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Afin d’introduire le sujet, cette figure montre la complexité de la réponse
hydrologique d’un bassin versant. Dans ce cas précis, le bassin ne réagit pas tout de
suite quand la pluie commence à tomber. Les premiers pas de temps ne produisent
pas de ruissellement. Les phénomènes qui peuvent avoir lieu sur ces premiers pas de
temps sont : l’interception, l’infiltration et l’évapotranspiration. Ensuite, le débit
augmente avec la pluie avec un décalage entre le pic de la pluie et le pic du débit. Ce
décalage varie dans le temps (ici il diminue à fur et à mesure que la pluie continue de
tomber). L’infiltration ne se fait pas qu’au début de l’évènement pluviométrique, elle
continue à avoir lieu tout le long de la durée de ce dernier. Elle est tout de même
plus importante au début de la pluie qu’à la fin. Dans ce cours nous allons
décortiquer les différents processus hydrologique et montrer que chaque processus
peut être modélisé de plusieurs façons.
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Les modèles hydrologiques peuvent être décomposés en 3 grands types de modèles
:
Des modèles de production qui permettent de définir la partie de la pluie qui va
générer du ruissellement c’est « la pluie nette » (la pluie mesurée étant appelée
« pluie brute »).
des modèles de transfert qui permettent de transférer la pluie nette vers l’exutoire et
la transformer en débit.
des modèles de routage qui permettent suivre une onde de crue (débit) sur un
tronçon de cours d’eau ou sur une aire géographique (c’est les modèles qui
permettent de décrire par exemple l’étendue d’une inondation).
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Un évènement pluie-débit peut être caractérisé par différente caractéristiques :
La pluie : Comme on le voit sur cette figure, on distingue la pluie nette (excédentaire)
qui est la part qui produira du ruissellement (en bleu foncé). En bleu claire, c’est la
partie de la pluie qui est perdue pour le ruissellement (dans certains modèles on
appellera cette partie les pertes)
La crue : On distingue 3 types d’écoulements.
L’écoulement de base en violet foncé (écoulement souterrains ou
retardé). C’est l’écoulement dont la vitesse est la plus faible du fait des conditions
d’écoulement en souterrain. Cet écoulement provient des pluies précédentes.
Ecoulement sub-surface (violet clair), il s’agit d’un écoulement qui se
fait sur les quelques 20 à 30 cm au dessous du sol. La couche qui contient le système
racinaire. C’est un écoulement long mais plus rapide que l’écoulement de base.
Ecoulement superficiel (en bleu). C’est l’écoulement qui se fait à
surface libre. C’est l’écoulement le plus rapide et celui-là qui est redouté en milieu
urbanisé.
Par abus de langage on appel la variation du débit à l’exutoire courbe de crue, or la
crue c’est la partie de ce signal qui augment avec la pluie. La décrue, c’est la partie
de la courbe quand le débit superficiel diminue. La courbe de tarissement
correspond à la diminution du débit sub-surface et le débit de base. Dans certains
cas, on ne distingue pas de débit sub-surface, on aura alors que deux types
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découlement (un long et un rapide)
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L’évapotranspiration et l’interception sont des phénomènes qui sont souvent
négligés en milieu urbain. On ne parlera donc que des modèles qui reproduisent
l’infiltration pour calculer la pluie nette. Cette dernière étant le résultat de la
soustraction de l’infiltration de la pluie brute (mesurée). Le premier modèle est le
plus globale (il englobe aussi bien l’infiltration que les autres phénomènes)mais
reste approximatif du fait de la difficulté à estimer le coefficient de ruissellement.
Les modèles de Horton et SCS sont des modèles qui essayent de reproduire le plus
fidèlement possible l’infiltration pendant un événement pluvieux.
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Le coefficient de ruissellement est, par définition, le rapport entre la pluie nette et la
pluie brute. Il traduit en fonction du temps, la proportion de la pluie qui va générer
du ruissellement superficiel. C’est un coefficient qui varie entre 0 et 1. Il est égal à 1
quand toute la pluie produit du ruissellement (milieu fortement urbanisé). Il est très
difficile de l’estimer, aussi, il peut être approximé par un coefficient volumétrique de
ruissellement qui est obtenu par le rapport entre le volume de ruissellement
superficiel à l’exutoire et le volume de la pluie brute. Le volume ruisselé peut être
obtenu par une technique de séparation des écoulements (qu’on verra plus loin). En
milieu urbain, il est approché par le rapport entre la surface totale des parcelles
imperméables raccordées au réseau et la surface totale du bassin versant. On peut
trouver aussi dans la littérature des tableaux indiquant des domaines de variation du
coefficient du ruissellement en fonction du type de sol. Ce modèle n’est pas utilisé
quand le but recherché par la modélisation est la compréhension du fonctionnement
du système hydrologique.
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Le modèle de Horton traduit le processus d’infiltration dans le temps. Si l’apport en
pluie est suffisamment abondant, et si le sol est bien drainé, l’infiltration est limitée
par la capacité d’infiltration du sol. Lorsque le sol est initialement non saturé, la
capacité d’infiltration se réduit à fur et a mesure que la zone mouillée se développe
en profondeur (on appelle se phénomène saturation par le haut). Si le sol est bien
drainé, celle-ci tends vers une valeur limite. La partie de la pluie brute qui dépasse la
capacité d’infiltration du sol ruisselle. Lorsque la pluie s’arrête, la capacité
d’infiltration du sol peut en partie se restaurer. Ce dernier phénomène est du aux
processus de redistribution de l’eau dans le sol et au phénomène
d’évapotranspiration.
Le processus d’infiltration est conditionné par divers facteurs. Les plus importants
sont liés au sol par le biais de ses caractéristiques hydrodynamiques, de sa structure
(agencement des différentes textures) et de sa texture (répartition de la
granulométrie du sol).
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A titre indicatif voici un tableau qui donne les valeurs des différents paramètres de
Horton. Les sols argileux ont une capacité d’infiltration plus élevée que les sables car
les grains d’argiles absorbent l’eau alors que les grains de sable non.
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On voit que la capacité d’infiltration de l’argile est beaucoup plus importante que
celle du sable. Pour ce dernier, une fois que les interstices entre les grains de sable
sont rempli d’eau, le sol ne peut plus infiltrer. Alors que l’argile continue à absorber
de l’eau car, les grains d’argiles ont cette capacité de gonfler avec l’apport d’eau.
Les paramètres de la fonction de Horton pour modéliser l’infiltration peuvent être
estimés par des mesures in situ ou estimées par modélisation (optimisation)
Les limites de cette fonction c’est qu’elle ne tient pas compte de l’éventuelle
saturation du sol par le bas et de la possibilité de recouvrement du sol de sa capacité
d’infiltration. Elle n’est donc appropriée dans le cas de la modélisation
évènementielle.
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Une fois que la fonction de la capacité d’infiltration du sol établie, il suffit de faire la
différence entre la pluie brute et la capacité d’infiltration pour calculer la pluie nette.
Attention, la capacité d’infiltration est une courbe continue, il est donc nécessaire de
la discrétiser avec le même pas de temps que la pluie.
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Le modèle SCS ou « Soil Conservation Service » a été développé au Soil Conservation
Service au Etats Unis d’où sont nom.
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La fonction de transfert est le modèle qui permet de transférer la pluie nette à
l’exutoire. Le signal pluie nette va donc subir une transformation qui est générée par
le bassin versant.
La aussi, il existe plusieurs modèles. Les deux que nous allons voir sont la base de
plusieurs modèles.
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L’hydrogramme unitaire d’un bassin versant pour une durée de référence « Delta »
est la réponse unitaire U(t) (c’est un débit de ruissellement superficielle) vis-à-vis
d’une pluie nette unitaire de hauteur hmm. Quand on dit unitaire on vise une pluie
sur un pas de temps. On dit que l’hydrogramme unitaire est normé quand la pluie
unitaire est de 1mm. L’hydrogramme unitaire possède les caractéristiques suivantes :
un temps de montée tm, un temps de concentration (temps que met la goute la plus
éloignée pour arriver à l’exutoire), un temps de réponse (Lag time) et un temps de
base tb=Delta+tc
L’hydrogramme unitaire est une fonction qui décrie le comportement du bassin
versant en terme de ruissellement, on dit que c’est une caractéristique intrinsèque
au bassin. Chaque bassin versant possède sont hydrogramme unitaire qui décrit sa
réponse élémentaire. Si on sait comment réagit le bassin à une pluie nette unitaire,
on peut trouver sa réponse à une pluie nette non unitaire, c’est-à-dire qui se
compose de plusieurs pas de temps.
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Pour qu’il y ait possibilité de trouver un hydrogramme unitaire, il faudrait que la
variabilité spatiale soit négligeable (la pluie est uniformément répartie sur le bassin
versant). On considère que le réponse du bassin versant à une pluie nette est linéaire
et invariante dans le temps. J’ai ajouté une slide pour l’explication de ce point
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Il existe plusieurs méthodes pour construire un hydrogramme unitaire pour un
bassin versant donné. La plus classique nécessite une analyse détaillée de plusieurs
événements pluie-débit qui a pour but de trouver les événements observés qui se
rapprochent le plus possible d’un événement unitaire. Les deux conditions
nécessaires pour que un événement pluie/débit ait une chance d’être le plus proche
possible d’un événement unitaire sont :
la répartition spatiale uniforme de la pluie et le caractère généralisé du ruissellement
produit par cette pluie (toute la surface du bassin répond d’une manière uniforme à
la pluie nette observée)
L’averse sélectionnée est concentrée dans le temps (courte durée) et possède un
corps central bien marque (un seul pic)
Généralement, il est difficile de réunir toute ces conditions, dans la pratique, nous
sélectionnons plusieurs événements proches pour extraire plusieurs hydrogrammes
qu’on considère unitaires. L’hydrogramme unitaire moyen est considéré comme
hydrogramme unitaire du bassin versant.
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Pour identifier l’hydrogramme unitaire à partir d’un événement pluie-débit, il faut
d’abord séparer le ruissellement superficiel du ruissellement de base. Pourquoi?
Parce que l’hydrogramme unitaire est un ruissellement superficiel par définition.
La question la plus difficile ici est de séparer les deux écoulements: Nous avons vu en
début de ce cours que quand le débit diminue on distingue deux courbes la courbe
de décrue et la courbe de tarissement. L’instant où la courbe de décrue se
transforme en courbe de tarissement correspond à un point de flexion qu’on peut
accentuer si on trace sur une échelle logarithmique les débit de la décrue jusqu’à la
fin (à partir de deux à 3 points après le pic pour espérer distinguer ce point de
flexion)
Une fois l’instant qui sépare ces deux écoulements on peut tracer une droite qui
relie l’instant où le ruissellement superficiel à commencé à l’instant où ce dernier
s’est arrêté.
L’integrale sous cette courbe corresponds au volume de ruissellement superficiel.
Les points 4 et 5 sont plus simple ensuite
Le cours s’arrête là pour aujourd’hui. Le TD portera sur des applications liées à cette
partie
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L’hydrogramme unitaire est un signal qui correspond à la réponse du bassin versant
(en terme de débit à l’exutoire) à la pluie nette unitaire. Il caractérise le
comportement du bassin versant et permet de reconstituer le débit de ruissellement
superficiel d’un signal de pluie nette dont on ne connait pas la réponse.
Ici dans cet exemple, nous avons une pluie constituée de 3 pas de temps. A chaque
pas de temps, nous avons la pluie nette P1, P2, P3 (issues d’un modèle de
production). Nous avons également l’hydrogramme unitaire (ici dont on connais 3
valeurs (HU1, HU2 et HU03) pour l’exemple. En combinant ces deux information par
un produit de convolution, on obtient l’hydrogramme de ruissellement superficiel
résultant.
Afin de comprendre cette slide et remplacer mes développements que je fait
habituellement au tableau, je vous ai fait une copie d’un document à lire. Il est plus
détaillé que ce que je ne fait au tableau. Si vous avez des questions vous pourrez me
les poser . La page la plus importante pour comprendre cette slide est 198.
Ensuite pour comprendre le principe de la fonction de transfert en général, vous
pouvez lire les pages 192 (à partir du point 5,1), 193,194 et 195 et même 196.
La page 199 explique comment passer d’un hydrogramme unitaire d’une pluie
unitaire d’une durée deltat à un hydrogramme unitaire pour d’une pluie d’un pas de
temps T différent.
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Les modèles à réservoir c’est une autre forme de modélisation de la fonction de
transfert. On conceptualise le bassin versant sous forme d’un réservoir qui se
remplie avec la pluie nette (ici I(t)) et qui se vide (ici Q(t) qui représente le débit
superficiel à l’exutoire) et dont le volume varie dans le temps (S(t) = stock)
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Les équations qui décrivent le fonctionnement d’un réservoir sont de deux types :
- l’équation de continuté ou de conservation de la masse. La variation du stock
correspond à la différence entre ce qui rente et ce qui sort.
- L’équation de stockage qui décrit la relation entre le volume au temps t et le débit
à la sortie au même instant.
On peut remplacer l’expression de l’équation 2 dans l’équation 1 en gardant à l’esprit
que l’inconnue c’est le débit Q(t). Ce qui nous donne l’équation 3. Il s’agit d’une
équation différentielle dont la solution est donnée en fonction du temps t, de t0
(cela suppose qu’on connait le débit à un instant t0), de tau (le pas de temps de
discrétisation des données). Ce modèle possède un seul paramètre qui doit être calé
avec les données.
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Le paramètre K a une signification physique. Il correspond le temps de réponse du
bassin. Dans les situations où il n’existe pas de données (pluies-débits) pour caler ce
paramètre, on peut l’estimer par des méthodes empiriques. Ici une fonction qui est
souvent utilisées en milieu urbain
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Alors bien sur, quand on travaille sur un bassin versant dont le comportement est
complexe, on ne peut pas le modéliser par un seul réservoir. On a souvent recours à
plusieurs réservoirs interconnectés pour décrire le plus fidèlement possible le
comportement d’an bassin versant.
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Il est souvent question, en milieu urbain, de modéliser le ruissellement produit par
des aménagement urbain. On ne peut pas considérer le milieu urbain comme une
entité indépendante du reste du bassin versant. Ici, nous avons comme exemple une
zone urbaine dans un bassin versant et en amont de cette zone urbain, nous avons
une zone rurale très importante. L’apprort en débit de ces deux zones peut être vu
sur le graphique qui représente le débit en fonction du temps à l’exutoire du bassin
versant. La zone urbaine est proche de ce dernier. On voit que le débit produit est
composé de deux pics, le premier est lié à la zone urbaine alors que le second (qui
arrive plus tard) est lié à la zone rurale.
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Si on souhaite modéliser le comportement de ce bassin en considérant que les deux
zones forment un système homogène, la réponse que va nous renvoyer le modèle
est celle en bleu qui est donc différente de la réponse réelle.
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Alors que si on considère les deux zones indépendamment et en considérant que le
débit sortant de la zone rurale va rentrer dans la zone urbaine sous une certaine
forme, alors nous avons plus de chance de produire une réponse proche de celle
observée.
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