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Festival UNIFAC : Culture Mousgoum en vedette

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Introduction :

Du mercredi 15 novembre au samedi 18 novembre, l’Université de Maroua a été l’hôte de la


neuvième édition du Festival Universitaire des Arts et de la Culture (UNIFAC). Ainsi, Le thème de cette
édition était « Enseignement supérieur et valorisation des industries culturelles au Cameroun » ou en
anglais : « Higher education and development of cultural industries in Cameroon ». Présidé par le
Ministre d’État, Ministre de l’Enseignement Supérieur, cet événement a servi de point de convergence
pour les arts et la culture universitaires, avec la participation de 20 institutions, dont sept nouveaux
participants. Les participants au festival ont fait preuve de compétence dans 15 disciplines, à savoir les
arts plastiques, l’art culinaire traditionnel, l’art vestimentaire africain, le carnaval, la chanson, la chorale,
la citoyenneté, les danses traditionnelles, la décoration, l’entrepreneuriat culturel, la littérature écrite, la
littérature orale, la musique, la photographie et le théâtre.

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I) Présentation du Village UNIFAC :
L’édition 2023 de l’UNIFAC a constitué une plateforme d’échange interculturel pour les étudiants
venus des quatre coins du pays, leur permettant d’explorer et d’apprécier la diversité culturelle de la
région de l’Extrême-Nord. À cet effet, Un village UNIFAC a été érigé comme un espace dédié à la mise en
valeur de la culture locale, avec la représentation de six ethnies/tribus locales : les Mousgoum, les
Moundang, la Mafa, les Mofu, les Guiziga et les Kotoko. Chaque groupe ethnique a construit une
structure traditionnelle et culturelle, reflétant leur identité unique, bien que certaines similitudes,
comme l’utilisation de la paille, étaient observables. Le village UNIFAC était délimité par une clôture
composée de tiges de mil blanc (Sekko), symbolisant son territoire. En plus des structures
traditionnelles, le village abritait également une multitude d’étudiants en arts plastiques et autres
formes d’art, engagés dans diverses activités artistiques, inspirés par l’environnement du village.

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II)Les différentes constructions et architectures traditionnelles
présentes :
Comme nous l’avons mentionné plus haut, le village UNIFAC fut l’hôte de six constructions
traditionnelles à savoir :

1)Les Mousgoum :
Les Mousgoum sont un peuple d’Afrique centrale et occidentale, principalement présents dans les
plaines du nord du Cameroun et au sud-ouest du Tchad. Leur langue est le mousgoum, une langue
tchadique. En 1982, le nombre total de locuteurs a été estimé à 85 900, dont 61 500 pour le Cameroun et
24 400 pour le Tchad. Leur architecture traditionnelle, notamment les maisons en forme d’obus, a été
très étudiée.

La construction d’une case traditionnelle Mousgoum peut prendre entre 1 et 2 semaines, et pour ce
faire, on a besoin des matériaux suivants : L’argile, la Terre, l’eau, déchets organiques ( excréments des
bovins, herbes sèches,...), une grande quantité de graphites extrait de vielles piles

Les étapes de la construction d’une case traditionnelle Mousgoum sont :

- Préparation d’un mélange homogène d’argile, terre, eau et déchets organiques, qui est laissé à
reposer.

- Délimitation d’une zone circulaire pour servir de fondation, avec un diamètre “x”.

- Début de la construction le lendemain par l’étalement d’une première couche du mélange sur la
base circulaire.

- Superposition continue des couches du mélange pour obtenir une forme d’obus, avec l’ajout de
stries appelées cannelures en “I”.

- Arrêt de la construction à une quinzaine de centimètres de la hauteur “y” prévue, laissant un


orifice béant pour la toiture.

- Application de quelques centimètres de couches de terre sur l’orifice pour le rendre légèrement
pointu..

Il est à noter que, Le graphite de pile est utilisé pour colorer en noir les stries/cannelures en I, aussi,
L’orifice au-dessus des cases Mousgoum a une importance culturelle et ne laisse pas l’eau s’infiltrer lors
des pluies, malgré les lois de la physique; de plus, Une habitation traditionnelle Mousgoum se compose
de 5 cases reliées par des murs, avec une réserve centrale pour les céréales; et enfin, Les cases
Mousgoum sont construites sans fenêtres, sans poteaux et avec une entrée béante à la place de la porte.

2)Les Moundang :
Les Moundang sont un peuple d’Afrique centrale vivant principalement au Sud-Ouest du Tchad,
également au Nord et à l’extrême Nord du Cameroun, et dans une moindre mesure au nord-est du

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Nigeria. Ils parlent le moundang, une langue nigéro-congolaise. Le nombre de locuteurs était estimé à
235 700 dans les années 2000, dont 191 000 au Tchad (2006) et 44 700 au Cameroun (1982). Les religions
pratiquées par les Moundang incluent l’animisme, le christianisme et l’islam.

L’habitat traditionnel Moundang est composé de trois structures distinctes, chacune ayant une forme,
une hauteur et un rôle spécifique. La première est une case ronde qui sert de chambre à la femme
(pouvant être partagée avec son époux à défaut de quoi ce dernier aura sa propre case), avec un trou
faisant office de fenêtre. La deuxième est une maison à toit plat, reliée à la case ronde par un mur (avec
une ouverture entre les deux pour le libre déplacement) qui sert à la fois de cuisine et de terrasse. Elle
peut avoir entre 1 et 2 fenêtres cubiques. Enfin, le grenier a la forme d’un cône avec un bout légèrement
arrondi et un orifice près de l’extrémité. La construction d’un tel habitat peut prendre 2 semaines, Les
matériaux à utiliser sont donc : la boue, des herbes, l’eau, des troncs et branches d’arbres épais et
solides, du roseaux ( ou Sekko en langue locale ), de la paille.

La construction d’un de ces habitats passe par :

- La Délimitation de la zone de construction pour chaque structure (chambre, cuisine, grenier) à


l’aide de piquets.

- La Préparation d’un mélange homogène de boue, d’herbes sèches et d’eau, qui est ensuite laissé
à reposer pendant quelques heures.

- L’Application d’une couche du mélange sur chaque zone délimitée.

- Élévation de la construction en respectant la forme de chaque structure : cylindrique pour la


chambre, cubique à l’avant et cylindrique à l’arrière pour la cuisine, et conique pour le grenier
sans oublier son orifice en proche de son extrémité vers l’avant.

- Pendant la construction, principalement réalisée par les hommes, les femmes tissent la paille
pour la toiture de la chambre et de la cuisine, ainsi que le roseau pour servir de porte et de
rideaux à l’entrée de la cuisine.

- Une fois la construction séchée, les hommes taillent des branches d’arbres pour les superposer
au-dessus de la chambre et de la cuisine, formant ainsi le plafond et la toiture.

- Enfin, un hangar ou une véranda est construit à l’entrée de la cuisine, composé de deux poteaux
de troncs ou de branches d’arbres et recouvert du prolongement de la toiture de la cuisine

3)Les Mafa :
Les Mafa, sont une population d’Afrique centrale, principalement présente dans l’extrême nord du
Cameroun, ainsi qu’au Nigeria. Ils parlent le mafa, une langue tchadique, et leur nombre de locuteurs
était estimé à 136 000 au Cameroun en 1982. Les Mafa sont subdivisés en clans, tels que les Ngwazla et
les Vavi, chacun ayant des caractéristiques socioculturelles et professionnelles distinctes. Ils sont
considérés car ils croient en un dieu qu’ils disent être unique, et assisté par des sous-divinités qu’ils
nomment de génies et/ou esprits.

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La construction d’une case Mafa, similaire en forme à une chambre dans une concession Moundang,
nécessite beaucoup de temps, allant de deux semaines à un mois. Les matériaux utilisés comprennent la
boue, un peu d’argile, des cailloux ou des pierres (de préférence des graviers), des tiges de mil blanc
(YADÎRI en langue locale), des tiges de mil rouge (plus épaisses que les précédentes) et des branches
d’arbres de Neem.

Voici la procédure de construction d’une case Mafa :


- Délimiter une base circulaire avec un rayon bien défini, en fonction des exigences et des moyens
du futur propriétaire.
- Faire un mélange homogène de boue, d’argile et d’eau, puis le laisser reposer.
- Étaler la première couche du mélange après son repos.
- Enfoncer les pierres une à une dans le mélange avant qu’il ne sèche. Les pierres peuvent être
espacées ou rapprochées selon le souhait du constructeur.
- Répéter l’opération pour chaque couche ajoutée jusqu’à atteindre la hauteur souhaitée, pour
obtenir une forme cylindrique.
- Pendant la construction, d’autres personnes, principalement des femmes, tissent les tiges de mil
blanc pour la toiture et les tiges de mil rouge pour habiller la case. Ces dernières peuvent être
placées sur une partie ou sur toute la surface de la case, selon le choix du propriétaire.
- Une fois la construction presque sèche, attacher ensemble les branches de Neem pour former la
charpente de la toiture, en forme conique.
- Après l’installation de la charpente, mettre en place les tiges de mil blanc tissées pour la toiture
et installer parallèlement les tiges de mil rouge tissées comme couverture sur les murs extérieurs
de la case.
- Enfin, pour la véranda, planter profondément des poteaux (branches de Neem) sous terre. Le
prolongement de la toiture de la case servira de toit, apportant ainsi de l’ombre.
Dans certaines de ces constructions, on ajoute une clôture faite de tiges de mils rouges ou de roseaux,
et ces structures sont souvent situées sous de grands arbres qui servent de lieux de sacrifices.

4)Les Guiziga :
Les Guiziga sont une tribu du Cameroun septentrional, située dans la subdivision de Maroua, sur une
aire approximative de 1 200 km². Ils font partie des nombreuses ethnies du nord-Cameroun que l’on a
coutume de regrouper sous le même terme de païens ou Kirdi, par opposition aux Islamisés. Les Guiziga
sont une tribu farouchement indépendante qui a résisté aux invasions peules débouchant du Bornou et
du Baghirmi, et qui n’a pas été soumise par ces derniers.

La construction d’une case Guiziga est rapide et peut être achevée en quelques jours. Elle est
principalement faite de tiges de mil blanc (Sekko) tressées. Les matériaux nécessaires comprennent la
boue, le Sekko, des cailloux, des tiges de mil rouge, des herbes, des branches de Neem et du roseau
solide.

Voici un résumé de la procédure de construction d’une case Guiziga :

- Préparez un mélange homogène de boue, d’eau et d’herbes, laissez-le pourrir et délimitez une
base circulaire pour la construction.

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- Concentrez-vous sur les tiges de mil : attachez ensemble les tiges de mil comme des brindilles de
balais, il en faudra trois dont deux pour la porte et une pour le linteau. Faites plusieurs nattes de
Sekko pour les murs et le toit.

- Étalez une couche de boue pourrie d’environ 15 cm de hauteur.

- Enfoncez les tiges de mil rouge pour délimiter la porte et plantez des branches de Neem
régulièrement espacées, comme poteaux. Laissez sécher.

- Attachez la couverture de Sekko le long des poteaux, en laissant un espace pour la porte.

- Installez le Sekko pour le toit à l’aide de la charpente de branches de Neem.

- Utilisez la troisième attache de tiges de mil rouge comme linteau de porte et le roseau attaché
sous forme de natte, comme rideau et porte de la case porte.

- Enfin, Pour la véranda, faites une clôture attachée à la case et fermée avec du Sekko, sauf pour
l’entrée qui peut être fermée avec une autre natte de Sekko ou de tiges de mil rouge détachée de
la construction.

Dans la culture Guiziga, certaines personnes, en particulier les chefs de famille, construisent un grenier
appelé Durgwad en langue locale. Ce grenier, plus petit que la case, est entièrement fait d’argile et a une
forme conique. Le sommet du cône est découpé et refermé avec du Sekko formé en sommet de cône.
Seul le chef de famille a accès à ce grenier. Toute autre personne qui tente d’y accéder tombera au sol.

5)Les Mofu :
Les Mofu sont une population d’Afrique centrale vivant au nord du Cameroun, dans les monts
Mandara. Ils font partie du groupe kirdi, qui regroupe plusieurs ethnies du nord du Cameroun. Les Mofu
représentent un groupe assez important, comptant environ 30 000 personnes, ce qui en fait le troisième
groupe le plus important en nombre après les Matakam ou Mafa, leurs voisins. Les Mofu sont animistes
et leurs croyances passent par la divination ( communication avec les ancêtres ) et la possession
( phénomène par lequel une personne se voit être possédé par un esprit, un ancêtre ou une créature
mystique ).

La construction d’une case Mofu, qui est constituée d’une seule pièce, prend environ une semaine.
Les matériaux nécessaires pour sa construction comprennent la boue, des pierres, des tiges de mils
blancs et rouges, de la paille et des branches d’arbres.

La construction de la case suit les étapes suivantes :

- Préparation d’un mélange homogène de boue et de pierres, qui est laissé à reposer. La zone de
construction est délimitée, avec une base circulaire.

- Après le repos du mélange, des briques ou parpaings sont fabriqués. Le nombre nécessaire
dépend de la hauteur et du rayon de la base de la case (de forme cylindrique).

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- La construction alterne entre les couches de boue et de parpaings pour obtenir une forme
cylindrique, avec une ou deux fenêtres carrées.

- Pendant ce temps, de nombreuses nattes et tresses de pailles et de Sekko sont fabriquées pour la
toiture. Les tiges de mils rouges sont également nattées pour servir de couverture extérieur de la
case.

- La charpente est ensuite installée. Elle est faite de branches d’arbres attachées ensemble pour
obtenir une forme conique, et est recouverte et attachée avec le Sekko et la paille nattés. La
toiture est installée en deux couches, l’une légèrement au-dessus de l’autre, donnant l’apparence
d’un chapeau à deux plis et très pointu.

- Enfin, une fois sèche, toute la case est recouverte de chaume (tiges de mils rouges), à l’exception
de la porte d’entrée qui reste un espace béant/ouvert. Une branche découpée en forme de
planche sert de linteau pour la porte.

6)Les Kotoko :
Les Kotoko sont une population d’Afrique centrale, vivant principalement au Cameroun, mais
également au Tchad et au Nigeria .Ils se perçoivent comme des descendants des Saos et parlent le
kotoko, un ensemble de langues tchadiques. Les Kotoko sont majoritairement musulmans, mais les
croyances traditionnelles subsistent, notamment celles liées aux esprits de l’eau.

Parmi toutes les structures mentionnées précédemment, les habitations Kotoko se distinguent
nettement par leur caractère atypique. Il s’agit en effet d’une demeure à étages, comportant deux
niveaux, chacun abritant une chambre. La chambre inférieure est destinée à la femme, tandis que celle
supérieure est réservée à l’homme. Malgré sa forme singulière et sa complexité, sa construction ne
requiert qu’une à deux semaines.

Pour sa réalisation, les matériaux utilisés sont l’argile de couleur verdâtre, la boue, le son de riz et
diverses herbes. Leur mélange homogène est employé pour la construction des deux chambres. De plus,
des escaliers extérieurs sont aménagés pour permettre l’accès à l’étage, un accès qui ne peut se faire que
depuis l’extérieur.

Il convient de souligner que la charpente et la toiture seront constituées de branches d’arbres et de


paille à l’intérieur, tandis qu’à l’extérieur, elles seront recouvertes d’argile. Cette construction ne
comporte pas de porte, mais simplement une entrée ouverte. Une natte confectionnée à partir de
roseaux servira de rideau. En ce qui concerne les fenêtres, il peut y en avoir jusqu’à deux, mais
uniquement pour la chambre supérieure. Ces dernières, de forme carrée, sont orientées en fonction de
la direction du vent afin de maintenir la fraîcheur même en saison chaude. Au niveau de la toiture, étant
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donné que l’extérieur est recouvert d’argile, une gouttière peut y être installée afin d’éviter
l’accumulation d’eau de pluie.

Conclusion :
En résumé, l’année 2023 (du 15 au 18 novembre) a été marquée par l’accueil de la 9e édition de
l’UNIFAC par l’Université de Maroua, située à Kongola. Cet événement a rassemblé plus de 2000
étudiants venus de tout le pays. Le festival a été une vitrine de la culture des populations de l’extrême
Nord du Cameroun. Un village UNIFAC a été spécialement créé pour l’occasion, mettant en avant la
culture de six des nombreuses ethnies de cette région septentrionale du pays.

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