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Interaction des Particules Chargées

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INTERACTION DES RAYONNEMENTS AVEC LA MATIÉRE

L’interaction entre un rayonnement particulaire ou électromagnétique et la


matière se traduit par un transfert d’énergie.
Une interaction avec la matière inerte « plaque photographique,
détecteurs.. » est nécessaire pour détecter un rayonnement, d’où
l’importance de cette notion en imagerie diagnostique fonctionnelle ou
anatomique et en radioprotection.
De même un transfert d’énergie aux tissus vivants est la première étape de
l’action biologique des rayonnements.

INTERACTION DES PARTICULES CHARGEES AVEC LA MATIERE


Une particule chargée (ex : e-) passant au voisinage d’un atome peut
interagir avec un des e- ou avec le noyau de l’atome. L’interaction
s’accompagne d’une perte d’énergie cinétique ΔE pour la particule
incidente.

 Interaction avec un électron : collision

L’énergie ΔE cédée par la particule incidente est transférée à un e- de


l’atome cible. Deux cas de peuvent se produire :
 Si ΔE ≥ WL (énergie de liaison de l’e- sur son orbite)
⇛ L’e- est éjecte de son orbite avec une énergie cinétique : ΔE - WL
⇛ Il se produit une ionisation de l’atome cible.
L’e- éjecte dit e- secondaire peut créer à son tour d’autres ionisations
si son énergie le permet.
 Si ΔE < WL (énergie de liaison de l’e- sur son orbite)
⇛ Le transfert d’énergie ne peut produire aucune ionisation mais
porte l’e- cible acquiert un niveau énergétique supérieur
⇛ Il se produit une excitation de l’atome.
 Interaction avec le noyau de l’atome cible :

- Quand une particule chargée passe à


proximité d’un noyau de l’atome cible, elle
est attirée ou repoussée selon que sa
charge est positive ou négative. La force
coulombienne d’attraction entre les deux
particules provoque la déviation de la trajectoire de la particule ce qui
entraine une perte d’énergie cinétique émise sous la forme d’un
rayonnement électromagnétique de freinage.

- Le freinage est fonction de la distance trajectoire de la particule-noyau :


 Quand la particule incidente passe près du noyau, elle est fortement
freinée et déviée. Lorsque qu’elle est totalement arrêtée, il y a émission
d’un rayonnement de freinage très énergétique d’énergie maximale h𝝂 =
Ec1
 Si la particule passe loin du noyau, elle est peu freinée et déviée. Le
photon de freinage a une énergie faible. Ce cas étant plus probable,
l’énergie totale émise sous forme de photons peu énergétiques est
supérieure à l’énergie totale émise sous forme de photons très
énergétiques.
L’énergie du photon de freinage peut varier de manière continue entre une
valeur nulle (aucune déviation, Ec1 = Ec2 et pas de rayonnement : h𝝂 = 0) et
une valeur maximale égale à l’énergie cinétique de la particule incidente
0<h𝝂 ≤Ec1, ce qui correspond à l’arrêt complet de cette particule.

N.B : l’importance de cette émission de rayonnements de freinage est


inversement proportionnelle au carré de la masse de la particule incidente.
Le rayonnement de freinage sera donc un phénomène important pour les e-
et pratiquement négligeable pour les particules chargées plus lourdes.

 Pouvoir d’arrêt du milieu :

L’énergie cinétique Ec diminue par collisions (c) et freinage (f)


En fin de parcours, l’électron est « arrêté »

Pouvoir d’arrêt S d’un mileu : S = Sc + Sf


- Pouvoir d’arrêt par collision Sc= E/x dû à la collision

- Et Pouvoir d’arrêt par freinage Sf = E/x dû au freinage


avec E : énergie perdue dans la matière

Sf est proportionnel à Z², densité en noyaux du milieu et l’énergie des


particules incidentes. Il est inversement proportionnel à la masse de la
particule incidente

 Transfert linéique d’énergie et densité linéique d’ionisation:

On appelle TEL (transfert d’énergie linéique) la quantité d’énergie


transférée au milieu cible par la particule incidente, par unité de longueur
de trajectoire
2
z
TEL (KeV /𝜇m) = K 2 nZ
v

K : constante
z: charge de la particule incidente
v : vitesse de la particule incidente
n : nombre d’atomes de la cible par unité de volume
Z : numéro atomique de la cible

A chaque interaction, la particule incidente transfère au milieu cible une


certaine quantité de son énergie cinétique (cette quantité croit quand la
vitesse de la particule diminue) jusqu'à ce qu’elle soit complètement
arrêtée.

On appelle DLI (densité linéique d’ionisation) le nombre de paires d’ions


créées par la particule incidente par unité de longueur de la trajectoire
TEL
DLI ((paires d’ions)/ 𝜇m) = W
i

Wi : énergie moyenne transférée pour chaque ionisation

 Cas des particules légères : électrons, positons :

Les électrons peuvent provenir :


- des émissions β-, β+ de noyaux radioactifs
- de l'ionisation ou l'excitation des noyaux cibles
- des électrons mis en mouvement par un accélérateur de particules
- issus de l'interaction de photons X ou γ avec la matière

É lectron incident (e : avec une énergie cinétique Ec)


1
É lectron atomique cible (e : au repos, lié (w))
2
2
 Force électrostatique F  Kq1q2  K . e avec | q | = | e |
r 2  r2

Conséquence :
- Projection de e sous un angle  avec une énergie Ec2.Déviation
2

de e1 d'un angle , son énergie diminue E'c1< Ec1


Avec :
- 0 ≤ ≤ /2
- 0 ≤ ≤ /2

Tous les intermédiaires peuvent être observés entre :


Choc frontal :
-  = 0, E'c1=0 et Ec2 = Ec1 : Transfert d'énergie important
e1 = électron incident et e2 = électron atomique
Choc éloigné :
-  = /2,  = 0 : E'c1~ Ec1; Ec2 ~ 0; transfert d'énergie faible

Caractéristiques:
- Dans l’eau, le TEL est faible. Pour des Ec > 1 MeV ⇛ TEL = 0,25 KeV /𝜇m
et DLI = 8 paires d’ions / 𝜇m
- Les trajectoires des particules sont des lignes brisées (la particule étant
légère, chaque transfert d’énergie, par freinage ou collision, se traduit par
un changement de direction important). Dans l’eau, la longueur de la
trajectoire appelée également « parcours » est donnée par la formule
approchée :
énergie initiale de la particule( MeV )
Longueur de trajectoire R (cm) =
2
- La distance qui sépare le point d’entrée de la particule dans le milieu
cible du point terminal est appelée profondeur de pénétration
moyenne (évidemment plus courte que la longueur totale de la
trajectoire). La valeur maximale de cette distance P max : profondeur de
pénétration maximale est donnée par la formule :

energie initiale de la particule( KeV )


Pmax (mm)= 200

 Cas des particules lourdes :


- Les transferts d’énergie ont peu d’influence sur les trajectoires qui
restent approximativement rectilignes.
- A énergie cinétique égale, leur vitesse est beaucoup plus faible que celle
d’un électron, ce qui leur confère un TEL beaucoup plus élève.
Dans l’eau : TEL ≃ 80 à 150 KeV/𝜇m et DLI ≃ 4500
énergie initiale de la particule ( KeV )
- La longueur des trajectoires (µm)=
1500

- La profondeur de pénétration moyenne ≈ longueur des trajectoires


(puisque celles-ci sont rectilignes), de qq cm dans l’air et de qq 𝜇m dans
l’eau et les tissus mous
Les protons et les particules 𝜶 sont totalement arrêtes par une simple
feuille de papier ou par la couche cornée de la peau ou par une
membrane fine d’un gant protecteur. Ils sont donc sont danger en cas
d’irradiation externe. En revanche, leur absorption est dangereuse.
INTERACTION DES PARTICULES CHARGEES AVEC LA MATIERE

Les neutrons ont une interaction négligeable avec les e- des milieux qu’ils
traversent. Leur énergie cinétique est absorbée par leurs interactions avec
les noyaux (noyaux de recul) jusqu'à leur arrêt total. Les noyaux de recul
épuisent leur énergie cinétique sous forme d’ionisation ce qui explique
l’efficacité biologique élevée des faisceaux de neutrons.
Les mécanismes d’interaction dépendent de l’énergie cinétique du neutron.
 Cas des neutrons rapides > 1 KeV :

Pour un neutron rapide, le ralentissement se fait par choc élastique contre


les noyaux. Dans ce choc, il y a conservation de l’énergie cinétique totale
(neutron + noyau) et de la quantité de mouvement.
La perte d’énergie cinétique est maximale pour un noyau d’hydrogène dont
la masse est très voisine de celle du neutron, elle diminue quand le nombre
de masse de la cible augmente. Les substances riches en H (eau, lipides)
absorbent davantage les neutrons que les substances ou prédominent des
noyaux lourds sur lesquels les neutrons rebondissent sans perdre beaucoup
d’énergie. Dans tous les cas, les chocs ont une faible probabilité en raison du
diamètre très faible du noyau par rapport au diamètre de l’[Link] en
résulte que les neutrons rapides sont très pénétrants.

 Cas des neutrons lents < 1 KeV :


L’interaction avec un noyau se traduit par l’absorption du neutron :
capture radiative, le nouveau noyau forme est instable et retourne à l’état
fondamental par émission d’un photon 𝜸. La réaction nucléaire de capture
radiative est très utilisée pour la production de radioéléments artificiels

INTERACTIONS DES PHOTONS AVEC LA MATIERE :

Quand un photon rencontre un écran matériel,

- soit le photon traverse l’écran sans interaction ni changement de

direction, il est transmis sans perte d’énergie

- soit il interagit avec des particules de l’écran :

- Une partie de l’énergie est transférée aux éléments de l’écran, le

photon peut-être : absorbé ou diffuse avec perte d’énergie

- Une partie, dite diffusée, est réémise sous la forme d’un ou

plusieurs photons qui changent de direction sans perte

d’énergie
Devenir possible d’un photon X ou γ après traversée d’une épaisseur dx d’un matériau

 Interactions élémentaires :

Les interactions entre les photons et la matière se font selon 5 mécanismes


dont 2 ont un intérêt médical important : l’effet photoélectrique et l’effet
Compton.

a. EFFET PHOTOELECTRIQUE

Il résulte du transfert de la totalité de l’énergie du photon incident (h𝝂


disparaît) sur un e- de l’un des atomes cibles.
Cet effet ne se produit que si l’énergie du photon incident est supérieure à
l’énergie de liaison de l’e-. L’énergie est communiquée à un électron des
couches profondes qui sera éjecte avec une énergie EC = h- WK : photo-
électron
Le photoélectron va épuiser son énergie cinétique en ionisations et
excitations

Conséquence :
Ec sera totalement absorbée dans le milieu (par collision et freinage)
L’e- expulsé laisse une place vacante qui sera occupée par un électron des
couches L ou M ou par un e- extérieur.
Ce remplacement s’accompagne d’une libération d’énergie : WR = WK – WZ
WZ : énergie de liaison de l’e- remplaçant.
L’énergie WR peut être :
 Soit diffusée sous la forme d’un
photon : photon de fluorescence
 Soit communiquée à un e-
périphérique d’énergie de liaison W <
WR : Électron AUGER

Ce phénomène entre en compétition avec l’émission d’un photon de


fluorescence. L’effet Auger prédomine largement (90 %) pour les éléments
légers des milieux biologiques.
Dans les 2 cas, l’e- qui remplace celui expulsé laisse à son tour une place
vacante qui va être comblée avec émission d’un photon de fluorescence ou
d’un électron Auger et ainsi de suite.
A la fin du processus, l’atome cible se retrouve dans un état ionisé si aucun
e- extérieur n’est venu combler la place vacante.
Bilan énergétique :
- Photon de fluorescence h𝝂’ : É nergie diffusée
- É lectron AUGER : É nergie cinétique qui va être transférée au milieu
(collision et freinage) : augmente l’énergie absorbée
E =Ea + Ed
Ea : énergie absorbée
Ed : énergie diffusée
É tant donné l’importance de Ea on peut considérer l’effet photoélectrique
comme un processus d’absorption « vraie » ou « totale ».

b. EFFET COMPTON

Comparable à une collision, l’effet Compton résulte de l’interaction d’un

photon incident avec un électron faiblement lié de la cible dont l’énergie de


liaison et l’énergie cinétique sont négligeable devant E (énergie du photon).
L’e- Compton (de Recul) acquiert une énergie cinétique Ec et un photon
diffusé est émis avec une énergie E’ dans une direction faisant un angle 𝜽
avec la direction du photon incident.

 0 ≤ 𝝓 ≤ 𝝅/2

 0≤𝜽≤𝝅

L’énergie cinétique de l’e- est absorbée et l’énergie du photon est diffusée.


La conservation de l’énergie entraine : E = E’ + Ec.
Les valeurs respectives de Ec et E’ sont lies à 𝜽 par les formules de Compton
obtenues en écrivant la conservation de la quantité de mouvement et de
l’énergie totale au cours de la collision.

Si 𝜶 = 1 + (E/mc²) (1 – cos𝜽)
𝜶 = 1+ E (1 – cos𝜽)
mc²
𝜶 = mc² + E (1 – cos𝜽)
mc²
On a la formule simplifiée :
E’ = h𝝂’ = E/𝜶
Ec = E (1 – 1/𝜶)

Tous les intermédiaires sont possible entre :


Un Choc tangentiel :

𝜽 = 0, cos𝜽 = 1, 𝜶 = 1 : E’ = E et Ec = 0

Un Choc frontal :

𝜽 = 180°, cos𝜽 = -1, 𝜶 = 1 + 2E/mc² avec


mc²
E’ = E .
mc²+ 2E
2E
Ec= E .
mc² +2E
c. EFFET DE MATERIALISATION OU CREATION DE PAIRES :

Ce processus se produit pour des photons très énergétiques passant à


proximité d’un noyau. Le photon incident se matérialise sous la forme d’un
e- ou d’un positon de même masse et de même énergie cinétique Ec
Condition : E = h𝝂 > 2 x 511 KeV (1,022 MeV)

E = 2 mc2 + 2 Ec = (2 x 511KeV) + 2 Ec

Devenir de 𝜷+ et 𝜷- :
- 𝜷 - : interaction par collision et freinageà repos
- 𝜷 + : interaction par collision et freinageà repos : rencontre un
électron négatif : les 2 disparaissent avec émission de 2 photons
gamma de 511 KeV chacun dans un sens.

d. Diffusion de Thomson :
Au cours de ce processus purement diffusif, le photon incident est absorbe
par l’atome cible et réémis dans une direction différente sans changement
de longueur d’onde.
Très importante pour les pour les photons peu énergétiques (IR, visible,
UV), La diffusion Thomson est négligeable pour les X et les 𝜸

e. Les réactions photo nucléaires :


Il s’agit de l’absorption d’un photon par un noyau atomique. Cet état
instable conduit le noyau à se désexciter en émettant un neutron. Ce
processus n’a lieu que pour des photons d’énergie >10 MeV et ne présente
dons pas d’intérêt en médecine pratique.

LOI GENERALE D’ATTENUATION

Soit No le nombre total de photons mono énergétiques arrivant sur l’écran


par unité de surface et N(x) le nombre de photons par unité de surface qui
ont traversé une épaisseur x du matériau de l’écran sans être ni absorbés ni
diffusés. Pour un écran d’un matériau donné, on a : :
N = N0 e-µx
- µ : Coefficient d’atténuation linéaire (L-1). Sa valeur dépend de la nature
du matériau de l’écran de la masse volumique. Ce coefficient
représente la probabilité qu’a un photon d’interagir par unité d’épaisseur
du milieu traversé
- On utilise souvent μ/ρ, coefficient massique d’atténuation ς ([Link]-1 en
SI), dépend de la nature du milieu.
a. Couche de demi-atténuation (CDA)

C’est l’épaisseur que doit avoir l’écran pour que le nombre de photons
transmis soit la moitié des photons incidents :

N(CDA) = No.e-μ.CDA = No/2 => CDA = ln2/ μ

∅0
Þ Au bout de x CDA, le faisceau a un flux de x
2

b. Probabilité d’interaction relative à chaque effet :

Contribution des 3 phénomènes à l’atténuation :


 𝝉 : coefficient d’atténuation relatif à l’effet photoélectrique
 𝜎 : coefficient d’atténuation relatif à l’effet Compton
 𝝅 : coefficient d’atténuation relatif à l’effet de matérialisation
µ=𝝉+𝜎+𝝅
- (𝝉 + 𝜎 +𝝅) x
N= N0 e

N = N0 e-𝝉x . e-𝜎x . e-𝝅x

- 𝝉 (et 𝝉/𝜌) dépend de E du rayonnement et de Z du milieu.


𝝉/𝜎 @ k Z3/E3
- et  diminue très lentement lorsque E augmente, et ne dépend
pratiquement pas de Z. 𝜎/𝜌 @ 1/E

-  (et dépend de E et de Z. 𝝅/𝜌 @ kEz²

EPE :  
kZ3/E3
EC :   1/E
ECP :   kEZ²

Energie incidente E Effet prédominant


E < 500 KeV EFE
500 KeV < E < 1 MeV Compton
E > 1 MeV création de paires

On retient que :
L’effet Compton prédomine à moyenne E et faible Z.
L’effet photoélectrique prédomine à basse E et pour grand Z.
L’effet de création de paires prédomine à hautes E et grand Z.

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