Ali BOUAFIA
Département de Génie Civil
Faculté des sciences de l’ingénieur
Université Saâd Dahleb de Blida
AIDE-MÉMOIRE DE MÉCANIQUE DES
SOLS
OFFICE DES PUBLICATIONS UNIVERSITAIRES
1, Place centrale de Ben-Aknoun (Alger)
Ouvrages du même auteur édités à l'O.P.U:
- Mécanique des sols appliquée-Problèmes résolus,
ISBN 978.9961.0.0464.7, 2e édition année 2009, 164 p.
- Essais in-situ dans les projets de fondations,
ISBN 978.9961.0.0692.5, 2e édition année 2010, 305 p.
- Calcul pratique des fondations et des soutènements,
ISBN 978.9961.0.0849.2, 2e édition année 2009, 246 p.
- Introduction à la dynamique des sols,
Tome 1 : Principes de base,
ISBN 978.9961.0.1338.0, année 2010, 336 p,
Tome2: Calcul dynamique des ouvrages géotechniques,
ISBN 978.9961.0.1347.2, année 2010, 406 p.
- Introduction à la géotechnique,
2 tomes, ISBN 978.9961.0. , année 2011, 379 p.
Office des Publications Universitaires : 2012
Edition:
I.S.B.N: 978.9961.0. .0
Dépôt légal:
2
TABLE DE MATIERES
Avant-Propos 9
PARTIE I: AIDE-MÉMOIRE
CHAPITRE 1. PROPRIETES PHYSIQUES DU SOL
1.1. GRANDEURS DE L’ETAT PHYSIQUE DU SOL 13
1.2. INDICES DE L’ETAT PHYSIQUE DU SOL 15
CHAPITRE 2. CLASSIFICATION DES SOLS
2.1. SYSTEMES DE CLASSIFICATION 19
2.2. CLASSIFICATION GEOLOGIQUE 19
2.3. CLASSIFICATION MINERALOGIQUE 20
2.4. CLASSIFICATION STRUCTURELLE 20
2.5. CLASSIFICATION GEOTECHNIQUE 20
2.6. CLASSIFICATION DU SOL EN TANT QUE
MATERIAU DE CONSTRUCTION 25
CHAPITRE 3. ECOULEMENT DE L'EAU DANS LE SOL
3.1. ECOULEMENT DE L'EAU LIBRE - EQUATION DE
BERNOULI ADAPTEE AU SOL 27
3.2. ECOULEMENT UNIDIMENSIONNEL - EQUATION DE
DARCY 27
3.3. ECOULEMENT TRIDIMENSIONNEL - EQUATION DE
DARCY GENERALISEE 28
3.4. COEFFICIENT DE PERMEABILITE 30
3.5. ETUDE DE L'ECOULEMENT PLAN DANS UN SOL
MULTICOUCHES ANISOTROPE 31
3.6. ETUDE DE L'ECOULEMENT PLAN DANS UN SOL
HOMOGENE ISOTROPE 32
3.7. FORCES D'ECOULEMENT AGISSANT SUR LES GRAINS 33
3.8. BOULANCE DU SOL 36
3.9. PHENOMENE DE RENARD DANS LES SOLS 37
3.10. CAPILLARITE DE L'EAU – LOI DE JURIN 39
3.11. RESULTATS PRATIQUES 39
3
CHAPITRE 4. CALCUL DES CONTRAINTES DANS
LE SOL
4.1. CERCLE DE MOHR DES CONTRAINTES EN UN POINT 51
4.2. CONTRAINTES DUES AU POIDS DES TERRES 51
4.3. PRINCIPE DES CONTRAINTES EFFECTIVES DE
TERZAGHI 53
4.4. CONTRAINTES DUES AUX FORCES D'ECOULEMENT 53
4.5. CONTRAINTES DUES AUX SURCHARGES DE L'OUVRAGE 54
CHAPITRE 5. CONSOLIDATION DES SOLS FINS
SATURES
5.1. EQUATION DE LA CONSOLIDATION PRIMAIRE 73
5.2. ETUDE DE LA CONSOLIDATION UNIDIMENSIONNELLE 74
5.3. ETUDE DE LA CONSOLIDATION SECONDAIRE 85
5.4. CONSOLIDATION RADIALE PAR DRAINS VERTICAUX 85
CHAPITRE 6. RESISTANCE AU CISAILLEMENT DU SOL
6.1. DIFFERENTES FORMES DU CRITERE DE RUPTURE DE
MOHR-COULOMB 89
6.2. RELATIONS GEOMETRIQUES REMARQUABLES DANS
LE CERCLE DE MOHR 91
6.3. THEOREME DES ETATS CORRESPONDANTS 91
6.4. RESISTANCE AU CISAILLEMENT DES SOLS FINS 92
6.5. SENSIBILITE D'UN SOL FIN 92
6.6. CARACTERISTIQUES MECANIQUES DU SOL 93
CHAPITRE 7. STABILITE DES TERRAINS EN PENTE
7.1. ETUDE ANALYTIQUE DE LA STABILITE AU
GLISSEMENT 95
7.2. ETUDE NUMERIQUE DE LA STABILITE AU
GLISSEMENT- METHODES D'EQUILIBRE LIMITE 101
CHAPITRE 8. ANALYSE DE LA REPONSE SISMIQUE
DU SOL
8.1. ANALYSE SISMIQUE UNIDIMENSIONNELLE 109
8.2. ANALYSE SISMIQUE BI- OU TRI-DIMENSIONNELLE 122
8.3. RESONANCE SISMIQUE DU SYSTEME SOL/SOUVRAGE 122
4
CHAPITRE 9. ANALYSE DE LA LIQUEFACTION SISMIQUE
9.1. IDENTIFICATION DES SOLS LIQUEFIABLES 125
9.2. ÉVALUATION DU POTENTIEL DE LIQUÉFACTION-
ANALYSE TOTALE 126
9.3. ÉVALUATION DU POTENTIEL DE LIQUÉFACTION-
ANALYSE COUPLEE 131
9.4. ÉVALUATION DU POTENTIEL DE LIQUÉFACTION-
ANALYSE SEMI-COUPLEE 131
CHAPITRE 10. CAPACITE PORTANTE DES FONDATIONS
10.1. CLASSIFICATION DES METHODES D'ANALYSE DE
LA CAPACITE PORTANTE 151
10.2. METHODES DE CALCUL DE LA CAPACITE PORTANTE 152
CHAPITRE 11. PORTANCE SISMIQUE DES FONDATIONS
11.1. CLASSIFICATION DES METHODES D'ANALYSE 171
11.2. METHODES D'EQUILIBRE LIMITE 172
11.3. METHODES D'ANALYSE LIMITE (CALCUL A LA
RUPTURE) 175
11.4. CAPACITE PORTANTE DANS LES SOLS LIQUEFIABLES 175
CHAPITRE 12. TASSEMENT DES FONDATIONS
12.1. COMPOSANTES DU TASSEMENT 189
12.2. PARAMETRES GEOMETRIQUES DU TASSEMENT 189
12.3. METHODES DE CALCUL DU TASSEMENT 189
CHAPITRE 13. VIBRATIONS DES FONDATIONS
13.1. NOMENCLATURE DES MODES DE VIBRATION D'UNE
FONDATION 207
13.2. PRESENTATION DU MODELE ANALOGIQUE 207
13.3. ANALYSE DES VIBRATIONS HARMONIQUES SELON LE
MODELE ANALOGIQUE 217
CHAPITRE 14. CAPACITE PORTANTE VERTICALE
DE PIEUX
14.1. NOTION DE CAPACITE PORTANTE VERTICALE 221
5
14.2. NOTION DE CHARGE VERTICALE CRITIQUE 221
14.3. EVALUATION DE LA CAPACITE PORTANTE
VERTICALE D’UN PIEU ISOLE 222
14.4. EVALUATION DE LA CAPACITE PORTANTE
VERTICALE D’UN GROUPE DE PIEUX 236
CHAPITRE 15. FROTTEMENT NEGATIF DANS LES PIEUX
15.1. INTRODUCTION 239
15.2. CLASSIFICATION DES METHODES D’ANALYSE 239
15.3. METHODES D’EQUILIBRE ELASTOPLASTIQUE 241
15.4. METHODES D’ANALYSE EN DEPLACEMENTS 245
CHAPITRE 16. CAPACITE PORTANTE HORIZONTALE
DES PIEUX
16.1. CLASSIFICATION DES METHODES D’ANALYSE 247
16.2. EVALUATION A PARTIR D’UN ESSAI DE CHARGEMENT 247
16.3. EVALUATION A PARTIR DES METHODES DE CALCUL 249
CHAPITRE 17. DEFORMATION DES PIEUX
17.1. TASSEMENT D'UN PIEU ISOLÉ 269
17.2. TASSEMENT D'UN GROUPE DE PIEUX 277
17.3. DÉFLEXION D’UN PIEU CHARGÉ LATÉRALEMENT 277
CHAPITRE 18. PRESSION DES TERRES SUR LES ECRANS
18.1. INTRODUCTION 299
18.2. PRESSION SUR UN ECRAN EN ETAT K0 299
18.3. PRESSION SUR UN ECRAN DANS UN SOL
PULVERULENT EN ETAT LIMITE 301
18.4. PRESSION SUR UN ECRAN DANS UN SOL PUREMENT
COHERENT EN ETAT LIMITE 309
18.5. SUPERPOSITION DES DIFFERENTS CAS DE PRESSIONS
DANS UN SOL FROTTANT ( 0) EN ETAT LIMITE 310
18.6. CALCUL DES PRESSIONS DANS UN SOL MULTICOUCHE 311
18.7. PRISE EN COMPTE DE LA PRESSION INTERSTITIELLE
ET COMPORTEMENT DU SOL 312
18.8. DIRECTION DE LA PRESSION DES TERRES 313
6
CHAPITRE 19. STABILITE SISMIQUE DES MURS RIGIDES DE
SOUTENEMENT
19.1. CLASSIFICATION DES METHODES D’ANALYSE 321
19.2. METHODE STATIQUE EQUIVALENTE 322
CHAPITRE 20. DIMENSIONNEMENT DES RIDEAUX EN
PALPLANCHES
20.1. INTRODUCTION 331
20.2. CLASSIFICATION DES METHODES DE CALCUL 331
20.3. METHODE DE POUSSEE/BUTEE DES ECRANS 332
20.4. METHODE DE LA THEORIE AUX MODULES DE
REACTION 337
20.5. METHODE DES ELEMENTS FINIS 340
CHAPITRE 21. DIMENSIONNEMENT DES MURS EN
TERRE ARMEE
21.1. RAPPELS DE NOTIONS DE BASE 343
21.2. DIMENSIONNEMENT DE LA TERRE ARMEE 346
PARTIE II: COMMENTAIRES ET CRITIQUE
DES MÉTHODES
1. Propriétés physiques du sol 352
2. Classification des sols 353
3. Ecoulement de l'eau dans le sol 354
4. Calcul des contraintes dans le sol 355
5. Consolidation des sols fins saturés 356
6. Résistance au cisaillement du sol 357
7. Stabilité des terrains en pente 358
7
8. Analyse de la réponse sismique du sol 359
9. Analyse de la liquéfaction sismique du sol 360
10. Capacité portante des fondations superficielles 361
11. Portance sismique des fondations superficielles 362
12. Tassement des fondations superficielles 363
13. Vibrations des fondations superficielles 364
14. Capacité portante verticale de pieux 365
15. Frottement négatif dans les pieux 366
16. Capacité portante horizontale des pieux 367
17. Déformation des pieux 368
18. Pression des terres sur les écrans 369
19. Stabilité sismique des murs rigides de soutènement 370
20. Dimensionnement des rideaux en palplanches 371
21. Dimensionnement des murs en terre armée 372
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 373
ANNEXES
Liste des symboles et notations 387
Liste des abbréviations 412
Photo de couverture 414
8
AVANT-PROPOS
Comme toute discipline de génie civil, la mécanique des sols
comporte une variété de formules et de définitions. Ce livre est un aide-
mémoire dédié à toute personne impliquée dans la conception ou le calcul
d'un ouvrage géotechnique, ainsi qu'aux étudiants en formation
géotechnique. Il vise ainsi la population d'ingénieurs en servant d'aide-
mémoire dans un projet, comme il s'adresse aux étudiants en servant de
formulaire de calcul géotechnique dans leur cursus à l'université.
Il est à préciser que cet aide-mémoire ne rappelle pas les définitions et
la terminologie courante en géotechnique, souvent utiles aussi bien à
l'étudiant qu'à l'ingénieur, soucieux de se rappeler d'une notion ou d'un
paramètre donnés.
L'intérêt du livre réside dans le regroupement méthodique des
formules et méthodes pratiques, qui dans l'ensemble, sont disséminées
dans la littérature technique et ne sont accessibles qu'au prix d'une
recherche documentaire fastidieuse et longue.
Par souci de ne pas alourdir la lecture du texte, il a été décidé de le
structurer en deux parties. La première regroupe la matière essentielle de
l'aide-mémoire, où chaque méthode est présentée selon une step-by-step
procedure guidant le lecteur d'une manière méthodique dans l'application
de la méthode. Le contenu de l'aide-mémoire ne prétend pas être
exhaustif, mais il contient à travers ses chapitres les méthodes les plus
courantes de calcul des ouvrages géotechniques. Le contenu a été par
contre renforcé par la présentation des méthodes récentes, peut être moins
connues, mais fort utiles au dimensionnement.
Dans une perspective d'approfondissement de la compréhension de la
méthode ou de la formule présentée, la deuxième partie du livre comporte
des commentaires relatifs aux formules proposées ou une critique de la
méthode de calcul, en focalisant sur les hypothèses de base et le domaine
d'application de la méthode.
Il est à préciser que sur le plan formel, les symboles des grandeurs
ainsi que les notations ont été définis en grande partie conformémement
au recommandations de la SIMSGG (Société Internationale de
Mécanique des Sols et du Génie Géotechnique), et regroupées dans une
liste en annexe du livre. Ainsi, les grandeurs utilisées dans les formules
sont directement définies dans cette liste et ne sont que citées dans le
texte. On trouve aussi en annexe une liste des abbréviations utilisées dans
9
le livre
En complément logique de ce livre, et en vue de rappeler la
terminologie géotechnique courante, il sera envisagé de publier
prochainement un lexique trilingue détaillé des différents termes en
géotechnique. Un tel outil permettera au lecteur de retrouver la définition
d'un terme donné et sa traduction.
S'adressant à une large communauté de lecteurs, ce livre ne peut
s'améliorer, aussi bien en contenu qu'en forme, sans la contribution des
lecteurs par leurs remarques et critiques. L'auteur leur sera reconnaissant
en recevant leur feed-back par message électronique à l'adresse ci-
dessous.
Signalons enfin que ce livre a été rédigé dans le cadre d'une bourse de
perfectionnement scientifique attribuée par l'AUF (Agence Universitaire
de la Francophonie) avec un séjour de l'auteur au sein du CERMES
(Centre d'Enseignement et Recherche en MEcanique des Sols) à l'ENPC
(Ecole Nationale des Ponts & Chaussées) en France. Les sincères
remerciements sont adressés au premier organisme pour son soutien
financier et au second pour l'accueil et la mise de son centre de
documentation à la disposition de l'auteur.
Alger, le 14 juillet 2011
Ali BOUAFIA
Université de Blida
Faculté des Sciences de l'Ingénieur
Département de Génie Civil
B.P : 270 R.P. Blida 09000 Blida, Algérie.
E-mail : bouafia@[Link]
10
Figure 3.1. La photo illustre un mur en rideaux de palplanches long de 10 km et
profond de 18m, installé le long de la frontière terrestre entre l'égypte et le
secteur de Gaza. Selon le schéma, une canalisation longeant le rideau et
alimentée par l'eau de la mer méditerranée, a été installé côté Gaza, à partir de
laquelle dérivent des pieux tubulaires perforé[Link] telle configuration a été
conçue dans le but de pomper l'eau, et forcer son écoulement dans le sol sableux
en profondeur en vue de noyer les tunnels creusés ou en cours de creusment près
du mur, ou même causer leur éboulement. Le mur a été conçu pour bloquer le
passage en profondeur de nouveaux tunnels, mais aussi pour refouler
l'écoulement de l'eau côté égypte et préserver ainsi la stabilité du sol de ce côté.
Il s'agit d'un exemple concret de l'utilisation maléfique des lois d'écoulement
d'eau souterraine dans les sables pour briser la volonté d'un peuple aspirant la
libération de sa terre occupée.
26
ECOULEMENT DE L'EAU DANS LE SOL
3.1. ECOULEMENT DE L'EAU LIBRE - EQUATION DE
BERNOULI ADAPTEE AU SOL
L'équation de Bernoulli concernant l'écoulement de l'eau, supposée
incompressible et non visqueuse, sous l'effet de la pesanteur s'écrit :
v2 u
h Z (3.1)
2g w
u/w est appelé hauteur piézométrique et v2/2g est la hauteur cinétique.
Elle est négligeable devant les autres termes, ce qui permet d'écrire pour
les sols:
u
h Z (3.2)
w
La vitesse réelle moyenne d'écoulement vr fait intervenir la porosité et
est calculée comme suit:
v
vr (3.3)
n
3.2. ECOULEMENT UNIDIMENSIONNEL - EQUATION DE
DARCY
h
v Ki K (3.4)
l
27
La perte de charge par unité de longueur est appelée gradient
hydraulique et noté i.
3.3. ECOULEMENT TRIDIMENSIONNEL - EQUATION DE
DARCY GENERALISEE
La loi de Darcy peut être généralisée en une relation vectorielle liant le
vecteur vitesse v au vecteur gradient i, par le biais de la matrice de
perméabilité K :
v K .i (3.5)
vx (3.6)
v vy
v
z
K x (3.7)
K Ky
K z
(3.8)
i
x
i iy
i
z
La loi d'écoulement tridimensionnel s'écrit :
2h 2h 2h
Kx Ky Kz 0 (3.9)
x2 y2 z2
En cas d'un milieu isotrope (Kx= Ky=Kz= K), l'équation précédante se
transforme en l'équation connue de Laplace :
28
2h 2h 2h
0 (3.10)
x2 y2 z2
La fonction potentiel de vitesse est définie par :
(x,y) = -Kh(x,y,z) (3.11)
La loi d'écoulement dans un milieu isotrope peut aussi s'écrire:
2 2 2
0 (3.12)
x2 y2 z2
Un écoulement bidimensionnel est limité dans un plan (x,y).
Autrement dit, les composantes de la vitesse et du gradient hydraulique
suivant l'axe Z perpendiculaire au plan d'écoulement sont nulles : vz =0
et iz = 0. Ainsi, on aura :
2h 2h
0 (3.13)
x2 y2
La fonction de courant est définie en un point (x,y) du réseau
d'écoulement, telle que:
vx = /y (3.14)
vy = -/x (3.15)
Dans le cas de l'écoulement plan, la fonction de courant est donnée
sous la forme différentielle:
d = Vzdx- VxdZ (3.16)
La fonction courant, identiquement à la fonction potentiel de vitesse,
est homogène et vérifie ainsi l'équation de Laplace :
29
2 2
0 (3.17)
x2 y2
La ligne équipotentielle est l'ensemble de points d'égale charge
hydraulique tels que:
(x,y)= constante (3.18)
La ligne de courant est l'ensemble de points définis par:
(x,y)= constante (3.19)
Physiquement parlant, il s'agit de la trajectoire des particules liquides
et le vecteur vitesse est ainsi tangent à la ligne de courant.
Lors de l'écoulement plan dans un milieu isotrope, la ligne de courant
est perpendicualire à celle de l'équipotentielle passant en ce point, et
l'ensemble forme un réseau de courbes orthogonales.
3.4. COEFFICIENT DE PERMEABILITE
Formule empirique de Hazen (1895) :
K = λD102 (3.20)
K étant en cm/s et D10 en cm et λ est un coefficient expérimental égal à
100 pour les sables moyennement denses, et à 25 pour les graviers (de 15
mm de dimension).
Formule de Kozeney-Carman. Le coefficient de perméabilité (en m/s)
est fonction de la surface spécifique Sm (en m2/kg), de la la masse
volumique des grains s (en kg/m3) et l'indice des vides [8]:
e3
K 1.5 x10 3 2
6
(3.21)
s sm (1 e)
30
3.5. ETUDE DE L'ECOULEMENT PLAN DANS UN SOL
MULTICOUCHES ANISOTROPE
1. On procède par homogénisation du milieu en étudiant un sol homogène
anisotrope équivalent, dont la perméabilité est définie par deux
coefficients Kx et Ky.
Kx
K H i
x i
(3.22)
H i
Kxi et Hi sont respectivement le coefficient de perméabilité horizontale et
l'épaisseur de la couche i.
Ky
H i
(3.23)
H
K i
i
y
Kyi est le coefficient de perméabilité verticale de la couche i.
2. On étudie un sol homogène isotrope équivalent dont le ceofficient de
perméabilité iotrope équivalente K est donné par:
K KyKx (3.24)
3. On transforme les coordonnées horizontales de l'ouvrage et du sol par
affinité géométrique de rapport égal à Ky / Kx .
L’écoulement dans un milieu anisotrope dans le plan (x,y), caractérisé
par les perméabilités Kx et Ky, est décrit par l'équation :
2h 2h
Kx K y 0 (3.25)
x2 y2
En posant x= XKx/Ky l'équation précédente deviendra :
2h 2h
0 (3.26)
X2 Y2
31
Ainsi, l'étude peut être ramenée par simple affinité de l'abscisse x, à
celle dans un milieu homogène isotrope (X, Y) ayant un coefficient de
perméabilité équivalente K, les dimensions verticales restant inchangées
(y=Y).
3.6. ETUDE DE L'ECOULEMENT PLAN DANS UN SOL
HOMOGENE ISOTROPE
3.6.1. Introduction
Il existe une diversité de méthodes pour résoudre l'équation (3.26).
Notons que la solution du problème dépend des conditions aux limites,
qui sont en général connues. Les méthodes les plus connues sont :
Méthode des éléments finis,
Méthode de l'analogie électrique,
Méthode des différences finies,
Méthode graphique,
Méthode des fragments.
On se limite à l'exposé des trois dernières méthodes.
3.6.2. Méthode des différences finies
La méthode est utilisée pour la résolution numérique de l'équation de
Laplace, en approchant les dérivées partielles par des différences
finies. L'intérêt de la méthode réside dans la possibilité d'être
programmée sur ordinateur, car les équations qui en résultent contiennent
un nombre élevé d'inconnues. L'annexe 1 de ce chapitre présente un
aperçu général sur la méthode, ainsi qu'une définition des conditions aux
limites du problème d'écoulement plan.
3.6.3. Méthode graphique
La méthode se propose de tracer d'une façon approximative le réseau
32
de l'écoulement formé des équipotentielles et des lignes de courant, en
tenant compte de l'orthogonalité de ces courbes et des conditions aux
limites régnant dans l'ouvrage. La méthodologie est précisée en annexe
2 de ce chapitre.
3.6.4. Méthode des fragments
L'hypothèse principale est que certaines lignes équipotentielles
peuvent être assimilées à des droites verticales qui séparent le milieu
en des zones appelées fragments [2].
Considérons un fragment i; on montre que le débit passant dans ce
fragment est égal à [2]:
k .H i
Q (3.27)
i
La perte de charge totale H peut être calculée par:
H= Hi= Qi/K (3.28)
Le coefficient d'un fragment est donné par le tableau 3.1, suivant le
type du fragment et ses caractéristiques. Pour les fragments type II et III,
le coefficient de forme est donné par la figure 3.2, proposée par
Polubarinova-Kochina (1952) [2].
3.7. FORCES D'ECOULEMENT AGISSANT SUR LES GRAINS
Sur un volume infinitésimal dV du sol agit une force élémentaire
causée par l'écoulement de l'eau, telle que:
dPe i wdV (3.29)
Le vecteur force est dirigé vers le sens d'écoulement, tangent-
iellement aux lignes de courant si le milieu est isotrope (dans lequel la
vitesse et le gradient sont parallèles). La contrainte verticale due à
l'écoulement vertical s'obtient en divisant l'équation précédente par la
surface horizontale et en l'intégrant:
33
v i w z (3.30)
On attribue respectivement les signes + et – en cas d'un écoulement
descendant et ascendant.
Tableau 3.1. Coefficients de forme [2], [10]
34
Tableau 3.1 (suite). Coefficients de forme
35
Figure 3.2. Abaque de Polubarinova-Kochina [2]
3.8. BOULANCE DU SOL
En présence des lignes de courant verticales, un sol de volume
élémentaire dV est soumis outre son poids déjaugé 'dV, à la poussée
d'écoulement iwdV. L'équilibre des deux forces corespond à un gradient
36
hydraulique critique ic tel que :
ic = ’/w (3.31)
le sol est alors dans un état de boulance, où les grains ayant une
contrainte effective nulle, d'après l'équation (3.30), flottent dans l'eau en
écoulement.
Si où i > ic les grains sol sont importés par l'eau ascendante, ce qui risque
de causer une instabilité de certains ouvrages, tels que les rideaux de
palplanches, les fouilles et les digues.
En présence d'un rideau ou d'un batardeau avec dénivellation, comme
le schématise la figure 3.3, la condition de boulance, en termes de fiche
t, se traduit par:
w H
t H (3.32)
' ic
λ est donné aproximativement en cas d'une couche infinie (D=∞) par
Mandel (1951) [10]:
1
(3.33)
H
1 1
2
En cas d'un rideau ou d'un batardeau sans dénivellement, on aura:
w H H
t (3.34)
' 2 2ic
3.9. PHENOMENE DE RENARD DANS LES SOLS
En cas où la contrainte effective σ1' à la base amont du rideau n'est pas
équilibrée (voir figure 3.3), les grains risquent de se déstabiliser en se
déplaçant par le courant d'eau ascendante vers le fond de fouille, ce qui
37
est connu par le phénomène de renard.
La condition de stabilité vis-à-vis du renard dans un sol pulvérulent
s'écrit alors [10], [19]:
1 ' N q . 2 ' (3.35)
Dans un sol cohérent, la condition devient:
C C
1 ' N q ( 2 ' ) (3.36)
tg ' tg '
Nq est le facteur de capacité portante donné par:
1 sin '
Nq exp( .tg ' ) (3.37)
1 sin '
Notons que si on impose σ2'=0 comme condition de renard, comme le
recommandent certains auteurs, on retrouve l'équation (3.31) donnant le
gradient critique [19].
Figure 3.3. Etude de la boulance et du renard au fond d'une fouille [10]
38
3.10. CAPILLARITE DE L'EAU – LOI DE JURIN
Dans un tube, comme le schématise la figure 3.4, l'eau remonte jusqu'à
une hauteur hc, dite hauteur de capillarité, suite à un équilibre entre le
poids de la colonne d'eau et les forces de tension superficielle créées en
surface [3], [10]:
Ts cos
hc 2 (3.38)
r w
Ts est une constante de capillarité égale pour l'eau à 73x10-3 N/m à 20°C
et à 62x10-3 N/m à 80°C, r étant le rayon du tube capillaire et α est
l'inclinaison du ménisque de l'eau sur la génératrice du tube [10].
Cette équation résume la loi de Jurin stipulant que la hauteur de
capillarité et inversement proportionnelle au diamètre du tube [19].
3.11. RESULTATS PRATIQUES
3.11.1. Débit d'écoulement en régime permanent dans un milieu
homogène isotrope sous ou à travers un ouvrage
Dans le cas général, le débit Q dépend de la perte de charge totale H et
du coefficient de perméabilité k, tel que :
Q= μ.k.ΔH (3.39)
μ est une constante dépendant des conditions aux limites en présence de
l'ouvrage [3].
3.11.2. Essai de pompage- Formule de DUPUIT [3]:
L'essai depompage est un essai in-situ réalisé dans un sondage crépiné
en vue de la mesure de la perméabilité globale d'un terrain (voir figure
3.5).
H 2 h02
En présence d'une nappe libre: Q k (3.40)
R
Ln
r0
39
Figure 3.4. Remontée d'eau par capillarité dans un tube [10]
Cas d'une nappe captive Cas d'une nappe libre
Figure 3.5. Schéma de l'essai de pompage [3]
H h0
En présence d'une nappe captive : Q 2ke (3.41)
R
Ln
r0
R est le rayon d'action, calculé par la formule de Sichardt [3]:
R 3000( H h0 ) k (3.42)
40
R, H et h0 sont exprimés en m et k en m/s.
3.11.3. Ecoulement sous un écran vertical en absence de fouille
Les équipotentielles sont des hyperboles et les lignes de courant
forment des ellipses dont l'équation est [3]:
2 2
y x
1 (3.43)
E B
E= [Link](ψ) (3.44)
B= f. Sinh(ψ) (3.45)
E
2
E
Ln 1
(3.46)
f f
En cas d'un sol d'épaisseur illimitée, le débit passant entre l'écran et
une ligne de courant définie par les rayon elliptiques E et B est donné par
(voir figure 3.6):
k
Q H . (3.47)
En cas d'un sol ayant une épaisseur E par rapport au substratum, le
débit par mètre de longueur de l'écran est donné par l'équation
précédente.
3.11.4. Ecoulement sous un écran vertical avec fouille dans un sol
d'épaisseur limitée
En se référant à la figure 3.6, si f/d > 1 et E/d > 1, on utilise en
première approximation l'équation (3.47), sous réserve de compter E et f
par rapport à la mi-hauteur de la fouille [3].
Si 0.5 < f/d < 1 et 0.5 < E/d < 4, le débit est calculé comme suit:
41
Ecran sans fouille Ecran avec fouille en aval
Figure 3.6. Schéma d'écoulement sous un écran vertical [3]
Q 1 .H .k (3.48)
Le paramètre Φ1 est donné par l'abaque de la figure 3.7 en fonction de f/d
et E/d [3].
Figure 3.7. Abaque du paramètre Φ1 [3]
42
3.11.5. Ecoulement sous une digue sans écran d'étanchéité dans un
sol d'épaisseur limitée
Comme le schématise la figure 3.8, on peut utliser la méthode de
Schneebeli (1966) distinguant les deux cas suivants [10]:
k D 2D 2
Cas D/B > 1 : Q H .Ln 2 2 1 (3.49)
B B
kHD
Cas D/B < 1: Q (3.50)
BD
3.11.6. Ecoulement sous une digue avec écran d'étanchéité dans un
sol d'épaisseur limitée
Selon la figure 3.9, en cas où l'écran est placé au milieu de la
fondation, la formule de Schenbeeli donne le débit comme suit :
k D2 t 2 B 2 4D 2
Q H .Ln 2 2 (3.51)
B 4t
2 2
B 4t
2
Figure 3.8. Schéma d'écoulement sous une digue [10]
43
Figure 3.9. Schéma d'écoulement sous une digue avec écran d'étanchéité [10]
3.11.7. Dimensionnement des écrans parafouilles - Règle de Lane
(1975)
Pour éviter un renard ou une érosion dans le sol de fondation, on
calcule un gradient critique pondéré jcr relatif à l'installation de n écrans
parafouilles comme suit [10]:
1 k n k n
jcr
3H k 0
Lk 6 t k
k 1
(3.52)
Un écran k aura une fiche tk et sera distant de Lk-1 et Lk de part et
d'autre des écrans adjacents (voir figure 3.10).
Le gradient critique pondéré ne doit pas être inférieur à une certaine
valeur, donnée par le tableau 3.2, en fonction de la nature du sol.
44
Figure 3.10. Schéma de la règle de Lane [10]
Tableau 3.2. Valeurs minimales de Jcr [10]
Nature du sol Valuer minimale de Jcr
Sable très fin 8.5
Sable grossier 5.0
Gravier moyen 3.5
Argile molle 3.0
Argile moyenne 2.0
Argile dure 1.8
Argile très dure 1.7
45
ANNEXE 1. METHODE DES DIFFERENCES FINIES
APPLIQUEES A L'ETUDE DE L'ECOULEMENT
PLAN
Soit F(x,z) une fonction à deux variables, définie, continue et
dérivable. Posons:
F(x,z) = Fij, F(x+x, z) =Fi+1,j , F(x, z+z) = Fi,j+1, F(x-x, z)=Fi-1,j et
F(x, z-z) = Fi,j-1.
Le développement limité de cette fonction au voisinage d'un point
(x,z) permet de remplacer une dérivée par une expression approchée.
La dérivée partielle d'ordre 1 par rapport à une des variables, soit x, est
approchée par une différence finie centrée autour de x, telle que :
F Fi 1, j Fi 1, j
X 2.X
La dérivée partielle d'ordre 2 par rapport à x sera approchée par la
différence centrée sur x telle que :
2 F Fi1, j [Link], j Fi1, j
X2 X 2
Il est évident que l'approximation est d'autant meilleure que le
maillage est serré. Le réseau d'écoulement occupe un plan discrétisé en
un maillage carré (x= z) où un point de coordonnées (x,z) dans le
repère (X, Z) sera repéré par les indices (i,j). Les deux points adjacents
à ce point suivant l'axe X seront repérés par (i-1,j) et (i+1,j). On montre
facilement que l'équation de Laplace pour la fonction du courant
devient :
= -4i,j + i+1,j + i-1,j + i,j+1 + i,j-1 = 0
Le calcul de i,j nécessite la connaissance des valeurs de des 4
46
points adjacents. Il est nécessaire de définir les conditions aux limites
du réseau d'écoulement, ce qui permet d'obtenir un système d'équations
reliant les inconnues des différents nœuds du maillage.
Certaines règles peuvent être appliquées pour la détermination des
conditions aux limites, notamment :
1. Le plan d'une nappe libre horizontale en écoulement vertical
correspond à une équipotentielle. En effet, = -K(z + u/w) est constant.
2. Le plan du fond horizontal ou incliné d'un cours d'eau est une ligne
équipotentielle (appelé aussi surface d’infiltration).
3. Un plan imperméable correspond à une ligne de courant. En effet,
d=-vydx+vxdy=0, car vx=vy=0 au niveau de ce plan, donc est
constante.
4. Une surface libre en écoulement est une ligne de courant.
5. Une surface de suintement est la limite entre l’ouvrage et l’air.
Puisque la pression y est nulle, varie linéairement le long de cette
surface.
47
ANNEXE 2. METHODE GRAPHIQUE D'ETUDE DE
L'ECOULEMENT PLAN
La méthode nécessite des des approximations successives du tracé de
réseau. Les résultats obtenus par cette méthode donnent un ordre de
grandeur des valeurs rech-erchées, et permettent ainsi de contrôler les
résultats d'autres méthodes de calcul.
La méthodologie est simple et est constituée des étapes suivantes:
1. Fixer le nombre NH d’équipotentielles à tracer.
2. Trouver les valeurs limites des équipotentielles et des lignes de
courant correspondant aux limites géométriques de l'ouvrage, en
appliquant les règles de détermination des conditions aux limites vues
en annexe 1.
3. Tracer en trait léger quelques lignes équipotentielles, en essayant de
satisfaire aux conditions aux limites. Le tracé est à refaire jusqu'à
satisfaction des valeurs aux limites. Il est commode que les lignes
tracées soient équidistantes.
4. Tracer les lignes de courant de telle façon qu'elles soient
perpendiculaires au lignes équipotentielles et qu'elles vérifient les
conditions aux limites. Les lignes sont choisies équidistantes et ayant un
pas identique à celui des lignes équipotentielles.
5. Compter le nombre Nc de tubes de courant. Si H est la perte totale
de charge, on a H =H/NH.
Une fois le réseau tracé, on détermine les grandeurs de l'écoulement
comme suit :
- Débit d'écoulement :
Considérons un tube de courant limité par deux lignes de courant
et + d et ayant une largeur a (voir figure 3.a). Le débit dans ce tube
est Q=vS = KH. Notons que H est la perte de charge entre deux
équipotentielles.
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Figure 3.a. Schéma d'un tube de courant
On remarque que ce débit est identique pour tout tube du réseau.
Ainsi, le débit total est la somme des débits dans chaque tube :
Q =Q = NcKH =KNcH/Nh
- Vitesse de décharge :
La vitesse d'une particule fluide dans une ligne de courant est telle
que :
v =K(ΔH)/a
- Charge hydraulique :
La charge est déterminée directement si le point (x,y) se trouve sur
ligne équipotentielle, sinon une interpolation linéaire est nécessaire.
- Pression d'écoulement :
Elle est déduite de l'équation approximative de l'écoulement :
u(x,y) (h(x,y)-Y)w
En régime permanent, le débit est constant. La perte de charge
hydraulique étant donnée, et le milieu est supposé homogène et isotrope.
Par conséquent, l’expression du débit Q montre que le terme Nc/Nh est
constant, pour des dimensions données de l'ouvrage.
Ainsi, on peut mener une étude de l'effet des dimensions de
l'ouvrage sur ce rapport.
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