Amour Maternel
(Texte pour l’étude de la langue)
A la mort de mon père j’étais âgé de quelques années seulement.
M a m è r e entreprit donc de m’élever. Elle y a apporté une sollicitude
extrême. Elle a faittout, m’entends-tu? Tout ce qu’elle croyait faire pour
mon bien. Elle me gavaitd e n o u r r i t u r e , d e b o n n e n o u r r i t u r e . C h a q u e
s o i r , e l l e m e p l o n g e a i t d a n s u n e énorme marmite pleine d’eau tiède et me
frottait longuement tout le corps. Troisf o i s p a r s e m a i n e , e l l e m ’ e n v o y a i t
é c o u t e r l e s l e ç o n s d u c a t é c h i s t e . . . J ’ é t a i s mieux habillé que les gosses
de mon âge qui avaient leur
père. Nous dormions sur des lits de bambou des deux côtés du feu que ma mère ne
cessait d’attiser la nuit tandis qu’elle me racontait des fables ou me
parlait dem o n p è r e , d e s o n e n f a n c e à e l l e , d u p a y s o ù e l l e é t a i t
n é e , d e m a g r a n d - m è r e morte peu avant ma naissance...Certaines nuits,
nous entendions hululer un hibou ou hurler un chimpanzé : jeme faisais
tout petit dansa mon lit, et ma mère en riant me disait : « N’aie donc pas
peur, fils; il ne viendra tout de même pas te chercher là, devant moi...»D ’ a u t r e s
nuits, la pluie crépitait sur le toit, tandis que de violentes
r a f a l e s balayaient la cour, agitaient les arbres là-bas derrière le village; alors ma
mèrem e d i s a i t : « M o n D i e u é c o u t e l e s m a n g u e s t o m b e r . U n
qui va être
contentd e m a i n , c ’ e s t t o i . P a s v r a i ? » O h e l l e m e c
o r r i g e a i t s o u v e n t e t s a n s ménagement. Mais le souvenir même
de ces punitions me la rend encore pluschè[Link] ce qu’elle était pour
moi, je ne l’ai deviné que ce jour où j’ai souffert pour la première fois de
ma vie : ma mère était allée m’inscrire à l’école de la ville.D é s o r m a i s , c i n q
jours sur sept. je serais séparé d’elle. J’ai pleuré ce jour-
làc o m m e j a m a i s p l u s j e n e p o u r r a i l e f a i r e . J ’ a i b i e n f i n i
p a r m e f a i r e à c e t t e nouvelle existence; mais, au début, ce fut
t r è s d i f f i c i l e : m a m è r e , j a l o u s e , n e m’avait pas habitué à fréquenter les
enfants de mon âge.
Eza Boto, Ville cruelle (Présence Africaine).
Tante Bella
(Texte pour l’étude de la langue)
Les femmes, insouciantes et joyeuses le matin, quand elles
p a r t a i e n t a u x champs, en revenaient maintenant, non plus en file, mais une à
une et muettes [Link] étaient rentrées depuis longtemps, lorsque,
au bout du village, apparut,enfin, la silhouette familière de notre tante, de
Tante Bella, la grande soeur denotre père.L o u r d e m e n t b â t i e , e l l e
ployait pourtant sous le poids de l’immense panier de r o t i n
qu’elle portait sur son dos. Ce panier contenait un peu de
t o u t : d e s morceaux de bois de chauffage, des-morceaux de cannes à
sucre, un régime de plantain, des courges, des bottes de feuilles de manioc
et, une diversité de fruitsc o m e s t i b l e s , j u t e u x , f a r i n e u x , d o u x , u n t a s d e
bonnes choses dont elle noussavait friands et qu’elle seule nous
o f f r a i t . E n r e t o u r , t o u s l e s e n f a n t s , p e t i t s garçons et petites filles, ses
neveux et ses nièces, nous lui faisions fête quandelle rentrait des champs,
presque toujours la
dernière. Nous guettions son retour, et nous nous placions à proximité du chemin p
ar lequel elle devait arriver. Elle donnait toujours plus, et le meilleur fruit
à celuiqui, le premier, parvenait jusqu’à elle, et lui prenait la [Link], quand
elle apparut, toute la marmaille se précipita à sa rencontre.« Sono a soaaaaah »,
criaient les petites voix. Notre tante est venue!On se frayait un passage pour
aller jusqu’à elle, et celui qui tenait sa main s’ycramponnait solidement
pour ne pas perdre sa récompense. Tante Bella, elle,sans arrêter sa lente
progression, touchait à la ronde, de petites têtes, de petitesmains, et
lorsqu’on lui marchait sur les pieds ou qu’on entravait sa marche
elletentait de nous écarter, et proférait des menaces qui ne trompaient
personne, etn’écartaient personne. Elle nous aimait [Link], entourée de
cette bande sautillante et jacassante, elle nous pilotait (10)vers sa case,
d’où nous ressortions bientôt, mangeant, croquant, suçant toutessortes de
choses.
D’après Joseph Owono, Tante Bella (Librairie Au Messager)
Vol des questions d’examen
Acte I Scène 3
Résumé:
Des élèves de cinquième secondaire en sont au dernier jour
d e s examens de fin d’année. Deux épreuves restent encore à passer:
géographie ethistoire. Mais le cours de géographie leur paraît trop
difficile, et il ne leur restequ’une heure pour l’étudier ! (Acte I scènes 1
et 2). La scène se déroule dans lesalon du professeur de français, frère d’un
des élèves.
Mapera - Tsongo
1
ère
partie
(Texte pour l’étude de la langue)
Ma para (entrant) :
Victoire! Victoire, mon ami .. Nous sommes sauvés!
Tsongo
: Wous sommes sauvés?
Mapera
: Oui, mon cher ; je suis parvenu à dérober le questionnaire degéographie!
Tsongo
: Le questionnaire? Ce n’est pas possible.
Mapera
: J’étais allé chercher la petite sœur du géographe. En entrant dansla maison, je ne
trouve personne. Sur la table, les fiches de préparation de Monsieur Climat ainsi
que ce questionnaire.
Tsongo
: Montre-le doiic!
Mapera
(exhibe un papier et lit) : La question est unique : établissez un parallélisme entre
le climat et la végétation des Monts Bleus desMitumba.
Tsongo
: Établissez quoi?
Mapera :
Un pararér.. .pararél...pa-ral-lé-lisme.
Tsongo :
il est fou : ce mot n’existe pas en français.
Mapera
: Je connais le palarélogramme, les droites palarères, le palaroropipède, mais le
palarolisme... Ah non ! Je n’y pige rien.
Tsongo
: Consulte un peu tes bras.
Mapera (consultant) :
Climat et végétation des Monts Bleus des [Link] le pararolisme n’y est
pas?
Tsongo
: Et c’est là le nœud de la
[Link] : Monsieur Climat est fou, mais je sais le tromper à ma façon.T s
ongo:
On ne peut pas tromper Monsieur Climat. Un philosoph
e
Mumbere Mujomba, Le Philosophe
2e partie
(Texte commenté)
Mapera (découvrant une autre question au verso):
Ah ! Il y a deux questions au choix.
Tsongo :
Lis un peu l’autre. Elle doit être moins imperméable (1)
Mapera
: Première série. Répondez à une seule question. Un.L
ocalisez sur un croquis (2) les principaux gisementscuprifèr
es (3) en Afrique et brossez succinctement (4)l’évolution d
e l a c o m m e r c i a l i s a t i o n d u c u i v r e d a n s l e monde.T s o n g o : L
o c a l i s e z q u o i ? Mapera : Sur un croquis, les principaux gisements cu
prifères.T s o n g o : M a i s l o c a l i s e r , c ’ e s t q u o i e t c u p r i f è r e s ,
c ’ e s t q u o i ? Mapera : Moi je n’ai jamais entendu ces mots.
C u p r i f è r e s ! A h ! (rires)T s o n g o : L a d e u x i è m e p a r t i e d e l a
q u e s t i o n d e m a n d e d e b r o s s e r quoi?
Mapera : De brosser succinctement. (rires) Ah (rires)M a p e r a : L ’ e x a m e n
c o m m e n c e d a n s q u i n z e m i n u t e s . F a i s rapidement deux
c o p i e s d e l a r é p o n s e q u e j e t ’ a i d i c t é e tantôt. Tu as du cirage?
T s o n g o :
Bien sûr. Pourquoi?
Mapera : Puisque je ne sais pas brosser succinctement (consultantl e
q u e s t i o n n a i r e ) l ’ é v o l u t i o n d e l a c o m m e r c i a l i s a t i o n d u cuivre alors
je vais brosser succinctement mes souliers. (Ille fait)