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partager le fardeau
avec son prochain
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midda 37 l partager le fardeau
avec Son procHain
Le Midrash Chemouel dé昀椀nit cette Midda comme la
propension à supporter les traits de caractère de ses amis.
En cela il s’agit d’un " fardeau " pour eux, car ils supportent
en quelque sorte leurs traits de caractère, bon ou mauvais.
Lorsqu’un ami a une mauvaise habitude qui nous dérange, il
convient de le juger, constamment, favorablement.
On ne peut pas vivre sans aucun ami. Dans les Pikeis Avot,
chap. 1-6, Josué ben Pera’hia nous enseigne : " Fais-toi
un maître, acquiers un compagnon et juge tout homme
favorablement " (Chapitre 1, Michna 6). Rabeinou Yona
commente le passage " acquiers un compagnon " ainsi : si
tu ne te trouves pas d’amis, tu dois être prêt à payer de ta
personne ou de tes biens pour te faire un ami de qualité.
Et du fait de l’impérative importance d’avoir un bon ami, il
convient d’être patient, d’accepter, et même de supporter
certains travers de nos amis.
L’absence de considération de la peine de l’autre peut
aboutir à une dégradation personnelle malgré un haut degré
de connaissance en Torah. La Gemara, dans le traité Hagiga
(15b), nous en apporte un exemple saisissant avec l’histoire
de Elisha Ben Abouya. La Gemara demande ce qui a entraîné
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la chute d’un homme aussi brillant, au point de le nommer
" l’autre " pour l’éternité, et pourquoi sa Torah ne l’a pas
protégé ? La réponse donnée est qu’après la chute du second
Temple, le peuple juif était plongé dans une grande tristesse,
et cela ne dérangeait pas Elicha Ben Abouya de chanter des
chants grecs. Il montrait ainsi peu de compassion envers la
peine de ses coreligionnaires et c’est ce défaut qui entraîna
sa chute (Rachi).
Le rav Ovadia a supporté le fardeau de tout un peuple :
Le rav Lau raconte qu’un après-midi de l’année 2000, il
se trouvait chez le rav ovadia quand soudain arrivèrent
des dizaines de membres d’une même famille israélienne,
extrêmement émus, pleurant et remerciant le rav.
Le secrétaire de rav Yossef expliqua la situation au rav Lau : la
grand-mère était une rescapée de la Shoah qui s’était remariée
après la guerre, en Israël. Son premier mari, qu’elle croyait
décédé, était brusquement réapparu il y a quelques années. Selon
la Halakha, tous les descendants du second mariage de cette
femme étaient désormais mamzerim, un statut terrible qui leur
interdit de se marier avec tout autre juif. Mais rav ovadia Yossef
avait réussi à trouver un moyen halakhique pour libérer cette
famille de cette malédiction, et voilà que tous les descendants
venaient le remercier à chaudes larmes.
après le départ de la famille, rav ovadia Yossef se tourna vers
rav Lau et lui dit "Touche ma main – elle est humide. as-tu vu
leurs larmes ? as-tu vu les larmes des opprimés ? "
Et rav Yossef continua en citant le Midrash (Vayikra rabba 32) : "J’ai
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vu les larmes des opprimés (Ecl. 4 : 1) – ce sont les mamzérim. Qui
les opprime ? Le Sanhedrin, qui les a jugés". Ce Midrash est vu par
la plupart des décisionnaires contemporains comme dé昀椀nissant
les limites de la Loi : parfois, le possek ne peut que condamner et
rendre son terrible verdict. Mais rav ovadia Yossef ne s’arrêta
pas là et rajouta : "Et qui les consolera ? Je les consolerai ! "
Leur fardeau avant le sien :
Le premier ministre israelien, Binyamin Netanyahou,
rendit visite au Gaon, rav ovadia Yossef, pour le
consoler de la perte de son 昀椀ls Rav Yaacov Yossef. Lors de la
discussion, rav ovadia Yossef a dit au premier ministre Binyamin
Netanyahou, que, bien qu’il soit en deuil pour la mort de son 昀椀ls,
sa plus grande douleur provient du problème de l’enrôlement à
l’armée et du danger planant sur les étudiants des Yéchivot
(décret en cours de discussion au sein du gouvernement de l’Etat
d’Israel). " Je suis certes endeuillé en ce moment, je suis un père
qui a enterré son 昀椀ls ", a dit le Rav Ovadia avant d’ajouter " mais
ma plus grande peine est celle de l’enrôlement potentiel des bné
yéchivot, encore plus que celle du deuil. "
La paracha Chemot, verset 2-11, nous enseigne un des
fondements capitaux qui permit à Moshé Rabbenou de
devenir le berger du peuple juif : " Or, en ce temps-là,
Moïse, ayant grandi, alla parmi ses frères et fut témoin de
leurs souffrances. " Rachi commente : " Il s’appliqua de tous
ses yeux et de tout son cœur à souffrir avec eux ". C’est
notamment cette empathie et cette volonté de partager
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leur fardeau qui révélèrent la grandeur de Moshé Rabbenou
et son aptitude à diriger le peuple.
Comment me réjouir alors que mon frère souffre ?
Le Rav Isser Zalman Meltzer reçut chez lui son petit-昀椀ls
le jour de son mariage. au moment où ce dernier devait
se rendre sous la Houppa, le rav l’accompagna sur le perron de
sa porte et descendit deux marches avec lui avant de regagner
son appartement. Ses proches lui demandèrent pourquoi il
n’avait pas raccompagné son petit-昀椀ls plus longuement. Le Rav
Meltzer répondit en rapportant la Gemara Meguila 28a : " il y est
écrit que rabbi Zeira s’était félicité de ne jamais s’être réjoui du
malheur des autres. En quoi est-ce une raison de se congratuler ?
après tout, il semble que cela soit la moindre des choses que l’on
puisse demander d’un amora de la grandeur de rabbi Zeira … Le
rav Melzer explique que non seulement rabbi Zeira ne se
réjouissait pas du malheur de son prochain, mais qu’il ne pouvait
pas non plus se réjouir d’une bonne nouvelle le concernant s’il
savait son prochain dans la détresse. Et ainsi ? lorsque le rav
Meltzer a accompagné son petits-昀椀ls en vue de son mariage, il
s’est rappelé tous les Bné Israel morts durant la Shoah qui
n’avaient pas eu sa chance de pouvoir accompagner leurs
proches à la Houppa. C’est pourquoi il refusa d’accompagner
longuement son petit-昀椀ls a昀椀n de s’associer à la peine de ceux qui
n’ont pas eu cette chance...
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obstacles à l’acquisition de cette midda
Nous vivons dans une société individualiste qui mène
à l’égoïsme. Le fondement même de notre économie
moderne est l’individualisme, et nous glori昀椀ons la réussite
personnelle que ce soit sur un plan professionnel ou familial.
Sur le plan politique et social, on le retrouve un peu moins
présent, privilégiant la société et/ou des groupes, même
si le bonheur et l’épanouissement individuel restent. En
effet, pas de société heureuse sans individus heureux. Les
problèmes surgissent quand l’individu ne pense plus qu’à
lui, car on aboutit à l’égoïsme. D’ailleurs, nous voyons bien
que dans nos pays où l’égoïsme est devenu maître, nous
sommes tout sauf heureux !
Notre économie moderne, fondée sur l’achat d’impulsion,
la mode, la compétition (celui qui aura l’appareil le plus à la
mode ou la plus belle voiture) ne pourrait fonctionner sans
l’élévation de l’égoïsme en dogme. Les médias nous envoient
quotidiennement des messages nous poussant à être de
plus en plus égoïstes en 昀氀attant notre narcissisme.
On ne peut pas traverser la vie comme s’il s’agissait d’une
course d’obstacles où il n’y a que des rapports de force et où
il convient de tirer son épingle du jeu. Il faut, au contraire,
apprendre à aider les autres à partager leur fardeau.
Si vous aspirez à vivre dans un monde " humain ", vous devez
sortir de vous-mêmes et être attentifs aux problèmes des
autres. Vous ne pouvez pas vivre les yeux bandés dans un
monde où " je, moi, mon mien " sont les seules valeurs qui
comptent.
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Semaine 40 l jour du Omer 37
Partager les peines de nos proches a un double avantage.
Tout d’abord, cela permet de soulager l’autre et d’accomplir
la mitzva de " tu aimeras ton prochain comme toi même ".
Ensuite, l’autre peut devenir le meilleur des " sparring
partners " qui nous permettra de progresser dans nos
middot. Il faut toujours se rappeler qu’Hachem ne nous
envoie que des épreuves que l’on peut surmonter. Ainsi,
lorsque quelqu’un souhaite se con昀椀er à nous pour vider son
cœur, il faut tout de suite avoir la présence d’esprit, qu’outre
le fait de l’aider, on nous envoie une épreuve qui va nous
faire grandir. Et cela n’a pas de prix !
Exercices pratiques
• Apprenez à discerner les états d’âmes de vos proches.
• N’hésitez pas à tendre l’oreille dès qu’on vous sollicite
pour un conseil, un réconfort ou de l’aide.
• Anticipez les futurs problèmes de vos proches et ap-
portez-y des solutions.
• Demandez-vous toujours si votre action révèle votre
force du prendre ou du donner.
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