Dans ce module, nous allons explorer pourquoi la gestion énergétique est
devenue une question stratégique urgente pour les organisations, et
pourquoi les organisations jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les
changements climatiques et la transition vers une économie faible en
carbone. Nous allons également présenter RETScreen Expert, le logiciel de
renommée mondiale pour la prise de décision en matière d'énergies
propres.
À la fin de ce module, les participants seront en mesure de :
Identifier le contexte de la gestion énergétique par les organisations
Expliquer pourquoi la gestion énergétique est un enjeu stratégique pour les
organisations
Énumérer les facteurs qui influencent la gestion énergétique
Localiser les fonctionnalités et les composantes de RETScreen Expert
1- Gestion de l’énergie : impératif stratégique :
Nous sommes au début de notre aventure sur la façon de gérer plus
efficacement l'énergie dans les organisations.
Aujourd'hui, nous allons explorer pourquoi la gestion de l'énergie est
devenue une question stratégique urgente pour les organisations et
pourquoi les organisations doivent jouer un rôle essentiel dans la lutte
contre les changements climatiques et la transition vers une économie
faible en carbone.
Nous commencerons par nous poser la question,
« comment en sommes-nous arrivés là? »et examinerons les tendances
mondiales dans les consommations d'énergie et des émissions de gaz à
effet de serre.
Nous regarderons ensuite vers l'avenir et explorerons pourquoi une action
concertée de l'industrie sera une priorité si importante pour la planète.
Enfin, nous en tirons des conclusions sur les implications stratégiques pour
les organisations et pourquoi leur engagement à agir est essentiel.
Les changements climatiques font référence aux changements à long
terme des modèles climatiques mondiaux ou régionaux.
Les changements climatiques sont causés par l'activité humaine,
principalement le résultat de l'utilisation de combustibles fossiles qui
émettent du dioxyde de carbone dans l'atmosphère.
Les changements climatiques affectent tous les pays de tous les continents
et constituent une menace existentielle pour la planète.
Nous avons déjà vu ces effets dans les conditions météorologiques plus
extrêmes, l'élévation du niveau de la mer, les dommages causés aux
espèces vulnérables,
et la perturbation de la vie économique et sociale.
Il est urgent d'agir sur de nombreux fronts pour lutter contre les
changements climatiques.
Dans ce cours, nous nous concentrons sur les organisations et le rôle
qu'elles peuvent jouer.
Donc la consommation d'énergie mondiale ne cesse d'augmenter
dans les 50 dernières années, on le voit, on a doublé notre consommation
d'énergie et la progression est constante.
C'est donc un défi particulier parce que cette augmentation se fait dans les
énergies renouvelables, mais aussi et tout autant voire plus dans les
énergies fossiles.
On a environ plus des 2 tiers des énergies qui sont de sources fossiles et
cela pose un problème environnemental.
On a quand même un 20 pourcent d'électricité qui fait partie de la
consommation d'énergie et lui, ce segment là, il est en forte croissance.
C'est une très bonne chose parce que l'énergie électrique, elle peut être
produite à partir de sources renouvelables, mais on a encore une forte
proportion, à l'échelle mondiale, de charbon dans la production d'électricité.
Donc même au niveau de l'électricité, il va falloir faire des grands efforts
pour sortir le charbon de la production.
Au niveau des émissions, on a aussi un doublement des émissions
mondiales.
Dans tous les pays,il y a une croissanceou une stagnation des émissions.
Il y a certains pays où on a une réduction importante, mais ça reste très
marginal par rapport à la tendance mondiale.
Donc on a un doublement des émissions et comme on le voit sur le
graphique, on n'est pas en ralentissement.
On continue d'augmenter nos émissions de gaz à effet de serre.
Étant donné l'importance de la consommation d'énergie fossile dans les
émissions de gaz à effet de serre, ça va être inévitable de réduire notre
consommation d'énergie fossiles,
sinon on ne pourra pas réduire les émissions de gazà effet de serre.
Les grands secteurs de consommation étant l'industrie, avec environ 30
pour cent de notre consommation d'énergie, et le transport, un autre 30
pour cent.
C'est dans ces 2 grands secteurs qui va falloir faire les plus gros [Link]
aura aussi des efforts à faire dans les bâtiments, les bâtiments résidentiels
sont environ 20 pour centde la consommation d'énergie, les bâtiments
commerciaux,l'agriculture et d'autres petits secteurs font le reste de la
consommation.
Dans tous les pays du monde,il y aura des priorités différentes à mettre en
œuvre, mais au niveau du transport, ça sera inévitable, il va falloir
rationaliser nos transports, mettre davantage de transport électrique et
même chose du côté industriel, il va falloir développer davantage
d'efficacité énergétique et des nouvelles solutions pour réduire notre
consommation dans ces secteurs là.
Si une panoplie de mesuressont mises en place, de plus en plus on
accepte d'avoir un prix sur le carbone, et ça, c'est probablement l'incitatif le
plus importantà mettre en place dans l'économie, un prix sur le carbone,
pour amener de manière rentable des alternatives a émerger.
En parallèle de ce prix sur le carbone, il va forcément devoir y avoir de la
réglementation pour justement guider un peu le marché vers certains types
d'équipements ou certaines normes qui vont être essentielles de mettre en
place pour pouvoir réduire.
Il va falloir informer aussi et de plus en plus, on va pouvoir faire de la
recherche et du développement pour pouvoir développer des nouvelles
solutions, surtout en industrie pour certains procédés industrielsdans les
industries lourdescomme le ciment, l'acier, l'aluminium,
il y a des émissions de procédés qui vont demander des innovations
technologiques, parce qu'on a des émissions de gazà effet de serre qui ne
proviennent pas de la combustion d'énergies fossiles, mais de procédés et
là,il faudra penserà des nouvelles technologiespour réduire ces émissions.
On est à un point tournant dans la lutte contre les changements
climatiques,le bon aspect, c'est qu'il y a une mobilisation mondiale sans
précé[Link] a, au niveau des dirigeants mondiaux,
un accord sur le climat,
avec l'accord de Paris, mais aussi
une détermination à agir
dans plusieurs pays du monde.
Et donc ça c'est très important
et c'est très stimulant.
D'autant plus que
les technologies se développent
pour pouvoir soutenir
ce mouvement politique et humain
qui nous amène vers
la réduction des émissions.
Au niveau des organisations,
ça va être extrêmement important
qu'elle aussi réalise que
il faut faire des actions concrètes
pour réduire
la consommation d'énergie
et les émissions de gaz à effet de serre.
Et donc on va se trouver
dans une situation
de stratégie, à la fois de pression
et d'attraction, en anglais
on dit "pull or push",
"pull and push strategies".
Et les gouvernements,
d'un côté, ils vont pousser
pour des stratégies qui vont
forcer, à travers la réglementation
et la tarification,
la réduction des émissions,
mais de plus en plus,
les organisations vont réaliser qu'il y
a un côté attrayant dans cette lutte
contre les changements climatiques
parce que ce sont des opportunités
pour être plus compétitives,
améliorer leur efficacité interne
et surtout réduire
une panoplie de risques
par rapport aux risques climatiques,
aux risques financiers, d'achat d'énergie.
Et bien, elles vont en fait pouvoir
se positionner de manière
plus stratégique pour être non seulement
des acteurs de la transition énergétique,
mais aussi des compagnies
qui se développent à l'interne et qui
améliorent leur productivité.
Et je pense que
on a un mouvement qui va permettre
à toutes les organisations
de réaliser les gains
qu'elles peuvent faire pour elle-même
à travers cette lutte mondiale
contre les changements climatiques.
Les décideurs politiques
comme les gouvernements
et les institutions internationales
jouent un rôle crucial dans la lutte
contre les changements climatiques.
Les politiques sont
tournées vers l'avenir,
elles façonnent l'avenir
et définissent le cadre
d'action des citoyens
et des organisations.
Les décideurs politiques peuvent encourager 3 grandes stratégies :
l'atténuation, l'adaptation et la géo-ingénierie.
Chaque stratégie implique différents types de mesures avec des délais
différentspour voir les résultats et différents niveaux de risque.
Les stratégies d'atténuation visent à réduire les émissions de gaz à effet de
serre causées par l'activité humaine.
De telles stratégies nécessitent une collaboration mondiale pour être
efficaces.
L'accord de Paris est un bon exemple d'une telle collaboration.
Il repose sur un engagement commun de gouvernement du monde entier à
réduire les émissions et à travailler ensemble pour limiter le réchauffement
climatique.
Les pays qui ont signé cet accord utilisent ensuite leurs propres
instruments, comme la réglementation et des mesuress comme les taxes
sur le carbone,
pour s'assurer que leurs engagements soient respectés.
L'un des défis des stratégies d'atténuation, en particulier la réglementation,
et qu'elles nécessitent une mise en application pour être efficaces.
Et comme nous l'avons vu dans le passé, les progrès vers la réduction des
émissions ont été très lents à l'échelle mondiale.
Un autre point à considérer est que les progrès technologiques jouent un
rôle clé dans la réussite des stratégies d'atténuation.
Les stratégies d'adaptation
tentent de limiter les impacts
des changements climatiques.
La construction de digues
pour protéger les zones côtières
de l'élévation du niveau de la mer
est un exemple de
stratégie d'adaptation.
L'un des avantages de cette stratégie
est qu'elle peut obtenir des résultats
assez rapidement, et ce, au niveau local.
Il est important de noter,
cependant, que les stratégies d'adaptation
ne visent pas à réduire
les émissions de gaz à effet de serre.
La géo-ingénierie consiste à modifier
délibérément le système climatique
en utilisant la technologie
pour réduire la concentration
de carbone dans
l'atmosphère ou pour gérer
le niveau de rayonnement solaire.
La gestion du rayonnement solaire
peut poser un risque important
et peut avoir des conséquences imprévues.
Cependant, la capture directe
du carbone dans l atmosphère
semble une approche de géo-ingénierie
plus prometteuse et moins risquée.
L'élaboration de politiques de lutte
contre le changement climatique
est complexe.
Il y a des dimensions économiques
et technologiques
dont il faut tenir compte,
ainsi que des considérations
sociales et politiques.
Les modèles mathématiques
d'aide à la décision sont largement
utilisés par les décideurs politiques,
car ils fournissent un cadre rationnel
pour analyser l'impact des politiques
sur le changement climatique.
Le développement de ces modèles
est au cœur de mon travail.
Au cours des 20 dernières années,
mes collègues et moi avons exploré
la capacité de chacune des 3 stratégies
à lutter contre les
changements climatiques.
Nos travaux
sur les stratégies d'atténuation
indiquent que des changements économiques
rapides et substantiels
seront nécessaires pour réduire
considérablement les émissions de gaz
à effet de serre.
Par exemple,
l'un de nos modèles pour le Canada
montre que parvenir
à une profonde décarbonisation
d'ici 2050 nécessitera
une série de transformations importantes
dans le secteur de l'énergie,
en particulier, la mise
en œuvre de mesures
d'efficacité énergétique,
une décarbonisation rapide
de la production d'électricité
et une électrification massive
des consommations finales, complétées
par la bioénergie.
L'ampleur d'un tel
défi de décarbonisation signifie
qu'il n'y a pas vraiment de place
pour retarder ces changements.