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Analyse des Circuits Équivalents

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CHAPITRE III

ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES


PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

Ce chapitre traite de l’analyse des réseaux (circuits) électriques par la méthode des
circuits équivalents. Cette méthode permet de simplifier l'analyse des circuits complexes.

Sommaire
I. DÉFINITIONS
I.1 LE CIRCUIT

I.2 LA SOURCE
A. Source indépendante
B. Source liée

I.3 LA CHARGE

II. MÉTHODES D'ANALYSE DIRECTE


II.1 LOIS DES DIVISEURS
A. Diviseur de tension
B. Diviseur de courant

II.2 THÉORÈME DE SUPERPOSITION

III. ANALYSE DES CIRCUITS PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS :


III.1 THÉORÈME DE THÉVENIN

III.2 THÉORÈME DE NORTON

III.3 ÉQUIVALENCE THÉVENIN-NORTON

III.4 THÉORÈME DE MILLMAN

III.5 THÉORÈME DE KENELLY

1
CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

I. DÉFINITIONS
Tout circuit aussi complexe soit-il, peut se schématiser comme suit :

M , M  : masse → V M V M   0 

I.1 Circuit :
Un circuit est aussi appelé un système ou un réseau linéaire.
Un réseau est un ensemble d’éléments actifs ou passifs, linéaires ou non-linéaires
associés entre eux et reliés par des fils conducteurs de résistance négligeable.
Un réseau est dit linéaire s’il ne contient que des éléments pour lesquels le courant
y circulant et la d.d.p appliquée sont reliés par une relation linéaire. Ex. : Circuit contenant des
éléments R, L, C.

A. Réseau passif :
Un réseau est dit passif s’il ne contient aucune source d’énergie.

B. Réseau actif :
Un réseau qui contient une source d’énergie est appelé réseau actif.

I.2 Source :
La source fournit un signal d’entrée (v e , i e ) au circuit et une puissance Pe . On
distingue 2 types de sources : les sources indépendantes (ou autonomes) et les sources liées (ou
commandées).

A. Source indépendante :
C’est une source dont la caractéristique (tension ou courant) est propre à elle-
même (autonome) : elle ne dépend d’aucun paramètre externe.

B. Source liée :
C'est une source de tension ou de courant dont la caractéristique est imposée
(commandée) par une autre tension ou un autre courant du réseau (Exemple : Transistor). On
distingue :
 source de tension contrôlée en tension : E   V ;  : constante.
 source de tension contrôlée en courant : E  r  I ; r : impédance.
 source de courant contrôlée en courant : J    I ;  : constante.
 source de courant contrôlée en tension : J  g V ; g : admittance.

2015/2016 2
CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

Exemple :
gv 1 : source de tension liée.
ki 1 : source de courant liée.
e : source indépendante.

I.3 Charge :
C’est l’élément aux bornes duquel on analyse ou on utilise le signal transmis v s , i s  .

II. MÉTHODES D'ANALYSE DIRECTE

II.1 Lois des Diviseurs :

A. Diviseur de tension :
Tout circuit série est un diviseur de tension. Plusieurs éléments passifs associés
en série constituent ce qu’on appelle un "Pont Diviseur de Tension". Aux bornes de ces
éléments, les chutes de tensions (d.d.p) sont des portions de la tension totale appliquée à l'entrée
du circuit. Le but de la loi est de déterminer la chute de tension aux bornes de chaque élément.

Cas de deux résistances en série :

 R1
 U1 U 
 R1  R 2



 U U  R2
 2 R1  R 2

Généralisation :
"Calcul de la tension aux bornes de la kième résistance parmi plusieurs résistances en série (n
Rk
résistances)" → U k  U  .
R1  R 2  R k  Rn

Remarque : Cette loi peut être appliquée pour les grandeurs continues ou alternatives.

B. Diviseur de courant :
Tout circuit parallèle est un diviseur de courant. Plusieurs éléments passifs
associés en parallèle constituent ce qu’on appelle un "Pont Diviseur de Courant". Les différents
courants dans les branches parallèles sont des portions du courant total appliqué à l'entrée du
circuit. Le but de la loi est de déterminer le courant circulant à travers chaque élément du circuit.

2015/2016 3
CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

Cas de deux résistances en parallèle :

  G1
I 1  I  G  G
R2
 I1  I  
 R1  R 2 
1 2

 I  I  G 2
 ou bien
 G1  G 2
2
 
 I  I  R1 1 1
 2 R1  R 2 avec G1  et G 2  : conductances.
 R1 R2

Généralisation : "Calcul du courant dans la kième résistance parmi plusieurs résistances en


parallèle (n résistances)" :

ou bien ou bien
R R Eq Gk
Ik  I  Ik  I  Ik  I 
Rk  R  Rk G1  G 2  G k  Gn
avec R  : résistance avec R Eq : résistance avec G i 
1
: conductance.
Ri
équivalente de toutes les
équivalente de toutes les
autres résistances (autres
résistances (y compris la kième
que la kième résistance)
résistance)

Remarque : Cette loi peut être appliquée pour les grandeurs continues ou alternatives.

II.2 Théorème de Superposition :

Dans un réseau électrique linéaire, le courant (ou la tension) dans une


branche quelconque est égal(e) à la somme algébrique des courants (ou des tensions)
obtenu(e)s dans cette branche sous l'effet de chacune des sources indépendantes prise
isolément, toutes les autres ayant été désactivées (remplacées par leurs résistances
internes dans le cas de sources réelles).
On désactive :
 une source de tension en la remplaçant par un court-circuit (un fil)
 une source de courant en la remplaçant par un circuit ouvert.

Exemple :

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

i L  i1  i 2  i 3

Exemple d'application 1 :

E  10 V , r  1 K,
I 0  I 01  I 02
R  10 K , I  10 mA

 I 01  ? avec E  0 et I  0 :
E 10
I 01  
A.N
 I 01  3  I 01  0.91 mA .
r R 10  10 103

 I 02  ? avec E  0 et I  0 :
r 103
I 02  I  
A.N
 I 02  10 103  3  I 02  0.91 mA .
r R 10  10 103

I 0  1.82 mA .

III. ANALYSE DES CIRCUITS PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS


ÉQUIVALENTS
III.1 Théorème de Thévenin :
(Léon Charles Thévenin : Ingénieur en Télégraphie Français (1857-1926))
A. Notion préliminaire : "Tension à vide"

2015/2016 5
CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

La tension à vide v 0 est la


tension v AB lorsque Z L est
débranchée  Z L    .

B. Énoncé du théorème :

Le théorème de Thévenin stipule qu'il est possible de remplacer la totalité d'un réseau
linéaire complexe alimentant une charge Z L par un circuit simplifié (circuit
équivalent de Thévenin) formé d'une source de tension indépendante unique
(″générateur de Thévenin″) dont la f.é.m. est la tension à vide v Th  Z L   en série
avec une impédance Z Th (″impédance de Thévenin″) obtenue en court-circuitant
tous les générateurs de tension autonomes (remplacement par un fil) et en remplaçant
tous les générateurs de courant autonomes par des circuits ouverts.

Remarque : Dans le cas où les générateurs indépendants sont réels, on les remplace par leurs
résistances internes.

v Th
iL 
Z L  Z Th

Démarche à suivre dans l'application de la méthode de Thévenin

1. Débrancher la charge Z L (pouvant être un circuit elle-même) située entre les bornes A et B
entre lesquelles circule le courant i L inconnu.
2. Déterminer la tension à vide v Th entre A et B lorsque tous les générateurs sont actifs.
3. Désactiver les sources indépendantes en court-circuitant les générateurs de tension et en
débranchant les générateurs de courant.
4. Déterminer l'impédance équivalente du circuit ainsi obtenu (impédance de Thévenin) Z Th
vue de A et B.
5. Représenter le schéma électrique équivalent.
v Th
6. Calculer le courant inconnu i L  .
Z L  Z Th

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

Remarque : Si le réseau contient des sources liées :


 On détermine v Th de la même manière que pour un réseau ne contenant que des sources
indépendantes (étapes 1 et 2 de la démarche générale précédente).
 La charge étant déconnectée, on désactive toutes les sources indépendantes et on garde
les sources liées actives.
 On place entre les bornes A et B un générateur de tension fictif v s débitant un courant

i s dirigé de B vers A.
vs
 On détermine l'impédance de Thévenin par la relation Z Th  .
is
 On applique les étapes 5 et 6 de la démarche générale.

Exemple d'application 1 :

E 2  4E1  40 V , R1  5  , R 2  R3  10 .

1. On déconnecte R 3 :

2. On détermine v Th :

v th  E 1  R1  I 
 E 1  R 2  E 2  R1
E1  E 2   v th  
A.N
 v Th  20 V .
E 1   R1  R 2   I  E 2  I   R1  R 2
R1  R 2 

3. On désactive toutes les sources


indépendantes :

4. On détermine Z Th :

R1  R 2
Z Th  R1 / / R 2  
A.N
 Z Th  3.33  .
R1  R 2

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

5. On représente le schéma électrique équivalent :

6. On détermine le courant inconnu :


v Th
I3  
A.N
 I 3  1.5 A .
Z Th  R 3

Exemple d'application 2 :

e  4 V , g  0.5 mA/V, R1  2 K,


R 2  3 K, R L  1 K.

1. On déconnecte R L :

2. v 1  0 (circuit ouvert)  gv 1  0  v Th  e 


A.N
 v Th  4 V .

vs
3. Z Th  ?
is
i 1  gv 1  i s ()

v 1  R 2  i s  v s  R2 is
  R1  i 1  v s  R 2  i s  i 1  ( )
R1  i 1  v s  v 1  R1

( ) dans () :

v s  R2 is
 gv 1  i s   g  R 2  i s  i s  v s   R1  R 2  R1  R 2  g   i s
R1
v
Z Th  s  R1  R 2  R1  R 2  g  A.N
 Z Th  2 K .
is

4. Schéma électrique équivalent :

5. Calcul du courant i L :
v Th
IL  
A.N
 I L  1.33 mA .
Z Th  R L
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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

III.2 Théorème de Norton :


(Edward Lowry Norton : Ingénieur en Electricité Américain (1898-1983))

A. Notion préliminaire : "Courant de court-circuit"

i CC ("courant de court-
circuit") est le courant qui
circule entre A et B lorsque la
sortie est court-circuitée (en
reliant A et B par un fil).

B. Énoncé du théorème :

Le théorème de Norton stipule qu'il est possible de remplacer la totalité d'un réseau
linéaire complexe alimentant une charge Z L par un circuit simplifié (circuit

équivalent de Norton) formé d'une source de courant indépendante unique


(″générateur de Norton″) dont le courant débité est le courant de court-circuit I N

 Z L  0 en parallèle avec une impédance Z N  Z Th (″impédance de Norton″)

obtenue en court-circuitant tous les générateurs de tension autonomes


(remplacement par un fil) et en remplaçant tous les générateurs de courant
autonomes par des circuits ouverts.

Remarque : Dans le cas où les générateurs indépendants sont réels, on les remplace par leurs
résistances internes.

ZN
iL  iN
ZN ZL

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

Démarche à suivre dans l'application de la méthode de Norton

1. Court-circuiter la charge Z L (pouvant être un circuit elle-même) située entre les bornes A et
B entre lesquelles circule le courant i L inconnu (Remplacement de Z L par un fil : Z L  0 ).
2. Déterminer le courant de court-circuit i N circulant entre A et B lorsque tous les générateurs
sont actifs.
3. Déterminer l'impédance de Norton Z N  Z Th .
4. Représenter le schéma électrique équivalent.
ZN
5. Calculer le courant inconnu i L  iN .
ZN ZL

Exemple d'application :

E 2  4E1  40 V , R1  5  , R 2  R3  10 .

1. On court-circuite R 3 :

2. On détermine le courant de court-circuit i N :




i N  i1  i 2 
E1  E 1  R 2  E 2  R1
E 1  R1  i 1  i 1    iN  
A.N
 iN  6 A.
R1  R1  R 2
E2 
E 2  R 2  i 2  i 2   
R2 
R1  R 2
3. Z N  Z Th  
A.N
 Z N  3.33 
R1  R 2

4. Schéma électrique équivalent :

5. On détermine le courant inconnu :


ZN E 1  R 2  E 2  R1
i3  iN  i3  
A.N
 I 3  1.5 A .
Z N  R3 R1  R 2  R1  R 3  R 2  R 3

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

III.3 Équivalence Thévenin-Norton :


Les modèles de

Thévenin et de Norton sont

équivalents : même courant de

charge i L et même tension de

charge v L pour une charge

donnée Z L .
Modèle de Thévenin
v Th
 Modèle de Norton
Z N iN
Les règles de passage de l'un à
iL  iL 
Z Th  Z L ZN  ZL
l'autre sont données par :
v Th .Z L Z N iN  ZL
vL  vL 
 v Th
Z Th  Z L ZN  ZL
v Th  Z N  i N i N 
 ou  Z Th .
 Z Th  Z N Z  Z 
 N Th
v Th
iN 

 Z Th

L'équivalence Thévenin-Norton se v Th  Z N i N
 
généralise pour être exploitée
comme règle de transformation
Équivalence Thévenin-Norton
des sources :

source de tension v
v
en série avec une impédance Z i

 Z

i 
v
Z
↓ ↑v  Z  i v  Z i
 
source de courant i
en // avec une impédance Z Équivalence → Transformation de sources

Exemple d'application :
Vérification par l’équivalence Thévenin-Norton de la valeur de
Z Th pour le circuit électrique ci-contre (traité précédemment) :
Méthode de Thévenin → v Th  20 V
Méthode de Norton → iN  6 A
v Th
Équivalence Thévenin-Norton : Z Th  Z N  → Z Th  Z N  3.33  .
iN

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

III.4 Théorème de Millman :


(Jacob Millman : électronicien américain d'origine russe (1911-1991))
Le théorème de Millman est un théorème très utile dans la simplification des réseaux
électriques constitués exclusivement de branches parallèles.

 Formulation 1 : "Théorème en termes de d.d.p."


Dans un réseau électrique de n branches
parallèles comprenant chacune un générateur de
tension e i parfait en série avec un élément
linéaire d'impédance Z i , la d.d.p. V NM aux
bornes des branches est donnée par :

n n
ei
 
i
Zi  i  e i Y i
 i  1 si la tension e i est dirigée vers le nœud N
V NM  i 1 n  i 1
avec 
 i  1 sinon.
n
1

i 1 Z i
Y i 1
i

Remarque 1 : Le théorème peut aussi être exprimé en termes de courant comme suit :
Dans un réseau électrique de branches en parallèle comprenant chacune un
générateur de courant parfait en parallèle avec un élément linéaire (équivalent à une
impédance interne), la tension aux bornes des branches est égale à la somme de tous
les courants des sources divisée par la somme des admittances :
n

 i Ii
 i  1 si le courant I i est dirigée vers le nœud N
V NM  i 1
avec 
 i  1 sinon.
n

Y
i 1
i

Remarque 2 : Il est aussi possible d'étendre le théorème à un circuit intégrant des branches
comportant des sources de tension et des branches comprenant des sources de courant :
Dans un réseau électrique de branches en parallèle dont quelques unes comprennent
des sources de tension en série avec des impédances et les autres comportant des
sources de courant, la tension aux bornes des branches est égale à la somme entre les
forces électromotrices (e i ) respectivement divisées par l'impédance (Z i ) de la
branche et les courants des sources (I i ) le tout divisé par la somme des admittances :

n m n m
ei

i 1
i    j  I j
Z i j 1

i 1
i  e iY i    j  I j
j 1
V NM  n
 n
avec :
1

i 1 Z i
Y
i 1
i

 i  1 si la tension e i est dirigée vers le nœud N  j  1 si le courant I j est dirigée vers le nœud N
 et 
 i  1 sinon. .  j  1 sinon.

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

 Formulation 2 : "Théorème en termes de potentiels"


Ce théorème est aussi considéré comme une autre formulation
de la loi des nœuds de Kirchhoff en termes de potentiel. Il
permet de trouver le potentiel d'un nœud N auquel aboutissent
plusieurs branches dont les potentiels V i des extrémités sont
connus (potentiels des nœuds voisins au noeud N) :
n n
Vi
Z
i 1
V Y i i
VN  n
i
 i 1
n
1
Z
i 1
Y
i 1
i
i

N.B : Les potentiels V i des extrémités des branches sont tous définis
par rapport à un même potentiel de référence V réf (typiquement la même masse).

Démonstration :
n
La loi des nœuds au niveau du nœud X s'écrit : I
i 1
i  I1  I 2   Ik  In  0

V 1 V N   V 2 V N   
V k V N  
V n V N   0
Réécrite en termes de d.d.p, on a :
Z1 Z2 Zk Zn
ou bien V 1 V N Y 1  V 2 V N Y 2   V k V N Y k   V n V N Y n  0
n

V Y i i

 V N  Y 1 Y 2  Yk  Y n   V 1 Y 1 V 2 Y 2  V 2 Y k  V n Y n   VN  i 1
n .
Y i
i 1

 Formulation 3 : "Schéma équivalent de Millman"


Cette autre formulation du théorème de Millman permet d'établir un schéma équivalent
à la mise en parallèle de n générateurs de tension constitués chacun par une source de
tension idéale e i en série avec une impédance Z i .
Les éléments du schéma équivalent sont donnés par les relations :
n
ei 1
eM  Z M   avec Z M  n
1
i 1 Z i
Z
i 1 i

2015/2016 13
CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

Remarque : Il est impossible de mettre en parallèle deux sources de tension idéales, car cela reviendrait à
imposer des différences de potentiel a priori incompatibles entre deux points d’un circuit électrique. En
revanche, dès lors que les sources de tension considérées sont en série avec des impédances, il est possible de
les mettre en parallèle. Ces impédances peuvent représenter des éléments de réseau ou les impédances
internes de sources réelles ou encore les impédances internes d’un schéma de Thévenin équivalent.

Application : "Détermination d'un courant (d'une tension) dans (aux bornes d') une charge"
eM e ZL
iL  ; vL  M
ZM  ZL ZM  ZL
 n
ei
 Me  Z M 
i 1 Z i

avec  1
Z M  n 1



i 1 Z i

Remarque : L'utilisation du théorème de Millman (formulation 3) peut faciliter l'obtention


des circuits équivalents de Thévenin-Norton.

Exemples d'application :

Exemple 1 : Soit à déterminer la ddp V XY


pour le circuit électrique ci-contre :
On doit d'abord veiller à ce que chacune des
branches parallèles ne contienne qu'une seule
source de tension et une seule résistance.

L'application de la formule du théorème de


Millman donne :
V1 V V 3 V 4 0
 2  
R  R2 R3 R 4 R5
V XY  1 .
1 1 1 1
  
R1  R 2 R 3 R 4 R 5

Exemple 2 : Soit à déterminer les d.d.p V XY , V R1 , V R 3

et V R 2 pour le circuit électrique ci-contre :

V1 V 2 V 3
  50 20 0
 3
 V XY  10 10 2 10
R1 R 2 R 3 3 3
 V XY  
A.N
1 1 1 1 1 1
   3
R1 R 2 R 3 10 10 2 103
3

→ V XY  12 V .

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

 Résolution pour les d.d.p particulières V R1 , V R 3 et V R 2 :

 V R1  ?  V R3  ?  V R2  ?
V R1  12 V  (50 V) V R3  12 V . V R 2  12 V  20 V
→ V R1  38 V . → V R 2  32 V .

Exemple 3 : Déterminer le courant de charge i L dans le circuit électrique suivant :

 Transformons d'abord le circuit selon deux variantes :


 Branches parallèles comportant des sources de
tension en série avec des impédances :
On transforme alors la source de courant 5A avec
la résistance parallèle 2  en une source de
tension équivalente 5 A  2   10 V en série
avec la résistance 2 .

 Branches parallèles comportant des


sources de courant en parallèle,
chacune, avec une impédance :
On transforme alors les deux sources de
tension en leurs équivalents en sources
de courant :
 15 V 
(15 V série 3 ) →   5 A // 3  
 3 
 18 V 
(18 V série 3 ) →   6 A // 3   .
 3 

2015/2016 15
CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

Trouvons, à présent, les circuits équivalents par la


méthode de Millman en tension et en courant ainsi
que les circuits équivalents de Thévenin et de Norton :
15 18 10
  36
v Th  e M  3 3 2  v Th  e M  V
1 1 1 7
 
3 3 2
1 6 6
ZM    Z Th  Z N  Z M  
1 1 1 7 7
 
3 3 2
3

i M   i k  5  6  5
k 1

eM 36 7 
iM     iM  iN  6 A
ZM 67 
v Th 36 7 
iN   
Z Th 67 

 eM 36 7
Z  Z 
A.N
 iL 
6 7 1
 M L

 iM Z M 6  6 7
 
A.N
 iL 
Z M  Z L 6 7 1 36
iL   → iL  A.
 v Th 36 7 13

A.N
 iL 
 Z Th  Z L 6 7 1

 iN Z N 6  6 7
Z  Z 
A.N
 iL 
 N L 6 7 1

III.5 Théorème de Kennelly : (Arthur Kennelly : physicien américain (1861 - 1939))


Le théorème de Kennelly permet de réaliser le passage (transformation) entre le
schéma d'un réseau électrique en "triangle" (dit aussi "" (pi) ou "delta" ()) et le schéma en
"étoile" (dit aussi "T" ou "Y") qui est beaucoup plus facile à étudier.

1. Montage en "triangle" ou en "" ou en ""

2015/2016 16
CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

2. Montage en "étoile" ou en "T" ou en "Y"

Le problème est de déterminer les relations de passage entre les impédances des montages (1) et
(2) : Transformation "triangle"  "étoile" ( ""  "T" ou ""  "Y") .

Ces relations s’obtiennent en écrivant que les impédances vues de deux points quelconques sur
les deux structures sont égales.

Les 2 montages (1) et (2) sont équivalents si les impédances : Z 1,2 , Z 1,3 et Z 2,3 (vues,
respectivement, entre les points 1 et 2, 1 et 3, 2 et 3) pour les deux montages sont égales :

Formules de passage

 Transformation "triangle"  "étoile"  Transformation "étoile"  "triangle"


(  T ou   Y) : (T   ou Y  ) :
? ?
Z 1 , Z 2 , Z 3  f  Z 12 , Z 13 , Z 23  Z 12 , Z 13 , Z 23  f  Z 1 , Z 2 , Z 3 

Z 12 Z 31 Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3
Z1  Z 12 
Z 12  Z 23  Z 31 Z3
Z 23 Z 12 Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3
Z2  Z 23 
Z 12  Z 23  Z 31 Z1
Z 31Z 23 Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3
Z3  Z 31 
Z 12  Z 23  Z 31 Z2

Voir en Annexe les démonstrations de ces formules


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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

Exemples d'application :

Exemple 1 : Soit le circuit électrique ci-contre.

Déterminer le courant I x qui circule dans la résistance

R x en utilisant le théorème de Thévenin.

Exemple 2 : Déterminer le courant I Ch qui circule dans la charge Z Ch du circuit électrique


suivant par la méthode de Thévenin.

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

ANNEXE

Démonstrations
Transformation "triangle"  "étoile"

ou bien

Montage étoile Montage triangle

Z 12  Z 23  Z 31 
Z 1,2Etoile  Z 1  Z 2 Z 1,2Triangle  Z 12 //  Z 23  Z 31  
Z 12  Z 23  Z 31
Z 31  Z 12  Z 23 
Z 1,3Etoile  Z 1  Z 3 Z 1,3Triangle  Z 31 //  Z 12  Z 23  
Z 31  Z 12  Z 23
Z 23  Z 12  Z 31 
Z 2,3Etoile  Z 2  Z 3 Z 2,3Triangle  Z 23 //  Z 12  Z 31  
Z 23  Z 12  Z 31

Z 12  Z 23  Z 31 
Z 1,2  Z 1,2  Z1  Z 2  1
Etoile Triangle Z 12  Z 23  Z 31

Z 31  Z 12  Z 23 
Z 1,3  Z 1,3  Z1  Z 3  2
Etoile Triangle Z 12  Z 23  Z 31

Z 23  Z 12  Z 31 
Z 2,3  Z 2,3  Z2 Z3  3
Etoile Triangle Z 12  Z 23  Z 31

2Z 12 Z 31 Z 12 Z 31
1 + 2 - 3 → 2Z 1  → Z1 
Z 12  Z 23  Z 31 Z 12  Z 23  Z 31

Z 31  Z 12  Z 23  Z 31  Z 12  Z 23  Z 12 Z 31 Z 31Z 23
de 2 : Z 3   Z1   → Z3 
Z 12  Z 23  Z 31 Z 12  Z 23  Z 31 Z 12  Z 23  Z 31 Z 12  Z 23  Z 31

Z 23  Z 12  Z 31  Z 23  Z 12  Z 31  Z 31Z 23 Z 23 Z 12
de 3 : Z 2  Z3   → Z2  .
Z 12  Z 23  Z 31 Z 12  Z 23  Z 31 Z 12  Z 23  Z 31 Z 12  Z 23  Z 31

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

Transformation "étoile"  "triangle"

ou bien

D'après les formules précédentes, on peut écrire :

Z 12 2  Z 23  Z 31  Z 232 Z 12  Z 31  Z 312  Z 12  Z 23
Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3 
 Z 12  Z 23  Z 31 
2

Z  Z  Z   Z 12  Z 23  Z 31  Z Z Z
 12 23 31  12 23 31
 Z 12  Z 23  Z 31  Z 12  Z 23  Z 31
2

→  Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3    Z 12  Z 23  Z 31   Z 12  Z 23  Z 31 1

Toujours, d'après les mêmes formules de la transformation, on a :

Z 12 Z 31
Z1  → Z 12 Z 31  Z 1   Z 12  Z 23  Z 31  2
Z 12  Z 23  Z 31

Z 23 Z 12
Z2  → Z 23Z 12  Z 2   Z 12  Z 23  Z 31  3
Z 12  Z 23  Z 31
Z 31Z 23
Z3  → Z 31Z 23  Z 3   Z 12  Z 23  Z 31  4
Z 12  Z 23  Z 31

2 dans 1 :  Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3    Z 12  Z 23  Z 31   Z 23  Z 1   Z 12  Z 23  Z 31 

Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3
→ Z 23 
Z1

3 dans 1 :

 Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3    Z 12  Z 23  Z 31   Z 31  Z 2   Z 12  Z 23  Z 31 
Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3
→ Z 31 
Z2

4 dans 1 :
 Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3    Z 12  Z 23  Z 31   Z 12  Z 3   Z 12  Z 23  Z 31 

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CHAPITRE III : ANALYSE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES PAR LA MÉTHODE DES CIRCUITS ÉQUIVALENTS

Z 1Z 2  Z 2 Z 3  Z 1Z 3
→ Z 12  .
Z3

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