Lycée Laetitia Bonaparte Spé PT
Corrigé de Banque PT 2015 – Épreuve B
Partie I
1. On remplace x, y et z respectivement par 1, −1 et 2 dans l’équation de S1 et dans celle de S2 , et on constate que ces
équations sont vérifiées, donc M0 ∈ S1 et M0 ∈ S2 . Ainsi, M0 ∈ S1 ∩ S2 = Λ.
2. L’équation cartésienne de S1 s’écrit F (x, y, z) = 0, où ∀ (x, y, z) ∈ R3 , F (x, y, z) = xy 2 + yz 2 + zx2 + 2xyz + 5 .
La fonction F est de classe C1 sur R3 (polynôme à trois indéterminées), et le gradient de F au point (x, y, z) est
2
y + 2xz + 2yz 1
−
→ −
→
∇ F (x, y, z) = 2xy + z 2 + 2xz donc ∇ F (M0 ) = 6 .
2yz + x2 + 2xy −5
−
→
Puisque le vecteur ∇ F (M0 ) n’est pas le vecteur nul, il dirige la normale au plan tangent Π à S1 en M0 , qui est un point
régulier de S1 , et ce plan tangent admet pour équation cartésienne
Π : 1 × (x − 1) + 6 × (y + 1) + (−5) × (z − 2) = 0 ⇐⇒ x + 6y − 5z = −15 .
3. Puisque S2 est un plan, il est confondu avec son plan tangent en M0 . De plus, les plans S2 et Π ne sont pas confondus
(leurs vecteurs normaux ne sont pas colinéaires), ce qui montre que M0 est un point régulier de Λ. La tangente à Λ en M0
est alors S2 ∩ Π, donc un système d’équations cartésiennes de cette tangente est
(
2x − 3y + z = 7
x + 6y − 5z = −15 .
Cette tangente est dirigée par le produit vectoriel des deux vecteurs normaux à S2 et à Π, c’est-à-dire le vecteur de coordonnées
2 1 9
−3 ∧ 6 = 11 .
1 −5 15
Partie II
d −−−
→
1.(a) Le vecteur dérivée OMt au point de paramètre t < 0 de Γ a pour coordonnées
dt
! 2 !
′
x (t) 2t − t
t2 2
= = 2 − t3 ,
y ′ (t) 2 1
2−
t3
2
et il est non nul puisque 2 − 3 6= 0 sur R−∗ . On en déduit que Mt est un point régulier de Γ, et que le vecteur précédent, ou
t
t
encore le vecteur , dirige la tangente à Γ en Mt .
1
1
Le vecteur ~nt de coordonnées est donc un vecteur directeur de la normale à Γ en Mt . Cette normale est la droite
−t
passant par Mt et dirigée par ~nt , elle a donc pour représentation paramétrique u 7−→ Mt + u ~nt , ou encore, en coordonnées
dans le repère (O ;~i, ~j),
! 2 2 ! 2 2
xt (u) t + 1 t + + u
t t
= +u = .
yt (u) 1 −t 1
+ 2t + 2t − tu
t2 t2
1
d
1.(b) La développée de Γ est l’enveloppe de ses normales, et elle est définie en tout point de R−∗ car les vecteurs ~nt et dt ~nt
ne sont pas colinéaires.
Pour la déterminer, on en cherche une représentation paramétrique sous la forme t 7−→ It = Mt + u(t) ~nt , où
→ 1 t
d − −− 2 − t23
det(~i,~j) ~nt , dt OMt −t 1
2
∀t < 0, u(t) = − d
= − = 2 − 3 (1 + t2 ) .
det(~i,~j) ~nt , dt ~nt 1 0 t
−t −1
On en déduit que les coordonnées du point caractéristique It de la normale sont
2 2 2 2
2
X(t) = t + + 2 −
(1 + t ) X(t) = 3t2 − 3 + 2
t t3 t
soit
1 2
Y (t) = 2 + 2t − t 2 − 3 (1 + t2 )
Y (t) = 3 − 2t3 + 2 .
t t t2
1.(c) Le pointIt déterminé
à la question précédente est le centre de courbure
au point de paramètre t.
−1 7
Au point M−1 , ce centre de courbure a pour coordonnées I−1 .
−1 7
−−−−−→ 8 −−−−−→ √
Le vecteur M−1 I−1 a pour coordonnées , donc le rayon du cercle de courbure est |R| = M−1 I−1 = 8 2 (on pourrait
8
√
remarquer que le rayon de courbure vaut en fait R = −8 2).
2.(a) Dire que la tangente à Γ en M−1 est la tangente au cercle Σ en M−1 équivaut à dire que le
centre Ω de Σ est sur
−1 1
la normale à Γ en M−1 . Cette normale est la droite passant par M−1 et dirigée par ~n−1 , c’est donc la droite
−1 1
d’équation x = y. Ainsi, la seconde condition est vérifiée si et seulement si a = b.
Une équation cartésienne de Σ est alors (x − a)2 + (y − a)2 = r2 , donc
√
M−1 ∈ Σ ⇐⇒ (−1 − a)2 + (−1 − a)2 = r2 ⇐⇒ r = 2 |1 + a| .
√
La cns cherchée est donc b = a et r = 2 |1 + a|, conditions auxquelles on doit ajouter a 6= −1 sans quoi Σ est réduit à un
point.
2.(b) Une équation cartésienne de Σ est fa (x, y) = 0, où on a posé ∀ (x, y) ∈ R2 , fa (x, y) = (x − a)2 + (y − a)2 − 2(1 + a)2 .
2.(c) On a, pour tout réel v < 1,
2
x(−1 + v) = (−1 + v)2 − = 1 − 2v + v 2 − 2 1 + v + v 2 + v 3 + ◦(v 3 )
1−v v=0
= −1 − 4v − v 2 − 2v 3 + ◦(v 3 )
v=0
donc, en substituant t + 1 à v,
x(t) = −1 − 4(t + 1) − (t + 1)2 − 2(t + 1)3 + ◦((t + 1)3 ) .
t=−1
De même,
1
y(−1 + v) = 2
+ 2(−1 + v) = −2 + 2v + 1 + 2v + 3v 2 + 4v 3 + ◦(v 3 )
(1 − v) v=0
= −1 + 4v + 3v 2 + 4v 3 + ◦(v 3 )
v=0
+∞
1 X
On a utilisé ici le développement en série entière = nv n−1 sur ] − 1, 1[ obtenu par dérivation terme à terme.
(1 − v)2 n=1
Ainsi,
y(t) = −1 + 4(t + 1) + 3(t + 1)2 + 4(t + 1)3 + ◦((t + 1)3 ) .
t=−1
√
2.(d) La condition est réalisée si a = 7, c’est-à-dire pour Ω = I−1 et r = 8 2 = |R|, et alors le cercle Σ est le cercle de
courbure à Γ au point M−1 .
2
On retrouve sur cet exemple le fait que le cercle osculateur est le cercle de meilleure approximation de Γ au voisinage du
point M−1 .
Remarque : on devrait obtenir de manière générale un terme en ◦((t − t0 ))2 dans ce développement limité, ce qui exprime
un contact d’ordre au moins 2 (osculation) entre Σ et Γ. Ici on obtient un terme en ◦((t − t0 ))3 , le contact est d’ordre au
moins 3 et on dit que le cercle Σ est surosculateur. Ça s’explique par le fait que le point M−1 est un sommet de la courbe Γ,
c’est-à-dire un point en lequel le rayon de courbure admet un extremum.
p ée
lop
d éve
b
7
Ω
b 7 x
M−1
Σ
x
=
y
Partie III
1.(a) • On utilise la relation de Chasles, la symétrie du produit scalaire, et le fait que A′ et A sont symétriques par rapport
àO:
−→ −→ −→ −→ −→ −−→′ −→ −→ −→ −→ −→ 2 −→ 2
IA · IA′ = IO + OA · IO + OA |{z} = IO · IO − OA · OA = IO − OA = IO2 − R2 .
−
−→
=−OA
• On a,
−→ −→ −→ −→ −−→ −→ −→ −→ −−′→ −→ −→
IA · IB = IA · IA′ + A′ B = IA · IA′ + IA · A B} = IA · IA′ .
| {z
= ~0
′ ′
En effet, dans le cas général, le triangle ABA est inscrit sur le cercle C et AA en est un diamètre, donc il est rectangle en B,
donc les droites (AB) = (AI) et (A′ B) sont orthogonales.
I
b
B B
b
A I b
b
I
D
b
B b
A b
b
b
D b b A′
b A
O O b
O
b A′ D
′
C A C C
3
Il faut envisager le cas particulier où B = A′ (c’est-à-dire quand D passe par O, le triangle ABA′ est aplati), et dans ce cas
−−→
on a A′ B = ~0 et le résultat vaut encore.
On peut ajouter que le résultat vaut encore si D est tangente à C, car alors D est perpendiculaire au rayon (OA), donc
(IA)⊥(A′ A).
1.(b) Avec l’expression σC (I) = IO2 − R2 , on voit que
σC (I) > 0 ⇐⇒
I est extérieur au disque fermé délimité par C
σC (I) = 0 ⇐⇒ I ∈C
σC (I) < 0 ⇐⇒ I appartient au disque ouvert délimité par C
1.(c) i. Λ est le cercle de diamètre [OI], il a pour centre le milieu de [OI] et pour rayon 12 OI.
1.(c) ii. Comme T est sur le cercle de diamètre [OI], le triangle OT I est rectangle en T , donc d’après le théorème de
Pythagore,
σC (I) = IO2 − R2 = IO2 − OT 2 = IT 2 .
M
b
b
I
C Λ
T
2.(a) On a, d’après la relation de Chasles,
−→ −−→ −→ −−→
σC (I) = σC ′ (I) ⇐⇒ IO2 − R2 = IO′2 − R′2 ⇐⇒ IO2 − IO′2 = R2 − R′2 ⇐⇒ IO − IO′ · IO + IO′ = R2 − R′2
| {z } | {z }
−−→ − → −−→ − → −−→ −
→
⇐⇒ 2 O′ O · IΩ = R2 − R′2 ⇐⇒ 2 OO′ · ΩI = R2 − R′2 . = O′ O = 2IΩ
2.(b) i. On a
−−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→′ −−→
2 OO′ · ΩI1 = R2 − R′2 = 2 OO′ · ΩI2 donc 2 OO′ · ΩI1 − ΩI2 = 0 , d’où OO · I2 I1 = 0 .
Puisque I1 6= I2 et O 6= O′ , on en déduit que les droites (I1 I2 ) et (OO′ ) sont orthogonales.
−−→ −−→
2.(b) ii. On cherche le point I0 de la droite (OO′ ) sous la forme ΩI0 = λOO′ où λ ∈ R.
La condition I0 ∈ ∆ s’écrit
−−→ −−→ R2 − R′2
2 OO′ · ΩI0 = R2 − R′2 ⇐⇒ 2λ OO′2 = R2 − R′2 ⇐⇒ λ = ,
2 OO′2
−−→ R2 − R′2 −−→′
et par conséquent, l’unique point I0 de ∆ ∩ (OO′ ) est défini par ΩI0 = OO .
2 OO′2
2.(b) iii. Tout point I1 de ∆ est sur la perpendiculaire à (OO′ ) passant par I0 , puisqu’on a prouvé à la question 2.(b) que
les droites (I1 I0 ) et (OO′ ) sont perpendiculaires lorsque I1 6= I0 (et le résultat est évident si I1 = I0 ).
4
Réciproquement, tout point I1 de la perpendiculaire à (OO′ ) passant par I0 appartient à ∆, car
−−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→
2 OO′ · ΩI1 = 2 OO′ · ΩI0 + I0 I1 = 2 OO′ · ΩI0 + 2 OO′ · I0 I1 = R2 − R′2 .
| {z } | {z }
= R2 −R′2 =0
On a prouvé, par double inclusion, que ∆ est la perpendiculaire à (OO′ ) passant par I0 .
2.(c) • Lorsque C et C ′ ont un point d’intersection I, on a σC (I) = 0 = σC ′ (I), donc I ∈ ∆. Dans ce cas, ∆ est la
perpendiculaire à (OO′ ) passant par le(s) point(s) d’intersection de C et C ′ .
• Lorsque C et C ′ ont le même rayon, on a R2 − R′2 = 0 donc I0 = Ω. Dans ce cas, ∆ est la médiatrice de [OO′ ].
−−→ 25 − 9 −−→′ 2 −−→′ 20
2.(d) Dans ce cas, on a ΩI0 = OO = OO donc ΩI0 = = 0,8 cm .
200 25 25
b b b b
O Ω I0 O′
C′
3.(a) Soit O le centre de C (intersection des médiatrices) et D′ le second point d’intersection de la droite (IC) et de C (voir
le cas particulier).
−→ −−→ −→ −→ −→ −→ −→ −−→ −→ −→ −−→
D’après la question 1.(a), on a IC · ID′ = σC (I) = IA · IB = IC · ID donc 0 = IC · ID′ − ID = IC · DD′ .
−−→ −→
On en déduit que le vecteur DD′ est orthogonal au vecteur non nul IC, mais comme il lui est également colinéaire (puisque
les points I, C, D, D′ sont alignés), ce vecteur est nul, donc D = D′ ∈ C .
I A
B b b
B
b
b I
A b
b
b b
D′ b
O O
b
C
C b C
C
5
S’il n’y a pas de second point d’intersection entre (IC) et C, c’est que (IC) est tangente à C . On est alors dans la situation
−→ −−→ −→ −→
de la question 1.(c) ii. avec C = T puisque σC (I) > 0 et IC · OC = 0. On a démontré qu’on a σC (I) = IC 2 = IC · IC, et on
peut reprendre le raisonnement précédent avec D′ = C, ce qui conduit encore à D = C ∈ C .
3.(b) i. La relation attendue est ||~u + ~v ||2 = ||~u||2 + ||~v ||2 + 2 ~u · ~v .
3.(b) ii. On a donc, puisque |z|2 = zz ; z + z ′ = z + z ′ et z + z = 2 Re(z),
2 2 2
2 ~u · ~v = ||~u + ~v || − ||~u|| − ||~v || = |z + z ′ |2 − |z|2 − |z ′ |2 = (z + z ′ )(z + z ′ ) − zz − z ′ z ′
= zz ′ + zz ′ = 2 Re(zz ′ ) .
−→ −→ −→ −→
3.(c) Les affixes des vecteurs IA, IB, IC et ID, sont respectivement 4 + 8i, 7 + 14i, 6 + 2i et 21 + 7i.
−→ −→
On en déduit que I est sur la droite (AB) car IB = 47 IA, et distinct de A et de B. De plus,
−→ −→ −→ −→
IA · IB = Re (4 + 8i)(7 − 14i) = 140 et IC · ID = Re (6 + 2i)(21 − 7i) = 140 .
Comme de plus A, B et C ne sont pas alignés, le résultat de la question 3.(a) prouve que D est sur le cercle circonscrit au
triangle ABC, et par conséquent les points A, B, C et D sont cocycliques.
Partie IV
1.(a) • Soit x ∈ Ker(f − λidE ). On a
(f − λidE )(x) = 0E =⇒ f (x) = λx =⇒ f 2 (x) = f (λx) = λf (x) = λ2 x =⇒ (f 2 − λ2 idE ) = 0E ,
donc x ∈ Ker(f 2 − λ2 idE ).
On a prouvé l’inclusion Ker(f − λidE ) ⊂ Ker(f 2 − λ2 idE ), qu’on pouvait aussi obtenir par la relation
f 2 − λ2 idE = (f + λidE ) ◦ (f − λidE ) .
• Si λ est une valeur propre de f et x un vecteur propre associé, l’inclusion précédente prouve que x est un vecteur
propre de f 2 pour la valeur propre λ2 . On a donc
2
λ , λ ∈ Sp(f ) ⊂ Sp(f 2 ) .
1.(b) D’après la question précédente appliquée avec λ = 0, on a Ker f ⊂ Ker f 2 , donc dim(Ker f ) 6 dim(Ker f 2 ).
Si de plus Ker f ∩ Im f 6= {0}, on choisit un vecteur x 6= 0E appartenant à Ker f ∩ Im f .
On a alors x ∈ Im f donc on peut écrire x = f (y) avec y ∈ E et on a x ∈ Ker f donc 0E = f (x) = f 2 (y) donc y ∈ Ker f 2 .
Or y 6∈ Ker(f ) car f (y) = x 6= 0E , donc y ∈ Ker(f 2 ) \ Ker f , ce qui prouve que l’inclusion Ker f ⊂ Ker f 2 est stricte.
On en déduit que dim(Ker f ) < dim(Ker f 2 ) , ce qui est l’inégalité demandée puisqu’il s’agit d’entiers.
1.(c) Par définition du polynôme caractéristique d’un endomorphisme,
Pf 2 (X 2 ) = det(X 2 idE − f 2 ) = det (XidE − f ) ◦ (XidE + f ) identité remarquable
= det(XidE − f ) × det(XidE + f ) car det(u ◦ v) = det(u) × det(v)
= (−1)d det(XidE − f ) × det((−X)idE − f ) car det(−u) = (−1)d det(u)
= (−1)d Pf (X)Pf (−X) .
2.(a) Manifestement, pour tout P ∈ Rn [X], f (P ) est un polynôme de degré au plus 3, donc au plus n puisque n > 3, et
ainsi f (P ) ∈ Rn [X].
On vérifie ensuite les relations f (P + Q) = f (P ) + f (Q) et f (λP ) = λf (P ) pour tous polynômes P, Q ∈ Rn [X] et tout réel λ.
6
2.(b) • Déterminons Ker(f ).
Soit P ∈ Rn [X]. On a, par identification des coefficients de deux polynômes,
f (P ) = 0 ⇐⇒ X 3 P (0) + P (1) + X 2 P (−1) + P (1) − X P (−1) + P (0) + P (−1) + P (1) = 0
P (0) + P (1) = 0
P (−1) + P (1) = 0
⇐⇒ ⇐⇒ P (−1) = P (0) = P (1) = 0 .
P (−1) + P (0) = 0
P (−1) + P (1) = 0
On en déduit que
Ker(f ) = P ∈ Rn [X] , P (−1) = P (0) = P (1) = 0 = P ∈ Rn [X] , X(X 2 − 1) divise P = X(X 2 − 1)Rn−3 [X] .
• Déterminons Im(f ).
On a l’inclusion évidente Im(f ) ⊂ Vect X 2 − X + 1 , X 3 − X , X 3 + X 2 + 1 puisque l’image de tout polynôme de Rn [X]
par f est combinaison linéaire de ces trois polynômes.
Réciproquement, si on applique f à un polynôme P valant 0 en −1 et en 1, et 1 en 0, on obtient X 3 − X, et de même pour
les deux autres :
X 3 − X = f 1 − X 2 ∈ Im f ; X 2 − X + 1 = f 21 X(X − 1) ∈ Im f ; X 3 + X 2 + 1 = f 21 X(X + 1) ∈ Im f .
On a donc Im(f ) = Vect X 2 − X + 1 , X 3 − X , X 3 + X 2 + 1 qu’on peut écrire aussi Vect X, X 2 + 1, X 3 .
• Précisons les dimensions de Ker(f ) et de Im(f ).
La famille X 2 − X + 1 , X 3 − X , X 3 + X 2 + 1 est libre, comme on voit le en menant le même calcul qu’on utilisé pour
déterminer Ker(f ), elle constitue donc une base de Im f , et par conséquent dim(Im f ) = 3.
D’après le théorème du rang, on a donc
dim(Ker f ) = dim(Rn [X]) − dim(Im f ) = n + 1 − 3 = n − 2 .
Remarque : il y a des tas d’autres méthodes pour arriver à ces mêmes conclusions. Par exemple, on peut déterminer une base
de Ker f , d’où on tire sa dimension, après quoi l’inclusion évidente relative à Im f donne directement l’égalité.
2.(c) f n’est pas injectif car Ker f 6= {0E } puisque dim(Ker f ) = n − 2 > 1 d’après l’hypothèse n > 3.
Il n’est pas non plus surjectif car Im(f ) 6= Rn [X] pour les mêmes raisons.
2.(d) 0 est valeur propre de f car f n’est pas injectif. On sait, d’après le cours, que la multiplicité de la valeur propre 0 est
supérieure ou égale à la dimension de l’espace propre Ker f , donc 0 est de multiplicité supérieure ou égale à n − 2.
2.(e) On a Q1 (−1) = 8 ; Q1 (0) = 4 et Q1 (1) = 8, donc
f (Q1 ) = 8(X 2 − X + 1) + 4(X 3 − X) + 8(X 3 + X 2 + 1) = 12X 3 + 16X 2 − 12X + 16 = 4Q1 ,
et Q1 6= 0E , donc Q1 est vecteur propre de f pour la valeur propre 4.
De même, Q2 (−1) = −2 ; Q2 (0) = 0 et Q2 (1) = 2, donc
f (Q2 ) = −2(X 2 − X + 1) + 2(X 3 + X 2 + 1) = 2X 3 + 2X = 2Q2 ,
et Q2 6= 0E , donc Q2 est vecteur propre de f pour la valeur propre 2.
2.(f) On n’a pas Ker f ⊕ Im f = E car X 3 − X ∈ Ker f ∩ Im f , donc Ker f ∩ Im f 6= {0E } .
2.(g) On sait d’après la question 1.(a) que les trois réels 0, 22 = 4 et 42 = 16 sont des valeurs propres de f 2 .
De plus, on a vu à la question précédente que Ker f ∩ Im f 6= {0E } , donc dim(Ker f 2 ) > dim(Ker f ) + 1 = n − 1 d’après la
question 1.(b).
La somme des dimensions des espaces propres de f 2 vaut donc au moins
dim(Ker f 2 ) + dim(Ker f 2 − 4idE ) + dim(Ker f 2 − 16idE ) > n − 1 + 1 + 1 = n + 1 = dim(E) ,
7
donc f 2 est diagonalisable d’après le cours, et on a trouvé toutes ses valeurs propres : 0 de multiplicité n − 1 ainsi que les
valeurs propres simples 4 et 16.
2.(h) • On sait que le polynôme Pf (X) est de degré n + 1 = dim(E), qu’il est unitaire et divisible par X n−2 (X − 2)(X − 4),
puisque 0, 2 et 4 sont des valeurs propres de f dont les multiplicités valent au moins n − 2, 1 et 1 respectivement.
Le polynôme Pf (X) s’écrit donc
Pf (X) = X n−2 (X − 2)(X − 4)(X − λ) où λ ∈ R .
Il est scindé sur R, donc f est trigonalisable.
• D’après la question précédente, le polynôme caractéristique de f 2 est
Pf 2 (X) = X n−1 (X − 4)(X − 16) donc on a Pf 2 (X 2 ) = X 2n−2 (X 2 − 4)(X 2 − 16) .
Or, d’après le résultat de la question 1.(c), on a Pf 2 (X 2 ) = (−1)n+1 Pf (X)Pf (−X) , donc
X 2n−2 (X 2 − 4)(X 2 − 16) = X n−2 (X − 2)(X − 4)(X − λ) × X n−2 (X + 2)(X + 4)(X + λ)
= X 2n−4 (X 2 − 4)(X 2 − 16)(X 2 − λ2 ) ,
ce qui montre que X 2 = X 2 − λ2 et donc λ = 0.
Finalement, le polynôme caractéristique de f est Pf (X) = X n−1 (X − 2)(X − 4) , ce qui signifie que 0 est valeur propre de f
de multiplicité n − 1. Or l’espace propre associé Ker f est de dimension n − 2.
La multiplicité de la valeur propre 0 et la dimension de l’espace propre associé diffèrent, donc, d’après le cours, f n’est pas
diagonalisable.
• On sait donc, d’après son polynôme caractéristique, que les seules valeurs propres de f sont 0, 2 et 4.
L’espace propre Ker f a déjà été déterminé, et les espaces propres Ker(f − 2idE ) et Ker(f − 4idE ) sont de dimension 1
puisqu’ils sont non réduits à {0E } et inclus respectivement dans Ker(f 2 − 4idE ) et Ker(f 2 − 16idE ) (question 1.(a)) qui sont
eux-mêmes de dimension 1.
Or on connaît déjà un vecteur propre de f pour chacune des valeurs propres 2 et 4, donc
Ker(f − 2idE ) = R Q2 et Ker(f − 4idE ) = R Q1 .