SEANCE N° 3
Objectif : Comprendre les principes comptables et savoir les appliquer dans la tenue de la
comptabilité
Consignes / disposer d’un plan comptable et d’une calculatrice
Contenu :
1. Postulats et conventions comptables
1.1. Les postulats comptables
Les postulats permettent de définir le champ du modèle comptable. Ce sont des principes
acceptés sans démonstration mais cohérents avec les objectifs fixés. Les postulats retenus
pour définir le champ du modèle comptable du Système comptable OHADA sont les
suivants : postulat de l’entité ; postulat de la comptabilité d’engagement ; postulat de la
spécialisation des exercices ; postulat de la permanence des méthodes et postulat de la
prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique.
1.1.1. Postulat de l’entité
L’entité est l’ensemble organisé d’une ou de plusieurs personnes physiques ou morales et
d’éléments corporels ou incorporels permettant l’exercice d’une activité économique (civile,
artisanale, industrielle ou commerciale) qui poursuit un objectif propre dans un but lucratif ou
non. L’entité est considérée comme étant une personne morale ou un groupe autonome et
distinct de ses propriétaires et de ses partenaires économiques. La comptabilité financière
est fondée sur la séparation entre le patrimoine de l'entité et celui de ses
propriétaires. Ce sont les transactions de l'entité et non celles des propriétaires qui sont prises
en compte dans les états financiers de l’entité.
1.1.2. Postulat de la comptabilité d’engagement
Les effets des transactions et autres événements sont pris en compte dès que ces transactions ou
événements se produisent et non pas au moment des encaissementsou paiements.
Ils sont enregistrés dans les livres comptables et présentés dans les états financiers
des exercices auxquels ils se rattachent. L'information financière ainsi établie (sauf les
entités soumises au système minimal de trésorerie qui sont autorisées à établir leurs états
financiers à partir d’une comptabilité de trésorerie), renseigne les utilisateurs, non seulement
sur les transactions passées ayant entraîné des flux de trésorerie, mais également sur des
obligations et autres événements entraînant des encaissements et des paiements futurs.
1.1.3. Postulat de la spécialisation des exercices
Selon l’article 59 de l’Acte uniforme, le résultat de chaque exercice est indépendant de celui
qui le précède et de celui qui le suit. Pour sa déterminantion, il convient de lui rattacher et de lui
imputer tous les évènements et toutes les opérations qui lui sont propres et ceux là seulement.
L’activité de l’entité est découpée en périodes comptables appelées exercices.
La spécialisation ou l’indépendance des exercices trouve son fondement dans le principe
d’établissement des comptes périodiques. Le respect de ce postulat est assuré par le biais de
comptes dits de régularisation qui permettent d'ajuster les produits et les charges dans le
temps.
1.1.4. Postulat de la permanence des méthodes
Le postulat de permanence des méthodes rappelé dans l’article 40 de l’Acte uniforme exige
que les mêmes méthodes de prise en compte, de mesure et de présentation soient utilisées
par l'entité d'une période à l'autre. En Effet, la comparabilité et la cohérence des
informations comptables au cours des exercices successifs implique la permanence dans
l’application des règles et des procédures les concernant. Encore appelé principe de fixité, le
principe de la permanence des méthodes vise spécifiquement à assurer une comparabilité dans
le temps. On peut cependant déroger à la fixité des méthodes si un changement
exceptionnel est intervenu dans la situation de l'entité ou dans le contexte économique,
industriel ou financier et que le changement de méthodes fournit une meilleure information
financière compte tenu des évolutions intervenues.
[Link]. Changement de méthodes comptables
a) Nature des changements de méthodes comptables
Un changement de méthodes comptables résulte :
- soit du remplacement d’une méthode comptable par une autre lorsqu’une option
implicite ou explicite existe. Cela constitue un changement de méthode comptable
stricto sensu (exemple : passage de la méthode d’évaluation des stocks CMP à la
méthode FIFO).
- soit d’un changement de réglementation comptable (adoption d’un nouveau référentiel
comptable tel que le Système comptable OHADA révisé).
A la différence des changements de méthodes qui sont opérés à l’initiative de l’entité, les
changements de réglementation comptable s’imposent à elle.
b) Traitement comptable des changements de méthodes
Tout changement de méthode comptable, dès lors qu’il induit des modifications significatives
dans les états financiers de l’exercice, ou est susceptible d’en induire lors d’exercices
suivants :
- doit faire l’objet d’une information dans les Notes annexes ;
- et l'effet, après impôt, de la nouvelle méthode est calculé de façon rétrospective,
comme si celle-ci avait toujours été appliquée.
[Link]. Changements d'estimation et de modalités d'application
a) Nature des changements d’estimation et de modalités d’application
La procédure d’estimation repose sur des jugements fondés sur les dernières
informations fiables fournies. Elles sont notamment relatives :
- aux créances douteuses ;
- aux durées d’amortissement ;
- à l’obsolescence du stock.
b) Traitement comptable des changements d’estimation et de modalités d’application
Les changements d'estimation et de modalités d'application n'ont qu’un effet sur l'exercice en
cours et les exercices futurs. L'incidence du changement correspondant à l'exercice en
cours est enregistrée dans les comptes de l'exercice.
[Link]. Changements d’options fiscales
a) Nature des changements d’options fiscales
L’adoption par les autorités fiscales de nouvelles mesures accordant des avantages fiscaux
aux entités entraîne des changements de présentation et/ou d’évaluation dans les états
financiers. Parmi les modifications d’options fiscales, on peut citer :
- la constatation ou la reprise d’amortissements dérogatoires lorsqu’une entité applique
le système dégressif prévu par le code général des impôts ;
- la constitution ou la reprise d’autres provisions réglementées.
b) Traitement comptable des changements d’options fiscales
Les changements d'options fiscales n'ont un effet que sur l'exercice en cours et les exercices
futurs. L'incidence des changements d'options fiscales correspondant à l'exercice en cours
est constatée dans le résultat de l'exercice.
[Link]. Corrections d'erreurs
a) Nature des corrections d’erreurs
Des erreurs, omissions matérielles, peuvent survenir dans les cas suivants :
- erreurs de calcul ;
- erreurs dans l’application des méthodes comptables ;
- négligences, mauvaises interprétation des faits ;
- adoption d'une méthode comptable non admise.
b) Traitement comptable des corrections d’erreurs
La comptabilisation des corrections d'erreurs, d'omissions matérielles, peut être regroupée en
deux catégories :
- les erreurs commises et découvertes sur l’exercice en cours ;
- les erreurs découvertes sur l’exercice en cours et commises sur les exercices antérieurs
appelés « erreurs d’un exercice antérieur».
c) Erreurs commises et découvertes sur l’exercice en cours
Des erreurs commises dans la comptabilité au cours de l’exercice et découverte au cours du
même exercice doivent être corrigées avant l’arrêté des comptes. Dans ce cas, toute correction
d’erreur s’effectuera exclusivement par inscription en négatif des éléments erronés ;
l’enregistrement exact sera ensuite opéré (article 20).
d) Erreurs d’un exercice antérieur
Toute correction d’erreur découverte sur l’exercice en cours et commise sur les exercices
antérieurs, doit faire l’objet d’une information dans les Notes annexes.
La correction d’une erreur significative commise au cours d’un exercice antérieur doit être
opérée par ajustement des capitaux propres d’ouverture (report à nouveau).
Par contre, la correction d’une erreur non significative commise au cours d’un exercice
antérieur doit être effectué directement dans les comptes de gestion de l’exercice en cours.
1.1.5. Postulat de la prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique
Selon ce postulat, pour que l'information représente d'une manière pertinente les transactions
et autres événements qu'elle vise à représenter, il est nécessaire qu'elle soit enregistré et
présenté en accord avec leur substance et la réalité économique et non pas seulement selon
leur forme juridique. Le Système comptable OHADA opte pour une application limitée de ce
postulat comptable. Les quatre applications qui sont faites du principe de prééminence de la
réalité sur l’apparence sont les suivantes :
- inscription à l’actif du bilan (comme si l’entité en était propriétaire) des biens
détenus avec clause de « réserve de propriété » ;
- inscription à l’actif du bilan du locataire des biens utilisés dans le cadre d’un
contrat de location acquisition (côté preneur) et d’une créance de location
financement (côté bailleur) ;
- inscription à l’actif du bilan des effets remis à l’escompte et non encore
échus ou honorés ;
- inscription dans les « charges de personnel » du personnel facturé par
autres entités.