensations vaginales ne s’éveillent.
Si vous êtes inquiète, ou si votre copain se fait ou vous fait des
reproches, il vaut mieux en parler avec un médecin formé à ces problèmes.
Sinon, vous risquez de vivre chaque rapport sexuel comme un examen de
passage à la fin duquel un jury se réunit pour donner des notes. La situation
se bloque et cela peut durer.
Il se peut que l’absence de désir et de plaisir soit liée à des facteurs
psychologiques remontant à l’enfance : éducation répressive, interdits,
histoire familiale traumatisante. Il arrive qu’une relation sexuelle réveille
des souvenirs enfouis d’attouchements, de violences, d’abus sexuels,
d’inceste subis dans l’enfance. On en connaît la fréquence aujourd’hui.
Rompre le silence est le premier pas vers une démarche psychologique.
Quand vous vous étonnez de ne pas éprouver tous les plaisirs à la fois,
ne croyez surtout pas que vous n’êtes pas normale. Il faut parfois un certain
apprentissage. Mais quel plaisir que cet apprentissage ! Il est fait de jeux, de
jeux du corps, de jeux amoureux où vous vous découvrez l’un l’autre dans
votre plaisir, dans votre vérité.

Homosexualité et bisexualité
L’inclinaison amoureuse vers un être du même sexe, l’homosexualité,
se conjugue au féminin comme au masculin. Il est difficile d’aborder les
émois, les amours, les relations homosexuelles sans être schématique. À
l’adolescence, les attirances homosexuelles sont fréquentes, elles sont alors
plus ou moins exclusives. On est attiré par son semblable. Une amie
inséparable, une amie de cœur peut troubler, et on se demande avec
angoisse : « Suis-je homosexuelle ? » Est-ce par peur de l’autre, de
l’inconnu ? Est-ce par curiosité, par provocation ?
Cela peut être transitoire, cela peut s’installer pour longtemps, pour
toujours. La plupart des adolescents qui font cette expérience resteront
homos-homos, d’autres seront bisexuels, d’autres seront ensuite hétéros. Il
est difficile de faire la part de la pression sociale et de son propre désir. Est-
ce important ?
L’homosexualité a longtemps été considérée comme une monstruosité,
contre nature. Puis elle a été jugée comme une maladie mentale qu’il fallait
guérir. On envoyait les garçons ou les filles atteints de cette prétendue
maladie chez le psychiatre pour les faire changer. Il n’y a pas plus de
névrosés ou de psychotiques chez les homos que chez les hétéros. Certains
parlaient d’une maladie d’origine hormonale. Il n’en est rien. On ne trouve
pas plus d’hormones mâles chez les filles lesbiennes que d’hormones
féminines chez les garçons homos.
Aujourd’hui, le débat s’est déplacé sur une possible origine génétique.
Cette opinion a été avancée par une équipe de chercheurs américains, mais
n’a absolument pas été confirmée par toutes les autres études. Il est vrai
que, pour certains homosexuels, une origine génétique serait moins
dérangeante que l’expression d’un choix, car il n’y aurait pas à se justifier.
Ce serait comme avoir les yeux bleus ou marron, on naîtrait homo. Enfin,
l’homosexualité n’est pas héréditaire : les enfants d’homosexuels/les ne
sont pas plus homos que les enfants d’hétéros.
Auparavant, le jugement sur l’homosexualité était si péjoratif qu’on
avait tendance à expliquer tous les passages à l’acte par des circonstances
extérieures, en somme par pénurie de partenaires de l’autre sexe et non par
attirance. On a longtemps aussi défini des circonstances familiales
favorisantes, une relation mère-fils fusionnelle, une fixation définitive au
premier objet d’amour, la mère pour les filles. Maintenant que les
homosexuels/les sortent de l’ombre, on voit mieux qu’il en existe dans tous
les milieux et dans toutes les situations familiales. On en voit dans les
familles les plus « normales », les plus traditionnelles. Les conditions qui
font qu’on devient homosexuel/le sont multiples. Si celui ou celle qui se
découvre homosexuel le vit bien, faut-il couper les cheveux en quinze pour
en trouver la cause ? Cherche-t-on la cause de l’hétérosexualité selon qu’on
est heureux ou malheureux ?
L’évolution des mentalités sur l’homosexualité a permis de mieux
reconnaître, de mieux identifier ses désirs homosexuels. Il est même
possible d’être heureux et fier d’être homo et de s’affirmer comme tel/le. La
question de savoir s’il y a plus d’homos aujourd’hui qu’hier est une
question d’historiens et de sociologues. L’évolution est loin d’être terminée.
Faire admettre aujourd’hui que ce n’est pas anormal reste encore une étape
difficile dans de nombreuses familles, qui craignent que leur enfant soit
marginal, minoritaire, différent, et qui lui renvoient le spectre d’un échec
social et relationnel. Cela reste donc une chose difficile à vivre, à dire à ses
parents. La crainte d’être jugé et surtout d’être rejeté reste très forte. Il y a
des lieux pour en parler, pour se rendre compte que la marginalité n’est pas
là où les familles la mettent.
Que la relation soit hétérosexuelle ou homosexuelle, le plus
important est qu’elle s’accomplisse par libre consentement et dans
une relation égalitaire. Homo ou hétéro, toute relation d’emprise et de
dépendance est à fuir.

Les abus sexuels


Le terme « abus sexuel » recouvre des pratiques sexuelles exercées sur
une personne non consentante, allant de l’attouchement jusqu’au viol.
L’enfant, l’ado ou l’adulte qui en est victime n’est plus traité comme un être
humain mais comme un « objet à procurer du plaisir ».
Parmi ces abus, l’inceste a lieu le plus souvent entre un parent masculin
et un enfant, quel que soit l’âge. L’enfant est pris au piège des jeux.
Normaux pour l’enfant, mais détournés par l’adulte au profit de ses
satisfactions sexuelles. L’adulte abuseur sait enfermer l’enfant dans la
culpabilité en lui faisant porter la responsabilité du dérapage, qui n’aurait
été que la réponse à la demande de câlins et de curiosité de l’enfant. Le
premier dégât est la relation fusionnelle qui se crée ainsi, dans laquelle ni le
corps ni l’esprit de l’enfant ne lui appartiennent.
La victime se tait par peur de son agresseur et par crainte de briser la
famille, par honte, par amour.
C’est un secret bien gardé, qui peut s’exprimer cependant par des
conduites dangereuses – difficultés scolaires, fugues, anorexie, tentatives de
suicide, prise de drogues – permettant une prise en charge de ces enfants.
Ces violences créent un traumatisme qui peut durer toute la vie. Dans nos
consultations de gynécologie, nous pouvons en repérer les traces dans la vie
affective et sexuelle de nos patientes.
Le viol est défini par les termes de la loi de 1980 comme « tout acte de
pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne
d’autrui, par violence, contrainte ou surprise ». 15,6 % des filles de 15 à
18 ans ont subi des rapports sexuels forcés, selon la statistique de l’ACSJ de
1995. Les auteurs des abus sexuels sont connus de la victime dans deux
tiers des cas. Ils font partie de l’entourage familial dans 17 % des cas.
Moins de 40 % des victimes ont pu en parler à quelqu’un au moment des
faits. Les abus sexuels s’accompagnent de violences physiques dans 20 à
30 % des cas. La révélation est faite dans le cadre de l’école dans 25 % des
cas.
Les circonstances du viol sont innombrables : agression par un inconnu,
agression au contraire par quelqu’un de connu qui profite de la confiance. Il
y a aujourd’hui des viols en groupe organisés, ou plus ou moins préparés au
cours de soirées arrosées de drogues multiples. Et puis on parle de plus en
plus de viols dans les collèges ou les lycées.
Malheureusement, au lieu de dénoncer son agresseur, la victime se sent
tellement dégradée et humiliée que, le plus souvent, elle n’en a pas la force.
Il faut savoir qu’un accueil est prévu pour la prise en charge psychologique
et médicale (risques de grossesse et MST) dans les hôpitaux.
Dans les commissariats, des femmes policiers sont formées pour ces
situations. Le témoignage de la victime est aujourd’hui enregistré en vidéo
afin qu’elle n’ait pas à répéter indéfiniment tout au long de la procédure ce
qu’elle a subi.

Le viol est un crime puni par la loi

Le viol n’est pas un délit, mais un crime qui relève de la cour


d’assises si le coupable a plus dix-huit ans, de la cour d’assises des
mineurs s’il a entre 13 et 18 ans. Si la victime est mineure, le procès a
lieu à huis-clos.
Il est puni de quinze ans de réclusion criminelle, mais de vingt ans
de réclusion criminelle :
– lorsqu’il est commis sur un mineur de moins de 15 ans ;
– lorsqu’il est commis par un ascendant légitime, naturel ou
adoptif ou par toute autre personne ayant autorité sur la victime ;
– lorsqu’il est commis par une personne qui abuse de l’autorité
que lui confèrent ses fonctions ;
– lorsqu’il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité
d’auteur ou de complice ;
– lorsqu’il est commis avec usage ou menace d’une arme.
Chapitre 3
La contra-
ception
Petite histoire de la contraception

Depuis la nuit des temps, les femmes étaient dépourvues de


contraception efficace. En France, une loi destinée à favoriser la
natalité a été votée en 1920, après la Première Guerre mondiale : elle
punissait de prison les femmes qui se faisaient avorter et ceux qui les
aidaient à le faire, qu’ils soient médecins ou non. Dans Affaires de
femmes, un film de Claude Chabrol, une femme est condamnée à mort
pendant la Seconde Guerre mondiale et décapitée à la hache pour
avoir pratiqué des avortements.
À cette époque, les femmes s’injectaient de l’eau vinaigrée dans le
vagin après les rapports pour essayer d’en chasser les
spermatozoïdes. Il n’existait aucune méthode efficace, sauf le
préservatif masculin, que les hommes français utilisaient peu : le coït
interrompu et les calculs de la période d’ovulation n’étant pas fiables,
les femmes attendaient chaque mois leurs règles avec angoisse car, si
elles ne pouvaient faire face à un enfant de plus, elles devaient
recourir à l’avortement. « Quand on fait ça, on a toujours un pied
dans la tombe », disaient-elles. Nombre de femmes mouraient en effet
des suites d’un avortement clandestin.
En Angleterre, des femmes ont lutté pour la contraception et ont
obtenu le droit d’utiliser des préservatifs féminins appelés
diaphragmes, sortes de disques en caoutchouc que les femmes
mettaient au fond du vagin et utilisaient avec un spermicide.
En 1956, des femmes et des hommes ont fondé le Mouvement
français pour le planning familial, qui continue de nos jours à être la
référence en matière de conseil en contraception.
En 1954, un scientifique américain, Pincus, a inventé la pilule,
donnant aux femmes la possibilité d’avoir des enfants seulement
quand elles le désiraient. Cette découverte a immédiatement
déclenché une furieuse bataille. D’un côté, de nombreux hommes et
femmes avaient envie de vivre leurs amours, leur sexualité et leur
destinée plus librement. De l’autre, des hommes politiques
(majoritairement de droite) et des hommes d’Église (le pape en tête)
s’inquiétaient pour la natalité et la défense des bonnes mœurs. Pis
encore, beaucoup de médecins criaient : « Nous n’avons pas à nous
occuper de contraception ! » Ça ne les empêchait nullement d’agiter
leurs épouvantails : « La pilule donne le cancer, elle rend frigide,
quand on l’oublie on est automatiquement enceinte, et de triplés. Ça
peut donner des monstres », etc.
Ce qu’ils disaient sur les dangers de la pilule ne reposait sur
aucune expérience. Le seul danger qu’ils n’avaient pas évoqué est
apparu plus tard : de graves accidents circulatoires liés à certaines
anomalies sanguines que l’on peut détecter par une prise de sang.
Elles sont une contre-indication à la prise de la pilule.
Aujourd’hui, cette grande guerre est finie, et l’usage de la pilule
est très répandu. Cependant, les fées Carabosse veillent. Elles
profèrent toujours leurs malédictions. Nous aborderons plus loin
(p. 118) les grandes peurs qui ont la vie dure…

Autrefois, quand venaient les premières règles, les mères disaient à leur
fille : « Maintenant, tu peux être enceinte. Fais attention aux garçons. »
Aujourd’hui, les attitudes sont plus variées. Certaines mères disent :
« prends la pilule, exige le préservatif. » Parfois même, elles conseillent
d’aller voir une gynécologue. Dans d’autres familles, on reste très strict et il
est entendu ou sous-entendu qu’il ne doit pas y avoir de relations sexuelles
avant le mariage ou avant que la jeune fille soit absolument sûre qu’elle a
rencontré l’homme de sa vie. Bien souvent aussi on reste dans le flou, le
non-dit. Les parents se doutent, ils ne veulent pas savoir.

Enceinte dès la première fois ?

Les statistiques nous apprennent que 10 à 20 % des premiers


rapports sexuels ont lieu sans aucune contraception. Ce qui est très
inquiétant puisque, contrairement aux idées reçues, on peut tomber
enceinte dès le premier rapport.

Quant aux adolescentes, elles ne prennent pas conscience tout de suite


de la réalité. Certaines pensent que ça ne peut pas leur arriver, à elles. Ce
qui occupe leurs rêves, c’est d’être amoureuses et d’être aimées. Elles ne
veulent pas penser à ces contraintes trop réalistes. Et pourtant, souvent, la
réalité confronte à des situations où le rêve n’a brutalement plus de place.
L’ambiguïté des médias

Pourquoi ne voit-on jamais la moindre publicité pour la


contraception dans un lieu public, dans un journal, dans les
pharmacies ? Tout simplement parce que, dans la France de l’an
2001, règne toujours une loi de 1920 interdisant la moindre publicité
sur ce sujet. On a fait une exception pour le préservatif dans la lutte
contre le sida. C’est une situation aberrante.

Le préservatif masculin
Outre sa fonction de contraceptif, c’est le meilleur moyen de se protéger
contre les maladies sexuellement transmissibles. Pas besoin d’un médecin
pour l’obtenir ! À l’heure du sida, c’est sans aucun doute la protection la
plus efficace. Mais pour que l’efficacité soit maximale, il faut lui donner
toutes ses chances : il faut savoir le mettre, et aussi l’enlever.
S’il est vrai que les sensations ne sont pas les mêmes avec et sans, la
qualité des préservatifs a beaucoup évolué et certains sont extrêmement
fins. L’utilisation de spermicides peut faciliter la pénétration et améliorer
encore l’efficacité du préservatif.
Si l’image du préservatif est devenue positive pour beaucoup de jeunes,
pour d’autres elle reste péjorative : c’est l’objet qui protégeait les hommes
fréquentant des prostituées, le symbole d’une vie sexuelle trouble,
clandestine. Cette image négative est visible dans le nom qu’on lui donne :
si, en France, les capotes s’appellent anglaises, c’est parce que l’Angleterre,
la perfide Albion, était autrefois l’ennemi héréditaire. Le préservatif est un
mal-aimé…

Comment faut-il utiliser le préservatif ?


Il faut que l’érection soit suffisante pour dérouler délicatement le
préservatif sur le pénis : il est vrai que cela interrompt les préliminaires,
mais on peut en profiter pour en faire un jeu amoureux. Il doit être
impérativement mis avant toute pénétration. Le mettre au dernier moment,
juste quand l’homme sent qu’il va bientôt éjaculer, est bien trop risqué. Des
spermatozoïdes de la précédente éjaculation peuvent être fécondants. Enfin,
dès que l’éjaculation s’est produite, l’homme doit se retirer en maintenant le
préservatif fermement à la racine du pénis pour qu’il n’y ait pas de fuites de
sperme. C’est à cause de ce risque de fuites que l’usage d’un spermicide
(« tueur de spermatozoïdes ») apporte une seconde sécurité.
LE PRÉSERVATIF

Les spermicides existent sous différentes présentations :


– Sous forme de crème en capsule unidose ou en tube.
– Sous forme d’ovules et de tampons. Déposés au fond du vagin avant
la pénétration avec préservatif, ils constituent une sécurité supplémentaire.
La crème peut rendre l’introduction plus facile car elle est lubrifiante.
Certains spermicides sont efficaces contre des agents responsables de MST.
Cependant, que ce soit pour éviter les infections ou comme contraception, il
n’est pas question d’utiliser le spermicide seul : chez le jeune homme, les
spermatozoïdes hyperperformants sont capables de traverser tous les
barrages tant ils sont vigoureux et mobiles.

Que faire si un préservatif craque ?

Si on prend la pilule, il n’y a pas de risque contraceptif. Il est


conseillé de mettre un spermicide pour son action anti-MST.
Si on ne prend pas la pilule, il faut prendre la pilule du
lendemain et un ovule spermicide pour son l’action anti-MST.

Certains amoureux utilisent le préservatif dans les premiers temps. Au


bout de trois mois, quand la relation continue dans un climat de confiance et
que les tests VIH sont négatifs, on vient demander la pilule et, le plus
souvent, le préservatif masculin est abandonné. S’il n’y a pas de relations
avec une autre personne, d’un côté comme de l’autre, c’est très bien. Mais
combien de fois la pilule est-elle arrêtée, le préservatif irrégulièrement
utilisé et c’est l’accident : « Je n’avais plus de pilules, je devais aller chez le
médecin et puis… »

La pilule
On sait depuis plus de quarante ans qu’en donnant aux femmes dès le
premier jour des règles un mélange des deux hormones ovariennes, on
bloque l’ovulation. C’est comme si on mettait un frein sur l’hypophyse et
l’ovaire. Mais comme tout freinage, il doit être commencé suffisamment tôt
pour être efficace. Et comme dans tout freinage, il ne faut pas lever le pied,
c’est-à-dire ne pas oublier de prendre la pilule. Si on prend la pilule sans
l’oublier, elle est efficace à 100 %.
La pilule agit à plusieurs niveaux. Son action essentielle est de bloquer
l’ovulation en empêchant que l’ovule ne mûrisse. Elle diminue les
sécrétions du col : la glaire cervicale devient plus épaisse et les
spermatozoïdes ne peuvent plus la franchir. Enfin, la prise de la pilule
supprime les qualités d’accueil de la muqueuse qui tapisse l’intérieur de
l’utérus : trop mince, celle-ci devient incapable de recevoir un œuf.

Que contient la pilule ?


La majorité des pilules contiennent la copie chimique d’un mélange des
deux hormones sécrétées par l’ovaire, l’œstradiol et la progestérone. Ce
sont des œstrogènes et de la progestérone obtenus par synthèse en
laboratoire. Quand le mélange est identique pendant toute la plaquette, on
parle de pilules combinées ou monophasiques. Quand la plaquette contient
deux rangées de pilules différentes, on les appelle biphasiques ou
séquentielles. Enfin, il existe des pilules où le mélange varie trois fois : ce
sont les tri-phasiques.
Ainsi, selon les quantités de chacun des deux produits, on obtient des
pilules qui ont des caractères différents. Le médecin choisira celle qui lui
paraît la plus adaptée au fonctionnement de chaque femme. En France la
pilule n’est délivrée que sur ordonnance.

À qui demander la pilule

Il faut voir un médecin, généraliste ou gynécologue, dans un


centre de planning ou en consultation privée. En vous posant
quelques questions sur votre santé, sur celle de vos parents, il
disposera d’éléments importants pour identifier les très rares contre-
indications absolues à la prise de la pilule, qui sont les suivantes :
• l’hypertension artérielle, qui peut exister chez des jeunes
(l’origine en est souvent génétique ou familiale) et certaines maladies
de cœur ;
• les antécédents personnels de phlébite, qui n’existent pas chez
les ados ;
• certains diabètes et surtout des taux anormaux de graisses dans
le sang, eux aussi d’origine génétique : des accidents familiaux ou
maternels de phlébite, de thrombose, c’est-à-dire de formation de
caillots qui peuvent bloquer la circulation. Ces antécédents familiaux
doivent faire demander des examens spéciaux pour voir si le sang
n’est pas trop coagulable, ce qui est une vraie contre-indication à la
pilule. Ceci peut s’accompagner ou non d’un excès de graisses dans
le sang, contre-indiquant également la pilule.

Faut-il voir une gynéco avant de prendre la pilule ?


Non, nous venons de voir qu’avant de prendre la pilule il faut voir un
médecin pour dépister les rares contre-indications médicales. Les contre-
indications gynécologiques sont exceptionnelles chez les adolescentes qui
ont déjà leurs règles. Mais, pour l’examen gynécologique, pour le dépistage
des infections, dans la majorité des cas, une gynéco semble plus adaptée
que le médecin de famille ou le pédiatre.
De toute façon, ce n’est pas parce qu’on est devant une gynéco que
l’examen gynécologique est obligatoire. Si vous n’avez jamais eu de
rapports sexuels ou si vous n’êtes pas prête, ce sera pour la fois suivante.

Est-ce qu’il y a des examens à faire pour savoir quelle


pilule convient ?
Non, il n’y a pas de test sanguin indiquant que telle pilule ira à telle
personne. Par contre, un certain nombre d’éléments vont guider le médecin
dans le choix de votre pilule. Il va ainsi vous poser une série de questions
sur la façon dont se passent vos règles (leur régularité, leur abondance), et
sur les symptômes que vous présentez avant leur arrivée (seins douloureux,
poussée de boutons d’acné).
Grâce à ces renseignements, il vous prescrira une pilule qui, en plus de
son effet contraceptif, sera adaptée à votre fonctionnement hormonal et
pourra même corriger certains troubles. On L’a vu, certaines pilules sont
bonnes pour la peau et soignent l’acné, d’autres arrivent à calmer les seins
douloureux. Ce n’est pas toujours aussi réussi. En général, il faut attendre la
troisième plaquette pour que l’adaptation à la pilule se fasse. Si ce n’est pas
le cas, on en change.

La pilule fait-elle grossir ?


Quel que soit leur âge, que les jeunes filles, les jeunes femmes soient
minces ou moins minces, c’est la question. C’est dire son importance. Les
premières pilules, il y a très longtemps, faisaient souvent grossir et cela
s’est gravé dans les mémoires depuis trois générations. Elles contenaient
dix fois plus de produit que celles qui sont proposées aujourd’hui.
De nos jours, il est rare que la pilule fasse grossir. Et comme il n’y a pas
de justice, c’est presque toujours les filles un peu rondes qui grossissent
alors que les minces ne prennent pas un gramme. Parfois, seuls les seins
augmentent de volume. Certaines en sont ravies, d’autres l’acceptent mal.
De toute façon, si une prise de poids se produit, il ne faut pas l’accepter.
Il faut absolument revoir le médecin pour comprendre ce qui se passe et
changer de pilule. Avec les pilules disponibles actuellement, la prise de
poids est rare. Si cela continue après plusieurs essais, on peut conseiller une
autre contraception hautement efficace, comme le préservatif avec des
spermicides.
Cette peur de grossir est souvent exprimée comme une fatalité : comme
s’il fallait payer un bien, la pilule, par un mal, les kilos. Il est très utile
d’exprimer ses peurs car, la plupart du temps, il y a une solution. C’est
pourquoi le médecin doit toujours les prendre au sérieux.

Comment faut-il prendre la pilule ?


La prescription habituelle est la suivante : à partir du premier jour des
règles, prendre un comprimé pendant 21 jours au coucher ou au lever sans
oubli. C’est à vous de choisir le moment de la journée où vous risquez le
moins d’oublier, de façon que la pilule soit prise toutes les vingt-quatre
heures environ.

LA PILULE
Arrêter 7 jours et recommencer sans tenir compte des règles. Une fois
qu’on a commencé la pilule, le rythme de la prise est de 21 jours de pilule,
suivis de 7 jours d’arrêt.
Certaines pilules récentes se prennent en continu : dès que la plaquette
est terminée, on utilise la plaquette suivante sans interruption. Il est
impératif de débuter la prise le premier jour des règles, ensuite on ne
s’occupe pas des règles pour la reprendre, d’autant que parfois il peut ne
pas y avoir de règles du tout.

Que vais-je ressentir en prenant la pilule ?


Le plus souvent, rien. Parfois, quelques sensations de tension au niveau
des seins, peut-être quelques nausées les premiers jours. C’est plutôt rare
avec les faibles dosages des pilules actuelles. Des saignements peuvent se
produire, il faut en être prévenue. Ce sont de simples taches dans la culotte,
comme des petites règles : elles sont dues au fait que la muqueuse qui
tapisse l’intérieur de l’utérus reçoit une dose d’hormones plus faible que
quand vous ne preniez pas la pilule. Quand on démarre la pilule, il faut un
certain temps pour que la muqueuse s’adapte à une dose inférieure. Cette
adaptation se fait en un ou quelques cycles.
Une autre cause fréquente de saignement est l’oubli de la pilule : la
muqueuse n’a pas reçu sa dose habituelle d’hormones ! C’est souvent
comme cela qu’on s’aperçoit qu’on en a oublié une ou plusieurs ! Pour la
conduite à tenir, voir ci-contre.
Si des saignements persistent malgré une prise correcte, si vous avez
mal au ventre, si vous avez des pertes blanches inhabituelles, appelez votre
médecin. Si tout est normal, il conseille de prendre une autre pilule, un peu
plus forte ou à dosage progressif, et les saignements doivent cesser.
Le phénomène inverse est l’absence de règles à la fin de la plaquette.

Que faire en cas d’oubli ?

Tout dépend.
• Si vous êtes en retard de moins de 12 heures.
Vous restez protégée. Il suffit de prendre immédiatement la pilule
en retard et celle du jour, ce qui Vous fait deux pilules le même jour.
• Si vous êtes en retard de plus de 12 heures.
S’il vous reste sept comprimés ou plus dans la plaquette, prenez la
pilule oubliée et celle du jour, ce qui vous fait prendre deux pilules le
même jour, comme dans le cas précédent. Continuez la plaquette
normalement en utilisant en même temps une autre contraception
(spermicide, préservatif) jusqu’à la fin de la plaquette, car la
contraception par la pilule ne redeviendra efficace qu’à partir de la
plaquette suivante.
S’il vous reste moins de sept pilules dans la plaquette, il vous faut
prendre la pilule oubliée, celle du jour, utiliser une autre
contraception pendant sept jours et enchaîner avec une nouvelle
plaquette sans faire d’arrêt.
Si vous avez oublié de reprendre votre pilule après l’arrêt,
attention, reprenez-la et utilisez un préservatif pendant quinze jours.
En cas d’oubli de la pilule microprogestative plus de 12 heures :
s’il y a eu un rapport sexuel non protégé dans les 72 heures
précédentes, prendre la contraception d’urgence, sinon prendre la
pilule oubliée, continuer la prise et utiliser de plus le préservatif
pendant 15 jours.

N’est-ce pas inquiétant de ne pas avoir de règles ?


S’il n’y a pas eu d’oubli, non. L’explication de l’absence de règles est la
suivante. La pilule empêche la sortie de l’ovule de l’ovaire. Elle a
également une action sur la paroi interne de l’utérus. Or, les règles sont
l’élimination de cette paroi interne, la muqueuse utérine, qui tel un gazon
pousse tous les mois.
Quand on prend la pilule, ce « gazon » pousse beaucoup moins. Cela
explique que les règles soient moins abondantes sous pilule. Parfois, il ne
pousse pas du tout : pas de muqueuse à éliminer, pas de règles. Cette
absence crée toujours une surprise. Même quand on est prévenue, cela
réveille des angoisses sur l’efficacité de la pilule. De plus, les règles sont
depuis toujours le témoin que l’on fonctionne normalement : ne pas avoir
ses règles… ne serait-ce pas un dérèglement ?
Répétons-le, s’il n’y a pas eu d’oubli, ce risque n’existe pas. Il y a
toujours la possibilité de se rassurer en faisant un test de grossesse, qui est
toujours négatif, mais ça revient un peu cher. S’il n’y a pas de règles du tout
pendant quelque temps, il suffit de changer de pilule.

Est-ce que la pilule est efficace dès qu’on la prend ?


Totalement si elle a été commencée le premier jour des règles.

Est-on protégée pendant les sept jours d’arrêt ?


Si on la reprend bien après les sept jours d’arrêt, il n’y a aucun
problème. Si on dépasse ce délai, on risque de supprimer le freinage de
l’hormone hypophysaire, donc de lui permettre de déclencher l’ovulation.
Ces deux dernières questions, très souvent posées, paraissent exprimer une
difficulté à croire à l’efficacité de la pilule, comme si c’était trop beau pour
être vrai.
Il est important de savoir que, si on arrête la pilule parce qu’on est
séparée de son amoureux pendant le mois de vacances, on peut se retrouver
dans une situation à risques. En effet, quand on arrête la pilule, les règles ne
reviennent pas forcément juste quatre semaines après l’arrêt. On est donc
sans repères, et on court le risque d’avoir un rapport au moment de
l’ovulation avant d’avoir pu reprendre la pilule. Dans cette situation, il faut
systématiquement utiliser des préservatifs.

Est-il vrai qu’elle donne des boutons et des poils ?


C’est une inquiétude qui vient de l’époque d’avant la pilule, lorsqu’on
ne disposait que d’un petit nombre d’hormones pour traiter certaines
maladies gynécologiques. Certaines de ces hormones avaient un effet
androgénique (comme les hormones mâles) : elles provoquaient une
augmentation de la pilosité, essentiellement au niveau du visage. La peur de
ces poils au menton avec leur effet désastreux a été si forte qu’elle s’est
transmise à travers des générations de femmes.
La pilosité est variable chez chacune. Il est très fréquent d’avoir une
petite ligne de poils du pubis au nombril, il est fréquent d’avoir quelques
poils au niveau des seins. Ne parlons pas des bras et jambes. Tout cela est
ressenti comme superflu. Il est normal que l’on souhaite que la pilule
n’augmente surtout pas cette tendance spontanée. C’est pourquoi, quand la
pilosité est plutôt accentuée, la gynécologue choisit dans la gamme
proposée une pilule qui a un effet anti-hormones mâles. Il arrive souvent
que les dermatologues nous demandent de prescrire ce genre de pilule à des
filles qui ont de l’acné et un excès de pilosité. Le résultat est souvent
spectaculaire.

La pilule peut-elle provoquer des troubles de la


circulation ?
Les problèmes de varices, de jambes lourdes, de pieds et de mains trop
chauds ou trop froids, ces « problèmes de circulation » n’ont que peu de
rapports avec des problèmes hormonaux. En ce qui concerne les varices, qui
sont parfois héréditaires, les minipilules d’aujourd’hui ne les accentuent que
rarement. Il faut avoir une activité physique, il ne faut pas porter de bottes
serrées.

Est-ce qu’on peut décaler ses règles ? Ça ne m’arrange


pas du tout de les avoir le jour de mon examen ou pendant les
vacances.
Il est exact que, grâce à la pilule, vous pouvez décider de retarder vos
règles. Ce qui peut être utile pour des raisons diverses : examen, voyage,
etc.
Quand vous prenez une pilule combinée (toutes les pilules de la
plaquette sont identiques, comme nous l’avons vu plus haut), il suffit
d’enchaîner avec la plaquette suivante sans aucun arrêt et de la continuer
jusqu’au moment où vous voulez avoir vos règles. Quelle qu’ait été la durée
de la prise, l’arrêt qui suit doit, comme d’habitude, être de sept jours.
Si les pilules de la plaquette ne sont pas identiques, il faut enchaîner
avec les pilules de la même couleur que celles de la plaquette qu’on vient
de terminer.

Des astuces pour ne pas oublier

Plus on est motivée, plus on apprécie la liberté qu’offre la prise


de la pilule et moins on l’oublie. Ce n’est cependant pas si simple, et
il faut réfléchir à ce qui favorisera le plus la régularité de la prise.
Vous pouvez placer la plaquette dans votre verre à dents, à
condition que vous vous laviez les dents tous les soirs. Ou plutôt dans
votre sac, afin qu’elle soit disponible si vous ne rentrez pas chez vous
au dernier moment. Il y a aussi des montres qui sonnent toutes les
vingt-quatre heures, mais il faut supporter ce rappel à l’ordre, parfois
en public.
Vous pouvez encore décider de la prendre le matin pour vous
apercevoir plus vite d’un oubli.
Depuis peu, il existe des pilules qu’on prend tous les jours sans
interruption, ce qui évite de s’angoisser sur le jour de la reprise.

Il paraît qu’il existe une micropilule. Qu’est-ce que c’est ?


Ce sont des pilules très faiblement dosées à la progestérone. Elles
doivent être prises tous les jours à la même heure, parce qu’elles ont
l’inconvénient de ne pas être efficaces à 100 % et de perturber très souvent
le cycle : règles espacées ou, au contraire, saignements permanents. Si on
l’oublie, il faut prendre d’autres précautions pendant dix jours. Imaginez ce
qui se passe si on l’oublie une fois tous les dix jours…
Cette micropilule progestative est réservée à la contraception au cours
de l’allaitement. Elle ne nous paraît pas du tout adaptée aux adolescentes.
Une nouvelle micropilule progestative vient d’être mise sur le marché :
elle n’aurait pas les inconvénients des précédentes. À suivre…

Existe-t-il des pilules qu’on ne prend pas tous les jours ?


Il existe d’autres contraceptions hormonales moins contraignantes :
– L’implant, que le médecin place sous la peau, diffuse régulièrement la
quantité d’hormones nécessaire pour bloquer l’ovulation ; il est efficace
pendant trois ans.
– Le patch contraceptif est collé sur la peau, une fois par semaine, 3
semaines sur 4.
– Le Nuvaring est anneau vaginal qu’on place pendant 3 semaines, une
semaine sans rien et on recommence.
– Enfin, il existe depuis longtemps des injections intramusculaires que
l’on fait tous les 3 mois. On les utilise dans certains pays pour des
populations défavorisées ou considérées incapables de discipline. Elles sont
peu utilisées en France.

Qu’est-ce qui est le plus efficace : le préservatif ou la


pilule ?
En ce qui concerne la contraception, utilisé correctement et à chaque
rapport, le préservatif est efficace à 97 %. Il arrive juste derrière la pilule,
efficace à 100 % s’il n’y a pas d’oubli (voir). Outre sa grande efficacité
contraceptive, il est la seule arme contre les MST.

Pourquoi la pilule fait peur


Les hormones sexuelles ont toujours fait peur. D’autres hormones,
comme la thyroxine (l’hormone de la thyroïde) ou l’insuline (celle du
pancréas), n’inspirent pas les mêmes craintes. Mais les hormones sexuelles,
ces substances qui orientent le sexe et la sexualité… ça sent peu ou prou le
soufre. Non seulement la pilule contient un mélange des deux hormones
sexuelles féminines, mais encore elle permet de dissocier l’acte sexuel de la
procréation, c’est-à-dire de faire l’amour sans risque de grossesse. Même si
on se sent libérée, on n’est jamais totalement à l’abri de la culpabilité, donc
de la crainte d’un châtiment pour avoir passé outre la nature, d’être punie là
où on aurait péché.
Les grandes peurs d’aujourd’hui sont la peur du cancer, la peur de
l’infertilité. Même si toutes les femmes ne posent pas ces questions, elles se
les posent, y compris les jeunes filles. Le médecin ne doit pas éluder ces
interrogations fondamentales, il doit au contraire les débusquer derrière des
questions plus anodines.

► Pilule et tabac
Dans le mariage de la pilule et du tabac, ce dernier est de très très loin
le plus dangereux. Il serait meilleur pour la santé que le tabac ne soit
prescrit que sur ordonnance et que la pilule soit en vente libre !
Prendre la pilule multiplie par 4 le risque d’infarctus du myocarde.
Mais attention, il ne faut pas paniquer car, même si le risque augmente, le
chiffre est de moins de 50 cas pour 1 million de femmes par an. Ce risque
ne commence à jouer qu’à partir de 35 ans.
Si la femme sous pilule est hypertendue, ce risque est multiplié par 68.
Si la femme fume, le risque est multiplié par 87 après 35 ans. En
conclusion, à partir de 35 ans il y a contre-indication à la pilule chez les
fumeuses.
En conclusion, pour l’adolescente fumeuse, il vaut mieux prendre la
pilule que ne pas la prendre et courir le risque d’une grossesse et d’une
IVG.

Les risques du tabac


Autrefois, quand les femmes ne fumaient pas, elles n’avaient pas de
cancer du poumon, et elles n’avaient pas d’infarctus du myocarde avant La
ménopause. Aujourd’hui, la quasi-parité homme-femme en matière de
tabagisme fait que la fréquence des cancers du poumon augmente chez les
femmes de même que celle de l’infarctus du myocarde, indépendamment de
toute prise de pilule. Le risque est proportionnel au nombre de cigarettes
fumées.
Et si on arrêtait de fumer

En tout cas, le début de la contraception peut être une nouvelle


façon de se prendre en charge et une occasion de mettre en pratique
la décision d’arrêter de fumer. Il y a des lieux, il y a des liens, un
challenge entre copains. (voir adresses)

Aurélie vient demander une prise de sang qui permettrait de trouver la pilule
compatible avec son paquet de cigarettes quotidien. Au cours de la consultation, il apparaît que
le risque du mélange tabac-pilule, qu’elle ne formule d’ailleurs pas précisément, lui cache
complètement les dangers du tabac seul, qu’elle n’envisage pas d’arrêter.

Il est troublant pour les médecins de constater que l’ennemi principal, le


tabac, laisse les adolescentes indifférentes et que seule sa compagne, la
pilule, fait peur. La pilule serait-elle un plus mauvais objet que la cigarette ?
Lorsque nous vous prescrivons une pilule contre l’acné ou pour des règles
douloureuses, en somme pour des raisons autres que contraceptives, vous
nous parlez beaucoup moins du tabac que lorsque la pilule est prescrite
simplement pour faire l’amour sans risque de grossesse. Derrière la peur de
l’association pilule-tabac, n’y aurait-il pas d’autres peurs, telle celle de se
lancer dans une relation totale, amoureuse et sexuelle, avec l’autre ?

► Pilule et cancer
En ce qui concerne le cancer, depuis plus de quarante ans, le recul est
suffisant pour pouvoir affirmer que cette peur ne repose sur aucun
fondement réel. Au contraire, la pilule prémunit contre le cancer de
l’ovaire. Elle met en effet l’ovaire au repos, donc le protège.
Une sonnette d’alarme a été tirée un court moment, quand on a trouvé
un peu plus d’anomalies du col de l’utérus chez les femmes qui prenaient la
pilule. On s’est vite aperçu que la pilule n’était pas seule en cause.
Pour ce qui est du cancer du sein, l’augmentation de sa fréquence est
multifactorielle : l’alimentation, la pollution, le tabac, l’hérédité, le niveau
socioculturel (les épouses de président américain semblent plus touchées
que leurs domestiques noires). Dans tous ces facteurs de risques, la part de
la pilule est bien insignifiante. D’année en année, les médecins étudient
attentivement les statistiques pour vous tenir informées.

Les femmes sous contraception


sont mieux protégées que les autres

La prise de la pilule accompagne un certain nombre de facteurs


de risques : rapports sexuels plus jeune, avec plus de partenaires,
tabagisme dès l’adolescence. Tout cela exprime l’évolution des
mœurs, la pilule en fait partie mais n’en est pas la cause.
En contrepartie, la contraception a amené de plus en plus de
jeunes femmes chez les médecins, et notamment chez les
gynécologues. Grâce à ces nouvelles habitudes, la surveillance
médicale a permis de dépister des lésions précancéreuses de plus en
plus tôt et de prévenir les MST.

► Pilule et infertilité
Une pilule longuement utilisée dans les années 1970 s’appelait
Stédiril®, et le lapsus Stéridil (qui évoque « stérile ») était très fréquent. En
outre, le dispositif intra-utérin s’appelle stérilet. D’où des malentendus.
Si, aux tout débuts de l’avènement de la pilule, on brandissait la menace
de grossesses multiples en cas d’oubli, aujourd’hui c’est l’inverse.
Beaucoup de femmes redoutent que la prise de la pilule ne soit responsable
d’une infertilité.
La contraception féminine s’est si largement répandue (en France deux
femmes sur trois l’utilisent) que de nouvelles façons de penser sont nées.
Celles-ci ne correspondent pas toujours à ce qui se passe dans la profondeur
des esprits et des corps. Femmes et hommes se sont tellement habitués à
maîtriser la contraception, c’est-à-dire la non-conception, que petit à petit a
germé l’idée que, pour commander une grossesse, il suffisait d’arrêter la
pilule.
Aujourd’hui, quand on désire un enfant, si la commande n’est pas livrée
au moment où on l’avait programmée, on se sent mal, on se sent anormale
et on se croit stérile. Si on a pris la pilule, on se demande inévitablement si
la prise de pilule n’en est pas la cause.
À l’arrêt de la pilule, les ovaires des femmes ne se réveillent pas avec la
même rapidité. Les règles peuvent avoir quelques jours, voire quelques
semaines de retard. Selon la date de la reprise de l’ovulation. Après l’arrêt,
on retrouve en général les cycles qu’on avait auparavant. Si les cycles
étaient irréguliers, ils redeviennent irréguliers et la pilule n’y est pour rien.

Comme beaucoup de qualités, la fertilité n’est pas uniformément


distribuée. Il existe une grande différence entre les femmes.
Indépendamment de toute prise de pilule, telle femme sera enceinte du
premier coup, telle autre mettra plus d’un an à « tomber enceinte ». Il n’y a
pas de test pour savoir si on est un peu, beaucoup, passionnément ou pas du
tout fertile. Jamais la pilule n’a été à l’origine d’une infertilité.
Ce qui est vrai, c’est que la prise de la pilule pendant des années peut
masquer une difficulté à être enceinte. Celle-ci ne se découvrira que
lorsqu’on aura arrêté la pilule. On peut comprendre que les femmes
auxquelles c’est arrivé n’aient pas une bonne image de la pilule.
La pilule ne fait qu’empêcher l’ovulation. Pour qu’une grossesse
s’installe, l’ovulation ne suffit pas, le mécanisme est beaucoup plus
complexe. Il faut que l’ovule rencontre un spermatozoïde performant, qui a
pu monter dans l’utérus et arriver jusqu’à la trompe (ce canal entre l’ovaire
et l’utérus), dans laquelle la fécondation va avoir lieu. Ensuite cet œuf
fécondé doit quitter la trompe, descendre dans l’utérus et trouver une place
bien préparée pour que la nidation puisse se faire et qu’une grossesse
s’installe.
Tous ces mécanismes ne se rétablissent pas en même temps, chaque
femme a son rythme ovarien. La médecine dispose aujourd’hui de
médicaments capables de faire ovuler des femmes qui présentent de graves
troubles de l’ovulation.
On sait que la fertilité décroît progressivement. Après 35 ans, elle
amorce une descente, avec de grandes variations individuelles. Il y a des
femmes qui ont leur petit dernier à plus de 40 ans. D’autres qui, lorsqu’elles
essaient après 35 ans, ont beaucoup de problèmes pour être enceintes.
Y a-t-il un danger à être enceinte juste après l’arrêt de la
pilule ?
Aux tout débuts de la pilule, les médecins recommandaient d’attendre
six mois par prudence. Puis, quand il a été vérifié que dans la plupart des
cas les ovaires se remettaient à fonctionner rapidement, le délai s’est
raccourci. Aujourd’hui, il est conseillé d’attendre d’avoir une fois ses règles
après l’arrêt de la pilule.
Le plus important est de savoir que, si une grossesse s’installe tout de
suite après l’arrêt de la pilule, il n’y a jamais de danger pour l’enfant : ou
l’ovaire a parfaitement repris son activité et il va s’occuper parfaitement de
la grossesse ; ou bien la grossesse va s’interrompre faute d’un soutien
ovarien suffisant. Ce sera une fausse couche précoce. Jamais la prise de la
pilule n’a provoqué de malformations.

La pilule du lendemain
Pendant longtemps, prendre une contraception après un rapport « à
risques » a consisté à prendre des doses d’hormones plus importantes que
dans une plaquette de minipilules. Aujourd’hui, il n’en est plus ainsi. Il
existe maintenant une pilule appelée Norlevo®. Elle agit au niveau de la
muqueuse utérine en empêchant la préparation à l’implantation d’un œuf
fécondé. Il semble qu’elle ait également une action sur l’ovulation.

Comment la prend-on ?
La boîte contient deux comprimés de progestatif. Il faut prendre le
premier comprimé le plus près possible du rapport à risques, le second
douze heures après. Ces produits ne donnent que peu d’effets secondaires.
Les règles se déclenchent soit un peu plus tôt que prévu, soit à la date
attendue. Si les règles ne surviennent pas cinq jours après cette date, il faut
faire un test de grossesse.
L’efficacité de la pilule du lendemain

Cette technique, aussi précieuse soit-elle, n’est pas efficace à


100 %. Son efficacité varie en fonction du moment où on la prend :
– prise dans les premières 24 heures, elle est de 95 % ;
– après 72 heures, elle tombe à 54 %.
C’est pourquoi les chiffres les plus récents parlent d’une efficacité
moyenne de 90 %. Il reste donc 10 % d’échec.

Comment se la procurer ?
Depuis l’été 1999, il est possible de se la procurer dans les pharmacies,
sans médecin, et sans ordonnance. Il est même possible de la demander en
cas d’urgence à l’infirmière de l’établissement scolaire, ce qui devrait
favoriser la rapidité de la prise. Rappelons au passage que l’infirmière
scolaire est tenue au secret médical, de même que tous les médecins.
Il est bon d’avoir la pilule du lendemain à portée de main quand on
utilise le préservatif masculin. En cas d’accident, cela permet de la prendre
immédiatement. L’efficacité sera maximale.

Peut-on la prendre souvent ?


La pilule du lendemain est très appréciable en cas de rapports très
espacés ou surtout non prévus. La prendre plusieurs fois de suite perturbe le
cycle, on se retrouve alors sans repères. On ne sait plus quand commencer
sa plaquette. D’où un risque réel de grossesse.
Dans une relation suivie, s’il faut prendre quatre ou cinq fois dans le
mois la pilule du lendemain, pourquoi ne pas prendre la pilule tous les
jours ? La pilule prise 21 jours sur 28 apporte une sécurité, une liberté
incomparables.
Un immense progrès

Il aura fallu du temps pour que cette pilule du lendemain soit mise
librement à la disposition des femmes. C’est en 1958, à la suite d’un
viol de religieuses dans l’ex-Congo belge, que des médecins sur place
ont eu pour la première fois l’idée de prescrire de fortes doses
d’œstrogènes. Ainsi, des grossesses ont été évitées. Le succès de cette
technique a été diffusé et des médecins, des gynécologues en
particulier, ont commencé à l’employer. Petit à petit, on a constaté
qu’elle était efficace si elle était prise au plus tard 72 heures après le
rapport. Ainsi, pendant longtemps, on a prescrit quelques comprimés
de Stédiril® en cas de nécessité. Cela se faisait mais, officiellement,
on en parlait peu.
Cette contraception dite d’urgence est sans aucun doute un
immense progrès. Elle va évoluer dans les années à venir.

Les contraceptions locales

► Le stérilet
Le stérilet est une méthode de contraception locale que l’on appelle
aussi dispositif intra-utérin. Il a des formes diverses ; la lettre T, le chiffre
7… Il est en plastique, en polyéthylène, et comporte en outre du cuivre, du
platine ou de la progestérone. Efficace à 98 %, il est placé par le médecin à
l’intérieur de l’utérus au moment de la fin des règles.
Sa présence empêche la muqueuse utérine de se préparer pour
l’installation d’un ovule fécondé. Il exerce donc une entrave à la nidation.
De plus, la présence du stérilet dans l’utérus provoque des contractions au
niveau des trompes. Ces dernières sont agitées de mouvements trop rapides
et l’ovule ne peut se gorger de réserves pour être en pleine forme au
moment de sa rencontre avec les spermatozoïdes qui se dirigent vers lui.
L’inconvénient du stérilet est qu’il rend plus vulnérable aux infections.
Il se trouve à l’intérieur de l’utérus, mais un fil de Nylon attaché à son
extrémité inférieure descend un peu dans le vagin, où peuvent se trouver
des germes susceptibles de déclencher des infections. La présence du fil
facilite la montée des germes. Des cas d’infection des trompes (salpingites)
entraînant des infertilités ont pu être constatés. À cause de ce risque, on ne
pose pas de stérilet aux femmes qui n’ont pas d’enfant. Il y a certaines
exceptions chez des jeunes femmes totalement incapables de la moindre
discipline.

► Les préservatifs féminins


Les premiers sont arrivés d’Angleterre en France en 1956, aux débuts
du Planning familial. Il fallait les commander par courrier. C’étaient les
diaphragmes… Le diaphragme est un disque de caoutchouc que l’on place
tout en haut du vagin, ce qui peut être fait bien avant le rapport. Après
l’avoir placé, il faut vérifier avec le doigt qu’il recouvre et protège le col de
l’utérus. Il doit être utilisé avec un spermicide. À leur apparition, les
diaphragmes ont été largement utilisés ; c’était enfin pour les femmes un
moyen de ne plus dépendre du bon vouloir masculin.
Le diaphragme a été disponible en France en 1967, après la loi
Neuwirth autorisant la contraception. Il fallait apprendre à le mettre, ce qui
n’était pas compliqué, sauf pour les femmes n’aimant pas les manipulations
vaginales. Utilisé à chaque rapport avec un spermicide, il était hautement
efficace, autant que le préservatif. Avec l’arrivée de la pilule et du stérilet,
la demande est devenue rare. De ce fait, il est actuellement difficile de s’en
procurer en France.
Il existe également depuis peu des capes contraceptives beaucoup plus
difficiles d’utilisation. Ce sont de petits bonnets de polyuréthane souple à
placer directement sur le col. La pose en est acrobatique et laborieuse. Du
coup, la sécurité est loin d’être parfaite. Tout cela n’est pas idéal pour des
débuts dans la sexualité !
Enfin, un nouveau préservatif féminin est désormais disponible, le
Femidom®. Il s’agit d’un grand cylindre de polyuréthane muni d’un anneau
en haut, qu’on cale au fond du vagin, et d’un anneau en bas, qui reste au
niveau de l’orifice vaginal et protège la vulve. Il peut être utile quand, du
côté masculin, il n’y a pas de préservatif. Il semble mieux convenir aux
femmes qui ont une certaine expérience sexuelle, mais c’est à vérifier.
► Les spermicides
Nous avons parlé de leur utilité pour augmenter la sécurité du
préservatif. Comme ils sont faciles à utiliser, il y a eu une vogue des ovules,
des tampons ou des éponges. Ils peuvent constituer une solution après
45 ans, quand la fertilité est vraiment en baisse. Ils ne doivent jamais être
utilisés seuls par des jeunes en période de fertilité maximum, on l’a vu. En
effet, avec des spermatozoïdes rapides comme des Formule 1, leur efficacité
est très médiocre…

Combien coûte la contraception

Toute mineure qui se présente dans un centre de planning peut


obtenir une prescription de contraceptif sans autorisation parentale.
Cette ordonnance permet une remise de pilule gratuite en pharmacie,
à condition qu’il existe une convention entre le département où vous
vivez et la caisse d’assurance maladie. Renseignez-vous auprès du
centre de planning.
Le prix des préservatifs varie de 1 F l’un (très rare) à 30 F la
boîte de 6.
Le prix des pilules est très variable. La contraception est aussi un
marché : les laboratoires pharmaceutiques qui fabriquent les pilules
veulent les vendre le plus cher possible. La Sécurité sociale qui les
rembourse cherche à en baisser le prix. Actuellement, il n’y a que
quelques pilules remboursées. Les pilules remboursées coûtent moins
de 20 F la plaquette (ce sont Adepal®, Minidril® et Trinordiol®). Les
pilules plus récentes, celles dont on parle le plus, les plus légères,
valent le double ou le triple et ne sont pas remboursées. Encore une
contradiction : on incite les jeunes à se protéger, on vante les pilules
modernes mais, sans remboursement, on en limite l’accès, le budget
des jeunes n’étant pas toujours en rapport.
En ce qui concerne la consultation médicale, dans les centres de
planning elle peut être gratuite. Dans les dispensaires, les hôpitaux et
les centres de santé, elle coûte 150 F en sachant que, bien souvent
vous pouvez ne payer que le ticket modérateur, c’est-à-dire la
différence entre le prix de la consultation et ce que la Sécurité sociale
rembourse réellement.
Dans les consultations privées, les prix varient entre un minimum
de 150 F et un maximum qui n’est pas fixé…
Quant au préservatif féminin, son prix, 10 F pièce, est assurément
un obstacle à une utilisation régulière.

Les méthodes naturelles


À notre époque de pollution, de nuisances de toutes sortes, on assiste à
un désir de retour au naturel. Les méthodes de contraception appelées
naturelles exigent toutes une vigilance permanente, une intense et constante
motivation, pour être quelque peu efficaces.

► Le retrait ou coït interrompu


C’est la méthode la plus pratiquée. L’homme doit se retirer du vagin
lorsqu’il sent venir l’éjaculation. Certains hommes sont capables de cet
effort et de cette maîtrise. Mais cette méthode marche très bien… jusqu’au
jour où elle ne marche plus. En effet, les très jeunes ne savent pas, les très
amoureux ne peuvent pas, enfin les égoïstes ne veulent pas. On peut
imaginer le résultat du cumul de ces trois « qualités ». En outre, lors d’un
deuxième rapport, il peut y avoir avant l’éjaculation proprement dite une
sécrétion qui contient des spermatozoïdes.
On rencontre toujours des couples qui pratiquent cette technique avec
succès. Quand ces couples désirent un enfant, ils attendent plus longtemps
que ceux qui ont des accidents avec le coït interrompu, tout simplement
parce qu’ils sont moins fertiles. Soyons claires : chez un couple jeune,
fertile et… qui fait l’amour souvent, cette méthode naturelle a
« naturellement » un taux d’échec important.
Certains appliquent cette méthode tout au long du cycle, d’autres font
des calculs destinés à bénéficier de périodes sans contrainte.

► Des calculs incertains


Tous les calculs reposent sur une méthode fort ancienne, celle du
docteur Ogino. Se fondant sur le cycle le plus long et le cycle le plus court,
cette méthode a pour but de déterminer la période de fécondité minimum.
Malheureusement, pour que cette méthode soit efficace, la période sans
risque est tellement courte qu’elle n’est guère praticable par des couples
jeunes, fertiles et qui ont des rapports fréquents… Quant aux calculs faits
dans un contexte où il n’est pas (toujours) possible de garder la tête froide,
le taux d’erreurs est important et constant.

► La courbe de température
Pour rendre la méthode de calculs plus efficace, on peut la compléter
par celle des températures. En effet, la température de la femme est
différente avant et après l’ovulation. Après l’ovulation, l’ovaire fabrique
une seconde hormone, la progestérone, qui fait monter La température. Le
moment de la montée de la température correspond au lendemain de
l’ovulation. Malheureusement, il n’y a pas de feu orange clignotant
annonçant que l’on va ovuler. On sait seulement après coup que l’ovulation
est terminée.
Avec cette méthode, le feu vert permettant d’avoir des rapports
complets n’est donné que lorsque la température reste élevée pendant au
moins trois jours. Ce délai de trois jours est impératif si l’on veut être sûre
que la montée n’est pas due à un rhume, ou au fait qu’on s’est levée pour
aller chercher le thermomètre. En effet, tout cela se joue à 2, 3 ou 4
dixièmes de degré près.
Cette méthode est la seule autorisée par le Vatican en matière de
contraception. Elle est donc suivie principalement par des couples
catholiques. Extrêmement contraignante, elle semble en outre vraiment plus
performante pour déterminer les périodes de fertilité que pour s’assurer des
périodes d’infertilité. Il y a maintenant des tests très sophistiqués qui, avec
un kit, déterminent le jour de l’ovulation (prix : 150 F). Là encore, cette
technique est plus efficace pour cibler la meilleure période pour avoir une
grossesse que pour l’éviter.

► La méthode de Billing
Il s’agit d’introduire le doigt dans le vagin pour percevoir les variations
des sécrétions vaginales tout au long du cycle menstruel. Très liquides et
ressemblant à du blanc d’œuf cru avant l’ovulation, elles s’épaississent
après elle. Cette méthode, surtout populaire aux États-Unis, est peu
répandue en France.

Faut pas rêver !

Toutes ces techniques peu précises ne peuvent être relativement


efficaces qu’à l’intérieur de la relation stable d’un couple qui, par
conviction, opte pour des méthodes naturelles tout en connaissant les
risques encourus. À l’adolescence, en période de fertilité maximum,
c’est faire preuve d’un irréalisme total que d’espérer que ça marche.

La contraception masculine
Il y a eu quelques tentatives de pilule pour hommes. On leur a donné
des hormones pour freiner la production des spermatozoïdes, mais cette
méthode a été abandonnée du fait de son peu d’efficacité, et de son aspect
contraignant. Les hommes demandeurs étaient soit des maris désirant
soulager leur femme d’une contraception qu’elles ne toléraient pas, soit des
hommes qui voulaient rester maîtres de la situation pour éviter de « se faire
faire un enfant dans le dos ». D’autres essais sont à l’étude, notamment des
vaccins anti-spermatozoïdes. Cependant, les laboratoires savent bien que ce
ne sera jamais un marché important. C’est la femme qui porte les enfants,
l’homme n’est pas concerné dans son corps. Comment espérer alors qu’il se
soumettra à une contraception régulière ? Comment faire vraiment
confiance à un homme qui dira « je prends la pilule » ? Il y a des hommes
exceptionnels, il est vrai.

Nous venons d’aborder les différentes méthodes contraceptives.


L’expérience nous a appris que, pour qu’une contraception soit adoptée et
poursuivie, il faut qu’elle « plaise ». Depuis le sida, nous gynécologues ne
pouvons plus faire exactement comme avant : être à l’écoute des désirs de
chacune, ne pas choisir pour elle et trouver avec elle la contraception qui lui
convient le mieux. Malheureusement, il n’en est plus toujours ainsi.
Aujourd’hui, il faut composer avec la réalité : ne jamais oublier que le
préservatif est le seul moyen efficace contre le sida.
On peut avoir envie de changer de contraception, de passer de l’une à
l’autre selon les circonstances : coup de foudre ou coup de cœur, relation
brève, fidélité sans faille. On peut avoir une première relation, puis rester
longtemps seule avant d’entreprendre une nouvelle histoire. Entre-temps,
on a changé…

Les consignes de sécurité

Elles visent à vous protéger contre la grossesse et contre les MST.


Pour que la femme bénéficie de la sécurité absolue et d’une
autonomie en matière de contraception, il est préférable de pratiquer
la double protection :
• se protéger contre les MST par l’usage du préservatif masculin ;
• se protéger contre une grossesse non désirée en prenant la
pilule, efficace à 100 %.
Si on n’est pas protégée par la pilule contraceptive et qu’on n’a
pas utilisé de préservatif, il faut prendre la pilule du lendemain.

Bons plans et bonnes adresses

• Un petit livret gratuit pour en savoir plus : Ma première


contraception fait 50 pages. Il est édité par le CNGOF, la FNCGM
(deux associations de gynécologues) et le laboratoire Organon. Il
suffit de le réclamer à son gynécologue.
• Un site Internet pour éclaircir ses notions sur le cycle menstruel,
la contraception, mais aussi connaître l’actualité dans ce domaine et
poser des questions : [Link].
• Une bande dessinée intitulée Un jour, une fleur (Laboratoire
Scherring) à consulter dans la salle d’attente du gynécologue ou à lui
réclamer.
• Une carte qui sonne. Si votre amie prend la pilule et qu’elle est
distraite, dites-lui qu’il existe une carte pense-bête. Elle peut la
réclamer à sa gynécologue qui saura la lui procurer gratuitement.
Elle sonne tous les jours à la même heure pendant trois mois pour
rappeler l’heure de sa pilule quotidienne.

Quelques contacts

• Pour la pilule ou la contraception d’urgence :


Mouvement français pour le planning familial
4, square Saint-Irénée, 75011 Paris. Tél. : 01 48 07 29 10.
Association Pour la Contraception d’Urgence ou du lendemain
centre d’Orthogénie de l’hôpital Broussais, 92, rue Didot, 75014
Paris.
Tél. : 01 43 95 90 60.
• Pour une demande d’IVG ou une aide :
Association des Centres de Régulation des Naissances de
l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Hôpital Saint-Louis, 1,
avenue Claude-Vellefaux, 75010 Paris. Tél. : 01 42 49 91 39 (pour un
rendez-vous d’IVG ou une intervention).
SOS Grossesse, association sans parti pris, propose une aide aux
femmes enceintes et aide le couple à réfléchir sur le recours ou pas à
l’IVG. Tél. : 01 45 82 13 14 ou 01 45 84 55 91. Pour poser ses
questions, un email : info@[Link].
Chapitre 4
L’interruption
de grossesse
Avant que la contraception ne soit largement répandue, avant la
légalisation de l’avortement, les jeunes filles qui étaient enceintes sans le
vouloir avaient trois solutions, dont aucune ne représentait un véritable
choix. Deux mariages sur trois se faisaient pour cause de grossesse.
Dans de nombreux cas, la famille obligeait le jeune homme à
« réparer » sa faute en organisant un mariage précipité. Quelques mois plus
tard naissait un enfant qu’on appelait prématuré bien qu’il présente toutes
les qualités d’un bébé manifestement à terme, notamment le poids. On peut
facilement imaginer que la réussite de ces unions forcées était une loterie où
il n’était pas évident de tirer le bon numéro !
Si le mariage n’avait pas lieu, et si la jeune fille décidait d’avorter, elle
le faisait dans la clandestinité, sans médecin, sans soutien bien souvent, et
au péril de sa vie. Quelques-unes, privilégiées, se rendaient dans des pays
où l’avortement était autorisé.
En plus du risque médical, les femmes encouraient une peine de prison
puisque l’avortement était interdit et puni par la loi, ceci frappant aussi bien
les femmes que ceux ou celles qui les aidaient.
Enfin, si la jeune femme décidait envers et contre tout de garder son
enfant, elle se mettait en marge de la société. Le terme péjoratif de « fille-
mère » la désignait au mépris général. Souvent, elle quittait sa province
natale pour se réfugier dans l’anonymat des grandes villes et se soumettait à
de terribles conditions de travail pour élever son enfant.
Heureusement, les choses ont beaucoup évolué. La contraception
largement répandue permet théoriquement à chaque femme de ne pas être
enceinte si elle ne le souhaite pas. En cas d’« accident », elle a la possibilité
de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. Aujourd’hui, celle qui
décide d’avoir son enfant et de l’élever seule peut compter sur des aides
réelles de l’État.
Le fait que l’avortement persiste alors même que trois femmes sur
quatre utilisent une contraception prouve bien qu’on ne peut pas tout
maîtriser par la volonté. On notera cependant que le nombre de naissances
et d’IVG diminue chez les adolescentes.
Malgré ces évolutions considérables, des grossesses surviennent
aujourd’hui sans qu’on se soit posé la question, sans qu’on ait envisagé une
contraception. Se retrouver enceinte très jeune peut être vécu comme un
véritable drame par celles auxquelles cela arrive, mais aussi par leur
entourage.
À notre époque où la moyenne d’âge au premier enfant est de 28 ans,
les grossesses adolescentes paraissent toujours anormales, elles dérangent.
Ce « dérangement » peut entraîner des réactions agressives de la part de
l’entourage, des médecins. L’adolescente les sent, ce qui peut retarder ses
démarches et l’amener à demander une IVG quand le nombre de semaines
autorisé est dépassé.

Ce que disait la loi de 1975


L’avortement clandestin, appelé par les médecins et les juges
avortement criminel, est devenu depuis le 17 janvier 1975, l’interruption
volontaire de grossesse (IVG). « La femme que son état place dans une
situation de détresse peut demander à son médecin l’interruption de la
grossesse. Celle-ci peut se pratiquer jusqu’à dix semaines de grossesse,
c’est-à-dire douze semaines après le premier jour des dernières règles. Cette
interruption se pratique dans un centre hospitalier public ou privé sur
demande de la femme. C’est donc elle qui décide ou non de poursuivre sa
grossesse, qui a la maîtrise de la procréation, sauf si elle a moins de 18 ans.
S’il s’agit d’une mineure célibataire, le consentement de l’une des
personnes exerçant l’autorité parentale est requis. Ce consentement devra
être accompagné de celui de la mineure célibataire enceinte, qui le donne en
dehors de la présence des parents. Il faut une semaine de réflexion entre la
demande d’IVG et l’IVG elle-même. Pendant ce délai, un entretien social
doit avoir lieu avec une psychologue ou une conseillère du Planning
familial. »

Plus d’avortements
aujourd’hui qu’hier ?

Les nombreux opposants à cette loi soutenaient que la


légalisation de l’avortement allait augmenter sa fréquence, il n’en a
pas été ainsi. Avant la contraception et la loi de 1975, le nombre
d’avortements était probablement égal à celui des naissances, à
l’époque, près d’un million par an. Aujourd’hui, alors que trois
femmes sur quatre utilisent une contraception, il y a environ 220 000
avortements par an pour 700 000 naissances.

Depuis 2002, la loi a introduit des modifications notables :


– L’IVG peut être pratiquée jusqu’à 14 semaines après le premier jour
des dernières règles.
– L’entretien social obligatoire est supprimé, sauf pour les mineures.
– En cas d’impossibilité d’obtenir l’autorisation parentale, le médecin
peut pratiquer l’IVG sans le consentement des parents. Pour cela, la
mineure doit se faire accompagner par une personne majeure de son choix.
L’État prend en charge les frais de l’IVG chez les mineures qui n’ont pas le
consentement parental.
La modification en matière d’autorisation des parents est une avancée
considérable pour les mineures dont les parents ne tolèrent aucune vie
sexuelle en dehors du mariage, et qui sont véritablement en très grand
danger. Elles sont nombreuses dans l’hexagone aujourd’hui et très
démunies.

Combien de mineures recourent


à une IVG ?

Sur les 220 000 interruptions de grossesse par an, 6 500


concernent des mineures. Les mineures représentent 5 % des femmes
enceintes.
Sur ces 5 %, 2 % poursuivent leur grossesse et 3 % font une IVG.
En ce qui concerne les grossesses et les IVG, il existe deux
catégories bien distinctes : 12-15 ans et 15-18 ans.
Dans les 12-15 ans la majorité avorte.
Après 17 ans, plus de la moitié poursuivent leur grossesse.

Chiffres tirés du Rapport du Dr Michèle UZAN sur l'UVG en


1998

Et quand on a dépassé le délai ?


Entre 1967, date à laquelle la contraception a été autorisée en France et
1975, date de la dépénalisation de l’avortement, les femmes françaises qui
voulaient avorter ont pu, grâce à la lutte et au soutien des féministes et du
Planning familial, partir à l’étranger. Les deux pays qui les accueillaient
étaient l’Angleterre et la Hollande. Ces deux pays continuent à accueillir
aujourd’hui les femmes qui ne sont pas prises en charge par la législation
française, parce qu’elles sont enceintes hors du délai légal. Ceci arrive plus
souvent aux mineures qu’aux femmes adultes et le passage de 10 à 12
semaines voté en novembre 2000 par les députés ne réglera pas les
difficultés de bien des adolescentes.

Combien ça coûte ?
L’IVG est prise en charge par la Sécurité sociale. Dans le cadre des
centres d’IVG hospitaliers, la mineure peut apporter la carte Vitale de la
famille, qui sera utilisée dans le secret. Elle devra payer le ticket
modérateur. Si cela lui est impossible, l’aide médicale pourra lui être
accordée.

Enceinte sans le vouloir


Malgré l’information qui existe, certaines jeunes filles « tombent »
enceintes sans le vouloir.

Mais l’information n’est pas uniformément distribuée. Il n’y a pas assez


de centres de planning à proximité des lieux d’apprentissage et des lieux
scolaires, il faut faire de longs trajets, attendre. Cependant, à niveau
d’information égal, certaines vont se protéger et d’autres pas. Ce n’est donc
pas seulement un problème d’information, bien d’autres facteurs entrent en
jeu.
Il n’est pas facile d’utiliser des méthodes contraceptives régulières
lorsque la vie amoureuse et sexuelle ne l’est pas.
Et pourtant, la période de 15 à 18 ans est particulièrement fertile : une
grossesse peut donc survenir à tout moment. On peut être enceinte à la fin
des règles, même quand on est sûre qu’elles vont arriver le lendemain,
même la première fois qu’on fait l’amour et même lorsqu’il n’y a pas de
pénétration.
Les médecins voient de temps en temps des jeunes filles vierges
enceintes car les spermatozoïdes déposés au niveau de la vulve sont
remontés dans le vagin. Si c’est au moment de l’ovulation, la glaire peut les
aspirer, ils arrivent dans la trompe et la fécondation peut avoir lieu sans
qu’il y ait eu pénétration.
Il n’est pas rare à cet âge de prendre des risques, poussée par l’appétit
de vivre tout et tout de suite, de faire des expériences périlleuses en
imaginant qu’on est toute-puissante, que ça n’arrive qu’aux autres. Dans ces
conditions de risque extrême, tôt ou tard on se retrouve enceinte.
Se protéger est un acte conscient, prémédité. Cela suppose qu’on a
décidé d’avoir des rapports. Plus le milieu familial est répressif, plus cela
peut être difficile. Plus on se sent coupable, et plus on prend le risque de se
punir en ne se protégeant pas.
Pratiquer une bonne contraception, c’est agir pour vivre une vie
amoureuse et sexuelle dans le plaisir. Les interdits, les tabous qui pèsent sur
la sexualité font qu’on n’arrive pas à se protéger par une contraception. Au
contraire, une fois qu’on est enceinte, la situation d’urgence créée par la
grossesse balaie tous les préjugés. Les souffrances de l’interruption de
grossesse peuvent parfois être vécues comme le châtiment de ce qui est
ressenti comme une faute.

Ainsi, Charulata est enceinte de son fiancé, alors que sa famille est très
traditionaliste et religieuse. Elle est dans un état de panique tel qu’elle imagine mourir, soit de
la main de son père s’il l’apprend, soit au cours de l’anesthésie si elle fait une IVG, qui la
rendra stérile dit-elle. Elle a recours à l’IVG, après laquelle elle reste dans une constante
inquiétude d’être toujours enceinte. Elle téléphone sans cesse au médecin pour être rassurée,
multiplie les tests de grossesse. Elle n’arrive pas à croire que la pilule prescrite après l’IVG est
efficace. Il faudra plusieurs mois pour qu’elle s’apaise.

Y a-t-il un profil type des jeunes filles qui demandent


l’interruption de leur grossesse ?
Non, pas vraiment, il n’y a pas de dénominateur commun. On y trouve
toutes sortes de catégories d’adolescentes et des raisons multiples, qui
souvent se recoupent.
Il y a celles à qui leur mère n’a jamais rien dit et celles à qui leur mère a
parlé de contraception dès leur plus jeune âge, qui savent tout.
Il y a celles chez qui la grossesse survient par arrêt de contraception,
d’autres qui sont enceintes à la suite d’une erreur de contraception.
Il y a celles qui pensent que ça ne peut pas leur arriver à elles, qu’elles
ont un pouvoir magique sur leur corps, que c’est pour les autres.
Il y a celles qui ont besoin de se rassurer sur leur féminité en étant
enceintes.
Il y a celles pour qui le désir d’enfant est une idée avec laquelle on
joue : enfant réel, enfant imaginaire ?
Il y a celles qui réalisent un désir d’enfant avec leur ami et se rendent
compte que c’est impossible.
Il y a celles qui sont en difficulté avec leur copain, et qui espèrent se
l’attacher par la grossesse.
Certaines se débattent dans des conflits familiaux, ont des conduites de
fugue, de drogue et se retrouvent enceintes pour provoquer la famille, pour
l’obliger à les entendre.

Audrey est envoyée chez le médecin de famille parce qu’elle a des troubles digestifs.
Celui-ci découvre qu’elle est enceinte de près de quatre mois et qu’elle n’en a dit mot à
personne.

Parfois, c’est le rapport ambivalent à la mère qui est à l’origine de la


situation.

Sandrine est enceinte à 18 ans d’un garçon du même âge, avant d’avoir eu le temps
de prendre la pilule dit-elle. Sa mère a un enfant d’un jeune compagnon. Sandrine sent très
rapidement qu’elle n’est absolument pas prête à envisager une grossesse. De plus, il est clair
pour elle que son histoire amoureuse n’a plus de sens. Elle rompt avec son récent copain avant
même de faire l’IVG. Sandrine prend plus ou moins conscience du fait qu’elle a été enceinte
pour se prouver et prouver à sa mère qu’elle pouvait être enceinte comme elle.

Il y a bien des jeunes qui gardent leur enfant, nous avons


eu un cas dans notre lycée. Comment font-ils ?
Il est vrai qu’il y a des cas où tout se passe bien, le désir est clair, le
couple d’ados décide ensemble de garder l’enfant et mobilise toutes ses
énergies pour créer une famille malgré les difficultés. Quelquefois
également, la jeune fille prend cette décision toute seule et elle est épaulée
par sa famille et son environnement.
Dans la majorité des cas, les choses sont bien moins claires et on garde
l’enfant sans bien savoir si on le veut.
Certaines jeunes, sans formation, sans travail et sans soutien affectif
sont dans une telle impasse que devenir mère est enfin une perspective
d’avenir. La grossesse donne un statut social et procure un revenu mensuel
de parent isolé qui s’élève à 3 900 F par mois avant la naissance. À la
naissance du bébé et jusqu’à ce qu’il ait 3 ans, ce revenu est de 4 900 F par
mois. Cette aide est donnée à toutes les mineures qui deviennent mères.
Avoir un enfant, c’est avoir quelqu’un à soi, qui vous aimera et qu’on
aimera. Mais ce souhait n’est pas toujours suivi d’effet : quand on n’a pas
reçu d’amour, il n’est pas facile d’en donner. On peut également voir se
répéter chez une mineure enceinte l’histoire de sa mère.

Adeline est enceinte à 16 ans. Sa mère lui avait parlé contraception, lui disant qu’à
17 ans, étant enceinte, elle avait dû abandonner ses études et vivre très durement pour l’élever.
Dans cette histoire, Adeline a entendu quelque chose qu’elle répète. Elle décide de garder cette
grossesse et sa mère la soutient.
La plupart du temps, la grossesse chez une adolescente entraîne une
marginalisation. Elle se trouve précipitée dans le monde adulte alors qu’elle
a des aspirations de jeune fille. La grossesse de l’adolescente aboutit
souvent à une adolescence gâchée.
Il faut également rappeler la situation dramatique de filles très jeunes,
de moins de 15 ans, enceintes à la suite de violences sexuelles, de viol,
d’inceste. Souvent elles n’en parlent à personne et dissimulent leur
grossesse. Ces situations se vivent dans un état de solitude et de détresse tel
qu’il peut pousser la jeune femme à commettre envers le bébé un de ces
actes criminels dont on entend parler de temps en temps dans les médias. Il
est très troublant de constater qu’à notre époque, en France, certaines
adolescentes sont incapables de reconnaître qu’elles sont enceintes jusqu’au
moment de l’accouchement.

Comment savoir si on est enceinte ?

Le premier signe de grossesse est l’absence de règles. Si vous


avez habituellement des règles régulières, si vous avez eu des
rapports peu ou non protégés, un retard de règles doit être un signal
d’alarme. Certaines n’y prennent pas garde. Il faut acheter un des
tests vendus en pharmacie et en grande surface (malheureusement, ils
ne sont pas remboursés). Ce test détecte la présence de faibles
concentrations d’hormones indiquant une grossesse même très
récente. Pour qu’il soit fiable, il faut le faire sur des urines
concentrées et donc boire très peu de liquide la veille du test, de façon
que les petites quantités d’hormones ne soient pas noyées.

Les démarches
Le premier pas consiste à aller voir un gynécologue qui procède à un
examen. Il calcule le nombre de semaines d’aménorrhée, c’est-à-dire le
nombre de semaines écoulées depuis le premier jour des dernières règles.
Au cours de cet examen, il pratique également le dépistage d’infections
gynécologiques, de MST. Il rédige alors un certificat constatant que vous
êtes enceinte de tant de semaines et que vous désirez interrompre cette
grossesse. Tout ceci peut se passer dans un centre de planning familial ou
d’orthogénie (voir annexe).
À partir de la date inscrite sur ce certificat commence la semaine de
réflexion prévue par la loi. L’étape suivante est un rendez-vous avec une
conseillère familiale. Au cours de cet entretien, des informations sont
fournies sur les aides sociales possibles si on poursuit sa grossesse, sur le
déroulement de l’IVG dans le cas contraire.
Quelle que soit votre situation, cet entretien est un moment important
dans votre prise de décision. Quand la loi est entrée en vigueur, le caractère
obligatoire de cet entretien a pu apparaître comme une pression exercée sur
la femme pour qu’elle poursuive sa grossesse. Ce caractère obligatoire a été
supprimé par un vote de novembre 2000.
Pourtant, quand il se déroule dans un climat de tolérance, de
bienveillance, il peut aider la jeune fille à trouver sa vérité en dehors de
toute pression, en particulier de la part de sa famille. C’est l’endroit où
peuvent s’exprimer les désirs contradictoires, les sentiments de culpabilité.
Parler peut atténuer la peine et rendre le vécu de l’interruption de grossesse
moins lourd. Avoir pu exprimer son désir avant d’y renoncer peut être une
façon de poser des jalons pour l’avenir. Certaines ne veulent ni ne peuvent
en parler, c’est comme si tout cela se passait à l’extérieur d’elles.
De toute façon, il est nécessaire pour une mineure enceinte d’être prise
en charge par une équipe dans laquelle elle trouvera quelqu’un à qui parler
et qui pourra continuer à la suivre après l’IGV.

Et les parents ?
Quand il n’y a pas trop de conflits avec la famille, l’adolescente finit
généralement par en parler à sa mère parce qu’elle a besoin de son aide,
même si cela doit se passer dans le bruit et la fureur.
Quand la grossesse survient dans un climat de conflit avec la famille,
les adolescentes ont très peur d’être prises dans la spirale d’une décision
qu’elles ne ressentent plus comme la leur. Il arrive que la mère ou les deux
parents imposent la décision d’avorter à leur fille qui ne peut plus rien
exprimer.

Les différentes méthodes


L’entretien pré-IVG permet d’exposer les différentes méthodes
possibles, l’aspiration avec anesthésie générale ou locale, et l’avortement
médicamenteux.

► L’aspiration
Elle consiste à faire pénétrer dans le col de l’utérus un instrument en
plastique, une canule, que l’on branche sur un système d’aspiration qui vide
l’utérus de son contenu.
Cette aspiration dure quelques minutes et se pratique sous anesthésie
générale ou locale. L’anesthésie se fait par une injection intraveineuse. Vous
ne sentez rien et, quand vous vous réveillez, c’est fini. Quant à l’anesthésie
locale, elle consiste à anesthésier par des piqûres le col utérin. Vous êtes
donc consciente. Pour les très jeunes femmes, l’anesthésie générale semble
la meilleure solution, mais il y a toujours des exceptions.
En pratique, on est admise le matin à jeun et on reste quelques heures
après le réveil. On peut reprendre ses activités dès le lendemain. On sort
avec des instructions écrites que donne un centre de planification comme le
protocole du centre d’IVG de l’hôpital Corentin Celton à Issy-les-
Moulineaux (que vous pouvez lire page suivante).

Après l’IVG

Pendant 8 jours :
– prenez votre température matin et soir ;
– surveillez les saignements.
Par mesure d’hygiène et pour éviter toute infection :
– ne prenez que des douches : pas de bain, pas de piscine, pas de
toilette intime, pas d’injection intravaginale ;
– ne mettez pas de tampons, utilisez uniquement des serviettes
périodiques ;
– n’ayez pas de rapports sexuels jusqu’à l’arrêt des saignements.
En plus de la pilule, ne prenez que les médicaments prescrits par
le médecin.
Les règles ne viendront qu’après l’arrêt de la plaquette de pilules.
Vous devez consulter si :
– vous saignez beaucoup ;
– vous avez de fortes douleurs ;
– vous avez une température supérieure à 38 °C pendant plus de
48 heures.
Dans tous les cas :
– une consultation de contrôle par un gynécologue est
indispensable 10-15 jours après l’intervention ;
– vous recevez une ordonnance de pilule à commencer le
lendemain de l’IVG pour avoir une contraception efficace à 100 %.

► La méthode médicamenteuse
Elle ne peut être utilisée que pendant une période assez courte, jusqu’au
quarante-neuvième jour après le premier jour des dernières règles. C’est
dire qu’elle est réservée à celles qui savent très tôt qu’elles sont enceintes.
Cette méthode n’est pratiquée que dans les centres hospitaliers ou centres
d’orthogénie. Le produit utilisé est la mifépristone, ou RU 486, mise au
point par un chercheur français, le professeur Baulieu.
Le RU 486 a pour effet de rendre la progestérone inactive, or la
progestérone est nécessaire à la poursuite d’une grossesse. La grossesse est
donc interrompue par le premier médicament. Un deuxième médicament (le
misopristol) va déclencher des contractions de l’utérus qui expulseront la
grossesse arrêtée. L’utérus se vide sans le moindre geste chirurgical.

Une pilule contestée

La découverte de cette pilule abortive a suscité beaucoup


d’oppositions : cela allait encore augmenter le nombre des
avortements, disaient les opposants, c’était trop facile, etc. On n’a
rien vu de tel. Cependant, les pressions des mouvements intégristes
anti-avortement américains ont été si intenses que le laboratoire
Roussel-Uclaf (RU) a pris peur. Il faut savoir qu’aux États-Unis ces
fanatiques du respect de la vie n’ont pas hésité à tuer un médecin
américain près du dispensaire où il pratiquait des avortements (son
assassin a été récemment arrêté en France). Le laboratoire
pharmaceutique qui fabriquait la pilule abortive s’est débarrassé de
cette molécule qui, menaçant son chiffre d’affaires, risquait de le faire
boycotter, et qui n’a été sauvée qu’à la dernière minute par un autre
laboratoire.

Comment est-ce que ça se passe concrètement ?


Après la visite pré-IVG et la semaine de réflexion obligatoire, on
prescrit trois comprimés de mifépristone (RU 486) à prendre au centre
hospitalier. Après la prise, la jeune femme retourne chez elle. Elle est
prévenue que, dans 95 % des cas, il ne se passera rien jusqu’à son retour au
centre.
Ce retour a lieu quarante-huit heures plus tard. On lui donne à ce
moment-là un deuxième médicament (deux comprimés de misopristol) qui
va provoquer des contractions de l’utérus. Le résultat de ces contractions est
l’ouverture du col de l’utérus, qui va vider l’utérus de la grossesse qu’il
contenait. C’est comme des règles douloureuses avec perte de sang et
caillots.
Il faudra rester au centre pendant quatre heures environ. Après un
dernier contrôle médical, la jeune femme rentre chez elle avec une
ordonnance de pilule. Une visite est prévue une dizaine de jours après pour
vérifier que tout va bien, ce qui est le cas dans 98 % des cas. Au moindre
doute, le médecin prescrira une échographie et conseillera une aspiration
s’il y a encore des débris dans l’utérus.

Comment choisir entre les deux méthodes ?


Le choix est difficile entre ces deux méthodes différentes, l’une
médicale, l’autre chirurgicale. Dans la méthode chirurgicale, l’aspiration,
vous êtes endormie et le médecin s’occupe de tout. Pour certaines, c’est un
soulagement de ne rien voir, de ne rien entendre. D’autres ont si peur de
l’anesthésie qu’elles vont choisir le RU.
Dans cette méthode, on participe à toutes les étapes. On sent ce qui se
passe dans son corps, on a des douleurs plus ou moins fortes, on voit les
caillots qu’on élimine. Tout le monde n’en a pas la force. Certains
prétendent que c’est plus facile, ce qui est discutable. Il faut reconnaître en
tout cas que le choix est souvent orienté par les habitudes et les médecins de
chaque équipe.
Cela dépend aussi et surtout de la façon dont cet événement se passe
pour la jeune fille, du soutien dont elle bénéficie et de la possibilité qu’elle
a de dire toutes les peurs et les angoisses que l’IVG suscite chez elle.
Depuis 2004, un décret autorise l’IVG médicamenteuse en médecine de
ville, ce qui la rend moins traumatisante. Cela dit, pour les mineures peu
entourées, le centre d’orthogénie et son équipe restent une bonne solution.

Est-ce qu’il y a des risques pour la fertilité ?


L’IVG légalisée et médicalisée dans de bonnes conditions ne pose pas
de problèmes sur ce plan, sauf s’il y a eu une infection. C’est pour cette
raison que le dépistage des MST avant l’IVG est si important et que la
visite de contrôle est impérative.
Les jeunes femmes que nous voyons à nos consultations après l’IVG
nous donnent à voir et à entendre leurs réactions, même si elles ne sont pas
toutes très bavardes à propos de ce qu’elles ont vécu. Il faut souvent plus de
temps. Soulagées de savoir que tout va bien, elles posent des questions sur
la contraception. Elles sont maintenant motivées et certaines disent « plus
jamais ça ». Certaines se sentent plus mûres depuis leur IVG.

J’ai une copine qui a déjà fait deux IVG. Est-ce que
beaucoup de femmes en font plusieurs fois ?
Les statistiques sur les IVG à répétition montrent qu’elles sont plus
fréquentes quand la première a eu lieu avant 20 ans. Chez les jeunes
femmes qui recommencent, on retrouve des problèmes sociaux, des
problèmes psychologiques mais aussi un vrai désir d’enfant. Certaines
finissent par avoir un bébé.

Y a-t-il des conséquences sur le plan psychologique ?


Tout dépend de la façon dont cette histoire se déroule. Il y a des jeunes
femmes qui vivent l’événement avec une certaine froideur, comme si elles
n’étaient pas vraiment concernées. Elles foncent, la décision n’est pas
discutée. Il se peut qu’elles ne réalisent qu’après coup ce qui leur est arrivé
et que cette prise de conscience soit une souffrance. Ce n’est pas pour
autant qu’elles s’autorisent à en parler. Souvent, cette souffrance, cette
culpabilité seront enfouies et ressortiront plus tard. Par exemple quand elles
seront enceintes quelques années après, elles seront très inquiètes des traces
et des risques que peut faire peser cet « antécédent », comme disent les
médecins, sur une grossesse à laquelle elles tiennent tant.
Il est assez courant que la survenue d’une grossesse bouleverse la
relation amoureuse, surtout si cette dernière est récente et encore fragile. La
décision de l’IVG peut être prise par la jeune femme toute seule. Il arrive
qu’elle choisisse de ne pas le dire à son ami, pour se sentir plus libre de sa
décision. Dans certains cas, c’est le garçon qui exclut toute discussion et
s’installent une rancune, un ressentiment qui vont laisser des traces : on en
veut à son partenaire, comme si on le rendait coupable de la situation.
Quelquefois, c’est l’incompréhension mutuelle et la rupture. Quand la
relation est plus solide, on peut dépasser ce moment toujours difficile à
vivre.
Autrefois, quand l’avortement était illégal, les risques médicaux étaient
si grands que la culpabilité pouvait parfois être moins consciente.
Aujourd’hui, avec la contraception, certaines femmes peuvent se sentir
encore plus culpabilisées d’en être arrivées là. C’est cependant moins vrai
pour les adolescentes que pour leurs aînées.
Dans les centres qui proposent une bonne prise en charge, des lieux de
parole avant et après l’IVG, beaucoup de jeunes femmes rebondissent et se
sentent mûries par ce qui leur est arrivé.
Chapitre 5
La consultation
de gynéco
La consultation de gynécologie n’est pas une consultation comme les
autres. Vous y venez pour vous rassurer, pour vous informer, pour utiliser
une contraception ou pour parler de vos problèmes intimes. On y pratique
dépistages et prévention, et on y traite les maladies gynécologiques, bien
sûr. Ce n’est pas une consultation comme les autres également, parce que,
dans cette relation au long cours que vous établissez avec votre gynéco,
c’est une relation à votre féminité que vous construisez, même si vous
changez de vie amoureuse, même si vous changez de gynéco.

La première consultation de gynécologie, beaucoup d’adolescentes la


redoutent. Elles ont peur d’avoir mal, elles ont honte de montrer cette partie
intime d’elles-mêmes qu’on leur a toujours appris à cacher. Certaines nous
disent encore après chaque examen que vraiment elles n’aiment pas « ça ».
Ce n’est pas que ce soit douloureux, mais…

À quel âge et pourquoi faut-il voir la gynéco ?


On ne peut parler d’âge de façon générale, il s’agit d’un moment
particulier pour chacune d’entre vous. Les mères nous demandent souvent :
« Dois-je vous amener ma fille, elle vient d’avoir ses règles » ? L’apparition
des règles n’est pas une maladie mais le coup d’envoi de la puberté. Elles
surviennent entre 11 et 15 ans, parfois plus tôt, parfois plus tard. Si tout va
bien, une consultation de gynécologie est inutile.
Par contre, si vous avez des soucis avec vos règles, des douleurs
excessives, des saignements en dehors des règles, des pertes blanches
inhabituelles, si vous avez mal au sexe, au ventre, si vous ressentez quoi
que ce soit d’anormal, alors oui, il faut voir la gynéco.

La visite chez la gynéco


Le mot gynécologie vient du grec : guné signifie femme ; logos,
science. La gynécologie se consacre au fonctionnement de l’appareil génital
de la femme et à ses maladies spécifiques. Elle fait l’objet d’une
spécialisation après les études de médecine. Le médecin gynécologue est
souvent une femme, mais pas toujours.
La gynécologue vous interroge pour bien connaître vos particularités et
procède à des examens. Nous allons voir dans ce chapitre comment se
déroule une consultation de gynécologie. Pour se donner plus de courage,
on peut se faire accompagner par une amie, une sœur, un copain, ou venir
avec sa mère. Mais, on n’est pas obligée de voir la gynéco de sa mère.

► L’interrogatoire médical
Après avoir enregistré vos nom, prénom, adresse, date de naissance, la
gynéco vous demande pourquoi vous venez la voir. Certaines adolescentes
n’osent pas dire tout de suite le motif de leur consultation.
Mieux vaut informer la gynéco qu’il s’agit d’une première consultation.
Ainsi, elle sera plus à l’écoute de vos craintes et de vos appréhensions et
pourra mieux vous aider à vaincre vos inquiétudes.
Ensuite, elle vous interroge : à quel âge avez-vous eu vos premières
règles, quelle est leur durée, quelle est la longueur de vos cycles menstruels
(un cycle se compte du premier jour des règles au premier jour des règles
suivantes quelle que soit la durée des règles). À ce propos, il est rare que les
très jeunes filles aient des cycles réguliers au début, il ne faut donc pas s’en
inquiéter.
Vos règles sont-elles douloureuses ? Avez-vous mal au ventre en dehors
des règles ? Avez-vous des pertes qui brûlent, qui irritent ? Vous plaignez-
vous de quelque chose ? Elle pose aussi des questions sur vos activités
scolaires et sportives, ainsi que sur votre santé. Quelles maladies avez-vous
eues ? Avez-vous subi des interventions chirurgicales ? Vos parents ont-ils
eu des maladies graves ?
Avant de vous examiner, elle vous demande si vous avez eu des
rapports sexuels et si vous utilisez des tampons vaginaux. Si vous avez des
rapports, elle vous interroge sur votre contraception : ce n’est pas par
indiscrétion mais pour savoir comment elle va vous examiner.

Comment être sûre qu’elle ne dira rien à personne ?


Le secret médical existe chez les gynécologues comme chez tous les
médecins. Ce qui est dit au cours de la consultation reste confidentiel. Et
même si votre mère ou votre sœur se font suivre par la même gynéco, votre
dossier reste secret.

Est-ce qu’elle me répondra si, moi, je pose des questions ?


L’interrogatoire médical n’est pas seulement une suite de questions
auxquelles vous êtes obligée de répondre du tac au tac comme pour réussir
un examen. C’est plutôt une sorte de conversation. Vous y avez votre place.
Par exemple, certaines questions peuvent vous rappeler un souvenir oublié
que vous avez envie d’évoquer ; la gynécologue vous écoutera. Vous
pouvez aussi lui demander la raison de tel examen, de telle prescription ;
elle vous répondra, bien sûr.

► L’examen gynécologique
Pour cet examen, vous devrez vous déshabiller complètement. Ce n’est
pas facile d’être nue sous un regard étranger, mais c’est nécessaire pour que
la gynéco voie si votre développement est harmonieux, si vous avez des
kilos en trop ou en moins, si vous avez des boutons, si votre pilosité est
normale, si vous avez des vergetures récentes, si vos seins ont terminé leur
croissance, en un mot si vous semblez en bonne santé. Chaque partie de
votre corps raconte un peu l’histoire de vos hormones. Puis la gynéco vous
pèse et commence son examen.
Il consiste à examiner les seins, l’appareil génital externe et interne. La
gynéco vérifie l’état du col utérin et du vagin grâce au spéculum, instrument
qui permet de voir à l’intérieur du vagin. Elle examine les organes génitaux
internes en mettant son doigt recouvert d’un gant à l’intérieur du vagin :
c’est le toucher vaginal.

Lorsque la gynéco examine vos seins, elle les regarde, les palpe et
presse doucement les mamelons. Elle vérifie ainsi qu’il n’y a aucun
écoulement dû à un trouble hormonal. Elle cherche aussi les ganglions dans
les aisselles.
On peut trouver des choses graves dans les seins ?
À votre âge, il y a essentiellement des pathologies bénignes du sein, et
encore elles sont rares. La gynéco peut découvrir une petite boule qui est un
fibroadénome du sein : c’est une grosseur faite de tissu glandulaire et
fibreux, ferme, indolore. Une échographie du sein est demandée pour bien
le mesurer. L’échographie se pratique avec une sonde à ultrasons que le
radiologue promène à la surface du sein. Cela ne fait absolument pas mal.
Si le fibroadénome grossit ou s’il déforme le galbe du sein, il faudra
l’opérer.
Un autre type de boule est le kyste du sein : il est exceptionnel chez les
adolescentes. Dans ce cas, la grosseur est remplie de liquide.
L’abcès du sein est tout aussi bénin, mais beaucoup plus douloureux. Il
apparaît comme une grosseur rouge, enflammée qui fait très mal. L’abcès se
traite par des soins locaux et des antibiotiques, mais il doit parfois être
incisé. C’est pourquoi il faut éviter tout ce qui peut infecter le sein : par
exemple le triturage des boutons ou des poils.

► La table d’examen
Pour l’examen gynécologique, la gynéco vous demande de vous
installer sur la table d’examen. C’est un lit étroit, trop court pour que l’on
puisse s’y allonger complètement. Il est éclairé par une lumière vive. La
première fois, la gynéco vous aide à y placer votre corps, de la tête aux
fesses, vos pieds posés sur des étriers. Vos jambes sont fléchies et
légèrement écartées. Cette position, qu’on appelle la « position
gynécologique », est souvent ressentie comme désagréable et même
humiliante, car on expose son intimité physique. Mais elle est la seule
valable pour un examen correct.
La gynéco examine tout d’abord votre vulve (voir anatomie de la
vulve).
► L’examen au spéculum
Le mot spéculum n’a rien à voir avec le mot spéculer : speculum
signifie miroir en latin. Il désigne un instrument qui sert aux gynécos pour
observer l’intérieur d’une cavité, le vagin. Il existe aussi des spéculums
pour le nez et les oreilles. Actuellement, la plupart des spéculums ne sont
pas en métal poli servant de miroir, ils sont en matière plastique et jetables.
Le spéculum, qui a la forme d’un bec de canard, permet d’examiner le
vagin et le col de l’utérus.
Cet objet dur et froid introduit à l’intérieur du corps peut faire peur, et la
sensation n’est pas vraiment agréable. Pourtant, sa mise en place ne fait pas
mal. Le spéculum est lisse, et la gynéco choisit celui dont la taille est la
mieux adaptée à celle de votre vagin. L’instrument est tiédi, puis introduit
doucement dans le vagin, dont il écarte les parois afin que le médecin
puisse voir le col de l’utérus.
Le col est la seule partie visible de l’utérus. Si vous êtes curieuse de
vous connaître, certaines gynécos acceptent de vous le montrer avec un
petit miroir. Vous pouvez même le sentir vous-même au fond de votre vagin
avec votre doigt. C’est une petite boule située tout au fond, plus ferme que
le reste du vagin ; elle a un peu la consistance du bout du nez.

Quand une fille n’a jamais eu de rapport sexuel, on ne lui fait pas ce
genre d’examen, sauf si elle a une infection du vagin. On utilise alors un
spéculum spécial. Pour celles qui ont à peine commencé leurs relations
sexuelles et qui ne sont pas prêtes à se faire examiner, on peut toujours
attendre la consultation suivante. Si on se contracte trop ou qu’on a trop
peur, l’examen est impossible. La gynécologue recherche alors avec sa
patiente pourquoi son corps proteste si fort.

Pour être moins contractée

Laissez aller vos jambes sur les côtés sans les rapprocher,
appuyez bien vos fesses sur la table gynécologique sans les contracter
et poussez un peu comme pour aller à la selle. Cela permet d’ouvrir
naturellement l’entrée de votre vagin et facilite la mise en place du
spéculum.

C’est pendant l’examen au spéculum que la gynéco prélève les pertes


du vagin pour un examen au microscope et pratique des frottis.

► Le frottis
Le frottis permet de prélever les cellules du col et de l’endocol afin de
les examiner. On le nomme aussi frottis de dépistage, car il permet de
dépister des anomalies des cellules, de les traiter et d’éviter ainsi qu’elles ne
s’aggravent. Le frottis se fait en « frottant » le col avec une spatule en bois
et l’endocol avec un petit écouvillon, une sorte de petite brosse en Nylon.
On ne frotte pas fort et ça ne fait pas mal.
La gynéco étale ses prélèvements sur des lames, les fixe avec un spray
pour les conserver intacts, puis les lames sont envoyées dans un laboratoire
spécialisé en cytologie. L’examen cytologique étudie l’aspect des cellules. Il
est différent de l’examen bactériologique, qui identifie les germes. Le
cytologiste examine les noyaux des cellules – chaque cellule est constituée
d’un noyau au sein d’un cytoplasme entouré d’une fine membrane – pour
savoir s’ils sont normaux.
Dans certains cas il retrouve des anomalies appelées koïlocytes, dues à
des virus, les papillomavirus ou HPV (à ne pas confondre avec le HIV, virus
du sida, voir). Ces virus sont très contagieux. Ils se transmettent au cours
des rapports sexuels. Ils se logent au cœur des cellules, dans leur noyau, et
les transforment petit à petit jusqu’à ce qu’elles deviennent précancéreuses.
Comme cela prend des années, on a tout le temps d’agir avant. Si le frottis
est anormal, on pratique une colposcopie et des biopsies du col.
Le colposcope ressemble à de grosses jumelles. Il permet d’observer le
vagin et le col avec un fort grossissement. Les lésions sont alors bien
visibles, et on en prélève un fragment à l’aide d’une pince à biopsie. Les
biopsies sont envoyées chez un anatomo-pathologiste, qui étudie
l’organisation architecturale du morceau de tissu prélevé. L’examen
anatomo-pathologique est plus précis que le simple frottis, il offre un
diagnostic sûr et permet de choisir un traitement.

Est-ce que ça fait mal lorsqu’on fait le prélèvement ?


Non. La pince est fine, les fragments sont petits et le col est peu
sensible car il est peu innervé, contrairement au vagin qui, lui, est
hypersensible.

Faut-il faire des frottis régulièrement ?


Les frottis réguliers servent à prévenir le cancer du col de l’utérus. Il
faut les pratiquer dès le début de la vie sexuelle. Les femmes très jeunes ont
moins de défenses immunitaires et un certain nombre de comportements les
rendent encore plus vulnérables. La précocité des rapports sexuels, le fait
d’avoir plusieurs partenaires sexuels sans se protéger, le tabac sont ce qu’on
nomme des « facteurs de risques » au HPV.
Le rythme des frottis est variable selon l’âge, l’état du col, la normalité
des frottis précédents. Chez les adolescentes qui prennent des risques, un
frottis annuel semble raisonnable.

Les frottis anormaux sont-ils courants ?


Elsa vient consulter en urgence, affolée. On lui a dit que dans son frottis il y avait des
cellules cancéreuses, qu’elle avait attrapé des virus à cause de rapports non protégés. On lui a
parlé d’une « vapo laser ». Elle est prête à accuser son copain, à le quitter.

Il faudra plus d’une consultation pour la calmer et la convaincre que le


cancer est rarissime chez les filles de son âge. Ce rayon laser est un bistouri
optique qui agit sur une surface très petite avec une grande précision. Il est
utilisé en chirurgie. Le laser sert à détruire les cellules anormales du col en
les brûlant. La vaporisation laser est un mode de destruction plus superficiel
pour les lésions légères. On fait ensuite une surveillance régulière par frottis
et colposcopie, pour vérifier que les HPV ont bien été détruits.
L’ami d’Elsa n’est pas forcément en cause, car elle-même a pu
contracter le virus avant de le rencontrer. En effet, ces virus peuvent vivre
longtemps dans les cellules avant de se manifester. Cependant, quand on
trouve des papillomavirus chez la femme, il faut les rechercher également
chez l’homme.
L’histoire d’Elsa montre que les médecins ne sont pas toujours
conscients de l’impact de leurs paroles. Il leur arrive de ne pas donner des
explications suffisamment claires. Il ne faut pas hésiter à poser des
questions si on a des doutes ou bien à aller voir un autre spécialiste.

► L’examen au microscope
Si vous vous plaignez de pertes blanches anormales ou si votre vagin
est irrité, la gynéco prélève un peu de sécrétions vaginales avec un Coton-
tige ou une spatule. Ça ne fait pas plus mal que si on vous prenait de la
salive dans la bouche. Le prélèvement est mis entre une lame et une lamelle
pour être examiné au microscope. La mycose (un champignon), le
trichomonas (un parasite) et même l’hémophilus (un germe) se voient bien
au microscope, qui peut faire partie du matériel du cabinet médical. Elle
apprécie également le degré d’infection et l’état de la flore vaginale.
Certains germes ne sont pas visibles à l’examen direct au microscope.
C’est pourquoi la gynéco vous envoie au labo ratoire pour un examen
bactériologique. C’est ainsi qu’au cours de l’examen gynécologique se
dépistent les MST (maladies sexuellement transmissibles). Le biologiste
effectue des prélèvements du vagin, du col et parfois de l’urètre. Il étudie
les bactéries, les germes infectieux, il en mesure la quantité (c’est la
numération des germes), il les cultive dans des « milieux de culture ».
Quand les bactéries sont identifiées, il établit si c’est nécessaire un
antibiogramme, qui permet de prescrire l’antibiotique efficace.

► Le toucher vaginal
Certaines gynécologues commencent par le toucher vaginal, d’autres
par l’examen au spéculum, cela dépend de leurs habitudes. Pour la gynéco,
il ne s’agit pas seulement de « toucher le vagin ». Le but de l’examen est de
percevoir, en les touchant, les organes génitaux internes : l’utérus et les
ovaires.
Pour pratiquer le toucher vaginal, la gynéco met un gant en plastique fin
ou un gant à deux doigts, un doigtier vaginal. Elle écarte doucement les
petites lèvres et introduit son index dans le vagin. Elle vérifie que les parois
sont normales et repère le col utérin. Avec son autre main, elle palpe en
même temps le ventre : elle apprécie la taille, la forme et la position de
l’utérus. Pour qu’elle le sente bien, votre vessie doit être vide. C’est pour
cette raison qu’on vous demande d’aller uriner juste avant l’examen.
La gynéco cherche ensuite à percevoir les ovaires en déplaçant en
même temps la main qui est sur le ventre et celle qui est dans le vagin.
Entre l’utérus et l’ovaire, de chaque côté, se trouvent les trompes. Mais on
ne les sent pas au toucher vaginal quand elles sont en bon état.
Voilà, l’examen gynécologique que vous redoutiez tant est terminé. Il
n’a pas été douloureux. Nous ressentons souvent votre soulagement : vous
avez franchi une étape, vous êtes reconnue comme « normale ».
Pourquoi consulter
Si quelque chose vous inquiète ou vous fait mal, consultez. Il vaut
mieux parler de la douleur. Il existe des médicaments appropriés pour
chaque douleur, celle des règles par exemple, mais il ne faut pas oublier que
la douleur est l’expression du corps qui dit : « quelque chose ne tourne pas
rond ».
On entend très souvent des gens répondre à quelqu’un qui se plaint
d’une douleur : « Tout ça, c’est dans la tête ». Qu’est-ce que cela signifie ?
S’il s’agit de dire que tout conflit psychique peut avoir un retentissement
sur le corps ou que toute maladie s’accompagne d’une inquiétude
psychologique, c’est vrai.
Mais il serait illusoire de penser qu’en agissant uniquement sur l’esprit,
la maladie disparaîtra. Cette attitude peut cacher une angoisse si forte de la
maladie physique qu’on la nie ; en la niant ainsi, on peut négliger un signe
d’alarme sérieux. L’idéal est de pouvoir parler à la gynéco à la fois de ses
symptômes physiques et des situations psychologiques qui les
accompagnent.

► Les troubles des règles


Les premières consultations sont souvent motivées par des problèmes
liés aux règles, qui sont plus ou moins douloureuses, plus ou moins
abondantes. Ces problèmes peuvent révéler des déséquilibres hormonaux,
des perturbations d’ordre psychologique et, très rarement, des maladies plus
graves.

J’ai des copines qui ont tellement mal au moment des


règles qu’elles sont obligées de rester au lit. Pourquoi ?
Juste la veille ou le premier jour des règles, il est fréquent de ressentir
une sorte de lourdeur, de chaleur, de tension dans le bas-ventre ou dans le
bas du dos, ainsi qu’un peu de fatigue. À cette période, l’utérus et même
l’intestin sont congestionnés par la chute des hormones en fin de cycle. Puis
le muscle utérin se contracte pour chasser le flux menstruel.
Les substances qui permettent à l’utérus de se contracter se nomment
les prostaglandines. Lorsqu’elles sont en quantité normale, l’utérus se
contracte sans occasionner de douleurs et les règles se passent sans histoire.
Mais, s’il y a trop de prostaglandines, les contractions de l’utérus sont plus
violentes et provoquent des coliques utérines qui rendent les règles très
douloureuses. Le fait d’avoir des règles très douloureuses est appelé
dysménorrhée. La dysménorrhée semble se manifester avec l’apparition
des ovulations.

Y a-t-il des moyens de ne pas avoir mal pendant les


règles ?
Oui, il existe deux sortes de médicaments : ceux qui agissent contre les
prostaglandines et ceux qui suppriment l’ovulation.
Les médicaments anti-inflammatoires sont des anti-prostaglandines. Ils
diminuent l’intensité des contractions utérines, donc la douleur. Ce sont les
plus efficaces pour calmer les douleurs des règles.
Les pilules contraceptives suppriment l’ovulation et préviennent ainsi
plus de 90 % des dysménorrhées.
IL existe encore des petits remèdes : les tisanes, le massage du ventre,
le yoga, les bouillottes des grands-mères. Si on sait se décontracter en
relâchant tous ses muscles et en respirant bien pour s’oxygéner, on peut
réussir à atténuer sinon à supprimer la dysménorrhée. Mais ça ne marche
pas toujours.
La dysménorrhée guérit généralement à l’âge adulte, mais 20 à 30 %
des femmes continuent à en souffrir. Dans quelques cas, on a mal au ventre
pendant les règles de mère en fille. La façon dont La mère a averti sa fille,
la façon dont elle a accueilli ses règles, la façon dont elle-même les vit, tous
ces éléments peuvent influencer sa fille. Mais ce n’est pas une fatalité pour
autant.

Et qu’est-ce que ça veut dire quand on saigne en dehors


des règles ?
Pour les médecins, ce sont des métrorragies. Elles peuvent être dues à
un déséquilibre hormonal (voir cycle menstruel ou trouble hormonal, p. 34)
fréquent à l’adolescence. Mais il existe d’autres causes que la gynéco doit
rechercher : une infection du vagin, du col ou des trompes, ou bien la prise
de médicaments qui perturbent le cycle.
Il arrive aussi qu’on ait des saignements anormaux sous pilule, soit en
cas d’oubli ou de retard de prise, soit parce que le dosage de la pilule n’est
pas adapté. Parlez-en toujours au médecin. Enfin, les métrorragies peuvent
signaler le début d’une grossesse à problèmes.

Pourquoi a-t-on des hémorragies avec des caillots de


sang ?
Vous avez vu que l’écoulement menstruel ne ressemble pas au sang qui
circule dans le corps. Le sang d’une coupure finit par coaguler et cela lui
permet de s’arrêter de couler. Le sang des règles est beaucoup plus riche en
eau et ne coagule pas à l’extérieur. Il est produit par les vaisseaux de la
muqueuse utérine, qui le libèrent en se rompant en fin de cycle. Il contient
également les débris de cette muqueuse. Au moment de la rupture des
vaisseaux utérins, le sang coagule sous forme de caillots à l’intérieur de
l’utérus. Mais il ne coagule qu’une fois, car des substances sécrétées par la
muqueuse le liquéfient. C’est donc à l’état liquide que la menstruation
traverse le col pour s’écouler dans le vagin, puis à l’extérieur.
Quand les règles sont anormalement abondantes, le sang s’évacue si
rapidement qu’il échappe à l’action des substances liquéfiantes et qu’il
coagule dans le vagin en caillots plus ou moins gros. Les règles très
abondantes – quand on est obligée de changer ses protections au bout d’une
à deux heures – se nomment ménorragies. À votre âge, elles sont
généralement causées par un épaississement anormal de la muqueuse
utérine, lié à un déséquilibre entre œstrogènes et progestérone. Parfois, les
règles hémorragiques révèlent un défaut de coagulation que l’on retrouve à
la prise de sang.
Et quand les règles ne viennent pas, qu’est-ce que ça
signifie ?
L’absence de règles s’appelle aménorrhée. On parle d’aménorrhée
primaire quand on n’a jamais eu de règles. Certaines jeunes filles grandes
et minces auront leurs règles autour de 16 ans.
Dans des cas rares, il existe une imperforation hyménéale, c’est à dire
un hymen fermé qui ne présente pas d’ouverture pour laisser s’écouler le
sang des règles. Ce problème se résout définitivement par une petite
incision chirurgicale de l’hymen.
Dans des cas encore plus rares mais beaucoup plus graves,
l’aménorrhée est due à une maladie hormonale ou à une malformation
importante de l’appareil génital ou de l’hypophyse.
Quand les règles s’arrêtent après une période de cycles normaux, on
parle d’aménorrhée secondaire.
La première cause de l’arrêt des règles est la grossesse. Les
adolescentes y pensent tout de suite si elles ont eu des rapports sans
précautions contraceptives. Dans des cas exceptionnels, une fille vierge
peut être enceinte en l’absence de toute pénétration vaginale. Il suffit que le
sperme soit éjaculé près de l’orifice vulvaire, que la glaire d’ovulation soit
de bonne qualité pour permettre aux spermatozoïdes de remonter jusqu’au
col puis vers les trompes, où l’ovule les attend.
Une grossesse peut s’ensuivre, mais il faut beaucoup de hasards pour
que cela arrive. Si vous avez le moindre doute, vous pouvez acheter un test
de grossesse en pharmacie, c’est en vente libre, sans ordonnance. Ce test,
qui se pratique sur vos urines, permet de retrouver l’hormone de grossesse,
la bêta-HCG.

Vous n’êtes pas enceinte et vos règles n’arrivent pas : c’est que les
ovaires, en arrêt de travail, ne fabriquent plus assez d’œstrogènes pour faire
pousser la muqueuse utérine et ne pondent plus d’ovules. On appelle cela
anovulation.

Quelles en sont les causes ?


On a vu (p. 46) qu’on pouvait avoir ses règles sans avoir d’ovulation. À
l’inverse, quand on n’a pas ses règles et qu’on n’est pas enceinte, c’est
qu’on n’a pas ovulé.
L’anovulation peut être due à certaines maladies de l’ovaire. Elle
s’accompagne alors de troubles hormonaux visibles tels qu’acné, séborrhée,
prise de poids, vergetures pourpres : il s’agit de dystrophies ovariennes. Les
dosages hormonaux et l’échographie pelvienne en font le diagnostic. Le
traitement est hormonal. Des causes très rares sont les maladies de
l’hypophyse et des glandes surrénales.
Le plus souvent, l’anovulation est passagère. Des chocs émotionnels ou
physiques, des peurs intenses, des conflits affectifs graves bloquent les
hormones de l’hypothalamus et de l’hypophyse, qui n’envoient plus leurs
stimulines à l’ovaire. Ce dernier sécrète encore des œstrogènes en plus ou
moins grande quantité, mais il n’ovule plus.
Beaucoup d’adolescentes ont un arrêt de leurs règles lors d’un séjour à
l’étranger ou lors d’une séparation de leur milieu familial.

Caroline a quitté les siens pour finir ses études à Paris. Depuis, elle est très mal
réglée. Mais, chaque fois qu’elle revient à la maison, ses règles reprennent.

En prison, la plupart des femmes n’ont plus leurs règles.


Parfois, il suffit de perdre brusquement quelques kilos pour ne plus
ovuler car la femme a besoin d’un équilibre entre sa masse musculaire et
son tissu graisseux. Les joggeuses, les athlètes de haut niveau n’ont plus
leurs règles. Les jeunes danseuses de l’Opéra qu’on oblige à maigrir pour
passer un concours sont en aménorrhée tant qu’elles n’ont pas repris leur
poids, on l’a vu. Chacune a un poids au-dessous duquel l’ovaire refuse de
fonctionner. Alors, attention à ces régimes qui font perdre trop de kilos trop
rapidement.
Le refus de manger pour perdre du poids se nomme anorexie (voir « le
poids »). Cette maladie est due à de graves troubles psychologiques qui
entraînent l’arrêt des règles. Une perte de poids spectaculaire suit. Bien que
la jeune fille soit amenée à consulter une gynécologue, le traitement n’est
pas gynécologique mais psychothérapique. En effet, dans ce cas, ce qui est
important ce n’est pas de récupérer ses règles mais de dénouer les conflits
qui mettent l’adolescente en danger.
Les pertes blanches ont-elles un rapport avec les règles ?
Est-ce normal d’en avoir beaucoup ?
Les pertes blanches proviennent des sécrétions du vagin. Tout comme
les règles, elles dépendent du cycle hormonal. Déjà avant d’avoir ses règles,
la fillette découvre un dépôt blanc jaunâtre dans sa petite culotte : ce sont
ses premières pertes blanches. Les pertes blanches sont les sécrétions
normales du vagin. La cavité vaginale est tapissée d’une muqueuse dont les
cellules se renouvellent tout au long du cycle sous l’influence des
hormones. Les pertes blanches sont constituées par les cellules qui
s’éliminent chaque jour.
Ainsi, le vagin est normalement humide tout le temps, plus ou moins
comme l’intérieur de la bouche. Un vagin sain possède des moyens de
défense contre l’infection : ce sont les lactobacilles, ou bacilles de
Döderlein, qui lui assurent une acidité normale (pH 4,5) et une protection
contre les germes. Grâce à ces bacilles, la plupart des germes restent
inoffensifs. Quand ils manquent, quand le vagin devient trop acide, une
mycose peut s’y développer.
Des pertes d’une autre sorte mouillent aussi le vagin : c’est La glaire du
milieu du cycle. Cette glaire, sous la dépendance des œstrogènes, ressemble
à du blanc d’œuf cru, elle est transparente et élastique, presque incolore, et
empèse le linge.
Les pertes blanches normales sont crémeuses, lisses, ont une odeur
légèrement acidulée, comme celle du yaourt. Elles sont vraiment blanches à
l’intérieur du vagin, mais elles deviennent jaunâtres en s’oxydant à
l’extérieur. Plus ou moins abondantes selon les femmes, les pertes blanches
sont en tout cas normales et ne traduisent pas une infection vaginale.
Mais, si vos pertes blanches changent d’aspect, si elles deviennent
épaisses, caillebottées (comme du fromage blanc avec des grumeaux),
malodorantes ou colorées, si elles brûlent, démangent ou irritent,
n’attendez pas pour consulter. Consultez également si des boutons, des
coupures, des rougeurs persistantes apparaissent sur votre vulve.

Le mal de ventre
Il n’est pas toujours d’origine gynécologique. Beaucoup viennent
consulter avec ce seul symptôme. Elles ont peur d’une affection
gynécologique. Elles disent « j’ai mal au ventre » en désignant leur bas-
ventre et décrivent des douleurs ressemblant à des crampes, des brûlures,
une sensation de pesanteur, bref… ça fait mal.
Mais qu’est-ce qui fait mal ? Les organes génitaux internes, l’utérus, les
ovaires, les trompes, sont dans la cavité pelvienne avec les autres organes
du petit bassin. Séparés par le péritoine, l’intestin et la vessie en sont tout
proches.
Alors, la gynéco pose des questions sur l’état général, le moment de
l’apparition de la douleur, son rythme par rapport aux règles, son intensité,
si elle réveille la nuit, si elle oblige à rester couchée. Elle pratique un
examen gynécologique à la recherche d’une maladie. Si elle ne trouve rien,
elle peut demander une échographie pelvienne pour vérifier qu’il n’y a rien
de grave.

► La cystite
Le « mal de ventre » provoqué par la cystite se manifeste par des
brûlures en urinant et souvent par une douleur plus ou moins intense au
niveau de la vessie. On a de fortes et fréquentes envies d’uriner et pourtant
on ne parvient qu’à émettre quelques gouttes qui brûlent au passage de
l’urètre.
Dans certains cas, on ne remarque aucun trouble urinaire. Pourtant les
urines sont troubles, la vessie est douloureuse à l’examen. La gynéco peut
faire pratiquer un examen des urines pour traiter une cystite au plus vite.
La cystite n’est pas une infection génitale, elle ne se transmet pas au
cours des rapports. Il s’agit d’une infection urinaire provoquée le plus
souvent par un bacille qui touche la vessie et son petit canal, l’urètre. Il
s’agit du colibacille (Escherichia coli), qui vit dans l’intestin sans lui causer
de dommages. Il y en a également dans les voies urinaires mais s’ils se
mettent à pulluler, la vessie ne le supporte pas et s’infecte : c’est une cystite.
L’orifice de l’urètre est placé tout près de l’orifice du vagin, en haut,
bien au-dessous du clitoris. Les orifices de la vulve étant proches les uns
des autres, le colibacille peut facilement transiter de l’un à l’autre. Quand
les urines sont très infectées, elles sentent mauvais et contiennent du sang.
Est-ce qu’on a une cystite par manque d’hygiène ?
Cela peut expliquer certaines cystites de la petite fille qui ne sait pas
encore se laver, mais ce n’est pas la seule raison. Une fragilité individuelle,
un urètre morphologiquement placé trop près de l’orifice du vagin, un
nombre anormalement élevé de colibacilles peuvent en être la cause.
Bien que la cystite ne soit pas une maladie sexuellement transmissible,
elle peut être favorisée par les rapports sexuels. On l’appelait autrefois la
cystite des jeunes mariées. En effet, pendant le rapport sexuel, le sexe de
l’homme exerce un frottement sur la paroi qui sépare le vagin de la vessie.
Or cette paroi est fine et fragile chez certaines femmes. Si leurs moyens de
défense sont affaiblis, si les colibacilles sont trop nombreux, la vessie
s’infecte et la cystite s’installe.
Si vous êtes sujette aux brûlures en urinant, voici quelques règles
simples qui permettent d’améliorer la situation. Uriner avant le rapport
sexuel car une vessie vide est moins tendue donc moins fragile, et l’absence
d’urine empêche le développement des germes. Uriner après le rapport pour
chasser les bactéries. Boire ensuite pour que les urines ne soient pas
concentrées. En règle générale, ne pas se retenir trop longtemps quand on a
besoin d’uriner. Si vous transpirez beaucoup l’été, ou après le sport, pensez
à boire pour diluer vos urines : elles seront moins susceptibles de s’infecter.
Une cystite ne doit pas être traitée à la légère : elle peut se transformer
en pyélonéphrite (infection des reins), avec de la fièvre, des frissons, des
douleurs au niveau des reins.
Elle se soigne très bien. Le traitement démarre tout de suite en cas
d’urgence. Sinon, le médecin prescrit un ECBU (examen
cytobactériologique des urines) et un antibiogramme pour prescrire
l’antibiotique adéquat. Mais, chez certaines femmes, la cystite peut
récidiver.

Conseil
Si un jour vous perdez du sang et que vous ne savez pas très bien
si ce sang provient de la vessie ou du vagin, faites le test du tampon.
Mettez une petite protection interne. Si elle est tachée, le sang vient du
vagin, forcément ; si votre culotte est tachée, c’est qu’il vient de la
vessie. Lorsqu’on a des brûlures en urinant, il est souvent difficile de
savoir s’il s’agit d’une cystite ou d’une inflammation de la vulve, car
les urines qui sont acides brûlent au passage la vulve irritée.

► Les troubles intestinaux


Si la douleur est localisée à droite, si elle s’accompagne de troubles
digestifs récents, si l’appendice est douloureux à la palpation, c’est peut-
être une appendicite. L’avis du chirurgien est demandé. Mais le plus
souvent ce n’est pas une appendicite, ce sont de simples troubles
intestinaux. S’il y a ballonnements, diarrhée ou constipation, vomissements,
si la douleur prend tout le ventre et remonte jusqu’à l’estomac, il s’agit
d’une banale gastro-entérite. Dans ce cas, la douleur n’est pas localisée, elle
se promène dans tout l’intestin.
Parfois il y a juste une sensation de coups d’aiguille dans le ventre ici et
Là, très douloureuse. C’est sans doute une crise de colite. La palpation
réveille une douleur en un ou plusieurs endroits de votre intestin contracté.
On parle de spasmes intestinaux ou de colite spasmodique. Cela ne signifie
pas que l’intestin est malade. Il réagit simplement à L’anxiété, à la tension
nerveuse ou à un mode de vie qui ne convient pas à ce moment-Là.
Souvent, les petites filles ont mal au ventre quand elles sont contrariées
ou quand elles ne veulent pas aller à l’école. La douleur reste un signal
d’alarme, même chez les adultes. Soyez-y attentive.

► Le mal au ventre d’origine gynéco


Enfin, ce qui fait mal au ventre, ce sont des maladies gynécologiques
retrouvées au toucher vaginal. Il s’agit soit de maladies d’origine
infectieuse, comme les salpingites soit d’anomalies de l’ovaire et de l’utérus
également perçues au cours de l’examen gynécologique.

Le kyste de l’ovaire
Un ovaire peut être plus gros que la normale et douloureux à l’examen.
La gynéco pense alors à un kyste. C’est une sorte de poche à contenu
liquide, semi-liquide ou solide située dans l’ovaire. Pour préciser la nature
du kyste, on fait une échographie pelvienne.
L’échographie ou sonogramme pelvien permet de voir l’intérieur du
ventre grâce à des ultrasons. L’échographiste promène sur le ventre la sonde
à ultrasons et capte les échos qu’elle renvoie sur un écran, comme un écran
de télévision. Quand c’est possible, il introduit une petite sonde à l’intérieur
du vagin pour compléter l’examen, qui est indolore. On vous demande de
boire de l’eau auparavant pour remplir votre vessie qui renvoie les échos
des ovaires. L’échographie permet d’apprécier la taille de l’ovaire, la taille
du kyste et son contenu. C’est une aide précieuse aux diagnostics
gynécologiques.
Enfin, la gynéco peut palper des ovaires gros, lisses ou bosselés qui
traduisent des troubles hormonaux : absence d’ovulation, augmentation de
la pilosité, séborrhée du visage et du cuir chevelu. Il s’agit d’anomalies
ovariennes appelées dystrophies ovariennes, nécessitant des explorations
hormonales et un traitement. Elles sont beaucoup moins fréquentes que le
kyste de l’ovaire.

Les kystes

Il existe deux sortes de kystes, les kystes organiques et les kystes


fonctionnels.
Les kystes organiques sont souvent d’origine embryonnaire, c’est-
à-dire qu’ils se sont constitués sur votre ovaire quand vous étiez
encore dans le ventre de votre mère. On les appelle kystes dermoïdes.
Ce sont des tumeurs bénignes, solides, qui contiennent parfois des
cheveux, des débris d’os ou une dent !
Les autres kystes organiques se développent aux dépens des tissus
de l’ovaire, kystes séreux, kystes mucoïdes (contenant un liquide
visqueux comme du mucus), kystes hématiques (contenant du sang).
Ces kystes doivent être opérés avant qu’ils ne deviennent trop gros.
Il arrive qu’un kyste se torde, cette torsion provoque des douleurs
intenses. C’est une urgence chirurgicale.
Quant aux kystes fonctionnels, les plus fréquents, ils traduisent un
trouble du fonctionnement de l’ovaire au cours du cycle. L’ovulation
n’a pu se produire, l’ovule est donc resté à l’intérieur de l’ovaire, se
remplissant de liquide et se transformant en kyste. Les kystes
fonctionnels disparaissent le plus souvent spontanément après les
règles. C’est pourquoi il vaut mieux attendre avant de prendre une
décision chirurgicale. Dans certains cas la gynéco met les ovaires au
repos avec un traitement hormonal et tout rentre dans l’ordre.
L’ovaire est un organe très sensible au stress et aux émotions : il peut
se mettre à mal fonctionner pour des raisons psychologiques.

Les fibromes
Au toucher vaginal l’utérus est gros et bosselé. Ce sont des fibromes. Ils
sont toujours bénins et exceptionnels à votre âge.

► Quand le mal de ventre vient d’ailleurs


Le ventre peut également être le lieu de douleurs venues d’ailleurs, de
« douleurs projetées ».
Des douleurs vertébrales peuvent se projeter dans l’abdomen.
Un calcul (sorte de petit caillou) qui passe dans l’uretère, canal qui relie
le rein à la vessie, donne des coliques néphrétiques : elles peuvent irradier
dans le ventre. Le foie et la vésicule biliaire peuvent faire de même. Enfin,
après des efforts physiques importants, c’est La douleur des muscles
abdominaux contractés que l’on peut confondre avec une douleur au ventre.
Chapitre 6
Les maladies
du sexe
Les débuts de la vie sexuelle peuvent entraîner d’autres raisons d’aller
voir la gynéco. Certaines maladies viennent toutes seules, d’autres sont
sexuellement transmissibles, d’autres ne sont pas forcément transmises mais
peuvent l’être. Ce chapitre va dresser un catalogue des maladies
gynécologiques. Ce n’est pas pour vous effrayer, mais pour que vous les
connaissiez. Certaines, en le lisant, se croiront atteintes de toutes les
maladies. D’autres ne se sentiront pas concernées, comme si ça n’arrivait
qu’aux autres.
Vous avez les moyens de prévenir beaucoup de ces maladies grâce au
préservatif. Mais il arrive que par négligence ou par malchance, vous soyez
contaminée. Balayez la gêne, la pudeur, allez vite consulter. Les médecins,
qui connaissent bien ces maladies, ne vous jugent ni ne vous réprouvent. Ils
sont là pour vous guérir au plus vite et au mieux. S’ils recherchent avec
vous comment et par qui cela a pu vous arriver, ce n’est pas par curiosité
inquisitrice, mais pour enrayer la contagion.

L’hygiène et les MST

Certaines des maladies sexuellement transmissibles ne se


transmettent pas uniquement par voie sexuelle. Les mycoses, les
trichomonas, l’herpès, par exemple, peuvent se contracter par le
contact avec des linges souillés. Aussi, il est très important d’avoir du
linge de toilette personnel, de ne pas s’échanger les serviettes en
collectivité, et en règle générale de respecter les habitudes d’hygiène
minimum : se laver les mains plusieurs fois par jour.

Vulvites et vulvo-vaginites
Peu de femmes échappent à l’expérience désagréable qu’est la vulvite.
Les petites lèvres se mettent à gonfler, elles deviennent rouges,
douloureuses. Parfois la peau se fragilise au point de s’excorier (elle est
tellement à vif qu’elle se fissure) et de saigner. Du coup, ça brûle très fort
au passage de L’urine. On peut la confondre avec une cystite. Certaines
vulvites peuvent apparaître après des rapports prolongés et fréquents. Des
crèmes adoucissantes et cicatrisantes disponibles en pharmacie règlent ce
petit problème.
À L’examen, La gynéco peut détecter des inflammations et infections
qui se voient très bien sur la vulve et qui provoquent ces vulvites. Ce
peuvent être des infections à germes banals.
► Des infections à germes banals
Une vulve irritée brûle et démange. On a du mal à s’empêcher de se
gratter et on s’infecte avec toutes sortes de microbes qui vivent
normalement sur la peau et les poils.
Alors, la peau de la vulve s’épaissit, se durcit et démange encore plus.
IL faut se faire traiter.

Une zone très sensible

Si la vulve est trop fragile, mieux vaut éviter de porter des


pantalons trop serrés à couture épaisse au niveau de l’entrejambe,
comme les jeans, par exemple. Les protège-slips, portés toute la
journée, ne protègent pas la vulve mais l’irritent par frottement.
Comme la partie en contact avec la culotte est imperméable, le
protège-slip provoque une humidité constante, néfaste, même si on en
change souvent. Des culottes mal ajustées, qui serrent trop, ou des
strings peuvent parfois provoquer des irritations. La culotte en coton
vaut mieux qu’une culotte en matière synthétique. Les culottes doivent
être bien rincées. Les papiers de toilette parfumés peuvent créer des
intolérances, tout comme les lavages trop répétés, les savons
parfumés ou agressifs. (voir encadré).Tous ces petits conseils ne
valent que pour celles dont la vulve est facilement irritable. Les autres
peuvent faire ce qu’elles veulent… tant qu’elles n’ont pas d’ennuis

► L’irritation de la vulve n’est pas toujours


d’origine gynécologique
Parfois quand on a mal au sexe, on pense tout de suite qu’il s’agit de
maladies gynécologiques. La région vulvaire peut être atteinte par d’autres
affections.
Certaines maladies de la peau peuvent affecter La vulve : lichen,
psoriasis, eczéma. Dans ce cas la gynéco recommande une consultation
auprès d’un dermatologue.
Certains parasites, comme les morpions peuvent également se loger sur
le sexe, sur le pubis en particulier. Ils s’attrapent par le contact, même bref,
de la peau contre une autre peau et aussi dans des sacs de couchage, draps,
couvertures, vêtements infestés quand on vit en groupe.
Personne n’est totalement à l’abri de ces parasites, pas plus que les
enfants qui attrapent des poux à l’école.
Les morpions sont les poux du pubis, Phtirius pubis, pour les savants.
Ils se nichent à la racine des poils, sucent le sang, pondent des œufs, (une
cinquantaine pour chaque femelle en un mois). Le cycle du morpion se
déroule sur la peau et les vêtements où les œufs éclosent en une semaine.
Les lentes sont agrippées au poil.

Comment savoir qu’il s’agit de morpions ?


Ça démange affreusement. On découvre de minuscules taches de sang
dans la culotte. Il faut s’examiner, à l’œil nu ou avec une loupe. Ce n’est
pas toujours commode. Les lentes sont grisâtres et collent au poil. On peut
les détacher en les faisant glisser le long du poil.

Comment s’en débarrasse-t-on ?


Très rapidement avec des poudres qui les tuent. On les achète en
pharmacie. Le produit actif est différent de celui qu’on utilise pour les poux.
Il ne faut pas oublier de poudrer toute la literie, les vêtements, et faire
bouillir, si possible, le linge infesté. Une semaine plus tard, on recommence,
pour détruire les œufs avant qu’ils n’éclosent. C’est guéri.

► Les vulvo-vaginites
Une infection ou une inflammation du vagin est une vaginite qui
entraîne des pertes. Celles-ci peuvent irriter ou infecter la vulve, et cela
devient une vulvo-vaginite. La gynéco soupçonne la présence d’un germe
ou d’un parasite pas nécessairement transmis par voie sexuelle. Il existe en
effet des vulvo-vaginites chez la petite fille ou la femme âgée. Comme on
l’a vu (p. 169), la gynéco prélève des sécrétions à l’intérieur du vagin (ce
qui est totalement indolore) pour l’examen au microscope. En effet, les
principaux agents qui infectent le vagin sont bien visibles. En colorant les
lames on distingue les germes vivants : mycose, trichomonas et hémophilus
vaginalis. Cela lui permet également d’évaluer le degré d’infection et l’état
de la flore vaginale. Elle peut aussi vous envoyer directement au labo pour
faire un examen cyto-bactériologique des sécrétions vaginales mais aussi du
col de l’utérus et de l’urètre.
Trois agents principaux sont à l’origine de vulvo-vaginites.

► L’hémophilus vaginalis
L’hémophilus se développe dans le vagin quand, par exemple, il est
fragilisé par une mycose, ou parce qu’il n’y a plus assez de bacilles de
Döderlein pour le défendre (des bacilles qui font partie de la flore
bactérienne normale dans le vagin). Il occasionne des pertes grisâtres,
crémeuses et surtout malodorantes. La mauvaise odeur disparaît dès que la
flore vaginale est reconstituée.
Comme son nom l’indique, l’hémophilus vaginalis ne se plaît que dans
le vagin. Ce n’est pas une MST, vous ne risquez donc pas de le passer à
votre ami.

► La mycose
La mycose est provoquée par un champignon, une levure qui se nomme
Candida albicans, c’est pourquoi on dit indifféremment mycose ou
candidose. Il s’attaque le plus souvent à la vulve d’abord, puis il se colle
aux parois du vagin, le tapissant d’un épais enduit blanc. Les pertes du
vagin sont très agressives pour l’orifice vulvaire, la région qui l’entoure, et
les petites lèvres. L’irritation peut même atteindre la région anale et
remonter dans le pli fessier.
À l’inverse, quand l’intestin est infecté par le Candida albicans, la
contamination se propage par l’anus. La peau et la muqueuse souffrent et se
fendillent. Les pertes de la mycose sont différentes des pertes blanches
habituelles. Elles sont beaucoup plus épaisses, moins lisses et forment des
petits grumeaux. La mycose apparaît volontiers dans la période qui précède
les règles car le vagin est naturellement plus acide à ce moment-là.
Ça fait très mal ?
Oui, mais ça se soigne bien à condition de ne pas attendre trop
longtemps. Parfois on ne sent rien et on découvre qu’on a une mycose au
cours d’un rapport sexuel. Le vagin est sec, ça brûle et ça fait mal.
La mycose n’est pas seulement due aux irritations de la vulve et du
vagin. Certains médicaments, les antibiotiques, la cortisone, la favorisent
ainsi que certaines maladies, le diabète (trop de sucre dans le sang), les
maladies qui diminuent les défenses immunitaires de l’organisme et même
le stress. La mycose se contracte également par les rapports sexuels.
Curieusement, les hommes sont moins sensibles que nous au Candida
albicans. On ne les traite plus systématiquement quand leur partenaire est
infectée, sauf si, eux aussi ont des irritations ou des brûlures après les
rapports sexuels.

La mycose est-elle une MST ?


MST signifie maladie sexuellement transmise, donc contractée au cours
d’un rapport sexuel. Si l’on est atteinte d’une candidose après des
antibiotiques, par exemple, ce n’est pas une MST. Mais si la mycose est
transmise au cours d’un rapport, cela devient une MST et le couple est traité
en même temps.
Même si la mycose est une affection fréquente, récidivante et gênante,
elle n’est pas grave. Mais attention à ne pas prendre la moindre brûlure, la
moindre irritation vulvaire pour une mycose. Avant de se traiter de façon
répétitive, il vaut mieux être sûre du diagnostic. Un médicament
inapproprié n’arrange rien.

Ça peut revenir ?
La mycose est une affection récidivante, mais parfois moins qu’on ne le
dit. Après le traitement, une certaine sensibilité de La vulve fait croire
qu’on n’est pas tout à fait guérie et L’on s’inquiète. Cette sensibilité,
souvenir de la douleur, va s’estomper petit à petit, à condition d’éviter tout
ce qui irrite la vulve. Dans certains cas le Candida reste latent (sans
symptômes) et se manifeste brusquement au cours d’un rapport sexuel qui,
alors, devient très douloureux. Un lien peut s’établir inconsciemment entre
acte sexuel et douleur du sexe, et la douleur est vécue comme une punition.
Même guérie, on redoute un nouveau rapport, on se contracte et la
pénétration devient encore plus douloureuse, sinon impossible. Il faut oser
en parler à la gynécologue. Elle aidera à rompre le cercle vicieux : peur-
douleur. Enfin, quand on n’a pas envie de faire l’amour, La mycose, comme
toutes les autres douleurs génitales, peut être un prétexte tout trouvé pour
dire « non ». Non à l’autre, mais aussi non à soi-même. Il n’est pas toujours
facile de débrouiller seule les raisons de ce « non ».

Les signes qui doivent alerter

Des pertes vaginales colorées ou malodorantes


Des verrues sur la vulve, ou autour de l’anus
Des brûlures en urinant
Des douleurs, pendant ou après les rapports
Des saignements en dehors des règles, sans oubli de pilule
Des douleurs dans le bas-ventre et de la fièvre

Si vous avez ce genre de symptômes, il faut consulter d’urgence.


Source CRIPS ([Link]) et Institut Alfred Fournier.

► Le trichomonas
C’est une MST fréquente due à un parasite qui se développe dans le
vagin. Il fait partie des MST, mais la contamination peut se faire par du
linge souillé, sans contact sexuel. Cela provoque des pertes verdâtres,
mousseuses et malodorantes qui occasionnent des démangeaisons vaginales
et vulvaires. Parfois, des sensations de cystite, lorsque l’urètre est
enflammé. Ce n’est en fait pas une vraie cystite, mais une urétrite.
Tout comme la mycose, le trichomonas est de diagnostic facile pour la
gynéco car ces parasites vaginaux mobiles se voient bien au microscope. Le
traitement est rapide et définitivement efficace si votre ami est traité en
même temps que vous. Chez l’homme la plupart du temps, il est
parfaitement toléré : pour une fois on ne peut pas accuser son copain de ne
rien dire car dans 90 % des cas il n’a pas de symptôme

Boules, verrues et boutons

► Une ou des petites boules qu’on sent sous le doigt


Si c’est une boule douloureuse sur le côté de l’orifice vaginal, vers
l’arrière, il s’agit d’une bartholinite. C’est une infection de la glande
Bartholin qui joue un rôle dans la lubrification du vagin. Elle doit être
traitée rapidement par des antibiotiques pour ne pas évoluer vers l’abcès.
Elle est rare chez l’adolescente.
Parfois on vient consulter pour une ou plusieurs petites boules senties
en arrière de la vulve. En fait ce sont des hémorroïdes qui saillent autour
de l’anus. Les hémorroïdes sont des dilatations des veines de l’anus, des
sortes de varices anales. Quand elles sont congestionnées elles sont très
douloureuses et saignent parfois. S’il y a du sang dans votre petite culotte il
est utile de savoir si ce sang vient de l’anus, du vagin ou de l’orifice
urinaire.

► Les verrues : les condylomes


Sur la vulve, on peut voir, sentir des verrues. Il ne s’agit plus
d’infection de la vulve, mais de condylomes. Ils sont provoqués par un
virus, le Papillomavirus ou HPV.
Il se manifeste sur la vulve sous forme d’une ou plusieurs verrues. On
les appelait autrefois végétations vénériennes ou crêtes de coq. Au début,
elles ne font pas mal : ce sont de petites excroissances, grises, blanchâtres
ou roses, comme la muqueuse. On ne les découvre qu’avec la main en se
lavant. Si on ne fait rien, elles se multiplient rapidement, grossissent et
démangent. En se grattant, on les fait essaimer. N’attendez pas pour
consulter car elles sont très contagieuses. Votre copain doit consulter lui
aussi. La gynéco recherche si vous n’avez pas d’autres condylomes moins
visibles autour de l’anus, à l’intérieur du vagin et sur le col. Le traitement se
fait par l’application d’une pommade, par destruction électrique ou par
cryothérapie (destruction par le froid). Ces virus HPV peuvent se propager
au col de l’utérus où ils risquent de déclencher au bout de quelques années
des lésions précancéreuses. C’est pourquoi la gynéco pratique
systématiquement un frottis lorsqu’il y a des condylomes sur la vulve.

LE PAPILLOMAVIRUS C'EST UN JOLI NOM POUR UNE BELLE COCHONNERIE !

Une bonne nouvelle : un vaccin contre le papillomavirus va être


commercialisé. Il est envisagé de proposer cette vaccination avant 12-
13 ans car, dès 15 ans, 20 % des filles ont eu des rapports sexuels. Comme
il ne protège pas contre tous les virus HPV, il est nécessaire de continuer la
surveillance gynécologique et surtout la pratique des frottis.

► Les boutons : L’herpès génital


Le virus de l’herpès génital est le cousin de celui qui donne le bouton
de fièvre. C’est souvent assez douloureux et très contagieux.
Il y a des boutons de fièvre sur la bouche, mais aussi sur la vulve.
Ils sont de deux types : le banal bouton de fièvre, sur la bouche ou au
bord d’une narine est de type I. L’herpès de type II s’attaque à l’appareil
génital externe, mais aussi bien à la fesse ou à la cuisse. C’est l’herpès
génital.
L’herpès type I ne se transmet pas tout seul de la bouche à La vulve. Il
peut être transporté par la main, les caresses et les baisers et se transformer
en type II, qui lui, contamine La région vulvaire par contact sexuel.

Qu’est-ce-qu’on ressent alors ?


La première attaque de la maladie herpétique est parfois violente. Elle
se nomme la primo-infection. Elle survient 3 semaines en moyenne après la
contamination. Elle se manifeste par des démangeaisons et de vives
douleurs vulvaires. Les boutons d’herpès apparaissent ensuite sous forme
de vésicules, sortes de petites bulles remplies de Liquide. Très vite les
vésicules crèvent et ulcèrent la peau. Un ganglion douloureux dans l’aine
du même côté, de la fièvre, une fatigue intense accompagnent l’évolution
des boutons. Si l’on ne se fait pas soigner, ça dure 15 jours et il faut encore
10 à 12 jours pour que les boutons cicatrisent. Après la guérison, le virus
reste dans le ganglion. Il peut ne jamais réapparaître ou au contraire se
manifester à nouveau.
Dans bien des cas, la primo-infection passe pratiquement inaperçue. On
reconnaît la maladie lors des récidives, qui, généralement s’espacent de plus
en plus et durent beaucoup moins longtemps. Les récidives surviennent lors
des règles, de poussée de fièvre, de choc émotionnel.
En cas de doute, on fait un séro-diagnostic.

Y a-t-il quelque chose à faire ?


Vite consulter. Des médicaments contre le virus herpétique abrègent la
maladie, mais ils n’empêchent pas que des poussées d’herpès réapparaissent
périodiquement. C’est ce qu’on nomme des récidives. Lorsqu’elles sont
trop rapprochées, les antiviraux sont prescrits pendant de longs [Link] faut
prendre des précautions car c’est très contagieux depuis la première gêne
vulvaire jusqu’à l’assèchement des boutons. Il faut faire très attention à ne
pas transporter le liquide des vésicules dans les régions voisines, et à bien
assécher les boutons avec un produit cicatrisant. Les mains doivent être
parfaitement lavées avant et après les soins. Et le linge de toilette réservé à
l’usage personnel et bien lavé. Les rapports sexuels sont contaminants
jusqu’à guérison complète parce qu’avec la main qui a touché le bouton on
peut véhiculer le virus.
Plus tard, si une poussée d’herpès survient au moment de
l’accouchement, il faudra faire naître le bébé par césarienne pour qu’il ne
coure aucun risque.

Les MST ne sont pas


des maladies honteuses

L’herpès et les condylomes sont des MST, des « maladies de


l’amour ». Ces deux affections virales sont visibles sur la vulve. On
peut s’en rendre compte très vite et se faire soigner. Il faut avoir le
courage d’en parler à son ami pour être traités en même temps tous
les deux, et guérir plus vite. Ce n’est pas parce qu’elles sont sur
l’appareil génital qu’elles doivent être honteuses. Il n’y a pas de
maladies honteuses, mais des comportements de honte devant les
réalités de la sexualité. La sexualité et ses risques font partie de la vie
amoureuse comme les mouvements du cœur, le désir, la tendresse, la
jalousie. Une affection génitale est comme les autres maladies. Il faut
s’appliquer à la prévenir mais sans y penser sans cesse, sans se
gâcher la vie. Et si un jour cela vous arrive, ne laissez pas la honte
vous paralyser. Soignez-vous.

Les infections des trompes, ou salpingites


Dans nos consultations nous essayons de dépister systématiquement les
salpingites, infection d’une ou des deux trompes. Salpingite vient de
salpynx, mot qui désigne la trompe. On dit aussi infection tubaire, deux
mots pour la même affection. La trompe s’infecte par des germes transmis
au cours d’un rapport. Ce sont des MST. Les germes remontent du vagin
vers le col, traversent l’utérus et atteignent les trompes.
L’intégrité des trompes est nécessaire pour votre fertilité future. C’est
pour la préserver que nous vous conseillons encore et encore de vous
protéger par le préservatif, d’être attentives à une modification de vos pertes
blanches, à des saignements en dehors des règles, à des douleurs
inexpliquées dans le ventre.

► Le chlamydia
La bactérie le plus fréquemment rencontrée chez les adolescentes dans
notre pays est le chlamydia.
Quand des symptômes apparaissent, c’est 10 à 20 jours après le rapport.
Ils sont souvent discrets : quelques pertes vaginales, des brûlures ou une
gêne à la miction. Dans certains cas ce sont de petites pertes de sang en
dehors des règles qui sont le seul signe d’alarme. Quand on est sous pilule,
c’est le vrai piège. Si elle ne vous examine pas, la gynéco consultée par
téléphone risque d’imputer les saignements à la pilule et proposer d’en
changer. Nous vous conseillons vivement de prendre un rendez-vous au
moindre doute, surtout si votre ami se plaint d’écoulement ou de brûlures en
urinant. Si nous vous mettons tellement en garde c’est que le chlamydia est
une MST qui vous fait courir des risques : on a 85 % de chances de
contracter le chlamydia avec un partenaire atteint et qui ne le sait pas.
Dans d’autres cas le chlamydia se manifeste par une salpingite aiguë
avec d’importantes douleurs dans le bas-ventre, d’un ou des deux côtés, de
la fièvre, parfois des vomissements et un mauvais état général.

Y a-t-il toujours des symptômes ?


Dans certains cas la salpingite peut être silencieuse. Elle est découverte
au cours de l’examen. La gynéco remarque que le col et surtout l’endocol
(la partie interne du col) sont atteints : du pus sort de l’endocol. Le toucher
vaginal est douloureux. La trompe qu’on ne perçoit pas normalement
bombe dans le vagin et fait mal à la palpation. Au moindre doute la gynéco
vous envoie au laboratoire pour une recherche de chlamydia dans les pertes.
Elle demande également une recherche de la trace du chlamydia dans le
sang : c’est le sérodiagnostic (voir encadré). La gynéco prescrit une
échographie pelvienne qui peut confirmer la salpingite et mettre en route le
traitement antibiotique. Parfois, une cœlioscopie est utile pour faire l’état
des lieux.
Cet examen se pratique à l’hôpital ou en clinique sous anesthésie
générale. Le chirurgien utilise un cœlioscope. C’est un instrument en forme
de tube se terminant par une source lumineuse qui permet de voir tout
l’intérieur du petit bassin, l’utérus, les ovaires, les trompes et le péritoine,
fine membrane qui entoure tous les organes du petit bassin. L’instrument est
introduit par une petite ouverture faite dans le nombril. On voit aussi bien
que si le ventre était ouvert avec un bistouri. La cicatrice est très petite et
peu visible. La cœlioscopie permet de voir mais aussi de traiter
chirurgicalement un grand nombre de maladies gynécologiques.

Se soigner à deux

Avec ou sans symptômes, le traitement doit être mis en route très


vite. Il faut traiter le partenaire même s’il ne se plaint de rien. Il faut
même lui demander – ce n’est pas toujours simple – de prévenir
d’autres personnes avec lesquelles il a eu des rapports. Le préservatif
utilisé à chaque rapport est la meilleure prévention.

► Le mycoplasme
Jusqu’à il y a peu de temps, il était considéré comme une MST à risque
pour les trompes. Ce n’est plus le cas. Tout comme le chlamydia, c’est une
bactérie. Il est recherché systématiquement dans les examens
bactériologiques. Son nom : Ureaplasma urealyticum. Il est bon de
reconnaître son nom pour ne pas le confondre avec « mycose ». Le
mycoplasme semble plus agressif pour l’homme que pour la femme. Il se
développe de préférence dans l’appareil urogénital occasionnant des
urétrites, parfois des cystites, mais peu de leucorrhées. Il s’associe
volontiers à d’autres germes vaginaux. Il prolifère d’autant plus que la flore
vaginale est pauvre. Plus les mycoplasmes sont nombreux, plus ils risquent
d’être pathogènes. C’est pour cette raison que le laboratoire en fait la
numération. Au-dessous de 104 (10 000), on estime que le traitement n’est
pas indispensable si l’homme et la femme n’ont aucun symptôme.

Quels sont ses symptômes ?


Parfois, aucun. Parfois de petites brûlures en urinant et quelques pertes.
En réalité, c’est à l’examen au spéculum qu’on découvre un col enflammé
et purulent. L’examen bactériologique s’impose.

► Le gonocoque
Avant que le chlamydia soit bien connu et traité, le gonocoque était le
principal agent des MST, appelées autrefois maladies vénériennes (de
Vénus, déesse de l’amour). Il est responsable de la blennorragie,
communément appelée « chaude-pisse » parce que chez l’homme, la
maladie se manifeste par des brûlures intenses en urinant : on dit qu’il
« pisse des lames de rasoir ». Il sait donc qu’il a été contaminé environ 5
jours auparavant. Malheureusement pour la femme, dans 70 % des cas, elle
n’a que peu ou pas de symptômes. Elle peut propager la gonococcie un bon
moment, sans se soigner. Après une période de silence, le gonocoque est en
nette progression. Il se transmet essentiellement par voie sexuelle. Les
femmes sont plus vulnérables que les hommes. En cas de rapport avec un
partenaire contaminé, la femme est contaminée dans un cas sur deux ;
l’homme dans un cas sur trois.

Est-il aussi dangereux que le chlamydia ?


S’il n’est pas traité à temps, oui. C’est pour cette raison que les
médecins traitent systématiquement tous les partenaires d’une personne
contaminée, sans même savoir s’ils sont contaminés. On dispose
aujourd’hui de traitements minute, très efficaces. S’il n’a pas été traité à
temps, le gonocoque pénètre par le col vers l’utérus et les trompes qu’il
infecte dans 10 % des cas.

Une MST peut-elle rendre stérile ?


Heureusement non. Prise à temps, la salpingite guérit. Dans le cas
contraire, les trompes sont « bouchées » et empêchent à la fois l’ascension
des spermatozoïdes et la descente de l’ovule. C’est une stérilité tubaire,
mais on peut alors être enceinte grâce à une fécondation in vitro.

Un sérodiagnostic, c’est quoi ?

C’est un test sérologique, c’est-à-dire effectué sur un prélèvement


sanguin. Quand on contracte une maladie, le corps se défend en
développant ce qu’on nomme des anticorps qui permettent, la plupart
du temps, de lutter contre cette maladie. Il faut un certain temps pour
que l’organisme fabrique des anticorps.
Si l’organisme a été en contact avec le virus, le test reste toujours
positif. Sa positivité est la trace des anticorps contre la maladie. Par
exemple, si vous avez eu la rubéole ou si vous avez été vaccinée, on
trouvera un sérodiagnostic positif à la rubéole (Pensez d’ailleurs à
vous faire vacciner ou à faire faire le rappel si le vaccin contre la
rubéole (ROR) n’a pas été pratiqué à douze ans).
Les résultats des analyses paraissent parfois écrits en chinois. Les
virus y sont nommés :
virus de l’immuno-déficience humaine ou
HIV 1, HIV 2
sida
virus des condylomes HPV
virus de l’herpès génital HSV 2
virus de l’hépatite B VHB
virus de l’hépatite C VHC

L’hépatite B
Elle est due à un virus qui se transmet par le sang (comme l’hépatite C
qui peut devenir chronique avec des atteintes du foie), mais aussi par le
sperme et les secrétions vaginales. Comme toutes les hépatites, elle peut se
dérouler sans signes apparents et on peut être séropositif sans le savoir.
Dans d’autres cas ; on a une jaunisse et c’est le sérodiagnostic qui
permet d’établir la présence du virus dans le sang. Le danger de cette
hépatite est que, dans 20 % des cas, elle peut devenir chronique et active,
détruire petit à petit les cellules du foie et entraîner des maladies hépatiques
gravissimes comme la cirrhose du foie et même le cancer du foie. Il existe
un vaccin contre l’hépatite B dont on a discuté l’innocuité ces dernières
années. Mais il semble aujourd’hui innocenté et la vaccination contre
l’hépatite B est conseillée.

La syphilis
Avant la découverte de la pénicilline, cette maladie vénérienne faisait
très peur. C’est le sida d’autrefois.
Elle est due à une bactérie, le tréponème pâle. Elle débute à l’endroit du
contact par une lésion cutanée, le chancre syphilitique. Si la maladie n’est
pas traitée, elle atteint le système nerveux. Aujourd’hui, cette maladie est
moins fréquente et guérit rapidement par antibiotiques. Il semble que cette
maladie qui avait presque disparu soit en recrudescence.

Le sida
Le sida a été décrit pour la première fois en 1981 aux États-Unis. Le
mot signifie syndrome d’immunodéficience humaine (AIDS pour les
Anglo-Saxons). C’est une MST qui au début était considérée comme une
maladie d’homosexuels, tous les autres se croyaient protégés. Depuis,
l’épidémie a atteint les hétérosexuels, hommes et femmes. En France, 5 000
à 6 000 personnes sont encore infectées chaque année !
Il y a des pays entiers ou hommes, femmes et enfants sont atteints par
cette maladie. Le sida est dû au virus HIV isolé en 1983 à l’Institut Pasteur
de Paris. Celui-ci s’attaque progressivement aux défenses de l’organisme.

► La transmission du sida
Pour se transmettre d’une personne à l’autre le virus doit
nécessairement être transporté par une cellule. Ainsi les deux grands modes
de contamination sont :
– le sang qui véhicule les lymphocytes contaminés qu’il contient (les
lymphocytes font partie des cellules qui constituent le sang). La
contamination par le sang se fait chez les usagers de drogue qui se piquent
avec des seringues souillées et par transmissions sanguines (ce qui n’est
plus le cas en France depuis 1985).
– les sécrétions sexuelles, sperme et sécrétions génitales féminines. La
contamination sexuelle se fait par la moindre excoriation (petite plaie) de la
muqueuse vaginale, anale ou buccale qui sert de porte d’entrée au virus. La
pénétration vaginale, rectale et la fellation doivent toujours être protégées
par des préservatifs. La salive qui ne comporte pas de cellules n’est pas
contaminante. Il n’y a donc pas de précautions particulières à prendre si on
boit dans le verre de quelqu’un qui a le sida.
Une fois dans l’organisme, le sida se fixe et se développe
essentiellement dans les lymphocytes T4 et dans certaines cellules du
système nerveux. Le virus progresse en se multipliant – jusqu’à 1 milliard
de nouvelles particules par jour – et en transformant les noyaux des cellules
infectées. Entre le premier contact avec le virus et la maladie déclarée, il
peut s’écouler des années pendant lesquelles la personne n’est pas malade
mais propage la maladie sans le savoir. On dit qu’elle est séropositive.

Comment se détecte le sida


Le sida se détecte par une prise de sang. Plus tôt se fait le diagnostic,
plus tôt un traitement antiviral est commencé, plus on a de chances de
retarder le passage à la maladie. C’est le sérodiagnostic qui met en évidence
les anticorps contre le HIV et qui montre si on est séropositif ou
séronégatif.
Ou bien, le médecin peut avoir l’attention attirée par des troubles de
l’état général : diarrhées, amaigrissement, fatigue, fièvre. Il demande un test
qui montre la présence du virus. Au fur et à mesure que l’immunité baisse
apparaissent des infections comme la tuberculose, la toxoplasmose, des
affections cutanées et neurologiques appelées infections opportunistes.

Quand faire le test ?


– En cas de doute après un rapport non protégé, il faut faire un premier
test 6 semaines après et un second trois mois après. 6 semaines, c’est le
temps minimum pour que la trace du sida apparaisse dans le sang en cas de
contamination. Quand le test est négatif à 3 mois, c’est la certitude qu’on
n’a pas été contaminé. Même s’il existe désormais des tests qui permettent
de savoir au bout de quinze jours seulement si on est séropositif ou pas, le
test n’étant pas fiable à 100 %, il faut en refaire un après trois mois.
– Si l’on envisage de ne plus utiliser le préservatif parce qu’une
atmosphère « durable » s’installe dans le couple. Il est conseillé de faire un
test et de demander à son partenaire d’en faire un également, ceci 3 mois
après le dernier rapport sexuel non protégé avec quelqu’un d’autre.

Et si on apprend que le partenaire qui n’avait pas de


préservatif est séropositif ?
En cas de rapport sexuel avec un séropositif non protégé ou si le
préservatif craque, il faut absolument aller consulter dans les heures qui
suivent un service hospitalier spécialisé où on peut avoir un traitement
d’urgence qui diminue les risques de la contamination. Ce traitement est
lourd et dure un mois. Il est indispensable, mais n’est pas efficace à 100 %.

Bons plans et bonnes adresses


Fil santé jeune : 0 800 235 236.
Hépatite info service : 0 800 845 800 permet de s’informer sur
toutes les hépatites, oriente et soutient. 7 jours sur 7, de 9 heures à
23 heures. Communication gratuite.
Sida Info service : 0 800 840 800 aide à évaluer son risque de
contamination en cas de doute et donne l’adresse du centre de
dépistage anonyme et gratuit le plus proche de chez soi. 7 jours sur 7,
24 heures sur 24, communication gratuite.
Ce service a également mis en place « La Ligne de Vie » pour
soutenir les personnes en attente de résultat de test, notamment.
N° azur (prix d’une communication locale) : 0 801 037 037.
Lundi, mardi, jeudi, et vendredi de 17 heures à 21 heures.
Le site internet de l’association Aides, [Link], fournit
des flashes info et offre la possibilité de poser des questions.
Site internet [Link] (MST, sida, pratiques sexuelles).

Comment éviter le sida ?


Du fait de l’hécatombe qui s’est produite chez les homosexuels
américains, il y a eu un énorme effort au niveau de la prévention. Ainsi le
Safe sex – en anglais « sexualité sans risque » – consiste à limiter les
rapports à des caresses sans pénétration et à des jeux de masturbation. Il
s’agit d’une sexualité « à distance » où l’utilisation du préservatif et de
doigtier notamment sont le minimum indispensable.
Cette attitude du safe sex s’est répandue bien au-delà des milieux
homosexuels. En France, particulièrement chez les jeunes, il y a eu des
campagnes de communication et l’utilisation du préservatif s’est répandue.
Mais depuis quelque temps, la vigilance semble se relâcher. On observe
le phénomène du relapse : la suppression de toute vigilance, l’abandon du
préservatif de façon ponctuelle, comme ça, en fonction du partenaire, de la
couleur de ses yeux ou de celle du ciel, dans l’irrationalité absolue. Une
façon de jouer à la roulette russe. Dans les dix premières années de
l’apparition de la maladie (entre 1981 et 1991), la majorité des malades
mouraient. Certains croient aujourd’hui que le sida se guérit, c’est une
grave erreur. Certes, les trithérapies ont ressuscité des malades condamnés.
Toutefois, si on meurt plus tard, on continue d’en mourir. Les trithérapies et
les quadrithérapies sont des traitements extrêmement lourds avec beaucoup
d’effets secondaires. Prendre le risque d’une contamination à la légère, c’est
prendre le risque d’une vie de grand malade en sursis, tant que les progrès
des traitements ne sont pas décisifs.

Les pratiques à risques

– L’absence de protection par préservatif ;


– La précocité des premiers rapports sexuels (les défenses
immunitaires des très jeunes filles ne sont pas achevées) ;
– La multiplication des partenaires (par multiplication des
risques) ;
– La promiscuité et le manque d’hygiène ;
– La pratique du relapse qui consiste à abandonner de temps en
temps toute vigilance.
Mais aussi :
– Le tabac, parce qu’il diminue les défenses immunitaires ;
– L’usage d’alcool ou de drogues parce qu’il entraîne une baisse
de la vigilance.
Conclusion

Le corps est une merveilleuse machinerie commandée par le cerveau :


elle est compliquée et subtile, mais il faut lui faire confiance. L’adolescence
n’est pas une maladie, c’est un long cheminement qui va de l’enfance à
l’âge adulte en modifiant le corps et l’esprit.
Cette étape est plus longue de nos jours, parce que la puberté
commence plus tôt et que l’autonomie matérielle est souvent plus tardive.
Elle oblige parfois à une certaine dépendance à l’égard de la famille. Cette
dépendance est acceptée ou combattue.
C’est une étape pleine d’incertitudes, de luttes et d’embûches, mais
aussi d’heureuses découvertes : découverte de nouvelles relations avec les
autres, découverte de la sexualité, qui attire et qui fait peur. Ces sentiments
contradictoires peuvent créer des situations de risques physiques et
psychologiques. Cette période de crise construit la femme que vous
deviendrez vers son épanouissement, vers la réalisation de projets
personnels, professionnels et sentimentaux. Nous sommes tous les créateurs
de notre propre vie, et l’adolescence y prépare.
Si un jour vous avez des enfants, ils vous aideront peut-être à mieux
comprendre votre adolescence. Ce sera une autre histoire.
Dictionnaire
de l’amour et du sexe

A
Abstinence : absence de rapports sexuels plus ou moins prolongée.
L’abstinence périodique est une méthode de contraception dite naturelle,
tolérée par l’Église. Voir méthode Ogino.
Adolescence : période comprise entre l’enfance et l’âge adulte, dont les
premières manifestations physiques débutent à la puberté.
Anaphrodisie : absence de désir sexuel.
Androgènes : hormones mâles dont la plus connue est la testostérone.
Anorgasmie : absence d’orgasme. Elle ne signifie pas chez la femme
absence de désir et de plaisir. Elle se manifeste souvent chez l’homme par
une absence d’éjaculation.
Aphrodisiaque : substance censée stimuler le désir et les performances
sexuelles.
Aphrodite : déesse de l’Amour, née de l’écume d’une vague. De son
nom découlent les mots aphrodisiaque, anaphrodisie. Elle est appelée Vénus
chez les Romains, ce qui a donné le terme maladies vénériennes, « maladies
de l’amour ».
Attouchement : action de toucher. Aujourd’hui, l’usage n’est que
péjoratif. On parle d’attouchements en cas d’abus sexuel.
Avortement : (ou fausse couche ou interruption de grossesse) : il peut
être spontané (souvent en début de grossesse) ou médicalement provoqué,
c’est l’IVG ou interruption volontaire de grossesse.

B
Baiser : poser ses lèvres sur… Embrasser. Vulgairement : faire l’amour.
Bisexuel/le : personne ayant des relations homo- ou hétérosexuelles. Il
existe généralement une dominante de l’attirance
Bourses : enveloppes cutanées qui entourent les testicules. On dit aussi
les précieuses, les valseuses, les bijoux de famille, etc.
Bruits : ils sont fréquents au cours de l’acte sexuel. Il ne faut pas en
avoir honte.

C
Canal déférent : canal fin et long de 35 cm reliant chaque testicule à la
prostate, d’où part le canal de l’urètre.
Candidose : mycose due à une levure, le Candida albicans. Voir
mycose.
Capote : nom familier du préservatif masculin.
Castration : résultat de l’ablation des ovaires chez la femme, des
testicules chez l’homme. Elle entraîne la suppression de la sécrétion des
hormones sexuelles. Au sens figuré, on peut se sentir castré(e) par
quelqu’un qui empêche notre épanouissement et notre développement
personnel.
Célibat : l’inverse du mariage ou de la vie en couple stable.
Chasteté : abstinence sexuelle volontaire et durable. Il s’agit le plus
souvent d’un choix religieux (chasteté avant le mariage).
Chaude-pisse : mot familier synonyme de blennorragie, chez l’homme.
C’est une maladie sexuellement transmissible qui se manifeste par des
brûlures sévères lorsqu’on urine (on « pisse des lames de rasoir ») et un
écoulement de pus au bout du pénis.
Chlamydia : bactérie responsable d’une MST, pouvant entraîner des
risques de stérilité chez l’homme et chez la femme.
Circoncision : retrait du prépuce pour raisons rituelles chez les juifs et
les musulmans, médicales en cas de phimosis (orifice du prépuce trop
serré), ou simplement d’hygiène.
Clitoris : organe sexuel érectile féminin situé au-dessous de l’os du
pubis et protégé par le repli antérieur des petites lèvres. Cette zone
ultrasensible est remplie de très nombreux récepteurs sensoriels et filets
nerveux. Elle est l’un des grands déclencheurs du plaisir féminin.
Coït : terme signifiant accouplement et pénétration.
Concubinage : fait de vivre en couple sans être marié.
Condom : synonyme de préservatif. C’est le Dr Condom, médecin
personnel de Charles II, roi d’Angleterre et contemporain de Louis XIV, qui
l’aurait proposé à son altesse britannique pour lui éviter une trop nombreuse
descendance. En souvenir du bon docteur, on a baptisé le préservatif
condom.
Condylome : petite « verrue » due au papillomavirus. Elle est localisée
au niveau des organes sexuels et très contagieuse. Chez les femmes, si elle
n’est pas traitée, elle peut entraîner un risque de cancer du col de l’utérus.
Contraception : tous les moyens mis en œuvre pour empêcher une
grossesse (pilule, stérilet, préservatif, spermicide, etc.).
Corps caverneux : organes en forme de cylindre situés dans la verge
qui permettent l’érection en se remplissant de sang. Le clitoris en possède
également, d’où sa fonction érectile.
Coup de foudre : rencontre entre deux personnes qui, dès le premier
regard, éprouvent un émoi intense, brusque et réciproque, qui les saisit
comme la foudre tombant du ciel.
Cunnilingus : caresse avec la langue des organes sexuels féminins.

D
Décalotter : faire coulisser la peau du prépuce sur le gland pour le
découvrir au cours de la toilette, pour faciliter la masturbation ou la
pénétration.
Déflorer : faire l’amour à une vierge. La pénétration rompt l’hymen.
Dépuceler : terme d’argot qui signifie déflorer une pucelle, c’est-à-dire
une fille vierge. Avant son premier rapport sexuel, le garçon est puceau.
Désir : envie de faire l’amour, pulsion et attirance pour l’autre. Il
s’exprime souvent par une érection chez l’homme et par des émois
physiques variés chez la femme : sensation de chaleur dans le ventre,
lubrification vaginale, érection des mamelons, etc.
Détumescence : perte de l’érection, souvent après l’éjaculation. Le
pénis devient mou.
Déviation : comportement sexuel en dehors de la norme sociale, variant
donc en fonction des époques et des cultures. Autrefois, on parlait de
perversion.
Dyspareunie : douleur ressentie lors de la pénétration vaginale. Elle
peut être localisée à l’entrée du vagin : c’est une dyspareunie superficielle.
Ou dans la profondeur du vagin : elle est dite alors profonde.

E
Échangisme (ou mélangisme) : échange de partenaires au cours de la
relation sexuelle. Il existe des clubs échangistes.
Éjaculation : émission de sperme très souvent associée à un plaisir
intense.
Elle est parfois précoce ou prématurée, ce dont s’inquiètent beaucoup
de jeunes hommes. La maîtrise de l’éjaculation s’acquiert petit à petit.
Épididyme : fin canal de 6 m de long, enroulé en pelote sur lui-même
au-dessus du testicule, qui assure la maturation des spermatozoïdes afin de
les rendre fertiles et qui les achemine ensuite vers le canal déférent.
Érection : gonflement et durcissement du pénis provoqués par une
excitation, visuelle, manuelle ou fantasmatique.
Érogènes (zones) : lieux du corps particulièrement sensibles dont
l’excitation provoque le désir. Elles peuvent être localisées aux organes
génitaux mais aussi loin d’eux : il en est ainsi des seins, du cou, de la
bouche, de l’oreille.
Éros : fils d’Aphrodite et dieu de l’Amour. Il porte le nom de Cupidon
chez les Romains
Érotique : sensuel, voluptueux, qui incite au désir. Lire, voir, entendre,
sentir, toucher et être touché, tout cela participe à l’érotisme d’une situation.
Érotomanie : illusion délirante d’être aimée par tous les hommes.
Œstrogène : hormone sexuelle féminine sécrétée par l’ovaire.
Eunuque : homme castré particulièrement apprécié des sultans et
pachas pour la garde de leur harem.
Excision : ablation rituelle du clitoris chez la petite fille dans de
nombreuses civilisations africaines.
Exhibitionnisme : déviation sexuelle essentiellement masculine. Les
hommes exhibent leur sexe et trouvent leur plaisir dans le trouble suscité
chez l’autre. Leur cible privilégiée est la petite fille. À qui n’est-ce pas
arrivé !
F
Fantasme (sexuel) : scénario imaginaire qui provoque une stimulation
érotique.
Fellation : caresse du pénis avec la bouche.
Fétichiste : personne qui a besoin d’un objet fétiche pour être excité au
cours de l’acte sexuel (chaus sure, sous-vêtement, etc.).
Fidélité : l’exigence de fidélité est au cœur de toute relation amoureuse.
« Les amants se jurent fidélité. » Dans la réalité, conduite spontanée ou que
l’on s’impose par attachement, par conviction religieuse, ou tout
simplement pour se protéger des MST !
Flaccidité : état normal du pénis au repos (mou, sans érection).
Fourchette : zone vulvaire située entre la partie postérieure de l’orifice
vaginal et l’anus. La fourchette peut être irritée par des rapports sexuels ou
par le frottement de sous-vêtements ou de jeans trop serrés.
Frein : zone située sous le gland, reliant le prépuce à la verge par un
lien cutané. Lorsque le frein est trop court, le décalottage est douloureux et
le pénis peut éventuellement être courbé vers le bas.
Frigidité : absence de plaisir ou de désir, ou les deux à la fois. « Il n’y a
pas de femmes frigides, il n’y a que des hommes maladroits », disait-on
autrefois. Ce n’est pas tout à fait vrai, même si souvent les femmes
découvrent le plaisir progressivement. La frigidité masculine existe aussi.
Frustration : sentiment éprouvé à la suite d’un désir inassouvi, sexuel
ou non sexuel.

G
G (comme point G) : zone située à l’intérieur du vagin, dans sa paroi
antérieure, c’est-à-dire contre la vessie. La stimulation de cette zone donne
des sensations voluptueuses et parfois des orgasmes.
Gay : terme français au départ, utilisé dès le XVIe siècle pour désigner
les homosexuels. C’est au XIXe siècle qu’il devient, aux États-Unis, le
terme de ralliement de la communauté homo.
Génitaux (organes) : organes sexuels et reproducteurs de l’homme et
de la femme.
Gland : extrémité du pénis, très sensible. C’est sa stimulation qui
déclenche l’éjaculation.
Godemiché (diminutif, gode) : instrument de plaisir qui imite la forme
du pénis en érection. Les premiers remontent à l’Antiquité.
Gynécomastie : augmentation temporaire ou définitive du volume des
seins chez le garçon, due à des modifications hormonales.

H
Hbs : virus de l’hépatite B.
Hc : virus de l’hépatite C.
Hédonisme : philosophie prônée par les Grecs anciens, qui encou rage
la recherche du plaisir et de la volupté comme un but de l’existence.
Herpès : maladie due à un virus, le plus souvent localisé au niveau de
la bouche, de la zone génitale ou de la zone anale. « Bouton » très
contagieux dès les premiers picotements.
Hétérosexualité : attirance sexuelle pour des personnes du sexe
opposé. Les couples hétérosexuels sont très majoritaires, et de ce fait
considérés comme la norme.
HIV : virus du sida.
Homosexualité : attirance sexuelle pour des personnes du même sexe.
Elle implique des pratiques sexuelles spécifiques. Entre hommes, la
pénétration se fait au niveau de l’anus. Elle n’est pas obligatoire et les jeux
sexuels peuvent se limiter à la masturbation, à la fellation et aux caresses.
Chez les femmes, la masturbation et les caresses peuvent amener à
l’orgasme, et la relation peut se compléter par la pénétration de doigts ou
d’objets dans le vagin. Depuis 1974, l’homosexualité n’est plus considérée
comme une maladie mentale mais tout simplement comme un choix
d’aimer autrement, d’user de son corps dans un registre différent, qui
n’exclut ni l’amour, ni la tendresse, ni la fidélité.
Hormone : messager chimique sécrété par une glande, diffusé dans le
sang et actif à distance sur des organes récepteurs « cibles ». Chez la fille,
les œstrogènes déclenchent le développement des seins et des organes
génitaux externes et internes. Chez le garçon, la testostérone sécrétée par les
testicules est responsable de l’apparition des poils, du changement de la
voix (mue) et des premières éjaculations.
HPV : virus des condylomes.
HV : virus de l’herpès.
Hymen : fine membrane souple qui ferme en partie l’entrée du vagin,
mais qui comporte un petit orifice par lequel passe le sang des règles. C’est
dans cet orifice qu’un petit tampon peut être introduit sans déchirer
l’hymen.
Hypophyse : minuscule glande du cerveau qui agit directement sur les
organes génitaux. Elle reçoit ses ordres de l’hypothalamus.
Hypothalamus : petite glande située à la base du cerveau qui contrôle
notre vie sexuelle et nos pulsions. Elle est commandée par le cerveau. Les
émotions, les événements conscients ou inconscients n’ont pas de secret
pour elle.

I
Idylle : histoire d’amour, tendre et romantique. Une « histoire
idyllique » est idéale, merveilleuse, sans nuages…
Impuissance : trouble de l’érection presque toujours passager chez
l’adolescent.
Inceste : relation sexuelle entre un enfant et l’un de ses proches parents.
La loi punit sévèrement l’adulte qui a ce type de pratique avec l’enfant ou
l’adolescent considéré comme sa victime.
Inconscient : pensées non conscientes ou refoulées car trop
douloureuses ou gênantes. L’inconscient, découvert par Freud, est à
l’origine de l’ensemble des pulsions. La psychanalyse permet de retrouver
ces pensées perturbantes et de comprendre les systèmes de fonctionnement
et de défense de chacun.
Inhibition : terme psychologique qui signifie blocage. On se trouve
incapable de dire ou de faire ce que l’on désire vraiment.

J
Jardin secret : pensées intimes de chacun (sentiments, secrets,
fantasmes, etc.). À cultiver ou à partager, un peu comme on le sent.
Jeux (érotiques) : l’amour physique n’est pas qu’une chose sérieuse,
normative et prévisible. Pour que le plaisir dure, place à l’imagination !
Jouissance : satisfaction sexuelle très souvent associée à l’idée
d’orgasme.
La jouissance et le plaisir sont le plus souvent synonymes. Il faut
généralement plus de temps aux filles qu’aux garçons pour l’atteindre. Les
caresses et les mots sont d’excellents stimulants.

K
Kama-sutra : célèbre traité de l’amour indien réunissant des textes
sacrés et des illustrations, probablement écrit vers le milieu du IVe siècle.
Les différentes positions de l’amour y sont détaillées.

L
Latex : matière avec laquelle sont fabriqués les préservatifs et… toute
une panoplie d’objets fétichistes (culottes, soutiens-gorge, etc.). Les
allergies au latex sont exceptionnelles.
Lesbienne : femme attirée sexuellement par les femmes. L’origine du
mot vient de l’île grecque de Lesbos, en mer Égée, où vivaient des femmes
homosexuelles, parmi lesquelles la célèbre poétesse Sapho.
Libido : s’emploie le plus souvent pour désigner le désir sexuel, mais
peut tout aussi bien désigner la pulsion de vie en général.
Lubrification : la lubrification vaginale se fait sous l’effet du désir
sexuel. Elle est l’équivalent de l’érection chez l’homme. Son absence rend
la pénétration difficile. Il existe des lubrifiants, sorte de gels qui améliorent
la situation locale.
Luxure : recherche effrénée des plaisirs sexuels. La luxure est l’un des
sept péchés capitaux qui comptent aussi – un petit effort de mémoire : la
paresse, l’envie, l’orgueil, la gourmandise, la colère et l’avarice, comme
dans le film Seven.

M
Machisme : attitude ou comportement qui se fonde sur une supériorité
de l’homme du simple fait qu’il a un pénis.
Majorité sexuelle : en France, elle est fixée à 15 ans, pour les
hétérosexuels comme pour les homosexuels. Un adulte qui aurait donc des
rapports avec un adolescent de moins de 15 ans serait passible d’une
condamnation.
Masochiste : personne qui, pour éprouver du plaisir (sexuel ou non), a
besoin de souffrir ou de se sentir humiliée.
Masturbation : stimulation des organes génitaux à l’aide de la main ou
d’un objet. Elle se pratique seule ou de façon réciproque.
Menstruation : (ou menstrues) vient du mot « mois ». Les règles
arrivent en principe une fois par mois. On les appelle aussi les ragnagnas,
les affaires, etc.
Mononucléose infectieuse : « maladie du baiser » transmise par la
salive. Gentille MST, elle donne mal à la gorge, des ganglions le long du
cou, une fièvre modérée et une forte fatigue.
MST : maladie sexuellement transmissible, donc contagieuse. Il est
indispensable de la repérer, d’alerter son/sa partenaire et de la traiter aussi
vite que possible.
Mycose : maladie spécifiquement due à des champignons (souvent les
candidas). Chez la femme, elle peut survenir après une prise
d’antibiotiques, par destruction de l’écosystème vaginal : ça brûle, ça
démange, cela donne des pertes blanches très épaisses. C’est une affection
très fréquente, parfois récidivante.

N
Nymphomane : femme au désir sexuel inassouvi même lorsque les
rapports sont très nombreux. Ce comportement prête peut-être à sourire ou
à rêver, mais la nymphomanie est une vraie souffrance, un peu comme si on
était une droguée du sexe toujours en manque. L’équivalent existe chez le
garçon et est socialement toléré…

O
Œdipe (complexe d’) : terme défini pour la première fois par Freud, le
père de la psychanalyse. Ce complexe a pour objet l’attachement du fils
pour sa mère et de la fille pour son père, surtout entre 3 et 6 ans. À
l’adolescence, l’enfant vit ses premières aventures amoureuses et se détache
le plus souvent définitivement du parent de sexe opposé. Parfois, le lien a
du mal à se rompre. Il en résulte chez les femmes une attirance pour des
hommes qui ressemblent à leur père, mais avec lesquels elles n’ont ni désir
sexuel ni plaisir. L’homme, très attaché à sa mère, est amoureux de femmes
qu’il respecte trop pour leur faire l’amour.
Onanisme : terme synonyme de masturbation. C’est le « péché
d’Onan » : ce personnage, de par la loi juive, devait s’unir à sa belle-sœur
veuve, mais il refusait de lui faire un enfant en répandant sa semence à
l’extérieur. Dieu le punit.
Orchite : inflammation des testicules, souvent à la suite d’une
infection.
Orgasme : maximum du plaisir sexuel. Il éclate sous forme de
contractions musculaires involontaires. Son origine est clitoridienne. Il se
propage au vagin, à l’utérus. Ça ne prévient pas, ça arrive, ou n’arrive pas !
Ovaires : deux glandes génitales féminines. Ils sécrètent les hormones
féminines et pondent les ovules.
Ovule : expulsé par le follicule dominant, il sort de l’ovaire et devient
un œuf quand il est fécondé.

P
Panne : perte d’érection momentanée due à la fatigue ou au stress.
Pédéraste : homme pratiquant des jeux sexuels ou ayant des relations
avec des garçons pubères.
Pédophile : homme ayant des relations sexuelles avec des enfants ou
des adolescents de moins de 15 ans.
Pénis : organe sexuel masculin. Le terme plus médical est verge,
phallus s’utilise plutôt lorsqu’il s’agit du symbole de la virilité masculine. Il
existe un nombre très impressionnant de termes familiers ou d’argot pour le
désigner, ce qui en dit long sur l’intérêt porté à cet « instrument vital ».
Phéromone : hormone odorante sécrétée par l’animal (et sans doute par
l’Homo sapiens) pour provoquer le désir et attirer son ou sa partenaire.
Phimosis : rétrécissement de l’orifice du prépuce qui gêne le
décalottage. Nécessite parfois un petit acte chirurgical.
Pilule : contraception qui bloque l’ovulation et dont l’efficacité sans
oubli est absolue. La pilule pour homme est testée un peu partout dans le
monde, mais elle est loin d’être au point.
Pollution nocturne : terme un peu démodé et péjoratif faisant allusion
aux éjaculations spontanées lors du sommeil. C’est souvent ainsi que
l’adolescent découvre qu’il est capable d’éjaculer.
Positions : la plus classique est celle du missionnaire : l’homme est
allongé sur la femme et la pénètre. La position choisie met en jeu
l’imaginaire, la souplesse, le domaine affectif et symbolique, la pudeur.
Certains préfèrent des attitudes plus ou moins dominantes, passives ou
dévoilées…
Préservatif : actuellement le seul moyen de contraception masculin. Il
existe depuis déjà 5 000 ans, puisqu’on sait que les Égyptiens utilisaient des
vessies d’animaux pour se protéger des maladies vénériennes. Les Romains
ont fait appel également au boyau de porc ou de bouc. Louis XIV l’a aussi
utilisé, en soie ou en velours, maintenu par un ruban de couleur. Dans La
Philosophie du boudoir (1795), le marquis de Sade évoque « le petit sac de
peau de Venise dans lequel la semence coule sans risquer d’atteindre son
but ». Depuis peu, il existe un préservatif féminin en polyuréthane, appelé
le Fémidom®.
Priapisme : de Priape, dieu grec des Jardins, des Vergers et des Plaisirs
obscènes. Érection prolongée de plus de trois heures. A priori le rêve, sauf
que là la tension excessive de la verge fait souffrir et que les corps
caverneux, responsables de l’érection, risquent d’être sérieusement
endommagés. Exceptionnel chez les adolescents.
Progestérone : hormone féminine sécrétée dans la seconde phase du
cycle, après l’ovulation. Elle sert au maintien de la grossesse.
Puberté : phénomène biologique et physiologique qui marque le
commencement de l’adolescence (apparition des poils, des seins et enfin
des règles).

R
Rapport sexuel : souvent synonyme de pénétration. Pourtant des
contacts très « chauds » et poussés sans pénétration sont nommés par leurs
pratiquants rapports sexuels : fellation, cunnilingus, caresses, etc.
Relapse : attitude qui consiste à abandonner de façon épisodique toute
protection contre les MST en fonction du partenaire, de la couleur du ciel,
ou de critères totalement irrationnels.
Retrait (ou coït interrompu) : méthode naturelle de contraception qui
consiste à se retirer de sa partenaire juste avant l’éjaculation. Technique
vieille comme le monde, (« sauter du train en marche »), avec taux d’échec
important.
S
Sadique : personne qui a besoin d’humilier, de faire mal, d’insulter, de
punir, pour se sentir exister ou être excité.
Safe sex : en anglais, « sexualité sans risque ». Terme qui s’est
développé après l’apparition du sida dans les milieux homosexuels puis
hétérosexuels. Consiste à limiter les rapports à des caresses sans pénétration
et à des jeux de masturbation. Il s’agit d’une sexualité « à distance », où
l’utilisation du préservatif, du doigtier, etc., sont le minimum indispensable.
Scrotum : peau qui enveloppe les testicules, les protège et les
maintient.
Séropositif : une personne est séropositive lorsqu’elle a contracté le
virus du sida mais ne souffre pas encore de la maladie. Même sans
symptômes, elle peut transmettre le sida.
Sexualité : ensemble de comportements physiques, psychologiques et
relationnels destinés à terme à assurer la perpétuation de l’espèce. Chez
l’homme, sexualité, reproduction et amour sont pourtant indépendants. Il
est le seul mammifère évolué qui a inventé l’érotisme et les fantasmes, mais
qui est capable de maîtriser ses pulsions sexuelles et de tenir compte du
désir de l’autre.
Sida : S comme syndrome (ensemble de symptômes), I comme
immuno (l’organisme fabrique des substances pour lutter contre les virus et
les bactéries ; ces substances constituent les défenses immunitaires), D
comme déficience (l’organisme sans défense est la proie de toutes les
infections), A comme acquise (la maladie s’attrape, elle n’est pas
héréditaire, mais elle peut être transmise de la mère à l’enfant au cours de la
grossesse).
Smegma : substance sécrétée entre le prépuce et le gland chez l’homme
non circoncis pour faciliter le décalottage. Une hygiène régulière est
indispensable afin d’éviter les risques d’adhérence et d’infection.
Sodomie : pénétration par l’anus, chez l’homme ou la femme, qui avec
l’habitude peut procurer du plaisir. Cette pratique nécessite une stimulation
très progressive de la délicatesse et l’utilisation de lubrifiants afin d’éviter
des saignements et des douleurs. Le préservatif est indispensable avec un
partenaire non stable ou nouveau.
Soixante-neuf : position de l’amour où les deux partenaires sont tête-
bêche (69) et se lèchent les organes sexuels.
Spermatozoïde : cellule reproductrice du garçon. Chaque jour, des
millions de spermatozoïdes sont fabriqués. S’il n’y a pas d’éjaculation, ils
s’autodétruisent au bout de quelques jours et sont remplacés par de
fringants arrivants. Contrairement à la femme, l’homme peut fabriquer des
spermatozoïdes toute sa vie et faire des enfants à un âge avancé.
Spermicide : « antidote » contre les spermatozoïdes. Contraception
locale mise dans le vagin sous forme d’ovule, de gel, d’éponge, etc.
Beaucoup d’échecs.

T
Testicules : deux glandes génitales mâles chargées de produire les
spermatozoïdes et de sécréter les hormones sexuelles.
Testostérone : principale hormone mâle sécrétée par les testicules. Une
déficience entraîne une perte des poils sur le corps et une diminution de la
musculation.

U
Urètre : canal urinaire qui part de la vessie et aboutit à l’extérieur, au
niveau du méat urinaire. Chez le garçon, il conduit à la fois l’urine et le
sperme venu du canal déférent.

V
Vénérienne : on parlait autrefois de maladies vénériennes, aujourd’hui
on préfère parler de MST.
Vestibule : triangle de peau dont le sommet est le clitoris, les côtés la
face antérieure des petites lèvres, la base l’orifice vaginal.
VH (ou HV) : virus de l’herpès.
Viagra : premier comprimé qui permet de retrouver une érection au
bout d’une heure. Conçu pour des hommes de plus de 50 ans ayant des
difficultés d’érection. Surnommé « pilule de l’amour ».
Vibromasseur : appareil vibrant utilisé le plus souvent par les femmes
pour provoquer des sensations voluptueuses.
Virilité : souvent assimilée à la puissance sexuelle masculine. Nécessite
certains attributs physiques et comportementaux : poils (mais pas
forcément), muscles proéminents, épaules carrées, prestance, assurance,
courage, statut social, attitude protectrice à l’égard des femmes. Rien à voir
avec le machisme.
Volupté : plaisir des sens et, spécialement, plaisir sexuel.
Voyeur : personne qui est plus excitée de voir les autres faire l’amour
que d’agir elle-même. Elle est passive, souvent cachée.
Vulve : partie visible du sexe de la femme comprenant le mont de
Vénus, les grandes lèvres, les petites lèvres et le clitoris. Elle est rarement
mise en image, sauf dans le tableau de Gustave Courbet, L’Origine du
monde, visible au musée d’Orsay.
Vulvodynie : douleur de la région vulvaire qui rend les rapports sexuels
douloureux. Elle peut être d’origine inflammatoire ou infectieuse. C’est
parfois une affection dermatologique ou neurologique. Quand tous les
examens sont négatifs, la cause de la vulvodynie est peut-être
psychologique.

X
X : lettre la plus « hot » du dictionnaire, symbole de la pornographie.
Le classement X des films, créé en 1975 impose une projection dans des
salles spécialisées avec interdiction aux mineurs da moins de 18 ans.

Y
Y : le chromosome sexuel Y se trouve exclusivement chez le garçon,
dont la formule génétique est symbolisée par XY. Les filles, elles, ont deux
chromosomes sexuels X, leur formule est XX.

Z
Zizi : mot utilisé par les enfants comme par les adultes pour LE
désigner.
Zigounette, zézette : zigounette, c’est pour les filles.
Zut ! J’ai oublié ma pilule.
Adresse utiles

Allô Enfance Maltraitée : 119 ou 0 800 05 41 41


Association des centres de régulation des naissances de l’Assistance
publique-hôpitaux de Paris : Hôpital Saint-Louis, 1, avenue Claude-
Vellefaux, 75010 Paris, 01 42 49 91 39
Association pour la contraception d’urgence ou du lendemain :
Centre d’orthogénie de l’hôpital Broussais, 92, rue Didot, 75014 Paris,
01 43 95 90 60
CNIDF (Centre national d’information et de documentation des
femmes et des familles) : 01 43 31 77 00
Croix-Rouge Écoute : 0 800 858 858
Drogues Info Service : 0 800 23 13 13, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
Appel gratuit.
Fil Santé Jeunes : 0 800 235 236
Hépatite Info Service : 0 800 845 800
Kiosque Info Sida : 01 44 78 00 00
La Ligne de Vie : 0 801 037 037
Le site Internet de l’association Aides : [Link], fournit des
flashes info et offre la possibilité de poser des questions
Mouvement français pour le planning familial :
4, square Saint-Irénée, 75011 Paris, 01 48 07 29 10
Paris Ados Service : 01 42 40 20 42
Préservatifs gratuits : 0 800 01 39 32
RES0 : 0 800 232 600
Sida Info Service : 0 800 840 800
Site Internet [Link], avec en plus la possibilité de poser
des questions
Site Internet [Link] permet devant tout symptôme de savoir
quoi faire, qui appeler, dans quel délai et de connaître sa gravité
[Link]
[Link]
[Link]
SOS Amitié : 01 42 96 26 26
SOS Dépression : 01 45 22 44 44
SOS Drogue-Police : 0 800 14 21 52
SOS Grossesse : 01 45 82 13 14 ou 01 45 84 55 91.
E-mail : info@[Link]
SOS Viols-Femmes-Informations, du lundi au vendredi, de 10 heures
à 19 heures : 0 800 05 95 95. Les garçons appellent aussi, souvent après les
vacances (viols en colonie) ou après la rentrée (bizutage)
Suicide Écoute : 01 45 39 40 00
Vivre Son Deuil : 01 42 38 08 08
Index

A
Acné : 1
Anorexie : voir Poids
Avortement : voir IVG

B
Bisexualité : 1, 2
Boulimie : voir Poids

C
Chlamydia : 1, 2
Cigarette : voir Pilule
Circoncision : 1
Clitoris : 1, 2, 3, 4, 5
Condylomes : 1, 2
Contraception : 1-2
Cunnilingus : 1
Cystite : 1-2

E
Échographie : 1
Éjaculation : 1, 2, 3, 4
Érection : 1, 2
F
Fantasmes : 1, 2
Fécondation : 1-2
Fellation : 1, 2
Fibrome : 1
Frigidité : 1, 2, 3
Frottis : 1-2

G
Gland : 1, 2
Gonocoque : 1
Grossesse : 1
Gynécologie : 1, 2

H
Herpès : 1-2
Hormones : 1, 2, 3, 4, 5, 6
Homosexualité : 1-2
Hymen : 1, 2, 3, 4
I
Inceste : 1-2
IVG (interruption volontaire de gros sesse) : 1-2

K
Kyste : 1-2
L
Lèvres : 1, 2
Libido : 1
Lubrification : 1, 2

M
Mal de ventre : 1-2
Masturbation : 1, 2, 3
Morpions : 1, 2
MST (maladie sexuellement transmissible) : 1, 2-3
Mycoplasme : 1
Mycose : 1-2

O
Odeurs : 1
Orgasme : 1, 2, 3
orgasme féminin : 1, 2, 3, 4, 5, 6
orgasme masculin : 1, 2, 3
Ovaire : 1, 2, 3
Ovulation : 1, 2, 3

P
Pénétration : 1, 2
douleur : 1, 2, 3, 4
manque de plaisir : 1, 2, 3
peur : 1, 2, 3
Pénis : 1-2
Pertes blanches : 1, 2
Pilule : 1-2
oubli : 1
pilule du lendemain : 1-2
pilule et tabac : 1, 2
Poids : 1-2
anorexie : 1-2, 3
boulimie : 1, 2
régimes : 1, 2
Poils : 1, 2
Point G : 1, 2
Positions sexuelles : 1
Premier baiser : 1
Prépuce : 1
Préservatif : 1-2
pose du préservatif : 1
préservatif féminin : 1, 2
Puberté : 1, 2

R
Régimes : voir Poids
Règles : 1-2, 3-4
premières règles : 1, 2
irrégulières : 1, 2
serviette ou tampon : 1, 2
Retrait : 1

S
Salpingite : 1-2
Seins : 1, 2, 3, 4, 5
boutons : 1, 2
chirurgie esthétique : 1
douleur dans les seins : 1, 2
poils : 1
soleil : 1
taille des seins : 1, 2
vergetures : 1
Sida : 1, 2-3
Sodomie : 1
Soutien-gorge : 1, 2
Spéculum : 1, 2
Spermatozoïdes : 1, 2, 3
Sperme : 1, 2, 3
Spermicides : 1, 2, 3
Sport : 1
Stérilet : 1, 2
Syphilis : 1

T
Testicules : 1, 2
Toucher vaginal : 1, 2
Trompes : 1

U
Utérus : 1, 2

V
Vagin : 1, 2, 3, 4
Verge : voir Pénis
Vergetures : 1, 2
Vierge : 1, 2, 3, 4
Viol : 1-2
Vulve, vulvite : 1, 2, 3, 4-5
Notes

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Merci de nous les signaler pour qu’on en tienne compte dans une
prochaine édition.
À retourner aux auteurs :

Dr Irène Borten-Krivine et Dr Diane Winaver Éditions Albin Michel


22, rue Huyghens
75014 Paris
Conception graphique : Stéphanie Le Bihan
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