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Guide spirituel du Sanctuaire Sainte-Marie

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Notre-Dame

des douleurs
Tamara Gianni

Guide artistique et spirituel


du Sanctuaire Sainte-Marie, à Cernusco (Italie)
Notre-Dame
des douleurs

Guide artistique et spirituel


du Sanctuaire Sainte-Marie, à Cernusco (Italie)

Tamara Gianni

Institut International
des Sœurs de Sainte Marcelline
Traduction de l’italien
O. Roda – V. Bertoni
Photographies: Tamara Gianni
Editions : Institut International Sœurs de Sainte Marcelline
NOTRE–DAME DES DOULEURS
Guide artistique et spirituel du Sanctuaire Sainte-
Marie, à Cernusco (Italie)

INTRODUCTION

Ce livret est né de l’exigence de créer un parcours ar-


tistique et spirituel, qui accompagne le visiteur de
l’église Sainte-Marie, à Cernusco sur Naviglio, près de
Milan.
Par ce parcours iconographique marial, nous avons
voulu mettre en évidence l’influence de l’Ecriture dans
l’art. Le discours artistique, qui prend forme grâce à la
description détaillée des icônes, devient au fur et à me-
sure méditation et prière pour nous revenir ensuite sous
forme d’itinéraire artistique, à l’utilité de tous ceux qui
désirent se nourrir de beauté et d’esprit.
Des prières et des commentaires nous aident à entrer
en oraison. Ecrits en caractères différents, ces textes ac-
compagnent le visiteur dans son cheminement artistique
et spirituel, comme s’il s’agissait d’un bref pèlerinage.
Une place particulière est réservée à Mgr Biraghi qui
eut, en cette église même, la sainte inspiration de fonder
la congrégation des Sœurs Marcellines.

5
LE SANCTUAIRE SAINTE-MARIE
(CERNUSCO - MILAN)
C’est au Sanctuaire Sainte-Marie que la Congrégation des Sœurs
Marcellines a pris naissance.
«Contemplant Notre-Dame des Douleurs […] alors que je
priais, je me suis senti poussé à décider la fondation de notre
chère congrégation» (L. Biraghi).

6
Comment y arriver
Le métro MM2 en provenance de
Milan (ligne verte en direction de
Gessate ou la S.S. n. 11 (Padana
Superiore) ou l’autoroute est, sortie
Cernusco S/N.
Pour d’autres renseignements,
veuillez vous adresser à l’Oasis de
prière Sainte-Marie, rue Lungo
Naviglio, 24. Tél: (+39) 02-
[Link]
Cet édifice complémentaire au
sanctuaire s’élève, du côté droit, avec
une structure à quatre portiques qui
nous rappellent les anciens cloîtres.
Relevant de l’activité paroissiale, ce
sanctuaire est un lieu privilégié de re-
cueillement et de prière.

L’ÉGLISE SAINTE-MARIE

L’église Sainte-Marie se trouve à Cernusco sur Naviglio, une petite


ville arrosée, du côté ouest, par le Naviglio Martesana.
L’aménagement des berges du Naviglio Martesana, réalisé au XVe
siècle, sépara l’habitat de son église paroissiale, voilà pourquoi au-
jourd’hui l’église se trouve un peu à l’écart par rapport au centre ville.
Le noyau historique de Cernusco, qui se situe autour de la Place
Matteotti, présente un caractère typiquement moyenâgeux avec ses
ruelles étroites et tortueuses. Il est à noter que dans les documents du
Moyen Âge, la petite ville de Cernusco n’était pas désignée de son to-
ponyme «Asinario», ce qui aurait été d’une grande utilité pour la dis-
tinguer d’une autre ville, celle de Cernusco Lombardone, située assez
près, dans la zone de Monza.
L’interprétation du toponyme «Asinario» nous fait remonter à
l’époque romaine, à la noble famille des «Asinii» qui vivaient dans ces
lieux.

7
Cependant, une autre interprétation plus récente fait remonter ce
nom à «asinarius», conducteur d’ânes et à «cisium», calèche, d’où le
nom de «Cixinusculum» que l’on retrouve dans les documents.
Cernusco Asinario, situé entre deux villes importantes, Milan et
Bergame, est un lieu de passage dans la plaine lombarde. Par là, au
Moyen Age, passaient les chars chargés de marchandises
Le premier document, où l’on fait mention d’un terrain voisinant
un champ qui appartient à Sainte-Marie, à Cernusco, remonte à l’an
1191. Il s’agit de la citation la plus ancienne concernant cette église.

8
Au XIXe siècle ce lieu était mentionné dans les guides du temps.
Nous en avons connaissance par les lettres de Mgr Biraghi, fondateur
de la Congrégation des Sœurs Marcellines.
«Je lisais dans le "guide de Milan" de Cesare Cantù ce qui suit:
Cernusco Asinario sur Naviglio possède une grande église, un
pensionnat pour jeunes filles très réputé et plusieurs jolies vil-
las avec jardins, parmi lesquelles l’Alario se distingue entre
toutes». Tome 2 page 495. Quand je verrai M. Cesare Cantù, je
le remercierai pour ces paroles d’appréciation»
(novembre 1844).
À cette même époque ce lieu était bien connu pour la salubrité de
son air. A ce propos, voici un passage tiré des lettres que Mgr Biraghi
écrivit à Mère Marina Videmari, la première de ses filles et cofonda-
trice de la Congrégation des Sœurs Marcellines.

9
«C’est bien notre cas; notre aumônier [...] a une santé assez
fragile, c’est bien à cause de cela qu’il aime cet endroit et l’air
salubre de Cernusco»
(17 janvier 1844)
Dans une autre de ses nombreuses lettres Mgr Biraghi s’adresse à
Mère Marina, à peu près dans les mêmes termes:
«Je me réjouis du fait que vous prenez soin de vous reposer et
faites de votre mieux pour avoir meilleure mine. Essayez de
faire profiter votre estomac, tâchez de bien dormir et de bien
vous nourrir. L’air de Cernusco est bon. Que Dieu vous en fasse
goûter les bienfaits».
(20 août 1844).

DESCRIPTION DE L’EGLISE SAINTE-MARIE

La structure de l’église fait penser à une construction du haut


Moyen Age, de même que la dédicace
à Marie, qu’on retrouve fré-
quemment dans les églises fondées
par les Lombards. Enchâssée dans le
mur du côté gauche de l’autel, une
plaque nous rappelle que: «Ici fut la
très ancienne église du bourg, déjà
érigée en paroisse au XIIIe siècle et
honorée par saint Charles Borromée
du titre de sanctuaire marial;
encore de nos jours la population de
Cernusco se rend avec dévotion dans
ce sanctuaire.»
Après avoir franchi le portail,
nous entrons dans le parvis extérieur
où, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, se
trouvait le cimetière. L`église pré-
sente une façade en bâtière, c’est-à-
dire à deux pentes, et un clocher. A
l’extérieur, sur les murs latéraux, il
reste des traces de la maçonnerie
précédente: des pierres et des briques à vue, placées en arêtes de pois-
son.

10
A gauche du portail, sur le mur extérieur nord, se trouve un édicule
érigé lors des réparations effectuées au XVIIIe siècle pour protéger une
fresque de la Vierge remontant bien avant le XVIIe siècle. La peinture,
qui était très abîmée, a récemment été repeinte. Il s’agit d’une Pietà,
qui témoigne de la grande dévotion à Notre-Dame des Douleurs en ce
lieu. L’iconographie est identique à celle du Sanctuaire de Rho, dont
elle reproduit l’image.

L’église, telle qu’elle nous apparaît aujourd’hui, est le résultat de


nombreux remaniements. Composée de deux nefs, c'est-à-dire divisée
à l’intérieur en deux espaces longitudinaux, elle fut aménagée en une
seule nef lors des restructurations au XVIIe siècle. Tel un cortège, des
piliers adossés aux murs nous accompagnent vers l’autel. Au-dessus
de l’autel se trouve la statue de Notre-Dame des Douleurs et au-
dessous de l’autel celle du corps inanimé du Christ, déposé de la croix.
Faute de documentation, les auteurs des deux ouvrages demeurent in-
connus.
La statue de Notre-Dame des Douleurs, en bois entaillé et peint, fut
sculptée entre la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle. Le
Christ mort, réalisé en terre cuite, reprend un modèle très répandu
dans les églises de Lombardie et il date au moins du XVIIe siècle.

11
Selon certains savants, la statue pourrait être bien plus ancienne.
Les deux statues furent placées au-dessus et au-dessous de l’autel en-
tre la fin du XVIIIe siècle et le commencement du XIXe siècle. Elles
proviennent des églises et des couvents supprimés, lors de la domina-
tion autrichienne et napoléonienne.
L’autel en marbre, refait à l’occasion de la collocation des deux sta-
tues, date du XIXe siècle et il est en style néoclassique. Sur son marbre
blanc rosé on a placé deux anges, reproduction de ceux que Canova
réalisa à Turin pour la Chapelle du saint Suaire.
Derrière l’autel, à la
place du chœur, il y a un
Crucifix en bois entaillé,
peint au XVIIe siècle. Ac-
crochés aux murs, des ex-
voto en papier, en soie et en
velours. En attendant de
trouver une place plus
convenable, qui sera peut-
être le Musée Biraghi, le
plus ancien des ex-voto se
trouve aujourd’hui chez les
Sœurs Marcellines, dans la maison de prière avoisinante. Il date de
1817 et représente un malade qui prie Notre-Dame des Douleurs pour
qu’elle lui accorde la grâce de la guérison. Des étendards qui représen-
tent la Vierge sont accrochés aux murs de l’église

12
ITINÉRAIRE
ARTISTIQUE ET SPIRITUEL

LE PORTAIL

La porte d’entrée de la petite église a été construite récemment: elle


remonte à l’an 1998 et me-
sure 4m. de hauteur et 1,80m
de largeur. Un portail en
bronze remplace le vieux
portail en bois; six panneaux,
avec des notes explicatives,
représentent Marie, mère de
l’Eglise, Maria mater Eccle-
siae.
Nous allons méditer sur la
valeur symbolique de la porte
comme passage qui permet
d’entrer dans le temple. Le
Christ lui-même, qui a marqué
le passage entre l’Ancien et le
Nouveau Testament, a dit qu’il
est la porte (Jean. 10,7). De
même, Marie est la porte qui
nous ouvre le ciel et nous
conduit à son Fils Jésus.

13
«Ô porte bienheureuse qui s’ouvre seulement au Roi de gloire,
Ô temple inaccessible de celui qui est descendu du ciel.»
(Liturgie ambrosienne : hymne des laudes du temps de l’Avent)
Regardons attentivement le portail d’entrée du sanctuaire. Il évoque le
mystère de Marie, mère de l’Église, à certains moments de sa vie et de la vie.
de l’Eglise. Devant nous défilent les images de la piété chrétienne qui en
Marie trouve son modèle et sa source d’inspiration.
Arrêtons-nous devant cette porte; par la foi qui nous habite nous recon-
naissons que Marie est la Mère de l’Église et notre Mère. Nous croyons
qu’elle est la médiatrice entre l’humanité et Jésus, son Fils incarné, devenu
homme comme nous et pour nous. Marie «ianua coeli» est bien le passage
nécessaire pour parvenir à Dieu.
Commençons par la lecture des images avec une attitude méditative et
laissons-nous éclairer par l'inscription gravée au-dessus des battants, c’est-à-
dire, la deuxième partie du «Je vous salue Marie».
La lecture de ces «pages en bronze» - selon l’heureuse expression
de Mgr Gianfranco Ravasi dans sa description d’un récent portail à
Bethléem - commence à gauche par le panneau d’en haut, évoquant la
Pentecôte. L’Église naît précisément avec la descente du Saint-Esprit
sur les Apôtres réunis en prière «avec Marie, la mère de Jésus» (Actes
1,14).
La légende dit: «Dans l’attente de l’Esprit, Elle est le modèle de
l’Eglise en prière.»
L’Esprit qui descend sur les Apôtres et sur Marie au cénacle (Actes 2,4)
est le même Esprit qui est descendu sur Marie au moment de l’annonciation
(Lc 1,35).
Marie, mater ecclesiae, est présente à la naissance de l’Église apos-
tolique de Jérusalem (Actes 1,14). Cette considération nous amène au
commentaire du deuxième panneau situé à droite. Au premier plan les
fidèles sont réunis en prière comme les Apôtres au Cénacle; à l’arrière
plan les silhouettes de la basilique de St-Pierre de Rome, de la cathé-
drale de Milan et de la paroisse de Cernusco évoquent le thème de
l’Église universelle dans son processus de filiation spirituelle. En pre-
nant son essor de l’Église-Mère de Rome, l’Eglise universelle rayonne
sa foi et engendre de nouveaux enfants.
La légende dit: «Fais de ton Église un signe de communion et de
sainteté».

14
Comme une mère accueille ses enfants, ainsi l’Église accueille-t-elle tous
ses enfants nés du Créateur; tous sont appelés à s’unir à Lui et à former une
seule famille.
Le troisième panneau, situé au centre du battant de gauche, associe
deux sentiments de Marie: la douleur et la pitié.
La légende précise: «Rends fructueuse la souffrance qui nous unit
à la Passion du Christ».
Le mystère de la souffrance qui frappe tout être humain et demeure in-
compréhensible à toute explication rationnelle, nous pousse à nous approcher
avec compassion et humilité, comme Marie l’a fait, de Celui qui a voulu souf-
frir pour amour de nous et du Père. Ici la raison se tait et fait place à la logique
de l’ amour qui se donne.
Le quatrième panneau, situé au centre du battant droit, représente
une célébration eucharistique.
La légende dit: «Accepte nos offrandes et unis en un seul cœur fi-
dèles et pasteur».
L’eucharistie est le cœur du Christ toujours présent parmi nous. Elle est
aussi le mystère de l’incarnation qui se donne à chaque instant et partout
dans le monde pour que tous les êtres humains y trouvent leur demeure
commune.
Le cinquième panneau, en bas à gauche, décrit le thème du salut.
La légende précise: «Accueille-les dans la paix et fais-leur parta-
ger la gloire des Saints».
Le pèlerinage de la vie terrestre est désormais terminé. Le salut éternel
est proche, le cœur est grand ouvert à accueillir sa destinée de gloire.
Le sixième panneau représente la famille. On y lit:
«Donne-leur d’éduquer leurs enfants selon l’esprit de l’Évangile.»
Éduquer signifie faire sortir des profondeurs de la conscience la voix de
Dieu, qui parle à chacun de nous.
Enseigner l’art de l’écoute et de la recherche de Dieu c’est enseigner le
chemin qui conduit au banquet de la vraie sagesse.

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16
LA REPRODUCTION DE
NOTRE-DAME DES DOULEURS

La statue de Notre Dame de Douleurs, placée dans la niche de


l’autel, date du début du XVIIIe siècle. Sans doute cette statue était-
elle déjà présente dans ce sanctuaire en 1837. Mgr Biraghi en parle
dans une lettre qu’il écrivit devant une autre représentation de Marie:
celle du sanctuaire de Rho. Il y évoque le moment précis où, plusieurs
années auparavant, devant la statue de Notre-Dame de Douleurs il eut
la divine inspiration de fonder la congrégation des Marcellines. On
peut lire le texte de cette lettre à la page 22.

L’auteur de cette statue


demeure inconnu. Il l’a
sculptée en creusant un
seul morceau de bois. La
hauteur de la statue est de
1,70m. Elle a été conçue
selon les règles du style
baroque: intensité drama-
tique et mouvement, faste
et grandeur. Le manteau
de Notre-Dame des Dou-
leurs, ainsi que ses vête-
ments sont décorés en or
fin. Sept épées d’argent
transpercent sa poitrine.
La douleur de Marie, que
l’art du XIVe siècle avait
déjà représentée par les
expressions et les gestes
de la Piéta, acquiert ici
son autonomie iconogra-
phique. La souffrance de
la Vierge s’exprime par la
représentation de Marie
au cœur transpercé par
sept épées, symboles de
ses sept douleurs.

17
On y explique et on y évoque la prophétie de Siméon (Lc. 2,35) «Et toi-
même, une épée te transpercera l’âme!».
Voici ce que la liturgie ambrosienne chante dans l’hymne des Vêpres, lors
de la fête de Notre-Dame des Douleurs, le 15 septembre:
«Le Sauveur s’immole sur le Golgotha;
à ses pieds Marie
offre et consacre sur un même autel
la douleur de son âme.
Chaque blessure, dans son atrocité
est ressentie dans sa chair maternelle;
chaque épine de l’affreuse couronne
transperce ton cœur, ô Vierge.»
La séquence de la liturgie romaine situe Notre-Dame des Douleurs sous la
croix de son Fils et parle explicitement d’une épée:
«En pleurs la Mère douloureuse
Est debout près de la Croix
Où le Fils est cloué
Submergée par une angoisse mortelle
Elle gémit dans l’intimité de son cœur
Transpercé par une épée
……………………………………………
O Mère, source de l’amour,
Fais que je vive ton martyre
Fais que je pleure de tes larmes.
Fais que mon cœur brûle
D’amour pour le Christ Dieu
Pour que je lui sois agréable
……………………………………………
Blesse mon cœur avec ses blessures
Étreins-moi sur la croix
Enivre-moi de son sang.»
La séquence du Stabat Mater, attribuée à Jacopone da Todi, poète italien
du XIIIe siècle, nous montre la même image de Marie aux pieds de la Croix:
son cœur est transpercée par une épée:

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«Stabat Mater dolorosa
Iuxta crucem lacrimosa
dum pendebat filius.
Cuius animam gementem,
Contristatam et dolentem
Pertransivit gladius.»
Notre-Dame des Douleurs est considérée comme la Reine du ciel et
de la terre, par conséquent sa statue est enveloppée d’un manteau doré
et habillée de robes précieuses, décorées d’arabesques. Sur sa tête, une
couronne au-dessus de laquelle il y a un globe et une croix. Cela signi-
fie que Marie participe aussi bien à la gloire du Christ, roi de l’univers,
qu’à la passion du Christ, son fils.
À ce propos l’Évangile de Jean résume bien l’élévation et l’abaissement
du Christ en croix: «Et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi»
(Jean 12, 32). «Comme Moise a élevé le serpent dans le désert, ainsi faut-il
que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie
éternelle» (Jean 3,14)
L’élévation sur la croix est considérée comme la glorification du Fils au-
près du Père.
En Lombardie, le culte de Notre-Dame des Douleurs se répandit à
l’époque de St Charles Borromée et devint de plus en plus populaire à
cause des famines et de la peste. La population avait recours à Notre-
Dame des Douleurs et se mettait sous sa protection maternelle.
La liturgie célèbre la fête de Notre- Dame des Douleurs le 15 sep-
tembre, après la fête de l’exaltation de la Croix, donnant ainsi un ca-
ractère de glorification au mystère des douleurs de Marie. A Cernusco
cette célébration tombe le quatrième dimanche de septembre et elle
est l’occasion d’une grande fête populaire.
La participation de Marie à la Passion entraîne la vie de tout croyant dans
une tension eschatologique: «Nous souffrons avec Lui pour être nous aussi
glorifiés avec lui» (Rom 8,17). Selon l’invitation de Jésus à le suivre, il s’agit
de prendre notre croix chaque jour (Lc 9,23) et de mourir avec Lui, afin de vi-
vre avec lui: «Si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons.» (2 Timothée
2,11)
La piété populaire a saisi sept moments douloureux dans la vie de
Marie. Ces moments ne sont pas tous nécessairement liés à la Passion
du Christ. D’après la coutume du XVIIe siècle, les Pères Servites de
Marie ont gardé jusqu’à aujourd’hui l’habitude de réciter ces vieilles
prières en l’honneur de Notre-Dame des Douleurs. On propose de

19
faire mémoire des douleurs de Marie sous deux formes. Chacune
d’elles est composée de sept événements et des litanies à Notre-Dame
des Douleurs.
On peut prier la Vierge des douleurs par une des formules suivantes: mé-
diter un des moments de la vie de Marie que nous sentons le plus proche de
notre vécu ou de notre sensibilité ou bien réciter les litanies proposées ci-
dessous
Mémoire des sept douleurs de la Vierge (première formule)
1. Marie accepte dans la foi la prophétie de Siméon (Lc 2,34-
35)
2. Marie fuit en Égypte avec Jésus et Joseph (Mt 2,13-14)
3. Marie cherche Jésus à Jérusalem pendant trois jours (Lc
2,43-45)
4. Marie rencontre Jésus sur le chemin du Calvaire (Lc 23,26-
27)
5. Marie demeure debout près de la croix du Fils (Jean 19,25-
27)
6. Marie accueille sur ses genoux le corps inanimé de Jésus,
déposé de la croix (Mc 15,42-45)
7. Dans l’attente de la résurrection de son fils, Marie confie au
sépulcre le corps de Jésus (Jean 19,40-42)
Mémoire des sept douleurs de la Vierge (deuxième formule)
1. Jésus, Fils de Dieu, naît dans une grotte: il n’y avait pas de
place à l’hôtel pour sa Mère. (Lc 2,6-7)
2. Jésus, Sauveur de l’humanité, est signe de contradiction (Lc
2,33-35)
3. Jésus, enfant nouveau-né et Messie, est persécuté par
Hérode (Mt. 2,13-14)
4. Jésus, frère des hommes, est refusé par ses concitoyens (Lc
4, 28-29)
5. Jésus, le Saint de Dieu, est arrêté par les Grands Prêtres et
abandonné par ses disciples (Mt 26,49-56)
6. Jésus, le juste, meurt sur la croix (Jean 19 28-30)

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7. Jésus, Maître et Seigneur, continue à être persécuté en ses
disciples (Actes 121-3)

Litanies à la Notre-Dame des Douleurs


Mère du Crucifié prie pour nous
Mère au cœur transpercé
Mère du Rédempteur
Mère des sauvés
Mère des vivants
Mère des disciples
Vierge obéissante
Vierge de l’offrande
Vierge fidèle
Vierge du silence
Vierge du pardon
Vierge de l’attente
Femme exilée
Femme forte
Femme courageuse
Femme des douleurs
Femme de la nouvelle alliance
Femme de l’espérance
Ève nouvelle
Mère du Rédempteur
Servante de la Réconciliation
Défense des innocents
Courage des persécutés
Force des opprimés
Espoir des pécheurs
Consolation des affligés
Refuge des misérables
Confort des exilés
Soutien des faibles
Soulagement des malades
Reine des martyrs
Gloire de l’Église
Vierge de Pâques
Agneau de Dieu

21
Prions: Ô Dieu, tu as voulu que la vie de la Vierge Marie soit
marquée par le mystère de la souffrance, nous te prions, fais
que nous marchions avec elle sur le chemin de la foi et fais que
nos souffrances soient unies à la passion du Christ pour
qu’elles deviennent occasion de grâce et instrument de salut.
Par le Christ, notre Seigneur. Amen

Les douleurs de Marie nous renvoient à une autre image de Marie,


celle de l’apparition de la Vierge à une sœur marcelline, sœur
Elisabetta Redaelli. Cette religieuse, gravement malade, a été instan-
tanément guérie durant la nuit entre le 22 et le 23 février 1924, après
la visite de Notre-Dame. Sur le visage de l’ Enfant, que la Vierge tenait
dans ses bras, deux grosses larmes: «Pourquoi l’enfant pleure-t-il?» Et
la belle Dame de lui répondre: «Parce qu’il n’est pas suffisamment
aimé, cherché et désiré, même pas par ceux qui lui sont consacrés».
La statue de Notre-Dame du divin enfant en pleurs se trouve à
Cernusco, chez les Sœurs Marcellines.

22
LE SANCTUAIRE SAINTE-MARIE ET MGR BIRAGHI

Mgr Biraghi (1801-1879) nourrit une grande dévotion à Notre-


Dame des Douleurs vénérée dans le sanctuaire Sainte-Marie, à
Cernusco. Là il aimait se rendre pour prier.
Comment expliquer cette dévotion de Mgr Biraghi à l’égard de
Notre-Dame des Douleurs? Nous savons comment, à la suite de
l’épidémie de choléra qui éclata environ en 1836, Mgr Biraghi vint à
Cernusco apporter son aide à la population frappée par la maladie.
Suite à une deuxième épidémie, en 1860, la population de Cernusco fit
un vœu à Notre-Dame des Douleurs afin d’ être délivrée d’un tel fléau.
La peste se termina. La statue de Notre-Dame des Douleurs fut alors
portée en procession dans les rues qu’on éclaira par de petites lampes
à l’huile. Selon la coutume des pauvres gens de l’époque, l’huile était
mise dans des coquilles d’escargot. Depuis lors on fête solennellement
cette intervention miraculeuse de la Vierge Marie. Tous les vendredis
saints, une procession part du Sanctuaire Sainte-Marie et, à la lumière
des flambeaux traditionnels, parcourt les rues jusqu’ à la paroisse de
l’Assomption.

23
C’est au Sanctuaire Sainte-Marie que Mgr Biraghi prit la décision de fon-
der une congrégation de femmes vouées à l’éducation des jeunes filles: les
Sœurs Marcellines. Le 18 novembre 1875, du pensionnat de Rho, où il s’était
rendu pour faire une retraite, il écrivit la lettre que voici. Il y évoque ce mo-
ment inoubliable du mois d’octobre 1837:
Je vous ai parlé de Notre-Dame des Douleurs, parce que
l’oratoire magnifique du pensionnat est dédié à Notre-Dame
des Douleurs dont on vénère l’icône au-dessus du maître autel.
On bâtit cet oratoire à cause du miracle des larmes de sang
coulées des yeux de la Vierge Marie. Elle pleura visiblement
devant des paysannes en prière. Ces larmes de sang, qui par-
lent encore à notre cœur, furent recueillies dans un mouchoir
blanc et on peut encore les voir. Cet événement eut lieu au
temps de saint Charles, quand les hérésies semaient tant de
mal au-delà des Alpes. Heureusement elles n’arrivèrent pas
jusqu’à nous. Au milieu de tant de fausses doctrines qui encore
de nos jours minent la foi, au milieu des blasphèmes, des scan-
dales et des diableries de toute sorte, cela nous réconforte
énormément. Prions cette bonne et puissante Mère,« auxilium
christianorum ». Elle nous aidera, oui, elle nous aidera de son
secours puissant.
Hier j’ai célébré la Ste Messe à l’autel de la Vierge « Auxilium
Christianorum ». Devant cette image vénérable, j’ai offert le
Divin Sacrifice pour notre chère congrégation, pour notre
mère supérieure et pour toutes nos sœurs et nos maisons, tout
particulièrement pour la vôtre et pour vous. En contemplant
l’image de cette puissante Vierge des Douleurs, je me suis re-
trouvé en esprit devant une autre Vierge des Douleurs, préci-
sément celle de Sainte-Marie à Cernusco et en ce jour et cette
heure de la fin octobre 1837 où, devant elle, je me suis senti
poussé à décider la fondation de notre chère congrégation.
Agenouillé près de l’autel, dans la solitude et le silence je pen-
sais à la congrégation que je projetais. Devant moi défilaient
les difficultés, les dépenses, les épreuves, le lien qui allait
m’enchaîner pour toujours, la responsabilité que j’aurais à as-
sumer, les contraintes auxquels je devrais m’assujettir après
avoir mené jusqu’alors une vie bien tranquille. Et je
n’éprouvais que répugnance, nonchalance, tandis que mille in-
certitudes m’assaillaient. Et je priais la Vierge de m’éclairer, de
me secourir, de me conseiller, de me rendre fort. Et je priais…

24
Et me voilà avec un cœur nouveau, une volonté de fer, avec la
douce certitude que la chose plaisait à Dieu et qu’il la bénirait.
Et il en fut ainsi. Fortifié par la Vierge je pensai tout de suite à
acheter le terrain de la Maison Greppi, à construire le pen-
sionnat et à étudier l’implantation sous tous ses aspects,
moraux et civils. Oh, comme je me sens reconnaissant envers
Notre-Dame des Douleurs! Hier je l’ai remerciée en célébrant
la Messe qui lui est dédiée et je Lui ai offert notre congrégation.
Amen.
(Lettre à la Supérieure Catherine Locatelli, 18 novembre 1845)

Sans doute Mgr Biraghi aimait-il prier Notre-Dame des Douleurs.


Le soir du 22 septembre 1838 il accompagnait à Cernusco le petit groupe des
jeunes femmes qui devait devenir le noyau de la congrégation. Il n’y avait pas
encore un couvent proprement dit, mais une maison à loyer, en face de
l’église paroissiale: la maison Vittadini.
Dès son arrivée en cette maison, la nuit tombant, la jeune Marina
Videmari, future cofondatrice, élève avec ses compagnes une prière à Notre-
25
Dame des Douleurs devant une icône qu’elle avait trouvée dans une pièce de
la maison:
«Heureusement pour moi la nuit allait tomber! Agenouillées
devant Notre-Dame des Douleurs nous commençâmes notre
prière dans une petite pièce, qui, par la suite, devint notre ora-
toire. Après avoir fait toutes les trois une prière fervente et
larmoyante, je me levai et dis: « Dieu m’a conduite ici et Dieu
lui-même m’aidera à m’en tirer au mieux»
(Alla prima Fonte, chap. V p. 27)
La maison Vittadini fut détruite à cause de la restructuration du centre his-
torique de Cernusco. L’inscription de la porte d’entrée rappelant la demeure
des premières Marcellines et de leurs élèves, (Aloysii Biraghi, Positio super
virtutibus. Vol. I p. 314) se trouve actuellement au musée Biraghi, à l’intérieur
de l’ancien pensionnat de Cernusco, aujourd’hui maison de retraite des sœurs
âgées et malades.
Près de l’image de Notre-Dame des Douleurs devant laquelle la jeune Ma-
rina pria à genoux, se trouve une deuxième image de Notre-Dame des Dou-
leurs, celle qui appartint à Mgr Biraghi.

26
Fort probablement Mgr Biraghi accompagna les premières sœurs
Marcellines au Sanctuaire Sainte-Marie, là où il avait reçu l’inspiration de fon-
der la congrégation et là où il voulut qu’elles s’unissent en communauté et
qu’elles reçoivent la sainte Communion.
Voici les paroles de Mgr Biraghi lui-même:
«Ce fut devant la statue de Notre-Dame des Douleurs, où je re-
çus l’inspiration, la grâce et la volonté de fonder notre congré-
gation [...] que le premier groupe de nos sœurs s’unit en com-
munauté et reçut le Corps de Jésus Christ.»
(Lettre du 10 août 1855)
Il existe, à ce propos, un document manuscrit très intéressant, avec des
ajouts autographiques de Mgr Biraghi. On le garde dans les archives de la
maison généralice des Marcellines. Il s’agit de l’ historique des années 1838-
39 où il fait mention de l’église Sainte-Marie et de sa décision de fonder la
congrégation des Sœurs de Sainte Marcelline. Entre autres, on rapporte
comme date significative le dimanche 23 septembre 1838, lendemain de ce
samedi soir 22 septembre, quand Mgr Biraghi accompagna le premier groupe
de sœurs à Cernusco pour qu’elles s’y établissent; «1838, 23 septembre: fête
de Notre-Dame des Douleurs vénérée à Sainte-Marie et début de la congré-
gation».
Sous la protection de la Vierge, notre chère Mère des douleurs, première
protectrice de notre congrégation [...] (Lettres, 9 novembre 1843) Mgr Biraghi
mit le moment initial de la congrégation naissante, le moment des grandes
décisions. D’ailleurs il n’oublia jamais cette heure bénie, même dans l’activité
intense quand l’Institut était en pleine croissance. Dans une lettre écrite de
Chambéry, quelques années avant sa mort, Mgr Biraghi se souvient de cette
heure bénie:
Nous sommes appréciés:, grâce soient rendues à Dieu, à saint
Ambroise, à sainte Marcelline, à saint Charles et à saint Fran-
çois de Sales et à Notre-Dame des Douleurs de Ste-Marie, qui
la première, me donna l’inspiration et m’aida à réaliser le pro-
jet que j’envisageais de fonder cette congrégation. Je vois en-
core ce lieu et ce moment béni.
(Lettre du 5 octobre 1873)
Enterrée au cimetière de l’église Sainte-Marie, qui devint ainsi la chapelle
mortuaire des Sœurs Marcellines, sœur Térésa Valentini de la communauté
de Cernusco fut la première religieuse des Marcellines qui décèda Dans sa
lettre du 10 août 1855 Mgr Biraghi souligne les traits caractéristiques de la
personnalité de sœur Térésa, et met en évidence les vertus solides de cette
religieuse.
«Sœur Térésa était entrée en religion pour devenir sainte et
s’assurer, ainsi, le royaume des cieux. Elle travailla avec ar-
27
deur à l’œuvre de sa propre sanctification. Très chères sœurs,
laquelle d’entre vous remarqua en elle des actes de désobéis-
sance, de légèreté de caractère, de vanité ? Elle était solide, sé-
rieuse, digne, et en même temps joyeuse, bienveillante, affec-
tueuse, humble, courageuse dans le Seigneur, persévérante
dans les difficultés, attentive aux autres, la première à donner
le bon exemple. Pieuse et spirituelle, elle ne paraissait pas
s’intéresser aux choses de ce monde et cependant, soucieuse de
la bonne marche de la maison et de l’éducation des jeunes filles
elle avait l’air de ne s’occuper que de cela. Et elle faisait tout
avec une telle simplicité, une telle pureté d’intention, une telle
prédilection pour sa consécration religieuse. qu’ on ne savait
pas s ‘il fallait l’aimer ou plutôt la vénérer. Une chose est cer-
taine: elle méritait aussi bien d’être aimée que d’être vénérée.
Oui, par son généreux dévouement elle accomplit en peu
d’années ce qui d’habitude prend beaucoup de temps. C’est
parce qu’elle vécut la perfection de son état en peu de temps
que Dieu se hâta de cueillir ce fruit déjà mûr.
Que Dieu en soit loué, car par ce même événement il montra sa
faveur non seulement à sœur Térésa, mais aussi à notre
congrégation. Si telle est la première religieuse qui part de nos
cloîtres pour l’autre vie, nous pouvons dire avec un cœur
confiant que nous avons envoyé devant nous un ange et que
nous avons gagné une protectrice au ciel. Et s’il m’est permis
d’utiliser un langage humain pour exprimer des choses divines,
il me semble que notre congrégation est bien représentée au
ciel par la première-née de nos sœurs décédées. Elle se sera
montrée au milieu des chœurs des saintes vierges, pleine de
grâce et de gloire, portant sa croix d’argent, son nouveau nom
de Marcelline et le livre sacré de la Règle qu’elle a fidèlement
observée.
Qui est celle-ci qui vient vers nous resplendissante d’une telle
beauté? auront dit pleines d’admiration ces bienheureuses
vierges Et dans quel jardin fleurit cette fleur si belle? Bénie soit
la congrégation qui nous envoie de telles prémices.
Mais non pas à nous, Seigneur’, non pas à nous la gloire, mais
à vous de qui nous viennent tous les dons et tous les mérites.
Nous vous rendons grâce et nous vous louons, parce que, au
milieu de notre douleur, vous nous consolez avec vos consola-
tions spirituelles! Bénis soient vos jugements toujours pleins de
sagesse et dignes d’adoration.»

28
Encore une fois, la pensée de Mgr Biraghi revient à ce lieu tant aimé,
l’église de Ste-Marie, et en particulier au cimetière voisin:
«Peu de jours auparavant j’avais parlé avec Mère Supérieure
d’une chapelle mortuaire à faire construire pour nos sœurs. En
quel endroit? Disions-nous entre nous: « Nous allons la cons-
truire à Vimercate ou bien à Milan …. Mais le Seigneur prévint
nos desseins et il voulut que sœur Térésa fût enterrée dans le
cimetière de Cernusco. Et pourquoi permit-il cela? Parce que la
première de nos sœurs, qui est décédée, puisse reposer là où se
trouve Notre-Dame des Douleurs, Elle qui me donna la volonté,
la grâce et la détermination de fonder notre congrégation. Et
aussi parce que là le premier groupe de nos sœurs se réunit la
première fois en communauté et y reçut le Corps du Christ.
La Vierge voulut près d’elle le premier fruit de notre congréga-
tion. Puisque, pendant toute sa vie, Sœur Térésa fut tant dévote
à cette Mère de toutes grâces et Reine des Vierges, je crois
qu’elle sera très heureuse de reposer à ses pieds, sous son man-
teau maternel.
Ô très Ste-Vierge, montrez-vous bienveillante à l’égard de cette
âme consacrée, qui fut si dévouée à vous et à votre Fils Jésus-
Christ.»
Une aimable conversation s’entame, ensuite, entre Mgr Biraghi et sa
mère, ensevelie au même endroit. Elle avait bien connu sœur Térésa et ses
vertus. Voilà comment Mgr Biraghi décrit et achève le portrait de cette reli-
gieuse marcelline.
«Je suis particulièrement touché en pensant que sœur Térésa
est ensevelie en ce lieu. Ici se trouve aussi ma très chère mère,
qui tant aima sœur Térésa pendant cette vie. Elle se réjouira
certainement de sa compagnie et des mérites d’une si bonne
voisine et elle sera contente de partager avec elle le bonheur de
la résurrection. Oui, elles seront ensemble dans la gloire! Quel
autre sort, d’ailleurs, pourrait être réservé à des âmes pareil-
les?
Vous connaissez sa foi ardente, sa charité envers les pauvres,
sa simplicité évangélique, son esprit de sacrifice [...]
Et maintenant, que devons-nous faire, très chères filles? Nous
devons bien garder à l’esprit la leçon que le Seigneur nous a
donnée par la mort de sœur Térésa. Soyons prêts à partir de ce
monde avec une conscience pure, hâtons-nous de sanctifier no-
tre âme, car au moment où l’on ne s’y attend pas, le temps nous
fera défaut. Rappelons-nous souvent de la faveur singulière
29
que le Seigneur nous a faite en nous appelant à la vie reli-
gieuse, anticipation du paradis.
Rappelons-nous des vœux prononcés, des obligations assu-
mées, du jugement sévère qui nous attend!
Tous les jours désirons le paradis par un parfait détachement
de tout, par un amour sincère pour la fatigue, les difficultés, la
croix et les humiliations, par l’obéissance et le renoncement de
nous-mêmes, par un amour généreux pour Jésus-Christ.
Que le temps qu’il nous reste à vivre soit une préparation à la
mort. Alors la mort pourra venir, et elle ne nous fera pas peur!
Nous irons à la rencontre de Jésus époux et juge avec nos lam-
pes allumées, et nous entrerons avec Lui dans le royaume de la
joie éternelle.»

30
CHEMIN DE CROIX ET «PIETÀ»

Les 14 tableaux du chemin de croix remontent à peu près au XIXe


siècle. Regardons attentivement le XIIe et le XIIIe tableau. A droite, sur
le mur, l’image de la Vierge Marie au moment de la crucifixion. Dans
une attitude de prière, Marie, ouvrant ses bras, intercède pour
l’humanité souffrante.
Dans la lettre du 14 mars 1839, adressée à Marina Videmari, Mgr
Biraghi écrivit:
«Ayez devant les yeux Marie, Notre Dame des Douleurs. Pau-
vre Mère! Que de peines, d’inquiétudes, d’anxiétés, d’épreuves!
Mais, comme elle fut la Reine des douleurs, de même elle est
maintenant la reine de la joie et de la gloire.»
Dans le tableau suivant, celui qui représente la treizième station,
nous voyons la «Pietà». Le thème iconographique de ce tableau est ce-
lui de la déposition. Le corps inanimé du Christ s’affaisse sur les ge-
noux de Marie comme pour une dernière étreinte. Dans l’abandon de
la mort, le corps du Christ devient plus lourd, l’humain l’emporte sue
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le divin. En embrassant pour la dernière fois son fils mort, Marie vit
un moment de solitude inconsolable.

Si nous nous tournons vers l’entrée, où s’élève la contre-façade de


l’église, nous voyons un vitrail qui porte la date du 1562. Encore une
fois peut-on voir le thème de la «Pietà». La Vierge, qui tient sur ses
genoux le corps inanimé du Christ était une image très chère et très
vénérée, au temps de saint Charles. Le paysage nordique qu’on entre-
voit derrière la forme de la croix, évoque sa provenance bavaroise.
Six personnages en prière sont agenouillés à droite et à gauche du
Christ déposé de la croix, ils appartiennent tous à la famille Della
Porta qui avait commandé ce tableau.
Les vitraux des murs latéraux qui accompagnent le visiteur vers la
sortie, reprennent le thème de la passion.
Réfléchissons sur cette parole des Lamentations 1,12: «Vous tous qui
passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma
douleur»

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BIBLIOGRAPHIE

- BIRAGHI LOUIS, Lettres à ses filles spirituelles, Milano, Ed.


Marcelline Vol. I, 2004.
- BIRAGHI LUIGI, Lettere alle sue figlie spirituali, Brescia, Ed.
Queriniana Vol. I, 2002, Vol II, 2003, Vol III, 2005
- M. VIDEMARI, Alla prima fonte, Milan 1938. Ed. Marcelline.
- CONGREGATIO PRO CAUSIS SANCTORUM, Aloysii Biraghi, Positio
super virtutibus, Romae, 1995, volumes I et II.
- T. FARINA, E. FERRARIO MEZZADRI, N. ONIDA, S. Maria in
Cernusco, Cernusco S/N, Typographie Galimberti, 1998.
- Breve cronistoria del 1838-39. Document manuscrit avec des
ajouts historiques de Mgr Biraghi. Il se trouve dans les archives
générales des Sœurs Marcellines.

33
TABLE DES MATIÈRES

Introduction..................................................................................... p. 5
Le sanctuaire Sainte-Marie ............................................................. p. 6
Comment y arriver........................................................................... p. 7
L’église Sainte-Marie ....................................................................... p. 7
Description de l’Église Sainte-Marie............................................... p. 10
ITINÉRAIRE ARTISTIQUE ET SPIRITUEL
Le portail.......................................................................................... p. 13
La reproduction de Notre-Dame des Douleurs............................... p. 17
Le sanctuaire Sainte-Marie et Mgr Biraghi..................................... p. 23
Chemin de Croix et «Pietà» ............................................................ p. 31
Bibliographie ................................................................................... p. 33
Table des matières ........................................................................... p. 34

INDEX DES ILLUSTRATIONS

p. 6 - Le Sanctuaire Sainte-Marie
p. 7 - Plan de Cernusco
p. 8 - Carte topographique de 1807
p. 9 - Parchemin
p. 10 - Les restes des murs antérieurs
p. 11 - Pietà (kiosque)
p. 12 - Le Sanctuaire Sainte-Marie
p. 13 - Portail
p. 16 - Portail (détail)
p. 17 - Notre-Dame des Douleurs (sanctuaire)
p. 23 - Lettre autographe de Mgr Biraghi
p. 25 - Notre-Dame des Douleurs (maison Vittadini)
p. 26 - Notre-Dame des Douleurs appartenant à Mgr Biraghi
p. 31 - Marie au pied de la croix (chemin de croix)
p. 32 - Pietà (chemin de croix)

34
Institut International
des Sœurs de Sainte Marcelline

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