REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE
Honneur – Fraternité – Justice
COUR DES COMPTES
CHAMBRE DES FINANCES PUBLIQUES
ENTITE CONTROLEE Fonds Spécial de Solidarité Sociale et de
Lutte Contre le Coronavirus (F3SL2C)
EXERCICES CONTROLES 2020 - 2021
RAPPORTEURS Abdallahi Ould Ahmed, Conseiller
Chef de mission,
Mohamed Abdou Ekbad, Auditeur
Membre,
Mohamed Bouya Ould Mohamed El
Hafedh Zeine, Auditeur Membre
Abdallahi Mohamed Fadel Raghany,
Auditeur Membre
La Chambre des Finances Publiques
Sur la base :
- Des dispositions de la loi organique N° 2018-032 du 20 Juillet 2018 relative à la
Cour des Comptes ;
- De la saisine N°001/P/CFP du Président de la Chambre des Finances Publiques
de la Cour des Comptes en date du 05/01/2021 ;
- Des lettres d’observations adressées aux
o Secrétaire Général du Ministère des Finances ;
o Secrétaire Général du Ministère de l’Hydraulique et de
l’Assainissement ;
o Secrétaire Général du Ministère de l’Action Sociale, de l’Enfance et de
la Famille ;
o Secrétaire Général du Ministère de la Santé ;
o Conseiller Technique du Ministre de l’Equipement et des Transports
chargé du dossier COVID-19/
- Des réponses des gestionnaires sauf le Conseiller Technique du Ministre de
l’Equipement et des Transports qui n’a pas répondu aux observations qui ont
été adressées ;
- Des conclusions du Commissaire du Gouvernement en date 31 Décembre
2021 ;
a délibéré et adopté, le rapport définitif relatif au contrôle du Fonds Spécial de Solidarité
Sociale et de Lutte Contre le Coronavirus (F3SL2C)
Présentation du F3SL2C
Pour faire face à la pandémie du COVID-19, le Gouvernement mauritanien a mis en
place un plan national de riposte qui s’articule autour de 5 piliers complémentaires
identifiés comme suit :
- Santé ;
- Planification, coordination et suivi du plan de veille économique ;
- Mesures d’atténuation de l’impact socio-économique de la pandémie ;
- Résilience, relance économique et accès aux services de base ;
- Aspects sécuritaires et prévention de la pandémie.
A cet effet, un fonds dénommé « Fonds Spécial de Solidarité Sociale et de Lutte Contre
le Coronavirus (F3SL2C ) » a été créé par décret N° 2020-051/PM/MF du 06/04/2020,
doté d’une contribution de l’Etat de 2,5 milliards MRU et ouvert à la participation des
acteurs nationaux et des partenaires.
Une commission nationale de suivi de l’exécution du Fonds, présidée par le Ministre
des Finances, a été créée par décret N°066-2020 du 04/05/2020 auprès du Comité
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Interministériel chargé de la gestion et du suivi de la lutte contre la pandémie du COVID
19.
Les ressources du Fonds ont été arrêtées, selon le rapport d’exécution du Fonds au
28/02/2021, à 6,22 milliards MRU répartis comme suit :
- Part Etat 32 %
- Participations des Partenaires 22 %
- Contributions Etablissements Publics + Privé 22 %
- Dons en Nature 24 %
Les dépenses du Fonds ont été exécutées, selon le même rapport, à hauteur de 2,592
milliards MRU, soit un taux d’exécution de 41,67 %. Elles sont réparties par secteurs
comme suit (montants en MRU) :
Secteurs Montants %
Santé 869.712.166 33,55
Hydraulique 241.028.111 9,30
Electricité 79.682.075 3,07
Appui aux Ménages (volet TAAZOUR) 744.666.234 28,73
Dépenses fiscales (Exonérations) 568.000.000 21,91
Compensations Communes 10.767.733 0,41
Alimentation, Hébergement, sécurité routière, Transports 78.552.738 3,03
Total [Link] 100
I – Volet Procédures
1 – Le cadre budgétaire du Fonds
L’article 2 du décret N°051-2020/PM/MF du 06/04/2020 précité précise que le Fonds
« reçoit les contributions de l’Etat, des entités publiques et privées, des partenaires
internationaux et des particuliers ».
Cette disposition doit donner au Fonds le caractère d’un compte d’affectation spéciale
qui, selon l’article 8 de la loi N°2018-039 en date du 09/10/2018 portant loi organique
relative aux lois de finances retrace « des opérations qui sont financées au moyen de
ressources particulières » et dont les contributions de l’Etat ne peuvent dépasser 10 %
du total des prévisions.
Cette situation a eu pour conséquence, entre autres, les irrégularités et anomalies
suivantes :
- une contribution de l’Etat à hauteur de 32 % des ressources du Fonds,
contrairement aux dispositions de l’article 8 de la loi N°2018-039 précitée ;
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- l’absence de procédures formalisées pour l’exécution de certaines composantes
en situation d’urgence, qui a entrainé une violation fréquente de la réglementation
en vigueur, notamment le code des marchés publics et les règles d’exécution des
dépenses publiques ;
- Une absence totale de coordination entre les départements ministériels et
institutionnels chargés de l’exécution des différentes composantes du Fonds ;
- Une dilution des responsabilités due à un manque d’identification préalable des
personnes responsables de l’exécution des différentes composantes du Fonds ;
- L’absence de vision budgétaire globale des ressources et des dépenses du Fonds.
Au sujet de cette observation, le département des finances a indiqué que « la LFR a créé
un fonds de concours sous le titre 93, qu’elle a doté budgétairement dans le cadre de la LFR
par la contribution de l’Etat ». Il a ajouté que ce fonds « conformément à l’article 39 de la
LOLF peut recevoir les contributions publiques et privées et n’est pas soumis au
plafonnement des contributions de l’Etat exigé uniquement pour les CAS ».
Par conséquent, la Chambre considère que le cadre budgétaire du Fonds a été
défini en tant que fonds de concours régi par l’article 39 de la loi N° 2018-039 du
09.10.2018 portant loi organique relative aux lois de finances et non un compte
d’affectation spéciale.
2 – Rôle de la Commission de suivi du Fonds
Une commission nationale de suivi de l’exécution du Fonds a été créée auprès du Comité
Interministériel chargé de la gestion et du suivi de la lutte contre la pandémie du
COVID-19.
La mission a constaté que le décret N° 066-2020 en date du 04/05/2020, modifié par le
décret n° 084-2020 du 08-06-2020, portant création de cette commission ne fixe pas ses
attributions et ne précise pas son mode de fonctionnement, ce qui a entrainé la
défaillance du rôle de cette Commission dans la gestion courante du Fonds.
Concernant cette observation, le département des finances a précisé que le rôle de la
commission de suivi du Fonds consiste, comme indiqué dans le décret N° 066-2020 du
04/05/2020, à recevoir tous les rapports d’exécution bimestrielle du Fonds et à informer
régulièrement l’opinion publique en toute transparence de l’exécution du Fonds. Il a
ajouté que la responsabilité de « la gestion Fonds est du ressort des départements
ministériels ou entités publiques » selon les l’arrêté N°[Link] du 24.04.2020 qui
stipule en son article 10 que « chaque action du Fonds sera inscrite dans un sous-chapitre
qui est réservé et ce quel que soit l’entité qui exécute l’action pour assurer une plus
grande transparence et une meilleure traçabilité. Chaque ministère ou entité aura accès
aux sous-chapitres dont les actions relèvent de leurs compétences pour pouvoir mandater
directement ».
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Compte tenu de ce qui précède, la Cour considère que le rôle de la commission de
suivi du Fonds a été défini par le décret la créant et que les procédures de gestion
du Fonds ont été définies dans les dispositions de l’arrêté N° 066-2020 du
04/05/2020.
3 - Cumul des fonctions incompatibles
La mission a constaté que lors de la réalisation de certaines activités liées au COVID-
19 au niveau de la Direction Générale de la Régulation, de l’Organisation et de la Qualité
des Services et des Soins (DGROQSS), deux directrices et un chef de service ont cumulé
des fonctions incompatibles dans l’exécution des dépenses. Le tableau ci-dessous
présente quelques exemples illustrant ce constat (montant en MRU).
Activité Financement Dates Responsable Direction Montants
Exécution Générale
Prise en charge du centre UNICEF 22/04/2020 Chef Service DGROQS 37 828 240
d’appel 1155 Education pour
Santé
Formation des formateurs UNICEF 22/04/2020 Directrice DGROQS 1 804 600
sur la prévention et Médecine
contrôle de l'infection et Hospitalière
la prise en charge des cas
COVID19
Atelier de formation des HCR 18/12/2020 Directrice de DGROQS 1 117 310
sages-femmes mentors l’Hygiène
Publique
Formation du OMS 18/12/2020 Directrice de DGROQS 255 200
personnel de santé des Médecine
USI (réanimateurs) et Hospitalière
des sites d’isolement
PEC sur la prise en
charge des cas
COVID19 à NKTT
A titre d’illustration, la chef du Service Eduction pour la Santé a été chargée de la prise
en charge du centre d’appel 1155 et à ce titre, elle a reçu en cash les montants destinés
à son fonctionnement.
Cette chef de service était la seule à décider, engager et payer en même temps les
dépenses de ce centre d’appel. C’était elle, par exemple, qui recrutait directement et
payait les opérateurs, louait directement et payait les moyens de transport et engageait
et payait les autres dépenses de fonctionnement (carburant, fournitures, autres, etc. …)
En réponse à cette observation, la Secrétaire Générale du Ministère de la Santé a indiqué que
les dépenses concernées « rentrent dans le cadre d’appui supplémentaire non programmé, dicté
par la pandémie COVID-19 qui a surpris la communauté internationale et sont destinés
essentiellement à des activités très spécifiques qui n’étaient pas connues auparavant par les
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services du Ministère de la santé et constituent un impératif de prévention à l’échelle
nationale ».
Elle a ajouté que « au vu de ce qui précède et compte tenu de la combinaison des facteurs de
nouveauté des interventions, de l’urgence d’agir pour sauver des vies menacées, de la rareté des
ressources matérielles d’une part, et de la disponibilité des fonds dans les comptes du Ministère
de la santé contrairement au reste du fonds COVID placé au niveau du trésor public d’autre
part. Le Ministère de la santé s’est vu dans l’obligation de poursuivre la même procédure
auparavant mise en place et approuvée par les donateurs.
La Chambre fait remarquer que les procédures adoptées par les bailleurs sont
généralement applicables en ce qui concerne la mise à disposition des montants des
financements aux administrations et celles-ci doivent respecter, pour leur exécution, les
procédures des dépenses publiques.
Toutefois, le département des finances a fait savoir au sujet de cette observation que « la
gestion concerne des ressources en dehors du Fonds dans des comptes bancaires pour des
projets relevant du Ministère de la Santé ».
4– Gestion des fonds :
La mission a constaté que certaines dépenses engagées, dans le cadre de la riposte contre
la propagation de la pandémie du COVID-19, pouvaient être évitées.
A titre d’exemple, le Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et
à la Société Civile et le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille
ont effectué des décaissements importants pour l’acquisition de 212.000 masques de
protection individuelle, alors que les magasins du Ministère de la Santé enregistrent des
quantités importantes de ces masques provenant des dons (1.268.880 masques suivant
PV d’inventaire au 31/12/2020). Le détail de ces décaissements figure dans le tableau
ci-dessous (montants en MRU).
Date Institution Fournisseur Qté Montant
24/12/2020 Commissariat aux Droits de l’Homme MANAZEL 45 500 1 274 000
24/12/2020 Commissariat aux Droits de l’Homme ARC SARL 45 500 1 274 000
24/12/2020 Commissariat aux Droits de l’Homme ETS GRANDS SERVICES 45 500 1 274 000
24/12/2020 Commissariat aux Droits de l’Homme ETS RIM SERVICES 45 500 1 274 000
22/12/2020 MASEF PROOF 30 000 180 000
Total 212 000 5 276 000
Cette situation dénote clairement d’une mauvaise gestion des fonds et des stocks de dons
ainsi que d’une absence notoire de coordination entre les différents départements et le
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Ministère de la Santé. En plus, elle a entrainé une perte financière pour le Fonds de
5.276.000 MRU.
En réponse à cette observation l’ex-Secrétaire Général du Ministère de l’Action Sociale,
de l’Enfance et de la Famille a indiqué que « les masques acquis par le département (...)
étaient nécessaires pour accompagner une campagne ciblant de larges franges de la
société telles les malades, les handicapés, les coopératives féminines dans tous les
wilayas du pays et une grande quantité de masques a été distribués dans les marchés.
La Chambre recommande de prendre toutes les dispositions en vue d’une
coordination efficace entre les différents départements ministériels et
administratifs intervenant dans le domaine de la lutte contre la pandémie du
corona.
5 - Suivi des montants distribués aux malades dialysés
Dans le cadre du programme d’assistance sociale aux malades dialysés, le Ministère des
Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille a distribué, le 12/01/2021, des montants
afin d’aider cette catégorie de malades. Le tableau ci-dessous récapitule ces paiements
par structures de santé :
Structure de Santé Montant
Centre Hospitalier Néma 66 000
Centre Hospitalier Aioun 66 000
Centre Hospitalier Kiffa 90 000
Centre Hospitalier Aleg 63 000
Centre Hospitalier Rosso 48 000
Centre Hospitalier Seilibaby 27 000
Centre Hospitalier Atar 6 000
Centre Hospitalier Nouadhibou 87 000
Centre Hospitalier Cheikh Zaid 279 000
Centre Hospitalier National 546 000
Centre Hospitalier de l’Amitié 261 000
Clinique El Hayat 342 000
Total 1 881 000
Toutefois, la mission a constaté que les états de paiement au niveau du ministère ne
contiennent aucune décharge de la part de bénéficiaires, ce qui pourrait semer des doutes
sur la réalité de ces dépenses.
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L’ex-Secrétaire Général du Ministère de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille
a indiqué, en réponse à cette observation, que « les montants distribués aux malades de
l’insuffisance rénale ont été distribués sur la base d’un accord entre le département et la
société MAURIPOST sur compte de la régie N°145/2020. La MAURIPOST a procédé
à la distribution de ces montants suivants des listes qui lui ont été envoyées. Dans le
cadre du suivi de ce dossier avec la société, elle nous a remis les listes des malades des
hôpitaux de Nouakchott, de Nouadhibou, de Kiffa, de Zouérate alors que nous n’avons
pas encore reçu les listes des malades soignés dans les autres centres de santé de
l’intérieur et ce pour des raisons techniques relatives à MAURIPOST mais que le
régisseur suit de près jusqu’à obtention de toutes les listes. Il est à rappeler que les listes
dont nous disposons nous sont parvenues après le passage de votre mission où
l’opération était en cours.
La mission tient à souligner que les listes de paiements évoquées n’étaient pas
disponibles au moment du passage de la mission comme l’a confirmé l’ex-Secrétaire
Général et qu’elles ne sont pas encore complètes à ce jour selon toujours l’ex-SG. Cela
signifie que lesdites liste n’ont pas été établies au moment de la remise des fonds (au
moment de la dépenses) ce qui peut faire naître des doutes sur leur réalité.
La Chambre considère que l’absence de suivi de certaines dépenses dont
l’exécution n’est pas accompagnée systématiquement par la préparation des pièces
justificatives correspondantes est un acte non transparent susceptible de mettre en
doute la réalité des dépenses et de constituer une faute de gestion au sens de l’article
43 de la loi organique N° 2018-032 du 20 Juillet 2018 relative à la Cour des
Comptes.
6 –L’acte juridique créant et fixant le fonctionnement de la Commission de la
Logistique et supervision COVID-19 au niveau du MET
Cette Commission a été créée verbalement, selon les responsables du Ministère de
l’Equipement et des Transports et comprend, outre ledit Ministre qui est son président,
les départements ministériels suivants :
- Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement,
- Ministère du Pétrole et d’Energie et des Mines,
- Ministère de l’Education Nationale,
Outre ces départements, la Commission comprend aussi un Conseiller du Premier
Ministre et le Président du Patronat.
La mission a constaté que ladite Commission travaille sans aucune base juridique
(Décret, Arrêté, Circulaire…) la créant et fixant ses missions et son mode de
fonctionnement.
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7 - Procès-verbaux des réunions de la Commission de la Logistique et supervision
COVID-19 au niveau du MET
La mission a constaté que la commission n’a jamais établi de PV retraçant les résultats
de ses réunions.
Les seuls documents émanant de ladite Commission, que la mission a pu trouver, sont
les attestations de service fait sont signées seulement par un Conseiller du Ministre de
l’Equipement et des Transports, qui n’est d’ailleurs pas membre de la commission.
8 - Contrôles effectués par la Commission de la Logistique et supervision COVID-
19 au niveau du MET
Les contrôles se limitent à des appels téléphoniques passés entre le Conseiller du
Ministre de l’Equipement et des Transports et les fournisseurs et sur la base desquels, il
établit les attestations de services fait qui constituent une pièce maitresse pour le
paiement des dépenses engagées.
Cette procédure est très insuffisante pour bien contrôler l’exécution de ce type
d’opérations surtout quand les prestations sont exécutées sans contrats.
II – Volet Hydraulique (MHA)
1 - Avances au profit des gérants de puits
La mission a constaté que certains gérants de forages ont perçu des avances en
avril 2020 alors que ces forages n’ont pas fait l’objet de contrats ou de factures jusqu’au
12/10/2020.
La mission considère que ces paiements peuvent être douteux et irréguliers. Le
tableau suivant donne quelques exemples illustrant ce constat (montants en MRU) :
Wilaya Mouhgataa Commune Localité Montant
Hodh Charghy Bassiknou Dhar Dendare 16 320
Hodh Charghy Bassiknou Vessale El manssour 71 400
Brakna Bababé El verea Lemreuga 30 000
Brakna Bababé El verea Tewvigh 17 850
Brakna Bababé Hairé mbar Kadiel Abou 45 000
Brakna Bababé Hairé mbar BellamiTesala 45 000
Brakna Boghé Boghé El mebouk 2 81 000
Eaddalla
Brakna Boghé OuldBirem Silbé 18 000
9
Brakna Boghé Dar El Avia MoufthahLkeir 26 000
Brakna Boghé Dar El Avia Arwa 2 10 200
Trarza Boutilimitt El Zar 40 800
Mouyassar
Trarza Boutilimitt El Beir ELBEN 30 600
Mouyassar
En réponse à cette observation, le Secrétaire Général du Ministère de l’Hydraulique et
de l’Assainissement a indiqué que la gratuité de l’eau en milieu rural a été décidée dans
le discours du Président de la République « sans que les dispositions préalables soient
prises par les services concernés pour l’exécution de cette décision… »
Il a ajouté que « les avances n’ont été payées qu’au gérant disposant d’un contrat signé
par le Hakem de la Moughataa et le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Le volume de ces avances a été estimé suivant la moyenne de production de chaque
forage et donc les doutes relatifs à ces avances vont se dissiper puisque ces avances ont
été vérifiées et signées par les inspecteurs de l’IGF qui ont accompagné l’opération du
début jusqu’à la fin ».
La mission fait remarquer que ces avances auraient dû disparaître comme l’a indiqué le
SG à la première facturation suivante. Toutefois, il a été constaté que certaines sont
restées après les opérations de facturation effectuées à la date du 12/10/2020, soit sept
mois de leur paiement. Ces sont ces avances restantes qui sont l’objet de l’observation
de la mission.
La mission recommande de prendre toutes les dispositions nécessaires pour
régulariser toutes les avances et d’œuvrer à mettre en place des mécanismes sains
pour garantir la transparence des opérations de gestion, notamment dans les cas
exceptionnels qui demandent l’exécution spontanée de certaines décisions.
2 - Facturation
La mission a constaté que certaines factures ont été établies avec des tarifs non
conformes à ceux qui sont prévus par les contrats. Le tableau ci-dessous donne quelques
exemples illustrant ce constat.
Wilaya Mouhgata Commune Localités Source Tarif Tarif
a d’énergie normal appliqué
(contrat)
Hodh Néma Hassi Etile Djeguenage Solaire 15 25
Charghy
Tagant Tidjikja Tidjikja Dboulgui Solaire 15 20
10
Tgant Tidjikja Tidjikja Wad El Solaire 15 20
barka
Tgant Moudjeria Soudoud Siyassa Hybride 20 25
Hodg El Aioun Dwzerara Dwerara 3 Hybride 20 25
Gharbi
Brakna Aleg Bouhdida Erraja Solaire 15 20
Trarza Ouad Aouleigatt Tenady El Solaire 15 20
Naga Mechoura
En réponse à cette observation, le Secrétaire Général du Ministère de l’Hydraulique et
de l’Assainissement a indiqué que « la facturation repose sur les données de la source
d’énergie effectivement sur place et indiquée dans les fiches techniques.
La mission précise que les sources d’énergie sont déterminées dans les contrats et
doivent être conformes avec les sources d’énergie existant sur place et les fiches
techniques doivent être établies à partir des données précisées dans les contrats.
La Chambre considère que la facturation à des tarifs contraires à ceux fixés dans
les contrats entraine une surfacturation punie par l’article 9 de la loi N° 2016-014
du 15/04/2016 relative à la lutte contre la corruption et pourrait constituer une
faute de gestion au sens de l’article 43 de la loi organique N° 2018-032 du 20 Juillet
2018 relative à la Cour des Comptes.
III – Volet achats de matériels et équipements médicaux (MS)
A - Marchés
La mission a relevé les observations suivantes relatives aux marchés passés dans le cadre
de la riposte contre le COVID-19 :
1. Marchés N°106/F/017/CPDM/MS/20 et N°107/F/017/CPDM/MS/20
Il s’agit des marchés relatifs à l’acquisition de fourniture, Installation et mise en service
des respirateurs de réanimation pour les structures hospitalières du Pays. Ils ont été
conclus par entente directe avec le fournisseur GLP SA en date du 01/04/2020 au
moment de la première vague du COVID-19.
Toutefois ces marchés n’ont pas été exécutés jusqu’au 18/11/2020, date à laquelle ils
ont été modifiés par les avenants n°459/F/059/CPDM/MS/2020 et
n°458/F/058/CPDM/MS/2020 qui ont apporté les changements suivants :
La marque du Respirateur : S1100 de la marque SUPERSTAR au lieu
de SV300 MINDRAY
Incoterm est de CIP Nouakchott au lieu de CIF Guanzhu
Délai de livraison est devenu 10 jours
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Les montants des marchés sont de 51 640 821 MRU au lieu de
55 800 000 MRU pour le marché N°106 et de 51 700 955 MRU au lieu
de 56 760 000 MRU pour le marché N°107.
Il a été constaté que le Ministère de la Santé n’a pas effectué des efforts permettant la
garantie de la bonne exécution de ces marchés, surtout que les conditions sanitaires ont
connues une grande amélioration à cette date et que les dispositions des cahiers de
charges ont été modifiées.
Dans sa réponse, la Secrétaire Générale a indiqué que ces deux marchés ont été retardés
compte tenu du retard dans les efforts diplomatiques de la Mauritanie pour les obtenir.
Car, après une longue période d’attente, l’ambassade de Mauritanie à Pékin, par lettre
n° 066/2020, confirme que la commande de la Mauritanie ne pourra être satisfaite qu’en
fin d’année 2020 suite au programme saturé de l’entreprise de production ; les
commandes de 100 pays à poids démographique important attendent d’être livrés depuis
bien avant la requête formulée par notre pays ».
Elle a ajouté que « face à cette situation et ce retard énorme et au vu de la situation
d’incertitude par rapport à une deuxième vague, le Ministre de la santé a sollicité l’avis
du comité scientifique sur l’importance de ces respirateurs dans la prise en charge. Ce
Comité a confirmé par avis l’importance desdits équipement dans la riposte au COVID
et dans le renforcement de capacités des structures hospitalières. Ainsi, l’instruction est
donnée pour étudier le courrier du titulaire du marché en choisissant un modèle de
respirateur et a immédiatement convier le titulaire à une négociation de certaines clauses
du contrat (cf. PV de négociation) ce qui a permis de réaliser la performance très
bénéfique pour le Département dans la signature de ce marché ».
Enfin, la SG a indiqué que les deux avenants ont été signés en application du PV de
révision des clauses de ces deux marchés et suivant « la même procédure d’attribution
et qui ont permis la livraison desdits équipements ».
La mission tient compte des conditions exceptionnelles qui ont caractérisé la période où
ont été signés ces contrats, mais elle estime qu’il valait mieux de résilier ces marchés et
passer de nouveaux dans une conjoncture plus favorable compte tenu de la situation de
la pandémie et donc dégager des ressources supplémentaires.
La Chambre recommande de prendre les dispositions nécessaires pour garantir la
transparence totale dans la signature des marchés, notamment dans les
circonstances exceptionnelles et pour prendre les meilleures décisions en termes de
réduction des coûts et de garantie de la qualité des équipements demandés.
2. Marché N°368/F/047/CPDM/MS/2020 :
Ce marché porte sur l’acquisition des équipements de protection individuelle et a été
attribué au fournisseur SPS Services, bien que son offre ait été déclarée non conforme
par la Commission d’Evaluation des Cotations en date du 23/07/2020 (Cf. Rapport
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d’évaluation des offres) qui a recommandé de l’attribuer au fournisseur le moins disant
qualifié qui était ETS EL MEIR.
Le tableau suivant donne les détails de cette évaluation (montants en MRU) :
Soumissionnaire Devis Conformité Observation
El VEWZ 17 550 000 NON Ne satisfait pas aux critères de qualification
en particulier ceux relatifs à :- la capacité
financière,
- l'expérience
-le contrôle de prix.
ECM 16 750 000 NON Ne satisfait pas aux critères de qualification
en particulier ceux relatifs à :- la capacité
financière,
- l'expérience
-le contrôle de prix
AFRICA 14 100 000 NON Ne satisfait pas aux critères de qualification
SERVICES en particulier ceux relatifs à :- la capacité
financière,
- l'expérience
-le contrôle de prix.
ETS EL MEIRE 13 005 000 OUI Il satisfait les critères de qualification et est
le 1er moins disant qualifié conforme
acceptant le contrôle de prix, et disposant de
l'expérience dans le domaine.
SPS 9 987 000 NON SPS ne satisfait pas aux critères de
qualification en particulier ceux relatifs à la
capacité financière, et le contrôle de prix
bien qu'il représente la marque 3M mais la
sur blouse proposée n'est pas adaptée au
climat du pays (inférieur à 40")
La SG a indiqué dans sa réponse à cette observation qu’après l’évaluation des offres,
l’’ETS EL MEIRE a été choisi sauf que « conformément à la mesure conservatoire mise
en place par la mission concomitante de l’IG, la commission de passation des marchés
a décidé par son PV d’autoriser la négociation (cf. PV de négociation) avec SPS sous
prétexte :
1- Que SPS représente officiellement la marque 3M
2- Qu’il y’a une différence de 3.018.000 MRU entre les deux offres et moyennant
la présentation de différents modèles de masques FPP2 pour en choisir le plus
conforme.
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La Chambre recommande la non-ingérence des structures de contrôle dans la
gestion quotidienne, surtout, si cette ingérence peut conduire à la violation de la
réglementation en vigueur, notamment celle relative au code des marchés publics.
B – Autres dépenses sur factures
1 - Recrutement du personnel du centre d’appel 1155
Aucune procédure n’a été mise en place pour le premier recrutement de 50 opérateurs
pour le centre d’appel 1155 pendant 6 mois pour une rémunération mensuelle qui s’élève
à 30 000 MRU par opérateur, soit une charge totale de 9.000.000 MRU.
La SG a indiqué, dans sa réponse à cette observation que : « lors de la mobilisation des
fonds et dès la mise en place du 1155 et après l’annonce de la création du centre, celui-
ci ne disposait que de 3 opérateurs expérimentés face à un nombre infinis d’appels (plus
de 8000 appels les 1ères 48h. D’où l’urgence de se doter de ressources humaines pouvant
orienter les personnes de manière professionnelle et dans un délai record, permettant
ainsi l’opérationnalisation effective du centre d’appel face à cette situation inquiétante
et à ce nombre illimités d’appels à l’assistance médicale.
Elle a ajouté que compte tenu « de ce qui précède, la lenteur des procédures de
recrutement et vu l’urgence extrême de disposer de cet outils indispensable dans cette
période d’incertitude, l’unique choix devant l’administration est de chercher et
sélectionner les répondants sur la base de deux critères du niveau baccalauréat & plus et
du nombre de langues nationales parlées ».
La mission souligne que le recrutement en dehors de la procédure juridique en vigueur
est irrégulier.
La Chambre considère que le recrutement en dehors de la procédure juridique en
vigueur est irrégulier et pourrait constituer une faute de gestion au sens de l’article
43 de la loi organique N° 2018-032 du 20 Juillet 2018 relative à la Cour des
Comptes.
2 - Suivi du carburant
La gestion du carburant relève les faiblesses et les insuffisances suivantes :
Absence de fiches de suivi de kilométrage
Absence de décharges justifiant les distributions des bons du carburant
Consommation exagérée du carburant qui s’élève parfois à 2.000 MRU par
jour pour des véhicules circulant à Nouakchott.
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La SG a indiqué, dans sa réponse à cette observation, que « le Ministère de la santé a
doté les ambulances de carnets de bords pour le suivi du kilométrage et de GPS pour la
géolocalisation, il compte étendre l’expérience à tout le parc automobile qu’il dispose ».
Elle a ajouté que pour le cas « de véhicules et bus de location loués pour une période
déterminée et l’établissement de carnets de bord ne sera pas d’une grande utilité dans la
mesure où les dotations de carburant sont calculées par une équipe conjointe UNICEF-
MS en fonction des rotations des BUS et véhicules dans la ville de Nktt et périphéries ».
La mission précise que la SG n’a pas nié les insuffisances constatées dans la gestion du
carburant et considère donc que ces insuffisances limitent la transparence de l’utilisation
de ce carburant et facilitent son détournement.
La Chambre recommande de prendre les dispositions nécessaires pour combler les
insuffisances constatées dans la gestion du carburant au niveau du Ministère de la
Santé et de mettre en place des mécanismes adéquats qui empêchent son
détournement ou son utilisation en dehors de sa destination.
3 - Absence de NIF
Contrairement à la réglementation fiscale en vigueur, des dépenses ont été exécutées
auprès de certains fournisseurs ne disposant pas de NIF.
Le tableau ci-dessous présente ces cas avec leurs chiffres d’affaires (en MRU).
Nature des dépenses Fournisseurs Chiffres
d’Affaires
Location Véhicules Agence Voyage El EMEL 2.430.000
Location Véhicules EMT 108.000
Location Véhicules Aigle Voyage 232.200
La SG a indiqué, dans sa réponse à cette observation, que « à la lecture de votre rapport,
des d’investigations ont été menées par nos services techniques pour identifier et/ou
localiser ces contribuables par la recherche de leurs numéros d’identification fiscale
(NIF) au niveau de la base de données des fournisseurs et à travers l’historique des
dépenses auprès des services de la comptabilité du Ministère ».
Elle a ajouté qu’il a été confirmé « l’absence d’activités réalisée par lesdites agences au
niveau des services de comptabilité en dehors de celles observées par la mission et a
immédiatement avertis les fournisseurs concernés de fournir dans un délai de 4 jours ».
La mission souligne que l’absence du NIF est contraire à la réglementation en vigueur,
notamment le Code Général des Impôts.
La Chambre considère que l’absence du NIF pour les fournisseurs est contraire à
la réglementation en vigueur, notamment le Code Général des Impôts et pourrait
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constituer une faute de gestion au sens de l’article 43 de la loi organique N° 2018-
032 du 20 Juillet 2018 relative à la Cour des Comptes.
Ahmed Ould Baddad
Président de la Chambre des Finances Publiques
Abdallahi Ould Ahmed, Conseiller
Chef de mission,
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