FRANÇAIS-PHILO
Corrigé du DS en 2h
Synthèse n°1 sur Victor Hugo
Orthographe 1/3 : l’accentuation
MICHEL
HENRY
1922-2002
Philosophe français
Philosophie et phénoménologie du corps (1965)
Incarnation, une philosophie de la chair (2002)
THÈSE
Depuis Galilée et Descartes, le corps n’est plus vu par
les scientifiques sous ses apparences sensibles, mais
seulement à travers le filtre de l’abstraction
mathématique ou celui de la subjectivité.
PLAN
1 (§§ 1-2) La façon naturelle et spontanée d’appréhender
le corps c’est de le percevoir comme objet matériel ;
2 (§§ 3-4) mais Galilée le décrit au XVIIe siècle comme
simple plan d’application des règles mathématiques qui
régissent l’univers ;
3 (§5-4) Descartes reprend cette conception mais va la
compléter, et la pousser plus loin.
4 (§5) il soumet en effet le corps à l’arbitraire de la
perception subjective, qui seule garantit son existence.
C’est la fondation de la science moderne.
CORRIGÉ (108 MOTS)
La vision que nous avons, spontanément, de notre corps, c’est
celle d’un objet matériel, perceptible par les sens.
Mais au XVIIe siècle Galilée va bouleverser cette conception : il
présente le corps comme simple figure géométrique, comme le
lieu d’application des principes théoriques qui régissent
l’univers. ||
Et si Descartes reprend cette conception, il va aussi la prolonger
en faisant du corps l’objet d’un sentiment intime et subjectif : le
corps existe parce que nous le pensons, parce que nous croyons
le percevoir.
C’est par ce double changement de regard que la science en est ||
arrivée à transformer radicalement notre point de vue.
HENRI
BERGSON
1859-1941
Philosophe français
Essai sur les données immédiates de la
conscience (1889)
L'Évolution créatrice (1907)
THÈSE
La raison et la science seules ne peuvent permettre de
comprendre l’énigme de la vie : il faut adopter une
autre attitude, un regard différent, tiré de la vie elle-
même.
PLAN
1 (§ 1) L’intelligence humaine a ses racines dans la vie
elle-même ; elle doit y puiser sa force ;
2 (§§ 3-4) à ceux qui objectent que la raison est
indépassable, nous pouvons répondre que rien ne
semble possible tant que l’on a pas essayé ;
3 (§5-4) et la difficulté n’est pas si grande ; mais il faut
sauter le pas.
4 (§5) C’est au contraire si on abandonne à la science le
terrain de la connaissance de la vie que toute
métaphysique devient impossible.
CORRIGÉ (105 MOTS)
Contrairement à ce qu'on a pu dire, la connaissance
intellectuelle n'est pas pure abstraction : elle est née du vivant
et peut s'y revitaliser. Elle devrait chercher à s'immerger dans
la vie et non s'en détacher.
Certains objecteront que la connaissance scientifique,
abstraite, est indépassable ; mais || on peut leur répondre que
tout ce qui n'a pas été tenté une fois semble impossible a
priori.
Il faut donc se lancer, et ce qui est sûr d'échouer, au contraire,
ce serait la stratégie consistant à laisser la métaphysique à la
science, qui ne pourra jamais résoudre || seule l'énigme du
vivant.
SYNTHÈSE N°1
SUR VICTOR HUGO
La peine
INTRODUCTION
Ce qui apparaît clairement dans Les Contemplations,
c’est la contrariété exprimée par Victor Hugo, qui se
plaint pour plusieurs raisons de la dureté de la vie.
Il est abattu par la perte de sa fille, et par l’exil ; mais sa
vie intérieure en est devenue plus riche : ses pertes ne
sont pas définitives s’il peut les faire revivre par son
souvenir. Et cela finit même par être une source de
bonheur que d’y repenser.
1. la souffrance
2. la mémoire
3. la nostalgie
1. LA SOUFFRANCE
La première source de souffrance pour Hugo c’est le
deuil consécutif à la mort de sa fille Léopoldine.
Cette perte est déjà préfigurée par le mariage,
puisqu’elle l’a quitté pour aller vivre chez son mari :
« Emporte le bonheur et laisse-nous l’ennui ! » (IV, 2)
La perte de cet enfant est rendue encore plus
choquante par son très jeune âge et par sa beauté :
« Petit être joyeux, /Si beau, qu’on a cru voir s’ouvrir
à son entrée/ Une porte des cieux (IV, 15) ; « Ô jours
trop tôt décrus ! » (V, 5)
1. LA SOUFFRANCE
Le résultat pour le poète est la révolte : « Pour le
faire mourir, pourquoi l’avoir fait naître ? » (IV, 16),
la perte de la raison « Oh ! je fus comme fou » (IV,
4) et la perte du goût de la vie : « Hélas ! cet ange
au front si beau, /Quand vous m’appelez à vos
fêtes, / Peut-être a froid dans son tombeau. » (IV,
3) ; « Ô ma fille ! j’aspire à l’ombre où tu
reposes » (IV, 13)
1. LA SOUFFRANCE
La deuxième source de souffrance, c’est l’exil, qui
ressemble à un saut dans l’inconnu : « tu t’es jeté dans le
grand précipice ! « (V, 1) ; « Où s’enfonçait-il ? Dans la
nuit. » (V, 2)
C’est la perte de son environnement familier :
« Quand le proscrit saignant se tourne, âme meurtrie, /
Vers l’horizon, et crie en pleurant : La patrie ! » (V, 6)
et le renoncement à la gloire : « Il disait aux
ruisseaux : Retiendrez-vous mon nom, /Ruisseaux ? Et
les ruisseaux coulaient en disant : Non. » (V, 6)
Adèle Hugo, la plus
jeune fille du poète
2. LA MÉMOIRE
Et c’est justement la mémoire, le souvenir qui est
indispensable pour faire face à la douleur.
Mémoire des disparus, tout d’abord, avec des détails
précis : Hugo se rappelle ainsi les gribouillages de
Léopoldine sur ses feuilles de travail : « Parmi mes
manuscrits je rencontrais souvent/ Quelque arabesque
folle et qu’elle avait tracée » (IV, 5)
Le propos devient parfois très vague : « Vous souvient-
il des jours ? Vous souvient-il des chênes / Et des petits
enfants ? » (V, 5) et presque insignifiant « Elle me disait
vous et je lui disais tu » (V, 14).
2. LA MÉMOIRE
Mais ce travail de mémoire n’est pas inutile : il
permet de compenser la perte. Les proches que
nous avons perdus continuent à vivre dans notre
mémoire et leur oubli serait une seconde mort.
Hugo développe cette idée à plusieurs reprises :
« Ingrates ! vous n’avez ni regrets, ni mémoire. » (V,
5) ; « À cette lâcheté qu’on appelle l’oubli. » (V, 12) ;
« Ô spectre des baisers, masure des rayons, /Tu
t’appelles oubli ! » (V, 20)
2. LA MÉMOIRE
Un autre produit du travail de mémoire, c’est le fait
qu’il accroît la conscience du temps qui passe. Le
temps est en effet une réalité complexe que
notre cerveau ou notre imagination ont du mal à
appréhender. La perte d’un parent donne un relief
particulier à une date précise (ex. l’anniversaire de
la mort de Léopoldine en IV, 14) et nous force à
mettre en parallèle le passé et le présent : « Et
ces temps sont passés ! » (V, 5) ; « Ces temps sont
déjà loin ; où donc alors roulait / Ma vie ? » (V, 8) ;
« Seul aux bois avec toi, je lis, et me souviens » (V, 8)
2. LA MÉMOIRE
Enfin, il il y a dans le passé des figures familières
que Victor Hugo convoque volontiers, ce sont celles des
auteurs qu’il aime : « On lit Virgile et Dante » (IV, 11) ;
« Croit voir se dessiner le pur profil d’Horace » (V, 8)
« Je prends Froissart, Montluc, Tacite, quelque
histoire » (V, 11) « Parfois je m’asseyais un livre en
main, lisant / Virgile, Horace, Eschyle, ou bien Dante,
leur frère » (V, 16) « Et Virgile écoutait comme
j’écoute… » (V, 17) ; « Caton au manteau blanc, et
Dante au fier sourcil » (V, 26). Il s’agit de la famille
littéraire du poète, auteurs qu’il a étudiés au collège.
3. LA NOSTALGIE
Il existe un phénomène étrange en lien avec la mémoire,
qu’on appelle la nostalgie. C’est étymologiquement le
mal du pays, le regret de la patrie ou du temps perdus.
Mais c’est aussi plus que cela, une mélancolie
douloureuse et agréable à la fois, une fascination
douce-amère pour le passé.
Hugo en parle sans la nommer ; il évoque à plusieurs
reprises la joie qu’il a à se remémorer certains
épisodes du passé, malgré la douleur : « C’est là que
nous vivions. — Pénètre, / Mon cœur, dans ce passé
charmant ! » (IV, 9)
3. LA NOSTALGIE
Le passé l’obsède : « Hélas ! vers le passé tournant
un œil d’envie, / Sans que rien ici-bas puisse m’en
consoler, / Je regarde toujours ce moment de ma vie /
Où je l’ai vue ouvrir son aile et s’envoler ! » (IV, 15) ;
« L’abîme des douleurs m’attire. » (V, 26)
Et il reconnaît que ces pensées heureuses, attachées à un
passé disparu, ont un effet calmant sur sa douleur :
c’est la « sombre joie » qu’il suppose à Léopoldine de se
voir rejoindre dans la mort par son mari (IV, 17) ; c’est la
« douleur douce » (V, 12) du deuil partagé avec sa
femme.
3. LA NOSTALGIE
Dans le poème final du livre 5, « Les Malheureux » Hugo
explicite davantage ce sentiment. Il affirme être
passionné par le spectacle de la douleur, un abîme
dans lequel il plonge comme un pêcheur de
perles : « Sachant qu’à tout chercheur Dieu garde une
largesse, / Content s’ils ont la perle et si j’ai la sagesse. »
(V, 26) La descente et l’exploration dans le monde du
deuil et de la souffrance donnent par conséquent un
résultat : l’expérience et l’apaisement. On pourrait
bien sûr y arriver plus rapidement en cessant de penser à
notre perte, « Mais je ne voudrais pas, quant à moi,
d’une joie / Faite de tant d’oubli ! (V, 5)
CONCLUSION
Ainsi, sous le double coup de la perte de sa fille et du départ en
exil, le poète souffre, mais les souvenirs qu’il arrive à garder
de son passé l’aident à garder en vie des images de
Léopoldine et du pays natal. Cela devient même une forme de
thérapie, qui lui permet de progresser vers la guérison.
Au moment où Victor Hugo rédige ses Contemplations, un
genre musical se développe aux États-Unis : le blues, un
terme tiré de l’expression blue devils (idées noires), dans lequel
on ne développe pas seulement les souffrances collectives,
comme dans le negro spiritual, mais bien les malheurs
personnels, sur un mode musical qui passe du majeur au
mineur : c’est la musique de la mélancolie par excellence.
ORTHOGRAPHE
1/3 : accentuation
1. A/À
A sans accent vient du verbe avoir, latin habet
(3ème personne du singulier du présent, il/elle a)
On peut le remplacer par « avait» si on met la phrase au
passé.
À avec accent est une préposition, elle vient du latin ad.
Attention aux locutions latines qui utilisent la préposition
a (ab) qui s'écrit sans accent : a priori, a posteriori, a
fortiori
2. NOTRE/NÔTRE
Notre, votre, adjectif possessif :
C’est notre maison, c’est votre opinion.
(pluriel : nos, vos)
Nôtre, vôtre, pronom :
C’est la vôtre, c’est le vôtre. Mettez-y du vôtre.
(pluriel : les nôtres, les vôtres)
1
______ chacun, sa chacune. (proverbe)
A. A
B. À
2
Mon âme ____ son secret, ma vie ____ son mystère.
(Alexis-Félix Arvers)
A. A
B. À
3
Un ___ posteriori est un ___ priori favorable d’un homme
envers une femme qui ___ un beau postérieur.
(Marc Escayrol)
A. A
B. À
4
La mort, qui ___ toujours tort, ___ raison de chacun.
(Jacques Sternberg)
A. A
B. À
5
___ la guerre comme ___ la guerre.
(Proverbe français)
A. A
B. À
6
La peine ___ ses plaisirs, le péril ___ ses charmes.
(Voltaire)
A. A
B. À
7
Qui ___ une femme ___ toutes les femmes ; qui ___ toutes
les femmes n'___ pas de femme. (Proverbe espagnol)
A. A
B. À
8
___ la chandelle, la chèvre semble demoiselle.
(Gabriel Meurier)
A. A
B. À
9
___ long terme, nous sommes tous morts.
(John Maynard Keynes)
A. A
B. À
10
L'enfant est sans préjugés, qualité première d'un grand
philosophe. Il perçoit le monde tel qu'il est sans idées ___
priori qui faussent notre vision d'adultes.
(Jostein Gaarder)
A. A
B. À
11
Chaque ville est ______ ville natale, chacun est _____
parent. (Proverbe tamoul)
A. notre
B. nôtre
C. notres
D. nôtres
12
Une seule enfance est supportable : la _____.
(Louise Maheux-Forcier)
A. notre
B. nôtre
C. notres
D. nôtres
13
Seul ce que nous avons définitivement abandonné à Dieu
peut être véritablement _____.
(Janos Pilinsky)
A. notre
B. nôtre
C. notres
D. nôtres
14
La vanité d’autrui n’offense _____ goût que lorsqu’elle
choque _____ propre vanité.
(Friedrich Nietzsche)
A. notre
B. nôtre
C. notres
D. nôtres
15
Nous appréhendons davantage l'opinion de nos voisins sur
nous-mêmes que la ______ propre.
(Marc-Aurèle)
A. notre
B. nôtre
C. notres
D. nôtres
16
Remplissez plutôt _____ maison de pierres que de voisins.
(Proverbe arabe)
A. votre
B. vôtre
C. votres
D. vôtres
17
Si vous n'allez pas aux obsèques des autres, ils ne viendront
pas aux _____. (Clarence Day)
A. votre
B. vôtre
C. votres
D. vôtres
18
La littérature, c'est le vol. Vous prenez un morceau ici, un
autre là, vous les digérez, ils deviennent _____.
(Antonio Tabucchi)
A. votre
B. vôtre
C. votres
D. vôtres
19
Soyez plutôt maçon si c'est _____ talent.
(Nicolas Boileau)
A. votre
B. vôtre
C. votres
D. vôtres
20
Ô paroles, que de crimes on commet en _____ nom !
(Eugène Ionesco)
A. votre
B. vôtre
C. votres
D. vôtres
CORRIGÉ
1: B 11 : A
2: A 12 : B
3: A 13 : B
4: A 14 : A
5: B 15 : B
6: A 16 : A
7: A 17 : D
8: B 18 : D
9: B 19 : A
10 : A 20 : A