Bonjour à tous.
Toujours dans le chapitre des travaux
d’inventaire, nous allons lever le problème des
stocks et de leurs variations.
Rappelons-nous du compte de résultat que nous
avions vu auparavant, qui confronte toujours
les charges qui sont consommées dans l’année
contre des productions qui ont été fabriquées,
vendues dans l’année. Autrement dit, c’est la
finalité comptable. On ne doit y laisser que
les charges consommées dans l’année, et la
production vendue de l’année. C’est la seule
manière d’avoir un bénéfice ou une perte
totalement fiable.
La grande question qui se pose, c’est : comment
sépare-t-on, scinde-t-on les charges consommées
des charges qui sont non consommées à
l’identique de la production fabriquée vendue
de la production fabriquée non vendue ?
C’est simple. Au fond, le comptable, chaque
année, doit se poser la question : parmi les
charges qui ont été, par exemple, achetées dans
l’année, quelles sont celles qui sont achetées
et non consommées ? Cette partie-là doit être
éliminée de nos charges et doit basculer dans
le compte des approvisionnements pour tout ce
qui concerne, je dirais, les charges
d’approvisionnement. Nous avons des natures de
stocks en fonction de la charge dont on parle.
Nous avons des stocks de matières premières,
nous avons des stocks de marchandises, des
stocks de fournitures. Elles sont toutes
résumées dans ce qu’on appelle « les stocks
d’approvisionnement ».
Alors, évidemment, vous allez me dire : « Mais
qui fait l’inventaire, etc. ? » Théoriquement,
le client ou le comptable, selon le degré de
mission qu’il a, doit faire un inventaire pour
évaluer le stock qu’il y a à la fin de l’année.
C’est la nature du stock qu’il y a à la fin de
l’année, par rapport souvent au stock de début
d’année, qui va nous donner la variation
annuelle, à chaque fois. Le stock pourra
baisser ou augmenter, et on saura par
différence et par rapport aux achats de
l’année, quelle est la partie consommée de la
partie non consommée.
Côté production, même débat. Vous avez donc une
production qui a été fabriquée dans l’année, à
partir des charges, j’ai envie de dire
consommées, parce ce que ce sont bien les
charges consommées qui nous permettent de
fabriquer les produits fabriqués de l’année.
Les charges non consommées ne nous ont pas
servi à fabriquer les produits finis, elles
partent en stock.
Par contre, maintenant nous avons des produits
fabriqués. Quels sont ceux qui sont vendus, de
ceux qui restent encore en entreprise ? La
comptabilité ne veut que la partie vendue. Par
contre, la production non vendue doit faire le
même chemin : elle doit partir en stock. Et on
a une ligne spécifique pour cela, c’est ce
qu’on appelle « les stocks de produits finis ».
Bien sûr, il y a autant de stocks de produits
qu’il y a de degrés de fabrication dans
l’entreprise. C’est pour cela que nous avons
des produits semi-finis, nous avons même des
produits en cours, c’est-à-dire : ce n’est plus
de la matière première, ce n’est pas encore un
produit fini, c’est un semi-fini. Et nous avons
même des stades totalement avancés de
production, c’est-à-dire, des produits purement
finis.
Le problème, c’est que là, nous avons vu un
sens. Nous avons vu le sens des charges non
consommées vers les stocks. Attention, nous
pouvons voir le retour arriver. Il peut tout à
fait y avoir eu des charges de l’année
consommées dans l’année, et il est possible que
pour faire la production de l’année, nous n’en
ayons pas eu assez. Autrement dit, là, dans ces
cas-là, il peut y avoir un flux inverse, c’est-
à-dire que les stocks vont venir alimenter des
charges, mais de l’année dernière, qui ont été
stockées entre les deux années. C’est-à-dire
que là, vous avez consommé un volume de charge
x, vous n’en avez pas eu assez, vous avez été
épuiser une partie ou la totalité de votre
volume de stock. Dans ces cas-là, vous gonflez
le volume de charges.
Côté produits, c’est pareil. Après tout, vous
pouvez avoir eu une production fabriquée et
vendue dans l’année, et avoir eu un carnet de
commandes encore un peu plus plein. Auquel cas,
vous avez été chercher des stocks pour aller
les vendre en année n, alors que ces stocks
proviennent d’une fabrication de n moins 1.
Autrement dit, il y a un va-et-vient continu
selon les consommations, selon le différentiel
entre achat et consommation, qui peut vous
faire gonfler ou diminuer les stocks.
Evidemment, en comptabilité, nous avons un
outil parfait pour cela, que l’on appelle, côté
stocks d’approvisionnement, c’est un nom assez
commun, classique, je vous l’accorde, on aurait
pu trouver un peu mieux pour le rendre un peu
plus séduisant, mais… c’est la « variation de
stock ». Cette variation de stock peut prendre
un signe positif ou un signe négatif selon le
flux. C’est-à-dire, est-ce que le stock a plus
ou moins diminué entre deux années, ou a-t-il
gonflé entre deux années ? La question qui se
pose, et là, je vous assure que je comprendrais
que cela soit un peu nébuleux pour vous, parce
qu’on arrive…beaucoup d’étudiants de
comptabilité se plantent même sur le sens de la
variation de stock.
Il y a des moyens très clairs de s’y retrouver,
et je vais vous les exposer très rapidement.
Quand la variation de stock est positive,
c’est-à-dire, quand il y a un plus sur la
variation de stock, cela veut dire que les
stocks ont diminué entre les deux années.
C’est-à-dire que nous avions un niveau de stock
qui était comme ceci, et ce niveau de stock a
chuté. Le Δ ici, est venu gonfler notre
variation de stock. C’est-à-dire que nous avons
acheté des marchandises, nous n’en avons pas eu
assez, nous avons été chercher dans un
différentiel de stockage. Autrement dit, c’est
comme si on était venu créer une charge
supplémentaire, sauf que cette charge provient
de votre stock. C’est une variation de stock
positive.
Quand elle est négative, c’est l’inverse. C’est
quand votre stock de départ était ici, et qu’à
la fin de l’année, il a augmenté. Vous avez un
stock initial, un stock final là-haut. Cela
veut dire qu’au fond, vous avez trop acheté. En
règle générale, c’est très mauvais signe en
comptabilité, cela veut dire que vous êtes
partis d’un niveau de stock, vous avez acheté,
et vous vous êtes aperçus qu’au fond, vous
n’avez pas épuisé le volume de l’année acheté.
Autrement dit, vous finissez avec un stock
final supérieur, plus élevé. Auquel cas les
stocks ont augmenté entre les deux années,
c’est-à-dire que votre variation de stock est
négative pour retirer des charges du volume de
ce que vous avez acheté. Vous avez acheté de
trop, il faut que cela chute.
Attention, la variation de stock agit sur le
bénéfice. Parce que, quand vous retirez des
charges, produit moins charge étant égal au
bénéfice, vous faites gonfler votre bénéfice.
Dans cette solution-là, le bénéfice monte. Dans
cette solution-là, le bénéfice baisse.
Autrement dit, les variations de stocks sont
très regardées lors des contrôles fiscaux, pour
la bonne et simple raison qu’on veut savoir si
le bénéfice a été maquillé, et on peut le
maquiller par les stocks. Il suffit de tricher
sur la variation, de faire croire qu’on a plus
de stock qu’on en a réellement, ou moins. Je ne
suis pas là pour vous montrer les tricheries,
mais pour bien vous montrer qu’on peut avoir
une incidence comptable sur la création de
bénéfice ou de la destruction de bénéfice. Tout
dépend si on veut distribuer les dividendes ou
si on a une politique de défiscalisation.
Côté variation de stock, côté produits, je
dirais, c’est une démarche un peu similaire. Le
stock de production peut entraîner deux
signes : soit un signe plus, production
stockée, vous avez stocké au cours de l’année
des produits fabriqués mais non vendus, ou
alors vous avez été en épuiser de votre compte
de stock. Là, il y a un nom spécifique : soit
vous en avez fabriqué de trop, on appelle cela
une « production stockée », soit vous n’en avez
fabriqué pas assez, et vous êtes venus en
chercher de vos stocks, auquel cas on appelle
cela un « déstockage de production ».
Par acquit de conscience, je le répète, une
production stockée avec un signe positif, c’est
quand l’entreprise a trop fabriqué, et une
partie de la production doit partir en stock.
Un signe négatif, c’est un déstockage de
production, l’entreprise utilise le stock de
l’année dernière et vient, je dirais, en
apporter dans le compte de produits.
Alors, évidemment, là aussi, une production
stockée agit sur le bénéfice à la hausse, et un
déstockage agit sur le bénéfice à la baisse.
Toutes choses égales par ailleurs, une fois que
l’on a dit cela, je dirais qu’il n’y a pas plus
de problèmes que cela. Une variation de stock
positive côté produits, signifie qu’on a
stocké, et j’ai envie de dire que c’est mauvais
signe. Une variation de stock négative côté
produits est bon signe. Cela veut dire qu’on
déstocke des produits qu’on a fabriqués les
années d’avant. C’est souvent un signe de
reprise.
Côté charges, une variation de stock positive
sous-entend qu’on a déstocké et c’est bien.
C’est-à-dire qu’on a rapatrié du stock vers les
charges. Une variation de stock négative est un
signe, je dirais, mauvais en termes de
trésorerie, cela veut dire quoi ? On a trop
acheté et qu’on finit avec des produits sur les
bras.
Merci.