Actualisation de l'audit comptable en RDC
Actualisation de l'audit comptable en RDC
Le cours que nous mettons à votre disposition est le fruit d’enseignement bénéficié
lors de notre passage à l’Institut Supérieur de Commerce autour des années 1990 par
son feu titulaire qu’on appelait affectivement Papa MBENZA NGOMA dont la
prestation marquait d’une habilité d’une part et la maitrise en matière d’audit d’autre
part l’a rendu célèbre durant tous les temps dans sa carrière d’enseignant. Qu’il trouve
à travers cette œuvre de l’esprit, l’expression de notre profonde reconnaissance. Paix à
son âme!
Avec toutes les mutations qu’a connu l’exercice de la comptabilité en RDC et depuis
de notre adhésion à l’OHADA le 12 septembre 2012 ; nous nous sommes résolus
d’actualiser ledit cours pour en donner encore une très belle robe, une nouvelle facette
reflétant les réalités comptables du moment et aussi un moyen de remémorer l’âme de
l’illustre disparu pour ses prouesses scientifiques que nous ne cesserons de témoigner
lors de la dispense de cet enseignement en dépit de son expérience longtemps acquise
en tant qu’expert-comptable dans une grande entreprise de la place, citons la
Bracongo.
Nous croyons sincèrement que tous ceux qui l’ont connu prendront le courage de
disséquer ce travail afin de formuler des remarques constructives pour
l’enrichissement de cette œuvre que nous souhaitons continuelle pour l’intérêt de la
science et rien que de la science.
1
Avant-propos
Le contrôle des entreprises par un corps des professionnels honorables, compétents et
indépendants se révèle de plus en plus nécessaire. La mission de contrôle en vue de la
certification des états financiers s’accomplit par un indispensable travail de
vérifications préalables des documents comptables. Ce travail ne peut être confié qu’à
un auditeur externe (expert-comptable indépendant), à l’exclusion de tout autre
amateur, si dévoué soit-il, mais n’ayant pas reçu la formation appropriée. L’audit
comptable ?et relève bien d’une spécialité, basée sur une méthodologie et des moyens
techniques adaptés au cas d’espèce, à défaut de quoi il n’atteindra pas l’efficacité
souhaitée.
En raison du souhait exprimé par le bon nombre de nos étudiants et anciens étudiants,
nous avons accepté de mettre sur papier cet enseignement de résoudre les questions
posées par la pratique de l’audit comptable.
Tout au long de ses études, l’attention de l’étudiant congolais en gestion est attirée par
les cours classiques et anciens tels que l’analyse des états financiers, la gestion
budgétaire, etc. Ces cours constituent pour beaucoup de formations ??scolaires le
sommet des études…l’on sait cependant que rares sont les anciens étudiants qui
pratiquent effectivement l’analyse financière dans la vie professionnelle.
Le cours d’audit comptable enseigne des règles et des principes qui embrassent le
travail journalier du comptable. Peut-on penser à l’enregistrement comptable d’un
document qui ne serait au préalable étudié et examiné dans tous les sens…
Nul ne doute que les professionnels de l’audit interne comme de l’audit interne
trouveront dans ce document une ample moisson de données et un guide pratique qui
les aideront efficacement et au maximum. Auditeurs externes et internes trouverons en
2
ce cours une documentation présentant les impératifs du contrôle interne, les moyens
de le rendre efficace et bénéfique au sein des entreprises.
3
INTRODUCTION
Cette économie moderne présente aussi une particularité suivante : la nette séparation
entre les propriétaires de l’entreprise et le gérant. Dans une petite firme familiale, un
genre de responsabilité ??. Dans notre pays, les entreprises d’Etat sont toutes dirigées
par un conseil d’administration ayant à sa tête un Administrateur Délégué Général.
Etant donné cette nette séparation entre les propriétaires de l’entreprise et les gérants,
il devient quasiment impossible aux premiers cités de suivre eux-mêmes l’évolution de
leurs affaires. L’assemblée générale des actionnaires, les copropriétaires de
l’entreprise, tout comme l’Etat recourent à des techniciens en matière de comptabilité
et d’audit à qui ils confient la mission de les informer sur la bonne marche des affaires
ainsi que sur l’honnêteté des comptes présentés par les gérants. Ces techniciens sont
dénommés : auditeurs, experts comptables, réviseurs d’entreprises, commissaires aux
comptes. Les gérants de leur côté, ne peuvent pas occuper à eux seuls, occuper tous les
postes de gestion dans l’entreprise. Ils disposent ni du temps matériel ni surtout de la
compétence requise pour s’occuper de toutes les activités financières de l’entreprise :
trésorerie, comptabilité, budget, etc.
Ils recourent à des collaborateurs à qui ils confient une partie importante de leurs
responsabilités. A cause de cette délégation de pouvoir, ils sont tenus d’exercer un
contrôle permanent sur les actions de leurs collaborateurs. Ils ont aussi besoin du
concours des auditeurs internes afin qu’ils soient informés sur l’efficacité de leur
action avant d’être contrôlés par des experts externes choisis par les propriétaires de
l’entreprise.
Dans les pays organisés, l’Etat est l’organe suprême qui a le devoir de coordonner les
activités économiques en vue d’un développement harmonieux. Il a par conséquent un
droit de regard sur toutes les entreprises qui opèrent sur son territoire. Une fois
encore, le concours des experts comptables indépendants est nécessaire car par eux
l’Etat peut s’assurer que l’information fournie par les dirigeants des entreprises reflète
bien la réalité. De plus, les recettes de l’Etat proviennent en grandes parties des impôts
sur les revenus des sociétés. Le support de l’Etat repose par conséquent sur la
présentation des états financiers certifiés par un auditeur indépendant.
4
De nos jours, on ne peut plus concevoir un système économique et commercial sans
recourir aux organismes financiers : banques, caisses d’épargne, organismes de prêt de
tout genre. Ceux-ci exigent souvent la présentation des états financiers contrôlés et
certifiés par des experts indépendants.
Les travailleurs qui sont peut-être les plus intéressés dans l’évolution de l’entreprise
qui les emploie exigent, par le biais de leur représentation syndicale, que les comptes
annuels soient certifiés par des auditeurs indépendants. C’est là le meilleur garant de la
continuité de l’emploi.
Enfin, le public dans son ensemble constitue pour chaque entreprise une masse de
clients ou des créanciers potentiels. Il est important que l’attention de ce public soit
attirée par la publication des états financiers certifiés par des auditeurs indépendants.
« Errare humanum est », il semble bien que l’homme, dès qu’il s’est mis à compter,
recompta.
5
entretien de la cavalerie, expéditions navales, fêtes et largesses. Il devait être exposé
publiquement afin de rendre compte directement au peuple de l’emploi de fonds
publics.
A Rome, sous la république, le sénat devait exercer un contrôle sur les comptes des
fonctionnaires taxateurs et encaisseurs. Sous l’empire, ce sont les consuls qui étaient
chargés de contrôler les finances publiques.
L’église, elle aussi, adopte les mesures de contrôle sur la distribution des fonds du
trésor papal. Ce fut sous Grégoire I er le grand (590-604) et le contrôle était exercé par
un « CAMELIER ». En 1001, fut créée la cour pontificale la charge de « Logotheci »
pour la vérification des recettes communes et es dépenses.
Au 13 ème siècle, à Pisse, la comptabilité devait être tenue par deux personnes distinctes
d’une manière contradictoire de telle sorte que le livre de l’une devait se trouver en
concordance avec le livre de l’autre. Ceci est attesté par un livre des comptes du Pape
Nicolas III.
Les buts de l’audit ont eux-mêmes beaucoup évolué. Il y a plus de 100 ans, le rôle de
l’auditeur se limitait à la détection des fraudes. Dès nos jours, la détection de fraudes
est devenue une action secondaire, l’action principale étant la certification de
l’honnêteté des comptes présentés par les gestionnaires.
3. Objectifs du cours
6
A l’issue de cet enseignement, tout étudiant ayant suivi régulièrement et avec
beaucoup d’attention sera capable de (d’) :
7
Première partie
CHAPITRE PREMIER :
L’AUDIT FINANCIER
- Audit signifie l’examen technique des états financiers tandis que l’agent
comptable qui effectue les contrôles se nomme « auditeur » ;
- Certains auteurs utilisent le terme contrôle comptable qui est défini comme
l’activité qui, par l’examen systématique des livres et des documents d’une
entreprise, permet :
8
L’audit financier ou audit interne est l’examen auquel procède un professionnel
compétent en vue d’exprimer une opinion motivée sur la régularité, la sincérité et la
fidélité avec laquelle les comptes annuels d’une entité traduisent sa situation à la date
de clôture et ses résultats pour l’exercice considéré, en tenant compte des lois et des
usages du pays où l’entité a son siège.
Le contrôle interne désigne l’ensemble des procédés, des méthodes et des dispositions
administratives adoptées à l’intérieur d’une entreprise afin d’assurer dans la mesure du
possible, la préservation de l’avoir, l’intégralité, l’exactitude et la fiabilité des registres
comptables, et de favoriser l’efficacité administrative et le respect des directives
émises par la direction. Il faudra donc :
9
- d’apprécier, dès lors, dans quelle mesure la comptabilité est, à même de
remplir son rôle primordial d’outil de gestion ;
- de commencer et d’interpréter dans un rapport les postes d’un bilan en lieu et
place du chef d’entreprise ;
- d’effectuer, éventuellement la critique d’une gestion (contrôle économique).
Le contrôle interne est donc une expertise systématique qui porte aussi bien sur les
documents que sur les livres comptables de l’entreprise et qui peut aller de la simple
vérification arithmétique à la critique de gestion, en passant par la constatation
matérielle des existences. L’appréciation du degré des vétustés, des provisions
nécessaires (stocks et débiteurs) et de la valeur intrinsèque et économique de toutes les
composantes de l’entreprise.
Terminons en disant que le contrôle interne fera l’objet d’un chapitre, défini par le
professeur LIMPERG de la manière suivante : « le contrôle interne est constitué par
l’ensemble des moyens et mesures par lesquels les organes de direction et d’exécution,
non institués en organes de contrôle, contrôlent l’exécution ».
L’auditeur moderne est un de ces hommes sur qui la communauté financière place une
attention particulière. En effet, l’homme d’affaires ne peut pas prétendre maintenir les
différentes phases de l’exploitation sous sa commande à tout moment. Il doit donc
déléguer une partie de ses pouvoirs à ses associés et à ses employés qui l’informeront
chaque jour de l’évolution des opérations d’achat, de production et de vente. Il doit
aussi avoir recours à un agent extérieur dont la profession est d’aider les hommes
d’affaires à mieux comprendre les problèmes financiers et comptables au sein de
l’entreprise. Cet homme, c’est l’auditeur externe, dont la tâche consiste à fournir à ses
clients les conseils, les informations, les idées et les réactions qui seraient autrement
perdues pour l’efficacité des opérations de l’entreprise. L’auditeur externe oblige
souvent les employés de l’entreprise à donner le meilleur d’eux-mêmes afin de devenir
plus efficaces. Les principaux avantages d’un audit ont déjà été évoqués dans
10
l’introduction. Répétons en disant qu’ils peuvent être présentés sous la forme des
utilisations suivantes :
Dans l’entreprise moderne, il y a une nette séparation entre les propriétaires, associés
et actionnaires, d’une part, et les dirigeants, d’autre part. Les premiers cités n’ont que
peu de relations avec l’entreprise. Aussi désirent-ils être informés de la situation
financière, des performances de leurs mandataires (les dirigeants) et de leur rendement.
1.2.4. Le personnel
La loi prévoit que le personnel, par la délégation syndicale, a le droit d’examiner les
états financiers de fin d’exercice. Il peut se faire assister par un expert comptables de
son choix ou de convoquer le ou les commissaires aux comptes pour obtenir des
éclaircissements sur ces états et sur leur rapport. Les délégués syndicaux peuvent
formuler des suggestions sur l’affectation des bénéfices, ils ont pratiquement droit aux
mêmes communications que les actionnaires. Par ailleurs, les gratifications et
bonifications de fin d’années sont souvent fonction des résultats comptables de
11
l’entreprise. Le personnel a donc intérêt que ceux-ci soient contrôlés par un auditeur
qualifié.
Ceux-ci peuvent être des fournisseurs ou des banquiers qui ont prêté des marchandises
ou des fonds espèces à l’entreprise et qui ont intérêt à suivre l’évolution des affaires de
l’emprunteur. Des états financiers sincères et contrôlés par un auditeur indépendant
leurs sont indispensables.
Les créanciers potentiels qui désirent prêter à l’entreprise exigent des états financiers
vérifiés par un expert indépendant afin d’étudier le degré de solvabilité de leur futur
débiteur.
1.2.6. L’Etat
Dans plusieurs pays, les actions des sociétés sont cotées en bourse, c'est-à-dire,
valorisées sur le marché financier. Le public a donc le droit d’exiger des dirigeants une
information économique sincère, objective et complète.
Les spéculateurs en bourse, les analyses financiers, les agents de change, la presse
financière, les investisseurs, non seulement souhaitent mais exigent des états financiers
contrôlés et certifiés.
12
Les qualités professionnelles
Les missions confiées à l’auditeur sont très variées. Il doit posséder une culture
générale poussée et un esprit d’adaptation bien entrainé pour s’intégrer dans
l’entreprise qu’il doit contrôler et conseiller. Il doit posséder à fond les règles de la
technique comptable tant théorique que pratique. Dans plusieurs pays, il est
indispensable que l’auditeur ait pratiqué l’audit aux côtés d’un maitre de stage avant de
s’installer comme indépendant.
Le niveau exigé de formation d’un auditeur diffère d’un pays à un autre. Très souvent,
le degré du graduat ou de licence en sciences commerciales et financières est considéré
comme un minimum indispensable à ’exercice de la profession d’auditeur.
L’indépendance est une qualité fondamentale pour toute profession libérale. A ces
qualités morales s’ajoutent d’autres psychologiques : sens de courtoisie, l’humanité,
respect, etc.
Les qualités morales de l’auditeur feront l’objet d’une étude plus approfondie dans le
chapitre traitant de la déontologie professionnelle.
Le contrôle externe dans une entreprise est exercé par un auditeur dit « externe » ou
« indépendant ». L’indépendance, c'est-à-dire l’absence de lien de subordination, est le
critère principal de l’expert-comptable, c’est â dire un auditeur externe.
L’essentiel de son travail consiste à vérifier les comptes et les états financiers afin
d’être à même de formuler une opinion sur la sincérité des dirigeants de l’entreprise.
13
Le contrôle qu’il exerce sur les états financiers consiste à examiner si la situation
présentée :
A la fin de son travail de vérification, l’auditeur exprime une opinion dans un rapport
qu’il adresse à son client. Ce rapport se présente sous deux formes : le petit rapport
(petit format) et le grand rapport (grand format).
Il n’existe pas de forme standard de petit rapport d’audit dans notre pays. D’une façon
générale, le petit rapport se compose des éléments suivants :
Quelle que soit sa présentation, le petit rapport doit se conformer aux normes
suivantes :
14
KIN’S ACCOUNTING Kinshasa, le 12 février 199X
B.P. 23.222
KINSHASA
Nous avons examiné les états financiers de la société UNIBERGER & Cie au 31 décembre
1995 comportant le Bilan, le Compte de résultat, le Tableau de flux de trésorerie, le Compte
d’exploitation général et des actifs valant espèces arrêtés à la même date.
Notre examen a été effectué selon les normes de révision comptable généralement admises.
Ces normes requièrent la planification et l’exécution de nos travaux d’audit de manière à
obtenir l’assurance raisonnable que les états financiers présentés par la société ne sont pas
entachés d’erreurs significatives.
Nos travaux ont comporté l’examen, sur base des sondages des documents et justificatifs
permettant de corroborer les montants et les informations représentés dans les états financiers
et incluent également l’évaluation des principes et estimations comptables utilisés par les
gestionnaires et la présentation globale des états financiers.
Nous estimons que les travaux d’audit effectués par notre cabinet constituent une base
raisonnable à la formation de notre opinion.
A notre avis, le bilan et compte de résultat constituent une présentation fidèle et honnête de la
situation financière de la société UNIBERGER & Cie au 31 décembre 1995 ainsi que le
résultat de ses opérations pour l’exercice écoulé, en conformité avec les principes comptables
généralement acceptés sur une base conforme à celle de l’exercice précédent.
KIN’S ACCOUNTING/signature
15
Analyse du petit rapport d’audit
Le premier paragraphe du rapport d’audit donne une liste des états financiers examinés par
l’auditeur. Le second paragraphe exprime l’étendue et la nature de l’examen, tandis que le
troisième paragraphe présente l’opinion de l’auditeur. Quelle que soit la formulation utilisée
par l’auditeur, les idées contenues dans ces trois paragraphes sont incontournable, inévitables.
Dans plusieurs pays, comme aux USA et en Grande Bretagne, le mode de présentation du
petit rapport d’audit est recommandé par l’organisation qui organise et contrôle l’audit dans le
pays.
Le rapport d’audit grand format se compose des états financiers, des commentaires sur
les états financiers et les opérations, l’étude des ratios, d’autres informations
importantes telles que les données statistiques, ainsi que l’opinion de l’auditeur.
Le petit rapport est souvent adressé à l’assemblée générale des actionnaires et annexé
au rapport annuel de l’entreprise tandis que le grand rapport est préparé à l’intention
des dirigeants de l’entreprise.
Elle signifie que l’auditeur a acquis une nette conviction sur le reflet, dans les états
financiers proprement établis, de l’image financière de l’entreprise. Dans ce cas,
l’opinion prend la forme la plus courte. La certification sans réserve peut intervenir
également lorsque l’entreprise a accepté d’intégrer dans la comptabilité, avant
l’émission de l’opinion, les ajustements significatifs proposés par l’auditeur (exemple
Window dressing). Ce cas peut concerner aussi l’intégration de l’opinion d’un autre
auditeur ayant examiné l’une ou l’autre portion des transactions de l’entreprise.
Dans ce cas, l’opinion de l’auditeur devra contenir une motivation sommaire pour
éclairer le lecteur.
16
[Link]. Opinion réservée
L’auditeur émet une opinion réservée ou opinion avec réserve lorsqu’il est d’accord
sur une grande partie des transactions de l’entreprise mais relève cependant une
pratique comptable qui consisterait en une application inadéquate d’un principe
comptable.
Exemple :
La formule utilisée dans ce cas est souvent libellée comme suit : « excepté pour… »
Ou « sous réserve de… ».
Ceci intervient lorsque l’auditeur constate des anomalies ou des irrégularités qui
altèrent fondamentalement l’image de marque du patrimoine ou lorsque les
transactions jettent le doute sur la sincérité de l’information financière publiée par
l’entreprise.
La lecture du rapport d’audit doit toujours s’accompagner de l’analyse des notes aux
comptes pour mieux comprendre l’impact chiffré et pour mieux établir le type de
réserve formulée : « réserve simple » ou « réserve qualifiée »
17
[Link]. Déclaration d’abstention
Ce type d’opinion est plus grave que le refus de certification. C’est en réalité une
invitation du public à la méfiance vis-à-vis des informations publiées par l’entreprise.
Dans ce dernier cas, l’auditeur a une pleine connaissance des faits qui altèrent
gravement la fiabilité des états financiers et la continuité de l’exploitation.
A ce point de notre étude, peu d’attention a été faite à l’audit interne. C’est qu’il y a
peu de différences et beaucoup de similitudes dans la nature du travail accompli par les
auditeurs tant internes qu’externes.
Pendant que l’audit externe est conduit par des experts comptables professionnels et
indépendants, l’audit interne est assuré par des employés réguliers de l’entreprise.
Un service d’audit interne est organisé que dans les entreprises d’une certaine
importance.
18
- Revue et évaluation de l’application des contrôles comptable, financier et
opérationnel et favoriser un contrôle effectif à un coût raisonnable ;
- S’assurer de l’évaluation de conformité avec les politiques internes établis, les
plans et les procédures ;
- S’assurer de l’évaluation des éléments d’actif et de leur sauvegarde ;
- S’assurer de la fiabilité des données financières fournies par l’entreprise.
- Le PDG ou ADG ;
- Le directeur financier ;
- Le Directeur des approvisionnements ;
- Le directeur de la production.
Désavantages du système
19
- Une certaine indépendance d’esprit sauf vis-à-vis du P.D.G. ou de
l’administrateur ;
- Une certaine facilité d’intégration au sein de l’organisation ;
- Une certaine facilité de travail.
Désavantages du système
Avantages du système
Désavantages du système
Limitation dans l’étendue des contrôles surtout en ce qui concerne les services
dépendant directement du P.D.G ou A.D.G.
Le service d’audit doit être accepté par tous pour qu’il puisse fonctionner
efficacement.
On ne peut pas formuler une politique rigoureuse, cependant on doit tenir compte des
éléments suivants :
- De la complexité du système ;
20
- De l’importance géographique (entreprise centralisée ou décentralisée avec des
sièges à l’intérieur du pays) :
- Des frais généraux à engager pour organiser et faire organiser ce service : que
ceux-ci ne soient pas trop lourdes par rapport au service attendu ;
- Du nombre d’employés, les américains considèrent qu’il faut un auditeur pour
1.000 employés.
- une entreprise déjà existante qui désire créer un nouveau service d’audit interne
choisira un ancien de la maison remplissant les conditions requises ;
- une entreprise nouvelle recourra aussi à un nouvel élément comme dit au point
ci-haut ;
Le rapport d’audit interne peut être présenté sous diverses formes. Nous donnons ci-
dessous diverses formes d’audit interne :
22
1. Immobilisations
1.2. Il n’existe pas des registres des immobilisations en ordre. Nous avons pu vérifier
les immobilisations par sondage, particulièrement les plus anciennes d’entre elles
ainsi que celles ayant une valeur significative et nous avons inspecté l’usine et les
bureaux afin de nous assurer de leur existence physique et leur utilisation.
1.3. Des régularisations appropriées ont été faites pour les immobilisations qui ne sont
plus en service.
1.4. Les régularisations nécessaires ont été effectuées au 31 décembre 2005.
2. Valeurs d’exploitation
2.1. Stocks
C’est la forme que nous trouvons intéressante car elle permet à l’auditeur interne comme
l’agent contrôlé de réagir et de répondre directement aux remarques avant même que le
rapport n’atteigne sa destination.
Magasin
Alors que l’an dernier, l’auditeur Mr. Nous l’avons noté avec OK
KUKA avait relevé des nombreuses satisfaction et ferons notre
différences de stock, le contrôlé opéré possible dans le sens de
par nos soins dénote une nette l’amélioration.
amélioration à cet égard. Tous les
stocks ont été contrôlés avec Nous avons demandé au Sans autre
satisfaction. Le carburant et le magasinier de justifier remarque
lubrifiant : pétrole, mazout, essence cette différence. Nous satisfait
super n’ont fait apparaitre qu’une devons prendre en
24
différence de 202 litres en super considération le
phénomène
« évaporation » plus
accentuée en ce qui
concerne l’essence super
5. Titres de propriété
Nous avons noté la déclaration du Un effort particulier est A contrôler
directeur de siège selon laquelle la fait dans ce sens et nous lors du
remise en ordre des certificats espérons avoir tous les prochain
d’enregistrement de tous les biens certificats dans un délai passage.
fonciers de Kisangani est en voie raisonnable
d’achèvement.
L’auditeur externe poursuit un but bien précis, celui de donner une opinion sur
l’honnêteté des états financiers présentés par la société. L’auditeur interne est
un prolongement de l’œil du dirigeant de l’entreprise.
Pour cela, son rôle ne s’arrête pas à l’examen des procédures ni à l’évaluation
des systèmes ayant une influence directe sur les opérations financières, mais également
ceux ayant trait aux contrôles opérationnels.
Mais pour que cette fonction soit la plus efficace possible, il est important que
l’auditeur interne dépende du plus haut niveau possible dans la hiérarchie
administrative et fonctionnelle de la société. Même dans ce cas, son
indépendance n’existe qu’à l’égard des dirigeants subalternes de la société et
non vis-à-vis des tiers. En tant qu’employé de l’entreprise, l’opinion de
l’auditeur interne peut facilement être influencée par des considérations de
personnes. Il sera tenté d’accepter le compromis surtout lorsque ses opinions ne
sont partagées par des membres influents de l’entreprise.
Nous avons déjà dit que l’auditeur interne ne peut pas remplacer l’auditeur externe.
Cela veut dire que toute collaboration est exclue ?
L’auditeur externe représente pour l’auditeur interne une aide efficace. En effet :
26
- En lui communiquant les documents de travail et les rapports d’audit interne ;
- la qualité du travail de l’auditeur interne peut avoir une influence sur l’étendue
des vérifications de l’auditeur externe et ainsi réduire le temps de travail de ce dernier.
Une coopération étroite entre les deux auditeurs est donc souhaitable car, comme on
vient de le voir, elle profite aux deux et même à la société. Cependant, il existe des
obstacles à cette coopération.
- Une coopération trop étroite risque de faire croire aux dirigeants de l’entreprise
que l’auditeur interne est au service de l’auteur externe et que ce dernier ne remplit pas
efficacement son rôle.
CHAPITRE DEUXIEME :
3.1. GENERALITES
2.1.1. Introduction
27
management », « l’audit de performance », « l’audit des résultats programmés », « la
révision de gestion ».
II suppose une analyse des résultats et vise aussi l’amélioration d’un système.
L’auditeur opérationnel ne se limitera pas au constat des effets au niveau de
l’information disponible, mais poussera plus loin jusqu’à rechercher dans
l’organisation de l’entreprise, les causes profondes des phénomènes observés. Il
s’agira d’une remise en question des résultats et des systèmes ayant abouti à
l’information sous examen : c’est aspect qui indique l’audit opérationnel du contrôle
de gestion et du contrôle budgétaire : il s’étend son activité à toutes les fonctions de
l’entreprise sans oublier la fonction financière.
28
D’autre différences entre audit financier et audit opérationnel sont notamment :
- Les résultats et les rapports de l’audit financier sont mis à la disposition des
propriétaires de l’entreprise, l’Etat, les agences financières, le public en général.
Les résultats de l’audit opérationnel sont réservés aux dirigeants de
l’entreprise ;
- L’audit opérationnel utilise des domaines non financiers tes que le personnel, le
génie (engineering), etc.
A cause du grand nombre de champs à couvrir, aucune approche ne peut être établie
pour un audit opérationnel donné. Certaines fonctions générales sont souvent
applicables à la plupart des cas d’audit opérationnel. Ces fonctions sont :
Bien souvent les sujets et les objectifs de l’audit opérationnel sont déterminés par le
management supérieur. L’auditeur interne devra alors faire le plan du travail de
manière à atteindre les objectifs définis. L’évidence de ce planning devra être mise sur
documents.
Une étude préliminaire est une procédure commune que doit utiliser l’auditeur pour se
familiariser avec l’opération à auditer. L’auditeur peut utiliser les questionnaires, les
ordinogrammes ou diagrammes analytiques ainsi que les enquêtes sur la performance
de l’étude préliminaire. Le questionnaire doit contenir des questions concernant des
matières qui touchent à l’efficience, à l’efficacité et à la performance des opérations.
L’auditeur devra évaluer les réponses obtenues. Plus tard, il devra rassembler les
preuves qui appuient les réponses reçues. Voici quelques exemples de questions
pouvant être posées :
29
5. Quelles méthodes sont d’usage pour sauvegarder des éléments d’actif ?
6. Existe-t-il un programme pour contrôler l’excès ou la duplication des papiers de
travail ?
Dans le but d’aider à comprendre le flux des biens, des services concernant
l’opération, l’auditeur peut revoir ou préparer les ordinogrammes qui sont les
diagrammes analytiques des opérations. Lorsqu’il étudie un ordinogramme, l’auditeur
recherchera les inefficiences et le manque de contrôle telles que les doubles opérations,
les formes et les opérations indésirables, l’absence d’approbation.
Tout au long des enquêtes menées pendant les travaux d’audit, plusieurs demandes de
renseignements seront faites lors de la première rencontre avec les responsables de
l’opération à contrôler. A cette rencontre, l’auditeur devra essayer d’établir des
rapports et afficher une attitude de coopération avec le personnel au sein de l’opération
à auditer. Leur collaboration est très importante pour un accomplissement efficace de
l’audit. Au cours de cette rencontre l’auditeur pourra poser des questions telles que :
Guidé par les informations obtenues de toutes ces sources, l’auditeur pourra établir
certains critères objectifs pour évaluer l’opération. Habituellement, il n’y a de critères
parfaits et l’auditeur devra développer le plus qu’il pourra dans ces circonstances.
Comme exemple, quels critères pourraient être utilisés pour évaluer l’efficacité d’un
département d’achat ? On pourrait comparer l’importance des sommes dépensées par
rapport au nombre d’agents affectés dans ce département mais une telle comparaison
ne montrera pas si les achats ont été effectués aux prix le plus bas. Pour ce dernier
critère, on pourra déterminer le pourcentage des achats selon la compétence sur le
marché mais ce dernier ne tiendra pas compte des délais de livraison des produits
achetés.
L’exemple ci-dessus montre qu’il faut souvent plusieurs critères pour porter un
jugement sur l’efficacité d’une opération.
30
Le but poursuivi en rassemblant les preuves est d’obtenir une base évidente pour
évaluer les critères de performance précédemment identifiés. Prenons les exemples
suivants pour mieux illustrer les preuves des d’évaluation des performances.
Les rapports budgétaires sont reçus le 30 de Poser des questions au chef département pour
mois suivant savoir quand il reçoit les rapports
budgétaires.
Les écarts budgétaires sont vérifiés sont Vérifier les rapports budgétaires pour les
vérifiés et des actions correctives sont prises. écarts et examiner la documentation sur les
actions correctives (réaffectation du
personnel, réparation de l’équipement,
modification dans la chambre de production).
L’excédent des fonds est placé en obligations Vérifier le budget du cash-flow et le solde
porteuses d’intérêts.
L’auditeur accumulera dans un dossier les preuves obtenues. Les moyens de preuve
peuvent consister en listings ou bordereaux (ex : listing des employés et le nombre
d’heures de formation reçues par an), copies des documents. Quelles que soit la forme
que revêtent ces moyens de preuve, l’auditeur doit avoir une documentation sur ces
preuves pour appuyer ses conclusions.
31
1. Ceci est une faute grave (déviation) à cause des possibilités de pertes des
informations des produits améliorés en faveur de la concurrence et autres ;
2. Ce manquement ne constitue pas un cas isolé mais un comportement habituel ;
3. Ce manquement est dû au fait que les employés de ce département veulent faire
des expériences pendant les heures de repos ;
4. Il n’y a pas de contrôle formel de sécurité dans ce département.
Les analyses et les investigations des écarts ou manquements devront être consignées
dans des documents à garder dans le dossier de l’auditeur parce qu’elles constituent la
base pour des actions correctives futures.
Après avoir analysé et investigué sur une erreur, l’auditeur doit répondre à deux
questions :
La réponse à la deuxième question est souvent la plus difficile parce qu’elle exige que
l’auditeur prenne en considération des facteurs tels que la relation Coût-profit, l’effet
sur le moral des employés, l’uniformité avec d’autres entreprises.
Dans l’exemple donné à la page ci-dessus, une action corrective possible serait de ne
pas permettre l’entrée dans ces bureaux pendant les heures de repos, mais ceci pour les
expériences. Une autre action corrective serait d’engager des gardes pour surveiller ces
laboratoires 24 heures sur 24. Cette dernière solution serait couteuse quoiqu’elle soit
bonne dans certains cas. Une troisième action corrective possible serait de fermer le
laboratoire et de remettre des clefs aux agents autorisés avec un badge d’identification.
Toutes les solutions proposées devront être discutées avec les agents intéressés afin
d’obtenir leurs idées sur la question ainsi que leur coopération.
Le rapport formel pourrait être considéré comme le stade final de l’audit opérationnel.
Cependant tout au long des travaux d’audit, des rapports informels devraient être
préparés et présentés aux dirigeants de l’entreprise. Par exemple, lorsque l’auditeur
constate une déficience grave lors de l’étude préliminaire, ceci devrait être investigué,
évalué et rapporté immédiatement aux dirigeants plutôt que d’attendre la fin des
travaux d’audit.
32
1. Une réunion avec le responsable du département ou de la division à la fin des
travaux d’audit ;
2. Un rapport écrit avec force détails sur les observations et recommandations
devrait être remis aux responsables du département ou de la division ;
3. Un rapport écrit devra être adressé à la direction générale ou au comité d’audit
qui présente uniquement les observations et les recommandations les plus
significatives.
En donnant un crédit propre à une bonne performance, cela donne une bonne image de
l’auditeur et encourage la coopération avec l’auditeur pour les travaux d’audit futurs.
Les observations défavorables devraient inclure une description des écarts, l’action
corrective suggérée ainsi que des commentaires par département ou division. Un
paragraphe final devrait exprimer l’appréciation de l’auditeur sur la coopération et
l’assistance reçues pendant les travaux d’audit.
La détermination des actions correctives suite aux observations reprises dans le rapport
est de la responsabilité des dirigeants de l’entreprise et devrait être considérée comme
étant en dehors des travaux de l’auditeur opérationnel.
33
A Monsieur DAMIEN PODAM
Administrateur Délégué
Sté KINTOS S.A.
BAS-ZAIRE/LUKULA
Evaluation générale
Nous avons trouvé que l’opération du département informatique dans son ensemble est
efficace et effective. Les agents ont exhibé une bonne technique de travail mais certains ont
exprimé le désir de changer de département ; une certaine coordination devrait être envisagée
avec les départements utilisateurs pour satisfaire des demandes ultérieures d’équipement à un
coût moindre.
34
Observations
Le taux d’utilisation du matériel actuel dépassera ses capacités dans un an. De plus, certains
départements utilisateurs aimeraient acquérir des P.C. pour des besoins propres de traitement
de l’information. Pendant que les membres du personnel du département Informatique avaient
déjà contacté certaines maisons de vente du matériel, aucun plan à long terme n’a été fait pour
satisfaire les besoins futurs de la société.
Recommandations
Cette projection devra inclure aussi bien les estimations d’augmentation du matériel existant
que celles de nouvelles applications. La direction générale devra également être consultée
pour les informations qui pourraient affecter les besoins futurs de l’informatique, le
regroupement, les acquisitions, les cessions, etc.
Sur la base de cette projection, les plans devraient être faits pour obtenir l’équipement et le
personnel aux coûts les plus bas, etc.
Nous apprécions la coopération et la courtoisie que nous avons rencontrées tout au long de
nos travaux. Nous aimerons répondre à toutes les questions que vous pourriez avoir au sujet
de ce rapport.
LUZUNGA TSOTUNA
Chef auditeur interne
Il n’est pas possible dans le cadre de ce cours, de présenter des programmes détaillés
d’audit des opérations des départements spécifiques ; les exemples ci- après sont
donnés comme simples illustrations.
2.5.1. Production
35
2. Y a-t-il des pertes excessives de matières premières ? si oui pourquoi ?
1. Un plan à long terme est-il préparé pour l’utilisation de la société, si oui, est-il
convenable ?
2. Le staff du département Informatique est-il suffisant en termes de nombre,
niveau d’études et qualifications professionnelles ?
3. Les activités de l’informatique sont-elles convenablement consolidées pour
servir de base à une réalisation des économies potentielles, telles que :
- Achat équipement plus performant ;
- Utilisation plus efficace des machines ;
- Programmation uniforme et des pratiques opérationnelles ;
4. Y a-t-il des règlements pour contrôler l’accès dans les salles d’opération ?
5. Les politiques de priorité sont-elles clairement définies et périodiquement
revues ?
36
2. Existe-t-il une procédure adéquate pour la présentation formelle des projets de
nouveaux produits et une planification d’ensemble et un programme de
développement ?
3. Les factures d’agences de publicité sont-elles adéquatement supportées par une
autorisation de la société, les services reçus et à des meilleures taux
disponibles ?
4. Les clients sont-ils adéquatement servis en termes de stocks disponibles ?
En conclusion, on peut dire que l’audit opérationnel est conduit spécialement par des
auditeurs externes ou les auditeurs indépendants. Cependant, l’évolution actuelle fait
qu’il intéresse également un nombre important d’auditeurs externes. L’exemple le plus
connu est celui de la firme d’audit Arthur Young & Company’s Management Service
Departement qui s’est engagé à plusieurs projets d’audit opérationnel dans le domaine
de l’énergie.
37
CHAPITRE TROISIEME :
La fonction comptable intéresse une multitude de praticiens à des niveaux les plus
divers. Pour un profane, il n’existe aucune différence entre un comptable, un teneur
38
des livres et un expert-comptable. De façon générale, les comptables indépendants
comme salariés peuvent classés de la manière suivante :
3.1.1. Le caissier
C’est un agent capable de manipuler les fonds et de tenir un journal de caisse dont le
solde doit correspondre à tout moment avec la différence entre les entrées et les sorties
de fonds enregistrées dans le journal de caisse. Le niveau de formation exigé d’un
caissier est celui de D4 ou D6.
C’est un employé d’une entreprise ou une personne installée à son compte pour servir
une clientèle. Il est capable d’analyser les documents comptables et de les enregistrer
dans les différents comptes. Il est souvent chargé de la tenue d’un certain nombre des
comptes pour lesquels il doit justifier les soldes à tout moment.
3.1.3. Le comptable
Pendant la période coloniale, la majorité des entreprises qui opéraient au Congo étaient
pour la plupart des succursales dont les maisons mères se trouvant en métropole :
L’audit était exercé par les commissaires aux comptes envoyés à partir de la
métropole. Le décret du 23 juin 1960 (article 71 à 77), publié à la hâte n’a pas pu
s’appliquer efficacement.
40
- le fait que l’ordonnance donnait aux commissaires aux comptes la latitude de
faire exécuter le travail d’audit, en lieu et place, par des maisons d’expertise
comptable de leur choix.
Après ce triste constat, les commissaires aux comptes furent nommés par une série des
ordonnances présidentielles mais toujours sans succès.
C’est en 1990 que l’équipe a été remplacée par des membres du C.P.C.Z., de la banque
centrale et du ministère du portefeuille mais les constats amers ci-haut formulés ont bel
et bien demeurés.
Signalons que la plupart des maisons qui veulent être des cabinets d’audit ne tiennent
finalement qu’une comptabilité fiscale à la place de l’audit proprement dit. Il est à
noter comme signaler au point 3.2.1. que l’introduction de l’audit dans notre pays a été
favorisée par l’ouverture des succursales des sociétés multinationales euro-américaine
comme Golf Oil Company, Citybank, Good Year….
En même temps que ces sociétés, sont venues s’implanter, des firmes d’audit telles la
firme Coopers & Lybrand, Water Price House, etc. ont également vu le jour.
Notons que plusieurs projets d’ordonnance ont été préparés pour faire asseoir une
structure efficace mais aucun d’eux n’a pu obtenir la sanction du chef de l’Etat.
41
Mais tout récemment en date du 11 septembre 2015 au fleuve Congo hôtel, nous
avons vécu un événement tout particulier : celui de la mise en place de la commission
spéciale chargée d’agréer les premiers membres de l’ordre national des experts
comptables par l’arrêté ministériel n° 019/CAB/MIN/FINANCES/2015 du 25 juillet
2015 ((in journal officiel n° spéciale du 19 févier 2015). Cette commission était
constituée de 9 membres pour mettre sur pieds la composition et la validation des
autres membres de l’organisation nationale des experts comptables se présentait
comme suit :
Les membres de cette commission avaient aussi pour tâche : « de certifier les
déclarations fiscales sur impôts, sur les bénéfices et profits que les contribuables et
autres assujettis déposent à la DGI au terme d’un exercice fiscal. Ils ont enfin selon le
gouvernement la lourde mission de sécuriser l’économie nationale en général pour
une mobilisation accrue des ressources publiques dont l’Etat a grandement besoin en
vue de faire face à ses obligations régaliennes ».
La mise sur pieds de cette commission spéciale est l’aboutissement de lutte menée
depuis 1978 par le Conseil Africain de la Comptabilité et du Conseil Permanent de la
Comptabilité au Congo pour remettre l’ordre dans ce secteur ».
Comme difficultés réelles liées à l’avenir de l’audit en RDC, disons que parmi les
congolais, la confusion est totale entre teneurs de livres (bookkeppers), experts
comptables, analystes financiers, etc. veulent premièrement être appelés tous Auditeur
ou Expert-comptable. Deuxièmement, les congolais installés à leur propre compte et
42
qui travaillent pour une quelconque clientèle s’adonnent plus qu’à la tenue des livres
plutôt qu’à l’audit proprement dit.
La nature aidant, c’est en date du 29/12/2017 soit deux ans plupart que l’ONEC a vu
sa composition des 107 membres et espérons que pas mal des problèmes liés à l’audit
dans notre pays trouveront leurs solutions idoines.
Or, Il était pour nous donc souhaitable avant la venue de l’ONEC que l’Etat par
l’intermédiaire du Conseil Permanent de la comptabilité au Congo, de la Cour des
comptes et du portefeuille puisse organiser la profession d’audit en RDC mais la venue
de l’ONEC suppose que tout se relèvera et il y aura un essor !
3.2.4. Les experts comptables et comptables agréés par les cours et tribunaux
de la République Démocratique du Congo
Il existe au niveau de chaque tribunal de grande instance un registre pour inscrire les
experts de toutes les professions libérales. Ainsi, les experts comptables et les
comptables qui désirent se faire inscrire dans ce registre en font la demande et
l’agrément est constaté par une lettre du magistrat supérieur du tribunal de grande
instance concerné. Aucune condition particulière n’est exigée en dehors des titres
scolaires et professionnels.
43
3.3.1. Organisation de la profession en Belgique
Il existe d’autres associations d’experts comptables non reconnues par la loi dont la
plus importante est le « collège national des experts comptables de Belgique ». C’est
un A.S.B.L. qui regroupe la presque totalité des membres des anciennes associations
ainsi que la plupart des commissaires aux comptes, réviseurs de banque et d’entreprise.
L’A.S.B.L. s’inspire des méthodes américaines de révision comptable.
Aux U.S.A., il existe une association d’auditeurs libres (privés) appelée A.I.C.P.A.
reconnue et protégée par la loi américaine. « L’American Institute of Certified Public
Accountants » est une association d’auditeurs externe qui travailleur pour le public en
général et ne peuvent avoir aucun intérêt dans l’entreprise qu’ils contrôlent. Les
auditeurs américains se regroupent en grandes, moyennes et petites firmes d’audit.
La pratique américaine fait une distinction entre les auditeurs internes, contrôlées par
la direction de l’entreprise et les auditeurs externes, installées à leur propre compte.
L’A.I.C.P.A. ne regroupe que les auditeurs externes à l’exclusion des auditeurs
internes, des teneurs des livres (bookkeepers), des analystes financiers,…
44
- Est expert-comptable ou reviseur comptable au sens de la présente ordonnance :
celui qui fait profession habituelle de reviseur et d’apprécier les comptabilités
des entreprises et organismes auxquels il n’est pas lié par un contrat de travail.
Il est également habileté à attester de la régularité et de la sincérité des bilans et
des comptes de résultats ;
- Nul ne peut porter le titre d’expert-comptable, ni en exercer la profession s’il
n’est pas inscrit au tableau de l’ordre. Cet aspect de l’audit concerne
essentiellement la révision à caractère contractuel, c’est-à-dire non imposée par
la loi ;
2. S’il s’agit d’une révision légale, c'est-à-dire menée dans le cadre d’un contrôle
annuel obligatoire prévu par la loi, seul un commissaire aux comptes inscrit, ou
dans certains cas, un contrôleur de statut légal est habilité à intervenir. Les
conditions sur la liste des commissaires aux comptes sont précisées par le décret
du 12 août 1969 et du 07 septembre 1976.
En Belgique, aux U.S.A., en France, comme dans la plupart des pays où la profession
d’expert-comptable est organisée, la pratique rigoureuse de l’audit moderne est
soumise à des conditions rigoureuses de nationalité et de formation intellectuelle
restriction et morale. Aux U.S.A, par exemple, le candidat auditeur doit satisfaire aux
examens du C.P.A. (Certified Public Accountant) qui sont organisés sur toute
l’étendue du pays et qui durent plusieurs jours. En Belgique, les membres du Collège
National des Experts Comptables de Belgique doivent réussir un examen d’admission
ou alors être porteur d’une licence en sciences économiques, financières,
commerciales et satisfaire aux conditions prévues par le règlement de stage.
La profession d’auditeur intéresse un nombre très varié de comptables qui sont les uns
comme les autres des praticiens indépendants et individuels. Cependant, la tendance
actuelle est celle de créer de grands ensembles sous forme de société en nom collectif
ou SPRL. Lorsque deux ou plusieurs praticiens mettent en commun leurs
connaissances, et leur expérience, les possibilités de spécialisation professionnelle sont
plus grandes et les services à offrir au public sont plus variés, tels que le management-
conseil, le conseil fiscal, l’organisation d’un système comptable, etc.… Il faut ajouter
qu’il est plus facile de former une équipe d’auditeur lorsque la firme compte plus d’un
expert-comptable.
Les firmes d’auditeurs sont d’importance très variées allant d’une entreprise
individuelle à des colosses de plusieurs centaines des praticiens.
45
Du point de vue géographique, on rencontre des firmes d’auditeurs qui ont ouvert des
bureaux à travers le monde. Quant à la clientèle, elle va d’un simple commerçant à des
entreprises multinationales telles que Renault, Nestlé, Total…
46
22 NATHALEX Expert divers 1527, av. colonel
Mundjiba C/ Ngaliema.
23 MATAL TOP ENGINEERING Expert divers 01, Quartier Batende
C/ Matete.
24 TYSON BUSINESS Expert divers 17, av. Bokassa
C/ Gombe.
25 S.S. BUSINESS Expert divers 17, av. Bokassa
C/ Gombe.
26 ADVANCING THE Expert divers 22389, av. Sokwex
KINGDOM C/ Mont-ngafula.
27 ACACIA CONSEILS Expert divers 51, av. du livre
C/ Gombe.
28 YAN SERVICE Expert divers Centre-ville C/ Gombe.
29 COGETRA Expert divers Centre-ville C/ Gombe.
30 TEXAF Expert divers 05, av. de l’école Q.
Binza C/ Ngaliema.
31 CONGO INVEST Expert divers Centre-ville C/ Gombe.
CONSUTING
32 C.C.S. Expert divers 124, Bld. Du 30 juin
C/ Gombe.
33 TROPIQUE GROUP Expert divers Centre-ville C/ Gombe.
34 MEGA DESIGN Expert divers Centre-ville
C/ Gombe.
35 WOLGIAM Expert divers 10, av. Kasa vubu
C/ Gombe.
36 FONDATION GERLER Expert divers Av. Batetela C/ Gombe
37 GARS Expert divers 38, av. du Tchad
C/ Gombe.
38 MGI STYRONG NKV Expert divers 1430, av. Colonel Ebeya
C/ Gombe.
39 EXPERTS Conseils et études Centre-ville C/ Gombe.
économiques
40 KINSHASA PLASTIQUE Cosmétique et 16, av. du pont Q. Beau
détergent marché C/ Barumbu.
41 TRADE SERVICE Expert divers 194 ; av. Flambeau
C/ Gombe.
42 VZ EXPERT Infographie Quartier Binza UPN
C/ Ngaliema.
43 ATC Expert divers 105, av. Lac moero
C/ Kinshasa.
44 EXPERTS SPRL Etudes des marchés Immeuble botour,
niveau 10 C/ Gombe.
45 RADIO COMMUNICATIONS Matériaux et expert 10, av. du marché
divers C/ Gombe.
46 SIGMA GENERAL TRADING Super marché et Bld. Du 30 juin au RP.
hypermarché Mandela C/ Gombe.
47 HOLOGRAM IDENTIFICATION Expert divers 3025 Bis, av. Mbanza
ngungu C/ Ngaliema.
48 FRABEMAR Expert divers Centre-ville C/ Gombe.
47
49 LA MAREE CONGOLAISE Expert divers Centre-ville C/ Gombe.
Source : [Link].
Cette profession est organisée dans la plupart des pays développés au point qu’elle
impose une certaine ligne de conduite dans l’exécution d’une mission de contrôle, que
celle-ci soit confiée selon la loi, selon les dispositions statutaires ou selon un
arrangement contractuel avec le client.
Cette ligne de conduite se traduit par des normes et procédures d’audit qui diffèrent
d’un pays à un autre. En effet, dans certains pays, c’est la loi elle-même qui organise la
profession d’auditeur et détermine les normes et procédures d’audit.
Nous exposons dans ce chapitre un certain nombre des normes et procédures d’audit
telles qu’elles sont adoptées dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique.
Ces normes concernent aussi bien la personnalité de l’auditeur que la façon d’exécuter
le travail « sur le terrain » et la manière de présenter son rapport d’audit.
L’auditeur doit avoir une attitude d’indépendance c'est-à-dire évité d’être mis
dans une situation d’infériorité ou de dépendance, par l’acceptation des
avantages extracontractuels ;
48
L’auditeur doit exécuter son travail avec les soins professionnels les plus
attentifs. Ceci implique qu’il doit appliquer les méthodes d’audit généralement
acceptées avec discernement et efficience.
Le système de contrôle interne instauré dans l’entreprise doit faire l’objet d’une
étude et d’une évaluation appropriée comme base du travail à accomplir et pour
la détermination de l’ampleur des tests auxquels les procédures d’audit doivent
être appliquées ;
L’auditeur doit déclarer dans son rapport si à son avis les états financiers sont
présentés conformément aux principes comptables généralement acceptés ;
Le rapport doit également mentionner si ces principes ont été appliquées sur
une base conforme à celle de l’exercice précédent ;
Le rapport doit contenir l’expression d’une opinion sur les états financiers ou
indiquer qu’aucune opinion ne peut être exprimée ; dans ce dernier cas les
raisons doivent en être données dans le rapport.
49
Il existe une nette différence entre les normes de contrôle et les procédures de contrôle.
Les normes de contrôle sont les principes de base qui doivent guider la nature et
l’étendue des investigations nécessaires à chaque contrôle.
Par contre les procédures de contrôle, par contre, sont divers actes et les étapes suivis
par l’auditeur dans ses investissements.
Prenons l’exemple suivant pour mieux faire ressortir cette différence. Soit le travail de
l’auditeur sur les valeurs d’exploitation ou stocks. Une des normes d’exécution du
travail de l’audit prévoit que celui-ci doit rassembler, par inspection, observation,
investigations, et confirmations, une justification positive suffisante pour servir de
base raisonnable à une opinion sur les états financiers qu’il examine.
D’après cette norme, l’auditeur doit s’intéresser aux quantités et à la valeur des stocks
autrement dit, il doit s’assurer si les stocks sont correctement évalués.
Pour obtenir cette assurance, l’auditeur peut utiliser les procédures suivantes :
- comparer le prix des stocks repris aux inventaires aux prix renseignés sur les
factures ;
- comparer ces prix avec ceux pratiqués sur le marché ;
- vérifier les totaux sur les états d’inventaires ;
- etc…
Les procédures de révision comptable ne peuvent pas faire l’objet d’une liste car elle
doit s’adapter à chaque travail d’audit. Elles font partir de l’expérience de l’auditeur.
L’organigramme type d’une firme de révision comptable peut être composé comme
suit :
Le jeune comptable qui termine ses études est tout d’abord un staff assistant. Il occupe
principalement des vérifications arithmétiques, des rapprochements bancaires, etc….
Ce n’est qu’après quelques années de pratiques qu’il pourra accéder au grade de sénior
auditeur.
CHAPITRE QUATRIEME :
51
FORMATION MORALE DE L’AUDITEUR : DEONTOLOGIE
PROFESSIONNELLE
4.1. NOTIONS
Les règles de déontologie professionnelle ne sont pas uniformes dans tous les pays.
Cependant, elles tournent presque toutes autour des trois orientations principales à
savoir :
52
4.2. REGLES CONCERNANT LES RELATIONS ENTRE CLIENTS ET
AUDITEURS
Indépendance de fait
L’auditeur doit exercer sa profession en toute indépendance et en toute conscience,
sans se placer dans une situation qui puisse diminuer son libre arbitrage ou faire
obstacle à l’accomplissement de son devoir.
Exemples :
- Un auditeur qui aurait des intérêts dans l’entreprise qu’il contrôle pécherait
contre cette règle ;
- Un auditeur interne ne peut pas jouir d’une indépendance de fait parce qu’il doit
travailler suivant une ligne de conduite bien tracée par ses chefs.
Indépendance d’esprit
L’auditeur doit refuser une mission dès qu’il constate l’existence de considérations ou
de liens de nature à influencer sa liberté de jugement. L’auditeur doit montrer aux yeux
des gens qu’il est effectivement indépendant.
Cas particulier :
Un auditeur est choisi par un tribunal pour contrôler une entreprise avec laquelle il n’a
aucun lien. Il accepte de se faire loger par les dirigeants de cette entreprise. Dans ce
cas, il jouit sans doute de son indépendance de fait (absence de lien de subordination)
mais le fait d’accepter un logement fourni par les personnes qu’il doit contrôler le met
dans une position délicate vis-à-vis du public. Il risque de pécher contre la règle
d’indépendance d’esprit.
Cette règle d’indépendance nous amène à soulever une question en ce qui concerne
l’expertise comptable à l’ex zaïre. Nous avons vu que la loi prévoyait la désignation
d’un ou plusieurs commissaires aux comptes dans toutes entreprises de plus de cinq
copropriétaires. Ces commissaires aux comptes, s’ils sont nommés parmi les membres
de l’entreprise ne peuvent être que des auditeurs internes car il leur manque la qualité
d’indépendance. En effet les commissaires aux comptes qui ont intérêt dans une
entreprise ne peuvent pas jouir d’une indépendance réelle susceptible de garantir les
intérêts des tiers : Etat, clients, créanciers, etc.
53
L’auditeur externe est tenu d’observer le secret professionnel. Il ne pourra donc se
livrer à aucune divulgation des faits dont il aura eu connaissance dans l’exercice ou à
l’occasion de l’exercice de sa profession. Les seules exceptions à cette règle sont les
cas d’information judiciaire contre l’auditeur ainsi que les poursuites judiciaires
exercées à son endroit.
Les honoraires doivent être convenus librement avec le client ou basés sur des tarifs
nationaux, s’il en existe. Ils ne peuvent en aucun cas être calculés d’après le résultat
financier obtenu par le client, sauf en cas d’expertise fiscale.
L’auditeur ne peut donner son opinion sur des états financiers que s’ils ont été vérifiés
par lui-même ou par un membre de son cabinet.
Dans l’expression d’une opinion sur les états financiers du client, l’auditeur peut être
l’objet de poursuites :
- lorsqu’il est négligeant dans la façon dont il conduit son contrôle ou la manière
dont il présente son rapport ;
L’auditeur externe ne peut pas autoriser que son nom soit associés dans l’expression
d’une opinion sur les résultats futurs de l’entreprise.
54
La publicité personnelle est contraire aux règles d’étiquette. En effet, la révision
comptable est une profession intellectuelle dont on ne peut se prévaloir soi-même.
Lorsqu’une entreprise commerciale vend sa marchandise, elle vente un objet de sa
création et incite le public à l’acheter. L’auditeur produit des services, certes, mais il
ne peut pas lui-même apprécier son rendement. Cette règle pose un réel problème en
ce qui concerne l’obtention de la clientèle.
- Par l’offre ou l’octroi de remises sur honoraires aux clients ou à des tiers ;
- Par l’offre ou l’attribution de commission ou autres avantages ;
- Par la tenue de conférence ayant un but publicitaire ;
- En usant de l’influence d’un mandat politique ou d’une mission administrative.
4.2.6. Incompatibilité
55
- Il ne peut partager des honoraires qu’avec un confrère et sur base d’une
collaboration effective.
56
Deuxième partie
CHAPITRE CINQUIEME :
5.1. LA CLIENTELE
5.1.1. Généralités
Nous avons vu précédemment que les règles d’étiquettes interdisent aux experts
comptables toute publicité personnelle directe ou indirecte. La question se pose est
celle de savoir comment se créer une clientèle permanente.
La règle contre la publicité semble à première vue défavoriser les jeunes qui ont
l’intention de s’installer comme experts comptables. A la vérité, l’interdiction de la
publicité est une bonne chose, car si elle est permise, les seuls experts comptables
financièrement capables de maintenir une publicité à la radio ou à la télévision seraient
sans aucun doute les anciens dans la profession ; ce qui, tout compte fait, serait en
défaveur des jeunes.
Les débuts dans toute profession libérale exigent non seulement des compétences,
mais encore et surtout du courage et de la patience. Pour les jeunes congolais, le
problème est encore plus complexe car la loi ne protège pas les nationaux en matière
d’audit et les hommes d’affaires congolais eux-mêmes ne semblent pas placer leur
confiance aux citoyens de ce pays, quelles que soit leurs compétences.
Les objectifs d’une vérification comptable ne sont pas la détection des fraudes, au
contraire, l’expertise comptable a une approche positive et constructive, celle de
rassembler les évidences qui appuieront l’opinion qu’émettra l’auditeur.
Il est très important que l’auditeur fasse comprendre cette approche à son client avant
de s’engager. Au cours de la première rencontre avec le client, l’auditeur doit discuter
les méthodes d’expertise ainsi que l’étendue du travail à faire.
57
Les honoraires étant une des conditions de l’engagement, il importe que l’auditeur en
parle avec son client sans cependant donner l’impression que l’intérêt principal
recherché par lui est l’argent ;
Dès qu’un accord mutuel intervient entre l’auditeur et son client, une lettre de
confirmation est envoyée à ce dernier afin de mettre à la lumière :
58
Un modèle de lettre de confirmation d’arrangement est reproduit ci-après :
Citoyen,
J’ai l’honneur de vous confirmer par la présente notre entretien au sujet de la révision de la
comptabilité et des états financiers de votre entreprise pour l’année close le 31 décembre
1976.
Notre expertise sera conduite suivant les règles communes d’audit et comprendra toutes les
démarches que nous jugerons nécessaires à l’’accomplissement de notre tâche qui consiste à
émettre une opinion sur l’honnêteté des résultats financiers de l’entreprise.
Notre note d’honoraire sera basée sur le temps et le staff nécessaires à l’accomplissement du
travail au taux normal à la journée (à l’heure).
Afin de faciliter notre travail, nous vous prions de donner l’ordre à vos agents comptables
pour que soient mis à notre disposition tous les documents que nous jugerons nécessaires.
Pour ce faire, ils devront préparer la balance de fin d’exercice comptable, le bilan, le tableau
de formation du résultat.
Signature
59
5.2. LES DIFFERENTES ETAPES DE L’AUDIT MODERNE
5.2.1. Introduction
- Un audit peut être conduit dans une grande entreprise comme dans une petite,
dans une nouvelle comme dans une vieille ;
- La présente partie décrit les différentes étapes pour conduire l’audit dans une
entreprise bien installée et qui est assez grande pour tenir un système comptable
efficace et viable et un contrôle interne efficace.
Avant d’entamer l’audit proprement dit, le reviseur doit retrouver autant que
possible sur:
- Toutes difficultés rencontrées par les clients dans ses opérations de production,
de distribution, d’expansion, de contrats avec l’extérieur, dans les relations avec
le syndicat des travailleurs, de financement, etc.
60
- Tous problèmes comptables, par exemple, dans l’évaluation des stocks, dans la
détermination du profit.
b) Le plan d’audit
- Une esquisse du travail d’audit sur chaque élément des systèmes comptables du
client et de ses états financiers ;
- Le staff désigné pour accomplir le travail ;
- L’emplacement où doit se faire le travail ;
- Le temps nécessaire pour accomplir le travail ;
- Le coût par temps de travail.
Le planning doit être préparé de manière à tenir compte des exigences du client en
termes de temps de travail et sa capacité à produire les différents états financiers et
analyses comptables.
L’auditeur doit :
61
Ainsi, il n’est pas nécessaire que l’auditeur vérifie chaque écriture enregistrée en
comptabilité. Il se fiera au système est efficace, satisfaisant, il pourra alors se
substituer une investigation et un test du système à un examen détaillé de chaque
écriture. Cette pratique est plus économique et plus efficace parce qu’en vérifiant,
le système peut présenter la preuve que toutes les écritures ont été bien
enregistrées.
La définition qu’on peut donner aux tests de validation c’est que ce sont des tests
sur des écritures et de soldes des comptes ainsi que d’autres procédures telles que
l’analyse critique, qui cherchent à fournir une preuve sur les perfections,
l’exactitude et la validité des informations contenues dans les écritures comptables
ou les états financiers.
Dans le choix des systèmes, l’auditeur considère l’efficacité et le coût pour se fier à
un système donné ou plutôt de mener des tests de validation dans chaque domaine
d’audit. Dans certains domaines, des preuves suffisantes peuvent être obtenues par
une analyse critique. Dans plusieurs cas, une combinaison de l’étude et de
l’évaluation du système de contrôle interne, des sondages de validation et une
analyse critique donnent de meilleures preuves évidentes.
1. Le nom de l’auditeur ;
62
2. Le nom des personnes à qui le rapport est adressé : exemple président de
l’assemblée générale des actionnaires, président délégué général dans une société
d’Etat, le ministre assurant la tutelle d’une entreprise paraétatique ;
3. Les états financiers qui ont fait l’objet des travaux d’audit ;
4. Un paragraphe dans lequel l’auditeur confirme qu’il a mené son audit en
conformité avec les normes d’audit généralement admises ;
5. L’opinion de l’auditeur sur la sincérité ou non des états financiers présentés ;
6. L’opinion de l’auditeur pour confirmer si les comptes ont été présentés en
conformité avec les principes comptables généralement acceptés ainsi que les
instructions internes de l’entreprise.
5.3.1. Introduction
Les travaux d’audit sur les écritures comptables et sur les états financiers relatifs à un
exercice comptable sont exécutés à périodes variées pendant, à la fin et après la fin de
l’année fiscale.
Dans tous les cas d’audit, même dans les petites entreprises, les travaux d’audit
doivent être exécutés dans les installations même du client.
Il est interdit de déplacer les livres et documents comptables du client. Dans les
entreprises à succursales multiples, ceci peut poser des problèmes de déplacement pour
l’auditeur. Dans pareil cas, certaines succursales sont visitées comme échantillon
(modèle) et toutes les succursales seront contrôlés par rotation.
Dans la majorité cas, l’auditeur effectue chaque année trois tournées d’audit dans les
installations du client.
63
a) S’assurer de l’efficacité du système comptable et du système de contrôle
interne ;
b) Préparer les ordinogrammes ou diagrammes analytiques ou « flow charts » ;
c) Evaluez les systèmes pour l’efficacité et la présence apparente des faiblesses ;
d) Préparer et effectuer des sondages pour examiner si dans les domaines dans
lesquels le contrôle interne est faible ou l’inexistant, l’écriture comptables sont
fiables ;
e) Tirer les conclusions sur l’efficacité des livres et les écritures comptables ;
f) Rechercher les preuves sur les sondages de validation pour savoir et les
transactions inhabituelles sont totalement et correctement enregistrées ;
g) Si le temps le permet, faire des sondages sur les éléments d’actif et de passif.
Les sondages devraient normalement être après la clôture de l’exercice. Mais
dans entreprises qui ont des systèmes efficaces, certaines vérifications
pourraient être faites au niveau de l’audit intérimaire : exemple, le contrôle
physique des stocks, la vérification des comptes clients et débiteurs divers.
En matière d’audit moderne, une décision doit être prise sur la confiance à
placer sur le contrôle interne. Si au contraire, l’accent est mis sur l’analyse
critique ou le sondage d’évaluation, l’étude du contrôle interne est par
conséquent négligée.
Dans les derniers jours de l’exercice comptable du client, il sera possible de vérifier
certains éléments d’actif et de passif qui, autrement, ne pourraient pas être contrôlées
en cours d’exercice. C’est notamment le cas pour :
64
b) L’observation et le sondage des comptes qui doivent nécessairement être
clôturés à une date donnée : exemple la caisse, les comptes bancaires ;
c) Le comptage des fonds en caisse ;
d) Le contrôle sur les placements de fonds, par exemple, les actions, les
obligations, les certificats de placement, …
L’audit final est conduit après la clôture de l’exercice comptable. Il a pour but de
rassembler les preuves évidentes statuant que les états financiers constituent une
présentation fidèle et honnête de la situation financière du client en conformité avec
les principes comptables généralement acceptés ainsi que les instructions internes de
l’entreprise.
La période des travaux d’audit final varie d’une entreprise à une autre. Pour certaines
sociétés, les travaux d’audit final commencent vers la fin de l’exercice et les états
financiers audités sont publiés dans les deux mois qui suivent la fin de l’exercice.
Pour d’autres, par contre, ces travaux débutent après la clôture de l’exercice. Les deux
cas présentent des avantages et des inconvénients.
Le gros avantage d’un audit conduit beaucoup plus tard après la fin de l’exercice est
le fait qu’il présente des données beaucoup plus complètes. Cependant, il présente
l’inconvénient majeur de donner des informations déjà dépassées, et devenues
purement historiques pour les preneurs de décision.
Les travaux à effectuer après la fin de l’exercice sont notamment les suivants :
65
- effectuer des sondages de cohérence ou de conformité pour les systèmes resté
inchangé depuis l’audit intérimaire jusqu’à la clôture de l’exercice.
66
CHAPITRE SIXIEME :
6.1. INTRODUCTION
Il est d’une importance capitale que le travail d’audit soit planifié à l’avance parce
que :
a) Les moyens recherchés pour atteindre les objectifs de l’audit doivent être établis ;
b) L’audit peut être ainsi contrôlé et dirigé ;
c) L’attention peut être portée sur les points critiques et à haut risque ;
d) Le travail à accomplir peut ainsi être achevé économiquement et en temps voulu.
La plupart des firmes d’audit préparent un mémorandum qui renferme les facteurs à
prendre en considération, les méthodes par lesquelles les objectifs d’audit peuvent être
atteints ainsi que les différents points à mettre en œuvre. Un mémorandum de planning
d’audit pourra contenir ce qui suit :
67
a) Les termes de l’engagement
Le travail à accomplir pour le client : audit comptable, audit fiscal, lettre de faiblesses
dans le système comptable.
Il est très essentiel que tous les membres de l’équipe de l’audit comprennent
clairement l’affaire du client ainsi que son organisation. Ceci est le seul moyen
d’émettre un jugement sur le risque associé à l’engagement. Aussi un audit effectif et
économiquement acceptable ne peut être mené que si tous les facteurs importants de
l’environnement opérationnel et organisationnel sont bien cernés. La connaissance de
ces facteurs facilite aussi le contact avec le staff du client ainsi que les dirigeants. On
68
peut ainsi juger la fiabilité des documents et rapports présentés par le management et
même toute la politique comptable de la maison.
Ayant balayé la connaissance de l’affaire du client, faisons un tour sur ce qui concerne
l’affaire de l’entreprise.
Statuts et modification des statuts publiés au journal officiel. Il devra obtenir et étudier
ce qui suit :
- la formation du capital ;
- les personnes physiques ou morales qui y sont intéressée ;
- la composition de conseil d’administration ;
- la composition du collège des commissaires aux comptes, notamment obtenir
- l’acte publié à l’occasion de leur nomination ;
- la composition du comité de gestion.
69
L’auditeur devra visiter l’entreprise afin de se faire une idée sur son activité.
d) Organisation comptable.
6. Le dossier fiscal
70
Il serait imprudent de la part de l’auditeur s’il n’examinait pas avec soin le dossier
fiscal de l’entreprise.
Deux situations peuvent se présenter : ou bien l’entreprise paie trop peu d’impôts et
elle risque un jour de se faire prendre par les inspecteurs fiscaux, ou bien elle paie trop
d’impôts, et dans ce cas, il est possible de récupérer le trop perçu.
71
CHAPITRE SEPTIEME :
Pour répondre à toutes ces exigences, l’auditeur recourt aux méthodes et procédés de
contrôle.
Deux méthodes peuvent être suivies pour le contrôle des états financiers et les
documents comptables :
- la méthode progressive ;
- la méthode rétrograde.
Dans cette méthode, l’expert-comptable suit l’enregistrement des opérations depuis les
pièces justificatives, en passant par la journalisation le grand livre, et … jusqu’à la
situation de synthèse.
Ici, l’auditeur part de la situation de synthèse pour remonter par des regroupements,
aux écritures de base et aux pièces justificatives. Cette méthode a le mérite de faire
appel dès le début de l’intelligence de l’auditeur, à son esprit de synthèse et d’analyse.
Elle évite beaucoup de contrôles inutiles ou superflus.
72
7.2. PROCEDES DE CONTROLE
Le bilan ainsi que les autres supports comptables doivent être en concordance avec la
comptabilité et ce contrôle peut s’effectuer suivant divers procédés, qui permettent de
découvrir les erreurs et les fraudes. On distingue cinq grandes catégories de procédés
de contrôle :
- le contrôle arithmétique ;
- le contrôle des pièces justificatives ;
- le contrôle des existants ;
- le contrôle d’évaluation ;
- le contrôle indiciaire.
Il s’agit ici d’assurer de la correction des calculs arithmétiques et les rapports ainsi que
des concordances élémentaires des comptes avec la balance, de celle-ci ave le bilan.
En cas de présomption de fraude, le contrôle arithmétique intégral s’impose, dans les
autres cas, ce contrôle pourra être effectué par des sondages dont l’ampleur sera fixée
en fonction de contrôle interne et de son expérience.
Quoi que monotone et fastidieux, le contrôle arithmétique ne doit pas être négligée.
Ce contrôle permet de s’assurer que chaque écriture correspond bien à un fait réel. La
pièce justificative est constituée par tout document, d’origine interne ou externe, qui
relate une opération effectuée par l’entreprise. Toute écriture comptable devant être
appuyée par une pièce justificative, le contrôle consiste à s’assurer :
Ce contrôle permet de s’assurer que le solde de certains comptes reflète bien la réalité.
Il porte sur les valeurs de l’actif disponible et réalisable. Il se fait par comptage,
mesurage, pesage, jaugeage, etc…en rapprochant les totaux obtenus avec ceux repris à
l’inventaire. Le contrôle des existants réels peut se faire également par demande de
confirmation de solde. Un exemple est la demande de confirmation de solde adressée à
un client ou au fournisseur.
73
Elle a pour but de s’assurer que la valeur attribuée aux éléments de l’actif de
l’entreprise est judicieuse. La question des évaluations est une question épineuse car
elle requiert des connaissances approfondies de l’entreprise et des prix.
Dans ce cas, l’auditeur s’assurera que les estimations ont été faites avec prudence.
Il est basé sur la recherche des faits qui peuvent constituer l’indice d’une irrégularité
comptable, financière ou économique ou au contraire faire présumer de leur
irrégularité. Ce moyen de contrôle utilise souvent des statistiques et chiffres de repère
qui permettent de faire parler des chiffres dans le but de servir de contrôle.
1. Les immeubles ont augmenté des valeurs (+ 44.000) par acquisition ou par
réévaluation ;
2. Le niveau des stocks à la fin de l’année n’a pas connu de changement notable (-
8.000).
Nous avons déjà dit qu’il n’était presque plus possible à un auditeur de faire une
vérification détaillée et exhaustive de toutes les opérations enregistrées en
comptabilité. Cela équivaudrait d’ailleurs à recommencer à peu près le travail exécuter
par plusieurs personnes pendant toute l’année. Pareille éventualité ne pourra être
envisagée que dans certains cas des fraudes graves et en cas d’expertise judiciaire.
L’auditeur après avoir étudié et apprécié le contrôle interne tel qu’il est organisé au
sein de l’entreprise, il a pu se rendre compte du sérieux avec lequel les principes
comptables y sont appliqués. Il a également pu déceler les points faibles de la
74
comptabilité. Ce qui lui reste à faire maintenant c’est de passer à la vérification des
documents et pièces comptables et des états financiers, d’exprimer son opinion.
Dans la pratique, ceux qui utilise « les coups de sonde » comme moyen de révision
comptable ne se limitent pas à un coup de sonde unique, guidée par le connaissance
des affaires de leurs clients, ils pratiquent une série de « coups de sondes »
systématiques, effectués selon le choix qu’ils estiment « raisonné », souvent sans
valeur scientifique. Un autre terme pour désigner les « coups de sondes » c’est « le
sondage empirique ».
75
Constatations
1. Le nombre des comptes choisis croit à mesure que croit le montant des comptes
à vérifier. La question qui peut être posée à l’expert-comptable est : pourquoi
10%-20% = -20% ?
2. C’est pourquoi nous disons que la fixation du nombre de comptes à vérifier est
arbitraire.
Remarques
La méthode de tests basée sur l’établissement d’un pourcentage des comptes à tester
suscite les remarques suivantes :
- La méthode, dans son application peut varier d’un expert à un autre, d’une
révision à une autre, elle aboutit donc à des résultats différents.
- La grandeur de l’échantillon est déterminée d’une manière arbitraire.
- Il y a un risque de prélever un échantillon non adéquat.
76
Il existe plusieurs méthodes de sondage et leur utilisation particulière dépend des
caractéristiques de la population à examiner.
Nous distinguons :
1. Sondage simple
C’est celle qui exige une condition préalable : tous les éléments doivent être numérotés
de manière ininterrompue.
2. Sondage systématique
Dans ce cas le prélèvement est effectué par l’emploi d’une progression dont le point de
départ est un nombre aléatoire tiré au hasard.
Exemple : tirons au hasard un nombre 3 sondages 1/10. Les éléments à vérifier seront
de la fréquence de 13, 23, 33, 43, 53, 63, 73, 83, 93, 103, etc.
Cette méthode s’emploie surtout lorsque les documents ne sont pas numérotés et les
chiffres présentés ci-dessus correspondent à la place occupée par chaque élément dans
le classement.
3. Sondage stratifié
4. Sondage révélateur
Dans ce cas, on est amené à devoir localiser un certain nombre d’erreurs par exemple
à rechercher l’existence de fraudes, de malversations ou de déviation dans
l’application des mesures de contrôle interne. L’échantillon prélevé : nous révélera
qu’il y a moins un cas de l’erreur recherchée. Exemple : nous voulons contrôler une
population de 5.000 chèques émis. Nous recherchons s’il existe un seul chèque qui
porte une nouvelle signature au lieu de deux prévues par le règlement de l’entreprise.
S’il l’échantillon choisi nous donne un seul cas, nous concluons qu’il arrive de pouvoir
prélever de l’argent à la banque avec une seule signature.
77
d) Combien d’éléments faut-il prélever ?
Après avoir obtenu le résultat d’un sondage, l’auditeur doit prendre une décision quant
à la nature de l’opinion qu’il doit émettre, non pas sur les échantillons vérifiés mais sur
la comptabilité et les états financiers pris globalement. L’appréciation du résultat du
sondage est souvent fonction de l’expérience de l’auditeur
78
CHAPITRE HUITIEME :
Quelle quantité de preuves et faits probants faut-il pour formuler une opinion sur un
événement comptable ?
Les états financiers d’une entreprise donnée constituent la présentation par ses
dirigeants de la situation financière et économique de l’affaire. Le rapport de l’auditeur
est l’expression d’une opinion par un expert indépendant sur la sincérité des états
financiers de l’entreprise. Le rôle de ce dernier est celui d’un professionnel qui
critique, investigue, analyse et évalue les opérations financières et comptables
conduisant à l’élaboration des états financiers. Il doit par conséquent rassembler toutes
les preuves intrinsèques pour l’opinion qu’il émet.
Avant d’exprimer une opinion sur les états financiers d’une entreprise, l’auditeur doit
avoir une conviction que :
1. Tous les éléments des états financiers sont supportés par le solde des comptes
du grand-livre ;
2. Le solde de ces comptes résume correctement le résultat des transactions en
débit et de crédit ;
3. Ces opérations en débit et en crédit représentent à leur tour une interprétation
comptable correcte des transactions de l’entreprise.
Dans une entreprise qui utilise le système comptable manuel et classique, la chaine des
faits probants s’étend des documents comptables à leur enregistrement dans le journal,
le grand livre, la balance jusqu’aux comptes de résultat et au bilan.
Pour une entreprise dotée d’un système comptable informatique, l’auditeur doit
pouvoir retrouver cette même chaine à travers les listings à sa disposition.
L’audit comptable peut être défini comme un processus qui consiste à rassembler et
évaluer les faits probants suffisants comme base pour l’expression d’une opinion sur
les états financiers. Le second paragraphe du petit rapport de l’auditeur dit ceci :
« Notre examen a été réalisé en conformité avec les standards de l’audit généralement
acceptés y compris les tests sur l’enregistrement des transactions et d’autres
procédures d’audit que nous avons jugées nécessaires en ces circonstances ».
79
Pourquoi l’auditeur doit-il faire des tests sur les enregistrements comptables ?
La réponse est simple : pour rassembler les preuves intrinsèques de son opinion sur
les états financiers.
Pourquoi l’auditeur doit-il utiliser toutes autres procédures d’audit jugées par lui
nécessaires pour la circonstance ? La réponse demeure la même : pour avoir une base
sûre pour l’expression de son opinion…
L’expression de l’opinion de l’auditeur porte sur les états financiers considérés dans
leur ensemble. Il résulte de ceci que l’auditeur doit baser son opinion sur des faits
matériels ayant une certaine importance et pouvant apporter des modifications notables
aux résultats comptables.
Cela revient à dire qu’un élément (transaction ou écriture) n’est considéré comme
significatif que lorsque son existence, sa mauvaise évaluation ou son omission
affectent la sincérité des états financiers.
Une erreur de 100 $ constitue-t-elle un fait matériel pour la DGDA ? Que représente
120 $ pour les finances d’un petit dispensaire de l’intérieur ?
Le concept de la matérialité des faits est très difficile à juger. Prenons le cas d’une
entreprise comme la Société Nationale d’Electricité (SNEL). Le fait que le stock de
Coca cola vendu au personnel figure dans la rubrique « frais divers de gestion » au lieu
de la rubrique « de stocks de fin d’exercice » constitue-t-il un fait matériel susceptible
d’apporter des modifications aux résultats des états financiers ? Mérite-t-il d’être
mentionné dans le rapport d’audit ?
Ces différentes questions montrent combien il est difficile de porter un jugement sur
une erreur ou une fraude découverte. L’auditeur doit avoir un sens de jugement très
haut car la moindre légèreté dans ce domaine risque de le discréditer.
Exemple un audit confié par les inspecteurs des finances ne signale aucune
malversation sur la gestion d’un diplomate. Le parquet fut obligé de commettre
d’autres experts qui signalent au procès les différences et erreurs de 1 franc ici, 0,60
francs par là et furent hués par le public.
80
Dans une entreprise basée à TSHELA, la firme chargée de conduire l’audit envoyait
de recrues. Ces derniers se contentaient de vérifier les transactions entrainant les
entrées et sorties des fonds. Ils considéraient comme peu d’importance toutes les
entrées et sorties de matériel. Les dirigeants de l’entreprise ayant constaté cette
négligence, exigèrent des staffs plus expérimenté. Ce dernier, après une enquête
approfondie, découvrit des manquants très importants au magasin des vivres et au
magasin des petit matériel. A la faveur d’un très faible contrôle interne, le magasinier
avait inventé une procédure de faire sortir 2 à 3 sacs de riz par semaine pour sa
boutique à la maison. La disparition d’un sac n’est certes pas un fait matériel. Mais
une action répétée favorisée par une faiblesse du contrôle interne peut occasionner des
pertes énormes à l’entreprise.
Une règle des normes relatives à l’exécution du travail d’audit dit ceci :
L’auditeur doit rassembler une justification positive capable d’appuyer une opinion.
La règle va plus loin et ajoute que la justification doit être positive et suffisante ? Les
deux exemples ci-avant permettent de comprendre le souci de l’auditeur de rechercher
une justification quantitative et qualitative valable. Seule expérience de longues années
de pratique dans l’audit permet à l’auditeur de cultiver en lui un jugement valable.
En matière de comptabilité, certains faits sont plus probants que d’autres. Un procès-
verbal de situation de caisse contresigné par le caissier est plus positif qu’une simple
phrase de l’auditeur disant que la caisse a été trouvée exacte. Un état de rapprochement
bancaire est plus probant qu’une simple déclaration statuant qu’il existe une
concordance parfaite entre l’extrait bancaire et le compte « banque ».
Les faits les plus importants qui doivent retenir l’attention de l’auditeur peuvent être
présentés comme suit :
1. Le contrôle interne
81
2. Les preuves physiques
Les preuves les plus fréquentes rencontrées par les auditeurs sont sans conteste les
documents. La valeur d’un document comme moyen de preuve dépend de son origine.
En effet, les documents comptables peuvent être d’origine interne (journal, chèque,
virement) ou externe (facture, reçu).
Ce sont les plus ciblés par l’auditeur : crée en dehors de l’entreprise et transmis à lui
sans passer par un service quelconque de l’organisme contrôlé. Par exemple dans la
vérification du compte « client », le débiteur est invité à écrire directement à l’auditeur
pour donner la confirmation du solde de son compte.
Une lettre de confirmation envoyée par le client lui-même à l’auditeur est un moyen de
preuve externe très valable. Un autre exemple de document au client par externe est la
confirmation de solde envoyée à l’auditeur par la banque.
L’attention de l’auditeur devrait être attirée sur tout document extérieur qui comporte
des ratures, car la pratique comptable considère les ratures comme une possibilité de
fraude. Evidemment, les cas d’erreurs corrigées par les services d’expéditeurs ne sont
pas à écarter. Dans ce cas, une deuxième lettre de confirmation est nécessaire.
Les documents d’origine externe reçus directement par les services de l’entreprise
contrôlée ont également une valeur probante mais moindre par rapport à ceux reçus
directement par l’auditeur lui-même.
Parmi les documents internes comme moyen de preuve, chèque est le plus important.
En effet le chèque est le moyen de paiement par excellence dans le commerce.
Plusieurs entreprises exigent deux signatures pour l’émission d’un chèque. Les
possibilités d’altération du chèque postérieures à son émission sont très faibles car la
banque elle-même se méfie des ratures sur ce genre des documents.
82
Les autres documents internes sont des moyens de preuve peu convaincants et exigent
un contrôle plus sérieux. On peut citer : les factures, les relevés de vente, les
documents d’expédition, bon de commande, la balance provisoire, etc.
La confiance à placer de plus sur ces comptes et journaux comme moyen des preuves
dépend une fois de plus de l’efficacité du contrôle interne. Dans la mesure du possible,
les journaux auxiliaires doivent être tenus par des agents différents de celui qui tient le
grand livre. Si les journaux et les comptes sont bien tenus, l’auditeur peut alors se fier
à leur contenu. L’auditeur vérifiera sur le compte si la valeur comptable de l’objet
vendu correspond bien à la différence entre la valeur d’acquisition et les
amortissements cumulés.
La comparaison entre les chiffres de l’année sous contrôle et ceux des années
précédentes représente pour l’auditeur un moyen de contrôle efficace. En effet, la
comparaison lui permet de déceler les indices de grands changements intervenus au
cours d’une année déterminée. Ces changement devront être contrôlés jusqu’à entière
satisfaction. En plus de la comparaison, l’auteur fera celle des pourcentages des
éléments des états financiers d’année en année. Lors d’un contrôle, un auditeur peut
déceler une fraude grâce à la comparaison des pourcentages des créances
irrécouvrables qui ont augmenté sensiblement. Le comptable avait volontairement
augmenté ce montant pour couvrir une fraude.
Les calculs sont également nécessaires pour vérifier les dotations de l’exercice aux
amortissements et aux provisions.
Tous les paiements basés sur un pourcentage devront faire l’objet d’une vérification
par calculs : pourcentage sur les ventes, provisions pour les impôts et taxes, etc.
7. Preuves orales
Tout au long de son travail de vérification, l’auditeur sera emmené à poser beaucoup
des questions aux différents agents de l’entreprise qu’il contrôle. Les réponses à ces
diverses questions constituent pour l’auditeur un indice de preuve.
83
Généralement cette catégorie de preuve est insuffisante en elle-même mais elle peut
permettre de découvrir des situations qui exigent une investigation approfondie
pouvant produire d’autres preuves plus fiables.
Comment doit-on aborder les agents à qui l’on pose des questions ?
L’auditeur doit éviter d’être autoritaire ni trop terre à terre. Une question posée en tête
à tête entre deux personnes aura des chances d’obtenir une meilleure réponse qu’une
autre posée en milieu de monde. L’auditeur devra aussi éviter d’être suspicieux,
d’adopter une attitude policière. Un manque de tact dans la manière d’aborder les
agents peut être la cause d’un échec dans la conduite d’un audit.
Le prix à payer ne peut être le facteur dominant dans la recherche d’une preuve,
cependant, l’auditeur ne peut pas le négliger. Entre deux moyens de preuve, il doit
choisir le plus évident mais aussi le moins couteux. Donnons un exemple : un auditeur
doit contrôler les valeurs immobilisées d’une entreprise. Certaines de ces valeurs se
trouvent en Belgique. Il peut effectuer ce contrôle de plusieurs manières. Il peut, par
exemple, procéder à un contrôle physique des éléments se trouvant au pays et se
contenter d’une confirmation d’existence et de possession produite par les autorités
belges à Bruxelles.
Il peut aussi obtenir de se rendre en Belgique pour constater par lui-même l’existence
de ces immobilisations. Il est évident que la dernière solution est plus coûteuse que la
première et qu’il faudra bien réfléchir et bien peser la dépense avant d’opter pour cette
situation.
9. Les preuves fournies par des faits postérieurs à la date de la clôture du bilan
L’opinion de l’auditeur sur les états financiers d’une entreprise peut modifier par les
faits apparaissant après la date de clôture du bilan mais avant la fin de l’audit. En effet,
plusieurs erreurs ou omissions peuvent être découvertes au cours de l’expertise qui
intervient généralement après la date de clôture du bilan.
84
Dans tous les cas, la matérialité des faits constatés après la date de clôture du bilan
est déterminante. Lorsque l’auditeur décide que des modifications soient apportées au
bilan, il doit donner une explication nette et claire du pourquoi de ces changements et
de sa décision.
85
CHAPITRE NEUVIEME :
AUDIT ET INFORMATIQUE
L’utilisation des ordinateurs dans les entreprises à profit avait débuté vers les années
1950. Leur emploi était tellement limité pendant cette période que les auditeurs
portaient peu d’attention à leur existence. C’est vers les années 1960, l’accroissement
du nombre des ordinateurs avait stimulé la publication d’une littérature abondante sur
la nouvelle matière comme instruments qui devraient être développé pour répondre au
défi de différents systèmes.
De nos jours, il est généralement admis que l’audit des états financiers générés par
l’ordinateur est en maintes occasions, similaires et différentes de l’audit des états
financiers produits manuellement sur les documents comptables.
Similarités
2. Les éléments de base d’un système de contrôle interne sont les mêmes. Exemple : la
division du travail.
3. Les buts majeurs pour l’étude et l’évaluation du système de contrôle interne sont
pour une opinion et pour déterminer la base pour l’importance, le temps et l’étendue
des tests nécessaires.
Différences
86
Depuis une trentaine d’années donc, l’emploi des moyens électroniques de traitement
s’est considérablement développé dans le domaine de gestion.
L’introduction des ordinateurs dans une entreprise entraine les effets ci-après :
- De nouveaux moyens offert par l’auditeur lui-même pour la réalisation de ses tests et
sondages de façon la plus rapide et le plus exhaustive.
Lorsque l’auditeur doit contrôler les états financiers générés par un ordinateur, il est
tenu de comprendre et maîtriser les concepts et la terminologie propres au traitement
de l’information. Ceci permettra d’entrer en contact permanent avec le personnel du
service informatique et de faire une étude du système et des traitements informatiques.
L’audit de son côté utilise un langage propre connu de la direction financière et des
agents comptables à qui le rapport de l’auditeur est destiné.
Les progrès des systèmes informatiques sont tellement rapides que les techniciens
doivent être suivis avec attention si l’auditeur désire garder ses connaissances à jour.
87
L’étude de l’impact de l’informatique et de l’utilisation des ordinateurs sur la mission
de l’auditeur, nous amène à examiner les principales caractéristiques d’un bon contrôle
interne au sein d’un service informatiques et à passer en revue l’ensemble des
méthodes et techniques disponibles permettant de d’évaluer la qualité du système de
contrôle interne du service informatique et la validité des applications qui concurrent à
ma gestion financière et comptable de l’entreprise.
L’emploi d’un ordinateur entraine une redistribution des fonctions et des travaux de
responsabilité et de contrôle.
Une banque des données est généralement fragile et vulnérable à cause des sinistres
éventuelles, de mauvaises manipulations accidentelles ou volontaires et qui peuvent
être la cause d’une détérioration totale ou partielle de la banque des données.
88
- ils ne distinguent pas facilement, comme les services utilisateurs, l’information
très importante d’une information négligeable ;
- l’information étant stockée sur des supports (flash disk, disque dur, carte
mémoire…), il sera plus pour l’auditeur, de conduire l’audit de la même
manière qu’il ferait qu’il se trouvait devant les supports manuels (journaux,
livres, balances, bilan, etc.).
Avec l’utilisation de l’ordinateur, un grand nombre des tâches sont concentrées au sein
du service informatique. Ceci oblige l’auditeur à étudier et évaluer le système de
contrôle interne dans ce service. Le but poursuivis est d’assurer une supervision d’une
séparation satisfaisante des fonctions ainsi que la préservation des actifs informatiques
et l’utilisation maximale des ressources humaines et matérielles.
L’information gérée par le service informatique est en grande partie sous forme codée,
permettant à l’ordinateur d’avoir un accès direct. C’est pourquoi, l’auditeur doit
pouvoir utiliser l’informatique pour certains travaux d’audit.
Face au système informatique, l’auditeur doit adapter ses démarches et ses moyens de
contrôle de tout genre et en même temps : ce qui serait impossible s’il le faisait
manuellement.
Face au système informatique, l’auditeur doit adapter ses démarches et ses moyens de
contrôle :
89
- l’ordinateur a provoqué des changements importants dans l’organisation de
l’entreprise. Il a contribué par exemple à une redistribution complète des taches
entre service. Ce qui modifie la répartition des responsabilités et des contrôles ;
- les risques de fraude et d’erreur ne sont plus même après l’informatisation de
l’entreprise ;
- l’ordinateur, avec les informations qu’il gère, présente de nouvelles possibilités
d’investigations et de contrôle plus performants et plus exhaustifs. En bref,
l’auditeur devra procéder de deux manières :
- Examiner le contrôle interne dans le processus informatique et mettre en relief
les points forts et les points faibles les plus importants ;
- effectuer des tests de permanence sur les points morts et des tests plus profonds
sur les points faibles.
- contrôle de l’organisation ;
- contrôle du développement ;
- contrôle de traitements ;
- contrôle de la documentation.
Contrôle minimum est égal à la séparation entre les fonctions compatibles et les
fonctions non compatibles :
- le service informatiques ne peut pas créer des transactions, ouvrir des comptes,
passer en revue l’information gérée par lui, corriger les erreurs ;
- Séparation entre l’attribution des autorisations d’accès et de mise à jour des
fichiers et la réalisation de ces mises à jour par le personnel d’exploitation.
90
- un autre standard de contrôle minimum c’est la séparation entre fonctions
spécifiques du contrôle informatique, la conception et la programmation qui
doivent être de l’exploitation.
Le service informatique qui doit être placé sous la tutelle d’une entité de gestion
majeure pour :
91
On peut concevoir deux standards de contrôle minimum :
Trois grands objectifs de contrôle se répartissent les contrôles opérés sur les
traitements :
- détection d’erreurs accidentelles qui s’explique par le fait que l’ordinateur doit
être utilisé comme moyen de contrôle notamment pour la détection des erreurs.
92
- une bonne séparation des fonctions au sein du service, c’est-à-dire la
séparation de l’analyse, la programmation et l’exploitation d’une part et
d’autre part, la séparation entre le personnel du fonctionnement et le
programmateur ; pour le pupitre, un suivi permanent et efficace.
- Son but essentiel est de vérifier que les procédures informatiques, en elle-même
(programmes, conduite de l’exploitation, système de sécurité et de sauvegarde)
n’altèrent pas la présentation des résultats d’ordre comptable ou financier de
l’entreprise.
94
CHAPITRE DIXIEME :
10.1. GENERALITES
L’occasion fait le larron …dit-on. Le comptable, le caissier et même le dirigeant se
trouvent se trouvent placés devant des possibilités de récupération individuelle. Ils sont
confrontés à des besoins pratiquement illimités. Le salaire d’un chacun est devenu vite
insuffisant à satisfaire ses besoins.
De plus, la société a une richesse appréciable et on est vite tenté d’effectuer quelques
prélèvements personnels de cette énorme richesse que l’on gère. La seule inquiétude
que l’on peut avoir est la conséquence éventuelle, en cas de découverte.
L’homme ne peut être placé devant des épreuves trop longues d’honnêteté : au-delà
d’une certaine limite. Ces épreuves se transforment en provocation.
10.2. ERREURS
Une erreur qui ne résulte pas d’une omission se découvre plus facilement lors d’un
contrôle. Par contre, une erreur par omission est plus difficile à déceler. Notons qu’en
principe, une erreur est involontaire.
10.3. LA FRAUDE
Une erreur volontaire peut être qualifiée de fraude si les conditions suivantes sont
remplies :
- l’auteur doit avoir l’intention de nuire, soit à l’entreprise, soit à un tiers ou s’il a
l’intention d’éluder la loi ou les règlements de l’entreprise,
- la fraude doit procurer un avantage même indirect, à son auteur.
95
Exemple de la fraude
Un agent comptable dans une société d’Etat était chargé des opérations bancaires :
émission des chèques et virements, rapprochements bancaires. Il se résout de louer des
tours à l’entreprise. Il s’est mis à commettre les erreurs volontaires sur les numéros de
compte mentionnés sur certains virements bancaires.
Un excellent système de contrôle interne aurait permis d’éviter ces fraudes. On peut
admettre que les procédures de la société étaient inefficaces et insuffisantes pour les
raisons suivantes :
a) Les chèques et les virements signés devaient être expédiés par un agent autre
que celui qui était chargé de les préparer ;
b) Les rapprochements bancaires devaient être assurés par un agent autre que le
comptable en question.
Le mobile des fraudeurs est de satisfaire les intérêts personnels sous toutes les formes.
Parmi les cas plus fréquents, citons le suivant les suivants :
96
- recevoir des rétributions ou des avantages de clients ou des fournisseurs, sous
forme de commission (pot-de-vin) ;
- saler une note de frais ;
- être de connivence avec de fournisseurs, à l’effet de surfacturer les fournitures
faites à l’entreprise ;
- Facturer des prestations fictives.
Les détournements les plus fréquents dans nos pays sont les cas de cavalerie :
« Kiting » et « Laping »
10.3.2. Kiting
C’est un cas de cavalerie qui consiste à jouer au temps en prélevant une somme
d’argent à la caisse pour la remplacer par un chèque par exemple. La somme ainsi
prélever peut servir à couvrir une opération de spéculation en dehors de la société.
Une fois l’opération terminée, l’argent est remis à la [Link] entretemps un contrôle
intervient, le chèque est déposé à la banque et immédiatement après passage du
contrôleur, le compte de tireur est approvisionné par des espèces prélevées de la caisse.
Le kiting est difficile à découvrir. Le meilleur moyen est d’opérer un contrôle de caisse
plusieurs fois après le premier inventaire des espèces et de faire plusieurs
rapprochements bancaires.
10.3.2. Lapping
Un autre type de fraude est le lapping, c’est un cas de cavalerie qui consiste également
à faire jouer le temps. L’agent chargé de la vente de marchandise prélève une somme
d’argent versé par le client A. lorsque le client B acquitte sa facture, l’argent est versé
à la caisse centrale avec la facture A et ainsi de suite jusqu’au moment où les
opérations pour lesquelles la somme a été prélevée seront terminées. C’est alors
seulement que les comptes reviendront à la normale. Le meilleur moyen de découvrir
le lapping est d’opérer des contrôles inopinés.
CHAPITRE ONZIEME :
97
L’ETUDE ET EVALUATION DU CONTROLE INTERNE
11.1. GENERALITES
Le professeur LIMPERG définit le « Contrôle interne » de la façon suivante : « le
contrôle interne est constitué par l’ensemble des moyens et mesures par lesquelles les
organes de direction et d’exécution, non institués en organes de contrôle, contrôlent
l’exécution ».
Prenons un exemple, vous vous trouvez dans votre bureau vers 8 heures du matin.
Votre épouse vous téléphone de la maison pour annoncer un vol qui vient de s’opérer
chez vous. Vous y allez et vous trouvez votre épouse très triste et abattue. On vient de
lui voler 900.000 FC. Votre première réaction, et elle est toute naturelle, c’est de
chercher à savoir comment le vol s’est opéré ; où se trouvait l’argent avant le vol. De
la réponse de votre épouse dépendra l’action que vous allez entreprendre.
Prenons, dans une première hypothèse, qu’elle vous réponde ceci : je voulais aller au
marché. J’ai fait sortir l’argent et je l’ai déposé sur la table pendant que je suis allé
chez la voisine à côté.
Ce qui vous vient en tête c’est qu’il y a eu négligence de la part de votre épouse. Elle
n’a pas pris toutes les précautions pour éviter un tel vol. En effet, à la maison et à cette
heure, il y a eu la présence d’un ou de deux domestiques, des enfants, des proches
parents. Vous vous arrêterez peut être à déplorer la négligence de votre épouse ; le
manque de « contrôle interne ».
Nous avons déjà étudié la tendance de l’audit moderne en raison de la taille des
entreprises, a abandonné l’examen exhaustif de tous les documents pour s’appuyez sur
la méthode de sondage.
98
a) La taille de l’entreprise (chiffre d’affaire, nature des transactions, montant des
capitaux investis, nombre de personnes occupées, centralisation ou
décentralisation des points de vente ou d’encaissement, etc.) ;
Le terme « Contrôle interne » est donc synonyme des mesures internes de contrôle.
Comme tel, il doit exister partout, dans tous les départements, divisions et services ; ce
n’est donc pas un organe particulier de l’entreprise.
Les deux définitions ne sont pas exclusives parce que certains documents et
procédures sont utilisables à la fois pour le contrôle interne administratif et le contrôle
interne comptable. Cependant du point de vue de la responsabilité, l’auditeur a
l’obligation d’étudier et d’évaluer le contrôle interne comptable.
Dans le processus d’audit, l’auditeur externe est tenu d’étudier et évaluer le système du
contrôle interne. Matériellement, cela signifie qu’à chaque fois que l’auditeur voudra
contrôler un élément d’actif ou du passif. Il devra étudier et évaluer le système de
contrôle interne.
L’étude du contrôle interne peut être réalisée de plusieurs façons. Nous en étudierons
les trois suivantes :
- les questionnaires ;
- la description écrite des taches ;
- es diagrammes analytiques ou ordinogrammes ;
1. Le questionnaire
Il s’agit d’effectuer des enquêtes localisées sous forme de questionnaires relatifs à des
aspects particuliers du système. Nous prendrons comme exemple les procédures de
100
passation des commandes, de réception et de règlement des achats ; celles
d’enregistrement, d’expédition, de facturation et d’encaissement des livraisons aux
clients.
Exemple de questionnaire
Questions introductives
Le caissier
101
au cassier :
- d’ouvrir le courrier ?
- de déterminer et de décider des paiements
à effectuer ?
- d’autoriser les paiements à effectuer ?
- d’avoir une délégation de signature
auprès des banques ?
- de comptabiliser les documents ayant fait
l’objet d’un paiement par caisse ?
102
Le questionnaire est un système qui permet d’étudier le contrôle interne de n’importe
quel genre d’activité. Il est utilisé aussi bien par les auditeurs internes qu’externes.
Il n’existe pas de modèle standard du questionnaire qui s’adapte à tous les cas. Seule
l’expérience de l’auditeur doit le guider.
a) Avantages du questionnaire
b) Inconvénients du questionnaire
1. Les questions posées peuvent être d’un caractère général, ainsi les réponses auront
peu de valeur ;
2. Les questions posées peuvent suggérer les réponses et ainsi ne laisser que peu
d’initiative à celui qui répond ;
3. Des déficiences peuvent exister dans certains secteurs non visés par le questionnaire
et ainsi échapper à la vigilance de l’auditeur ;
Nous avons étudié les avantages et les inconvénients du questionnaire comme moyen
d’étudier le contrôle interne. Certains auditeurs ont été déçus par l’utilisation de ce
moyen à cause des réponses souvent abusives des correspondants à qui s’adresse le
questionnaire.
103
2) une réponse mécanique en oui ou non sans avoir réellement étudié la question
posée. Celui qui doit reprendre aurait peut-être voulu dire « oui-mais » pour donner de
plus amples explications à sa réponse) ;
3) souvent le questionnaire est traité comme un fin en soi au lieu d’un moyen. A cause
des abus, plusieurs auditeurs préfèrent plutôt la description écrite des flux des
transactions, des enregistrements et de la division des responsabilités. En matière de
recettes, par exemple, l’auditeur peut préparer la description suivante ;
j) etc…
La description écrite peut inclure la manière dont diverses tâches sont exécutées.
Après avoir préparé la description écrite de flux de transactions, l’auditeur ajoutera les
mentions : « efficace », lorsque la situation est bonne, « faible » lorsqu’il existe des
déficiences dans le système de répartition des responsabilités.
L’auditeur peut choisir de présenter le flux des transactions par des signes plutôt que
d’utiliser la description écrite telle que nous venons de l’étudier : c’est la méthode de
diagrammes analytiques ou encore le « Flow chart » en anglais.
Cette méthode permet à l’auditeur d’avoir d’un coup d’œil le cheminement des
transactions, ce qui lui évite de préparer des descriptions et des questionnaires souvent
inutilement longs.
Il parait important de relever que les symboles ci-dessous sont d’une utilisation
fréquente quoiqu’il existe des adaptations par chaque utilisateur. Les symboles qui ne
sont pas reconnus par l’entreprise qui les utilise doivent être évités si l’on veut se faire
comprendre.
Les signes utilisés sont très variés. Les plus connus sont les suivants :
- la méthode verticale ;
- la méthode horizontale.
1) Méthode verticale
Le flux des transactions est suivi verticalement en prenant soins de mentionner à côté
de chaque signe les départements, divisions, services ou sections par où passe le
document.
2) Méthodes horizontale
Graphique
Pour éviter le système du contrôle interne instauré dans le flux des opérations,
l’auditeur considère ses découvertes lors d’une étude menée sur ce système. A cette
occasion il prépare un état de faiblesse de contrôle.
l’objet de ce document de travail est de faire la liaison entre les faiblesses de contrôle
interne identifiées lors de l’étude du système et la nature des travaux de vérification
complémentaire qui devront être effectuée en raison de ces faiblesses. Ceci s’applique
105
tant sur le plan de la vérification des procédures que sur le plan des comptes et des
documents comptables. Ce document permet également de relever les principales
faiblesses qui devront être notifiées aux responsables concernés.
1) La description des faiblesses qui doit reprendre les références de la question posée ;
3) L’estimation des effets possibles d’une faiblesse sur la présentation des états
financiers. Ceci permet également d’apprécier l’opportunité de travaux de vérifications
supplémentaires ;
Il est important de noter à ce niveau de notre étude que les faiblesses concernent :
On note trois sortes de conséquences aux faiblesses de contrôle interne telles qu’elles
apparaissent sur les états financiers ;
2. La faiblesse ne peut être corrigée dans ce cas, l’auditeur doit accroître l’étendue et la
nature de ses vérifications ;
106
3. S’il est prouvé que la faiblesse à un impact certain sur les états financiers, l’auditeur
sera obligé d’émettre une réserve dans son opinion.
107
CHAPITRE DOUZIEME :
Les auditeurs tiennent habituellement deux types de dossiers pour chaque client :
- le dossier permanent ;
- le dossier courant ou annuel.
1°) Rafraîchir la mémoire de l’auditeur sur les faits applicables sur une longue période
de temps ;
2°) Donner aux membres du cabinet d’audit un résumé sur les politiques et
organisation de l’entreprise ;
3°) Préserver les documents de travail concernant les informations qui ne subissent que
peu des modifications afin d’éviter de le reprendre chaque année.
108
1°) Copies des statuts publiés dans le journal officiel (acte constitutif de l’entreprise) ;
2°) Copies du registre de commerce ;
3°) L’organisation générai de l’entreprise ;
4°) Les ordinogrammes sur l’organisation et le fonctionnement de différents services
de l’entreprise ;
5°) Liste des actionnaires ou sociétaires ;
6°) Copie des procès-verbaux des assemblées générales des actionnaires ;
7°) Copies des procès-verbaux des conseils d’administration ou de gestion ;
8°) copies des plans comptable utilisé par le client ;
9°) Copies des articles des journaux traitant des affaires du client ;
10°) Copies des déclarations des contributions des années antérieures ;
11°) Copies des brevets et licences enregistrés ;
12°) Copies d’enregistrement officiel des terrains, immeubles, etc.
Les différentes informations reprises ci-dessus devraient être bien gardées par
l’auditeur afin d’éviter les pertes de temps dans les recherches et les renouvellements
de ces documents.
Le dossier annuel comprendra tous les documents de travail préparés par l’auditeur
tout au long de ses travaux de contrôle au cours d’une période comptable. Les
documents contresignant les observations et remarques de l’auditeur sont très variés et
on ne peut en donner une liste exhaustive. Ils rassemblent les moyens des preuves qui
permettent à l’auditeur d’exprimer son opinion sur les états financiers contrôlés.
Les documents de travail et les feuilles d’observations sont des instruments très
important en matière d’audit. En effet, lis sont les relais entre des documents
comptables et le rapport de l’auditeur. Au fur et à mesure que l’auditeur et ses
collaborateurs avancent dans les opérations de vérification, ils consignent les erreurs et
les remarques à formuler sur les papiers de travail et les feuilles d’observations. Ces
derniers serviront de base pour la préparation de son rapport.
109
12.3.1. Forme et contenu des documents de travail
Il n’existe pas de forme standard de feuille de travail. Chaque cabinet ou firme d’audit
s’organise les besoins et l’expérience de son staff. Etant donné que ces feuilles
rassemblent de son staff. Etant donné que les feuilles rassemblent toutes les
informations, observations et remarques formulées au cours d’une expertise, il existe
une multitude et une grande variété de sorte de feuilles de travail. Les plis fréquents
sont notamment :
- le plan d’audit, le programme d’audit, les *questionnaires, les graphiques ;
- les tableaux comparatifs des états financiers ;
- les balances d’opérations ;
- les journaux de réajustement et de régularisation ;
- les rapprochements bancaires ;
- les analyses des documents comptables et commentaires ;
- les confirmations de soldes ;
- les lettres d’arrangement avec le client, etc.
D’une manière générale, les feuilles de travail consignent toutes les preuves, faits
évidents et probants rassemblés par l’auditeur en vue de montrer le travail fait, les
méthodes et les procédures suivies, les conclusions auxquelles il est arrivé.
Des modèles de feuilles de travail seront illustrés lors de l’étude des éléments du bilan
et des comptes de résultat.
Les informations confidentielles sont aussi consignées sur les feuilles de travail de
l’auditeur. La prudence exige que ces feuilles soient gardées tout secret.
Une question cependant se pose en cas de cession de cabinet à une autre personne. Le
cédant doit-il céder tous les papiers de travail au preneur ? La réponse est qu’il doit
obtenir l’accord du client.
110
12.3.3. Propriété des documents de travail
Il a été déjà dit que les documents de travail avaient un caractère secret. L’auditeur est
tenu de les garder dans un lieu sûr ou dans une mallette fermée surtout pendant les
heures de repos. il serait en effet, regrettable que les informations jusque-là tenu
secrète soient divulguées aux membres du personnel par la négligence de l’auditeur.
Les documents de travail sont préparés par l’auditeur à partir des documents
comptables et financiers du client ; à qui appartiennent ces documents ?
L’auditeur indépendant n’est pas un employé de l’entreprise.
Il est libre de choisir et de déterminer ses méthodes de travail afin d’être à même de
donner une opinion sur la sincérité des états financiers publiés. Ainsi, rassembler les
faits évidents sur les des feuilles d’observations et une de ces méthodes de travail dont
question. Les documents de travail doivent donc être gardés par l’auditeur quoique
leur contenu soit tiré des documents appartenant au client.
12.3.5. Les documents de travail d’audit comme moyen des preuves dans un
procès
Il a été dit ci-avant que l’auditeur pouvait faire l’objet de poursuite judiciaire en cas de
négligence et de légèreté dans son travail ou dans l’expression de son opinion. Les
feuilles de travail peuvent servir des moyens de preuve en faveur ou contre l’auditeur.
En effet, dans sa défense, l’auditeur aura besoin de ces feuilles de travail pour
expliquer un fait ou pour donner la preuve d’un événement comptable. Par contre, ces
mêmes feuilles de travail peuvent être exploitées par la justice pour déceler par
exemple, une contradiction dans les observations de l’auditeur.
111
Les feuilles de travail sont souvent préparées par les membres peu expérimentés du
cabinet d’audit. Afin d’éviter des contradictions dans la suite normale de l’expertise. il
est important qu’une révision générale de ces papiers soit organisée à la fin du travail.
12.4.1. Introduction
Il est de pratique normale pour l’auditeur d’obtenir une lettre de confirmation des
dirigeants de l’entreprise pour confirmer les avis qu’ils ont donnés à l’auditeur. Ce
type de lettre dénommé « Lettre de déclaration des dirigeants ». Dans ce contexte
« déclarations » signifie un avis pour confirmer une opinion.
Ce chapitre traite des raisons pour lesquelles l’auditeur exige une lettre, les procédures
ad hoc et enfin le contenu de cette lettre.
L’auditeur dans le but de le désorienter au cours de sa mission d’audit, de plus, une des
normes exige que l’auditeur doive rassembler des éléments de preuve suffisant pour lui
permettre de prendre ces décisions sur l’opinion à émettre. Ces éléments de preuve
sont obtenus par les moyens les plus divers et variés. Une des sources est la lettre de
déclaration des dirigeants de l’entreprise.
Tout au long de son audit, plusieurs questions sont posées par l’auditeur aux membres.
Les réponses sont souvent verbales, par exemple, des questions pour être sûr qu’il n y
a pas d’incompréhension dans le chef de l’auditeur. Cependant, certaines questions
sont d’une importance telle qu’une réponse valable et acceptable doit émaner d’un
dirigeant haut placé dans la hiérarchie. Dans un pareil cas, une réponse est nécessaire :
c’est la lettre de déclaration.
12.4.4. Procédures
a) L’auditeur doit résumer un papier du travail toutes les questions pour lesquelles il
aimerait obtenir une réponse écrite ;
112
b) de plus, ces informations doivent faire l’objet d’une discussion au cours d’une
réunion avec les représentants de l’entreprise qui doivent signer la lettre en question ;
c) la lettre ne devait pas être d’un type standard par chaque cas est différents d’un
autre, cette est très importante et devaient retenir toute l’attention de ses auteurs ;
d) la lettre devrait être entamée par un représentant très haut placé dans l’entreprise ;
e) la lettre devra être en temps utile afin d’éviter toute possibilité de refus de signature
de la part des dirigeants de l’entreprise ;
f) l’auditeur devra faire tout son possible pour persuader les responsables de coopérer.
Il devra être sûr d’avoir bien compris les termes de cette lettre et au besoin demander
une confirmation non comprises ;
g) dans les cas de refus de coopération par tous les responsables de l’entreprise, en
principe ou à cause du fait qu’ils ne sont pas sûr à propos de certains points ou
problèmes particuliers, l’auditeur devra examiner s’il a pu obtenir toutes les
explications voulues et il ne peut par conséquent émettre une opinion avec réserve ;
Le contenu de la lettre de déclaration ne devrait pas porter sur des questions de routine,
par exemple, que toutes les immobilisations existent effectivement ou que les valeurs
d’exploitation sont évaluées selon telle ou telle méthodes. La lettre de déclaration
devrait inclure uniquement les matières qui sont importantes dans les états financiers et
sur lesquelles l’auditeur ne peut pas obtenir des moyens de preuve indépendante, etc.
Dans les cas où les états financiers sont préparer par l’auditeur lui-même, les
responsables devraient reconnaitre totale sur le contenu de ces états financiers leur
incombe étant donné qu’ils sont préparés à partie des livres et documents comptables
de l’entreprise. En aucun cas, la responsabilité sur les états financiers ne pourra être
placée sur l’auditeur. Cependant, la lettre de déclaration ne diminue en rien la
responsabilité de l’auditeur sur l’opinion qu’il a émise.
113
Modèle de lettre de déclaration
ZAIRE PLASTIQUE
B.P. 10.199
KINSHASA 1 Kinshasa, le 15 février 1996
KIN’S ACCOUNTING
B.P. 13.114
KINSHASA
Messieurs,
Nous avons l’honneur de vous confirmer par la présente qu’à notre humble avis et après avoir
demandé à tous les dirigeants de notre société les déclarations suivantes relatives à votre audit
des états financiers de notre société pour l’exercice clos au 31 décembre 1995.
Nous reconnaissons, en tant que directeur, notre entière responsabilité sur les états financiers
que nous avons préparés avec votre concours. Toutes les écritures comptables ont été mises à
votre disposition pour votre audit et toutes les transactions faites par notre société ont été bien
enregistrées dans notre comptabilité. Tous les autres enregistrements ainsi que les
informations y relatives, compris dans les procès-verbaux des actionnaires ont également été
mis en à votre disposition.
Les provisions sur les titres de garantie ont été estimées à 2% du montant total de l’an dernier.
Ce montant correspond à votre opinion sur l’extension probable de nos titres de garantie.
Nous ne connaissons aucun fait de nature à modifier le montant de ces titres de garantie.
Comme nous l’avions mentionné dans notre note n° 12, il existe un exigible probable sur la
garantie des découvertes bancaires de la société V.A.P., une société sœur en difficultés de
trésorerie. Nous sommes rassurés que les actifs de la société V.A.P. lui permettrons de faire
face à ses obligations et qu’aucune dette n’en résultera de notre part.
114
Troisième partie
CHAPITRE TREIZIEME :
13.1. GENERALITES
L’auditeur a le devoir de vérification des tous éléments d’actif présenté au bilan, mais
également le devoir de vérifier s’il n’existe pas d’autres éléments d’actif qui devraient
être portés au bilan.
Les aspects suivants concernant chaque élément d’actif doivent être pris en
considération :
a) le cout ;
b) l’autorisation ;
c) la valeur ;
d) l’existence ;
e) l’enregistrement ;
f) l’état.
Lorsque l’auditeur vérifie les éléments d’actif, il doit, si possible, les classer en deux
catégories :
1) le solde d’ouverture ;
115
3) les cessions de la période, les documents, la destination…
6) l’existence d’un registre ou tout document reprenant la liste des éléments contrôlés ;
L’existence et la possession
1. Par un contrôle physique par inspection : l’auditeur ne doit pas rester dans les
bureaux et se contenter de répondre aux questions qu’il pose, il devrait aller se rendre
compte de l’existence des éléments sur place par comptage, mesure, pesage, jaugeage,
cubage ;
2. par la vérification des titres de propriété qui peuvent être des documents
authentiques et officiels ou simples factures, ou certificat.
Présentation et valeur
1. L’auditeur doit vérifier si les méthodes comptables adoptées par l’entreprise sont
adéquates, suivies et bien appliquées.
Prenons un exemple : undoc sec pour la réparation de bateau avec excavation pour son
installation peut être considéré comme du matériel lourd de la même manière qu’une
piscine construite après excavation des lieux pour son installation. Le programme
d’amortissement pour l’un et l’autre est totalement différent ; ce qui influence
gravement le profit à réaliser. L’auditeur peut être d’un avis contraire à celui des
dirigeants de l’entreprise et peut considérer, par exemple, la piscine comme immeuble
et proposer un autre programme d’amortissement. La distinction entre une dépense
comme charge et une dépense comme un capital est également difficile. Le
remplacement d’un moteur est considéré par certaines entreprises comme une simple
réparation tandis que d’autres le mettraient en investissement parce que ce fait
augmente la longueur de vie du véhicule.
2. Le bon sens au cours de chaque audit, l’auditeur exige des éléments de preuve pour
appuyer son opinion sur la sincérité des états financiers. Mais il ne doit pas faire ce
travail de l‘idée qu’il existe quelque chose fausse à découvrir par tous les moyens.
Cependant, s’il tombe sur une situation qui semble peu claire, peu raisonnables et
suspicieuse, il ne devrait pas hésiter d’aller jusqu’au fond des choses en menant une
enquête approfondie. Ce qu’il aura trouvé devra rapporter sans faille.
3. Certains éléments d’actif ont fait l’objet d’un gage, d’une hypothèse pour garantir
un emprunt. De tels cas peuvent entrainer le dépôt des titres auprès du prêteur.
L’auditeur devra examiner la situation des biens acquis en contrepartie de l’emprunt.
4. Impôts et taxes
Les avances sur impôts versés à l’Etat font objet de quittances officielles et sont faciles
à contrôler. Elles sont enregistrées au débit du compte 44 « Etat et collectivités
publiques ».
5. Assurances
117
L’auditeur devra s’assurer de l’existence et de la possession des biens assurés et de
leur valeur comptable inscrite au bilan.
Certains éléments d’actif peuvent être contrôlés avant la date de clôture du bilan, au
cours de l’audit intérimaire par exemple. Dans le cas, l’auteur devra faire une petite
vérification sur les acquisitions enregistrées depuis jusqu’à la date du contrôle jusqu’à
celle de clôture.
- s’il existe une fiche ou un journal qui enregistre les acquisitions et les cessions
des immobilisations ;
- si toute acquisition ou toute cession est autorisées par un document valable ;
- si la comptabilisation fait une nette distinction entre dépenses d’entretien et
dépenses en capital ;
- si le ministère du budget vérifie et contrôle ces dépenses en capital.
13.2.1. Terrain
Les terrains sont généralement enregistrés à leur valeur d’acquisition. Son contrôle
s’effectue spécialement par :
- des actes d’acquisition ;
- des titres de propriété.
118
Selon le système comptable OHADA, ce compte a été réparti de la manière
suivante sur base de plusieurs perceptions faites par le législateur. Il s’agit donc
de :
Commentaires :
Les terrains nus sont des terrains pouvant constituer le sol de bâtiments ou d’ouvrages.
Ils sont par conséquent sans construction.
Par contre, les terrains bâtis sont ceux sur lesquels des constructions sont édifiées ; la
valeur d’entrée de ces terrains doit toujours être distinguée de celle du bâtiment
correspondant. A défaut de pièces justificatives indiquant séparément la valeur des
terrains et celle des constructions, la ventilation du prix global d’acquisition peut être
effectuée par tous moyens à la disposition de l’entreprise.
Le compte « Autres terrains » correspond aux terrains non évoqués dans les rubriques
précédentes, tels que, notamment, les sous-sols et les sur-sols au cas où l’entreprise ne
serait pas propriétaire des trois éléments rattachés à une même parcelle de terrain, à
savoir le sous-sol, le sol et le sur-sol.
Les terrains de gisement sont des terrains d’extraction de matières destinées soit aux
besoins de l’entreprise, soit à être revendus en l’état ou après transformation.
Ces travaux ne peuvent être isolés dans un compte et donner lieu à amortissement que
s’ils ont été effectués par l’entreprise ou sous ses ordres et, en aucun cas, pour les
terrains acquis.
13.2.2. Bâtiments
L’auditeur doit s’assurer des cinq éléments en matière de contrôle des bâtiments :
119
- l’existence des constructions ;
- la possession de celle-ci ;
- l’année d’acquisition et origine ;
- la valeur donnée à ces constructions ;
- l’état actuel ;
L’auditeur aura toujours des problèmes pour donner une valeur d’expert aux
immeubles existants ; cependant avec un peu d’expérience et en sollicitant quelque
fois le concours des techniciens en la matière, il peut contourner cette difficulté sans
trop de peine.
Il doit visiter les constructions en vue de d’apprécier leur état d’entretien ou de vétusté.
C’est à cette occasion qu’il pourra examiner le taux d’amortissements pratiquée et
éventuellement voir si des provisions pour grosses réparations ont été constituées et
suffisantes.
Si certains immeubles sont loués à des tiers, l’auditeur prendra soin de vérifier le
contrat de bail ainsi que les rentrées des fonds et leur immobilisation.
Lorsque l’auditeur contrôle les matériels, il doit s’inquiéter non seulement de leur
existence et de la possession, mais également de leur entretien et de la vétusté.
Certaines machines ou certains matériels, quoique paraissant encore en parfait état,
sont peut-être atteints par obsolescence, ce qui peut nécessiter un déclassement
économique de ces éléments. Dans ce cas la construction d’un fonds de roulement
pourra être conseillée. Au cas où certains élément requièrent des grosses réparations, il
sera utile de constitution une provision pour grosse réparations.
L’auditeur doit également contrôler les assurances contre incendie ou tous autres
risques d’inactivité peuvent mettre en péril la continuité de l’exploitation ou engager
sa responsabilité civile.
a) Objectifs de l’auditeur
120
L’auditeur désire connaitre si :
b) Programme de travail
Pour contrôler les prêts consentis, couverts ou non par une inscription hypothécaire, il
importe, en premier lieu, de lancer une demande de confirmation de solde à chaque
emprunteur. Il n’est pas prudent de se baser uniquement sur le montant renseigné sur
les actes ou contrat qui ne reprennent que le montant initial du prêt.
Il est possible qu’entre temps des remboursements aient été effectués. Ceux-ci se
vérifient en examinant leur contrepartie aux comptes débités.
Font également partie de cette rubrique, les prêts à moins d’un an consentis aux
membres du personnel de l’entreprise. Dans ce dernier cas, il convient de contrôler si
chaque agent débiteur existe encore sur la liste de paie.
121
2. Titres de participations en portefeuille
Dans le cas de dépôt des titres dans une banque ou ailleurs, il importe d’obtenir une
confirmation de solde ainsi que les raisons de ce dépôt qui ne peut être un dépôt simple
ou aussi un nantissement.
L’auditeur contrôlera également les raisons qui justifient la détention des titres. Il
devra également vérifier les numéros renseignés sur les titres par rapport à ceux
enregistrés car il est possible de les réaliser en bourse lorsque la valeur boursière est
élevée pour les remplacer par d’autres de moindre valeur.
3. Garanties et cautionnements
122
13.3.1. Généralités
L’évaluation des stocks doit être constante d’une période à une autre. En terme clair, le
comptable ne peut pas se permettre de passer du système FIFO au Cout moyen
pondéré sans une autorisation expresse de la Direction Générale des Impôts et sans
motif valable. D’ailleurs un tel changement fausse nécessairement le résultat de fin
d’année. Il est donc important d’accorder à cette matière l’attention qu’elle mérite, non
seulement en raison de l’importance que son montant représente pour l’actif de
l’entreprise, mais aussi et surtout parce que la nature des éléments qui les composent
se prête aux manœuvres les plus diverses : vols, falsifications, détériorations, etc…
123
Très souvent, l’inventaire des stocks intervient une seule fois l’an. Il constitue
néanmoins une partie essentielle du système de contrôle interne. Une bonne procédure
d’inventaire devra avoir les caractéristiques suivantes :
- Dans beaucoup d’entreprise, les fiches comptable de stocks sont remplacés par
des listings informatiques de stocks et de registres ;
- Chaque article en magasin doit être contrôlé au moins une fois par an, par
comptage, mesurage, pesage et comparaison avec le stock théorique sur fiche,
- L’inventaire doit être organisé et systématique ;
- Les différences constatées doivent être corrigées et les raisons doivent faire
l’objet d’une investigation.
Ce cas arrive souvent pour les produits et travaux en cours, les stocks des pièces de
rechange, les matières et fournitures.
- L’inventaire physique doit se faire au moins une fois par an, par entre les
existants et les chiffres des fiches de magasin.
- Dans beaucoup d’entreprises, les pièces de rechange ainsi que les matières et
fournitures sont mises en consommation par pourcentage mensuels. Les stocks
en fin d’année sont souvent négligés, ce que le fisc désapprouve naturellement.
124
- il existera par la méthode du sondage au comptage de certains articles puis
comparera les quantités réelles à celles renseignées sur les fiches de stocks tout
en tenant compte des prix unitaire et de l’exactitude arithmétique.
3. Quelle est la situation des stocks sous rubrique par rapport au planning des
ventes ou consommations future ?
6. En ce qui concerne les marchandises déposées chez des tiers, des demandes
de confirmation ont-elles été adressées aux intéressés ?
Dans les entreprises industrielles, en plus des stocks de matières premières et des
produits finis, l’auditeur doit considérer les encours de fabrication : éléments très
importants mais combien difficile à contrôler. L’auditeur devra commencer par vérifier
la manière dont les prix de revient est déterminé. Il basera son travail sur les trois
éléments constitutifs du prix de revient : matières premières, main d’œuvre, frais
généraux…
Quels sont objectifs poursuivis par l’auditeur dans la vérification des comptes
« Clients » ?
125
L’étude du contrôle interne conduira l’auditeur à veiller à la séparation des fonctions
suivantes :
- facturation ;
- le recouvrement des créances ;
- l’annulation des créances irrécouvrables.
Dans les nombreux cas, l’auditeur est obligé de solliciter des confirmations écrites de
la part de de ses débiteurs.
A propos des confirmations des soldes, rappelons que celle-ci peut être positive ou
négative. Une confirmation positive est celle qui exige une réponse de part du
correspondant, que celui-ci soit d’accord ou non avec le solde énoncé sur la demande
de confirmation. Une confirmation est négative lorsqu’elle exige une réponse de la
part de correspondant uniquement dans le cas de non concordance entre le montant
renseigné par la société et celui dû par le client.
1. Les fonctions suivantes sont-elles assumées par des agents autres que les
comptables chargés de la tenue du compte « Client » ?
4. Les comptes des clients impayés dans les délais prévus sont-ils régulièrement
soumis à l’appréciation du directeur financier ?
5. Des extraits des comptes sont-ils régulièrement envoyés aux différents clients ?
6. les factures aux clients sont-elles numérotées suivant une série annuelle
ininterrompue ?
7. Les créances clients irrécouvrables sont-elles l’objet de provisions ?
126
8. L’annulation des créances irrécouvrables fait-elle l’objet d’une autorisation
préalable des chefs appropriés ?
Les effectifs et les procédures pour les effets à recevoir sont en général semblable à
ceux concernant l’examen du compte « Clients » Les questions supplémentaires à
examiner sont notamment :
7. Le montant des effets échus et non collectés sont redébité au compte « client » ?
127
8. Les effets payés sont-ils rendus à leur émetteur ?
La dénomination de cet élément d’actif a été adoptée par les auteurs du plan
comptable français de 1947. Par sa simple lecture, ce compte ne donne aucune
signification. C’est en somme une rubrique qui regroupe des comptes hétérogènes pour
permettre au bilan de jouer un rôle dynamique. On y rencontre généralement les
dépenses payées d’avance et qui ne sont pas des charges imputables à l’exercice au
cours duquel elles ont été liquidées.
Exemples
- une police d’assurance est payée au mois d’octobre pour couvrir la période
allant du 01 novembre au 31 octobre de l’année suivante. il est normal que
l’exercice en cours ne prenne en charge que la période du 01 novembre au 31
décembre et que les 10 autres mois soient considérés comme élément d’actif
pour le bilan ;
- les frais payés d’avance représentent souvent des sommes peu importantes : 1%
à 2% du total des actifs du bilan. Plusieurs entreprises négligent souvent de le
reprendre au bilan et les considèrent comme charges de l’exercice. Si une telle
politique est suivie régulièrement, il n’y aura pas de grande différence entre les
frais supportés par un exercice au bénéfice d’un autre exercice.
Dans l’étude du système de contrôle interne concernant cette rubrique, l’auditeur prend
soin d’examiner les points suivants :
128
- le contenu de ces comptes.
La vérification des divers comptes devrait se faire autant que possible au même que le
contrôle des charges correspondantes.
Quelques exemples :
Nous avons déjà dit que qu’il n’est pas possible à un auditeur de procéder à la
vérification de toutes les transactions comptables d’un exercice entier. Il doit donc se
fier à l’efficacité du contrôle interne instauré dans la gestion des comptes « banques »
et « caisse ».
Le travail qu’exige la vérification des valeurs disponibles peut être résumé comme
suit :
1. étudier et apprécier le système de contrôle interne ;
2. sur la base du système de contrôle interne, faire de sondages sur les transactions
effectuées par banque ou par caisse ;
3. compter les espèces et titres gardés dans les coffres forts ;
4. vérifier les soldes bancaires par le système des demandes de confirmation adressées
aux banquiers, ainsi les derniers extraits bancaires ;
5. préparer un rapprochement bancaire.
129
Ces vérifications doivent autant que possible s’effectuer vers la fin de l’exercice
comptable. Etant donné que le montant des comptes « Banque » et « Caisse » doit se
figurer dans le bilan. Il est important qu’une date de clôture des enregistrements soit
fixée de commun accord entre le caissier ou le responsable des comptes bancaires et
l’auditeur. Cette date doit autant que possible être le dernier jour ouvrable de
l’exercice comptable.
Il est important de faire remarquer que les valeurs disponibles représentent souvent
près de 5% du montant total des activités d’une entreprise. L’auditeur, cependant,
consacre environ 20% de son temps à la vérification des transactions par banque et par
caisse.
Les fraudes les plus importantes et courantes en matière de gestion des valeurs
disponibles sont notamment :
Rappelons une fois de plus que l’auditeur doit prendre un arrangement avec le caissier
pour la date de clôture des enregistrements comptables relatifs à la gestion des comptes
« banque » et « caisse ». Nous avons également dit que la caisse doit être vérifiée de
préférence à l’improviste vers la fin de l’exercice comptable.
N’y a-t-il pas des opérations qui peuvent être enregistrée après le Cutoff date de la
caisse ou de la banque ?
La réponse est positive à cette question. Il existe des opérations qui, par leur, nature,
doivent être enregistrées malgré le Cutoff date afin de permettre à la comptabilité de
présenter un bilan qui reprend les transactions de l’exercice. Cette possibilité d’ouvrir
une fenêtre sur les comptes déjà clôturés s’appelle « Window dressing ».
130
13.5.3. Window dressing
Il s’agit des transactions qui doivent nécessairement être enregistrées pour rendre les
états financiers plus sincères. Exemple : A la fin de la période, le département
d’expédition des marchandises fait des heures supplémentaires afin d’expédier tous les
lots des marchandises déjà commandées : il sera nécessaire de diminuer les stocks du
montant de ces marchandises et d’augmenter le compte « Client ». Il est important
d’ores et déjà de dire que certains cas de « Window dressing » sont acceptables et que
d’autres ne le sont pas.
1. Laisser le journal de caisse ouvert de manière à y enregistrer les versements qui sont
en rapport avec l’exercice mais qui sont effectués après la date de clôture.
2. Enregistrer des chèques émis après la date de clôture mais concernant des paiements
de dettes de l’exercice.
1. Faire pression aux clients pour obtenir une rentrée des fonds lorsque le compte
« Clients » est très élevé. Il est admissible que les fonds collectés soient encore inclus
dans la caisse ou versés en banque près la date de clôture.
2. Faire pression sur les clients potentiels pour qu’ils placent leurs commandes et
assurer l’expédition des marchandises ainsi commandées. Il est admissible que le
compte « Stocks » soit modifié en faveur du compte « Client ». Une telle opération
n’apporte aucun changement au total de l’actif ; cependant le rapport des éléments
changent favorablement car la marchandise est considérée comme étant moins liquide
que le compte « Client ». On passe ainsi, pour le montant de cette vente en dernière
minute, de la rubrique « Valeurs d’exploitation » à la rubrique « Valeurs réalisables à
court terme » ;
3. Reculer les achats afin de faciliter l’inventaire des stocks en fin de la période ;
CHAPIRE QUATORZE :
131
TECHNIQUES DE VERIFICATION DES COMPTES DE PASSIF
14.1. GENERALITES
En contrôlant les comptes d’actif, l’auditeur recherche les preuves de l’existence des
éléments présentés au bilan, leur évaluation complète mais prudente et leur possession
par l’agent économique.
Le contrôle du passif doit donner à l’auditeur la conviction que le bilan tel qu’il est
présenté ne comporte aucune omission, que toutes les dettes y sont reportées et sont
réelles, que le capital et les réserves et certaines provisions y figurent correctement.
14.2.1. Le capital
Le montant y en est fixé par les statuts. Toutes les modifications (diminution ou
augmentation) doivent être décidées par l’assemblées générales des actionnaires.
Ceci est vrai pour les sociétés par actions. Il ne l’est pas pour les sociétés d’Etat par
exemple. Pour cette dernière catégorie d’entreprise, le capital de base est décidé par le
gouvernement. Son montant peut donc varier chaque année à la suite des subventions
annuelles accordées par l’unique actionnaire.
Les opérations inscrites au compte « Capital » tant au crédit qu’au débit doivent être
soigneusement vérifiées. Les nouvelles actions, ou l’incorporation des réserves. Il est
donc indispensable que l’auditeur recherche les motifs qui ont milité en faveur de
l’augmentation ou de la diminution, en cas d’incorporation des pertes.
Lorsque le capital est représenté par des actions ou des parts sociales, l’auditeur
devra examiner les différentes catégories, les propriétaires. Pour les actions
nominatives, il devra en plus contrôler le registre ad doc.
132
En général, le capital social figure au passif pour son montant nominal. La fraction
éventuellement non encore appelée est à porter à l’actif du bilan, sous la rubrique
« valeurs réalisables à court terme ».
14.2.2. Réserves
Les réserves sont des sommes qui proviennent des bénéfices conservés dans
l’entreprise. On distingue :
14.2.4. Provisions
Il existe une nette distinction entre les réserves et les provisions. Les réserves
constituent une partie des bénéfices gardés par l’entreprise tandis que les provisions
sont la contrepartie de la détermination des éléments d’actif retenue des bénéfices
d’exploitation. Les provisions sont appelées à disparaitre dès qu’elles auront rempli
leur mission.
Exemple : Provision pour amortissements, provisions pour créances douteuses, etc.
133
Il a été déjà dit que les provisions sont en principes, portées en déduction des éléments
d’actif et que certaines parmi elles sont portées comme éléments de passif.
C’est notamment les provisions pour pertes et charges.
Les dettes à plus d’un an sont généralement régies par un contrat de vente et une
décision pour l’assemblée générale des actionnaires ou du conseil d’administration.
Le meilleur moyen de contrôler les dettes à long et moyen terme est sans doute la
demande de confirmation de solde adressée aux créanciers. En effet, les intérêts sont
divergents. Le comptable aura tendances à donner le chiffre exact de sa créance.
Ce poste comprend :
- les fournisseurs créditeurs ;
- les autres créditeurs divers ;
- les emprunts à moins d’un an ;
- les effets et warrants à payer ;
- banque : ouverture de crédit, découverts…
134
L’auditeur doit s’intéresser à l’âge des factures impayées et s’informer sur le motif de
leur non-paiement.
Le compte le plus important dans cette rubrique est celui des taxes à payer à l’Etat.
Certaines entreprises tiennent un compte « personnel » qui enregistre les petites
avances faites aux membres du personnel.
Ici, comme ailleurs, la demande de confirmation de solde ainsi que l’étude du contrôle
interne permettent à l’auditeur de se convaincre de l’existence réelle de ces dettes.
Naturellement, l’âge de ces dettes est important et doit attirer l’attention de l’auditeur.
Sous cette rubrique, on trouve généralement la tranche des emprunts à long terme dont
le remboursement échoit au cours de l’année qui suit la date de clôture de l’exercice.
Ce compte enregistre également les autres emprunts et autre modes de financement à
court terme : Exemple : avance de l’Etat, d’une autre entreprise.
Les effets à payer sont les promesses de payer un certain montant à une certaine date
signées par l’entreprise. La documentation se trouve généralement en la possession du
prêteur. L’étude du contrôle interne ainsi que les demandes de confirmation de solde
constituent le meilleur moyen de contrôler le solde de ce compte.
L’auditeur aura pour tâche d’examiner les conditions d’ouverture de crédit, les
garanties données ainsi que le solde de chaque compte. L’étude du contrôle interne et
la demande de confirmation de solde peuvent suffire à convaincre l’auditeur sûr
l’existence réelle des ouvertures de crédit.
135
14.4.6. Compte de régularisation de passif
Ce poste enregistre les frais à payer et les revenus perçus d’avance. L’auditeur devra
obtenir de la comptabilité toute les spécifications du solde des comptes de cette
rubrique. Il vérifiera les calculs ainsi que les additions et les justifications. Il
comparera le solde à celui de l’exercice précédent afin de déceler tout indice
conduisant à des prises en charges qu’on aurait pu ignorer.
CHAPITRE QUINZE :
136
TECHNIQUES DE VERIFICATION DES COMPTES DE GESTION ET DE
RESUTAT
15.1. INTRODUCTION
Il convient de rappeler que le bilan et le compte de résultat sont étroitement liés et que
certains comptes se retrouvent aussi bien au bilan qu’au compte d’exploitation
générale ou compte de résultat. Exemple : le solde du compte « Stocks ». L’auditeur
aura intérêt d’éviter tout travail pouvant faire double emploi au moment de la
vérification des comptes de résultat.
Le but visé ici est de permettre la comparaison des données comptables et d’éviter les
erreurs d’interprétation dans leur étude dynamique.
Exemple :
- Le chiffre des amortissements de l’exercice se retrouve dans les charges
d’exploitation ;
- Celui de stocks fin d’exercice se retrouve également au compte d’exploitation
générale ou compte de résultat ; « Produits ».
137
L’objectif poursuivis est dans ce cas est de s’assurer de l’application correcte des
principes et méthodes contenus dans le manuel comptable de l’entreprise.
4. Vérifier que la distinction entre les charges et les produits d’exploitation d’une part,
et ceux d’un caractère plus ou exceptionnel d’autre part, est respecté par la société
dans la présentation de ses comptes de résultat.
Ceci est un contrôle indiciaire préalable à tout travail d’audit proprement dit. Son but
est de permettre de déceler les domaines spécifiquement qui feront l’objet d’une
vérification détaillée à l’occasion du contrôle des comptes de résultat.
a) Facteurs d’activité
Sans faire un contrôle exhaustif, il est possible de relever les facteurs d’activité qui
sont nécessaires à une bonne compréhension des résultats d’une entreprise :
138
En contrôlant une entreprise, l’auditeur doit connaitre :
L’auditeur doit savoir ce qui est fait par le service de vente en vue de modifier la ligne
de vente, par exemple l’exportation, les ventes à crédit, etc.
- ventes
- matières premières
- salaires et appointements
- frais généraux.
L’auditeur est intéressé ici par les ratios de rentabilité et les ratios de contrôle de coûts.
La comparaison des ratios est un moyen efficace de déceler les points de force ou de
faiblesse d’un département.
139
Le contrôle indiciaire tel que nous l’avons étudié se réalise au moyen de tableaux de
comparaison. Il doit être immédiatement suivi de l’étude et de l’évaluation du contrôle
interne qui doit s’appliquer à chaque compte de charges ou de produits.
Par exemple : absence de contrôle global sur l’enregistrement des factures de ventes ;
absences de contrôle sur l’établissement des bons de commande, etc.
Il peut, par exemple, demander à la société de lui fournir des analyses mensuelles
fiables sur :
- les ventes, par section d’activité et partout ou selon d’autres critères qui lui
semblent logiques ;
- les avoirs pour retour de marchandises, remise, ristournes, par secteur et par
produit ;
- le coût de ventes correspondantes.
Ces analyses lui permettront de faire des comparaisons mois par mois, année par année
et de faire ressortir les différences importantes.
En examinant les comptes de gestion et de résultat, l’auditeur doit déposer son travail
de vérification, essentiellement sur l’évaluation du système de contrôle interne et sur la
revue des indicateurs de gestion. Il n’est pas nécessaire qu’il perde trop de temps en
faisant un examen détaillé de tous les comptes de résultat dans le but de couvrir une
longue période ou un grand nombre d’opérations. Néanmoins, il ne doit pas négliger le
travail d’audit détaillé qui sera mené à la lumière des enseignements tirés des
rapprochements globaux déjà effectués.
Les charges sont enregistrées dans les comptes suivants le système comptable
OHADA tel que revisé le 26 janvier à Brazzaville.
141
Ce compte enregistre à son coût direct au montant de la facture hors TVA déduction
faite des réductions à caractère commercial (RRR): les achats marchandises (60.1),
achats de matières premières et fournitures liées (60.2), les variations des stocks de
biens achetés (60.3), les achats stockés de matières et fournitures consommables
(60.4), les autres achats (60.5), les achats d’emballages (60.8).
Compte 61 : Transport
- Sous-traitance générale ;
- Locations et charges locatives ;
- Redevances de crédit-bail 62.3 ;
- Entretien, réparations et maintenance ;
- Prime d’assurance ;
- Etudes, recherches et documentation ;
- Publicité, publication et relation publique ;
- Frais de télécommunication.
- Frais bancaires ;
- Rémunérations d’intermédiaires et conseils ;
- Frais de formation du personnel ;
- Redevance pour brevet, licence, logiciel, concession et valeurs similaires ;
- Cotisations ;
- Rémunérations de personnel extérieur à l’entité ;
- Autres charges externes (recrutement du personnel, déménagement, réceptions,
missions).
Ce poste enregistre les impôts et taxes directs, les impôts et taxes indirects, les droits
d’enregistrement, les pénalités et amendes fiscales ainsi que les autres impôts et taxes.
142
Compte 65 : Autres charges
Les autres charges d’exploitation enregistrent les pertes sur créances clients et autres
débiteurs, la quote-part de résultat sur opérations faites en commun, la quote-part de
résultat annulée sur exécution partielle des contrats pluri-exercices, les valeurs
comptables des cessions courantes d’immobilisations, les charges diverses et les
charges provisionnées d’exploitation.
Sont enregistrés dans ce poste, toutes les charges liées au facteur travail à savoir :
Sont enregistrés dans ce poste des intérêts des emprunts, intérêts de loyers de crédit-
bail et contrats assimilées, des escomptes accordés, des escomptes des effets de
commerce, des pertes de change, des pertes sur cessions de titres de placement, des
charges provisionnées financières.
Sont enregistrés sur ce poste, les amortissements c’est-à-dire les dépréciations des
valeurs, l’usure ou obsolescence des actifs immobilisés dont le caractère est
irréversible. Les charges enregistrées dans ce compte n’entrainement pas un
décaissement de fond.
143
Elle constate la diminution de la valeur d’exploitation constatée sur certaines
immobilisations corporelles et corporelles dont le caractère est irréversible ainsi que
toutes les provisions d’exploitation pour risques et charges.
Il comprend tous les produits et charges liés à l’activité normale, courante ou encore
récurrente de l’entreprise. Ce produit d’exploitation correspond aux produits issus de
l’exploitation normale. Selon le plan comptable SYSCOHADA, les comptes 70 à 75
sont les plus mouvementés ou marquant d’un produit d’exploitation.
C’est le principal produit d’exploitation d’une entreprise. Il s’agit des ventes des biens
et de prestation des services à des tiers, liées à l’exploitation normale et courante de
l’entreprise. Sont déduits du chiffre affaires, toutes les réductions à caractère
commercial accordées (RRR) à savoir le Rabais (réduction accordée pour la mauvaise
qualité des marchandises, la Remise (réduction accordée pour une grande quantité
achetée), la Ristourne (réduction accordée pour la fidélité). Le SYSCOHADA
subdivise ce compte en fonction des activités commerciales, industrielles, services,
travaux.
Elle est octroyée par les pouvoirs publics à une entreprise soit en vue de compenser
une insuffisance d’exploitation soit pour une sujétion quelconque qu’ils lui imposent.
Le SYSCOHADA considère aussi comme subvention d’exploitation tout abandon de
créance à caractère commercial alors que tout abandon de créance à caractère financier
est enregistré dans le produit HAO. Les subventions d’équilibre sont accordées pour
compenser le déficit de l’entreprise et sont enregistrées dans le produit HAO (compte
88). Elle peut concerner les produits à l’exportation, à l’importation, produits de
péréquation et autres exploitations.
Ce compte enregistre tous les travaux effectués par l’entreprise pour son propre
compte et cela au coût de production. Le SYSCOHADA subdivise pour les
immobilisations corporelles (72.1) et pour les immobilisations incorporelles (72.6).
L’utilisation de ce compte répond à un principe comptable celui de « la prééminence
de la réalité sur l’apparence » qui aura comme impact de créditer le compte de produit
afin d’anéantir ou d’absorber tous les comptes de charges qui ont été débitées lors de
la réalisation des travaux.
144
Ce compte concerne surtout les entreprises industrielles et porte sur la production
stockée ou déstockée. Le solde obtenu donne la variation de la production au cours de
la période. Il peut y avoir un solde débiteur (déstockage) ou créditeur (stockage). La
variation concerne les produits en cours, encours de services, produits finis et produits
intermédiaires et résiduels.
Sont enregistrés dans ce compte, tous les produits d’exploitation relevant des activités
secondaires de l’entreprise. Le SYSCOHADA distingue la quote-part de résultat sur
opérations faites en commun, la quote-part de résultat sur exécution partielle de contrat
pluri-exercices, produits de cession courante d’immobilisations, produits divers et
reprises de charges provisionnées d’exploitation.
Ils servent à corriger les charges qui ont été activées, c'est-à-dire mises au bilan dans le
compte des charges immobilisées, en actifs circulants ou carrément dans les charges.
Ces transferts sont effectués en fin d’exercice.
Sont enregistrés dans ce poste, les reprises de provisions d’exploitation pour risques et
charges pour grosses réparations, pour dépréciation des immobilisations incorporelles
et corporelles. Les reprises d’amortissement sont quasi-inexistantes dans le
SYSCOHADA. Le système comptable OHADA n’a pas prévu comme tel le compte
reprises d’amortissements sauf cas exceptionnels. Ce compte est tout simplement le
fruit d’adoption des normes IFRS (normes financières internationales).
Selon le système comptable OHADA, lesdits comptes se trouvent logés dans la classe
8 avec comme intitulé « Comptes des autres charges et produits ». Quand un compte
de cette classe porte le chiffre impair, cela signifie que c’est une charge ou perte et le
chiffre pair représente un produit ou profit. Cette gymnastique comptable constitue
une innovation majeure depuis notre accession au système comptable OHADA.
Charges
145
Compte 81 : Valeurs comptables de cessions d’immobilisations
On enregistre sur ce poste, les valeurs comptables des biens cédés, c'est-à-dire que
l’annulation des amortissements des biens cédés, échangés ou détruits. Pour les amples
explications sur son traitement comptable (Voir compte 22 : cession lors d’une acticité
exceptionnelle).
Ce poste enregistre :
Ce sont les prélèvements de bénéfice distribué aux travailleurs pour les récompenser.
146
Produits
Compte 82 : Produits de cession d’immobilisations
147
148