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Évaluation des épreuves de philosophie 2024

Philosophie

Transféré par

mamdoundour347
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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

---------

OFFICE DU BACCALAUREAT Dakar, 02 juillet 2024


---------
CANEVAS POUR L’EVALUATION DES EPREUVES DE PHILOSOPHIE DU
BACCALAUREAT 2024

PHILOSOPHIE
Rappel

Le souci de l’équipe est de contribuer au mieux à l’harmonisation des évaluations où,


malheureusement, des écarts parfois criards ont été notés. Les correcteurs sont donc invités à
redoubler de vigilance. Il y va du crédit de la discipline.
L’équipe souhaite à tous les correcteurs une bonne réception du document et reste naturellement
ouverte à toutes les suggestions et recommandations en vue d’un travail sans cesse amélioré.

GRILLE D’EVALUATION PROPOSEE AUX CORRECTEURS

Objectifs : sensibiliser les collègues sur les enjeux et les problèmes de l’évaluation :

1- harmoniser les critères d’évaluation ;


2- corriger les disparités et les écarts constatés dans la correction.

Critères pour la dissertation

Conceptualisation et problématisation
Analyser correctement les termes du sujet
Dégager une problématique pertinente
Traiter le sujet tel qu’il est posé
Donner au sujet une extension suffisante
Argumentation
Formuler un certain nombre d’idées précises et pertinentes (et non des lieux
communs ou des généralités)
Bien délimiter les idées importantes et en pousser la logique jusqu’à son terme
Intégrer des références bien commentées
Elaborer progressivement une réponse à la question posée (cohérence)
Prendre en charge les thèses opposées à celles que l’on défend ; comprendre
qu’elles peuvent être pensées et argumentées
Faire le bilan de l’analyse et répondre à la question soulevée par le sujet

Communication

Poser clairement le problème dans l’introduction


Equilibrer les parties et soigner la présentation
Traiter une idée par alinéa ; la développer de manière cohérente
Utiliser à bon escient les mots de liaison, les citations et les exemples

1
Rédiger la dissertation dans une langue correcte et un style précis.

Grille d’évaluation
A 07 points
B 08 points
C 05 points

Critères pour l’explication de texte

Conceptualisation et problématisation
Lire, comprendre et analyser correctement le texte
Dégager clairement l’idée générale
Expliciter clairement les idées du texte
Circonscrire son analyse dans les limites du texte
Argumentation
Mettre en évidence l’idée générale et sa corrélation avec les idées
secondaires (autres idées du texte)
Délimiter les idées du texte
Intégrer des références bien choisies et les expliquer
Avoir une attitude critique à l’égard du texte
Communication
Dégager clairement l’idée générale
Equilibrer les différentes parties en fonction des différents aspects du
problème abordé dans le texte
Rédiger une conclusion qui fasse le bilan de la réflexion
Rédiger le commentaire dans une langue correcte, dans un style concis et
précis.

Grille d’évaluation

A 07 points
B 08 points
C 05 points

SUJETS DU PREMIER GROUPE : SERIES : L’1 - L1a -L1b -L2-


2
Sujet I

Le philosophe peut-il adhérer aux croyances de son temps sans se trahir ?

Problématique
Le sujet invite à réfléchir sur la posture qui doit être celle du philosophe face aux croyances de son
temps. Généralement perçu comme anticonformiste, le philosophe est celui qui soumet à la
critique tout ce qui se présente à son esprit, celui qui refuse de concevoir comme vrai tout ce qui
n’a pas fait l’objet d’un examen rationnel.
Sous ce rapport, ne risque-t-il pas de trahir à son essence véritable, de se compromettre en
adhérant aux croyances de son époque ?
Toutefois, devrait-il pour autant rejeter systématiquement toute forme de croyance ? Ce faisant,
ne risque-t-il pas d’adopter une attitude dogmatique et tomber dans un scepticisme radical ?
Le philosophe ne peut-il pas adhérer à des croyances réfléchies, c’est-à-dire ayant fait l’objet d’un
examen critique ?

Compétences attendues
Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse des notions-clés (« le philosophe », « peut-
il ? », « adhérer », « croyances », « son temps », « se trahir »).

Philosophe : celui qui est à la recherche de la vérité, qui utilise une démarche critique et
rationnelle pour questionner, examiner les croyances et les idées reçues ;
Peut-il : possibilité problématisée en fait (est-il possible de… ?) ou en droit (est-il permis de… ?) ;
Adhérer : se rallier à, soutenir ou être en accord avec une idée, une croyance, etc. Implique
souvent un engagement ou une conviction personnelle ;
Croyances : convictions ou opinions considérées comme vraies par un individu ou un groupe
souvent sans preuves empiriques ; elles peuvent être religieuses, culturelles, sociales ou
personnelles ;
Son temps : fait référence à l’époque historique, culturelle ou sociale dans laquelle vit le
philosophe ;
Croyances de son temps : Cette expression inclut les idéologies, les valeurs, les normes et les
croyances dominantes de cette période ;
Se trahir : agir en contradiction avec ses propres principes, valeurs ou convictions. Pour un
philosophe, cela impliquerait d’abandonner ou de compromettre son engagement envers la
recherche de la vérité et la pensée critique ; se renier, se compromettre, être infidèle à soi-même.

Le candidat ou la candidate devra valider l’idée selon laquelle le philosophe, de par son esprit
critique, exclut a priori l’adhésion à toute forme de croyance, et donc ne saurait adhérer aux
croyances de son temps. Le cas échéant, une telle attitude le disqualifierait, en tant que tel,
puisqu’elle le mettrait en contradiction avec les exigences de la pensée philosophique et
impliquerait qu’il abandonne ou compromette son engagement envers la recherche de la vérité et
la pensée critique.

3
En effet, le philosophe se définit par sa capacité à mettre à distance les croyances et les
convictions afin d’interroger leur prétention à la vérité contrairement à l’homme du sens commun
qui s’en contente sans les examiner, ni les interroger.

Cependant, s’agit-il pour le philosophe de tout rejeter ou simplement d’examiner ce à quoi il doit
donner son assentiment ?
Le candidat ou la candidate pourrait montrer qu’en réalité, la posture du philosophe ne consiste
pas à rejeter systématiquement toutes les croyances de son temps au risque de verser dans une
attitude dogmatique et tomber dans un scepticisme radical. Il s’agit plutôt de soumettre ces
croyances à un examen critique et éventuellement d’en exhiber la dimension rationnelle.
Dans cette optique, au terme de ce parcours critique, adhérer à des croyances signifie que celles-ci
soient réfléchies, c’est-à-dire que le philosophe puisse en rendre compte rationnellement. Il s’agit
là de croyances fondées en raison.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui élargirait la réflexion en se


demandant s’il ne serait pas illusoire de penser que le philosophe, produit de son époque,
subissant plusieurs déterminations, puisse échapper à toute forme de croyance liée à son
temps ou encore celui ou celle qui s’interrogerait sur le rôle des philosophes dans les sociétés
contemporaines face aux nouvelles croyances et aux défis actuels.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique du cours sur la réflexion philosophique.

Sujet II
La pluralité des langues est-elle une menace pour l’unicité de la raison ?

Problématique
Le sujet invite à réfléchir sur l’impact de la diversité des langues sur l’unicité de la raison. Il semble
s’inscrire dans un certain paradoxe, à savoir le fait que la raison soit universelle alors que chaque
langue est spécifique du point de vue de sa structure et de la manière dont elle découpe le réel.
Sous ce rapport, la pluralité des langues, en introduisant des perspectives et des modes de pensée
variées, apparait d’emblée comme un obstacle, un danger pour l’unicité de la raison.
Toutefois, que les hommes parlent des langues différentes signifie-t-il véritablement qu’ils seraient
enfermés dans celles-ci et incapables de se comprendre au risque de menacer l’unicité de la raison ?
En d’autres termes, si la raison est universelle, chaque langue n’en serait-elle pas une expression
spécifique, ce qui voudrait dire alors qu’elle serait présente en chacune d’elle ?

Compétences attendues
Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse conceptuelle des notions-clés : «pluralité
des langues », «menace », « unicité », « raison ».

Pluralité des langues : se réfère à l’existence de nombreuses langues différentes parlées à travers le
monde et implique les différences dans les manières de penser, de communiquer et de percevoir le
monde ;
Menace : danger potentiel ou réel qui peut causer du tort ou nuire à quelque chose. Ici il s’agit de
l’idée que la diversité linguistique pourrait compromettre ou affaiblir un concept ou une valeur ;
Considérer la pluralité des langues comme une menace implique une évaluation de ses effets
potentiellement négatifs sur un aspect particulier, en l’occurrence l’unicité de la raison
Unicité : se réfère à l’état ou à la qualité d’être unique, indivisible ou sans équivalent. Il s’agit ici de
la notion d’une raison commune ou universelle, partagée par tous les êtres humains ;

4
Raison : faculté humaine de penser, de comprendre et de former des jugements en se basant sur la
logique. Elle est considérée comme universelle et essentielle à la connaissance et à la
compréhension. Pensée, intellect, rationalité.

Le candidat ou la candidate devra valider la thèse sous-jacente selon laquelle l’unicité de la raison
semble être menacée par la diversité linguistique. Il ou elle pourrait démontrer que chaque langue
est spécifique, c’est-à-dire différente des autres.
En tant que condition et véhicule d’une culture singulière, la langue comporte une vision
particulière du monde et une certaine manière spécifique de penser.
De ce point de vue, la langue semble apparaitre comme un enfermement sur soi, source de mal
entendu, d’incompréhension, de tension et de conflit, rendant problématique la communication
interhumaine.

Dans la phase de discussion, le candidat ou la candidate pourrait se demander si les langues sont des
univers clos auxquels il ne serait pas possible d’échapper.
Il ou elle pourrait démontrer que si l’homme est un animal rationnel, la capacité à raisonner et à
comprendre un raisonnement cohérent lui est consubstantielle indépendamment de la langue qu’il
parle.
La raison est donc unique au sens où ses principes sont invariables malgré la diversité des langues
par lesquelles elle s’exprime.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à démontrer que la


diversité des langues est la preuve même de l’identité des hommes et de l’unicité de la raison ou
celui ou celle qui montrerait que la pluralité des langues reflète la richesse des cultures et des modes
de pensée.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique des cours sur Nature et culture.

Sujet III

Commentaire de texte

Problématique

Le texte de Gaston Berger met en exergue la nécessité de faire le départ entre liberté et
indépendance dans l’espace social et politique, deux termes souvent confondus qu’il s’évertue à
rendre aussi clairs et distincts que possible.
Pour ce faire, il opère la distinction entre la liberté conçue comme un droit et l’indépendance,
considérée comme un fait.
La première est définie comme liée à l’absence d’entraves, à la possibilité d’agir selon sa volonté
tandis que la seconde désignerait la capacité de se suffire à soi-même.
Cependant ces définitions de la liberté et de l’indépendance, proposées par l’auteur, sont-elles
opérationnelles dans le monde réel ? Ne sont-elles pas chimériques ?
Structure du texte
D’emblée l’auteur montre la confusion souvent faite entre ces deux idées désignées par les
termes : indépendance et liberté.
Il s’emploie à dissiper cette confusion en signifiant l’indépendance et la liberté : la liberté relevant
du droit et l’indépendance du fait. La liberté en tant que droit implique la souveraineté et la
reconnaissance. L’indépendance en tant que fait est une situation naturelle indépendante de la
volonté dans laquelle on se trouve être.
Dans la phase de discussion, le candidat ou la candidate pourrait se demander si ces définitions
données par Gaston Berger sont réalistes et réalisables. Il ou elle pourrait se demander si penser la

5
liberté comme absence d’entraves n’est pas utopique. Dans le même registre, considérer
l’indépendance comme le fait se suffire à soi-même et de pouvoir se passer des autres n’est pas
chimérique.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui montrerait qu’il ne s’agit pas de


vouloir illusoirement échapper à la nécessaire interdépendance entre les Etats et les hommes,
mais de faire qu’elle joue pour le plus grand des biens de l’Homme.

Il ne sera pas admis que le texte soit un prétexte pour se livrer à une restitution mécanique des
cours sur la liberté et sur l’Etat.

6
UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
---------

OFFICE DU BACCALAUREAT Dakar, 02 juillet 2024


---------
CANEVAS POUR L’EVALUATION DES EPREUVES DE PHILOSOPHIE DU
BACCALAUREAT 2024

PHILOSOPHIE
Rappel

Le souci de l’équipe est de contribuer au mieux à l’harmonisation des évaluations où,


malheureusement, des écarts parfois criards ont été notés. Les correcteurs sont donc invités à
redoubler de vigilance. Il y va du crédit de la discipline.
L’équipe souhaite à tous les correcteurs une bonne réception du document et reste naturellement
ouverte à toutes les suggestions et recommandations en vue d’un travail sans cesse amélioré.

GRILLE D’EVALUATION PROPOSEE AUX CORRECTEURS

Objectifs : sensibiliser les collègues sur les enjeux et les problèmes de l’évaluation :

1- harmoniser les critères d’évaluation ;


2- corriger les disparités et les écarts constatés dans la correction.

Critères pour la dissertation

Conceptualisation et problématisation
Analyser correctement les termes du sujet
Dégager une problématique pertinente
Traiter le sujet tel qu’il est posé
Donner au sujet une extension suffisante
Argumentation
Formuler un certain nombre d’idées précises et pertinentes (et non des lieux
communs ou des généralités)
Bien délimiter les idées importantes et en pousser la logique jusqu’à son terme
Intégrer des références bien commentées
Elaborer progressivement une réponse à la question posée (cohérence)
Prendre en charge les thèses opposées à celles que l’on défend ; comprendre
qu’elles peuvent être pensées et argumentées
Faire le bilan de l’analyse et répondre à la question soulevée par le sujet

Communication

Poser clairement le problème dans l’introduction


Equilibrer les parties et soigner la présentation
Traiter une idée par alinéa ; la développer de manière cohérente
Utiliser à bon escient les mots de liaison, les citations et les exemples

1
Rédiger la dissertation dans une langue correcte et un style précis.

Grille d’évaluation
A 07 points
B 08 points
C 05 points

Critères pour l’explication de texte

Conceptualisation et problématisation
Lire, comprendre et analyser correctement le texte
Dégager clairement l’idée générale
Expliciter clairement les idées du texte
Circonscrire son analyse dans les limites du texte
Argumentation
Mettre en évidence l’idée générale et sa corrélation avec les idées
secondaires (autres idées du texte)
Délimiter les idées du texte
Intégrer des références bien choisies et les expliquer
Avoir une attitude critique à l’égard du texte
Communication
Dégager clairement l’idée générale
Equilibrer les différentes parties en fonction des différents aspects du
problème abordé dans le texte
Rédiger une conclusion qui fasse le bilan de la réflexion
Rédiger le commentaire dans une langue correcte, dans un style concis et
précis.

Grille d’évaluation

A 07 points
B 08 points
C 05 points

SUJETS DU PREMIER GROUPE : SERIES : L’1 - L1a -L1b -L2-


2
Sujet I

Le philosophe peut-il adhérer aux croyances de son temps sans se trahir ?

Problématique
Le sujet invite à réfléchir sur la posture qui doit être celle du philosophe face aux croyances de son
temps. Généralement perçu comme anticonformiste, le philosophe est celui qui soumet à la
critique tout ce qui se présente à son esprit, celui qui refuse de concevoir comme vrai tout ce qui
n’a pas fait l’objet d’un examen rationnel.
Sous ce rapport, ne risque-t-il pas de trahir à son essence véritable, de se compromettre en
adhérant aux croyances de son époque ?
Toutefois, devrait-il pour autant rejeter systématiquement toute forme de croyance ? Ce faisant,
ne risque-t-il pas d’adopter une attitude dogmatique et tomber dans un scepticisme radical ?
Le philosophe ne peut-il pas adhérer à des croyances réfléchies, c’est-à-dire ayant fait l’objet d’un
examen critique ?

Compétences attendues
Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse des notions-clés (« le philosophe », « peut-
il ? », « adhérer », « croyances », « son temps », « se trahir »).

Philosophe : celui qui est à la recherche de la vérité, qui utilise une démarche critique et
rationnelle pour questionner, examiner les croyances et les idées reçues ;
Peut-il : possibilité problématisée en fait (est-il possible de… ?) ou en droit (est-il permis de… ?) ;
Adhérer : se rallier à, soutenir ou être en accord avec une idée, une croyance, etc. Implique
souvent un engagement ou une conviction personnelle ;
Croyances : convictions ou opinions considérées comme vraies par un individu ou un groupe
souvent sans preuves empiriques ; elles peuvent être religieuses, culturelles, sociales ou
personnelles ;
Son temps : fait référence à l’époque historique, culturelle ou sociale dans laquelle vit le
philosophe ;
Croyances de son temps : Cette expression inclut les idéologies, les valeurs, les normes et les
croyances dominantes de cette période ;
Se trahir : agir en contradiction avec ses propres principes, valeurs ou convictions. Pour un
philosophe, cela impliquerait d’abandonner ou de compromettre son engagement envers la
recherche de la vérité et la pensée critique ; se renier, se compromettre, être infidèle à soi-même.

Le candidat ou la candidate devra valider l’idée selon laquelle le philosophe, de par son esprit
critique, exclut a priori l’adhésion à toute forme de croyance, et donc ne saurait adhérer aux
croyances de son temps. Le cas échéant, une telle attitude le disqualifierait, en tant que tel,
puisqu’elle le mettrait en contradiction avec les exigences de la pensée philosophique et
impliquerait qu’il abandonne ou compromette son engagement envers la recherche de la vérité et
la pensée critique.

3
En effet, le philosophe se définit par sa capacité à mettre à distance les croyances et les
convictions afin d’interroger leur prétention à la vérité contrairement à l’homme du sens commun
qui s’en contente sans les examiner, ni les interroger.

Cependant, s’agit-il pour le philosophe de tout rejeter ou simplement d’examiner ce à quoi il doit
donner son assentiment ?
Le candidat ou la candidate pourrait montrer qu’en réalité, la posture du philosophe ne consiste
pas à rejeter systématiquement toutes les croyances de son temps au risque de verser dans une
attitude dogmatique et tomber dans un scepticisme radical. Il s’agit plutôt de soumettre ces
croyances à un examen critique et éventuellement d’en exhiber la dimension rationnelle.
Dans cette optique, au terme de ce parcours critique, adhérer à des croyances signifie que celles-ci
soient réfléchies, c’est-à-dire que le philosophe puisse en rendre compte rationnellement. Il s’agit
là de croyances fondées en raison.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui élargirait la réflexion en se


demandant s’il ne serait pas illusoire de penser que le philosophe, produit de son époque,
subissant plusieurs déterminations, puisse échapper à toute forme de croyance liée à son
temps ou encore celui ou celle qui s’interrogerait sur le rôle des philosophes dans les sociétés
contemporaines face aux nouvelles croyances et aux défis actuels.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique du cours sur la réflexion philosophique.

Sujet II
La pluralité des langues est-elle une menace pour l’unicité de la raison ?

Problématique
Le sujet invite à réfléchir sur l’impact de la diversité des langues sur l’unicité de la raison. Il semble
s’inscrire dans un certain paradoxe, à savoir le fait que la raison soit universelle alors que chaque
langue est spécifique du point de vue de sa structure et de la manière dont elle découpe le réel.
Sous ce rapport, la pluralité des langues, en introduisant des perspectives et des modes de pensée
variées, apparait d’emblée comme un obstacle, un danger pour l’unicité de la raison.
Toutefois, que les hommes parlent des langues différentes signifie-t-il véritablement qu’ils seraient
enfermés dans celles-ci et incapables de se comprendre au risque de menacer l’unicité de la raison ?
En d’autres termes, si la raison est universelle, chaque langue n’en serait-elle pas une expression
spécifique, ce qui voudrait dire alors qu’elle serait présente en chacune d’elle ?

Compétences attendues
Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse conceptuelle des notions-clés : «pluralité
des langues », «menace », « unicité », « raison ».

Pluralité des langues : se réfère à l’existence de nombreuses langues différentes parlées à travers le
monde et implique les différences dans les manières de penser, de communiquer et de percevoir le
monde ;
Menace : danger potentiel ou réel qui peut causer du tort ou nuire à quelque chose. Ici il s’agit de
l’idée que la diversité linguistique pourrait compromettre ou affaiblir un concept ou une valeur ;
Considérer la pluralité des langues comme une menace implique une évaluation de ses effets
potentiellement négatifs sur un aspect particulier, en l’occurrence l’unicité de la raison
Unicité : se réfère à l’état ou à la qualité d’être unique, indivisible ou sans équivalent. Il s’agit ici de
la notion d’une raison commune ou universelle, partagée par tous les êtres humains ;

4
Raison : faculté humaine de penser, de comprendre et de former des jugements en se basant sur la
logique. Elle est considérée comme universelle et essentielle à la connaissance et à la
compréhension. Pensée, intellect, rationalité.

Le candidat ou la candidate devra valider la thèse sous-jacente selon laquelle l’unicité de la raison
semble être menacée par la diversité linguistique. Il ou elle pourrait démontrer que chaque langue
est spécifique, c’est-à-dire différente des autres.
En tant que condition et véhicule d’une culture singulière, la langue comporte une vision
particulière du monde et une certaine manière spécifique de penser.
De ce point de vue, la langue semble apparaitre comme un enfermement sur soi, source de mal
entendu, d’incompréhension, de tension et de conflit, rendant problématique la communication
interhumaine.

Dans la phase de discussion, le candidat ou la candidate pourrait se demander si les langues sont des
univers clos auxquels il ne serait pas possible d’échapper.
Il ou elle pourrait démontrer que si l’homme est un animal rationnel, la capacité à raisonner et à
comprendre un raisonnement cohérent lui est consubstantielle indépendamment de la langue qu’il
parle.
La raison est donc unique au sens où ses principes sont invariables malgré la diversité des langues
par lesquelles elle s’exprime.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à démontrer que la


diversité des langues est la preuve même de l’identité des hommes et de l’unicité de la raison ou
celui ou celle qui montrerait que la pluralité des langues reflète la richesse des cultures et des modes
de pensée.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique des cours sur Nature et culture.

Sujet III

Commentaire de texte

Problématique

Le texte de Gaston Berger met en exergue la nécessité de faire le départ entre liberté et
indépendance dans l’espace social et politique, deux termes souvent confondus qu’il s’évertue à
rendre aussi clairs et distincts que possible.
Pour ce faire, il opère la distinction entre la liberté conçue comme un droit et l’indépendance,
considérée comme un fait.
La première est définie comme liée à l’absence d’entraves, à la possibilité d’agir selon sa volonté
tandis que la seconde désignerait la capacité de se suffire à soi-même.
Cependant ces définitions de la liberté et de l’indépendance, proposées par l’auteur, sont-elles
opérationnelles dans le monde réel ? Ne sont-elles pas chimériques ?
Structure du texte
D’emblée l’auteur montre la confusion souvent faite entre ces deux idées désignées par les
termes : indépendance et liberté.
Il s’emploie à dissiper cette confusion en signifiant l’indépendance et la liberté : la liberté relevant
du droit et l’indépendance du fait. La liberté en tant que droit implique la souveraineté et la
reconnaissance. L’indépendance en tant que fait est une situation naturelle indépendante de la
volonté dans laquelle on se trouve être.
Dans la phase de discussion, le candidat ou la candidate pourrait se demander si ces définitions
données par Gaston Berger sont réalistes et réalisables. Il ou elle pourrait se demander si penser la

5
liberté comme absence d’entraves n’est pas utopique. Dans le même registre, considérer
l’indépendance comme le fait se suffire à soi-même et de pouvoir se passer des autres n’est pas
chimérique.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui montrerait qu’il ne s’agit pas de


vouloir illusoirement échapper à la nécessaire interdépendance entre les Etats et les hommes,
mais de faire qu’elle joue pour le plus grand des biens de l’Homme.

Il ne sera pas admis que le texte soit un prétexte pour se livrer à une restitution mécanique des
cours sur la liberté et sur l’Etat.

6
UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
---------

OFFICE DU BACCALAUREAT Dakar, 29 juillet 2021


---------
CANEVAS POUR L’EVALUATION DES EPREUVES DE PHILOSOPHIE DU BACCALAUREAT 2020

PHILOSOPHIE
Rappel

Le souci de l’équipe est de contribuer au mieux à l’harmonisation des évaluations où,


malheureusement, des écarts parfois criards ont été notés. Les correcteurs sont donc invités à
redoubler de vigilance. Il y va du crédit de la discipline.
L’équipe souhaite à tous les correcteurs une bonne réception du document et reste naturellement
ouverte à toutes les suggestions et recommandations en vue d’un travail sans cesse amélioré.

GRILLE D’EVALUATION PROPOSEE AUX CORRECTEURS

Remarques : Cette grille a été conçue par l’équipe pédagogique chargée de la confection des
modules de formation, Bad IV.

Objectifs : sensibiliser les collègues sur les enjeux et les problèmes de l’évaluation :

1- harmoniser les critères d’évaluation ;


2- corriger les disparités et les écarts constatés dans la correction.

Critères pour la dissertation

Conceptualisation et problématisation
Analyser correctement les termes du sujet
Dégager une problématique pertinente
Traiter le sujet tel qu’il est posé
Donner au sujet une extension suffisante
Argumentation
Formuler un certain nombre d’idées précises et pertinentes (et non des lieux
communs ou des généralités)
Bien délimiter les idées importantes et en pousser la logique jusqu’à son terme
Intégrer des références bien commentées
Elaborer progressivement une réponse à la question posée (cohérence)
Prendre en charge les thèses opposées à celles que l’on défend ; comprendre
qu’elles peuvent être pensées et argumentées
Faire le bilan de l’analyse et répondre à la question soulevée par le sujet

Communication

Poser clairement le problème dans l’introduction


1
Equilibrer les parties et soigner la présentation
Traiter une idée par alinéa ; la développer de manière cohérente
Utiliser à bon escient les mots de liaison, les citations et les exemples
Rédiger la dissertation dans une langue correcte et un style précis.

Grille d’évaluation
A 07 points
B 08 points
C 05 points

Critères pour l’explication de texte

Conceptualisation et problématisation
Lire, comprendre et analyser correctement le texte
Dégager clairement l’idée générale
Expliciter clairement les idées du texte
Circonscrire son analyse dans les limites du texte
Argumentation
Mettre en évidence l’idée générale et sa corrélation avec les idées
secondaires (autres idées du texte)
Délimiter les idées du texte
Intégrer des références bien choisies et les expliquer
Avoir une attitude critique à l’égard du texte
Communication
Dégager clairement l’idée générale
Equilibrer les différentes parties en fonction des différents aspects du
problème abordé dans le texte
Rédiger une conclusion qui fasse le bilan de la réflexion
Rédiger le commentaire dans une langue correcte, dans un style concis et
précis.

Grille d’évaluation

A 07 points
B 08 points
C 05 points

2
SUJETS DU PREMIER GROUPE : SERIES : L’1 - L1a -L1b -L2-

Sujet I

Si la philosophie permet de voir les choses autrement qu’elles sont d’ordinaire, ne condamne-t-
elle pas celui qui s’y adonne à la solitude ?

Problématique

Le sujet invite à réfléchir sur la singularité de la pratique philosophique et le risque d’isolement qui
en découle. En effet, la posture réflexive et critique du philosophe commande une mise à distance
de la réalité qui lui apparaitre le monde de façon inhabituelle et qui tranche nettement d’avec la
perception illusoire de l’homme du sens commun, englué dans les idées reçues, les habitudes, les
opinions… Cette situation installe très souvent une certaine incompréhension, voire des conflits
entre le groupe social et le philosophe pouvant conduire aboutir à sa marginalisation.

Compétences attendues

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse des notions-clés (« philosophie», «voir les
choses autrement qu’elles sont d’ordinaire », «condamne », « solitude »).
Philosophie : réflexion personnelle et critique sur tout fondement théorique .
Voir les choses autrement qu’elles sont d’ordinaire : percevoir les choses de façon inhabituelle
Condamne : forcer, astreindre, contraindre, imposer, obliger, vouer à…, pousser à …
Solitude : situation de celui qui se trouve sans compagnie, séparé momentanément ou
durablement de ses semblables, situation d’isolement, de marginalisation.

Le candidat ou la candidate devra montrer que la philosophie exige une attitude critique qui
favorise un regard nouveau et perspicace sur la réalité.

Cette démarche rationnelle introduit une rupture d’avec l’attitude de l’homme du sens commun
tributaire de la vision du groupe social, ce qui induit une certaine marginalisation du philosophe.

Cependant, le candidat ou la candidate pourrait se demander si c’est véritablement la posture


critique qui génère la solitude du philosophe ou alors son incapacité à partager, à convaincre les
autres de la pertinence de sa vision de la réalité

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à montrer que l’attitude
critique du philosophe lui permet d’élargir son champ de vision pour devenir citoyen du monde,
sujet universel contemporain de toute l’humanité.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique du cours sur la philosophie.

3
Sujet II
Si pour le savant, le monde doit être disponible, grâce à l’artiste, il devient habitable.
Qu’en pensez-vous ?

Problématique

Le sujet invite à réfléchir sur la différence entre le savant et l’artiste dans leur rapport au monde.
L’attitude du savant, caractérisée par l’objectivité, est commandée par le souci de compréhension,
de connaissance, de dévoilement de la réalité alors que celle de l’artiste répond à un besoin
subjectif de donner un autre visage au monde qui le rend supportable, hospitalier et donc
habitable.
Compétences attendues

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse conceptuelle des notions-clés : «savant »,


«monde disponible », « artiste », « monde habitable ».

savant : personne qui, par son savoir et ses recherches, contribue à l’élaboration et au progrès
d’une science ; personne qui, par l’adoption d’une attitude rationnelle, critique, permet de
dévoiler le réel.
monde disponible : monde ouvert, accessible, susceptible d’être appréhendé, saisi, manipulé
artiste : personne qui se voue à l’expression du beau ; personne qui crée le beau ; personne qui a
le sens de la beauté et est capable de créer une œuvre d’art.
monde habitable : monde hospitalier, accueillant, agréable à vivre.

Dans la phase de validation, le candidat ou la candidate devra montrer que le rapport du savant au
monde est un rapport d’objectivation. Ce rapport commandé par l’exigence de neutralité lui
permet de se départir de ses goûts, ses préférences personnelles, ses prises de position, bref sa
subjectivité pour produire une connaissance rationnelle, accessible à tous.
A la différence du savant, le rapport de l’artiste au monde est un rapport de subjectivation. Ce
rapport dévoile toute la sensibilité de l’artiste, sa proximité, voire son intimité avec le monde qui
est perçu de façon esthétique. Ainsi, l’artiste, par son œuvre, produit du sens qui rend le monde
accueillant.
Le candidat ou la candidate devra dépasser ce clivage en montrant qu’il se pourrait bien que le
savant rende également « le monde habitable ». En nous délivrant de l’ignorance, source de nos
peurs et de nos angoisses, le savant rend le monde moins mystérieux, familier, donc hospitalier.
De surcroît, les commodités que nous offrent les produits de la technoscience (objets techniques)
rendent aussi le monde habitable.
On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à montrer que le
savant et l’artiste peuvent être tendus vers le même but : rendre le monde plus visible, intelligible.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique des cours sur la science et sur l’art.

Sujet III

Commentaire de texte

Problématique

4
Il est question dans le texte des conditions de possibilité d’une liberté véritable. Bakounine établit
un rapport de dépendance entre la liberté de l’individu et celle des autres. Plus précisément, il
montre que la liberté des autres, loin d’être une menace pour moi, est au contraire la condition
pour que ma liberté soit réelle, puisque c’est dans celle d’autrui qu’elle trouve ce qui le fonde.

Structure du texte

L’auteur commence d’emblée par montrer que contrairement à une idée reçue que voudrait que
l’existence des autres soit une menace pour ma liberté, elle en est la condition de possibilité. En
d’autres termes, ma liberté n’est effective que si celles des autres est réelle, puisque c’est dans
celle des autres qu’elle se prolonge. Ce qui veut dire qu’au lieu de se nier et d’entrer en conflit, les
libertés se confirment mutuellement et se renforcent en élargissant la sphère de nos existences
libres.

Ensuite, il définit la liberté comme l’expression de la dignité humaine, autrement dit comme ce qui
fait de moi non pas un objet ou un moyen mais une fin. De là découle le droit que j’ai de décider,
de choisir et d’agir, conformément à ma conscience. Une telle liberté trouve sa garantie dans
l’assentiment des autres.

Dans la phase de discussion, le candidat ou la candidate pourrait se demander si la conception


développée par Bakounine ne verse pas dans l’utopie. La question est la suivante : d’où vient alors
que les libertés (les hommes) s’affrontent ? De fait les libertés humaines ne s’accordent pas, parce
qu’il y a des guerres et des conflits en tout genre.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à montrer que cette
conception de la liberté repose sur une idée optimiste de l’homme, considéré comme
naturellement bon..

Il ne sera pas admis que le texte soit un prétexte pour se livrer à une restitution mécanique du
cours sur la liberté .

SUJETS DU PREMIER GROUPE : SERIES : S1-S2-S2A-S4-S5

Sujet 1. Le progrès de la science rendent-ils la philosophie inutile ?


Problématique
Le sujet nous invite à réfléchir sur la menace que pourraient constituer les progrès de la science
sur l’intérêt de la philosophie. En effet, la science, en constante évolution, s’est imposée comme
modèle tant dans le domaine théorique que dans les applications pratiques de ses résultats,
semblant rendre la philosophie vaine. Cette dernière, qui se caractérise par sa dimension
spéculative et théorique, aurait du mal à faire face d’une part aux défis du monde actuel et d’autre
part à la concurrence de la science.

Mais la science répond-elle à toutes les questions de l’homme ? Les questions liées au sens de la
vie et de la mort, à l’angoisse existentielle, à l’éthique, etc. peuvent –elles être résolues par la
science ? Mieux, il arrive très souvent que la science, du fait de ses progrès, soit confrontée à des
interrogations qu’elle ne peut pas poser en tant que science parce qu’elles ne relèvent pas de sa
juridiction, mais de celle de la philosophie. De ce fait, ne fournit-elle pas à la philosophie de
nouvelles raisons d’être ?

5
Compétences attendues :

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse conceptuelle des notions-clés : « progrès »,


« science », « philosophie », « inutile »
Progrès : évolution, croissance, changement d’état qui consiste en un passage à un degré
supérieur
Science : Ensemble structuré de connaissances qui se rapporte à des faits obéissant à des lois
objectives ( ou considérées comme telles ) et dont la mise au point exige systématisation et
méthode
Philosophie : réflexion critique sur les problèmes de la connaissance et de l’action humaine ;
réflexion personnelle et critique sur tout fondement théorique.
Inutile : vain ; qui ne sert à rien
Le candidat ou la candidate devra montrer que les progrès de la science tendent à dévaloriser la
philosophie. Ces progrès qui se mesurent par une capacité de plus en plus accrue à percer les
secrets de la nature et par une amélioration notable des conditions d’existence de l’homme
semblent élever la science au -dessus de la philosophie.
Celle-ci , aux yeux de l’homme du sens commun, n’arrivant pas à se constituer en connaissance
apodictique et pragmatique, ne répond pas aux attentes et aux préoccupations matérielles et
suscite donc un désintérêt au profit de la science
Dans la phase critique , le candidat ou la candidate pourrait réfléchir sur la pertinence de cette
comparaison qui privilégie la science au détriment de la philosophie. Il/elle pourrait se demander
si les questions existentielles, prises en charge par la philosophie, ne sont pas plus essentielles
pour l’homme que celles auxquelles répond la science? En outre, les dérives liées à l’application
des résultats de la science ne rendent -elles pas la philosophie plus que jamais nécessaire ?
On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à se demander si la
pratique scientifique elle-même n’est pas source de questionnement philosophique.

Sujet 2. Les sciences humaines peuvent-elles énoncer des lois au même titre que les sciences
expérimentales ?
Problématique

Problématique : le sujet invite à réfléchir sur le problème épistémologique des sciences humaines.
Les sciences expérimentales doivent leur succès à l’efficacité de leur méthode qui associent
l’expérimentation, l’énonciation de lois et l’élaboration de théories dans un langage
mathématique. Les lois qu’elles énoncent s’appuient sur le principe selon lequel il y a des
régularités dans la nature, raison pour laquelle elles cherchent à établir des rapports constants et
nécessaires entre les phénomènes. Quant aux sciences humaines, elles portent sur l’homme en
tant que celui-ci est un être social doué de raison et conscient de sa liberté. L’idée d’une régularité
pouvant faire penser à des lois qui soient aussi nécessaires que celles qu’établissent les sciences
expérimentales ne pouvant être établie, la question est donc de savoir si elles peuvent énoncer
des lois qui aient la même signification.

Compétences attendues

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse conceptuelle des notions-clés : «sciences


humaines », « peuvent-elles », « sciences expérimentales », lois » , « au même titre que ».
« sciences humaines » : un ensemble de disciplines qui étudient divers aspects de la réalité
humaine (sociologie, psychologie, histoire…)
« peuvent-elles » : renvoie à une double possibilité, possibilité juridique ( a-t-on le droit ?) et
possibilité de fait (a-t-on les moyens de…)

6
« sciences expérimentales » : ce sont les sciences qui cherchent à établir à l’aide des
mathématiques des lois ou des rapports constants pour décrire les relations entre différents
phénomènes.
« lois » : -régularité constatée dans les faits et permettant d’en déduire des constantes, des règles
qui gouvernent la nature
« au même titre que » : de même que, ainsi que, de la même manière que, à l’identique

Le candidat ou la candidate devra d’abord expliquer en quoi consiste la méthode des sciences
expérimentales, ce qui revient à montrer ce que recouvre le concept de loi. Ensuite, il devra
mettre en évidence le problème qui se pose aux sciences humaines lorsqu’elles voudront s’aligner
sur les critères de scientificité en vigueur dans les sciences de la nature. Parce que l’homme est un
être susceptible de rendre compte de ses actes, du moins jusqu’à un certain point, sera-t-il
possible de soumettre ses conduites à une loi qui en expliquerait la signification ?
Enfin, une fois cette thèse établie, il devra se poser la question du régime de scientificité sous
lequel il faudrait placer les sciences humaines.
Pour ne pas s’arrêter au constat de l’impossibilité à produire, dans les sciences humaines, des
lois de même nature que celles élaborées dans les sciences expérimentales, il faudra aller plus
loin et monter que ces savoirs peuvent adopter – et adoptent très souvent - une démarche
herméneutique qui consiste à produire le sens des conduites humaines..

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à s’interroger sur la


légitimité d’ériger en modèle les sciences expérimentales.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique du cours portant sur les sciences expérimentales et les sciences humaines.

Sujet 3
Problématique
Saint Thomas établit le caractère évident de la liberté de l’homme, fondée sur la raison. Il met en
lumière dans son texte le rapport entre la liberté et la connaissance, élevant l’homme au-dessus
des autres êtres.

Structure du texte
Le texte est articulé autour de trois mouvements renvoyant à la réalité des différents êtres de la
nature : la matière inerte, l’animal et l’homme. Les corps inanimés étant incapables de se mouvoir
par eux-mêmes sont soumis aux lois de la nature (la pierre qui tombe : gravitation). L’animal est
un être sensible, capable de réagir à des stimuli sous l’emprise de son instinct. Ses comportements
sont spontanés, mécaniques et naturels. L’homme par contre est capable de jugement, c’est à dire
de fonder sa décision, son action ou son comportement, non pas sur l’instinct, mais sur la raison.
Cela permet de diversifier son action, c’est-à-dire de faire des choix, ce qui est la marque de sa
liberté.

Dans la phase de discussion, le candidat ou la candidate pourrait se demander si la raison, prise ici
comme le fondement même de la liberté, n’est pas elle -même soumise au déterminisme. Le
candidat ou la candidate pourrait invoquer la psychanalyse et montrer que la raison n’est pas à
elle-même son propre fondement et qu’elle est sous l’influence de l’inconscient qui la détermine.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui se demanderait si le fait que


l’homme soit doté de raison suffit pour fonder sa supériorité sur les autres êtres.
7
Il ne sera pas admis que le candidat ou la candidate se livre à une restitution mécanique du cours
sur la liberté.

8
UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
---------

OFFICE DU BACCALAUREAT Dakar, 29 juillet 2021


---------
CANEVAS POUR L’EVALUATION DES EPREUVES DE PHILOSOPHIE DU BACCALAUREAT 2020

PHILOSOPHIE
Rappel

Le souci de l’équipe est de contribuer au mieux à l’harmonisation des évaluations où,


malheureusement, des écarts parfois criards ont été notés. Les correcteurs sont donc invités à
redoubler de vigilance. Il y va du crédit de la discipline.
L’équipe souhaite à tous les correcteurs une bonne réception du document et reste naturellement
ouverte à toutes les suggestions et recommandations en vue d’un travail sans cesse amélioré.

GRILLE D’EVALUATION PROPOSEE AUX CORRECTEURS

Remarques : Cette grille a été conçue par l’équipe pédagogique chargée de la confection des
modules de formation, Bad IV.

Objectifs : sensibiliser les collègues sur les enjeux et les problèmes de l’évaluation :

1- harmoniser les critères d’évaluation ;


2- corriger les disparités et les écarts constatés dans la correction.

Critères pour la dissertation

Conceptualisation et problématisation
Analyser correctement les termes du sujet
Dégager une problématique pertinente
Traiter le sujet tel qu’il est posé
Donner au sujet une extension suffisante
Argumentation
Formuler un certain nombre d’idées précises et pertinentes (et non des lieux
communs ou des généralités)
Bien délimiter les idées importantes et en pousser la logique jusqu’à son terme
Intégrer des références bien commentées
Elaborer progressivement une réponse à la question posée (cohérence)
Prendre en charge les thèses opposées à celles que l’on défend ; comprendre
qu’elles peuvent être pensées et argumentées
Faire le bilan de l’analyse et répondre à la question soulevée par le sujet

Communication

Poser clairement le problème dans l’introduction


1
Equilibrer les parties et soigner la présentation
Traiter une idée par alinéa ; la développer de manière cohérente
Utiliser à bon escient les mots de liaison, les citations et les exemples
Rédiger la dissertation dans une langue correcte et un style précis.

Grille d’évaluation
A 07 points
B 08 points
C 05 points

Critères pour l’explication de texte

Conceptualisation et problématisation
Lire, comprendre et analyser correctement le texte
Dégager clairement l’idée générale
Expliciter clairement les idées du texte
Circonscrire son analyse dans les limites du texte
Argumentation
Mettre en évidence l’idée générale et sa corrélation avec les idées
secondaires (autres idées du texte)
Délimiter les idées du texte
Intégrer des références bien choisies et les expliquer
Avoir une attitude critique à l’égard du texte
Communication
Dégager clairement l’idée générale
Equilibrer les différentes parties en fonction des différents aspects du
problème abordé dans le texte
Rédiger une conclusion qui fasse le bilan de la réflexion
Rédiger le commentaire dans une langue correcte, dans un style concis et
précis.

Grille d’évaluation

A 07 points
B 08 points
C 05 points

2
SUJETS DU PREMIER GROUPE : SERIES : L’1 - L1a -L1b -L2-

Sujet I

Si la philosophie permet de voir les choses autrement qu’elles sont d’ordinaire, ne condamne-t-
elle pas celui qui s’y adonne à la solitude ?

Problématique

Le sujet invite à réfléchir sur la singularité de la pratique philosophique et le risque d’isolement qui
en découle. En effet, la posture réflexive et critique du philosophe commande une mise à distance
de la réalité qui lui apparaitre le monde de façon inhabituelle et qui tranche nettement d’avec la
perception illusoire de l’homme du sens commun, englué dans les idées reçues, les habitudes, les
opinions… Cette situation installe très souvent une certaine incompréhension, voire des conflits
entre le groupe social et le philosophe pouvant conduire aboutir à sa marginalisation.

Compétences attendues

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse des notions-clés (« philosophie», «voir les
choses autrement qu’elles sont d’ordinaire », «condamne », « solitude »).
Philosophie : réflexion personnelle et critique sur tout fondement théorique .
Voir les choses autrement qu’elles sont d’ordinaire : percevoir les choses de façon inhabituelle
Condamne : forcer, astreindre, contraindre, imposer, obliger, vouer à…, pousser à …
Solitude : situation de celui qui se trouve sans compagnie, séparé momentanément ou
durablement de ses semblables, situation d’isolement, de marginalisation.

Le candidat ou la candidate devra montrer que la philosophie exige une attitude critique qui
favorise un regard nouveau et perspicace sur la réalité.

Cette démarche rationnelle introduit une rupture d’avec l’attitude de l’homme du sens commun
tributaire de la vision du groupe social, ce qui induit une certaine marginalisation du philosophe.

Cependant, le candidat ou la candidate pourrait se demander si c’est véritablement la posture


critique qui génère la solitude du philosophe ou alors son incapacité à partager, à convaincre les
autres de la pertinence de sa vision de la réalité

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à montrer que l’attitude
critique du philosophe lui permet d’élargir son champ de vision pour devenir citoyen du monde,
sujet universel contemporain de toute l’humanité.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique du cours sur la philosophie.

3
Sujet II
Si pour le savant, le monde doit être disponible, grâce à l’artiste, il devient habitable.
Qu’en pensez-vous ?

Problématique

Le sujet invite à réfléchir sur la différence entre le savant et l’artiste dans leur rapport au monde.
L’attitude du savant, caractérisée par l’objectivité, est commandée par le souci de compréhension,
de connaissance, de dévoilement de la réalité alors que celle de l’artiste répond à un besoin
subjectif de donner un autre visage au monde qui le rend supportable, hospitalier et donc
habitable.
Compétences attendues

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse conceptuelle des notions-clés : «savant »,


«monde disponible », « artiste », « monde habitable ».

savant : personne qui, par son savoir et ses recherches, contribue à l’élaboration et au progrès
d’une science ; personne qui, par l’adoption d’une attitude rationnelle, critique, permet de
dévoiler le réel.
monde disponible : monde ouvert, accessible, susceptible d’être appréhendé, saisi, manipulé
artiste : personne qui se voue à l’expression du beau ; personne qui crée le beau ; personne qui a
le sens de la beauté et est capable de créer une œuvre d’art.
monde habitable : monde hospitalier, accueillant, agréable à vivre.

Dans la phase de validation, le candidat ou la candidate devra montrer que le rapport du savant au
monde est un rapport d’objectivation. Ce rapport commandé par l’exigence de neutralité lui
permet de se départir de ses goûts, ses préférences personnelles, ses prises de position, bref sa
subjectivité pour produire une connaissance rationnelle, accessible à tous.
A la différence du savant, le rapport de l’artiste au monde est un rapport de subjectivation. Ce
rapport dévoile toute la sensibilité de l’artiste, sa proximité, voire son intimité avec le monde qui
est perçu de façon esthétique. Ainsi, l’artiste, par son œuvre, produit du sens qui rend le monde
accueillant.
Le candidat ou la candidate devra dépasser ce clivage en montrant qu’il se pourrait bien que le
savant rende également « le monde habitable ». En nous délivrant de l’ignorance, source de nos
peurs et de nos angoisses, le savant rend le monde moins mystérieux, familier, donc hospitalier.
De surcroît, les commodités que nous offrent les produits de la technoscience (objets techniques)
rendent aussi le monde habitable.
On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à montrer que le
savant et l’artiste peuvent être tendus vers le même but : rendre le monde plus visible, intelligible.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique des cours sur la science et sur l’art.

Sujet III

Commentaire de texte

Problématique

4
Il est question dans le texte des conditions de possibilité d’une liberté véritable. Bakounine établit
un rapport de dépendance entre la liberté de l’individu et celle des autres. Plus précisément, il
montre que la liberté des autres, loin d’être une menace pour moi, est au contraire la condition
pour que ma liberté soit réelle, puisque c’est dans celle d’autrui qu’elle trouve ce qui le fonde.

Structure du texte

L’auteur commence d’emblée par montrer que contrairement à une idée reçue que voudrait que
l’existence des autres soit une menace pour ma liberté, elle en est la condition de possibilité. En
d’autres termes, ma liberté n’est effective que si celles des autres est réelle, puisque c’est dans
celle des autres qu’elle se prolonge. Ce qui veut dire qu’au lieu de se nier et d’entrer en conflit, les
libertés se confirment mutuellement et se renforcent en élargissant la sphère de nos existences
libres.

Ensuite, il définit la liberté comme l’expression de la dignité humaine, autrement dit comme ce qui
fait de moi non pas un objet ou un moyen mais une fin. De là découle le droit que j’ai de décider,
de choisir et d’agir, conformément à ma conscience. Une telle liberté trouve sa garantie dans
l’assentiment des autres.

Dans la phase de discussion, le candidat ou la candidate pourrait se demander si la conception


développée par Bakounine ne verse pas dans l’utopie. La question est la suivante : d’où vient alors
que les libertés (les hommes) s’affrontent ? De fait les libertés humaines ne s’accordent pas, parce
qu’il y a des guerres et des conflits en tout genre.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à montrer que cette
conception de la liberté repose sur une idée optimiste de l’homme, considéré comme
naturellement bon..

Il ne sera pas admis que le texte soit un prétexte pour se livrer à une restitution mécanique du
cours sur la liberté .

SUJETS DU PREMIER GROUPE : SERIES : S1-S2-S2A-S4-S5

Sujet 1. Le progrès de la science rendent-ils la philosophie inutile ?


Problématique
Le sujet nous invite à réfléchir sur la menace que pourraient constituer les progrès de la science
sur l’intérêt de la philosophie. En effet, la science, en constante évolution, s’est imposée comme
modèle tant dans le domaine théorique que dans les applications pratiques de ses résultats,
semblant rendre la philosophie vaine. Cette dernière, qui se caractérise par sa dimension
spéculative et théorique, aurait du mal à faire face d’une part aux défis du monde actuel et d’autre
part à la concurrence de la science.

Mais la science répond-elle à toutes les questions de l’homme ? Les questions liées au sens de la
vie et de la mort, à l’angoisse existentielle, à l’éthique, etc. peuvent –elles être résolues par la
science ? Mieux, il arrive très souvent que la science, du fait de ses progrès, soit confrontée à des
interrogations qu’elle ne peut pas poser en tant que science parce qu’elles ne relèvent pas de sa
juridiction, mais de celle de la philosophie. De ce fait, ne fournit-elle pas à la philosophie de
nouvelles raisons d’être ?

5
Compétences attendues :

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse conceptuelle des notions-clés : « progrès »,


« science », « philosophie », « inutile »
Progrès : évolution, croissance, changement d’état qui consiste en un passage à un degré
supérieur
Science : Ensemble structuré de connaissances qui se rapporte à des faits obéissant à des lois
objectives ( ou considérées comme telles ) et dont la mise au point exige systématisation et
méthode
Philosophie : réflexion critique sur les problèmes de la connaissance et de l’action humaine ;
réflexion personnelle et critique sur tout fondement théorique.
Inutile : vain ; qui ne sert à rien
Le candidat ou la candidate devra montrer que les progrès de la science tendent à dévaloriser la
philosophie. Ces progrès qui se mesurent par une capacité de plus en plus accrue à percer les
secrets de la nature et par une amélioration notable des conditions d’existence de l’homme
semblent élever la science au -dessus de la philosophie.
Celle-ci , aux yeux de l’homme du sens commun, n’arrivant pas à se constituer en connaissance
apodictique et pragmatique, ne répond pas aux attentes et aux préoccupations matérielles et
suscite donc un désintérêt au profit de la science
Dans la phase critique , le candidat ou la candidate pourrait réfléchir sur la pertinence de cette
comparaison qui privilégie la science au détriment de la philosophie. Il/elle pourrait se demander
si les questions existentielles, prises en charge par la philosophie, ne sont pas plus essentielles
pour l’homme que celles auxquelles répond la science? En outre, les dérives liées à l’application
des résultats de la science ne rendent -elles pas la philosophie plus que jamais nécessaire ?
On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à se demander si la
pratique scientifique elle-même n’est pas source de questionnement philosophique.

Sujet 2. Les sciences humaines peuvent-elles énoncer des lois au même titre que les sciences
expérimentales ?
Problématique

Problématique : le sujet invite à réfléchir sur le problème épistémologique des sciences humaines.
Les sciences expérimentales doivent leur succès à l’efficacité de leur méthode qui associent
l’expérimentation, l’énonciation de lois et l’élaboration de théories dans un langage
mathématique. Les lois qu’elles énoncent s’appuient sur le principe selon lequel il y a des
régularités dans la nature, raison pour laquelle elles cherchent à établir des rapports constants et
nécessaires entre les phénomènes. Quant aux sciences humaines, elles portent sur l’homme en
tant que celui-ci est un être social doué de raison et conscient de sa liberté. L’idée d’une régularité
pouvant faire penser à des lois qui soient aussi nécessaires que celles qu’établissent les sciences
expérimentales ne pouvant être établie, la question est donc de savoir si elles peuvent énoncer
des lois qui aient la même signification.

Compétences attendues

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse conceptuelle des notions-clés : «sciences


humaines », « peuvent-elles », « sciences expérimentales », lois » , « au même titre que ».
« sciences humaines » : un ensemble de disciplines qui étudient divers aspects de la réalité
humaine (sociologie, psychologie, histoire…)
« peuvent-elles » : renvoie à une double possibilité, possibilité juridique ( a-t-on le droit ?) et
possibilité de fait (a-t-on les moyens de…)

6
« sciences expérimentales » : ce sont les sciences qui cherchent à établir à l’aide des
mathématiques des lois ou des rapports constants pour décrire les relations entre différents
phénomènes.
« lois » : -régularité constatée dans les faits et permettant d’en déduire des constantes, des règles
qui gouvernent la nature
« au même titre que » : de même que, ainsi que, de la même manière que, à l’identique

Le candidat ou la candidate devra d’abord expliquer en quoi consiste la méthode des sciences
expérimentales, ce qui revient à montrer ce que recouvre le concept de loi. Ensuite, il devra
mettre en évidence le problème qui se pose aux sciences humaines lorsqu’elles voudront s’aligner
sur les critères de scientificité en vigueur dans les sciences de la nature. Parce que l’homme est un
être susceptible de rendre compte de ses actes, du moins jusqu’à un certain point, sera-t-il
possible de soumettre ses conduites à une loi qui en expliquerait la signification ?
Enfin, une fois cette thèse établie, il devra se poser la question du régime de scientificité sous
lequel il faudrait placer les sciences humaines.
Pour ne pas s’arrêter au constat de l’impossibilité à produire, dans les sciences humaines, des
lois de même nature que celles élaborées dans les sciences expérimentales, il faudra aller plus
loin et monter que ces savoirs peuvent adopter – et adoptent très souvent - une démarche
herméneutique qui consiste à produire le sens des conduites humaines..

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à s’interroger sur la


légitimité d’ériger en modèle les sciences expérimentales.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique du cours portant sur les sciences expérimentales et les sciences humaines.

Sujet 3
Problématique
Saint Thomas établit le caractère évident de la liberté de l’homme, fondée sur la raison. Il met en
lumière dans son texte le rapport entre la liberté et la connaissance, élevant l’homme au-dessus
des autres êtres.

Structure du texte
Le texte est articulé autour de trois mouvements renvoyant à la réalité des différents êtres de la
nature : la matière inerte, l’animal et l’homme. Les corps inanimés étant incapables de se mouvoir
par eux-mêmes sont soumis aux lois de la nature (la pierre qui tombe : gravitation). L’animal est
un être sensible, capable de réagir à des stimuli sous l’emprise de son instinct. Ses comportements
sont spontanés, mécaniques et naturels. L’homme par contre est capable de jugement, c’est à dire
de fonder sa décision, son action ou son comportement, non pas sur l’instinct, mais sur la raison.
Cela permet de diversifier son action, c’est-à-dire de faire des choix, ce qui est la marque de sa
liberté.

Dans la phase de discussion, le candidat ou la candidate pourrait se demander si la raison, prise ici
comme le fondement même de la liberté, n’est pas elle -même soumise au déterminisme. Le
candidat ou la candidate pourrait invoquer la psychanalyse et montrer que la raison n’est pas à
elle-même son propre fondement et qu’elle est sous l’influence de l’inconscient qui la détermine.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui se demanderait si le fait que


l’homme soit doté de raison suffit pour fonder sa supériorité sur les autres êtres.
7
Il ne sera pas admis que le candidat ou la candidate se livre à une restitution mécanique du cours
sur la liberté.

8
UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
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OFFICE DU BACCALAUREAT Dakar, 14 juillet 2022


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CANEVAS POUR L’EVALUATION DES EPREUVES DE PHILOSOPHIE DU BACCALAUREAT 2022

PHILOSOPHIE
Rappel

Le souci de l’équipe est de contribuer au mieux à l’harmonisation des évaluations où,


malheureusement, des écarts parfois criards ont été notés. Les correcteurs sont donc invités à
redoubler de vigilance. Il y va du crédit de la discipline.
L’équipe souhaite à tous les correcteurs une bonne réception du document et reste naturellement
ouverte à toutes les suggestions et recommandations en vue d’un travail sans cesse amélioré.

GRILLE D’EVALUATION PROPOSEE AUX CORRECTEURS

Remarques : Cette grille a été conçue par l’équipe pédagogique chargée de la confection des
modules de formation, Bad IV.

Objectifs : sensibiliser les collègues sur les enjeux et les problèmes de l’évaluation :

1- harmoniser les critères d’évaluation ;


2- corriger les disparités et les écarts constatés dans la correction.

Critères pour la dissertation

Conceptualisation et problématisation
Analyser correctement les termes du sujet
Dégager une problématique pertinente
Traiter le sujet tel qu’il est posé
Donner au sujet une extension suffisante
Argumentation
Formuler un certain nombre d’idées précises et pertinentes (et non des lieux
communs ou des généralités)
Bien délimiter les idées importantes et en pousser la logique jusqu’à son terme
Intégrer des références bien commentées
Elaborer progressivement une réponse à la question posée (cohérence)
Prendre en charge les thèses opposées à celles que l’on défend ; comprendre
qu’elles peuvent être pensées et argumentées
Faire le bilan de l’analyse et répondre à la question soulevée par le sujet

Communication

Poser clairement le problème dans l’introduction


1
Equilibrer les parties et soigner la présentation
Traiter une idée par alinéa ; la développer de manière cohérente
Utiliser à bon escient les mots de liaison, les citations et les exemples
Rédiger la dissertation dans une langue correcte et un style précis.

Grille d’évaluation
A 07 points
B 08 points
C 05 points

Critères pour l’explication de texte

Conceptualisation et problématisation
Lire, comprendre et analyser correctement le texte
Dégager clairement l’idée générale
Expliciter clairement les idées du texte
Circonscrire son analyse dans les limites du texte
Argumentation
Mettre en évidence l’idée générale et sa corrélation avec les idées
secondaires (autres idées du texte)
Délimiter les idées du texte
Intégrer des références bien choisies et les expliquer
Avoir une attitude critique à l’égard du texte
Communication
Dégager clairement l’idée générale
Equilibrer les différentes parties en fonction des différents aspects du
problème abordé dans le texte
Rédiger une conclusion qui fasse le bilan de la réflexion
Rédiger le commentaire dans une langue correcte, dans un style concis et
précis.

Grille d’évaluation

A 07 points
B 08 points
C 05 points

2
SUJETS DU PREMIER GROUPE : SERIES : L’1 - L1a -L1b -L2-

Sujet I

Pour être libre faut-il être maître de soi ?

Problématique

Le sujet invite à réfléchir sur la relation qui pourrait exister entre la liberté et la maîtrise de soi.
Celle-ci semble être posée comme un impératif, une condition sine qua non de la liberté.
Dans ce cas, la liberté du sujet présupposerait une maîtrise parfaite de ses affects (émotions,
sens, passions, pulsions, désirs…) et des préjugés, opinions, convictions, croyances d’origine
sociale, ce qui supposerait une autonomie et une indépendance absolues.
Toutefois, un tel postulat ne devrait-il pas être remis en question si l’on sait que l’idée d’une
maîtrise de soi implique de la part du sujet une connaissance parfaite de tout ce qui se passe en lui
?

N’y a-t-il pas des forces qui agissent en lui à son insu comme le montre par exemple la
psychanalyse ? Si oui, cette conception de la liberté fondée sur la maîtrise de soi n’est-elle pas
illusoire ?
Peut-on nier tous les déterminismes qui s’exercent sur l’homme ?
Si non, comment articuler alors la liberté à ces déterminismes ? La liberté ne serait-elle pas
plutôt un processus infini et soutenu par lequel, prenant conscience des déterminismes qui
s’exercent sur lui, le sujet apprend à les dépasser ou à les contourner ?

Compétences attendues

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse des notions-clés (« être libre », « faut-il ? »,
«maître de soi »).

Etre libre : avoir le pouvoir de choisir, le droit de décider, d’agir par soi-même.
Faut-il : établit une relation de nécessité, de conditionnalité entre la liberté et la maîtrise de soi
Maître de soi : le fait d’être capable de maîtriser, de dominer, de contrôler ses émotions, ses
pulsions, ses désirs…, toutes choses qui traduisent l’idéal d’une autodétermination, d’une maîtrise
absolue de soi, de ses choix, de sa vie.

Le candidat ou la candidate pourrait partir de la thèse implicite qui suggère que la liberté exige la
maîtrise de soi, l’autonomie du sujet. Une telle affirmation repose sur l’idée que la conscience de
soi implique une parfaite connaissance de soi.

Cependant, le candidat ou la candidate pourrait se poser la question suivante : peut-on se


contenter d’une telle définition de la liberté ?
Il ou elle pourrait montrer en effet que la connaissance de soi étant lacunaire, la liberté peut être
pensée comme une conquête permanente, un processus infini de libération par lequel le sujet
prend conscience des déterminismes et tente de les surmonter.

On sait en effet que les théories modernes de la déconstruction (marxisme, psychanalyse,


nietzschéisme…) ont montré que cette définition de la liberté que l’on réfère souvent au sujet
cartésien, procède d’une illusion, celle qui consiste à ne pas prendre conscience de toutes les
3
forces (sociales, psychiques, économiques…) qui agissent sur l’homme et qui orientent sa pratique
et ses pensées.
On appréciera particulièrement que le candidat ou la candidate montre que le sage est l’homme
capable d’accéder à un niveau de maitrise de soi tel que par son esprit il arrive à dominer
totalement son corps.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique du cours sur la liberté.

Sujet II
Philosopher est-ce cesser d’obéir ?

Problématique

Ce sujet invite à réfléchir sur la nature de l’activité philosophique. La question est de savoir si la
philosophie, dans sa quête de vérité, pose comme exigence le refus de toute autorité (politique,
sociale, morale, religieuse, idéologique …).
Mais est-il possible de s’émanciper de toute autorité et de toute forme d’obéissance ? L’exigence
philosophique n’est-elle pas elle-même obéissance ou soumission à la raison ?

Compétences attendues

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse conceptuelle des notions-clés :


«philosopher », «cesser d’obéir ».

Philosopher : réfléchir de façon rationnelle, analyser, critiquer, examiner, discuter…


Cesser d’obéir : ne plus se soumettre, refuser d’adhérer, arrêter de se conformer, déroger à la règle,
ne plus reconnaître une autorité…

Le candidat ou la candidate pourrait montrer que l’exigence de vérité qui sous-tend la réflexion
philosophique passe par une posture critique qui rompt avec toute forme d’obéissance à une autorité
quelconque.
Donc philosopher, c’est en effet, arriver à penser par soi-même, autrement dit, penser librement en
se démarquant de toute forme de soumission.

Dans la phase critique, le candidat ou la candidate peut se demander s’il est possible de se départir
de toute forme d’autorité ? La philosophie elle-même ne se fonde-t-elle pas sur un certain nombre
d’exigences de la raison auxquelles le philosophe doit se soumettre ? Ce faisant, cette obéissance
n’est-elle pas légitime dans la mesure où elle est fondée en raison ?

On appréciera particulièrement que le candidat ou la candidate aille jusqu’à montrer que le


philosophe, être social et historique, n’échappe pas toujours aux déterminations sociales et
pourrait, à son insu, être victime d’une certaine idéologie.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique des cours sur la philosophie.

4
Sujet III

Commentaire de texte

Problématique
Ce texte de Durkheim met en exergue la nature de la science qu’il définit par son caractère
désintéressé, traduction de sa neutralité axiologique. En effet, ce qui distingue la science de la
technique, c’est qu’au contraire de cette dernière, elle ne vise aucune utilité pratique.
Cependant, au regard de l’évolution de la science et de la technique, désignées aujourd’hui sous le
vocable de technoscience, une telle conception ne mérite-elle pas d’être interrogée ?

Structure du texte

L’auteur commence d’emblée par montrer que la science, fondamentalement, se définit par son
caractère désintéressé. En d’autres termes, la science n’est mue que par le besoin de comprendre
pour comprendre même si ses découvertes peuvent être utilisées à des fins pratiques.

Ensuite, il montre qu’il est possible que le savant subordonne ses recherches à des besoins urgents
à satisfaire, semblant ainsi manquer au caractère désintéressé qui fonde la science.

Durkheim finit par réaffirmer avec force ce caractère désintéressé en soutenant que le savant ne
doit se préoccuper qu’à rendre le réel intelligible, c’est-à-dire dévoiler les lois qui gouvernent ce
réel.

Dans la phase de discussion, le candidat ou la candidate pourrait se demander si cette


caractérisation de la science n’est pas à dépasser à l’ère de la technoscience où l’imbrication entre
science et technique semble gouverner les recherches actuelles.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à montrer que le


scientifique, en tant qu’homme, ne devrait pas se désintéresser de toutes les conséquences
pratiques de ses recherches. Ne devrait-il pas, par exemple, au nom d’une certaine éthique de
responsabilité, se refuser à s’engager dans des recherches qui mettraient en péril l’humain ?

Il ne sera pas admis que le texte soit un prétexte pour se livrer à une restitution mécanique du
cours sur la science.

5
UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
---------

OFFICE DU BACCALAUREAT Dakar, 04 juillet 2023


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CANEVAS POUR L’EVALUATION DES EPREUVES DE PHILOSOPHIE DU BACCALAUREAT 2023

PHILOSOPHIE
Rappel

Le souci de l’équipe est de contribuer au mieux à l’harmonisation des évaluations où,


malheureusement, des écarts parfois criards ont été notés. Les correcteurs sont donc invités à
redoubler de vigilance. Il y va du crédit de la discipline.
L’équipe souhaite à tous les correcteurs une bonne réception du document et reste naturellement
ouverte à toutes les suggestions et recommandations en vue d’un travail sans cesse amélioré.

GRILLE D’EVALUATION PROPOSEE AUX CORRECTEURS

Remarques : Cette grille a été conçue par l’équipe pédagogique chargée de la confection des
modules de formation, Bad IV.

Objectifs : sensibiliser les collègues sur les enjeux et les problèmes de l’évaluation :

1- harmoniser les critères d’évaluation ;


2- corriger les disparités et les écarts constatés dans la correction.

Critères pour la dissertation

Conceptualisation et problématisation
Analyser correctement les termes du sujet
Dégager une problématique pertinente
Traiter le sujet tel qu’il est posé
Donner au sujet une extension suffisante
Argumentation
Formuler un certain nombre d’idées précises et pertinentes (et non des lieux
communs ou des généralités)
Bien délimiter les idées importantes et en pousser la logique jusqu’à son terme
Intégrer des références bien commentées
Elaborer progressivement une réponse à la question posée (cohérence)
Prendre en charge les thèses opposées à celles que l’on défend ; comprendre
qu’elles peuvent être pensées et argumentées
Faire le bilan de l’analyse et répondre à la question soulevée par le sujet

Communication

Poser clairement le problème dans l’introduction


1
Equilibrer les parties et soigner la présentation
Traiter une idée par alinéa ; la développer de manière cohérente
Utiliser à bon escient les mots de liaison, les citations et les exemples
Rédiger la dissertation dans une langue correcte et un style précis.

Grille d’évaluation
A 07 points
B 08 points
C 05 points

Critères pour l’explication de texte

Conceptualisation et problématisation
Lire, comprendre et analyser correctement le texte
Dégager clairement l’idée générale
Expliciter clairement les idées du texte
Circonscrire son analyse dans les limites du texte
Argumentation
Mettre en évidence l’idée générale et sa corrélation avec les idées
secondaires (autres idées du texte)
Délimiter les idées du texte
Intégrer des références bien choisies et les expliquer
Avoir une attitude critique à l’égard du texte
Communication
Dégager clairement l’idée générale
Equilibrer les différentes parties en fonction des différents aspects du
problème abordé dans le texte
Rédiger une conclusion qui fasse le bilan de la réflexion
Rédiger le commentaire dans une langue correcte, dans un style concis et
précis.

Grille d’évaluation

A 07 points
B 08 points
C 05 points

2
SUJETS DU PREMIER GROUPE : SERIES : L’1 - L1a -L1b -L2-

Sujet I

Le droit d’être différent est-il compatible avec la vie en société ?

Problématique

Le sujet invite à réfléchir sur le type de rapport, la dialectique à établir entre le droit d’être
différent, c’est-à-dire de pouvoir exprimer sa singularité, son individualité et les exigences de la vie
en société qui repose sur le partage de normes, de règles communes. La vie en société semble
n’être possible que si ses membres s’inscrivent dans un même moule qui garantirait l’organisation
collective, le vivre-ensemble, l’ordre, la sécurité, le bien-être collectif qui lui sont nécessaires.
Cependant, cette dynamique que constitue la vie en société est-elle pensable, réalisable sans
expression du droit d’être différent ?
Toute société n’est-elle pas composée d’individus ayant des désirs, des aspirations, des intérêts,
des conceptions, des idéologies différents ?
Exclure le droit à la différence ne reviendrait-il pas à nier la liberté, l’épanouissement de l’individu,
sa créativité et même le développement de la société ?

Compétences attendues

Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse des notions-clés (« droit d’être différent »,
« compatible ? », «la vie en société »).

Le droit d’être différent : renvoie à la liberté individuelle d’exprimer sa singularité, son


individualité, son identité, sans être marginalisé ni discriminé…
Compatible : conciliable, en accord, en harmonie, en cohérence, en conformité …
Vie en société : le vivre-ensemble, la vie en communauté, l’organisation collective, la manière
dont les individus interagissent et évoluent dans un contexte social donné.

Le candidat ou la candidate pourrait montrer que le droit d’être différent, dans la mesure où il
autorise des attitudes, comportements, façons de vivre individuellement assumés, semble
s’opposer à la vie en société qui met plutôt l’accent sur les valeurs, normes communes auxquelles
chaque individu doit se soumettre pour garantir l’ordre et la cohésion du groupe. Ces deux notions
semblent donc ne pas pouvoir coexister harmonieusement.

Dans la phase critique, le candidat ou la candidate devra interroger le bien-fondé d’une telle
opinion qui tendrait à légitimer la négation du respect des différences et donc de la liberté d’être
soi-même. Il ou elle devra montrer qu’une vie en société repose sur les interactions entre
individus dont les intérêts, les aspirations, les références sur le plan idéologique, les projets sont
différents. Toutefois, ce droit d’être différent ne pouvant être absolu, il faut alors des limites sous
peine de verser dans le chaos ou l’anarchie.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à montrer que la


reconnaissance ou encore le respect du droit d’être différent permet de valoriser la diversité,
encourage l’esprit d’ouverture, de créativité, d’épanouissement personnel, conditions de toute
évolution sociale.
3
NB : il sera également admis que le candidat ou la candidate commence par valider la thèse selon
laquelle le droit d’être différent serait compatible avec la vie en société.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique du cours sur individu et société et/ ou Etat et liberté.

Sujet II
Imposer des règles à l’art tue le génie.
Qu’en pensez-vous ?

Problématique
Le sujet invite à réfléchir sur la création artistique, plus précisément sur le génie, dans son rapport
aux règles établies. La création artistique est généralement présentée comme un procédé qui
n’obéit à aucune forme de normalisation. En effet, le génie, qui est à l’œuvre dans la création
artistique, s’exprime librement, sans contrainte, en se posant comme son propre maître, sa propre
autorité ; d’où son rejet, à priori de toute règle.
Cependant une telle conception de la création artistique ne relève-telle pas de l’illusion ?
Quel que soit le génie qui l’habite, l’artiste peut-il et doit-il, dans le processus de création,
s’exempter de toute règle ?

Compétences attendues
Le candidat ou la candidate devra procéder à l’analyse des notions-clefs du sujet (« imposer des
règles à l’art », « tue », « le génie »)

Imposer des règles à l’art : soumettre la création artistique à des normes ; contraindre, prescrire,
fixer, dicter des limites à l’artiste.

Tuer : étouffer l’action, éliminer, faire disparaître, limiter.

Le génie : talent créateur exceptionnel, pouvoir de création d’œuvres originales, novatrices…

Le candidat ou la candidate pourrait démontrer l’idée sous-jacente selon laquelle la soumission à


des règles restreint la créativité et la liberté artistiques. En effet, quelle que soit la modalité d’être
du génie, la liberté constitue la condition sine qua none de son expression.

Dans la phase de discussion, le candidat ou la candidate pourrait s’interroger sur les limites d’une
telle idée en montrant que, loin de contraindre le génie, l’imposition de règles peut, tout en
stimulant, canaliser la créativité.

On appréciera particulièrement le candidat ou la candidate qui irait jusqu’à montrer que le


véritable génie créateur est celui qui définit ses propres règles.

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique du cours sur l’art et/ ou les normes sociales.

4
Sujet III

Problématique

Le texte de Paulin Hountondji part d’une hypothèse qui établit de manière systématique une
relation de dépendance entre la philosophie et la science. Il en déduit que l’existence d’une
philosophie africaine est intrinsèquement liée à l’existence d’une science africaine.
Cependant, la perspective développée par l’auteur réduit la philosophie à n’être qu’un simple
auxiliaire de la science alors que la philosophie se nourrit également d’autres réalités telles que
l’histoire, l’éthique, la métaphysique, la critique sociale, etc.

Structure

L’auteur commence par exposer une hypothèse qui met en relation le développement de la
philosophie et le développement de la science pour en déduire que l’effectivité d’une philosophie
africaine est largement tributaire de l’existence d’une tradition scientifique en Afrique.

Ensuite, partant de cette hypothèse, il montre que ce dont l’Afrique a véritablement besoin c’est,
non pas prioritairement d’une philosophie, mais d’une tradition scientifique authentique porteuse de
ses propres objets de réflexion contribuant à instaurer un débat philosophique fécond.

Dans la phase explicative la candidate ou le candidat doit montrer tout d’abord que l’économie de la
pensée de Hountondji repose sur une hypothèse qui fait dépendre le développement de la
philosophie du développement des sciences.

La candidate ou le candidat doit également montrer que l’ordre de préséance établi entre science et
philosophie autorise Hountondji à considérer que l’Afrique a prioritairement besoin de science que
de philosophie dans la mesure où le développement de la science génère un questionnement
philosophique enrichissant.

Dans la phase de discussion, on attendra de la candidate ou du candidat qu’elle relève le caractère


réducteur de la pensée de Hountondji faisant dépendre le développement de la philosophie du
développement des sciences.

Il pourra montrer que l’hypothèse n’est pas en phase avec l’histoire des idées qui enseigne que la
science est née des flancs de la philosophie d’où l’expression consacrée : « la philosophie est la
mère des sciences ».

Il pourra tout aussi montrer que la science n’est pas la seule source qui alimente la réflexion
philosophique. Elle se nourrit entre autres, de la mythologie, de l’histoire, de la métaphysique
comme on le voit par exemple chez Platon qui se sert du mythe à des fins pédagogiques.

On appréciera le candidat ou la candidate qui verrait que le développement des sciences est aussi
largement tributaire de la réflexion philosophique en épistémologie et / ou qui irait jusqu’à montrer
que des objets de réflexion de la philosophie sont tombés dans le champ de l’étude scientifique
comme la connaissance objective de la réalité humaine (la psychologie, la sociologie etc.)

Il ne sera pas toléré du candidat ou de la candidate qu’il ou qu’elle se livre à une restitution
mécanique du cours portant sur la philosophie africaine et/ou sur Philosophie et science

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