SESSION 2021 TSI2PC
ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE TSI
____________________
PHYSIQUE - CHIMIE
Durée : 4 heures
____________________
N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie
et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.
RAPPEL DES CONSIGNES
Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d’autres
couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en évidence
des résultats.
Ne pas utiliser de correcteur.
Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.
___________________________________________________________________________________
Les calculatrices sont interdites.
Le sujet est composé de trois parties indépendantes.
La troisième partie est elle-même constituée de trois sous-parties indépendantes.
Conseils aux candidats
Lorsqu’un résultat est fourni par l’énoncé, la démarche scientifique adoptée par le candidat et
les calculs menant au résultat seront examinés avec une grande attention. Les points seront
attribués uniquement pour des justifications et des calculs précis et détaillés.
Les calculatrices étant interdites, une attention particulière sera portée à la réalisation des
applications numériques. Au début de chaque partie, des données ainsi que des aides au calcul
sont fournies au candidat si nécessaire.
La troisième partie étant constituée de trois sous-parties, le candidat veillera à y consacrer un
temps suffisant.
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Chauffe-eau
Un chauffe-eau est composé d’une cuve cylindrique fermée généralement en acier émaillé,
dans laquelle se trouve un dispositif de chauffage piloté par un thermostat (figure 1). La cuve
est en permanence remplie d’eau. En effet, lorsqu’on puise de l’eau chaude, de l’eau froide
remplace au fur et à mesure la quantité d’eau chaude utilisée. Le dispositif de chauffage réchauffe
l’eau jusqu’à une température de consigne préalablement définie, puis s’arrête. Si de l’eau est
puisée, il se remet en fonctionnement.
Il existe plusieurs types de chauffe-eau. Dans la première partie, ce sujet s’intéresse plus
particulièrement :
1) aux chauffe-eaux électriques à résistance thermoplongée (figure 1) ;
2) aux chauffe-eaux thermodynamiques faisant appel à une pompe à chaleur (figure 2).
La deuxième partie décrit le principe de fonctionnement du thermostat.
Dans la troisième partie, on se propose d’étudier les procédés pour entretenir un chauffe-eau.
En effet, suivant la composition de l’eau du robinet, du calcaire se dépose sur la cuve et sur le
dispositif de chauffage, pouvant conduire à la détérioration de ce dernier. De plus, pour protéger
la cuve de la corrosion, un chauffe-eau est muni d’un système de protection appelé électrode
sacrificielle.
Dans tout le sujet, on néglige les pertes thermiques à travers la paroi en acier émaillé de la
cuve du chauffe-eau.
Partie I - Chauffage de l’eau contenue dans la cuve
Aide aux calculs
2, 09 338 280 4, 3
≈ 0, 58 ≈ 5, 8 ≈ 4, 8 ≈ 0, 51
3, 6 58 58 2 × 4, 18
I.1 - Chauffe-eau électrique
Dans cette partie, on s’intéresse à un chauffe-eau électrique schématisé sur la figure 1.
Données
Capacité thermique massique de l’eau liquide : ce = 4 180 J·K−1 ·kg−1
Masse volumique de l’eau : ρe = 1, 0 kg·L−1
Ces données sont supposées indépendantes de la température et de la pression.
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Figure 1 - Schéma descriptif d’un chauffe-eau électrique
Ce chauffe-eau a une puissance électrique égale à P = 2 000 W et sa cuve contient un volume
V = 200 L d’eau. Cette cuve est remplie avec de l’eau froide à Te1 = 288 K (θe1 = 15 ℃). Grâce
à une résistance chauffante, cette eau est chauffée à Te2 = 338 K (θe2 = 65 ℃).
Q1. Déterminer la valeur de l’énergie calorifique Q nécessaire pour chauffer l’eau.
Q2. En déduire le temps nécessaire ∆t pour chauffer l’eau. On précisera le résultat en heures.
I.2 - Chauffe-eau thermodynamique
Dans cette partie, on s’intéresse à la pompe à chaleur d’un chauffe-eau thermodynamique
schématisé sur la figure 2.
Cette pompe à chaleur est située dans une pièce dont l’air environnant est à la température
Ta = 280 K (θa = 7 ℃) que l’on suppose constante. Elle est destinée à maintenir l’eau du
chauffe-eau à la température Te2 = 338 K (θe2 = 65 ℃) en prélevant de l’énergie thermique à
l’air environnant, grâce à un fluide frigorigène qui circule en circuit fermé dans la machine.
On suppose que la pompe à chaleur fonctionne de manière réversible selon un cycle de Carnot.
Au cours d’un cycle, on note W le travail reçu par le fluide de la part compresseur, Qf le
transfert thermique reçu par le fluide de la part de la source froide et Qc le transfert thermique
reçu par le fluide de la part de la source chaude. On désigne par Tc la température de la source
chaude et Tf la température de la source froide.
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Figure 2 - Schéma descriptif d’un chauffe-eau thermodynamique
Q3. Rappeler le schéma de principe d’une pompe à chaleur ditherme et préciser le signe des
échanges d’énergie W, Qf et Qc .
Q4. Quel élément joue le rôle de source froide et quel élément joue le rôle de source chaude ?
On rappelle que le cycle de Carnot se compose de deux transformations isothermes aux
températures Tc et Tf et de deux transformations adiabatiques réversibles.
Q5. Définir une transformation isotherme et une transformation adiabatique.
Q6. Schématiser ce cycle en diagramme de Clapeyron (P, v). Justifier le sens du cycle.
Q7. Appliquer le premier principe de la thermodynamique au fluide au cours d’un cycle
réversible.
Q8. Appliquer le second principe de la thermodynamique au fluide au cours d’un cycle réversible.
Q9. Définir le coefficient de performance (ou efficacité) d’une pompe à chaleur.
Q10. En déduire l’expression du coefficient de performance maximal COPmax en fonction de Tc
et Tf .
Q11. Effectuer l’application numérique.
Q12. Dans ces conditions d’utilisation (Ta = 280 K et Te2 = 338 K), le constructeur annonce un
COP = 3, 6 . Pour quelle raison est-il différent du COPmax ?
Q13. Commenter la recommandation suivante du constructeur :
" le chauffe-eau thermodynamique trouvera sa place dans une pièce de la maison dont la
température n’est pas trop faible notamment en hiver, comme un cellier ou une lingerie."
Lors de l’utilisation de l’eau du chauffe-eau, de l’eau froide remplace l’eau chaude utilisée.
L’eau à l’intérieur du chauffe-eau doit alors être ramenée à 338 K.
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Au cours du chauffage, la température Te (t) de la masse me d’eau, thermiquement isolée
dans la cuve, varie.
On s’intéresse à un cycle provoquant la variation élémentaire dTe de température de l’eau de
la cuve. Ce cycle est supposé réversible et au cours de ce cycle, on note δW le travail élémentaire
reçu par le fluide de la part du compresseur, δQf le transfert thermique élémentaire reçu par le
fluide de la part de la source froide et δQc le transfert thermique élémentaire reçu par le fluide
de la part de la source chaude.
L’air environnant est toujours à la température Ta = 280 K (θa = 7 ℃) que l’on suppose
constante.
Q14. Appliquer le premier principe de la thermodynamique au fluide au cours de ce cycle.
Q15. Appliquer le second principe de la thermodynamique au fluide au cours de ce cycle et en
déduire une relation liant les transferts thermiques δQc et δQf aux températures Ta et
Te (t).
Q16. Exprimer le transfert thermique δQc en fonction de me , de la capacité thermique massique
de l’eau ce et de la variation élémentaire dTe de température de l’eau.
Q17. En déduire les expressions du transfert thermique δQf et du travail δW en fonction de
me , ce , dTe , Ta et Te (t).
On suppose initialement que cette masse d’eau est à la température Te1 = 288 K (θe1 = 15 ℃)
et qu’elle est chauffée jusqu’à atteindre Te2 = 338 K (θe2 = 65 ℃).
Q18. Déterminer alors l’expression du travail W reçu par le fluide de la part du compresseur pour
faire évoluer la température de l’eau de la cuve de Te1 à Te2 en fonction de me , ce , Ta , Te1
et Te2 .
Q19. L’application numérique donne W = 4, 33 MJ. Quelle serait l’élévation de température si
la même énergie W avait été fournie par un chauffe-eau électrique ? Commenter.
Partie II - Principe de fonctionnement du thermostat
Aide aux calculs
200 200
≈ 0, 50 ≈ 0, 46
402 439
Dans ces deux types de chauffe-eau, un thermostat contrôle la température de l’eau. Si le
thermostat détecte une baisse de la température en-dessous de la température de consigne, il
ferme le circuit électrique du chauffe-eau de sorte que la résistance chauffante soit mise sous
tension. Elle chauffe alors l’eau jusqu’à ce que le thermostat détecte que la température souhaitée
a été atteinte : le circuit électrique s’ouvre et la résistance est mise hors tension.
La température de consigne ne doit être ni trop faible pour éviter la prolifération des
bactéries responsables de la légionellose ni trop élevée pour éviter un entartrage rapide, les
risques de brûlures et une consommation d’électricité superflue. La température de consigne
idéale de l’eau sera donc prise entre Tmin = 333 K (θmin = 60 ℃) et Tmax = 338 K (θmax = 65 ℃).
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Pour réguler la température, le capteur de température choisi est une thermistance à
coefficient de température négatif (CTN). La valeur de la résistance R de cette thermistance
varie en fonction de la température suivant la relation :
! " 1 1
##
R(T ) = R0 exp α −
T T0
où R0 désigne la résistance de la thermistance à T0 = 298 K et α un coefficient caractéristique
de la thermistance.
La thermistance a été préalablement étalonnée. Les valeurs de la résistance de la thermistance
en fonction de la température ont été relevées dans le tableau 1 :
T (K) 347,8 344,1 338,2 333,1 328,2 323,7 318,9 314,5
R (Ω) 150 169 202 239 284 328 397 465
T (K) 310,4 307,2 303,3 299,8 294,7 289,1 284,9 280,9
R (Ω) 536 607 719 835 1 048 1 326 1 600 1 922
Tableau 1 - Relevé de la valeur de la résistance de la thermistance en fonction de la température
La courbe d’étalonnage linéarisée est représentée sur la figure 3 dont l’équation est :
y = 3 , 74 · 103 x − 1, 25 · 101
avec un coefficient de détermination R2 = 1, 00.
Figure 3 - Courbe d’étalonnage linéarisée de la thermistance CTN
Q20. À l’aide de quel instrument de mesure peut-on relever la valeur de la résistance de la
thermistance ?
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Q21. Grâce à la courbe d’étalonnage de la figure 3, déterminer la valeur du coefficient α.
Justifier votre méthode de calcul. Préciser son unité.
On positionne la thermistance sur un support et on la plonge dans un bain d’eau thermostaté.
La thermistance est ensuite placée dans le circuit électrique dont le schéma du montage est
donné sur la figure 4.
Dans ce montage, l’amplificateur linéaire intégré (ALI) est supposé idéal.
On note V + (respectivement V − ) le potentiel de l’entrée non inverseuse (respectivement le
potentiel de l’entrée inverseuse) et ϵ = V + − V − la tension différentielle d’entrée. Vsat et −Vsat
désignent respectivement les tensions de saturation haute et basse de l’ALI.
La diode idéalisée est assimilée à un interrupteur K commandé par la tension ud (t) :
− si ud (t) < 0, la diode, à l’état bloqué, se comporte comme un interrupteur ouvert ;
− si ud (t) ≥ 0, la diode, à l’état passant, se comporte comme un interrupteur fermé.
Figure 4 - Schéma du montage électrique illustrant le principe de fonctionnement du thermostat
Données
R1 = 200 Ω E2 = 10 V
Q22. Tracer la caractéristique is = f (ud ) de la diode idéalisée. La diode idéalisée est-elle un
dipôle passif ou actif ?
Q23. Justifier que la diode est passante si Vs (t) ≥ 0.
Q24. Quel est le régime de fonctionnement de l’ALI ? Justifier.
Q25. Montrer que V − peut se mettre sous la forme :
R1
V− = E2.
R(T ) + R1
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R1
Dans la suite, on note β(T ) = de sorte que V − = β(T )E2.
R(T ) + R1
Q26. À l’aide du tableau 1, calculer la valeur de V − lorsque la température est Tmax = 338K,
puis lorsque la température est Tmin = 333 K. Comment évolue V − lorsque la température
augmente ?
Q27. Déterminer l’expression de i1 et en déduire que l’expression de V + peut se mettre sous la
forme :
V + = γ · E1 + δ · Vs
où γ et δ sont des constantes positives que l’on exprimera en fonction de R1 et R2.
Q28. En déduire l’expression de la tension différentielle ϵ en fonction de E1, E2, Vs , γ, δ et β(T ).
La valeur des composants est choisie de telle sorte que :
− lorsqu’on augmente la température du bain et qu’elle atteint la température maximale
Tmax = 338K, Vs bascule de +Vsat à −Vsat ;
− lorsqu’on diminue la température du bain et qu’elle atteint la température minimale
Tmin = 333 K, Vs bascule de −Vsat à +Vsat .
En t = 0, le bain d’eau thermostaté a une température T < Tmin .
On suppose que la tension différentielle ϵ > 0.
Q29. La diode est-elle passante ou bloquée ? Comment évoluent la température, la valeur du
coefficient β(T ) et la tension différentielle ϵ ?
La température atteint alors Tmax .
Q30. La diode sera-t-elle alors passante ou bloquée ? Comment évolueront la température, la
valeur du coefficient β(T ) et la tension différentielle ϵ ?
Q31. Tracer l’allure de Vs = f (V − ).
Q32. En déduire le nom que porte la partie du montage encadrée par des tirets sur la figure 4.
Partie III - Entretien du chauffe-eau
III.1 - Problème de calcaire
III.1.A - Provenance du calcaire
Données
Numéros atomiques : Z(H) = 1, Z(C) = 6, Z(O) = 8
Produit de solubilité du carbonate de calcium CaCO3(s) à 298 K : Ks = 10−8,4
L’eau contient de nombreux ions dissous parmi lesquels figurent les ions calcium en partie
responsables de la formation de tartre. Lorsque l’eau est calcaire, le contact direct de la résistance
chauffante avec l’eau favorise la formation de tartre qui se dépose sur la résistance et altère sa
performance.
Q33. Donner les configurations électroniques des atomes d’hydrogène H, de carbone C et
d’oxygène O dans leur état fondamental et préciser le nombre d’électrons de valence de
chaque atome.
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Q34. L’ion hydrogénocarbonate a pour formule chimique HCO−
3 . Établir la représentation de
Lewis de l’ion hydrogénocarbonate.
L’ion hydrogénocarbonate appartient aux couples acido-basiques suivants :
− H2 CO3(aq) /HCO−3(aq) auquel on associe la constante d’acidité KA1 à 298 K (H2 CO3(aq) ,
appelé acide carbonique, représente le mélange CO2 , H2 O) ;
3(aq) /CO3(aq) auquel on associe la constante d’acidité KA2 à 298 K.
HCO− 2−
−
Q35. Donner l’expression de la constante d’acidité KA associée à un couple acido-basique
(aq) . En déduire le lien entre pKA = − log KA et le pH.
AH(aq) /A−
On fournit le diagramme de distribution de l’acide carbonique sur la figure 5.
Figure 5 - Diagramme de distribution de l’acide carbonique
Q36. En expliquant votre démarche, attribuer chaque courbe de distribution ((a), (b) et (c)) à
une espèce chimique (H2 CO3 , HCO−3 ou CO3 ).
2−
Q37. À l’aide du diagramme de distribution de la figure 5, déterminer les valeurs de pKA1 et
pKA2 en justifiant votre réponse.
Q38. Quelle est l’espèce majoritaire pour 7 , 4 < pH < 9 , 3 ?
On s’intéresse à la solubilité s du carbonate de calcium (composé majoritaire du calcaire)
dans l’eau.
Q39. Écrire l’équation de dissolution du carbonate de calcium dans l’eau.
Q40. Donner l’expression du produit de solubilité Ks du carbonate de calcium en assimilant les
activités chimiques des constituants en solution à leurs concentrations.
Q41. Justifier que, pour 7 , 4 < pH < 9 , 3 , la solubilité s du carbonate de calcium est telle que
s = [Ca2+ ]éq et s ≈ [HCO− 3 ]éq .
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Q42. En déduire l’expression de ps = f(pH) pour 7 , 4 < pH < 9, 3 .
On fournit les graphes suivants :
− le graphe du cologarithme décimal de la solubilité ps = − log(s) du carbonate de
calcium CaCO3(s) en fonction du pH à 298 K (figure 6) ;
Figure 6 - Évolution du ps de CaCO3 en fonction du pH à T = 298 K
− le graphe du cologarithme décimal de la solubilité ps du carbonate de calcium
CaCO3(s) en fonction du pH pour différentes températures (figure 7) ;
Figure 7 - Évolution du ps de CaCO3 en fonction du pH pour différentes températures
Q43. Vérifier la cohérence du résultat précédent avec le graphe fourni sur la figure 6.
Q44. Dans la cuve d’un chauffe-eau, comment évolue le dépôt de calcaire lorsque le pH augmente ?
Justifier.
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Q45. Pour nettoyer le dépôt de calcaire sur la résistance électrique chauffante d’un chauffe-eau,
faut-il utiliser une solution acide ou basique ? Justifier.
Q46. Dans la cuve d’un chauffe-eau, comment évolue le dépôt de calcaire lorsque la température
augmente ? Justifier.
III.1.B - Formation de calcaire à la surface du thermoplongeur
Données
df (r)
Formule de Taylor à l’ordre 1 : f (r + dr) = f (r) + dr
dr
Expression du gradient en coordonnées cylindriques pour un champ scalaire V ne dépendant
−−→ dV (r) −
→
que de r : grad V (r) = ur
dr
Pour chauffer l’eau de la cuve, le chauffe-eau électrique est muni d’un thermoplongeur
constitué d’un fil résistif parcouru par un courant électrique qui s’échauffe par effet Joule. Ce fil
est recouvert d’un isolant et le tout est placé dans un tube blindé. On assimile ce thermoplongeur
à un tube d’acier de longueur L, de rayon r0 et dont la température de surface est maintenue à
T1 (figure 8).
Figure 8 - Schéma du thermoplongeur recouvert de tartre
Ce tube, en contact direct avec l’eau du chauffe-eau, est sensible au tartre (dépôt de calcaire)
qui entrave la diffusion de la chaleur. On suppose qu’une couche cylindrique de tartre d’épaisseur
e et de conductivité thermique λ se dépose sur le tube.
On considère que le champ de température et le vecteur densité de flux thermique ne
dépendent que de la distance r à l’axe. On note ainsi T (r) le champ de température dans le
cylindre de tartre auquel on associe un transfert thermique radial de vecteur densité de flux
→
−
thermique j = j(r)− →
ur , −
→
ur désignant un vecteur unitaire dirigé selon un des rayons du tube et
perpendiculaire à l’axe du tube.
Dans le cadre de cette étude, on se place en régime permanent, l’évolution temporelle de la
température de l’eau Te étant supposée lente.
On se place suffisamment loin des extrémités du tube pour pouvoir négliger les effets de bord.
On néglige tout phénomène de rayonnement ; on se limite aux échanges conducto-convectifs
entre la paroi du tube recouverte de tartre et l’eau. On désigne le coefficient d’échange à la
paroi par la constante h et on note Tp la température de la paroi.
Q47. Définir le flux thermique φ à travers une surface S. Préciser son unité.
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Q48. À l’aide d’un bilan d’énergie portant sur le cylindre infinitésimal de tartre de rayon interne
r et de rayon externe r + dr tel que r0 < r < r0 + e (figure 8), montrer que la composante
radiale du vecteur densité de flux thermique j(r) satisfait l’équation différentielle :
! "
d
rj(r) = 0.
dr
Q49. Énoncer la loi de Fourier.
Q50. Montrer que le champ de température T (r) dans le tartre peut se mettre sous la forme :
T (r) = A ln(r) + B
où A et B désignent les constantes d’intégration que l’on ne cherchera pas à déterminer.
Q51. Exprimer la composante radiale du vecteur densité de flux thermique j(r) en fonction de
λ, A et r.
Q52. En déduire l’expression du flux thermique φ en fonction de λ, A et L.
Q53. Définir la résistance thermique Rt du cylindre de tartre et en déduire son expression en
fonction de T1 , Tp , λ, A et L.
À la frontière entre le tartre et l’eau, la convection de l’eau est limitée par les frottements
sur la paroi de tartre. Le transfert thermique à travers la paroi est donné par la loi de Newton :
Φt→e = 2π(r0 + e)Lh(Tp − Te ).
Q54. Déterminer l’expression de la résistance thermique Rcc résultant du transfert conducto-
convectif entre la paroi de tartre et l’eau en fonction de r0 , e, h et L.
Q55. À l’aide d’un schéma électrique équivalent, montrer que le transfert thermique entre la
paroi interne du tartre à la température T1 et l’eau à la température Te est représenté par
une résistance équivalente Req dont on précisera l’expression en fonction de Rt et Rcc .
Dans le cas du tartre, h = 100 W·m−2 ·K−1 et λ = 0, 9 W·m−1 ·K−1 . L’évolution de la
résistance thermique équivalente Req en fonction de l’épaisseur e de tartre est représentée sur la
figure 9.
Figure 9 - Évolution de la résistance thermique équivalente en fonction de l’épaisseur de tartre
pour une longueur arbitraire du thermoplongeur L = 50 cm
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Q56. On note emin l’épaisseur minimale à partir de laquelle le tartre augmente l’isolation ther-
mique. Déterminer approximativement les 3 valeurs de emin , exprimées en fonction de r0 ,
correspondant aux 3 différents cas présentés sur la figure 9.
Les constructeurs de chauffe-eau indiquent qu’un chauffe-eau entartré aura plus de risques de
surchauffe et demandera plus d’énergie pour fonctionner.
Q57. En régime permanent, on souhaite maintenir la température de l’eau à Te . Comment
évoluera la température de surface T1 du thermoplongeur lorsque l’épaisseur de tartre
deviendra supérieure à emin . Faut-il utiliser un rayon r0 de thermoplongeur faible ou élevé
λ
devant pour limiter les risques de surchauffe ?
h
Le tableau 2 précise les conductivités thermiques, les masses volumiques et les capacités
thermiques massiques de l’acier et du calcaire (tartre).
Données Conductivité thermique Masse volumique Capacité thermique massique
Acier 15 W·m−1 ·K−1 8 000 kg·m−3 500 J·kg−1 ·K−1
Tartre 0,9 W·m−1 ·K−1 2 500 kg·m−3 900 J·kg−1 ·K−1
Tableau 2 - Données relatives à l’acier et au calcaire
On rappelle l’équation de diffusion de la chaleur :
∂T
D∆T =
∂t
! "
1 ∂ ∂T
où ∆T = r désigne le laplacien en coordonnées cylindriques pour le champ de
r ∂r ∂r
λ
température T(r), D = la diffusivité thermique du milieu, λ sa conductivité thermique, µ sa
µc
masse volumique et c sa capacité thermique massique.
Q58. Montrer que la dimension de la diffusivité thermique du milieu D est une longueur au
carré par unité de temps.
Q59. On note τa la durée d’établissement du régime permanent au sein du thermoplongeur
assimilé à une tige d’acier de rayon r0 = 1 cm et τt la durée d’établissement du régime
permanent au sein d’un dépôt de tartre d’épaisseur e ≈ r0 . Déterminer l’ordre de grandeur
τa
du rapport .
τt
Q60. Commenter les recommandations des constructeurs.
III.2 - Électrode sacrificielle de magnésium
Aide aux calculs
4 × 1, 74 × 9, 65 4 × 2, 43 × 15
= 1, 8 = 8, 7
2, 43 × 15 1, 74 × 9, 65
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Données
Potentiels standard à 298 K à pH = 0 :
(aq) /Fe(s) : E1 = − 0, 44 V
0
Fe2+
2+
Mg(aq) /Mg(s) : E20 = − 2, 37 V
Équations de frontière des couples de l’eau à 298 K pour lesquelles les conventions sont telles
que la pression partielle des espèces gazeuses est égale à 1 bar :
H2 O(l) /H2(g) : E3 = − 0, 06 pH
O2(g) /H2 O(l) : E4 = 1, 23 − 0, 06 pH
La cuve d’un chauffe-eau est en acier, qui est un alliage essentiellement constitué de fer. Au
contact de l’eau, la cuve peut subir un phénomène de corrosion. Pour 7 < pH < 9, le fer solide
Fe(s) réagit avec l’eau et conduit à la formation d’ions fer(II) Fe2+
(aq) , qui à leur tour, réagissent
avec le dioxygène O2(g) pour former de la rouille Fe2 O3(s) .
Q61. Établir l’équation de la réaction menant des ions fer(II) Fe2+
(aq) à la formation de rouille
Fe2 O3(s) .
La première protection de la cuve contre la rouille est son émaillage, mais l’émail possède
naturellement des micro-porosités où la corrosion peut s’amorcer. C’est pourquoi on trouve dans
tout chauffe-eau un système de protection supplémentaire contre la corrosion. Une possibilité
réside en la présence d’une électrode de magnésium dite " sacrificielle ".
On s’intéresse à la stabilité du magnésium solide Mg(s) dans l’eau et dans le dioxygène. On
considère les espèces Mg(s) , Mg(aq)
2+
et Mg(OH)2(s) dans le diagramme E-pH du magnésium de la
figure 10 à la concentration de tracé de Ct = 10−6 mol · L−1 à 298 K.
Figure 10 - Diagramme E-pH du magnésium
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Q62. Justifier la position relative de chacune des espèces sur le diagramme E-pH de la figure 10.
Q63. Déterminer, par le calcul, l’équation de la frontière séparant Mg(aq)
2+
et Mg(s) . Est-ce en
accord avec le diagramme ?
Q64. Déterminer, par le calcul, la pente de la frontière séparant Mg(OH)2(s) et Mg(s) .
Q65. On suppose qu’une variation de température modifie peu les frontières. Conclure sur la
stabilité du magnésium dans l’eau et dans le dioxygène.
La cuve d’un chauffe-eau en acier est ainsi reliée à une électrode sacrificielle de magnésium
qui plonge dans l’eau de la cuve. Le métal le plus réducteur sert alors d’anode et le moins
réducteur de cathode. La surface de la cathode se charge en électrons. À l’interface cathode/eau,
le dioxygène dissous dans l’eau de la cuve O2(d) se réduit mais le métal reste intact.
L’équation de la réaction totale qui se produit au sein de la cuve, écrite en milieu basique,
est :
2+
O2(d) + 2Mg(s) + 2H2 O(l) → 2Mg(aq) + 4HO−
(aq) .
Ce phénomène est analogue à une pile en court-circuit, dont un schéma est fourni sur la
figure 11.
Figure 11 - Évolution de la résistance thermique équivalente en fonction de l’épaisseur de
tartre pour une longueur arbitraire du thermoplongeur L = 50 cm
Q66. Rappeler la définition d’une anode.
Q67. Quel rôle joue l’électrode de magnésium (anode ou cathode) ? Justifier.
Q68. En déduire la demi-équation d’oxydo-réduction qui se déroule au niveau de l’anode et celle
qui se déroule au niveau de la cathode.
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Q69. Associer, à chaque numéro de 1 à 7 de la figure 11, le terme manquant sur les lignes en
pointillés, en choisissant parmi les termes suivants : anode, cathode, sens des électrons,
sens du courant électrique, M g 2+ , O2(d) et HO− .
Q70. Justifier le nom d’électrode sacrificielle donné à l’électrode de magnésium.
Q71. La consommation de l’électrode sacrificielle favorise-t-elle la formation de calcaire ? Jus-
tifier. On se reportera à la figure 6. On négligera la formation du précipité Mg(OH)2(s)
qui, pour une faible concentration d’ions Mg(aq)
2+
, se forme à un pH trop élevé.
Au bout d’un certain temps l’électrode a totalement disparu et le chauffe-eau ne dispose plus
de système de protection : la corrosion peut survenir. Elle doit donc être changée régulièrement.
La fréquence de remplacement varie selon le type d’eau et peut varier de quelques mois à
plusieurs années. Il est donc difficile de connaître précisément le besoin de remplacement mais il
est cependant possible de l’estimer.
Q72. Au contact du magnésium, la cuve est parcourue par une densité de courant de l’ordre de
je = 50 mA·m−2 . Estimer la durée de vie en jours de l’électrode de magnésium.
Données relatives à la Q72
Surface intérieure de la cuve du chauffe-eau : Sc = 3, 0 m2
Électrode de magnésium : volume V = 2, 0 · 10−4 m3
Masse molaire du magnésium : M (Mg) = 24,3 g·mol−1
Masse volumique du magnésium : ρ(Mg) = 1,74 g·cm−3
1 Faraday : F = 96 500 C·mol−1
1 jour = 86 400 s
FIN
I M P R I M E R I E N A T I O N A L E – 21 1176 – D’après documents fournis
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