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Dégénérescence Maculaire Liée à l'Âge

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LA DÉGÉNÉRESCENCE

M A C U L A I R E L I É E À L’ Â G E
(DMLA)
Des réponses à vos questions
Introduction

Qu’est-ce que la dégénérescence maculaire


liée à l’âge ?
La macula est la zone centrale de la rétine. Avec l’âge, son
fonctionnement peut se dégrader progressivement, ce qui
affecte la vision centrale fine.
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la
première cause de perte de la vision centrale chez les per-
sonnes de plus de 50 ans dans les pays occidentaux. Les
femmes sont plus touchées que les hommes.

À quoi sert la macula ?


La macula est la zone de l’œil qui offre la plus grande acuité
visuelle. C’est elle qui permet de voir les images avec la
plus grande précision et de percevoir les couleurs. C’est
aussi grâce à la macula que nous pouvons fixer les objets,
lire, reconnaître des visages ou enfiler une aiguille.

2
Cornée Cristallin

Rétine

Nerf optique
Macula

Corps vitré
Iris

Pupille Sclère

Quels sont les symptômes ?


Baisse progressive de la capacité à voir les objets nettement.
Diminution des contrastes.
Déformation des images et des lignes (métamorphopsies).
Apparition d’une tâche trouble (scotome) au centre de la
vision. Cette tache devient progressivement plus sombre.
Ces symptômes sont indolores et affectent uniquement la
vision centrale. Lorsque vous souffrez de DMLA, vous conti-
nuez à voir en périphérie, c’est-à-dire sur les côtés de l’œil.

AT T E N T I O N
Si vous observez un ou plusieurs de ces symptômes,
contactez immédiatement votre ophtalmologue ou les
spécialistes aux urgences ophtalmologiques des HUG au
022 372 84 00 (24h/24). Même si la DMLA n’est pas
une maladie à traiter en urgence, certains de ses symp-
tômes sont communs à d’autres maladies de la rétine et
nécessitent une intervention dans les meilleurs délais.

3
Les formes et les causes

Il existe deux formes de DMLA.


La DMLA sèche est la plus courante. Elle est causée par le
vieillissement et la détérioration des mécanismes qui « net-
toient » la macula. Les déchets provenant de la destruction
de cellules forment alors des dépôts jaunâtres, appelés
« druses » ou « drusen », qui s’accumulent sous la rétine.
À un stade tardif, ils provoquent la mort des cellules de la
macula qui captent la lumière (cellules photoréceptrices), ce
qui altère la vision centrale. La forme sèche évolue généra-
lement lentement.
La DMLA humide progresse beaucoup plus rapidement.
Parallèlement à l’accumulation des druses, de nouveaux
vaisseaux sanguins anormaux se forment sous la rétine, au
niveau de la macula. Ces vaisseaux très fragiles et poreux
laissent s’échapper du sang et du liquide qui provoquent
la formation d’un œdème maculaire. Lorsque ces anoma-
lies persistent, les cellules photoréceptrices de la macula
meurent et la vision centrale se dégrade.

L E S AV I E Z -V O U S
85-90% des personnes atteintes de
DMLA ont une forme sèche.
90% des pertes rapides de la vision sont
dues à la forme humide de la DMLA.

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Quels sont les facteurs de risques ?
Avoir plus de 50 ans.
Hérédité.
Peau claire et yeux bleus.
Antécédent de DMLA dans l’autre œil.
Consommation de tabac.
Autres maladies : diabète, hypertension artérielle.
Alimentation déséquilibrée et surpoids.
L’exposition répétée au soleil sans lunettes de protection
pourrait constituer un risque supplémentaire.

CHECK- LIST
Prévention de la DMLA
Après 50 ans, consultez un ophtalmologue une fois par an.
Dès le plus jeune âge, portez des lunettes de soleil
quand la luminosité est forte.
Arrêtez de fumer.
Adoptez une alimentation riche en vitamines et minéraux.

5
Le diagnostic

Votre ophtalmologue procède d’abord à plusieurs tests de


routine (acuité visuelle, champ visuel, mesure de la pression
dans l’œil).
Puis, il/elle évalue la présence de scotomes et de métamor-
phopsies à l’aide d’une grille appelée « grille de Amsler ».

Vision normale Lignes déformées,


scotome

6
Examen de la rétine
Votre ophtalmologue procède ensuite à un examen de la
rétine à l’aide d’une lampe à fente (sorte de microscope).
Pour cela, il/elle met des gouttes dans vos yeux pour dila-
ter (agrandir) la pupille. La dilatation dure en moyenne de
quatre à six heures. Pendant cette période, vous ne pouvez
pas conduire, car votre vision est insuffisante.
Pour préciser la forme et la sévérité de la DMLA, une
angiographie à la fluorescéine peut également être prati-
quée. Cet examen indolore consiste en l’injection intravei-
neuse d’un colorant qui permet d’observer les vaisseaux
sanguins de votre rétine et de détecter des fuites ou des
obstructions.
Pour compléter le diagnostic, votre ophtalmologue réalise
un OCT (Tomographie en Cohérence Optique), une sorte
de scanner à laser. Comme pour un examen habituel, vous
posez votre front et votre menton contre le boîtier de l’ap-
pareil. Indolore, il permet de mesurer précisément l’épais-
seur de la rétine et ainsi déceler la présence éventuelle
d’œdème maculaire ou de liquide sous la rétine. L’OCT
peut aussi détecter de très petites anomalies de la macula.
Grâce à cet examen, votre ophtalmologue peut évaluer la
meilleure option de traitement puis suivre l’évolution de la
maladie au plus près.

7
Les traitements

Malgré les progrès de la médecine, il n’existe actuellement


aucun traitement pour guérir la DMLA et rétablir entière-
ment l’acuité visuelle.

Quel est le but des traitements ?


Pour la DMLA sèche
En dehors de la surveillance de la maladie (contrôles chez
un ophtalmologue), seuls des compléments nutritionnels, à
base de vitamines et de minéraux aux propriétés antioxy-
dantes, peuvent être proposés à certains stades. Ils ont
pour but de ralentir l’évolution de la maladie.

Pour la DMLA humide


Les traitements disponibles ont pour but de ralentir la
progression de la maladie et de maintenir l’acuité visuelle,
en stoppant le développement de nouveaux vaisseaux
sanguins et en limitant la formation d’œdème maculaire.

S AV O I R
Consultez notre brochure « Le traitement
par injection intra-vitréenne - des réponses
à vos questions » sur
[Link]
8
INFO
En cas de traitement aux injections intra-
vitréennes, vous repassez régulièrement
des examens, en particulier des OCT, pour
contrôler l’état de votre macula et l’évolu-
tion de la maladie, et ajuster le traitement.

Quels sont les traitements de la DMLA humide ?


Injections intra-vitréennes
Le traitement consiste à injecter toutes les quatre semaines
dans le corps vitré (le gel transparent qui remplit l’œil)
des substances qui ont pour but de réduire ou assécher
l’œdème maculaire.
Dans 20 à 30% des cas, ces injections permettent de rega-
gner une certaine acuité visuelle et une stabilisation dans
90% des cas.
Votre ophtalmologue décide de la fréquence des injections
en fonction de l’évolution de la maladie. Le plus souvent,
elles sont nécessaires pendant plusieurs années.
Ce traitement est le plus couramment utilisé, car il est le
plus efficace et le plus sûr pour votre œil.

AT T E N T I O N
Après une injection intra-vitréenne, informez votre
­ophtalmologue si :
vous vous « sentez mal » (nausées, maux de tête)
votre œil vous lance.
Ces symptômes peuvent signifier une augmentation de la
­tension dans l’œil, qui doit être traitée immédiatement.

9
Thérapie photodynamique (PDT) au laser froid
Elle peut être utilisée dans les cas ne répondant pas aux
injections intra-vitréennes.
Le traitement consiste à injecter dans la veine de votre bras
un produit activé uniquement par la lumière froide du laser.
Il permet d’éliminer les vaisseaux anormaux en cause dans
l’œdème de la rétine.
Ces interventions sont réalisées en salle de traitement et
durent entre 10 et 30 minutes selon la taille de la zone à
traiter.
Pendant l’intervention au laser, vous pouvez percevoir un
éblouissement qui peut se prolonger pendant quelques
minutes après le traitement.
La sensation peut être désagréable. La douleur est géné-
ralement modérée et très fluctuante. Pendant 48h après
le traitement, vous êtes sensible à toute exposition à la
lumière. C’est pourquoi le port de lunettes de protection
est conseillé.

INFO
Les traitements de la DMLA sont
remboursés dans les prestations de
base de l’assurance maladie (LAMal)
sous déduction de la franchise et de la
participation (10% des frais à votre charge).
10
Comment vous préparer aux traitements
de la DMLA humide ?
Signalez à votre ophtalmologue si :
vous avez contracté une infection
vous pensez être allergique à l’iode
vous allaitez, êtes enceinte, ou envisagez une grossesse
vous prenez d’autres médicaments
votre vue s’est modifiée récemment
vous avez eu une attaque cérébrale ou cardiaque.
Ne portez pas de lentilles de contact la veille et le jour
après l’intervention.
Ne vous maquillez pas la peau ni les yeux le jour de l’inter-
vention.
Ces traitements ne nécessitent pas d’hospitalisation. Vous
pouvez donc repartir chez vous immédiatement après.

11
Quelles sont les complications des traitements ?
Malgré toutes les précautions prises par votre ophtalmo-
logue, certains incidents peuvent se produire. Il/elle vous
explique les risques et la prise en charge des éventuelles
complications ainsi que les bénéfices attendus des traite-
ments.
Complications possibles des injections intra-vitréennes
Yeux rouges ou petits saignements de petits vaisseaux
sanguins à la surface de l’œil (hémorragie conjonctivale)
Douleurs à l’œil dues la plupart du temps aux produits
de désinfection
Petites ombres ou « corps flottants » dans le champ de
vision
Augmentation de la pression dans l’œil
Cataracte
Infections ou endophtalmies (très rares)
Décollement de rétine (très rare). Une intervention
permet de le traiter.

L E S AV I E Z -V O U S
Les corps flottants, aussi appelés
« mouches », sont des petites ombres que
vous voyez passer. Elles sont causées par
de petits filaments qui flottent dans le vitré.
Elles sont très courantes, particulièrement
après 40 ans, chez les personnes myopes,
ou celles qui ont eu une opération de l’œil.
12
Complications possibles du traitement laser
Malaise pendant le traitement ou immédiatement après.
Vous faites l’objet d’une surveillance médico-soignante
spécialisée.
Inflammation de l’œil : conjonctive irritée, œil rouge voire
petites hémorragies sur le « blanc » de l’œil. Ces inflam-
mations sont transitoires.
Irritation de la cornée (kératite) ou de la surface de l’œil
(conjonctivite).
Augmentation transitoire de la pression dans l’œil. Cette
complication est assez commune (1 à 3 patients sur 10
selon la sévérité de la maladie).
Dilatation prolongée de la pupille (rare après 24h).
Œdème au centre de la rétine.
Détérioration de la vision périphérique : rétrécissement
du champ visuel périphérique, gênant en particulier pour
la vision nocturne.

AT T E N T I O N
Contactez votre ophtalmologue au 022 372 84 00 ou
rendez-vous aux urgences ophtalmologiques (6h30 à
20h) ou des HUG (20h à 6h30) si vous observez un ou
plusieurs des symptômes suivants :
votre vue baisse
vous constatez l’apparition rapide de sécrétions abon-
dantes, rougeurs, gonflements
la douleur augmente.

13
Vivre avec la DMLA

A quoi devez-vous vous attendre ?


On ne devient pas aveugle avec la DMLA, car la vision
périphérique continue à fonctionner. Des solutions
peuvent vous aider dans votre quotidien.

Comment réhabiliter la vision ?


La réhabilitation visuelle consiste à apprendre à utiliser la
vision périphérique pour effectuer les tâches que vous
réalisiez auparavant avec la vision centrale (la lecture par
exemple).
Au lieu de regarder droit devant l’objet placé face à vous,
vous tournez les yeux légèrement de côté, et/ou vers le
haut et/ou vers le bas. Cette façon de regarder s’appelle la
« vision excentrée ».
Des spécialistes et des centres peuvent vous aider à déve-
lopper cette vision excentrée et à tirer le meilleur profit de
la vue persistante (voir « Où trouver de l’aide »).

Quelles aides à la vision ?


Grossissement : il existe des équipements spécialement
conçus pour grossir ce que vous voulez voir et ainsi amé-
liorer l’acuité visuelle de votre vision périphérique : lunettes
grossissantes, loupes, monoculaires, téléagrandisseurs,
ordinateurs, appareils pour scanner les livres, etc. Aux HUG,
une consultation spécialisée peut vous conseiller sur l’équi-
pement le plus adapté à vos besoins.

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Eclairage et éblouissement : avec une DMLA ou tout
simplement en vieillissant, nous avons besoin de plus de
lumière. Pensez à adapter votre environnement avec un
éclairage plus fort et des lampes d’appoint.
A l’extérieur, un simple chapeau vous aidera à ne pas être
ébloui par la luminosité.
Vie quotidienne : téléphones, montres, cartes à jouer,
tableau d’écriture, etc. Il existe une large palette de moyens
auxiliaires spécialement adaptés aux personnes mal-
voyantes ou souffrant de DMLA.
Des professionnels vous aident à identifier ceux qui sont les
plus adaptés à votre situation (cf. ci-dessous « Où trouver
de l’aide ? »).

Où trouver de l’aide ?
Plusieurs organismes peuvent vous conseiller pour une
aide à la vision et la réhabilitation, ou dans vos démarches
auprès des différentes assurances et institutions cantonales
et fédérales.

INFO
Retrouvez la liste des organismes pouvant vous
aider sur [Link]/ophtalmologie

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Informations pratiques

Contact

DNeucli • DMLA • Août 2018


Service d’ophtalmologie
Rue Alcide-Jentzer 22, 1205 Genève
022 372 84 00
Horaires : 8h-12h et 13h-17h, du lundi au vendredi
Urgences ophtalmologiques (24h/24, 7 jours/7)
022 372 84 00
Coordonnées de votre ophtalmologue spécialiste de la rétine :

Vos questions à l’ophtalmologue :

Votre traitement médicamenteux :

Vos allergies éventuelles :

Pour en savoir plus


[Link]/ophtalmologie

Cette broc hure a été élaborée par le Service d ’ophtalmologie,


avec la collaboration du Groupe d’information pour patient-e-s
e t p ro c h e s (G I PP). E l l e a é té r é a l i s é e ave c l e s o u t i e n d e l a
Fo n d a t i o n p r ivé e d e s H UG .

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