Travail réalisé par l’enseignant stagiiaire :
El mouddane Mohamed
Le vers et la syllabe :
En poésie, les vers sont les lignes du poème et les syllabes
sont les sons qui les composent. Ensemble, ils créent le rythme
et la musique de la poésie.
Le mètre :
Le mètre est la mesure du vers. On le caractérise en comptant
le nombre de syllabes qui y sont contenues. Ainsi nous
pouvons avoir des vers de : 1 syllabe, appelé monosyllabe, 2
syllabes (dissyllabe), 3 syllabes, (trissyllabe), 4 syllabes
(tétrasyllabe), 5 syllabes (pentasyllabe), 6 syllabes
(hexasyllabe), 7 syllabes (heptasyllabe), 8 syllabes
(octosyllabe), 9 syllabes (énnéasyllabe),10 syllabes
(décasyllabe), 11 syllabes (hendécasyllabe), 12 syllabes
(dodécasyllabe ou alexandrin).
Le décompte syllabique
L’unité de base de la poésie française est la syllabe. Pour
compter le nombre de syllabes que contient un vers, il faut le
scander, c’est-à-dire le lire en séparant clairement les syllabes
qui le composent.
Autrefois, tous les sons de la langue française étaient
prononcés, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Aussi pour
calculer les syllabes, il convient de connaître deux règles
particulières, celle du « e » muet et celle de la diphtongue. (Il
en existe d’autres règles.)
La règle du « e » muet
Le « e » muet de la poésie ne correspond pas toujours à celui
du langage parlé.
a. Il se prononce et compte pour une syllabe entre deux
consonnes (le h aspiré comptant pour une consonne) :
Consonne + e + consonne :
Un cœur tendre qui hait le néant vaste et noir
Consonne + e + h aspiré : (on ne peut pas faire de liaison
avec un ou une)
Un tendre hérisson sommeillait à l’automne
b) Il ne se prononce pas et ne compte pas pour une syllabe :
- À la fin des vers :
Du passé lumineux recueille tout vestige
-Devant une voyelle :
Ils oublieront de s’en tenir à l’essentiel
-Devant un « h » muet : (on peut faire une liaison avec un ou
une)
Demande-lui quelle heure il est
La règle de la diphtongue ou du hiatus :
On appelle Hiatus, deux voyelles qui se suivent et se prononce
distinctement à l’intérieur d’un mot (exemple : Familier) ou
entre deux mots (exemple: il alla effacer sa dette). On parle
aussi de diphtongue si le hiatus se trouve dans le mot. Elles
peuvent être prononcées en une ou deux émissions de la voix
(fa/mi/lier ou fa/mi/li/er) et compteront selon le cas pour une
ou deux syllabes.
La diérèse :
On appelle diérèse une diphtongue prononcée en deux
émissions de voix (les voyelles du hiatus sont prononcées dans
des syllabes différentes.)
Quand le mètre du vers est paire, on parle de vers
parisyllabique ; dans le cas contraire, de vers imparisyllabique.
La rime :
Etudier les rimes d’un poème revient à voir comment elles
sont disposées, leur qualité et leur genre.
La disposition
Les rimes peuvent se disposer de trois manières différentes.
Elles peuvent se suivre. Elles ont le schéma AA, BB, CC,
etc. On parle alors de rimes suivies ou plates.
Exemple
Dors, justicier futur, dompteur des anciens crimes, A
Dans l'attente et l'orgueil de tes faits magnanimes ; A
Toi que les pins d'Oeta verront, bûcher sacré, B
La chair vive, et l'esprit par l'angoisse épuré, B
Laisser, pour être un dieu, sur la cime enflammée, C
Ta cendre et ta massue et la peau de Némée ! C
Charles Leconte de Lisle (1818-1894) Poèmes antiques (1852)
Les rimes peuvent être croisées selon le schéma ABAB,
CDCD, etc. on parle dans ce cas de rimes croisées ou
alternées ou encore entrelacées.
Exemple :
Viens, le soleil te parle en lumières sublimes ; A
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ; B
Et retourne à pas lents vers les cités infimes, A
Le cœur trempé sept fois dans le néant divin.
Charles Leconte de Lisle (1818-1894) Poèmes antiques (1852)
Enfin, les rimes sont dites embrassées ou enlacées quand elles
se présentent sous le schéma ABBA, CDDC, etc.
Exemple :
De même qu'au soleil l'horrible essaim des mouches A
Des taureaux égorgés couvre les cuirs velus, B
Un tourbillon guerrier de peuples chevelus, B
Hors des nefs, s'épaissit, plein de clameurs farouches. A
Charles Leconte de Lisle (1818-1894) Poèmes barbares (1862)
L’enjambement, le rejet et le contre-rejet ?
1.L’enjambement :
On parle d’enjambement lorsqu’une phrase ou une
proposition qui commence un vers se termine vers ou à la
fin du vers suivant ou bien lorsque la phrase ne s’arrête
pas à la rime mais déborde jusqu’à la césure (appelé aussi rejet
ou enjambement à la césure) ou la fin du vers suivant.
L’enjambement traduit souvent un mouvement qui se
développe, une durée qui se prolonge, un sentiment qui
s’amplifie.
Exemple :
« Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués. »
Alfred de Vigny, « La Mort du Loup ».
[Link] rejet :
On parle de rejet lorsqu’une phrase ou une proposition qui
commence un vers se termine au début du vers suivant ou
encore lorsqu'un élément court de la phrase ou une unité
grammaticale (sujet, verbe ou complément) est rejeté au vers
suivant. Le membre de phrase ainsi rejeté dépend
syntaxiquement du vers précédent.
Le rejet permet la mise en relief d’un mot clé.
Exemple :
« Même il m’est arrivé quelque fois de manger
Le berger. »
La Fontaine
3. Le contre-rejet :
On parle de contre-rejet lorsqu’une phrase ou une
proposition qui commence vers ou à la fin d'un vers se
termine à la fin du vers suivant ou lorsqu’un élément court
ou une unité grammaticale commence, dans un vers ou vers sa
fin, la phrase qui se développe dans le vers suivant.
Le contre-rejet, comme le rejet, crée une rupture rythmique
qui met particulièrement en relief un élément de la phrase ou
du sens.
Exemple :
« Souvenir, Souvenir, que me veux-tu ? L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone ».
Paul Verlaine, Poèmes saturniens