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Les Épreuves de Job : Confiance et Foi

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Job

Jean Kœchlin
Job 1:1 à 12
Le livre de Job est différent de ceux qui le précèdent. C'est un livre poétique: il est très ancien, enfin ses
personnages sont choisis en dehors du peuple d'Israël. Car la leçon qu'il contient concerne non seulement
la famille d'Abraham mais toute créature. Demandons à Dieu de nous l'enseigner en même temps qu'à
Job. — «Il n'était pas utile de nous donner un long récit de la prospérité de Job; par contre le Saint Esprit
nous raconte en détail tout ce qui a eu lieu pendant ses épreuves. Il en valait la peine et ce récit profitera
aux enfants de Dieu jusqu'à la fin des temps» (J. N. D.).
Les premiers versets (1 à 5) nous apprennent donc brièvement qui est cet homme, ce qu'il possède, ce
qu'il fait pour les siens. Les suivants nous révèlent ce qui se passe au ciel à son sujet. L'Accusateur
redoutable entre en scène (Apoc. 12:10). Mais remarquons deux faits rassurants: 1 ° C'est Dieu qui engage
l'action le premier. 2° La permission qu'il accorde à Satan est rigoureusement limitée. Enfin n'oublions
jamais la question de Rom. 8:33... ni le v. 28 du même chapitre. Nous allons voir «toutes choses» (les
épreuves après la prospérité) travailler ensemble pour le bien de celui qui craint Dieu.

Job 1.13 à 22
Jusqu'ici l'Éternel avait entouré son serviteur Job d'une haie de protection (v. 10). Une barrière invisible
protège ainsi les croyants à la fois contre les attaques du dehors et contre leur propre tendance à quitter le
lieu de la bénédiction. Les enfants de parents chrétiens par exemple sont gardés par l'enseignement reçu à
la maison et dans les réunions. Qu'ils ne renversent pas délibérément cette haie! (Eccl. 10:8).
Satan a obtenu la permission d'agir (comp. Luc 22:31). Il choisit le jour favorable et, avec un
empressement qui souligne sa haine, il frappe le malheureux Job de quatre coups successifs. En un
moment notre patriarche, sans avoir pu reprendre haleine (ch. 9:18), se trouve dépouillé de toute sa
prospérité et privé de ses dix enfants. Debout au milieu de ces ruines, il n'en est pas ébranlé, montrant que
sa confiance ne reposait pas dans les biens reçus, mais en Celui qui les avait donnés. «Est-ce pour rien
que Job craint Dieu?» avait insinué le diable (v. 9). Par grâce, Job lui donne tort; même lorsqu'il n'a plus
rien, il continue de craindre Dieu. Satan avait affirmé: «Tu verras s'il ne te maudit pas» (v. 11).
Que le nom de l'Éternel soit béni! s'écrie Job quand tout lui est ôté (v. 21). Il met en pratique l’exhortation
particulièrement difficile à réaliser: «En toutes choses rendez grâces» (1 Thess. 5:18).

Job 2:1 à 13
Avec la permission de l'Éternel, Satan a lancé un nouvel assaut contre Job. Il s'attaque cette fois à sa
personne. C'en est trop pour la femme de Job. «Maudis Dieu et meurs», s'écrie-t-elle. Nouvelle épreuve
pour notre patriarche! Sa propre femme est l'instrument de l'Ennemi pour l'amener à «maudire Dieu en
face» (comme Satan s'y était engagé: 1:11; 2:5). Mais il reste ferme, recevant le mal comme le bien «de la
part de Dieu» (v. 10; Lam. 3:38). Nous qui nous irritons souvent pour si peu, admirons et imitons l'exemple
de cet homme de Dieu. Notre tendance est toujours de nous arrêter aux causes visibles de nos difficultés.
Mais pour Job ce ne sont pas ceux de Sheba, ni les Chaldéens, ni même Satan, qui sont responsables de
ses malheurs. Il reconnaît la main de Dieu derrière ces agents (seulement il ne sait pas encore que c'est
une main d'amour). Et nous avons un modèle incomparablement plus grand: Celui qui recevait tout de la
main de son Père, y compris la coupe de la colère de Dieu contre le péché (Jean 18:11).
Le chapitre se termine sur une scène impressionnante: Job et ses trois amis, assis muets pendant sept
jours, devant une douleur sans pareille et en présence d'un mystère profond.

Job 3:1 à 26
Comme des vagues successives, sept épreuves ont déferlé sur Job. L'Ennemi (dont la haine est toujours
excitée par l'amour que Dieu porte aux siens) a frappé le patriarche à cinq reprises: dans ses biens (trois
fois), dans ses enfants, puis dans sa santé. Le sixième coup, particulièrement perfide, a été porté par sa
propre femme, mais l'homme de Dieu est resté inébranlable. Vient alors la dernière de ces «sept
détresses» (ch. 5:19), d'un côté qu'il n'attendait pas. Trois amis se sont concertés pour faire à Job une
visite de condoléances. Et ce que les assauts furieux de Satan n'ont pas réussi à produire, la démarche de
ces consolateurs va l'accomplir. À ce propos remarquons combien il est difficile de faire une bonne visite à
quelqu'un qui passe par l'épreuve, et combien il est important de la préparer dans la prière. Ces hommes
sont là, silencieux, qui considèrent dans sa désolation celui qu'ils avaient connu et honoré dans sa
prospérité. Leur donner en spectacle sa misère, être pris en pitié, est plus que Job n'en peut supporter.
L'amertume longtemps contenue déborde enfin. En termes déchirants Job «maudit son jour»; il voudrait
n'être jamais né. Il souhaite la mort. Mais dans sa sagesse et son amour, Dieu n'avait pas permis à Satan
d'aller jusque-là.

Job 4:1 à 21
À leur tour les amis de Job prennent la parole. Ces consolateurs, que vont-ils dire de consolant? Ces
sages, avec quelle sagesse vont-ils instruire leur ami malheureux et calmer son désespoir? Auront-ils,
comme plus tard le divin Docteur, cette langue des savants qui sait «soutenir par une parole celui qui est
las?» (És. 50:4). Au contraire, leurs discours ne feront qu'exaspérer peu à peu le pauvre Job! Ce n'est pas
que leurs arguments soient toujours faux! Nous y trouvons de grandes vérités qui font partie de la Parole
inspirée. Certains versets sont même cités dans le Nouveau Testament (par ex. ch. 5:13 en 1 Cor. 3:19).
Mais Éliphaz, Bildad et Tsophar feront de ces vérités une fausse application au cas de Job. Comme ces
trois hommes, nous pouvons connaître beaucoup de vérités... et les citer mal à propos. «Une parole dite en
son temps, combien elle est bonne» (Prov. 15:23).
Éliphaz dans les v. 3 et 4 rend un bon témoignage à Job qui, avant d'être lui-même sous la discipline, avait
redressé les mains lassées et les genoux défaillants (Héb. 12:12). Eh bien, lui dit assez brusquement son
ami, puisque c'est ton tour d'être atteint par le malheur, mets donc en pratique ce que tu enseignais aux
autres (voir Rom. 2:21).

Job 5:1 à 27
Le thème principal que les trois amis vont développer de diverses manières dans leurs discours est le
suivant: Dieu est juste. Il n'aurait pas frappé Job si sévèrement si celui-ci ne l'avait pas mérité. Toutes ses
épreuves sont une punition, un jugement. Qu'il confesse ses péchés et il sera rétabli! Or nous savons par
le commencement du récit que Job ne s'était rendu coupable d'aucune faute particulière. L'Éternel lui-
même disait à Satan: «Tu m'as incité contre lui pour l'engloutir sans cause (ch. 2:3). Il était donc faux de
considérer son épreuve comme un châtiment. Mais, à l'exception de ce mot, les v. 17 et 18 sont un
admirable résumé de toute son histoire. Rapprochons-les de Prov. 3:11 et 12, cité en Héb. 12:5 et 6: «Mon
fils, ne méprise pas l'instruction de l'Éternel, et n'aie pas en aversion sa réprimande; car celui que l'Éternel
aime, il le discipline». L'Éternel avait bien quelque chose à reprendre et à redresser chez son serviteur:
c'était un esprit de propre justice. Il avait fait la plaie, mais il allait aussi la guérir pour le bonheur de Job. —
Celui que le Seigneur aime! Quelle consolation extraordinaire! La tempête que Satan déchaîne est
finalement pour le croyant une preuve de l'amour divin.

Job 6:1 à 30
Chaque discours de l'un de ses amis donne lieu à une réponse de Job. Il sent bien que son chagrin
excessif lui fait prononcer des «paroles outrées (v. 3). Méfions-nous de ce qui peut nous échapper sous le
coup de l'excitation... ou de la colère (Prov. 29:20). «Quelle est ma fin pour que je patiente?» demande Job
au v. 11. «La patience de Job» à laquelle l'épître de Jacques rend témoignage, n'avait tenu bon que
jusqu'à la sixième épreuve. Et avant qu'il puisse connaître «sa fin», ou plutôt la merveilleuse «fin du
Seigneur» (son but) envers lui, il était nécessaire précisément que cette patience ait eu «son œuvre
parfaite» en lui. C'est l'épreuve de la foi qui la produira (Jacq. 1:3, 4 et 5:11). Comme Job, nous sommes
toujours pressés de connaître la fin de ce qui nous arrive. Mais Dieu, dans sa sagesse, ne nous la révèle
généralement pas d'avance, de manière à nous enseigner la vraie patience, celle qui n'a pas besoin de
comprendre pour se soumettre et compter sur lui.
Job a appris une première leçon, à savoir qu'il n'y a pas de secours en lui-même, que toute capacité est
chassée loin de lui (v. 13). C'est une bonne chose que d'avoir compris cela. Et point n'est besoin d'avoir
traversé autant d'épreuves pour en être convaincu. Croyons simplement ce que nous en dit la parole de
Dieu.
Job 7:1 à 26
La détresse de Job, écrasé dans son corps, torturé dans son âme, face à un Dieu dont le silence le remplit
de frayeur, peut aider ceux qui, comme lui, passent par le découragement, ne comprenant pas le but de
leur épreuve. Comme lui, à la fin du livre, ils n'en connaîtront le sens que par un acte de foi. Ce n'est plus à
Éliphaz, mais à l'Éternel que Job adresse la fin de son discours. Il fait un bref tableau de la condition
pitoyable de l'homme sur la terre. Labeur, soupirs, déception, misère, agitation, amertume, détresse,
dégoût, vanité, sont les expressions qu'il emploie, et qui ne résument que trop bien l'expérience humaine.
Mais le mot clé n'a pas encore été prononcé, celui qui est, qu'on le reconnaisse ou non, la cause première
des malheurs de l'homme. Finalement Job s'écrie: «J'ai péché» (v. 20). Mais il ajoute: «Que t'ai-je fait?»,
comme si le péché n'était que cela: une source de misère pour l'homme, alors qu'il est d'abord et surtout
une offense à Dieu.
D'une manière générale c'est tout ce cheminement de pensée que Dieu s'efforce de produire chez
quelqu'un qu'il éprouve: constatation de son malheureux état, conviction de péché et confession à Dieu.
À la question désespérée des v. 17 et 18, le Ps.8 apporte la glorieuse réponse en présentant Christ, le Fils
de l'Homme, le dernier Adam (1 Cor. 15:22. 45).

Job 8:1 à 22
Écoutons maintenant ce que Bildad va dire. N'osant pas encore affirmer ouvertement que les malheurs de
Job résultent de ses propres péchés, il commence par parler de ses fils. Pour lui la question est simple: la
mort des enfants de Job est la conséquence de leur transgression (v. 4). Ils ont péché et Dieu les a
frappés. Cruelle parole pour cet homme pieux dont nous connaissons l'heureuse habitude: il se levait de
bonne heure pour offrir des holocaustes pour ses fils (ch. 1:5). C'est comme si son ami lui disait: Tes
prières étaient inutiles; Dieu ne t'a pas écouté et n'a pas voulu sauver tes enfants.
Les trois amis ne connaissent Dieu que comme un juste juge. Certes, la justice du Tout-puissant (v. 3) est
un côté de la vérité. Elle est même si parfaite que lorsque son propre Fils s'est chargé de nos péchés, Dieu
a été obligé de le frapper de sa colère. Mais la croix, où a été donnée cette preuve suprême de sa justice,
nous apporte en même temps la plus merveilleuse preuve de son amour. En ne parlant aux hommes que
de justice sans amour, on les pousse au découragement ou à se justifier eux-mêmes. C'est le double effet
que produiront sur Job les raisonnements de ses amis.

Job 9:1 à 21
Bildad a souligné la justice inflexible de Dieu. Job ne peut faire autrement que d'être d'accord avec lui. Mais
alors il soulève la grande question: «Comment un homme sera-t-il juste devant Dieu!» (v. 2). Elle a
tourmenté beaucoup de sages et de penseurs depuis les origines du monde! La réponse n'est pas dans les
raisonnements des philosophes et des moralistes. Elle n'est pas même dans les œuvres puissantes du
Créateur, dont Job donne ici quelques exemples. C'est dans la parole de Dieu que nous la trouvons! Après
avoir établi qu'«il n'y a point de juste, non pas même un seul», elle nous annonce la bonne nouvelle: nous
sommes «justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus...». Et en
même temps: «l'homme est justifié par la foi…» (Rom. 3:10, 24, 28 — voir aussi Tite 3:7: 1 Cor. 6:1 1: Gal.
3:24).
À partir du v. 15 Job exprime sa totale impuissance. Entre Dieu et lui, la lutte est inégale. Il s'estime écrasé
par un juge impitoyable qui sans cause multiplie ses blessures (v. 15, 17). Triste pensée pour un croyant!
— Nous possédons un tendre Père en Jésus. Qu'aucune circonstance, si pénible soit-elle, ne nous le fasse
oublier!

Job 9:22 à 35
Au ch. 7 v. 6 Job avait comparé la fuite de ses jours à la navette du tisserand. Il emploie ici l'image d'un
coureur, puis celle des barques légères emportées par un fleuve, enfin celle d'un aigle qui fond sur sa proie
(v. aussi Jacq. 4:14 et Ps. 39:5). Jeune on ne le réalise guère, par contre le témoignage de tous les
vieillards est unanime: la vie est en réalité vite passée. Et nous n'en avons qu'une seule à vivre.
Non, il n'est pas possible de les retenir, ces jours qui s'échappent sans retour. Par contre, la manière dont
nous les remplissons peut leur donner une valeur éternelle. Employé pour le monde, le temps se dissipe en
vanités mensongères. Mais s'ils sont utilisés pour le Seigneur, les courts moments pendant lesquels nous
sommes sur la terre peuvent porter un fruit qui demeure (Jean 15:16).
Nous adressons une exhortation toute spéciale à ceux d'entre nos lecteurs qui n'appartiendraient pas
encore au Seigneur: Cette rapide fuite des jours incite bien des personnes à jouir de la vie. «De l'heure
fugitive, hâtons-nous, jouissons; L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive...» — a dit un poète.
Mensonge! Il y a une rive (Marc 4:35), il existe un port (Ps. 107:30). Préparez-vous à y aborder en sûreté!

Job 10:1 à 22
«Prends-tu plaisir à opprimer?» Telle est la question que, dans son amertume, Job voudrait poser à Dieu
(v. 3). L'Écriture lui répond par un verset qu'il ne faut jamais oublier dans nos épreuves: «Ce n'est pas
volontiers qu'il afflige et contriste les fils des hommes» (Lam. 3:33). À plus forte raison quand il s'agit de
ses enfants.
Comme Job dans les v. 8 à 12, David au Ps 139 (v. 14 à 16) s'émerveille de la manière dont il a été créé.
Et il conclut de même: Celui qui m'a ainsi «façonné,... tissé d'os et de nerfs», me connaît jusqu'au fond de
l'âme. Comment serait-il possible de lui cacher quoi que ce soit? La lumière de Dieu, ses yeux qui scrutent
le péché, voilà ce qui met Job mal à l'aise (v. 6: ch. 13:9). Il se sent devant l'Éternel comme une proie
chassée par un lion (v. 16). De même l'auteur du Ps. 139 cherche d'abord à s'abriter des regards de Dieu.
Mais à la fin il en vient à désirer être sondé et connu par lui. Quel progrès quand nous en sommes arrivés
là!
«Tes soins ont gardé mon esprit», reconnaît Job (v. 12). À défaut de ces soins, qui sait jusqu'où il aurait
sombré? Peut-être jusqu'à maudire Dieu ou à s'ôter la vie (ch. 2:9)? Réalisons à quel point notre esprit, si
vite excité ou au contraire abattu, a besoin d'être gardé par le Seigneur!

Job 11:1 à 20
Tsophar prend la parole à son tour. Étrange consolateur en vérité! Plus sévère encore que ses deux
compagnons, il commence par accuser Job d'être un bavard (v. 2), un menteur et un moqueur (v. 3). Il
parle ensuite de son iniquité (v. 6). Et, à partir du v. 13, il dresse un tableau de ce qu'à son avis il faut faire
pour être béni par Dieu: Si tu fais ceci, si tu fais cela...! Cette disposition d'esprit s'appelle le légalisme.
Déjà Éliphaz avait engagé Job à mettre sa confiance, non en Dieu, mais dans sa propre crainte de Dieu,
dans l'intégrité de ses voies (ch. 4:6). Et Job n'était justement que trop disposé à s'appuyer sur lui-même —
plutôt que sur l'Éternel. Ceci nous montre à quel point le cœur humain est imbu de propre justice. Même un
croyant est exposé à cet esprit légal qui conduit à penser du bien de soi et par voie de conséquence à
sous-estimer l'immensité de la grâce de Dieu. Les v. 7 à 9 posent précisément des questions au sujet de
l'infini de Dieu dans toutes ses directions: hauteur, profondeur, longueur, largeur. Quel mortel peut les
apprécier? Éph. 3:18, 19 apporte la réponse: Par l'Esprit, tous les saints peuvent être rendus «capables de
comprendre quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur, — et de connaître l'amour du
Christ qui surpasse toute connaissance».

Job 12:1 à 26
Les lieux communs que Tsophar vient d'énoncer comme si Job lui était inférieur en connaissance n'ont fait
qu'humilier et vexer celui-ci. Non seulement il n'a pas été l'objet de la miséricorde qu'il était en droit
d'attendre de la part de ses amis (ch. 6:14), mais il constate qu'il est devenu leur risée! (v. 4: voir aussi ch.
17:2: 21:3: 30:1: Ps. 35:15). Comment ne pas évoquer les hochements de tête de ceux qui passaient
devant le «Juste parfait» crucifié, en se moquant: «Il s'est confié en Dieu; qu'il le délivre maintenant, s'il
tient à lui» (Matt. 27:43)? En d'autres termes: Si Dieu ne le délivre pas, c'est bien la preuve qu'il a mérité sa
colère. (En somme, c'est ainsi que raisonnent les amis de Job à son sujet.) «Nous l'avons estimé battu,
frappé de Dieu et affligé» — dira le peuple juif repentant quand il reviendra à Jésus son Sauveur (És. 53:4).
Oui, Christ, précisément parce qu'il était le juste parfait, a connu et ressenti plus que personne l'amertume
des accusations injustes. Mais sa confiance en son Dieu et son entière soumission n'ont pas été ébranlées
(Ps. 56:5, 6, 11).
Quel contraste avec Job qui n'a pu supporter ni la moquerie ni les accusations mensongères et qui pendant
trois chapitres (12 à 14) va se faire l'avocat de «sa juste cause» (ch. 13:18).
Job 14:1 à 22
Beaucoup de personnes se font de Dieu la même image que Job: un Être tout-puissant qui agit
arbitrairement, sans rendre de comptes à personne et dont les voies sont incompréhensibles. L'homme est
entièrement à sa merci, telle une feuille chassée par le vent (ch. 13:25), et tout ce qu'il peut faire, c'est
chercher à s'abriter de ses coups le mieux possible. Ce «fatalisme» se retrouve dans la plupart des
religions orientales. Il est bien vrai que Dieu est tout-puissant et agit de manière souveraine. Il est
également vrai que l'homme est faible et dépendant: qu'il sort «comme une fleur, et il est fauché» (v. 2: 1
Pier. 1:24). Mais il n'est pas vrai que Dieu se joue de l'homme en le dominant pour son plaisir (v. 20). Au
contraire, il a soin de sa créature et ne brise pas «le roseau froissé» (És. 42:3 Matt. 12:20). «Qui est-ce qui
tirera de l'impur un homme pur?» demande Job (v. 4). Plus loin il s'écrie: «Ma transgression est scellée
dans un sac...» (v. 17). Il n'a pas conscience de la plénitude de la grâce, comme c'est toujours le cas
quand on est occupé de sa propre justice. Chacun de nous connaît-il Celui qui purifie parfaitement le
pécheur souillé et qui a jeté dans les profondeurs de la mer le «sac» pesant contenant tous ses péchés?
(Michée 7:19).

Job 15:1 à 16
Un nouveau débat s'est ouvert. Chaque interlocuteur reprendra la parole dans le même ordre que la
première fois. Coup après coup, les trois compagnons enfonceront leur accusation dans la conscience de
Job, comme on enfonce un clou: Tu es un hypocrite, un homme rusé. Si tu n'étais pas coupable tu ne te
défendrais pas avec autant de paroles. Qui s'excuse s'accuse — dit le proverbe (v. 5 et 6).
Les trois amis de Job sont des moralistes, chacun ayant sa théorie et sa méthode. Éliphaz s'appuie sur
l'expérience humaine: ce qu'il sait (v. 9), ce qu'il a vu (v. 17). Bildad par contre se réfère volontiers aux
anciennes traditions (par ex. ch. 8:8). Quant à Tsophar, nous l'avons remarqué, ses arguments sont
inspirés du plus pur légalisme. Mais aucun des trois ne se fonde sur ce que Dieu a dit. N'ayant que ces
bases incertaines, ne nous étonnons pas s'ils errent, «ne connaissant pas les écritures...» (Matt. 22:29). La
parole de Dieu est la seule source à laquelle nous puissions nous fier pour nous-mêmes et pour aider ceux
qui sont placés sur notre chemin. Un jeune, un enfant même, qui la connaît, a plus d'intelligence qu'un
vieillard à cheveux blancs (v. 10) dont la sagesse ne s'appuie que sur sa propre expérience (Ps. 119:99,
100).

Job 16:1 à 22
«Vous êtes tous des consolateurs fâcheux», répond Job à ses visiteurs (v. 2). Voici comment j'agirais si
vous étiez à ma place et moi à la vôtre (v. 5). Pour sympathiser réellement avec quelqu'un, il est
nécessaire d'entrer dans son épreuve comme si nous la subissions nous-même (Héb. 13:3). Jésus ne
guérissait pas un malade sans avoir senti d'abord tout le poids de sa souffrance. «Lui-même a pris nos
langueurs, et a porté nos maladies» (Matt. 8:17). Aussi mérite-t-il ce nom d'ami (Matt. 11:19) qui convient si
mal aux trois visiteurs de Job.
Au v. 9, Job se voit frappé de la colère de Dieu. Au v. 10, il exprime ce qu'il endure de la part des hommes.
L'épreuve de Job a été multiple. Mais qu'est-elle en comparaison de ce que Christ a souffert, lui qui
«n'avait fait aucune violence»? (És. 53:9; comp. v. 17). Il a subi de la part des hommes animés par Satan,
puis de la part de Dieu durant les trois heures de ténèbres de la croix, des souffrances inexprimables.
Maintenant son sang répandu sauve les croyants et accuse le monde. Il est lui-même dans les cieux pour
nous, le Témoin de notre justification (v. 19). Il est aussi, auprès de Dieu l'Arbitre ou le Médiateur (note)
dont Job sentait la nécessité (v. 21).

Job 17:1 à 16
Job, dans sa douleur, ne voit pas d'autre issue que la mort et l'appelle à son secours. Ceci aurait dû
prouver à ses amis qu'il n'avait pas mauvaise conscience. S'il avait été coupable comme ils l'en accusaient,
n'aurait-il pas redouté de paraître devant Dieu?
Ses paroles se font toujours plus déchirantes: «le suis devenu un homme auquel on crache au visage» (v.
6). Cet outrage odieux et infâmant a été infligé à notre Sauveur (És. 50:6; Marc 14:65 et 15:19). L'homme a
montré toute la bassesse dont il est capable en insultant aussi lâchement Celui qui était sans défense et
déjà dans le plus profond abaissement volontaire!
«Les hommes droits en seront étonnés» continue Job au v. 8. Quelle chose incompréhensible en effet, que
de voir «le juste abandonné»! (Ps. 37:25). Un tel spectacle risquait de renverser la foi de plusieurs en la
justice de Dieu (comp. Ps. 69:6).
«Mes desseins sont frustrés — s'écrie Job — les plans chéris de mon cœur», (v. 11). Il arrive en effet que
Dieu se mette en travers de notre chemin pour nous amener à sonder nos cœurs et à y découvrir des
projets que nous caressions mais qui n'avaient pas son approbation (Prov. 16:9; 19:21). Et disons-nous
bien que lorsqu'il ferme une porte devant nous, c'est parce qu'il sait qu'il n'y a rien de bon pour nous
derrière elle.

Job 18:1 à 21
En accablant leur ami, Éliphaz, Bildad et Tsophar travaillent sans s'en rendre compte à ébranler sa foi.
Accuser quelqu'un, c'est faire l'œuvre habituelle de Satan. Non seulement celui-ci attaque le croyant
devant l'Éternel, comme nous l'avons vu faire aux ch. 1 et 2, mais encore il l'accuse au dedans de lui-
même en lui inspirant des doutes: «Tu n'as pas la vraie sorte de foi! Tu n'es pas sauvé! Tu vois bien que
Dieu t'abandonne! Si tu étais un enfant de Dieu, tu ne te conduirais pas ainsi».
Et les premiers doutes semés en amènent d'autres, car l'Ennemi en profite pour souffler ensuite: «Puisque
tu as des doutes, c'est la preuve que tu n'as pas la foi; un croyant ne peut pas douter.»
Repoussons avec énergie ces «dards enflammés du méchant». Par quel moyen? En nous servant du
«bouclier de la foi», autrement dit la simple confiance en Dieu et dans les promesses de sa Parole (Éph.
6:16).
Bildad évoque le roi des terreurs (v. 14). C'est la mort, menace permanente, vers laquelle tout homme est
contraint de marcher sans savoir quand il la rencontrera. Mais pour le croyant elle n'est plus un sujet
d'effroi. Jésus en affrontant lui-même volontairement la mort, a rendu impuissant Satan qui en avait le
pouvoir (Héb. 2:14).

Job 19:1 à 20
«Jusques à quand?» — avait demandé Bildad (ch. 18:2). — jusques à quand?... réplique Job dont le ton
s'échauffe. Il n'y a en effet pas de raison pour que prenne fin ce «dialogue de sourds» où chacun poursuit
son idée. «Job pense que Dieu est contre lui sans raison; ses amis que Dieu est contre lui avec raison. En
fait tous se trompent; Dieu est pour Job» (A.G.) (comp. Lam. 3:1...).
Nous qui sommes, pour la plupart, entourés de l'affection et de la compréhension des nôtres — et que dire
de celle de l'Ami suprême! — pensons combien Job a dû se sentir seul dans une telle douleur sans pouvoir
ouvrir son cœur à personne! Les v. 13 à 19 nous donnent un écho poignant de ce sentiment de solitude
d'autant plus grande qu'il croit précisément avoir Dieu contre lui: «Il a allumé contre moi sa colère...»
s'écrie-t-il (v. 11). Non Job! La colère divine que nous avions toi et moi méritée a frappé quelqu'un d'autre à
notre place. Ceux qui appartiennent à Jésus ne la connaîtront jamais.
Ayant devant lui l'abandon de Dieu, Christ n'a pu confier sa douleur à personne. Il a été incompris de tous
et délaissé par les siens (Marc 14:37, 50). Dans une souffrance qui n'eut jamais son égale, nul jamais ne
fut seul comme lui.

Job 19:21 à 29; 20:1 à 29


La véhémence de Job contraste avec les froides sentences de ses trois compagnons. Ceux-ci ne
pouvaient lui offrir aucun secours dans sa douleur, mais nous découvrons alors que Job possédait un point
d'appui inébranlable: sa foi en un Rédempteur vivant. Les v. 25 à 27 du chapitre 19 nous l'apprennent: Job,
comme les autres patriarches, avait reçu une révélation divine au sujet de la résurrection. «De ma chair je
verrai Dieu» (comp. Ps. 17:15).
Combien nous en savons plus qu'eux, nous qui voyons l'avenir dans la pleine lumière du Nouveau
Testament! Et pourtant beaucoup d'enfants de Dieu ne dépassent pas la croix où ils contemplent un
Sauveur mort pour leurs péchés. Vérité certes inestimable! Mais savons-nous bien tous que notre
Rédempteur est maintenant vivant (Apoc. 1:18)? «C'est Christ qui est mort, mais plutôt qui est aussi
ressuscité, qui est aussi à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous» (Rom. 8:34).
À ces remarquables paroles de foi que l'Esprit de Dieu a dictées à Job, Tsophar répond par sa propre
intelligence (v. 2, 3). Reprenant le thème d'Éliphaz et de Bildad (ch. 15:20 à 35; 18:5 à 21) il s'étend
longuement sur le sort qui attend les méchants, attaquant ainsi indirectement et sans pitié son pauvre ami
(voir Prov. 12:18).

Job 21:1 à 34
Job se trouve devant un impénétrable mystère: Pourquoi Dieu, qui est juste, frappe-t-il précisément celui
qui cherchait à lui plaire? (Et n'est-ce pas là, la question des questions: celle qu'a posée Jésus sur la croix:
Ps. 22:1?) Pourquoi d'autre part, contrairement à ce qu'ont affirmé Éliphaz, Bildad et Tsophar, les
méchants prospèrent-ils à leur gré sur la terre? Ils insultent Dieu en lui disant: «Retire-toi de nous, nous ne
prenons pas plaisir à la connaissance de tes voies» (v. 14) et malgré cela restent présentement impunis!
(v. 7 à 15; Mal. 3:18). Le silence de Dieu, son indifférence apparente aux provocations des hommes, sont
une énigme pour beaucoup de croyants (Ps. 50:21). Ce grave problème tourmente par exemple le pieux
Asaph dans le Ps. 73. À quoi sert-il de purifier mon cœur — médite-t-il avec amertume — si tout de même
mon châtiment doit revenir chaque matin? Les méchants ont la part plus belle que moi. Mais lisons le v. 17
de ce psaume: «...J'ai compris leur fin»! Ah! ne portons pas envie à ceux du monde! Ce n'est pas de ce
côté de la tombe que Dieu dit son dernier mot. Le contraste est total entre cette fin terrible qui attend ceux
qui n'auront pas cru et l'avenir glorieux que le Seigneur réserve à ses chers rachetés (Jean 14:3; 17:24;
Rom. 8:17, 18).

Job 22:1 à 30
Une troisième série de discours commence. Jusqu'ici les amis avaient parlé du méchant d'une manière
générale: Il fait ceci, il mérite cela (ch. 15:20 ...). À présent Éliphaz découvre le fond de sa pensée par des
accusations directes: ta méchanceté, tes iniquités... (v. 5). Combien cet homme et ses deux compagnons
sont loin des enseignements du Seigneur qui ordonne d'enlever la poutre de son œil avant d'ôter le fétu de
l'œil de son frère (Matt. 7:1 à 5). Et aussi combien loin de son exemple: lui qui s'abaissait pour laver les
pieds de ses disciples (Jean 13:14, 15).
En comparant le v. 3 avec ce qu'a dit l'Éternel à Satan (ch. 1:8: 2:3), nous voyons combien mal Éliphaz
connaît Dieu. Rien au contraire ne lui est plus agréable qu'un homme qui pratique la justice (Act. 10:35).
Toutefois, à travers ces paroles, sachons écouter ce que l'Esprit de Dieu veut nous dire. Si par exemple
l'un de nos lecteurs n'était pas encore en paix avec Dieu, qu'il obéisse à l'injonction du v. 21: «Réconcilie-
toi avec lui, je te prie, et sois en paix: ainsi le bonheur t'arrivera» (comp. 2 Cor. 5:20). Quant au verset
suivant, ne s'adresse-t-il pas à nous tous qui avons encore bien des progrès à faire? «Reçois l'instruction
de sa bouche, et mets ses paroles dans ton cœur»!

Job 23:1 à 17
Job en est déjà à son huitième discours, et le fossé se creuse toujours plus entre lui et ses compagnons.
Ces derniers, comme beaucoup de personnes aujourd'hui, voient en Dieu un Créateur souverain, trop
grand pour condescendre à s'occuper en détail de leurs circonstances et pour tenir compte de leurs
sentiments (voir ch. 22:2, 3, 12). Job a davantage de connaissance. Il sait que Dieu s'intéresse à lui — plus
même qu'il ne voudrait (ch. 7:19) — mais il le croit inaccessible. «Oh! si je savais le trouver», s'écrie-t-il.
Chacun de nous sait-il où trouver Dieu? Il s'est approché de nous en Jésus, de sorte que nous pouvons à
notre tour nous approcher librement de lui par la prière et avoir accès là où Christ est assis, à la droite de
Dieu (v. 3; Héb. 4:16).
Le v. 10 rappelle le but de l'épreuve: «j'en sortirai comme de l'or», affirme Job. Bien qu'il lui manque encore
le sentiment de la grâce qui opère pour son bien, notre patriarche est d'accord avec l'apôtre Pierre. Vous
êtes — écrit celui-ci — affligés pour un peu de temps, si cela est nécessaire, «afin que l'épreuve de votre
foi, bien plus précieuse que celle de l'or qui périt... soit trouvée tourner à louange, et à gloire, et à honneur,
dans la révélation de Jésus Christ» (1 Pier. 1:7, 8).

Job 25:1 à 6; 26:1 à 14


Bildad signifie «fils de contestation». C'est un nom qu'il mérite en effet! Or que recommande la Parole? «Il
ne faut pas que l'esclave du Seigneur conteste, mais qu'il soit doux envers tous, propre à enseigner, ayant
du support, enseignant avec douceur les opposants...» (2 Tim. 2:24, 25). Aucun des trois amis n'a
manifesté ces caractères. Ils savaient poser des questions, ils étaient incapables d'y apporter des
réponses; ils pouvaient blesser mais non guérir, renverser mais non édifier. Après un bref discours de
Bildad, ils se taisent définitivement. Les paroles les plus sévères n'ont pas réussi à produire chez Job une
vraie conviction de péché. Plus il a été accusé, plus il a éprouvé le besoin de se justifier. Cette conviction
de péché, seul l'Esprit de Dieu peut la produire dans une conscience. L'a-t-il fait dans la vôtre?
Et le cœur de Job n'a pas davantage été touché par une vraie parole de consolation. Nous pensons à cette
exclamation du plus grand des affligés: «J'ai attendu que quelqu'un eût compassion..., mais il n'y a eu
personne,... et des consolateurs, mais je n'en ai pas trouvé» (Ps. 69:20).
Loin d'apaiser Job, de l'aider par un sage conseil (ch. 26:2, 3), les propos de ses amis l'ont excité à un
point extrême. Et il se lance à présent dans un long et désolant monologue.

Job 27:1 à 26
Il ne faudra pas moins de six chapitres à Job pour établir sa propre justice. C'est trop et ce n'est pas assez!
Y en aurait-il cent que cela ne suffirait pas, car rien de ce qui vient de l'homme ne peut faire le poids dans
la balance de la justice divine. Mais d'autre part, cette justification est chose faite, entièrement en dehors
de ses propres efforts.
Remarquons que le fait de se justifier lui-même, revient implicitement pour Job à accuser d'injustice ce
Dieu qui le frappe à tort (comp. ch. 40:3). De plus il se permet ouvertement de faire des reproches au Tout-
puissant qui a écarté son droit et qui le tourmente sans raison (v. 2).
Il y a de l'orgueil dans cette attitude. «Je tiendrai ferme ma justice... — dit Job — mon cœur ne me
reproche aucun de mes jours» (v. 6). Mais que répond la parole de Dieu? «Si nous disons que nous
n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous» (1 Jean 1:8).
D'ailleurs, si notre propre cœur ne nous reproche rien, cela ne prouve pas que nous sommes sans péché.
Dieu est infiniment plus sensible au mal que ne l'est notre conscience (1 Cor. 4:4). Dans la pénombre, nos
vêtements peuvent nous paraître propres tandis qu'en plein soleil (celui de la lumière de Dieu) la moindre
tache apparaîtra (Prov. 4:18).

Job 28:1 à 28
Job a déjà compris quelque chose d'important: De cette épreuve que Dieu lui fait traverser, sa foi sortira
comme l'or éclatant du creuset de l'affineur (ch. 23:10). Mais ce qu'il ignore, c'est de combien de scories il
doit d'abord être débarrassé: «Oui... il y a un lieu pour l'or qu'on affine» (v. 1; voir aussi Zach. 13:9 et Mal.
3:3). Et ce lieu, c'est le creuset de l'épreuve! Le Seigneur, comme un sage orfèvre, connaît l'intensité et la
durée de ce feu, nécessaire pour purifier son argent et son or, c'est-à-dire ses précieux rachetés. Le parfait
«Diamantaire» sait combien de coups de ciseau douloureux il devra donner avant que brillent de tous leurs
feux ses onyx et ses saphirs, ses rubis et ses topazes.
L'homme est capable d'accomplir des travaux considérables: barrages, tunnels, autoroutes etc... Il extrait
du sol toutes sortes de denrées rares et de grand prix (v. 9 à 11). Mais il est une chose qu'il ne se
préoccupe guère de rechercher: c'est la sagesse. Pourtant elle a plus de valeur que les perles (v. 18) ou
les rubis, déclare le livre des Proverbes, qui nous parle tellement de cette Sagesse divine (ch. 3:15: 8:11).
Comparez aussi l'importante définition du v. 28 avec Prov. 9:10 et Ps. 1 11:10.

Job 29:1 à 25
Au début du livre, Dieu nous avait brièvement parlé du premier état de Job. Ces versets en complètent le
tableau. Mais cette fois c'est Job qui fait son propre portrait. Tout ce qu'il dit de ses œuvres est
certainement exact. Ainsi les accusations de Tsophar (ch. 20:19) et d'Éliphaz (ch. 22:6, 7, 9) étaient de
pures calomnies (comp. v. 12, 13).
Qui pourrait encore aujourd'hui, aligner autant de titres à l'approbation de Dieu et à la considération des
hommes? Toutefois la complaisance avec laquelle Job décrit sa condition précédente montre qu'il y mettait
son cœur et s'en glorifiait. Il n'avait pas encore appris comme l'apôtre «à être content» dans les
circonstances où il se trouvait; il supportait beaucoup moins bien d'être «abaissé» ou «dans les privations»
que d'être «dans l'abondance» (Phil. 4:11, 12). De plus, nous avons pu remarquer les «je», «moi», «me»
qui se succèdent dans ces versets (environ cent fois). Petits mots qui trahissent la haute opinion que Job
nourrit de sa propre personne. Il avait jusque-là caché dans son cœur, sous une modestie apparente, ce
sentiment qui maintenant éclate au grand jour. Ce qui va permettre à Dieu de l'en délivrer, mais seulement
lorsque Job l'aura confessé.

Job 30:1 à 31
Quel contraste entre ce chapitre et le précédent! Comblé d'honneurs, jouissant d'une popularité flatteuse,
Job s'est trouvé du jour au lendemain, objet de mépris et de moquerie. Le monde est hypocrite et traître.
Les croyants qui ont cru pouvoir lui accorder un moment leur confiance ont fait tôt ou tard cette pénible
découverte. Le cœur humain trouve du plaisir dans le malheur des autres. Ne s'est-il pas réjoui avec malice
de l'abaissement de Jésus? (comp. v. 9 et Ps. 69:12).
Les bénédictions terrestres de Job avaient ainsi pu se flétrir. Celles du chrétien par contre sont des
«bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ» (Éph. l:3). Ni Satan, ni le monde, ni la mort
même, ne pourront jamais les lui enlever... Job qui estimait que sa piété lui donnait droit à la prospérité, va
maintenant jusqu'à se plaindre de Dieu. Sommes-nous sûrs que cela ne nous arrive jamais? Et avec
encore bien moins de raison apparente!
«Je crie à toi, et tu ne me réponds pas» (v. 20). Ce sont les paroles du Ps.22:2. Mais quel contraste entre
l'amertume de Job, qui prête à Dieu des sentiments d'animosité et de cruauté (v. 21), et la parfaite
soumission du Seigneur Jésus qui n'abandonne à aucun moment sa confiance en son Dieu.

Job 31:1 à 12 et 29 à 40
Au ch. 29, Job s'est longuement étendu sur le bien qu'il faisait; il expose ici avec autant de détails le mal
qu'il ne faisait pas: immoralité (v. 1 à 12), injustice (v. 13 à 15), égoïsme (v. 15 à 23), idolâtrie (v. 24 à 28).
On peut se glorifier de l'une ou l'autre manière en oubliant que c'est Dieu seul qui nous incite à bien faire
comme c'est lui qui nous préserve de mal faire.
Il n'en reste pas moins que si quelqu'un avait le droit de s'appuyer sur ses œuvres, c'était bien le patriarche
Job. Paul écrit la même chose à son propre sujet dans l'épître aux Philippiens (ch. 3:4). «Mais — ajoute-t-il
— les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées, à cause du Christ, comme une perte...» Ses
avantages naturels de bon Israélite, sa justice passée de pharisien consciencieux, tout cela il le considère
désormais comme des ordures. De sorte que Dieu n'a rien besoin de lui ôter comme à Job; Paul, par
grâce, a déjà mis de côté tout ce qui n'était pas Christ.
Remarquons les nombreux points de suspension dans le texte; ils semblent sous-entendre toutes les
bonnes choses que Job pense de lui-même et de ses œuvres passées.
Enfin, en terminant cet exposé de tous ses mérites, Job y appose solennellement sa signature et met Dieu
au défi de lui répondre (v. 35).

Job 32:1 à 22
Éliphaz, Bildad et Tsophar ont épuisé leurs arguments. À son tour Job s'est tu! Alors entre en scène un
nouveau personnage: Élihu, dont le nom signifie «Dieu lui-même». L'Esprit de Dieu va s'exprimer par sa
bouche (1 Pierre. 4:11).
L'insuffisance de l'homme a été amplement démontrée. En Job s'est manifestée l'incapacité de supporter
l'épreuve; chez ses amis: la vanité des consolations humaines. Maintenant que «la sagesse terrestre» a
été mise en défaut, «la sagesse d'en haut» va parler par Élihu (Jacq. 3:14 à 17). Et, devant cet homme
plus jeune qu'eux, les quatre vieillards vont se trouver confondus.
Élihu a le sens des convenances. Il a attendu avec patience la fin des précédents discours. Les jeunes
spécialement doivent savoir écouter. C'est d'abord une marque de sagesse (Jacq. 1:19). La connaissance
et l'expérience de leurs aînés est généralement plus grande que la leur! C'est ensuite de la simple
politesse!
Toutefois ces égards n'empêchent pas Élihu d'être saisi d'une sainte colère. La gloire de Dieu a été mise
en question par Job et ses compagnons, et l'homme de Dieu fidèle ne peut pas les ménager. Il n'a le droit
ni de flatter, ni de faire acception de personnes, deux dangers auxquels nous n'échappons pas toujours (v.
2 1).

Job 33:1 à 22
À deux reprises déjà Job a réclamé l'intervention d'un arbitre (ou d'un médiateur: ch. 9:33 et 16:21). Désir
qui est exaucé! Élihu va être pour lui l'interprète des pensées de Dieu. Ce rôle, Job l'avait compris, ne
pouvait être rempli que par un homme comme lui (ch. 9:32). «Voici je suis comme toi quant à Dieu, je suis
fait d'argile, moi aussi», — répond Élihu (v. 6).
L'Écriture nous apprend que le «médiateur entre Dieu et les hommes est un, l'homme Christ Jésus...» (1
Tim. 2:5). Profond mystère de l'humanité du Seigneur, sans laquelle il n'aurait pu davantage se faire le
porte-parole de l'homme devant Dieu!
«Dieu parle une fois, et deux fois...» (v. 14). Après avoir parlé par des prophètes, Dieu a parlé dans le Fils.
Quelle attention le monde aurait-il dû porter à ce langage! (Héb. 1:1, 2; 2:1). Pourtant notre v. 14 continue
ainsi: ... «et l'on n'y prend pas garde». Si grande est l'indifférence et la dureté du cœur humain! C'est
pourquoi la même épître avertit solennellement: «Prenez garde que vous ne refusiez pas... celui qui parle
ainsi des cieux» (Héb. 12:25). Par une brève sentence, Élihu met de côté tous les raisonnements: «Dieu
est plus grand que l'homme» (v. 12). Et il n'a pas de comptes à rendre à ce dernier (v. 13).

Job 33:23 à 33; 34:1 à 15


Les v. 23 et 24 du ch. 33 dirigent nos pensées sur Jésus, l'interprète par excellence, le Messager de
l'amour divin. Il est venu montrer à l'homme pécheur le chemin de la droiture, autrement dit l'amener à
reconnaître son état, à se juger dans la lumière divine. La vie de Christ ici-bas a, entre autres, ce but: elle
manifeste par contraste le véritable état de l'homme. Mais pour que Dieu fasse grâce, une propitiation était
nécessaire. Elle a été trouvée: c'est la mort de Christ. Par elle nous sommes délivrés de la fosse de la
destruction. Ce n'est pas tout! les v. 25 et 26 suggèrent la nouvelle vie, la communion, la joie, la justice qui
sont notre part. Dieu nous a pour agréables (Éph. 1:6). Autant de conséquences de la résurrection de
Christ, notre Médiateur, et de sa présence actuelle dans la gloire. Enfin les v. 27 et 28 rappellent le
témoignage que nous sommes appelés à rendre «devant les hommes» au sujet de ce que Dieu a fait pour
nous. Puissions-nous ne pas l'oublier!
Au ch. 34 Élihu est obligé de parler d'une manière sévère. En se justifiant, Job avait accusé Dieu d'injustice
(ch. 32:2). C'était plus grave qu'il ne le pensait! Il s'était en cela associé aux incrédules et aux méchants, et
devait être repris vertement (Rom. 9:14).

Job 34: 16 à 37
Il est impossible à un homme de se former un jugement sur Dieu par ses propres raisonnements. Il n'a en
effet que ses semblables comme éléments de comparaison. Pour que sa créature puisse Le connaître, il a
fallu que Dieu se révèle lui-même. Et encore, n'est-ce pas notre propre intelligence qui peut saisir cette
révélation divine. La foi seule en est capable. Dieu se manifeste maintenant par son Esprit. «Personne ne
connaît les choses de Dieu... si ce n'est l'Esprit de Dieu» (1 Cor. 2:11). Il conduit le croyant dans toute la
vérité (Jean 16:13). Élihu instruisant Job nous en est une image. Il lui montre qu'en déduisant sa
connaissance de Dieu de ses expériences et de ses pensées (v. 33) il a fait complètement fausse route.
N'en est-il pas arrivé à condamner Celui qui est pourtant le Juste par excellence (v. 17)?
Qu'aurait dû faire Job, plutôt que de nourrir et d'exprimer toutes ces fausses pensées au sujet de Dieu? Lui
demander humblement: «Ce que je ne vois pas, montre-le moi» (v. 32). Courte prière que chacun de nous
a aussi besoin d'adresser au Seigneur à tout moment de la journée!

Job 35:1 à 16
Job avait tiré de ses malheurs la triste conclusion suivante: Ce n'était vraiment pas la peine de s'appliquer
à être juste; il n'en avait finalement aucun avantage de plus que s'il avait péché! (ch. 9:22: 34:9; 35:3).
Hélas, il découvre là le fond de son cœur! Il parait donner raison à Satan qui avait insinué: «Est-ce pour
rien que Job craint Dieu»? (ch. 1:9). Cela ressemble presque au raisonnement de «ces hommes
corrompus dans leur entendement... — dont parle l'apôtre — qui estiment que la piété est une source de
gain» (1 Tim. 6:5: lire aussi Mal. 3:14).
Notre patriarche ne savait pas jusqu'alors qu'il y eût de tels sentiments dans son cœur. Il connaissait ses
bonnes actions, mais pas leurs secrets motifs. Et ceux-ci étaient loin d'être toujours bons. Laissons l'Esprit
nous sonder par la Parole, discerner et mettre à nu les intentions de nos cœurs (Héb. 4:12). C'est le
service qu'Élihu rend à Job en lui parlant la vérité. Certaines choses ne sont pas agréables à entendre;
mais «les blessures faites par un ami sont fidèles» (Prov. 27:6 voir aussi Col. 4:6). Et quand ces leçons
nécessaires auront été apprises, les larmes, les cris de détresse, les appels au secours (ch. 19:21) feront
place à «des chants de joie dans la nuit» (v. 9. 10).

Job 36: 1 à 21
Élihu poursuit son discours: Il justifie Dieu (v. 3) en réfutant deux fausses pensées à son sujet: Malgré sa
puissance, le Créateur s'occupe de sa créature et ne la méprise nullement (v. 5). Le juste, autrement dit le
croyant, est l'objet de ses soins particuliers. Qu'Il l'élève (v. 7) ou au contraire lui envoie des épreuves (v.
8), ses yeux sont toujours sur lui. Et, en second lieu, Dieu n'agit pas d'une manière capricieuse, comme
Job l'avait laissé entendre. En permettant l'épreuve, il poursuit un but précis montrer aux siens ce qu'ils ont
fait, ouvrir leurs oreilles à la discipline, les faire revenir s'il y a lieu de leur iniquité. La discipline forme les
disciples. Héb. 12:7, nous rappelle qu'elle est réservée aux «fils de Dieu» de même que des parents
corrigent leurs propres enfants et non ceux des autres. Elle est donc une preuve de notre relation avec
notre Père. Mais, selon le même passage (Héb. 12:5, 6), l'âme qui y est soumise peut ou bien la mépriser:
ne pas l'écouter, ni y attacher d'importance (v. 12; comp. ch. 5:17); ou au contraire perdre courage: c'est-à-
dire oublier que c'est le fidèle amour du Seigneur qui l'a préparée (lire Ps. 119:75). Une troisième attitude
est la bonne: être exercé par cette discipline, autrement dit se demander dans quel but Dieu nous l'envoie
(Héb. 12:11).

Job 36: 22 à 33; 37:1 à 4

«Qui enseigne comme lui?» demande Élihu (v. 22). Dieu a son école. À la différence de celles des
hommes, elle dure toute la vie. Si nous acceptons d'en suivre les classes, elle nous rendra plus sages et
plus instruits que ne pourraient le faire toutes les universités du monde (Ps. 94:10, 12; És. 48:17).
Après avoir entendu le sermon sur la montagne, les foules devaient reconnaître que Jésus les enseignait
«comme ayant autorité, et non pas comme les scribes» (Matt. 7:29). Autorité et aussi sagesse, patience
inlassable, douceur même dans la répréhension, tels ont été les caractères du Docteur venu de Dieu pour
enseigner les hommes (Jean 3:2). Il n'est plus sur la terre, mais il nous a laissé sa Parole, source de toute
instruction pour nos âmes.
Élihu glorifie la puissance de Dieu (v. 22), son œuvre (v. 24), sa grandeur, (v. 26), sa justice et sa bonté (v.
31). Réjouissons-nous de pouvoir proclamer avec lui: «voici, Dieu est puissant — voici, Dieu se montre
élevé — voici, Dieu est grand». Faire connaître le Père et glorifier son nom, telle fut pour Jésus pendant
qu'il était ici-bas le but de tout son ministère et le résumé de son enseignement (Jean 17:4, 6, 26).

Job 37: 5 à 24
Pour dépeindre l'état d'âme du patriarche et les voies de Dieu envers lui, Élihu prend ses exemples dans le
ciel en un jour d'orage (voir déjà ch. 36:27 à 29, 32, 33; ch. 37:2...). Les sombres nuages illustrent les
deuils et les épreuves qui, pour un moment, avaient caché à Job la lumière de la face de Dieu. Il est difficile
au cœur naturel d'en comprendre le mystérieux balancement (v. 16). Mais Job doit savoir une chose: ces
nuages sont chargés par Dieu d'une eau de bénédiction pour lui (v. 11 et ch. 26:8). Car la pluie peut
tomber de plusieurs manières: en bonté, pour la terre (Ps. 65:10), ou au contraire comme châtiment,
comme verge (v. 13; comp. Ps. 148:7, 8). Elle descend en gouttes abondantes et bienfaisantes (ch. 36:27,
28), sous forme d'averses fertilisantes (v. 6) ou au contraire en flots torrentiels — les pluies de sa force —
qui ravagent le sol sans y pénétrer. Dans ce dernier cas, il s'agit d'un jugement, sans effet sur l'âme. Mais
telle n'est pas la pensée de Dieu envers son serviteur Job. Il veut le bénir, il le corrige avec mesure
(Jér.10:24) et lui fera dire avec le cantique: Si quelquefois un nuage, — Vient me dérober ta beauté, — Ami
divin, après l'orage, — Comme avant, brille ta clarté (comp. v. 21).

Job 38:1 à 18
«Que le Tout-puissant me réponde», s'était écrié Job (ch. 31:35; comp. ce que lui avait dit Éliphaz ch. 5:1).
Eh bien, ce Dieu qu'il croyait sourd et inaccessible exauce son désir, mais non pas comme Job l'aurait
pensé! Car au lieu de répondre à ses questions, l'Éternel va à son tour lui en poser toute une série. Nous
voyons souvent le Seigneur Jésus faire de même avec ses interlocuteurs (par ex.: Luc 10:25, 26; 20:2 à 4
et 21 à 24).
À cause de la haute opinion qu'il avait de lui-même (ch. 31:37), Job avait besoin d'être humilié; et c'est ce
que Dieu va produire par ses questions: lui faire mesurer sa petitesse et sa profonde ignorance. La science
d'observation, quand elle est objective, conduit à ce résultat, c'est pourquoi les plus grands savants sont
souvent les plus modestes.
«Quand l'homme écoute, Dieu parle...» a dit quelqu'un. Et Dieu est patient; il a laissé à Job et à ses amis
tout le temps d'exprimer leurs idées fausses; il a ensuite chargé Élihu de les réfuter. Enfin le silence s'est
fait, Dieu peut parler, et il aura évidemment le dernier mot. Sachons, nous aussi, nous taire quelquefois,
imposer silence à nos esprits agités, pour que Dieu puisse nous faire entendre sa voix.

Job 38:19 à 38
La création est le premier témoignage que Dieu rende de lui-même, et tout homme sans exception est
responsable de discerner par le moyen de l'intelligence «ce qui ne peut se voir de lui, savoir et sa
puissance éternelle et sa divinité». Contempler les «choses qui sont faites, sans reconnaître et honorer
Celui qui les a faites rend les hommes inexcusables (Rom. 1:19, 20).
Dieu nous invite avec Job à admirer son bel univers. Et de toutes les merveilles de la création, qui peut
parler avec plus de compétence que son Auteur lui-même? Or celui qui a créé la lumière, qui a «serré les
liens des Pléiades» et établi «les lois des cieux», est aussi celui qui condescend à s'occuper d'une seule
âme: ici celle de Job; mais également la mienne et la vôtre! Comme l'exprime un cantique: Le pécheur
misérable — À plus de prix à ses yeux, — Que le cortège innombrable, — Des étoiles dans les cieux.
De tout temps les hommes se sont attachés à scruter les cieux. Certains y consacrent leur existence.
N'est-il pas plus important de consacrer la nôtre à sonder les Écritures? (Jean 5:39). Car si «les cieux
racontent la gloire de Dieu» (Ps. 19:1), la Parole, elle, rend témoignage à sa grâce.

Job 39:1 à 26
Resté muet sur le sujet des grands phénomènes de la nature, puis sur celui des lois qui maintiennent
l'équilibre des mondes, Job, élève ignorant, est à présent interrogé en zoologie, par le Maître de toute
connaissance. Sa note en cette matière ne sera pas meilleure. Depuis les temps reculés où vivait notre
patriarche, et en dépit de tous les efforts de l'homme pour les sonder, que de mystères subsistent dans la
Création, mystères auxquels se heurte la science humaine, souvent aveuglée par ses théories. À
commencer par celui de l'origine de la vie!
Dieu parle de beaucoup de choses dans ces quatre chapitres. De petites aussi bien que de grandes. Mais
toutes sont des choses que Lui a faites. Par contre, nous n'y trouverons pas un seul mot des œuvres de
Job. De tous ses mérites dont le patriarche avait pourtant pris la peine de faire la longue énumération,
l'Éternel ne peut en retenir un seul. Sans la croix, sur laquelle déjà par avance Dieu portait ses regards
(Rom. 3:25), oui, sans la croix, un tel homme était perdu.
Ami qui avez peut-être encore confiance dans vos propres efforts et dans vos capacités, regardez au
Seigneur. Il a lui-même accompli de grandes choses qui exaltent sa sagesse,... mais, par-dessus toutes,
l'œuvre de votre salut qui magnifie son amour.

Job 39:22 à 38
Job avait pensé que son bien-être n'intéressait pas 1`Éternel. Mais y avait-il une créature quelconque, du
petit corbeau au cheval ou à l'aigle, dont Dieu ne s'occupait pas? S'il prend soin de tous les êtres vivants, à
plus forte raison veille-t-il sur l'homme, sa créature la plus élevée, possédant même une vie au-delà du
tombeau.
Le Seigneur Jésus, dans les évangiles, donne aux siens exactement le même enseignement (comp. v. 3 à
Luc 12:24). Et il nous invite à ne pas nous faire de souci pour nos besoins de chaque jour; Dieu les
connaît. Une seule chose peut nous manquer — et nous fait souvent défaut — c'est... la foi en ce Dieu
fidèle.
L'Éternel vient de parler à Job de sa création; celui-ci en conclut justement: «Voici je suis une créature de
rien». Mais il ne peut encore en dire davantage. Lui qui s'était proposé de discuter avec Dieu pour ainsi dire
d'égal à égal (ch. 10:2; 13:3; 23:3, 4) maintenant que l'occasion lui en est fournie, comprend devant toute la
grandeur de son Créateur que cela n'est pas possible. C'est une première leçon, mais il lui en reste une
autre à apprendre. L'Éternel va parler pour la seconde fois afin d'amener Job à une pleine et sincère
conviction de péché.

Job 40:1 à 27
Le tableau de la création ne serait pas complet sans la description de deux animaux mystérieux et terribles.
Le premier est le béhémoth, peut-être l'hippopotame, en tout cas une bête impressionnante dont la
puissance évoque celle de la mort. Fait solennel: celle-ci dut être la première des voies de Dieu envers
l'homme coupable. Comme conséquence de la chute, une épée invincible arme la mort pour la sanction du
péché (v. 14, voir Gen. 3:24). Non seulement elle fait sa proie de chaque homme, mais toutes les bêtes de
la terre lui sont données en pâture (v. 15). Le Jourdain, fleuve de la mort (v. 18) nous en parle aussi.
Mais voici un monstre plus redoutable encore. La mort n'a pouvoir que sur la vie présente, tandis que
Satan, dont le Léviathan est la figure, entraîne ses victimes avec lui dans la seconde mort (És. 27:1). En
face d'un tel ennemi, nous sommes naturellement aussi désarmés qu'un enfant qui prétendrait avec un
hameçon dérisoire s'emparer d'un crocodile! (v. 20). Certes, on ne joue pas impunément avec la puissance
du mal. Sommes-nous donc à sa merci? Non, par la grâce de Dieu! Christ a triomphé à la croix du terrible
Adversaire. Souvenons-nous de cette bataille définitive et demeurons attachés à Celui qui l'a remportée (v.
27; Col. 2:15).

Job 41:1 à 25

Sous cette image terrifiante du Léviathan, Dieu découvre à Job son accusateur du ch. 1, son ennemi du ch.
2. Un combattant doit connaître son adversaire pour ne pas le sous-estimer. Il faut que le croyant sache
quelle est la force de Satan (v. 3) vaincu à la croix mais toujours actif, dont nous n'ignorons pas les
desseins (2 Cor. 2:11). Voyez ce qui le caractérise: sa double mâchoire (v. 4; comp. 1 Pier. 5:8); son cœur
dur comme la pierre (v. 15) car il est absolument étranger à l'amour divin. Il est invulnérable à toute force
humaine (v. 17 à 20) et il sème l'épouvante par son arme: la mort qui a raison des hommes les plus forts
(v. 16).
Mais Satan est aussi «le menteur» et le séducteur; gardons-nous bien de ses illusions (v. 9; Jean 8:44; 2
Cor. 11:14). Il attire les âmes dans le monde, cette mer bouillonnante des passions humaines, en
présentant ses ressources comme une nourriture valable (la marmite) ou comme un remède aux maux (le
pot d'onguent). Sous une apparence de sagesse et d'expérience (les cheveux gris), c'est à l'abîme qu'il
conduit, pour les y engloutir, les insensés qui suivent son brillant sillage (v. 22, 23).
Enfin, retenons le titre effrayant qui lui est donné: «Il est roi sur tous les fils de l'orgueil» (note; voir 1 Tim.
3:6).

Job 42:1 à 17
Et nous arrivons au dénouement du livre, à la grande leçon que Job, enfin, a comprise. On l'appelle
l'affranchissement, la délivrance du moi méprisable. Pendant que l'Éternel lui parlait, toute la bonne opinion
que Job avait de lui-même s'était progressivement évanouie. Au fur et à mesure, il découvrait avec effroi la
méchanceté de son cœur. Lui qui s'était engagé à ne plus rien ajouter (ch. 39:38) s'écrie: «J'ai horreur de
moi et je me repens...». Voilà ce que doit dire un homme «parfait et droit, craignant Dieu et se retirant du
mal», lorsqu'il se tient dans la présence de Dieu!
Job a été criblé comme le blé. Pénible travail, mais qui, comme pour Pierre plus tard, l'a débarrassé de la
confiance en lui. Il peut maintenant fortifier ses frères et il prie pour ses amis (v. 10; comp. Luc 22:32).
L'Éternel l'appelle à quatre reprises «mon serviteur Job» et blâme les trois consolateurs fâcheux. Il en
envoie d'autres à Job, qui, ceux-là, lui apportent une vraie sympathie. Et, non seulement il rétablit l'ancien
état du patriarche, mais il lui donne le double de tout ce qu'il possédait précédemment. Cependant Job a
maintenant acquis quelque chose de plus précieux que tout: il a appris à se connaître lui-même, en même
temps qu'il apprenait à connaître Dieu.

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