II.1.
Les ponts roulants
1. Définition :
Le pont roulant est un appareil de levage et de manutention qui se déplace sur des chemins de
roulements parallèles et dont le crochet est suspendu à un mécanisme de levage. Il possède une
capacité maximale qui lui est propre et celle-ci doit être bien en vue sur l’appareil.
2. Composantes d’un pont roulant :
Figure II.1 : Schéma descriptif d’un pont roulant
Parmi les composantes importantes du pont roulant, nous trouvons :
Les chemins de roulement : sur lesquels le pont se déplace ;
Les deux sommiers : sur lesquels sont fixées les extrémités du pont et qui portent des
roues. Ces dernières permettent les mouvements de translation du pont ;
Le pont : qui est formé d’une poutre simple ou composée appelée aussi « portée » ;
Le rail du chariot : qui est fixé sur la poutre principale du pont et qui permet les
mouvements de direction du chariot ;
Le chariot : qui est surmonté du mécanisme de levage (treuil ou palan). Ce dernier est
muni de roues et se déplace latéralement sur le pont ;
Le treuil : un mécanisme de levage qui permet la levée et la descente de la charge ;
Le moufle : un assemblage de poulies muni d’un accessoire d’accrochage et servant à
lever et à descendre les charges ;
Les butées : des pièces métalliques ou de caoutchouc servant d’amortisseurs ;
Le crochet : qui est muni d’un linguet de sécurité ;
La boîte de contrôle : qui permet de contrôler les différentes manœuvres du pont
roulant.
3. Principe de fonctionnement :
Comme le montre la figure ci-dessous le principe fonctionnement d’un pont roulant est ; le
déplacement à trois sens gauche/droite, haut/bas, avant/arrière ; à l’aide de trois moteurs M1,
M2, M3.
Les fins de chaque sens noté fins de cours S10, S11, S20, S21, S30, S31 ;
Figure 2 : Description technologique du pont roulant.
4. Différents mouvements d’un pont roulant :
Le pont roulant est conçu pour accomplir des mouvements de :
Translation (1) : déplacement du pont sur le chemin de roulement ;
Direction (2) : déplacement du chariot dans le sens transversal ;
Levage (3) : déplacement du crochet dans le sens vertical ;
Orientation (4) : rotation du crochet.
Le crochet est suspendu sous le moufle par une butée à billes pour faciliter l’orientation
de la charge.
Figure II.3 : Différents mouvements d’un pont roulant
5. Classification des ponts roulants :
On distingue 4 familles principales d’appareils dont la construction peut être des deux types
suivants :
Le pont (ou le portique) est dit mono poutre, lorsque sa charpente est réalisée avec une seule
poutre (le chariot de levage est alors monorail), le pont est dit bipoutre lorsque sa charpente est
constituée de deux poutres, le chariot de levage est du type birail :
5.1. Ponts roulants posées :
L’appareil roule sur deux voies de roulement constituées par un rail qui repose sur une poutre
de roulement reprise sur les poteaux du bâtiment ou de l’aire de travail ou de stockage par
l’intermédiaire de corbeaux (pièce en forme de trapèze rectangle métallique ou en béton qui
assure la liaison entre le chemin de roulement et le poteau). Pour une portée donnée (inférieure
à 30 m) et une hauteur sous ferme donnée, c’est le type de pont qui permet d’obtenir la meilleure
hauteur de levage.
5.2. Ponts roulants suspendus :
L’appareil roule sur l’aile inférieure d’un profile repris directement sur les fermes du bâtiment.
Ces chemins de roulement peuvent comporter plus de deux voies de roulement. Ils peuvent en
outre être équipés de plusieurs moyens de levage pour desservir toute la surface du bâtiment.
Dans le cas de portée très importante on installera donc plutôt ce type de matériel.
5.3. Portique :
L’appareil roule sur deux voies de roulement constituées par un rail fixé directement au sol. Ils
sont reliés par deux jambes ou palées. Ces portiques sont installés dans le cas où le bâtiment ne
pourrait supporter les réactions qu’entrainerait l’installation d’un pont roulant ou si les
transformations nécessaires s’avéraient très onéreuses, il en serait de mêmes s’il n’y avait pas
de bâtiment du tout (parc extérieur). Un déport des poutres de roulement permettant d’aller
chercher des charges a l’extérieur des rails de roulement est possible, il se nomme, dans ce cas,
portique à avant-bec.
5.4. Semi-portiques :
L’appareil roule sur deux voies de roulement. L’une est constituée par un rail au sol, alors que
l’autre s’appuie sur la charpente du bâtiment et roule sur un chemin déroulement aérien. Cette
formule est utilisée le plus souvent en complément d’un pont roulant qui assure la liaison entre
les postes équipés d’un semi-portique.
6. Principaux mécanismes des ponts roulants
Le pont roulant est un ensemble monté de trois mécanismes à savoir :
6.1 Mécanisme de levage :
Il assure la montée et la descente de la charge, ce mécanisme peut comporter les éléments
suivants :
Figure II.4 : Principaux éléments du mécanisme de levage
Moteur de levage principal :
En général, les moteurs électriques des appareils de levage sont alimentés soit par un courant
triphasé qui produit un couple important lors du démarrage, ou bien par un courant continu qui
permet d’obtenir un bon rendement et une meilleure souplesse.
Le choix du moteur se fait à base de la puissance nécessaire à la montée de la charge appelée
aussi puissance résistante (Pn).
Tambour :
Le tambour est pièce essentielle du mécanisme de levage, sur laquelle s’enroule le câble.
Freins :
Les freins ont deux rôles :
- Absorber l’inertie cinétique des masses en mouvement pour ralentir rapidement la
charge avant l’arrêt
- Maintenir la charge en toute sécurité
Les freins les plus utilisés pour les appareils de levage de moyenne puissance sont les freins à
sabots, commandés par électro- aimants.
Pour un service intensif, la tendance actuelle est de remplacer les freins à sabots par les freins
à disque, qui permettent d’obtenir dans un espace plus réduit des couples de freinage plus
importants.
Réducteur de vitesse : (levage)
Les engrenages de réducteurs sont montés sous carter étanche à bain d’huile. Toutefois, pour
les grandes puissances ou les très grands rapports de réduction (≥100), on utilise une couronne
dentée à l’air libre fixée sur le tambour, et attaquée par un pignon monté sur l’arbre de sortie
du réducteur.
Les réducteurs à engrenage (denture inclinée) sont les plus employés.
Ils sont silencieux et ont un très bon rendement (0,98 à 0,99 par train d’engrenage).
Les réducteurs à 1 train d’engrenage sont utilisés pour des rapports de réduction variant de 1 ÷
10, ceux à 2 trains d’engrenages de 6 ÷ 50, ceux à 3 trains d’engrenage de 30 ÷ 300.
L’emploi d’un premier train conique épicycloïdal permet d’avoir l’arbre moteur à 90° de l’arbre
mené.
Moufle :
Il se compose d’un câble de levage, poulies et crochet.
5.2. Mécanisme de translation :
Il assure le déplacement du pont sur le chemin de roulement. Il se compose de :
1 : Châssis du mécanisme 5 : Axe des roues
2 : Moteur asynchrone 6 : Roue (galet)
3 : Couplage et frein 7 : Palier de roue
4 : Réducteur 8 : Rails
5.3. Mécanisme de direction :
Il assure le déplacement du chariot d’un pont roulant et se compose des éléments suivants :
Moteur
Réducteur
Frein.
Arbre de transmission.
Galets de direction
7. Les repères d’orientation
Certains repères sont utilisés pour indiquer les différents mouvements du pont roulant : flèches,
ponts cardinaux, code de couleurs, formes géométriques, etc.
Les formes géométriques tendent à devenir les repères d’orientation les plus courants. Un
tableau illustrant les formes géométriques est affiché sous le pont, à la vue de l’opérateur, et les
repères sont indiqués près des boutons de commande. La translation est représentée par le
triangle et le carré, tandis que la direction est représentée par le cercle et le rectangle.
8. Les modes de commande :
Il existe trois modes de commande pour un pont roulant :
Une boite de contrôle pendante, qui est fixée sous le chariot du pont ou sur un rail
courant le long du pont ;
Une télécommande sans fil ou une commande à distance, qui comporte un émetteur
mobile utilisé par l’opérateur dans la zone de fonctionnement du pont roulant. Elle est
de plus en plus utilisée parce qu’elle libère l’opérateur de la contrainte représentée par
le câble de la boite de contrôle. Que ce soit par onde radio ou par rayon infrarouge, la
nouvelle technologie rend de plus en plus fiable l’utilisation de ce mode de commande ;
Une cabine de contrôle, qui est suspendue à l’une des poutres ou au chariot du pont
roulant. Bien qu’on en trouve certains modèles dans les entreprises de fabrication de
produits en métal et de produits électriques, ce mode de commande y est peu répandu.
N.B : les boites de contrôle des ponts roulants devraient être semblables afin d’éviter des
erreurs de manœuvre. Il est préférable que la boite de contrôle pendante soit installée sur la
poutre ou un profilé à part, plutôt que sur le chariot du pont, de sorte que l’opérateur puisse
se tenir plus à l’écart de la charge.