Théorème de la boule chevelue
Théorème de la boule chevelue
Marc SAGE
8 avril 2009
3 Di¤érentiabilité du déterminant 3
4 Di¤érentiabilité de l’inverse 5
6 Principe du maximum 6
9 Lemme d’Hadamard 8
10 Dérivations de germes C 1 9
11 Isométries et di¤érentielles 9
12 Du local au global 10
1
La di¤érentielle d’une application f en un point a sera notée indi¤éremment
da f = dfa = df (a) .
La dérivée partielle d’une application f selon la i-ième coordonnée sera notée indi¤éremment
@f
@i f =
@xi
Rappelons les liens entre extrema locaux et hessiennes. Soit Ha la hessienne d’une application f de classe
C 2 au voisinage d’un point a, à valeurs réelles. En écrivant
On rappelle également que le laplacien d’une telle fonction est dé…ni par
X X @2f
2
f := @ii f= = tr H
@x2i
et qu’une fonction est dite harmonique lorsque son laplacien est nul.
1 Mise en jambe
8x 6= 0; 8 > 0; f ( x) = f (x) .
Solution proposée.
Il s’agit de montrer que f vaut sa di¤érentielle en 0.
f étant continue en 0 car di¤érentiable en 0, on obtient f (0) = 0 en faisant tendre vers 0 dans la relation
f ( x) = f (x).
Par ailleurs, la di¤érentiabilité de f permet d’écrire
f ( a) = f (a)
d0 f ( a) + " ( a) k ak = d0 f (a) + " (a) kak
" ( a) kak = " (a) kak
" ( a) = " (a) .
Le terme " (a) de droite ne dépend plus de : en prenant la limite quand ! 0, on trouve " (a) = 0, et ceci
pour tout a, d’où f = d0 f , CQFD.
Remarque. Si l’on avait utilisé la notation o (a), on n’aurait probablement pas pu raisonner aussi
…ninement. On voit ici les limites de cette notation très souple : o (x) dénote à la fois la fonction devant laquelle
le o est négligeable et la variable de cette fonction. Le lecteur pourra faire le lien avec l’exercice 5 de la feuille
sur la dérivation.
2
2 Sur les di¤éomorphismes
1. Montrer que la racine carrée est un C 1 -di¤ éomorphisme des matrices réelles symétriques dé…nies
positives.
2. Montrer que l’application suivante est un C 1 -di¤ éomorphisme global sur les polynômes réels scindés
simples unitaires de degré n.
( n! o
2 Rn ; 1 < < n ! Rn [X]
': ! Q .
7 ! (X i)
Solution proposée.
1. Regardons plutôt l’inverse de la racine : l’élévation au carré. C’est injectif par unicité de la racine
carré, C 1 car polynomial. Si l’on montre que sa di¤érentielle est injective sur Sn++ , les conditions d’un
C 1 -di¤éomorphisme seront réunies.
La di¤érentielle du carré en une matrice A vaut (A )+( A). Lorsque A 2 Sn++ , on peut la diagonaliser,
mettons A = P P 1 où est diagonale. Un élément P M P 1 du noyau de (A ) + ( A) véri…era donc
M D + DM = 0, i. e. M = D 1 M D. Prenant les coe¢ cients, il vient mi;j = j
i
mi;j pour tout i; j ; le
j
quotient étant strictement négatif, on doit avoir mi;j = 0, d’où M = 0, CQFD.
i
!
2. ' est clairement injective. Il s’agit de montrer que sa di¤érentielle en tout est également injective.
Soit donc !x dans le noyau d’un d ', ce qui s’écrit
X X Y
@i ' ( ) xi = 0 () xi (X j) = 0.
i j6=i
Q
Faire X = k donne xk j6=k ( k j) = 0, d’où xk = 0 car les i sont tous distincts, CQFD.
Remarque. On vient de montrer que les racines d’un polynôme réel unitaire scindé simple variaient de
manière C 1 en fonction de leur coe¢ cients.
Il vient également que les polynômes unitaires1 scindés simples de Rn [X] forment un ouvert de ce dernier,
ce qui peut se retrouver à l’aide du résultant2
3 Di¤érentiabilité du déterminant
1. Di¤ érentier le déterminant dans Mn (R). Comment s’exprime son gradient ? Interprêter.
2. Calculer la hessienne du déterminant dans Mn (R). Qu’observe-t-on ?
Solution proposée.
1. Notons déjà que det est C 1 car polynomial en ses coordonnées. Nous présentons trois méthodes.
(a) Revenons à la dé…nition de la di¤érentielle. Fixons une matrice A 2 Mn . Pour M 2 Mn , on étudie
l’accroissement det (A + M ) det A. Pour développer le premier terme, on explicite les colonnes de
A et M :
det (A + M ) = det (A1 + M1 j j An + Mn ) .
Lorsque l’on développe, les termes contenant exactement k colonnes de M seront des polynômes de
degré k en les coe¢ cients de M ; comme tous les termes de degré 2 sont des O H 2 , donc des
o (H), on ne garde que les termes pour k = 0 et 1 :
n
X
det (A + M ) = det (A1 j j An ) + det (A1 j j Aj 1 j Mj j Aj+1 j j An ) + o (M ) .
j=1
3
Le premier terme
Pn est det A. En développant le j-ième terme de la somme selon la colonne Mj , on
voit qu’il vaut i=1 mi;j [Com A]i;j . On obtient par conséquent
X
det (A + M ) = det A + [Com A]i;j mi;j + o (M ) ,
i;j
On obtient ainsi une interprétation géométrique de la comatrice : c’est la direction vers laquelle
le déterminant augmente le plus.
(b) On sait que la donnée d’une base (ei ) permet de décomposer la di¤érentielle d’une application
scalaire f comme somme des accroissements @i f selon la base dxi . On s’intéresse donc à la dérivée
partielle de det selon les matrices élémentaire Ei;j (qui forment une base de Mn ) en une matrice
donnée A.
On développe det (A + tEi;j ) par linéarité par rapport à la j-ième colonne, ce qui donne det A +
t det Aj où Aj désigne la matrice A où l’on a retiré la j-ième colonne pour y mettre une colonne avec
que des 0 et un 1 à la i-ième place. C’est une incitation à dévélopper det Aj selon la j-ième colonne :
il sort le cofacteur de place (i; j). Finalement, on obtient
det (1 + H) = H ( 1) = 1 + tr H + O H 2 .
1
dA det (H) = tr jAj A H
t
= tr Com A H
= hCom A j Hi .
On propage en…n le résultat par densité de GLn . L’application det étant C 1 , l’application d det
est continue. De même, Com est continue car polynomiale. L’identité dA det = hCom A j i, valable
pour A 2 GLn , se propage donc par continuité à tout A 2 Mn , CQFD.
2. Le calcul de la hessienne en une matrice A revient au calcul des dérivées partielles [@i;j @k;l det] (A).
Puisque [@k;l det] (A) est le déterminant de la matrice Ak;l obtenue en retirant de A ses k-ième ligne et
l-ième colonne, dériver det Ak;l selon Ei;j donne d’après le calcul précédent [Com Ak;l ]i;j , autrement dit
(à un signe près) le déterminant de la matrice A privée des lignes i et k ainsi que les colonnes j et l. Pour
i = k ou j = l, cela donne 0. En particulier, les termes diagonaux sont nuls, donc la trace aussi, ce qui
montre que le déterminant est harmonique.
4
4 Di¤érentiabilité de l’inverse
Solution proposée.
Notons Inv l’application « inverse » . Elle est dé…nie sur un ouvert de Mn (K) comme image réciproque de
l’ouvert K par l’application continue det. Elle y est même C 1 en vertu de la formule
1 t
Inv A = Com A (tout est polynomial).
det A
1. S’inpirant de la troisième méthode de l’exercice précédente, on calcule d’abord la di¤érentielle en
l’identité puis on la « transportera » en un point quelconque de GLn .
Pour obtenir dIn Inv, on calcule les dérivées partielles selon les matrices de bases Ei;j .
Pour i = j, on a
1
Inv (In + tEi;i ) Inv (In ) 1+t 1 Ei;i 1
= = Ei;i ! Ei;i ,
t t 1+t
tandis que pour i 6= j on obtient
Inv (In + tEi;j ) Inv (In ) (In tEi;j ) In
= ! Ei;j ,
t t
formule valable pour i = j d’après la ligne précédente. On trouve donc
X
dIn Inv (M ) = mi;j ( Ei;j ) = M ,
d’où le résultat3
dIn Inv = Id .
GLn
Pour « transporter » cette di¤érentielle en une matrice quelconque de GLn , on utilise la structure
de groupe de GLn . Étant donnée un matrice H de perturbation, on peut écrire
1 1 1 1 1 1
Inv (A + H) = A In + A H = Inv In + A H A = In A H + o (H) A
1 1
= Inv A A HA + o (H) ,
d’où le résultat4
1 1
dA Inv = A A .
2. On di¤érentie l’égalité 1Mn = IdGLn Inv valable sur GLn en une matrice A :
0 = dA Id Inv (A) + Id (A) dA Inv
= Id A 1 + A dA Inv , d’où
dA Inv = A 1 Id A 1 , CQFD.
Noter l’importance ici de raisonner avec les fonctions et non avec les valeurs des fonctions : on confondrait
aisément le point où l’on di¤érentie (qui doit rester dans l’ouvert de Rd où l’on peut di¤érentier) avec
l’argument de la di¤érentielle (qui peut varier dans tout l’ev Rd ). Même si les physiciens font cela souvent
et si c’est e¢ cace, revenir aux dé…nitions permet de bien tout contrôler a…n d’éviter les bétises.
Remarque. On peut facilement prolonger ce résultat au groupe linéaire de n’importe quel espace de Ba-
nach. Évidemment, on ne regardera que les isomorphismes continus, leur réciproque est alors automatiquement
continue par le théorème de Banach5 .
5
5 Théorème de Rolle multidimensionnel
Soit f : Rn ! R continue sur un compact K, di¤ érentiable sur son intérieur K et constante sur son bord
@K.
Montrer que df s’annule à l’intérieur de K.
Solution proposée.
Lorsque n = 1 et K = [a; b], on retombe sur l’énoncé unidimensionnel du théorème de Rolle. Calquons donc
la démonstration pour généraliser à la dimension n.
K étant compact, f y atteint ses extrema, mettons inf K f =: := supK f . Si = , f est constante
sur tout K, d’où df = 0 en tout point de K. Dans le cas contraire, ou est atteint en dehors du bord @K
(car f y est constante), et en ce point intérieur à K la di¤érentielle s’annule.
6 Principe du maximum
min f fj max f .
@ @
3. Montrer que, si f est harmonique et est constante sur @ , alors f est constante sur .
Solution proposée. /
Remarquons tout d’abord que @ = est un fermé borné, donc compact6 , donc f (qui est continue) y
atteint bien ses in…mum et supremum.
1. Soit par l’absurde un a 2 tel que f (a) max fj@ . Par compacité du fermé borné , f atteint son
supremum sur en un point ; si f ( ) > f (a), alors 2 , sinon on peut prendre = a ; dans tous les
cas, on a un maximum en 2 , donc la hessienne en est négative, donc de trace f 0, ce qui est
contraire aux hypothèses.
P
2. On se ramène à la question précédente en perturbant f . Pour un " > 0, f" := f + " x2i véri…e
f" = f + 2n" > 0, d’où pour tout point a 2
X
f" (a) < max f" max f + max " x2i
@ @ @
X
f (a) + " a2i < max f + "M 2 où M majore
@
et f (a) max f lorsque " ! 0.
@
6 Le !K
lecteur aura remarqué la correspondance avec les notations de l’exercice précédent.
!K
6
7 Conditions d’holomorphie de Cauchy-Riemann
Soit f : C ! C une application vue comme couple de fonctions de deux variables réelles
X (x; y)
(x; y) 7 ! .
Y (x; y)
Montrer que f est dérivable7 en un complexe c ssi f est di¤ érentiable en c et véri…e
Solution proposée.
Pour h := x + iy proche de zéro, on peut écrire
1. Supposons f dérivable en c. Alors le terme de droite s’écrit hf 0 (c) + o (h), soit encore (avec des
notations évidentes)
X (a + x; b + y) X (a; b) = (x y ) + Re o (h).
| {z }
=o(h)
Faire y = 0 montre que @1 X (c) existe8 et vaut , tandis que faire x = 0 donne @2 X (c) = .
Prenant à présent la partie imaginaire, on obtient
Y (a + x; b + y) Y (a; b) = x + y + o (h) .
Remarque. La dérivation complexe est bien plus contraignante que la dérivation réelle. On peut en e¤et
montrer qu’une fonction complexe dérivable (au sens complexe) sur un ouvert de C est non seulement de classe
C 2 , mais aussi C 1 et même développable en série entière sur son domaine de dé…nition. Une telle fonction est
dite holomorphe9 ; il y aurait beaucoup à en dire10 .
7 Il f (c+h) f (c)
s’agit de la dérivation au sens complexe : f 0 (c) est dé…ni par la limite h
lorsque le complexe h tend vers 0 dans
C .
8 Bien noter que le o (h) devient un o ( ) lorsque = 0.
9 dugrec holos signi…ant « entier » , pour évoquer le développement en série entière
1 0 On se reportera aux exercices sur les séries entières pour quelques résultats supplémentaires qui n’ont nullement la prétention
d’introduire au sujet.
7
8 Quelques résultats sur les fonctions holomorphes
1. Soit f une fonction holomorphe. Montrer que, si f est constante sur le bord @ d’un ouvert borné
du plan complexe, alors f est constante sur cet ouvert.
2. En déduire que deux fonctions holomorphe qui coïncident sur le bord d’un ouvert (borné) sont égales
sur cet ouvert.
Solution proposée.
1. Soit f = X + iY comme dans l’énoncé. Au vu de l’exercice précédent et du lemme de Schwarz, la
fonction X (qui est de classe C 2 d’après la remarque de l’exercice précédent) est harmonique :
2 2
X = @11 X + @22 X = @1 (@2 Y ) + @2 ( @1 Y ) = 0.
On peut donc appliquer le résultat de l’avant-dernier exercice : X est constante sur . On fait évidemment
la même chose pour Y , d’où le résultat.
2. On prend la di¤érence : nulle au bord, donc nulle partout !
Remarque. Nous venons de voir que les fonctions holomorphes sont harmoniques. On peut montrer
réciproquement qu’une fonction harmonique sur R2 est localement la partie réelle d’une fonction holomorphe.
Ceci explique les propriétés communes à des deux classes de fonctions.
9 Lemme d’Hadamard
Solution proposée.
1. On applique Taylor-Lagrange avec reste intégral à la fonction F : t 7! f (tx) :
Z 1 Z 1 X X Z 1
0
f (x) = F (1) = F (0) + F (t) dt = @i f (tx) xi dt = xi @i f (tx) dt.
0 0 0
R1
En posant fi (x) = 0
@i f (tx) dt, qui est C 1 car l’intégrande l’est, on a gagné.
2. Si de plus d0 f = 0, les dérivées partielles de f en 0 sont nulles, ce qui s’écrit
X
0 = @k xi fi (0) = fk (0) + 0.
8
10 Dérivations de germes C 1
Soit G l’ev des fonctions dé…nies sur un voisinage11 de 0 de Rn , à valeurs réelles et de classe C 1 .
1. Montrer que dériver (en 0) selon un vecteur donné est une dérivation.
2. Montrer la réciproque. (On pourra utiliser le lemme d’Hadamard.)
Solution proposée.
1. Soit v le vecteur considéré et : f 7! fv0 (0) = [d0 f ] (v). On véri…e que, pour f; g 2 G :
11 Isométries et di¤érentielles
2. Montrer que
8h; k 2 E; hdx f (h) j dy f (k)i = hh j ki pour tous x; y 2 Ua .
En déduire que df est constante sur Ua .
3. Conclure.
Solution proposée.
1 1 On parle de germe en 0, d’où la notation.
9
kda f (x)k
1. En norme triple, jjjda f jjj = supx6=0 kxk = 1 car da f est une isométrie, donc l’inégalité des
accroissements …nis s’applique :
On voudrait pouvoir retourner cette inégalité pour avoir égalité, ce qui sera possible si l’on arrive à inverser
f . Avanti.
Soit a 2 E. da f est une isométrie, donc injective, donc f est un di¤éomorphisme local en a, disons
f : Ua ! Va di¤éo. Quitte à restreindre Ua , on peut supposer Va connexe a…n de lui appliquer l’inégalité
des accroissements …nis. Les di¤érentielles de f 1 sont les inverses de celles de f , donc sont encore des
isométries, donc de norme 1 ; pour f (x) et f (y) dans Va , on aura donc
1 1
f (f (x)) f (f (y)) kf (x) f (y)k ,
3. La question précédente montre que l’ensemble fa 2 E ; da f = d0 f g est ouvert. Comme de plus f est
C 1 , ce dernier est également fermé (comme image réciproque du singleton fd0 f g par l’application continue
df ). Par connexité de E, on doit avoir da f = d0 f pour tout a 2 E, donc la di¤érentielle de f d0 f est
nulle sur tout E, donc f d0 f est une constante. Finalement :
f = f (0) + d0 f , CQFD.
12 Du local au global
1
f (f0g) = f0g
Soit f : Rn ! Rn un C 1 -di¤éomorphisme local tel que . Le problème est de montrer
lim1 f = 1
que f est un C 1 -di¤éomorphisme global.
Solution proposée.
10
1. Soit K un compact de Rn . Sa préimage est fermé car f est continue. Il reste à montrer qu’elle est
bornée. Or, K est borné par un certain M . L’hypothèse lim1 f = 1 permet par ailleurs d’a¢ rmer
l’existence d’un A > 0 tel que kxk > A =) kf (x)k > M =) x 2 = K, de sorte que f 1 (K) est borné
par A.
2. Montrons que Im f est ouvert et fermé dans Rn . Comme ce dernier est connexe, nécessairement Im f
vaudra Rn (ou le vide, mais cela est trivialement à exclure). da f étant inversible pour tout a 2 Rn , f
est ouverte, donc f (Rn ) est ouvert. Montrons que ce dernier est également fermé. Soit b = lim f (an ). La
réunion des an et de b forment un compact, donc sa préimage est un compact contenant tous les an , d’où une
sous-suite convergente a'(n) ! a. La continuité de f permet de conclure b = lim f a'(n) = f (a) 2 Im f .
3. Il est déjà clair que les antécédents de y sont tous isolés : en e¤et, si x est l’un deux, f est un C 1 -
di¤éomorphisme local en x, donc injective sur un voisinage de x. Or, la préimage du compact fyg est
compacte d’après le premier point, donc ne peut être in…nie, sinon on en extrairait une suite convergente
vers un point d’accumulation de f 1 (fyg).
4. Supposons par l’absurde que la préimage f 1 y + n1 B de toute boule centrée en y n’est pas incluse
S
dans f (a)=y a + "B. On a donc un an dans f 1 y + n1 B , i. e. tel que kf (an ) yk < n1 , qui se trouve
à distance au moins " de tous les antécédents de y. Quitte à extraire du compact f 1 y + B , on peut
supposer (an ) convergente vers un a 2 Rn , lequel doit véri…er f (a) = y (par continuité de f ) ; le point a
est donc un antécédent de f . Mais puisque an ! a, la suite an tombe dans a + "B à partir d’un certain
rang, ce qui est impossible.
5. f étant un di¤éomorphisme local en les xi , il y a un voisinage Vi de chaque xi où f réalise un
di¤éomorphisme.
T Quitte à réduire " et les Vi , on peut
S supposer les Vi = xi 1+ "B disjoints. Alors tout b
dans f (Vi ) admet exactement p antécédents dans Vi (considérer S les fVi ). Pour éviter d’en trouver
d’
T autres, il faudrait que tous les antécédents
S de b tombent dans Vi , ce qui sera réalisé en remplaçant
f (Vi ) par son intersection avec Vi (qui est bien ouvert comme intersercction …nie d’ouverts). Sur ce
voisinage de y, le nombre d’antécédent est constant, CQFD.
6. Nous venons de montrer que les parties
Uk := a 2 Rn ; Card f 1
(fag) = k
sont ouvertes. Comme elles partitionnent le connexe Rn , nécessairement elles sont toutes vides sauf une.
Mais U1 contient 0 par hypothèse, ce qui montre U1 = Rn , d’où l’injectivité de f et la conclusion.
Remarque. L’aspect di¤érentiel intervient ici de très loin. Le bon énoncé serait plutôt « Un homéo-
morphisme local Rn ! Rn propre12 est un homéomorphisme global » . Sous certaines hypothèses de connexité
(véri…ées pour Rn ), on peut montrer qu’un homéomorphisme local est global ssi il est propre13 .
Soit à trouver les extrema d’une fonction f : R2 ! R sur une ligne de niveau du plan, par exemple sur
2
l’ellipse d’équation x4 + y 2 = 1.
L’idée est de faire varier les lignes de niveau de la fonction f jusqu’à trouver un point de contact avec le
lieu où l’on cherche les extrema. Puisque le gradient est toujours orthogonal aux lignes de niveau, en ce point
de tangence des deux lignes de niveau, les gradients de h et ' seront colinéaires.
Prenons par exemple h : (a; b) 7! ab. On cherche les points P de notre ellipse tels qu’il y a réel véri…ant
! ! 2 b = a2
r P h = r P e avec e : (a; b) 7! a4 + b2 . On trouve , d’où 2 = 1 et a = 2b, ce qui donne (en
a = 2b
p
réinjectant dans l’équation de l’ellipse) b = p12 puis a = 2, d’où les extrema h (a; b) = 1.
Pour nous conforter dans notre intuition, retrouvons le maximum de h directement par une inégalité 2uv
u2 + v 2 : pour a et b de même signe, on aura
a a 2
h (a; b) = ab = 2 b + b2 = 1
2 2
a
avec = ssi 2 = b.3
1 2 Une application est dit propre lorsque la préimage de tout compact est compacte.
1 3 Le lecteur intéressé pourra consulter A Note on Proper Maps de Chung-Wu Ho, Proc. Amer. Math. Soc. 51 (1975), 237-241.
11
De la même manière, si l’on cherche les extrema d’une application f : R3 ! R sur la courbe dé…nie par
l’intersection de deux surfaces de niveau, les trois gradients seront orthogonaux à la courbe, donc coplanaires. Si le
! ! !
lieu est décrit par deux équations u = v = 0, on pourra donc trouver deux réels et tels que rf = ru+ rv,
! !
sous réserve que ru et rv ne soient pas liés14 .
Nous nous proposons de montrer proprement notre intuition en termes di¤érentiels, le pont entre gradients
et di¤érentielles que nous emprunterons étant l’équivalence
! n! ! ! o
r a f 2 Vect ru; rv; rw () da f 2 Vect fda u; db v; da wg .
Soit f une fonction réelle dé…nie sur Rn de classe C 1 . On cherche les extrema de f sur le lieu
:= a 2 Rn ; g 1 (a) = = g r (a) = 0
Rn r
Rr ! Rr
G := g 1 ; :::; g r :
z 7 ! g (z) ; :::; g r (z)
1
Solution proposée.
1. Rappelons que la matrice jacobienne @i g j (a) des g j au point a n’est autre que la matrice des da g i
dans la base des dxi . Par liberté des da g i , le rang de cette matrice est r, donc on peut en extraire r lignes
libres. Les indices des lignes i1 ; :::; ir ainsi sélectionnées fournissent un cassage de Rn ' Rn r Rr . On
suppose par commodité que ik = k pour tout k = 1; :::; r.
2. On a déjà G ( ; ) = 0. De plus, étant donné un vecteur " 2 Rr , on regarde G ( ; + ") G ( ; ).
Pour cela, on regarde les g k ( ; + ") g k ( ; ). Les fonctions g k étant C 1 , les fonctions g k ( ; ) sont
aussi C 1 et on a
X r
81 k r; g k ( ; + ") = @i g 1 (a) "i + o (") ,
i=1
de sorte que
r
X
G( ; + ") G( ; ) = @i g 1 (a) ; :::; @i g r (a) "i + o (") .
i=1
G est donc di¤érentiable en a selon sa seconde coordonnée, et la matrice de sa di¤érentielle est la jacobienne
en a qui est inversible.
3. Puisque (t) 2 , on a g j = 0 pour tout j, d’où, en di¤érentiant en ,
j
0=d ( )g d = da g j d ,
1 4 La ! !
liberté de ru et rv implique l’unicité des réels et qui apparaissent : ces derniers sont appelés multiplicateurs de
Lagrange.
12
On a par ailleurs l’égalité des dimensions :
8
< In r
rg d = rg (Mat d ) = rg =n r
T .
:
dim Ker da g j = corg da g j = n r
Remarque 2. Ce théorème est sans doute puissant, mais il faut d’une part prendre garde aux hypothèses
qui apparaissent lorque f est dé…nie sur autre chose qu’un ouvert (l’extremum doit être intérieur au domaine
de dé…nition, ce qui oblige à regarder le bord à part) et d’autre part connaître ses inégalités classiques. Il
est en e¤et intolérable qu’un taupin invoque les extrema liés pour maximiser le produit de réels positifs dont
la somme est …xée (lorsqu’une inégalité arithmético-géométrique trivialise la chose). L’impression produite est
1 r2
celle du même taupin qui dérive la fonction 7! r2 2r cos +1 pour en étudier les variations (en r !) : arrêtons
le massacre.
On note Sn la sphère de dimension n 1 vue dans Rn+1 . On s’intéresse aux champs tangents à Sn , i. e. aux
applications f : Sn ! Rn+1 telles que f (a) ? a pour tout point a 2 Sn .
Le but est de montrer qu’un tel champ f , supposé C 1 , s’annule forcément pour n pair.
1. Montrer par l’absurde qu’on peut supposer f dé…nie sur Rn+1 , conservant la norme, tout en restant
tangent et C 1 sur l’adhérence de l’anneau
1 3
A := a 2 Rn+1 ; < kak < .
2 2
f = Id + f .
2. Montrer que, pour assez petit, f est un di¤ éomorphisme local sur A, puis global (lemme de
Milnor
13
3. Montrer que, pour de tels , l’image f (A) vaut
p
2
A0 := f (A) = 1+ A.
Solution proposée.
1. Pour dé…nir f (a) où a se balade dans A, on se ramène naturellement à la sphère unité en considérant
a
f kak . Ensuite, pour atterrir dans la sphère unité, il su¢ t de normaliser, ce qui est possible puisque
l’on a supposé par l’absurde le champ f sans zéros. En…n, on homogénéise pour avoir la condition sur la
norme. Finalement, on remplace f (a) par
a
f kak
fe(a) = kak .
a
f kak
da f = Id + da f .
f étant continue sur le compact A, elle y est bornée, donc le terme de droite est un O ( ), d’où a = b en
faisant tendre vers 0.
3. Pour un point a 2 A, on a
2 2 2 2 2
kf (a)k = ka + f (a)k = kak + 2 ha j i + kf (a)k
2 2 2
= kak + 0 + kak car f tangent et conserve la norme
2 2
= 1+ kak ,
p
d’où l’inclusion A0 1 + 2 A.
0
p Pour l’inclusion réciproque, on observe que, puique f est un di¤éomorphisme,p A est un ouvert de
1 + A ; ce dernier étant connexe, il su¢ t de montrer que A est fermé dans 1 + 2 A.
2 0
p
Soit donc f (an ) une suite de A0 convergent vers un l 2 1 + 2 A. Quitte à extraire du compact A,
on peut supposer an ! a 2 A. On obtient f (a) = l, avec
1 3
kak = kf (a)k = klk 2 ; , i. e. a 2 A.
2 2
14
Or, un changement de variable via le di¤éomorphisme f montre que
p Z Z
2
vol 1 + A = vol f (A) = 1= jdet df j ,
f (A) A
Le terme de droite est un polynôme en , tandis que celui de gauche ne l’est pas pour n pair ; ploum.
C’est-y pas joli ?
Remarque. Pour n = 2p 1 impair, on peut toujours exiber un champ tangent sans zéros f : Sn !
Rn+1 = R2p en faisant p copies du champ tangent au cercle :
et on note le réel ka1 a0 k. On suppose que a n’est pas un zéro de f , ce qui revient à dire, par injectivité de
dfa , que > 0.
On suppose que, sur B, f est 2k-lipschitzienne pour un k > 0 et df est bornée par un M > 0.
1
On fait de plus l’hypothèse s+M k avec rs = 1.
1. Montrer le lemme suivant :
2
8a; b 2 B; kf (a) f (b) dfb (a b)k k ka bk .
pour un h à déterminer.
3. Montrer que la suite an converge vers un zéro de f . Caractériser la convergence.
Solution proposée.
1. Le segment [a; b] restant dans B par convexité de ce dernier, on peut considérer l’application
abscisse a, on suit la tangente au point (a; P (a)) qui coupe l’axe des abscisses en un point b, puis on recommence. Cela dé…nit une
suite par la formule
P 0 (an )
an+1 := an .
P (an )
On peut montrer que cette suite, sous de bonnes hypothèses, converge quadratiquement vers une racine de P .
15
La quantité qui nous intéresse s’écrit donc
Pour utiliser l’hypothèse lipschitzienne sur df , qui est reliée à '0 , on fait ne fait apparaître que du '0 :
Z 1 Z 1
k' (1) ' (0) '0 (0)k = ['0 (t) '0 (0)] dt k'0 (t) '0 (0)k dt.
0 0
On obtient
2
kf (an )k = f (an ) dfan 1 (0) = f (an ) f (an 1) dfan 1 (an an 1) k kan an 1k ,
d’où
n 1 2 M k 2n
2
kan+1 an k M kf (an )k M k kan an 1k Mk h2 1
= h 1
.
h
1
La majoration souhaitée en découle pour h := M k s+M k M k < 1.
Il reste à montrer que an 2 B, i. e. que kan a0 k < r. Il su¢ t d’utiliser les majorations précédemment
montrées
n
X n
X X
i+1 1 1
kan a0 k kai ai 1k h2 1
< hi = = 1 = r.
i=1 i=1
1 h Mk (s + M k) Mk
i 0
P
3. La série kan+1 an k converge absolument, donc simplement, i. e. (an ) converge vers un a 2 B.
En prenant la limite dans la ligne ci-dessus, on trouve
ka a0 k < r,
1 h
ce qui montre que a reste dans B. Or, df 1 étant continue sur cette dernière, on peut prendre la limite
dans la dé…nition de la suite an , ce qui donne16
16
Quant à la convergence, on a majore
X X i+1 n X n i n
kan ak kai+1 ai k = h2 1
= h2 1
h2 (2 1)
i n i n i n
n X n i n 1 n
h2 1
h2 = h2 1
2 n = O h2 .
1 h
i 0
1
Remarque. Ce résultat est en pratique peu applicable, l’égalité < 1 étant di¢ cilement véri…able.
r +kM
17