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Épreuve de Mathématiques PC 2023

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2023

SESSION 2023 PC8M

ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE PC


____________________

MATHÉMATIQUES
Durée : 4 heures
____________________

N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie
et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.

RAPPEL DES CONSIGNES


 Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d’autres
couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en
évidence des résultats.
 Ne pas utiliser de correcteur.
 Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.
______________________________________________________________________________

Les calculatrices sont interdites.

Le sujet est composé de quatre exercices indépendants.

1/5

1 S.V.P.
Tournez la page
2023

EXERCICE 1
Soient E un R-espace vectoriel de dimension n  1 et u un endomorphisme de E, tel que :

u2 − 3u + 2 idE = 0 ()

où 0 désigne l’endomorphisme nul 0L(E) .


1. L’endomorphisme u est il diagonalisable ?
2. Déterminer les valeurs propres possibles α et β de l’endomorphisme u. On choisira α inférieure à
β.
3. On pose alors v = u − α idE et w = u − β idE .
3.1. Déterminer l’endomorphisme v − w et en déduire que E = Im(v)+ Im(w).
3.2. Préciser v ◦ w et w ◦ v.
3.3. Prouver que Im(w) ⊂ Ker(v) et que Im(v) ⊂ Ker(w).
3.4. Démontrer que E = Ker(v) ⊕ Ker(w).
4. Comment peut-on déterminer une base de E dans laquelle la matrice de u est diagonale ?
5. Application
Dans cette question, E est de dimension trois. On munitE de la base B = (e1 , e2 , e3 ) et, dans cette
 1 1 0
 
base, on définit l’endomorphisme u par sa matrice U =  0 2 0.
 
−1 1 2
5.1. Vérifier que u satisfait à la relation (). On fera apparaître les calculs sur la copie.
5.2. Déterminer les matrices V et W des endomorphismes v et w définis à la question 3.
5.3. Déterminer une base B1 de Ker(v) et une base B2 de Ker(w).
5.4. Déterminer une matrice diagonale D et une matrice inversible P telles que U = PDP−1 .

EXERCICE 2
Questions de cours

1. Soit α un réel non nul.


Donner un développement limité à l’ordre 2 en 0 de la fonction x → (1 − x)α .
En déduire un équivalent de 1 − (1 − x)α lorsque x tend vers 0.
2. Soient a et b deux réels avec a > 0. Choisir sans justification l’expression correcte de ab :

(A) eb ln(a) (B) ea ln(b) (C) eln(a) ln(b) .

*****

2/5

2
2023

Soit n un entier supérieur ou égal à 2.

 n−1
1
3. Pour tout k ∈ N, on pose ak = 1 − 1 − k et pour k  1, uk = ak−1 − ak .
2
3.1. Montrer que la série de terme général uk est convergente et calculer sa somme.
3.2. Montrer que la série de terme général ak est convergente.
On notera S n sa somme que l’on ne cherchera pas à calculer.
4. Étude d’une variable aléatoire
4.1. Démontrer que ∀ k  1, uk > 0.
4.2. Dans l’espace probabilisé (Ω, A, P), on considère la variable aléatoire Xn à valeurs dans N∗
telle que, pour tout k > 0, P(Xn = k) = λ uk , où λ est un réel. Déterminer λ.
4.3. Montrer que Xn admet une espérance et que E(Xn ) = S n .
 p
5. Pour tout t réel, on pose f0 (t) = 0 et pour tout p ∈ N∗ , f p (t) = 1 − 1 − e−t .
 +∞
5.1. Pour tout entier naturel p, montrer que l’intégrale I p = f p (t) dt est convergente.
0
5.2. Calculer I p+1 − I p pour tout entier naturel p.
n−1
1
5.3. En déduire que : = In−1 .
k=1
k
6. Un encadrement
 k+1
1 dt 1
6.1. Prouver que, pour tout entier naturel non nul k,   .
k+1 k t k
6.2. En déduire que : ln(n)  In−1  1 + ln(n − 1).
 n−1
 −t n−1 1
7. Soit gn la fonction définie sur R+ par : ∀ t  0, gn (t) = 1 − 1 − 2 =1− 1− t .
2
Montrer que pour tout entier m  2 :
m
  m m−1

ak  gn (t) dt  ak .
k=1 0 k=0

8. Soit β un réel strictement positif, montrer que l’on a :


 β  β ln(2)
1
gn (v) dv = fn−1 (u) du.
0 ln(2) 0

In−1
9. Démontrer que : E(Xn ) − 1   E(Xn ).
ln(2)
10. Donner un équivalent simple de S n lorsque n tend vers l’infini.

3/5

3 S.V.P.
Tournez la page
2023

EXERCICE 3
Soit n un entier supérieur ou égal à 2.
On désigne par E un espace vectoriel euclidien de dimension n.
Le produit scalaire de deux vecteurs x et y de E est noté < x | y > et x représente la norme du vecteur x.
Pour tout vecteur u non nul de E, on note ϕu l’application de E dans lui-même définie par :
< x|u >
∀ x ∈ E, ϕu (x) = 2 u − x.
< u|u >

1. Étude de l’application ϕu
1.1. Montrer que ϕu est un endomorphisme de E.
1.2. En calculant ϕu ◦ ϕu , montrer que ϕu est un automorphisme de E et déterminer ϕ−1
u .
1.3. Soit x appartenant à E, calculer  ϕu (x) | ϕu (x) .
1.4. En déduire que ϕu conserve le produit scalaire, c’est-à-dire que :

∀ (x, y) ∈ E 2 ,  ϕu (x) | ϕu (y)  = < x | y > .

1.5. On note Du la droite vectorielle de base u et Hu = D⊥u .


Déterminer l’image de Du par ϕu .
En déduire sans calcul que Hu est stable par ϕu .
1.6. Reconnaître alors la nature géométrique de l’endomorphisme ϕu et en donner les éléments
caractéristiques.
2. Étude d’un exemple dans le cas n = 3
Soit H le sous-espace
  vectoriel de R3 muni de sa structure euclidienne canonique et constitué des
 x
 
vecteurs X = y tels que x + y + z = 0 .
 
z
2.1. Donner la dimension et une base orthonormale de H ⊥ .
2.2. Écrire la matrice dans la base canonique de R3 de la projection orthogonale sur H ⊥ puis celle
de la projection orthogonale sur H.
2.3. Soit v un vecteur unitaire de H ⊥ .
Écrire la matrice de ϕv dans la base canonique de R3 .
3. Étude d’une réciproque
Soit ψ un endomorphisme de E tel qu’il existe une droite vectorielle ∆ de E vérifiant :

∀ x ∈ ∆, ψ(x) = x et ∀ x ∈ ∆⊥ , ψ(x) = −x.

3.1. Montrer que ψ ◦ ψ = idE et que ψ conserve le produit scalaire.


3.2. Montrer qu’il existe au moins un vecteur u de E tel que ψ = ϕu .

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4
2023

EXERCICE 4
Pour tout entier naturel n et tout réel x, on pose :
 1 n
In (x) = 1 − t2 cos(tx) dt .
0

1. Étudier la parité des fonctions In .


2. Prouver que les fonctions In sont de classe C1 sur R.
x
3. Démontrer que, pour tout réel x et tout entier naturel n, In (x) = − In+1 (x).
2(n + 1)
4. Prouver par récurrence sur l’entier naturel k, que la fonction In est, pour tout entier naturel n, de
classe Ck sur R.
Soit n un entier naturel fixé.
5. Calcul de In (0)
5.1. Déterminer, pour tout entier naturel p, une relation entre I p+1 (0) et I p (0).
5.2. En déduire l’expression de In (0) à l’aide de factorielles.
n
 (−1)k
6. Calculer la somme : .
k=0
(2k + 1) k ! (n − k) !
Le résultat sera exprimé à l’aide de factorielles.
7. Donner le développement en série entière au voisinage de 0 et son domaine de validité de la fonc-
tion u → cos(u).
8. Montrer que la fonction In est développable en série entière au voisinage de 0 et déterminer le
domaine de validité de ce développement.
Chaque coefficient sera donné sous forme d’une intégrale et on citera avec précision les théorèmes
utilisés.
9. Quel résultat démontré antérieurement retrouve-t-on alors pour la fonction In ?

FIN

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5
2023

Éléments de correction
EXERCICE 1
Soient E un R-espace vectoriel de dimension n > 1 et u un endomorphisme de E, tel que :
u2 − 3u + 2 idE = 0 (?)
où 0 désigne l’endomorphisme nul 0L(E) .
1. L’endomorphisme u admet X 2 − 3X + 2 pour polynôme annulateur. Il admet pour racines 1 et 2, il
est scindé à racines simples, u est donc diagonalisable.
2. Si λ est une valeur propre de u alors, λ est racine de X 2 − 3X + 2. Les valeurs propres possibles de
l’endomorphisme u sont α = 1 et β = 2.
3. On pose alors v = u − α idE et w = u − β idE .
3.1. On remarque que pour tout x ∈ E, (v − w)(x) = x, donc v − w = idE .
On veut montrer que E ⊂ Im(v)+ Im(w). Soit donc x ∈ E, on a
x = v(x) + w(−x),
|{z} |{z}
∈ Im(v) ∈ Im(w)

ce qui montre l’inclusion E ⊂ Im(v)+ Im(w). On a donc bien l’égalité souhaitée étant donné
que l’autre inclusion est toujours vraie.
3.2. On a :
v ◦ w = (u − idE ) ◦ (u − 2idE ) = u2 − 3u + 2idE = 0
et w ◦ v = v ◦ w = 0.
3.3. Soit x ∈ Im(w), il existe a ∈ E tel que x = w(a). Montrons que x ∈ Ker(v). On a
v(x) = v(w(a)) = v ◦ w(a) = 0E
d’après la question précédente. On a donc bien x ∈ Ker(v) d’où l’inclusion Im(w) ⊂ Ker(v).
Soit maintenant x ∈ Im(v). Alors il existe a ∈ E tel que x = v(a). Montrons que x ∈ Ker(w).
On écrit, comme ci-dessus :
w(x) = w(v(a)) = w ◦ v(a) = 0E ,
toujours d’après la question précédente. On a donc bien x ∈ Ker(w) d’où Im(v) ⊂ Ker(w).
3.4. D’après la question précédente, on a l’inclusion
Im(v) + Im(w) ⊂ Ker(w) + Ker(v).
Or, on a montré à la question 3.1., que E = Im(v) + Im(w), on a donc l’égalité :
E = Ker(w) + Ker(v).
Il reste à montrer que la somme est directe. Soit donc x ∈ Ker(v) ∩ Ker(w). Alors
v(x) = 0E = w(x)
donc v(x) − w(x) = 0E . Or v(x) − w(x) = x, on a donc x = 0E , ce qui montre que la somme est
directe.

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6
2023

4. En choisissant une base de E adaptée à la somme directe E = Ker(v) ⊕ Ker(w), on aura une matrice
diagonale car Ker(v) et Ker(w) sont des sous-espaces propres de u.
5. Application
Dans cette question, E est de dimension trois. On munitE de la base B = (e1 , e2 , e3 ), et, dans cette
 1 1 0
 
base, on définit l’endomorphisme u par sa matrice U =  0 2 0.
 
−1 1 2
5.1. On a        
 1 3 0  3 3 0 2 0 0  1 3 0
       
U 2 =  0 4 0 et 3U − 2I3 =  0 6 0 − 0 2 0 =  0 4 0
       
−3 3 4 −3 3 6 0 0 2 −3 3 4
On a donc U 2 = 3U − 2I3 et u satisfait bien à la relation (?).
5.2. Par linéarité de la matrice associée à un endomorphisme, on sait que V = U−I3 et W = U−2I3 .
On a donc    
 0 1 0 −1 1 0
   
V =  0 1 0 et W =  0 0 0
   
−1 1 1 −1 1 0
.
 
 x
 
5.3. Soit y ∈ R3 .
 
z
On a    
 x 0 

y = 0

   
V y = 0 ⇐⇒   .
    x = z
z 0
Une base B1 de Ker(v) est donc B1 = (e1 + e3 )
On a également :    
 x 0
   
W y = 0 ⇐⇒ x = y.
   
z 0
Une base B1 de Ker(w) est donc B2 = (e3 , e1 + e2 ).
   
1 0 1 1 0 0
   
5.4. On pose P = 0 0 1 et D = 0 2 0. Par la formule du changement de base, P−1 UP est
   
1 1 0 0 0 2
la matrice de u dans la base B = (B1 , B2 ) c’est-à-dire la matrice diagonale D. On a donc bien
U = PDP−1 .

EXERCICE 2
Questions de cours

7/20

7
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α(α − 1) 2
1. Soit α un réel non nul. On a (1 − x)α = 1 − αx + x + o(x2 ). On en déduit que
2
1 − (1 − x)α ∼ αx
0

2. C’est la réponse (A) : ab = eb ln(a) :

******

Soit n un entier supérieur ou égal à 2

!n−1
1
3. Pour tout k ∈ N, on pose ak = 1 − 1 − k et pour k > 1, uk = ak−1 − ak .
2
X
3.1. La série uk converge si et seulement si la suite (ak )k∈N admet une limite finie car c’est une
série télescopique. Or
lim ak = 0
k→+∞

donc la série est bien convergente et sa somme vaut a0 − lim ak = 1.


k→+∞
n−1
3.2. D’après la question 1., on a ak ∼ .
+∞ 2k
D’après le théorème de comparaison des séries à termes positifs, la série de terme général ak
1
est de même nature qu’une série géométrique de raison donc convergente.
2

4. Étude d’une variable aléatoire


1 1 1 1
4.1. Soit k ∈ N, alors k+1 < k ≤ 1 puis 0 ≤ 1 − k < 1 − k+1 .
2 2 2 2
!n−1 !n−1 !n−1 !n−1
1 1 1 1
On a donc 1 − k < 1 − k+1 et enfin 1 − 1 − k+1 <1− 1− k .
2 2 2 2
La suite (ak ) est donc strictement décroissante, on a donc bien ∀k ≥ 1, uk > 0.
4.2. On a vu que ∀k ∈ N? , uk > 0. Le réel λ doit être tel que la X
somme de la série de terme général
λuk soit égale à 1. On a vu à la question 3.1. que la série uk a pour somme 1. Il faut donc
λ = 1.
4.3. On doit montrer que la série de terme général kuk est convergente et déterminer sa somme.
On fixe N ≥ 1 et on écrit
X N N
X
kuk = (kak−1 − kak ).
k=1 k=1

On veut faire apparaître une somme télescopique, on écrit donc


N
X N
X N
X
(kak−1 − kak ) = ((k − 1)ak−1 − kak ) + ak−1 .
k=1 k=1 k=1

8/20

8
2023

La première somme est télescopique et on fait un changement d’indice dans la seconde, on


obtient
XN N−1
X
kuk = −NaN + ai .
k=1 i=0

(n − 1)N
On a NaN ∼ d’après la question 1.. On a donc lim NaN = 0 et on a déja montré
X 2N N→+∞
que la série ai converge. Le membre de gauche admet une limite finie lorsque N tend vers
+∞ donc Xn admet une espérance. On la calcule en faisant tendre N vers +∞ :
X
+∞
E(Xn ) = kuk = S n .
k=1

5. 5.1. Pour p = 0, la convergence est immédiate. Prenons donc p ∈ N∗ .


La fonction f p est continue sur R+ . En +∞, on a f p (t) ∼ pe−t en utilisant l’équivalent de la
question 1.. La fonction t 7→ e−t est intégrable sur R+ et positive, on en déduit que f p est
intégrable sur [1, +∞[ est convergente. Ainsi, l’intégrale I p est bien convergente.
5.2. Soit p ∈ N. Alors, les deux intégrales étant convergentes, on a
Z +∞   Z +∞
−t p+1 −t p  p
I p+1 − I p = 1 − (1 − e ) − 1 − (1 − e ) dt = e−t 1 − e−t dt
0 0

p 1  p+1
Une primitive de t 7→ e−t 1 − e−t est t 7→ 1 − e−t . On a donc :
p+1
1
I p+1 − I p = .
p+1

1
5.3. On a montré à la question précédente que pour tout p ∈ N, I p+1 − I p = . On somme ces
p+1
égalités pour p variant de 0 à n − 2 :
n−2
X X n−2 
1
= I p+1 − I p .
p=0
p + 1 p=0
La somme de droite est télescopique, on obtient donc :
n−2
X 1
= In−1 − I0 .
p=0
p+1

On remarque que I0 = 0 puisque l’on a posé ∀t ∈ R, f0 (t) = 0. Par ailleurs, après changement
n−2
X n−1
X
1 1
d’indice, on a = . On a donc bien l’égalité souhaitée :
p=0
p + 1 k=1 k

n−1
X 1
= In−1
k=1
k

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2023

6. Un encadrement
1 1 1
6.1. Soit k ∈ N∗ . Pour tout t ∈ [k, k + 1], on a ≤ ≤ . Par croissance de l’intégrale, on a
k+1 t k
donc Z k+1
1 dt 1
≤ ≤
k+1 k t k
6.2. On a, pour tout k ∈ N∗ , Z k+1
dt 1

k t k
On somme ces inégalités pour k variant de 1 à n − 1, on obtient, en utilisant la relation de
Chasles :
Z n n−1
dt X 1
≤ ,
1 t k=1
k
donc [ln(t)]n1 ≤ In−1 puis
ln(n) ≤ In−1 .
Z k+1
1 dt
Montrons l’autre inégalité. On sait que pour tout k ≥ 1, ≤ . On somme ces
k+1 k t
inégalités pour k variant de 1 à n − 2, on obtient, en utilisant la relation de Chasles :
n−2
X Z n−1
1 dt
≤ .
k=1
k+1 1 t

On a donc
n−2
X 1
≤ ln(n − 1),
k=1
k+1
en calculant l’intégrale. Or, par changement d’indice dans la somme,
n−2
X X1 n−1
1
= = In−1 − 1.
k=1
k + 1 i=2 i

On a donc In−1 − 1 ≤ ln(n − 1) puis

In−1 ≤ 1 + ln(n − 1).

On a donc bien l’encadrement souhaité.


7. On commence par remarquer que la fonction gn est décroissante. En effet, t 7→ 2−t est décroissante
donc t 7→ 1 − 2−t est croissante.
n−1 n−1
La fonction t 7→ 1 − 2−t est également croissante donc t 7→ − 1 − 2−t est décroissante et
enfin gn est décroissante.
Soit k ∈ N. Par décroissance de la fonction gn , on a, pour tout t ∈ [k, k + 1] :

ak+1 ≤ gn (t) ≤ ak ,

10/20

10
2023

donc, par croissance de l’intégrale :


Z k+1
ak+1 ≤ gn (t)dt ≤ ak
k

On somme ces inégalités pour k variant de 0 à m − 1, on obtient, en utilisant la relation de Chasles :


m−1
X Z m m−1
X
ak+1 ≤ gn (t)dt ≤ ak .
k=0 0 k=0

On remarque que, par changement d’indice dans la première somme, on a


m−1
X m
X m
X
ak+1 = ai = ak .
k=0 i=1 k=1

On a donc bien l’encadrement souhaité.


8. Soit
Z β β un réel strictement positif. On fait le changement de variable u = ln(2)v dans l’intégrale
gn (v) dv. On sait que v varie de 0 à β donc u varie de 0 à ln(2)β. On a du = ln(2)dv donc
0
du
dv = et u = ln(2)v donc eu = 2v . On a donc
ln(2)
Z β Z β ln(2)   du Z β ln(2)
−u n−1 1
gn (v) dv = 1− 1−e = fn−1 (u)du.
0 0 ln(2) ln(2) 0

On a bien l’égalité souhaitée.


X
+∞
9. On sait que E(Xn ) = ak d’après la question 4.3.. On fait tendre m vers +∞ dans l’encadrement
k=0
de la question 7. :
m
X Z m m−1
X
−1 + ak ≤ gn (t)dt ≤ ak ,
k=0 0 k=0

ce qui est possible car les séries convergent.


On obtient Z +∞
E(Xn ) − 1 ≤ gn (t)dt ≤ E(Xn ).
0
Or, en faisant tendre β vers +∞ dans la question précédente, l’intégrale de fn sur [0, +∞[ étant
convergente, on obtient :
Z +∞ Z +∞
1 In−1
gn (t)dt = fn−1 (t)dt = .
0 ln(2) 0 ln(2)
On a donc bien
In−1
E(Xn ) − 1 6 6 E(Xn )
ln(2)

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10. On a vu que
ln(n) ≤ In−1 ≤ ln(n − 1) + 1,
donc
In−1 ln(n − 1) 1
1≤ ≤ + ,
ln(n) ln(n) ln(n)
!
1 ln(n − 1)
et ln(n−1) = ln(n)+ln 1 − donc → 1. Par encadrement, on en déduit que In−1 ∼ ln(n).
n ln(n)
En particulier. In → +∞.
On reprend maintenant l’encadrement trouvé à la question précédente, on le réécrit sous la forme
In−1 In−1
≤ E(Xn ) ≤ + 1.
ln(2) ln(2)
In−1 ln(n)
On a donc E(Xn ) ∼ donc E(Xn ) ∼ .
ln(2) ln(2)
Enfin, comme E(Xn ) = S n , on a trouvé un équivalent simple de S n en +∞.

EXERCICE 3
Soit n un entier supérieur ou égal à 2.
On désigne par E un espace vectoriel euclidien de dimension n.
Le produit scalaire de deux vecteurs x et y de E sera noté < x|y > et kxk représente la norme du vecteur x.
Pour tout vecteur u non nul de E, on note ϕu l’application de E dans lui-même définie par :
< x|u >
∀ x ∈ E, ϕu (x) = 2 u−x
< u|u >

1. Étude de l’application ϕu
1.1. Soient x, y ∈ E et λ ∈ R,
< λx + y | u >
ϕu (λx + y) = 2 u − (λx + y)
< u|u >
λ < x|u > + < y|u >
=2 u − λx − y
< u|u >
λ < x|u > < y|u >
=2 u+2 u − λx − y
< u|u > < u|u >
= λϕu (x) + ϕu (y).

Donc ϕu est bien un endomorphisme de E.

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12
2023

1.2. On remarque déjà que ϕu (u) = u. Puis, soit x ∈ E.


!
< x|u >
ϕu ◦ ϕu (x) = ϕu 2 u−x
< u|u >
< x|u >
=2 ϕu (u) − ϕu (x)
< u|u >
< x|u > < x|u >
=2 u−2 u+x
< u|u > < u|u >
=x

Ainsi, ϕu ◦ ϕu = idE . Donc ϕu est un automorphisme de E et ϕ−1


u = ϕu .
1.3.
* +
< x|u > < x|u >
h ϕu (x) | ϕu (x) i = 2 u−x 2 u−x
< u|u > < u|u >
< x | u >2 < x | u >2
=4 < u | u > −4 + < x|x >
< u | u >2 < u|u >
=< x | x >= kxk2

1.4. D’après la question précédente, ϕu est une isométrie. Elle conserve donc le produit scalaire.
1.5. Comme Du = Vect(u), on a ϕu (Du ) = Vect(ϕu (u)) = Vect(u) = Du .
Comme Du est stable par ϕu et que ϕu est une isométrie, Hu = D⊥u est stable par ϕu .
1.6. Comme ϕu ◦ ϕu = idE et ϕu est linéaire, ϕu est une symétrie. Comme c’est une isométrie, ϕu
est une symétrie orthogonale. De plus, pour tout x ∈ E,

ϕu (x) = −x ⇐⇒ < x | u >= 0

donc ϕu est la symétrie orthogonale par rapport à Du .


2. Étude d’un exemple dans le cas n = 3.
Soit H le sous-espace
  vectoriel de R3 muni de sa structure euclidienne canonique, constitué des
 x
 
vecteurs X = y tels que x + y + z = 0 .
 
z
 
1 n o
 
2.1. Soit u = 1. On remarque que H = X ∈ R3 | < X | u >= 0 = D⊥u . Autrement dit, H ⊥ = Du
 
1
1
est de dimension 1 et √ u en est une base orthonormale.
3
2.2. Soit p la projection orthogonale sur H ⊥ et notons
0
* e1 , e2 ,+e3 les vecteurs de la base canonique
u u
de R3 . Rappelons que pour tout x ∈ R3 , p0 (x) = x √ √ .
3 3

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1
En particulier, p0 (e1 ) = u = p0 (e2 ) = p0 (e3 ). Ainsi, la matrice de p0 dans la base canonique
3
est :  
1 1 1
1  
M 0 = 1 1 1
3 
1 1 1
Puis, la matrice M de la projection orthogonale p sur H dans la base canonique est :
 
 2 −1 −1
1  
M = I3 − M 0 = −1 2 −1
3 
−1 −1 2
1
2.3. Prenons v = √ u. Comme ϕv est la symétrie orthogonale par rapport à Dv = H ⊥ , on a
3
ϕv = idE −2p. La matrice de ϕv dans la base canonique de R3 est donc :
 
−1 2 2 
1  
−I3 + 2M 0 =  2 −1 2 
3 
2 2 −1

3. Étude d’une réciproque


Soit ψ un endomorphisme de E tel qu’il existe une droite vectorielle ∆ de E vérifiant :
∀ x ∈ ∆, ψ(x) = x et ∀ x ∈ ∆⊥ , ψ(x) = −x
3.1. Soit x ∈ E. Alors il existe a ∈ ∆ et b ∈ ∆⊥ tels que x = a + b. Donc ψ(x) = ψ(a) + ψ(b) = a − b,
puis, ψ ◦ ψ(x) = ψ(a − b) = a + b = x. Donc ψ ◦ ψ = idE .
Puis, < ψ(x) | ψ(x) >=< a − b | a − b >=< a | a > + < b | b > car a et b sont orthogonaux. De
plus, < x | x >=< a + b | a + b >=< a | a > + < b | b >=< ψ(x) | ψ(x) >.
Ainsi, ψ est une isométrie, donc conserve le produit scalaire.
3.2. D’après la question précédente, ψ est la symétrie orthogonale par rapport à ∆. Prenons donc
u ∈ ∆ non nul, de sorte que ∆ = Du . D’après la question 1.6., ϕu est la symétrie orthogonale
par rapport à Du = ∆, donc ϕu = ψ.

EXERCICE 4
Pour tout entier naturel n et tout réel x, on pose :
Z 1 n
In (x) = 1 − t2 cos(tx) dt .
0

1. Soit n ∈ N et soit x ∈ R. Comme le cosinus est pair,


Z 1  Z 1 n
2 n
In (−x) = 1 − t cos(−xt) dt = 1 − t2 cos(xt) dt = In (x)
0 0

Donc In est paire.

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 n
2. Soit f : (x, t) 7→ 1 − t2 cos(tx) :
- pour tout x ∈ R, la fonction t 7→ f (x, t) est continue sur [0, 1], donc intégrable sur [0, 1] ;
- pour tout t ∈ [0, 1], la fonction x 7→ f (x, t) est de classe C 1 sur R ;
∂f  n
- pour tout x ∈ R, la fonction t 7→ (x, t) = −t 1 − t2 sin(xt) est continue sur [0, 1] ;
∂x
∂f
- pour tout x ∈ R et tout t ∈ [0, 1], (x, t) ≤ 1, et la fonction t 7→ 1 est intégrable sur [0, 1].
1
∂x
Ainsi, la fonction In est de classe C sur R.
Z 1  n
0
3. Soit n ∈ N et x ∈ R. D’après la question précédente, In (x) = − t 1 − t2 sin(xt) dt. On effectue
  0
2 n
une intégration par parties en primitivant t 7→ −t 1 − t et en dérivant t 7→ sin(xt) :
"   #1 Z 1 n+1
1 2 n+1 x
In0 (x) = 1−t sin(xt) − 1 − t2 cos(xt) dt
2(n + 1) 0 2(n + 1) 0
x
=− In+1 (x)
2(n + 1)

4. On montre par récurrence sur k ∈ N que pour tout n ∈ N, In est de classe C k sur R : on a montré que
pour tout n ∈ N, In est de classe C 1 sur R à la question 2.. Puis, soit k ≥ 1 et supposons que pour
tout n ∈ N, In est de classe C k sur R. Prenons n ∈ N. Alors In+1 est de classe C k sur R et d’après la
question précédente, In0 l’est aussi. Donc In est de classe C k+1 sur R.
On conclut alors par récurrence, et la fonction In est de classe C ∞ sur R.
5. Calcul de In (0) pour n ∈ N
5.1. Soit p ∈ N. On effectue une intégration par parties : on dérive t 7→ (1 − t2 ) p+1 et on primitive
t 7→ 1,
   1 Z 1  p
2 p+1
I p+1 (0) = t 1 − t + 2(p + 1) t2 1 − t2 dt
0 0
= −2(p + 1)I p+1 (0) + 2(p + 1)I p (0)

2p + 2
Donc I p+1 (0) = I p (0).
2p + 3
n
Y
(2k)
k=1
5.2. Par récurrence, on obtient In (0) = n
I0 (0). Or I0 (0) = 1, donc
Y
(2k + 1)
k=1

n
Y n
Y
(2k) 2k
k=1 k=1 22n (n!)2
In (0) = n n
= .
Y Y (2n + 1)!
(2k + 1) (2k)
k=1 k=1

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6. En utilisant la formule du binôme, on obtient :


Z 1X n !
k n 2k
In (0) = (−1) t dt
0 k=0 k
Xn !
k n 1
= (−1)
k=0
k 2k + 1
X n
1
= n! (−1)k
k=0
(2k + 1) k ! (n − k) !

n
X (−1)k In (0) 22n n !
Ainsi, la somme cherchée vaut : = = .
k=0
(2k + 1) k ! (n − k) ! n! (2n + 1) !
X
+∞
(−1)n
7. Pour tout u ∈ R, cos(u) = u2n .
n=0
(2n)!
Z 1X  n
+∞ (−1)k 1 − t2 (xt)2k
8. Soit x ∈ R. D’après la question précédente, In (x) = dt.
0 k=0 (2k) !
 n
1 − t2 (xt)2k
Pour tout k ∈ N, on pose gk : t 7→ (−1)k qui est une fonction continue sur R.
(2k) !
x2k
Pour tout k ∈ N et tout t ∈ [0, 1], |gk (t)| ≤ qui est le terme général d’une série convergente
(2k) !
vers ch(x).
X
Donc gk converge normalement sur [0, 1]. On peut donc intégrer terme à terme :
 n !
+∞ Z
X 1 (−1)k 1 − t2 (xt)2k +∞ Z 1 
X 
2 n 2k (−1)k x2k
In (x) = dt = 1 − t t dt
k=0 0 (2k) ! k=0 0 (2k) !

Comme la série converge pour tout x ∈ R, la fonction In est développable en série entière sur tout
R.
9. Comme la fonction In est développable en série entière sur tout R, elle est de classe C∞ sur R.

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Rapport du jury

COMMENTAIRES

• Commentaires généraux
Malheureusement, il me faut reprendre presque intégralement les remarques générales faites l’an dernier
sur les copies :
- Les correcteurs ont signalé à plusieurs reprises un nombre important de copies mal ordonnées, mal
présentées, raturées.
La rédaction de la copie ne doit pas occasionner un jeu de piste pour l’examinateur : des questions ne sont
pas toujours traitées dans l’ordre au sein d’un même exercice, des candidats changent la numérotation
des questions d’un exercice, des questions d’exercices différents traitées à la suite sans indication pour le
correcteur...Cela ressemble à un mépris du correcteur difficilement acceptable.
les étudiants doivent s’appliquer à présenter une copie claire et propre.
Il est rappelé que les copies doivent être correctement numérotées, dans un ordre cohérent.
Notons que nous avons rencontré cette année des copies quasiment illisibles et donc lourdement pénali-
sées.
Rappelons aussi que l’orthographe fantaisiste donne une très mauvaise impression à la lecture de la copie.
- Il semble judicieux d’éviter d’utiliser des expressions telles que « il est trivial que », « par une récurrence
immédiate », « il est clair que » etc... : rappelons que toute proposition énoncée dans une copie se doit
d’être démontrée.
- Il ne suffit pas d’écrire « je peux utiliser le théorème car ses hypothèses sont vérifiées »... , il faut les
vérifier !
- Enfin, un exemple ne permet pas de démontrer un résultat général.
- Une nouveauté : des erreurs similaires sur des copies qui se suivent...
Le sujet comportait quatre exercices indépendants. Le premier exercice d’algèbre linéaire proposait la
diagonalisation explicite d’un endomorphisme d’un espace vectoriel de dimension finie avec une appli-
cation en dimension 3.
Le deuxième de probabilité et d’analyse s’intéressait à une suite de variables aléatoires et la détermination
d’un équivalent de leur espérance.
Dans le troisième exercice, d’algèbre bilinéaire, on proposait une étude de symétries orthogonales axiales.
Enfin, le quatrième exercice, d’analyse, portait sur quelques propriétés d’une intégrale à paramètres.
Ainsi, les quatre exercices constituant le sujet permettaient de parcourir les parties les plus classiques du
programme de deuxième année de classe préparatoire PC.
Les questions détaillées devaient permettre à un étudiant bien préparé de montrer toutes ses compétences.
Le bilan est mitigé avec très peu de bonnes copies. Nombre de candidats se contentent d’affirmer des
résultats sans les justifications ou les calculs indispensables.
On a trouvé un nombre non négligeable de copies très faibles où les questions sont ébauchées sans être
traitées.
- Signalons qu’une lecture attentive de la totalité du sujet permet souvent de comprendre l’architecture et
la démarche proposée dans chaque exercice.

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Il nous a semblé en effet que beaucoup de candidats lisent de plus en plus approximativement l’énoncé,
ce qui induit nombre d’erreurs facilement évitables : « donner sans démonstration » donne lieu à une
démonstration, « démontrer par récurrence » ne donne pas lieu à une récurrence, etc...
- Un trop grand nombre d’étudiants ne maîtrise pas les notions de base d’algèbre linéaire, même de
première année, ainsi que les théorèmes principaux d’analyse du programme de deuxième année de PC
et espèrent cependant venir à bout des questions posées en utilisant des recettes toutes faites bien souvent
mal comprises.
- Nous constatons de nouveau une très grande maladresse dans les calculs (parfois très simples) qui sont
trop rapidement abandonnés.
Il est parfois difficile de simplifier des expressions du type a − (b − c) !
Les opérations sur les puissances posent encore beaucoup de problème à nombre de candidats.
On trouve encore trop d’équivalents à 0...
Il manque souvent les restes des développements limités, restes que l’on découvre parfois dans les déve-
loppements en série entière...
De plus, trop de candidats ne manipulent pas correctement les quantificateurs, les implications, les équi-
valences, ce qui entraîne de grosses difficultés dans les démonstrations, voire des contradictions.
- Dans le même type d’erreurs, on constate une grande confusion dans beaucoup de copies entre variable
et paramètre : cela occasionne de grosses erreurs en particulier dans les intégrales à paramètre. Il est par
ailleurs curieux de voir des candidats chercher un équivalent de la fonction à intégrer au voisinage de +∞
alors que l’on intègre entre 0 et 1 !
Rappelons que lorsqu’il y a plusieurs variables qui interviennent, il est judicieux de préciser pour quelle
variable on cherche un équivalent : une écriture du style f (tx) ∼ ne veut pas dire grand chose...
0
- Enfin, notons une nouvelle fois que les examinateurs ne goûtent guère des arguments inventés ou falla-
cieux pour arriver à toute force au résultat annoncé dans l’énoncé.

Conclusion : Nous souhaitons obtenir dans la résolution des exercices proposés de la rigueur, une ré-
daction claire et lisible et une justification des résultats en utilisant à bon escient le cours : ainsi, nous
encourageons les candidats à rédiger le plus proprement, correctement et rigoureusement possible leurs
copies, en détaillant clairement les calculs effectués et les théorèmes utilisés à chaque étape de la résolu-
tion, sans forcément chercher à tout traiter de façon superficielle.
Nous rappelons enfin qu’il vaut mieux admettre clairement le résultat d’une question et avancer
dans la résolution du reste de l’exercice plutôt que de donner des arguments faux qui indisposent
nécessairement le correcteur.
Nous proposons chaque année dans ce rapport une correction détaillée du sujet et invitons vivement
les candidats à l’étudier attentivement.

• Commentaires par exercices


• Exercice 1
- Question 1. En général, la réponse est oui, mais avec des arguments parfois surprenant : puisque u
possède un polynôme annulateur, il est diagonalisable, polynôme souvent qualifié de caractéristique .
- Question 2. Les valeurs possibles des valeurs propres sont données sans trop de justifications.

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- Question 3. et 4. Certains candidats ont du mal à justifier correctement les résultats. Sans compter les
copies où tout est confondu : vecteurs, sous-espaces vectoriels et endomorphismes.
La notion de somme de sous-espace vectoriels est parfois confuse.
On a souvent vu :
• E = Im(v) +Im(w) =⇒ Im(v) = E - Im(w) !
• la somme des deux sous-espaces F et G est directe si, et seulement si F ∩ G = {0}...
L’utilisation de la distributivité de la composition par rapport à l’addition dans L (E) pose beaucoup de
problème.
- La question 5. est en général bien traitée. Les calculs étaient simples et la consigne de faire apparaître
ces dits calculs n’est pas toujours respectée : on insiste de nouveau sur le fait que les candidats doivent
lire attentivement l’énoncé. L’utilisation des endomorphismes v et w n’est pas toujours comprises, ce qui
amène les candidats à effectuer la diagonalisation de la matrice U directement.

• Exercice 2
Le développement limité demandé à la question 1. n’est pas toujours juste. On obtient souvent un équi-
valent comportant deux termes !
Globalement, dans tout l’exercice, le calcul algébrique pose encore beaucoup de problème à nombre de
candidats : il est difficile d’obtenir que 1 − (1 − t) = t et non −t, ce qui fausse tous les calculs...
Même des questions faciles (questions de cours, 3., 6.2. 6.1. etc...) souffrent souvent d’imprécision et
dénotent de beaucoup de confusion. X
L’erreur classique un tend vers 0 et donc la série un converge est malheureusement souvent rencontrée.
n>0
Dans la question 3., on constate une accumulation d’imprécisions, d’erreurs de calculs.
On manipule les sommes des séries sans se soucier de convergence...
La question 4.3. (espérance de Xn ) est rarement bien traitée.
Pour les convergences de séries et d’intégrales, les hypothèses de continuité et de positivité sont trop
souvent oubliées alors qu’il s’agit d’hypothèses cruciales.
L’étude de la convergence de l’intégrale I p est souvent remplacée par l’étude de la suite (I p ) p∈N .
Le calcul correct de I p+1 − I p est assez rare, souvent remplacé par des calculs faux de primitives ou des
manipulations d’intégrales divergentes.

• Exercice 3
D’une façon générale, cet exercice n’est pas réussi, beaucoup d’étudiants ne dépassant pas l’étude de la
linéarité de ϕ. Il semble que les notations aient découragé nombre de candidats.
Les calculs sur le produit scalaire manquent souvent de simplicité et les étudiants ont souvent du mal à
les mener jusqu’au bout.
Quelques erreurs fréquentes :
- le calcul de ϕu ◦ ϕu fait apparaître des produits ou des carrés de vecteurs,
- on rencontre des expressions de l’image de Du faisant apparaître des produits du vecteur u par la droite
Du ,
- la nature géométrique de ϕu est souvent donnée au hasard, sans aucune justification,
- la linéarité de ϕu est parfois établie et étudiant ϕλu+v
- la conservation du produit scalaire (bien qu’elle soit explicitement écrite dans l’énoncé) se résuma
souvent à ϕu (< x|y >) =< x|y >.

19/20

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2023

La question 2. permettait de sécuriser les étudiants. Cependant, reconnaître pour H l’équation d’un plan
de R3 et en trouver un vecteur normal est souvent insurmontable.

• Exercice 4
- Question 1. : Quelques rares candidats pensent que la fonction cos est impaire...
On constate une certaine confusion entre x et t dans l’intégrale.
- Question 2. : Question bien traitée par ceux qui pensent à bien utiliser le Théorème de classe C 1 des
intégrales à paramètres, ce qui n’est pas le cas de tous.
- Question 3. : Question elle aussi souvent bien traitée.
- Question 4. : On retrouve dans cette question toutes les difficultés de rédaction d’un raisonnement par
récurrence.
- Question 5. : Un calcul que l’on pouvait penser courant mais qui n’est pas toujours réussi avec beaucoup
d’erreurs sur les dérivées ou les primitives à utiliser.
Souvent, l’intégrale d’un produit est le produit des intégrales !
L’expression finale avec des factorielles est rarissime.
- Question 6. : Question rarement réussie.
- Question 7. : Une bonne partie des étudiants ne connaît ni le développement en série entière de la
fonction u 7→ cos(u), ni son domaine de validité.
- Les questions 8. et 9. sont rarement abordées.

Luc VALETTE

FIN

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2022
SESSION 2022 PC8M

ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE PC


____________________

MATHÉMATIQUES
Durée : 4 heures
____________________

N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie
et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.

RAPPEL DES CONSIGNES


• Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d’autres
couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en
évidence des résultats.
• Ne pas utiliser de correcteur.
• Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.
______________________________________________________________________________

Les calculatrices sont interdites.

Le sujet est composé de quatre exercices indépendants.

1/5

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2022

EXERCICE 1

Un sauteur tente de franchir des hauteurs successives numérotées 1, 2, ... , n, ...


Il ne peut tenter de passer la hauteur n + 1 que s’il a réussi les sauts aux hauteurs 1, 2, ... , n.
En supposant que le sauteur a réussi tous les sauts précédents, la probabilité de succès au n-ième saut
1
est : pn = . Ainsi, le premier saut est toujours réussi.
n
Pour tout k ∈ N∗ , on note S k l’évènement : « le sauteur a réussi son k-ième saut » et on note X la variable
aléatoire réelle égale au numéro du dernier saut réussi.
1. Rappeler sans démonstration la formule des probabilités composées.
2. Rappeler sans démonstration le développement en série entière au voisinage de 0 de la fonction
exponentielle.
3. Déterminer l’ensemble des valeurs prises par la variable aléatoire X.
4. Déterminer P([X = 1]).
5. Justifier que [X = 2] = S 1 ∩ S 2 ∩ S 3 . En déduire P([X = 2]).
6. Pour tout entier n  2, exprimer l’évènement [X = n] en fonction d’évènements du type S k .
7. Déterminer la loi de X.

+∞
8. Vérifier par le calcul que : P([X = n]) = 1.
n=1
9. Montrer que X possède une espérance et la calculer.

EXERCICE 2

Les théorèmes utilisés seront cités avec précision en s’assurant que toutes leurs hypothèses sont bien
vérifiées.
 π/2
n
Pour tout n ∈ N, on pose un = (−1) cosn (t) dt.
0

1. Étude de la convergence de la série de terme général un


1.1. Vérifier que la suite (|un |) est décroissante.
1.2. Montrer que la suite (|un |) tend vers 0.

1.3. Prouver que la série un converge.
n0
2. Calcul de la somme de cette série
t
2.1. Soit t un réel. Linéariser cos2 .
2
 π/2
1
2.2. En déduire I = dt.
0 1 + cos(t)
2.3. Intégration terme à terme ?
2.3.1. Déterminer une relation de récurrence entre |un+2 | et |un |.

2/5

22
2022

1
2.3.2. Démontrer par récurrence sur l’entier naturel n que l’on a : ∀ n ∈ N, |un |  .
n+1
2.3.3. Peut-on utiliser un théorème d’intégration
 terme à terme pour les séries de fonctions pour
calculer la somme de la série un ? On justifiera rigoureusement la réponse.
n≥0

π n
n n
2.4. On pose, pour tout t ∈ 0, et tout n ∈ N, vn (t) = (−1) cos (t) et Vn (t) = vk (t) .
2 k=0

En appliquant le théorème de convergence dominée à la suite de fonctions (Vn )n ∈ N ,


+∞

calculer la valeur de un .
n=0

EXERCICE 3

Soit n un entier supérieur ou égal à 3.


On note En = Rn muni de sa structure euclidienne canonique et B = (e1 , ..., en ) sa base canonique.
On considère les endomorphismes f et g de En définis par :
 n

    
 f (e1 ) = ei et ∀ j ∈ 2, n, f (e j ) = e1 + e j  et g = f − idEn .
i=1

1. Donner, dans la base B, F et G les matrices respectives des endomorphismes f et g.


2. Justifier que f et g sont diagonalisables.
3. Diagonalisation de f et de g dans une même base
3.1. Déterminer une base B1 de Im(g), le rang de g et une base B2 de Ker(g).
3.2. Montrer que Im(g) et Ker(g) sont supplémentaires orthogonaux dans En .

3.3. Démontrer que le spectre de l’endomorphisme g est : Sp(g) = {0, λ1 , λ2 } où les deux réels λ1
et λ2 sont non nuls et vérifient la relation λ1 + λ2 = 0. On choisira λ1 > 0.
3.4. On se propose de déterminer λ1 et λ2 par deux méthodes :

3.4.1. Méthode 1
(i) Démontrer que Im(g) et Ker(g) sont stables par g.
(ii) Déterminer la matrice H dans la base B1 de l’endomorphisme h de Im(g) induit
par g.
(iii) Déterminer les valeurs propres et sous-espaces propres associés de h.
(iv) En déduire, en le justifiant soigneusement, les valeurs de λ1 et λ2 .
3.4.2. Méthode 2
 
(i) Montrer que le spectre de g2 = g ◦ g est : Sp g2 = {0, λ21 , λ22 } .
(ii) Déterminer la matrice de l’endomorphisme g2 dans la base B.
(iii) En déduire, en fonction de n, la valeur de λ21 + λ22 .

3/5

23
2022

(iv) Retrouver alors les valeurs de λ1 et λ2 obtenues par la méthode 1.


 
∗ . . . ∗ ∗
 
1 ∗ . . . ∗
3.5. Déterminer une matrice P ∈ GLn (R) sous la forme P =  .. 
 . 
 
1 ∗ ... ∗
telle que P−1 G P = diag(λ1 , λ2 , 0, .., 0). On ne demande pas de déterminer P−1 .

3.6. Justifier que la matrice P−1 F P est diagonale.

4. Résoudre, pour t réel, le système différentiel : X  (t) = F X(t) + t U où U est la première colonne de
la matrice P.

EXERCICE 4
 +∞  2
sin(t)
On pose pour tout réel x, lorsque cela est possible, f (x) = e− x t dt .
0 t
1. Continuité de f
1.1. Montrer que l’on peut prolonger par continuité sur R+ la fonction définie sur R∗+ par :
 2
sin(t)
t → .
t
 2
sin(t)
+∞
1.2. Montrer que l’intégrale dt est convergente.
1 t
 2
sin(t)
1.3. En déduire que la fonction t → est intégrable sur R∗+ .
t
1.4. En déduire que la fonction f est définie et continue sur R+ .
2. Régularité de f
2.1. Soient a et b deux réels strictement positifs tels que 0 < a < b. On considère x ∈ [a, b].
2.1.1. Montrer que : ∀t  0, 0  | sin(t)|  t.
sin2 (t) −x t
2.1.2. Montrer que : ∀ t > 0, 0  e  t e−a t .
t
2.1.3. Montrer que : ∀ t > 0, 0  sin2 (t) e−x t  e−a t .
2.2. En déduire que f est de classe C 2 sur R∗+ et donner pour tout réel x strictement positif, une
expression de f  (x) sous forme intégrale.
3. Une autre expression de f 
On note i un nombre complexe vérifiant i2 = −1.
 
3.1. Montrer que : ∀ θ ∈ R, ∀ x > 0,  e(i θ−x) t  = e−x t .

4/5

24
2022

 
3.2. En déduire que : ∀ θ ∈ R, ∀x > 0, lim  e(i θ−x) t  = 0.
t→+∞
1 x
3.3. Démontrer alors que : ∀ x ∈ R∗+ , f  (x) = − .
2x 2(x + 4)
2

ei t − e−i t
On pourra utiliser la formule d’Euler : sin(t) = .
2i
4. Une autre expression de f
4.1. Démontrer que lim f (x) = 0.
x→+∞
4.2. Démontrer que lim f  (x) = 0.
x→+∞
  t
2
4.3. Calculer la dérivée de la fonction G définie sur R par : G(t) = t ln t + 4 − 2t + 4 arctan .
2
4.4. Déterminer alors, pour tout réel x strictement positif, une expression de f (x) à l’aide de fonc-
tions usuelles.
 +∞  2
sin(t)
5. Calculer alors la valeur de l’intégrale dt.
0 t

FIN

5/5

25
2022

Rapport du jury
COMMENTAIRES

• Commentaires généraux
Malheureusement, et même si nous avons constaté globalement un progrès dans les copies, il me faut
reprendre les remarques générales faites l’an dernier sur les copies :
- Les correcteurs ont signalé à plusieurs reprises un nombre important de copies mal ordonnées, mal
présentées (la rédaction de la copie ne doit pas occasionner un jeu de piste pour l’examinateur) : les
étudiants doivent s’appliquer à présenter une copie claire et propre.
Notons que nous avons rencontré cette année des copies quasiment illisibles et donc lourdement pénali-
sées.
Rappelons que l’orthographe fantaisiste donne une très mauvaise impression à la lecture de la copie.
- Il semble judicieux d’éviter d’utiliser des expressions telles que « il est trivial que », « par une récurrence
immédiate », etc... : rappelons que toute proposition énoncée dans une copie se doit d’être démontrée.
- Il ne suffit pas d’écrire « je peux utiliser le théorème car ses hypothèses sont vérifiées »... , il faut les
vérifier !
- Les liens entre les différentes relations équations ou inéquations sont rarement indiqués ou alors très
improprement. Le symbole ⇐⇒ n’est pas souvent utilisé à bon escient.
- Enfin, un exemple ne permet pas de démontrer un résultat général.

Les quatre exercices constituant le sujet permettaient de parcourir les parties les plus classiques du pro-
gramme de deuxième année de classe préparatoire PC.
Un trop grand nombre d’étudiants ne maîtrisent pas les notions de base d’algèbre linéaire, même de
première année, ainsi que les théorèmes principaux d’analyse du programme de deuxième année de PC
et espèrent cependant venir à bout des questions posées en utilisant des recettes toutes faites bien souvent
mal comprises.
Nous constatons aussi une grande maladresse dans les calculs (parfois très simples) qui sont trop rapide-
ment abandonnés.
Un nombre inquiétant d’étudiants a du mal à développer (a + b)2 ou (a − b)2 .
Enfin, notons une nouvelle fois que les examinateurs ne goûtent guère des arguments inventés ou falla-
cieux pour arriver à toute force au résultat annoncé dans l’énoncé.

Conclusion : Nous demandons dans la rédaction des exercices constituant du sujet de la rigueur et une
justification des résultats proposés en utilisant le cours : ainsi, nous encourageons les candidats à rédiger
le plus proprement, correctement et rigoureusement possible leurs copies sans forcément chercher à tout
traiter de façon superficielle.

Nous rappelons qu’il vaut mieux admettre le résultat d’une question clairement et continuer à trai-
ter le reste de l’exercice plutôt que de donner des arguments faux qui indisposent nécessairement
le correcteur.

Nous proposons chaque année dans ce rapport une correction détaillée du sujet et invitons vive-

17/19

26
2022

ment les candidats à l’étudier attentivement.

• Commentaires exercice par exercice


Dans cette partie du rapport, nous avons voulu insister sur les points les plus négatifs rencontrés lors de
la correction des copies, ceci afin d’aider les étudiants à ne pas faire ce genre d’erreurs, parfois grossières
et souvent faciles à éviter.

Exercice 1

- Les étudiants confondent probabilités composées , définition de la probabilité conditionnelle et proba-


bilités totales.
- Il y a parfois confusion entre évènement et probabilité de cet évènement : P(X = 1) = p1 × p2 ou
intersection de probabilités, ...
- Rappelons que l’ensemble des valeurs prises par la variable aléatoire X se note X(Ω) et non Ω(X).
- Le fait qu’un évènement soit un ensemble semble inconnu par un grand nombre de candidats.
- Nombres de candidats ne sont pas choqués de trouver P(X = 1) = 1 et se livrent à d’invraisemblables
1 1 1
pirouettes pour ne pas remettre en question ce résultat : par exemple, « 1 + + + ... + = 1n » !
2 3 n
- L’hypothèse P(A1 ∩ ... ∩ An−1 ) , 0 n’apparaît que très rarement.
- Il est étonnant de constater que certains étudiants sont incapables d’écrire le développement en série
entière autour de 0 de la fonction exponentielle ou de donner un domaine de convergence juste. On a
X1
parfois trouvé des développements limités où e x = lim .
x→0 x

Exercice 2

Notons quelques erreurs parmi les plus courantes :


1.
- Une suite décroissante et minorée par 0 ne converge pas forcément vers 0.
- Pour pouvoir appliquer le Critère spécial des séries alternées, encore faut-il avoir démontré qu’il s’agit
d’une série alternée.
Il n’y a pas d’hypothèse de convergence
X absolue dans ce critère.
- Comme lim |un | = 0, alors la série un converge.
n→+∞
n>0
- La décroissance de la fonction cos (où ?) ne justifie pas la décroissante de la suite (|un |)n∈N .
- Le fait que |u0 | > |u1 | ne permet
Z pas non plus de conclure à la décroissance de la suite (|un |)n∈N .
1
- Rappelons que la formule : cosn (x) dx = sinn+1 (x) est fausse.
n+1
- Enfin pour ceux qui ont tenté d’utiliser la règle de d’Alembert, le quotient d’intégrales n’est pas égal à
l’intégrale du quotient.
2.
et + e−t
- Formules d’Euler mal connues : cos(t) = etc...
2

18/19

27
2022

- Plusieurs candidats concluent à la question 2.2. à une erreur d’énoncé puisque l’on n’a pas défini I.
- On rencontre encore dans un raisonnement par récurrence comme hypothèse de récurrence : « supposons
que la propriété Pn soit vraie pour tout n ∈ N ».
X1 X
- Beaucoup trop de candidats déclarent que les séries et 1n sont convergentes. On a même vu
n>1
n n>1
X
+∞
1
que = 1!
n=1
n

Exercice 3

Globalement, l’exercice n’est pas bien traité et cela nous interroge sur les connaissances des étudiants en
algèbre linéaire.
Quelques erreurs, les plus courantes.
- Apparition de vecteurs dans les matrices F et G.
- La notion de « stabilité d’un sous-espace vectoriel par un endomorphisme » se confond avec celle de
« stabilité d’un sous-espace vectoriel par combinaisons linéaires ».
- Des étudiants tentent de prouver que deux sous-espaces vectoriels sont orthogonaux en effectuant le
produit scalaire de ces sous-espaces.
- Certains candidats pensent que la matrice In est la matrice dont tous les éléments sont égaux à 1.
- Le lien entre la trace et les valeurs propres distinctes d’une matrice diagonalisable ne fait pas intervenir
l’ordre de multiplicité des valeurs propres sur beaucoup de copies.
- Pour montrer que le rang de la matrice G vaut 2, l’argument C2 = C3 = ... = Cn et C1 , C2 ne suffit pas.
- Un nombre inquiétant de candidats ne sait pas effectuer correctement un produit matriciel.

Exercice 4

Ici encore, notons les erreurs les plus fréquemment rencontrées :


- Beaucoup d’étudiants tentent de dériver la fonction t 7→ | sin(t)| − t.
- La dérivation d’une fonction composée n’est pas maîtrisée chez trop de candidats.
- Les étudiants manipulent les équivalents comme des développements limités.
- On a rencontré une grande confusion entre les termes « intégrable » et « possède une primitive ».
- Noter que l’existence des Théorèmes d’interversion est globalement connue. Leur restitution est souvent
maladroite, ceci dû à de gros problèmes de rédaction.
- Rappelons que l’assertion : « f intégrable »n’a aucun sens si l’on ne précise pas sur quel intervalle cette
propriété est vraie.
!2
sin(t)
- Trop d’étudiants ont trouvé que la dérivée de la fonction f était e−xt en se contentant de
Z t
supprimer le symbole de la définition de la fonction f .
- Enfin, prolonger une fonction en un point ne rend pas forcément cette fonction continue en ce point.

FIN
19/19

28
2021
SESSION 2021 PC8M

ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE PC


____________________

MATHÉMATIQUES

Durée : 4 heures
____________________

N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie
et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.

RAPPEL DES CONSIGNES


 Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d’autres
couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en évidence
des résultats.
 Ne pas utiliser de correcteur.
 Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.
___________________________________________________________________________________

Les calculatrices sont interdites.

Le sujet est composé de quatre exercices indépendants.

1/4 29
2021

Exercice 1
 (−1)n+1
1. Justifier que la série converge.
n1
n
2.
+∞ 
 1   1
2n dx
2.1. Démontrer que l’on a : .
x (1 − x) dx =
n=0 0 0 1 + x
On pourra utiliser un théorème d’intégration terme à terme.

+∞
(−1)n+1
2.2. En déduire la valeur de : .
n=1
n

+∞
xn
3. Déterminer l’ensemble de définition de la fonction ϕ : x → (−1)n+1 .
n=1
n
Calculer ϕ(1).
4.
 1
1−x
4.1. Calculer l’intégrale : dx.
0 1 + x2

+∞  1 
n 2n
4.2. En calculant de deux façons différentes (−1) x (1 − x) dx , déterminer la valeur
n=0 0

+∞
(−1)n
de la somme : S = , après en avoir justifié l’existence.
n=0
(2n + 1)(2n + 2)

Exercice 2
Question de cours
Soit f une fonction continue sur R et intégrable sur ] − ∞, −1].
 x
1. Soient a ∈ R et F1 la fonction qui à tout x de R associe f (t) dt.
a
Justifier que F1 est de classe C 1 sur R et déterminer l’expression de F1 (x) pour tout x de R.
 x
2. Justifier que la fonction F qui à tout x de R associe f (t) dt est de classe C 1 sur R et déter-
−∞
miner l’expression de F  (x) pour tout x de R.

******

Pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 2, on note En l’espace vectoriel des fonctions polyno-
miales de degré inférieur ou égal à n.
Pour tout k ∈ 0, n, on note ek la fonction réelle de la variable réelle t → tk et B = (ek )k∈0,n la base
canonique de En .
On note D l’endomorphisme dérivation de En et Id l’endomorphisme identité de En .
3. Soit k ∈ N. Montrer que la fonction fk : t → tk et est intégrable sur ] − ∞, −1].
4. Soit f ∈ En . Montrer que l’on définit sur En une application
 linéaire L en posant g = L( f ) avec :
x
∀ x ∈ R, g(x) = e−x f (t) et dt.
−∞

30 2/4
2021

5. Soit g ∈ En tel que g = L( f ).


Montrer que g est solution sur R de l’équation différentielle : y + y = f (x).

6. En déduire Ker(L).

7.
7.1. Calculer L(e0 ).

7.2. Montrer que pour tout entier naturel k ∈ 0, n − 1, L(ek+1 ) = ek+1 − (k + 1) L(ek ).

7.3. En déduire que L est un endomorphisme de En .

8. Prouver que L est un automorphisme de En .

9. Recherche des sous-espaces propres de L


Soient λ une valeur propre de L et f un vecteur propre associé.
9.1. Justifier que λ  0.
9.2. Montrer que f est solution sur R de l’équation différentielle : λy + (λ − 1)y = 0 (∗).
9.3. Résoudre dans R l’équation différentielle (∗).
9.4. Déterminer les solutions polynomiales de l’équation différentielle (∗).

9.5. En déduire les valeurs propres de l’endomorphisme L et déterminer les vecteurs propres
associés.
L’endomorphisme L est-il diagonalisable ?
10. Comparer L−1 et D+ Id.

11. Déterminer la matrice M de L−1 dans la base B.

12. Déterminer les valeurs propres de L−1 . Retrouver alors les valeurs propres de L.

Exercice 3
1. On note γ la racine positive du trinôme x2 − x − 1. Justifier que γ > 1 et que la deuxième racine
1
est − .
γ


an+1 = bn

2. Soient (an ) et (bn ) définies par b0 = 0, b1 = 1 et les relations de récurrence : ∀n ∈ N, 
 .
b = a + b
n+1 n n

2.1. Montrer que pour tout entier n strictement positif : bn+1 = bn + bn−1 .
2.2. Parmi les réponses proposées, une seule est l’expression correcte de bn valable pour tout
entier naturel n. Laquelle ?

γn (−1)n+1 (−1)n+1 γn 1 γn (−1)n+1


(1) √ + √ ; (2) √ + √ ; (3) √ + √ .
5 γn+1 5 5 γ 5
n 5 γn 5

2.3. Exprimer, pour tout n ∈ N, an en fonction de n.


2.4. Démontrer que pour n ∈ N, γn = an + bn γ.

3/4 31
2021

 
a
3. On pose, pour tout n ∈ N, Vn = n .
bn
Déterminer une unique matrice M ∈ M2 (R) telle que : Vn+1 = M Vn .
4. Justifier que la matrice M est diagonalisable et déterminer ses éléments propres.
5. Montrer que l’on a : ∀ n ∈ N, M n = an I2 + bn M.
n
Mk
6. Pour tout n ∈ N, on pose : Cn = .
k=0
k!
Montrer que la suite (Cn )n∈N converge et déterminer sa limite C à l’aide de γ et des matrices I2
et M.  γ 
e 0
7. Démontrer que la matrice C est semblable à la matrice ∆ = .
0 e−1/γ

Exercice 4
Soient n ∈ N∗ et E = Rn [X]. On note (P0 (X) = 1, P1 (X) = X, ..., Pn (X) = X n ) la base canonique de E.
Soit (a j ) j∈0,n une famille de réels distincts deux à deux.
n

Pour tout couple (P, Q) d’éléments de E, on pose : (P|Q) = P(a j )Q(a j ).
j=0

1. Vérifier que l’on définit ainsi un produit scalaire sur E.


2. Soit P un polynôme de E, calculer (P|P0 ).
n
X − ak
3. Pour tout j ∈ 0, n, on considère le polynôme L j (X) = .
k=0
a j − ak
k j


1 si i = j

3.1. Démontrer que, pour tout couple (i, j) ∈ 0, n2 , L j (ai ) = 
 .
0 sinon
3.2. Prouver que la famille B = (L j ) j∈0,n est une famille orthogonale pour le produit sca-
laire ( | ).
3.3. En déduire que B est une base de E et qu’elle est orthonormale.
3.4. Déterminer les composantes d’un polynôme P de E dans la base B.
n
3.5. Déterminer L j.
I M P R I M E R I E N A T I O N A L E – 21 1165 – D’après documents fournis
j=0

n

4. Soit H l’ensemble des polynômes P de E tels que P(a j ) = 0.
j=0
4.1. Montrer que H est un sous-espace vectoriel de E.
4.2. Déterminer H ⊥ et en déduire la dimension de H.
5. Soit Q un polynôme de E.
5.1. Déterminer le projeté orthogonal de Q sur H ⊥ .
5.2. Déterminer la distance de Q au sous-espace vectoriel H.

FIN

32 4/4
2021

CORRECTION

Exercice 1.
1. On reconnaît une série alternée.
!
1
La suite est positive, décroissante et tend vers 0.
n n∈N∗

X (−1)n+1
Alors, d’après le critère spécial des séries alternées, la série converge
n>1
n

2.
2.1. Nous allons appliquer, comme l’indique l’énoncé, le Théorème d’intégration terme à
terme.
Z 1
1 1
On remarque tout d’abord que pour tout n > 0, x2n (1 − x) dx = − =
0 2n + 1 2n + 2
1
.
(2n + 1)(2n + 2)
Alors, d’après le cours, comme :
X X
- pour tout x ∈ [0, 1[, x2n (1 − x) = (1 − x) x2n qui est une série géométrique
n>0 X n>0
2 2n
de raison x ∈ [0, 1[ et ainsi, la série x (1 − x) de fonctions continues sur [0, 1[
n>0
1 1
converge simplement sur [0, 1[ vers la fonction x 7→ (1 − x) · = ;
1−x 2 1+x
X 1 1 1
- la série converge car ∼ 2.
n>0
(2n + 1)(2n + 2) (2n + 1)(2n + 2) 4n
On peut appliquer le théorème d’intégration terme à terme, et donc :

+∞ Z
X 1 Z 1 X
! +∞

 Z 1
2n 

 2n dx
x (1 − x) dx = x (1 − x) dx =
n=0 0 0 n=0 0 1+x

2.2. Pour tout N ∈ N,


N Z
X 1 ! N
X !
2n 1 1
x (1 − x) dx = −
n=0 0 n=0
2n + 1 2n + 2
2N+2
X 2N+2
X 1
1
= −
k=1,k impair
k k=1,k pair k
2N+2
X (−1)k+1
=
k=1
k

On fait alors tendre N vers l’infini, ce qui donne :

5/20 33
2021

X
+∞ +∞ Z
X 1 ! Z 1
(−1)n+1 2n dx
= x (1 − x) dx = d’après la question précédente.
n=1
n n=0 0 0 1+x
Z 1
dx
Il reste à calculer cette intégrale : = [ln(1 + x)]10 = ln(2) − ln(1) = ln(2) pour
0 1+x
obtenir :

X
+∞
(−1)n+1
= ln(2)
n=1
n

3. Il s’agit dans cette question de déterminer l’ensemble des réels x pour lesquels la série proposée
converge.
X xn
Cela revient à trouver le rayon de convergence de la série entière (−1)n+1 .
n>1
n
Par exemple :
n
!
n+1 x
• Si |x| > 1, alors la suite (−1) diverge. Ainsi, la fonction ϕ n’est pas définie pour
n n∈N∗
|x| > 1.
|x|n X
• Si |x| < 1, alors pour tout n > 1, 6 |x|n et la série |x|n est une série géométrique
n n>1
X n
n+1 x
convergente. Ainsi, dans ce cas, la série (−1) est absolument convergente et ϕ est au
n>1
n
moins définie sur ] − 1, 1[.
• Si x = 1, d’après la question 1., ϕ(1) est bien définie et ϕ(1) = ln(2)

(−1)n 1
• Si x = −1, le terme générique de la série proposée s’écrit (−1)n+1 = − qui est le terme
n n
générique d’une série qui diverge.

Conclusion : ϕ est définie sur ] − 1, 1]

4.

4.1. Le dénominateur de la fraction rationnelle à intégrer étant 1 + x2 , dans le cours, on sait in-
1 2x
tégrer soit , soit . Il faut donc faire apparaître ces deux fractions rationnelles :
1 + x2 1 + x2

Z 1 Z 1 Z 1
1−x 1 x
dx = dx − dx
0 1 + x2 0 1+ x
2
0 1+ x
2
" #1
1 1 2
= [arctan(x)]0 − ln(1 + x )
2 0
π 1
= − ln(2)
4 2
4.2. - Une première façon de calculer la somme proposée est de faire comme dans la question
2.1. en appliquant le théorème d’intégration terme à terme :

34 6/20
2021

1 1 X (−1)n
• ∼ 2 , et la série est absolument convergente.
(2n + 1)(2n + 2) 4n n>0
(2n + 1)(2n + 2)
X
+∞
1
• On remarque ensuite que pour tout x ∈ [0, 1[, (−1)n x2n (1 − x) = (1 − x) · ,
n=0
1 + x2
et donc :
X
+∞ Z 1 Z 1 X
! +∞



(−1) n 2n
x (1 − x) dx =  (−1) x (1 − x) dx
n 2n

n=0 0 0 n=0
Z 1
1−x
dx =
0 1+ x
2

π 1
= − ln(2).
4 2
- Mais on peut aussi commencer par calculer l’intégrale dans la somme :
Z 1
n (−1)n
pour tout n ∈ N, (−1) x2n (1 − x) dx = .
0 (2n + 1)(2n + 2)
En conclusion, on a donc :
X
+∞
(−1)n π 1
S = = − ln(2).
n=0
(2n + 1)(2n + 2) 4 2

Exercice 2.
Question de cours
Soit a un nombre réel. On note I =] − ∞, a[ et f une fonction continue et intégrable sur I.
1. Comme la fonction f est continue sur I et d’après le théorème fondamental de l’analyse, la
fonction F1 est de classe C 1 sur I et pour tout x ∈ I, F10 (x) = f (x).
,→ Pour bien voir ce dernier résultat : si H Zest une primitive de la fonction f sur I (qui existe
x
puisque f est continue sur I), alors F1 (x) = f (t) dt = H(x) − H(a).
a

Comme H(a) est une constante, il vient naturellement : ∀ x ∈ I, F10 (x) = H 0 (x) = f (x)

2. Comme f est continue et intégrable sur I, la fonction F est bien définie sur I.
L’idée est de se ramener à la question précédente.
On va couper cette intégrale en deux morceaux en introduisant un b ∈ I.
Z b Z x
Alors, pour tout x ∈ I, F(x) = f (t) dt + f (x) dt.
−∞ b
Z b
Or, f (t) dt est une constante et donc, d’après la question précédente, la fonction F est de
−∞

classe C 1 sur I et pour tout x ∈ I, F 0 (x) = f (x)

7/20 35
2021

******

Pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 2, on note En l’espace vectoriel des fonctions polyno-
miales de degré inférieur ou égal à n.
Pour tout k ∈ ~0, n, on note ek la fonction réelle de la variable réelle t 7→ tk et B = (ek )k∈~0,n la base
canonique de En .
On note D l’endomorphisme dérivation de En et Id l’endomorphisme identité de En .

3. Soient k ∈ N.
La fonction fk est continue sur ] − ∞, −1].
!
1
On a facilement | fk (t)| = o 2 par croissances comparées.
t→+∞ t
1
Or la fonction t 7→ 2 est intégrable sur ] − ∞, −1].
t

On en déduit (Théorème de comparaison) que : ∀ k ∈ N, fk est intégrable sur ] − ∞, −1]

,→ Noter que cela entraîne que pour tout k ∈ N, les fonctions Zfk sont intégrables Z −1 sur tout
c
intervalle ]−∞, c] où c est un réel quelconque : il suffit d’écrire que fk (t) dt = fk (t) dt+
Z c −∞ −∞

fk (t) dt.
−1

4. • On commence par vérifier que l’application L est bien définie :


Pour toute fonction f de En , t 7→ f (t)et est une combinaison linéaire des f0 , f1 , . . . , fn .
En utilisant alors la question précédente, on peut affirmer que la fonction t 7→ f (t)et est inté-
grable sur ] − ∞, x] pour tout réel x, ce qui prouve que l’application L est bien définie.
• Prouvons la linéarité de L :
Soient f et h deux éléments de En et λ un réel. Alors, pour tout x ∈ R,
Z x
L(λ f + g)(x) = e−x
(λ f + g)(t)et dt
−∞
Z x Z x
t
= λe−x
f (t)e dt + e−x
g(t)et dt
−∞ −∞
= λL( f )(x) + L(g)(x).

Ainsi, L est une application linéaire.


,→ On aurait aussi pu dire que la linéarité de L découlait directement de la linéarité de l’inté-
grale.

Conclusion : L est une application linéaire sur En

5. Soit x ∈ R.
La fonction t 7→ f (t)et étant continue
Z et intégrable sur ]−∞, x], en utilisant la question de cours,
x
on obtient que la fonction x 7→ f (t) et dt est de classe C 1 sur R et par suite, que g est de
−∞

36 8/20
2021

classe C 1 sur R.
De plus, toujours d’après la question de cours, pour tout réel x, g0 (x) = −g(x) + e−x f (x) e x =
−g(x) + f (x).

Cela revient à dire que : g est solution sur R de l’équation différentielle : y0 + y = f (x)

6. Une fonction f est dans Ker(L) si et seulement si g = L( f ) = 0.


Or d’après la question précédente, g = L( f ) ⇐⇒ g0 + g = f .
Ainsi, f ∈ Ker(L) ⇐⇒ f = 0En où 0En est la fonction nulle de En puisque g est nulle.

Conclusion : Ker(L) = {0En }

7.
Z x
7.1. Pour tout x ∈ R, L(e0 )(x) = e −x
et dt = e−x e x = 1. Ainsi, L(e0 ) = e0
−∞

7.2. Soit k ∈ ~0, n − 1.


On va faire une intégration par parties, qui est licite car :
• les fonctions t 7→ tk+1 et t 7→ et sont de classe C 1 sur R,
• la limite lim tk+1 et existe et vaut 0 par croissances comparées,
t→−∞

• les fonctions sont intégrables sur ] − ∞, c] pour tout c réel.


Ainsi, on a donc pour tout x ∈ R :
Z x
L(ek+1 )(x) = e −x
tk+1 et dt
−∞
h ix Z x !
=e −x
tk+1 et (k + 1)t e dt
− k t
−∞
−∞
Z x !
k+1 x k t
= e−x x e − (k + 1) t e dt
−∞
= ek+1 (x) − (k + 1)L(ek )(x).

ce qui prouve bien que : ∀ k ∈ ~0, n − 1, L(ek+1 ) = ek+1 − (k + 1) L(ek )

7.3. Pour montrer que L est un endomorphisme de En , il reste à montrer que ∀ f ∈ En , L( f ) ∈


En .
Or, comme on sait que L est linéaire et que B = (e0 , e1 , ..., en ) est une base de En , il suffit
de montrer que ∀ k ∈ ~0, n, L( fk ) ∈ En .
Pour ce faire, nous allons raisonner par récurrence sur k ∈ ~0, n.
- Initialisation : d’après la question 7.7.1., L(e0 ) = e0 ∈ En , donc la propriété est vraie
pour k = 0.

9/20 37
2021

- Hypothèse de récurrence : Supposons que pour un k ∈ ~0, n − 1, L(ek ) ∈ En .


Montrons maintenant que L(ek+1 ) ∈ En .
D’après la question précédente, L(ek+1 ) = ek+1 − (k + 1) L(ek ).
Alors, en utilisant hypothèse de récurrence et le fait que En est un espace vectoriel,
on obtient que L(ek+1 ) est un élément de En .

Conclusion : D’après le principe de récurrence, pour tout k ∈ ~0, n, L(ek ) ∈ En

Ainsi, d’après la remarque faite au début de la question, L est un endomorphisme de En

8. D’après la question 6., L est injective.


On vient de démontrer que L est un endomorphisme de En qui est de dimension finie, et donc,

L est un automorphisme de En

9. Recherche des sous-espaces propres de L.


Soit λ une valeur propre de L et f un vecteur propre associé.
9.1. D’après la question 6., L est injective, donc 0 n’est pas valeur propre de L.

9.2. Puisque f est un vecteur propre associé à la valeur propre λ, la fonction f vérifie L( f ) =
λf.
En utilisant la question 5., λ f est solution de l’équation différentielle y0 + y = f .
Autrement dit, f vérifie λ f 0 + λ f = f , ce qui revient à λ f 0 + (λ − 1) f = 0.

Conclusion : f est solution de l’équation différentielle (∗)

!
0 1
9.3. Comme λ , 0, l’équation différentielle se réécrit y + 1 − y=0
λ
Donc :
• Si λ = 1, alors l’équation différentielle se réécrit : y0 = 0, dont les solutions sont les
fonctions constantes.
• Si λ , 1, alors les solutions sont les fonctions x 7→ Ke(−1+ λ ) x , avec K ∈ R.
1

9.4. • Si λ = 1, alors les solutions sont constantes et sont donc polynomiales.


1
• Si λ , 1, les fonctions x 7→ Ke(−1+ λ ) x ne sont polynomiales que si K = 0 car −1 + ne
1

λ
s’annule pas.

Ainsi, les seules solutions polynomiales de l’équation (∗) sont les fonctions constantes

38 10/20
2021

9.5. Soit λ une valeur propre de L et f un vecteur propre associé.


Alors f est polynomiale (dans En ) et est solution de (∗).
Ainsi, d’après la question précédente, la seule possibilité est λ = 1 et f ∈ Vect(e0 ).
Conclusion : L’endomorphisme L n’a qu’une seule valeur propre, et le sous espace
propre associé est de dimension 1.

Comme En est de dimension n+1 > 1 (car n > 2), on en déduit que L n’est pas diagonalisable

10. Soit f ∈ En et g = L( f ).
On a vu à la question 5. que : g = L( f ) ⇐⇒ g0 + g = f ⇐⇒ (D + Id)(g) = f
Mais aussi, g = L( f ) ⇐⇒ f = L−1 (g) puisque l’on sait que L est un automorphisme de EDn .
On en déduit alors que L−1 = D + Id.
11. Pour tout k ∈ ~1, n, L−1 (ek ) = (D+Id)(ek ) = kek−1 + ek , et L−1 (e0 ) = e0 .
Donc  
1 1 0 ··· 0
 .. .. 
0 1 2 . . 
 
M =  ... 0 1
..
. 0
 
 .. .. ..
 . . . n

0 0 ··· 0 1

12. La matrice M est triangulaire supérieure et ses coefficients diagonaux sont tous égaux à 1.

Donc Sp(L−1 ) = {1}

Ensuite :
λ est valeur propre de L si et seulement s’il existe f ∈ En \ {0En } telle que L( f ) = λ f , soit encore
1
f = L−1 ( f ).
λ
1
Autrement dit λ est valeur propre de L ssi est valeur propre de L.
λ

Conclusion : Sp(L) = {1}

Exercice 3.
1. D’après les relations coefficients racines, les racines, on a, en notant r1 et r2 les racines de
l’équation :


 r r = −1 (1)
 1 2


 et

 r + r = 1 (2)
1 2

11/20 39
2021

Comme le discriminant ∆ = 5 > 0, les deux racines sont réelles et de signe contraire d’après
(1).
1
En utilisant les notations de l’énoncé, les deux racines s’écrivent donc, d’après (1) : γ et − .
γ
−1 1
De plus, γ = 1 − =1+ >1
γ γ
2. Soit (an ) et (bn ) définies par b0 = 0, b1 = 1, et les relations de récurrence :


an+1 = bn

∀n ∈ N, 
bn+1 = an + bn

2.1. Soit n un entier strictement positif. Alors an = bn−1 , donc bn+1 = an + bn = bn−1 + bn .
!
1 1
2.2. • Pour la première, en prenant n = 0, on trouve b0 = √ 1 − , 0, donc cette expres-
5 γ
sion ne convient pas.
1
• Comme les racines de l’équation caractéristique associée à la suite (bn ) sont γ et − ,
γ
n
(−1)
l’expression doit être une combinaison linéaire de γn et . La seconde expression est
γn
1
une combinaison linéaire de (−γ)n et n , ce qui ne convient pas.
γ

Ainsi, la troisième expression est l’expression correcte

γn (−1)n+1
2.3. Par définition des suites (an ) et (bn ), pour tout entier naturel n, an+1 = bn = √ + √ .
5 γn 5

De plus, a0 = b1 − b0 = 1, et
!
γ−1 1 1 1
√ + √ = √ γ+
5 γ−1 5 5 γ
 √ 
1  1 + 5 2 
= √  + √ 
5 2 1+ 5
 √ √ 
1  1 + 5 1 − 5 
= √  + 
5 2 2
=1

γn−1 (−1)n
Donc, ∀ n ∈ N, an = √ + √
5 γn−1 5

2.4. On peut soit procéder par récurrence, ou bien utiliser les expressions trouvées précédem-
ment :

40 12/20
2021

Soit n ∈ N,
γn−1 (−1)n γn+1 (−1)n+1
an + bn γ = √ + √ + √ + √
5 γn−1 5 5 γn−1 5
γn−1 γn+1
= √ + √
5 5!
n
γ 1
= √ γ+
5 γ
n

en répétant le calcul de la question précédente.
!
0 1
3. En posant M = , on vérifie alors directement que Vn+1 = M Vn .
1 1
4. Le polynôme caractéristique de M est
λ −1
χ M (λ) = = λ2 − λ − 1.
−1 λ − 1
1
Or, ce polynôme a deux racines γ et − qui sont distinctes (une est strictement positive, l’autre
γ
strictement négative). Il est donc scindé à racines simples. La matrice M est diagonalisable.
On aurait aussi pu dire que comme M est une matrice symétrique réelle, elle est diagonalisable.

1
Les valeurs propres de M sont γ et − .
γ
De plus,
! !  
x x 
y = γx
 
y = γx

M =γ ⇐⇒ 
 ⇐⇒ 
 ⇐⇒ y = γx.
y y  x + y = γy 0 = γ2 x − γx − x
!!
1
Donc Eγ =Vect .
γ
!!
−γ
De même on trouve E− γ1 =Vect .
1
5. Pour prouver que pour tout n ∈ N on a la relation M n = an I2 +bn M, on effectue un raisonnement
par récurrence sur l’entier naturel n.
- Initialisation : comme a0 = 1 et b0 = 0, on a bien M 0 = a0 I2 + b0 M.
- Hypothèse de récurrence : supposons que pour n > 0, on a : M n = an I2 + bn M.
Alors
M n+1 = M · M n
= M (an I2 + bn M)
= an M + bn M 2
= an M + bn (I2 + M)
= bn I2 + (an + bn ) M
= an+1 I2 + bn+1 M

13/20 41
2021

Ainsi, la formule est vraie au rang n + 1.

Conclusion : d’après le principe de récurrence : ∀ n ∈ N, M n = an I2 + bn M

6. Soit n ∈ N.
On commence par donner une autre expression de Cn en utilisant la question précédente :

n
 n   n 
X ak I2 + bk M X ak  X bk 
Cn = =   I2 +   M
k=0
k! k=0
k ! k=0
k !
Xn ! n !
1 γ k−1
(−γ−1 )k−1 1 X γk (−γ−1 )k
= √ − I2 + √ − M
5 k=0 k ! k! 5 k=0 k ! k!

γk (−γ−1 )k
Or, la série de terme général converge vers eγ et la série de terme général converge
k! k!
1
vers e− γ .
Il en résulte que la suite (Cn )n∈N converge vers
 
− γ1  − γ1
 eγ γe 
 eγ
− e
C =  √ + √  I2 + √ M
γ 5 5 5

−1
7. Comme  M est  diagonalisable, il existe une matrice P inversible telle que M = P D P , avec
γ 0 
D =  1 .
0 − 
γ
Or, on montre par une récurrence simple que pour tout n ∈ N, M n = P Dn P−1 .
Cela nous permet d’écrire que pour tout entier naturel n :

n
 n 
X Mk X Dk  −1
Cn = = P   P
k=0
k ! k !
 k=0
n ! Xn !
X γ k
1 0 (−γ −1 k
) 0 0  −1
= P  +  P
k! 0 0 k! 0 1
k=0 k=0

En passant à la limite lorsque n tend vers l’infini et en utilisant la continuité de la fonction


M 7→ P M P−1 , on trouve !
eγ 0 −1
C=P − γ1 P = P ∆ P−1
0 e
et C est bien semblable à la matrice ∆.

42 14/20
2021

Exercice 4.
1. D’après le cours, pour démontrer que ( | ) est un produit scalaire, il faut prouver qu’il s’agit
d’une application bilinéaire symétrique, positive et définie.
- Symétrie : soient (P, Q) ∈ E 2 .
Xn n
X
On a (P|Q) = P(a j )Q(a j ) = Q(a j )P(a j ) = (Q|P) et ( | ) est symétrique.
j=0 j=0
3
- Bilinéarité : soient (P, Q, R) ∈ E et λ ∈ R.
n
X
(λP + Q|R) = (λP + Q)(a j )R(a j )
j=0
n
X n
X
=λ P(a j )R(a j ) + Q(a j )R(a j )
j=0 j=0

= λ(P|R) + (Q|R)

ce qui prouve la linéarité à gauche.


Par symétrie, on a la bilinéarité.
X n
- Positivité : soit P ∈ E, (P|P) = P(a j )2 > 0.
j=0

- Définition : soit P ∈ E tel que (P|P) = 0.


X n
Alors P(a j )2 = 0 donc pour tout j ∈ ~0, n, P(a j ) = 0.
j=0

Il en résulte que P admet n + 1 racines distinctes.


Comme P est de degré au maximum n, il ne peut avoir au maximum que n racines et donc,
c’est le polynôme nul.

Conclusion : ( | ) est un produit scalaire sur E

2. Soit P ∈ E. n n
X X
(P|P0 ) = P(a j )P0 (a j ) = P(a j )
j=0 j=0

Yn
X − ak
3. Pour tout j ∈ ~0, n, on considère le polynôme L j (X) = .
k=0
a j − ak
k, j

Yn
2 ai − ak
3.1. Soit (i, j) ∈ ~0, n tel que i , j. Alors L j (ai ) = = 0 car i , j.
k=0
a j − ak
k, j

En fait, pour tout i , j, X − ai est en facteur dans L j .


Yn
a j − ak
Ensuite, pour i = j, L j (a j ) = = 1.
k=0
a j − ak
k, j

15/20 43
2021

3.2. Soit (i, j) ∈ ~0, n2 avec i , j. D’après la question précédente,


n
X
(Li |L j ) = Li (ak )L j (ak ) = Li (ai )L j (ai ) + Li (a j )L j (a j ) = 0.
k=0

Donc la famille B est une famille orthogonale.

3.3. Comme B est une famille orthogonale de vecteurs non nuls, elle est libre. Comme Card(B) =
n + 1 = dim(E), c’est une base de E.
De plus, pour tout i ∈ ~0, n,
n
X
(Li |Li ) = Li (ak )2 = Li (ai )2 = 1.
k=0

et, B est une base orthonormale de E

3.4. Soit P ∈ E.
Comme B est une base orthonormale de E, les composantes de P sont données par :
n
X
(P|Li ) = P(ak )Li (ak ) = P(ai )
k=0

n
X
Ainsi, P= P(ai )Li
i=0

n
X
3.5. On remarque que P0 = L j car pour tout i ∈ ~0, n, P0 (ai ) = 1.
j=0

4.
n
X
4.1. L’application ϕ : P ∈ E 7→ (P0 |P) = P(a j ) est linéaire car le produit scalaire est
j=0
bilinéaire.

Donc H =Ker(ϕ) est un sous-espace vectoriel de E

4.2. D’après le cours, on a H =Vect(P0 )⊥ , donc H ⊥ = Vect(P0 )

Comme dim(H ⊥ ) = 1, on a dim(H) =dim(E) − 1 = n

5.

44 16/20
2021

5.1. D’après le cours, on sait bien projeter orthogonalement sur un sous-espace lorsque l’on a
une base orthonormale de ce sous-espace.
√ P0 P0
Comme kP0 k = n + 1, le vecteur R = = √ est une base orthonormée de H ⊥ .
kP0 k n+1
Ainsi, le projeté orthogonal de Q sur H ⊥ est donné par
n n
1 1 X 1 X
(Q|R)R = (Q|P0 )P0 = Q(a j )P0 = Q(a j )
n+1 n + 1 j=0 n + 1 j=0

soit
n
1 X
pH⊥ (Q) = Q(a j )
n + 1 j=0

5.2. Enfin, la distance de Q au sous-espace vectoriel H est égale à la norme du projeté ortho-
gonal de Q sur H ⊥ :
n n
1 X 1 X
d(Q, H) = Q(a j )P0 = √ Q(a j )
n + 1 j=0 n + 1 j=0

17/20 45
2021

COMMENTAIRES

• Commentaires généraux
- Une première remarque importante : les correcteurs ont signalé à plusieurs reprises un nombre
important de copies mal ordonnées, mal présentées (la rédaction de la copie ne doit pas occasionner
un jeu de piste pour l’examinateur), les étudiants doivent s’appliquer à présenter une copie claire
et propre.
- Il semble judicieux d’éviter d’utiliser des expressions telles que ”il est trivial que ”, ” par une
récurrence immédiate ”, etc... rappelons que toute proposition énoncée dans une copie se doit d’être
démontrée.
- Les quatre exercices constituant le sujet permettaient de parcourir les parties les plus classiques du
programme de deuxième année de classe préparatoire MP.
Nous avons été déçus par le trop grand nombre d’étudiants qui ne maîtrisent pas les notions de base
d’algèbre linéaire, d’analyse et qui espèrent venir à bout du sujet grâce à des recettes toutes faites.
Nous constatons aussi une grande maladresse dans les calculs (parfois très simples) qui sont très
rapidement abandonnés.
- Enfin, notons une nouvelle fois que les examinateurs ne goûtent guère des arguments bidons ou
fallacieux pour arriver à toute force au résultat annoncé dans l’énoncé.
- Dans certaines copies on trouve beaucoup trop d’abréviations CVU, CVS, CSTP (comparaison de
séries à termes positifs) voire des symboles mathématiques en guise d’abréviation...
- La rédaction est souvent inadmissible : les flèches (voir rien du tout) remplacent les phrases, les
résultats ne sont pas encadrés, les théorèmes ont des noms aléatoires (lorsqu’ils en ont).
- Certains candidats recopient simplement le résultat demandé en guise de réponse en espérant que
cela passe.
- Les convergences d’intégrales et de séries ne sont justifiées que si cela est explicitement demandé.

• Commentaires exercice par exercice

Exercice 1
1. Question en général traitée : attention à ne pas oublier les hypothèses précises d’application du
critère spécial des séries alternées.
2. Cela ne doit pas être à l’examinateur de faire le choix des hypothèses énoncées en vrac pour
appliquer le théorème d’intégration terme à terme.
Beaucoup de candidats tentent de prouver la convergence uniforme de la série sur [0, 1] alors que la
non continuité de la fonction somme aurait dû les en dissuader.
Enfin, calculer la somme d’une série géométrique relève trop souvent de l’exploit...
3. Trop peu d’étudiants reconnaissent une série entière et répondent à la question.
On a trop souvent trouvé D =]−1, 1[, sans que le candidat soit géné lorsqu’on lui demande de calculer
ϕ(1) !

46 18/20
2021

4. Rappelons que l’intégration par parties n’est pas la panacée du calcul intégral.
On retrouve ensuite les mêmes problèmes que pour la question 2.

Exercice 2

1. et 2. Questions faciles si l’on utilise la notion de primitive, notion qui semble mal comprise voire
méconnue.
Trop de candidats pensent qu’il s’agit d’une intégrale à paramètre...
3. Soit la continuité de la fonction à intégrer est oubliée, soit c’est elle qui justifie l’intégrabilité sur
] − ∞, −1].
Ne pas oublier que toute domination se fait sur des fonctions positives.
4. Question en général bien traitée.
5. et 6. Questions souvent mal comprise : trop de candidats tentent de résoudre l’équation différentielle
y0 + y = f (x) et veulent se servir des résultats obtenus pour traiter la question 6..
7.1. Question traitée correctement.
7.2. Ne pas oublier qu’il faut justifier l’utilisation d’une intégration par parties.
7.3. On a souvent rencontré une mauvaise justification de l’utilisation de la base canonique pour
conclure.
8. Le fait que En est de dimension finie n’est que trop peu souvent évoqué.
9. Question en général peu abordée. Le fait de rechercher des solutions polynomiales d’une équation
différentielle semble avoir désarçonné beaucoup d’étudiants.

Exercice 3

1. Trop rares sont les candidats qui ont utilisé les relations coefficients racines. Beaucoup de lourdeur
dans la résolution de cette question.
2.1. Question en général bien traitée.
2.2. L’objectif de cette question était de donner l’expression juste de yn sans que le candidat soit obligé
d’effectuer tous les calculs. Était-ce efficace ?
3., 4. et 5. Questions en général bien traitées. La seule difficulté rencontrée s’est située au niveau du
calcul des vecteurs propres de la matrice M.
6. et 7. Même si certains candidats reconnaissent l’exponentielle de matrice, on demandait ici pour
répondre correctement à la question de montrer la convergence et de calculer explicitement la limite
obtenue en utilisant les questions précédentes.

19/20 47
2021

Exercice 4

1. Question en général bien traitée sauf quelques imprécisions pour démontrer le caractère défini du
produit scalaire.
2. Pas de problème sur cette question.
3. Questions classiques engénéral bien traitées.
Cela se gâte à partir de la question 3.4. et surtout 3.5.
4.1. Trop d’étudiants ont du mal à montrer que H est un sous-espace vectoriel de E !
4.2. L’orthogonal de H est rarement explicité clairement.
5.1. Les propriétés de la projection orthogonale sont en général bien citées mais on a remarqué de
grosses difficultés pour les mettre en oeuvre ici.
5.2. Les relations entre projection orthogonales sur H et projection orthogonale sur H ⊥ ne sont pas
toujours bien maîtrisées.

FIN

48 20/20
2020
SESSION 2020 PC8M

ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE PC


____________________

MATHÉMATIQUES

Jeudi 7 mai : 14 h - 18 h
____________________

N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie
et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.

RAPPEL DES CONSIGNES


 Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d’autres
couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en évidence
des résultats.
 Ne pas utiliser de correcteur.
 Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.
___________________________________________________________________________________

Les calculatrices sont interdites

Le sujet est composé de 5 exercices indépendants.

1/4 49
2020

Exercice 1.
 
1 a 0
 
Soient a ∈ R et la matrice Ma = 0 0 1.
 
0 1 0
1. Pour quelles valeurs du réel a la matrice Ma est-elle diagonalisable ?

2. Pour quelles valeurs du réel a la matrice Ma est-elle inversible ?


 
−1 0 0
 
3. Montrer que lorsqu’elle n’est pas diagonalisable, Ma est semblable à la matrice  0 1 1.
 
0 0 1

Exercice 2.

e−t
Soient x un réel positif ou nul et ϕ x la fonction qui à un réel t ∈ R+ , associe ϕ x (t) = .
1 + xt
 +∞
On pose alors, pour tout x  0, f (x) = ϕ x (t) dt.
0

1. Justifier que la fonction f est bien définie sur R+ .

2. Déterminer le sens de variation de la fonction f sur R+ .


On pourra comparer f (x) et f (y) pour deux éléments x et y de R+ tels que x < y.

3. Limite de f en l’infini

3.1. Démontrer que la suite ( f (n))n∈N converge vers une limite .

3.2. Déterminer la valeur de .

3.3. En déduire lim f (x).


x→+∞

50 2/4
2020

Exercice 3.

On considère la suite (an )n∈N définie par a0 = 1 et la relation de récurrence :


n
1  ak
∀ n ∈ N, an+1 = .
n + 1 k=0 n − k + 2

1. En utilisant un raisonnement par récurrence, démontrer que : ∀ n ∈ N, 0 < an  1.



2. On considère la série entière an xn . Justifier que son rayon de convergence est supérieur ou
n0
égal à 1.

+∞
Pour x ∈ ] − 1, 1 [, on pose f (x) = an x n .
n=0

3.
 xn
3.1. Déterminer le rayon de convergence de la série entière .
n0
n+2


+∞
xn
3.2. Déterminer l’ensemble réel de définition de la fonction x → .
n=0
n+2
 +∞   +∞  +∞
    xn  
3.3. On pose, lorsque cela est possible,  an xn    = wn xn , produit de Cauchy
n=0 n=0
n + 2 n=0
  xn
n
réel des deux séries an x et .
n0 n0
n+2

Justifier que le rayon de convergence de la série entière wn xn est supérieur ou égal à 1
n0
et donner pour tout entier naturel n, une expression de wn à l’aide de la suite (an ).

+∞
xn

3.4. En déduire que l’on a pour tout x ∈ ] − 1, 1 [, f (x) = f (x) .
n=0
n + 2


+∞
xn+1
4. Démontrer alors que pour tout x ∈ [ 0, 1 [, ln( f (x)) = .
n=0
(n + 1)(n + 2)

5. En déduire, pour tout x ∈ [ 0, 1 [, une expression de f (x) à l’aide de fonctions usuelles.


1 1 1
On utilisera sans le redémontrer que l’on a : = − .
(n + 1)(n + 2) n + 1 n + 2
 an
6. Justifier que la série converge et calculer sa somme.
n0
2n

3/4 51
2020

Exercice 4.

1
1. Soient n un entier naturel supérieur ou égal à 2 et M ∈ Mn (R), M  In et M  In , vérifiant la
2
relation :
2M 2 = 3M − In .
1.1. On note F = Vect(In , M, M 2 ). Prouver que ∀ k ∈ N, M k ∈ F.
Déterminer la dimension de F et en donner une base.
1.2. Vérifier que F est stable pour la multiplication des matrices.
1
1.3. Soient A = M − In et B = M − In .
2
Justifier que B = (A, B) constitue une base de F.
Déterminer les composantes des matrices AB, BA, A2 et B2 dans la base B.
1.4. Déterminer toutes les matrices T de F vérifiant : T 2 = M.
2. Soit X une variable aléatoire réelle telle que l’on a :
X(Ω) = N et ∀ n ∈ N, 2 P(X = n + 2) = 3 P(X = n + 1) − P(X = n).
2.1. On note pn = P(X = n). Exprimer pn en fonction de n.
En déduire la loi de la variable aléatoire X.
2.2. Justifier que la variable aléatoire X possède une espérance et une variance et les calculer.

Exercice 5.

Dans cet exercice, E désigne l’espace vectoriel R2 [X] des polynômes de degré inférieur ou égal à 2 et
à coefficients réels et B = (1, X, X 2 ) sa base canonique.
Pour tout couple (P, Q) d’éléments de E, on pose :
< P|Q > = P(1)Q(1) + P (1)Q (1) + P (1)Q (1).
I M P R I M E R I E N A T I O N A L E – 20 1161 – D’après documents fournis

1. Vérifier que l’on définit ainsi un produit scalaire sur E.


2. Déterminer une base orthonormale de E pour ce produit scalaire.
3. Déterminer la distance du polynôme U = X 2 − 4 à R1 [X].
4. Soit H l’ensemble des polynômes P de E tels que P(1) = 0.
4.1. Vérifier que H est un sous-espace vectoriel de E. Quelle est sa dimension ?
4.2. Soit ϕ la projection orthogonale sur H. Déterminer la matrice de ϕ dans la base B.

******

FIN

52 4/4
2020

Compte rendu correction épreuve PC

Le sujet est constitué de 5 exercices dans lesquels nous avons tenté de couvrir une bonne partie du programme de façon à ce
que les étudiants puissent appliquer les notions essentielles des programmes des deux années préparation au concours.

Plusieurs questions étaient des questions de cours, même si pas toujours achées en tant que telles, ce qui aurait dû sécuriser
les candidats.

Exercice 1.
Dans cet exercice de trigonalisation d'une matrice de taille 3, nous constatons que moins d'un tiers des copies discute correcte-
ment sur la condition nécessaire et susante de diagonalisation, même si le polynôme caratéristique est juste. Il s'agit cependant
d'un résultat important du programme de mathématiques en PC.

Exercice 2.
Quand le candidat comprend dans la première question qu'il s'agit d'étudier la convergence de l'intégrale, la comparaison
à une intégrale de Riemann est en général bien menée, bien que beaucoup oublient d'invoquer la continuité de la fonction à
intégrer sur R+ .

La deuxième question était facile en suivant les iondications de l'énoncé : trop d'étudiants tentent d'appliquer le Théorème
de dérivation sous l'intégrale, ce qui les pénalise, vu le nombre d'hypothèses à vérier. C'est dommage.

Dans la dernière question, bien que le Théorème de convergence monotone soit en général bien appliqué, certains candidats
confondent convergence de la suite et convergence de l'intégrale.

Exercice 3.
La récurrence demandée dans la première question s'eondre souvent en raison de l'hypothèse qui ne porte que sur an dans
la plupart des copies.

La question 2, qui est une question de cours, n'est malheureusement pas toujours bien traitée. Il arrive que le rayon de
convergence dépende de l'entier n !

Le produit de Cauchy de deux séries entière ne semble pas toujours bien maîtrisé (rayon de convergence, expression des
coecients).

Rappelons que lorsque l'on eectue une intégration, apparaît nécessairement une constante que beaucoup semblent oublier.

Les dernières questions étaient des questions de cours déguisées : n'ont pas été pénalisés ceux qui le connaissait.

Exercice 4.
Question 1 : Un grand nombre de copies donne la bonne dimension de l'espace F malgré des dicultés à prouver l'indépen-
dance de la famille (In , M ).
Le reste de la question (hormis le 1.4.) est relativement bien traité. (Algèbre linéaire en dimension 2).

Question 2 : Pour beaucoup, l'équation caratéristique de la suite est bien traitée. Mais il ne faut pas confondre suites et
équations diérentielles, ce qui amène parfois à des combinaisons linéaires de en et e1/n ...

1
53
2020

Exercice 5.
Souvent, le lien entre P (k)
(1) = 0 pour k ∈ J0, 2K et la multiplicité de la racine 1 est mal géré.

Le procédé d'orthogonalisation de Gram-Schmidt est assez bien connu surtout en dimension 2 mais tout se complique lors
du calcul du troisième vecteur.

La question 3 bien que très classique est en général très mal traitée, malgré l'introduction du projeté orthogonal.

Cette dernière question n'est quasiment jamais terminée.

Conclusion
Il nous semblait que le sujet permettait aux candidats d'utiliser les résultats du cours et quelques questions, plus nes, de-
vaient permettre aux meilleurs de s'exprimer pleinement.

Or, il s'évère que des résultats élémentaires (rayon de convergence d'une série entière par exemple) sont méconnus de trop de
candidats, et les théorèmes classiques du programme sont souvent approximatifs, mal compris. Cela est très décevant.

Dans l'ensemble, nous constatons un grand manque de rigueur dans la rédaction : il ne sut pas de dire que clairement, on
a ... pour eectuer une démonstration correcte. Rappelons qu'il est indispensable de vérier toutes les hypothèses d'application
d'un théorème pour l'utiliser.

D'une façon générale, nous avons trouvé que les copies étaient souvent mal présentées, sales, mal rédigées : des rayures dans
tous les sens, des questions faites dans le désordre, des phrases sans queue ni tête, etc... Cela s'explique sans doute par le manque
de professeur en présentiel depuis le mois de mars.

******

Sujet
Exercice 1.


1 a 0
Soient a ∈ R et la matrice Ma = 0 0 1
0 1 0
1. Pour quelles valeurs du réel a la matrice Ma est-elle diagonalisable ?
2. Pour quelles valeurs du réel a la matrice Ma est-elle inversible ?

−1 0 0
3. Montrer que lorsqu'elle n'est pas diagonalisable, Ma est semblable à la matrice  0 1 1.
0 0 1

Exercice 2.

e−t
Soit x un réel positif ou nul et φx la fonction qui à un réel t ∈ R+ , associe φx (t) = .
1 + xt
∫ +∞
On pose alors, pour tout x > 0, f (x) = φx (t) dt.
0

2
54
2020

Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020

Correction de l’épreuve
Exercice 1.
Trigonalisation d’une matrice dans M3 (R)
0 1
1 a 0
Soient a 2 R et la matrice Ma = @0 0 1A.
0 1 0
L’objet de l’exercice est de diagonaliser ou trigonaliser Ma suivant les valeurs du paramètre a.
1. On commence par chercher les valeurs du réel a pour lesquelles la matrice Ma est diagonalisable.
Pour se faire on calcule le polynôme caractéristique de Ma :

X 1 a 0
Ma (X) = 0 X 1
0 1 X
= (X 1)2 (X + 1)

Ma est scindé et admet deux racines : 1, d’ordre 2 et -1, simple.


D’après le cours, on sait alors que Ma est diagonalisable si et seulement si E1 est de dimension 2.
Soit X = (x, y, z) un vecteur de R3 .
0 1
x ⇢
@ y A 2 E1 () ax = 0
y =z
z
00 1 0 11
1 0
• Si a = 0, E1 = Vect @ @ 0 , 1 AA. Ces deux vecteurs ne sont pas colinéaires, ils forment
A @
0 1
une famille libre, E1 est de dimension 2.
00 11
1
• Si a 6= 0, E1 = Vect @@ 0 AA. Donc E1 est de dimension 1.
0

En conclusion : Ma est diagonalisable si et seulement si a = 0

2. On utilise le résultat précédent : 8 a 2 R, 0 n’appartient pas au spectre de Ma , donc

Ma est inversible pour tous les réels a.


10
1 0 0
3. Montrer que lorsqu’elle n’est pas diagonalisable, Ma est semblable à la matrice @ 0 1 1A.
0 0 1
Soit donc a 2 R, a non nul.
Notons 'a l’endomorphisme canoniquement associé à Ma et B la base canonique de R3 .
0 1
1 0 0
On cherche une base B 0 = (u1 , u2 , u3 ) telle que MatB0 ('a ) = @ 0 1 1 A, donc telle que :
0 0 1

'a (u1 ) = u1 , 'a (u2 ) = u2 et 'a (u3 ) = u2 + u3 .

-6- 55
Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020 -
2020

Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020

⇣a ⌘
-> On résout Ma X = X pour obtenir u1 = , 1, 1 .
2
-> Il suffit de choisir pour u2 un vecteur propre associé à la valeur propre 1, par exemple : u2 =
(1, 0, 0).
-> Enfin :
0
1 0 1
x 1+x
'(u3 ) = u2 + u3 () Ma @ y A = @ y A
z z
8
< x+ ay = 1+x
() z = y
:
y = z

ay = 1
()
y =z
1
() y = z =
a
✓ ◆
1 1
On prend par exemple u3 = 0, , .
a a
-> Il faut à présent vérifier que (u1 , u2 , u3 ) est une base de R3 , or
2
detB (u1 , u2 , u3 ) = 6= 0
a
Les matrices de 'a dans les bases B et B 0 sont semblables, donc
0 1
1 0 0
Ma et @ 0 1 1 A sont semblables.
0 0 1

Exercice 2.
Etude d’une suite de fonctions. Théorème de convergence dominée.
e t
Soient x un réel positif ou nul et 'x la fonction qui à un réel t 2 R+ , associe 'x (t) = .
1 + xt
On s’intéresse aux propriétés de cette intégrale à paramètre sans étudier sa dérivée.
Z +1
On pose alors, pour tout x > 0, f (x) = 'x (t) dt.
0
1. Soit x > 0.
Comme la fonction f est définie comme intégrale à paramètre, connaître l’ensemble de définition
de f revient à connaître l’ensemble des valeurs du réel x pour lesquelles l’intégrale converge.
• La fonction à intégrer 'x est continue sur R+ car son dénominateur ne s’annule pas sur cet
intervalle.
e t
• Pour tout t > 0, |'x (t)| =  e t.
1 + xt
Or t 7! e t est intégrable sur R+ , et par comparaison, 'x est intégrable sur R+ ,.
Z +1
En conclusion f (x) = 'x (t) dt existe pour tout x > 0, et f est définie sur R+
0

56 -7- Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020 -


2020

Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020

2. Soit (x, y) 2 R2+ avec x 6 y.


Suivons l’énoncé qui nous incite à comparer f (x) et f (y) :

1 1
Pour tout t > 0, 0 < 1 + tx 6 1 + ty, donc > , et par suite :
1 + tx 1 + ty

e t e t
'x (t) = > = 'y (t).
1 + xt 1 + yt

Enfin, par positivité de l’intégrale généralisée :


Z +1 Z +1
f (x) = 'x (t) dt > 'y (t) dt.
0 0

Conclusion : La fonction f est décroissante sur R+

3. Limite de f en l’infini

3.1. On utilise le théorème de convergence dominée sur ]0, +1[ :


— Pour tout n 2 N, 'n est continue sur R⇤+ .
— Pour tout t > 0, lim 1 + nt = +1, donc lim 'n (t) = 0.
n!+1 n!+1
La suite de fonction ('n )n2N converge donc simplement sur R⇤+ vers la fonction nulle, qui
est continue sur R⇤+ .
— Pour tout n 2 N, pour tout t > 0, 1 + nt > 1, donc

e t
|'n (t)| = 6e t
= '(t)
1 + nt
avec ' est intégrable sur R⇤+ .
Par convergence dominée, comme la fonction nulle est intégrable sur R⇤+ , on a :
Z +1 Z +1 ✓ ◆ Z +1
lim f (n) = lim 'n (t) dt = lim 'n (t) dt = 0 dt = 0.
n!+1 n!+1 0 0 n!+1 0

3.2. D’après la question précédente, ` = 0 .

3.3. f est décroissante sur R+ , donc d’après le théorème de la limite monotone, admet une limite en
+1 (éventuellement 1).
On a démontré que la suite (f (n)) converge vers ` = 0. Par unicité de la limite, il vient donc
que lim f = 0
+1

De façon plus précise, soit " un réel strictement positif.


Puisque lim f (n) = 0, il existe un entier N tel que : n > N =) |f (n)| < ".
n!+1
Alors, pour tout x > N , on a 0 6 f (x) 6 f (N ) < " puisque f est décroissante.
Concluons :
Pour tout " > 0, il existe N 2 R tel que : x > N =) |f (x| < " : lim f = 0
+1

-8- 57
Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020 -
2020

Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020

Exercice 3.
Série entière à partir d’une suite récurrente

On considère la suite (an )n2N définie par a0 = 1 et la relation de récurrence :


n
1 X ak
8 n 2 N, an+1 = .
n+1 n k+2
k=0

1. Pour n 2 N, on démontre en utilisant une récurrence dite « forte » la propriété : 0 < an 6 1.


— Initialisation : 0 < a0 6 1 car a0 = 1
— Hypothèse de récurrence : Soit n 2 N. Supposons que pour tout entier k 2 J0, nK, 0 < ak 6 1.
Alors :

8k 2 J0, nK, n6 k60


,26n k+26n+2
1 1 1
, 6 6 car la fonction inverse est décroissante sur ]0, +1[
n+2 n k+2 2
ak ak 1
,0< 6 6 car 0 < ak 6 1
n k+2 2 2
En ajoutant ces inégalités pour k 2 J0, nK :
n
X X1 n
ak
0< 6
n k+2 2
k=0 k=0
n
X
1 ak 1 n+1
,0< 6
n+1 n k+2 n+1 2
k=0
, 0 < an+1 6 1

— Conclusion : 8n 2 N, an 2]0, 1]

X le résultat obtenu à la question précédente : 8n 2 N, 0 < an 6 1, le rayon


2. D’après X de convergence
n
de an x est donc supérieur ou égal à celui de la série entière géométrique xn dont le rayon
de convergence vaut 1 (c’est du cours).
X
Le rayon de convergence de an xn est supérieur ou égal à 1.
+1
X
Pour x 2 ] 1, 1 [, on pose f (x) = an xn . : on est certain que f existe au moins dans cet
n=0
intervalle.
1 1
3.3.1. Posons cn = ⇠ .
n+2 n
X X1 X
Donc la série entière cn xn a le même rayon de convergence que xn et donc que xn
n
n>0 n>0 n>0
qui est 1.
+1
X xn
3.2. D’après la question précédente, on sait déjà que la fonction x 7! est définie sur ] 1, 1[.
n+2
n=0
De façon plus précise :

58 -9- Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020 -


2020

Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020

X xn
— pour |x| < 1, converge,
n+2
X xn
— pour |x| > 1, diverge.
n+2
Il reste à étudier ce qui se passe aux bords de l’intervalle :
X 1 1 1 1
— Pour x = 1, diverge car ⇠ , > 0 et la série harmonique diverge.
n+2 n+2 n n
X ( 1)n
— Pour x = 1, converge d’après le critère spécial des séries alternées puisque
✓ ◆ n+2
1
tend vers 0 en décroissant.
n+2
+1
X xn
Par conséquent, la fonction x 7 ! est définie sur [ 1, 1[.
n+2
n=0

3.3. Le rayon de convergence de la série entière produit de Cauchy de deux séries entières est supé-
rieur ou égal au minimum des deux rayons de convergence (c’est du cours).
X
Comme ce minimum vaut 1, il vient : wn xn a un rayon de convergence supérieur ou égal à 1

Facilement, en utilisant le cours :


n
X 1
8n 2 N, wn = ak = (n + 1)an+1 . donc : 8n 2 N, wn = (n + 1)an+1 .
n+2 k
k=0
3.4. Rappelons que l’on sait que f est de classe C 1 à l’intérieur de son disque ouvert de convergence.

On peut donc écrire :

+1
! +1 +1
X xn X X
8x 2] 1, 1[ f (x) = w n xn = (n + 1)an+1 xn
n+2
k=0 k=0 n=0
+1
X
= nan xn 1
= f 0 (x)
n=1

+1
!
X xn
Et finalement : 8x 2] 1, 1[, f 0 (x) = f (x)
n+2
k=0
+1
X
xn+1
4. On va démontrer alors que pour tout x 2 [ 0, 1 [, ln(f (x)) = en intégrant l’équa-
(n + 1)(n + 2)
n=0
tion différentielle vérifiée par la fonction f obtenue à la question précédente :
+1
X
f est strictement positive sur [0, 1[ car : 8n 2 N⇤ , an > 0, a0 > 1, puis 8x 2 [0, 1[, an xn > 0.
n=0
+1
f 0 (x) X xn
Alors sur [0, 1[, on a : = .
f (x) n+2
n=0
En intégrant alors terme à terme la somme de cette !série entière sur son intervalle ouvert de
Z x 0 Z x X
+1 n
f (u) u
convergence on obtient : du = du
0 f (u) 0 n +2
n=0

- 10 - 59
Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020 -
2020

Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020

+1
X xn+1
Donc : [ln(|f (u)|)]x0 = et comme f (0) = 1 et ln(f (0)) = 0,
(n + 1)(n + 2)
n=0
+1
X xn+1
on obtient finalement : 8x 2 [0, 1[, ln(f (x)) =
(n + 1)(n + 2)
n=0

5. Sur ]0, 1[, on obtient en utilisant la décomposition en éléments simples proposée par l’énoncé :
+1
X +1
X xn+1 X xn+1 +1
xn+1
=
(n + 1)(n + 2) n+1 n+2
n=0 n=0 n=0
Z x X +1
! +1 Z
1 X x n+1
= u n
du u du 1
0 x 0
Z x n=0 Z n=0
1 1 x u
= du du
0 1 u x 0 1 u
1
= [ ln |1 u|]x0 [ u ln(|1 u|]x0
x
ln(1 x)
= ln(1 x) + 1 +
x
x + (1 x) ln(1 x)
ln(f (x)) =
x
1
Finalement : 8x 2]0, 1[, f (x) = e ⇥ (1 x) x 1 et f (0) = e0 = 1.

1 X ✓ 1 ◆n +1
X an
✓ ◆
1 e
6. 2 [0, 1[, donc an converge et n
=f = .
2 2 2 2 2
n=0

Exercice 4.
Suite récurrente de matrices et probabilités
1
1. Soient n un entier naturel supérieur ou égal à 2 et M 2 Mn (R), M 6= In et M 6= In , vérifiant la
2
relation :
2M 2 = 3M In .
1.1. On a 2M 2 = 3M In , donc : F = Vect(In , M, M 2 ) = Vect(In , M, 3M + In ) = Vect(In , M ).
On montre alors par récurrence que, pour tout k 2 N, M k 2 F.
Initialisation : M 0 = In 2 Vect(In , M ) = F.
La propriété est donc vraie pour k = 0.
Hérédité : Soit k 2 N et supposons M k 2 F.
Comme M k 2 Vect(In , M ), il existe (ak , bk ) 2 R2 tels que M k = ak In + bk M,
3M In 2ak + 3bk bk
Alors : M k+1 = M k M = ak M + bk M 2 = ak M + bk = M In , donc
2 2 2
k+1
M 2 Vect(In , M ) = F. D’où l’hérédité.
Conclusion : Par récurrence, pour tout k 2 N, M k 2 F
Recherche d’une base de F :
• Par construction de F , la famille (In , M ) est génératrice de F.
• Démontrons que cette famille est libre : soit (a, b) 2 R2 tel que aIn + bM = 0.
-> Si b = 0 alors aIn = 0, donc a = 0.

60 - 11 - Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020 -


2020

Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020

a
-> Si b 6= 0, on a M = In .
b ⇣ a ⌘2 ⇣ a ⌘2 ⇣a⌘
a
Comme M = In , on a M 2 = In , donc 0n = 2M 2 3M + In = (2 3 + 1)In ,
⇣ba ⌘2 ⇣a⌘ b ⇣a⌘ 1 ⇣a⌘ b b
et par suite 2 3 + 1 = 0, ce qui donne = , ou = 1 ce qui est impossible
b b b 2 b
1
puisque M 6= In et M 6= In : ce cas est donc impossible et a = b = 0.
2
Conclusion : la famille (In , M ) est libre, et donc une base de F qui est ainsi de dimension 2.

1.2. Soit (A, B) 2 F 2 : d’après la question précédente,


9(↵1 , ↵2 ) 2 R2 A = ↵1 In + ↵2 M et 9( 1, 2) 2 R2 B = 1 In + 2M .
Ainsi :

AB = (↵1 In + ↵2 M )( 1 In + 2M )
2
= a1 b1 In + (↵1 2 + ↵2 1 )M + ↵2 2M 2 Vect(In , M, M 2 ) = F

Conclusion : F est stable pour la mutliplication des matrices.


1
1.3. Soient A = M In et B = M In .
2
On remarque que A et B sont deux vecteurs de F .
On démontre que cette famille est libre.
1
A + µB = 0F , (M In ) + µ(M In ) = 0F
⇣ ⌘2
µ
, ( + µ)M + In = 0F
2
( (
+µ=0 = µ=0
Or (In , M ) étant libre, on a donc µ , µ , = µ = 0. Enfin,
+ =0 µ=
2 2
comme F est de dimension 2, (A, B) est une base de F
On peut aussi calculer le déterminant de ces deux vecteurs dans la base B = (In , M ) :
1 1/2 1
detB (A, B) = = 6= 0 : la famille (A, B) est une base de F
1 1 2

On précise que A et B commutent (car M et I commutent). Alors :

✓ ◆2
✓ ◆ 2 2 1 2
3 A = (M In ) B = M In
BA = AB = (M In ) M In 2
2 1
= AB A 1
3 1 2 = BA + B
= M2 M + In 2
2 2 1
= A 1
= 0F 2 = B
2
✓ ◆ ✓ ◆
1 1
Dans la base (A, B) : AB = BA = (0, 0), A2 = , 0 , B 2 = 0, .
2 2
1.4. Utilisons la base (A, B) de F définie dans la question précédente.
Soit T 2 F : 9(↵, ) 2 R2 , T = ↵A + B.

- 12 - 61
Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020 -
2020

Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020

1
Alors : T 2 = (↵A + B)2 = ↵2 A2 + ↵ AB + ↵BA + 2 B 2 = ( ↵A + B) d’après la question
2
précédente.
Comme M = A + 2B, par unicité des coefficients dans la base, on résout :
8 2 8
> ↵ = 1
>
< <↵ 2 = 2
( p
2 ↵=± 2
, ,
>
> 2 : 2=4 = ±2
: =2
2
np p p p o
Donc : T 2 = M si, et seulement si, T 2 2A + 2B, 2A 2B, 2A + 2B, 2A 2B

2. Soit X une variable aléatoire réelle telle que l’on a :


X(⌦) = N et 8 n 2 N, 2 P(X = n + 2) = 3 P(X = n + 1) P(X = n).
2.1. On note pn = P(X = n).
(pn ) est une suite récurrente linéaire d’ordre 2 vérifiant la relation : 8n 2 N, pn+2 = 3pn+1
pn .
1
L’équation caractéristique associée 2x2 3x + 1 = 0 admet deux racines distinctes : 1 et ,
2
donc : ✓ ◆n
1
9(↵, ) 2 R2 , 8n 2 N, pn = ↵ + 1n .
2
Comme X(⌦) = N, (X = n)n2N forme un système complet d’événements et l’on a :
+1
X +1 ✓
X ◆
1
1 = P (⌦) = P (X = n) = ↵ n+ .
2
n=0 n=0

Nécessairement, = 0 (pn est le terme général d’une série convergente, donc lim(pn ) = 0).
+1
X ↵ ↵ 1
Comme n
= 1 = 2↵, on en déduit : ↵ = .
2 1 2 2
n=0

1
Finalement : 8n 2 N, P (X = n) = pn =
2n+1
X
2.2. La série entière géométrique xn ayant un rayon de convergence égal à 1, il en est de même
X X
pour les séries entières nxn et n(n 1)xn qui sont les séries entières dérivées termes à
termes.
1 X 1 X 1
En les évaluant en x = , on en déduit que les séries n n 1 et n(n 1) n 2 convergent,
2 2 2
donc, X admet une espérance et une variance :
+1
X +1
1 X 1 1 1
E(X) = nP (X = n) = n n = =1
22 2 1 4 (1 12 )2
n=0 n=1
et
+1
X +1
1 X 1 1 2
E(X(X 1)) = n(n 1)P (X = n) = 3 n(n 1) = =2
2 2n 2 8 (1 12 )3
n=0 n=2
ce qui permet d’obtenir :
V (X) = E(X(X 1)) + E(X) E(X)2 = 2 + 1 1 = 2.

E(X) = 1 et V (X) = 2.

62 - 13 - Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020 -


2020

Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020

Exercice 5.
Produit scalaire dans R2 [X] et projection orthogonale.

Dans cet exercice, E désigne l’espace vectoriel R2 [X] des polynômes de degré inférieur ou égal à 2 et
à coefficients réels et B = (1, X, X 2 ) sa base canonique.
Pour tout couple (P, Q) d’éléments de E, on pose :

< P |Q > = P (1)Q(1) + P 0 (1)Q0 (1) + P 00 (1)Q00 (1).

1. — P et Q sont des polynômes à coefficients réels, les polynômes dérivés le sont aussi et < P, Q >
est donc un réel.
(P, Q) 7!< P, Q > est donc à valeurs dans R.
— La multiplication dans R est commutative donc < , > est symétrique.
— De même ; la multiplication dans R est distributive par rapport à l’addition et la dérivée est
linéaire, donc < , > est linéaire par rapport à chacune de ses variables.
Par symétrie et < , > est bilinéaire.
— Soit P 2 E. < P, P >= P (1)2 + P 0 (1)2 + P 00 (1)2 0 .
< , > est donc positive.
— Si < P, P >= 0, alors P (1) = P 0 (1) = P 00 (1) = 0 car une somme de carrés est nulle si, et
seulement si, chacun des carrés est nul.
Donc 1 est une racine d’ordre au moins 3 de P , qui est de degré inférieur ou égal à 2 : P est
donc le polynôme nul.
< , > est donc définie.
En conclusion, < , > est bien un produit scalaire.
2. On utilise le procédé d’orthonornalisation de Graam-Schmidt à partir de la base B = (1, X, X 2 ).
— Soit R0 = 1.
< R0 , R0 >= 1 + 0 + 0, on choisit P0 = 1 .
— Soit R1 = X + ↵P0 , avec ↵ 2 R.
On a < P0 , R1 >=< P0 , X > +↵ < P0 , P0 >=< P0 , X > +↵
donc : < P0 , R1 >= 0 , ↵ = < P0 , X >.
Or : < P0 , X >= 1.1 + 0.1 + 0.0 = 1, on choisit donc R1 = X 1
< R1 , R1 >= 02 + 12 + 02 , doù, P1 = X 1 .
— On pose R2 = X 2 + ↵P0 + P1 .
Comme < P0 , R2 >=< P0 , X 2 > +↵ < P0 , P0 > + < P0 , P1 >=< P0 , X 2 > +↵.1 + .0
et < P1 , R2 >=< P1 , X 2 > +↵ < P1 , P0 > + < P1 , P1 >=< P0 , X 2 > +↵.0 + .1
On résout ( ( (
< P0 , R2 >= 0 ↵ =< P0 , X 2 > ↵=1
, 2
,
< P1 , R2 >= 0 =< P1 , X > =2

On choisit R2 = X 2 2(X 1) 1 = X22X + 1 = (X 1)2 .


1
Comme < R2 , R2 >= 4, on pose pour normer P2 : P2 = (X 1)2 .
2
✓ ◆
(X 1)2
Finalement : 1, X 1, est une base orthonormale de E pour le produit scalaire considéré.
2

- 14 - 63
Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020 -
2020

Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020

3. Notons p la projection orthogonale sur R1 [X]. On a :


d(X 2 4, R1 [X]) = ||X 2 4 p(X 2 4)|| et p(X 2 4) =< X 2 4, P0 > P0 + < X 2 4, P1 > P1 .
Or < X 2 4, P0 >= 3 et < X 2 4, P1 >= 2, d’où :

p(X 2 4) = 3P0 + 2P1 = 2X 5.

Donc, d(X 2 4, R1 [X]) = ||X 2 2X + 1|| = 2. d(X 2 4, R1 [X]) = 2


4. Soit H l’ensemble des polynômes P de E tels que P (1) = 0.
(
E!R
4.1. H est un hyperplan en tant que noyau de la forme linéaire non nulle : ' : .
P 7! P (1)
H est un sous-espace vectoriel de dimension 2.
4.2. Soit la projection orthogonale sur H.
(P1 , P2 ) est une famille de polynômes de H qui forme une famille libre (car de degrés échelonn-
nés), de cardinal 2, c’est donc une base de H.
De plus, 1 2 H ? car 1 ? P1 et 1 ? P2 .
On a (1) = 0, (P1 ) = P1 et (P2 ) = P2 .
donc (X) = (P1 + 1) = P1 = X 1 et (X 2 ) = (2P2 + 2P1 + 1) = 2P2 + 2P1 = X 2 1,
d’où :
0 1
0 1 1
mat( ) = @0 1 0 A.
0 0 1

64 - 15 - Rapport du jury et corrigé de l’épreuve PC-E3A-2020 -


Avant 2020, les concours CCINP (anciennement CCP) et e3a étaient séparés.
Il y avait 2 épreuves de mathématiques au concours e3a, l'ancienne  Épreuve
de Mathématiques 1  ressemble à l'épreuve e3a actuelle.

Voici ce qu'en dit la notice depuis 2020 :

Notice e3a 2020


L'épreuve de  Mathématiques  spécique à la banque e3a-
Polytech prend en compte les compétences des candidats en termes
de capacités rédactionnelles et de communication à l'écrit et pour
présenter un argumentaire sous forme de démonstration.
L'épreuve a une durée de 4 heures. Elle est réalisée sans calcula-
trice.
Elle peut inclure des questions de cours ou des applications directes
du cours an d'évaluer le niveau et les connaissances des candidats.
L'épreuve comporte trois à cinq exercices indépendants portant sur
des parties diverses du programme de mathématiques de PCSI/PC
et permet de tester les compétences  utiliser et appliquer les théo-
rèmes du cours  et  calculer et utiliser un langage symbolique
. Cette épreuve évalue plus particulièrement la capacité des can-
didats à  s'engager dans une recherche ,  mettre en ÷uvre des
stratégies  et traduire en langage mathématique des problèmes
pouvant relever de toutes les disciplines du concours. Ainsi certains
exercices peuvent s'intéresser à une démarche de résolution mathé-
matique d'une situation issue d'une autre discipline.

Remarque : Les épreuve 2, antérieures à 2020, problèmes de 3h, peuvent


quand même être intéressantes pour s'entraîner au format  problème , qui
tombe aux autres concours.

Les rapports des épreuves de mathématiques 2019 n'a jamais été publié sur
le site du concours.

65
2019
116

Épreuve de Mathématiques 2 PC

Durée 3 h
Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé,
d’une part il le signale au chef de salle, d’autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa
composition en indiquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.

L'usage de
L’usage de calculatrices est interdit.

AVERTISSEMENT

La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la


précision des raisonnements entreront pour une part importante dans
l’appréciation des copies. En particulier, les résultats non justifiés ne seront pas pris
en compte. Les candidats sont invités à encadrer les résultats de leurs calculs.

Il est interdit aux candidats de signer leur composition ou d’y mettre un signe quelconque pouvant indiquer sa provenance.
66
Tournez la page S.V.P.
2019

a
1 2
R x = −1
x+ a

α λ>0 fα,λ R∗+ t → tα −λ t

A (α, λ) ∈ R × R∗+ lim fα,λ (t)


t→0,t>0

 +∞
B (α, λ) ∈ R × R∗+ fα,λ (t) t
0

−t −t
cos(tx) sin(tx)
x t → √ t → √ ] 0, +∞[
t t
 +∞ −t  +∞ −t
cos(tx) sin(tx)
U V R U (x) = √ t V (x) = √ t
0 t 0 t
U V

U (0)
 +∞ √
−u2 π
u=
0 2
2
x W (x) = U (x) + V (x) = −1

W C1 R

W (E)

U V C∞ R


 V (x) + x U (x)
 U  (x) = −
 2(1 + x2 )
x

  U (x) − x V (x)

 V (x) =
2(1 + x2 )
1
t g(t) = f−1/2,λ (t) sin(t) = √ −λ t
sin(t) g R∗+
t
 (n+1)π
(an )n∈N ∀ n ∈ N an = (−1)n g(t) t

 π −λ(t+nπ)
n an = √ sin(t) t
0 t + nπ
(an )n∈N

(an )n∈N


(−1)k ak S
k0

67
2019

S>0

  +∞ +∞

k
N (−1) ak g(t) t = (−1)k ak
k0 0 k=0

x > 0 V (x) > 0


 
U (x)
x>0 R(x) = [U 2 (x) + V 2 (x)]1/2 T (x) = arctan
V (x)
R T R+

R T C1 R∗+

R T R∗+

R+ R T

U (x) V (x) x∈R

(E)

 +∞ −t  +∞ −t
n x Un (x) = n
√ cos (xt) t Vn (x) = √ sinn (xt) t
0 t 0 t
x∈R U2 (x) V2 (x) U (x) V (x)

x∈R lim Un (x)


n→+∞

FIN DE L’ÉPREUVE

68
2019
115

Épreuve de Mathématiques 1 PC
Durée 4 h

Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé,
d’une part il le signale au chef de salle, d’autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa
composition en indiquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.

L’usage de calculatrices est interdit.

AVERTISSEMENT

La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la


précision des raisonnements entreront pour une part importante dans
l’appréciation des copies. En particulier, les résultats non justifiés ne seront pas pris
en compte. Les candidats sont invités à encadrer les résultats de leurs calculs.

Il est interdit aux candidats de signer leur composition ou d’y mettre un signe quelconque pouvant indiquer sa provenance.
69
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2019

 1
α

n1

n ∈ N∗
p
 1 1 1 1
p∈N ∗
sp = = + + ... +
n+k n n+1 n+p
k=0

(sp )p∈N∗
p
 1 1 1 1
p = + + ... + >1
n+k n n+1 n+p
k=0
an
a n = n + pn pn p un =
n
1 1 1
+ + ... + >1
n n+1 an
(an )n∈N∗

n2
n−1
 2n−2

1 1 1 1 1 1 1 1
= + + ... + <1 = + + ... + >1
n+k n n+1 2n − 1 n+k n n+1 3n − 2
k=0 k=0

(un )   ∈ [2, 3]
1 1 1 1
n 1< + + ... + 1+
n n+1 an an
 an
1 1 1 t 1 1
n 1−  + ... +   + ... + 1
n n+1 an n t n an − 1

(un )

n ∈ N∗ E = R2n [X] B = (1, X, X 2 , ..., X 2n ) a


Φa E
 
1
∀ P ∈ E, Φa (P ) = − X2 P  + aX P
4

a Φa E
a Φa E

λ ∈ −n, n
 α  β
1 1
α β N P = X+ X− Φa (P ) = λ P
2 2

70
2019

Φa

B  0, 2n

Φa Ψ E 0, 1, 4, 9, ..., 4n2

E u = (un )n∈N ∀ n ∈ N un+3 = un

Φ u E (u0 , u1 , u2 ) R3

Φ E R3

i ∈ 1, 3 εi = Φ−1 (ei ) (e1 , e2 , e3 ) R3

B = (ε1 , ε2 , ε3 ) E

ε1 , ε2 , ε3
2

(u, v) E2 (u|v) = ui v i
i=0

E 

B E

d E

∀ u ∈ E, d(u) = w ∀ n ∈ N, wn = un+1

d E

d B E

D E d

d E d3

H D E H E d

d H

(z) z∈C

71
Tournez la page S.V.P.
2019

p∈N M N d
Mp Np
+∞
 m
(−1)n 2n+1 (−1)n
A ∈ M2 (C) ϕ(A) = A = lim A2n+1
n=0
(2n + 1) ! m→+∞
n=0
(2n + 1) !

1 1
z∈C s(z) = [ (iz) − (−iz) ] c(z) = [ (iz) + (−iz) ] i i 2 = −1
2i 2
+∞
 (−1)n
z∈C s(z) = z 2n+1
n=0
(2n + 1) !

c(z) z ∈ C

A = γ I2 γ∈C ϕ(A)

A α β
 
α 0
P ∈ 2 (C) B= = P −1 A P
0 β

ϕ(B) ϕ(A) P

A β=α
 
α y
Q∈ 2 (C) y C= = Q−1 A Q
0 α

Cn n∈N

ϕ(A) Q

ϕ(A) A M2 (C)
 
1 2019
X M2 (C) ϕ(X) =
0 1

FIN DE L’ÉPREUVE

I M P R I M E R I E N A T I O N A L E – 19 1115 – D’après documents fournis

72
2018
142

CONCOURS ARTS ET MÉTIERS ParisTech - ESTP - POLYTECH

Épreuve de Mathématiques 2 PC

Durée 3 h

Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé,
d’une part il le signale au chef de salle, d’autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa
composition en indiquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.

L'usage de
L’usage de calculatrices est interdit.

AVERTISSEMENT

La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la


précision des raisonnements entreront pour une part importante dans
l’appréciation des copies. En particulier, les résultats non justifiés ne seront pas pris
en compte. Les candidats sont invités à encadrer les résultats de leurs calculs.

Tournez la page S.V.P

Tournez la page S.V.P.


73 sa provenance.
Il est interdit aux candidats de signer leur composition ou d’y mettre un signe quelconque pouvant indiquer
2018

L’objet de ce problème est d’étudier les éventuelles solutions de l’équation :

ln(x) = ax (Ea )
où a ∈ R est fixé et x > 0 est l’inconnue.

Partie I. Etude de l’équation (Ea)


1. On se fixe, dans cette question, un réel a quelconque.
(a) Montrer que si a ∈] − ∞, 0], l’équation (Ea ) admet une unique solution
α ∈]0, 1].
 
(b) Montrer que si a ∈ 0, 1e , l’équation (Ea ) admet exactement deux
solutions α et β vérifiant α ∈]1, e[ et β ∈]e, +∞[.
(c) Montrer que si a = 1e , l’équation (Ea ) admet une unique solution dont on
donnera la valeur.
(d) Montrer que si a > 1e , l’équation (Ea ) n’admet pas de solution.
 
2. Illuster sur quatre graphiques différents les cas où a ∈] − ∞, 0], a ∈ 0, 1e ,
a = 1e et a > 1e (on représentera la fonction logarithme ainsi que la droite
d’équation y = ax).

Partie II. Etude d’une équation fonctionnelle


Dans cette partie on s’intéresse à l’étude de l’équation fonctionnelle :
∀(x, y) ∈ R2 , ϕ(x + y) = ϕ(x)ϕ(y) (R)
où l’inconnue est une fonction ϕ continue sur R.
1. Montrer qu’il existe exactement deux fonctions constantes sur R, que l’on
précisera, solutions de (R).
2. Soit ϕ une solution de (R). Montrer que :

ϕ(0) = 0 ⇐⇒ ∀x ∈ R, ϕ(x) = 0.
3. Soit ϕ une solution de (R) vérifiant ϕ(0) = 0.
(a) Donner la valeur de ϕ(0) et montrer que : ∀x ∈ R, ϕ(x) > 0.
(b) Montrer que
∀n ∈ Z, ∀x ∈ R, ϕ(nx) = (ϕ(x))n .
74 2
2018

(c) Montrer que   m


1
∀m ∈ N∗ , ϕ(1) = ϕ .
m
(d) Déduire des questions précédentes que
n n

∀(n, m) ∈ Z × N , ϕ = (ϕ(1)) m .
m
(e) Soit x ∈ R. Montrer que la suite (xn )n∈N , définie par xn = 10n x10−n
pour tout n ∈ N, converge vers x ( · désignant la fonction partie entière).
(f) Conclure que
∀x ∈ R, ϕ(x) = (ϕ(1))x .

Partie III. Etude d’une suite de polynômes


On considère pour la suite de ce problème la suite de polynômes (Pn )n∈N définie
par P0 = 1 et, pour n ∈ N∗ :
1
Pn (X) = X(X + n)n−1 .
n!
1.(a) Expliciter les polynômes P1 et P2 .
(b) Donner la valeur de Pn (0) pour tout n ∈ N.
2. Montrer que

∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ R, Pn (x) = Pn−1 (x + 1).
3. En déduire que
n

2
∀n ∈ N, ∀(x, y) ∈ R , Pn (x + y) = Pk (x)Pn−k (y)
k=0

(on pourra procéder par récurrence sur N).

Partie IV. Retour sur l’équation (Ea)


Dans cette partie on note αa la plus petite solution, si elle existe, de l’équation
(Ea ).
1.(a) Montrer que pour x ∈ R, (x + n)n−1 ∼ ex nn−1 .
n→+∞

3 75
Tournez la page S.V.P.
2018

(b) Rappeler la formule de Stirling


 puis montrer que, pour a ∈ R et x ∈ R∗
fixés, la série numérique Pn (x)an converge absolument si et seulement
n≥0
1
si |a| ≤ .
e  
2. Dans cette question on se fixe un réel a de − 1e , 1e et on note Fa la fonction
définie sur R par :
+∞

Fa (x) = Pn (x)an .
n=0
(a) Montrer que Fa est continue sur R.
(b) Rappeler le résultat de cours sur le produit de Cauchy de deux séries.
(c) En utilisant les résultats de la partie III., montrer que Fa est solution de
(R) et en déduire :

∀x ∈ R, Fa (x) = (Fa (1))x .

(d) Montrer que Fa est de classe C 1 sur R et que :



∀x ∈ R, Fa (x) = aFa (x + 1).

(e) En calculant Fa (0) de deux façons différentes, montrer que Fa (1) est
solution de (Ea ).
 
3. On note G la fonction définie sur − 1e , 1e par G(a) = Fa (1).
(a) Montrer que G est de classe C 1 sur ] − 1e , 1e [ et monotone sur [0, 1e ].
   
(b) Expliciter G 0, 1e , l’image de l’intervalle 0, 1e par la fonction G.
(c) Conclure que I M P R I M E R I E N A T I O N A L E – 18 1142 – D’après documents fournis
 
1 1
∀a ∈ − , , Fa (1) = αa .
e e
1
4. Soit C un réel tel que 1 ≤ C ≤ e e . Montrer que l’équation y y = C,
d’inconnue y > 0, admet une unique solution y0 et que
+∞

n+1 (n − 1)n−1
y0 = 1 + ln(C) + (−1) (ln(C))n .
n=2
n!

76 4
2018

Épreuve de Mathématiques B PC 2018

Présentation de l’épreuve (durée 3h)

Le sujet porte sur l’étude des éventuelles solutions de l’équation ln(x) = ax, a étant un paramètre
réel ; pour un certaine plage du paramètre a on établit une formule qui exprime la plus petite
solution de l’équation en tant que série entière du paramètre a. Cette formule a une longue histoire,
inspiré par des travaux de Lambert de 1758, elle est découverte par Euler en 1779, puis
redécouverte/redémontrée successivement par Eisenstein en 1844 et Jensen en 1902.
Le problème est divisé en quatre parties, la première partie étudie l’existence de solutions de
l’équation ln(x) = ax, la deuxième porte sur la résolution de l’équation fonctionnelle très classique
f (x + y) = f (x)f (y), la troisième partie étudie une suite de polynômes (polynômes d’Abel) et la
dernière partie, plus longue, établit la formule mentionnée précédemment.

Commentaire général de l’épreuve

Le sujet n’étant pas trop long, toutes les parties ont été abordées. Le sujet fait appel à des
connaissances diverses du programme d’analyse avec plus précisement des connaissances du
programme de première année pour les trois premières parties et de deuxième année pour la
dernière partie. Les candidats ayant des bases solides d’analyse s’en sont bien sortis ce qui a donné
de bonnes, voire très bonnes copies. Le bilan est cependant, en moyenne, plus mitigé et parfois
décevant avec des faiblesses surprenantes sur des notions basiques d’analyse notamment sur celles
du programme de première année qui devraient être maitrisées en fin de deuxième année.
Le jury a constaté dans un nombre important de copies un ”papillonage” alors que de très
nombreuses questions nécessitent une imprégnation totale de l’énoncé. Dans la mesure où le sujet
est relativement court, mieux vaut se limiter à traiter une moitié/deux tiers du sujet quitte à
réserver un peu de temps en fin d’épreuve pour grapiller des points.
Les correcteurs ont déploré très peu de copies mal soignées et soulignent les efforts de présentation
et de rédaction.

Analyse par parties

Partie 1
Une partie assez simple à condition de faire avec précision l’étude des fonctions auxiliaires ce qui a
été fait par une moitié des candidats, trop peu comprennent qu’il fallait utiliser un théorème
fondamental et précis (peu importe le nom qu’on lui donne si la référence est bien claire). La
continuité sur un intervalle et la stricte monotonie étant des arguments essentiels et souvent très
diffus. 77

1
2018

La dernière question concernant les représentations graphiques de la fonction ln et des droites


d’équation y = ax a été globalement bien faite mais a quand même posé des difficultés à une
proportion non négligeable de candidats qui n’ont pas su représenter correctement les fonctions ou
ont simplement passé la question.

Partie 2
Une deuxième partie très détaillée où les résultats attendus sont clairement énoncés. De la précision
était attendue, tant pour effectuer les récurrences nécessaires que pour la bonne gestion des cas
particuliers.
La stricte positivité de la fonction ϕ a été rarement bien traitée (question 3.a). A la question 3.b.
beaucoup de candidats font une récurrence sur Z. La fin n’est que rarement correcte, la continuité
de la fonction et la convergence de la suite utilisée rarement bien dégagées.

Partie 3
Une troisième partie simple au début a été correctement traitée par les candidats, la dernière
question plus difficile a été très rarement réussie.

Partie 4
Une quatrième partie qui utilisait plus nettement les notions de deuxième année, et qui révèle les
capacités des candidats. L’équivalent demandé a la question 1.a. a été assez bien traité. Pour la
question 1.b., la formule de Stirling est connue mais la convergence absolue de la série n’a pas été
bien traitée, on se perd souvent sur l’usage des paramètres : série entière en a (avec un rayon de
convergence) ou série de fonction en x ou simplement série numérique ? Le cas a = 1e est en
particulier rarement bien traité. De même, la question suivante où l’on doit étudier la continuité
d’une série de fonctions est très rarement réussie.
Le produit de Cauchy est rarement bien cité et à la question 2.c. les candidats se précipitent vers le
résultat demandé en omettant les arguments nécessaires. Le caractère C 1 de la fonction Fa est là
encore rarement correctement traité ; la suite a été assez peu abordée.
Dans l’ensemble les questions 1.b., 2.a. et 2.d. ont été décevantes, ce sont des questions tout à fait
standard (convergence de série, continuité d’une série de fonction et caractère C 1 d’une série de
fonctions) auxquelles les étudiants sont préparés en deuxième année de cursus.

Conseils aux futurs candidats

- ne pas négliger certains chapitres du programme notamment ceux de première année qui peuvent
ne pas avoir été revus en deuxième année.
- ne pas ”papillonner” et prendre le temps de s’imprégner du sujet surtout si celui-ci est de
longueur raisonnable.
- les correcteurs encouragent fortement la bonne présentation ainsi que la qualité de la rédaction
des copies, un nombre de points non négligeable leur est consacré. Sont sanctionnées, par exemple,
les copies dont les résultats ne sont pas soulignés, les copies comportant des fautes d’orthographes
ou bien celles dont la rédaction est trop elliptique.

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2
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2018

Rapport sur l”epreuve de Mathématiques 1 PC

Présentation du sujet
L’épreuve consiste en trois exercices indépendants sur des thèmatiques différentes du programme
(algèbre, analyse, probabilités). Le premier exercice est un exercice de réduction, il étudie le
spectre de certaines matrices construites par blocs en partant de cas particuliers. Le deuxième
exercice étudie les relations entre différentes séries entières dont les coefficients sont en relation
avec la suite harmonique (en particulier la fonction dilogarithme). Le troisième est un exercice
qui étudie les moments et la corrélation entre le maximum et le minimum de tirages uniformes
indépendants dans un ensemble fini.

Commentaire général de l’épreuve et Analyse générale


Les sujets de chacun des exercices sont conçus pour être progressifs, avec des questions élé-
mentaires, et de vérification des connaissances (concepts et théorèmes du programme), puis des
questions plus difficiles. Il n’est pas attendu des candidats qu’ils traitent l’intégralité de chaque
exercice et aucun ne l’a fait. Ce sont les calculs élementaires bien menés, les questions de cours
classiques , la logique de l’argumentation qui trient les copies, plus que les questions techniques
abordées seulement dans quelques très bonnes copies. Des notes très correctes peuvent être
obtenues en traitant correctement et précisément les questions élémentaires. Les correcteurs ont
apprécié le soin apporté à l’écriture et à la présentation dans la plupart des copies, mais il reste
néanmoins quelques copies particulièrement difficiles à déchiffrer.

Analyse des résultats par exercices

• Le premier exercice a été correctement abordé dans la majorité des copies. L’énoncé du
théorème spectral a posé de nombreuses difficultés, l’énoncé étant souvent incomplet (oubli
de la base orthonormée par exemple). Les questions 4,5 et 6 sont souvent plutôt bien traitées,
mais les candidats ne voient pas le lien entre la question 4 et la question 5, et font le calcul
du polynôme caractéristique. Les calculs de déterminant par bloc montrent des confusions
entre objets de natures très différentes. La fin de l’exercice 1 est rarement traitée de façon
significative.

• Dans le second exercice, peu de candidats ont fait le lien entre la question 1 et la question
2. Ceux qui ont démontré la divergence de la suite (hn )n ont souvent utilisé une compara-
ison avec une intégrale. Les questions sur les rayons de convergence de séries entières et

85
2018

développements en séries entières sont bien réussies dans une majorité de copies. En re-
vanche, la convergence des intégrales proposées a posé plus de problèmes. Les questions 10b
et 10c sont rarement traitées avec la précision nécessaire (passages à la limite non justifiés
le plus souvent.)

• L’exercice 3 est peu réussi. Seules les questions 3,4,5 et 7a, 7b ont été abordées par une
part significative de candidats. L’espérance et surtout la variance de la loi uniforme ne sont
pas bien connues. L’indépendance de variables aléatoires est un argument qui peine à être
cité. On lit des confusions entre les variables et leurs lois de probabilités. Les questions
d’informatique sont plutôt très bien traitées, à part des erreurs dans les indexations de listes.

Conseil aux futurs candidats

• Nous conseillons aux futurs candidats de bien connaître leurs cours, de le citer précisément
lorsqu’on l’utilise et d’en vérifier soigneusement les hypothèses.

• Des petits calculs, des études de cas particuliers sont proposés pour s’approprier l’exercice.
Ils méritent attention et doivent être traités avec soin.

• Soignez globalement votre travail : présentation, argumentation, code.

86
2017
157

CONCOURS ARTS ET MÉTIERS ParisTech - ESTP - POLYTECH

Épreuve de Mathématiques 2 PC

Durée 3 h

Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé,
d’une part il le signale au chef de salle, d’autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa
composition en indiquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.

L'usage de
L’usage de calculatrices est interdit.

AVERTISSEMENT

L'épreuve est constituée d'un problème dont les trois parties sont relativement
indépendantes.

La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la


précision des raisonnements entreront pour une part importante dans
l’appréciation des copies. En particulier, les résultats non justifiés ne seront pas pris
en compte. Les candidats sont invités à encadrer les résultats de leurs calculs.

Tournez la page S.V.P


Tournez la page S.V.P.
87 sa provenance.
Il est interdit aux candidats de signer leur composition ou d’y mettre un signe quelconque pouvant indiquer
2017

Partie I
Z 1
I. 1) a) Calculer f (t) = e−ts ds pour t 2 IR, si t = 0 puis t 6= 0.
0
b) Montrer que f est une application continue sur IR et établit une bijection de IR
sur un intervalle à préciser.

c) Montrer que f est développable en série entière sur IR et donner son développement.
Z x
I. 2) Pour x 2 IR, soit S(x) = f (t) dt.
0

a) Montrer que S est développable en série entière sur IR et donner son développement.
+1
X Z 1
(−1)n+1 1 − e−t
b) Justifier l’égalité : = dt.
n=1
n(n!) 0 t
Z +1
e−t
I. 3) a) Pour tout x > 0, justifier l’existence de R(x) = dt.
x t
Z 1 +1 −t Z
1 − e−t e
b) On pose γ = S(1) − R(1) = dt − dt. Justifier l’égalité :
0 t 1 t
Z +1
γ=− ln(t)e−t dt.
0

c) Montrer que R est de classe C 1 sur IR⇤+ , donner une relation entre R0 (x) et S 0 (x)
pour x > 0 et justifier que :
S(x) = R(x) + ln(x) + γ.
Xn Z n t
⇤ xk x
I. 4) a) Pour x > 0 et n 2 IN , soit : gn (x) = − dt.
k 1 t
k=1

+1 k
X Z +1
x xt
Pour tout x 2]0, 1[, justifier l’existence de g(x) = − dt
k 1 t
k=1
n
et prouver que, pour tout n 2 IN⇤ : 0 6 gn (x) − g(x) 6 xn .

b) Prouver que la suite de fonctions (gn )n2IN⇤ converge uniformément vers g sur ]0, 1[.

c ) En admettant que lim gn (1) = lim g(x), montrer que :


n!+1 x!1−
n
!
X 1
γ = S(1) − R(1) = lim − ln(n) .
n!+1 k
k=1
Z +1
e−at − e−bt
I. 5) Soient a > 0 et b > 0. En utilisant R (ax) − R (bx), calculer dt.
0 t
−x
I. 6) a) Montrer que pour tout x > 0 on a : R(x)6 e x , puis que lim xR(x) = 0.
x!+1

b) Au moyen d’une intégration par parties, prouver que R est intégrable sur IR⇤+ et
Z +1
R(x) dx = 1.
0

88
2
2017

Partie II
Z +1
II. 1) a) Pour n 2 IN, montrer l’existence de In = tn e−t dt.
0
b) Justifier que In+1 = (n + 1)In . En déduire la valeur de In .

II. 2) On considére l’espace vectoriel IR2 [X] des polynômes réels de degré 62.
À tout P 2 IR2 [X], on associe T (P ) tel que
Z +1
8x 2 IR, T (P )(x) = e−t P (x + t) dt.
0
a) Montrer que T est un endomorphisme de IR2 [X] et écrire sa matrice M dans la
base B = (1, X, X 2 ).
b) Étudier si M est diagonalisable dans M3 (IR).

II. 3) Soit n 2 IN et l’espace vectoriel IRn [X] des polynômes réels de degré 6n. On note
D l’endomorphisme de IRn [X] associant à tout polynôme P son polynôme dérivé P 0 .
a) Soit P 2 IRn [X] et (x, t) 2 IR2 . Déterminer des réels b0 (x), . . . , bn (x) tels que
X n
P (x + t) = tk bk (x). Indication: On pourra citer et utiliser une formule de Taylor.
k=0
b) À tout P 2 IRn [X], on associe T (P ) tel que
Z +1
8x 2 IR, T (P )(x) = e−t P (x + t) dt.
0
Montrer que T est un endomorphisme de IRn [X] et déterminer des réels a0 , . . . , an
n
X
tels que pour tout P 2 IRn [X] on ait : T (P ) = ak Dk (P ).
k=0
c) Déterminer les éléments propres de T (valeurs propres et vecteurs propres).

II. 4) Soit g : IR ! IR, une fonction continue et bornée. Déterminer y 2 C 1 (IR, IR)
solution de l’équation di↵érentielle sur IR: y 0 − y + g = 0.
Z +1
x
Justifier que la solution générale est de la forme : y : x 7! ke + e x
e−t g(t) dt, k 2 IR.
x

II. 5) Soit g : IR ! IR continue et bornée et soit N1 (g) = sup{|g(t)|, t 2 IR}.


Z +1
a) On définit Tg : IR ! IR par 8x 2 IR, Tg (x) = e−t g(t + x) dt.
0
Z +1
Justifier qu’alors Tg (x) = ex e−u g(u) du, et que Tg est de classe C 1 sur IR en
x
précisant (Tg )0 en fonction de Tg et g.
b) En supposant g non nulle, déterminer s’il existe λ 2 IR tel que Tg = λg.
c) Montrer qu’en général Tg est bornée sur IR et majorer N1 (Tg ) au moyen de N1 (g).

d) Montrer que si g tend vers 0 en +1, alors Tg aussi.


Indication : on vérifiera que si |g(t)| 6 " pour t>A, alors |Tg (x)| 6 " pour x>A.
Z +1
II. 6) a) Pour tout réel A, justifier l’existence et calculer e(i−1)t dt.
A
b) Soit c : t 7! cos(t), s : t 7! sin(t) et F le sous espace vectoriel de C(IR, IR) engendré
par (c, s).
Montrer que g 7! Tg (où Tg défini ci-dessus) définit un endomorphisme de F et écrire
sa matrice N dans la base (c, s). N est-elle diagonalisable dans M2 (IR) ?
89
3 Tournez
Tournez la page
la page S.V.P.
S.V.P.
2017

Partie III

On s’intéresse dans cette partie à l’équation di↵érentielle : xy 00 +y 0 −(x+1)y = 1.

III. 1) On suppose qu’il existe une solution ✓ développable en série entière de cette
+1
X
équation di↵érentielle. On note alors ✓(x) = an xn pour tout x 2 ] − r, r[ où r > 0 est
n=0
le rayon de convergence et (an )n2IN une suite réelle.

a) Déterminer alors une relation entre a1 et a0 , ainsi qu’une relation entre


an+2 , an+1 et an pour tout n 2 IN.

b) Pour une telle suite (an ), montrer qu’il existe K > 0 telle que :
8n 2 IN, |an | 6 K .
n!
En déduire qu’une telle solution ✓ existe et que de plus r = +1.

III. 2) On souhaite résoudre ici cette équation di↵fentielle sur l’intervalle I = IR⇤+ et
l’on note :
S = {y 2 C 2 (I, IR)/ 8x > 0, xy 00 (x) + y 0 (x) − (x + 1)y(x) = 1 }.

a) Pour tout y 2 C 2 (I, IR), on pose z(x) = e−x y(x) pour tout x > 0.
Montrer que y 2 S si et seulement si z vérifie :
8x > 0, xz 00 (x) + (2x + 1)z 0 (x) = e−x (?).
b) Déterminer les Z 2 C 1 (I, IR) telles que :
8x > 0, xZ 0 (x) + (2x + 1)Z(x) = 0.

c) Déterminer les Z 2 C 1 (I, IR) telles que :


8x > 0, xZ 0 (x) + (2x + 1)Z(x) = e−x .

d) En déduire l’expression des fonctions z 2 C 2 (I, IR) vérifiant l’équation (?) de


Z +1 −t
e
III.2.a), en utilisant la fonction R définie pour x > 0 par R(x) = dt : On
x t
utilisera R(x) et R(2x).
e) Donner alors l’expression de la solution générale y 2 S. – 17 1157 – D’après documents fournis

III. 3) a) Sachant que R(x) = − ln(x) + γ + o(1) quand x ! 0 avec x > 0, déterminer
les solutions y 2 S ayant une limite finie en 0.
Exprimer alors ces solutions en utilisant la fonction S de la partie I et reliée à R
par : S(x) = R(x) + ln(x) + γ pour x > 0 (vu en I. 3) c)).

b) Sachant que S est développable en série entière sur IR, donner l’expression des
solutions f de la question III. 1): on exprimera f (x) en fonction de S(x) et S(2x) pour
tout x 2 IR.
IN CHOISY

Comment pourrait-on alors obtenir une expression des suites (an ) de III.1) ?

•• FIN ••

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4
2017

Épreuve de mathématiques II. (PC- e3a 2017)


1. Présentation
2150 candidats dont 1965 ont composé, avec une moyenne de 9, 23 et un écart-type de 4, 41.
L’épreuve concernait essentiellement à étudier des intégrales et un opérateur intégral avec quelques questions
d’algèbre linéaire ou sur les équations différentielles. Le problème comportait nombre de questions avec des
difficultés variées.
2. Commentaires
Le niveau d’ensemble constaté est plutôt moyen voir faible, avec très peu de très bonnes copies, la plupart
des candidats cherchant à répondre aux questions tant bien que mal et pas toujours avec les méthodes attendues.
On s’inquiète aussi d’un nombre important de candidats à qui semblent manquer des bases nécessaires et en
empilent leurs réponses sans toujours donner le sentiment d’une compréhension des choses écrites.
Un nombre donc trop important de copies plutôt faibles et relativement courtes, ce qui conduit à un certain
étonnement compte-tenu des questions très classiques et du large spectre du programme balayé par le sujet.
Sur la forme, présentation et la rédaction sont globalement convenables et la plupart des candidats connaissent
la marche à suivre, mais il reste trop de copies mal présentées, mal numérotées, avec une présentation confuse
et en particulier sans référence au numéros des questions. Insistons sur le fait qu’une copie est un texte destiné
à convaincre,. Que pour cela il faut introduire la question, la démarche mise en oeuvre et les arguments et des
raisonnements précis avec la concentration nécessaire pour faire des calculs corrects.
Beaucoup de fautes en analyse : ainsi sur la convergence des intégrales (”la fonction tend vers 0 en +∞
donc l’intégrale existe”), la confusion entre intégrale dépendant d’un paramètre et dépendant de ses bornes avec
la notion fondamentale de primitive mal appréhendée ; la notion de fonction développable en série entière (”la
fonction est bijective donc développable”, ”elle est continue donc développable”), la manipulation d’intégrales
divergentes et les intégrations par parties vraiment malhonnêtes (combien ont écrit ln(0) !), la notion de conver-
gence uniforme Des erreurs sur la suite (In ), censée être géométrique et l’intégrale R(x), ”majorée par son
e−x
premier terme négligé” pour justifier que R(x) ≤ .
x
L’algèbre linéaire a été moins maltraitée : beaucoup d’efforts ont été déployés pour prouver le caractère
”endomorphisme” dans II et la bonne matrice a souvent été trouvée. Les équations différentielles aussi ont
eu plus de succès : la formule donnant les solutions d’une équation homogène, la méthode de variation de la
constante semblent en général assimilées.

3) Analyse des résultats


Partie I
1. (a) Quelques erreurs sur la détermination d’une primitive de s 7→ e−st pour t 6= 0.
(b) La continuité en 0 est effectuée, mais pas de phrase pour l’évoquer ailleurs. Il est curieux qu’après
avoir explicité f , trop de candidats ’utilisent le théorème de continuité sous le signe intégrale avec la
majoration fausse :
∀t ∈ R, ∀s ∈ [0, 1], e−st 6 e−s .
Peu voient d’ailleurs que sur un segment, majorer par une constante suffit. La bijection est rarement
bien justifiée, certains étudient le noyau ou donnent des explications fantaisistes. La monotonie est
rarement expliquée avec l’intégrale directement, ou quitte à dériver sous le signe intégral. . .
(c) Question généralement réussie car le développement en série entière de exp est connu, mais ensuite
cela peut se gâter. Des erreurs de ≪ mélange ≫ entre variables (la fonction obtenue dépend parfois
de t) et peu de justification pour intégrer la série entière.
(d) Question généralement réussie lorsque la précédente l’est (quelques tentatives de bluff néanmoins
pour compenser des décalages d’indices aux questions précédentes).
2. (a) Parfois très long, pour un résultat qui dépend de t et x...
3. (a) Souvent correct.
Z 1
(b) Parfois très bien faite mais les copies moyennes utilisent des termes du type dt/t. Le caractère C 1
0
de f est souvent justifié avec le théorème de dérivation des intégrales à paramètres qui donne, dans
quelques copies, une dérivée nulle. La présence du signe moins devant la dérivée a été régulièrement
absent et ce signe réapparaı̂t au cours du calcul pour compenser la fin de la question. Beaucoup
d’intégrales divergentes apparaissent, avec notamment des ”ln(0)”. La continuité de la fonction sous
le signe intégrale est peu évoquée et beaucoup de copies faibles justifient l’existence en mentionnant
que t 7→ e−t /t tend vers 0 en +∞. La classe C 1 et la conclusion correcte est assez rare.
4. (a) La question a été peu abordée et la majoration très rarement. Énormément de tours de passe passe
pour l’inégalité de droite.
91
1
2017

(b) On prouve en général la convergence simple, d’autres fois on rappelle de la definition de la convergence,
mais on donne une majoration dépendant de x..., et l’idée de majorer par 1/n finalement très rare.
(c) Question peu abordée.
5. (a) De façon analogue à la question 3)b), l’intégrale a souvent faussement été séparée en deux par linéarité
et le lien avec S a été peu remarqué.
6. (a) La limite a été généralement démontrée mais l’inégalité très peu. Majoration directe par e−x /x en
utilisant la décroissance de e−t /t
(b) Question peu abordée. La plupart cherche à calculer R(x). Peu ont eu l’idée d’intégrer par parties.

Partie II
1. (a) Question très abordée et plutôt réussie même si, à nouveau, un nombre non négligeable de copies
justifie l’existence en mentionnant juste la continuité de la fonction intégrée ou le fait qu’elle tende
vers 0 en +∞.
(b) Question plutôt réussie mais beaucoup de candidats oublient de montrer que In = n!.
2. (a) Le fait que T soit un endomorphisme est plutôt correctement écrit mais la matrice pas toujours
correcte trouvée (présence notamment de variables dans la matrice voire de fonctions), ou parfois
transposée. L’argument pour la non- diagonalisabilité est en général vu. Certains candidats indiquent
que M est diagonalisable car elle possède une valeur propre triple ou parce qu’elle est triangulaire
supérieure.
3. (a) Arriver à justifier que T est un endomorphisme de Rn [X] est plutot rare.
(b) La formule de Taylor est rarement écrite correctement (beaucoup de formules de Taylor-Young no-
tamment).
4. (a) La méthode est connue mais la détermination de la solution particulière a souvent été mal faite (avec
du bluff sur le signe moins). Pour l’équation complète, on intègre souvent de x à l”infini sans justifier.
Le reste de cette partie a été peu abordé.
Partie III
1. (a) Question très abordée mais où les calculs n’ont abouti que dans la moitié des copies. Beaucoup de
relations dépendent de x à la fin des calculs. N’aboutit pas souvent, mais souvent tenté.
(b) Cette question est peu abordée.
2. (a) Cette question est généralement bien écrite même si l’équivalence n’est pas toujours clairement men-
tionnée.
(b) Souvent tenté, parfois réussi.
L’enchainement b à e. rarement mené au bout.. Par exemple exp(−2x − ln(x)) = (exp(−2x))/x est rare.
La fin du problème est peu abordée.

4. Conseils aux futurs candidats. Conclusion.


La variété des questions a permis un bon étalement des notes. Dans une telle épreuve comportant beaucoup
de questions il y a souvent moyen de donner des réponses brèves et il convient de réfléchir aux méthodes à
utiliser avant de partir dans des calculs compliqués, ce qui fait partie des compétences évaluées.
Nous ne pouvons que conseiller aux candidats de s’efforcer de bien faire, en rédigeant avec précision ce qui est
abordé. Une bonne connaissance du cours est indispensable ainsi que la pratique d’exercices d’entraı̂nement pour
acquérir un bon savoir-faire. Une lecture attentive et minutieuse du sujet permet d’v́iter de nombreuses erreurs
et incohérences. Les correcteurs attendent des réponses argumentées, précises. Les réferences aux résultats du
cours doivent être bien rédigées et sans abréviations. Les correcteurs apprécient les copies propres et bien écrites.
On aimerait que les candidats fassent preuve de davantage de rigueur dans les preuves demandées.
Nous constatons des différences sensibles entre les candidats, que les calculs posent problème ainsi et que
la précision des explications n’est pas un impératif de tous. Quelques bonnes copies, bien présentées et de bon
niveau, mais trop rares.

92
2
2017
156

CONCOURS ARTS ET MÉTIERS ParisTech - ESTP - POLYTECH

Épreuve de Mathématiques 1 PC

Durée 4 h

Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé,
d’une part il le signale au chef de salle, d’autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa
composition en indiquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.

L'usage de L’usage de calculatrices est interdit.

AVERTISSEMENT

La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la


précision des raisonnements entreront pour une part importante dans
l’appréciation des copies. En particulier, les résultats non justifiés ne seront pas pris
en compte. Les candidats sont invités à encadrer les résultats de leurs calculs.

Tournez la page S.V.P

Tournez la page S.V.P.

93 sa provenance.
Il est interdit aux candidats de signer leur composition ou d’y mettre un signe quelconque pouvant indiquer
2017

E XERCICE 1
+∞
 1
On considère la fonction ζ de la variable réelle x définie par la relation ζ(x) = x
lorsque cette
n=1 n
notation a un sens.
Pour tout entier n ∈ N∗ , on considère la fonction f n définie sur ]1; +∞[ par :
1
∀x ∈ ]1; +∞[ , f n (x) =
nx
(1). Déterminer l’ensemble de définition de la fonction ζ.
(2). Soit a ∈ ]1; +∞[. Montrer que la fonction ζ est continue l’intervalle [a; +∞[.
Que peut-on en déduire pour la continuité de la fonction ζ ?
(3). Soit n ∈ N∗ .
(− ln(n))k
(a). Montrer que : ∀k ∈ N∗ , ∀x ∈ ]1; +∞[ , f n(k) (x) =
nx
(b). Montrer que la fonction ζ est de classe C ∞ sur ]1; +∞[ et donner l’expression de ζ(k) (x)
pour tout k ∈ N∗ et tout x ∈ ]1; +∞[ sous forme d’une série.
(4). Préciser le sens de variation de ζ.
(5). On se propose dans cette question de justifier l’existence et de déterminer la valeur de la limite
de la fonction ζ en +∞.
(a). Montrer que ζ possède une limite finie en +∞.
N 1 +∞
 1
(b). Soit N ∈ N∗ . Montrer que : ∀x ≥ 2, 1 ≤ ζ(x) ≤ x
+ 2
.
n=1 n n=N+1 n
(c). En déduire la valeur de la limite de ζ en +∞
(6). On considère à présent h ∈]0, +∞[.
À l’aide d’une comparaison série-intégrale, déterminer un encadrement de ζ(1+h) puis un équi-
valent de ζ(x) lorsque x tend vers 1.
(7). Donner l’allure de la représentation graphique de la fonction ζ.
 (−1)n
+∞
(8). On pose : ∀x ∈ ]0; +∞[ , F(x) = x
n=1 n
(a). Justifier que F est bien définie.
(b). Montrer que F est continue sur R∗+ .
(c). Montrer que : ∀x ∈ ]1; +∞[, ζ(x) + F(x) = 21−x ζ(x).
(d). Déterminer ensuite la limite de F en +∞.

94 2
2017

E XERCICE 2
 
On rappelle que Mp,q (R) où p, q ∈ N∗ × N∗ désigne le R−espace vectoriel des matrices à p lignes et q
colonnes. On note Mp (R) au lieu de Mp,p (R) et l’on identifiera R et M1 (R).
   
1 −1
−1 −1
   
(1). Soient U0 =   et V0 =   et A0 = U0 t V0 .
−1 1
1 −1
(a). Calculer A0 . Quel est le rang de A0 ?
(b). Justifier que 0 est valeur propre de A0 puis déterminer une base du sous-espace propre
associé.
(c). (i). Calculer A0 U0 .
(ii). Montrer que A0 est diagonalisable dans M4 (R).
(iii). Déterminer une matrice diagonale D de M4 (R) et une matrice inversible P de M4 (R)
telles que A0 = PDP −1 .
(2). Soit n ≥ 2 et A ∈ Mn (R) une matrice de rang 1.
 
c1
 . 
(a). On désigne par C =  ..  la matrice colonne égale à la première colonne non nulle de la
cn
matrice A.
 
Démontrer qu’il existe une matrice ligne non nulle L = 1 ... n ∈ M1,n (R) telle que
A = CL.
(b). Vérifier que LC = tr (A) puis montrer que A2 = tr(A)A où tr(A) désigne la trace de A.
(c). Soit λ une valeur propre de la matrice A et X un vecteur propre associé.
 
Montrer que λ2 − tr (A)λ X = 0 et en déduire que le spectre de A est inclus dans {0, tr (A)}.
(d). Le réel 0 est-il valeur propre de A ? Quelle est la dimension de l’espace propre associé ?
(e). Vérifier que tr(A) est valeur propre de A.
(f ). Montrer que : A est diagonalisable ⇔ tr(A) = 0

(3). Soit E un R−espace vectoriel de dimension finie n ≥ 2, et f ∈ L (E) tel que rg ( f ) = 1 et f ◦ f = 0̃


où 0̃ désigne l’endomorphisme nul.
On désigne par u un vecteur de E tel que Im ( f ) = Vect(u).
(a). Montrer que f (u) = 0.
(b). En déduire que l’endomorphisme f possède une valeur propre réelle non nulle.
(c). Montrer alors que f est un endomorphisme diagonalisable dans R.

3 95
Tournez la page S.V.P.
2017

E XERCICE 3
Dans tout cet exercice, λ désignera un réel strictement positif, et X une variable aléatoire réelle
  λ j −λ
discrète suivant une loi de Poisson de paramètre λ, c’est à dire telle que : ∀ j ∈ N, P X = j = e
j!
(1). (a). Montrer que la variable aléatoire réelle discrète X(X −1) admet une espérance et la calculer.
 
(b). En déduire la valeur de E X 2 .
λ2 + λ
(2). Montrer que : ∀i ∈ N∗ , P (X ≥ i ) ≤ .
i2
Que peut-on en déduire pour la série de terme général P (X ≥ i ) où i ∈ N∗ ?
 
(3). Pour tout entier k ∈ N∗ , on considère la suite u i ,k i ∈N∗ définie par :
λi
∀i ∈ N∗ , u i ,k =
(k + 1)(k + 2) . . . (k + i )

(a). Montrer que la série u i ,k converge pour tout k ∈ N∗ .
i ≥1
+∞

Pour tout k ∈ N∗ , on pose alors : ∀n ∈ N∗ , Rn,k = u i ,k .
i =n

(b). Montrer que, pour tout entier n ∈ N∗ , il existe une constante K que l’on précisera telle que
 λi
+∞
pour tout entier k ≥ K, on a : Rn,k ≤ i
i =n k

k
(4). (a). Montrer que pour tout entier k > λ, P (X ≥ k) ≤ P (X = k).
k −λ
Puis montrer que pour tout entier k ≥ 2λ, P (X > k) ≤ P (X = k).
1
(b). Dans cette question et uniquement cette question, on suppose que λ ≤ .
2
+∞

Montrer à l’aide des questions précédentes que P (X ≥ i ) ≤ 1.
i =2
+∞

(c). Dans le cas général, que vaut P (X ≥ i ) ? Le justifier.
i =0
(5). Soit n ∈ N \ {0,
 1}. Dans
 cette question, on considère Y une variable aléatoire qui suit une loi
λ
binomiale B n; .
n
(a). Montrer que : ∀t ∈ R, 1 − t ≤ e −t .
 
n n k −α(n,k) (k − 1)k
(b). Montrer que : ∀k ∈ {0, 1, . . . , n}, ≤ e où α(n, k) = .
k k! 2n
e −λ λk β(n,k,λ) k(2λ + 1 − k)
(c). Montrer que : ∀k ∈ {0, 1, . . . , n} , e
P (Y = k) ≤ où β(n, k, λ) = .
k! 2n
(d). Quelle majoration de P (Y = k) peut-on obtenir pour k ∈ N avec k ≥ 2λ + 1 ?
n
   e −λ λk
(e). En déduire que pour k ∈ N avec k ≥ 2λ + 1 : P Y=j ≤
j =k+1 k!

96 4
2017

E XERCICE 4
On dit qu’un entier naturel n est premier si, et seulement si, il admet exactement deux diviseurs : 1
et lui-même.
0 et 1 ne sont donc pas des nombres premiers. Par contre, 3 est un nombre premier puisque l’en-
semble de ses diviseurs est exactement {1, 3}.
Toutes les fonctions demandées ci-après seront à réaliser dans le langage Python
On pourra au fil des questions utiliser les fonctions construites dans les questions précédentes.
(1). Écrire une fonction divise(p,q) d’argument deux entiers naturels non nuls p et q , renvoyant
True si p divise q et False sinon.
(2). Écrire une fonction estpremier(p) d’argument un entier naturel p, renvoyant 1 si p est premier
et 0 sinon.
(3). Écrire une fonction phi(p) d’argument un entier naturel p, renvoyant le nombre de nombres
premiers inférieurs ou égaux à p.
(4). Pour n ∈ N, on désigne par ϕ(n) le nombre de nombres premiers inférieurs ou égaux à n.
Pour la suite de cet exercice, on admettra le résultat suivant, appelé théorème des nombres pre-
n
miers : ϕ(n) ∼ .
n→+∞ ln(n)
 
 ϕ(n) ln(n) 

Pour n ∈ N , on définit Θ(n) =  − 1.
n
(a). Rappeler la définition de deux suites équivalentes (les suites envisagées seront supposées
n’avoir aucun terme nul).
(b). Prouver que le théorème des nombres premiers implique qu’il existe une infinité de nombres
premiers.
(c). Écrire une fonction test(epsilon) d’argument un réel epsilon strictement positif, ren-
voyant le premier entier naturel N ≥ 50 tel que Θ(N) ≤ ε.
(d). Donner une suite d’instructions permettant de tracer le graphe de la fonction Θ sur 50; 5000.

– 17 1156 – D’après documents fournis


IN CHOISY

5 97
2017
RAPPORT DE L’EPREUVE DE MATHS 1 E3A PC

1) PRESENTATION DU SUJET
Le sujet comportait 4 exercices indépendants, chacun sur un thème différent (analyse, algèbre, probabilités, algorithmique
et programmation).

Chaque exercice se composait de plusieurs questions de difficulté graduée et plus ou moins indépendantes. Les programmes
des deux années étaient concernés.

Les thèmes abordés sont pour la plupart classiques, comme la fonction ζ , les matrices de rang 1, les queues de lois de
probabilités ou les nombres premiers.

Les questions font appel aux connaissances de base du calcul de seconde année, tant en analyse, qu’en calcul matriciel
ou dans le dénombrement, ainsi qu’à la maitrise de quelques algorithmes simples utilisant des tests, des compteurs ou des
boucles conditionnelles.

De nombreuses questions portent sur le cours ou sur des conséquences immédiates du cours, quelques unes font appel à
une maitrise plus approfondie comme la continuité ou la classe C ∞ d’une somme de série de fonctions.

2) COMMENTAIRE GENERAL DE L’EPREUVE

L’épreuve a été traitée par 2662 candidats. Les notes obtenues vont de 0 à 20, avec une moyenne de 9,72/20 et un
écart-type de 4,49.

Le sujet regroupait un nombre important de questions sur des thèmes très variés et de difficulté très hétérogène. Les
candidats ont pu aisément occuper leur 4 heures en se consacrant à leurs thèmes de prédilection.

Au demeurant, la plupart des candidats aborde tous les exercices, en général de façon substantielle.

L’équipe de correction a constaté dans l’ensemble que les copies sont bien présentées, rédigées et que le travail effectué a
été soigné. Ce soin a été récompensé, et dans les rares cas de copies de mauvaise facture, les candidats ont été sanctionnés.

3) ANALYSE DES RESULTATS PAR EXERCICE

• Exercice1

Il s’agissait de l’étude approfondie de la fonction ζ.


L’ensemble de définition ne pose que rarement problème.

La continuité nécessitait de connaitre et appliquer correctement le théorème relatif aux séries de fonctions. Sur ce point
on note d’importants écarts entre les copies. Dans l’ensemble cette question a été bien traitée, mais par une minorité de
candidats.

Même remarque pour la classe C ∞ , où les dérivées successives ne posent pas problème, mais le théorème est souvent mal
compris ou mal rédigé.

Si la limite de la question 5 a été mieux réussie, on regrette l’absence trop fréquente de courbes à la question 7 ; même
approximatives, les courbes rapportent des points non négligeables.

La question 898
a été moins traitée que les autres, mais souvent avec succès, à l’exception du ii) ou là encore la continuité
pose problème.

1
2017
• Exercice2

Il s’agissait là d’étudier, d’abord sur un exemple, puis de façon générale la diagonalisabilité des matrices de rang 1.

La question 1 a rapporté beaucoup de points à la plupart des candidats, récompensant ceux qui ont travaillé les techniques
classiques sur ce thème.

La question 2a fut plus délicate en particulier à cause de la démonstration d’existence. Cependant, la suite a été plutôt
réussie.

La question 3 a été moins traitée et sa première sous-question a entrainé des confusions entre f non nulle et f(x) non nul
pour un x donné.

• Exercice3

L’exercice 3 était dans le thème des probabilités mais en pratique axé sur le calcul et le dénombrement.

La première question a posé problème par l’utilisation de l’inégalité de Markov, mais aussi par une rédaction souvent
hasardeuse sur les critères de convergences de séries à termes positifs.

Les questions suivantes ont moins inspiré les candidats peut-être soucieux d’aborder vite le dernier exercice, ou rebutés
par les techniques calculatoires.

Nous avons remarqué cependant que nombre de bons candidats ont largement traité cet exercice avec souvent un réel
succès.

• Exercice4

C’est l’exercice qui a le mieux réussi aux candidats.

Les questions ont en général été bien traitées, tant sur le principe des algorithmes que sur la correction de la syntaxe du
code python.

Le point qui paradoxalement pose souvent problème reste la question 4a qui est pourtant un simple rappel de cours sur
une notion très classique en analyse.

4) CONSEILS AUX FUTURS CANDIDATS

Comme souvent dans les rapports de jury de l’écrit, il convient de rappeler aux futurs candidats que les épreuves sont
calibrées de manière à ce qu’un candidat de niveau correct et ayant travaillé sérieusement toute l’année ait une note au
dessus de 10/20. A ce titre nous rappelons :

• Qu’il est indispensable de connaitre parfaitement les théorèmes et définitions des programmes de première et deuxième
année.

• Qu’un théorème s’utilise en rappelant son énoncé et ses hypothèses et en l’appelant par son nom s’il en a un.

• Que les questions nécessitant de longs calculs rapportent des points en conséquence et qu’il ne faut pas les négliger.

• Que dans tous les exercices il y a des points à prendre et qu’on peut tenter de traiter des questions dans toutes les
parties.

• Qu’aucune partie du programme ne doit être négligée.

• Que la qualité de la rédaction et de l’argumentation mathématique est un élément fondamental pris en compte lors de
l’évaluation.
99

2
2016
115



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100
���������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������

Tournez la page S.V.P.
2016

Le but de ce problème est de donner, dans les parties I. et II., quatre expressions différentes du réel
ln(2) sous la forme d’une somme de série puis d’étudier, dans la partie III., la vitesse de
convergence de ces quatre séries.

On rappelle que pour une série uk convergente, le reste d’indice n, pour n ∈ N, est le réel défini
k≥1
+∞

par uk .
k=n+1

Partie I.
1. Rappeler, en précisant le rayon de convergence, le développement en série entière de la
fonction définie sur ] − 1, + ∞[ par x �→ ln(1 + x).
�+∞
1
2. Montrer alors que ln(2) = k
.
k=1
k2
� xk+1
3. (a) Donner le rayon de convergence puis calculer la somme de la série entière .
k≥1
k(k + 1)
+∞
� 1
(b) En déduire la valeur de .
k=1
k(k + 1)2k
� (−1)k−1
4. (a) Montrer que la série est convergente.
k≥1
k
� �
� �+∞
(−1) k−1 � 1
� k�
(b) Montrer que pour tout n ∈ N et tout x ∈ [0,1], � x �≤ .
� k � n+1
k=n+1
+∞
� (−1)k−1
(c) En déduire que ln(2) = .
k=1
k

Partie II.
On considère dans la suite de ce problème, la suite (an )n∈N∗ définie par :
n−1

(2k + 1)
1 × 3 · · · ×(2n − 1) k=0
∀n ∈ N∗ , an = = .
n2n+1 n! n2n+1 n!
(2n)!
1. (a) Montrer que pour tout n ∈ N∗ , an = .
n22n+1 (n!)2
(b) Rappeler la formule de Stirling.
(c) Montrer que la série de terme général an est convergente.

2 101
2016

� π
2
2. On considère la suite (In )n∈N définie par In = sin2n (x) dx.
0

In+1
(a) Montrer que pour tout n ∈ N, In − In+1 = .
2n + 1
n−1

(2k + 1)
k=0 π
(b) En déduire que pour tout n ∈ N∗ , In = , puis donner une relation liant In
2n n! 2
et an pour tout n ∈ N∗ .

sin2n (x)
3. (a) Pour n ∈ N , on note fn la fonction définie sur

par fn (x) = [0, π2 [
. Montrer que
� n
la série de fonctions fn converge simplement sur [0, π2 [ vers une fonction f que l’on
n≥1
déterminera.
+∞
� � π
2 2
(b) Montrer que f est intégrable sur [0, π2 [ et que an = − ln(cos(x)) dx.
n=1
π 0
� π � π
2 2
4. On note I = ln(cos(x)) dx et J = ln(sin(x)) dx.
0 0
(a) En utilisant un changement de variable, montrer que J est convergente et que I = J.
(b) En calculant I + J trouver la valeur de I.
+∞

5. Donner, en le justifiant, la valeur de an .
n=1

Partie III.
+∞
� +∞
� +∞
� +∞

1 (−1)k−1 1
Pour n ∈ N, on note Rn = k
, Sn = , Tn = ak et Vn = .
k=n+1
k2 k=n+1
k k=n+1 k=n+1
k(k + 1)2k
Rn , Sn , Tn et Vn sont donc les restes d’indice n des séries vues en première et deuxième partie.
Le but de cette partie est de déterminer des équivalents des quatre suites (R n ), (Sn ), (Tn ) et (Vn ).
On rappelle que la notation un ∼ vn signifie que la suite (un ) est équivalente à la suite (vn ) et que
la notation un = ◦(vn ) signifie que la suite (un ) est négligeable devant la suite (vn ).
+∞
� 1
1. On note dans cette question (Un )n≥0 la suite définie par Un = .
i=n+1
2i
1
(a) Calculer Un . Ecrire pour tout k ∈ N∗ , en fonction de deux termes de la suite (Un )n≥0 .
2k
�+∞
Un Uk
(b) En déduire que pour tout n ∈ N, Rn = − .
n + 1 k=n+1 k(k + 1)
+∞
� Uk
(c) Montrer que = ◦(Rn ).
k=n+1
k(k + 1)
1
(d) Conclure que Rn ∼ .
n2n

102 3
Tournez la page S.V.P.
2016

2. (a) Montrer que


n−1

∗ 1 tn
∀n ∈ N , ∀t ∈ [0,1], (−1)k tk = − (−1)n .
k=0
1+t 1+t
� 1
tn
(b) En déduire que pour tout n ∈ N , Sn = (−1)
∗ n
dt.
0 1+t
(c) Montrer que l’on a
� 1
∗ (−1)n (−1)n tn+1
∀n ∈ N , Sn = + dt.
2(n + 1) n+1 0 (1 + t)2

(−1)n
(d) Conclure que Sn ∼ .
2n
3. (a) Soit � > 0. Montrer qu’il existe un rang N ∈ N tel que
1 1
∀k ≥ N, (1 − �) √ 3 ≤ ak ≤ (1 + �) √ 3 .
2 πk 2 2 πk 2
� k+1 � k
dt 1 dt
(b) Montrer que pour tout entier k ≥ 2, 3 ≤ 3 ≤ 3 .
k t 2 k 2 k−1 t2
(c) Déduire des questions précédentes que
� +∞ � +∞
1 dt 1 dt
∀n ≥ N, (1 − �) √ 3 ≤ Tn ≤ (1 + �) √ 3 .
2 π n+1 t 2 2 π n t2
1
(d) Conclure que Tn ∼ √ .
πn
1
4. Montrer que Vn ∼ 2 n .
n2
5. Parmi les quatre séries étudiées dans ce problème, laquelle converge le plus rapidement?
Laquelle converge le moins rapidement? Justifier vos réponses.

– 16 1115 – D’après documents fournis


IN CHOISY

4 103
2016

Rapport sur l’épreuve de Mathématiques PC2 (problème) 2016

Présentation du sujet
L’épreuve est un problème divisé en trois parties ; le but des deux premières parties est de donner
quatre expressions du réel ln(2) sous la forme d’une somme de série puis, dans la troisième partie,
d’étudier la vitesse de convergence de ces quatre séries en déterminant un équivalent de leur reste.
Ce problème permettait d’utiliser une bonne partie du cours d’analyse ainsi que plusieurs
techniques et exemples classiques : série harmonique alternée, intégrales de Wallis, intégrales de
Dirichlet, transformation d’Abel, comparaison série-intégrale.

Analyse par parties

Partie 1
Une question de cours, une bonne moitié des candidats, seulement, connaissait le développement en
série entière demandé à la question 1., le rayon de convergence étant alors souvent correct. Pour la
question 2. il suffisait de penser à utiliser x = −1/2 ce qui n’a pas éte souvent perçu. Ce résultat
ayant d’ailleurs généré des propositions inexactes à la question précédente. Pour le calcul du rayon
de convergence de la question 3., les candidats ont pensé, en général, à utiliser la règle de
d’Alembert ; pour le calcul de la somme, certains candidats pensent à utiliser soit un télescopage
soit à primitiver le développement en série entière de ln(1 − x), mais avec beaucoup de maladresses
dans les calculs, un résultat final correct étant assez rare. A la question 4., on reconnait souvent
une série alternée, mais certains affirment une convergence absolue. La majoration uniforme du
module du reste en revanche n’est pas toujours justifiée et on ne sait pas en général l’utiliser pour
calculer la limite en 1.

Partie 2
C’est la partie la moins bien traitée. La formule de Stirling est correctement énoncée par un
candidat sur deux ; la plupart des candidats cherchent à montrer la convergence de la série de terme
général an en utilisant la règle de d’Alembert (qui ne marche pas ici) sans penser à utiliser un
équivalent. Pour la question 2.a. la plupart des candidats pensent à faire une intégration par parties
mais un grand nombre de candidats se trompent sur les primitives et dérivées des fonctions en jeu.
A la question 3.a. les candidats ont confondu la convergence simple de la série de fonctions avec la
convergence simple de la suite de fonctions. La technique de changement de variable est connue et
souvent maitrisée mais le choix du changement de variable n’était pas toujours judicieux, lorsque
celui-ci n’est pas donné explicitement il faut commencer par penser a un changement de variable
affine.

Partie 3
Les deux calculs de somme de termes d’une suite géométrique de cette partie (1.a. et 2.a.) ont posé
beaucoup 104
de problèmes aux candidats. La transformation d’Abel (question 1.) était ici guidée,
certains candidats arrivent au bout du calcul. La notion de négligeabilité (question (1.c.) n’est pas
2016

maı̂trisée par les candidats. L’intégration par partie de la question 2.c. a été en général bien traitée
mais l’équivalent de la question 2.d a posé plus de problème. A la question 3.b. un nombre
satisfaisant de candidats reconnaissent la technique de comparaison série-intégrale. La dernière
question du sujet est abordée dans de nombreuses copies, même faibles, les réponses données plus
ou moins bien justifiées étant la plupart du temps correctes.

Commentaire général de l’épreuve

L’épreuve a été traitée par 2058 candidats. Les notes sont étalées entre 0 et 20 avec une moyenne
de 9.41 et un écart-type de 4.75. Le sujets n’étant pas trop long et les parties étant indépendantes,
toutes les parties ont été abordées en revanche peu de questions ont été bien traitées par une
majorité des candidats. Ceux ayant des bases solides d’analyse s’en sont bien sortis ce qui a donné
de bonnes, voire très bonnes copies. Le bilan est cependant, en moyenne, plus mitigé et parfois
décevant avec des faiblesses surprenantes sur des notions basiques d’analyse (par exemple sur les
calculs de somme de termes d’une suite géométrique), on a pu ainsi observé un nombre important
de notes faibles.
Les correcteurs ont pu parfois constater que, pour traiter certaines questions, les candidats
connaissent la méthode ou ont la bonne idée mais sont complètement bloqués dans la mise en
oeuvre de celle-ci par en général des difficultés importantes dans les calculs. Les copies étaient dans
l’ensemble bien présentées.

Conseils aux futurs candidats

- ne pas négliger certains chapitres du programme ; un candidat ayant, par exemple, fait l’impasse
sur les séries, obtient nécessairement une mauvaise note sur une telle épreuve.
- s’entraı̂ner à faire des calculs afin de de pas être bloqué dans la mise oeuvre d’une méthode ou
technique.
- les correcteurs encouragent fortement la bonne présentation ainsi que la qualité de la rédaction
des copies, un nombre de points non négligeable leur est consacré. Sont sanctionnées, par exemple,
les copies mal présentées (soulignez vos résultats), les copies comportant trop de fautes
d’orthographes ou bien celles dont la rédaction est trop elliptique.

105
2016
116

CONCOURS ARTS ET MÉTIERS ParisTech - ESTP - POLYTECH

ÉpreuvededeMathématiques
Epreuve Mathématiques 1 PC
PC1

Durée 4 h

Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé,
d’une part il le signale au chef de salle, d’autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa
composition en indiquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.
durée : 4 heures

L'usage de L’usage de calculatrices est interdit.

Exercices
AVERTISSEMENT
L’usage de la calculatrice n’est pas autorisé

Le sujet est constitué de trois exercices indépendants. Dans chacun des exercices, les différentes parties
ne sont pas indépendantes, mais tout résultat peut-être admis pour être utilisé par la suite.

Dans tous les exercices, étant donnés deux entiers naturels a, b tels que a < b, a, b désigne l’ensemble
des entiers naturels n tels que a ≤ n ≤ b. On note N ∗ l’ensemble des entiers naturels non nuls.

La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la


précision des raisonnements entreront pour une part importante dans
l’appréciation des copies. En particulier, les résultats non justifiés ne seront pas pris
en compte. Les candidats sont invités à encadrer les résultats de leurs calculs.

106
Il est interdit aux candidats de signer leur composition ou d’y mettre un signe quelconque pouvant indiquer sa provenance.

Tournez la page S.V.P.


2016

Exercice 1
Soit E un espace vectoriel euclidien. Le produit scalaire sur E est noté < , > et la norme associée  .

A. Préliminaires : Soient u1 , u2 deux vecteurs de E.


1. Démontrer l’inégalité :

| < u1 , u2 > | ≤ u1  u2 


2
On pourra considérer la fonction f définie par f (t) = u1 + tu2  pour t dans R et démontrer
qu’il s’agit d’une fonction polynomiale.
2. Donner une condition nécessaire et suffisante portant sur les vecteurs u1 , u2 pour que
| < u1 , u2 > | = u1  u2 . Justifier votre réponse.

Soit n un entier naturel non nul. Pour toute famille (u1 , ..., un ) de vecteurs de E, on note G(u1 , ..., un )
la matrice (n, n) dont le (i, j)-ème coefficient est < ui , uj >, pour tout (i, j) dans 1, n2 .
Soit M une matrice (n, n) à coefficients dans R, dont le (i, j)-ème coefficient est noté mi,j , pour
tout (i, j) dans 1, n2 .
Si p est un entier naturel non nul, M ⊗p désigne la matrice (n, n) dont le (i, j)-ème coefficient est mpi,j ,
pour tout (i, j) dans 1, n2 .
On dit que la matrice M vérifie la propriété G s’il existe des vecteurs u1 , ..., un dans E tels que :

M = G(u1 , ..., un ).
 
a b
B. Dans cette partie, on suppose n = 2. Soit B = une matrice (2, 2) à coefficients dans R.
c d
3. On suppose que la matrice B vérifie la propriété G. Soit (u1 , u2 ) dans E 2 tels que B =
G(u1 , u2 ) . Justifier que a ≥ 0, b = c, d ≥ 0 et det B ≥ 0.
4. Réciproquement, on suppose que a ≥ 0, b = c, d ≥ 0 et det B ≥ 0. Justifier que B vérifie la
propriété G.
Indications : En considérant (e1 , e2 ) une base orthonormale de E, on pourra construire une
famille de vecteurs (u1 , u2 ) telles que B = G(u1 , u2 ) en choisissant u1 sous la forme xe1
et u2 sous la forme ye1 + ze2 pour des nombres réels x, y, z qu’on précisera. On pourra
commencer par étudier le cas a > 0.
5. Justifier que la matrice B vérifie la propriété G si et seulement si, pour tout entier p dans
N ∗ , B ⊗p vérifie la propriété G.

C. Dans cette partie, on suppose n = 3. Soient a, b deux nombres réels. On pose :


 
1 1 0
C = 1 a b  .
0 b 1

6. On suppose que la matrice C vérifie la propriété G. Soient u1 , u2 , u3 des vecteurs de E tels


que C = G(u1 , u2 , u3 ).
(a) Démontrer que a ≥ 1 et a ≥ b2 .
(b) Justifier que la famille (u1 , u3 ) est othonormale.

2 107
2016

(c) Déterminer le vecteur v2 projection orthogonale du vecteur u2 sur le plan engendré par
les vecteurs u1 et u3 .
(d) En déduire que a ≥ b2 + 1.
(e) Démontrer que les vecteurs u1 , u2 , u3 sont linéairement indépendants si et seulement si
a > b2 + 1.
7. On suppose a ≥ b2 + 1. Soit (e1 , e2 , e3 ) une base orthonormée de E.
(a) Déterminer l’ensemble des vecteurs u = xe1 + ye2 + ze3 , (x, y, z) ∈ R3 , tels que
< u, e1 >= 1 et < u, e3 >= b.
(b) Justifier que la matrice C vérifie la propriété G.
(c) Est-il vrai que, pour tout p dans N ∗ , la matrice C ⊗p vérifie la propriété G ? On argu-
mentera précisément la réponse.

D. Soit C le R-espace vectoriel des fonctions continues sur ]0, +∞[. Soit E le sous-espace vectoriel
 +∞
de C des fonctions f telles que pour tout polynôme P , l’intégrale 0 f (t)2 P (t)dt est absolument
convergente. On ne demande pas de vérifier que E est un sous-espace vectoriel de C.

Soit p dans N ∗ .
 +∞
8. Démontrer que pour tous f et g dans E, l’intégrale 0
f (t)g(t)tp−1 dt est absolument
convergente.
9. On peut donc définir l’application :

E ×E → R
 +∞
(f, g) → < f, g >p = 0 f (t)g(t)tp−1 dt

Démontrer que c’est un produit scalaire sur E.


10. Démontrer que la fonction h définie par h(t) = e−t pour t ∈]0, +∞[, appartient à E.
Dans la suite, on note :
 +∞
γp = e−t tp−1 dt.
0

11. Soit α un nombre réel strictement positif. On admet que la fonction hα définie par hα (t) = e−αt
 +∞
pour t ∈]0, +∞[, appartient à E. Exprimer 0 e−αt tp−1 dt en fonction de α, p et γp .
12. Soit n un entier naturel ≥ 2. Soient α1 , ..., αn des nombres réels strictement positifs. On
désigne par D la matrice (n, n) à coefficients dans R dont le (i, j)-ème coefficient di,j , pour
(i, j) dans 1, n2 , est défini par :
1
di,j = .
αi + αj
Démontrer que pour tout entier naturel non nul p, il existe un espace euclidien E et une
famille (u1 , ..., un ) dans E n tels que la matrice D⊗p = G(u1 , ..., un ). On explicitera E, son
produit scalaire ainsi que la famille (u1 , ..., un ).

108 3
Tournez la page S.V.P.
2016

Exercice 2

On note R∗ l’ensemble ] − ∞, 0[∪]0, +∞[.

Soit C(R) le R-espace vectoriel des fonctions continues de R dans R.


A. Soit F la fonction définie en un nombre réel x par :

0, si x > 0
F (x) =
x2 , si x ≤ 0.

1. Démontrer que la fonction F est continue sur R.


2. Démontrer que la fonction F est dérivable sur R. Calculer sa dérivée F  . La fonction F 
est-elle continue ? est-elle dérivable ?
3. Etablir le tableau de variations de F et dessiner précisément le graphe de la fonction F sur
R.
B. Soit E0 l’ensemble des fonctions H de classe C 1 sur R dont la restriction à l’intervalle ] − ∞, 0[
et la restriction à l’intervalle ]0, +∞[ sont toutes deux des fonctions polynomiales de degré ≤ 2.
4. Démontrer que E0 est un sous-espace vectoriel de C(R).
5. Soient P et Q deux fonctions polynomiales de degré ≤ 2. On pose P : x → ax2 + bx + c et
Q : x → dx2 + ex + f . Soit H la fonction définie sur R par

P (x), si x < 0
H(x) =
Q(x), si x ≥ 0.

Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur les nombres réels a, b, c, d, e, f
pour que H soit une fonction continûment dérivable sur R. En déduire une base de E0 .
Quelle est la dimension de E0 ?
6. Soit Ψ0 l’application de E0 dans R3 définie par Ψ0 (H) = (H(0), H  (0), H(1)).
(a) Démontrer que Ψ0 est une application linéaire.
(b) Déterminer le noyau de Ψ0 .
(c) En déduire que Ψ0 est surjective.
C. Soit α un nombre réel. Soit f une application de classe C 1 sur R. Soit P : x → ax2 + bx + c une
fonction polynomiale de degré ≤ 2. Soient u, v, w des nombres réels tels que f (α) = u, f  (α) = v.
Soit H la fonction définie pour x dans R par :

f (x), si x ≤ α
H(x) =
P (x), si x > α.

7. Justifier que H est une fonction de classe C 1 sur R telle que H(α + 1) = w si et seulement si
(a, b, c) est solution d’un système linéaire qu’on explicitera. Indication : on pourra exprimer
a en fonction de P (α + 1), P (α), P  (α). Ce système linéaire a-t’il une unique solution ?
8. Ecrire une fonction prolonge en python qui prend en entrée des nombres (u, v, w, β) et donne
en sortie un triplet (a, b, c) tel que la fonction polynomiale définie par h : x → ax2 + bx + c
vérifie : h(β − 1) = u, h (β − 1) = v et h(β) = w.
D. Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2. On note I0 =] − ∞, 0], I1 =]0, 1], I2 =]1, 2], ... ,
Ij =]j − 1, j], ... ,In−1 =]n − 2, n − 1], In =]n − 1, +∞[.
Soit E l’ensemble des fonctions H de classe C 1 sur R et telles que sur chacun des intervalles
I0 , I1 , ..., In la restriction de H est une fonction polynomiale de degré ≤ 2. On admet que E est
un sous-espace vectoriel de C(R).

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2016

9. Pour j un entier compris entre 0 et n, soit Pj : x → aj x2 + bj x + cj une fonction polynomiale


de degré ≤ 2. Soit H la fonction définie par : H(x) = Pj (x), si x ∈ Ij , pour tout j ∈ 0, n.
(a) Démontrer que la fonction H appartient à E si et seulement si le vecteur
(a0 , b0 , c0 , a1 , b1 , c1 , ..., an1 , bn1 , cn1 , an , bn , cn ) est solution d’un système linéaire à 2n
équations qu’on explicitera.
(b) Résoudre ce système si on suppose de plus que H s’annule en tout point i dans 0, n−1.
On commencera par exprimer bi et ci en fonction de ai et i pour tout i dans 1, n − 1.
(c) On considère l’application :

ϕ : E → Rn
H → (H(0), H(1), ..., H(n − 1))

i. Justifier que ϕ est une application linéaire.


ii. Quel est le noyau de ϕ ? En préciser la dimension.
iii. Démontrer que ϕ est surjective. On pourra faire une démonstration par récurrence
sur n.
iv. Quelle est la dimension de E ? On citera précisément le théorème utilisé.
10. Soient β0 , β1 , ..., β49 des nombres réels. Ecrire un programme interpo en python qui prend
en entrée β0 , ..., β49 et donne en sortie une liste de triplets (a0 , b0 , c0 ), (a1 , b1 , c1 ), ..., (a50 , b50 , c50 )
tels que la fonction H définie par : H(x) = aj x2 + bj x + cj , si x ∈ Ij , pour j ∈ 0, 50, est
dans E et vérifie de plus H(i) = βi pour tout i ∈ 0, 49.

Exercice 3
A. Soit (un )n∈N la suite définie par u0 = 4, u1 = 3 et la relation de récurrence :
1 1
∀n ∈ N, un+2 = un+1 + un .
2 4
On considère la matrice
 
0 1
M= 1 1 .
4 2
1
1. Rappeler le développement en série entière de la fonction (x → ) au voisinage de 0.
1−x
Quel est son rayon de convergence ?
2. Calculer les valeurs propres de la matrice M . Justifier qu’elles sont dans l’intervalle ] − 1, 1[.
La matrice M est-elle diagonalisable ?
3. On note α et β les valeurs propres de la matrice M .
(a) Justifier qu’il existe des nombres réels A et B tels que :

∀n ∈ N, un = Aαn + Bβ n .
(b) Sans chercher à calculer A et B, justifier les égalités :

110 5
Tournez la page S.V.P.
2016

i. A + B = 4,
ii. Aα + Bβ = 3,
iii. Aβ + Bα = −1.
(c) Démontrer l’égalité :
 A(1 − β) + B(1 − α)
un = .
(1 − α)(1 − β)
n∈N

(d) En déduire la valeur de n∈N un .
4. Proposer une fonction en python, suite(N ), qui prend en entrée l’entier naturel N et
renvoie la liste des N + 1 premiers termes de la suite (un )n∈N , sous forme de nombres
rationnels. Préciser la complexité de votre algorithme en fonction des opérations que vous
utilisez (additions, multiplications...).

B. On dispose d’une pièce qui, lorsqu’elle est lancée, tombe sur « pile » avec la probabilité p et
tombe sur « face » avec la probabilité q = 1 − p. On suppose que p est dans ]0, 1[.

Alice et Benoît jouent à un jeu de « pile ou face » avec cette pièce de la façon suivante : La
pièce est lancée plusieurs fois de suite jusqu’à ce que trois lancers successifs fournissent deux fois
« pile » suivies d’une fois « face » ou une fois « face » suivie de deux fois « pile ». Dans le premier
cas, deux fois « pile » suivies d’une fois « face » , Alice gagne et dans le cas une fois « face »
suivie de deux fois « pile » , Benoît gagne.
On désigne par motif le résultat de trois lancers successifs.
Par exemple, si on a effectué 7 lancers dont le résultat est « pile, face, pile, face, face, pile, pile »
les motifs de longueur 3 sont « pile, face, pile », « face, pile, face », « pile, face, face », « face,
face, pile » et « face, pile, pile » ; à ce stade, Benoît a gagné et la partie est finie.

Soit n un entier naturel non nul. On note Xn la variable aléatoire qui donne la valeur du n-ième
lancer : la variable Xn prend la valeur 1 lorsque la pièce tombe sur « pile » et la valeur 0 lorsque
la pièce tombe sur« face ».

La probabilité d’un événement A lié à ce jeu sera noté P (A). Ainsi, pour n dans N ∗ , P (Xn =
1) = p et P (Xn = 0) = q.
Les lancers sont supposés indépendants, donc les variables aléatoires (Xn )n∈N∗ sont mutuellement
indépendantes.
Soit n dans N ∗ . On note En l’évènement « Ni Alice, ni Benoît n’ont gagné après n lancers » ,
An l’évènement « le n-ième lancer fait gagner Alice » et Bn l’évènement « le n-ième lancer fait
gagner Benoît ».
5. Déterminer P (En ), P (An ), P (Bn ) pour n = 1, n = 2 et n = 3.
6. Soient n et k deux entiers naturels non nuls. Soit (x0 , ..., xk ) dans {0, 1}k+1 . Justifier que
les évènements En ∩ (Xn = x0 ) et (Xn+1 = x1 ) ∩ (Xn+2 = x2 ) ∩ · · · ∩ (Xn+k = xk ) sont
indépendants.
Que peut-on en déduire pour la probabilité de l’événement
En ∩ (Xn = x0 ) ∩ (Xn+1 = x1 ) ∩ (Xn+2 = x2 ) ∩ · · · ∩ (Xn+k = xk ) ?
7. Soit n dans N ∗ . On note vn la probabilité de l’évènement En ∩(Xn = 0) et wn la probabilité
de l’évènement En ∩ (Xn = 1).
(a) Exprimer v1 , v2 , w1 , w2 en fonction de p et q.

6 111
2016

(b) Soit n un entier naturel ≥ 3. En décomposant l’événement En ∩(Xn = 0) selon la valeur


prise par Xn−1 , démontrer que vn = qvn−1 + pqvn−2 .
(c) Soit n un entier naturel ≥ 3. On considère une suite de n lancers consécutifs qui n’a fait
gagner ni Alice, ni Benoît et qui se conclut par un « pile » (Xn prend la valeur 1.) On
suppose que lors de l’un au moins de ces lancers, la pièce est tombée sur « face ». On
note k le plus grand indice tel que, pour cette suite, Xk a pris la valeur 0 (c’est-à-dire
le dernier lancer pour lequel la pièce est tombée sur « face »). Justifier que k = n − 1.
(d) Soit n un entier naturel ≥ 3. Démontrer que wn = pn + pvn−1 .
8. Soit T la variable aléatoire « durée du jeu » , c’est-à-dire que T prend la valeur n lorsque
« Alice ou Benoît gagne à la n-ième étape » , pour n ∈ N∗ . Si la partie ne se termine pas,
T prend la valeur +∞.
(a) Soit n un entier naturel ≥ 2.
i. Que peut-on dire des événements (T > n) et En ?
ii. En déduire l’expression de P (T > n) en fonction de vn , vn−1 et p.
iii. Justifier que P (T = +∞) = 0.
Indication : On pourra étudier la suite (vn + pvn−1 )n≥2 et démontrer qu’elle est
décroissante.

iv. Quelle propriété du jeu obtient-on ainsi ?


+∞
(b) Si la série n=2 vn est convergente, démontrer que la variable T est d’espérance finie.
En notant E(T ) cette espérance, justifier l’égalité :

+∞

p3
E(T ) = 2 + p + + (1 + p)( vn ).
1−p n=2

(c) On suppose dans cette question seulement que la pièce est équilibrée, c’est-à-dire p =
q = 12 . Démontrer que la variable T est d’espérance finie et calculer E(T ).
Indication : On pourra calculer v2 et v3 .
9. Soit n un entier naturel ≥ 3.
(a) On considère une suite de n lancers consécutifs telle qu’Alice gagne la partie au n-ième
lancer. Démontrer que lors des n − 1 premiers lancers, la pièce n’est pas tombée sur
« face ».
(b) En déduire la probabilité qu’Alice gagne la partie au n-ième lancer , soit P (An ), puis
la probabilité que Benoît gagne la partie au n-ième lancer , soit P (Bn ).
10. Exprimer en fonction de p la probabilité qu’Alice gagne la partie et la probabilité que Benoît
gagne la partie. Quelles valeurs obtient-on pour ces deux probabilités lorsque la pièce est
équilibrée ?
11. Quelle valeur donner à p pour que le jeu soit équitable ?

112 7
2016

Rapport sur l’épreuve de Mathématiques PC1 (exercices) 2016

Présentation du sujet

Le sujet est composé de trois exercices indépendants sur des thématiques du programme
différentes : espaces euclidiens, systèmes linéaires, probabilités . Les programmes des deux années
sont abordés.

Commentaire général de l’épreuve.

L’épreuve a été traitée par 2702 candidats. Les notes se sont étalées entre 0 et 20 avec une
moyenne de 9,94 et un écart-type de 3,77. Les exercices étaient longs et il était possible d’obtenir
une très bonne note avec un investissement significatif dans seulement deux des exercices, mais
beaucoup de candidats ont préféré picorer dans chacun des exercices, avec une certaine tendance
au grapillage. Les copies sont dans l’ensemble bien présentées et il en est tenu compte dans la
notation pour les distinguer de celles écrites sans soin ou rédigées de façon désinvolte. Sont en
particulier pénalisés l’accumulation de fautes d’orthographe ou les abus d’abréviation.

Analyse par exercice:

• Exercice 1 :

Il s’agissait d’un exercice d’algèbre linéaire dans les espaces euclidiens construit autour des
matrices de Gram et leurs puissances de Hadamard. On utilisait l’inégalité de Cauchy-
Schwarz qui faisait l’objet du début de l’exercice, puis une partie élémentaire sur le cas
particulier des matrices (2, 2), un cas particulier de matrices (3, 3) et enfin un le cas des
matrices de Cauchy en dimension quelconque. Dans l’ensemble, l’exercice a été peu réussi.
L’inégalité de Cauchy-Schwarz pourtant rappelée n’est pas connue de nombreux candidats
et prend des formes fantaisistes. Dans la partie B, l’équivalence finale n’est trop souvent pas
comprise, faute d’une compréhension du sens du quantificateur. Dans la partie C, beaucoup
de candidats appliquent aux matrices (3, 3) ce qui vient d’être démontré uniquement pour
des matrices (2, 2). La partie D n’est correctement abordée que dans les très bonnes copies.
Le changement de variables de la question 11 est très souvent incorrect.

• Exercice 2 :

Il s’agissait d’un exercice d’algèbre linéaire dont le but est de proposer un algorithme de
construction de l’interpolation d’une fonction par une fonction de classe C ∞ polynomiale
de degré au plus 2 par morceaux (spline quadratique). La construction était basée sur la
résolution de systèmes linéaires et on utilisait cette situation pour déterminer la dimension
de l’espace de solutions. C’est l’exercice le moins réussi. Seules les questions très faciles sont
traitées, et même celles-ci donnent trop souvent lieu à des réponses fausses par désinvolture

113
2016

dans l’argumentation : on démontre que la fonction de la question A est continue, puis on


affirme que par les mêmes arguments elle est dérivable puis deux fois dérivable, ce qui est
faux, une application linéaire dont on demande le noyau est “forcément” injective (elle ne
l’était pas) , les systèmes linéaires dont le nombre d’inconnues et le nombre d’équations
coïncident n’ont qu’une solution (ce n’était pas le cas)...

• Exercice 3 :
C’est l’exercice le plus investi et le plus réussi. On étudie un jeu (le jeu de Penney) qui
semble a priori équitable, mais les calculs démontrent le contraire ( à moins d’utiliser une
pièce non équilibrée).
L’étude de la suite récurrente dans la partie A est souvent correctement menée, environ
un dixième des copies font même l’effort de l’application numérique de la question (d).
La question de programmation est abordée dans un nombre non négligeable de copies.
L’énoncé demandait explicitement des nombres rationnels de façon à encourager les candi-
dats à utiliser le relation de récurrence plutôt que l’expression développée 3(a) peu efficace
et non exacte, en vain. Il n’a pas éte tenu compte de l’efficacité du programme mais de la
cohérence du calcul de complexité avec le programme proposé. La notion de complexité et
l’utilisation des O est loin d’être maitrisé, même chez les candidats qui proposent un pro-
gramme correct. Le reste de l’exercice était des probabilités et comportait de nombreuses
questions de calcul. Elles ont souvent été traitées. Si les calculs sont menés, il n’en est pas de
même pour l’argumentation et les candidats peinent le plus souvent à exprimer précisément
pourquoi des événements sont indépendants (question 6) ou pourquoi certains événements
en enchaînent d’autres (questions 7(c) ou 9(a)). Peu de candidats ont dépassé la question
8(a).

Conseil aux futurs candidats

• Lisez bien l’énoncé.

• Dans les calculs, justifiez vos égalités une par une. Relisez-vous pour éviter les erreurs de
recopie d’une ligne sur l’autre.

• Les questions se résolvent souvent par application des théorèmes de cours. Il faut donc les
connaître précisément et s’interroger sur le respect des hypothèses avant d’en utiliser un.

• Dans les questions ouvertes, c’est votre argumentation qui doit guider votre conclusion. Une
réponse donnée au hasard a peu de chance d’être correcte.

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