TP n°4 - POLYMÈRES
Caractérisation et modélisation du comportement des
matériaux
TP encadré par Olivier MAYEUR
F018 - 02/06/2022
Centrale Lille
TP réalisé par Laetitia MANGENOT, Sammy SIMON, Augustin DE CHEVIGNY & Lauriane PERDRIAU 1
Sommaire
I - INTRODUCTION 3
II - EXPÉRIENCES RÉALISÉES 3
A ) Présentation du mode opératoire 3
B ) Présentation des expériences 5
III - RÉSULTATS OBTENUS 8
A) Observation expérimentale des manipulations 8
B) Traitement des données - Post traitement 8
IV - ANALYSE DES RÉSULTATS 14
A) Loi de comportement Hyperélastique 14
B) Pertinence des deux modèles - Comparaison des valeurs 14
C) Caractéristiques des matériaux 15
V - CONCLUSION 15
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I - INTRODUCTION
Dans l’ingénierie, notamment biomédicale, nous avons besoin de modéliser des
organes, cellules, machines, avec les matériaux adaptés pour être le plus réaliste possible. Le
but est de comprendre comment les reproduire, comment ils fonctionnent et leurs
caractéristiques. Dans notre cas, on se concentre sur des polymères ayant des caractères
hyperélastiques.
Objectif : Caractériser le comportement des polymères à travers des essais de
tractions uni-axial.
II - EXPÉRIENCES RÉALISÉES
A ) Présentation du mode opératoire
L’essai de traction sera réalisé sur le banc de traction (cf Image 1). Il est composé de
deux parties : deux moteurs avec deux vérins reliés à deux mors de serrage pour tenir
l’éprouvette. Afin de récolter les données, le banc possède des capteurs de force de chaque
côté ainsi qu’une caméra fonctionnant par vidéo-extensometrie. On récupère aussi la vitesse
du moteur et la position du vérin.
Image 1 : Banc d’essai de traction à double vérins
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Pour l’ensemble des expériences réalisées, nous utiliserons des éprouvettes avec une
géométrie de type haltère arrondi au niveau des angles intérieurs en silicone ayant pour
dimensions :
- Longueur = 18mm ;
- Largeur = 4 mm ;
- Épaisseur = 1,5 mm.
Image 2 : Schéma de l’éprouvette utilisée
Nous réalisons dans ce TP, cinq essais de traction sur des matériaux polymères : du
silicone. Les cinq éprouvettes utilisées, avant essai, figurent sur l’image ci-dessous,
numérotées de 1 à 5 et transparentes. Afin de compléter notre étude, nous avons récupéré les
données du deuxième groupe ayant choisi les éprouvettes bleues/vertes.
Image 3 : Éprouvettes numérotées avant expérience
Grâce à ces cinq éprouvettes, nous sommes en mesure de comparer les lois de
comportement entre les différentes éprouvettes.
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B ) Présentation des expériences
Protocole pour la réalisation d’essais de traction monotones à rupture.
Remarque : Attention à ne pas toucher la table d’essai lors de la réalisation des tests pour ne
pas perturber nos résultats.
Étape 1 : Brancher la machine, allumer l’ordinateur et ouvrir le terminal de code Python ainsi
que la plateforme de pilotage d’essai Kate.
Étape 2 : Placer les vérins dans leur position initiale manuellement.
Étape 3 : Placer quatre points avec de la peinture noire sur les éprouvettes à l’aide d’une tige
en bois. Ces quatres points sont répartis de telle sorte à former un losange de manière latérale
et longitudinale.
Étape 4 : Donner un nom explicite au fichier et renseigner dans le programme la vitesse de
traction ainsi que la force désirée jusqu’à rupture.
Étape 5 : Lancer le programme d’essai Python afin que les mors se règlent à la bonne
distance.
Étape 6 : Placer l’échantillon entre les deux mors. S’aider de la caméra pour obtenir un
placement correct.
Remarque : On observe un flambement après avoir serré les mors.
Image 4 & 5 : Vu de face et du dessus de l’éprouvette
Étape 7 : Régler la qualité d’image (contraste) de la caméra qui réalise l’extensométrie.
Remarque : À l’issue de cette étape, il est normal d’observer une courbure de l’échantillon
dûe à l'effort de serrage.
Étape 8 : Sélectionnez les tâches de peinture via le logiciel afin qu’il enregistre la position
des barycentres des tâches. Faire “appliquer” puis “sauvegarder”.
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Image 6 : Sélection des tâches sur l’ordinateur
Étape 9 : Lancer l’essai (ie le déplacement des mors) dans le terminal. Le programme
récupère toutes les données de l’essai. Attendre que l’éprouvette se rompt en deux.
Image 7 : Rupture de l’éprouvette en son centre
Étape 10 : Taper “Contrôle + C” dans le terminal pour arrêter l'essai après rupture de
l’échantillon. Retirer l’éprouvette du banc de traction.
Étape 11 : Exploiter les données en utilisant un programme codé en Python et consigner
précisément tous les résultats.
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Traitement des données
Pour exploiter les données obtenues pendant les essais, nous utilisons des fichiers
Excel et les outils mis à notre disposition. Le solveur Excel nous servira à optimiser nos
courbes.
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III - RÉSULTATS OBTENUS
A)Observation expérimentale des manipulations
Voici l’état de nos cinq éprouvettes à l'issue des tests.
Image 8 : Éprouvettes après essai de traction, éprouvettes numérotées de 1 à 5,
lecture de gauche à droite
Eprouvette 1 Eprouvette 2 Eprouvette 3 Eprouvette 4 Eprouvette 5
État Pas de rupture Rupture au Rupture au ⅗ de Rupture aux ⅗ Rupture proche
milieu la partie utile de la partie utile du mors
Présence Non Oui Non Oui (rupture sur Non
de bulle la bulle)
Tableau 9 : Aspect visuel des cinq éprouvettes à l’issue des essais
B) Traitement des données - Post traitement
Pour le traitement des données, nous utilisons les données expérimentales acquises
lors de nos manipulations et des manipulations de l’autre groupe au cours de la séance de TP.
Description de la méthode : Cette méthode nous permettra de traiter l’ensemble de nos
données afin d’obtenir les courbes souhaitées. Grâce aux nouveaux capteurs installés sur la
machine de traction, nous avons pu obtenir directement la force en fonction de la position.
a) Grâce aux expériences, nous avons accès aux données suivantes :
- La force (N) appliquée à l’éprouvette en fonction du temps(s) ;
- La position des deux vérins (mm) en fonction du temps ;
- L’écart entre les 4 points : Exx et Eyy (en pourcentage de la longueur)
dessinés sur l’éprouvette en fonction du temps.
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b) Méthode pour tracer les courbes :
- Nous avons d’abord calculer la contrainte, c’est-à-dire, le rapport entre la
force et la surface :
σ = 𝐹 / 𝑆 avec σ en Pascal, F en Newton et S en m², S = 4 * 1,5 = 6 mm².
Afin de simplifier nos calculs et notre modèle, nous avons émis l’hypothèse
que notre section restait constante au cours de nos essais.
Et la valeur de la déformation : 𝜆 = L / L0 sans dimension.
- Nous avons ensuite tracé la courbe de la contrainte en fonction de la
déformation : σ = f (𝜆).
c) Identification des caractéristiques utiles du silicone :
On souhaite caractériser le comportement hyperélastique des éprouvettes en
silicone testées. Nous supposons que notre matériau est isotrope et incompressible
et que la traction est uni-axiale, on est alors en mesure d’approximer la courbe
conventionnelle par deux modèles différents :
- Le modèle de type A - NEO HOOKEAN :
σ = 2 * 𝐶10 * (𝜆 − 1/𝜆²), avec 𝜆 = L / L0 et C10 un paramètre que nous devons
trouver ;
- Le modèle de type B - YEOH :
σ = 2 * (𝜆 − 1/𝜆²) * [𝐶10 + 2 * 𝐶20 * (𝜆² + 2𝜆 − 3)], où C10 et C20
sont les 2 paramètres à déterminer.
Afin de déterminer les paramètres recherchés : C10 et C20, on utilise le solveur
Excel. Pour ce faire, nous avons réalisé différentes étapes :
Étape 1 : On choisit une première valeur du paramètre à optimiser (C10, C20), que
nous rentrons sur Excel.
Étape 2 : Nous calculons toujours sur Excel la contrainte analytique en s’appuyant sur
les formules qui nous sont données avec les deux modèles, type A et B.
Étape 3 : Nous évaluons l’écart entre la contrainte analytique et la contrainte
expérimentale. Puis, nous calculons la moyenne de ces écarts.
Étape 4 : Enfin, grâce à l’outil Solveur dans Excel, nous déduisons la valeur du
paramètre ( C10 puis C20) afin que la moyenne calculée à l’étape précédente soit la
plus petite possible en remplissant la case “objectif à définir - valeur = 0”.
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d) Nos données expérimentales, courbes conventionnelles - Campagne 1
N° de Valeurs des Courbes de σ en fonction de 𝜆
l’Essai paramètres
Campagne 1 L0 = 21,32 mm
Éprouvette 1
Type Neo Hookean :
C10 = 382 781,74 Pa
Type Yeoh :
C10 = 192 486,67 Pa
C20 = 8 931,45 Pa
𝜟moy = -1,85*E-08
La courbe analytique représente la méthode Yeoh.
Campagne 1 Pas de données obtenues, problème d’acquisition.
Eprouvette 2
Campagne 1 L0 = 16,25 mm
Eprouvette 3
Type Neo Hookean :
C10 = 422 798,81 Pa
Type Yeoh :
C10 = 287,38 Pa
C20 = 11 031,32 Pa
𝜟moy = 2,45*E-06
La courbe analytique représente la méthode Yeoh.
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Campagne 1 L0 = 21, 02 mm
Éprouvette 4
Type Neo Hookean :
C10 = 201 435, 53 Pa
Type Yeoh :
C10 = 133 331,20 Pa
C20 = 17 367,28 Pa
𝜟moy = 0,113
La courbe analytique représente la méthode Yeoh.
Campagne 1 L0 = 19,94 mm
Eprouvette 5
Type Neo Hookean :
C10 = 322 678, 83 Pa
Type Yeoh :
C10 = 254 258,38 Pa
C20 = 4 718,71 Pa
𝜟moy = -1,23*E-09
La courbe analytique représente la méthode Yeoh.
Tableau 10 : Récapitulatif de l’ensemble des données pour la campagne de test n°1
Le nombre de données acquises lors des différents essais n’est pas le même. En effet,
pour les éprouvettes 1, 3 et 5, nous avons environ 15 000 lignes de données Excel. En
revanche, pour l’éprouvette numéro 3, nous avions un peu moins de 5000 données. Cela est
donc une possible explication de la grande différence entre les différentes valeurs obtenues
pour C10.
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e) Données expérimentales du deuxième groupe TP Campagne 2
Remarque : Les courbes obtenues dans le tableau ci-dessous sont construites à l’aide des
résultats obtenus par l’autre groupe de TP sur un autre type de silicone. Au début de leurs
essais, leurs éprouvettes étaient déjà en traction à l’instant 0, ils n’avaient pas la présence du
flambement comme nous, ce qui explique pourquoi, nous avons des valeurs différentes au
début de la courbe.
N° de Valeurs des Courbes de σ en fonction de 𝜆
l’Essai paramètres
Campagne 2 Type Neo Hookean :
Éprouvette 1 C10 = 49 248,6 Pa
Type Yeoh :
C10 = 376,5 Pa
C20 = 4 289,4 Pa
Campagne 2 Type Neo Hookean :
Éprouvette 2 C10 = 162 801,7 Pa
Type Yeoh :
C10 = 103,8 Pa
C20 = 4 110,7 Pa
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Campagne 2 Type Neo Hookean :
Éprouvette 3 C10 = 100 140,4 Pa
Type Yeoh :
C10 = 848,9 Pa
C20 = 9 179,1 Pa
Campagne 2 Type Neo Hookean :
Éprouvette 4 C10 = 94 220,6 Pa
Type Yeoh :
C10 = 42,8 Pa
C20 = 2 009,7 Pa
Campagne 2 Type Neo Hookean :
Éprouvette 5 C10 = 73 050,5 Pa
Type Yeoh :
C10 = 131,4 Pa
C20 = 3 095,8 Pa
Tableau 11 : Récapitulatif de l’ensemble des données pour la campagne de test n°2
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IV - ANALYSE DES RÉSULTATS
A) Loi de comportement Hyperélastique
Sur l’ensemble des courbes présentées lors de la partie III - Résultats obtenus, nous
sommes en mesure de séparer notre courbe en deux morceaux distincts que nous pouvons
approximer par des droites. Nous les avons tracées sur l’exemple ci-dessous :
Image 12 : Courbe de la contrainte en fonction de la déformation pour l’éprouvette 1
de la campagne de test n°1
Les deux droites obtenues représentent le comportement hyperélastique du silicone que nous
avons testé lors de nos différents essais.
B) Pertinence des deux modèles - Comparaison des valeurs
En s’appuyant sur les résultats que nous avons obtenus, nous avons pu remarquer que
le modèle Néo Hookean semble moins bien adapté que le modèle Yeoh sur les deux types de
silicone testé. Nous avons remarqué que dès que la contrainte augmente significativement, le
modèle Néo Hookean s’éloigne des données expérimentales et est donc moins pertinent.
A l’inverse, le modèle de Yeoh est pertinent sur toute la durée de l'expérience et sur toutes les
expériences. Il semble que ce soit le modèle le plus adapté pour modéliser le comportement
des matériaux silicones testés. Cela semble en effet logique, en optimisant non pas un mais
deux paramètres, on obtient plus de liberté sur l’optimisation.
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C)Caractéristiques des matériaux
En ce qui concerne la structure des matériaux, on remarque que C10 est 10 fois plus
élevé pour le premier matériau que pour le deuxième.
Aussi, nous n’avons pas utilisé la même valeur de L0 pour chaque essai. Dans le sujet
il était marqué L0 = 18 mm. Or, lorsque nous avons mesuré cette distance lors des
expériences, nous avons remarqué qu’elle était supérieure à 18 mm. En effet, lors de la mise
en place entre les mors de notre éprouvette, nous avons prêté une grande attention à ce que
l’éprouvette ne soit pas déjà tendue. Ainsi, nous avons donc choisi, lors de chaque essai,
comme valeur de L0, l’écart mesuré par les capteurs relevant la position. Ceci peut impacter
légèrement nos résultats.
On a pu observer sur les éprouvettes que certaines contenaient des micro-bulles
internes au matériau. Notamment l’éprouvette n°3 qui est la seule à en posséder sur la partie
utile. On remarque par ailleurs que la rupture est intervenue plus tôt. Cela peut expliquer en
partie ce phénomène.
V - CONCLUSION
Afin de conclure, nous avons pu étudier au cours de ce TP sur les polymères, et plus
particulièrement grâce aux deux campagnes de tests sur des éprouvettes en silicone, le
caractère hyper-élastique de ce matériau lors de la réalisation de tests de traction uni-axiale.
Nous avons noté que le modèle B, à savoir celui de Yeoh, semble décrire de manière plus
précise le comportement des silicones étudiés et donc plus adapté à notre situation.
Comme piste de travail supplémentaire, il serait intéressant d’étudier la porosité de
chaque éprouvette testé afin d’évaluer l’impact de ce paramètre lors de différentes campagnes
d’essais.
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