0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
25 vues11 pages

Prise en charge des fractures du rocher

Transféré par

Amar Benasla
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
25 vues11 pages

Prise en charge des fractures du rocher

Transféré par

Amar Benasla
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

 20-220-A-10

Fractures du rocher
M. Montava, F. Salburgo, L. Jaloux, A. Alshukry, A. Varoquaux, J.-P. Lavieille

Fréquentes et graves, les fractures du rocher par traumatisme crânien font partie des fractures de la base
du crâne. Leurs causes sont principalement les accidents de la voie publique mais les étiologies ont évolué
dans le temps et sont variables en fonction de l’âge. La sévérité des fractures du rocher est en rapport
non seulement avec les lésions des éléments sensoriels, nerveux, vasculaires et osseux contenus dans l’os
temporal, mais aussi avec les atteintes régionales et intracrâniennes associées. La fracture du rocher est
synonyme de traumatisme crânien grave. Les patients présentent fréquemment de multiples lésions de
sévérité variable, et il est indispensable de ne pas se limiter à la classification de la fracture. Le pronostic
initial est neurochirurgical de par la présence de lésions intracrâniennes. Une bonne évaluation et une
prise en charge adaptée des patients avec fracture temporale nécessitent une bonne coopération entre
spécialistes. Le bilan clinique oto-rhino-laryngologique et radiologique par tomodensitométrie en haute
résolution des rochers doit être le plus précoce possible afin d’améliorer le résultat fonctionnel à long
terme. La prise en charge initiale concerne les lésions du nerf facial, les fuites de liquide cérébrospinal,
les lésions vasculaires et les lésions cochléovestibulaires. La qualité de vie du patient peut être affectée
principalement en cas d’atteinte du nerf facial ou de l’organe cochléovestibulaire. Le pronostic vital des
patients peut également être engagé secondairement par certaines complications incluant méningites,
méningocèles, encéphalocèles et cholestéatomes, justifiant un suivi sur le long terme de ces patients.
© 2017 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Mots-clés : Fracture du rocher ; Fracture temporale ; Traumatisme crânien ;


Paralysie faciale périphérique traumatique ; Brèche ostéoméningée ; Tomodensitométrie des rochers

Plan  Introduction
■ Introduction 1 Le traumatisme crânien (TC) est un problème majeur de santé
■ Rappels anatomiques 2
publique par sa morbimortalité, sa fréquence et les coûts de santé
qu’il engendre. Fréquentes et graves, les fractures du rocher par TC
■ Épidémiologie 2 font partie des fractures de la base du crâne. La sévérité des frac-
■ Biomécanique 2 tures du rocher est en rapport non seulement avec les lésions des
Architecture du crâne 2 éléments contenus dans l’os temporal, mais aussi avec les atteintes
Zones de force et de fragilité du rocher 3 régionales et intracrâniennes associées. Le pronostic initial est
Particularités chez l’enfant 3 neurochirurgical de par la présence de lésions intracrâniennes
Mécanismes des fractures du rocher 3 nécessitant une prise en charge de réanimation neurochirurgi-
■ Classifications des fractures du rocher 3 cale. Par collaboration étroite entre spécialistes, le diagnostic
Classification anatomophysiopathologique 3 initial des fractures temporales doit être réalisé rapidement dans
Classification anatomoclinique 4 ce contexte d’urgence vitale pour ne pas retarder leur prise en
charge.
■ Bilan clinique 4
Au sein de l’os temporal, la région pétreuse est une région
■ Bilan paraclinique 4 anatomique complexe de par son architecture et les éléments
Bilan radiologique 4 sensoriels, nerveux, vasculaires et osseux qu’elle contient. Les
Bilan biologique 5 patients présentent fréquemment de multiples lésions de sévé-
Bilan fonctionnel 5 rité variable, et il est indispensable de ne pas se limiter à la
■ Atteintes et prise en charge 6 classification de la fracture. Le bilan clinique orienté par l’oto-
Atteintes neuroméningées 6 rhino-laryngologiste (ORL) et l’analyse tomodensitométrique par
Atteintes nerveuses 7 le radiologue recherchent de façon exhaustive une éventuelle
Atteintes cochléovestibulaires 7 atteinte des éléments contenus dans le rocher. La prise en charge
Atteintes otologiques 9 est adaptée à chaque atteinte. Le pronostic ORL immédiat dépend
Atteintes vasculaires 9 de la présence d’une paralysie faciale périphérique (PFP), d’une
Atteintes de l’articulation temporomandibulaire 9 atteinte labyrinthique ou d’une fuite de liquide cérébrospinal
■ Conclusion 9 (LCS) qui sont des urgences médicochirurgicales. Une évalua-
tion et une prise en charge thérapeutique précoce permettent

EMC - Oto-rhino-laryngologie 1
Volume 13 > n◦ 3 > août 2018
[Link]

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
20-220-A-10  Fractures du rocher

crâne et, pour une plus faible partie, le bord antérieur de l’étage
postérieur. Elle s’étend entre os occipital et sphénoïde. Son grand
axe est oblique en avant et en dedans en faisant un angle de 45 à
52◦ avec le plan sagittal. La région pétreuse est une région anato-
mique complexe creusée par des cavités et canaux destinés d’une
part à loger les éléments sensoriels des appareils auditif et vesti-
bulaire, et d’autre part à livrer passage à des éléments nerveux,
vasculaires et osseux (Fig. 1).
Les éléments sensoriels contenus dans le rocher sont :
• le labyrinthe postérieur ou vestibule, comprenant utricule, sac-
cule et canaux semi-circulaires ;
• le labyrinthe antérieur ou cochlée.
Les éléments nerveux contenus dans le rocher ou à proximité
sont :
• le nerf facial VII et le nerf intermédiaire VIIbis dans le méat
acoustique interne (MAI) puis le canal facial ;
• le nerf cochléovestibulaire VIII dans le MAI ;
• le nerf trijumeau V et son ganglion de Gasser au niveau du
cavum de Meckel ;
• le nerf abducens VI au niveau de l’apex, à l’entrée du canal de
Dorello sous le ligament pétroclinoïdien ;
• les nerfs mixtes IX, X et XI au niveau du compartiment antéro-
médial du foramen jugulaire.
Les principaux éléments vasculaires contenus dans le rocher ou
à proximité sont :
• l’artère carotide interne (ACI) au sein du canal carotidien creusé
dans la partie antérieure du rocher ;
• le sinus sigmoïde logé dans une gouttière osseuse creusée dans
la mastoïde ;
Figure 1. Schéma des éléments anatomiques du rocher, sur une vue
• le bulbe de la veine jugulaire interne (VJI) occupant le compar-
endocrânienne du rocher droit. 1. Artère carotide interne ; 2. cochlée ;
timent postérolatéral du foramen jugulaire ;
3. méat acoustique interne ; 4. vestibule ; 5. bulbe de la veine jugulaire
• l’artère méningée moyenne solidaire de l’écaille temporale.
interne ; 6. système tympano-ossiculaire ; 7. méat acoustique externe ; 8.
Les éléments osseux contenus dans le rocher sont les trois osse-
sinus sigmoïde.
lets : marteau, enclume et étrier.

d’améliorer le résultat fonctionnel à long terme [1] . La qualité de


vie (QDV) du patient peut être affectée principalement en cas  Épidémiologie
d’atteinte du nerf facial ou de l’organe cochléovestibulaire. La Dans la littérature, 4 à 30 % des TC entraînent une fracture de la
PFP est une atteinte grave et invalidante dont les répercussions, base du crâne, dont 18 à 40 % une atteinte de l’os temporal [3, 4] . La
tant physiques que psychologiques, entravent quotidiennement plupart de ces fractures sont unilatérales, des fractures bilatérales
la communication verbale et non verbale. Les séquelles auditives étant rapportées dans 9 à 20 %. Avec une incidence actuellement
peuvent aller jusqu’à la cophose et nécessitent une réhabilitation en baisse, l’amélioration de la prise en charge des patients trauma-
parfois complexe et onéreuse. Le pronostic de l’atteinte vestibu- tisés en phase pré- et perhospitalière améliore la survie des patients
laire est conditionné par la compensation centrale, et les troubles avec fractures temporales [5] . Les fractures du rocher concernent
séquellaires de l’équilibre peuvent être invalidants. Il est donc une population jeune à prédominance masculine [5, 6] . Pathologie
nécessaire de suivre à long terme ces patients afin de dépister et plus fréquente chez l’adulte, les enfants représentent 8 à 22 % des
prendre en charge les séquelles de fractures du rocher, de plus que patients pris en charge pour fractures temporales [6, 7] .
certaines d’entre elles peuvent mettre en jeu le pronostic vital (les Les causes des TC responsables de fractures temporales sont :
méningites en particulier). accidents de la voie publique (AVP), accidents de sport, accidents
La médicalisation systématique et les progrès de la prise en domestiques, accidents de travail, actes de violence (agressions,
charge pré- et perhospitalière des patients polytraumatisés ont traumatismes balistiques), suicides et pathologies médicales res-
permis d’améliorer leur survie, augmentant le nombre de fractures ponsables de chutes. Les étiologies ont évolué dans le temps et
temporales prises en charge par les ORL. Au coût économique sont variables en fonction de l’âge. Le nombre de fractures par AVP
élevé que représentent la prise en charge post-traumatique immé- est en diminution par les avancées technologiques dans la sécu-
diate et la réhabilitation des patients s’ajoutent les conséquences rité routière passive et par la prévention routière. En revanche,
sur les plans physique et psychologique, tant pour l’individu une augmentation de la violence dans notre société est respon-
que pour la famille et les proches. Les déficits consécutifs aux sable d’une augmentation des fractures par actes de violence [8, 9] .
séquelles ont un impact sur la QDV et compromettent fortement Dans les récentes séries, les principales étiologies sont : AVP 12
la réinsertion sociale, familiale, scolaire et professionnelle des vic- à 47 %, chutes 16 à 40 %, agressions 10 à 37 %, et armes à feu
times. L’accompagnement sur le long terme est nécessaire avec 3 à 33 % [3] . Deux sous-populations à risque sont décrites : les
des équipes spécialisées. patients pris en charge dans des hôpitaux de quartiers défavori-
sés où l’incidence des actes de violence responsables de fractures
temporales est élevée, et la population pédiatrique montrant une
 Rappels anatomiques distribution bimodale centrée sur 3 et 12 ans (chutes et AVP
chez les jeunes enfants, accidents de vélo et domestiques chez
L’os temporal, os pair et symétrique, participe à la formation de les grands enfants) [3] .
la base du crâne et de la calvaria [2] . Il est constitué de trois parties
embryologiquement différentes : la partie pétreuse ou rocher, la
partie squameuse ou écaille, et la partie tympanique ou os tympa-  Biomécanique
nal.
Le rocher a une forme de pyramide triangulaire à base posté-
Architecture du crâne
rieure (mastoïde) et à sommet antérieur (apex). Elle constitue, D’un point de vue mécanique, le crâne est une structure défor-
pour l’essentiel, la partie latérale de l’étage moyen de la base du mable avec un comportement élastique sous l’action des chocs

2 EMC - Oto-rhino-laryngologie

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
Fractures du rocher  20-220-A-10

et des pressions. La biomécanique des TC, et en particulier la


tolérance du crâne aux impacts, est basée en partie sur des consi-
dérations anatomiques étudiées depuis de nombreuses années par
études expérimentales et plus récemment par modélisations [10, 11] .
La base est la partie la plus fragile. Ses constituants sont d’épaisseur
différente, de structure tantôt spongieuse tantôt compacte, sont
creusés de cavités ou canaux et laissent entre eux des solutions
de continuité. Calvaria et base sont solidarisées et renforcées par
des épaississements osseux appelés poutres au niveau de la base,
arcs au niveau de la calvaria, ou piliers aux points de rencontre.
Poutres, arcs et piliers forment un système d’arcs-boutants agen-
cés en parfaite harmonie avec les piliers faciaux, et séparés par des
zones de faiblesse, les entre-boutants [12] . L’os temporal constitue
l’arc-boutant latéral du crâne par la poutre pétreuse et le pilier
mastoïdien.

Zones de force et de fragilité du rocher


Le rocher est fragilisé par : les orifices qui l’entourent (foramens
ovale, épineux, lacerum et jugulaire) ; sa pneumatisation plus ou
moins importante ; les orifices et canaux qui la traversent ; l’axe
aérique qui la creuse ; et la faible épaisseur de certaines parois de
l’oreille moyenne (tegmen tympani et antri, paroi antérieure de
la caisse).
L’os dense labyrinthique représente un point de force relatif qui
a tendance à repousser la fracture, en particulier quand elle pro-
vient latéralement de l’oreille moyenne. Le noyau labyrinthique
est cependant creusé de cavités, source de faiblesse, notamment
quand la fracture vient médialement par la fosse crânienne pos-
térieure. Figure 2. Schéma du mode de propagation du trait de fracture en fonc-
tion du point d’impact, sur une vue endocrânienne de la base du crâne.
1. Fracture transversale du rocher après impact postérieur (occipital) ; 2.
Particularités chez l’enfant fracture longitudinale du rocher après impact latéral (temporal).

Le crâne osseux se développe avec l’âge modifiant alors ses


propriétés mécaniques. Ainsi le crâne du nouveau-né possède
seulement 4 % de la rigidité du crâne adulte. Il mature pro-
gressivement, par la coalescence, avec l’âge, des fontanelles trique de la fracture, cette classification purement anatomique a
cartilagineuses, pour atteindre 75 % de sa rigidité finale à l’âge une faible corrélation clinique.
de 6 à 8 ans. Donc même si le crâne est plus proéminent que chez • Les fractures longitudinales sont parallèles à l’axe de la pyra-
l’adulte, augmentant le risque de fracture, les structures osseuses mide pétreuse, secondaires à un impact latéral temporopariétal
sont plus élastiques et la mastoïde moins pneumatisée. homolatéral. Naissant de l’écaille temporale, de la suture pétros-
quameuse ou de la mastoïde, la fracture se poursuit vers l’avant
en direction de l’oreille moyenne, longeant le tegmen tympani.
Mécanismes des fractures du rocher La propagation de la fracture se fait vers la paroi antérieure
de la caisse, en avant de la capsule otique, souvent au voisi-
Suivant l’intensité d’un choc, un trait de fracture né dans nage du ganglion géniculé. Le trait s’épuise en général près du
un entre-boutant peut rester localisé à ce niveau ou se propa- foramen épineux, mais peut se propager vers la fosse crânienne
ger à un arc-boutant en suivant ses axes de moindre résistance. moyenne ou antérieure [22, 23] . Les conséquences cliniques sont
Le trait né de l’écaille temporale ou de l’os pariétal passe par une PFP dans 10 à 25 %, par atteinte du ganglion géniculé le
l’entre-boutant moyen et se propage généralement parallèlement plus souvent, et des atteintes otologiques [24] .
à l’axe de la pyramide pétreuse : fracture longitudinale (Fig. 2). • Les fractures obliques, catégorie rarement utilisée, sont des
Le trait né de l’écaille occipitale se propage au niveau de la fractures longitudinales dont le plan de fracture est proche
partie squameuse de l’occipital, interrompt l’anneau circulaire de l’horizontale perpendiculaire à la fissure pétrotympanique,
du foramen magnum et se propage antérieurement à l’étage contrairement aux fractures longitudinales pures qui se situent
moyen en atteignant la pyramide pétreuse par sa face postéro- dans un plan coronal vertical passant à travers la fissure pétros-
supérieure, parfois même à l’étage antérieur : fracture transversale phénoïdale et le long de la fissure pétrotympanique [18, 21] .
(Fig. 2). • Les fractures transversales sont perpendiculaires à l’axe du
rocher, secondaires à un impact occipital ou frontal. Du fora-
men magnum, elles traversent la fosse crânienne postérieure,
 Classifications des fractures puis la pyramide pétreuse en atteignant la capsule otique,
jusqu’à la fosse crânienne moyenne [7] . Elles peuvent être :
du rocher interne, passant par le MAI ; moyenne, passant par le fond
du MAI et la cochlée ; ou externe, touchant le labyrinthe
Classification anatomophysiopathologique (cochlée, vestibule, notamment le canal semi-circulaire pos-
La classification des fractures temporales en fracture longitu- térieur et l’aqueduc du vestibule, et région des fenêtres). Ces
dinale et fracture transversale par rapport à l’axe de la pyramide fractures entraînent habituellement une destruction cochléo-
pétreuse a été introduite par Ulrich en 1926 et confirmée plus vestibulaire, une PFP dans 38 à 50 % par atteinte du nerf facial
tard par des expérimentations sur sujets anatomiques et séries dans le MAI ou au niveau de sa première ou deuxième portion
cliniques : 70 à 90 % des fractures temporales étaient longitu- et une fuite de LCS.
dinales, et 10 à 30 % étaient transversales [7, 13–17] . La catégorie • Les fractures mixtes ne sont ni purement longitudinales ni pure-
fracture mixte a été ajoutée en 1959 [18–20] . En 1992, l’analyse géo- ment transversales, mais présentent un mélange de ces deux
métrique en trois dimensions des fractures retrouvait des fractures types de fractures. Lorsque les traits de fracture sont multiples,
obliques [21] . Malgré l’amélioration dans la description géomé- on parle de fractures comminutives.

EMC - Oto-rhino-laryngologie 3

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
20-220-A-10  Fractures du rocher

Classification anatomoclinique Tableau 1.


Grading de House-Brackmann.
La distinction entre atteinte de la capsule otique ou fracture Grade HB I Fonction faciale normale
labyrinthique versus respect de la capsule otique ou fracture Fonction faciale normale
extralabyrinthique présente une meilleure corrélation clinique. La
Grade HB II Repos : symétrie et tonus normaux
fracture est dite « labyrinthique » si le trait de fracture atteint la
Dysfonction discrète Front : quelques mouvements à
cochlée, le vestibule, ou la fenêtre cochléaire ou vestibulaire. Avec mouvements normaux
une incidence de 2,5 à 8,5 %, les fractures labyrinthiques sont Œil : fermeture normale à l’effort minimal
plus souvent responsables de PFP, de fuites de LCS, et de surdi- ou maximal
tés neurosensorielles, et sont associées à la présence d’hématomes Troubles secondaires : syncinésies très
extraduraux et d’hémorragies méningées, de surdités de transmis- légères et inconstantes, pas de contracture
sion, et de vertiges ou troubles de l’équilibre [6, 25–28] . Grade HB III Repos : symétrie et tonus normaux
D’autres classifications ont été décrites dans la littérature Dysfonction modérée Front : mouvements discrets ou absents
mais n’ont pas été validées : classification en fracture pétreuse Œil : fermeture normale à l’effort maximal
(atteignant l’apex pétreux ou la capsule otique) versus fracture avec asymétrie évidente
non pétreuse (fracture mastoïdienne pure et fracture de l’oreille Troubles secondaires : syncinésies et/ou
moyenne), classification basée sur une approche chirurgicale des contractures notables mais non sévères
lésions du nerf facial, classification basée sur le nombre de régions Grade HB IV Repos : symétrie et tonus normaux
anatomiques temporales atteintes [15, 26, 29] . Dysfonction Front : aucun mouvement
moyennement sévère Œil : fermeture incomplète à l’effort
maximal
 Bilan clinique Troubles secondaires : syncinésies et/ou
contractures sévères
L’ORL est amené à examiner des traumatisés crâniens soit pré- Grade HB V Repos : asymétrie
cocement au stade initial où le pronostic vital peut être en jeu, Dysfonction sévère Front : aucun mouvement
soit plus tardivement à l’issue du coma par exemple ou de la prise Œil : discret mouvement à l’effort maximal
en charge d’un polytraumatisme sévère, soit enfin après consoli- Troubles secondaires : syncinésies et
dation pour bilan et traitement des séquelles. contractures habituellement absentes
Le contexte initial est celui de la neuroréanimation nécessitant Grade HB VI Repos : perte totale de tonus
une évaluation neurologique. Un TC avec perte de connaissance Paralysie totale Front : aucun mouvement
doit faire craindre un hématome extradural (tableau évolutif Œil : aucun mouvement
en trois temps avec une période asymptomatique d’intervalle Troubles secondaires : absents
libre) justifiant une surveillance d’au moins 48 heures en milieu
hospitalier. L’examen cranio-cervico-facial recherche des lésions
associées.
• Auscultation de la région temporale et du globe oculaire : souffle
L’examen clinique ORL est souvent difficile et incomplet au
systolique.
stade initial par coma ou immobilité du patient. Il est répété et
• Examen de l’articulé dentaire et de l’articulation temporoman-
comprend les différentes étapes à la recherche des éléments sui-
dibulaire.
vants.
• Inspection de la région temporale : plaie du pavillon, ecchy-
mose rétroauriculaire (signe de Battle), hématome, otorragie,
otoliquorrhée (en cas d’otorragie associée, il faut rechercher un
signe de la « cocarde », halo clair entourant la tache de sang sur
 Bilan paraclinique
le drap, ou une otorragie qui s’éclaircit). Bilan radiologique
• Examen otoscopique : otorragie (sur plaie du conduit ou
extériorisation d’un épanchement sanguin de la caisse par per- La tomodensitométrie (TDM) cérébrale sans injection de pro-
foration tympanique), otoliquorrhée, plaie du conduit, sténose duit de contraste est réalisée dans le cadre d’un TC à la recherche
du méat acoustique externe (MAE) par déplacement osseux ou de lésions intracrâniennes et de fractures craniofaciales associées.
par fibrose secondaire, hémotympan, perforation tympanique, La TDM du rachis cervical est réalisée devant toute suspicion
cholestéatome (au stade tardif). d’atteinte cervicale avant de mobiliser la tête ou de retirer une
• Acoumétrie au diapason : surdité de transmission, neurosenso- minerve.
rielle ou mixte. La TDM en haute résolution des rochers est l’imagerie stan-
• Examen vestibulaire : nystagmus spontané sous lunettes de dard pour diagnostiquer et analyser les fractures temporales en
Frenzel ou vidéonystagmoscopie (le coma fait disparaître le décrivant la localisation du trait de fracture, sa classification et les
nystagmus vestibulaire), nystagmus provoqué aux manœuvres éléments anatomiques atteints (Fig. 3).
positionnelles, au head-shaking test, au test vibratoire osseux, Une fracture ne doit pas être confondue avec les fissures
aux manœuvres pressionnelles (Hennebert, Valsalva, tympano- extrinsèques (sutures sphénosquameuse, occipitomastoïdienne,
métrie, Tullio 500 Hz, Tullio 250 Hz) et par le test d’Halmagyi, pétrosphénoïdale et pétro-occipitale), intrinsèques (fissures tym-
déviations segmentaires et axiales par épreuve des index, panosquameuse de Glasser, tympanomastoïdienne, pétrotympa-
manœuvre de Romberg, test du piétinement aveugle de nique) et les canaux (aqueduc de la cochlée, aqueduc du vestibule,
Unterberger-Fukuda et test de la marche en étoile de Babinski- canal pétromastoïdien, canal singulaire, canalicule mastoïdien,
Weill. canal de Jacobson, canal mastoïdien).
• Examen de la fonction faciale (manœuvre de Pierre Marie et L’analyse du côté sain est utile en cas de doute. La TDM est réa-
Foix chez le patient comateux) : PFP immédiate ou retardée lisée en haute résolution en coupes fines (0,5 à 1 mm) et jointives
(de 24 h à 15 j), sa sévérité par grading de House-Brackman avec une acquisition séquentielle ou spiralée. Les coupes, sans
(Tableau 1) (devant les nombreuses limites de ce grading, injection de produit de contraste, sont acquises dans le plan axial,
d’autres classifications peuvent être utilisées comme le grading puis des reconstructions multiplanaires sont réalisées (coronales,
de Sunnybrook [30] ), diplégie faciale (perte totale de la mimique sagittales, plan des osselets).
et signe de Charles Bell bilatéral). Une angio-TDM veineuse devient indispensable à la recherche
• Examen des paires crâniennes V, VI, IX, X et XI. d’une thrombose veineuse fréquente pouvant aggraver le pronos-
• Recherche de rhinoliquorrhée en cas de tympan intact par tic.
sensation de goût sucré pharyngé, signe du « réservoir » (écou- Une angio-TDM artérielle est réalisée en cas de fracture du canal
lement liquidien clair lors de l’antéflexion de la tête ou lors de carotidien à la TDM ou en cas de suspicion clinique d’atteinte de
la manœuvre de Dandy où le patient est penché la tête en bas). l’ACI.

4 EMC - Oto-rhino-laryngologie

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
Fractures du rocher  20-220-A-10

A B
Figure 3. Coupe axiale de tomodensitométrie des rochers montrant une fracture.
A. Fracture transversale et labyrinthique du rocher droit (tête de flèche) passant par la cochlée (flèche) et le vestibule.
B. Fracture longitudinale et extralabyrinthique du rocher gauche (flèche) associée à une luxation de l’enclume avec diastasis de l’articulation incudomalléaire
(cercle).

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est réalisée pour de la fracture (luxation ou fracture ossiculaire, nerf facial) et pro-
certains cas particuliers (lésions nerveuses, méningoencépha- nostique (PFP). Chez les enfants jeunes, ou en cas d’absence de
liques, ou vasculaires) chez un patient stabilisé. Dans les cas de coopération par trouble de la vigilance, la fonction auditive peut
PFP non expliquées par la TDM, l’IRM du nerf facial recherche être explorée objectivement par l’enregistrement des potentiels
un hématome ou un œdème du nerf facial (rehaussement du évoqués auditifs ou l’Auditory Steady State Response (ASSR). En
signal après injection de gadolinium). L’IRM cérébrale permet cas de suspicion de fistule périlymphatique à distance du TC, une
de différencier les méningocèles/encéphalocèles des rétentions audiométrie positionnelle est réalisée après 20 minutes de décu-
liquidiennes mastoïdiennes quand un doute persiste sur la TDM. bitus latéral sur le côté de l’oreille pathologique, et est positive
La cisternographie-IRM est réalisée dans le bilan préopératoire en cas de baisse de la courbe osseuse d’au moins 10 dB sur deux
d’une fuite de LCS persistante afin de localiser la brèche ostéo- fréquences consécutives.
méningée si la TDM n’est pas contributive. L’IRM cérébrale joue L’exploration des fonctions vestibulaires comporte la vidéo-
également un rôle dans l’évaluation préopératoire des patients nystagmographie (test calorique à l’air en cas de perforation
nécessitant une intervention chirurgicale par approche de la fosse tympanique, et contre-indiqué en cas de plaies du MAE ou de
crânienne moyenne avec rétraction du lobe temporal. En cas suspicion de fuite de LCS), les potentiels évoqués otolithiques, la
d’anomalie sur l’angio-TDM artérielle ou veineuse, l’angio-IRM verticale visuelle subjective et la posturographie chez un malade
cérébrale et des vaisseaux du cou peut apporter des informations conscient, coopérant et mobilisable.
complémentaires sur les atteintes vasculaires. L’exploration électrophysiologique du nerf facial doit être réa-
Les techniques d’imagerie complémentaires sont l’artério- lisée précocement après la survenue de la PFP et être répétée
graphie qui est le gold standard pour l’évaluation des lésions vas- périodiquement pour apprécier l’évolution. Il existe trois types
culaires, et la cisternographie-TDM pour la localisation des fuites de lésions du nerf facial :
de LCS. • neuropraxie, dans laquelle la continuité de l’axone est préservée
et seule la gaine de myéline est altérée, entraînant un ralentisse-
ment de la conduction nerveuse. Il n’y a pas de dégénérescence
Bilan biologique wallérienne et la guérison se fait sans séquelle ;
• axonotmésis, dans lequel la continuité de l’axone et de la gaine
La bêta-2 transferrine est recherchée devant une suspicion
de myéline est interrompue avec préservation totale ou par-
d’otoliquorrhée ou de rhinoliquorrhée. À la phase initiale, le LCS tielle des structures nerveuses de soutien (épinèvre, périnèvre,
est souvent mélangé au sang retardant le diagnostic de fuite de endonèvre). La partie distale du nerf subit la dégénérescence
LCS. Le signe de la « cocarde » et le signe du « réservoir » sont wallérienne et n’est plus excitable en 10 à 21 jours. La désor-
des techniques subjectives et approximatives. La présence de glu- ganisation de l’architecture interne du nerf peut entraîner des
cose à la bandelette réactive dans le liquide prélevé ou le dosage spasmes et syncinésies ;
de glucose sont de bons indicateurs mais ne sont ni sensibles, ni • neurotmésis, qui correspond à une section complète du tronc
spécifiques. Marqueur non invasif, la bêta-2 transferrine est une du nerf, y compris les structures nerveuses de soutien, entravant
protéine présente exclusivement dans le LCS et la périlymphe, et la capacité de régénérescence nerveuse. La partie distale n’est
absente du sang, des sécrétions nasales et des sécrétions de l’oreille plus excitable en 4 à 8 jours.
moyenne. L’électroneuronographie (ENoG) est un test de stimulodétec-
tion qui détermine le pourcentage d’axones dégénérés du nerf
Bilan fonctionnel facial par rapport au côté sain. Le recueil d’une réponse motrice
globale évoquée, à l’aide d’une électrode bipolaire de surface au
L’exploration des fonctions auditives comporte l’audiométrie niveau du sillon nasogénien, se fait après stimulation supramaxi-
tonale et vocale dès que le patient est mobilisable. Elle est répé- male (10 % au-dessus du seuil d’amplitude maximale du côté
tée à distance (3–6 semaines) après résorption d’un hémotympan. sain) du nerf à son émergence au foramen stylomastoïdien. Cette
La tympanométrie et la recherche des réflexes stapédiens ont peu méthode est destinée à calculer le pourcentage de fibres ner-
d’intérêt, mais peuvent apporter une information topographique veuses en activité en comparant l’amplitude du potentiel d’action

EMC - Oto-rhino-laryngologie 5

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
20-220-A-10  Fractures du rocher

composite musculaire du côté malade à celle du côté sain. Une crâne non temporales 47 à 67 %, fractures maxillofaciales 21 %,
diminution de plus de 90 % de l’amplitude du tracé par rapport lésions du rachis cervical 2 à 6 % et lésions orthopédiques autres
au côté sain est un élément péjoratif pour la PFP. Le pourcentage 16 %. Parmi les patients avec fracture temporale, 84 % ont au
au septième jour de la PFP a une valeur pronostique. Cet examen moins une lésion intracrânienne découverte sur la TDM, et ces
est fiable s’il est réalisé précocement (3–7 j). Un deuxième exa- lésions sont multiples dans 39 %. Leur mortalité est d’environ
men réalisé 5 à 7 jours plus tard donne la pente de décroissance 8 à 10 % ; parmi les survivants, 16 % nécessitent une rééduca-
qui, si elle est élevée, traduit un pronostic défavorable. L’absence tion en institution spécialisée [4, 8, 32–35] . L’hématome extradural
d’excitabilité à la fin de la première semaine pose le diagnostic de est le plus fréquent après fracture temporale (73 % des héma-
neurotmésis orientant vers un traitement chirurgical. Une perte tomes extraduraux) par lésion de l’artère méningée moyenne.
d’excitabilité au cours de la deuxième semaine ne permet pas de Les autres lésions intracrâniennes associées sont : hématome
conclure. Une inexcitabilité apparaissant au cours de la troisième sous-dural 6 à 21 %, hémorragie méningée 2 à 23 %, contusion
semaine conclut à un axonotmésis dont la récupération doit être cérébrale 9 à 46 %, pneumencéphalie 8 à 9 % et hématome
recherchée par l’apparition de signes de réinnervation à partir de intracérébral. La présence d’une pneumencéphalie témoigne
la quatrième semaine et confirme l’absence d’indication chirurgi- d’une brèche ostéoméningée dont les risques de complications
cale [31] . sont la fuite de LCS et la méningite.
L’électromyographie (EMG) (détection aiguille-électrode) per- • Les fuites de LCS initiales surviennent dans 18 à 45 % des
met l’étude du potentiel global d’action musculaire obtenu lors cas, sont plus fréquentes chez l’enfant, et se compliquent de
de la contraction volontaire (détection) ou après stimulation (sti- méningite dans 7 %, surtout lorsqu’elles persistent après sept
mulodétection). Le recueil se fait au niveau de quatre muscles jours [6] . Elles résultent soit d’une déchirure de la dure-mère
représentatifs (sourcilier, orbiculaire des paupières, orbiculaire des lors du TC, soit d’un spicule osseux qui embroche la dure-
lèvres et de la houppe du menton). En cas de PFP, l’EMG de détec- mère, soit d’une fracture labyrinthique faisant communiquer
tion retrouve des potentiels lents de dénervation (présents qu’à le MAI à l’oreille moyenne. La brèche ostéoméningée peut pas-
partir du dixième jour, et de mauvais pronostic si leur appari- ser inaperçue et ne se révéler que tardivement en raison de
tion est précoce), des potentiels de fibrillation ou des potentiels l’otorragie ou de l’hémotympan. La prise en charge des fuites
polyphasiques de réinnervation, un silence électrique, des signes de LCS commence par des mesures conservatrices comprenant
de spasmes (activité tonique spontanée ou myokimies) et des la restriction hydrique, le repos au lit, l’élévation de la tête, la
signes de syncinésies. L’EMG de stimulodétection repose sur la prise de laxatifs et d’antitussifs, l’évitement du mouchage, du
stimulation du nerf au foramen stylomastoïdien jusqu’au niveau reniflement et de tout effort à glotte fermée, la vaccination en
supramaximal. L’examen débute par l’étude du nerf facial du côté prévention d’une méningite, et dans certains cas, les ponctions
sain permettant d’obtenir les paramètres contrôles nécessaires à lombaires évacuatrices ou la mise en place d’une dérivation du
l’interprétation des réponses du côté atteint. Les paramètres rete- LCS. En cas d’otoliquorrhée, une poche de stomie est placée sur
nus sont le seuil minimal de stimulation (5–8 mA), l’intensité de l’oreille désinfectée afin de protéger la brèche ostéoméningée
stimulation supramaximale, la latence de la réponse musculaire des germes environnants et de quantifier l’écoulement. Le rôle
(3–4 ms) et surtout l’amplitude de la contraction musculaire pour de l’antibioprophylaxie est très controversé car les doses pro-
une intensité de stimulation supramaximale (de 0,8 mV pour le phylactiques d’antibiotiques seraient insuffisantes pour traiter
muscle sourcilier à 4,8 mV pour la houppe du menton). La compa- une méningite, pourraient masquer une infection subclinique
raison des amplitudes recueillies entre les deux côtés permet et créer des organismes résistants [1, 6, 36] . Elle est instaurée
d’estimer le pourcentage de perte axonale qui apporte un caractère qu’en cas d’infection locorégionale. Ces mesures conservatrices
pronostique important. Mais l’interprétation dépend aussi de la permettent une résolution spontanée de la fuite dans 95 à
date de réalisation de l’examen par rapport au début d’installation 100 % des cas, le plus souvent dans les sept jours [6, 24, 25, 37] .
de la PFP. En effet, à un stade précoce (3–4 premiers jours), la perte Les patients présentant une fuite de LCS persistante après sept
axonale peut être modérée car le nerf reste excitable en périphé- jours malgré les mesures conservatrices nécessitent une ferme-
rie. Après le 14e jour, l’excitabilité nerveuse peut être aggravée par ture chirurgicale de brèche ostéoméningée. Lorsque la TDM
des lésions supplémentaires de neurapraxie. Cet examen évalue retrouve un large defect ou ne localise pas la fuite, l’IRM
la gravité de l’atteinte nerveuse, principalement entre le 6e et le évalue le degré d’hernie méningée ou encéphalique, localise
10e jour d’évolution. Dans cet intervalle, plus la perte axonale la fuite de LCS et évalue les lésions intracrâniennes avant
est précoce et intense, plus la dégénérescence nerveuse est sévère une voie sus-pétreuse. Pour les petits defects, une approche
et de mauvais pronostic. La réinnervation croisée est également transmastoïdienne peut suffire, alors que les larges defects
étudiée : le nerf facial sain controlatéral peut, parfois dès le pre- (supérieurs à 2 cm) nécessitent généralement un abord de la
mier jour après le déficit, réinnerver les muscles paramédians du fosse cérébrale moyenne [6, 37] . Le defect doit être reconstruit de
côté paralysé et être responsable d’une augmentation du tonus manière étanche (greffon osseux ou cartilagineux maintenu par
et d’une récupération clinique observée, alors que les réponses colle biologique, plastie durale éventuelle). Les brèches laby-
directes du côté atteint restent de faible amplitude, souvent inter- rinthiques se colmatent rarement par absence de dure-mère
prétées à tort par le clinicien par un début de régénérescence du au fond du MAI et présence de citerne, nécessitant une laby-
nerf atteint. L’évolution de cette prise en charge controlatérale de rinthectomie avec exclusion d’oreille par greffon de graisse
l’hémiface paralysée apporte un caractère pronostique important abdominale. Les fuites de LCS tardives peuvent être isolées ou
car sa décroissance signe le plus souvent la reprise de la réponse associées à une méningocèle, une encéphalocèle ou un cho-
directe. lestéatome. La prise en charge est identique à celle des formes
L’étude du réflexe de clignement ou blink reflex analyse les por- initiales.
tions intracrâniennes et intrapétreuses du nerf facial en explorant • Les méningites peuvent survenir à la phase initiale ou être
une boucle réflexe trigéminofaciale. La stimulation du nerf sus- tardives sur fuite de LCS, méningocèle, encéphalocèle ou
orbitaire provoque une réponse R1 précoce et homolatérale et une cholestéatome. Les principaux organismes responsables dans
réponse R2 tardive et bilatérale (correspondant au clignement) par ce contexte sont : Pneumococcus spp., Staphylococcus spp.,
enregistrement au niveau des orbiculaires des paupières. L’absence Streptococcus spp. et Haemophilus influenzae. On note donc
de la réponse R1 est de mauvais pronostic. l’importance de la vaccination systématique de toute frac-
® ®
ture du rocher (Prevenar 13 puis Pneumo 23 à 8 semaines,
®
Act-Hib ). Elles peuvent être à l’origine d’une ossification cica-
 Atteintes et prise en charge tricielle du labyrinthe membraneux (labyrinthite ossifiante).
Les patients avec fractures temporales intéressant la capsule
Atteintes neuroméningées otique présentent également un risque élevé de méningite
même tardive engageant le pronostic vital [38] . En effet, l’os
• Les lésions neurologiques et fractures associées sont fréquentes enchondral de la capsule otique cicatrise par un processus
et souvent multiples nécessitant une collaboration étroite entre fibreux plutôt qu’un processus osseux après fracture [6, 38] .
spécialistes : lésions intracrâniennes 60 à 84 %, fractures du Les fractures faisant communiquer le labyrinthe à l’oreille

6 EMC - Oto-rhino-laryngologie

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
Fractures du rocher  20-220-A-10

moyenne doivent donc être traitées par exclusion d’oreille fonction faciale après réparation chirurgicale se fait dans un délai
moyenne à l’aide d’un greffon de graisse abdominale. minimal de sept mois. L’intervention doit être réalisée le plus
• Les méningocèles et encéphalocèles sont de rares complications précocement possible, mais est souvent retardée par les atteintes
précoces ou tardives de fractures temporales pouvant être asso- intracrâniennes associées empêchant un abord de la fosse céré-
ciées à une fuite de LCS ou à des méningites à répétition. brale moyenne. La durée et la qualité de cette récupération sont
Dans la littérature, elles sont décrites avec un délai d’apparition inversement proportionnelles au délai entre le TC et la répara-
pouvant aller jusqu’à 21 ans après le TC. La symptomatologie tion [44–46] . Après un suivi de deux ans, 94 à 100 % des patients
complexe et aspécifique rend souvent leur diagnostic retardé. explorés chirurgicalement avaient un grade I-III, 45 % retrou-
Leur prise en charge dépend de la taille du defect sur l’imagerie. vaient un grade I, et aucun patient n’avait un grade V-VI [42, 47] .
Une voie d’abord combinée transmastoïdienne/sus-pétreuse est Au stade séquellaire (après un délai de 1 an), des techniques de
réalisée pour les larges defects (supérieurs à 2 cm), et une voie réinnervation ou de réhabilitation faciale sont proposées [48] . Les
transmastoïdienne unique est réalisée pour les petits defects [39] . patients présentant un grade V-VI sont des candidats à la réinner-
Le tissu cérébral hernié, non fonctionnel, est coagulé et réséqué, vation par anastomose hypo-glosso-faciale, massétérofaciale ou
et l’étanchéité durale et osseuse est reconstruite. transfaciale. Des techniques de réhabilitation faciale telles que la
myoplastie d’allongement du temporal peuvent être proposées si
le délai de réinnervation est dépassé (4 ans). Les patients présen-
Atteintes nerveuses tant un grade III-IV peuvent bénéficier d’une chirurgie palpébrale,
Les lésions du nerf facial après fracture temporale ont une inci- d’une myoplastie d’allongement du temporal, d’un lifting cervico-
dence qui varie selon le type de fractures : 10 à 25 % des fractures facial, d’une suspension commissurale, ou d’injections de toxine
longitudinales et 38 à 50 % des fractures transversales. Les PFP botulique pour les spasmes et syncinésies. La rééducation ortho-
chez l’enfant sont moins fréquentes (3 %) par plus grande flexibi- phonique a une place dans toutes les étapes de la prise en charge.
lité du crâne [40, 41] . Les lésions du nerf abducens surviennent en cas de fracture de
Les segments atteints sont par ordre de fréquence : ganglion l’apex pétreux dans 5 à 7 % des fractures temporales [19, 42] . Ces
géniculé 66 à 80 %, coude 20 %, 3e portion 6 à 16 %, 2e portion lésions sont fréquemment dues à un étirement ou à une compres-
4 à 8 %, avec une association fréquente entre le ganglion géni- sion du nerf au niveau de son entrée dans le canal de Dorello. Le
culé et la 3e portion [13, 42, 43] . Les mécanismes physiopathologiques pronostic est bon avec fréquemment une récupération spontanée
responsables sont : la section complète ou partielle, la compres- et totale dans un délai de deux semaines à quatre mois [18, 47] .
sion par esquille osseuse, embarrure, osselet luxé, hématome Le syndrome du foramen jugulaire consiste en une atteinte des
ou œdème périnerveux, la traction, l’hématome intranerveux, nerfs mixtes IX, X et XI décrite dans 2,6 % des fractures tem-
l’œdème intranerveux, l’ischémie par spasme vasculaire. Une PFP porales [19, 42] . Il survient dans les fractures de l’apex pétreux avec
immédiate traduit une section du nerf, alors qu’une PFP retardée atteinte du foramen jugulaire et de ses structures. La paralysie peut
traduit un nerf intact souffrant secondairement d’une compres- être immédiate ou retardée, avec un meilleur pronostic pour les
sion dans son canal osseux inextensible. formes retardées [42] .
Les PFP sont : immédiates et complètes dans 52 % des cas, retar- L’atteinte du nerf trijumeau est rare, secondaire à des lésions
dées et complètes dans 15 %, incomplètes dans 23 %, de délai d’étirement et de compression au niveau du cavum de Meckel [19] .
d’apparition indéterminé dans 10 %. Les patients présentant une La récupération est spontanée et généralement totale en deux
PFP immédiate et complète doivent être explorés chirurgicale- mois.
ment, car le taux de récupération spontanée est faible (30 %).
Devant une PFP retardée et complète, l’exploration chirurgicale
est indiquée devant un neurotmésis ou un axonotmésis sévère Atteintes cochléovestibulaires
en EMG ou une perte axonale d’au moins 90 % à l’ENoG. Si • La destruction du labyrinthe par fracture labyrinthique est
la PFP est incomplète, qu’elle soit immédiate ou secondaire, la causée par l’ouverture des cavités labyrinthiques vers l’oreille
récupération est complète sous traitement médical. Les PFP où le moyenne avec apparition d’air dans le labyrinthe (pneumola-
délai d’apparition ne peut être déterminé doivent être considérées byrinthe sur la TDM). Ces fractures sont responsables de lésions
comme des formes immédiates. du labyrinthe membraneux : hémorragie et fusion des espaces
Le traitement médical repose sur de fortes doses de corti- endo- et périlymphatiques avec troubles de l’homéostasie.
coïdes (méthylprednisolone 1–2 mg/kg/j pendant 1–2 semaines), Ces lésions sont habituellement immédiates, définitives et
les soins oculaires (larmes artificielles, pommade à la vitamine complètes, rarement partielles [49] . La conséquence est une sur-
A, occlusion palpébrale nocturne, éventuellement tarsorraphie) dité neurosensorielle à type de cophose et un grand vertige rota-
et une rééducation orthophonique. Dans les formes retardées, toire brutal par aréflexie vestibulaire. L’atteinte peut toutefois
l’association d’un antiviral (valaciclovir) est préférable dans le être dissociée, la cophose étant plus fréquente. Le traitement
cadre d’une possible réactivation virale post-traumatique. Le délai médical repose sur de fortes doses de corticoïdes, un traitement
de récupération spontanée va d’un jour à un an avec 59 % de antinauséeux (métoclopramide), un traitement antivertigineux
récupération à un mois et 88 % de récupération à trois mois. (acétylleucine), un traitement vasodilatateur (bétahistine) et
Ces patients ont un excellent pronostic avec un grade I-II à dis- la rééducation vestibulaire [50] . Les vertiges sont suivis d’une
tance [6, 25, 42] . instabilité qui disparaît par compensation centrale [7] . Si les
L’exploration chirurgicale se fait en complément du traitement vertiges ou l’instabilité persistent, une fistule périlymphatique
médical devant une PFP complète et immédiate, ou complète peut être en cause par fluctuation des informations vestibu-
et retardée à mauvais critères électrophysiologiques (Fig. 4). La laires. Si l’atteinte vestibulaire est bilatérale, le patient présente
voie d’abord chirurgicale dépend de la localisation de la lésion des oscillopsies et une instabilité aggravée à l’obscurité. Au
du canal facial sur la TDM et du statut auditif du patient : stade séquellaire, les patients présentant une surdité neurosen-
transmastoïdienne, sus-pétreuse, ou translabyrinthique en cas sorielle légère ou modérée sont classiquement réhabilités par
de cophose [6, 13, 42] . Le nerf est décomprimé au niveau du site appareillage auditif. Une implantation en conduction osseuse
lésionnel. L’incision de la gaine du nerf n’est plus indiquée afin est une bonne option dans la réhabilitation auditive de sur-
d’éviter de fragiliser le nerf au niveau vasculaire. En cas de sec- dité sévère ou profonde unilatérale, permettant une meilleure
tion complète, un parage des régions fibrosées ou inflammatoires intelligibilité avec localisation sonore et rétablissement d’une
est réalisé, suivi d’une anastomose faciofaciale sans tension par stéréophonie [51] . En cas de surdité neurosensorielle sévère à
suture simple épipérineurale ou par colle biologique entourée profonde bilatérale, l’implantation cochléaire doit être envisa-
d’un manchon aponévrotique. Devant toute tension, le déroute- gée chez les patients qui ne présentent pas de discontinuité
ment d’une partie du nerf facial ou une greffe nerveuse autologue osseuse significative ou d’ossification cochléaire, et chez qui
utilisant le nerf sural ou le plexus cervical superficiel est néces- l’IRM retrouve un nerf cochléovestibulaire intact [52–54] . Une sti-
saire. L’association d’une section des nerfs pétreux préviendrait le mulation aberrante du nerf facial est une complication rare,
syndrome des « larmes de crocodile » en empêchant la repousse probablement secondaire à une fuite électrique au niveau du
axonale erronée des fibres sécrétoires [42] . La récupération de la trait de fracture, et obligeant l’explantation [52] .

EMC - Oto-rhino-laryngologie 7

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
20-220-A-10  Fractures du rocher

Figure 4. Arbre décisionnel. Prise en charge


PFP après fracture du rocher d’une paralysie faciale périphérique (PFP)
après fracture du rocher. TDM : tomo-
densitométrie ; EMG : électromyographie ;
ENoG : électroneuronographie.
PFP complète PFP incomplète

PFP immédiate ou délai Traitement


PFP retardée
indéterminé médical

TDM des rochers TDM des rochers


Trait de fracture sur le trajet du VII ? Trait de fracture sur le trajet du VII ?
Compression par esquille Compression par esquille
osseuse/osselet ? osseuse/osselet ?

+

Chirurgie du foyer de fracture Traitement médical


± chirurgie des autres portions du +
VII EMG + ENoG du VII
+ Traitement médical > 90 % de perte axonale ?
Neurotmésis ?
Axonotmésis sévère ?


EMG + ENoG du VII + Chirurgie du foyer de fracture
Contrôle à j5-7 jours ± chirurgie des autres portions du
Aggravation VII


Traitement médical

• L’hémolabyrinthe est une complication pouvant survenir dans positionnel sans les caractéristiques d’un vertige paroxystique
le cadre des fractures labyrinthiques ou extralabyrinthiques. positionnel bénin (VPPB) et un nystagmus provoqué par les
L’atteinte cochléovestibulaire est souvent la destruction du manœuvres pressionnelles (Hennebert, Valsalva, tympanomé-
labyrinthe, le traitement étant similaire. L’hémorragie intrala- trie, Tullio 500 Hz, Tullio 250 Hz). L’audiométrie positionnelle
byrinthique n’est pas visible à la TDM. En IRM, elle se présente est positive. Une surdité en aggravation nécessite une fermeture
de façon caractéristique en hypersignal T1, hypersignal fluid de la fistule en urgence [7, 57] . Une exploration de caisse permet la
attenuated inversion recovery (FLAIR), sans rehaussement ni confirmation diagnostique et le colmatage de la fistule par tissu
anomalie de signal en T2 (hypersignal). Elle peut évoluer vers conjonctif (graisse, aponévrose ou périchondre maintenu par
l’ossification labyrinthique. colle biologique). Si l’étrier est fracturé ou luxé, une stapédec-
• La commotion labyrinthique correspond à des altérations tomie est réalisée avec interposition d’aponévrose ou de péri-
labyrinthiques dans les fractures respectant la capsule otique. chondre sur la fenêtre vestibulaire et mise en place d’un piston.
Plusieurs mécanismes ont pu être évoqués. Des troubles de la • Les VPPB sont fréquents après TC et surviennent le plus sou-
microcirculation locale seraient responsables d’une hypoxie vent quelques jours à quelques semaines après. Les otolithes se
entraînant des modifications de l’homéostasie endo- et péri- décrochent de la macule lors du choc. Le traitement des VPPB
lymphatique [55] . Des microfractures concernant la capsule par manœuvres libératoires est le plus souvent efficace.
otique, non détectées par l’imagerie, ont été identifiées sur • L’hydrops endolymphatique après fracture temporale est
analyse histopathologique [56] . Des ruptures des macules oto- responsable d’une plénitude de l’oreille, d’acouphènes,
lithiques pourraient être en cause. Les patients présentent une d’une surdité neurosensorielle fluctuante et de vertiges simi-
atteinte neurosensorielle et un grand vertige rotatoire brutal laires aux crises vertigineuses de la maladie de Ménière. Le
par hypo- ou aréflexie vestibulaire. Le traitement est identique mécanisme théorique est une rupture de l’équilibre endo-
à celui de la destruction labyrinthique. lymphe/périlymphe secondaire à une lésion de la membrane
• Une fistule périlymphatique peut survenir en cas de frac- labyrinthique ou à une altération du drainage du liquide endo-
ture labyrinthique (cicatrisation labyrinthique difficile) ou de lymphatique par l’aqueduc du vestibule [58] . Le traitement de
traumatisme des fenêtres (cochléaire ou vestibulaire) isolé ou l’hydrops endolymphatique est identique à celui de la maladie
associé à une dislocation stapédovestibulaire ou à une fracture de Ménière (régime sans sel, corticothérapie, bétahistine, diu-
de la platine de l’étrier. Ces patients présentent typiquement rétique). Devant une persistance de la symptomatologie sous
une atteinte cochléovestibulaire fluctuante [7] . La TDM peut être traitement, une exploration chirurgicale doit être réalisée dans
normale ; elle recherche une atteinte de l’étrier, un pneumola- un premier temps pour éliminer une fistule périlymphatique.
byrinthe et du liquide dans la cavité tympanique en regard du • La « surdité sympathique » est une forme rare de surdité retardée
trait de fracture ou dans la région des fenêtres. Dans les formes correspondant à une surdité neurosensorielle controlatérale à
atypiques ou à distance du TC, on recherche une aggrava- l’oreille traumatisée d’apparition progressive plusieurs mois ou
tion des signes cochléovestibulaires par l’effort (surtout à glotte années après le TC initial. Cette surdité a une incidence de 1 à
fermée), la position allongée, la manœuvre de Valsalva, le mou- 11 % chez les patients ayant eu une fracture temporale. Cette
chage, la toux et les sons forts. L’examen retrouve un nystagmus surdité est associée à la présence d’anticorps auto-immuns

8 EMC - Oto-rhino-laryngologie

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
Fractures du rocher  20-220-A-10

dirigés contre l’oreille interne. En théorie, l’appareil cochléo- • Les dysfonctions obstructives de la trompe auditive peuvent
vestibulaire se comporte comme un site immunologique survenir par atteinte de la partie osseuse de la trompe.
privilégié, et le traumatisme permet une exposition antigé- • Le cholestéatome post-traumatique est une rare complication
nique sensibilisant le système immunitaire qui produit alors de fractures temporales. Son délai d’apparition est de 2 à 24 ans
des autoanticorps provoquant une surdité neurosensorielle après le TC, par perforation tympanique, incarcération cutanée
controlatérale. Bien que ces patients répondent initialement dans une fracture du MAE ou sténose du MAE. Les cholestéa-
aux corticoïdes, la surdité s’installe progressivement. Une tomes sont souvent extensifs, et peuvent être responsables de
excellente réponse à l’implantation cochléaire est rapportée [59] . méningites et d’abcès intracrâniens otogéniques [63] .
• Les acouphènes, souvent présents dans l’atteinte de l’oreille
interne, sont de traitement souvent difficile et peuvent être à
l’origine d’une gêne souvent importante. Les patients présen- Atteintes vasculaires
tant des acouphènes doivent être traités initialement par fortes Les atteintes vasculaires sont rares, mais doivent être recher-
doses de corticoïdes. chées systématiquement du fait de leur gravité potentielle. Elles
• Des traumatismes du nerf cochléovestibulaire par des lésions sont du ressort de la radiologie interventionnelle et de la chirurgie
histologiques de la gaine de myéline ont été décrits avec un vasculaire.
bon pronostic de récupération [60] . • Les atteintes du sinus sigmoïde ou du bulbe de la VJI se
• L’atteinte centrale des voies et centres nerveux du système compliquent souvent d’hémorragie ou de thrombose. Une
auditif ou de l’équilibration peut aussi exister lors de TC [61] . atteinte de leur sillon osseux est associée à une atteinte de la
• Le syndrome subjectif des traumatisés crâniens, ou syndrome paroi vasculaire, pouvant entraîner une hémorragie veineuse
postcommotionnel, est rencontré dans plus de la moitié des massive. Les thromboses veineuses sont fréquentes dans les TC,
TC. Il associe une impression de déséquilibre de brève durée, mais les signes cliniques sont pauvres (signes d’hypertension
avec une sensation de chute imminente aux mouvements intracrânienne lorsque la thrombose est occlusive). Un traite-
rapides de la tête alors que l’examen vestibulaire est normal. ment anticoagulant est discuté, guidé par l’évolution clinique
Il s’accompagne de signes neurovégétatifs, d’acouphènes et et radiologique [19] . De rares fistules durales artérioveineuses
de céphalées postérieures résistantes aux antalgiques habi- peuvent se développer secondairement à une blessure d’un
tuels auxquels s’ajoutent une asthénie et une baisse de la sinus veineux.
libido. Il existe également des troubles de la mémoire, du • Les atteintes de l’ACI peuvent être une lacération, une dis-
caractère, du sommeil et une anxiété. Au-delà de deux mois, section, une section, une thrombose, une occlusion complète,
ce syndrome évolue vers la névrose post-traumatique. Une un pseudoanévrisme, ou une fistule artérioveineuse. Bien que
prise en charge psychologique, voire psychiatrique, est alors les fractures concernent le plus souvent la jonction des por-
nécessaire [61] . tions lacerum et caverneuse du canal carotidien, la majorité
des lésions vasculaires de l’ACI concerne le segment pétreux [64] .
Souvent fatales, elles sont rares, le plus souvent secondaires aux
Atteintes otologiques traumatismes par armes à feu. Toutes peuvent se compliquer
d’un accident vasculaire cérébral, et entraînent une otorragie ou
• Les plaies du MAE peuvent nécessiter un calibrage du MAE une épistaxis profuse. La dissection de l’ACI avec fistule caroti-
®
(Silastic ), voire une réduction d’un éventuel déplacement docaverneuse est observée dans 1 à 3 % des cas et se traduit par
osseux dans le MAE, pour prévenir une sténose secondaire et une exophtalmie pulsative rapidement progressive, une baisse
une incarcération cutanée dans le foyer de fracture, respon- de l’acuité visuelle et un souffle systolique à l’auscultation de la
sable d’un cholestéatome secondaire. Le calibrage occlusif du région temporale et du globe oculaire [19, 42] .
®
MAE par Pop-Oto-Wick est contre-indiqué si une fuite de LCS
est suspectée, sauf en cas de saignement actif majeur, car il
provoque une stagnation de LCS et augmente le risque de Atteintes de l’articulation
méningite. temporomandibulaire
• L’hémotympan, visible à l’examen otoscopique dans 50 à 90 %
des cas, est responsable d’une surdité de transmission ini- Les fractures temporales intéressant l’articulation temporoman-
tiale qui se résorbe spontanément en trois semaines environ dibulaire ont une symptomatologie articulaire par atteinte de la
sans traitement. Une surdité de transmission persistante doit fosse glénoïde ou de l’éminence articulaire. Une fracture ou luxa-
faire évoquer une perforation tympanique, une lésion de la tion mandibulaire associée doit être recherchée. Dans les formes
chaîne ossiculaire ou plus rarement un cholestéatome post- isolées, les fractures temporales peuvent être responsables d’un
traumatique. trismus, d’une malocclusion dentaire, de douleurs articulaires ou
• Une perforation tympanique peut être retrouvée à l’otoscopie et d’otalgies. Un traitement conservateur est le plus souvent efficace
nécessite une myringoplastie en cas de persistance à trois mois (antalgiques, corticoïdes, alimentation mixée ; les myorelaxants
du TC. et les anti-inflammatoires non stéroïdiens étant évités au décours
• L’atteinte de la chaîne ossiculaire est présente dans 50 % immédiat d’un TC). En cas de malocclusions persistantes, une
des fractures du rocher, surtout longitudinales. L’hémotympan fixation maxillomandibulaire courte peut être nécessaire.
peut rendre difficile leur diagnostic sur la TDM, et il faudra
répéter la TDM à distance, après résorption de l’hémotympan,
en cas de surdité de transmission persistante. La lésion ossi-  Conclusion
culaire la plus fréquente est la luxation incudostapédienne
(11–14 %) [7, 17, 19] . De la simple distorsion capsuloligamen- Les fractures temporales surviennent rarement de manière
taire à la perte totale des rapports articulaires normaux, tous isolée. Une bonne évaluation et une prise en charge adaptée des
les intermédiaires peuvent être observés. Les autres luxations patients avec fracture temporale nécessitent une coopération
par ordre de fréquence sont : la luxation incudomalléaire, la étroite entre spécialistes. La prise en charge initiale est basée sur
luxation du bloc incudomalléaire, la luxation stapédovestibu- une stabilisation de l’état du patient, une prise en charge des
laire. La fracture de la branche descendante de l’enclume est lésions du nerf facial, des fuites de LCS et des lésions cochléo-
la plus fréquente. La fracture des branches de l’étrier ou de vestibulaires. Un bilan clinique ORL et radiologique par TDM en
la platine est plus rare, sauf dans la population pédiatrique haute résolution des rochers doit être réalisé le plus précocement
par meilleure déformabilité du crâne [62] . Si une intervention possible. Le pronostic vital des patients peut également être
est indiquée (décompression du nerf facial, fermeture d’une engagé secondairement par certaines complications incluant
brèche ostéoméningée, fermeture de fistule périlymphatique), méningites, cholestéatomes, méningocèles et encéphalocèles.
une ossiculoplastie peut être réalisée dans le même temps chi- Il est donc conseillé de réaliser une TDM de contrôle deux ans
rurgical [7, 42, 43] . Dans les autres cas, une ossiculoplastie est après une fracture du rocher pour rechercher toute pathologie
réalisée à trois mois [24] . séquellaire.

EMC - Oto-rhino-laryngologie 9

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
20-220-A-10  Fractures du rocher

[17] Wysocki J. Cadaveric dissections based on observations of injuries

“ Points essentiels to the temporal bone structures following head trauma. Skull Base
2005;15:99–106.
[18] Aguilar 3rd EA, Yeakley JW, Ghorayeb BY, Hauser M, Cabrera J,
Jahrsdoerfer RA. High resolution CT scan of temporal bone fractures:
• L’examen exhaustif des éléments anatomiques de la association of facial nerve paralysis with temporal bone fractures. Head
région pétreuse par la TDM en haute résolution des rochers Neck Surg 1987;9:162–6.
permet d’orienter la prise en charge. [19] Ghorayeb BY, Yeakley JW, Hall 3rd JW, Jones BE. Unu-
• La connaissance de l’anatomie du rocher permet sual complications of temporal bone fractures. Arch Otolaryngol
d’éviter les erreurs diagnostiques. 1987;113:749–53.
• L’atteinte des éléments vasculaires sur la TDM des [20] Mc Hugh HE. The surgical treatment of facial paralysis and traumatic
conductive deafness in fractures of the temporal bone. Ann Otol Rhinol
rochers impose la réalisation d’une angio-TDM veineuse Laryngol 1959;68:855–89.
ou artérielle devant la gravité de leur atteinte potentielle. [21] Ghorayeb BY, Yeakley JW. Temporal bone fractures: longitudinal or
• La prise en charge des PFP dépend de sa date oblique? The case for oblique temporal bone fractures. Laryngoscope
d’apparition et des résultats du testing facial et des explo- 1992;102:129–34.
rations électrophysiologiques. [22] West OC, Mirvis SE, Shanmuganathan K. Transsphenoid basilar skull
• La prévention des méningites impose la vaccination des fracture: CT patterns. Radiology 1993;188:329–38.
[23] Jackler. Atlas of neurotology and skull base surgery. St Louis: CV
fractures du rocher. Mosby; 1996. p. 205–9.
[24] Nosan DK, Benecke Jr JE, Murr AH. Current perspective on temporal
bone trauma. Otolaryngol Head Neck Surg 1997;117:67–71.
[25] Dahiya R, Keller JD, Litofsky NS, Bankey PE, Bonassar LJ, Mege-
rian CA. Temporal bone fractures: otic capsule sparing versus otic
Déclaration de liens d’intérêts : les auteurs n’ont pas transmis de déclaration capsule violating clinical and radiographic considerations. J Trauma
de liens d’intérêts en relation avec cet article. 1999;47:1079–83.
[26] Kang HM, Kim MG, Boo SH, Kim KH, Yeo EK, Lee SK, et al.
Comparison of the clinical relevance of traditional and new classifi-
 Références cation systems of temporal bone fractures. Eur Arch Otorhinolaryngol
2012;269:1893–9.
[27] Little SC, Kesser BW. Radiographic classification of temporal bone
[1] Diaz RC, Cervenka B, Brodie HA. Treatment of temporal bone frac-
fractures: clinical predictability using a new system. Arch Otolaryngol
tures. J Neurol Surg B Skull Base 2016;77:419–29.
Head Neck Surg 2006;132:1300–4.
[2] Veillon F, Tomasinelli F, Williams M, Sick H, Moulin G, Mériot
[28] Song SW, Jun BC, Kim H. Clinical features and radiological evalua-
P. Anatomie de l’os temporal normal. EMC (Elsevier Masson
tion of otic capsule sparing temporal bone fractures. J Laryngol Otol
SAS, Paris), Radiodiagnostic - Imagerie Médicale, 30-825-A-10,
2017;131:209–14.
1994.
[29] Yanagihara N, Murakami S, Nishihara S. Temporal bone fractures
[3] Johnson F, Semaan MT, Megerian CA. Temporal bone fracture: eva- inducing facial nerve paralysis: a new classification and its clinical
luation and management in the modern era. Otolaryngol Clin North significance. Ear Nose Throat J 1997;76:79–80 [83–6].
Am 2008;41:597–618. [30] Devèze A, Ambrun A, Gratacap M, Céruse P, Dubreuil C, Tringali S.
[4] Schubl SD, Klein TR, Robitsek RJ, Trepeta S, Fretwell K, Seidman D, Paralysies faciales périphériques. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris),
et al. Temporal bone fracture: evaluation in the era of modern computed Oto-rhino-laryngologie, 20-260-A-10, 2013.
tomography. Injury 2016;47:1893–7. [31] Remenschneider AK, Michalak S, Kozin ED, Barber S, De Venecia
[5] Exadaktylos AK, Sclabas GM, Nuyens M, Schröder D, Gallitz B, RK, Hadlock TA, et al. Is serial electroneuronography indica-
Henning P, et al. The clinical correlation of temporal bone frac- ted following temporal bone trauma? Otol Neurotol 2017;38:
tures and spiral computed tomographic scan: a prospective and 572–6.
consecutive study at a level I trauma center. J Trauma 2003;55: [32] Asha’Ari ZA, Ahmad R, Rahman J, Kamarudin N, Ishlah LW. Contre-
704–6. coup injury in patients with traumatic temporal bone fracture. J
[6] Brodie HA, Thompson TC. Management of complications from 820 Laryngol Otol 2011;125:781–5.
temporal bone fractures. Am J Otol 1997;18:188–97. [33] Asha’ari ZA, Ahmad R, Rahman J, Yusof RA, Kamarudin N. Patterns
[7] Cannon CR, Jahrsdoerfer RA. Temporal bone fractures. Review of 90 of intracranial hemorrhage in petrous temporal bone fracture. Auris
cases. Arch Otolaryngol 1983;109:285–8. Nasus Larynx 2012;39:151–5.
[8] Alvi A, Bereliani A. Acute intracranial complications of temporal bone [34] Diaz Jr JJ, Gillman C, Morris Jr JA, May AK, Carrillo YM, Guy J. Are
trauma. Otolaryngol Head Neck Surg 1998;119:609–13. five-view plain films of the cervical spine unreliable? A prospective
[9] Yetiser S, Hidir Y, Birkent H, Satar B, Durmaz A. Traumatic ossi- evaluation in blunt trauma patients with altered mental status. J Trauma
cular dislocations: etiology and management. Am J Otolaryngol 2003;55:658–63.
2008;29:31–6. [35] Freytag E. Autopsy findings in head injuries from blunt forces. Statis-
[10] Montava M, Deveze A, Arnoux PJ, Bidal S, Brunet C, Lavieille tical evaluation of 1367 cases. Arch Pathol 1963;75:402–13.
JP. Petrous bone fracture: a virtual trauma analysis. Otol Neurotol [36] Brodie HA. Prophylactic antibiotics for posttraumatic cerebrospinal
2012;33:651–4. fluid fistulae. A meta-analysis. Arch Otolaryngol Head Neck Surg
[11] Montava M, Masson C, Lavieille JP, Mancini J, Soussan J, Chaumoitre 1997;123:749–52.
K, et al. Temporal bone fracture under lateral impact: biomecha- [37] McGuirt Jr WF, Stool SE. Cerebrospinal fluid fistula: the identification
nical and macroscopic evaluation. Med Biol Eng Comput 2016;54: and management in pediatric temporal bone fractures. Laryngoscope
351–60. 1995;105:359–64.
[12] Ferré JC, Chevalier C, Helary JL, Le Cloarec AY, Legoux R, Le Tenneur [38] Sudhoff H, Linthicum Jr FH. Temporal bone fracture and latent menin-
Jo, et al. Biomécanique osseuse cranio-maxillo-faciale. EMC (Elsevier gitis: temporal bone histopathology study of the month. Otol Neurotol
Masson SAS, Paris), Stomatologie, 22-001-D-15, 1995: 10p. 2003;24:521–2.
[13] Coker NJ, Kendall KA, Jenkins HA, Alford BR. Traumatic intratem- [39] Souliere Jr CR, Langman AW. Combined mastoid/middle cranial
poral facial nerve injury: management rationale for preservation of fossa repair of temporal bone encephalocele. Skull Base Surg 1998;8:
function. Otolaryngol Head Neck Surg 1987;97:262–9. 185–9.
[14] Gurdjian ES, Lissner HR. Deformations of the skull in head injury [40] Lee D, Honrado C, Har-El G, Goldsmith A. Pediatric temporal bone
studied by the stresscoat technique, quantitative determinations. Surg fractures. Laryngoscope 1998;108:816–21.
Gynecol Obstet 1946;83:219–333. [41] Yeakley JW. Temporal bone fractures. Curr Probl Diagn Radiol
[15] Ishman SL, Friedland DR. Temporal bone fractures: traditional classi- 1999;28:65–98.
fication and clinical relevance. Laryngoscope 2004;114:1734–41. [42] Darrouzet V, Duclos JY, Liguoro D, Truilhe Y, De Bonfils C, Bebear
[16] Ulrich K. Verletzungen des Gohororgans bei Schadelbasisfrakturen JP. Management of facial paralysis resulting from temporal bone frac-
(Eine histologische und klinisshe Studie). Acta Otolaryngol Suppl tures: our experience in 115 cases. Otolaryngol Head Neck Surg
1926;6:1–150. 2001;125:77–84.

10 EMC - Oto-rhino-laryngologie

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
Fractures du rocher  20-220-A-10

[43] Lambert PR, Brackmann DE. Facial paralysis in longitudinal temporal [53] Chung JH, Shin MC, Min HJ, Park CW, Lee SH. Bilateral cochlear
bone fractures: a review of 26 cases. Laryngoscope 1984;94:1022–6. implantation in a patient with bilateral temporal bone fractures. Am J
[44] Bozorg Grayeli A, Mosnier I, Julien N, El Garem H, Bouccara D, Otolaryngol 2011;32:256–8.
Sterkers O. Long-term functional outcome in facial nerve graft by [54] Morgan WE, Coker NJ, Jenkins HA. Histopathology of temporal
fibrin glue in the temporal bone and cerebellopontine angle. Eur Arch bone fractures: implications for cochlear implantation. Laryngoscope
Otorhinolaryngol 2005;262:404–7. 1994;104:426–32.
[45] Hato N, Nota J, Hakuba N, Gyo K, Yanagihara N. Facial nerve decom- [55] Ilberg CV. Inner ear hearing loss following blunt head injury. Laryngol
pression surgery in patients with temporal bone trauma: analysis of 66 Rhinol Otol 1977;56:323–8.
cases. J Trauma 2011;71:1789–92. [56] Ohlrogge M, Francis HW. Temporal bone fracture. Otol Neurotol
[46] Kim J, Moon IS, Shim DB, Lee WS. The effect of surgical timing 2004;25:195–6.
on functional outcomes of traumatic facial nerve paralysis. J Trauma [57] Lyos AT, Marsh MA, Jenkins HA, Coker NJ. Progressive hearing loss
2010;68:924–9. after transverse temporal bone fracture. Arch Otolaryngol Head Neck
[47] Ulug T, Arif Ulubil S. Management of facial paralysis in temporal bone Surg 1995;121:795–9.
fractures: a prospective study analyzing 11 operated fractures. Am J [58] Shea Jr JJ, Ge X, Orchik DJ. Traumatic endolymphatic hydrops. Am J
Otolaryngol 2005;26:230–8. Otol 1995;16:235–40.
[48] Baujat B, Gangloff P. Réhabilitation de la face paralysée. EMC [59] Ten Cate W-JF, Bachor E. Autoimmune-mediated sympathetic hearing
(Elsevier Masson SAS, Paris), Techniques chirurgicales, Tête et cou, loss: a case report. Otol Neurotol 2005;26:161–5.
46-200, 2013: 13p. [60] Tokui N, Suzuki H, Udaka T, Hiraki N, Fujimura T, Fujimura K, et al.
[49] Tos M. Course of and sequelae to 248 petrosal fractures. Acta Otola- Delayed-onset temporary auditory threshold shift following head blow
ryngol 1973;75:353–54. in guinea pigs. Hear Res 2005;199:111–6.
[50] Lacour M. Betahistine treatment in managing vertigo and improving [61] Granier M, Renaud-Picard L, Chobaut JC, Tavernier L. Mild head
vestibular compensation: clarification. J Vestib Res Equilib Orientat trauma: complications and acousticovestibular sequelae. Rev Stomatol
2013;23:139–51. Chir Maxillofac 2006;107:253–63.
[51] Baguley DM, Bird J, Humphriss RL, Prevost AT. The evidence base for [62] Singh S, Salib RJ, Oates J. Traumatic fracture of the stapes suprastruc-
the application of contralateral bone anchored hearing aids in acqui- ture following minor head injury. J Laryngol Otol 2002;116:457–9.
red unilateral sensorineural hearing loss in adults. Clin Otolaryngol [63] Majmundar K, Shaw T, Sismanis A. Traumatic cholesteatoma presen-
2006;31:6–14. ting as a brain abscess: a case report. Otol Neurotol 2005;26:65–7.
[52] Camilleri AE, Toner JG, Howarth KL, Hampton S, Ramsden RT. [64] Resnick DK, Subach BR, Marion DW. The significance of caro-
Cochlear implantation following temporal bone fracture. J Laryngol tid canal involvement in basilar cranial fracture. Neurosurgery
Otol 1999;113:454–7. 1997;40:1177–81.

M. Montava, Praticien hospitalier ([Link]@[Link]).


Service d’oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervicofaciale, AP–HM, Hôpital de la Conception, 147, boulevard Baille, 13005 Marseille, France.
Laboratoire de biomécanique appliquée, UMR-T 24, Faculté de médecine–secteur Nord, Aix Marseille université, IFSSTAR, boulevard Pierre-Dramard, 13916
Marseille cedex 20, France.
F. Salburgo, Assistant spécialiste.
L. Jaloux, Chef de clinique-assistant.
A. Alshukry, Interne.
Service d’oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervicofaciale, AP–HM, Hôpital de la Conception, 147, boulevard Baille, 13005 Marseille, France.
A. Varoquaux, Praticien hospitalier.
Service de radiologie et d’imagerie médicale, AP–HM, Hôpital de la Conception, 147, boulevard Baille, 13005 Marseille, France.
J.-P. Lavieille, Professeur des Universités, praticien hospitalier.
Service d’oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervicofaciale, AP–HM, Hôpital de la Conception, 147, boulevard Baille, 13005 Marseille, France.
Laboratoire de biomécanique appliquée, UMR-T 24, Faculté de médecine–secteur Nord, Aix Marseille université, IFSSTAR, boulevard Pierre-Dramard, 13916
Marseille cedex 20, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Montava M, Salburgo F, Jaloux L, Alshukry A, Varoquaux A, Lavieille JP. Fractures du rocher. EMC - Oto-
rhino-laryngologie 2018;13(3):1-11 [Article 20-220-A-10].

Disponibles sur [Link]


Arbres Iconographies Vidéos/ Documents Information Informations Auto- Cas
décisionnels supplémentaires Animations légaux au patient supplémentaires évaluations clinique

EMC - Oto-rhino-laryngologie 11

Téléchargé pour Anonymous User (n/a) à University of Tunis El Manar Faculty of Medicine of Tunis à partir de [Link] par Elsevier sur juillet 20, 2020.
Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2020. Elsevier Inc. Tous droits réservés.

Vous aimerez peut-être aussi