Équations Différentielles Non Linéaires
Équations Différentielles Non Linéaires
MAT 6115
u0
Christiane ROUSSEAU
Université de Montréal
HIVER 2015
Table des matières
1 Généralités 1
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.1 Les équations différentielles ordinaires . . . . . . . . . . 1
1.1.2 Le point de vue de Poincaré . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.3 La théorie des systèmes dynamiques . . . . . . . . . . . . 3
1.1.4 Les systèmes hamiltoniens . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Quelques rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Théorèmes des fonctions inverses et implicites . . . . . . 5
1.2.2 Systèmes de coordonnées . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.3 Théorème de point fixe de Banach . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Théorèmes d’existence et d’unicité . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.1 L’application du flot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.2 Dépendance des paramètres . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.3 Théorème de redressement . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.4 Prolongement des solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 Rappel sur les systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5 Un critère pour la stabilité asymptotique . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5.1 Le cas linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.5.2 Le cas non linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.6 Ensembles invariants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.7 Variétés stables et instables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
iii
iv TABLE DES MATIÈRES
Généralités
1.1 Introduction
1.1.1 Les équations différentielles ordinaires
Les équations différentielles ordinaires (aussi appelées systèmes d’équations
différentielles ordinaires) sont, au départ des équations de la forme
dX
= Ẋ = v(X, t),
dt
où v : U → Rn est une fonction différentiable sur un ouvert U de Rn+1 . La
classe de différentiabilité de v dépend du contexte mais, dans le cours, v sera
toujours au moins de classe C1 .
Le cas autonome est celui où v est indépendante de t :
dX
= Ẋ = v(X).
dt
La fonction v est alors un champ de vecteurs défini sur un ouvert de Rn à
valeurs dans Rn . Plus généralement, on pourra remplacer U par une variété
différentiable de dimension n, c’est-à-dire un objet qui localement ressemble à
Rn , et sur lequel la notion de champ de vecteurs de classe C1 a un sens.
Le cas non autonome peut sembler plus général que le cas autonome. Ce
n’est pas vraiment le cas. En effet, considérons une équation différentielle or-
dinaire non autonome Ẋ = v(X, t). Si on pose w(X, t) = (v(X, t), 1), alors
l’équation différentielle ordinaire non autonome est équivalente à l’équation
différentielle autonome
Ẋ = v(X, t),
(1.1)
ṫ = 1,
ou encore
Ẏ = w(Y),
pour Y = (X, t) sur un ouvert de Rn+1 . Donc, le cas non autonome en dimen-
sion n est un cas particulier du cas autonome en dimension n + 1.
1
2 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
F2 := F ◦ F,
.. .. ..
. . .
Fn := F| ◦ ·{z
· · ◦ F},
n
.. .. ..
. . .
Parmi les différentes approches de l’étude des équations aux dérivées par-
tielles, il existe une approche systèmes dynamiques qui consiste à considérer
une équation aux dérivées partielles comme un système dynamique de dimen-
sion finie. Dans certains cas des méthodes de réduction permettent de se rame-
ner à l’étude de systèmes en dimension finie.
X ~j − X
X ~i
~¨ i = K
mi X mi mj . (1.2)
~j − X
|X ~ i |3
j6=i
X~˙ i = 1 ~pi ,
mi
X ~j − X
X ~i (1.3)
~p˙ i = mi m j .
~j − X
|X ~ i |3
j6=i
Ce système a une forme très particulière. En effet, l’énergie cinétique est donnée
par
1X X
n n
K= mi hX ~˙ i i = 1
~˙ i , X 1
h~pi , ~pi i
2 2 mi
i=1 i=1
~ i et ~pi . Remar-
Soit H = K + V l’énergie totale : c’est une fonction des vecteurs X
quons que
∂H 1
= ~pi .
∂~pi mi
∂H
(Ici, ∂~
pi représente un gradient.) Aussi,
∂H X ~j − X
X ~i
=− mi mj .
~i
∂X ~j − X
|X ~ i |3
j6=i
On pose X~ = (X
~ 1, . . . , X
~ n ) ∈ R3n et ~p = (~p1 , . . . , ~pn ) ∈ R3n . Le système a la
forme simple
X~˙ = ∂H ,
∂~p
(1.5)
∂H
~p˙ = − .
∂X~
sur R2N (ici N = 3n). Un tel système est appelé système hamiltonien. Une partie
très importante de la mécanique classique se ramène à l’étude des systèmes ha-
miltoniens. Ceux-ci sont des systèmes d’équations différentielles ordinaires. La
mécanique classique est donc une justification significative de l’importance des
systèmes d’équations différentiels non linéaires. De part sa forme, un système
hamiltonien est toujours défini sur un espace de dimension paire égale à 2N.
N est appelé le nombre de degrés de liberté du système.
T H ÉOR ÈME 1.2 (Théorème des fonctions implicites) Soit U un ouvert de Rm+n et
F : U → Rn une fonction de classe Cr , r ≥ 1, (resp. C∞ , Cω ou analytique). On
note (X, Y) les coordonnées sur U, où X ∈ Rm et Y ∈ Rn . Soit (X0 , Y0 ) ∈ U tel que
F(X0 , Y0 ) = 0. Si JacY (F(X0 , ·)(Y0 ) = DY F(X0 , Y0 ) est inversible, alors il existe
– un voisinage ouvert V de (X0 , Y0 ) dans U,
– un voisinage ouvert W de X0 dans Rm ,
– et une fonction f : W → Rn dont le graphe est inclus dans V et telle que
f(X0 ) = Y0 ,
tels que, si (X, Y) ∈ V, alors F(X, Y) = 0 si et seulement si Y = f(X). De plus f est de
classe Cr (resp. C∞ , Cω ).
Pour pouvoir montrer que T a un point fixe, il faut montrer que T est défini sur
un espace de fonctions X , qui est un espace métrique complet, que l’image de
T est aussi dans X et que T est une contraction.
On prend δ suffisamment petit pour que la fermeture de la boule de rayon
2δ centrée en X0 , soit incluse dans U. Soit
M= max |v(X)|,
X∈B(X0 ,2δ)
et soit
K= max kDv(X)k.
X∈B(X0 ,2δ)
On définit
Montrons qu’on peut choisir pour que T (X ) ⊂ X . Il est facile de voir que
T (Φ) est continue si Φ est continue et que T (Φ)(X, 0) = X. Aussi,
Il faut maintenant voir qu’on peut choisir pour que T soit une contraction.
Soient Φ1 , Φ2 ∈ X . On a pour tout X ∈ B(X0 , δ) et pour tout t ∈ [−, ]
Zt
|T (Φ1 )(X1 , t) − T (Φ2 )(X1 , t)| = (v(Φ1 (X1 , s)) − v(Φ2 (X1 , s))) ds
0
Zt
≤ |v(Φ1 (X1 , s)) − v(Φ2 (X1 , s))| ds
0 (1.9)
Zt
≤ K |Φ1 (X1 , s) − Φ2 (X1 , s)| ds
0
≤ KkΦ1 − Φ2 k.
On obtient donc une contraction si on prend assez petit pour que K < 1.
1.3. THÉORÈMES D’EXISTENCE ET D’UNICITÉ 9
On ne montrera pas ici que X est un espace métrique complet, mais c’est
standard. On peut donc appliquer le théorème de point fixe de Banach et conclu-
re que T a un unique point fixe dans X . Nous venons donc de démontrer l’uni-
cité de la solution de l’équation différentielle. Ce point fixe est une fonction
Φ(X1 , t), continue, qui satisfait l’équation intégrale (1.6). Comme le membre de
droite est continûment dérivable en t, on en conclut que Φ(X1 , t) est continû-
ment dérivable en t.
∂Φ
On vient de montrer que ∂X 1
est solution d’une équation différentielle linéaire
(mais pas à matrice constante) appelée équation aux variations. Puisque Φ(X1 , 0) =
∂Φ
X1 , ceci nous donne ∂X 1
(X1 , 0) = In , soit la matrice identité n × n. Appelons
2
∂Φ
A(X1 , t) la matrice A(X1 , t) = Dv(Φ(X1 , t)), et soit Ψ(X1 , t) = ∂X 1
∈ Rn . On
a le système Ψ̇ = A(X1 , t)Ψ. C’est un système du style précédemment étudié et
sa solution peut être construite comme solution de l’équation intégrale
Zt
Ψ(X1 , t) = In + A(X1 , s)Ψ(X1 , s)ds,
0
Cette solution va exister si est assez petit. On veut maintenant voir que cette
∂Φ
solution est bien ∂X 1
.
Pour cela, on va regarder comment sont obtenues les solutions des deux
équations intégrales définissant Φ et Ψ : ce sont les limites des suites Φm et Ψm
définies par
Φ0 (X1 , t) = X1 ,
Ψ (X , t) = I ,
0 1 n
Φ (X , t) = T (Φm )(X1 , t),
m+1 1
Ψm+1 (X1 , t) = Sm (Ψm )(X1 , t),
où
Zt
Sm (Ψ)(X1 , t) = In + Dv(Φm (X1 , s))Ψ(X1 , s)ds.
0
10 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
tion. C’est évident pour m = 0. Supposons que ce soit vrai pour m. Alors,
Zt
∂Φm+1 ∂
(X1 , t) = (X1 + v(Φm (X1 , s))ds)
∂X1 ∂X1 0
Zt
∂Φm
= In + Dv(Φm (X1 , s)) (X1 , s)ds
0 ∂X1 (1.11)
Zt
= In + Dv(Φn (X1 , s))Ψm (X1 , s)ds
0
= Ψm+1 (X1 , t).
∂Φ
converge vers Φ, nécessairement Ψ = ∂X1
.
Montrons maintenant que Φ(X1 , t) est de classe Cr . Commençons par la
différentiabilité en t. Pour cela, on regarde l’équation (1.7). Comme Φ(X1 , t)
est de classe C1 , si v est de classe C1 , le côté droit est 2 fois différentiable en t.
Donc, il en est de même du côté gauche. Par suite, si v est de classe C3 , le côté
droit est 3 fois différentiable en t. Donc, il en est de même du côté gauche. Etc.
Pour les dérivées mixtes le raisonnement est analogue.
Pour la différentiabilité en X1 on joue le même jeu, mais en regardant si-
multanément les équations (1.7) et (1.10). On a montré que Ψ est de classe C1
en X1 , donc Φ est de classe C2 en X1 . En appliquant le théorème en classe C2 à
l’équation aux variations, on obtient que Ψ est de classe C2 en X1 , donc Φ est
de classe C3 en X1 . Etc.
Dans le cas analytique, il est plus simple d’utiliser des méthodes analy-
tiques directes que d’essayer de montrer la convergence de la série de Taylor
qu’on pourrait obtenir par la méthode précédente.
ẏ1 = 1,
ẏ2 = 0,
.. (1.13)
.
ẏn = 0.
puisque le produit matriciel DG(G−1 (X))e1 est donné par la première colonne
de DG(G−1 (X)), soit la dérivée partielle par rapport à y1 de Φy1 (g(y2 , . . . , yn )),
T H ÉOR ÈME 1.9 On considère une équation différentielle ordinaire Ẋ = v(X) de classe
C1 sur un ouvert U de Rn . Soit X0 ∈ U et Φt (X0 ), t ∈ J, la solution de condition
initiale Φ0 (X0 ) = X0 sur un intervalle ouvert maximal J = (α, β) qui est un voisi-
nage de 0 dans R. Supposons que J n’est pas égal à R. Soit K un compact inclus dans
U. Alors,
– soit −∞ < α < 0. Dans ce cas, il existe t ∈]α, 0[ tel que Φt (X0 ) ∈ / K;
– ou 0 < β < ∞. Dans ce cas, il existe t ∈]0, β[ tel que Φt (X0 ) ∈ / K. En
particulier, soit |Φt (X0 )| devient non borné, ou Φt (X0 ) s’approche de la frontière
de U lorsque t → β.
ce qui donne
x0
x(t) = ,
1 − x0 t
et on voit que, pour x0 > 0, x(t) → ∞ lorsque t → 1
x0 . La solution passe donc à
l’infini en temps fini.
Ẋ = AX,
D ÉFINITION 1.13 La norme d’une matrice B, n × n, à entrées réelles, notée kBk, est
soit le maximum des normes des valeurs BX pour X sur la sphère unité
On a alors
kBkC = max |BX|.
n−1
X∈SC
Ceci couvre le cas d’une matrice diagonale (mj = 1 pour tout j).
3. Soit A une matrice n × n et S une matrice inversible telle que SAS−1 = J,
où J est une matrice de Jordan. (S est la matrice de changement de base vers la
base dans laquelle la matrice de l’opérateur X 7→ AX est la matrice de Jordan J.)
Alors,
eA = S−1 eJ S.
4. Soit A une matrice n × n à entrées réelles et J sa matrice de Jordan. Si J a un
bloc de Jordan
λ 1 0 ... 0
0 λ 1 . . . 0
J1 = . . . . ,
. . ...
.. .. ..
0 0 0 0 λ
correspondant à une valeur propre λ non réelle, alors il a aussi le bloc de Jordan
conjugué
λ 1 0 ... 0
0 λ 1 . . . 0
J2 = J1 = . . . . .
.. .. .. . . ...
0 0 0 0 λ
Soit λ = a +
ib. Par un changement de base on transforme la matrice complexe
A = J01 J02 en la matrice réelle
a −b 10
00
00
b a 01 0 0 ... 0 0
00 a −b 10 00
00 b a 01 ... 00
.. .. . . . . .. .
.
. . . .
00 00 00 a −b
00 00 00 . . . b a
5. Soit A = a −b
b a . Alors,
a
e cos b −ea sin b
eA = .
ea sin b ea cos b
Une des raisons pour lesquelles on a rappelé les principaux résultats sur
les systèmes linéaires est qu’ils servent de modèle pour l’organisation des tra-
jectoires au voisinage d’un point singulier, au moins dans le cas où toutes les
valeurs propres ont des parties réelles non nulles.
pour des constantes Cj > 0. Ceci montre que F décroı̂t le long des trajectoires.
Mais cela ne suffit pas. Il faut voir que limt→∞ F(Y(t)) = 0. Pour cela on regarde
G(Y) = ln Y. Alors −C2 ≤ Ġ ≤ −C1 . Donc, G(t) ≤ e−C1 t → 0 quand t → ∞.
Il suffit donc de bien choisir la base (et donc S) pour que (1.14) soit vérifiée. On
va regarder plusieurs cas.
(0) Il est aisé de se convaincre que si A est une matrice n × n de la forme
B1 0 . . . 0
0 B2 . . . 0
A= . .. ,
.. ..
.. . . .
0 0 . . . Br
Ẋj = Bj Xj , j = 1, . . . , r.
et Ḟ = 2a(y21 + y22 ).
(iii) Le cas d’un bloc de Jordan n × n à valeur propre réelle négative
λ 1 0 ... 0
0 λ 1 . . . 0
J = . . . . .. .
.. .. .. .. .
0 0 0 0 λ
Alors,
λ 0 ... 0
0 λ ... 0
J0 = . .. .
.. .. . .
.. . . . .
0 0 0 0 λ
Pn
Soit F(Y) = i=1 y2i . Alors,
X
n X
n−1
Ḟ = λ y2i + yi yi+1 .
i=1 i=1
T H ÉOR ÈME 1.19 On considère une équation différentielle ordinaire Ẋ = v(X) donnée
par un champ de vecteurs de classe C1 , v : U → Rn , sur un ouvert U de Rn et un point
singulier X0 de v. Soit A = Dv(X0 ) la matrice jacobienne de v en X0 . Si toutes les
valeurs propres de A ont des parties réelles négatives, alors X0 est asymptotiquement
stable.
P REUVE Sans perte de généralité, on peut supposer qu’on a appliqué au
préalable une translation qui a ramené X0 à 0. Au voisinage de 0, le champ
de vecteurs a la forme v(X) = AX + o(X). On applique un changement
Pn linéaire
de coordonnées Y = SX tel que, si A 0 = SAS−1 et F(Y) = i=1 y2i alors, pour
le système linéaire Ẏ = A 0 Y = wA 0 , on a LwA 0 = Q(Y), où Q est une forme
quadratique définie négative. Donc, il existe δ > 0 tel que Q(Y) ≤ −δ|Y|2 . Re-
gardons maintenant la dérivée de Lie de F le long du champ v :
Il existe donc > 0 et δ 0 tels que Lv (F) < −δ 0 |Y|2 pour |Y| < et on conclut à la
stabilité asymptotique comme au théorème 1.17.
ẋ = σ(y − x),
ẏ = ρx − y − xz, (1.15)
ż = −βz + xy,
Remarquons que les trois points singuliers sont confondus pour ρ = 1. Étudions main-
tenant la stabilité de l’origine. La matrice jacobienne est donnée par
−σ σ 0
A = ρ − z −1 −x .
y x −β
1.5. UN CRITÈRE POUR LA STABILITÉ ASYMPTOTIQUE 19
Ces deux racines sont réelles de signe contraire si 1 − ρ < 0, c’est-à-dire ρ > 1.
Dans ce cas, l’origine est instable puisqu’on a deux valeurs propres négatives et une
valeur propre positive. Si ρ < 1, le produit des racines de q est positif et la somme des
racines est −σ−1 < 0. Donc, on a soit deux racines réelles négatives, soit deux racines
complexes de partie réelle négative. Dans tous les cas, l’origine est asymptotiquement
stable. Si ρ = 1 on a une valeur propre nulle et on ne peut conclure.
Étudions maintenant la stabilité des points singuliers P± . La matrice jacobienne
en ces points est donnée par
−σ σ p 0
A(P± ) = p 1 p −1 ∓ β(ρ − 1) .
± β(ρ − 1) ± β(ρ − 1) −β
σ(3 + σ + β)
ρ < ρH = .
σ−β−1
8
Le système de Lorenz est en général étudié pour σ = 10 et ρ = 3. Pour ces valeurs,
σ − β − 1 > 0 et ρH ∼ 24, 74..
P REUVE On peut diviser l’espace (a, b, c) en régions où les signes des parties
réelles des racines sont constants. En effet, les racines dépendent continûment
de a, b, c. Il n’y a que deux manières dont le signe des racines peut changer.
– Une racine s’annule : ceci se produit si c = 0 ;
– deux racines traversent l’axe imaginaire. Le polynôme p a toujours une
racine réelle x1 . Soit x2,3 = ±iω les deux racines imaginaires pures. On a
x1 + x2 + x3 = −a. Or, x1 + x2 + x3 = −a = x1 . Donc, −a est racine de p,
c’est-à-dire
p(−a) = (−a)3 + a(−a)2 − ba + c = c − ba = 0.
Cependant, sur la surface c = ab, il faut éliminer le cas de deux valeurs
propres réelles opposées. On a p(x)|c=ab = (x+a)(x2 +b). Pour b < 0, on
a donc trois racines réelles et aucune racine ne traverse l’axe imaginaire.
Donc, seule la portion de la surface c = ab correspondant à b > 0 est
pertinente.
La surface c = 0 et la demi-surface c = ab, b > 0 divisent l’espace en 4 régions
ouvertes (faire le dessin) et dans chacune il suffit de prendre un point pour voir
quel est le signe des parties réelles des racines de p(x) :
– la région R1 = {(a, b, c) | c > 0, c < ab, a, b > 0} : les trois racines ont des
parties réelles négatives ;
– la région R2 = {(a, b, c) | c > 0} \ R1 : une racine a une partie réelle
négative et deux racines ont des parties réelles positives ;
– la région R3 = {(a, b, c) | c < 0, c > ab, a < 0, b > 0} : les trois racines ont
des parties réelles positives ;
– la région R4 = {(a, b, c) | c < 0} \ R3 : une racine a une partie réelle
positive et deux racines ont des parties réelles négatives.
E XEMPLE 1.23 L’ensemble α-limite ou ω-limite d’une trajectoire peut être un point
singulier, un cycle limite, un ensemble de points singuliers et de trajectoires les joi-
gnant.
Donc, φT (X1 ) ∈ Γ .
T H ÉOR ÈME 1.28 On considère une EDO, ẋ = v(x), de classe Cr (resp. C∞ , Cω ) sur
un ouvert U de Rn et X0 un point singulier hyperbolique de type selle avec k (resp.
n − k) valeurs propres à partie réelle négative (resp. positive). On peut supposer que la
matrice A du linéarisé en X0 a la forme A = B0 C 0 , où les valeurs propres de B (resp.
C) ont des parties réelles négatives (resp. positives). Soit Es et Eu les sous-espaces
propres associés à B et C. Alors, dans un voisinage de X0 , il existe une unique variété
stable (resp. instable) W s (resp. W u ) de dimension k (resp. n − k) tangente au sous
espace Es (resp. Eu ) et invariante sous le flot. On a donc
– ∀t, φt (W s ) ⊂ W s et, ∀X ∈ W s , limt→+∞ φt (X) = X0 ;
– ∀t, φt (W u ) ⊂ W u et, ∀X ∈ W u , limt→−∞ φt (X) = X0 .
xj = ψj (x1 , . . . , xk ), j = k + 1, . . . , n.
1.7. VARIÉTÉS STABLES ET INSTABLES 23
Soit Bt
e 0 0 0
P(t) = , Q(t) = .
0 0 0 eCt
Remarquons que Ṗ = AP et Q̇ = AQ. Aussi,
Soit α et σ tels que toutes les parties réelles des valeurs propres de B soient
inférieures à −α − 2σ et toutes les parties réelles des valeurs propres de C
soient supérieures à 2σ. Alors, il existe K tel que
kP(t)k ≤ Ke−(α+σ)t , t ≥ 0,
kQ(t)k ≤ Keσt , t ≤ 0.
On cherche une solution de cette équation qui reste bornée pour tout t > 0.
Commençons par montrer que u(t,a) pour a fixé est solution de l’EDO.
Zt
∂u
= P 0 (t)a + P(0)f(u(t, a)) + P 0 (t − s)f(u(s, a))ds
∂t 0
Z +∞
+ Q(0)f(u(t, a)) − Q 0 (t − s)f(u(s, a))ds
t
Zt
= AP(t)a + f(u(t, a)) + A P(t − s)f(u(s, a))ds
0
Z +∞
−A Q(t − s)f(u(s, a))ds
t
= Au(t, a) + f(u(t, a)) = v(u(t, a)).
u0 (t, a) ≡ 0
Zt
n+1
u (t, a) = P(t)a + P(t − s)f(un (s, a))ds
0
(1.17)
Z +∞
− Q(t − s)f(un (s, a))ds.
t
K|a|e−αt
|un+1 (t, a) − un (t, a)| ≤ .
2n
24 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
Les équations
définissent une variété de dimension k. De plus, si X(t) est une solution telle
que X(0) = u(0, a) ∈ W s pour un certain a, alors X(t) = u(t, a) = u(0, u(t, a)).
Donc, X(t) ∈ W s pour tout t > 0.
Il reste à montrer que les fonctions ψj sont de classe Cr . Cette partie de-
mande du travail et nous la sauterons : c’est pourquoi nous avons dit que nous
ne faisions qu’un schéma de la preuve.
ẋ = y + 2x2 − y2 ,
ẏ = x + 4xy + 2y2 .
La matrice du point de selle à l’origine est A = 01 10 de valeurs propres 1 et −1. Une
matrice de changement de base diagonalisant A a pour colonnes des vecteurs propres
de A, soit par exemple la matrice S = 11 −1 1 et son inverse est
1 1
S−1 = 2 2 .
− 12 12
Pour faire le calcul, on écrit que y1 = h(x1 ) est invariante sous le flot. Donc,
La variété stable est tangente au plan (y1 , z1 ). Elle est donc de la forme
σ σ(D + σ − 1)
b= , e= .
D(β + D) 2(D + β − σ − 1)
28 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
Bibliographie
29
Chapitre 2
Théorie de la stabilité de
Lyapunov
2.1 Introduction
Nous avons vu qu’un point singulier pour lequel la matrice du linéarisé
a des valeurs propres à partie réelle négative est asymptotiquement stable. Si
certaines des valeurs propres ont des parties réelles positives, le point est in-
stable. Mais qu’en est-il dans les autres cas ? Beaucoup de situations peuvent
se produire et il n’existe pas de méthode générale permettant de conclure dans
tous les cas, mais plutôt un certain nombre de méthodes ad hoc. La méthode de
Lyapunov en est une. Elle est très importante parce qu’elle permet de conclure
dans plusieurs cas où les autres méthodes ne fonctionnent pas. De plus, elle
permet d’évaluer la taille du bassin d’attraction d’une singularité, ce que ne
permet pas le critére du signe des parties réelles des valeurs propres. L’idée
géométrique est très simple. Commençons par quelques définitions.
ẋ = −y,
ẏ = x,
31
32 CHAPITRE 2. THÉORIE DE LA STABILITÉ DE LYAPUNOV
ẋ = −y − x(x2 + y2 ),
ẏ = x − y(x2 + y2 ),
est asymptotiquement stable. En effet, il est aisé de vérifier que ṙ = −r3 . Dans
ce cas-ci on peut intégrer explicitement ṙ = −r3 et vérifier que limt→+∞ = 0.
Ceci, c’est l’approche analytique. Il y a une deuxième manière, plus géométrique
de conclure. Cette deuxième se généralisera en la méthode de Lyapunov.
Considérons la fonction F(x, y) = x2 + y2 = r2 . Ses courbes de niveau sont
des cercles concentriques autour de l’origine. Regardons comment est dirigé le
champ en un point d’une telle courbe. On voit qu’il est dirigé vers l’intérieur
d
de la courbe. En effet, considérons dt F(x(t), y(t)). Par la règle de dérivation en
chaı̂ne,
d ∂F ∂F
F(x(t), y(t)) = ẋ + ẏ = −r4 < 0
dt ∂x ∂y
partout, sauf à l’origine. Donc, le champ est dirigé dans la direction dans laquelle
F décroı̂t, c’est-à-dire vers l’intérieur de la courbe.
Cette approche géométrique nous a évité d’intégrer une équation différen-
tielle. Aussi, on voit que l’expression exacte de la fonction F(x, y) n’a pas d’im-
portance tant que ses courbes de niveau sont concentriques autour de l’origine.
De plus, l’idée peut fonctionner en dimension supérieure. Cette approche est
précisément la méthode de Lyapunov.
T H ÉOR ÈME 2.3 On considère un champ de vecteurs v(X) de classe C1 défini sur un
ouvert U de Rn et X0 un point singulier de v. Soit V un voisinage de X0 et F : V → R
une fonction de classe C1 telle que
– F ait un minimum local strict en X0 ;
– Ḟ = h∇F(X), v(X)i ≤ 0 pour tout X ∈ V.
Alors, X0 est stable. Si, de plus Ḟ < 0 pour X ∈ V\{X0 }, alors X0 est asymptotiquement
stable.
P REUVE Soit r tel que la boule fermée B(X0 , r) soit incluse dans V et soit L le
minimum de F sur la sphère C(X0 , r). Alors L > F(X0 ). On considère W = {X ∈
V | F(X) < L}. Bien sûr, W ⊂ V. De plus si X1 ∈ W, alors F(φt (X1 )) ≤ F(X1 )
pour tout t ≥ 0 puisque F décroı̂t le long des trajectoires. Donc F(φt (X1 )) ∈
W ⊂ V pour tout t ≥ 0. On en conclut que X0 est stable.
Supposons maintenant qu’on ait l’hypothèse plus forte que Ḟ < 0. Puisque
l’ensemble des points {φt (X1 ) | t ≥ 0} est borné, il contient un point d’ac-
cumulation X2 . Montrons que X2 = X0 . En effet, il existe t1 < t2 < · · · <
tn < . . . tels que φtn (X1 ) → X2 , où tn → ∞. De plus, si Xn = φtn (X1 ),
alors la suite F(Xn ) est strictement décroissante vers un minimum m = F(X2 ).
2.2. LES RAFFINEMENTS DE LASALLE 33
ẋ = y,
(2.1)
ẏ = −x3 − x2 y.
Ḣ = −x2 y2 ≤ 0.
Donc, on peut conclure par le théorème précédent que l’origine est stable. Mais on voit
bien que Ḣ ne s’annule que sur les axes et qu’ailleurs il est partout négatif. Ceci suggère
qu’on peut espérer montrer que l’origine est asymptotiquement stable. Le théorème de
Lyaounov ne suffit plus, mais LaSalle a montré des raffinements plus puissants. En
voici un.
ẋ = σ(y − x),
ẏ = ρx − y − xz, (2.2)
ż = −βz + xy,
étudié à l’exemple 1.20. on a vu que l’origine est asympotiquement stable pour ρ < 1,
instable pour ρ > 1 et on n’a pu conclure si ρ = 1. Dans le cas ρ < 1 notre étude
n’a pas révélé la taille du bassin d’attraction. En utilisant une fonction de Lyapunov
appropriée, on pourra conclure que l’origine est globalement asymptotiquement stable
pour ρ 6= 1. Essayons une fonction F(x, y) = ax2 + by2 + cz2 où a, b, c > 0.
et donc, ∆|b=σ < 0 pour ρ < 1. En conclusion, pour F(x, y) = x2 + σy2 + σz2 , on a
Ḟ < 0 si ρ < 1 et l’origine est asymptotiquement stable. Regardons maintenant ce qui
se passe pour ρ = 1. Alors,
Ḟ
= −σ(x − y)2 − βz2 ≤ 0.
2
2.2. LES RAFFINEMENTS DE LASALLE 35
Le théorème de Lyapunov permet de conclure que l’origine est stable. Utilisons main-
tenant le théorème de LaSalle. E = {(x, x, 0) | x ∈ R}. Soit (x, x, 0) 6= (0, 0, 0) un
point de E. Pour montrer que sa trajectoire n’est pas dans E on montre que ż|(x,x,0)6=0 .
En effet, ż|ρ=1,y=x6=0,z=0 = x2 6= 0. Donc, M = {(0, 0, 0)} est le plus grand sous-
ensemble invariant de E et l’ensemble ω-limite de toute trajectoire est l’origine. On en
conclut que l’origine est encore asymptotiquement stable.
36 CHAPITRE 2. THÉORIE DE LA STABILITÉ DE LYAPUNOV
Bibliographie
[1] J.P. LaSalle, Some extensions of Liapunov’s second method, IRE Trans. Cir-
cuit Theory, CT-7 (1960), 520–527.
37
Chapitre 3
Équivalences de champs de
vecteurs
3.1 Introduction
39
40 CHAPITRE 3. ÉQUIVALENCES DE CHAMPS DE VECTEURS
Ẋ = AX,
où X ∈ Rn et A est une matrice n×n à entrées réelles. Un tel système est global.
Cette relation d’équivalence est très forte. Trop forte en fait : elle a beaucoup
trop de classes d’équivalence. En effet, regardons deux champs de vecteurs
linéaires de R2 ayant par exemple tous deux un point de selle, ou encore tous
deux un foyer attractif avec une vitesse angulaire positive. Lorsqu’on regarde
les trajectoires, on a envie de dire que les deux champs sont équivalents, même
si les valeurs propres ne sont pas les mêmes. Il nous faut donc une relation
d’équivalence plus faible.
Y = Y0 + S(X − X0 ) + G(X),
Ẏ = (S + DG(X))Ẋ
(3.1)
= SA(X − X0 ) + Sf(X) + DG(X)(A(X − X0 ) + f(X)).
X = X0 + S−1 (Y − Y0 ) + O(|Y − Y0 |2 )
F ◦ Φtv = Φtw ◦ F,
42 CHAPITRE 3. ÉQUIVALENCES DE CHAMPS DE VECTEURS
F
U −−−−→ > U 0
Cette relation d’équivalence convient : on peut montrer que deux champs
de vecteurs linéaires de R2 ayant, par exemple, tous deux un point de selle, ou
encore tous deux un foyer attractif avec une vitesse angulaire positive sont to-
pologiquement équivalents. Mais elle nous réserve des surprises ! Les classes
d’équivalence sont beaucoup plus grandes que ce qu’on prévoyait au début.
Ainsi, tous les systèmes linéaires sur Rn ayant un foyer attractif à vitesse an-
gulaire positive, un noeud ou un foyer attractif à vitesse angulaire négative
sont topologiquement équivalents. Dans le cas où toutes les valeurs propres
ont des parties réelles non nulles, on a exactement n + 1 classes d’équivalence
correspondant au nombre de valeurs propres à partie réelle négative.
D ÉFINITION 3.4 1. Une matrice carrée A est hyperbolique si toutes ses valeurs
propres ont des parties réelles non nulles.
2. Un point singulier d’un champ de vecteurs est hyperbolique si toutes les va-
leurs propres du linárisé du champ en ce point ont des parties réelles non nulles.
Ż+ = Z+ ,
(3.2)
Ż− = −Z− ,
bien ordonnés, mais ce n’est pas nécessaire que ce soit le cas. Il suffit donc
de montrer que le système Ẇ = BW est topologiquement équivalent au
système Ż = CZ.
(ii) Posons W = (W+ , W− ). Alors le système Ẇ = BW s’écrit aussi
Ẇ+ = B+ W+ ,
(3.3)
Ẇ− = B− W− .
Il est facile de vérifier que si F+ (resp. F− ) est une équivalence topologique
entre Ẇ+ = B+ W+ et Ż+ = Z+ (resp. Ẇ− = B− W− et Ż− = Z− ), alors
F = (F+ , F− ) est une équivalence topologique entre Ẇ = BW et Ż = CZ.
(Exercice.)
(iii) Par (i) et (ii) il suffit de montrer le théorème pour une matrice B dont
toutes les valeurs propres ont des parties réelles négatives. Ici, on va
supposer que la matrice B est sous une forme pour laquelle la fonction
M(W) = |W|2 = w21 + · · · + w2n est une fonction de Lyapunov (voir cha-
pitre 1), c’est-à-dire qu’il existe α, β > 0 tels que
−α|W|2 ≤ LB (M) ≤ −β|W|2 , (3.4)
où LB (M) est la dérivée de Lie de M le long du champ BW.
La fonction M(Z) = |Z|2 est aussi une fonction de Lyapunov pour le
champ CZ = −Z et on a LC (M) = −|Z|2 , où LC (M) est la dérivée de
Lie de M le long du champ CZ.
Soit S1 la sphère unité. On définit F ainsi :
F|S1 = id,
F(0) = 0,
F(W1 ) = ΦtC ◦ F ◦ Φ−t B (W1 ), si Φ−t 1
B (W1 ) ∈ S ,
D ÉFINITION 3.8 Une position d’équilibre d’un système dynamique {U, {Φt }t∈T } est
un point X0 ∈ U tel que Φt (X0 ) = X0 pour tout t ∈ T .
E XEMPLE 3.9 La paire {U, {Φt }t∈R }, où {Φt }t∈R est l’application du flot d’une EDO
de classe C1 .
E XEMPLE 3.12 Un exemple de système dynamique discret est donné par le flot d’une
équation différentielle ordinaire Ẋ = v(X) en un temps T fixé, ΦT . Regarder les itérées
de F = ΦT , c’est-à-dire les composées
Fn = F| ◦ F ◦{z· · · ◦ F}
n
3.4. SYSTÈMES DYNAMIQUES DISCRETS ET CONTINUS 45
E XEMPLE 3.13 Un autre exemple de système dynamique discret est donné par l’appli-
cation de premier retour de Poincaré, P, définie au voisinage d’une solution périodique
d’une EDO de classe Cr . Cette application est définie sur une section Σ de classe
Cr transversale à la solution périodique. La solution périodique coupe la section Σ
en un point X0 qui est un point fixe de P. Voyons que cette application P est un
difféomorphisme de classe Cr . On peut supposer que la section Σ est donnée par F(X) =
0, où F est de classe Cr au voisinage de X0 . Comme elle est transversale à la solu-
tion périodique en X0 , on a ∇F(X0 ) · v(X0 ) 6= 0. Comme dans le théorème de re-
dressement, on fait un changement de variables X 7→ (t, Y), où Y ∈ V ⊂ Rn−1
paramétrise un voisinage de X0 dans Σ : le point de Σ paramétré par Y est alors donné
par g(Y), où g est de classe Cr et de rang n − 1, et g(Y0 ) = X0 . Alors, pour Y ∈ Σ,
P(Y) = Φt (Y) où t est tel que F(φt (g(Y))) = 0. On a F(φt0 (g(Y0 )) = 0. Aussi
∂ t t0 t0
∂t (F(φ (g(Y))))|(t0 ,Y0 ) = ∇F(φ (X0 )) · v(φ (X0 ) 6= 0. On peut donc appliquer le
théorème des fonctions implicites et on trouve que F(φt (X)) = 0 dans un voisinage de
X0 si et seulement si t = T (Y) pour une fonction de classe Cr définie sur un voisinage
W de Y0 . Alors P(Y) = φT (Y) (Y) est de classe Cr car composition de fonctions de
classe Cr . Elle est inversible de par le théorème d’existence et d’unicité des solutions
des EDO.
E XEMPLE 3.14 Dans le cas d’une équation différentielle non autonome Ẋ = v(X, t),
où v(X, t + T ) = v(X, t), on regardera souvent les solutions aux instants t0 + nT ,
n ∈ Z. Ceci se fait en itérant l’application du flot ΦTt0 = F, qui à la condition initiale
(X1 , t0 ) fait correspondre la solution au temps t0 + T .
et
DΦT (X) = lim Ψm (X, T )
m→∞
où
Φ0 (X, t) = X,
Ψ (X, t) = I ,
0 n
Rt
Φ (X, t) = X + 0 v(Φm (X, s)) ds,
m+1
Rt
Ψm+1 (X, t) = In + 0 Dv(Φm (X, s))Ψm (X, s) ds.
46 CHAPITRE 3. ÉQUIVALENCES DE CHAMPS DE VECTEURS
T H ÉOR ÈME 3.17 Soit F : U → Rn une application de classe C1 , où U est un ouvert
de Rn , et X0 un point fixe hyperbolique de F, dont toutes les valeurs propres ont mo-
dule inférieur à 1. Alors, X0 est asymptotiquement stable, c’est-à-dire qu’il existe un
voisinage V de X0 tel que, pour tout X1 ∈ V, limm→∞ Fm (X1 ) = X0 .
P REUVE Au voisinage de X0 le difféomorphisme a la forme
F(X) = X0 + A(X − X0 ) + o(|X − X0 |).
On peut bien sûr faire un changement linéaire de coordonnées (centré en X0 )
et supposer que la matrice est obtenue de la matrice de Jordan en ramenant
tous les coefficients hors diagonale à , et en se ramenant au cas réel dans le
cas de blocs de Jordan complexes conjugués, c’est-à-dire
que la matrice est bloc
diagonale avec des blocs de la forme ( λ ), a −b
b a ,
a −b 0
00
00
λ 0 ... 0 b a 0 0 0 ... 0 0
0 λ . . . 0 00 a −b 0 00
00 b a 0 ... 00
et .. .
.. .. . . . . .
. .
. . . . .
. . . . 0 . . . . .
00
00 00 a −b
0 0 0 ... λ 00 00 00 . . . b a
En itérant, on obtient
d’où le résultat.
Il existe un lien entre les exemples 3.13 et 3.14. En effet, supposons qu’ont
ait une EDO autonome Ẋ = v(X) sur un ouvert de Rn , et que cette EDO ait
une solution périodique X(t) = Z(t) où Z(t + T ) = Z(t). On fait le changement
de variables Y = X − Z(t). Comme il dépend du temps, il transforme l’EDO
autonome en une EDO non autonome, mais dépendant périodiquement du
temps. On obtient
L’approximation linéaire est donc donnée par le système linéaire non auto-
nome
Ẏ = Dv(Z(t))Y = A(t)Y, (3.7)
qui est appelé équation variationnelle au voisinage de la solution périodique. On
remplace Y ∈ R par une matrice M ∈ Mat(n × n, R) et on considère le système
Ṁ = A(t)M
Puisque DR−1 (X00 ) = (DR(X0 ))−1 , les deux matrices DP(X0 ) et DQ(X00 ) sont
semblables.
R EMARQUE 3.19 On parle aussi d’application de Poincaré dans le cas d’une EDO
non autonome dépendant de manière périodique du temps
L’application de Poincaré est donnée par P = ΦTt0 : P(X) est le point au temps t0 +
T de la solution de condition initiale X au temps t0 . Soit X0 un point fixe de cette
application. Alors, le théorème 3.18 se généralise à ce cas : on peut montrer, de même
que ci-dessus, que 1 est une valeur propre de la matrice jacobienne de P. Ici encore, on
peut remarquer que les valeurs propres et la forme de Jordan de la matrice jacobienne
de l’application de Poincaré sont indépendantes de t0 .
ẋ = −y − x(x2 + y2 ),
(3.8)
ẏ = x − y(x2 + y2 ).
ṙ = −r3 ,
(3.9)
θ̇ = 1,
3.5. THÉORÈME DE HARTMAN-GROBMAN 49
et on voit que l’origine est un foyer faible. On peut intégrer explicitement le système et
voir que l’origine est asymptotiquement stable. Par contre, si l’on se limite au système
linéarisé
ẋ = −y,
(3.10)
ẏ = x,
ṙ = 0,
(3.11)
θ̇ = 1,
on voit que toutes les trajectoires sont périodiques : ce sont des cercles centrés à l’ori-
gine. Dans ce cas, on dit que l’origine est un centre. Donc, le système total n’est pas
topologiquement équivalent au système linéarisé.
T H ÉOR ÈME 3.23 (Théorème de Hartman-Grobman pour les champs de vecteurs) Soit
v : U → Rn un champ de vecteurs de classe C1 et X0 ∈ U un point singulier hyper-
bolique de v. Alors, il existe un voisinage V de X0 sur lequel v est topologiquement
équivalent au champ linéaire A(X − X0 ) pour A = Dv(X0 ).
X0
Σ1
A1
V ∆ R
A2
Σ2
On suppose de plus que le champ a une boucle homoclinique passant par X0 , c’est-à-
dire qu’il existe une trajectoire dont les ensembles α-limite et ω-limite sont X0 (voir
figure 3.1). On définit le rapport d’hyperbolicité r de X0 comme
λ2 λ2
r=− = .
λ1 λ1
ẏ1 = λ1 y1 ,
ẏ2 = λ2 y2 .
où C1 , r > 0.
Calcul de R. Dans les coordonnées originales X on va montrer que R est un
difféomorphisme de classe C1 . En composant avec les changements de coor-
données vers les coordonnées y2 et y1 sur Σ1 et Σ2 , on aura que R est encore
un difféomorphisme de classe C1 .
Soit Ai , le point de rencontre de Σi avec la séparatrice de X0 . On sait que les
trajectoires Φt (X1 ) dépendent de manière C1 de la condition initiale X2 sur un
voisinage de A2 . Par continuité des trajectoires en fonction de la condition ini-
tiale, pour chaque X2 ∈ Σ2 , il existe T (X2 ) > 0 minimum tel que ΦT (X2 ) ∈ Σ1 .
On veut montrer que T (X2 ) dépend de manière C1 de X2 . Alors l’application R
sera donnée par R(X2 ) = ΦT (X2 ) sera de classe C1 . La fonction T (X2 ) peut être
obtenue par le théorème des fonctions implicites, ce qui va assurer qu’elle est
au moins de classe C1 . En effet, dans les coordonnées X, la section Σ1 est, au
voisinage de A1 , la courbe de niveau F(X) = 0 d’une fonction F de classe C1 .
On cherche T (X2 ) solution de
∂G
= ∇F(A1 ) · v(A1 ) 6= 0,
∂t (A2 ,T0 )
52 CHAPITRE 3. ÉQUIVALENCES DE CHAMPS DE VECTEURS
R(y2 ) = C2 y2 + o(y2 ),
D 0 (y1 ) = C3 ryr−1
1 + o(yr−1 r−1
1 ) − 1 = C3 ry1 (1 + O(y1 )) − 1.
Soit > 0. Il existe δ1 tel que, pour y1 ∈ [0, δ[, alors 1 + O(y1 ) ∈]1 − , 1 + [.
De plus, si r > 1 (resp. r < 1), il existe δ2 > 0 tel que yr−1 1 < (resp. yr−11 >
1
pour y 1 ∈]0, δ2 [. On prend assez petit pour que C 3 r(1 + ) < 1 (resp.
0
C3 r 1−
> 1). Alors, si y 1 ∈]0, min(δ1 , δ2 )[ on a D (y1 ) < 0, (resp. D 0 (y1 ) > 0).
Par le théorème des accroissements finis (qui ne requiert pas la différentiabilité
en 0 !),
0 ∗ < 0, r > 1,
D(y1 ) − D(0) = D (y1 )y1
> 0, r < 1,
pour y1 ∈]0, min(δ1 , δ2 )[. Donc, P(y1 ) < y1 (resp. P(y1 ) > y1 ) sur ]0, min(δ1 , δ2 )[.
Chapitre 4
ẋ = −y − x(x2 + y2 ),
ẏ = x − y(x2 + y2 ),
53
54 CHAPITRE 4. LA THÉORIE DES FORMES NORMALES DE POINCARÉ
Ẋ = (id + hr0 )Ẏ = (id + hr0 )(AY + O(Y r+1 )) = AY + hr0 AY + O(Y r+1 ). (4.5)
Ici, hr0 est le jacobien de hr . C’est une matrice n×n et il est facile de se convaincre
que ses entrées sont des polynômes homogènes de degré r − 1.
Les équations (4.4) et (4.5) ont les mêmes termes linéaires. En comparant les
termes de degré r, on obtient :
Dans la littérature cette équation est appelée équation homologique. Quel est
l’avantage de cette expression ? Considérons l’ensemble Hr des fonctions vec-
torielles homogénes de degré n. C’est un espace vectoriel de dimension finie
dont les générateurs sont de la forme Y1m1 . . . Yn
mn
es , où es est le s-ième vecteur
4.2. LA FORME NORMALE DE POINCARÉ 55
h = ym 1 mn
1 . . . yn es
∂h Ym
= mi ym1 mi −1
1 . . . yi . . . ym
n
n
= mi .
∂yi yi
56 CHAPITRE 4. LA THÉORIE DES FORMES NORMALES DE POINCARÉ
Alors,
0 0 ... 0
.. .. .. .. λ1 0, ... 0 y1
.
. . .
m 0 λ2 ... 0
y2
Ym m
h 0 AY = m2 Yy2 . . . mn Yyn
m1 y 1 .. ,
. .. .. ..
. .. ..
.. . . . .
.. ..
. . .
0 0 ... λn yn
0 0 ... 0
ce qui donne
0
0
..
X n X
n
!
Pn .
h 0 AY = mi λi Y m es =
m = mi λi h.
i=1 m i λ i Y i=1
i=1
..
.
0
Donc,
X
n
!
LA (h) = mi λi − λs h,
i=1
Pn
c’est-à-dire que h est un vecteur propre de LA de valeur propre i=1 mi λi −λs .
On voit donc que l’équation homologique sur Hr a toujours une solution si et
seulement si
X
n
λs 6= λi mi
i=1
Pn
pour tout s et pour tous (m1 , . . . , mn ) tel que i=1 mi = r.
Pn m
Que se passe-t-il si λs = i=1 λi mi ? Le monôme correspondant, Y =
m1 mn
y1 . . . yn , est dit résonant. Dans le cas où A est diagonale, on peut se débarra-
sser de tous les monômes non résonants et on reste avec un système qui n’a que
des monômes résonants. Ce système a souvent une forme simple, sur laquelle
on peut lire et comprendre la géométrie des trajectoires. Regardons maintenant
des exemples.
E XEMPLE 4.1 Cas d’un système dans R2 avec deux valeurs propres imaginaires pures,
±iω. Pour le système réel, il est possible, modulo un changement linéaire de coor-
0 −ω
données de supposer que la matrice a la forme A = ω 0 . Il est naturel de passer
aux coordonnées complexes z =x + iy et z = x − iy. Dans ces coordonnées, la matrice
est diagonale : D = iω 0
0 −iω . Les valeurs propres sont λ1 = iω et λ2 = −iω.
Regardons les elations de résonance pour la première équation. On doit résoudre :
λ1 = m1 λ1 + m2 λ2 , soit m1 = m2 + 1, où m1 , m2 ≥ 0 et m1 + m2 ≥ 2. Ceci
nous donne les monômes résonants z2 z, z3 z2 , . . ., zk+1 zk , . . ., qui sont tous de degré
4.2. LA FORME NORMALE DE POINCARÉ 57
On peut faire le même calcul pour la deuxième équation et voir que les monômes
résonants sont de la forme zk zk+1 . Mais, on peut aussi être astucieux : puisque le
système est réel, la deuxième équation est la conjuguée de la première :
Z˙ = −iωZ + c1 ZZ + c2 Z2 Z + · · · + ck Zk Z
2 3 k+1
+ O(|Z|2k+2 ).
ṙ = a1 r3 + . . . ak r2k+1 + O(r2k+2 ),
(4.8)
θ̇ = ω + b1 r2 + . . . bk r2k + O(r2k+1 ).
On voit tout de suite que θ̇ > 0 pour r assez petit. D’autre part, supposons que
a1 , . . . ak−1 = 0 et ak 6= 0. Alors, au voisinage de l’origine, ṙ a le signe de ak . Si
ak est négatif (resp. positif), le point singulier est un foyer faible attractif (resp.
répulsif).
L’effet de la mise sous forme normale est de redresser les trajectoires pour transfor-
mer le système en en un système à peu près invariant sous toute rotation autour de
l’origine.
Exercice Vérifier que, lors de la mise sous forme normale des termes de degré
r, on ne détruit pas le travail accompli sur les termes de degré s < r.
X
r
ẋ = ai xi + O(|(x, y)|r+1 ),
i=p
(4.9)
X
r−1
ẏ = y(λ + bi xi ) + O(|(x, y)|r+1 ).
i=1
Supposons maintenant que ap 6= 0. Sous cette forme, on peut voir l’organisation des
trajectoires. On a trois organisations topologiques possibles :
– un col-noeud si p est pair ;
– un col topologique si p est impair et ap λ < 0 ;
– un nœud topologique si p est impair et ap λ > 0.
m1 mn s1 sp
x1 . . . , xn 1 . . . p le sont aussi. Donc, en pratique, ces monômes auront
des coefficients dépendant de .
On peut ensuite appliquer le processus de mise sous forme normale et ne garder que les
termes résonants de la forme zj+1 zj . Le système aura la forme
X
k
ż = (η() + iω())z + cj ()zj+1 zj + O(|z|2k+2 ).
j=1
L’avantage de cette forme est qu’elle permet d’étudier la naissance de cycles limites
lorsque les valeurs propres traversent l’axe imaginaire. C’est le phénomène de la bifur-
cation de Hopf que nous discuterons plus tard.
E XEMPLE 4.4 La forme normale d’une famille de systèmes ayant pour = 0 un point
semi-hyperbolique est donnée par
X
r
ẋ = ai ()xi + O(|(x, y)|r+1 ),
i=0
(4.10)
X
r−1
i r+1
ẏ = y(λ() + bi ()x ) + O(|(x, y)| ).
i=1
Donc, LA (H2 ) est de dimension 4. Il est engendré par {h2 , h3 , h1 − 2h5 , h6 }. Puisque
nous pouvons nous débarrasser de tous les termes dans l’image de LA , on reste avec
des termes non linéaires dans un complément de dimension 2. On a un choix pour ce
complément. Par exemple, il peut être engendré par {h1 , h4 } ou {h4 , h5 }. Donc, un
système non linéaire peut, au voisinage d’un point singulier nilpotent se ramener, au
choix, à une des deux formes
ẋ = y + bx2 , (4.14)
2
ẏ = ax , (4.15)
ou
ẋ = y, (4.16)
2
ẏ = ax + cxy. (4.17)
Déjà ces formes normales nous apprennent quelque chose : si a 6= 0, on connaı̂t l’or-
ganisation des trajectoires au voisinages du point singulier qui, dans la littérature, est
4.2. LA FORME NORMALE DE POINCARÉ 61
s’il existe
2. La distance de deux fonctions v, w : U → Rn en classe Cs sur U est le nombre
dU,s (v, w) = kv − wkU,s
s’il existe.
T H ÉOR ÈME 5.2 On considère un champ de vecteurs v(X) de classe C2k+2 sur un
ouvert U ⊂ R2 ayant un point singulier à l’origine pour lequel la matrice jacobienne
a deux valeurs propres imaginaires pures ±iω 6= 0. Supposons que la forme normale
à l’ordre 2k + 1 soit donnée par
2 k
Ż = iωZ + c1 Z2 Z + c2 Z3 Z + · · · + ck Zk+1 Z + O(|Z|2k+2 )
et que Re(c1 ) = · · · = Re(ck−1 ) = 0, Re(ck ) 6= 0. (On dit alors que l’origine est un
foyer faible d’ordre k.) Alors,
63
64 CHAPITRE 5. THÉORIE DES BIFURCATIONS
1. Pour toute famille de champs vλ (X) dépendant d’un multi paramètre λ sur un
ouvert U 0 de Rm et telle que v0 = v, il existe un voisinage V de l’origine dans
R2 et δ > 0 tels que, pour tout λ ∈ B(0, δ), alors vλ a au plus k cycles limites
dans V.
2. Il existe ρ > 0 tel que B(0, ρ) ⊂ U et tel que, pour tout ` ∈ {0, . . . , k}, pour tout
0 < ρ 0 ≤ ρ et pour tout η > 0, il existe un champ de vecteurs w proche de
v sur B(0, ρ 0 ), c’est-à-dire tel que d(v, w)B(0,ρ 0 ),2k+2 < η, tel que w a exacte-
ment ` cycles limites dans B(0, ρ 0 ).
P REUVE
1. On peut amener la famille vλ sous forme normale
k
Ż = (a0 (λ) + iω(λ)Z + c1 (λ)Z2 Z + · · · + ck (λ)Zk+1 Z + O(|Z|2k+2 ).
dr X
2k+1
= uj0 (θ)rj0 + O(r2k+2
0 ) (5.5)
dθ
j=1
5.2. LA BIFURCATION DE HOPF D’ORDRE K 65
u10 = α0 u1 , u1 (0) = 1,
u20 = α0 u2 , u2 (0) = 0,
u30 = α0 u3 + 3α1 u31 , u3 (0) = 0,
..
. (5.6)
uj0 = α0 uj + Qj (α1 , . . . , α[ j ] , u1 , . . . , uj−1 ),
2
..
.
0
u2k+1 = α0 u2k+1 + Q2k+1 (α1 , . . . αk , u1 , . . . , u2k )
u1 (θ) = eα0 θ ,
u2 (θ) ≡ 0,
3α1 3α0 θ (5.7)
u3 (θ) = (e − eα0 θ ),
2α0
..
.
u1 (θ) ≡ 1,
u2 (θ) ≡ 0,
.. (5.8)
.
u2k (θ) ≡ 0,
u2k+1 (θ) = αk (0)θ,
X
2k+1
P(r0 ) = r(2π, r0 ) = uj (2π)rj0 + O(r2k+2
0 )
j=1
66 CHAPITRE 5. THÉORIE DES BIFURCATIONS
et on a que u2k+1 (2π) 6= 0 pour λ assez petit. Les points fixes de P sont
donnés par les zéros de l’application déplacement
∆(r0 ) = P(r0 ) − r0 .
On voit facilement qu’il existe , δ > 0 tels que
d2k+1 ∆
6= 0
drk0
si |r0 | < et |λ| < δ. Par le théorème de Rolle on en conclut que ∆ a
au plus 2k + 1 zéros dans |r0 | < . Un de ces zéros correspond au point
singulier à l’origine. Les autres zéros apparaissent par paires (−r0 , r0 ), à
cause de la symétrie du système sous (r, θ) 7→ (−r, θ + π) et chaque paire
correspond à un unique cycle limite. Donc, le système au plus k cycles
limites coupant l’axe x dans l’intervalle ] − , [.
2. On va procéder en ` étapes successives : à chaque étape on modifie le
champ de manière à lui ajouter un cycle limite. On le fait de manière
suffisamment subtile pour ne pas défaire les cycles construits aux étapes
précédentes. On pose v = v0 et ρ est choisi pour que v0 n’ait pas de cycles
dans B(0, ρ). Soit 0 < ρ 0 ≤ ρ. Si on veut que la perturbation soit à dis-
tance inférieure à η de v0 , à chaque étape on construira une perturbation
vj à distance inférieure à η/k de la perturbation précédente vj−1 . On com-
mence par le cycle extérieur. Écrivons les détails dans le cas Re(ck ) < 0.
Alors l’origine est asymptotiquement stable. De par la forme de v0 = v, il
existe 0 < r0 < ρ 0 tel que ṙ|r=r0 < 0. On prend une perturbation
k−1
v1 = v0 + k−1 Zk Z .
Le nombre k−1 est choisi positif et suffisamment petit pour que ṙ|r=r0 <
0 pour v1 . D’autre part, de par la forme de v1 , il existe 0 < r1 < r0 tel que
ṙ|r=r1 > 0 pour v1 . Par le théorème de Poincaré-Bendixson, v1 a un cycle
limite dans l’anneau r1 < r < r0 .
Pour le deuxième cycle on prend
k−2
v2 = v1 + k−2 Zk−1 Z .
Le nombre k−2 est choisi négatif et suffisamment petit pour que ṙ|r=r0 <
0 et ṙ|r=r1 > 0 pour v2 . D’autre part, de par la forme de v2 , il existe
0 < r2 < r2 tel que ṙ|r=r2 < 0 pour v2 . Par le théorème de Poincaré-
Bendixson, v2 a deux cycles limites, un dans l’anneau r1 < r < r0 et un
dans l’anneau r2 < r < r2 .
On itère jusqu’à ce qu’on ait obtenu le nombre de cycles voulus.
ε1
(DC)
(Hr)
(H2a) ε0
(Ha)
Les figures 5.1 et 5.2 donnent ces diagrammes de bifurcation dans les cas Re(c2 ) <
0 et Re(c2 ) < 0. Ces figures illustrent pourquoi la bifurcation de Hopf d’ordre le
plus élevé organise le diagramme de bifurcation. Dans la littérature, on dira
que le point de bifurcation dont l’ordre est le plus élevé est le centre organisa-
teur du diagramme de bifurcation. On voit qu’au voisinage des bifurcations de
Hopf d’ordre plus grand que 1 naissent des courbes ou surfaces de bifurcation
correspondant à des doubles cycles (soit des points fixes doubles de l’applica-
tion de premier retour de Poincaré). Numériquement, on peut donc décider de
suivre ces courbes ou surfaces.
68 CHAPITRE 5. THÉORIE DES BIFURCATIONS
ε0
(H2a)
(Ha) (Hr)
(H3a)
ε1
(H2r)
ε2
E XEMPLE 5.3 En 1979 Shi Songling a donné l’exemple suivant de système quadra-
tique avec 4 cycles limites :
ẋ = λx − y − 10x2 + (5 + δ)xy + y2 ,
(5.11)
ẏ = x + x2 + (−25 + 8 − 9δ)xy,
ẋ = P(x, y),
(5.12)
ẏ = Q(x, y),
où P et Q sont des polynômes de R[x, y], dont le maximum des degrés est n.
La compactification de Poincaré s’obtient ainsi. On identifie R2 au plan z = −1
dans l’espace R3 . Ce plan est tangent au pôle sud à la sphère unité x2 +y2 +z2 =
1. On projette un point (x, y, −1) sur la sphère par le centre de la sphère. C’est
donc le point
!
x y 1
(x 0 , y 0 , z 0 ) = p ,p , −p (5.13)
x2 + y2 + 1 x2 + y2 + 1 x 2 + y2 + 1
70 CHAPITRE 5. THÉORIE DES BIFURCATIONS
u0
E XEMPLE 5.4 (Retour sur l’exemple 5.3) Faisons les calculs pour le champ (5.11). Ici
encore pour simplifier, on prendra λ = = δ = 0. Dans la première carte à l’infini on
prend (u, z) = yx , x1 . Le système devient
u 10 5u u2
1 1 25u
u̇ = −uz − − 2 + 2 + 2 + z + 2− 2 ,
z z z z z z z
2
(5.18)
u 10 5u u
ż = −z2 − − 2 + 2 + 2 .
z z z z
(La fonction discriminant est implantée sur la plupart des logiciels de manipula-
tions symboliques.)