Tutorat et Référentiel Infirmier 2023
Tutorat et Référentiel Infirmier 2023
ACCOMPAGNEMENT ET /OU
ENCADREMENT DANS LE TUTORAT
Comment les tuteurs interprètent le nouveau référentiel de
formation infirmière dans leur pratique ?
Présenté par
Sylvie Boissière
Sous la direction de
En vue de l’obtention du
ère
Master Professionnel 1 année – Arts, Lettres & langues
Mention – Langues, Education et Francophonie
Spécialité – Sciences de l’Education
~1~
Mention Professionnelle Ingénierie de la Formation
Jean-Paul Sartre
~2~
Remerciements
A toi
Pour ta patience, ton amour et ta confiance
A ma mère
Sans qui rien ne serait possible
~3~
SOMMAIRE
INTRODUCTION P5
CONCLUSION P58
ANNEXES P61
BIBLIOGRAPHIE P140
~4~
Introduction
~5~
Ce travail de recherche s’inscrit dans le Master 1 professionnel de « sciences de
l’éducation », mention « ingénierie de la formation ».
Ce travail s’inscrit suite à la nouvelle formation des études d’infirmière qui innove par
la mise en place d’une nouvelle philosophie pédagogique qu’est l’accompagnement, de
même que par le lien avec un parcours universitaire.
C’est cette thématique qui nous a interpelés et sur laquelle nous avons décidé
d’entamer ce travail de recherche. Nous poserons donc les différents paramètres du contexte
de formation actuel. Nous expliciterons alors, le cheminement réflexif qui nous a conduits à
cette thématique, puis nous examinerons différents concepts qui nous semblent intervenir
dans cette délicate alchimie de l’apprentissage, avec un professionnel en miroir.
Enfin, à partir des entretiens réalisés auprès d’infirmiers, nous mènerons une analyse
de ceux-ci tout en tissant des liens avec nos concepts et théories examinés auparavant.
~6~
Emergence
de la question
de départ
~7~
1. Emergence de la question de départ
Ce travail est la continuité d’une réflexion engagée depuis plusieurs années. Ma valeur
principale est la tolérance avec l’acceptation de l’Autre avec ses différences. J’ai accepté ma
voie de soignante qu’après avoir essayé une formation qui m’aurait permis, si j’avais
continué, de gagner plus d’argent. Depuis l’obtention de mon diplôme infirmier, j’ai pratiqué
huit ans en pédopsychiatrie qui m’ont appris la patience. Puis quatre ans en psychiatrie adulte
qui m’ont appris l’humilité, car j’ai véritablement pris conscience que personne n’était à l’abri
d’une souffrance qui pouvait mener à une hospitalisation.
Or, une nouvelle réforme du diplôme infirmier s’est faite en août 2009 avec la mise
en place d’un référentiel de compétences, qui donnera aux nouveaux infirmiers le grade de
licencié.
1
Lire Institut de Formation des Cadres de Santé
~8~
Cette réforme s’est produite alors que j’étais à l’institut de formation des cadres de
santé. Je suis actuellement cadre de proximité d’une unité de psychiatrie et cette unité reçoit
de nombreux étudiants au cours de l’année. Ce travail s’inscrit donc, dans la continuité de
mon travail de fin d’étude de l’I.F.C.S. et en rapport avec mon présent professionnel.
Quel tutorat mettre en place au sein du terrain de stage pour les étudiants en institut de
formation en soins infirmiers, avec le nouveau référentiel de compétences ?
Pour cela, je commencerais par un éclairage sur la nouvelle réforme des études
infirmières.
~9~
Approche
conceptuelle
~ 10 ~
2. Approche conceptuelle
Nous pouvons dire que la profession infirmière a évolué depuis sa naissance au début
du XXème siècle de part l’évolution des techniques mais aussi sociétales.
En France, jusque fin XIXème, le soin est une activité en lien avec la charité
chrétienne et n’a qu’une valeur culturelle, ceux sont les religieuses qui apportent les soins à la
population malgré l’ouverture du premier hôpital laïque, en 1797.
La loi du 31 mars 1978 reconnait le rôle propre infirmier, l’infirmier n’est plus
seulement un exécutant il a un savoir spécifique.
~ 11 ~
La circulaire du 16 janvier 2006 invite à la mise en œuvre du tutorat en secteur de
psychiatrie pour les nouveaux professionnels.
Cette nouvelle réforme du diplôme infirmier est liée non seulement à l’histoire, au
besoin de reconnaissance des infirmiers, jusque-là reconnus niveau bac+2, mais aussi aux
exigences économiques (règlementation et reconnaissance du diplôme infirmier au niveau
européen, évolution du système de santé en fonction des techniques et des besoins des
patients). Cette réforme implique de nouvelles modalités du concours d’admission en institut
de formation en soins infirmiers, mais aussi une nouvelle répartition au sein des
enseignements.
2
Annexe 1
3
Bulletin officiel. « Santé-Protection sociale-Solidarités », 15 août 2009, n°2009/7, p.281.
~ 12 ~
- Les professionnels de proximité : « représentent la fonction d’encadrement
pédagogique au quotidien ». Professionnels présents auprès de l’étudiant au jour le jour.
Il est bien spécifié qu’une seule et même personne peut exercer ces trois fonctions et que la
direction des soins du lieu de stage reste garante de la chartre d’encadrement.
Avant la réforme il est nécessaire de spécifier que lors des stages, un infirmier était
« référent » du stagiaire et chargé de l’ « encadrer ».
Comme nous l’avons vu précédemment, cette réforme est basée sur un référentiel de
compétences ; il nous semble donc important de nous arrêter sur la notion de compétence.
2.2.1. Définition
4
Fray, A-M. Cours IFCS Poitiers, promotion 2008-2009.
~ 13 ~
seule discipline. »[Link] définition rejoint celle de G. Le Bortef (1995): « la compétence est
la mobilisation ou l'activation de plusieurs savoirs, dans une situation et un contexte
donnés ».
2.2.2. Conséquences
- « L’attitude sociale » : l’individu pour être compétent doit mettre en place son
sens de la responsabilité et faire preuve d’initiative pour pouvoir s’adapter à chaque situation.
- « L’approche cognitive » : c’est-à-dire « l’intelligence des situations ».
L’individu doit mobiliser ses connaissances, dans le sens de la transformation des
connaissances et non leur application in-texto.
5
Meirieu, P. .L'Envers du tableau. Quelle pédagogie pour quelle école ?, ESF, Paris, 10ème édition, 1993,
pp.111-112
6
Perrenoud, P (1997), in Jonnaert et Vander Borght, 1999, p.48
7
Zarifian, P. Le modèle de la compétence. Trajectoire historique, enjeux actuels et propositions. Liaisons, 2ème
édition 2004
~ 14 ~
- « L’existence collective » : ou « l'existence virtuelle d'une communauté
d'action ». L’individu appartient à un système familial, sociétal… L’accent est mis sur le fait
que si chacun a conscience d’appartenir à un système il peut faire appel aux compétences des
autres acteurs pour améliorer le service. Ce qui peut se traduire par le terme de travail en
coopération.
Enfin pour P. Perrenoud8 une compétence est efficace si l’écart entre le travail prescrit
et le travail réel est comblé.
8
Perrenoud, P. « Mobiliser ses acquis : où et quand cela s’apprend-il en formation initiale ? » in Recherche et
Formation, n°35, 2000, pp.9-23.
9
Geay, A. (1998). L’école de l’alternance. L’Harmattan, 2009, p.38.
~ 15 ~
[Link] formation en alternance
Nous pouvons donc dire que l’alternance est un système dynamique où s’emmêlent et
s’entrechoquent des significations, en lien avec le terrain ou la théorie, qui font alliance ou
non. C’est un aller-retour constant entre savoirs pratiques et savoirs théoriques.
Pour mieux comprendre ce qui peut se jouer dans ce processus nous allons donner les
dimensions de l’alternance.
10
Deleray, M. « L’alternance, pour des apprentissages situés »(1) in Education permanente, juillet-aout-
septembre 2007, n°172, p.15.
11
Geay, A, 1998, op. cit. p.33.
12
Geay, A et Sallaberry, J-C. « La didactique en alternance ou comment enseigner dans l’alternance ? » in Revue
française de pédagogie, juillet- aout-septembre 1999, n°128, pp.7-15.
13
Geay, A, 1998, [Link]. p.57.
~ 16 ~
- Dimension institutionnelle : basée sur le partenariat entre l’institut et les services,
ce qui implique un partage du pouvoir que donne le savoir. Ceci nécessite un référentiel
d’apprentissage (référentiel de compétences commun à tous).
Cette ébauche de définition ne serait pas complète si nous ne posions pas le but de la
formation en alternance.
14
Weber, M-T. « Historique de la formation infirmière » in Soins, mars 2009, n°733, p.56.
~ 17 ~
2.3.3. But de l’alternance
Ce va-et-vient ne peut se réaliser que par une pratique réflexive mais [Link]
rajoute « il est difficile de la pratiquer seul »18.
15
Geay, A,1998, [Link].p.51
16
Ibid. p.38
17
Geay, A. « L’alternance, pour des apprentissages situés (1) » in Education permanente, juillet-aout-septembre
2007, n°172, p.32.
18
Vermersch, P. « Aide à l’explicitation et retour réflexif » » in Education permanente, juillet-aout-septembre
2004, n°160, p.71.
~ 18 ~
donc essentielle dans ce processus. Mais que veut dire « être tuteur », « mettre en place un
tutorat » ? Nous allons essayer d’en définir les grands principes.
[Link] tutorat
Dans les années 30, [Link] définit l’enfant comme avant tout un « être social ».
Selon l’auteur, le développement de l’enfant est en lien avec les interactions permanentes
avec le monde adulte : apprentissage par imitation. Parallèlement, il définit la « zone
proximale de développement » comme « l’élément central pour toute la psychologie de
l’apprentissage est la possibilité de s’élever dans la collaboration avec quelqu’un à un niveau
intellectuel supérieur, la possibilité de passer, à l’aide de l’imitation, de ce que l’enfant sait
faire à ce qu’il ne sait pas faire… »19. En d’autre terme, le développement cognitif de l’enfant
pourrait être accéléré grâce à l’intervention de l’adulte dans des circonstances favorables.
L’idée est que ce système serait valable pour tout système éducatif. La théorie de Vygotski est
schématisée de la façon suivante20 :
Action en autonomie
zone proximale
de développement
Action accompagnée
J. Bruner, dans les années 70, s’inspire de cette idée et préconise la pédagogie de la
découverte. L’élève doit vivre des situations d’auto-apprentissage (découverte des règles, des
lois), tout en gardant un rôle prépondérant au maître qui reste le médiateur des apprentissages.
Bruner met en avant la fonction de guidance et d’étayage qu’assure l’adulte dans le
19
Vygotski, L. Pensée et langage. Sociales.1985. p 67.
20
Denoyel, N. « La situation interlocutive de l’accompagnement et ses ruses dialogiques. Quelques réflexions
autour du paradigme du dialogue. » in Education permanente, octobre-novembre-décembre 2002, n°153, p.231.
~ 19 ~
développement cognitif de l’enfant. Il illustre sa théorie par l’exemple de la mère en présence
de son enfant qui cherche à attraper un objet 21:
Bruner nomme cette interaction entre l’adulte et l’enfant dans la résolution d’un
problème: « l’interaction de tutelle », c’est-à-dire « un ensemble de moyens par lesquels un
adulte ou un spécialiste vient en aide à quelqu’un »22.
Le concept de tutorat s’est fortement développé dans les années 90 à partir des pays
anglo-saxons, « le tutorat apparait comme un bon vecteur de lutte contre l’échec scolaire et
de socialisation »23. En effet, jusqu’au XIXème, la qualification professionnelle se créait « sur
le tas ». [Link] explicite la fonction de tutorat comme une nécessité à l’apprentissage en
alternance : « le savoir de l’expérience n’est pas transmissible en dehors de la situation de
travail. C’est là qu’intervient le tutorat, comme mode de transmission et de transformation
des compétences en savoir d’expérience ou d’action, par une activité de compagnonnage et
21
Bruner, J. (1983). Le développement de l'enfant : savoir faire, savoir dire. PUF. 1998. p 261.
22
Ibid.p.261.
23
De Backer, B. « Le tutorat du père au pairs » in La revue nouvelle, septembre 2009, p.95.
~ 20 ~
d’explicitation »24. Nous passons à un « modèle interactif centré sur l’élève, donnant une
importance capitale à l’expérimentation et au « constructivisme » pédagogique »25 :
l’étudiant assimile des données et les met en sens avec l’aide du tuteur.
Nous venons d’aborder la notion de tutorat mais il nous semble important de continuer
sur les fonctions du tuteur.
24
Geay, A, 1998, op. cit., p.159.
25
De Backer, B, 2009, [Link]. p.94.
26
Ibid. p.163
27
Boru, J-J. « Du tuteur à la fonction tutorale. Contradiction et difficultés de mise en œuvre » in Recherche et
formation, n°22, 1996, p.103.
28
Dubar, C. La socialisation : construction des identités sociales et professionnelles. Armand Colin, 3ème édition,
Paris, 2006, 255p.
29
Bruner, J, 1983, [Link].p. 277-278.
~ 21 ~
1. « L'enrôlement » : capacité du tuteur à intéresser et à faire adhérer le tutoré à une
tâche.
Le tuteur devra être engagé dans sa mission auprès de l’étudiant, ce qui veut dire aussi
que ce sera un acte volontaire de sa part car il sera en interrelation avec l’étudiant pour le
mener vers l’autonomie. Mais le tuteur doit aussi maitriser sa tâche car il servira de modèle
identificatoire au processus de construction de compétences spécifiques à la profession. Il sera
donc un professionnel de l’entreprise. Il aidera à la transformation identitaire du stagiaire.
Nous pouvons dire que le tuteur devra être compétent pour assumer ce rôle, mais aussi faire
preuve de réflexivité. L’idée étant que « la verbalisation facilite la transformation de
l’expérience en savoir »30. Pour cela des entretiens d’explicitations avec l’étudiant devront
être formalisés.
Il semble alors important de préparer le tuteur à sa fonction.
30
Boru, J-J. 1996, [Link].p.103
~ 22 ~
tuteurs à l’exercice de leur rôle, ce qui suppose l’acquisition de certaines compétences
techniques et pédagogiques »31.
Lors de cette interaction le tuteur doit, à la fois, être présent et proche du tutoré dans la
réalisation des actes, mais aussi amener l’étudiant vers l’autonomie c’est-à-dire faire preuve
de distance cognitive.
31
De Backer, B. 2009,[Link]. p.95
32
Mayen, P. « Interactions tutorales au travail et négociations formatives » in Recherche et formation, n°35,
2000, p.61.
33
Ibid. p.60.
~ 23 ~
- avoir des savoir-être ou savoirs sociaux : capacité d’écoute, de distanciation…
D’un point de vue étiologique, accompagner peut se décomposer ainsi : ac-vers, cum-
avec, pagnis-pain. Ce qui signifie « être avec et aller vers, sur la base d’une valeur
symbolique, celle du partage »37. Nous pouvons rajouter le sens actuellement utilisé pour le
mot « accompagnateur »: « personne qui accompagne (temporaire, occasionnellement) une
autre personne ou un groupe de personnes en déplacement ».38
34
Paul, M. in « La pairémulation en question » ; journée d’étude CREAI, pays de la Loire, 23 mai 2008, p.1.
35
Dictionnaire historique de la langue française. Le Robert, Paris, mars 2000, volume 1, p.20
36
Guillaumin, C. in « Accompagnement et post modernité, Propos sur un praticien tragique » au colloque
l'Accompagnement et ses paradoxes, questions aux praticiens, scientifiques et politiques. 22/23/24 mai 2003,
Abbaye Royale de Fontevraud p.2
37
Paul, M. « Autour du mot. Accompagnement » in Recherche et formation, n°62, 2009, p.95.
38
Trésor de la langue française volume 12, p.999
~ 24 ~
Nous retrouvons à la fois le sens du partage (avec) mais aussi la notion de mouvement
(vers). La notion d’accompagnement fait à la fois référence à la relation entre deux individus
qui se rejoignent mais aussi à l’idée d’un chemin parcouru ensemble.
N.Denoyel40 propose, non pas une définition à proprement dit mais une alternative de
définition : « l’art de l’accompagnement, plus que de proposer des recettes, réside dans le fait
d’emmener l’autre dans une auto-confrontation ».
39
Ressource en ligne: [Link]
40
Denoyel, N. « La situation interlocutive de l’accompagnement et ses ruses dialogiques. Quelques réflexions
autour du paradigme du dialogue » in Education permanente, n°153, octobre-novembre-décembre 2002,p.233.
41
Paul, M. L’accompagnement : une posture spécifique. L’Harmattan. Paris. 2004. p.24-50.
42
Annexe 2
~ 25 ~
2. « Le counselling » ou la relation d’aide : la démarche est centrée sur la personne
et sur l’interaction (par l’intermédiaire principalement d’entretiens).
De part ces différentes formes, nous pouvons percevoir non seulement la complexité
de l’accompagnement mais aussi le fait que celui-ci intervient à la fois sur la sphère sociale et
sur la sphère psychique.
En ce qui concerne le tutorat, nous pouvons remarquer que ces deux sphères
s’intriquent et mélangent l’objectivité (aspect formateur) et la subjectivité (aspect
socialisation, construction identitaire).
Notre recherche sur l’accompagnement ne peut pas passer outre un éclairage sur ses
limites.
43
Paul, M., 2004. op. cit. p.38.
~ 26 ~
2.5.3. Les limites de l’accompagnement
Une autre limite de l’accompagnement, comme nous avons pu le voir pour le tutorat,
vient du fait que cette notion est essentiellement basée sur une dimension relationnelle. Qui
dit « accompagnement », dit création du binôme « accompagnant-accompagné ». Il s’agit de
créer un ensemble de deux individualités qui doivent rester distinctes : nous sommes sur le
principe de la coopération. Ce qui montre l’importance du langage : « passer d’un langage
informatif au dialogue comme action collaborative » (Gergen, 2000).
Mais la dimension relationnelle renvoie aussi à la subjectivité qui entre en jeu dans
l’accompagnement. Nous sommes sur une relation dissymétrique : l’accompagnant est
l’expert, l’accompagné est le novice. L’accompagnant doit rester vigilent dans son soutient à
l’accompagné, pour ne pas construire à la place de celui-ci, de part son expertise.
Enfin, notre société est en mouvance constante, entre autre par l’évolution rapide des
technologies, de ce fait l’individu est amené à réagir rapidement pour s’adapter. Le problème
pourrait venir du fait « d’apporter des réponses ou de trouver une solution … (au lieu)…
d’accompagner la personne à se questionner afin de construire »45.
Dans la liste des différents synonymes du verbe « accompagner » nous avons trouvé le
terme « surveiller ». Si dans ce contexte, il signifie plus « veiller, s’occuper de »46 , nous
retrouvons dans ce terme la notion de contrôle, de vérification. Notions présentent dans le
verbe « encadrer ». Or, dans les « Recommandations pour une offre des stages qualifiants »
éditées par le ministère, en lien avec le nouveau référentiel des compétences, il s’agit d’une
« charte d’encadrement »47 : la notion d’accompagnement n’apparait que trois fois alors que
44
Paul, M..2009, op. cit. p.96.
45
Ibid. p.102.
46
Paul, M. 2004, op. cit. p.66.
47
Annexe 3
~ 27 ~
le terme « encadrement » s’y retrouve plus de dix fois. Cela nous interroge sur le rapport entre
ces deux mots dans la profession infirmière logiquement axée sur le soin à l’Autre.
Nous nous retrouvons donc face à un paradoxe dans cette nouvelle réforme des études
infirmières: l’accompagnement qui doit aider à la construction identitaire et à l’acquisition de
compétences par l’intermédiaire d’un cheminement commun ; et l’encadrement qui consiste à
fixer des limites dans un cadre bien délimité avec la notion de hiérarchie.
Lors de la lecture de cette réforme, nous retrouvons un second paradoxe qui se situe
plus au niveau de la forme en associant processus et procédures.
48
Dictionnaire historique de la langue française. Le Robert, Paris, mars 2000, volume 1, p.574.
49
Mispelblom, F. « Le management entre sciences politiques et méthodologie d’encadrement » in Les cahiers
d’Evry, n°4, février 1996, p.21.
~ 28 ~
Le mot procédure comporte différentes définitions mais nous ne retiendrons que celle
du dictionnaire Larousse en lien avec notre sujet : « succession d'opérations à exécuter pour
accomplir une tâche déterminée ».
procédure processus
règles, critères actions
formalisée, savoir informel, transmissibilité
morcellement des actes globalité des actes
objectif en lien avec le comportement subjectif en lien avec le vécu
écrit oral
logique de résultat transformation, coproduction
évaluation à court terme évaluation à moyen et long terme
centrée sur le faire centré sur la pensée
Dans le sujet qui nous intéresse, le référentiel des compétences infirmières peut être
considéré comme une procédure, et l’accompagnement ou la mise en place du tutorat comme
un processus.
Si nous prenons l’exemple d’un acte technique en soins infirmiers il est nécessaire:
Ces procédures sont mises en place dans le but de parvenir à un soin répondant à
certain critères de qualité, de conformité, de valeurs humaines, c’est le processus du soin qui
comportent toutes ces procédures.
Ceci nous amène à nous interroger sur le type de pédagogie et donc de tutorat possible,
à mettre en place afin de parvenir à l’acquisition par l’étudiant des compétences, ensemble de
~ 29 ~
savoirs théoriques, de savoirs sociaux et de savoirs faire mais aussi donc de processus et de
procédures, requises au terme de ses études.
~ 30 ~
Emergence
de la
problématique
~ 31 ~
3. Émergence de la problématique
Notre fonction de cadre de santé ainsi que la nouvelle réforme du diplôme en soins
infirmiers, nous a amené à nous interroger sur la prise en charge des étudiants dans les
services de soins. Nous avons commencé ce travail de réflexion d’après cette question :
Quel tutorat mettre en place au sein du terrain de stage pour les étudiants en
institut de formation en soins infirmiers, avec le nouveau référentiel de compétences ?
Nous nous retrouvons face à la complexité de ce référentiel qui nous propose une
trame objective et rigide d’évaluation des compétences mais qui omet l’interaction et le côté
relationnel du soin. Notre problématique se situe donc sur l’interprétation de ce référentiel,
notamment par les tuteurs qui auront en charge l’évaluation des stagiaires. L’idée étant de
s’interroger sur l’écart entre le travail prescrit (procédure du référentiel) et le travail réel (ce
qu’on en fait).
~ 32 ~
Notre question de départ s’est donc transformée, au terme de ces réflexions en
question de recherche :
~ 33 ~
Méthodologie
de
recherche
~ 34 ~
4. Méthodologie de recherche
RUPTURE
CONSTRUCTION
CONSTATATION
50
Ressource en ligne : [Link]
51
Raymond Quivy, Luc Van Campenhoudt. Manuel de recherche en sciences sociales .Dunod. 3e
édition revue et augmentée. juillet 2006. p.16
~ 35 ~
Afin de vérifier notre hypothèse nous avons effectué des entretiens : « c’est un
procédé d'investigation scientifique, utilisant un processus de communication verbale, pour
recueillir des informations, en relation avec le but fixé »52.
Trois phases sont nécessaires à cette analyse : la fragmentation des différents textes en
plusieurs catégories, leur codage sous des thèmes qui eux-mêmes seront divisés en sous-
thèmes. Une grille d’analyse est alors créée, ceci afin de faire une analyse croisée des
données.
Nous avons effectué nos trois entretiens auprès d’infirmières travaillant dans des
hôpitaux publics de psychiatrie car cela fait référence à notre lieu de travail. Nous avons
choisi trois femmes car elles sont le plus représentatives dans le métier. Ces infirmières
travaillent dans trois unités de soins différentes sur deux établissements.
Notre choix des unités de soins s’est organisé en fonction de l’accueil ou non des
étudiants avec le nouveau référentiel des compétences : une seule l’utilise sur les trois. L’idée
était de rechercher s’il existait des différences de prise en charge des stagiaires entre
l’ancienne réforme et la nouvelle.
52
Grawitz, Madeleine. Méthodes en sciences sociales. Dalloz. Paris, 2001, p.644.
53
Blanchet, Alain & Gotman, Anne. (1992). L'enquête et ses méthodes : l'entretien. Nathan. Paris. 2007. p. 24
54
dont le prénom a été déontologiquement choisi.
55
dont le prénom a été déontologiquement choisi.
56
dont le prénom a été déontologiquement choisi.
~ 36 ~
4.2. Choix d’une méthode de recueil
Notre méthode de recherche s’appuie sur des entretiens semi-directifs, ce qui permet à
l’interviewé une plus importante liberté de parole avec des périodes d’explicitations
(description de son agir).
Avec le recul, et au vue de l’enseignement que nous avons reçu de [Link], nous
aurions pu améliorer notre questionnaire et pratiquer des entretiens d’explicitations qui
permettent le récit d’une expérience.
Nous avons élaboré une grille d’entretien suivant la méthode enseignée lors du cours
de R.Fonteneau57 à l’institut des cadres de santé.
Nous n’avons retenu que deux principaux thèmes lors de la construction de notre
questionnaire : le tutorat et les compétences. Nous recherchions le sens que chaque
interviewée mettait derrière ces termes. La première question servant principalement à
engager l’entretien « pouvez-vous me présenter votre cursus professionnel ?», phase
descriptive de mise en confiance. Nous avons essayé d’écrire des questions simples, le plus
ouvertes possible, pour facilité la parole de l’autre.
Nous avons effectué un premier entretien, celui de Catherine, dit exploratoire, pour
valider notre guide d’entretien58. Nous recherchions l’intelligibilité, la cohérence et la
pertinence de nos questions. Cet entretien fut si pertinent pour notre recherche que nous
l’avons gardé pour notre étude.
57
Fonteneau, Roland : entretiens de recherche, analyse de contenu, Cours IFCS, Poitiers, promotion 2008-2009.
58
Annexe n°4.
~ 37 ~
4.3. Recueil des données
Vu le peu d’entretiens recueillis nous serons sur une analyse qualitative et non
quantitative; parallèlement le corpus limité ne peut donner de résultats véritablement
représentatifs.
Nous avons commis l’erreur d’effectuer l’entretien d’Alexandra sur son lieu de travail,
pour des raisons de commodités pour elle. L’entretien a été interrompu brutalement par le
téléphone et n’a pu reprendre. Nous avons veillé par la suite à ne pas reproduire la situation.
Chaque ligne a été numérotée pour repérer sa place dans le discours lorsqu’elle est
extraite pour l’analyse.
4.4. Analyse
Nous avons en premier lieu effectué une analyse de chaque entretien : chaque entretien
a été lu consciencieusement et découpé selon les différentes séquences repérées. Nous avons
créé des tableaux dans lesquels nous avons fait apparaitre l’interaction interviewé-
interviewer, l’unité de sens repérée, la proposition (phrase en lien). Nous avons pu ensuite
59
Annexe n°5.
~ 38 ~
regrouper les unités de sens en sous-thèmes, à leur tour classés en thèmes60. Après avoir créé
un tableau pour chaque entretien nous avons pu croiser les données dans un dernier tableau
regroupant les thèmes, sous-thèmes et les séquences correspondantes61.
Nous avons donc dégagé les cinq grands thèmes de notre partie conceptuelle auxquels
nous avons identifié différents sous-thèmes. Pour facilité la lecture, nous avons choisi de les
notifier selon la même hiérarchisation que dans notre partie conceptuelle.
Thème 2 : L’alternance
Sous-thèmes : La professionnalisation
La démarche réflexive
L’apport du terrain
Thème 3 : Le tutorat
Sous-thèmes : L’échange
Le rôle du tuteur
Les avantages pour l’étudiant, le nouveau professionnel et
l’équipe de soins
Thème 4 : L’accompagnement
Thème 5 : Procédure/processus
60
Annexe n°6
61
Annexe n°7
~ 39 ~
Sous-thème : Les difficultés liées à la procédure
Processus de professionnalisation de l’étudiant
4.5. Interprétation
Pour faciliter la lecture, les citations des interviewés seront notifiées en italique et en
gras.
Le terme de compétence se retrouve dans les trois entretiens car il se retrouve dans nos
questions. Nous avons retenues par l’analyse croisée deux sous-thèmes : « avoir des
compétences et être compétent /savoir faire et savoir être » et « processus d’acquisition et
d’utilisation : le tricotage », où les interviewées donnent une ébauche de définition.
[Link]. Avoir des compétences et être compétent /savoir faire et savoir être
Au travers des trois entretiens nous remarquons que la définition des compétences
n’est pas évidente pour les professionnelles.
~ 40 ~
Pour deux professionnelles cela ne suffit pas. Elles font rapidement la différence entre
« avoir des compétences » et « être compétent ». Alexandra et Catherine en parlent
directement : (A8 L66-68) « on peut avoir des compétences et pas savoir les mettre en
situation, les utiliser dans la situation sur le terrain », (C12 L 192-194) « on peut très bien
avoir des connaissances et être complètement incompétent ». Car pour elles il faut faire le
lien.
Nous retrouvons la notion de lien entre les différents savoirs qui rejoint la définition de
Le Botterf (1995) (« la compétence est la mobilisation ou l'activation de plusieurs savoirs,
dans une situation et un contexte donnés ») auprès d’Alexandra (A9 L76-79) « ils vont
pouvoir finir après par faire les liens », et de Catherine (C12 L 194-199) « on a tout un tas
de petites compétences mais qu’on arrive pas à mettre en lien ».
Notre second thème retenu et retrouvé est celui de l’alternance. Le terme n’apparait
dans aucun entretien car nous ne l’avons pas induit, nous n’avons donc pas d’approche de
définition mais plus des repères d’apprentissage de ce modèle de formation. Dans notre thème
de recherche même s’il y fait référence de part la nature des études, l’alternance n’est qu’un
moyen et non un enjeu dans ce travail de réflexion, mais il nous semble intéressant de le
repérer dans les entretiens. Nous avons repéré trois sous-thèmes en lien avec l’alternance :
« la professionnalisation », « la démarche réflexive », « l’apport du terrain ».
[Link]. La professionnalisation
Elle traduit le fait, comme le définit [Link] que l’alternance est « un système de
production de compétences professionnelles »62 qui permet la démarche de
professionnalisation.
62
Geay, André, 1998, op. cit. p.38
63
Geay, André, 1998, op. oit. p.32
~ 42 ~
et contexte ressource. Alexandra (A4 L19-22) définit la conduite à tenir pour effectuer cette
démarche :
« faire un entretien (avec un patient) et après interroger l’étudiant,
revenir en arrière et faire plutôt une analyse de pratiques, et essayer
de lui faire, c’est la recherche un peu guidée, lui faire déduire les
objectifs et ce qu’on a travaillé avec le patient, dans cette mesure
l’étudiant est un peu acteur ».
L’idée étant de « débriefer une situation avec l’étudiant quand on est à distance et
peut-être de mettre du sens » (A7 L50-52).
Nous retrouvons cette notion d’acteur dans l’interview de Catherine (C11 L170-173) :
« Donc, voilà la philosophie de la nouvelle réforme, c’est vraiment, euh, que l’étudiant aille
chercher, soit actif dans son, dans son apprentissage donc du coup aille chercher les
connaissances dont il a besoin, qui lui manquent en tout cas ». Nous somme bien dans une
démarche réflexive où l’étudiant se questionne, avec l’aide d’un professionnel, sur ce qu’il a
fait, ou il en est…etc…: « On demande, alors là, pour le coup, on demande vraiment à
l’étudiant de co-construire ses savoirs avec l’aide du professionnel » (C11 L164-166).
Alexandra nous montre que ce travail est un travail de réflexion qui se poursuit même
en tant que professionnel: « Souvent l’équipe se pose, analyse la situation, chacun donne
son point de vue et finit par prendre une décision commune […] » (A7 L57-59). Catherine
nous en signifie aussi l’importance:
~ 43 ~
[Link]. L’apport du terrain
Lorsqu’il est question d’alternance, il est question de la place du terrain de stage et des
apprentissages qui peuvent y être faits. La première chose est de pouvoir mettre des faits sur
des représentations faites lors des apprentissages en institut, Catherine illustre bien ce
qu’[Link] appelle le « choc du réel » 64: « Il va pouvoir aussi illustrer la théorie, parce que
surtout en psychiatrie, quand on parle de schizophrénie, c’est difficile d’imaginer ce que ça
peut être » (C9 135-137).
Enfin, Catherine (C11 L160-161) en nous disant : « Oui, alors effectivement les
étudiants avec la nouvelle formation, on a essayé de pas les accueillir trop tôt pour pouvoir
se préparer », nous exprime indirectement l’importance du terrain dans l’apprentissage.
4.5.3. Le tutorat
Notre troisième thème est celui du tutorat, notre grille d’entretien y faisait référence
par deux fois, notre réflexion ayant commencé autour de ce terme. Nous avons retenu trois
sous-thèmes de l’analyse des entretiens : l’échange, qui nous semble incontournable dans une
relation ; le rôle du tuteur, qui nous permet de définir ce qu’attendent les professionnels ; et
enfin, la question des avantages pour l’étudiant, le nouveau professionnel et l’équipe de soins.
64
Geay, André (2007), op. cit. p.32
65
Geay, André, 2007, op. cit. p.51
66
Deleray, Michel. 2007, op. cit., p.15.
~ 44 ~
[Link]. L’échange
Nous avons vu que [Link] met en avant la place de l’interaction entre le tutoré et le
tuteur. Lors de cette interaction des échanges vont se produire entre les deux protagonistes.
Les trois interviewées signifient cet échange dans leur discours.
Béatrice nous raconte l’importance que cela a eu pour elle : « une particulière
(situation tutorale), c’est quand on nous prend dans un bureau, qu’on nous explique ce qui
ne va pas et pourquoi, qu’on nous demande de revoir ça, euh, d’y travailler, oui » (B7 L44-
46).
Les trois interviewées se rejoignent sur le fait qu’il est important au début de cette
relation de connaitre le vécu du tutoré. Pour Alexandra il faut « s’inquiéter de l’endroit où il
part et savoir avec lui où on veut l’amener » (A2 L8-11). Béatrice, elle « le revoit
régulièrement au cours du stage, si ça se passe bien deux à trois fois, si ça se passe moins
bien plus souvent pour reprendre les choses avec lui. Voir si ça se passe bien, si ça se passe
mal, si lui il a des attentes envers nous qui, enfin, qu’on lui propose pas » (B2 L18-21).
Pour Catherine, il faut aussi montrer « qu’est ce que c’est que la réalité du service, ce
qu’ils en avaient imaginé, qu’est ce qu’ils peuvent apprendre dans ce service, qu’est ce
qu’ils ont besoin aussi de travailler » (C4 L25-27). C’est à partir de cet échange, en partant
de ce que dit le tutoré, que le tuteur aura un discours adapté aux connaissances et aux besoins
du stagiaire.
Béatrice nous fournit une explication beaucoup plus pratique: « c’est nous qui gérons
le stage de l’étudiant en faisant en sorte que ça se passe bien et évaluons, euh, évaluons
l’étudiant sur la fin et intervenons à l’école s’il y a le moindre problème » (B2 L12-15).
~ 45 ~
Par la suite, elle rajoute :
Béatrice met en avant à la fois « l’interaction de tutelle » définit par Mayen (2000)
qui se traduit par les différentes rencontres entre le tutoré et son tuteur, mais aussi la mise en
place de « situations potentielles de développement » du même auteur, en échangeant autour
des attentes.
67
De Backer, Bernard, 2009, [Link]. p.95.
68
Geay, André, 1998, [Link]., p.159.
~ 46 ~
fait que « le savoir de l’expérience n’est pas transmissible en dehors de la situation de
travail »69.
Lors de nos entretiens, nous avons posé la question de l’avantage à mettre en place le
tutorat dans les unités de soins. Il nous semblait important d’écouter l’avis des professionnels
pour évaluer le degré de motivation à mettre en place ce nouveau système d’apprentissage car
ils doivent être partie intégrante pour que cela fonctionne. Nous avons pu remarquer que lors
de cette analyse les interviewées avaient plus de facilité à nous donner les avantages pour
l’étudiant que pour eux-mêmes. Béatrice et Catherine, dans un deuxième temps, seront les
seules à employer le « je » (pronom personnel, impliquant), dans leurs réponses.
La première remarque que nous pouvons faire c’est que Catherine nous a parlé des
avantages du tutorat pour le jeune diplômé : «quand c’est un jeune diplômé, euh, c’est un
peu différent sur la phase de professionnalisation donc on complète les acquis déjà
validés » (C4 L18-19). En secteur de psychiatrie le tutorat des nouveaux diplômés est instauré
depuis le cadre du plan Psychiatrie et Santé mentale 2005-200870, fait que nous avions omis
lors de notre réflexion.
Lorsque nous avons interviewé Alexandra, nous avons été surpris des ses réponses. En
effet, pour elle, le tutorat n’est pas une nécessité en termes de personne:
69
Ibid p.159
70
Circulaire DHOS/P2/O2DGS/6C n° 2006-21 du 16 janvier 2006 relative à la mise en œuvre du tutorat pour les
nouveaux infirmiers exerçant en psychiatrie
~ 47 ~
explications par rapport à un regard croisé sur la prise en charge
d’un patient » (A5 L25-31).
Elle met bien en avant la problématique de la rencontre entre deux individus « ça peut
bien passer avec un infirmier ou pas » (A5 L28-29). Nous sommes vraiment dans la
difficulté des enjeux psychosociaux et des règles de conversation dont Mayen (2000) a fait
état. La difficulté a été contournée dans son unité en mettant en place la relation équipe-
étudiant au centre du dispositif tutoral. Pourtant il s’avère qu’« il y a des personnes qui sont
un peu repère avec un suivi plus rapproché » (A5 L27), mais cela n’est pas formalisé.
Au contraire, Béatrice, trouve la formalisation positive pour l’étudiant car elle enlève
la part de subjectivité du soignant dans ce qui est important de savoir:
Cette fonction d’étayage mais aussi de guidance, qui va aider l’étudiant, nous la
retrouvons dans le discours de Béatrice: « Disons que ça fait des personnes référentes pour
l’étudiant. Alors ça c’est intéressant, parce qu’il y aura toujours les mêmes personnes vers
qui il peut se tourner, même les autres professionnels, des personnes référentes s’il y a des
~ 48 ~
soucis ou s’il a besoin de parler. Pour l’étudiant c’est intéressant. » (B8 L49-52). Ainsi que
dans le discours de Catherine « Pour l’étudiant je crois que c’est vraiment, d’avoir une
vision du métier, apprendre auprès des professionnels qui ont de l’expérience et qui
connaissent le métier et qui vont leur apprendre des choses formelles et des choses moins
formelles. » (C7 L97-99). Elle introduit dans cette phrase la notion d’identification au tuteur
dans le mécanisme de la « socialisation professionnelle » de J.J.Boru71, qu’elle reprend
quelques minutes plus tard :
« C’est tout l’art du métier, une façon d’observer, bien sûr, moi je
parle de la psychiatrie, euh, d’exercer son observation clinique,
d’avoir une certaine éthique, de construire, construire l’activité de
soins qui est pas forcément dite, que même sûrement on transmet
pas en le disant aux étudiants mais je crois qu’on le transmet, en le
voyant faire » (C7 L104-108).
En ce qui concerne les avantages que le tutorat procure aux professionnels, Catherine
pense que :
La prise de recul par rapport à l’action semble importante pour Catherine, elle reprend
quelques lignes plus loin : « De donner du sens et de la cohérence à des soins. Alors on en
donne pour l’étudiant et du coup, on s’en donne aussi à nous professionnels, on se permet
d’avoir aussi cette prise de distance à la situation et de voilà. » (C8 L121-124). « La
verbalisation {qui} facilite la transformation de l’expérience en savoir »72 qui se met en place
71
Boru , Jean-Jacques,1996, [Link].p.103
72
Ibid.p.103
~ 49 ~
grâce au tutorat permet aussi au professionnels d’effectuer une démarche réflexive sur son
travail.
Béatrice qui a « […] toujours aimé encadrer les étudiants, euh, c’est vraiment
quelques chose qui me plait » émet des réticences :
4.5.4. L’accompagnement
Comme nous l’avons précisé précédemment, nous avons choisi de ne pas utiliser le
terme « d’accompagnement », nous souhaitions voir s’il apparaissait dans les différents
entretiens. Malgré cette absence de question directe, nous avons pu constater que ce terme se
retrouvait dans deux entretiens, d’où la présence de ce paragraphe, riche en interventions.
Nous pouvons remarquer que les deux entretiens où nous trouvons la notion
d’accompagnement sont ceux appartenant aux deux infirmières qui ne travaillent pas encore
avec le nouveau référentiel de compétences.
Comme nous l’avons définit lors de notre partie conceptuelle, le tutorat est une forme
de l’accompagnement, nous allons donc retrouver des éléments précédemment cités où les
deux notions sont liées.
~ 50 ~
désigné et c’est lui, après le tutorat au sens large en terme pédagogique je pense que c’est
l’équipe et non une personne désignée » (A6 L40-42). Pour elle, l’accompagnement est
indissociable du tutorat : «après le tutorat au sens large représente la transmission de
savoirs, l’accompagnement pédagogique, et en même temps il faut essayer de se mettre en
accompagnement avec le tutoré et s’inquiéter de l’endroit où il part et savoir avec lui où on
veut l’amener » (A2 L8-10). Nous retrouvons le principe de cheminer ensemble en fonction
des besoins de l’Autre, propre à l’accompagnement, comme le définit Paul « être avec et aller
vers, sur la base d’une valeur symbolique, celle du partage »73. Cette idée se retrouve dans
l’entretien de Catherine dans le terme « avec » :
Catherine parle de la confiance que le professionnel peut donner à l’étudiant dans une
relation de soutien, qui faciliterait l’apprentissage:
73
Paul, Maela, 2009, [Link]. p.95.
~ 51 ~
accompagnée dans mon apprentissage de façon positive. C’était très
agréable d’apprendre comme ça finalement » (C6 L89-94).
Ce qui ressort dans les entretiens c’est la place importante de l’explicitation. Les deux
interviewées mettent en lien la démarche d’accompagnement et l’explicitation faite au
stagiaire par le professionnel. Nous sommes vraiment dans l’importance du discours et la
dimension relationnelle dans l’accompagnement, comme l’a citée Gergen (2000). Alexandra
emploie le verbe « expliquer » : « Bein c’est une situation, euh d’encadrement d un
étudiant ; au quotidien dans le CPM74 quand on accompagnait un étudiant éventuellement
sur la psychiatrie de liaison ou dans un entretien, on peut avoir en effet un étudiant à coté
et déterminer et expliquer ce qu’on va faire avec le patient au préalable» (A4 L16-19). Ceci
dans le but, pour Catherine, d’aider l’étudiant à comprendre : « L’accompagnement des
situations, la compréhension des pathologies, la compréhension d’une activité de soins
qu’on propose au patient » (C14 L229-230).
Mais pour cette construction soit efficiente, elle nous donne une condition de bonne
conduite que nous avons trouvé chez Maela Paul (2009) : « on demande aux professionnels
74
Lire Centre Médico-Psychologique
75
Paul, Maela, 2009, [Link].p.102
~ 52 ~
d’être à ses côtés, encourageant, bienveillant, euh de donner de la méthodologie. Pas de
faire à la place d’eux » (C14 L217-218).
Catherine est plus critique, pour elle l’encadrement renvoie à l’absence de dialogue
entre le stagiaire et le professionnel : « Tel soin, tu le fais comme ça, il n’y a qu’une seule
façon de faire c’est la mienne, c’est celle là » (C14 L225-226). Catherine fait d’ailleurs plus
loin la différence avec l’accompagnement : « Ici, on a tel et tel matériels, il faut respecter ces
grands principes avec les conditions dans lesquelles on est et montre moi comment tu
t’organises, en fait. Là, on est dans l’accompagnement dans ce sens, voilà. On est
l’encadrement, voilà tu dois faire comme ça. Je te montre comme ça, sans expliquer» (C16
L245-251). Nous sommes bien dans la définition de Mispelblom, qu’« encadrer n'est pas
donner soi-même la direction à suivre, c'est faire en sorte que les gens restent dans la
direction indiquée par la hiérarchie au-dessus ».77
76
Lire Licence Master Doctorat.
77
Mispelblom, Frédérik, 1996, [Link].p.21.
~ 53 ~
Béatrice met bien en évidences dans ses propos la mise en place de limites posées,
notamment pour les professionnels : « Comme, euh, on a repris le classeur étudiant, euh, on
a vraiment formalisé ce qu’est un entretien, ce qu’on évalue, qu’est ce qu’on attend de
l’entretien, alors que c’est des choses qu’on faisait mais qui n’étaient pas formalisées donc
c’était un peu chacun le faisait à sa manière » (B14 L87-90). Fait qu’elle reprend dans
l’interaction suivante : « Là, vraiment, on pose, on a posé les choses, ça c’est intéressant
comme ça on va tous dans le même sens. Comme ça pour les étudiants, enfin, voilà, on va
tous dans le même sens alors qu’avant en fonction de l’infirmier qui était en face, il
attendait pas les mêmes choses, il y a des choses qui étaient moins importantes pour lui et
pour d’autres plus importantes » (B15 L92-96).
4.5.5. Procédure/processus
Comme nous l’avons déjà envisagé, le référentiel de compétence est une procédure et
le tutorat, à mettre désormais en place avec cette nouvelle réforme des études infirmières, un
processus. Nous avons essayé de retrouver dans les différents entretiens ce qui pouvait se
rapporter soit à la procédure, soit au processus. Nous avons pu dégager deux sous-thèmes : les
difficultés liées à la mise en place d’une procédure et le processus de professionnalisation des
étudiants.
Béatrice pointe bien la difficulté de l’évaluation avec une procédure telle que le
nouveau référentiel: « on ne valide pas le savoir être, on valide le savoir faire {avec le
référentiel de compétences}» (B19 L110-113). Béatrice insiste beaucoup sur cet aspect du
référentiel : « Euh, le souci que, moi personnellement j’ai pu rencontrer c’est que j’avais
des choses à lui reprocher, euh, à cet étudiant, et que le retour se faisait différemment par
rapport aux feuilles » (B4 L30-31).
La difficulté serait donc liée au fait que la procédure du référentiel soit centrée sur le
faire : « Disons que, avant quand on avait des choses à reprocher à l’étudiant, on pouvait le
~ 54 ~
mettre en avant pour que, pour que les stages suivants, il, que déjà les enseignants soient
au courant et qu’ils puissent faire attention à ça. Là, du fait qu’on coche les compétences
acquises, on met pas en relief les difficultés qu’il a pu rencontrer au cours de son stage. On
lui dit oralement mais après il y a pas un suivi par rapport à ça » (B5 L33-37). Mais aussi
sur le fait que ce référentiel ne permet pas un suivi correct de l’étudiant durant sa formation :
« Voilà, donc on lui dit, on lui dit oralement, voilà il y a ça qui va pas, il faut que tu
travailles sur ça mais après, euh, il y a pas de réel retour par la suite. Ca complique, par
rapport à son suivi » (B6 L39-41). Nous pouvons penser que Béatrice met en avant le fait que
le côté relationnel du stagiaire n’est pas évaluable avec le référentiel des compétences, ce qui
compliquerait l’évaluation en secteur psychiatrique.
L’autre difficulté mis avant par Béatrice et Alexandra, vient de la réforme elle-même
avec la mise en place d’un professionnel tuteur car « […] maintenant le tuteur est nommé et
c’est toujours les mêmes, donc, euh, il y a pas de suivi qui y avait avant. Enfin, le tuteur ne
voit plus autant les étudiants que les infirmiers référents » (B11 L70-73). Ce qui complique
l’évaluation du stagiaire à la fin du stage selon Alexandra :« Mais là, dans la nouvelle
réforme LMD78 du diplôme infirmier on va devoir clairement identifier le tuteur, pour
autant il va avoir quelques missions qu’avait le cadre dans l’unité, il aura plus un travail
d’articulation au niveau de l’équipe, pour qu’on n’arrive pas en fin de stage et que
personne ait rien à dire sur l’étudiant ; ça pose problème surtout à l’évaluation quand y a
des soucis avec l’étudiant » (A5 31-35). Difficulté que Béatrice met aussi en avant : « Alors
forcément on a le retour de nos collègues mais on le voit pas forcément. Puisqu’on a un
planning, il va pas suivre notre planning, donc c’est des retours, c’est pas forcément des
choses que nous on a vu de nos propres yeux. Et, euh, pour argumenter parfois c’est
délicat » (B8 L53-56).
Enfin Alexandra pointe le fait que cela peut-être préjudiciable pour l’étudiant
notamment pour son accompagnement car « […] le tuteur n’était pas forcément là au
moment où la situation a eu lieu et il lui manque des éléments du contexte et c’est vrai en
psychiatrie quand on est dans une situation un peu difficile de violence ou autre, c’est vrai
que c’est intéressant de pouvoir désamorcer la situation de pouvoir débriefer dans l’instant
78
Lire Licence Master Doctorat
~ 55 ~
T et en même temps c’est ce que font encore les équipes, pour prendre une décision par
rapport à un patient » (A7 L52-56).
Pour finir, il nous semble important de préparer les équipes sinon, comme le dit
Béatrice « […] c’était difficile parce que nous même c’était la première fois qu’on encadrait
un étudiant avec cette nouvelle formation. On l’a accueilli, ça été difficile à mettre en place
du fait que, enfin c’était pas prévu. L’étudiant n’était pas prévu, et puis on n’avait pas
l’habitude, c’était la première fois » (B4 L26-29). Même, si comme nous le fait remarquer
Catherine, il restera toujours une part de subjectivité dans l’interprétation d’une procédure :
« Après on est face, on est avec des individus, des professionnels qui
vont accompagner des étudiants, ça dépend de la façon dont on lit la
réforme, dont, euh, comment elle nous est apportée, voilà après, puis
après tout dépend si la personne est professionnelle et peut être que
certains ne pourront pas de départir de l’accompagnement de
certaines formules, voilà ça c’est possible aussi. L’accompagnement
tel qu’il est imaginé avec la formation d’avant, c’est-à-dire euh, tu
as un acte technique à faire, il y a cette façon de faire et puis voilà,
mais moi je parle de tout, pour moi c’est tout, un acte technique,
c’est l’ensemble. Je prends la prescription et je regarde qu’est ce qui
est prescrit et quel dosage jusqu’à ce que je plante mon aiguille. »
(C15 L233-241).
Idée, sur laquelle Catherine reviendra dans l’interaction suivante : « A mon sens, c’est
la différence après la vision des gens de l’accompagnement de l’étudiant et de comment on
peut, on peut permettre à l’étudiant de construire ses savoirs, après euh, après ce sera une
question individuelle de professionnels, voilà » (C16 L256-258).
~ 56 ~
Tout comme Vygotski (1985) conçoit l’enfant comme un « être social », nous
pouvons peut être dire que l’étudiant est également un « être social » en attente de
l’acquisition de ce qui fera de lui un « professionnel ». A ce titre là, tout ce que peut lui
apporter un professionnel est important qu’il soit jeune professionnel où non, l’étudiant a
besoin de tout les apports possibles pour construire ses compétences de futur professionnel.
Catherine le signifie lorsqu’elle dit : « Et alors je pense réellement que on soit jeune diplômé
ou plus ancien dans la profession, chacun, enfin chaque professionnel amène, et est en
capacité d’amener quelque chose à l’étudiant mais on n’amènera pas la même chose »
(C10 L151-154).
~ 57 ~
Conclusion
~ 58 ~
Pour conclure, nous rappellerons d’abord les hypothèses de travail sur lesquelles nous
avons débuté cette recherche :
Notre étude sur le terrain, nous a permis de nous apercevoir que l’accompagnement
des étudiants semblait essentiel au processus de professionnalisation.
Ce que nous pouvons dire au terme de ce travail de recherche, est que dans ce face à
face discursif, basé sur le processus de questionnement, l’accompagnement d’un étudiant par
un professionnel permet la construction de compétences professionnelles, avec en toile de
fond l’acquisition de valeurs éthiques et déontologiques, qui lui permettront de construire sa
future représentation de professionnel.
Dans le même temps, les professionnels cadrent, encadrent leurs activités de soin,
procédures, grâce à l’accompagnement, processus, qu’ils prodiguent à l’étudiant. Ils se
permettent à travers cet accompagnement, une aparté réflexive et questionnante qui les
obligent à trouver des consensus d’équipe. Ainsi, l’accompagnement serait la clé de voûte de
la structuration de l’activité professionnelle en groupe mais aussi le terreau réflexif qui permet
la mise en cohérence et en cohésion de cette activité.
Ce travail reste une ébauche de réflexion car nous nous sommes retrouvés face au
cadre de la temporalité, la formation commençant en janvier pour terminer en juin et face aux
difficultés de l’alternance entre activité salariale et le travail de recherche.
Nous sommes bien conscient que les différents concepts exposés auraient pu être plus
fouillés où moins nombreux mais nous avions déjà effectué une première sélection et écarté la
~ 59 ~
question du savoir et de l’apprentissage. De plus notre réflexion n’a pas pu nous permettre de
faire l’impasse sur les concepts traités.
~ 60 ~
Annexes
~ 61 ~
~ 62 ~
~ 63 ~
~ 64 ~
~ 65 ~
Guide d’entretien
4. Quel est l’intérêt, pour vous et pour l’étudiant, de mettre en place le tutorat au sein de votre
unité ?
~ 66 ~
~ 67 ~
~ 68 ~
~ 69 ~
~ 70 ~
~ 71 ~
~ 72 ~
~ 73 ~
~ 74 ~
~ 75 ~
~ 76 ~
~ 77 ~
~ 78 ~
~ 79 ~
~ 80 ~
~ 81 ~
Interactions Unités de sens propositions Thème et sous-
thèmes
a8 : Et sur la notion même de L64-70 : « La différence entre Les compétences :
compétence ? « professionnel être compétent ou avoir des avoir des
A8 : La différence entre être expert », compétences, on pourrait en compétences et être
compétent ou avoir des « expérimenté », parler pendant des heures. compétent /savoir
compétences, on pourrait en « qui a de Après qu’est-ce qu’un faire et savoir être
parler pendant des heures. Après l’expérience », professionnel expert ? Est-ce
qu’est-ce qu’un professionnel « avoir des que c’est quelqu’un
expert ? Est-ce que c’est compétences », « pas d’expérimenté ou c’est
quelqu’un d’expérimenté ou savoir les mettre en quelqu’un qui a de
c’est quelqu’un qui a de situation », « pas l’expérience ? C’est très
l’expérience ? C’est très savoir…les utiliser compliqué. On peut avoir des
compliqué. On peut avoir des dans la situation », compétences et pas savoir les
compétences et pas savoir les « compétent…plus mettre en situation, les utiliser
mettre en situation, les utiliser besoin de décortiquer dans la situation sur le terrain.
dans la situation sur le terrain. la situation pour Quelqu’un qui est compétent
Quelqu’un qui est compétent trouver une solution » c’est quelqu’un qui, de mon
c’est quelqu’un qui, de mon « expérience… a fait point de vue, c’est quelqu’un
point de vue, c’est quelqu’un qui trace », « direct à qui à moment donné n’a plus
à moment donné n’a plus besoin l’objectif », « sans besoin de décortiquer la
de décortiquer la situation pour passer par les détails situation pour trouver une
trouver une solution ou des de l’analyse » solution ou des solutions. »
solutions. C’est l’expérience qui
a fait trace et qui fait que le L70-71 : « C’est l’expérience
soignant va direct à l’objectif qui a fait trace et qui fait que
sans passer par les détails de le soignant va direct à
l’analyse. Alors après le rythme l’objectif sans passer par les
est différent selon les soignants « valider des détails de l’analyse. »
et les situations rencontrées. situations de soins »
a9 : Donc l’étudiant qui va
acquérir des compétences, une L75-79 : « Après ce qui se
fois diplômé ne sera pas « répéter » passe avec le nouveau
forcément compétent ? référentiel c’est qu’ils vont
A9 : Alors oui et non. Après ce « faire les liens » devoir valider des situations
qui se passe avec le nouveau de soins qui vont se répéter
référentiel c’est qu’ils vont « l’acquisition de la dans différentes spécialités
devoir valider des situations de compétence » donc on peut penser qu’à un
soins qui vont se répéter dans moment donné s’ils les
différentes spécialités donc on répètent plusieurs fois dans
peut penser qu’à un moment des situations différentes ils
donné s’ils les répètent plusieurs vont pouvoir finir après par
fois dans des situations faire les liens et être
différentes ils vont pouvoir finir compétent après l’acquisition
après par faire les liens et être de la compétence. »
compétent après l’acquisition de
la compétence.
~ 91 ~
Interactions Unités de sens propositions Thème et sous-
thèmes
b18 : Est-ce qu’il ne manque pas Les compétences :
le côté relationnel ? L 106-109 « Ah bé si, mais avoir des
B18 : Ah bé si, mais disons disons qu’on a l’impression compétences et être
qu’on a l’impression quand on quand on lit les compétences compétent /savoir
lit les compétences que le que le relationnel est passé à faire et savoir être
relationnel est passé à côté, ça « le relationnel est côté, ça c’est quelque chose
c’est quelque chose qu’on va passé à côté » « côté qu’on va plus finalement,
plus finalement, enfin c’est le relationnel…ça enfin c’est le problème que
problème que j’ai eu justement n’existe pas au j’ai eu justement avec cet
avec cet étudiant, c’est que côté niveau des étudiant, c’est que côté
relationnel, il n’est pas compétences » relationnel, il n’est pas
réellement, enfin ça n’existe pas réellement, enfin ça n’existe
au niveau des compétences ou pas au niveau des
très peu. compétences ou très peu… »
~ 92 ~
particulière, c’est quand on nous « on nous prend dans unes. Une particulière, c’est
prend dans un bureau, qu’on un bureau » quand on nous prend dans un
nous explique ce qui ne va pas et « explique » bureau, qu’on nous explique
pourquoi, qu’on nous demande « demande…d’y ce qui ne va pas et pourquoi,
de revoir ça, euh, d’y travailler, travailler » qu’on nous demande de revoir
oui. ça, euh, d’y travailler, oui. »
b3 : Comment ça se met en
place le tutorat ? L17-23: « Euh, quand on
B3 : Euh, quand on reçoit reçoit l’étudiant, on lui
l’étudiant, on lui explique le explique le fonctionnement
fonctionnement du service, ce « explique » du service, ce qu’on attend de
qu’on attend de lui. On le revoit lui. On le revoit régulièrement
régulièrement au cours du stage, au cours du stage, si ça se
si ça se passe bien deux à trois passe bien deux à trois fois, si
fois, si ça se passe moins bien ça se passe moins bien plus
plus souvent pour reprendre les « reprendre » souvent pour reprendre les
choses avec lui. Voir si ça se choses avec lui. Voir si ça se
passe bien, si ça se passe mal, si passe bien, si ça se passe mal,
lui il a des attentes envers nous si lui il a des attentes envers
qui, enfin, qu’on lui propose nous qui, enfin, qu’on lui
pas. Euh, et puis après, on fait propose pas. Euh, et puis
une évaluation sur la fin su stage « évaluation » après, on fait une évaluation
où on remplit sa feuille, les sur la fin su stage où on
compétences acquises au cours remplit sa feuille, les
du stage. Voilà, et puis on compétences acquises au
l’encadre, on le soutient dans cours du stage. Voilà, et puis
ces difficultés, dans son on l’encadre, on le soutient
apprentissage. dans ces difficultés, dans son
apprentissage ».
~ 94 ~
b3 : Comment ça se met en Encadrement /
place le tutorat ?
accompagnement
B3 : Euh, quand on reçoit
l’étudiant, on lui explique le
fonctionnement du service, ce
qu’on attend de lui. On le revoit
régulièrement au cours du stage,
si ça se passe bien deux à trois
fois, si ça se passe moins bien
plus souvent pour reprendre les
choses avec lui. Voir si ça se
passe bien, si ça se passe mal, si
lui il a des attentes envers nous
qui, enfin, qu’on lui propose
pas. Euh, et puis après, on fait
une évaluation sur la fin su stage
où on remplit sa feuille, les
compétences acquises au cours L22-23 : « Voilà, et puis on
du stage. Voilà, et puis on « encadre » l’encadre, on le soutient dans
l’encadre, on le soutient dans « soutient » ces difficultés, dans son
ces difficultés, dans son apprentissage. »
apprentissage.
L 87-90 « Comme, euh, on a
b14 : C’est-à-dire ? repris le classeur étudiant,
B14 : Comme, euh, on a repris « formalisé » euh, on a vraiment formalisé
le classeur étudiant, euh, on a « c’est des choses ce qu’est un entretien, ce
vraiment formalisé ce qu’est un qu’on faisait mais qui qu’on évalue, qu’est ce qu’on
entretien, ce qu’on évalue, n’étaient pas attend de l’entretien, alors que
qu’est ce qu’on attend de formalisées » c’est des choses qu’on faisait
l’entretien, alors que c’est des « chacun le faisait à mais qui n’étaient pas
choses qu’on faisait mais qui sa manière » formalisées donc c’était un
n’étaient pas formalisées donc peu chacun le faisait à sa
c’était un peu chacun le faisait à manière.
sa manière.
L92-96 Là, vraiment, on pose,
b15 : Hum, hum… on a posé les choses, ça c’est
B15 : Là, vraiment, on pose, on intéressant comme ça on va
a posé les choses, ça c’est tous dans le même sens.
intéressant comme ça on va tous « même sens » Comme ça pour les étudiants,
dans le même sens. Comme ça enfin, voilà, on va tous dans
pour les étudiants, enfin, voilà, le même sens alors qu’avant
on va tous dans le même sens en fonction de l’infirmier qui
alors qu’avant en fonction de « en fonction » était en face, il attendait pas
l’infirmier qui était en face, il les mêmes choses, il y a des
attendait pas les mêmes choses, choses qui étaient moins
il y a des choses qui étaient importantes pour lui et pour
moins importantes pour lui et d’autres plus importantes.
pour d’autres plus importantes.
~ 95 ~
b4 : D’accord, est ce que vous Processus /
pourriez me décrire une procédure
situation de tutorat ?
B4 : Euh, en tant que tuteur, on
a reçu un étudiant de première
année, c’était son premier stage L26-29 « Alors c’était
d’ailleurs. Alors c’était difficile difficile parce que nous même
parce que nous même c’était la c’était la première fois qu’on
première fois qu’on encadrait un encadrait un étudiant avec
étudiant avec cette nouvelle cette nouvelle formation. On
formation. On l’a accueilli, ça « pas prévu » l’a accueilli, ça été difficile à
été difficile à mettre en place du mettre en place du fait que,
fait que, enfin c’était pas prévu. enfin c’était pas prévu.
L’étudiant n’était pas prévu, et L’étudiant n’était pas prévu,
puis on n’avait pas l’habitude, et puis on n’avait pas
c’était la première fois. Euh, le l’habitude, c’était la première
souci que, moi personnellement fois. »
j’ai pu rencontrer c’est que L30-31 « Euh, le souci que,
j’avais des choses à lui « retour… moi personnellement j’ai pu
reprocher, euh, à cet étudiant, et différemment » rencontrer c’est que j’avais
que le retour se faisait des choses à lui reprocher,
différemment par rapport aux euh, à cet étudiant, et que le
feuilles. retour se faisait différemment
par rapport aux feuilles. »
b5 : C’est-à-dire ?
B5 : Disons que, avant quand on L33-37 : « Disons que, avant
avait des choses à reprocher à quand on avait des choses à
l’étudiant, on pouvait le mettre reprocher à l’étudiant, on
en avant pour que, pour que les pouvait le mettre en avant
stages suivants, il, que déjà les pour que, pour que les stages
enseignants soient au courant et « coche » suivants, il, que déjà les
qu’ils puissent faire attention à enseignants soient au courant
ça. Là, du fait qu’on coche les et qu’ils puissent faire
compétences acquises, on met attention à ça. Là, du fait
pas en relief les difficultés qu’il qu’on coche les compétences
a pu rencontrer au cours de son « pas un suivi » acquises, on met pas en relief
stage. On lui dit oralement mais les difficultés qu’il a pu
après il y a pas un suivi par rencontrer au cours de son
rapport à ça stage. On lui dit oralement
mais après il y a pas un suivi
b6 : D’accord par rapport à ça. »
B6 : Voilà, donc on lui dit, on « pas de réel retour »
lui dit oralement, voilà il y a ça « suivi » L39-41 « Voilà, donc on lui
qui va pas, il faut que tu dit, on lui dit oralement, voilà
travailles sur ça mais après, euh, il y a ça qui va pas, il faut que
il y a pas de réel retour par la tu travailles sur ça mais après,
suite. Ca complique, par rapport euh, il y a pas de réel retour
à son suivi. par la suite. Ca complique,
par rapport à son suivi. »
b8 : Ok et est-ce que vous voyez
un intérêt, pour vous et pour
l’étudiant de mettre en place le
tutorat au sein de l’unité ?
B8 : Disons que ça fait des
personnes référentes pour
l’étudiant. Alors ça c’est
intéressant, parce qu’il y aura
toujours les mêmes personnes
vers qui il peut se tourner, même
~ 96 ~
les autres professionnels, des
personnes référentes s’il y a des
soucis ou s’il a besoin de parler.
Pour l’étudiant c’est intéressant.
Après les soucis qu’il a, c’est
quand c’est une évaluation. « le voit pas »
Alors forcément on a le retour
de nos collègues mais on le voit L53-56 « Alors forcément on
pas forcément. Puisqu’on a un a le retour de nos collègues
planning, il va pas suivre notre mais on le voit pas forcément.
planning, donc c’est des retours, Puisqu’on a un planning, il va
c’est pas forcément des choses « délicat » pas suivre notre planning,
que nous on a vu de nos propres donc c’est des retours, c’est
yeux. Et, euh, pour argumenter pas forcément des choses que
parfois c’est délicat. nous on a vu de nos propres
yeux. Et, euh, pour
b11 : Donc pour vous l’infirmier argumenter parfois c’est
référent qu’il y avait avant, c’est délicat. »
ce qu’on peut considérer comme
le tuteur maintenant ?
B11 : Pas tout à fait, parce que
l’infirmier référent le prenait en
fonction des horaires, les L70-73 « Tandis que
infirmiers référents c’est ce qui maintenant le tuteur est
voyaient le plus l’étudiant. nommé et c’est toujours les
Tandis que maintenant le tuteur mêmes, donc, euh, il y a pas
est nommé et c’est toujours les « ne voit plus » de suivi qui y avait avant.
mêmes, donc, euh, il y a pas de Enfin, le tuteur ne voit plus
suivi qui y avait avant. Enfin, le autant les étudiants que les
tuteur ne voit plus autant les infirmiers référents. »
étudiants que les infirmiers
référents.
~ 97 ~
Interactions Unités de sens propositions Thème et sous-
thèmes
c11 C’est un référentiel Les compétences :
autour des compétences. Je avoir des
voulais savoir ce qu’évoquait compétences et être
pour vous la notion de compétent /savoir
compétences ? faire et savoir être
C11 Oui, alors effectivement
les étudiants avec la nouvelle
formation, on a essayé de pas
les accueillir trop tôt pour
pouvoir se préparer. C’est pas
évident, c’est une autre façon
d’appréhender
l’apprentissage. Euh, il me
semble qu’avec l’ancienne
formation, on n’était plus
dans des choses un peu
passives et que la philosophie
de la nouvelle, euh, formation
n’est plus sur la même chose.
On demande, alors là, pour le
coup, on demande vraiment à
l’étudiant de co-construire ses
savoirs avec l’aide du
professionnel. Alors là on est
vraiment dans
l’accompagnement à mon
sens, euh, purement de
l’accompagnement.
Auparavant, on était, on avait
toujours la possibilité en tout
cas, euh, d’encadrer
l’étudiant. C’est-à-dire
vraiment presque de le faire
rentrer dans un moule. Là,
avec la nouvelle réforme, on
avait cette possibilité là avec
l’ancien diplôme, l’ancienne
formation, mais on n’était pas
obligé de le faire. Donc, voilà
la philosophie de la nouvelle
réforme, c’est vraiment, euh,
que l’étudiant aille chercher,
soit actif dans son, dans son
apprentissage donc du coup
aille chercher les
connaissances dont il a
besoin, qui lui manquent en
tout cas. Donc on est là en
tant que professionnels pour
l’accompagner dans la
détermination de qu’est ce L 175-179 : « Voilà et par
qui lui manque, euh, et « c’est des savoirs les rapport aux compétences,
l’accompagner comment il va compétences », « savoirs c’est des savoirs les
aller chercher de ce qui lui savants théoriques », compétences, euh, on va lui
manque. Voilà et par rapport « savoirs faire », « savoirs permette d’aller chercher des
aux compétences, c’est des être » savoirs savants théoriques,
savoirs les compétences, euh, des savoirs faire, des savoirs
~ 98 ~
on va lui permette d’aller être aussi parce que malgré
chercher des savoirs savants tout le savoir être aussi est
théoriques, des savoirs faire, vraiment quelque chose
des savoirs être aussi parce d’individuel, en fonction de
que malgré tout le savoir être « empathie la personne. »
aussi est vraiment quelque bienveillante », « c’est
chose d’individuel, en tout un savoir être qui est L 180-181 : « L’empathie,
fonction de la personne. Euh, la base du travail » l’empathie bienveillante,
il y a quand même des c’est quand même éviter des
attitudes qui sont bienvenues jugements de valeur, c’est
quand on est infirmier, voilà. tout un savoir être qui est la
L’empathie, l’empathie base du travail. »
bienveillante, c’est quand
même éviter des jugements
de valeur, c’est tout un savoir
être qui est la base du travail.
Si on se laisse aller,
effectivement à nos penchants
naturels qu’on peut tous avoir
en dehors du travail. Par
contre, il faut les oublier sur
les lieux du travail, voilà. En
tout cas, c’est ça qu’on peut
apprendre à l’étudiant dans le
savoir être, c’est une façon,
d’aller au contact du patient
en fait. Et j’ai oublié le but de
la question c’était sur les
compétences ? Vous pouvez
me rappeler je m’en souviens
plus.
c10 Oui
C10 Et après il y a les savoirs « savoirs être », « savoirs
être, les savoirs faire faire techniques », L150-151 : « Et après il y a
technique. Donc tout ça, euh « permettre à l’étudiant de les savoirs être, les savoirs
il faut permettre à l’étudiant tricoter » faire technique. Donc tout ça,
de tricoter. Et alors je pense euh il faut permettre à
réellement que on soit jeune l’étudiant de tricoter. »
diplômé ou plus ancien dans
la profession, chacun, enfin
chaque professionnel amène,
et est en capacité d’amener
quelque chose à l’étudiant
mais on n’amènera pas la
même chose. Et on lui L 154-155 : « Et on lui
permettra pas de tricoter les « tricoter les mêmes permettra pas de tricoter les
mêmes choses à ces étudiants choses » mêmes choses à ces étudiants
là. maintenant il y a le là. maintenant il y a le
nouveau référentiel. Alors nouveau référentiel. »
c’est vrai, enfin je sais pas
~ 101 ~
dans votre institution, mais
dans la mienne nous n’avons
pas trop de nouveaux
étudiants qui arrivent avec ce
nouveau référentiel, ce
nouveau diplôme.
c8 Hun, hun
C8 Après en tant que
professionnel d’échanges
avec l’étudiant c’est en
expliquant, parce que je crois
qu’en expliquant les activités
de soins, euh, en quoi c’est
cohérent par rapport aux,
alors par rapport à pleins de
choses, d’une observation
clinique, des données
théoriques, un contexte de vie
du patient, euh, un état au
jour J, un certain état, je
pense que en expliquant tout
ça à l’étudiant, tout d’un coup
on décortique la situation et L 115-118 : « nous
on argumente, du coup nous professionnels ça nous
professionnels ça nous permet permet d’avoir un peu de
d’avoir un peu de distance par « avoir un peu de distance distance par rapport à cette
rapport à cette situation de par rapport à cette situation de soins, à ce projet
soins, à ce projet de soins, à situation », « de pas être de soins, à cette activité de
cette activité de soins et du dans le faire », « prendre soins et du coup ça nous
coup ça nous permet aussi de la distance », « avoir un permet aussi de pas être dans
pas être dans le faire tout le nouveau regard », le faire tout le temps et
temps et pouvoir nous, voilà, « réévaluer » pouvoir nous, voilà, de
de prendre la distance et peut prendre la distance et peut
être avoir un nouveau regard, être avoir un nouveau regard,
et de réévaluer peut être ce et de réévaluer peut être ce
qu’on se permet pas au qu’on se permet pas au
quotidien finalement dans quotidien finalement dans
notre pratique notre pratique
professionnelle, on se permet professionnelle, on se permet
peu finalement de réévaluer peu finalement de réévaluer
les situations. Alors l’échange les situations. »
avec l’étudiant je crois que ça
a cet intérêt là, voilà. De L 121-124 : « De donner du
donner du sens et de la sens et de la cohérence à des
cohérence à des soins. Alors «donner du sens », « de la soins. Alors on en donne pour
on en donne pour l’étudiant et cohérence à des soins », l’étudiant et du coup, on s’en
du coup, on s’en donne aussi « on se permet d’avoir donne aussi à nous
à nous professionnels, on se aussi cette prise de professionnels, on se permet
permet d’avoir aussi cette distance » d’avoir aussi cette prise de
prise de distance à la situation distance à la situation et de
et de voilà. voilà. »
c6 Apprenne le stress ou
apprenne à le gérer ?
C6 Alors apprenne à, à gérer,
non apprenne à faire un geste
technique sous le regard et
sous le stress, voilà. Oui
effectivement, c’est ça, ça se
travaille aussi avec l’étudiant. L89-94 : « On dit voilà, je
On dit voilà, je vais te mettre vais te mettre en situation de
en situation de stress, puis il y stress, puis il y a aussi le fait
a aussi le fait quand on fait un quand on fait un premier acte
premier acte comme ça, je comme ça, je crois, c’étais
crois, c’étais super important super important de voir
de voir quelqu’un qui disait quelqu’un qui disait d’une
d’une manière détournée mais manière détournée mais qui
~ 116 ~
qui disait je te fais confiance, « confiance » disait je te fais confiance,
vas-y. Finalement c’est ça, vas-y. Finalement c’est ça,
elle s’adressait à la patiente elle s’adressait à la patiente
bien sûr, parce qu’il fallait bien sûr, parce qu’il fallait
aussi occuper l’attention de la aussi occuper l’attention de la
patiente puisque moi j’étais patiente puisque moi j’étais
pas du tout en état de pas du tout en état de
communiquer avec elle mais communiquer avec elle mais
en même temps c’est ce en même temps c’est ce
qu’elle me disait. Et voilà, qu’elle me disait. Et voilà,
donc ça c’était une situation donc ça c’était une situation
où j’étais accompagnée dans où j’étais accompagnée dans
mon apprentissage de façon « positive » mon apprentissage de façon
positive. C’était très agréable positive. C’était très agréable
d’apprendre comme ça d’apprendre comme ça
finalement. finalement ».
c10 Oui
C10 Et après il y a les savoirs
être, les savoirs faire
technique. Donc tout ça, euh
il faut permettre à l’étudiant L151-154 : « Et alors je
de tricoter. Et alors je pense pense réellement que on soit
réellement que on soit jeune « chaque professionnel » jeune diplômé ou plus ancien
diplômé ou plus ancien dans dans la profession, chacun,
la profession, chacun, enfin « capacité d’amener » enfin chaque professionnel
chaque professionnel amène, amène, et est en capacité
et est en capacité d’amener d’amener quelque chose à
quelque chose à l’étudiant l’étudiant mais on n’amènera
mais on n’amènera pas la pas la même chose. »
même chose. Et on lui
permettra pas de tricoter les
mêmes choses à ces étudiants
là. maintenant il y a le
~ 125 ~
nouveau référentiel. Alors
c’est vrai, enfin je sais pas
dans votre institution, mais
dans la mienne nous n’avons
pas trop de nouveaux
étudiants qui arrivent avec ce
nouveau référentiel, ce
nouveau diplôme.
~ 126 ~
Sous-thèmes Séquences
Les compétences
A8 L64-70 : « La différence entre être compétent ou avoir des
avoir des compétences, on pourrait en parler pendant des heures. Après qu’est-
compétences et ce qu’un professionnel expert ? Est-ce que c’est quelqu’un
être compétent d’expérimenté ou c’est quelqu’un qui a de l’expérience ? C’est très
/savoir faire et compliqué. On peut avoir des compétences et pas savoir les mettre en
savoir être situation, les utiliser dans la situation sur le terrain. Quelqu’un qui est
compétent c’est quelqu’un qui, de mon point de vue, c’est quelqu’un
qui à moment donné n’a plus besoin de décortiquer la situation pour
trouver une solution ou des solutions. »
A8 L70-71 : « C’est l’expérience qui a fait trace et qui fait que le
soignant va direct à l’objectif sans passer par les détails de
l’analyse. »
A9 L76-79 : « Après ce qui se passe avec le nouveau référentiel c’est
qu’ils vont devoir valider des situations de soins qui vont se répéter
dans différentes spécialités donc on peut penser qu’à un moment
donné s’ils les répètent plusieurs fois dans des situations différentes
ils vont pouvoir finir après par faire les liens et être compétent après
l’acquisition de la compétence. »
B18 L106-109 « Ah bé si, mais disons qu’on a l’impression quand
on lit les compétences que le relationnel est passé à côté, ça c’est
quelque chose qu’on va plus finalement, enfin c’est le problème que
j’ai eu justement avec cet étudiant, c’est que côté relationnel, il n’est
pas réellement, enfin ça n’existe pas au niveau des compétences ou
très peu… »
B19 L110-113 «Moi je ne suis pas forcément d’accord. Parce que le
savoir être, on ne valide pas le savoir être, on valide le savoir faire »
C11 L 175-179 : « Voilà et par rapport aux compétences, c’est des
savoirs les compétences, euh, on va lui permette d’aller chercher des
~ 127 ~
savoirs savants théoriques, des savoirs faire, des savoirs être aussi
parce que malgré tout le savoir être aussi est vraiment quelque chose
d’individuel, en fonction de la personne. »
C11 L 180-181 : « L’empathie, l’empathie bienveillante, c’est quand
même éviter des jugements de valeur, c’est tout un savoir être qui est
la base du travail. »
C12 L 189-192 : « Donc voilà les compétences, c’est l’ensemble de
connaissances qu’on va pouvoir mettre en action, euh, pour exercer,
euh, son métier et permettre d’exprimer, euh, être compétent, voilà.
C’est la façon d’utiliser les connaissances qu’on a pour être
compétent auprès du patient. »
C12 L 192-194 « Donc avoir des compétences, c’est avoir des
connaissances et pour être compétent, c’est-à-dire qu’on peut très
bien avoir des connaissances et être complètement incompétent ».
C12 L 194-199 : « On n’arrive pas à faire des, quand on ne peut pas
faire des liens avec la théorie, euh, avec quelques chose qu’on
observe, euh, une observation clinique, euh et que, et puis, euh, un
projet ou une activité de soins. Quand on n’arrive pas à faire du lien,
quand on n’arrive pas à faire une observation clinique, on a de façon,
euh, individuelle comme ça, on a tout un tas de petites compétences
mais qu’on arrive pas à mettre en lien. »
C12 L 199-202 : « Etre compétent c’est vraiment l’expression des
compétences qu’on a acquises. Voilà, c’est la mise en action des
compétences qu’on a acquises. Et les compétences, effectivement, ça
regroupe les savoirs savants et théoriques, les savoirs faire et les
savoirs être. »
C9 L 142-144 : « L’intérêt c’est que l’équipe accompagne l’étudiant
le processus dans son, dans la construction qu’il peut avoir dans son tricotage de
d’acquisition et savoir. Il a besoin d’avoir des connaissances théoriques un peu plus
d’utilisation : le approfondies quelques fois que ce que lui a apporté l’IFSI. »
tricotage C10 L150-151 : « Et après il y a les savoirs être, les savoirs faire
technique. Donc tout ça, euh il faut permettre à l’étudiant de
tricoter. »
~ 128 ~
C10 L154-155 : « Et on lui permettra pas de tricoter les mêmes
choses à ces étudiants là. maintenant il y a le nouveau référentiel. »
C14 L213-216 : « Euh, c’est-à-dire qu’on lui demande vraiment
d’accompagner l’étudiant pour aller construire son savoir. On est
vraiment sur construire, tricoter ses savoirs, c’est-à-dire on va essayer
de faire émerger ce dont il a besoin et comment il va aller chercher
les savoirs. »
L’alternance
A2 L5-11 : « : Le tutorat, par rapport à un étudiant ou un
la professionnel ? On peut transposer les 2 sauf que quand on est avec
professionnalisa des étudiants on est dans une démarche de professionnalisation alors
tion que quand on est dans le tutorat spécifique en psychiatrie par rapport
à des professionnels diplômés on est plus dans l’andragogie que dans
la pédagogie. »
A4 L19-22 : « Ou faire un entretien et après interroger l’étudiant,
la démarche revenir en arrière et faire plutôt une analyse de pratiques, et essayer
réflexive de lui faire, c’est la recherche un peu guidée, lui faire déduire les
objectifs et ce qu’on a travaillé avec le patient, dans cette mesure
l’étudiant est un peu acteur. »
A7 L45-50 : « Après faut valider des situations de soins,
effectivement peut-être que l’avantage ça permet de plus évaluer les
compétences et en tout cas de permettre de les incorporer et de les
transférer sur le terrain, de favoriser la démarche réflexive ; plutôt
que d’avoir la théorie d’un coté et la pratique de l’autre et de pas faire
de lien. »
A7 L50-52 : « Après on a encore le temps de le faire nous en
psychiatrie, c’est vrai que si y a une personne référente ou un tuteur
désigné ça lui permet de débriefer une situation avec l’étudiant quand
on est à distance et peut-être de mettre du sens etc »
A7 L57-59 : « Souvent l’équipe se pose, analyse la situation, chacun
donne son point de vue et finit par prendre une décision commune en
~ 129 ~
associant l’équipe pluridisciplinaire, c'est-à-dire les internes sont
sollicités, les médecins, les aides-soignants, voilà. »
C11 L164-166 : « On demande, alors là, pour le coup, on demande
vraiment à l’étudiant de co-construire ses savoirs avec l’aide du
professionnel. »
C11 L170-173 : « Donc, voilà la philosophie de la nouvelle réforme,
c’est vraiment, euh, que l’étudiant aille chercher, soit actif dans son,
dans son apprentissage donc du coup aille chercher les connaissances
dont il a besoin, qui lui manquent en tout cas. »
C8 L110-120 : « Après en tant que professionnel d’échanges avec
l’étudiant c’est en expliquant, parce que je crois qu’en expliquant les
activités de soins, euh, en quoi c’est cohérent par rapport aux, alors
par rapport à pleins de choses, d’une observation clinique, des
données théoriques, un contexte de vie du patient, euh, un état au jour
J, un certain état, je pense que en expliquant tout ça à l’étudiant, tout
d’un coup on décortique la situation et on argumente, du coup nous
professionnels ça nous permet d’avoir un peu de distance par rapport
à cette situation de soins, à ce projet de soins, à cette activité de soins
et du coup ça nous permet aussi de pas être dans le faire tout le temps
et pouvoir nous, voilà, de prendre la distance et peut être avoir un
nouveau regard, et de réévaluer peut être ce qu’on se permet pas au
quotidien finalement dans notre pratique professionnelle, on se
permet peu finalement de réévaluer les situations. »
A7 L60-62 : «Donc je pense que ça peut avoir un avantage dans le
Apport du sens où on arrive à transférer, on incorpore les compétences et on
terrain transfère sur le terrain et après on se saisi de ça. »
C9 135-137 : « Il va pouvoir aussi illustrer la théorie, parce que
surtout en psychiatrie, quand on parle de schizophrénie, c’est difficile
d’imaginer ce que ça peut être ».
C9 L141-143 : «L’intérêt c’est que l’équipe accompagne l’étudiant
dans son, dans la construction qu’il peut avoir dans son tricotage de
savoir. »
~ 130 ~
C9 L143-144 : «Il a besoin d’avoir des connaissances théoriques un
peu plus approfondies quelques fois que ce que lui a apporté l’IFSI.
Donc on est là pour ça. »
C11 L160-161 :« Oui, alors effectivement les étudiants avec la
nouvelle formation, on a essayé de pas les accueillir trop tôt pour
pouvoir se préparer. »
Tutorat
A2 L8-11 « Après le tutorat au sens large représente la transmission
L’échange de savoirs, l’accompagnement pédagogique, et en même temps il faut
essayer de se mettre en accompagnement avec le tutoré et s’inquiéter
de l’endroit où il part et savoir avec lui où on veut l’amener. »
B3 L18-21: « On le revoit régulièrement au cours du stage, si ça se
passe bien deux à trois fois, si ça se passe moins bien plus souvent
pour reprendre les choses avec lui. Voir si ça se passe bien, si ça se
passe mal, si lui il a des attentes envers nous qui, enfin, qu’on lui
propose pas.».
B7 L44-46 « Euh, oui, durant mes études, durant ma formation, il y
en a quelques unes. Une particulière, c’est quand on nous prend dans
un bureau, qu’on nous explique ce qui ne va pas et pourquoi, qu’on
nous demande de revoir ça, euh, d’y travailler, oui. »
C4 L25-27 : « qu’est ce que c’est que la réalité du service, ce qu’ils
en avaient imaginé, qu’est ce qu’ils peuvent apprendre dans ce
service, qu’est ce qu’ils ont besoin aussi de travailler. »
A2 L8-11 : « Après le tutorat au sens large représente la transmission
le rôle du tuteur de savoirs, l’accompagnement pédagogique, et en même temps il faut
essayer de se mettre en accompagnement avec le tutoré et s’inquiéter
de l’endroit où il part et savoir avec lui où on veut l’amener ».
A7 L50-52 : « Après on a encore le temps de le faire nous en
psychiatrie, c’est vrai que si y a une personne référente ou un tuteur
désigné ça lui permet de débriefer une situation avec l’étudiant quand
on est à distance et peut-être de mettre du sens etc »
~ 131 ~
B2 L12-15 : « Euh, ce qu’elle représente pour nous, euh, c’est nous
qui, enfin, c’est nous qui gérons le stage de l’étudiant en faisant en
sorte que ça se passe bien et évaluons, euh, évaluons l’étudiant sur la
fin et intervenons à l’Ecole s’il y a le moindre problème ».
B3 L17-23: « Euh, quand on reçoit l’étudiant, on lui explique le
fonctionnement du service, ce qu’on attend de lui. On le revoit
régulièrement au cours du stage, si ça se passe bien deux à trois fois,
si ça se passe moins bien plus souvent pour reprendre les choses avec
lui. Voir si ça se passe bien, si ça se passe mal, si lui il a des attentes
envers nous qui, enfin, qu’on lui propose pas. Euh, et puis après, on
fait une évaluation sur la fin su stage où on remplit sa feuille, les
compétences acquises au cours du stage. Voilà, et puis on l’encadre,
on le soutient dans ces difficultés, dans son apprentissage ».
C7 L104-108 : « c’est tout l’art du métier, une façon d’observer, bien
sûr, moi je parle de la psychiatrie, euh, d’exercer son observation
clinique, d’avoir une certaine éthique, de construire, construire
l’activité de soins qui est pas forcément dite, que même sûrement on
transmet pas en le disant aux étudiants mais je crois qu’on le
transmet, en le voyant faire »
C14 L213-217 : « Euh, c’est-à-dire qu’on lui demande vraiment
d’accompagner l’étudiant pour aller construire son savoir. On est
vraiment sur construire, tricoter ses savoirs, c’est-à-dire on va essayer
de faire émerger ce dont il a besoin et comment il va aller chercher
les savoirs. Il est très actif finalement. »
C14 L229-230 : « L’accompagnement des situations, la
compréhension des pathologies, la compréhension d’une activité de
soins qu’on propose au patient. »
A5 L25-31 : « Dans l’unité dans laquelle je travaille il n y a pas de
les avantages tutorat clairement identifié, ou d’infirmier référent de l’étudiant, ;
pour l’étudiant, actuellement c’est l’équipe qui est référente pour lui plutôt qu’un
le nouveau soignant référent pour l’étudiant, même s’il y a des personnes qui
professionnel et sont un peu repère avec un suivi plus rapproché . On l’a argumenté
~ 132 ~
l’équipe de soins dans le sens où ça peut bien passer avec un infirmier ou pas et c’est
un peu restrictif d’avoir un seul soignant comme étayage et ce qui
permet aussi de croiser les regards et d’aller chercher des pistes ,des
explications par rapport à un regard croisé sur la prise en charge d’un
patient ».
A5 L35-39 : « Pour un étudiant en 1ère ou 2ème année, c’est plus
sécure d’avoir un soignant à côté, après en travaillant l’autonomie
c’est pas franchement utile ».
B8 L49-52 : « Disons que ça fait des personnes référentes pour
l’étudiant. Alors ça c’est intéressant, parce qu’il y aura toujours les
mêmes personnes vers qui il peut se tourner, même les autres
professionnels, des personnes référentes s’il y a des soucis ou s’il a
besoin de parler. Pour l’étudiant c’est intéressant. »
B9 L58-63 : « Euh, la personne référente, c’est peut être plus carré de
ce qu’on pouvait avoir avant. Après, après, voilà enfin, on a eu un
étudiant de première année, ça nous est arrivé une fois. Moi,
personnellement, j’attends de voir comment ça va se passait et que la
mise en route réelle, euh, il faut qu’on prenne nos marques, euh, et les
écoles aussi parce que même des fois pour avoir contacté, vu des
enseignants, eux-mêmes sont un peu perdus, pour vraiment faire le
bénéfice. »
B13 L83-85 : « Euh, moi personnellement, j’ai toujours aimé
encadrer les étudiants, euh, c’est vraiment quelques chose qui me
plait.»
B15 L92-96 : « Là, vraiment, on pose, on a posé les choses, ça c’est
intéressant comme ça on va tous dans le même sens. Comme ça pour
les étudiants, enfin, voilà, on va tous dans le même sens alors
qu’avant en fonction de l’infirmier qui était en face, il attendait pas
les mêmes choses, il y a des choses qui étaient moins importantes
pour lui et pour d’autres plus importantes. »
C4 L18-19 : «quand c’est un jeune diplômé, euh, c’est un peu
différent sur la phase de professionnalisation donc on complète les
~ 133 ~
acquis déjà validés »
C5 L76-80 : « J’étais rassurée donc j’ai bien compris qu’en même
temps qu’elle rassurait la patiente, elle me rassurait moi aussi. Et ça
c’était, euh, c’était, elle me rendait confiance en moi. J’étais vraiment,
je tremblais, j’avais la main, j’étais pas sûre de bien pouvoir viser la
bonne zone sur la fesse et en fait je, elle m’a vraiment rendu confiance
en moi »
Accompagnement
A2 L8-10 : «Après le tutorat au sens large représente la transmission
~ 134 ~
rôle dans le de savoirs, l’accompagnement pédagogique, et en même temps il faut
parcours essayer de se mettre en accompagnement avec le tutoré et s’inquiéter
d’apprentissage de l’endroit où il part et savoir avec lui où on veut l’amener. »
A4 L16-19 : « : Une situation de tutorat ? Bein c’est une situation,
euh d’encadrement d un étudiant ; au quotidien dans le CPM quand
on accompagnait un étudiant éventuellement sur la psychiatrie de
liaison ou dans un entretien, on peut avoir en effet un étudiant à coté
et déterminer et expliquer ce qu’on va faire avec le patient au
préalable. »
A6 L40-42 : «Le tutorat comme accompagnement dans la mesure où
un tuteur est désigné et c’est lui, après le tutorat au sens large en
terme pédagogique je pense que c’est l’équipe et non une personne
désignée. »
C4 L20-27 : « les accompagner dans leur apprentissage au sein du
service. C’est-à-dire que c’est vraiment les, euh, enfin moi ce que
j’aime bien c’est qu’ils arrivent avec des objectifs personnels pas
forcément ceux de l’institut parce que c’est un petit peu général, mais
qu’ils arrivent avec leurs objectifs personnels parce qu’ils pensent
pouvoir travailler dans l’unité et puis à partir de là on peut travailler
ensuite avec les étudiants sur, euh, qu’est ce que c’est que la réalité du
service, ce qu’ils en avaient imaginé, qu’est ce qu’ils peuvent
apprendre dans ce service, qu’est ce qu’ils ont besoin aussi de
travailler. »
C6 L89-94 : « On dit voilà, je vais te mettre en situation de stress,
puis il y a aussi le fait quand on fait un premier acte comme ça, je
crois, c’étais super important de voir quelqu’un qui disait d’une
manière détournée mais qui disait je te fais confiance, vas-y.
Finalement c’est ça, elle s’adressait à la patiente bien sûr, parce qu’il
fallait aussi occuper l’attention de la patiente puisque moi j’étais pas
du tout en état de communiquer avec elle mais en même temps c’est
ce qu’elle me disait. Et voilà, donc ça c’était une situation où j’étais
accompagnée dans mon apprentissage de façon positive. C’était très
~ 135 ~
agréable d’apprendre comme ça finalement ».
C9 L142-143 : « L’intérêt c’est que l’équipe accompagne l’étudiant
dans son, dans la construction qu’il peut avoir dans son tricotage de
savoir. »
C11 L173-175 : « Donc on est là en tant que professionnels pour
l’accompagner dans la détermination de qu’est ce qui lui manque,
euh, et l’accompagner comment il va aller chercher de ce qui lui
manque. »
C14 L213-214 : « Euh, c’est-à-dire qu’on lui demande vraiment
d’accompagner l’étudiant pour aller construire son savoir. On est
vraiment sur construire, tricoter ses savoirs, c’est-à-dire on va essayer
de faire émerger ce dont il a besoin et comment il va aller chercher
les savoirs. »
C14 L217-218 : « Là, on demande aux professionnels d’être à ses
côtés, encourageant, bienveillant, euh de donner de la méthodologie.
Pas de faire à la place d’eux. »
C14 L229-230 : « L’accompagnement des situations, la
compréhension des pathologies, la compréhension d’une activité de
soins qu’on propose au patient. »
A5 L31-34 : « Mais là, dans la nouvelle réforme LMD du diplôme
Encadrement / infirmier on va devoir clairement identifier le tuteur, pour autant il va
accompagne - avoir quelques missions qu’avait le cadre dans l’unité, il aura plus un
ment travail d’articulation au niveau de l’équipe »
B3 L22-23 : « Voilà, et puis on l’encadre, on le soutient dans ces
difficultés, dans son apprentissage. »
B14 L87-90 « Comme, euh, on a repris le classeur étudiant, euh, on a
vraiment formalisé ce qu’est un entretien, ce qu’on évalue, qu’est ce
qu’on attend de l’entretien, alors que c’est des choses qu’on faisait
mais qui n’étaient pas formalisées donc c’était un peu chacun le
faisait à sa manière. »
B15 L92-96 Là, vraiment, on pose, on a posé les choses, ça c’est
intéressant comme ça on va tous dans le même sens. Comme ça pour
~ 136 ~
les étudiants, enfin, voilà, on va tous dans le même sens alors
qu’avant en fonction de l’infirmier qui était en face, il attendait pas
les mêmes choses, il y a des choses qui étaient moins importantes
pour lui et pour d’autres plus importantes.
C14 L218-221 : « On encadrait, on disait j’ai encadré un étudiant. Et
encadrer c’est quand même pas la même chose qu’accompagner. »
C14 L225-226 : « Tel soin, tu le fais comme ça, il n’y a qu’une seule
façon de faire c’est la mienne, c’est celle là. »
C16 L245-251 : « Ici, on a tel et tel matériels, il faut respecter ces
grands principes avec les conditions dans lesquelles on est et montre
moi comment tu t’organises, en fait. Là, on est dans
l’accompagnement dans ce sens, voilà. On est l’encadrement, voilà tu
dois faire comme ça. Je te montre comme ça, sans expliquer. »
Processus / procédure
A5 31-35 : « Mais là, dans la nouvelle réforme LMD du diplôme
Difficultés liées à infirmier on va devoir clairement identifier le tuteur, pour autant il va
la procédure avoir quelques missions qu’avait le cadre dans l’unité, il aura plus un
travail d’articulation au niveau de l’équipe, pour qu’on n’arrive pas
en fin de stage et que personne ait rien à dire sur l’étudiant ; ça pose
problème surtout à l’évaluation quand y a des soucis avec
l’étudiant. »
A7 L52-56 : « et pourtant le tuteur n’était pas forcément là au
moment où la situation a eu lieu et il lui manque des éléments du
contexte et c’est vrai en psychiatrie quand on est dans une situation
un peu difficile de violence ou autre, c’est vrai que c’est intéressant
de pouvoir désamorcer la situation de pouvoir débriefer dans l’instant
T et en même temps c’est ce que font encore les équipes, pour
prendre une décision par rapport à un patient. »
B4 L26-29 « Alors c’était difficile parce que nous même c’était la
première fois qu’on encadrait un étudiant avec cette nouvelle
formation. On l’a accueilli, ça été difficile à mettre en place du fait
~ 137 ~
que, enfin c’était pas prévu. L’étudiant n’était pas prévu, et puis on
n’avait pas l’habitude, c’était la première fois. »
B5 L33-37 : « Disons que, avant quand on avait des choses à
reprocher à l’étudiant, on pouvait le mettre en avant pour que, pour
que les stages suivants, il, que déjà les enseignants soient au courant
et qu’ils puissent faire attention à ça. Là, du fait qu’on coche les
compétences acquises, on met pas en relief les difficultés qu’il a pu
rencontrer au cours de son stage. On lui dit oralement mais après il y
a pas un suivi par rapport à ça. »
B6 L39-41 « Voilà, donc on lui dit, on lui dit oralement, voilà il y a
ça qui va pas, il faut que tu travailles sur ça mais après, euh, il y a pas
de réel retour par la suite. Ca complique, par rapport à son suivi. »
B4 L30-31 « Euh, le souci que, moi personnellement j’ai pu
rencontrer c’est que j’avais des choses à lui reprocher, euh, à cet
étudiant, et que le retour se faisait différemment par rapport aux
feuilles. »
B8 L53-56 « Alors forcément on a le retour de nos collègues mais on
le voit pas forcément. Puisqu’on a un planning, il va pas suivre notre
planning, donc c’est des retours, c’est pas forcément des choses que
nous on a vu de nos propres yeux. Et, euh, pour argumenter parfois
c’est délicat. »
B11 L70-73 « Tandis que maintenant le tuteur est nommé et c’est
toujours les mêmes, donc, euh, il y a pas de suivi qui y avait avant.
Enfin, le tuteur ne voit plus autant les étudiants que les infirmiers
référents. »
B19 L110-113 «Moi je ne suis pas forcément d’accord. Parce que le
savoir être, on ne valide pas le savoir être, on valide le savoir faire »
C15 L233-241 : « Après on est face, on est avec des individus, des
professionnels qui vont accompagner des étudiants, ça dépend de la
façon dont on lit la réforme, dont, euh, comment elle nous est
apportée, voilà après, puis après tout dépend si la personne est
professionnelle et peut être que certains ne pourront pas de départir
~ 138 ~
de l’accompagnement de certaines formules, voilà ça c’est possible
aussi. L’accompagnement tel qu’il est imaginé avec la formation
d’avant, c’est-à-dire euh, tu as un acte technique à faire, il y a cette
façon de faire et puis voilà, mais moi je parle de tout, pour moi c’est
tout, un acte technique, c’est l’ensemble. Je prends la prescription et
je regarde qu’est ce qui est prescrit et quel dosage jusqu’à ce que je
plante mon aiguille. »
C16 L256-258 : « A mon sens, c’est la différence après la vision des
gens de l’accompagnement de l’étudiant et de comment on peut, on
peut permettre à l’étudiant de construire ses savoirs, après euh, après
ce sera une question individuelle de professionnels, voilà. »
C9 L127 : « Moi je crois que ça dépend comment sont les
processus de professionnels dans le service. »
professionnalisat C9 L138 : « Chaque professionnel d’une équipe peut apporter à
ion des étudiants l’étudiant à son niveau. »
C9 L139-141 : « C’est pour ça je suis pas forcément, euh, pour que
les jeunes diplômés n’encadrent pas les jeunes étudiants. C’est à eux
de savoir s’ils ont les épaules pour ou pas finalement et ils peuvent
tout à fait apporter des choses intéressantes à l’étudiant »
C10 L151-154 : « Et alors je pense réellement que on soit jeune
diplômé ou plus ancien dans la profession, chacun, enfin chaque
professionnel amène, et est en capacité d’amener quelque chose à
l’étudiant mais on n’amènera pas la même chose. »
~ 139 ~
Bibliographie
~ 140 ~
Références Bibliographiques
Monographie
Colloques
Dictionnaires
Ressources en lignes
[Link]
[Link]
~ 143 ~
Table
des
matières
~ 144 ~
TABLE DES MATIERES
Remerciements P3
SOMMAIRE P4
INTRODUCTION P5
~ 145 ~
2.5.1. Approche de définition de l’accompagnement P24
~ 146 ~
[Link]. Le rôle du tuteur P45
CONCLUSION P58
ANNEXES P61
~ 148 ~
BOISSIERE Sylvie
Summary :
Since the start of the academic year in 2009, studies in nursing cares have been
modified with academic recognition. Obtaining the national nursing certificate
will henceforth be carried out by Units of Teaching within the Institution and the
validation of a referential of competence acquired where the training took place.
The aim is to implement a new approach to supervising the trainees on the places
of training while taking into account government instructions. The researcher
examines the role of the tutor who will be the person in charge of the student
during the training: how the tutor makes this new referential his or her own, how
can he or she use an evaluation procedure and lead the student to build up their
professional identity while at the same time acquire skills. During the follow up
period, does the tutor’s reflexive way of thinking enable the student to bring into
play the procedures through the exploration of their own way of thinking?
Key Words:
referential – competence – dual training system – tutelage – teaching support
~ 149 ~
BOISSIERE Sylvie
Résumé :
Depuis la rentrée de septembre 2009, les études en soins infirmiers sont modifiées
avec une reconnaissance universitaire. L’obtention du diplôme d’Etat infirmier se
fera désormais par la validation d’Unité d’Enseignement en Institut et la
validation d’un référentiel de compétences sur les lieux de stage. Il s’agit pour les
terrains de stage de mettre en place une nouvelle démarche d’encadrement des
stagiaires en prenant en compte les directives du ministère. Le chercheur
s’interroge sur le rôle du tuteur qui sera la personne référente de l’étudiant en
stage. Comment le tuteur s’approprie-t-il ce nouveau référentiel et comment peut-
il à la fois utiliser une procédure d’évaluation et amener l’étudiant à construire son
identité professionnelle tout en acquérant des compétences? Lors de
l’accompagnement, le processus de pensée réflexive du tuteur permet-il à
l’étudiant de mettre en œuvre les procédures à travers l’exploration de son propre
processus réflexif ?
Mots clés :
référentiel- compétence- formation en alternance-tutorat-accompagnement
~ 150 ~
Résumé
Depuis la rentrée de septembre 2009, les études en soins infirmiers sont modifiées
avec une reconnaissance universitaire. L’obtention du diplôme d’Etat infirmier se fera
désormais par la validation d’Unité d’Enseignement en Institut et la validation d’un
référentiel de compétences sur les lieux de stage. Il s’agit pour les terrains de stage de
mettre en place une nouvelle démarche d’encadrement des stagiaires en prenant en
compte les directives du ministère. Nous nous interrogeons sur le rôle du tuteur qui sera
la personne référente de l’étudiant en stage. Comment le tuteur s’approprie-t-il ce
nouveau référentiel et comment peut-il à la fois utiliser une procédure d’évaluation et
amener l’étudiant à construire son identité professionnelle tout en acquérant des
compétences? Lors de l’accompagnement, le processus de pensée réflexive du tuteur
permet-il à l’étudiant de mettre en œuvre les procédures à travers l’exploration de son
propre processus réflexif ?
La première partie du travail est une approche conceptuelle autour des termes de
compétence, formation en alternance, tutorat et accompagnement. Par la suite, après avoir
défini notre problématique de recherche : Le référentiel de compétences de la formation
infirmière autorise-t-il différentes interprétations ? Exemple de la mise en place du
tutorat. Nous avons posé deux hypothèses de recherche :
~ 151 ~
apparu, est que pour accompagner les étudiants en stage il était souhaitable d’encadrer
l’activité de soin des équipes, ce qui leur permet ainsi une pratique réflexive.
Dans le même temps, les professionnels cadrent, encadrent leurs activités de soin,
procédures, grâce à l’accompagnement, processus, qu’ils prodiguent à l’étudiant. Ils se
permettent à travers cet accompagnement, une aparté réflexive et questionnante qui les
obligent à trouver des consensus d’équipe. Ainsi, l’accompagnement serait la clé de voûte
de la structuration de l’activité professionnelle en groupe mais aussi le terreau réflexif qui
permet la mise en cohérence et en cohésion de cette activité.
~ 152 ~