UNIVERSITE JOSEPH KI-ZERBO ANNEE ACADEMIQUE: 2023-2024
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UNITE DE FORMATION EN LETTRE
ARTS ET COMMUNICATION
Prof.: Dr Ignace SANGARE
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DEPARTEMENT DE LETTRE
MODERNE
Exposé sur le module de Mooré
Groupe n :
Option du thème : Dans un conte de notre choix, nous
choisirons un conte que nous transcrirons en mooré avec sa
source avant d’évoquer la moralité dudit conte dans la société.
Choix du conte : Le coq, la pintade et la perdrix.
Ouagadougou, le 27 juillet 2024
Les membres du groupe
N NOM&PRENOM(S) DATE/LIEU DE NAISSANCE CODE INE
°
01 BANABA Philomène 24/10/1997 à Nièga N02386120212
Wênd-kûuni
02 COMPAORE 30/04/1999 à Tabtenga N01466120211
Sougremanègda Robert
03 DAKISSAGA Adidjatou 07/12/1997 à Yopougon E04620620202
04 KABORE Ousmane 31/12/2000 à Manessa N00475920211
05 KOALA Wendingoudi 31/12/2001 à Bangré N04669720211
Lévi
06 OUEDRAOGO Relwendé 31/12/1988 à Kondin N05989120211
Moussa
07 SAWADOGO Brizitte 01/01/2000 à Pella E05639420212
08 SAWADOGO Oumarou 31/12/1991 à Nioundougou N00101020131
09 ZONGO Eugénie 07/10/2002 à Zagné E04428420212
Plan
Introduction
I-Identification et définition des éléments de l’oralité du mooré
1) chant/yɩɩlle
2) conte/ solemde
3) devinette/sɩɩlga/solem-koese
4) devise/Zab-yʋʋre
5) proverbe/yelbundi
II-Relation entre les textes oraux et la société moaga
Conclusion
Introduction
La littérature orale est une forme d’expression artistique qui se transmet par la parole
plutôt que par l’écriture. Elle comprend divers genres et formes, y compris les contes,
les chants, les devinettes, les devises, les proverbes, et bien d’autres. Elle est souvent
associée aux cultures traditionnelles et aux sociétés pré-alphabétisées, mais elle est
également présente dans les cultures alphabétisées où coexistent l’oralité et
l’écriture. La littérature orale est linéaire, obligeant l’auditeur à une écoute continue
sans possibilité de retour en arrière. La transmission de la littérature orale se fait
généralement de génération en génération et peut jouer un rôle important dans la
préservation de l’histoire et de la culture d’une communauté.
Dans le cadre de notre étude, nous allons d’une part identifier et définir quelques
éléments de l’oralité du mooré et d’autre part nous annexerons au document la relation
entre ces textes oraux et la société moaga avec des exemples illustratifs.
I-Identification et définition des éléments de l’oralité du mooré
Il s’agit ici pour nous de définir quelques éléments animant l’oralité du mooré tels que
le chant, le conte, la devinette, la devise et le proverbe avec des exemples à l’appui.
1) Le chant/ yɩɩlle
Le chant est une suite de sons modulés émis par la voix humaine, qui, par la différence
des intonations, produisent des sensations variées. C’est l’action par laquelle la
phonation, intensifiée et variée, devient musique. Le chant est aussi l’art de produire par
la voix des sons mélodieux, des œuvres musicales. Le chant résulte donc de l’action du
souffle : l’air est expulsé des poumons par l’action du diaphragme, comme pour une
expiration normale, et fait vibrer les cordes vocales et le son ainsi produit est ensuite
amplifié par les cavités naturelles (nez, sinus, cavités pharyngiennes, thorax), et
éventuellement articulé par la langue et les lèvres pour former des syllabes un peu
comme lorsque l’on parle.
Exemple de chant : hymne nationale du Burkina Faso : le ditanyé
*Version française
LE DITANYE
Contre la férule humiliante il y a déjà mille ans
La rapacité venue de loin les asservir il y a cent ans
Contre la cynique malice métamorphosée
En néocolonialisme et ses petits servants locaux
Beaucoup flanchèrent et certains résistèrent
Mais les échecs, les succès, la sueur, le sang
Ont fortifié notre peuple courageux
Et fertilisé sa lutte héroïque.
REFRAIN
Et une seule nuit a rassemblé en elle l'histoire de tout un peuple
Et une seule nuit a déclenché sa marche triomphale
Vers l'horizon du bonheur une seule nuit a réconcilié
Notre peuple, avec tous les peuples du monde
A la conquête de la liberté et du progrès.
La Patrie ou la mort nous vaincrons.
*Version mooré
Burkĩna Faso fãag-m-meng yɩɩlle
Burkimba Pind N Kiisga Wôrbo La Yânde Hal Yûm Tusri B Kiisga Fâdba Sên Yi
Yiiga Hal Yûm Koabga N Wa Ne Yemdo.B Kiisga Siilem Wêng Sên Toin Lebg
Yaolem Yemdo B Kiisga Siilem Wêng Yemdo A Ne Teng-têdb Fâ Gilli Wûsg Bassa
Raodo La Kênr Me Sid [Link] Pâ Kongrâ La Tôngrâ La Tulga Kaagre Ziima
Ragre Kenga Nibuida Pelse La Pas B Raodo N Lebg Zênk B [Link] Yûnga Ye Tâ
A Ye Tâ Kûmba Nibuida Viim Kibare La Yûnga Ye Tâ Pûgênwâ Tilgr Soor Pakamên
Ti B Rigdên Babsd Vii Nôgo Yûnga Ye Lagma Tônd Nibuidân Ne Nibuidân Sên Be
Duni Wâ Fâ Pugê[Link] D Bao Tilgre La Pago Ne D Suurân Fâ.Kal Ti Tôngue Ba D Na
Kii D Teng Yiinga.
2) Le conte/ solemde
Un conte est un récit court, en prose ou en vers, qui pose un regard sur la réalité par le
biais du merveilleux ou du fantastique. Il s’agit d’une histoire inventée, un récit, que
l’on raconte pour se divertir. Le conte est souvent destiné à distraire, à instruire en
amusant. Il existe plusieurs types de contes, notamment le conte de fées, le conte
philosophique, le conte fantastique, le conte noir, et le conte étiologique. Les contes
populaires sont des récits qui se transmettent de génération en génération.
Dans le conte, on n’observe ni unité de temps, ni unité d’action, ni unité de lieu. Le
conte ouvre à l’imagination une vaste et libre carrière et la finalité du conte est
essentiellement morale ou philosophique.
Exemple de conte :
*Version française
LE COQ, LA PINTADE ET LA PERDRIX
Il était une fois, le coq, la pintade et la perdrix se sont rencontrés un jour pour causer.
Dans leurs causeries, perdrix dit que coq et pintade sont des dormeurs mais elle, elle ne
dort pas. Cela a suscité un débat entre eux, le crapaud-boeuf aussi y était. Remarquons
qui est le vrai dormeur dit le crapaud-boeuf. Ceci étant, au milieu de la nuit un voleur
alla voler le bœuf de la perdrix. Et le coq cria :"un voleur a volé le bœuf de la perdrix".
La pintade dit à son tour demandons lui très tôt le matin. Le crapaud-boeuf dit le voici
avec entrain de traverser peu à peu la poubelle du chef. Et la perdrix réplique en disant
c'est moi qui lui ai donné, donné.
*Version mooré
M ba no-raoogo, m ba kãoong ne m ba koadenga
M ba No-raoogo, M ba kãoong ne M Koadenga n wa n yek taab n na sõse. La b sõsgã
pʋgẽ, Koadeng wa n yeelame tɩ No-raoogo ne kãoong yaa gõenengõetba, la yẽ pa gõe
ye. Tɩ b wẽ taab no-koeemde, la m ba Bulumbuk me zĩnda beenẽ. Tɩ Bulumbuk yeel tɩ b
bas tɩ b gũus n gese. B sɩd bas n n'a gũusa taaba.
La sẽn wa n ta yʋʋn-sʋka, wadr n tɩ zuk m ba Koadeng naafo. Tɩ No-raoog kelme : "
Wagdr zuk m ba Koadeng naafooo ! "
Tɩ m ba kãoong yeele:" wa tɩ d sãd beoogo nsok-a ".
Tɩ m ba Bulumbuk yeele :" ad a sẽn tar-a n dʋʋd naab tãmpʋ-kẽenga Zug gug-gud-gud".
La Koadeng yeel-yã: maam n kõ-a, n kõ-a ".
3) devinette/sɩɩlga/solem-koese
Une devinette est une question formulée dans le cadre d’un jeu d’esprit, pour laquelle il
faut deviner la solution. Elle est souvent plaisante et posée par jeu. Les devinettes
peuvent prendre différentes formes, comme des énigmes, des charades, des logogriphes,
ou des rébus. Elles sont généralement utilisées pour stimuler la réflexion ou simplement
pour le divertissement.
Exemple :
*Version française
Qu'est-ce qui est long et qui n'a pas d'ombre : c'est la voie.
*Version mooré
Bõe n wogm la ka masem : Yaa sore
4) devise/Zab-yʋʋre
La devise peut être définie comme une courte formule exprimant un sentiment, une
pensée, une attitude, un mot d’ordre résumant une règle de conduite ou un idéal.
Exemple :
*Version française
La devise du roi naba Kugri était : « lorsque la pierre du bienfait a creusé sa place, il est
désormais difficile de l'ôter ».
*Version mooré
« Yel-sõmd kugr paam zĩiga ta vikr lebg toogo » yaa naaba Kugr zab-yʋʋre.
5) proverbe/yelbundi
Un proverbe est une formule langagière de portée générale contenant une morale, une
expression de sagesse populaire ou une vérité d’expérience que l’on juge utile de
rappeler. C’est un court énoncé devenu d’usage commun et exprimant un conseil
populaire, une vérité de bon sens ou d’expérience. Les proverbes sont souvent utilisés
pour transmettre des conseils, des vérités universelles, et sont généralement basés sur
l’expérience ou les observations sur la vie et les comportements humains.
Exemple :
*Version française
Quand on félicite un enfant parce qu'il cultive bien, il coupe les orteils de son père.
C’est-à-dire les félicitations et les encouragements poussent à vouloir faire mieux, à
exceller. Ce qui peut engendrer des débordements des dérapages néfastes.
Tout excès nuit.
*Version mooré
« F sãn belg yãag ta koodame, a kɛɛda baaba nao-bi »
Cependant quelle relation peuvent-ils avoir ces éléments oraux de la
langue mooré avec la société moaga ?
II- La relation entre ces textes oraux et la société moaga
Les textes oraux en mooré jouent un rôle fondamental dans la société moaga. Les textes
oraux dans la société moaga reflètent, idéalisent et vivifient l’âme de cette société. En
effet, Ils mettent en lumière les valeurs, normes, croyances et pratiques de la culture
moaga. Ils sont également un moyen de transmettre l'histoire, les traditions et les savoirs
de cette société.
Aussi, les textes oraux sont un reflet de la culture et de l'identité du groupe social
moaga, et contribuent à la construction et à la préservation de la mémoire collective.
C’est pourquoi, les textes oraux chez les moose sont perçus comme moyen de
transmission des connaissances, des valeurs et de l'histoire du peuple. Ils sont
notamment utilisés pour enseigner les traditions, les lois coutumières, les mémoires
collectives et les récits mythologiques.
Ces textes oraux sont également importants pour renforcer l'identité culturelle des
moose et maintenir la cohésion sociale au sein de la communauté. En somme, Ils jouent
également un rôle dans la résolution des conflits, la gouvernance traditionnelle, et la
transmission des savoirs aux jeunes générations et de ce fait, les textes oraux sont
profondément liés à cette société et constituent un pilier essentiel de leur culture et de
leur mode de vie.
Au regard donc de ce qui précède, il y a une relation agissante de transmission,
d’enseignement, d’éducation, de renforcement d’identité et de rétrospection
qu’entretiennent les éléments oraux au sein de la société moose. Ce faisant :
Transmission de la tradition
Les textes oraux (conte, légende, proverbe…) sont transmis de génération en génération
par voie orale. Ils servent à préserver et à transmettre la tradition orale, qui est un
élément essentiel de l’identité culturelle moaga.
Cadre d’enseignement
Les textes oraux sont utilisés comme un moyen d’enseignement. Ils véhiculent
des valeurs, des normes de conduite et des leçons de vie aux jeunes générations.
Éducation morale
Les éléments de l’oralité du mooré sont une véritable école pour les personnes âgées,
qui enseignent aux plus jeunes comment se comporter et vivre en société. Ils inculquent
des notions de respect, de solidarité, et d’autres valeurs importantes.
Rétrospective des modes de vie
Les textes oraux retracent les modes de vie traditionnels des moose. Ils offrent un
aperçu de l’histoire, des coutumes et des croyances du peuple moaga.
Renforcement de l’identité culturelle
En racontant les histoires, la communauté moaga renforce son identité culturelle et sa
cohésion. Les récits sont un moyen de se rappeler d’où l’on vient et de célébrer la
richesse de la culture moaga.
Tels sont entre autres ce que nous pouvons dire s’agissant de la relation qui est
entretenue entre ces éléments de l’oralité et la société moaga.
Conclusion
Tout compte fait au terme de notre étude, nous pouvons attester que les éléments oraux
de la langue mooré sont bien plus que des récits ; ils sont des gardiens de la mémoire
collective, des enseignants de valeurs et des liens intemporels entre les générations
moaga. Bien que l’oralité occupe une place prépondérante dans la transmission
culturelle, la littérature en mooré continue d’évoluer et de se développer, reflétant ainsi
l’identité et la diversité du peuple mossi. Aussi, la littérature en mooré est ancrée dans la
tradition orale et continue d’évoluer grâce à la créativité des conteurs, des poètes et des
chanteurs mooré…
Mais qu’en est-il alors de l’avenir de la littérature africaine orale eu égard de son
caractère oral dans un monde où l’écriture occupe une place de choix ?
Bibliographie et document
-Thèse de doctorant de KAM Sié Alain sur la littérature orale au Burkina Faso : Essai
d'identification des textes oraux traditionnels et leur utilisation dans la vie moderne
soutenue en l’an 2000
-L’Empire du Mogho-Naba de Dim-dolobson OUEDRAOGO (Maximes, pensées et
devinettes mossi), Ed. Domat-Mont-chrestien, 1933
-Module du cours « Introduction à la littérature africaine orale du Dr Ignace SANGARE
-Webographie