La télévision est un moyen technique de retransmettre par ligne électronique, diffuser par
émission hertzienne ou véhiculer sur un réseau numérique comme internet de façon
séquentielle, les éléments d'un signal vidéo et audio constitué d'une image analysée et
restituée point par point, ligne après ligne. À l'origine, un dispositif mécanique permet
l'exploration d'un ensemble de cellules photoélectriques ou la rotation motorisée du capteur.
Plus tard, le balayage de la trame s'effectue par un mince faisceau d'électrons par l'analyse
cathodique et la première image vidéo composée d'éléments de sélénium est décrite en 1877,
par l'ingénieur américain George R. Carey de Boston. Inspiré par le Pantélégraphe de Caselli
(1856)32, le principe du balayage apparaît en 1879, dans un projet de « télectroscope » de
Constantin Senlecq, notaire dans le Pas-de-Calais : un mécanisme de pantographe explore la
face arrière d'un verre dépoli sur lequel est projetée l'image d'un objet.
Un téléviseur portatif.
En 1884, l'ingénieur allemand Paul Nipkow dépose un brevet de « télescope électrique »
(elektrisches Teleskop). Un disque, percé à sa périphérie de trous disposés selon une spirale
centripète, analyse en tournant les brillances d'une ligne de l'image transmise par un objectif.
Le décalage des trous permet de passer d'une ligne à l'autre. Dans ces divers cas, le caractère
réversible de chacun des procédés doit assurer la reproduction de l'image. En 1891, Raphael
Eduard Liesegang publie l'ouvrage Beiträge zum Problem des electrischen Fernsehens
(Contribution sur la question de la télévision électrique). L'ouvrage de R.W. Burns,
Television, an International History of the Formative Years. The Institution of Electric
Engineers33, ne mentionne pas Liesegang, mais il dit que Rosing (cité ci-dessous) reconnaît sa
dette envers lui. En 1907, le russe Boris Rosing dépose un brevet qui propose d'utiliser un
tube cathodique, perfectionné en 1898 par Ferdinand Braun, pour reproduire une image
analysée par des moyens électromagnétiques. L'année suivante, un Anglais, Campbell-
Swinton, propose l'utilisation du tube cathodique aussi bien à l'analyse qu'à la reproduction de
l'image. Aucun de ces projets ne mentionne la reproduction du mouvement. Ces projets
conduisent Vladimir Zworykin, un Russe émigré aux États-Unis, à déposer en 1923 un brevet
de télévision « tout électronique » (all electronic), alors qu'en Grande-Bretagne Logie Baird
obtient une licence expérimentale en 1926 pour son « Televisor »34. Les années 1930 allaient
alors être marquées par des tentatives diverses d'émissions en Europe, principalement par la
BBC de Grande-Bretagne, ainsi qu'aux États-Unis, mais la bataille entre les différentes
licences et techniques utilisées d'une part, et la Seconde Guerre mondiale d'autre part, allaient
retarder l'avènement de la télévision comme média populaire.
Au sortir de la seconde guerre mondiale, les États-Unis sont les premiers à souhaiter imposer
une normalisation technique simplifiant la progression rapide des stations d'émission et un
accroissement rapide du parc des récepteurs : (30 000 en 1947, 157 000 en 1948, 876 000 en
1949, 3,9 millions en 195235). « L'année 1949 est [alors] celle de l'explosion. La grille des
programmes de l'automne abonde en émissions en tout genre, annonciatrices de ce que nous
pouvons voir à l'écran aujourd'hui : fictions comiques et dramatiques, théâtre, films, sport et,
bien sûr, variétés et jeux de connaissances générales richement dotés. »36. Le 14 février 1957,
le pape Pie XII fait de Claire d'Assise la sainte patronne de la télévision37.