Mouly Claux MF Management des entreprises
L’estimation des besoins de
financement et le choix d’un
mode de financement
Sommaire
L’estimation des besoins de financement et le choix d’un mode de financement ............................... 1
I. L’estimation des besoins de financement .............................................................................. 3
A. Les différents besoins de financement ............................................................................... 3
1. Les besoins liés aux investissements .................................................................................... 3
2. Les besoins liés au cycle d’exploitation ................................................................................ 4
B. Besoins de financement et vie de l’entreprise ................................................................... 5
1. À la création .......................................................................................................................... 5
2. Lors du développement de l’entreprise ................................................................................. 5
II. Le choix d’un mode de financement ...................................................................................... 6
A. Le financement propre à l’entreprise .................................................................................. 6
1. Les apports des propriétaires................................................................................................. 6
2. L’autofinancement ................................................................................................................ 6
B. Les emprunts réalisés par les entreprises ......................................................................... 6
1. Les ressources à long terme .................................................................................................. 6
2. Les ressources à court terme ................................................................................................. 7
C. Les critères de choix du financement ............................................................................. 7
1. L’adaptation de la ressource aux besoins .............................................................................. 7
2. Le coût et le risque ................................................................................................................ 8
3. La rentabilité ......................................................................................................................... 8
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L’entreprise, lors de sa création et dans le cadre du développement de sa
stratégie, a des besoins de financement.
Il est indispensable qu’elle évalue soigneusement ses besoins pour éviter
des problèmes de trésorerie qui risquent d’entraîner sa disparition.
Deux grands types de besoins de financement apparaissent, tant à la
création que lors du développement de l’entreprise.
Quelles sont les deux grandes catégories de besoins de
financement ?
Comment ces besoins se manifestent-ils dans la vie de
l’entreprise ?
Les deux grands besoins de financement des entreprises (investissement et
BFR) nécessitent de trouver du financement.
Cette recherche adéquate entre besoins et ressources nécessite la prise
en compte de la nature des besoins et des ressources ainsi que des
objectifs de rentabilité et des contraintes de risques.
Quels sont les différents moyens de financement ?
Quels critères doit-on prendre pris en compte pour les
sélectionner ?
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I. L’estimation des besoins de financement
A. Les différents besoins de financement
1. Les besoins liés aux investissements
À sa création, l’entreprise doit se procurer un ensemble de biens dont la
durée de vie est souvent longue : fonds de commerce, terrains,
constructions, matériel… De même, pour assurer sa pérennité et sa
croissance, l’entreprise doit, au cours de son existence, réaliser des
investissements.
a) Investissements matériels
Les investissements matériels correspondent à des dépenses d’acquisition
de biens d’équipement destinés à la production. Ces investissements
répondent à différents objectifs. On distingue ainsi :
– la constitution du potentiel de production (à la création) ;
– les investissements de capacité destinés à accroître la production ;
– les investissements de remplacement pour maintenir la capacité de
production ;
– les investissements de productivité ou de modernisation pour rendre la
production plus efficace.
b) Investissements immatériels
Les investissements immatériels concernent les dépenses de nature
intellectuelle ou incorporelle qui ont un impact durable sur le
développement de l’entreprise.
On distingue quatre catégories d’investissements immatériels : recherche et
développement ; formation ; développement de la notoriété ; dépenses pour
la mise au point de logiciels.
c) Investissements financiers
Il s’agit de prise de participation (détention d’un pourcentage important
des actions d’une autre société), de création de filiales communes,
d’absorption et de fusion qui permettent à l’entreprise :
– de se diversifier ou d’élargir ses compétences à d’autres domaines
d’activité ;
– de contrôler les sources d’approvisionnement ou de ventes.
Bien repérer la nature des investissements est une chose. Mais il faut
aussi, si l’on souhaite optimiser sa gestion financière, évaluer avec le
plus de précision possible la dépense d’investissement prévue. Dans ce
domaine, il n’est pas rare de constater des sous estimations importantes.
Les conséquences de cette mauvaise estimation sont graves. Elles risquent
de conduire à des problèmes de trésorerie. Elles peuvent aussi remettre
en cause la rentabilité de l’investissement.
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2. Les besoins liés au cycle d’exploitation
En dehors des besoins de financement liés aux investissements, il existe
un deuxième besoin qui est lié au cycle de production. Ce besoin de
trésorerie provient des décalages dans le temps entre les entrées de
trésorerie liées aux ventes et les sorties de trésorerie liées aux
charges de l’entreprise.
a) Cycle d’exploitation et délai de paiement
Dans la vie des affaires, il est rare que les achats payés comptant en
début de journée soient revendus au comptant dans la journée.
Le cycle de production-commercialisation entraîne des achats qui sont
stockés, une période de production avec stockage des produits finis, et
enfin des ventes.
Par ailleurs, le plus souvent, les fournisseurs accordent des délais de
paiement aux entreprises.
Le besoin lié au cycle d’exploitation est appelé besoin en fonds de
roulement (BFR). Si l’entreprise poursuit son activité et si les délais
du cycle d’exploitation d’encaissement et de décaissement sont constants,
le besoin en fonds de roulement est constant, stable. Il se renouvelle à
chaque cycle. Il croît en même temps que l’activité mesurée par le
chiffre d’affaires.
Le BFR dépend de la longueur du cycle de production-vente et des délais
de paiement et d’encaissement. Ainsi, le BFR est plus important dans
l’industrie que dans le commerce. Dans le cas des hypermarchés, on peut
même constater une ressource liée au fonds de roulement. On encaisse les
ventes avant d’avoir réglé les achats.
Le besoin en fonds de roulement d’exploitation présente trois caractéristiques essentielles :
– il dépend du niveau d’activité de l’entreprise (mesuré en général par le chiffre d’affaires) et de la conjoncture
économique ;
– son niveau est fonction de la durée du cycle d’exploitation ;
– il est relativement stable.
Les entreprises industrielles génèrent des besoins en fonds de roulement d’exploitation relativement élevés. En
revanche, les entreprises commerciales, telles que celles issues de la grande distribution (Casino, Leclerc, Carrefour…)
dégagent des besoins en fonds de roulement négatifs (ressource de financement). Cette situation s’explique par une
rotation élevée des stocks, le règlement des clients qui s’effectue au comptant, tandis que des dettes contractées envers
les différents fournisseurs sont réglées le plus tardivement possible. Pour ces entreprises, le seul problème est de
trouver le meilleur placement de leurs excédents de trésorerie.
En raison de sa stabilité, le financement du BFRE doit être assuré par des ressources durables, c’est-à-dire soit par des
fonds propres, soit par des dettes financières, par opposition aux concours bancaires courants réputés précaires.
Le calcul du besoin en fonds de roulement d’exploitation à partir du bilan fonctionnel, présente pour avantage essentiel
une grande simplicité. Cet avantage a toutefois pour contrepartie la faiblesse des conclusions qu’il est possible
d’effectuer à partir de cet indicateur car la détermination du besoin en fonds de roulement d’exploitation à partir des
postes du bilan comptable présente les mêmes inconvénients que le bilan lui-même. Sans que la liste soit exhaustive, il
convient de retenir les points suivants :
– le calcul est statique puisqu’il s’effectue à partir d’un instantané de la situation patrimoniale de l’entreprise à une date
donnée (en règle générale, en fin d’exercice). Les actifs et les passifs cycliques retenus à cette date délivrent une
information provenant du passé. Ils ne correspondent pas nécessairement aux conditions d’exploitation moyennes ou à
une activité normale ;
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– le calcul est ponctuel. Il n’intègre pas les variations possibles de l’activité. L’information contenue dans les postes du
bilan peut conduire à prendre des décisions de gestion à partir d’une image déformée du besoin en fonds de roulement
réel ;
– le calcul ne tient pas compte des échéances, des dettes et des créances ;
– le calcul est global. Il peut masquer le besoin en fonds de roulement spécifique à certaines activités.
Pour pallier ces limites, il est nécessaire de déterminer le niveau moyen du besoin en fonds de roulement relatif aux
seules opérations d’exploitation pour un chiffre d’affaires annuel donné. C’est ce processus que suit la méthode de calcul
du besoin en fonds de roulement moyen.
B. Besoins de financement et vie de l’entreprise
1. À la création
Dès la création, le business plan doit faire apparaître les besoins de
financement liés aux investissements et au BFR. Une bonne évaluation est
un gage de succès de l’entreprise créée.
2. Lors du développement de l’entreprise
Chaque type de stratégie d’entreprise (spécialisation, diversification,
externalisation…) entraîne des conséquences sur les besoins de
financement de celle-ci. L’impact peut être repéré sur le besoin de
financement lié aux investissements et/ou sur le besoin en fonds de
roulement. Les effets peuvent être un accroissement ou une baisse des
besoins.
Ainsi, une stratégie de spécialisation entraîne des investissements
nouveaux, et la hausse du chiffre d’affaires du segment sélectionné
entraîne une augmentation du besoin en fonds de roulement. La
diversification nécessite des investissements nouveaux. Ils peuvent être
internes ou externes. Dans ce cas, le rachat d’autres entreprises
entraînent des investissements financiers. Dans les deux hypothèses, le
besoin en fonds de roulement augmente en raison de la croissance du
chiffre d’affaires.
Dans le cas d’externalisation, les besoins de financement sont
généralement moindres. Les investissements sont réalisés par les
partenaires (fournisseurs, sous-traitants). De plus, une partie des
stocks, élément essentiel du besoin en fonds de roulement, peut être pris
en charge par les prestataires externes.
Dans tous les cas, les décisions stratégiques doivent intégrer les effets
sur les besoins de financement. Il est nécessaire d’avoir « les moyens de
sa croissance » ou de savoir utiliser les fonds recueillis lors d’une
diminution du besoin de financement.
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II. Le choix d’un mode de financement
A. Le financement propre à l’entreprise
1. Les apports des propriétaires
L’apport de capital par les associés s’effectue :
– à la création de l’entreprise (on constitue le capital) ;
– au cours de la vie de l’entreprise (on augmente le capital).
Le capital social joue un double rôle : d’une part, il forme une
ressource permettant de financer les investissements ; d’autre part, il
constitue une garantie pour les prêteurs.
2. L’autofinancement
Lors de son fonctionnement, l’entreprise encaisse des produits
(d’exploitation, financiers et exceptionnels) ; en contrepartie, elle
doit payer des charges.
La différence entre les produits encaissables et les produits
décaissables constitue la capacité d’autofinancement (CAF). Cette
capacité dégagée par l’entreprise est utilisée pour payer les dividendes,
financer les investissements et le BFR (stock, créances), rembourser les
emprunts ou améliorer la trésorerie.
Cette source de financement stable présente les avantages suivants :
– elle se renouvelle annuellement ;
– elle accroît les capitaux propres ;
– elle augmente la capacité d’emprunt des entreprises ;
– elle ne donne lieu à aucun remboursement.
B. Les emprunts réalisés par les entreprises
1. Les ressources à long terme
L’emprunt est une opération juridique et financière par laquelle un
prêteur (ou plusieurs) met à la disposition de l’emprunteur des capitaux,
en contrepartie du versement d’un intérêt et de l’obligation de
rembourser le capital emprunté.
Un emprunt se caractérise par six paramètres : le montant, la durée, le
taux d’intérêt, le nombre de prêteurs (on distingue l’emprunt individuel
de l’emprunt obligataire), le mode de remboursement, les garanties
exigées par le prêteur.
Les garanties peuvent être réelles (hypothèque, nantissement) ou
personnelles (cautionnement). Les banques accordent, après une étude du
dossier permettant d’apprécier les risques de non-remboursement, des
crédits à moyen terme (durée 2 à 7 ans) pour financer leurs équipements.
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La location financement (crédit bail) est une forme de prêt qui conduit
un établissement financier à louer à une entreprise un bien mobilier ou
immobilier.
À l’issue de la période de location, le preneur peut devenir
propriétaire du bien en payant le prix de la levée d’option.
2. Les ressources à court terme
Pour financer le besoin lié à l’exploitation, les banques peuvent prêter
des fonds à court terme. On distingue deux formes essentielles de
ressources à court terme.
Crédit permettant la réduction du BFR
L’entreprise qui détient des créances sur ses clients peut les mobiliser
auprès d’une banque. Elle obtient alors immédiatement des fonds
(escompte, crédit Dailly). On peut recourir à l’affacturage. Dans ce cas,
la société d’affacturage fournit un crédit, et elle se charge d’encaisser
les créances.
Crédit à court terme
Pour faire face à des difficultés passagères de trésorerie, les banques
peuvent accorder des découverts ou des facilités de caisse.
C. Les critères de choix du financement
Trois types de dysfonctionnement coûteux pour l’entreprise peuvent provenir d’une mauvaise gestion de la trésorerie.
Le premier dysfonctionnement est évident, il résulte du bon sens. Il consiste à recourir au crédit alors que, par ailleurs,
on dispose de disponibilités non rémunérées. Ce peut être le cas lorsqu’une entreprise possède plusieurs comptes.
C’est surtout applicable dans les groupes où les trésoreries des filiales sont pour certaines déficitaires, et d’autres
excédentaires. La création d’un pool de trésorerie est alors nécessaire.
Le deuxième dysfonctionnement est l’erreur de sur mobilisation, en raison d’une mauvaise estimation des besoins.
L’entreprise se retrouve alors dans une situation un peu identique à la précédente, elle a négocié et utilisé du crédit qui
ne lui sert à rien.
Enfin, le troisième dysfonctionnement relève de l’inefficience dans l’arbitrage entre les ressources (le découvert coûte
généralement plus cher que l’escompte) et dans la mauvaise négociation avec les banquiers qui n’accordent pas à
l’entreprise leurs meilleures conditions.
1. L’adaptation de la ressource aux besoins
Des besoins de financement stables, durables doivent être financés par
des ressources stables.
Ainsi, les investissements doivent nécessairement être financés par des
capitaux propres (capital, autofinancement) ou des crédits à moyen et
long termes (crédit classique ou location financement).
Des besoins passagers liés à des décalages de trésorerie à court terme
peuvent, eux, être financés par des crédits à court terme.
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2. Le coût et le risque
a) Le coût
Le premier facteur à prendre en compte pour choisir un financement est le
coût. Ainsi, le choix entre différents emprunts, entre emprunt et crédit
bail, entre escompte et affacturage se réalise à partir des conditions
obtenues. Il est indispensable de ne pas s’arrêter au taux d’intérêt
affiché, mais de prendre en compte l’ensemble des frais, charges,
commissions, assurances à payer pour obtenir le financement.
b) Le risque
Les emprunts sont plus risqués que les apports en fonds propres. En
effet, il faut être certain de pouvoir faire face aux paiements (intérêts
et remboursement de capital). Les cas de cessation de paiement
proviennent de l’incapacité de faire face aux dettes. De plus, les
prêteurs exigent souvent des garanties de paiement.
3. La rentabilité
Il peut être intéressant d’emprunter à des taux faibles pour financer des
activités qui ont une rentabilité élevée. Dans ce cas, on parle d’« effet
de levier financier ».
Notons cependant que, si les conditions s’inversent, l’effet de levier
devient un effet de massue. L’entreprise est alors en difficulté.
La crise actuelle a rappelé avec vigueur que la rentabilité est
totalement liée au risque
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