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Inspiré et reprenant certains codes de l’Humanisme, Les Lumières t : mvt littéraire, culturel,
philosophique européen du XVIIIe prône le rationalisme, l’individualisme et le libéralisme économique.
Voltaire, écrivain et philosophe important de ce siècle est l’auteur d’ œuvres aux genres littéraires
variées dont les contes philosophiques tel que Candide ou l’optimisme paru en 1759. C’est d’ailleurs de
ce conte philosophique qu’est tiré notre extrait appartenant au chapitre 3 qui se consacre à la guerre que
découvre le protagoniste éponyme. En effet, dans ce dernier, notre héros est exposé, malgré lui, aux
horreurs de la guerre entre les Bulgares et les Abares. Après avoir observé le théâtre de la guerre comme
un vrai spectacle, Candide choisit de fuir le massacre en traversant un village dévasté par la bataille.
Voltaire profite de l’innocence de son personnage en utilisant de très nombreux procédés ironiques et
comiques pour décrire de manière détournée l’atroce mise en scène qui se joue sous ses yeux.
Problématique
Comment Voltaire se sert-il de l’ironie pour mieux dénoncer la guerre ?
Plan
l.1 à l.7 - La description esthétique/grandiose de la guerre.
l. 8 à l.15 - La description du massacre/les atrocités réelles de la guerre
l.16 à l.22 - La fuite finale de Candide.
1. La description esthétique/grandiose de la guerre.
Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné (énumération d’adjectifs mélioratifs accentuée
par la répétition de l’adverbe intensif “si” > loue le côté esthétique de l'armée et donc de la guerre >
regard plein d’admiration > ironie + mise en valeur des sensations visuelles) que les deux armées. Les
trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, (énumération d’instruments musicaux >
harmonie + associés avec les armes utilisées pour combattre (à savoir les canons) = la guerre est
comparée à un concert : l’éloge ironique de la guerre se poursuit + mise en valeur des sensations
auditives) formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent
d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des
mondes environ neuf à dix mille coquins (= vauriens > justifie la mort = ils n’avaient rien à faire sur
cette planète) qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de
quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes.
(personnification des armes = sujet de verbes d’action au passé simple (enchaînement des actions) >
elles sont associées à la mort + tournure adverbial « à peu près » « environ » + adj indéfini
« quelques » > Aspect comptable de la guerre > ce passage nous permet de nous rendre compte du
nombre de morts liés la guerre : l’auteur dénonce donc encore une fois la guerre, et nous fait prendre
conscience de tout ce qu’elle a détruit + ironie = détachement nb de mort) Candide, qui tremblait
comme un philosophe(conjonction > critique des philosophes vu comme faible = Leibniz du 17 e “Tout
est pour le mieux dans le meilleur des mondes”), se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie
héroïque (oxymore ironique > oppose barbarie et héroïsme > tout le texte peut être lu à travers ce
paradoxe qui oblige le lecteur à revoir son point de vue sur la guerre)
bilan du mvt : Voltaire fait apparaître dans son écrit une vision enjolivée de la guerre et fait réaliser au
lecteur grâce à l'ironie de son texte toute l’atrocité qu’elle représente en réalité.
2. La description du massacre/les atrocités réelles de la guerre
Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum(ironie féroce > critique du pouvoir
royal/religieux : rois participent de loin à la guerre + remercie tous 2 Dieu pour les morts qu’ils ont fait
// de la situation donc pas de vainqueur , chacun dans son camp > humour et ironie), il prit le parti
d’aller raisonner ailleurs(euphémisme > peur de Candide caché = ironie + c est effrayé et cherche à
s’enfuir) des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants(hyperbole avec des
termes de la même famille lexicale + CCM “par-dessus” > le point de vue adopté donne l’impression
au lecteur que Candide n’est pas capable de réaliser ce à qui il assiste), et gagna d’abord un village
voisin ; il était en cendres : c’était un village abare que les Bulgares avaient brûlé, selon les lois du droit
public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs
enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles, éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de
quelques héros(antiphrase et litote ironique > désacralisé les héros = l’héroïsme guerrier n’est en
réalité que barbarie : le modèle du héros de guerre est sapé en brèches par le narrateur), rendaient les
derniers soupirs ; d’autres, à demi brûlées, criaient qu’on achevât de leur donner la mort. Des cervelles
étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés(noms représentant différentes parties
du corps humain> les êtres humains ne sont même plus considérés comme des personnes, la guerre les
a transformés en morceaux de chairs).
Adjectifs connotés péjorativement > horreur de la guerre associés à des noms représentants des
êtres humains de tout âge > la violence absolue de la guerre aboutit à une dégradation générale du
monde
bilan du mvt : Voltaire critique la guerre et tous ceux qui ne font rien pour la combattre, comme les rois
ainsi que Candide qui sont témoins de cette guerre atroce mais ne sont pas acteurs de cette guerre : ils ne
font rien à part partir le plus loin possible de la guerre.
3. La fuite finale de Candide.
Candide s’enfuit au plus vite dans un autre village : il appartenait à des Bulgares, et les héros
abares(noms > les deux camps adverses > la barbarie et la bêtise s’observent bien à parts égales dans
les deux camps. Candide comprend que la guerre est néfaste) l’avaient traité de même. Candide,
toujours marchant sur des membres palpitants ou à travers des ruines(> le narrateur montre un état des
lieux détruits) arriva enfin(v d’action + CCM > C fuit pour survivre = il n’est pas un héros qui affronte
le danger) hors du théâtre de la guerre, portant quelques petites provisions (adverbe + adjectifs
qualificatifs épithète antéposés > en fuite, Candide n’a pas le temps de remplir son bissac de
nourriture) dans son bissac, et n’oubliant jamais Mlle Cunégonde. Ses provisions lui manquèrent quand
il fut en Hollande (double passé simple > C a fait un sacré chemin pour fuite cette guerre =
changement de contrée > perspective du roman d’apprentissage qui fait bouger le personnage dans des
endroits différents); mais ayant entendu dire que tout le monde était riche dans ce pays-là, et qu’on y
était chrétien, il ne douta pas qu’on ne le traitât aussi bien (C croit ce qu’il a entendu : il ne fait donc
pas preuve de sagesse mais plutôt de grande naïveté + moquerie de la religion : il sera bien traité car
en terre chrétienne) qu’il l’avait été dans le château de Monsieur le baron, avant qu’il en eût été chassé
pour les beaux yeux de Mlle Cunégonde.(adj qualificatif mélioratif épithète “beaux” > met en valeur
les yeux de Mlle de Cunégonde malgré le fait qu’il ait été chassé à cause de cela + périphrase >
désigner son amour.)
Bilan du mvt : Candide fuit la guerre mais l’a observée sans se rendre compte que la guerre est un
concept complètement stupide et inique par nature. Voltaire s’amuse donc avec son personnage en
montrant au lecteur un Candide encore bien marqué par l’origine de son nom.
Conclusion :
En conclusion, le chapitre 3 de Candide est un texte présentant deux faces : d’un coté nous trouvons une
description festive et ironique de la guerre mais de l’autre nous avons une réalité bien plus difficile.
Voltaire cherche ici à attirer l'attention de son lecteur par des effets de décalage. Cette argumentation
indirecte se révèle être très efficace : le lecteur ne reste définitivement pas insensible à la bêtise humaine
qui vient de lui être exposée. Farouchement opposé à la violence, Voltaire continuera de dénoncer
l’absurdité des Hommes et l’horreur des combats en proposant une définition du mot « Guerre » dans
son dictionnaire philosophique parut en 1764.