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Hydrogène natif : potentiel et enjeux écologiques

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L'hydrogène natif, également appelé hydrogène naturel, hydrogène

géologique ou hydrogène blanc, est le dihydrogène présent dans la nature, par


opposition au dihydrogène produit au laboratoire ou dans l'industrie. Il semble
principalement issu de la réaction de l'eau sur des roches riches en fer ou très
radioactives, provoquant l'oxydation du fer et l'émission d'hydrogène gazeux. Il a été
trouvé dans de nombreuses roches mères, sur tous les continents sauf l'Antarctique,
dans certains fonds marins (zones de dorsales essentiellement) et dans des zones
situées au-delà des bassins sédimentaires où opèrent les compagnies minières et
pétrogazières. L'USGS estime les réserves d'hydrogène natif à des milliards de
tonnes, mais enfouies dans la croûte terrestre. Longtemps considéré comme une
curiosité géologique et écologique, il suscite dans les années 2020 un intérêt de la
part des mondes de l'énergie, de l'industrie et de la finance, qui se traduit notamment
par la création d'un grand nombre de startups recherchant des gisements
exploitables et rentables ou des méthodes d'extraction ou de dopage de la
production de gisements (qui contiennent souvent aussi de l'hélium, du méthane ou
du diazote).

La dénomination hydrogène blanc le distingue de l'hydrogène vert (vecteur


énergétique issu des énergies renouvelables ou d'autres procédés décarbonés) et de
l'hydrogène gris/brun/noir (issu de sources fossiles). L'hydrogène natif est réputé peu
polluant, pourtant son exploitation s'accompagne d'émissions et de pollutions liées à
son exploitation, et peut contribuer à l'effet de serre. Il pourrait permettre une
exploitation à moindre coût, comparé à l'hydrogène industriel, toutefois en 2024,
selon le géochimiste Viacheslav Zgonnik, cité par le MIT comme « l’un des plus
grands experts dans le domaine de l’hydrogène naturel », le potentiel est énorme,
mais « la liste des inconnues est longue, tout comme le chemin vers les premiers
projets commerciaux ».

Hydrogène natif et écologie marine et


terrestre[modifier | modifier le code]
Dans les grands fonds marins, l'hydrogène natif et le méthane qui l'accompagne
dans les sources chaudes sont depuis des centaines de millions d'années des
sources d'énergie et de carbone, essentielles pour des écosystèmes entiers, que la
profondeur prive de la lumière nécessaire à la photosynthèse.

Sur les continents, certaines sources hydrothermales (en Islande par exemple)1 et les
sources alcalines issues de roches de type péridotites montrent souvent des
chapelets continus de bulles remontant des profondeurs. Ces bulles sont
essentiellement composées de dihydrogène H2 et de méthane CH4. Au niveau des
sources (et de forages exploitant ce type d'eau), la température de ces fluides
hyperalcalins hébergés dans des roches dites ultramafiques dépasse
rarement 50 °C2, une température favorable à de riches communautés microbiennes
dites extrêmophiles et chimiotrophes. Cet hydrogène et le méthane conjoint « ont de
profondes implications pour l'habitabilité des aquifères ultramafiques de la Terre ainsi
que dans les mondes océaniques recouverts de glace du système solaire externe où
l'on pense que des minéraux ultramafiques sont présents au contact de
l'eau »[réf. nécessaire].
De même dans la croûte terrestre, où H2 et CH4 produits par les réactions
de serpentinisation peuvent alimenter les micro-organismes et entretenir des
environnements souterrains pérennes pour eux3.

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