Lycée Laetitia Bonaparte Spé PT
Corrigé de Banque PT 2013 – Épreuve B
Partie I
1.(a) La distance d’un point M(x, y) à une droite d’équation cartésienne ax + by + c = 0 est donnée par
|ax + by + c|
√ ,
a2 + b2
d’où les résultats :
1
d(M; (OI)) = |y| ; d(M; (OJ)) = |x| ; d(M; (IJ)) = √ |x + y − 1|
2
car les droites (OI), (OJ) et (IJ) ont respectivement pour équation cartésienne y = 0 ; x = 0 et x + y = 1.
1.(b) Une équation cartésienne de C est donc
1 1 1
y 2 + x2 + (x + y − 1)2 = ⇐⇒ 3(x2 + y 2 ) + 2xy − 2(x + y) + = 0 .
2 3 3
1.(c) Vu la symétrie de la figure par rapport à la première bissectrice du repère, on peut commencer par
se placer dans le repère tourné de − π4 (le signe étant choisi a posteriori). Les coordonnées X et Y dans ce
( (
X = √12 (x − y) x = √12 (X + Y )
repère sont données par ⇐⇒ . L’équation devient
Y = √12 (x + y) y = √12 (Y − X)
√ √
3(X 2 + Y 2 ) + Y 2 − X 2 − 2 2Y + 31 = 0 ⇐⇒ 2X 2 + 4Y 2 − 2 2Y + 1
3
=0
√ √
⇐⇒ 2X 2 + 4 (Y − 42 )2 − 18 + 31 = 0 ⇐⇒ 2X 2 + 4(Y − 42 )2 = 61
X2 Y2
⇐⇒ 1 + 1 =1 ,
12 24
√
2
où on a posé X = X et Y = Y − 4
. (X , Y ) sont les coordonnées dans le repère tourné de − π4 et centré
X=√ 0 x = 14
au point Ω c’est-à-dire Ω .
Y = 42 y = 41
On reconnaı̂t une ellipse de demi-grand axe a = 2√1 3 ; de demi-petit axe b = 1
√
2 6
; de demi-distance focale
√
c = a2 − b2 = 2√1 6 ; d’excentricité e = ac = √12 ∈ ]0, 1[ comme il se doit.
1.(d) Utilisons le fait que, pour une ellipse, une droite est tangente si et seulement si elle coupe l’ellipse
en un point unique (bien noter que ce résultat est faux pour une parabole ou hyperbole). À partir de
l’équation cartésienne trouvée à la question 1.(b), on obtient
( (
y=0 y=0
C ∩ (OI) : 2 1
⇐⇒ 1 2
⇐⇒ (x, y) = ( 13 , 0) ,
3x − 2x + 3 = 0 3(x − 3 ) = 0
donc (OI) est tangente à C, et c’est vrai aussi pour (OJ) par symétrie par rapport à la première bissectrice.
1
y
Y
J b
1 b
3 Ω
b
b b b
x
1
O 3 I
X X
−a sin θ
2.(a) La tangente à E en P est dirigée par le vecteur b cos θ
, donc cette tangente est parallèle à la
droite (ON) si et seulement si
−a sin θ a cos t
= 0 ⇐⇒ −ab(sin θ sin t + cos θ cos t) = 0 ⇐⇒ cos(θ − t) = 0 ,
b cos θ b sin t
π
la relation cherchée est donc θ − t ≡ 2
[π] .
2.(b) L’aire du triangle NOP vaut
1 −→ −−→ 1 a cos θ a cos t ab ab ab
det OP , ON = = cos θ sin t − sin θ cos t = sin(θ − t) = .
2 (~i,~j) 2 b sin θ b sin t 2 2 2
2.(c) Pour que ∆ soit bien une droite il faut que α ou β ne soit pas nul, ce que nous supposerons désormais.
On remarque d’emblée que la condition γ 6= 0 donnée par l’énoncé est tout à fait inutile puisque c’est une
conséquence de la relation a2 α2 + b2 β 2 = γ 2 .
On utilise à nouveau le fait que ∆ est tangente à E si et seulement si ∆∩E est réduit à un point. Supposons
par exemple que β 6= 0 (sinon c’est que α 6= 0 et on procède de manière analogue). On écrit alors
( (
αx + βy + γ = 0 y = − β1 (αx + γ)
M(x, y) ∈ ∆ ∩ E ⇐⇒ x2 2 ⇐⇒ 2
a2
+ yb2 = 1 x2
a2
+ (αx+γ)
b2 β 2
−1 =0
2 γ2
L’équation aux x est du second degré : a12 + b2αβ 2 x2 + b2αγ2 β 2 x + b2 β 2 − 1 = 0 et elle possède une unique
solution si et seulement si son discriminant est nul, c’est-à-dire
2
4α2 γ 2 1 α2 γ
−4 + − 1 = 0 ⇐⇒ a2 α2 + b2 β 2 − γ 2 = 0 ,
b4 β 4 a2 b2 β 2 b2 β 2
après développement et simplifications.
2
2.(d) On commence par obtenir une équation cartésienne de la droite (UV ).
Un point M(x, y) est sur (UV ) si et seulement si
−−→ −−→ x − 2a cos u 2a(cos v − cos u)
det UM , UV = 0 ⇐⇒ =0
(~i,~j) y − 2b sin u 2b(sin v − sin u)
⇐⇒ 2b(sin v − sin u) x − 2a(cos v − cos u) y − 4ab cos u(sin v − sin u) + 4ab sin u(cos v − cos u) = 0
⇐⇒ b(sin v − sin u) x + a(cos u − cos v) y + 2ab sin(u − v) = 0 .
| {z } | {z } | {z }
α β γ
D’après la question précédente, cette droite est tangente à E si et seulement si
a2 b2 (sin v − sin u)2 + b2 a2 (cos u − cos v)2 − 4a2 b2 sin2 (u − v) = 0
⇐⇒ 2 − 2 sin u sin v − 2 cos u cos v − 4 sin2 (u − v) = 0
⇐⇒ 1 − cos(u − v) − 2 1 − cos2 (u − v) = 0
⇐⇒ 2X 2 − X − 1 = 0 en posant X = cos(u − v)
⇐⇒ 2(X − 1)(X + 21 ) = 0
⇐⇒ X = 1 ou X = − 12
or X = 1 est impossible car sinon on aurait u ≡ v [2π] et par suite U = V .
Il reste la cns suivante : cos(u − v) = − 12 c’est-à-dire u − v ≡ ± 2π
3
[2π] .
2.(e) Soient a, b et c des paramètres des points A, B et C.
On a a − b ≡ ± 2π 3
[2π] et a − c ≡ ± 2π
3
[2π] avec a, b et c distincts modulo 2π. Cela entraı̂ne aussi
2π
b − c ≡ ± 3 [2π] comme on le voit en écrivant b − c = (a − c) − (a − b) et en égrenant les quelques cas
possibles pour les signes (en d’autre termes, a, b et c sont les trois sommets d’un triangle équilatéral, sur
le cercle trigonométrique).
D’après le résultat de la question précédente, la droite (BC) est également tangente à E.
Remarque : comme d’une part le résultat prouvé est évident dans le cas de deux cercles (l’un ayant un rayon
double de l’autre) et que les ellipses E et E 0 se déduisent de ces deux cercles par une affinité orthogonale
(voir question suivante) laquelle conserve le contact, les questions (c) à (e) nous ont fait démontrer une
évidence .
B B E0
b b
A A
b b
E
O O
b b
C C
cas a = b : c’est trivial cas a > b : idem par affinité orthogonale
3.i Étant donnée une droite D du plan et un réel k, l’affinité orthogonale de base D et de rapport k est
−−−→ −−→
l’application qui transforme un point M du plan en le point M 0 tel que HM 0 = k HM où H est le projeté
orthogonal de M sur D.
3
2 1 0
Si D = (Ox) et si on identifie le plan à R , elle est linéaire et a pour matrice .
0 k
(
p 0 p = (a + b) cos t
[Link] Notons P et Q . On a P Q2 = p2 + q 2 = (a + b)2 donc on peut choisir
0 q q = (a + b) sin t
x
où t décrit R. En posant M on a alors
y
(
−−→ b −→ x − (a + b) cos t b −(a + b) cos t x = a cos t
PM = P Q =⇒ = =⇒
a+b y a + b (a + b) sin t y = b sin t
donc le point M décrit l’ellipse E de la question 2.
[Link]
Q b
E b
b b
M
b
b b b b
O P
Partie II
( (
z = x2 − y 2 z = −y 2
1. • On a ⇐⇒ donc l’intersection de P et du plan d’équation x = 0 est la
x=0 x=0
parabole de ce plan, d’équation cartésienne z = −y 2 .
• De même l’intersection de P et du plan d’équation y = 0 est la parabole de ce plan, d’équation
z = x2 .
• L’intersection de P et du plan d’équation z = 0 est la réunion des deux droites de ce plan, d’équations
x = y et x = −y.
• L’intersection de P et du plan d’équation z = 1 est l’hyperbole de ce plan, d’équation x2 − y 2 = 1.
2. L’équation cartésienne de P est l’équation réduite d’un paraboloı̈de hyperbolique équilatère.
a
3. Cherchons un vecteur directeur d’une droite passant par M0 et incluse dans P sous la forme ~v = b
c
4
avec a, b et c trois réels non tous nuls. On doit avoir
x0 + at
∀ t ∈ R , M0 + t~v ∈ P ⇐⇒ ∀ t ∈ R , y0 + bt ∈ P
z0 + ct
⇐⇒ ∀ t ∈ R , z0 + ct = (x0 + at)2 − (y0 + bt)2
⇐⇒ ∀ t ∈ R , (a2 − b2 )t2 + (2ax0 − 2by0 − c)t + x20 − y02 − z0 = 0
| {z }
=0
2 2
⇐⇒ a − b = 0 et 2ax0 − 2by0 − c = 0 ,
par identification avec le polynôme nul. On en déduit deux vecteurs directeurs possibles à un facteur
multiplicatif près :
a 1 a 1
~v = 2(x −ya
)a
= a 1
2(x −y )
= a~
v 1 ou ~v = −a
2(x +y )a
= a −1 = a~v2 .
0 0 0 0 not. 0 0 2(x0 +y0 ) not.
1
1
Les deux droites passant par M0 incluses dans P sont celles dirigées par ~v1 = 1
2(x0 −y0 )
et ~v2 = −1 .
2(x0 +y0 )
y=0
z
z=1
0
D
x O z=0
D y
x=0
4. Pour que par M0 passent deux droites perpendiculaires et incluses dans P il faut et il suffit que ~v1 et ~v2
soient orthogonaux, or h ~v1 , ~v2 i = 4(x20 − y02 ), donc une cns pour que ça se produise est x20 − y02 = 0 ou
encore z0 = 0.
L’ensemble cherché est donc l’intersection de P et du plan d’équation z = 0, qui est la réunion des deux
droites d’équations x = y et x = −y du plan (Oxy), comme on l’a vu à la question 1.
5
5. On rappelle que la distance d’un point M de l’espace à une droite D passant par A et dirigée par ~u
vaut
−−→
AM ∧ ~u
d(M; D) = .
||~u||
0 0
Ici D passe par A = −01 et est dirigée par ~u = ~i tandis que D 0 passe par A0 = 01 et est dirigée par
4 4
~u 0 = ~j. L’ensemble cherché a donc pour équation
−−→ 2 −− → 2
AM ∧ ~u A0 M ∧ ~u 0 x
1
2 x
0
2
y y
2 = ⇐⇒ ∧ 0 = ∧ 1
||~u|| ||~u 0 ||2 z+ 41 0 z− 41 0
2 −z+ 1 2
0
⇐⇒ z+ 41 = 0
4
⇐⇒ (z + 41 )2 + y 2 = (z − 41 )2 + x2
−y x
⇐⇒ (z + 41 )2 − (z − 41 )2 = x2 − y 2 ⇐⇒ z = x2 − y 2 .
L’ensemble des points équidistants de D et D 0 est donc P.
Partie III
1. Élémentaire.
2. Puisque tr : Mn (R) −→ R est linéaire, Im(tr) est un sous-espace vectoriel de R. Il n’est pas réduit
à {0R } car tr n’est pas l’application linéaire nulle (par exemple tr(In ) = n 6= 0), donc cet espace est de
dimension > 1, donc c’est R lui-même.
On en déduit par le théorème du rang que Ker(tr) est de dimension n2 −1 : c’est un hyperplan de Mn (R).
3. • Montrons que Vect(In ) ∩ Ker(tr) = {0n }. En effet, si A ∈ Vect(In ) ∩ Ker(tr) alors ∃ λ ∈ R , A = λIn
et de plus tr(A) = 0, on a donc 0 = tr(λIn ) = nλ donc λ = 0, d’où A = 0n .
• dim Vect(In ) + dim Ker(tr) = 1 + n2 − 1 = n2 = dim Mn (R) .
C’est assez pour conclure que Mn (R) = Vect(In ) ⊕ Ker(tr) .
Autre méthode : on pouvait aussi montrer que tout élément de Mn (R) s’écrit de manière unique comme
la somme d’un élément de Vect(In ) et d’un élément de Ker(tr). On trouvait la décomposition
tr(M) tr(M)
M= In + M − In .
| n{z } | {zn }
∈ Vect(In ) ∈ Ker(tr)
4. Voir le cours.
5. Il n’en existe pas. En effet, si c’était le cas (raisonnement par l’absurde) on aurait
n = tr(In ) = tr(AB − BA) = tr(AB) − tr(BA) = 0 ,
ce qui est une contradiction.
6.(a) Vérifier que pour toutes matrices M et N, et tout réel λ, on a
ΨJ (M) ∈ Mn (R) ; ΨJ (M + N) = ΨJ (M) + ΨJ (N) ; ΨJ (λM) = λΨJ (M) .
6
6.(b) • Soit λ une valeur propre de ΨIn et M un vecteur propre associé. On a
M + tr(M)In = λM donc (λ − 1)M = tr(M)In .
tr(M)
Ainsi, si λ 6= 1 on voit que M = In ∈ Vect(In ), et si λ = 1, c’est que tr(M) = 0 donc M ∈ Ker(tr).
λ−1
• Réciproquement, on constate que :
Ψ
In (In ) = In + tr(In )In = (n + 1)In , et In 6= 0n donc In est un vecteur propre de ΨIn pour la valeur
propre n + 1 ;
si M ∈ Ker(tr) \ {0n }, alors ΨIn (M) = M donc M est un vecteur propre de ΨIn pour la valeur propre 1.
• Conclusion : les valeurs propres de ΨIn sont n + 1 et 1 et les espaces propres associés sont
respectivement Vect(In ) et Ker(tr).
ΨIn est diagonalisable car la somme des dimensions de ses espaces propres vaut n2 = dim Mn (R) .
6.(c) On a (ΨJ )2 − 2ΨJ + Id = (ΨJ − Id)2 . Or pour toute matrice M ∈ Mn (R) on a
(ΨJ − Id)(M) = tr(M)J
donc
(ΨJ − Id)2(M) = (ΨJ − Id)(tr(M)J) = tr(M)(ΨJ − Id)(J) = tr(M) tr(J)J .
6.(d) et 6.(e) On adapte l’étude menée à la question 6.(b). Soit λ une valeur propre de ΨJ et M un
vecteur propre associé. On a
(λ − 1)M = tr(M)J ,
donc λ = 1 ou M ∈ Vect(J). Or on a cette fois ΨJ (J) = (1 + tr(J))J donc J (qui est supposée non nulle)
est vecteur propre pour la valeur propre 1 + tr(J). On a donc deux cas possibles :
si tr(J) 6= 0, ΨJ possède deux valeurs propres distinctes : 1 et 1 + tr(J), et les espaces propres associés
sont Ker(tr) et Vect(J). Dans ce cas ΨJ est diagonalisable ;
si tr(J) = 0, Ψ
J n’a qu’une valeur propre : 1 et l’espace propre associé est Ker(tr) qui est de dimension
n2 − 1. Dans ce cas ΨJ n’est pas diagonalisable.
Remarque : on ne s’est pas servi de la question 6.(c).