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Principes Comptables au Maroc

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SEANCE N° 4

Objectif : Comprendre les principes comptables et savoir les appliquer dans la tenue de la
comptabilité
Consignes / disposer d’un plan comptable et d’une calculatrice
Contenu :

1.1. Les conventions comptables


Les conventions comptables sont destinées à guider le préparateur des comptes
dans l’évaluation et la présentation des éléments devant figurer dans les états financiers.
Elles ont un caractère de généralité moins grand que les postulats comptables et peuvent
varier d’un pays ou d’un espace géographique à un autre. Les conventions comptables du
Système comptable OHADA sont : la convention du coût historique, la convention de prudence,
la convention de régularité et transparence, la convention de la correspondance bilan de
clôture-bilan d’ouverture et la convention de l’importance significative.

1.1.1. Convention du coût historique


La convention du coût historique repose sur la stabilité de l’unité monétaire qui doit
permettre d’additionner des unités monétaires de différentes périodes, sans dénaturer
l’information comptable. Selon les articles 35 et 36 de l’Acte uniforme, la méthode
d’évaluation des éléments inscrits en comptabilité est fondée sur la convention du
coût historique. Ainsi donc, à leur date d'entrée dans le patrimoine de l'entité,
la valeur des actifs est déterminée dans les conditions suivantes :
- les actifs acquis à titre onéreux sont comptabilisés à leur coût d'acquisition ;
- les actifs produits par l'entité sont comptabilisés à leur coût de production ;
- les actifs acquis à titre gratuit sont comptabilisés à leur valeur actuelle ;
- les actifs acquis par voie d’échange sont comptabilisés à la valeur actuelle des actifs
reçus, sauf si cette valeur actuelle ne peut être estimée de façon fiable. Dans ce cas,
les actifs acquis sont comptabilisés à la valeur actuelle des actifs donnés en échange.

Dérogation au coût historique


Lorsque les déformations dues à l’inflation deviennent trop fortes, le Système comptable
OHADA a prévu, le recours à la réévaluation qui peut être libre ou légale.

1.1.2. Convention de prudence


Cette convention est énoncée dans les articles 3 et 6 de l’Acte uniforme :
« La comptabilité doit satisfaire, dans le respect de la convention de prudence, aux
obligations de régularité, de sincérité et de transparence inhérentes à la tenue, au contrôle,
à la présentation et à la communication des informations qu’elle a traitées ». La prudence est
l'appréciation raisonnable des faits dans des conditions d’incertitude afin d'éviter le
risque de transfert, sur l'avenir, d'incertitudes présentes susceptibles de grever le
patrimoine ou le résultat de l'entité.
Les actifs et les produits ne doivent pas être surévalués, et les passifs et les charges ne doivent
pas être sous-évalués.

1.1.3. Convention de régularité et transparence


Dans le droit comptable OHADA, cette convention imprègne tous les textes relatifs à
l’information externe. Il faut inclure dans ce concept :
- la conformité aux règles et procédures du Système comptable OHADA, au plan
comptable et à sa terminologie, à ses présentations d’états financiers (notion de
régularité)... ;
- la présentation et la communication claire et loyale de l’information, sans intention de
dissimuler la réalité derrière l’apparence ;
- le respect de la règle de non-compensation, dont l’inobservation entraînerait des
confusions juridiques et économiques et fausserait l’image que doivent donner les
états financiers annuels

1.1.4. Convention de la correspondance bilan de clôture – bilan d’ouverture


Selon l’article 34 de l’Acte uniforme « le bilan d’ouverture d’un exercice doit
correspondre au bilan de clôture de l’exercice précédent ». Cette convention classique mais
d’application délicate, a pour principale conséquence que l’on ne peut imputer directement
sur les capitaux propres :
- ni les incidences (gains ou pertes) des changements de méthode comptable ;
- ni les produits et les charges relatifs à des exercices précédents qui auraient été omis.
Ces corrections doivent transiter par le compte de résultat du nouvel exercice.
Dans le cadre du Système comptable OHADA, il a été considéré qu’il n’existait que deux cas
d’imputation possible, directement sur les capitaux propres, sans « passer » par le compte de
résultat :
- celui de l’incidence d’un changement de méthodes ayant un impact fort significatif sur
les états financiers ;
- celui de la correction d’une erreur significative.
1.1.5. Convention de l’importance significative
Cette convention, bien qu’énoncée formellement à l’article 33 de l’Acte uniforme, à propos
des notes aux états financiers, concerne également tous les autres états financiers.
Sont significatifs « tous les éléments susceptibles d’influencer le jugement que les
destinataires des états financiers peuvent porter sur le patrimoine, la situation financière et le
résultat de l’entité ». Cette définition de l’importance significative par ses conséquences
sur le jugement des utilisateurs montre le caractère relatif du critère et la difficulté
de son application, puisqu’elle place en responsabilité les comptables, les dirigeants et
les auditeurs, qui ont à prendre la décision de retenir ou non l’élément en fonction de son
importance significative présumée. Les conséquences de ce principe sont considérables
et vont, selon le cas, dans le sens d’un allégement ou d’un alourdissement de
l’information comptable :

a) dans le sens d’un allégement de l’information


- « l’arrondi » possible de certaines évaluations (stocks notamment) ;
- la possibilité d’accélérer l’arrêté des comptes annuels, donc d’accélérer leur
publication, par des estimations raisonnables des comptes de régularisation ne
présentant pas de différence significative avec les montants exacts ;
- la possibilité voire l’obligation de ne pas fournir, dans les notes annexes aux états
financiers, des informations n’atteignant pas le seuil d’importance significative.

b) dans le sens d’une extension de l’information


Tous les points cités ci-dessus conduisent à un allégement des travaux comptables. D’autres
alourdissent les états financiers, en l’occurrence les notes annexes : le principe conduit à
l’obligation de fournir dans ces notes toute information d’importance significative, même si
elle n’est pas prévue explicitement dans le Système comptable OHADA.

c) Appréciation du caractère significatif d'une information


La notion de « seuil de signification » est avant tout, le fruit d'une appréciation subjective et
ne saurait être ramenée à une dimension exclusivement quantitative. Elle implique au
contraire, une étude au cas par cas en fonction des particularités de l'entité.

Critères à retenir
Si la notion de « caractère significatif » n'est pas exclusivement liée à un critère quantitatif, ce
dernier peut, sur un plan pratique, aider à sa mise en œuvre. À titre indicatif, on peut
considérer qu'une information quantifiée sur le plan financier a un caractère significatif dès
lors que l'une au moins des conditions suivantes est remplie :
- lorsque le poste qu'elle explique ou précise représente un certain pourcentage du total
du bilan (par exemple, entre 5 et 10 % au moins) ;
- ou lorsque la partie de variation du poste expliquée par l'information représente entre
10 et 20 % du montant total du poste ;
- ou lorsque le montant considéré représente plus de 10 % du bénéfice net.
Les critères qui peuvent être retenus sont, par exemple, le résultat des activités ordinaires, le
résultat net, le chiffre d'affaires, les capitaux propres.

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