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Gauchers en escrime : risques et protections

dur

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Guy Azémar, chercheur en neurosciences, indique en 2010 que selon son enquête, les

gauchers représentent 25 % des engagés dans les compétitions mondiales, et 60 % des


médaillés d’or, alors que le nombre de gauchers dans la population générale est de l’ordre de
10 %. Les gauchers dominent surtout dans les armes d’estoc (épée et fleuret, où l’on touche
avec la pointe), où le bras agit comme une projection balistique19.

Traumatologie
Il faut garder à l'esprit que, même si les lames sont non coupantes et que le bout de la lame est
soit recourbé, soit protégé par un bouton électrique, le fleuret, l'épée et le sabre restent
fondamentalement des armes blanches capables de blesser gravement. C'est pour cette raison
que les escrimeurs portent une tenue de protection faisant l'objet d'un contrôle rigoureux lors
des compétitions de tous niveaux.

Si l'équipement est bien porté, un escrimeur n'a à craindre que d'éventuelles ecchymoses dues
à des touches un peu violentes (en particulier au sabre, où les coups de taille peuvent être
violents. Lors d'une attaque bien conduite, la lame de l'épée ou du fleuret est faite pour plier
dans un certain sens et donc absorber l'essentiel de l'énergie de la frappe). Il faut cependant
faire attention à la main non gantée qui ne tient pas l'arme, car la pointe d'une épée ou la lame
d'un sabre peut parfois écorcher vivement la peau.

Le risque principal pour un escrimeur est de voir la lame de son adversaire se briser lors d'une
frappe, ce qui arrive régulièrement. En théorie, les lames sont conçues pour se casser avec une
section plate, en pratique il arrive que la lame se casse de biais, présentant alors une pointe
acérée. La tenue de protection est conçue pour résister à une frappe avec une lame brisée, ce
qui empêche les accidents sérieux.

Passé ces contraintes particulières à l'escrime, il est évidemment nécessaire de s'échauffer, en


exécutant par exemple une série de fondamentaux ou en s'entraînant sur un mannequin, afin
d'éviter claquages et élongations musculaires. Ceux-ci sont fréquemment localisés au niveau
des jambes qui sont sollicitées intensément et dans une posture peu naturelle, et plus
particulièrement dans la jambe d'appui. Les adducteurs, qui subissent des extensions
particulièrement traumatisantes, sont sujets à ce type de blessure. En cas de douleur
persistante en position de garde, il est recommandé au tireur de mettre un terme à sa séance
d'entraînement.

Les appuis du tireur, particulièrement sollicités, peuvent faire l'objet de différents


traumatismes. Le tireur doit être attentif à la position de ses pieds, sans quoi il s'expose à des
torsions articulaires au genou ou plus fréquemment à la cheville, ou bien à des tendinites, là
aussi plutôt au niveau de la cheville (tendon d'Achille). Une bonne position de pieds n'assure
cependant pas une sécurité totale. Une retraite exécutée par réflexe, par exemple pour éviter
une touche, peut entraîner une torsion. La blessure est alors inévitable.

L'escrimeur peut, par la nature de ses déplacements, être sujet à des ampoules au talon, à la
base de la voute plantaire et aux orteils. La dimension de l'ampoule est alors proportionnelle à
l'intensité de ses déplacements, mais n'est pas nécessairement fonction de son poids. Avec la
pratique, les ampoules ont tendance à apparaître moins fréquemment et sont moins
douloureuses. De la corne se forme naturellement sous le pied et agit comme une protection
contre les ampoules, mais modifie sensiblement la perception du tireur par rapport à ses
déplacements. Le port d'une paire de chaussettes en dessous de la paire de chaussettes
d'escrime est un moyen efficace pour prévenir les ampoules.

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