Intégrations et Probabilités Mesurables
Intégrations et Probabilités Mesurables
Cours
1
Table des matières
IV Intégrales à paramètres 26
IV.1 Applications à un calcul d'intégral. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2
Dénition .1. Intégrale de Riemann
Ik
n
= [ 2kn ; k+1
2n
[
n−1
2P
k 1
An = f( )
2n 2n
k=0
si f est continue (An )n converge et on pose
b
f(x)dx = lim An
a n→+∞
−1 k k+1
Bk
n
= {t ∈ [0, 1] | f(t) ∈ [ 2kn ; k+1
2n
[} = f ([ n ; n [)
2 2
n −1
2P
k n
An = long(Bk )
2n
k=0
Si f ≥ 0, la suite(An )n est croissante donc possède une limite.
n
Problème : comment "mesurer" Bk ?
✓ si Bk n est un intervalle
✓ si Bk n est une réunion d'intervalle et on peut mesurer le complémentaire de ce qu'on sait
mesurer.
Exemple.
On a 4 billets : 1, 3, 3, 5 euros
→ 1+3+3+5
ou → 4 billets ≥1
3 billets ≥2
ou
3 billets ≥3
1 billet ≥4
1 billet ≥5
Avantage : Presque toutes les fonctions sont intégrables.
Quand a-t-on lim fn = lim fn ?
- Riemann a besoin de convergence uniforme
- Lebesgue a besoin de convergence simple + monotonie domination
Dénition I.1.
Soit (un ) une suite de R = R∪ {-∞ ; +∞}
3
Alors la suite ( sup um )n (à valeur dans R) est décroissante. Donc lim ∈ R.
m≥n
On pose alors : lim sup un = lim n → ∞ ( sup um ) = lim un
m≥n notation
Exemple.
n
un = (-1) Diverge
lim un = 1
lim un = -1
En fait, lim sup un (ou lim inf un ) est la + grande valeur d'adhérence (ou la + petite)
C'est-à-dire la + grande (la + petite) valeur M ∈R tq ∃ une sous-suite (uϕ(n) )n → M
Proposition I.1.
Une suite (un ) converge (dans R) ⇔ lim sup un = lim inf un
Dans ce cas, lim n → ∞ = lim sup un = lim inf un
Propriété.
lim inf (-un ) = -lim inf (un )
L'application :
1A : X → {0,
1}
0 si x ∈
/A
x 7→
1 si x ∈ A
est appelée fonction caractéristique de l'ensemble A.
Si A, B ⊂ X, on a :
1A = 1 B ⇔A=B
Exemple.
1. Si X = ∅, P(X) = {∅}
4
I.2.2 Réunions, intersections, applications
Dénition I.3.
Soient A, B ∈ P(X). On dénit :
• A∪B = {x ∈ X | x ∈ A ou x ∈ B}
• A∩B = {x ∈ X | x ∈ A et x ∈ B}
• B\A = {x ∈ B | x ∈
/ A}
c
• A = X\A
• A △ B = (A∪B)\(A∩B)
Propriété.
S T
1. X \ ( Ai ) = (X \ Ai )
i∈I i∈I
T S
2. X \ ( Ai ) = (X \ Ai )
i∈I i∈I
Dénition I.4.
Soient X un ensemble et P une famille de parties de X. On dit que P est une partition de X si :
∅∈ P
∀A, B ∈ P, A ̸= B ⇒ A ∩ B = ∅
∀x ∈ X, ∃A ∈ P, x ∈ A
Dénition I.5.
Soient X un ensemble et P une famille de parties de X. On dit que P est une partition de X si :
• ∅∈ P
• ∀A, B ∈ P, A ̸= B ⇒ A ∩ B = ∅
• ∀x ∈ X, ∃A ∈ P, x ∈ A
Dénition I.6.
Soient X, Y des ensembles et f : X → Y une application. On dénit :
Propriété. Soient (Ai )i∈I une famille de partie de X, (Aj )j∈J une partie de Y.
S S
1. f( Ai ) = f (Ai )
i∈I i∈I
T T
2. f( Ai ) ⊂ f (Ai )
i∈I i∈I
−1
S S −1
3. f ( Bj ) = f (Bj )
j∈J j∈J
−1
f −1 (Bj )
T T
4. f ( Bj ) =
j∈J j∈J
5
Remarque.
f : [0; 1] → R
x 7→ 1
1
A1 = [0 ; ]
2
A2 = [ 34 ; 1]
2. Soit I un ensemble et (Xi )i∈I est une famille de parties d'un ensemble de X.
Lemme.
Soient (Ai )i∈I et (Bj )j∈J des familles de parties de X.
S S S
Alors ( Ai )∩( Bj ) = (Ai ∩ Bj )
i∈I j∈J (i,j)∈I×J
Dénition I.8.
On dit que X et Y sont équivalents si ∃ une bijection f : X → Y. On note parfois Card(X) =
Card(Y)
Dénition I.9.
Un ensemble X est dit dénombrable s'il est en bijection avec une partie de N (ou si ∃ une
injection f : X →N
Proposition I.2.
Une partie inf de N est en bijection avec N
Remarque.
Proposition I.3.
1. Z est dénombrable
6
2. ∀d ∈ N∗ , Nd est dénombrable
3. Q est dénombrable
Remarque.
Faux pour un produit quelconque
Théorème I.1.
4. Tout intervalle non vide et non réduit à un point est équipotent à R⇒ non dénombrable
Exemple.
R\Q n'est pas dénombrable car sinon (R\Q) ∪ Q = R
|{z}
| {z } |{z}
dénombrable dénombrable pas dénombrable
| {z }
dénombrable
I.3 Tribus
I.3.1 Dénitions et exemples
Dénition I.11.
(a) X in A
(b) ∀A ∈ A , A
c
= X \A ∈A (stable pour complémentaire)
∈ A, ∈A
S
(c) Si ∀n ∈ N, An alors An (stable par réunion dénombrable)
n∈N
2. Un sous ensemble A ⊂ X est dit mesurable si A ∈A
3. Le couple (X, A) est appelé espace mesurable
Remarque.
A ∈ A, ∈A
S
Si est une tribu sur X et que I est dénombrable, alors, si ∀i ∈ I, Ai on a ( Ai )
i∈I
Propriété.
7
• A est stable par union nie : si A0 , A1 , ..., AN ∈ A,
∈A
S
Ai (on peut prendre Ai = ∅ pour i ≥ N+1)
i=0
• Si
TI est dénombrable et ∀i ∈ I, Ai ∈ A, alors
Ai ∈ A . En eet,
i∈I [
(Ai c )c = ( Aci )c ∈ A
T T
Ai = par b)
i∈I i∈I i∈I
|{z}
∈A par b)
| {z }
∈A par c)
• ∈ A,
Soient A, B
A\B = A∩(X\B) ∈ A
A△B = (A∪B)\(A∩B) ∈ A
Exemple.
3. Soit A ⊂ X, A ̸= ∅, A ̸= X
A = {∅, X, A, X\A} est une tribu (+ petite avec A)
Théorème I.2.
Soit F ⊂ P(X)
∃! tribu telle que
1. F ⊂A
2. ∀B (tribu) sur X contenant F, on a A ⊂ B (A est la + petite tribu contenant F)
On la note A = σ (F ) appelé tribu engendré par F.
Remarque.
• Si A est une tribu, on a σ (A ) = A
• F ⊂G ⊂ P(X), on a σ (F ) ⊂ σ (G )
• Si A ∈ P(X), on pose F = {A}
alors σ (F ) = {∅, X, A, A }
c
8
I.3.3 Exemples fondamentaux
1 Tribu Borélienne sur R
Soit I0 l'ensemble des intervalles ouverts de R : I0 ⊂ P(R)
Dénition I.12.
On note B(R) et on appelle tribu borélienne sur R la tribu engendrée par les intervalles ouverts
de R.
B(R) = σ (I0 )
Propriété.
B(R) contient :
Proposition I.5.
B(R) est la tribu engendrée par :
7. Les ouverts de R
8. Les fermés de R
1. ∅ ∈ OX , X ∈ OX
S
2. (Ωi )i∈I ⊂ OX , Ωi ∈ OX (inni)
i∈I
N
T
3. Si Ω1 , ..., ΩN ∈ OX , Ωi ∈ OX (ni)
i∈I
Dénition I.13.
On note B(X) = σ (OX ), la tribu engendrée par les ouverts, appellés tribus boréliennes sur X.
Les éléments de B(X) sont appelés des boréliens.
Exemple.
n
B(R), B(R ), (C), B(I) où I ⊂R intervalles.
9
3 La droite achevée
R = R∪ {+∞}.
Cet ensemble est muni d'une relation d'ordre ≤, celle usuelles sur R ainsi -∞ ≤ x ≤ +∞
Remarque.
Si A ⊂ R, A ̸= ∅ alors inf A etsup A existent et ∈R
sup A ∈ R ⇔ A est majorée dans R
Dénition I.14.
B(R) est la tribu engendrée par les intervalles ]a ; +∞], a ∈ R.
Proposition I.6.
On a : B(R) = {A ; A ∪ {+∞} ; A ∪ {-∞} ; A ∪ {±∞} | A ∈ B(R)}
Exemple.
1) Toute fonction constante est mesurable (∀ tribu au départ et à l'arrivée)
f : (X, A ) → (Y, B)
En eet, soit
x 7→ y0
où y0 ∈ Y est xé.
Soit B ∈ B .
f −1 (B) = {x ∈ X | f (x) ∈ B}
= {x ∈ X | y0 ∈ B}
X si y0 ∈ B
=
∅ si y0 ∈/B
∈ A
2) Soit A ⊂ X . On montre que :
1A : (x, A ) → (R, B(R)) est mesurable ⇐⇒ A ∈ A
En eet, soit B ∈ B(R). On a :
∅ si 0, 1 ∈
/B
X si 0, 1 ∈ B
(1A )−1 (B) = {x ∈ X | 1A ∈ B} =
A si 0 ∈/ B et 1 ∈ B
c
A si 0 ∈ B et 1 ∈/B
Donc ∀B, (1A ) (B) ∈ A ⇐⇒ ∅, X, A, A ∈ A ⇐⇒ A ∈ A
−1 c
Propriété.
Soit f : (x, A) → B)
(y,
• On suppose que B = σ (F) ou F ⊂ P(y)
• Alors f est (A , B )-mesurable ⇔ ∀B ∈ F, f
−1
(B) ∈A
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Lemme. Lemme du transport
Soit f : X → Y (quelconque) et soit B une tribu sur Y.
1. f (B ) = {f (B) | B ∈ B } (⊂
−1 −1
P(X)) est une tribu sur X.
2. Si B
= σ (F) (F ⊂ P(Y))
(B ) = σ (f (F))
−1 −1
alors f
−1 −1
ou encore : f (σ (F)) = σ (f (F))
Corollaire.
Soit f : (X,A ) → (R, B (R))
−1
f est mesurable ⇔ ∀ a < b, f (]a ; b[) = {x ∈ X | a < f(x) < b} ∈ A ⇔ ∀a ∈ R, f
−1
(]a ; +∞[)
= {x ∈ X | f(x) > a} ∈ A
Exemple.
Soit X ⊂ Y et A une tribu sur Y.
Soit f : X → Y
x 7→ x
Soit B ∈A
−1
f (B) = {x ∈ X|f (x) ∈ B}
= {x ∈ X|x ∈ B}
= X ∩B
On retrouve le fait que
f (A ) = {f (B) | B ∈ A} ∈ A}
−1 −1
= {B∩X | B est une tribu sur X.
Remarque.
Si X et Y sont des sous-ensembles de R, Rn , C (muni d'une norme), alors :
f : (X, B (X)) → (Y, B (Y)) mesurable ⇔ ∀O ⊂ Y ouvert, f (O) ∈ B (X)
−1
Proposition I.7.
Si f est continue, sauf éventuellement sur un ensemble dénombrable, alors f est borélienne.
n
En particulier, soit I un intervalle, si f : I ⊂ R → R est continue par morceau, alors f est
borélienne.
Proposition I.10.
Soit, ∀n, fn : (X, A ) → (R, B (R)) mesurable. Alors :
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1. sup fn et inf fn sont mesurables.
n∈N n∈N
((sup fn )(xn ) = sup{fn (x) | n ∈ N})
n∈N
2. limn inf fn et limn sup fn sont mesurables
(où (limn inf fn )(x) = (limn sup fn ))
3. Si ∀x ∈ X,
lim fn (x) = f(x) ∈ R, alors f : X →R mesurable.
n→∞
Une limite simple d'une fonction mesurable est mesurable
Lemme.
(X, A) espace mesurable et (An )n∈N une partition de X où, ∀n ∈ N, An ∈A
Soit f : X →R
Remarque.
On parle de partition mesurable.
Exemple.
sin( x1 ), x < 0
Soit f(x) = 2023, x = 0
√
x, x > 0
R = ] − ∞; 0[∪ {0} ∪]0; +∞[ f|]−∞;0[ est continue donc mesurable
| {z } |{z} | {z }
∈B(R) ∈B(R) ∈B(R)
Idem pour les autres.
Donc f est borélienne.
Proposition I.11.
Soit f : (X, A ) → (C, B (C))
f est mesurable ⇔ Re(f ) et Im(f ) sont mesurables.
Exemple.
Si (X, A) = (R, B (R)), les fonctions en escaliers sont étagées.
Remarque.
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1. Les fonctions étagées sont mesurables comme combinaison linéaires de fonctions mesu-
rables.
Théorème I.3.
(X, A ) mesurable et soit f : (X, A ) → (R, B(R)) mesurable.
(a) Il existe une suite (fn )n de fonctions étagées telle que ∀x ∈ X, lim fn (x) = f (x).
n→+∞
(b) Si, de plus, f est positive, on peut choisir la suite fn croissante (∀x ∈ X, (fn (x))n crois-
sante).
i µ(∅) = ∅
ii Si (An ) est une suite d'éléments de A 2 à 2 disjoints (eventuellement vide), alors
+∞
S +∞
P
µ( An ) = µ(An )
n=0 n=0
3. Si µ(x) = 1, on dit que µ est une mesure de proba (ou une proba) et dans ce cas, on dit
que (X, A , µ) est un espace de proba (on note souvent µ = P)
Exemple. de mesures
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3. On se place sur l'espace mesurable (N, P(N))
µ : P (N) → N
L'application : +∞ si A est inni
A 7→
Card(A) si A ni
est une mesure de comptage dénissable sur tout autre espace mesurable (X, A ).
4. (X, A ) un espace mesurable et soit x ∈ X xé.
Sx : P (A ) → {0, 1}
1 si x ∈ A
A 7→
0 si x ∈
/A
est une mesure de proba appelée mesure de Dirac au point x.
Proposition II.1.
(X, A , µ) un espace mesuré.
1. Si A0 , ..., An ∈ A 2 à 2 disjoints :
n
S Pn
µ( A k ) = µ(Ak )
k=0 k=0
2. Si A, B ∈ A et A ⊂ B
alors µ(A) ≤ µ(B)
3. Si A, B ∈ A et A ⊂ B et µ(A) < +∞
alors µ(B\A) = µ(B) - µ(A)
4. Si A, B ∈ A , on a :
µ(A∪B) + µ(A∩B) = µ(A) + µ(B)
Proposition II.2.
(X, A , µ) un espace mesuré.
Remarque.
1. L'hypothèse : ∃n0 , µ(An ) < +∞ est automatique si µ est nie (µ(X) < +∞) donc en
particulier si µ est une mesure de proba.
14
Dénition II.2.
Une application µ : P(X) → [0, +∞] est appelée mesure extérieure si elle vérie :
1. µ(∅) = 0
2. ∀A, B ∈ P(X)
A ⊂ B ⇒ µ(A) ≤ µ(B)
Exemple.
P n
P
1. X1 , ..., Xn ∈R distincts et p1 , ..., pn ≥ 0 tq pi = 1. Soit P = pk δXk
k=1
n
P
(P(A) = pk δXk (A) ). P est une proba.
k=1
1
2. Si pi = et Ω = {X1 , ..., Xn },
n
A = P(Ω), alors ∀A ⊂ Ω :
n
P(A) = n1 δXk (A) = Card(A) Card(A)
P
=
n Card(Ω)
k=1
probabilité uniforme sur un ensemble ni.
Remarque.
un ensemble n'appartient pas nécessairement à A.
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2. une union dénombrable d'ensembles négligeables est négligeable.
Dénition II.5.
Une propriété (P) est dite vraie µ-presque partout (µ-pp) si l'ensemble
{x ∈ X|x ne vérie pas (P )} est négligeable.
Exemple.
f, g : X → R
f ≥ g µ-pp
⇔ {x ∈ X|f (x) < g(x)} est négligeable.
1. Un événement A ∈ A est dit vrai presque sûrement si P(A) = 1 ou, de façon équivalente,
que X\A est P-négligeable.
2. Si X, Y sont des variables aléatoires :
on écrit X = Y p.s. (presque sûrement)
si P({u ∈ Ω|X(ω) = Y (ω)}) = 1
| {z }
={X=Y }
(b) ∀A ∈ B(R) et ∀x ∈ R,
λ(A + α) = λ(A)
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2. λ vérie les formules suivantes :
∀A ∈ B(R)
+∞
P +∞
S
λ(A) = inf{ l(In )|In intervalle ouvert et A⊂ In }
n=0 n=0
1
λ(A)= inf{λ(O)|O ouvert de R tq A ⊂ O}
2
λ(A)= sup{λ(F )|F fermé de R tq F ⊂ A}
Remarque.
La formule (1) est appelée propriété de régularité extérieure (importante quand on fait de
l'approximation).
La formule (2) est appelée propriété de régulatiré intérieure. On peut remplacer les fermées F
par des compacts.
Remarque.
Il n'exite pas de mesure µ sur P(R) tq ∀I, µ(I) = l(I)
Exemple.
1. ∀x ∈ R, λ({x}) = λ([x, x]) = x − x = 0
2. + généralement, si D dénombrable, D =
S P {xn |n ∈ N}
λ(D) = λ( {xn }) = λ({xn }) = 0
n∈N n≥0 =0
En particulier, λ(Q) = 0
3. λ([0, 1]\Q)
= λ([0, 1]) − λ([0, 1] ∩ Q)
= λ([0, 1])
= 1
et ∀I intervalle de R, λ(I\Q) = l(I)
Remarque.
L'unicité vient du théorème des classes monotones
L'existence vient du théorème de Carathéodory
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III.1 Intégrales des fonctions étagées positives
Proposition III.1.
Soit f.(X, A ) → R
Alors f est étagée ⇔ f(x) ensemble ni et f mesurable.
Remarque. P
L'écriture f = α1{f =α} est la forme canonique de f.
α∈f (x) | {z }
=1f −1 ({α})
n
(Ai )ni=1
P
C'est l'unique décomposition f = ai 1Ai avec partition de X et les ai sont 2 à 2
i=1
distincts.
∈ ϵ+ (X, A ),
P
Par ailleurs, si f on pose
X
f dµ = αµ({f = α}
α∈f (x)
On note aussi :
X
f dµ = X
f (x)dµ(x)
Remarque.
n
⊂A
P
Si (Ai )'i=1 partiiton de X, ak ≥ 0 et f = ak 1Ak , on a :
i=1
n
P P P P P P
ak µ(Ak ) = ( ak µ(Ak )) = α( µ(Ak )) = αµ({f = α})
k=1 α∈f (x) k tq ak =α α∈f (x) k tq ak =α α∈f (x)
Exemple.
1Q
R
1Q dλ = 1 × λ(Q) + 0 × λ(R\Q) = 1 × 0 + 0 × (+∞) = 0
n
|{z}
=1 sur Q
=0 sur R\Q
Proposition III.2.
Soient f, g ∈ ϵ+ (X, A )
1. (f + g)dµ = f dµ = gdµ
X
X
X
2. ∀λ ≥ 0, λf dµ = λ f dµ
X
X
3. si f ≤ g µ-pp, alors
X
f dµ ≤ X
gdµ
Remarque.
1. Si A
∈ A,
X A
1 dµ = 1 × µ(a) + 0 × µ(X\A) = 1
Pn
2. Si f = ak 1Ak avec ak ≥ 0 et les Ak 2 à 2 disjoints, on a par (a) et (b) :
k=1
n
P n
P
X
f dµ = ak 1 dµ =
X Ak
ak µ(Ak )
k=1 k=1
Proposition III.3.
A ), on note :
+
1A f ∈ ϵ (X,
A
f dµ = X 1A f dµ.
(b) Soient A, B
∈ A , A ∩B = ∅ et f ∈ ϵ+ (X, A ), alors :
A∪B
f dµ = A
f dµ + B
f dµ.
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∞
n=1 ⊂ A
(En )∞
S
(c) croissante (∀n, En ⊂ En+1 ) avec En = X
n=1
Alors ∀f ∈ ϵ+ (X, A ), lim ↗ En
f dµ = x
f dµ.
n→+∞
Notation : lim ↗ an signie limite de (an )n où (an )n est une suite croissante.
n→+∞
X
f dµ = sup{ X ϕdµ | 0 ≤ ϕ ≤f, f étagée } ∈ [0; +∞]
On dit que f est µ-intégrable si f dµ < +∞
X
Remarque.
1. f ≥ 0, ϕ = 0 est étagée (on a donc 0 ≤ ϕ ≤ f) donc l'ensemble dont on prend le sup est
non vide.
2. si f ∈ ϵ+ (X, A ), on a :
0 ≤ ϕ ≤ f donc le sup est ≥ X f dµ (tel qu'elle a été dénie au I)
réciproquement, soit 0 ≤ ϕ ≤ f où ϕ est étagée.
Alors ϕdµ ≤ X f dµ
X
donc sup{ ϕdµ | 0 ≤ ϕ ≤ f , ϕ étagée} ≤ f dµ
X X
Dans ce cas, les deux dénitions coincident.
X
f dµ ≤ gdµ.
Remarque.
Autrement dit, la suite (fn )n est croissante et converge simplement vers f sur X.
Proposition III.4.
Soient f, g ∈ M + (X, A ). Alors, ∀a, b ≥ 0 :
X
(af + bg)dµ = a X
f dµ + b X
gdµ
Corollaire.
Soit fn : (X, A , µ) → [0; +∞] une suite de fonctions mesurables et positives.
Alors :
+∞
X +∞
P
X
( fn (x))dµ(x) = ( X
fn (x)dµ(x))
n=0 n=0
| {z }
∈[0;+∞]
19
Proposition III.5.
Soitf ∈ M + (X, A ).
Alors,
X
f dµ = 0 ⇔ f = 0 µ-pp.
Corollaire.
f, g ∈ M + (X, A )
1. si f = g µ-pp, alors : f dµ = gdµ
X
X
2. si f ≤ g µ-pp, alors :
X
f dµ ≤ X
gdµ
Exemple.
n
P
f= ak 1Ak une fonction étagée, ak 2 à 2 distincts.
k=1
f est µ-intégrable ⇔ ∀k = 1, ..., n µ(Ak ) < +∞
Remarque.
f ∈ M (X, A ),
+
1. si
X
f dµ a toujours un sens, c'est un nombre dans [0; +∞]
2. si
f ∈ M (X, A ),
X
f dµ n'a de sens que si f est µ-intégrable.
Dans ce cas, f dµ ∈ R.
X
3. On a f µ-intégrable ⇔ X
f ± dµ < +∞ ⇔ (f + + f − )dµ < +∞ ⇔
X | {z } X
|f |dµ < +∞
|f |
Dénition III.3.
f : (X, A ) → (C, B(C)) mesurable.
On dit que f est µ-intégrable :
si
X
|f |dµ < +∞
Ceci équivaut à Re(f ) et Im(f ) µ-intégrable (car |f | ≤ |Re(f )| + |Im(f )| ≤ 2|f |)
20
On pose alors :
X
f dµ = X
Re(f ) dµ + X
Im(f ) dµ
| {z } | {z }
∈R ∈R
En particulier :
Re(
X f dµ) =
X Re(f )dµ
Im(
X
f dµ) =
X
Im(f )dµ
Propriété.
f, g mesurables :
Remarque.
Le théorème reste vrai si fn : X → C
Corollaire. ∞
fn (X, A , µ) → (K, B(K))
P
mesurable et telles que ( X |fn |dµ) < +∞
n=0
alors :
+∞
P
1. fn cv µ-pp
n=0
+∞
P
et x → fn (x) est µ-intégrable
n=0
2. Dans ce cas, on a :
+∞
P +∞
P
X
( fn )dµ = ( X
fn dµ)
n=0 n=0
21
III.3.3 Exemples
Exemple. Intégration contre une mesure de Dirac
(X, A ) espace mesurable, a∈X et Sa la mesure de Dirac en a.
n
P
1. Supposons que f (étagée) = ak 1Ak où ak ∈ R et les Ak 2 à 2 disjoints.
k=1
Def
n
P n
P
X
f dSa = ak Sa (Ak ) = ak 1Ak (a) = f (a)
k=1 n
| {z } k=1
=1 si a ∈ Ak
=0 si a∈/ Ak
1. Soit f : N → R+ . On a alors :
Pn
f = lim ↗ f (k)1{k}
n→+∞ k=0
Par convergence monotone :
Pn n
P +∞
P
N
f dµ = lim ( f (k)1{k} )dµ = lim f (k) µ({k}) = f (k)
n→+∞ N k=0 n→+∞ k=0 | {z } k=0
=1 car comptage
+∞
P
2. Si g : N → R, on montre que
X
|g|dµ = |g(k)|
k=0
+∞
g ∈ LR1 (µ) ⇔
P
donc |g(k)| < +∞
k=0
3. Supposons g ∈ LR1 (µ)
n
P
On a g = lim gn où gn = g(k)1{k}
n→+∞ k=0
n +∞
g(k)1{k} = |g| ∈ LR1 (k)
P P
∀n, |gn | ≤ g(k)1{k} ≤
k=0 k=0
+∞
P
Par convergence dominée ⇒ N
gdµ = lim gn dµ = g(k)
n→+∞ N k=0
| {z }
n
P
g(k)
k=0
IMPORTANT
+∞
f ∈ L 1 (µ) ⇔
P
|f (n)| < +∞
n=0
+∞
f ∈ L 1 (µ)
P
si alors
X
f dµ = f (n)
n=0
22
Exemple.
+∞
1
P
lim n
n→+∞ k=0 k
n ≥ 2 f : N∗ → R
k 7→ k1n
par ce qui précède :
+∞
P +∞
P 1
N∗
fn dµ = fn (k) = kn
k=1 k=1
∀k ≥ 1 lim fn (k)
n→+∞
(
1 si k = 1
= lim k1n =
n→+∞ 0 si k ≥ 2
∀n ≥ 2, ∀k ∈ N∗
1 1
|fn (k)| = n ≤ 2 := f (k)
k k
f : N∗ → R+
k 7→ k12
P
car f (k) < +∞ (Riemann)
k≥1
Par le TCD,
lim∗ fn dµ = lim f
N∗ n→+∞ n
dµ = 1
n→+∞ N
Exemple.
1
un = nn
(1 + 2n + 3n + ... + nn )
On veut lim un
n→+∞
n
kn
n−1
P n−j n n−1 j
(1 − )n = N fn dµ
P P
un = n =
n j=n−k
( n ) =
k=1 j=0 j=0 | {z n
}
fn (j)
(
j n
(1 − n ) , 0 ≤ j ≤ n − 1
où : fn : j 7→
0 pour j ≥ n
• limite simple de(fn )n
Soit j ∈ N, pour n ≥ j + 1,
fn (j) = (1 − nj )n → e−j =: f (j)
n→+∞
f : N → R+
j 7→ e−j
• Cherchons une fonction intégrable qui domine fn .
Soit j∈N
j j
|fn (j)| = (1 − nj )n = enln(1− n ) ≤ en(− n ) = e−j (ln(1 + x) ≤ x∀x > −1)
j≤n−1
Pour j ≥ n, |fn (j)| = 0 ≤ e−j
donc |fn | ≤ f
A-t-on f ∈ L 1 (µ) ?
+∞ +∞
( 1e )j = e
P P
N
f dµ = f (j) = e−1
j=0 j=0
23
Donc f ∈ L 1 (µ) et par le TCD
:
e
lim un = N lim fn dµ = N f dµ = e−1
n→+∞ n→+∞
b b
On a alors f (x)dx = lim fn (x)dx
a n→+∞ a
N
P
fn s'écrit : fn (x) = aK 1IK (x) où IK est un intervalle.
K=1
b N
P
fn (x)dx = aK × l(IK ) = [a,b]
fn dλ
a K=1 | {z }
λ(IK )
Théorème III.4.
Si f est continue (ou continue par morceaux) sur [a, b], alors :
b
f (x)dx = [a,b]
f dλ
a
Remarque.
1. Vrai si f à valeurs complexes
Proposition III.6.
Soit f intégrable sur [a, b] (pour la mesure de Lebesgue)
Proposition III.7.
f : [a, b] → R dérivable sur [a, b].
On suppose qu' ∃C > 0 telle que |f '| ≤ C sur [a, b]
b
Alors : f ′ (t)dt = f (b) − f (a)
a
semi-convergence
Soit −∞ ≤ α ≤ β ≤ +∞, f :]α, β[→ C mesurable.
24
Propriété.
c
f ∈ L 1 (]α, β[) ⇔ sup{ f (t)dt|α < b < c < β} < +∞
b
b c
⇔ ∀c ∈]α, β[, lim− |f (t)|dt < +∞ et lim+ |f (t)|dt < +∞
b→β c a→α a
Dénition III.4.
b c
Si lim− |f (t)|dt < +∞ et lim+ |f (t)|dt < +∞ existent mais que / L 1 (]α, β[)
f∈
b→β c a→α a
On dit que
]α,β[
f dλ est semi convergente
Exemple.
+∞
sin(x)
est semi-convergente :
x
0
sin(x)
• cv f(x)
x
lim f (x) = 1
x→0+
continue sur [0; +∞[ ⇒ intégrable sur cet intervalle.
Regardons en +∞ :
A
A sin(x) A cos(x) cos(A) cos(x)
x
dx = [− cos(x)
x
]A
1 − x2
dx = cos(1) - − dx
1 1 A } x2
1
| {z
→0 | {z }
Riemann
A sin(x)
On a donc lim x
dx existe et vaut :
A→+∞ 1
cos(x)
+∞
= cos(1) -
x2
1
+∞
• On veut montrer que | sin(x)
x
|dx = +∞
0
1
On a |sin(x)| ≥ 2
et | x1 | ≥ 5π
1
+nπ
≥ 1
2nπ
(n ≥ 1)
6
N
| sin(x) 1
P
Or
x
|≥ 1
4nπ In
(∀N > 1)
n=1
+∞ N N N
| sin(x) 1 1 1
P P P
Donc
x
|dx ≥ ]0;+∞[
( 1 )dλ
4nπ In
= 4nπ
λ(In ) = 6n
→ +∞
0 n=1 n=1 | {z } n=1 N →+∞
= 4π
6
= 2π
3
d'où le résultat.
25
Dénition III.5.
On dit que X admet un moment d'ordre K (K ∈ N∗ ) si |X|
K
∈ L 1 (P)
Dénition III.6.
On suppose que X admet un moment d'ordre 1 (X ∈ L 1 (P)
On appelle espérance de X, notée E(X), la quantité E(X) =
Ω
XdP = Ω
X(ω)dP(ω)
Remarque.
1. On retrouve la linéarité de l'espérance E(aX + bY) = aE(X) + bE(Y)
Lemme.
Si X admet un moment d'ordre 2, alors X admet un moment d'ordre 1.
Dénition III.7.
Si X admet un moment d'ordre 2, on appelle variance de X, noté Var(X) la quantité :
2 2 2
V(X) = E((X - E(X)) ) = E(X ) - E(X)
2 2
Or Var(X) ≥ 0 donc E(X) ≤ E(X )
Exemple.
Soit X variable aléatoire discrète (X(Ω) est dénombrable) et X ≥ 0.
IV Intégrales à paramètres
Soit E une partie d'un evn (ici E ⊂R en général, mais on peut avoir E ⊂ Rn , C et g : E →K
On rappelle que :
f : E×X → K
(X, A , µ) mesuré ;
(u, x) 7→ f (u, x)
Théorème IV.1.
Soit u0 ∈ E , on suppose que :
26
1. ∀u ∈ E , x 7→ f (u, x) est mesurable de (X, A ) dans (K, B(K))
2. L'application u 7→ f (u, x) est continue en u0 pour presque tout x∈X
(∃ N négligeable tq ∀x ∈ X\N , continue en u0 )
3. ∃g ∈ L 1 (X, µ), g ≥ 0,
∀u ∈ E, |f (u, x)| ≤ g(x) pp x ∈ X.
F : E → K
Alors la fonction est dénie sur E et continue en u0 .
u 7→ X f (u, x)dµ(x)
Remarque.
1. Si (X, µ) = ([a, b], λ) et si f est continue par rapport à la première variable (u) et bornée
sur E × [a, b], alors :
f est continue sur E. (pour (3), on peut prendre g = sup |f|)
E×[a,b]
2. (Localisation)
On suppose E = I un intervalle réel.
Puisque la continuité est une propriété locale, pour montrer que f est continue sur E, il
sut de montrer que F est continue (par exemple : sur chaque sous-intervalle bornée de
I)
(F est continue sur ]a, b[, a < b ∈R⇔ F est C0 sur tout J = [c, d] ⊂ ]a, b[)
Exemple.
On prend E = [0; +∞[
(X, µ) = (]0; +∞[, λ) et
f : E×X → R
sin(x) −ux
(u, x) 7→ x
e
+∞
sin(x) −ux sin(x)
alors F (u) = x
e dx La transformée de Laplace de x 7→ x
0
1. ∀u > 0, x 7→ f (u, x) est continue sur ]0; +∞[ donc borélienne (mesurable)
Par le théorème de continuité des intégrales à paramètres, F est continue sur ]a; +∞[ (ceci
vrai ∀a > 0) → F continue sur ]0; +∞[
•Montrons que F est enfaite continue sur [0; +∞[
sin(x)
+∞
On rappelle que F (0) = dx qui est semi-convergente.
x
0
Pour u ≥ 0, on a :
1 sin(x) −ux +∞
sin(x) −ux
F (u) = e + e dx
0 | x {z } 1 | x {z }
=G(u) H(u)
27
Pour G : on est sur [0; 1] et f (u, x) ≤ 1
∀u ≥ 0, ∀x ∈ [0; 1], et f continue par rapport à u.
par la remarque, G est continue sur [0; +∞[
−ux
Pour H : soit u ≥ 0, on pose, u(x) = e x et v(x) = − cos(x)
−ue−ux x−e−ux
u et v sont C1 sur ]1; +∞[ donc par IPP, u′ (x) = x2
1. ∀u ∈ I, x 7→ f (u, x) ∈ L 1 (µ)
df
2. ∀ presque x ∈ X, f (u, x) dérivable sur I (resp de classe C1 ) et on note : du
(u, x) la dérivée
partielle au point (u, x)
Remarque.
1. La dérivabilité étant une propriété locale peut également "localiser"
(a) Idem
(b) Pour presque tout x ∈ X, u 7→ f (u, x) est k fois dérivable (resp de classe Ck) et on
dk f
note
duk
(u, x) cette dérivée partielle d'ordre k.
(c) ∀1 ≤ n ≤ k, ∃gn ∈ L (µ), gn ≥ 0 telle que, ∀u ∈ I ,
1
dn f
| dun (u, x)| ≤ gn (x) pp x.
28
IV.1 Applications à un calcul d'intégral.
+∞
sin(x)
On va calculer l'intégrale de Dirichlet I =
x
dx.
0
sin(x)
+∞
On pose, comme avant : ∀u ≥ 0, F (u) = e−ux dx
0 | x {z }
f (u,x)
I = F(0)
et on a vu que F continue sur R+
on va calculer explicitement F(u) pour u > 0.
Pour se faire, on va dériver F.
Donc F est dérivable sur tout ]a; +∞[ ⇒ F est dérivable sur ]0; +∞[
+∞
De plus, ∀u > 0, F ′ (u) = −sin(x)e−ux dx
0
29
π π π
alors (*) : 0=C− 2
⇒C= 2
et ∀u > 0, F (u) = 2
− arctan(u)
valeur de I :
π π
I = F(0) = lim F (u) = 2
− arctan(0) = 2
u→0+
+∞
sin(x) π
alors
x
dx = 2
0
Proposition V.1.
ΠX : X × Y → X
(x, y) 7 → x
Soient
ΠY : X × Y → Y
(x, y) 7→ y
1. ΠX est (A ⊗ B, A )-mesurable et ΠY est (A ⊗ B, B)-mesurable
2. Si C est une tribu sur X × Y telle que ΠX est (C , A )-mesurable et ΠY est (C , B)-
mesurable, alors A ⊗B ⊂ C.
| {z }
donc la + petite
Proposition V.2.
Soient (X, A ), (Y, B ), (Z, C ) espaces mesurables.
f : (Z, C ) → (X × Y, A ⊗ B)
Soient
z 7→ (fX (z), fY (z))
alors f est (C , A ⊗ B)-mesurables
⇔ fX est (C , A )-mesurables et fY est (C , B)-mesurables
Proposition V.4.
Soit C ∈ A ⊗B
alors :
1. ∀x ∈ X, Cx = {y ∈ X|(x, y) ∈ C} ∈ B
30
2. ∀y ∈ Y, C y = {x ∈ X|(x, y) ∈ C} ∈ A
"Les tranches sont mesurables."
sections
Corollaire.
Soit f : (X, Y, A ⊗ B) → (R, B(R))
Alors :
Idée : Si U un ouvert de Rd .
S d
Q
On montre que U = On où On = ]ak,n , bk,n [
n∈N k=1
Remarque.
En particulier, toute fonction : Rd → R continue (sauf sur un ensemble dénombrable) est
(B(R) ⊗ ... ⊗ B(R))-mesurable.
Exemple.
1. Les espaces mesurés nis sont σ -nis (espace de proba, mesure de Dirac, ...)
Théorème V.2.
(X, A , µ), (Y, B, ν) espaces mesurés σ -nis
1. ∃ ! mesure m sur (X × Y, A ⊗ B) telle que :
∀A ∈ A , ∀B ∈ B, m(A × B) = µ(A).ν(B)
Cette mesure est σ -nie.
Elle est notée m = µ ⊗ ν
31
2. ∀C ∈ A ⊗ B
x 7→ ν(Cx ) est A -mesurable
y 7→ µ(C y ) est B -mesurable
et on a :
m(C) = X
ν(Cx )dµ(x) = Y
µ(C y )dν(y)
Proposition V.5.
Le théorème précédent peut s'itérer.
On caractérise µ1 ⊗ ... ⊗ µd sur (X1 × ... × Xd , A1 ⊗ ... ⊗ Ad ) où µi σ -nies par :
(µ1 ⊗ ... ⊗ µd )(A1 ⊗ ... ⊗ Ad ) = µ1 (A1 )...µd (Ad )
(associatif )
Exemple.
La mesure de Lebesgue sur (Rd , B(Rd )) est a mesure λd = λ ⊗ ... ⊗ λ (d fois)
∀A1 , ..., Ad ∈ B(R)
f : X ×Y → ]0; +∞[
f est borélienne car continue et f ≥ 0. Par le théorème de Fibuli-
(x, y) 7→ e−xy
Tonelli, on a alors :
avec ( X e−xy dλ(x))dλ(y)
Y−e−xy
= ([ y ]X )dλ(y)
Y
= Y
(+ y1 )dλ(y)
= [+ln(y)]ba = ln(b) − ln(a) = ln( ab )
32
b
= X
( e−xy dλ(y))dλ(x)
a
e−ax −e−x
= X x
dλ(x) = ln( ab )
en particulier,
+∞
e−x −e−tx
∀t > 0, ln(t) = x
dx
0
|e−x −e−tx |
+∞
(⇒ |ln(t)| = x
dx)
0
alors
Remarque.
toujours vrai si f : X ×Y →C
Quand ? Comment se servir des thèorèmes de Fubini ?
Soit f :X ×Y →C mesurable.
• montrer que f ∈L 1
(X × Y, µ ⊗ ν) en montrant que :
X×Y
|f |d(µ ⊗ ν) = X ( Y |f |) = Y ( X |f |) th de Fibuni Tonelli
X×Y
f= X
( Y
f) = Y
( X
f)
Exemple.
Soit (an,m )+∞
n,m=1 ⊂ C une famille de nombre complexe.
∗ f : (N∗ )2 → C
Soit µ la mesure de comptage sur N On montre que : f ∈ L 1 ((N∗)2 , µ⊗
(n, m) 7→ an,m
+∞
P
µ) ⇔ |an,m | < +∞
n,m=1
+∞
P +∞P
= ( |an,m |) = l'inverse
n=1 m=1
+∞
P +∞
P
dans ce cas : ( |an,m |) = l'inverse
n=1 m=1
33
V.4 Théorème de changement de variables, énoncé et exemple
Dénition V.4.
Soient u et v deux ouverts de Rn et φ:U →V
On dit que φ est un C'-diéomorphisme de U sur V si φ bijectivee et que φ et φ−1 sont de
1
classes C
Remarque.
U un ouvert de Rn et
φ : U → Rn
1
x 7→ (φ1 (x), ..., φn (x)) φ est de classe C sur U.
(x1 ,...,xn )
∂φk
⇔ ∀1 ≤ k ≤ n, ∀1 ≤ j ≤ n, ∂X j
existent et est continue sur U.
Exemple.
1
φ :]a; b[→]c; d[ bijective, φ C -diéomorphisme
⇔ φ est C1 sur ]a; b[ et φ' (dérivée de φ) ne s'annule pas (ce qui donne φ−1 C 1 )
′
(φ >0 φ′ < 0)
ou
−1
en eet, ∀x ∈]c; d[, (φ ◦ φ )(x) = x
−1 ′ ′ −1
dérivée : (φ ) (x) × φ (φ (x)) = 1
−1
donc en posant u = φ (x), on a :
−1 ′ ′ ′
= (φ ) (φ(u))φ (u) = 1 ⇒ φ (u) ̸= 0∀u
Dénition V.5.
φ : U → Rn
Soit soit x ∈ U , on appelle Jacobien de φ en x le déterminant
x 7→ (φ1 (x), ..., φn (x))
Jf (x) = det[ ∂φ
∂xj
i
(x)]∀1≤i,j≤n
Théorème V.5.
φ : U → Rn 1
de classe C .
Alors on a équivalence entre :
34
Exemple.
φ : [a; b] → [c; d] de classe C n , φ′ > 0 sur ]a; b[
φ(a) = c, φ(b) = d
dans R∗ ici
alors
|Jp (x)| = |φ′ (x)| = φ′ (x)
alors
]a;b[
(f ◦ φ)(x)φ′ (x)dx
u=
φ(x)
= ]c;d[ f (u)du
φ : U → V
φ est bijective et C 1 .
(r; θ) 7→ (rcos(θ), rsin(θ)
On a, ∀(r, θ) ∈ U,
cosθ −rsinθ
Jφ (r, θ) = = rcos2 θ + rsinθ2 = r(1) = r > 0 car (r, θ) ∈ U
sinθ rcosθ
alors φ est un C1 -diéomorphisme de U sur V
ainsi : sif : V → R est borélienne.
f ∈ L 1 (V, λ2 ) ⇔ (r, θ) 7→ f (rcosθ, rsinθ).r ∈ L 1 (U, λ2 )
et dans ce cas :
V
f dλ2 = U
f (rcosθ, rsinθ).rdrdθ
+∞ π
Fibuni = r( f (r cos θ, r sin θ)dθ)dr
0 −π
π +∞
= ( f (r cos θ, r sin θ).rdr)dθ.
−π 0
Exemple.
Exemple 1
+∞
2
I= e−x dx
0
On calcule I2 :
+∞ 2 +∞ 2
I 2 = ( 0 e−x dx)( 0 e−y dy)
2 2
= ]0;+∞[2 e−x e−y dxdy
"changement de variable"
2
V =]0; +∞[
φ : U → V
(r; θ) 7→ (rcos(θ), rsin(θ)
35
U =]0; +∞[×]0; π2 [ (que "en haut à droite x2 + y 2 > 0")
2 +(r sin θ)2 )
Coordonnées polaire =
]0;+∞[×]0; π2 [
e−((r cos θ) .r drdθ
|{z}
Jacobien
par Fubili-Tonneli
π
2 +∞ 2 (1)
= ( 0
re−r dr)dθ
0
π
2 −r 2
= [= − e 2 ]∞
0 dθ
0
π
1
2 π
√
π
= 2
dθ = 4
= I2 ⇒ I = 2
car I>0
0
Exemple 2
+∞
1
P
Calcul de
n2
n=1
dxdy
(i) Soit I= ]0;1[2 1−xy
+∞
1 1
P P
alors I= (n+1)2
= n2
n≥0 n=1
(ii) Calcul de I :
Soit φ : (u, v) 7→ (u + v, u − v)
φ est linéaire bijective (isomorphisme de R2 )
On a φ(L) = C
∀u, v ∈ U = L
1 1
Jφ (u, v) = = −2
1 −1
⇒ |Jφ (u, v)| = 2
36
On pose (x, y) = φ(u, v)
1
I = L 1−(u+v)(u−v) .2dudv
dudv
= 2 L 1−u2 +v2
dudv
= 4 T 1−u 2 +v 2 T = la partie supérieur du losange
1
u2
dv
= 4( ( 1−u2 +v 2
)du) (4 × A)
0 0
1 1−u
dv
+ 4( ( 1−u2 +v 2
)du) (4 × B)
1 0
2
1
2
•A = √ 1 v
[arctan( √1−u u
1−u2 2 )]v=0 du
0
1
2
= √ 1 u
arctan( √1−u
1−u2 2 )du
0
√
changement de variable u = sin(θ) du = cos(θ)dθ = 1 − u2 dθ ⇒ dθ = √ 1
1−u2
π π
6 sin(θ) 6 π2
= arctan( cos(θ) )dθ = θdθ = 72
0 0
1
De même, √ 1 arctan( √1−u )du du
u = cosθdθ = − √1−u
1−u2 1−u2 2
1
2
π
0 3
= arctan( 1−cos(θ)
sin(θ)
)(−)dθ = arctan(tan( 2θ ))dθ
π 0
3
π
1
3
π2
= 2
θdθ = 36
0
1 2 π2 π2
= I = 4(A + B) = 4( π72 +
P
ainsi
n2 36
) = 6
n≥1
Exemple 3
+∞
∀x > 0, Γ(x) = tx−1 e−t dt
0
1
et ∀x, y > 0, β(x, y) = (1 − t)y−1 dt (bien déni, voir TD)
0
∀x, y > 0,
Γ(x)Γ(y) = ]0;+∞[2 tx−1 e−t sy−1 e−s dtds (Fibuni Tonelli)
∀u, v ∈ U
v u
Jφ (u, v) = −uv + u(v − 1) = −u ̸= 0
1 − v −u
Donc φ C 1 -diéomorphisme de U sur V.
37
On pose (t, s) = φ(u, v) et on trouve
Γ(x)Γ(y) = ]0;+∞[×]0;1[ (uv)x−1 (u(1 − v))y−1 e−u |{z}
u dudv
Jac
= ]0;+∞[×]0;1[
ux+y−1 v x−1 (1 − v)y−1 e−u dudv
1
+∞
= ux+y−1 e−u ( v x−1 (1 − v)y − 1dv )du
FT 0
0
| {z }
=β(x,y)
= Γ(x + y)β(x, y)
⇒ β(x, y) = Γ(x)Γ(y)
Γ(x+y)
Corollaire.
Propriété.
Exemple.
Dénition V.6.
Théorème V.7.
Lemme.
Proposition V.6.
Remarque.
38