Cadre de Planification au Cameroun
Cadre de Planification au Cameroun
LOCALE
1.2.1 Cadre légal
Le Plan d’Industrialisation Local trouve son fondement et doit être réalisée en référence aux
textes officiels suivants :
- la Constitution du Cameroun (Loi n° 96 / 06 du 18 janvier 1996 portant révision de la
Constitution du 2 juin 1972, modifiée et complétée par la Loi n°2008 / 001 du 14 avril
2008) ;
- la Loi n° 2004 / 017 du 22 juillet 2004 portant orientation de la décentralisation ;
- la Loi n° 2004 / 018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes ;
- la Loi n°96 / 12 du 05 Août 1996 portant loi cadre relative à la gestion de
l’environnement ;
- la Loi n°96/17 du 14 décembre 2016 portant Code Minier ;
- la Loi sur les régimes fonciers et domaniaux :
l’Ordonnance 074 / 1 du 06 juillet 1974 fixant le régime foncier ;
l’Ordonnance 074 / 2 du 06 juillet 1974 fixant le régime domanial ;
l’Ordonnance 074 / 3 du 06 juillet 1974 relative à l’expropriation pour cause
d’utilité publique ;
- les textes sur l’aménagement du territoire ;
- la stratégie nationale de développement horizon 2030;
- le plan Directeur d’Industrialisation
- le Document de Stratégie de Développement du Secteur Rural (DSDSR) ;
- le schéma directeur d'aménagement du territoire.
1.2.2 Cadre institutionnel
Au niveau national Plusieurs départements ministériels et institutions publiques participent au
processus de préparation et à la mise en œuvre du Plan d’Industrialisation local, notamment :
- l’Assemblée Nationale ;
- le Conseil Economique et Social ;
- le MINEPAT à travers la Direction Générale de la planification et de l’Aménagement
du Territoire;
- le MINMIDT à travers la Direction de l’Industrie ;
- le MINDEVEL ;
- le MINFI à travers la Direction Générale du Budget ;
- les ministères sectoriels techniques ;
- la MAGZI ;
- les missions et les projets de développement ;
- les organes consultatifs :
- Comité PPTE ;
- Comité de Bonne Gouvernance ;
- Comité multi-bailleurs.
Au niveau régional Les acteurs suivants participent à la mise en œuvre du plan
d’Industrialisation régional sont :
- les structures déconcentrées des ministères ;
- les Comités de Développement ;
- les Comités d’Approbation ;
- les Collectivités Territoriales Décentralisées ;
- les Conseils Régionaux ;
- les Exécutifs Régionaux ;
- les ONG et autres organisations de la société civile ;
- le secteur privé régional ou les opérateurs économiques au niveau de la région
Au niveau local les acteurs suivants participent à la mise en œuvre de la planification
d’industrialisation locale :
- les structures administratives locales ;
- les sectorielles notamment les services déconcentrés du Ministère des Mines, de
l’Industrie et du Développement Technologique
- les Exécutifs communaux ;
- les conseils municipaux ;
- les commissions communales ;
- les organisations de la société civile ;
- le secteur privé local ou les opérateurs économiques.
1.2.3 Rôles des acteurs
Les structures étatiques au niveau national jouent les rôles suivants :
- définition des grandes orientations de développement ;
- définition et vérification de la conformité des normes de planification et de suivi-
évaluation ;
- appuis multiples notamment :
élaboration du cadre institutionnel ;
appui financier (subventions, etc.) ;
appui en renforcement des capacités techniques d‘élaboration des outils de
gestion de la planification ;
appui en formation ;
appui en matériel et infrastructures.
Les partenaires extérieurs et ONG internationales jouent essentiellement un rôle d’appui en
termes de renforcement des capacités techniques, organisationnelles, matérielles, financières
et d’accompagnement.
Les Collectivités Territoriales Décentralisées jouent les rôles de :
- promotion et valorisation des potentialités naturelles et du développement des
économies locales ;
- organisation du cadre institutionnel local ;
- planification régionale et locale ;
- promotion du partenariat.
La société civile
- accompagne la mise en œuvre de la politique de l’Etat à travers les actions d’appui et
de contractualisation. Dans cette logique, la plupart joue le rôle d’acteur de relais ;
- participe à l’élaboration des plans de développement à travers les différents
regroupements et associations des populations bénéficiaires au niveau régional et
local.
Secteur privé joue un rôle de partenaire et de facilitateur dans différents domaines. Il est un
acteur important à travers les différentes catégories d’opérateurs économiques. Les autorités
traditionnelles jouent un rôle important dans la résolution des conflits liés notamment au
foncier, à la gestion des ressources naturelles ainsi que la mobilisation des populations
locales.
PREPARATION DU PROCESSUS DE PLANIFICATION
1. Introduction
La préparation est une étape primordiale et déterminante pour le succès du processus de
planification. Elle précise le cadre et situe les responsabilités des différentes parties prenantes
dans la mise en œuvre de ce processus. Une bonne préparation est garante d’un processus
réaliste, cohérent et adapté aux capacités et aux besoins des acteurs de la Commune. La phase
de préparation vise d’abord à structurer la démarche qui sera mise en œuvre précise
l’approche, les grandes étapes, les ressources nécessaires, les échéanciers préliminaires ainsi
que les responsabilités en lien avec la conduite du processus. Bien exécutée, cette préparation
favorise la collaboration efficace entre les parties prenantes et, éventuellement, la mobilisation
et la mise en commun de leurs ressources (expertise, ressources humaines ou financières, etc.)
dans l’élaboration et la mise en œuvre du plan. Elle amène tout un chacun vers une
compréhension commune des objectifs à atteindre et assure que les efforts sont orientés dans
une même direction. De plus, une structure claire et bien établie facilite la communication et
le suivi avec tous les acteurs mobilisés.
Le PLI doit être conduit par des professionnels. Pour cela, il est recommandé de faire appel à
une expertise appropriée. Il s’agit soit d’une structure d’appui technique ou personne morale
(Cabinet ou bureau d’études, ONG, etc.), soit des consultants indépendants ou personnes
physiques. Cette expertise doit posséder des compétences avérées en matière de planification
stratégique.
Il travaille suivant un mandat précis et clair défini à partir des termes de référence,
comprenant entre autres :
- la collecte auprès des services centraux et déconcentrés des données et informations
techniques nécessaires à l’ensemble des diagnostics et analyses à mener dans le cadre
de l’élaboration du PLI;
- la rédaction du rapport diagnostic ;
- la rédaction de la version provisoire du Plan de Développement;
- la rédaction de la version définitive du plan de développement sur la base des
observations émises par l’Organe Délibérant.
2. Objectifs
L’étape de préparation du processus de planification vise à :
- rechercher l’adhésion de toutes les parties prenantes au processus de planification ;
- définir le rôle de chacun dans le processus ;
- favoriser la participation effective de toutes les parties prenantes ;
- programmer le processus dans l’espace et le temps avec les parties prenantes (intégrer
les aspects logistiques) ;
- convenir des produits attendus ;
- rassembler les moyens de mise en œuvre du processus.
3. Déroulement
La préparation du processus d’élaboration d’une stratégie de développement comporte cinq
phases :
- déclenchement du processus ;
- mise en place du cadre institutionnel ;
- mobilisation des ressources humaines, matérielles et financières ;
- organisation du travail, phasage et calendrier d’activités ;
- atelier de lancement du PIL.
Pour un meilleur suivi des activités programmées et une gestion efficiente des contraintes de
temps et de ressources (financières, matérielles et humaines), il est souhaitable de développer
au sein de la cellule technique un diagramme de GANTT.
3.5. Organisation de l’atelier de lancement officiel du PIL
L’atelier de lancement officiel du processus d’élaboration du Plan de développement se
tiendra sous le haut patronage du Préfet du département concerné et sera animé par le cabinet
sélectionné pour la conduite du processus de planification. Cet atelier auquel participent
l’ensemble du conseil municipal, les membres du comité de pilotage, les organisations de la
société civile, les autorités traditionnelles, les opérateurs économiques, … ainsi que
l’ensemble des forces vives de la localité doit répondre aux objectifs suivants :
- Informer les citoyens sur les enjeux de l’élaboration du Plan d’Industrialisation Local
et son contenu;
- Identifier les différents acteurs et définir leurs rôles respectifs;
- Sensibiliser les citoyens sur la nécessité d’une mobilisation sociale autour du
processus d’élaboration du plan de développement et surtout sa mise en œuvre.
La durée de la phase de démarrage ne devrait pas excéder deux (2) semaines.
3 valeur ajoutée
Ces indicateurs peuvent être obtenus auprès des agences régionales de l’Institut National
de la Statistique.
3.2.3 Diagnostic du secteur de la production
Ce diagnostic permettra de nous renseigner sur potentialités de la localité ; sur le secteur dans
lequel on peut disposer de matière première suffisante pour porter l’industrie. Les sectoriels
mis à contribution dans cette phase sont les suivants :
- le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural ;
- le Ministère de la Pêche et de l’Industrie Animale ;
- le Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique ;
- Le Ministère des Forets et Faunes.
Analyse du secteur agricole
L’agriculture fournit de la main d’œuvre à l’industrie, d’abord parce que dans les agricultures
traditionnelles il existe un surplus de travail à la productivité marginale nulle ou négative Cf
Modèle de Lewis, ensuite grâce à l’amélioration de la productivité marginale. C’est aussi le
principal pourvoyeur de de matière première à l’industrie. L’analyse stratégique du secteur
agricole permettra de faire l’inventaire qualitatif et quantitatif des spéculations cultivées dans
la localité sur les 5 dernières années à l’effet d’apprécier celles qui sont à même de servir de
matières première à l’industrie. Cette analyse renseignera aussi sur les facteurs qui entravent
un véritable essor de l’agriculture et présentera une cartographie de l’analyse des sols de la
commune. Cette analyse est menée par le Délégué d’Arrondissement de l’Agriculture et du
Développement Rural de céans qui produit au terme de ses travaux un cadre une fiche
statistique de l’évolution de la production des spéculations phares de sa localité de
compétence. En sommes, cette étude fournira trois extrants : la fiche statistique de la
production agricole sur les cinq dernières années, la fiche d’analyse des sols assortie d’une
carte et le diagramme FFOM du secteur de l’agriculture.
Forces Faiblesses
1. Production cacaoyère organisée en coopérations 1. Déficit en termes de stratégie de communication et marketing
2. Proportion élevée d’agriculteurs étant membres auprès d’organisations 2. Les agriculteurs ne participent pas vraiment dans la chaîne de valeur,
professionnelles mais agissent seulement comme producteur
3. En maraîchage et fruiticulture : bonne capacité de transformation pour 3. Petites entreprises de transformation faisant face à des coûts de
certains types de production production importants, peu concurrentielles
4. Petite taille des unités du secteur agro-alimentaire (PME) permettant une 4. Taux de la marge bénéficiaire pour l’agriculteur est trop faible (prix
grande flexibilité pour répondre aux attentes du marché local et de de
proximité vente trop faible)
5. Grandes surfaces sont très dominantes, mode de vie ne permet pas de 5. Exploitations s’appuyant sur des infrastructures et équipements
renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur rudimentaires, conduisant à une agriculture peu efficace et peu performante
6. Capital propre des exploitations agricoles élevé, endettement relativement 6. Offre et support bien développés en matière d’assurances contre les pertes
faible de récolte due à des aléas climatiques
7. Longue tradition et know-how en production de maïs, de pomme de terre, 7. Nombre restreint d’acteurs au niveau de la transformation,
d’arachide et de haricot commercialisation et distribution
8. AKIS performant (Agricultural Knowledge and Innovation Systems), bon 8. Manque de création de valeur dans un grand nombre de productions
encadrement technique par le conseil agricole (nombre restreint d’acteurs agricoles Problème d’un petit marché
impliquant une bonne interconnexion entre les différents acteurs) 9. L’agriculteur est trop peu intégré dans les prises de décisions au sein
9. Production de pomme de terre particulièrement adaptée aux conditions de la chaîne alimentaire
pédoclimatiques et qui procure des revenus réguliers 10. Manque d’interprofessions au niveau des chaînes de valeur,
10. Utilisation efficace de l’eau en maraîchage et horticulture. manque de
11. Bilan phosphaté national quasi-équilibré, diminution généralisée du phosphore solidarité au niveau de l’organisation du secteur
disponible dans les sols, avec maintien du niveau en classe C pour les terres 11. Position de force des transformateurs par rapport aux producteurs
arables. primaires, [Link]. en imposant des modèles de prix ou de paiement
12. Gestion plus raisonnée des terres via l’interdiction de la conversion de prairies 12. Image de marque négative de l’agriculteur
permanentes en terres arables, une fertilisation plus raisonnée, plafond de 2
UGB/ha, l’obligation de réaliser une analyse standard des sols tous les 5 ans.
13. Effort d’optimisation de l’application de produits phytosanitaires : contrôle
des équipements d'application; initiatives de réduction des produits
phytosanitaires, projets d'innovation et de recherche; en viticulture l'application
des insecticides est devenue négligeable grâce à des techniques innovantes;
Opportunités Menaces
1. Croissance de la demande de produits issus de l’agriculture ;
2. Confiance du consommateur dans les produits issus de l’agriculture
régionale et locale
3. Espace économique dépassant les frontières et à la portée des entreprises
agroalimentaires
4. Prix de l’énergie relativement bas
5. Développement du secteur de la bio-économie peut ouvrir des nouvelles
opportunités de marchés 1. Faible pouvoir d'achat des consommateurs ;
6. Population croissante ouvre de nouveaux marchés 2. Concurrence de produits étrangers sur le marché ;
7. Manifestation au niveau de la société d’un engouement pour les productions 3. Vin : situation difficile à l'export, notamment en Belgique
locales et régionales, souvent produites de façon plus respectueuses de 4. Concurrence des produits étrangers dans tous les secteurs
l’environnement. 5. Entreprises de transformation trop petites pour être compétitives au
8. Sensibilité croissante de la société et des agriculteurs pour la protection niveau européen
des ressources d’eaux potables.
9. Possibilité de création de coopérations agricoles dans les zones de
protection des eaux, regroupant les exploitations agricoles, ayant comme objectif
la promotion d’une gestion des terres agricoles compatible avec la protection des
eaux.
10. Le développement de la digitalisation qui offre de nombreuses
opportunités pour la protection de l’environnement.
Analyse du secteur Elevage, Pêche et Industrie Animale
Au même titre que la production agricole, le secteur élevage, pèche et industrie animale est un
potentiel fournisseur de matière pour l’industrie. L’analyse de ce secteur permet de ressortir
les piliers sur lesquels peut reposer l’éventuelle industrie. Il ressortira de cette analyse
présentation du secteur de l’élevage et l’analyse FFOM de ce secteur.
Forces Faiblesse
-Présence d’une DAEPIA dans la commune pour
l’encadrement des éleveurs
-Climat favorable pour la pratique des activités d’élevage
dans la commune
-Présence d’une zone de pâturage qui peut être exploitée
pour l’élevage du gros bétail
-Rareté des sources de financements
-Pratique de l’élevage traditionnel à petite échelle par la
des activités d’élevage
quasi-totalité de la population dans la commune
-Rareté des produits d’élevage
-Besoin élevé en consommation des produits d’élevage
moderne
(viande, œuf, poulet, etc.)
- La proximité du centre urbain des grandes métropoles
qui constituent un marché non négligeable pour les
produits d’élevage
-Existence des bas-fonds favorables à la pratique de la
pisciculture (Djabu,Kouopou,Dja Tochoué
Opportunité Menaces
Climat propice à l’élevage bovin Conflits agro pastoraux
Opportunités Menaces
Forte production des pommes de terre ; Absence de zone industrielle dans la
Forte production des condiments verts ; localité ;
Hausse de la production de volaille ; Faible densité du réseau routier ;
Multiplication des étangs piscicoles dans la Faible connaissance du potentiel minier
commune local ;
Climat propice à la production pour Faible couverture internet ;
l’élevage ovin, bovin et caprin Relief montagneux peu propice à plusieurs
Longue expérience dans le domaine de la cultures à savoir (arachide, haricot, haricot
production des pommes de terre, du maïs et vert …)
des choux Forte pression foncière
Existence de vastes gisements de granite de
coloration différente
Existence d’une forte diaspora attachée à la
tradition et à son département
Existence d’une forte élite économique,
politique et intellectuelle
Arbre à problème
Le problème central est la faible contribution du secteur industrie au PIB de la commune. Les
causes ressortiront du diagnostic infrastructurel ou du diagnostic du secteur de production. On
peut notamment relever comme problème secondaire lié au secteur de production la faible
valorisation des potentialités agricoles ou comme problèmes liés au secteur de l’infrastructure
la mauvaise qualité de l’énergie électrique.
Taxes et impôts induits de Valeur ajouté issue de Emplois provenant de Abandon de certains projets Incapacité d’acheminer les Retard à la livraison et
l’activité industrielle très l’activité industrielle très l’activité industrielle industriels devant la difficulté produits de carrière et les création des couts
faible faible faible d’accès à la terre produits agricoles vers le supplémentaire (groupe
centre urbain en saison des électrogène, carburant)
pluies
Faible Faible Faible Faible Faible Faible niveau Absence de Récurrence Faible Récurrence
Forte
valorisation valorisation valorisation de communicati application de d’innovation zone des coupures densité du des délestages
pression
du potentiel du potentiel la on autour du la démarche technologiqu industrielle d’eau et réseau routier et mauvaise
foncière
agro minier pharmacopée potentiel qualité e dans les dans la faible bitumé qualité de
industriel (sable, traditionnelle industriel entreprises localité couverture du l’énergie
local granite, local industrielles réseau électrique
(pomme de basalte, internet et (fluctuation
terre, argile, téléphonique de la tension
condiments latérite…) et de la
verts…) fréquence)
LA VISION
Introduction
La vision constitue l’outil de base des prospecteurs. Elle énonce le futur souhaité pour le
territoire et les grandes lignes de la stratégie pour y arriver, voire le modèle de développement
souhaité. L’énoncé de vision constitue un élément rassembleur, inspirant et donnant sens à
toutes les actions et les projets à entreprendre dans le cadre d’un plan stratégique, en
l’occurrence, le Plan d’Industrialisation Local. C’est le rêve collectif d’un territoire. Une
vision partagée du futur permet à tous les acteurs d’avancer dans la même direction. Élaborée
de manière participative et inclusive, la vision rassemble les efforts et les ressources pour
tendre vers un but commun qui motive et suscite l’intérêt de tous les acteurs. La vision
stratégique est une projection souhaitable et réaliste de la Commune sur un horizon de 10 à 15
ans, voire d’une génération. Elle guide la Commune dans la construction du changement
désiré au niveau du développement industriel local sur un horizon de planification à long
terme. Elle devient la pierre angulaire de l’élaboration du PIL et l’élément distinctif de la
Commune vis-à-vis des Communes voisines. Elle positionne généralement la Commune vis-
à-vis d’un ou deux secteurs économiques porteurs qui sont la base de l’économie communale
et rassemble les acteurs autour de ses priorités. Il est important que les différents acteurs se
reconnaissent dans la vision et qu’elle porte les transformations désirées sur le territoire.
Elle se formule en tenant compte des forces et des opportunités identifiées dans le diagnostic
territorial participatif afin de décrire à la fois la représentation du futur souhaité (où voulons-
nous aller?) ainsi que le type de développement privilégié pour y arriver (comment y aller?).
Pour sa part, la planification, qui vient après la vision, permettra de répondre à la question «
Quoi faire ? »
Objectifs
La vision permet de mobiliser les acteurs autour d’un élément rassembleur, autour des
priorités d’industrialisation locale.
Déroulement
a) Réalisation de l’atelier participatif de création
Pour être efficace et mobilisateur, l’exercice menant à l’énoncé de la vision doit inciter à la
participation de tous en sensibilisant et en informant les différents acteurs. La vision doit être
partagée, acceptée et motivante. C’est pourquoi l’exercice de création doit rassembler des
représentants de tous les groupes d’acteurs et tous les secteurs de la Commune. Il est suggéré
de réaliser cet exercice lors d’un atelier avec le cabinet d’expert, le comité de pilotage, les
responsables de la Commune, les acteurs de l’économie locale et les élites. Il est proposé de
tenir cet atelier au même moment que la restitution du diagnostic, la vision devant tout de
même s’ancrer dans la réalité. Les échanges participatifs permettent aux différents acteurs de
s’exprimer sur les enjeux du territoire et les tendances actuelles et futures de la situation.
Lors de l’élaboration de la vision, les acteurs s’interrogent et définissent collectivement les
aspects suivants :
- Que deviendra la Commune si les tendances observées se maintiennent ou
s’améliorent?
- A quel niveau d’industrialisation sera la commune dans 15 ans ?
Produit
Au terme de cette phase, la vision stratégique d’industrialisation locale doit être formulée.
LA PLANIFICATION
Introduction
La planification est l’étape où les acteurs tracent le chemin spécifique menant à la vision, et
de façon plus opérationnelle, les moyens avec lesquels les acteurs avanceront sur ce chemin.
C’est l’étape où les choix sont faits, où on priorise des enjeux et des stratégies au détriment
d’autres. La priorisation se fera en utilisant des indicateurs pertinents permettant d’évaluer les
projets en compétition. C’est aussi l’étape où les axes stratégiques, les objectifs les projets et
les actions sont identifiés.
Objectifs
L’étape de planification vise à :
- déterminer les stratégies et les actions pour atteindre les objectifs de développement ;
- hiérarchiser les actions à mener ;
- consolider les actions et les projets à mener dans un cadre logique.
Déroulement
a) Construction de l’arbre des objectifs
L’arbre des objectifs est une représentation graphique qui a pour but de décrire l’imbrication
et l’architecture des objectifs. Elle fixe le cadre précis pour l’exécution de la stratégie.
L’objectif général est divisé en objectifs spécifiques qui sont à leur tour subdivisés en objectif
secondaire. La navigation dans la hiérarchie de l’arbre est riche de sens en descendant dans
l’arbre, les sous objectifs montrent comment l’objectif supérieur va être atteint. En naviguant
dans le sens inverse c’est-à-dire en remontant dans l’arbre il est facile de comprendre la
finalité des sous objectifs.
Il permet de :
- Faciliter la compréhension et la coordination de la stratégie ;
- Valider le réalisme de la démarche stratégique avec les moyens impartis en s’assurant
que tous les objectifs sont atteignables ;
- Lever les malentendus, ambiguïtés et incompréhension grâce à la conception
collective de l’arbre ;
- Simplifier le suivi de la planification stratégique tout au long de la conduite des taches.
L’arbre des objectifs peut être monté par mind mapping mais dans le cas d’espèce il sera
construit à partir de l’arbre à problème. En effet, il suffira de positiver toutes les cellules de
l’arbre à problème pour obtenir l’arbre des objectifs. En appliquant ce principe sur l’exemple
d’arbre à problème cité plus haut on obtient ce qui suit :
Taxes et impôts induits de Valeur ajouté issue de Emplois provenant de Accroissement des projets Facilité à acheminer les Livraison des produits
l’activité industrielle élevés l’activité industrielle élevée l’activité industrielle industriels du fait de la produits agricoles et miniers manufacturés à temps du fait
élevés disponibilité des terres vers le centre urbain de la disponibilité de l’énergie
électrique
Promouvoir la valorisation du potentiel Améliorer la compétitivité des Rendre disponible les terres pour Améliorer la capacité d’accueil
industriel entreprises industrielles locales les projets industriels des investisseurs potentiels
LA MISE EN ŒUVRE
INTRODUCTION
Les précédentes étapes du processus de planification ont conduit à l’établissement d’un plan
contenant des programmes et des projets. Au cours de la mise en œuvre, il est nécessaire que
les populations portent leurs projets. Elles sont appelées à participer aux activités de passation
de marchés, au suivi des travaux, à la réception et à la gestion des réalisations.
7.1 OBJECTIF
Cette étape a pour objectif de traduire en réalisations, les actions contenues dans le plan de
développement.
7.2 DEROULEMENT
La mise en œuvre du plan de développement comprend deux (2) phases :
- la réalisation des projets ;
- a gestion des réalisations.
7.2.1 Réalisation des projets
La réalisation des projets va comporter :
- la mise en place du dispositif institutionnel ;
- l’actualisation des plans de passation des marchés ;
- l’élaboration des avant-projets détaillés des projets à réaliser ;
- la mise en œuvre des plans de passation des marchés (préparation des dossiers d’appel
d’offres, sélection des prestataires de service) ;
- la réalisation des prestations ;
- le suivi/contrôle des prestations;
- la réception des prestations ;
- l’opérationnalisation du mécanisme de pérennisation des ouvrages.
[Link] Mise en place du dispositif institutionnel
La bonne exécution du plan de développement nécessite que le processus contribue à la mise
en place et au renforcement des structures. On pourrait distinguer parmi celles-ci:
- l’Organe Délibérant ;
- le Comité de Pilotage ;
- les prestataires de service.
Organe délibérant Conformément à la loi, l’Organe Délibérant est responsable de l’exécution
du plan de développement. Il donne l’autorisation de la mise en œuvre de celui-ci selon les
procédures en vigueur. Il procède à :
- la délibération sur les projets ;
- l’imputation des programmes du plan aux différentes commissions et services
techniques compétents ;
- l’information des populations sur les projets ;
- la commande des études de faisabilité ;
- l’établissement d’un chronogramme plus détaillé en précisant les responsabilités des
acteurs et le temps de mobilisation des ressources.
L’Organe Délibérant peut solliciter les structures déconcentrées de l’Etat pour l’appui-
conseil dans la mise en œuvre du plan de développement.
Comité de Pilotage
Le Comité de Pilotage a un rôle de conseil et de médiation, en cas de conflits entre les
différentes parties prenantes : populations bénéficiaires, Etat, CTD, prestataires de service,
etc.
Prestataires de service
Les prestataires de service peuvent être des personnes morales (entreprises, bureaux
d’études, ONG, etc.), ou des personnes physiques (consultants individuels). Ils seront
sélectionnés pour la réalisation des actions du plan de développement.
[Link] Actualisation des plans de passation des marchés
Le plan de passation des marchés est un document de programmation de la passation des
marchés qui présente notamment un chronogramme de toutes les actions nécessaires à la
passation des marchés en tenant compte des principales contraintes liées à leur exécution.
Ce document qui a été élaboré au cours de la programmation mérite d’être revu afin de
s’assurer de la pertinence de son actualisation avant l’exécution du PIA.
[Link] Elaboration des avant-projets détaillés des projets à réaliser
Les avant-projets détaillés sont des documents qui décrivent en détail le micro projet à
réaliser sur les plans techniques et financiers. Ce sont des études de faisabilité sur la base
desquelles l’Exécutif de la CTD peut aisément préparer son Dossier d’Appel d’Offres
(DAO), dans lequel il revient sur des spécifications techniques détaillées permettant
d’obtenir une prestation de qualité.
[Link] Mise en œuvre du plan de passation des marchés
En vue de minimiser les coûts relatifs à la tenue des sessions de passation des marchés, il
est recommandé de préparer les dossiers d’appel d’offres relatifs aux projets à financer au
cours de l’exercice. Par rapport à l’importance de l’enveloppe dédiée à la passation des
marchés, et surtout au chronogramme d’exécution des différents marchés, les dossiers
d’appel d’offres sont préparés avec l’aide de cabinets où d’experts locaux sectoriels dont
la compétence en la matière est avérée afin d’éviter des omissions qui pourraient porter
préjudice à la bonne exécution des projets attendus. La sélection des prestataires de
service, qui auront à charge l’exécution physique du projet, s‘effectue selon les procédures
de passation de marchés en vigueur au Guide méthodologique de planification régionale et
locale au Cameroun. Il peut être recommandé, d’inscrire dans le cahier de charges, une
clause relative à l’utilisation préférentielle des compétences existantes sur l’espace
géographique couvert par la CTD, en cas d’égalité des soumissions.
[Link] Réalisation des prestations
La réalisation physique du projet s’effectue conformément aux dispositions contenues
dans le cahier de charges.
[Link] Suivi-contrôle des prestations
Le contrôle est réalisé par les services techniques de la CTD. Dans une approche
participative, il est souhaitable que la population soit impliquée dans le suivi et témoigne
de l’état de réalisation des prestations selon le cas. Cette activité fera l’objet de modalités
clairement transcrites dans le contrat plan que les populations bénéficiaires signeront avec
l’Exécutif de la CTD.
[Link] Réception des prestations
A ce stade, il importe d’associer les principaux protagonistes que sont les responsables
sectoriels, les représentants de l’Exécutif de la CTD, le prestataire ainsi que les
populations bénéficiaires aux séances de réception provisoire au cours desquelles les
observations sur les malfaçons sont émises en vue de leur correction. Pendant la période
de garantie, les malfaçons et insuffisances éventuelles sur les prestations doivent être
corrigées avant la réception définitive.
[Link] Opérationnalisation du mécanisme de pérennisation des ouvrages
Après réception de l’ouvrage, le comité de gestion mis en place lors de sa conception et
surtout lors de l’élaboration de l’ouvrage est formé dans sa gestion. Cette gestion identifie
d’abord le mode d’utilisation encore appelé le mode d’emploi, afin d’éviter des pannes
dues à la mauvaise utilisation. Ensuite sont dispensées aux artisans réparateurs locaux des
notions de maintenance (identification des pièces d’usure courante, leurs coûts, les lieux
d’approvisionnement) afin qu’ils puissent intervenir en cas de dysfonctionnement de
l’ouvrage. Ce comité devra alors s’organiser en collaboration avec la CTD en vue de
constituer un fonds dédié à la maintenance de chaque ouvrage financé. Il importe de
préciser que la réalisation des projets nécessite trois principaux types d’outils
- les outils juridiques (lois, décrets, arrêtés, circulaires, conventions et contrats, cahiers
de charges, etc.) ;
- les outils techniques (plans, devis, consistances des travaux, etc.) ;
- les outils comptables et financiers (notification des budgets, factures, décomptes, etc.).
Ils concourent à la réalisation financière du projet.
7.2.2 Gestion des réalisations
Les réalisations peuvent être matérielles (routes et ouvrages d’arts, salles de classe, points
d’eau, etc.) ou immatérielles (exemples acquis de la formation, etc.). Leur gestion devra
assurer une rentabilité (sociale et économique) et une durabilité des réalisations. Il est indiqué
d’adopter une gestion participative des réalisations afin de garantir.
- la transparence dans la gestion ;
- l’obligation des gestionnaires à rendre compte aux différentes parties prenantes ;
- l’appropriation des réalisations par les bénéficiaires. Dans le processus de gestion des
réalisations, on distingue (i) la mise en place du dispositif institutionnel de gestion et
(ii) le mode de gestion adopté pour ces réalisations
[Link] Mise en place du dispositif institutionnel
Le dispositif institutionnel de gestion des réalisations est constitué :
- de l’Exécutif des CTD;
- de l’organe de gestion ;
- des populations bénéficiaires.
Exécutif des CTD
L’Exécutif des CTD veille à ce que des structures de gestion des réalisations soient mises en
place et fonctionnent selon les textes élaborés et les procédures en vigueur. Selon le principe
de subsidiarité, l’Exécutif des CTD délègue autant que faire se peut la gestion des réalisations
aux acteurs locaux. A cet égard, certaines indications sont nécessaires pour une bonne gestion
des réalisations.
7.3 PRODUITS ET RESULTATS ATTENDUS
Les principaux produits et résultats obtenus à l’issue de la mise en œuvre du plan de
développement sont :
- les projets sont réalisés selon les règles de l’art;
- un dispositif opérationnel de gestion durable des réalisations est mis en place.
SUIVI-EVALUATION
INTRODUCTION
Le suivi-évaluation intervient en réalité à toutes les étapes du processus de planification.
Alors que le suivi est continu et assimilé à un film, l’évaluation représente une photographie à
un moment donné. Le suivi et l’évaluation sont des processus complémentaires. L’objectif de
ce module est de partager les outils d’aide à la réalisation des activités liées à l’approche
participative du suivi-évaluation participatif du processus de planification et des projets et
programmes contenus dans le plan de développement.
8.1 SUIVI
8.1.1 Définition Le suivi est l’examen et l’observation continue ou périodiques réalisés à
chaque étape du déroulement d’une activité, afin de s’assurer que le calendrier des travaux,
l’obtention des produits espérés et les autres actions nécessaires se poursuivent conformément
au plan d’opérations. Il peut être interne et/ou externe.
8.1.2 Objectifs Le suivi vise à :
- s’assurer que les activités prévues se réalisent conformément à la planification;
- repérer les dysfonctionnements et proposer des correctifs nécessaires ;
- permettre une meilleure appropriation par les bénéficiaires.
8.1.3 Outils de suivi
Les principaux outils utilisés en matière de suivi sont :
- le cahier de suivi ;
- le journal de chantier ;
- les indicateurs ;
- les enquêtes ;
- les réunions périodiques ;
- les rapports d’avancement ;
- le plan d’opérations
- les échéanciers ;
- l’échelle d’appréciation, etc.
8.2 EVALUATION
8.2.1 Définition
L’évaluation se définit comme une opération qui vise à déterminer de la façon la plus
systématique et la plus objective possible la pertinence, l’efficacité, l’efficience, l’effet et
l’impact des activités au regard de leurs objectifs. C’est un processus qui vise à améliorer les
activités en cours et à aider les acteurs du projet dans leurs activités futures de planification,
de programmation et de prise de décisions. L’évaluation peut être considérée comme une
photographie de l’exécution du projet à un moment donné de son exécution. En fonction du
moment de leur réalisation, on distingue plusieurs types d’évaluation :
- l’évaluation ex-ante, qui permet de juger de l’opportunité d’une action de
développement ;
- l’évaluation à mi-parcours, qui permet de porter un jugement sur l’évolution de
l’action et éventuellement de la réorienter ;
- l’évaluation finale, qui permet de vérifier l’atteinte des objectifs et d’en observer les
conséquences à venir ;
- l’évaluation ex-post, qui se situe après l’achèvement de l’action et s’intéresse aux
effets à moyen ou à long terme (impacts).
Selon le mode de réalisation de l’évaluation, on distingue :
- l’évaluation externe, qui implique un recours à des consultants extérieurs, ce qui porte
un regard neutre et objectif. Elle est très souvent indispensable compte tenu des enjeux
financiers, stratégiques et opérationnels ;
- l’auto-évaluation, qui est réalisée par une ou plusieurs personnes directement
impliquées dans l’action à évaluer ;
- l’évaluation interne, qui est initiée et effectuée par la structure responsable de la
conduite de l’action de développement.
8.2.2 Objectifs
L’évaluation vise à :
- vérifier la pertinence et la cohérence des objectifs de départ ;
- mesurer l’efficacité de l’action, c’est-à-dire le degré d’atteinte des résultats et des
objectifs ;
- mesurer l’efficience des actions de développement.
- examiner les effets et les impacts des projets ainsi que leur durabilité;
8.2.3 Méthodologie
L’évaluation permet d’apprécier les effets globaux de l’action et de juger de leurs impacts.
Pour ce faire, il faut procéder à des comparaisons avec des données provenant de l’extérieur
du projet ou du programme. Des critères établis permettent de procéder à l’évaluation. Un
critère est le point de vue selon lequel on porte une appréciation. Une évaluation porte
généralement sur les six critères principaux suivants :
- la pertinence : caractère d’un projet répondant aux attentes de tout ou partie des
acteurs concernés. La pertinence examine le bien-fondé de l’action au regard des
objectifs et enjeux déterminés au départ ;
- la cohérence : caractère d’un projet dont les moyens sont en adéquation avec l’objectif
et compatibles entre eux ;
- l’efficacité : caractère d’une action de développement produisant les résultats ou effets
attendus ;
- l’efficience : caractère d’un projet dont les résultats ou effets obtenus sont à la mesure
des moyens mis en œuvre ;
- l’impact : ensemble des effets, positifs ou négatifs, primaires ou secondaires, généré
par l’action de développement, directement ou non, intentionnellement ou non ;
- la durabilité : caractère d’un projet engendrant des effets/impacts ou une structure
capable de « vivre » et de se développer seule à long terme.
L’évaluation doit porter sur toutes les étapes du processus de planification. Elle se réalise à
des périodes prédéterminées et se fait en liaison avec toutes les parties prenantes.
[Link] Préparation du processus de planification
Il s’agit d’apprécier la pertinence du contenu des différentes étapes de la préparation par
rapport à la participation effective des parties prenantes et une appropriation de tout le
processus par les populations.
[Link] Diagnostic
Il s’agit d’analyser la cohérence du diagnostic et la pertinence des contraintes soulevées par
les parties prenantes quant à l’amélioration du bien-être des populations.
[Link] Planification/Programmation
L’évaluation doit porter sur la cohérence et la pertinence des axes stratégiques, des objectifs et
des actions contenues dans le plan de développement.