Analyse des Activités d'Accueil 2011
Analyse des Activités d'Accueil 2011
80
Céreq
10, place de la Joliette
Document également publié dans la collection BP 21 321
CPC Etudes sous le numéro 2011-2 13 567 Marseille Cedex 02
Le présent document est issu d’une étude conduite en 2010 par le Céreq et
commandée par la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO A2-3)
du ministère de l’Education nationale.
Les résultats de ce travail sont destinés à éclairer ce commanditaire sur l’évolution
des activités d’accueil, incluant les aspects ayant trait aux certifications, aux
contenus d’emplois-métiers et leur dimension prospective.
Le choix, réalisé ici, a consisté à adopter une approche transversale illustrative des
activités d’accueil, sans avoir pour prétention de vouloir couvrir l’ensemble de ces
activités.
Les analyses et propositions présentées n’engagent que les auteurs de l’étude.
2
REMERCIEMENTS
L’ensemble de l’équipe tient à remercier toutes les personnes ainsi que leurs
établissements d’appartenance qui ont bien voulu accepter de nous recevoir et de
nous accorder un temps d’échange.
Leur contribution nous a permis de mener à bien cette étude qui vise à apporter une
meilleure visibilité des activités d’accueil, dans toute leur complexité.
3
4
Synthèse
Le Céreq présente, dans ce dossier, une analyse des activités d’accueil qu’il a
réalisée pour le compte de l’Education nationale. A l’heure où l’accent est mis sur
l’importance de l’usager/client, dans l’ensemble du secteur des services et au-delà,
les activités d’accueil se trouvent valorisées, au moins au niveau du discours, par les
entreprises et les organisations publiques. En même temps ces activités,
traditionnellement gérées en interne par les organisations, tendent à s’autonomiser
en devenant une prestation externe proposée par des entreprises spécialisées, ce
qui pose dans des termes renouvelés la question de leur professionnalisation. Enfin,
les activités d’accueil interrogent la capacité de l’offre de certification à tenir compte
des transformations en cours, voire à les anticiper. La rénovation récente du
baccalauréat professionnel Services Accueil-Assistance-Conseil, créé en 1994 pour
répondre aux besoins des entreprises et des services publics en matière de
prestations d’accueil, a été une première occasion de prendre en compte ces
évolutions.
L’analyse menée par le Céreq s’inscrit dans le prolongement du travail engagé par la
commission professionnelle consultative qui a conduit cette rénovation. L’objectif est
à la fois de situer ce diplôme dans un ensemble plus vaste de certifications,
d’apporter une connaissance fine des situations de travail et des contenus d’activité,
ainsi que des savoir-faire développés par les professionnels, et aussi d’inscrire ces
constats dans une réflexion prospective. Pour ce faire, le Céreq a mobilisé et articulé
différentes approches : un état des lieux des certifications, une analyse en termes
d’Emplois-Types Etudié en Dynamique (ETED), des groupes de travail réunissant
des professionnels de l’accueil de diverses structures, et enfin une démarche de
prospective métier.
L’état des lieux des certifications (de niveaux V, IV, III, voire II) suggère d’emblée
l’existence d’une très grande diversité des emplois et des secteurs professionnels
concernés au premier chef par l’accueil. Cet état des lieux montre aussi la grande
variété des niveaux de formation selon que la cible « emploi » visée met l’accueil au
cœur du métier (les formations sont alors essentiellement de niveau V et IV) ou à sa
périphérie (elles sont de niveau III et II).
5
Une approche en termes de « dimensions de savoir-faire » prolonge et complète
cette analyse. Elle s’est appuyée sur des groupes de professionnels invités à
analyser leur emploi dans le cadre d’un protocole mis au point par le Céreq pour
assurer la dynamique des échanges. Ainsi, des zooms ont pu être réalisés sur
plusieurs emplois de la fonction publique territoriale dans lesquels l’accueil est
associé à la délivrance d’une prestation.
L’étude des facteurs ayant un impact sur l’évolution des activités d’accueil révèle les
tensions qui affectent aujourd’hui le travail d’accueil et qui mettent à dure épreuve la
construction de la professionnalité. Du point de vue des titulaires d’emploi, les
usagers/clients sont de plus en plus exigeants et « difficiles ». Les relations à établir
avec eux font l’objet d’une plus grande prescription. Les contraintes budgétaires
impliquent quant à elles des diminutions d’effectifs néfastes à la qualité du travail et
donc des prestations. Le développement d’Internet et des automates tend enfin à
orienter sélectivement vers les guichets les publics les moins autonomes ou
confrontés aux problématiques les plus complexes. Ce qui suppose une
personnalisation plus grande des réponses apportées. Les évolutions constatées
mettent ainsi les professionnels face à des contradictions, et contrastent parfois avec
les discours valorisant a priori l’accueil.
- « l’accueil banalisé », qui se caractérise par l’atrophie d’un métier dont l’importance
est mésestimée et qui est jugé trop coûteux en personnel ;
- « l’accueil prescrit », qui conduit à un emploi technique spécialisé et fortement
encadré par des normes, des procédures et des outils ;
- « l’accueil personnalisé », qui suppose une forte initiative de la part des
professionnels, soucieux de traiter leur public comme des sujets et non des objets ou
des individus « réifiés » (consommateurs, patients, clients, administrés).
Si ces trois scénarios trouvent d’ores et déjà des traductions partielles dans certaines
des situations appréhendées, il est difficile de prédire si l’un d’eux s’imposera
demain. Il est probable que l’on assistera plutôt à un développement simultané des
trois scénarios, en fonction des contextes économiques, institutionnels,
organisationnels, et des choix stratégiques réalisés par les différents employeurs.
6
Sommaire
Introduction
De l’analyse des activités d’accueil à l’identification d’emplois-types et de
compétences spécifiques......................................................................................................11
Première partie
Etat des lieux des certifications de niveaux V, IV et III dans le domaine de l’accueil :
une extrême pluralité .............................................................................................................15
FRANÇOISE KOGUT-KUBIAK
Avec la collaboration de CHANTAL LABRUYERE et SAMIRA MAHLAOUI
Introduction................................................................................................................. 17
Conclusion.................................................................................................................. 75
Deuxième partie
Analyse des activités d’accueil en termes d’emplois-types :
le cas de trois emplois-métiers emblématiques..................................................................93
JEAN-PAUL CADET, VALERIE GOSSEAUME, CHRISTOPHE GUITTON, CHANTAL LABRUYERE,
SAMIRA MAHLAOUI, FRED SECHAUD
Introduction................................................................................................................. 95
Conclusion................................................................................................................ 159
7
Troisième partie
Analyse des savoir-faire mobilisés dans les activités :
le « métier » dans toute sa complexité...............................................................................203
PAUL KALCK
Introduction............................................................................................................... 205
Conclusion................................................................................................................ 253
Quatrième partie
Facteurs d’évolution :
les activités d’accueil à l’épreuve des tensions croissantes...........................................255
PAUL KALCK
Avec la collaboration de JEAN-PAUL CADET, VALERIE GOSSEAUME, CHRISTOPHE
GUITTON, CHANTAL LABRUYERE, SAMIRA MAHLAOUI, FRED SECHAUD
Introduction............................................................................................................... 257
Chapitre 1 - Facteurs culturels et sociétaux qui impactent surtout le métier sur les
aspects communicationnels...................................................................................... 259
8
Chapitre 5 - Facteurs technologiques : des transformations profondes de l’activité en
lien avec l’usage des TIC.......................................................................................... 279
Cinquième partie
Trois scénarios prospectifs :
banalisation, prescription ou personnalisation ? .............................................................289
PAUL KALCK
Avec la collaboration de CHRISTOPHE GUITTON
Introduction............................................................................................................... 291
Conclusion................................................................................................................ 319
Conclusion
Des métiers riches et variés, de réels savoir-faire mais aussi des évolutions
contrastées et encore incertaines ......................................................................................323
Bibliographie ........................................................................................................................325
9
10
Introduction
De l’analyse des activités d’accueil à l’identification
d’emplois-types et de compétences spécifiques
Définir ce que l’on entend par activités d’« accueil » n’est pas à vrai dire sans
difficultés, car les contenus et les contours de ces activités sont particulièrement
difficiles à cerner. Les demandes adressées en général aux professionnels amenés
d’une manière ou d’une autre à faire de l’accueil (par exemple, le fait de savoir
anticiper les désirs du client ou de l’usager accueillis, ou encore le fait de favoriser
leur satisfaction) apparaissent aussi diversifiées que floues.
Alors que cette opacité masque ordinairement le travail d’accueil, il tend cependant à
occuper le devant de la scène dans un nombre croissant de situations. L’accueil
devient par exemple une préoccupation stratégique au sein de secteurs comme
l’hôtellerie-restauration ou le tourisme, où l’hospitalité joue un rôle essentiel et de
plus en plus distinctif. Plus généralement, on assiste à une évolution et à une
diversification des activités d’accueil depuis maintenant plusieurs années. Le souci
de mieux servir le client ou l’usager a fait de la « relation de service » 1 une
préoccupation centrale pour le management des entreprises et des administrations 2 .
Des services à l’industrie, en passant par la fonction publique, la référence au
« client/usager » tend à être placée au centre de l’activité de tous les salariés, et en
premier lieu de ceux qui sont en contact direct avec lui. Parallèlement, force est de
constater une volonté des organisations de réaliser des économies sur les
personnels dédiés aux activités d’accueil, ce qui se traduit notamment par une
généralisation des standards automatisés, une externalisation des services d’accueil,
une délocalisation de services vers l’étranger (centres d’appel)… A titre d’illustration,
la détérioration des conditions d’accueil a été récemment signalée et critiquée par le
médiateur de la République, J-P. Delevoye 3 .
1
Ughetto et alii, 2002.
2
Weller, 1999.
3
Rapport annuel (2009) en ligne :
[Link]
11
La professionnalisation des activités d’accueil devient alors un impératif. Elle
s’impose d’autant plus pour les entreprises qui ont choisi d’en faire leur cœur de
métier, les prestataires spécialisés, dans la mesure où le niveau d’exigence des
entreprises clientes devient de plus en plus élevé. La structuration du secteur
constitué par ces spécialistes de l’accueil a sans aucun doute pour objectif d’y
contribuer, ainsi qu’en attestent les actions engagées par le Syndicat national des
prestataires de services d’accueil d’animation et de promotion (SNPA) créé en 1993.
En particulier, la démarche de certification de l’activité par une norme de
l’Association française de normalisation (AFNOR) définit un niveau de qualité de
services 4 qu’il s’agit de relayer en termes de formation.
4
« La norme définit les engagements de services relatifs à la prestation de service d'Accueil. Ces
engagements portent sur l'établissement de l'offre commerciale, le recrutement et la formation du
personnel d'accueil, la réalisation de la prestation sur site ou lors d'un événement, la mesure et
l'amélioration de la prestation. » (cf. site web du SNPA : [Link]
12
La première partie du dossier présente un état des lieux des diplômes existants dans
le domaine des métiers de l’accueil afin de situer l’offre de diplômes de niveau IV de
l’Education nationale dans une offre plus large, du niveau V au niveau III. Cet état
des lieux vise à apporter une meilleure visibilité des certifications qui ciblent des
activités, fonctions et/ou métiers ayant trait au domaine de l’accueil. Il s’agit aussi de
favoriser la compréhension de ce qui fait le cœur des activités d’accueil.
La quatrième partie a pour objectif d’identifier les principaux facteurs d’évolution qui
impactent les activités d’accueil (technologiques, économiques, règlementaires, etc.).
Tandis que ces activités se transforment et impliquent actuellement des opérations
de repositionnement au sein des organisations, de nature parfois contradictoires, il
importe d’élargir l’analyse du travail d’accueil aux différentes dynamiques qui
5
La « méthode ETED », produite par Nicole Mandon, est un outil d'analyse des emplois-métiers et
des compétences, fondé sur l'analyse du travail. Elle est ici enrichie par la réalisation d’observations in
situ systématiques, permettant de repérer des situations critiques d’interactions mettant en évidence
les compétences communicationnelles clés mises en œuvre par les professionnels pour y faire face
(Mandon, 2009).
6
Cette approche, élaborée par Paul Kalck, chargé d’études au Céreq, a également été mise en
œuvre auprès de professionnels des métiers du bâtiment (Kalck, 2008).
13
l’affectent. L’identification de ces dynamiques est assurée grâce aux entretiens
collectifs réalisés auprès du groupe de professionnels de l’accueil ayant contribué à
étudier les principaux savoir-faire. Les entretiens de cadrage opérés préalablement
au cours d’investigations de terrain (approche ETED) viennent également enrichir ce
travail collectif.
14
Première partie
FRANÇOISE KOGUT-KUBIAK
Avec la collaboration de CHANTAL LABRUYERE et SAMIRA MAHLAOUI
15
16
Introduction
Cette première partie a pour objectif d’apporter une meilleure visibilité quant à
l’ensemble des certifications de niveaux V, IV ou III qui visent de façon plus ou moins
large des activités, fonctions et/ou métiers ayant trait au domaine de l’accueil.
Du côté du repérage des certifications, l’attention s’est portée sur l’offre telle qu’elle
se présente au niveau de la Commission nationale de la certification professionnelle
(CNCP) 7 , c’est-à-dire concernant des diplômes et titres professionnels inscrits au
Répertoire national de la certification professionnelle (RNCP) et de ce point de vue
reconnus par l’Etat, ainsi que les certificats de qualification professionnelle (CQP) en
lien avec des métiers/activités d’accueil.
7
[Link]
17
niveaux V, IV et III dans le domaine de l’accueil. Nous avons étendu la recherche au
niveau II dans la mesure où nous avons identifié un certain nombre de licences
professionnelles qui visent des emplois impactés par les fonctions d’accueil. Le
mode opératoire sera exposé en première partie, afin de mieux comprendre la
démarche d’investigation qui conduit aux résultats atteints ici.
18
Chapitre 1 - Méthodologie de recueil des données sur les certifications :
une exploitation à partir des emplois, des formations et des diplômes
Nous avons procédé à deux types d’approches pour identifier les certifications
concernées par les activités d’accueil :
- l’une porte dans un premier temps sur une identification des métiers relevant
du domaine de l’accueil ;
- l’autre porte directement sur une identification des certifications qui ciblent
des activités d’accueil.
Quelle que soit l’approche, nous avons choisi de ne retenir que les certifications
inscrites au RNCP dans la mesure où celui-ci nous permet, au travers de la lecture
des fiches, de collecter les informations suivantes : le niveau de formation, l’intitulé
de la formation, le responsable de la certification, le résumé de l’emploi visé, le code
NSF (Nomenclature des spécialités de formation), et dans certains cas le nombre de
bénéficiaires.
Nous avons ainsi pu rechercher dans le RNCP les certifications rattachées aux huit
codes ROME identifiés. Pour chaque liste de formations ainsi établies, nous avons
procédé à la lecture systématique de la fiche RNCP correspondante et avons retenu
celles qui mentionnent spécifiquement, dans la partie « résumé du référentiel
d’emploi ou éléments de compétences acquis », la réalisation d’activités d’« accueil »
quelle que soit la finalité de l’emploi.
8
[Link]
19
1.1.2. Ressource ONISEP (Office national d’information sur les enseignements et
les professions 9 )
Dans un second temps, nous avons sélectionné à partir du RNCP l’ensemble des
certifications, des niveaux V à II 10 , à partir de deux critères :
- l’intitulé de la certification : nous avons interrogé ce critère à partir du mot
« accueil » ;
- le code NSF : nous avons interrogé l’ensemble des codes NSF fournis par la
première liste des certifications identifiées à partir des codes ROME :
9
[Link]
10
Seules les licences professionnelles ont fait l’objet d’investigation sur le niveau II.
20
Nomenclature des spécialités de formation (NSF)
Liste des codes
31 Echanges et gestion
311 Transport, manutention, magasinage
312 Commerce, vente
313 Finances, banque, assurances
315 Ressources humaines, gestion du personnel, gestion de l'emploi
32 Communication et information
320 Spécialités plurivalentes de la communication
324 Secrétariat, bureautique
33 Services aux personnes
330 Spécialités plurivalentes sanitaires et sociales
331 Santé
332 Travail social
333 Enseignement, formation
334 Accueil, hôtellerie, tourisme
335 Animation culturelle, sportive et de loisirs
34 Services à la collectivité
340 Spécialités plurivalentes des services à la collectivité
41 Capacités individuelles et sociales
415 Développement des capacités d'orientation, d'insertion, ou de réinsertion sociales et
professionnelles
A partir de ces différents points d’entrée, nous avons constitué un corpus de plus de
600 certifications. Au final, nous en avons sélectionné près de 120 dont les activités
participent, de façon plus ou moins importante, de la fonction d’accueil.
11
MA= ministère de l’Agriculture, ME= ministère de l’Emploi, MEN = ministère de l’Education
Nationale, MD= ministère de la Défense, MJS= ministère de la Jeunesse et des Sports, MS= ministère
de la Santé, DGAS, Direction générale des affaires sociales, CNAM = Conservatoire National des Arts
et Métiers, OP = Organismes privés, BP = Branche professionnelle.
21
- la source qui nous a permis d’identifier la formation,
- le secteur concerné (tourisme, banque, services aux personnes, loisirs, travail
social…),
- un résumé des activités de l’emploi visé,
- les effectifs concernés par la formation pour lesquels nous indiquons la source et
l’année de référence. Les effectifs tirés de la base de données « Reflet »
concernent le nombre de candidats qui se sont présentés à l’examen pour une
année donnée (la plus récente disponible dans la base). Les effectifs extraits de
la base de données du ministère de l’Emploi (DGEFP) concernent les candidats
qui se sont présentés pour l’obtention du titre sur l’année 2007. Les indications
obtenues à partir de la fiche RNCP indiquent un nombre approximatif de
bénéficiaires de la certification par an.
22
Chapitre 2 - Etat des lieux des certifications renvoyant à l’activité
« d’accueil » : pour une meilleure lisibilité de l’offre existante et de sa
diversité
Les formations repérées au travers des fiches du RNCP montrent qu’il n’existe pas
réellement de métier spécifique concernant la seule activité d’accueil. Celle-ci
s’accompagne toujours d’activités connexes plus ou moins étendues.
On peut néanmoins distinguer trois niveaux selon que les activités d’accueil se
situent au cœur de l’emploi visé et de fait qu’elles participent à définir ou non la
finalité de cet emploi.
Nous avons donc réparti les certifications selon les cas suivants :
23
CARTOGRAPHIE DES CERTIFICATIONS DANS LE DOMAINE DE L’ACCUEIL
NIVEAU V
ACCUEIL + SECRETARIAT
BAPAAT option Loisirs tout public dans les sites et structures d’accueil collectif, option Loisirs du jeune
et de l’enfant, option Loisirs de pleine nature (MJS)
Agent polyvalent de loisirs (OP/15 à 25)
Agent des métiers de l’animation touristiques (OP/15)
24
CARTOGRAPHIE DES CERTIFICATIONS DANS LE DOMAINE DE L’ACCUEIL
NIVEAU IV
BP Banque (MEN/1140)
BP Barman (MEN/8)
BP Restaurant (MEN/348)
Cuisinier gestionnaire de collectivités ((OP/55)
26
CARTOGRAPHIE DES CERTIFICATIONS DANS LE DOMAINE DE L’ACCUEIL
NIVEAU II
Niveau V
29
Les certifications qui visent des fonctions d’accueil et de façon complémentaire des
tâches administratives (cf. tableau n°1) sont moins nombreuses et positionnées
exclusivement sur le niveau V : le BEP Agriculture option services, spécialité
secrétariat accueil (ministère de l’Agriculture) et le TP Agent d’accueil et
d’information (ministère de l’Emploi). Elles visent plutôt des emplois d’agent
d’accueil en charge de recevoir du public visiteur à l’intérieur d’une entreprise quel
que soit son domaine d’activités. Dans ces deux cas, il n’est pas attendu de
prestations commerciales de l’agent, mais une participation à des activités de
circulation de l’information, de secrétariat ou de logistique.
Niveau IV
30
- l’hôtellerie avec la mention complémentaire Accueil-réception (ministère de
l’Education nationale), le TP Réceptionniste en hôtellerie (ministère de
l’Emploi), le certificat Réceptionniste polyvalent en hôtellerie (organisme privé)
et le CQP Réceptionniste (branche professionnelle) ;
- les transports avec la mention complémentaire Accueil dans les transports ;
- et la banque avec la mention complémentaire Services financiers.
Là encore, pour chaque emploi visé, il est attendu de son titulaire en premier lieu
qu’il soit en mesure d’informer et de conseiller le client, mais aussi qu’il propose les
services de son entreprise (vente de billets, de produits touristiques, de prestations
hôtelières, produits financiers).
31
3) Fonction réservation : l’agent d’accueil et de vente effectue les réservations individuelles et de
groupe.
Il effectue les réservations en face à face et au téléphone. Il écoute le client, le renseigne, enregistre
la réservation. Il modifie les réservations, traite les réclamations ou litiges.
4) Fonction organisation et gestion : l’agent d’accueil et de vente organise ses dossiers d’activité. Il
réalise un planning d’activité, un tableau de bord. Il tient la caisse, enregistre les opérations de
paiement. Il calcule les prix de revient.
32
- la pratique de la polyvalence dans les petites et moyennes entreprises de l'hôtellerie économique :
Le réceptionniste polyvalent peut assurer le service de nuit (accueil des dernières arrivées, contrôle et
clôture des comptes clients, surveillance des locaux). Il peut aider le service des étages (contrôle et
remise à blanc d'une chambre). Il peut aider le service restauration (mise en place du service petit
déjeuner, prise de commande d'un repas ou d'une boisson, service d'une boisson).
33
Tableau n°1 : Certifications qui renvoient à des fonctions d’accueil
accompagnées de prestations de services de nature commerciale ou autre
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF Source Secteur Résumé activités Effectifs Source
34
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF Source Secteur Résumé activités Effectifs Source
Accueil, information,
conseil
Commercialisation de
CODE produits hôteliers
TP Réceptionniste DGEFP
IV ME 334t ROME Tourisme/ (réservatiion, 240
en hôtellerie 2007
13122 facturation,
location,,,)
Suivi clientèle
Sécurité
OP/ Cci De
Accueil, information,
Tarbes Et Des
conseil
Réceptionniste Hautes- CODE
Tourisme/ Commercialisation de Fiche
IV polyvalent en Pyrénées - 334t ROME 18
Hôtellerie produits hôteliers RNCP
hôtellerie Institut Régional 13122
Suivi clientèle
De Tourisme Et
Sécurité
D'hôtellerie (Irth)
BP/ Association
pour le
développement CODE
Fiche
CQP Réceptionniste de l'emploi et de 334t ROME Tourisme Accueil, information, 80
RNCP
la formation 13122
dans l'industrie
hôtelière
Accueil, information,
assistance,
orientation, et
CODE
MC4 Accueil dans enregistrement, Reflet
IV MEN 330 ROME Transport 217
les transports gestion 2008
12 112
embarquement,
sécurité des
passagers
- les deux premiers classements concernent des activités que nous avons
identifiées précédemment : la commercialisation de produits et les tâches
administratives. Toutefois, dans le premier cas, les fonctions d’accueil et de
commercialisation de produits (touristiques, bancaires ou autres) sont au service
d’autres activités qui s’inscrivent au cœur de l’emploi visé. De même, dans le
second cas, la réalisation des tâches administratives de natures diverses
constitue le cœur du métier visé, et les fonctions d’accueil y sont périphériques ;
- dans les classements suivants, la fonction d’accueil a pour objectif la prise en
charge de la personne (client, usager…) dans un cadre particulier (l’animation, la
garde d’enfant, l’intervention sociale).
35
2.2.1 Le cas de l’exercice de fonctions d’accueil en accompagnement d’activités
d’une prestation de services de nature commerciale (cf. tableau n°2)
C’est dans ce domaine que l’on trouve le plus de certifications car les champs
professionnels impactés sont multiples. En effet, dès l’instant où se noue une relation
de nature commerciale entre un employé et un client, le premier contact s’établit sur
des bases relationnelles qui consistent à aller au devant de la personne et à la
prendre en charge.
Nous pourrions retrouver également ici les emplois de vente à distance au travers
des « téléconseillers » que nous avons choisis d’écarter de notre champ
d’investigation en raison des nombreuses études déjà existantes sur cet emploi.
Nous avons donc privilégié les secteurs d’activités qui sont largement ressortis lors
de nos recherches : le tourisme, les banques, la restauration, les loisirs.
Niveau V
36
Encadré n°4 : Extrait du résumé du référentiel d’emploi (fiche RNCP)
37
Encadré n°5 : Extrait du résumé du référentiel d’emploi (fiche RNCP)
38
Niveau IV
12
Les CQP ne font pas l’objet d’un classement par niveau de formation. La proximité des activités
visées nous incitent néanmoins à les faire apparaître dans cette rubrique.
39
- effectue certaines préparations culinaires
- approvisionne les linéaires
- accueille les clients et prend les commandes
- assure la mise en place de la salle et le débarrassage des tables
- réceptionne, trie et vérifie la vaisselle
- participe aux opérations de caisse
Réceptionniste gouvernante
Le champ d'intervention du titre du cours hôtelier de Besançon comporte la double compétence :
gouvernant(e)- réceptionniste. La/le gouvernant(e) :
- anime et contrôle une équipe de femmes ou/et valets de chambre
- gère les stocks de produits et de matériel
40
- contrôle les chambres, lieux publics
- prépare les arrivées des clients pour les accueillir
La/le réceptionniste :
- accueille les clients
- vend les prestations de l'établissement
- gère le séjour des clients
La/le gouvernant(e) doit être capable de :
- veiller au fonctionnement du matériel
- connaître la composition des produits
- maîtriser des notions de lingerie
- mettre en place la procédure de contrôle
- gérer le travail d'une équipe, faire refaire et contrôler une tâche donnée au personnel
- interpréter les besoins des clients et mettre en place les consignes selon les exigences des
clients
- pratiquer la langue anglaise
La/le réceptionniste doit être capable de :
- Connaître parfaitement les fonctionnalités et prestations de l'établissement
- maîtriser l'accueil téléphonique
- prendre une réservation
- promouvoir les services de l'établissement
- maîtriser la langue anglaise
- enregistrer les prestations consommées par les clients
- maîtriser la facturation et l'encaissement
41
Niveau III
Le niveau III est exclusivement alimenté par des certifications du domaine touristique
avec le BTS Ventes et productions touristiques et le certificat de Conseiller en
tourisme délivré par un organisme privé. Dans les deux cas, l’accueil et le conseil
font partie intégrante de l’activité, mais le cœur du métier réside dans l’élaboration de
la prestation touristique.
Conseiller en tourisme
Le conseiller en tourisme peut exercer cinq activités principales :
- Accueillir et conseiller la clientèle, identifier ses besoins, et y répondre en utilisant les
systèmes informatiques et les outils d'information
- Vendre des prestations touristiques, à la carte ou sur brochures, en sélectionnant les produits
adéquats
- Réserver des prestations touristiques après vérification des disponibilités et des tarifs en fonction de
la demande du client
- Gérer les aspects financiers et fidéliser la clientèle
- Concevoir des produits touristiques en sélectionnant les prestataires, après élaboration d'un
itinéraire et assemblage d'éléments tarifés et avant réalisation des services techniques liés à la
production.
Le titulaire du titre est capable : - d'identifier rapidement et avec discernement la demande du client,
savoir sélectionner les prestataires et les produits adaptés, argumenter afin de conclure la vente
- d'analyser la rentabilité des produits proposés, en assurer la promotion et tenir compte du
développement commercial de l'entreprise
- d'utiliser et maîtriser avec rigueur et rapidité les systèmes de réservation et de tarification
- d'anticiper et analyser les besoins évolutifs de la clientèle pour créer et proposer des produits
adéquats et compétitifs.
- d'utiliser les langues étrangères, les systèmes informatiques et de communication, et de se tenir en
veille sur les évolutions du marché touristique.
42
Niveau II
Enfin sur le niveau II, nous avons répertorié six licences professionnelles dont une
appartient au secteur du tourisme (Hôtellerie et tourisme option hébergement et
environnement touristiques), une au secteur de la restauration (Hôtellerie et
tourisme option restauration) et quatre au secteur bancaire (Assurance, banque
finance option marché des particuliers ; Assurance, banque finance option
chargé de clientèle particuliers ; Assurance, banque finance option banque
assurance ; Assurance, banque finance option conseiller gestionnaire de
clientèle sur le marché des particuliers). Dans ces cas, l’activité d’accueil fait
partie des attributions de l’emploi, mais n’en constitue pas l’élément essentiel.
43
Il peut aussi assurer les services courants au guichet (virements, chèques...) dans les agences de
petite taille.
44
Tableau n°2 : Les certifications qui renvoient à des fonctions d’accueil dans le
cadre d’une prestation de services de nature commerciale (tourisme, loisirs,
restauration, banque…)
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF Source Secteur Résumé activités Effectifs Source
Accueil, conseil
clients
préparation et
RNCP:
CAP Services en présentation de Reflet
V MEN 334 code Restauration 808
brasserie-café mets ou boissons 2008
NSF
préparation de la
salle
service
Accueil, conseil,
conversation avec
RNCP: le client
MC Employé Reflet
V MEN 334 code Restauration approvisionnement, 414
Barman 2008
NSF entretien,
préparation
boissons
Accueil des clients,
TP Garçon ou RNCP:
commercialisation DGEFP
V serveuse de ME 334t code Restauration 406
des mets et 2007
restaurant NSF
boissons, service
Accueil des clients,
commercialisation
RNCP:
des mets et Reflet
V CAP Restaurant MEN 334 code Restauration 4145
boissons, service, 2008
NSF
approvisionnement,
entretien locaux
Participation à la
BEP Métiers de la gestion de l'accueil,
Tourisme/ Reflet
V restauration et de MEN 334 Onisep réservation, caisse, 13701
Hôtellerie 2008
l'hôtellerie (production de
service)
Accueil des
RNCP: voyageurs
CAP agent d'accueil
accueil conduite
et de conduite Reflet
V MEN 311 dans Transport commercialisation 305
routière- Transport 2008
intitulé de titre de
de voyageurs
formation transports
sécurité
Conduite de
TP Conducteur du voyageurs
transport routier Accueil voyageurs
V ME 311u NSF312 Transport DGEFP
interurbain de Vente de titres de
voyageurs transports
Sécurité
Accueil,
information, conseil
CODE
Banque/ Commercialisation Reflet
IV BP Banque MEN 313 ROME 1140
Finance produits financiers 2008
12 212
Suivi des comptes
clients
Accueil du client
approvisionnement,
RNCP:
commercialisation, Reflet
IV BP Barman MEN 334 code Restauration 8
confection 2008
NSF
cocktails, gestion et
contrôle de l'activité
Accueil, conseil
RNCP: clients
Reflet
IV BP Restaurant MEN 334 code Restauration préparation de la 348
2008
NSF salle
Service
Accueil, information
RNCP:
TP Conseiller en commercialisation DGEFP
IV ME 334w code Tourisme 122
séjours et voyages produits 2007
NSF
touristiques
45
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF Source Secteur Résumé activités Effectifs Source
Licence RNCP:
Accueil des clients
professionnelle accueil
MEN/Université Tourisme/ Restauration
II Hôtellerie et 334 dans ?
d'Angers Hôtellerie (cuisine) et gestion
tourisme option secteur
de l'unité
restauration d'activité
46
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF Source Secteur Résumé activités Effectifs Source
Accueil,
information,
Licence
orientation (agent
professionnelle RNCP:
d'accueil)
Hôtellerie et MEN/Université accueil
Tourisme/ gestion et Reflet
II tourisme option de Bretagne 334 dans 22
Hôtellerie promotion de 2002
hébergement et occidentale secteur
l'établissement,
environnement d'activité
commercialisation
touristiques
produits
touristiques
BP/ Association
pour le
développement RNCP:
CQP Agent de information, Fiche
de l'emploi et de 334t code Restauration 12
restauration orientation public RNCP
la formation dans NSF
l'industrie
hôtelière
BP/ Association
pour le Contribution à
CQP Employé développement RNCP: l'accueil des clients
qualifié de de l'emploi et de 334t code Restauration productions ?
restauration la formation dans NSF culinaires,
l'industrie animation d'équipe
hôtelière
BP/Association
Accueil de la
pour le
clientèle
développement RNCP:
CQP Serveur en prise de Fiche
de l'emploi et de 334t code Restauration 10
restaurant commande, RNCP
la formation dans NSF
service,
l'industrie
encaissement
hôtelière
47
2.2.2 Le cas de l’exercice de fonctions d’accueil en accompagnement de tâches
administratives (cf. tableaux n°3 et 3 bis)
Niveau V
Niveau IV
Dans le prolongement du BEP, le ministère a crée le bac pro Secrétariat qui lui
aussi porte sur des flux élevés (13 014 candidats). Seuls deux certificats originaires
d’organismes privés concurrencent dans une moindre proportion le bac pro à ce
niveau : Secrétaire administrative et commerciale et Secrétaire bureautique
multimédia (205 bénéficiaires au total). Nous supposons néanmoins que d’autres
organismes privés, non inscrits au RNCP, se positionnent sur ce type de formation.
48
On peut ajouter dans ce registre une certification de « Secrétaire polyvalent »
délivrée par le ministère de la Défense.
49
Elle (il) travaille dans les services administratifs et de secrétariat d’entreprise quel que soit le secteur
professionnel avec des matériels micro-informatiques en réseau et utilise l’ensemble des moyens de
communication (informatique, internet/intranet/extranet, téléphone). Elle (il) intervient sur la chaîne de
transmission, de traitement et de suivi des documents et de l’information dans l’entreprise.
Sous la responsabilité d’un chef de service ou directeur de structure, elle (il) travaille en lien avec les
clients et les fournisseurs internes et externes à son organisation. Les postes occupés nécessitent
autonomie et sens des responsabilités.
Le secrétaire bureautique multimédia exerce les principales activités suivantes :
Activité 1 : Accueille, renseigne et oriente tout interlocuteur, visiteur, client, salarié, ou
fournisseur.
Activité 2 : Organise son environnement fonctionnel et multimédia pour produire tout document.
Activité 3 : Assure le traitement et le suivi des informations.
Activité 4 : Participe à la mise en œuvre des techniques de communication de l’entreprise.
Secrétaire polyvalent
Le secrétaire polyvalent exerce les activités suivantes :
- accueil des interlocuteurs et des administrés (renseignement, information, orientation et
conseil) ;
- exploitation des différents flux d'information (courrier papier, courrier électronique, appels
téléphoniques) ;
- gestion de la documentation (recherche et mise à jour) ;
- traitement des dossiers administratifs du personnel (recrutement, formation, reconversion,
reclassement, demandes des administrés) ;
- participation au suivi des mouvements du personnel ;
- participation aux travaux de chancellerie (notation, avancement, discipline, décorations).
Niveau III
50
L'ensemble de ces activités implique un recours constant aux outils de la bureautique et des
technologies de l'information et de la communication, et se pratique aussi bien en langue française
qu'en langue étrangère.
Assistant(e) juridique
L’assistant(e) juridique effectue l’ensemble des tâches administratives d’un assistant de direction
spécialisé sous couvert de sa hiérarchie, il est plus particulièrement chargé de :
Assister le responsable hiérarchique, préparer les éléments nécessaires à la prise de décision et
gérer les dossiers.
Concevoir, rédiger et saisir les différents documents à caractère administratif ou juridique.
Assurer la préparation et le suivi des différentes procédures juridiques et la transmission des
informations en interne et en externe.
Accueillir, renseigner les clients et expliquer le langage juridique utilisé dans leurs dossiers.
Rédiger les synthèses et les comptes rendus de réunion en utilisant les termes juridiques
appropriés.
Recueillir et gérer la documentation et effectuer les recherches juridiques pour sa hiérarchie.
Identifier les juridictions compétentes et les procédures adaptées en fonction du dossier à traiter.
Préparer et mettre en place les différents documents relatifs au contrat de travail, assister le DRH
dans ses relations avec les partenaires sociaux, et dans la gestion de la formation.
Assurer la préparation du traitement des données financières et comptables.
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF Source Secteur Résumé activités Effectifs Source
Accueil, orientation,
RNCP: renseignement des
Transec- Reflet
IV Bac pro secrétariat MEN 324 code interlocuteurs, 13104
toriel 2008
NSF classement, gestion
courrier,,,
Accueil, renseignement
OP/Institut de
des clients, fournisseur,
formation RNCP:
Secrétaire administrative Transec- collaborateurs Fiche
IV commerciale 324t code 175
et commerciale toriel gestion de l'information, RNCP
permanente NSF
organisation,
(IFOCOP)
classement,,,
Accueil, renseignement,
RNCP: orientation tout
Secrétaire bureautique OP/CNA Transec- Fiche
IV 324t code interlocuteur 30
multimédia CEFAG toriel RNCP
NSF secrétariat, assistance
technique à sa hiérarchie
Accueil en face à face ou
RNCP: par téléphone
BTS Assistant de Transec- Reflet
III MEN 324 code communication, 10397
direction toriel 2008
NSF organisation,
documentation
Accueil, renseignement
RNCP:
OP/CCI de Transec- clients Fiche
III Assistant juridique 324p code 10
Rouen toriel gestion des dossiers RNCP
NSF
(assistant de direction)
51
B/ Emplois de secrétaires médicales
Les certifications qui visent des emplois de secrétaire médicale dans lesquelles sont
mises en avant des activités d’accueil relèvent toutes du niveau IV de formation. La
majorité d’entre elles émane d’organismes privés (7 sur 10). Ce sont néanmoins les
trois organismes publics (ministère de l’Emploi, le CNED et la Croix Rouge
Française) qui alimentent le plus le marché du travail avec près de 1 000 candidats
par an contre environ 400 dans les écoles privées.
Pour alléger le texte, nous fournissons ce seul exemple représentatif des activités visées par
l’ensemble des certifications mentionnées.
52
Tableau n°3 bis : Les certifications qui renvoient à des activités d’accueil en
accompagnement de tâches administratives au sein de cabinets médicaux
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF Source Secteur Résumé activités Effectifs Source
Accueil téléphonique,
OP/Institut De
orientation, conseil
Formation En CODE
Permanencier auxiliaire Recueil de données Fiche
IV Soins Infirmiers 331 ROME Santé 12
de régulation médicale administratives RNCP
Du Lycée 23111
Aide à la régulation
Rabelais
médicale…
53
2.2.3 Le cas de l’exercice de fonctions d’accueil dans le cadre d’une animation
sportive ou culturelle (cf. tableau n°4)
Les certifications relèvent ici exclusivement des secteurs du tourisme ou des loisirs
et se répartissent de façon homogène sur les trois niveaux de formation. L’activité
d’accueil se situe en amont des activités du titulaire d’emploi et consiste à prendre en
charge la personne à son arrivée ou encore à l’informer des prestations proposées.
Son activité principale porte en grande partie sur la réalisation de la prestation elle-
même.
Niveau V
Les deux autres options du BAPAAT sont décrites de façon similaire pour ce qui concerne l’activité
d’accueil.
54
- il accueille les clients et analyse leur demande,
- il leur apporte des réponses adaptées en mettant en valeur les prestations offertes par l’entreprise et
en utilisant éventuellement la langue anglaise,
- il coordonne et accompagne la réalisation des prestations offertes par l’organisme de tourisme, les
évalue et informe les responsables,
- il assure l’agencement des salles pour l’accueil de clients en séminaire, en groupe ou individuels.
- il participe à l’organisation, à l’animation, à l’accompagnement et à la logistique d’un programme
d’activités
- il réalise des enquêtes de terrain et analyse des besoins et des critères-qualité.
55
Niveau IV
56
organisées.
Le (la) technicien(ne) d’accueil touristique option accompagnement prépare le guidage de la visite ou
du circuit et accompagne les clients en prenant en charge toutes les relations avec les intervenants
concourant à la mise en œuvre du circuit ou de la visite ; il (elle) apporte des informations de nature
culturelle relatives aux lieux visités, en appoint – le cas échéant – des commentaires fournis par les
guides spécialisés.
Cet emploi nécessite le sens de l’organisation, une disponibilité à l’égard des demandes des clients et
de la réactivité face aux aléas. Quelle que soit l’option, il (elle) dispose d’une large autonomie dans
l’exercice de son activité. Les réactions exprimées par la clientèle contribuent à l’évaluation de son
activité.
Le (la) technicien(ne) d’accueil touristique option accompagnement est fréquemment conduit(e) à
accompagner des circuits à l’étranger. Le (la) technicien(ne) d’accueil touristique option animation
peut également exercer dans des lieux de séjour à l’étranger. Quelle que soit l’option, il (elle)
s’adresse aux clients étrangers dans un anglais de base. Le (la) technicien(ne) d’accueil touristique
option accompagnement peut également utiliser une autre langue étrangère dans un vocabulaire
simple.
Les contrats sont souvent saisonniers et peuvent être conclus par rotation avec plusieurs employeurs.
Les horaires de travail pendant la saison touristique sont adaptés aux prestations à rendre aux
clients.
Niveau III
57
Diplôme d'études universitaires scientifiques et techniques Métiers de la culture option
Médiathèque
Ce professionnel collecte, stocke et classifie une documentation générale ou spécialisée. Il réalise les
opérations de catalogage et indexe les différents documents, à l’aide d’un thésaurus ou d’une liste
d’autorité matière, afin de les rendre accessibles aux utilisateurs. Il gère les abonnements aux
journaux papiers et aux revues électroniques. Il s’occupe également des acquisitions d’ouvrages à
partir de l’analyse des besoins des utilisateurs et en fonction des crédits disponibles. Il participe à la
définition des modes de consultation du fonds documentaire. Il accueille le public, le conseille et
l’oriente dans leur recherche d’information. Il fournit des services et élabore des produits
documentaires usuels (veille documentaire, diffusion sélective de l’information, revues de presse) et
réalise à la demande des études (synthèses documentaires, bulletins bibliographiques…) sur des
sujets spécifiques.
Il peut également monter des animations et proposer des débats.
Ludothécaire
Le ludothécaire est responsable d'une structure ou d'un service mettant à disposition de publics des
activités ludiques en général, et de jeux en particulier. Il exerce les activités suivantes :
Accueil de différents publics de joueurs (du jeune enfant à la personne âgée).
Conseils sur le choix de jeu selon différents publics (collectivités et familles).
Gestion des services de prêt
Mise en place d’animations ponctuelles.
Activités administratives et de gestion de la structure dont il a la responsabilité.
58
Tableau n°4 : Les certifications qui renvoient à des fonctions d’accueil dans le
cadre d’une animation (sportive ou culturelle)
Niveau Intitule certification Certificateur NSF source Secteur Activités Effectifs source
BAPAAT option loisirs
tout public dans les
RNCP: Accueil, information,
sites et structures
accueil dans prise en charge du
V d'accueil collectif, option MJS 335 Loisirs 1138
intitulé public
Loisirs de pleine nature,
formation Animation sportive
option Loisirs du jeune
et de l’enfant
OP/ Formation
CODE Accueil, information
Agent polyvalent de Developpement Fiche
V 334t ROME Tourisme/ organisation, animation, 15 à 25
loisirs Novation RNCP
13122/43411 logistique
(Fodeno)
Accueil, orientation
Agent des métiers de RNCP: code Fiche
V OP/LASER 335t Tourisme client 15
l'animation touristique NSF RNCP
Animation
TP Technicien (ne)
Accueil et prise en
d’accueil touristique CODE
charge du public DGEFP
IV option ME 334t ROME Tourisme 373
Animation, 2008
accompagnement, 43411
accompagnement
option animation
Accueil et information
RNCP:
des clients
Animateur Tourisme OP/Grand sud accueil dans Tourisme/ Fiche
IV 334 Organisation et 15 à 30
loisirs formation secteur Loisirs RNCP
animation des activités
d'activité
proposées
Accueil, conseil
OP/Quai des RNCP: code gestion services de prêt Fiche
III Ludothécaire 335p Loisirs 12
ludes NSF animation ponctuelle RNCP
gestion structure
59
2.2.4 Le cas de l’exercice de fonctions d’accueil dans le cadre d’une structure
d’accueil (enfants ou adultes) (cf. tableau n°5)
Les formations répertoriées ici, toutes de niveau V, visent le même type d’emploi (la
garde d’enfants ou d’adultes) mais relèvent d’organismes certificateurs différents.
Comme évoqué précédemment, l’accueil, situé en amont des activités, consiste en
une prise en charge de la personne (enfant, personne âgée) et représente en cela
une partie infime des activités du titulaire d’emploi.
Ainsi, l’on trouve le CAP Petite enfance du ministère de l’Education nationale avec
des flux de candidats très élevés (17 899 en 2008), le DE d’Auxiliaire de
puériculture du ministère de la Santé (1 009 candidats), le DE d’Assistant
familial de la direction des affaires sociales et le certificat de qualification
professionnelle d’Assistant maternel/ garde d’enfants (200 bénéficiaires).
60
Diplôme d'Etat d'assistant familial
L'Assistant familial est un travailleur social qui exerce une profession d'accueil permanent à son
domicile et dans sa famille de mineurs ou de jeunes majeurs de 18 à 21 ans.
En cas de circonstances imposant une séparation entre parents et enfant, le fondement de la
profession d'assistant familial est de procurer à l’enfant ou à l’adolescent, confié par le service qui
l’emploie, des conditions de vie lui permettant de poursuivre son développement physique, psychique,
affectif et sa socialisation.
L’assistant familial participe à la prise en charge des conséquences des troubles de la parentalité pour
l’enfant et à la prévention de leur répétition. Elle contribue également à la lutte contre les exclusions
dont peuvent être victimes les personnes ayant souffert de troubles importants durant l'enfance.
L’assistant familial exerce les fonctions suivantes :
- Accueil de l’enfant et prise en compte de ses besoins fondamentaux
- Accompagnement éducatif de l’enfant
- Accompagnement de l’enfant dans ses relations avec ses parents
- Intégration de l’enfant dans sa famille d’accueil
- Travail en équipe
61
Tableau n°5 : Les certifications qui renvoient à des fonctions d’accueil dans le
cadre d’une structure d’accueil (enfants ou adultes)
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF source Secteur Activités Effectifs source
RNCP:
accueil Services
Pas de
V DE d'assistant familial MS/DGAS 332 dans aux Accueil de l'enfant… Reflet
données
secteur personnes
d'activité
OP/BP/Institut
RNCP: Services
CQP assistant maternel/ FEPEM de Accueil des familles Fiche
330t code aux 200
Garde d'enfants l'emploi Garde d'enfant… RNCP
NSF personnes
familial
Dans le travail social, l’activité d’accueil ne repose pas seulement sur la prise en
charge de la personne comme pour les certifications que nous venons de décrire
mais porte également sur l’orientation et le conseil de publics ciblés, ce qui en fait
une activité assez stratégique, au sein de ces métiers.
La majorité des certifications sont positionnées au niveau III de formation. Seul le
bac pro Services de proximité et vie locale (ministère de l’Education nationale) est
positionné au niveau IV.
62
- accompagnement de publics aux demandes spécifiques, dans des démarches ou pour l'accès à des
services administratifs, médico-sociaux, techniques...
- animation de dispositifs d'information ou de points d'écoute personnalisée
- organisation et animation d'actions en direction de certains publics.
Activités participant à la socialisation et au développement de la citoyenneté
- organisation et participation à l'animation d'activités éducatives, récréatives...après de divers
publics
- organisation et participation à l'animation d'activités de valorisation du patrimoine local
- organisation et participation à l'animation d'activités associatives, de lieux ressources, d'espaces de
vie collective.
Sur le niveau III, on trouve ainsi deux certifications délivrées par le CNAM (Chargé
d’accompagnement social et professionnel, Chargé d’information d’accueil et
d’orientation), une par la direction des affaires sociales (DE d’Assistant de service
social), une par le ministère de l’Emploi (TP Conseiller (ère) en insertion
professionnelle), une par le ministère de l’Education nationale (le DUT Carrières
sociales option assistante sociale), et deux d’organismes privés (Chargé
d’insertion et du développement local et Coordinateur de l’intervention sociale
et professionnelle).
63
- faire évoluer leurs pratiques, en lien avec l’évolution des publics et des politiques publiques
nationales et territoriales.
Employés dans les services publics ou le milieu associatif, ces spécialistes de
l’accueil/information/orientation reçoivent les publics, font le diagnostic de la demande (premier
entretien exploratoire et réponse aux premières demandes d’information) et établissent les premiers
contacts avec les partenaires locaux pour pouvoir aiguiller au mieux les personnes vers les services
compétents. Si nécessaire, ils ont également un rôle de médiation pour tenter d’infléchir les positions
de ces services en faisant valoir les besoins exprimés ou bien d’expliciter auprès des publics les
limites de ceux-ci.
64
lui ou qui lui sont signalés. Il analyse, en fonction des missions conférées, la situation économique
et sociale de chaque personne, famille, groupe ou population. Il recherche les causes qui
compromettent leur équilibre. Il repère les types de problèmes : scolaires, professionnels, de
logement, de violences familiales, de santé… et met en œuvre avec eux des actions tant individuelles
que collectives pour améliorer leurs conditions de vie, rétablir leur autonomie financière, affective… Il
aide la personne dans ses démarches administratives.
Maîtriser des méthodes d’entretien individuel, d’animation de groupe, de médiation avec les différents
services sociaux et médicaux, d’enquête… Connaître les institutions, les rouages de l’administration,
les lois et tous les dispositifs d’insertion
Maîtriser la législation sociale et l’ensemble des dispositifs d’action sociale
65
Encadré n°22 : Extrait du résumé du référentiel d’emploi (fiche RNCP)
66
Tableau n°6 : Les certifications qui renvoient à des fonctions d’accueil dans le
cadre d’une intervention sociale
Niveau Intitule certification Certificateur NSF source Secteur Activités Effectifs source
Accueil, orientation
Maintien et valorisation des
CODE
BAC PRO Services de Sanitaire et espaces Reflet
IV MEN 330 ROME 1281
proximité et vie locale social prévention et sécurité des 2008
23111
espaces
Accompagnement…
Accueil, accompagnement
Chargé CODE
Travail des personnes en difficulté
III d'accompagnement social CNAM 330t ROME ?
social sociale ou
et professionnel 23221
professionnelle…
CODE Accueil, information,
Chargé d'information, Travail Fiche
III CNAM 330 ROME orientation 45
d'accueil et d'orientation social RNCP
23221 en intervention sociale…
Accueil, évaluation,
DE assistant de service Travail Reflet
III MAS/DGAS 332 Onisep information, orientation en 2653
social social 2005
intervention sociale…
Accueil, information,
CODE orientation,
TP Conseiller (ère) en Travail DGEFP
III ME 332t ROME accompagnement des 308
insertion professionnelle social 2007
23221 personnes en difficulté
professionnelle…
accueil, information,
orientation
RNCP:
DUT Carrières sociales Travail analyse situation Reflet
III MEN 332 code 153
option assistante sociale social économique des 2006
NSF
personnes,
accompagnement…
OP/CENTRE
DE
Accueil, accompagnement
FORMATION CODE
Chargé d'insertion et du 332n, Travail des personnes en difficulté Fiche
III ET DE ROME 16
développement local 332t social sociale ou RNCP
PROMOTION 23221
professionnelle…
(CFP) RHONE
ALPES
OP/CENTRE
Coordinateur(trice) de CODE Accueil, information,
DE Travail Fiche
III l'intervention sociale et 332t ROME conseil, orientation 45
RESSOURCES social RNCP
professionnelle 23221 en intervention sociale…
AROBASE
Accueil, évaluation,
RNCP:
Travail information, orientation Reflet
II DE Médiateur familial MAS/DGAS 332 code 271
social médiation, gestion conflits, 2005
NSF
administration, gestion…
Animation de lieux
Licence professionnelle
RNCP: d'accueils des personnes
Intervention sociale option Travail Reflet
II MEN 332 code en difficulté 22
accompagnement et social 2008
NSF accompagnement
insertion
individuel ou en groupe…
Les certifications sélectionnées ici renvoient à des emplois qui relèvent d’activités
managériales de la fonction d’accueil. Les titulaires exercent donc des fonctions
d’organisation, de gestion, de formation, ou de recrutement du personnel d’accueil.
Dans quelques rares cas (que nous avons mis en italique dans le tableau n°7), ces
gestionnaires peuvent être eux-mêmes amenés à réaliser des tâches d’accueil (en
cas de remplacement de personnel absent, d’accueil de personnalités ou d’exercice
de la fonction dans de petites structures).
67
Les certifications concernent majoritairement le niveau supérieur (III et II) et
appartiennent principalement au secteur du tourisme, et de l’hôtellerie en particulier.
Sur le niveau IV, on trouve toutefois trois certifications qui relèvent de ces activités :
le BTn Hôtellerie (ministère de l’Education nationale), le certificat de spécialité
Tourisme vert, accueil et animation en milieu rural (ministère de l’Agriculture), et
un certificat d’Agent d’exploitation en hôtellerie et restauration d’un organisme
privé.
68
- Maîtrise les outils informatiques
- Connaît les techniques d'animation et d'encadrement du personnel
- Connaît les normes règlementaires et sait en contrôler la conformité
- Maîtrise au moins une langue étrangère.
Sur le niveau III, on retrouve le ministère de l’Education nationale avec trois BTS
(Animation et gestion touristiques locales et Hôtellerie-restauration, option A
mercatique et gestion hôtelière, Responsable de l'hébergement à référentiel
commun européen) et un DEUST Métiers de la culture option Tourisme culturel
ainsi que deux certificats d’organismes privés (Chargé de développement
tourisme, Hôtellerie loisirs et Assistant de direction en hôtellerie).
69
l’année, et prend en charge des activités culturelles, éducatives ou attractives. Il participe à la
rédaction d’une documentation informant les publics sur les loisirs culturels ou sportifs, l’hébergement,
la restauration…
Il mène des actions de promotion du patrimoine et organise aussi, en tant que guide-accompagnateur,
des itinéraires au cours desquels il fait découvrir le milieu naturel, les sites et monuments
archéologiques ou historiques de sa région.
Il prend part à la gestion du budget d’un office de tourisme (subventions, cotisations des membres,
vente des publications…).
Il peut également être consulté pour des décisions d’aménagement touristique (mise en place
d’équipements collectifs, développement des capacités d’accueil…).
Enfin sur le niveau II, nous avons répertorié 11 licences professionnelles Hôtellerie
et tourisme à diverses options ou spécialités dont 3 portent exclusivement sur le
versant tourisme (tourisme et patrimoine, distribution touristique, management
européen des produits touristiques), 3 sur le versant hôtellerie (hôtellerie,
management des activités hôtelières, management d’une unité hôtelière), 1 sur
le versant restauration (management des unités de restauration), et plusieurs sont
bivalentes sur l’hôtellerie-restauration (accueil, réception, hôtellerie-restauration,
management des entreprises de l’hôtellerie-restauration, management
international de l’hôtellerie et de la restauration), sur l’hôtellerie-tourisme
(assistant aux fonctions de management du tourisme et de l’hôtellerie
internationale), ou l’hôtellerie-loisirs (management des entreprises de
thermoludisme et de loisirs). On relève aussi une certification d’un organisme privé
(responsable de structure d’accueil touristiques) et un CQP (Assistant
d’exploitation spécialisation restaurant et hébergement). A noter enfin la
présence d’une licence professionnelle Intervention sociale option aide à
l’insertion professionnelle qui s’inscrit dans ce même registre d’activités.
70
Encadré n°25 : Quelques exemples extraits des fiches RNCP
71
Tableau n°7 : Les certifications qui renvoient à une extension du métier en
termes de management et de gestion des activités d’accueil
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF source Secteur Activités Effectifs source
CODE
Tourisme/ Organisation de Reflet
IV BTn Hôtellerie MEN 334 ROME 2590
Hôtellerie l'accueil 2008
13122
RNCP: Gestion des activités
accueil d'accueil
Agent d'exploitation en OP/CATALYSE- Tourisme/ Fiche
IV 334t dans encadrement des 11
hôtellerie et restauration SARL FORMA Hôtellerie RNCP
secteur équipes et des postes
d'activité de travail
RNCP:
CS option tourisme vert, accueil
Tourisme/ Organisation de
IV accueil et animation en MA 334 dans ?
Loisirs prestations d'accueil
milieu rural intitulé
formation
CODE
BTS Animation et gestion Organisation et gestion Reflet
III MEN 334 ROME Tourisme 2301
touristiques locales de l'accueil 2008
43411
Gestion des activités de
BTS hôtellerie-restauration Tourisme/ réception Reflet
III MEN 334 Onisep 1322
option A Hôtellerie Définition des postes 2008
de travail
RNCP:
BTS Responsable de accueil
Tourisme/ Organisation et gestion Reflet
III l'hébergement à référentiel MEN 334 dans 87
Hôtellerie du service d'accueil 2008
commun européen secteur
d'activité
DEUST Métiers de la CODE Gestion et
Tourisme/
III culture option Tourisme MEN 335p ROME développement des ?
Loisirs
culturel 43411 capacités d'accueil
RNCP:
accueil Organisation, gestion et
Chargé de développement OP/CCI Du Tourisme/ Fiche
III 334p dans coordination de l'accueil 16
tourisme, Hôtellerie loisirs Valenciennois Loisirs RNCP
secteur d'un site
d'activité
Accueil et information
des clients (hôtel ou
OP/Ecole restaurant)
professionnelle RNCP: Organisation et
Assistant de direction en Tourisme/ Fiche
III de tourisme et 334p code réalisation des tâches 15
hôtellerie Hôtellerie RNCP
d'hôtellerie NSF administratives
Toulouse organisation du travail
des commis et chef de
rang
Organisation de
RNCP:
Licence professionnelle l'accueil
MEN/Université accueil
Hôtellerie et tourisme valorisation du
II de Marne la 334 dans Tourisme ?
option spécialité tourisme patrimoine
vallée secteur
et patrimoine administration, finance,
d'activité
management
Recrute et forme le
Licence
CODE personnel d'accueil
Professionnelle Hôtellerie Tourisme/
II MEN 334 ROME Coordonne et contrôle ?
et tourisme option Hôtellerie
13122 le travail des
distribution touristique
réceptionnistes
Recrute et forme le
Licence
CODE personnel d'accueil
Professionnelle Hôtellerie MEN Tourisme/ Reflet
II 334 ROME Coordonne et contrôle 23
et tourisme option Université paris I Hôtellerie 2005
13122 le travail des
hôtellerie
réceptionnistes
72
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF source Secteur Activités Effectifs source
Organisation de
RNCP: l'accueil
Licence professionnelle
accueil Recrute et forme le
Hôtellerie et tourisme MEN/Université Reflet
II 334 dans Tourisme/ personnel d'accueil 23
option accueil, réception, de Nantes 2005
intitulé Coordonne et contrôle
Hôtellerie-restauration
formation le travail des
réceptionnistes
Licence professionnelle
RNCP:
Hôtellerie et tourisme
accueil Assiste le responsable
option assistant aux MEN/ Université Tourisme/ Reflet
II 334 dans l'organisation de 36
fonctions de management de Versailles Hôtellerie 2008
secteur l'accueil
du tourisme et de
d'activité
l'hôtellerie internationale
RNCP:
Licence professionnelle Recrutement et
accueil
Hôtellerie et tourisme MEN/ Université Tourisme/ formation du personnel Reflet
II 334 dans 26
option management des de Metz Hôtellerie Organisation de 2008
secteur
activités hôtelières l'accueil des clients
d'activité
Licence professionnelle RNCP:
Hôtellerie et tourisme MEN/Université accueil Recrutement et
Tourisme/ Reflet
II option management des d'Evry val 334 dans encadrement des 39
Hôtellerie 2008
entreprises de l'hôtellerie d'Essonne secteur équipes dont l'accueil
et de la restauration d'activité
Licence professionnelle
RNCP: Management service
Hôtellerie et tourisme
accueil d'accueil
spécialité management MEN/Université Tourisme/ Reflet
II 334 dans et de l'ensemble des 33
des structures de Toulouse Hôtellerie 2008
secteur activités (hébergement
d'hébergements, de
d'activité ou animation)
thermoludisme et de loisirs
RNCP:
Licence professionnelle Encadrement des
accueil
Hôtellerie et tourisme MEN/Université Tourisme/ équipes d'accueil Reflet
II 334 dans 12
spécialité management de Grenoble Hôtellerie organisation et gestion 2008
secteur
d’une unité de restauration des services
d'activité
RNCP:
Licence professionnelle Encadrement des
accueil
Hôtellerie et tourisme MEN/Université Tourisme/ équipes d'accueil Reflet
II 334 dans 13
spécialité management de Grenoble Hôtellerie organisation et gestion 2008
secteur
d’une unité hôtelière des services
d'activité
Recrutement et
formation du personnel
Licence professionnelle RNCP: d'accueil
MEN/ Université Tourisme/ Reflet
II Hôtellerie et tourisme 334 code encadrement et 11
Paris I Hôtellerie 2004
option Hôtellerie NSF coordination, et
contrôle des équipes de
réceptions
Encadrement,
Licence professionnelle coordination et contrôle
Hôtellerie et tourisme RNCP: des services dont
MEN/ Université Tourisme/ Reflet
II option management 334 code accueil 18
de Nantes Hôtellerie 2008
européen de produits NSF Recrutement,
touristiques formation, animation
d'équipes
Licence professionnelle Organisation de
Hôtellerie et tourisme RNCP: l'accueil et du service
MEN/ Université Tourisme/
II spécialité management 334 code management ?
Lyon III Hôtellerie
international de l'hôtellerie NSF opérationnel et
et de la restauration fonctionnel
Accueil des
personnalités
Recrutement et
Licence professionnelle
RNCP: formation du personnel
Hôtellerie et tourisme MEN/ Université Tourisme/ Reflet
II 334 code d'accueil 38
option accueil, réception, Paris V Hôtellerie 2008
NSF encadrement et
hôtellerie-restauration
coordination, et
contrôle des équipes de
réceptions
73
Niveau Intitulé certification Certificateur NSF source Secteur Activités Effectifs source
Définition et
Licence professionnelle
RNCP: organisation de l'accueil
Intervention sociale option Travail Reflet
II MEN 332 code accompagnement 53
aide à l'insertion social 2007
NSF social (animation,
professionnelle
formation)
OP/INSTITUT
RNCP:
NATIONAL DE
accueil Organisation et gestion
Responsable de structure FORMATION Tourisme/ Fiche
II 334p dans des activités 20
d'accueil touristique ET Hôtellerie RNCP
intitulé d'hébergement
D'APPLICATION
formation
(INFA)
BP/ Association Accueil de la clientèle
pour le (en remplacement si
CQP Assistant
développement RNCP: besoin)
d'exploitation Tourisme/ Fiche
de l'emploi et de 334t code animation 40
(spécialisations restaurant Hôtellerie RNCP
la formation NSF commercialisation,
et hébergement)
dans l'industrie gestion, exploitation de
hôtelière l'établissement
74
Conclusion
Cet état des lieux des certifications dans le domaine de l’accueil a permis d’apporter
une meilleure visibilité quant à l’offre existante en la matière, avec toute la diversité
qu’elle comporte en termes d’activités et de secteurs professionnels ciblés,
d’organismes certificateurs impliqués, de niveaux de formation.
Nous avons ainsi d’abord regroupé l’ensemble des certifications qui visent
principalement des activités d’accueil, d’orientation et de conseil (premier cercle) et
avons pu constater que se réalisent en grande partie, à côté de celles-ci, d’autres
activités à vocation commerciale ou administrative. Il existe donc deux diplômes
spécifiques transversaux, l’un du côté de l’Education nationale (Le bac pro Services,
accueil, assistance, conseil) et l’autre du ministère de l’Agriculture (le CAPA Services
en milieu rural) qui s’adressent à une large gamme de secteurs d’activités, les autres
certifications renvoyant plutôt à des emplois appartenant à des secteurs
professionnels circonscrits (tourisme, hôtellerie, banque et transports).
En dernier lieu, nous avons identifié des certifications (troisième cercle) qui renvoient
à des emplois de contrôle et de gestion des activités d’accueil plus que d’exercice de
celles-ci. Elles permettent d’envisager les évolutions potentielles des titulaires
d’emplois vers des activités de gestion, de formation ou de contrôle des activités et
touchent en particulier les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie.
Une classification des certifications par code NSF (nomenclature des spécialités de
formation) permet de visualiser rapidement l’ensemble des secteurs (cf. schéma Etat
des lieux de l’offre de certification : approche par spécialités de formations ci-après).
75
Des certifications de niveaux de formation variés selon les « cercles »
Les certifications centrées sur le cœur de métier (premier cercle) sont uniquement
positionnées sur les niveaux V et IV de formation, ce qui équivaudrait à dire qu’elles
visent essentiellement des emplois d’employés ou de techniciens. Celles du second
cercle, de nature beaucoup plus large, se répartissent sur l’ensemble des niveaux
étudiés (V à II). Quant au troisième cercle, qui renvoie à des activités de type
managérial, il rassemble des certifications de niveaux III et II (cf. les quatre
cartographies des certifications dans le domaine de l’accueil par niveaux de
formations au chapitre 2).
C’est ainsi que l’Education nationale arrive naturellement largement en tête des
ministères certificateurs aussi bien en termes d’offre de certifications que de flux de
certifiés. On constate toutefois que, dans le premier cercle, seuls des diplômes de
niveau IV sont mis en œuvre par ce ministère, le niveau V étant quant à lui investi
par le ministère de l’Agriculture et le ministère du Travail et deux organismes privés.
Par ailleurs, on peut souligner qu’en dehors du ministère de l’Education nationale et
des organismes privés pris dans leur globalité, les autres certificateurs ne sont
jamais positionnés sur les trois cercles (cf. schéma Etat des lieux de l’offre de
certification : approche par organismes certificateurs ci-après).
Cette première approche des activités d’accueil au travers des certifications qui lui
sont consacrées a été menée de façon parallèle au travail d’analyse des emplois
présenté dans les parties suivantes. Il est donc intéressant de constater a posteriori
que les emplois visés par les certifications du premier cercle se retrouvent bien dans
les emplois-repères identifiés qui font l’objet d’une présentation détaillée dans la
partie suivante. Autrement dit, il semblerait qu’il n’y ait pas de décalage démesuré
entre l’offre de certification existante et les besoins en qualifications exprimés au
regard des emplois étudiés.
76
ETAT DES LIEUX DE L’OFFRE DE CERTIFICATION DANS LE DOMAINE DE L’ACCUEIL
APPROCHE PAR SPECIALITES DE FORMATION (NSF)
TROISIEME CERCLE
DEUXIEME CERCLE
PREMIER CERCLE
Niveau IV :
CS option tourisme vert, accueil et Niveau V :
Niveau V : animation en milieu rural BAPAAT option loisirs tout public
TP Agent (e) d'accueil touristique BTn Hôtellerie dans les sites et structures d'accueil
Agent polyvalent du tourisme Agent d'exploitation en hôtellerie et collectif
Agent des services techniques du restauration Agent des métiers de l'animation
tourisme Niveau III : touristique
TP Agent (e) de loisirs BTS Animation et gestion touristiques Niveau IV :
TP Agent (e) d’accueil et d’information locales BP de la jeunesse, de l'éducation
Agent polyvalent du tourisme Agent BTS Hôtellerie-restauration, option A populaire et du sport spécialité
d'Accueil Polyvalent du Tourisme de mercatique et gestion hôtelière activités gymniques de la forme et
Pays BTS à référentiel commun européen de la force
"responsable de l'hébergement" Niveau III :
Niveau IV : Chargé de développement tourisme, Ludothécaire
TP Conseiller en séjours et voyages Hôtellerie loisirs
MC Accueil Réception Assistant de direction en hôtellerie TROISIEME CERCLE
Technicien d'accueil et de vente de
produits touristiques Niveau III :
TROISIEME CERCLE (SUITE)
TP Réceptionniste en hôtellerie DEUST Métiers de la culture option
Réceptionniste polyvalent en hôtellerie Tourisme culturel
Niveau II:
Réceptionniste gouvernante
LP Hôtellerie et tourisme option
spécialité tourisme et patrimoine
CQP Réceptionniste
LP Hôtellerie et tourisme option
distribution touristique
DEUXIEME CERCLE
LP Hôtellerie et tourisme option
hôtellerie
Niveau V : 340 : Spécialités
LP Hôtellerie et tourisme option accueil,
CAP Services en brasserie-café plurivalentes des services
réception, Hôtellerie-restauration
MC Employé Barman
LP Hôtellerie et tourisme option assistant à la collectivité
CAP Restaurant
aux fonctions de management du
BEP Métiers de la restauration et de
tourisme et de l'hôtellerie internationale
l'hôtellerie
LP Hôtellerie et tourisme option DEUXIEME CERCLE
TP Garçon ou serveuse de restaurant
management des activités hôtelière
Niveau IV :
LP Hôtellerie et tourisme spécialité Niveau III :
BP Barman
management des structures DEUST Guide nature multilingue
BP Restaurant
d'hébergements, de thermoludisme et de
Animateur Tourisme loisirs
loisirs
Cuisinier gestionnaire de collectivités
Licence professionnelle Hôtellerie et
TP Technicien (ne) d’accueil
tourisme spécialité management des
touristique option accompagnement,
unités de restauration
option animation
LP Hôtellerie et tourisme spécialité
Niveau III :
management des unités hôtelière
BTS Ventes et production touristiques
LP Hôtellerie et tourisme option
Conseiller en tourisme
Hôtellerie
Niveau II:
LP Hôtellerie et tourisme option
LP Hôtellerie et tourisme option
management européen de produits
restauration
touristiques
LP Hôtellerie et tourisme option
LP Hôtellerie et tourisme spécialité
hébergement et environnement
management international de l'hôtellerie
touristiques
et de la restauration
LP Hôtellerie et tourisme option accueil,
CQP Agent de restauration
réception, hôtellerie-restauration
CQP Employé qualifié de restauration
LP Hôtellerie et tourisme option
CQP Serveur en restaurant
management des entreprises de
CQP Assistant d'exploitation
l'hôtellerie et de la restauration
(spécialisations restaurant et
Responsable de structure d'accueil
hébergement)
touristique
77
311 : Transports, 313 : Finances, 324 : Secrétariat,
manutention, banque, assurances, bureautique
magasinage immobilier
TROISIEME CERCLE
Niveau II:
Licence professionnelle Intervention sociale option aide à l'insertion
professionnelle
78
ETAT DES LIEUX DE L’OFFRE DE CERTIFICATION DANS LE DOMAINE DE L’ACCUEIL
APPROCHE PAR ORGANISMES CERTIFICATEURS
Ministère de
l’Alimentation, de Ministère de la Santé Ministère de
l’Agriculture et de la Direction des affaires l’Education nationale
Pêche sociales (niveaux V à III)
Niveau III
TP Conseiller (ère) en insertion
professionnelle
79
Ministère de Organismes privés Organismes publics
l’Education nationale (CNAM, CNED)
(niveau II)
PREMIER CERCLE
DEUXIEME CERCLE DEUXIEME CERCLE
Niveau II : Niveau V :
LP Assurance banque, finance option Agent polyvalent du tourisme Niveau IV :
marché des particuliers Agent des services techniques du Secrétaire médicale et médico-
LP Assurance, banque, finance option tourisme social
chargé de clientèles particuliers Agent d'Accueil Polyvalent du
LP Assurance, banque, finance option Tourisme de Pays Niveau III :
banque assurance Chargé d'accompagnement social
LP Assurance, banque, finance option Niveau IV : et professionnel
conseiller gestionnaire de clientèle sur Technicien d'accueil et de vente de Chargé d'information, d'accueil et
le marché des particuliers services touristiques d'orientation
LP Hôtellerie et tourisme option Réceptionniste polyvalent en hôtellerie
restauration Réceptionniste gouvernante
LP Hôtellerie et tourisme option
hébergement et environnement DEUXIEME CERCLE
touristiques
LP Intervention sociale option Niveau V :
accompagnement et insertion Agent des métiers de l'animation
touristique
TROISIEME CERCLE
Niveau IV :
Niveau II : Secrétaire médicale et médico-social
Secrétaire médicale
LP Hôtellerie et tourisme option Secrétaire médicale et médico-social
hôtellerie Secrétaire médicale
LP Hôtellerie et tourisme option Secrétaire assistante médicale
Hôtellerie (11) Secrétaire bureautique multimédia
LP Hôtellerie et tourisme option Animateur Tourisme loisirs
spécialité tourisme et patrimoine Secrétaire administrative et
LP Hôtellerie et tourisme option commerciale
distribution touristique Cuisinier gestionnaire de collectivités
LP Hôtellerie et tourisme option Niveau III :
accueil, réception, Hôtellerie- Assistant juridique
restauration Chargé d'insertion et du
LP Hôtellerie et tourisme option développement local
assistant aux fonctions de Coordinateur(trice) de l'intervention
management du tourisme et de sociale et professionnelle
l'hôtellerie internationale Conseiller en tourisme
LP Hôtellerie et tourisme option Ludothécaire
management des activités hôtelière
LP Hôtellerie et tourisme option TROISIEME CERCLE
management des entreprises de
l'hôtellerie et de la restauration Niveau IV :
LP Hôtellerie et tourisme spécialité Agent d'exploitation en hôtellerie et
management des structures restauration
d'hébergements, de thermoludisme et Niveau III :
de loisirs Chargé de développement tourisme ,
LP Hôtellerie et tourisme spécialité Hôtellerie loisirs
management des unités de Assistant de direction en hôtellerie
restauration Niveau II :
LP Hôtellerie et tourisme spécialité Responsable de structure d'accueil
management des unités hôtelière touristique
LP Hôtellerie et tourisme option
management européen de produits
touristiques
LP Hôtellerie et tourisme spécialité
management international de
l'hôtellerie et de la restauration
LP Hôtellerie et tourisme option
accueil, réception, hôtellerie-
restauration
LP Intervention sociale option aide à
l'insertion professionnelle
80
Document annexe de la première partie
Emplois-métiers repérés dans le Répertoire opérationnel
des emplois et des métiers du Pôle emploi (ROME) 13 :
Intitulés d’emplois-métiers comportant le terme « accueil »
HOTE/HOTESSE D'ACCUEIL
DE VILLAGE DE VACANCES
23111 AGENT D'ACCUEIL AGENT D''ACCUEIL ORGANISME SOCIAL ANIMATEUR ANIMATRICE DE PLANNING
(ORGANISME SOCIAL) CONSEILLER CONSEILLERE SOCIAL FAMILIAL
INFORMATEUR INFORMATRICE SOCIAL ECOUTANT ECOUTANTE PERMANENCE
TELEPHONIQUE
ECRIVAIN PUBLIC
MEDIATEUR ADMINISTRATIF MEDIATRICE
ADMINISTRATIVE
AGENT D'ACCUEIL,
D'ORIENTATION ET D'AIDE
AUX VICTIMES (POLICE
NATIONALE)
13
La nomenclature actuelle du ROME a évoluée récemment et ne correspond plus exactement à celle
que nous présentons dans le cadre de cette étude.
81
ROME LIBELLE AUTRE APPELLATION APPELLATION SPECIFIQUE
12112 AGENT D'ACCUEIL AGENT D’ACCUEIL HOTE HOTESSE D''ACCUEIL
AGENT D’INFORMATION HOTE HOTESSE DE TOURISME
ATTACHE D''INFORMATION RECEPTIONNISTE
RECEPTIONNISTE-STANDARDISTE
RESPONSABLE DE STANDARD
STANDARDISTE
TELEPHONISTE
HOTE/HOTESSE D'ACCUEIL
DE VILLAGE DE VACANCES
23111 AGENT D'ACCUEIL AGENT D''ACCUEIL ORGANISME SOCIAL ANIMATEUR ANIMATRICE DE PLANNING
(ORGANISME SOCIAL) CONSEILLER CONSEILLERE SOCIAL FAMILIAL
INFORMATEUR INFORMATRICE SOCIAL ECOUTANT ECOUTANTE PERMANENCE
TELEPHONIQUE
ECRIVAIN PUBLIC
MEDIATEUR ADMINISTRATIF MEDIATRICE
ADMINISTRATIVE
AGENT D'ACCUEIL,
D'ORIENTATION ET D'AIDE
AUX VICTIMES (POLICE
NATIONALE)
82
ROME LIBELLE AUTRE APPELLATION APPELLATION SPECIFIQUE
23221 CONSEILLER/CONSEILLERE CONSEILLER CONSEILLERE DE L''EMPLOI CONSEILLER CONSEILLERE APEC,
EN PERMANENCE ANPE APECITA...
D'ACCUEIL (PAIO, ML) CONSEILLER CONSEILLERE A L''EMPLOI CONSEILLER CONSEILLERE EN CENTRE DE
ASSEDIC BILAN
CONSEILLER PRINCIPAL CONSEILLERE CONSEILLER CONSULTANT CONSEILLERE
PRINCIPALE DE L''EMPLOI ANPE CONSULTANTE EMPLOI
CONSEILLER CONSEILLERE EN INSERTION
PROFESSIONNELLE R M I
CONSEILLER CONSEILLERE EN OUT-
PLACEMENT
CONSEILLER CONSEILLERE EN
PERMANENCE D''ACCUEIL P A I O, M L
CONSEILLER CONSEILLERE EN
RECLASSEMENT DES HANDICAPES
OFFICIER-CONSEIL OFFICIERE-CONSEIL
83
12112 AGENT D'ACCUEIL
84
12212 CHARGE/CHARGEE D'ACCUEIL ET DE SERVICES (BANQUE)
- Accueillir la clientèle.
- Informer le client et proposer des services ou
des formules de placements.
- Vendre des produits financiers à partir d'une
liste type.
- Enregistrer informatiquement les opérations
demandées par le client.
- Vérifier sur écran la solvabilité des
opérations.
- Emettre les bordereaux correspondants.
- Manipuler des fonds en cas de besoin.
- Calculer le solde comptable des mouvements
d'espèces.
85
12223 AGENT D'ACCUEIL EN ASSURANCES
86
13122 EMPLOYE/EMPLOYEE D'ACCUEIL
87
23111 AGENT D'ACCUEIL (ORGANISME SOCIAL)
88
23221 CONSEILLER/CONSEILLERE EN PERMANENCE D'ACCUEIL (PAIO, ML)
89
Activités spécifiques :
* Activités exercées :
- Conseil en emploi (recrutement, conversion,
mise en relation...).
- Mise en œuvre des politiques visant
l'insertion professionnelle (aides à l'embauche,
à la conversion, mesures pour l'emploi...).
- Prospection des emplois (dans les
entreprises, collectivités...).
- Mise en œuvre des méthodologies de
recherche d'emploi.
- Bilan des acquis personnels et professionnels
(repérage des savoir-faire...).
- Aide au choix professionnel ou au
développement personnel et professionnel
(orientation).
- Evaluation des acquis professionnels (tests
professionnels, essais, évaluation des
compétences...).
- Evaluation des potentialités (tests d'aptitudes,
capacités...).
- Conseil en formation continue (itinéraires
professionnels, stages de formation, système
de rémunération, débouchés...).
- Montage d'actions de formation (analyse des
besoins, choix d'organismes, des
financements).
- Suivi des stagiaires.
* Publics concernés :
- Public à la recherche d'un emploi ou d'une
formation.
- Public d'entreprises, collectivités,
organismes.
- Autres.
* Techniques employées :
- Entretien de face à face.
- Animation de groupe.
- Entretien téléphonique.
- Autres.
* Responsabilités exercées :
- Coordination d'une équipe.
- Participation à la formation du personnel.
- Gestion d'une petite structure.
* Localisation :
- Centre de bilan.
* Type de secteur :
- Public.
- Privé.
- Associatif.
90
33221 RESPONSABLE ACCUEIL-GESTION (ASSURANCES)
Définition de l'emploi/métier :
Capacités liées à l'emploi :
Développe la politique commerciale dans son
domaine et dans son secteur géographique. * L'emploi/métier requiert d'être capable de :
Assiste le réseau dans la prospection et - Evaluer les ressources humaines pour
contrôle la production. Informe, forme et répartir efficacement le travail.
conseille la force de vente sur les produits du - Coordonner des activités multiples et variées.
groupe. Consolide les relations avec - Développer les méthodes et moyens les plus
l'extérieur. Peut aussi assurer la gestion du appropriés pour faire adhérer une équipe à des
personnel. objectifs commerciaux.
Compétences associées :
91
43411 AGENT D'ACCUEIL (AGENCE DE VOYAGES)
Formation et expérience :
Bien qu'une formation touristique et artistique Conditions de travail :
soit appréciée, l'emploi/métier est accessible - De nuit.
sans aucun diplôme particulier, sauf dans le - Travail le samedi.
cas du guide-interprète et du conférencier où - Travail le dimanche.
une formation spécifique de niveaux IV, III ou II
(bac à bac+4) dans les domaines du tourisme,
de l'art, de l'archéologie (Ecole du Louvre) est
obligatoire.
Selon les cas, l'accès à la profession de guide-
interprète et de conférencier s'effectue par
examen national ou sur agrément du ministère
du Tourisme après examen oral.
La pratique courante (lue, écrite, parlée) d'une
ou plusieurs langues est indispensable.
Les guides-interprètes doivent être en
possession d'une carte professionnelle.
Compétences associées :
- Connaître le pays ou les cultures étrangères.
92
Deuxième partie
93
94
Introduction
Dans cette partie du dossier, il est question d’apporter des éléments relatifs au
contenu des activités d’accueil représentées dans différents secteurs d’activités. Le
parti pris adopté est d'appréhender au mieux le « travail réel » exercé dans le cadre
de ces activités, dans toute sa complexité, c'est-à-dire en recherchant à la fois ce qui
lui donne sens (finalités) et ce qui fait sa diversité (multiplicité des actions et des
opérations).
Il s’agit donc ici d’examiner au plus près les activités ainsi que les pratiques en
vigueur au sein des différentes catégories d’entreprises ou d’organisations
utilisatrices de personnels remplissant les fonctions d’accueil, que celles-ci
constituent le cœur de métier des professionnels concernés ou une facette
seulement de leur activité.
Pour ce faire, nous nous appuyons sur les enquêtes menées auprès de
professionnels des métiers de l’accueil intervenant au sein d’établissements publics
et privés, se rapportant au service public, à des entreprises 14 de l’agroalimentaire, du
transport et d’une banque.
Plus particulièrement, dans cette partie, nous étudions les situations concrètes de
travail, par le biais d’entretiens individuels, afin de décrire le contenu des activités
de travail des titulaires d’emplois telles qu’ils les exercent dans le champ de l’accueil,
et afin de repérer des emplois-types faisant sens.
La démarche d’analyse des activités d’accueil à laquelle nous avons eu recours est
la méthode ETED 15 (Emploi-type étudié en dynamique) développée par le Céreq.
Cette approche, fondée sur l'analyse du travail, a été ici enrichie par la réalisation
d’observations en situation dès lors que cela était possible, ce qui a permis de
repérer des situations d’interactions mettant notamment en évidence les
compétences communicationnelles mises en œuvre par les professionnels pour y
faire face.
14
Le domaine de l’évènementiel a également été investigué, mais pour des raisons d’accès au terrain,
n’ayant pu rencontrer plus d’un titulaire d’emploi, nous avons donc décidé de retirer les résultats
propres à l’agence enquêtée.
15
Cf. Annexe n°1.
95
96
Chapitre 1 - Présentation de la démarche méthodologique : une
approche directe des activités de travail
Dans un premier temps, des entretiens de cadrage ont été réalisés auprès des
responsables hiérarchiques des établissements qui ont bien voulu participer à
l’étude : les encadrants étaient invités à présenter finement leur service et leur
équipe. Ces entretiens visaient à situer les emplois d’accueil dans le processus de
production de services de l’institution concernée : organisation du travail d’accueil,
descriptifs de poste ou référentiels d’emploi, compétences jugées nécessaires pour
exercer ces métiers, profils recherchés pour le recrutement, etc.
Des observations de terrain ont également été organisées chaque fois que cela a été
possible, en concertation avec les entreprises étudiées, ce qui a permis de conforter
et de prolonger les « dires » des personnes interrogées au regard de leurs activités
de travail effectives et situées. Il s’agissait donc d’observer le titulaire d’emploi en
situation d’exercice afin de relever les éléments susceptibles de nous éclairer, en
référence aux descriptions faites lors de l’entretien.
97
Ces observations ont été organisées directement à la suite de l’entretien avec le
titulaire d’emploi. Elles ont même été, selon les cas, complétées d’une séance de
« débriefing » en sa compagnie (retours en particulier sur les moments clés de
l’activité de travail et des compétences requises à l’exercice de l’ « emploi-métier »).
Une fois recueillies, les données issues des entretiens, et dans certains cas des
observations de terrain, ont été analysées et traitées notamment sous la forme de
« tableaux de démarches » (cf. glossaire ci-après) : pour chaque séquence d’activité
identifiée, les démarches spécifiques décrivent comment les personnes relevant de
l’ « emploi-type » (ou « emploi-métier ») abordent les situations qui se présentent à
elles. C’est une rubrique analytique qui recense, séquence par séquence, toutes les
données prises en compte par les personnes pour poser le problème à résoudre, les
actions clés qu’elles réalisent, et leurs finalités, c’est-à-dire ce qu’elles veulent
obtenir. C’est en quelque sorte la mise à plat du problème à résoudre. Des éléments
également centraux dans la description des contenus d’activités, tels que les
relations professionnelles, les exigences demandées au titulaire d’emploi dans son
exercice, les évolutions et projets à venir, sont aussi analysés et pris en compte dans
le traitement des informations recueillies.
Notons que les données prises en compte relèvent de registres hétérogènes. Avec
les finalités, elles donnent un aperçu de la complexité de la situation abordée.
L’analyse des démarches permet de repérer des ensembles de séquences
productives qui convergent vers une même finalité, que nous appelons « finalité
globale ». Un ensemble de séquences productives, orienté vers une finalité globale
présente donc une cohérence du point de vue de la personne au travail.
98
Glossaire ETED (Liaroutzos, Sulzer, 2006)
La chaîne d’activités
La chaîne d’activités est un schéma qui décline, au niveau des individus, les séquences du
processus sur lesquelles interviennent les personnes occupant l’emploi analysé. Ce schéma
reconstitue l’enchaînement de leur activité productive et traduit le cheminement qu'elles
suivent pour parvenir au résultat qu'elles visent. La chaîne d’activités représente ainsi une
sorte de « zoom » sur la ou les parties du processus correspondant à la contribution
spécifique de l’emploi considéré. Chaque séquence de la chaîne est ensuite examinée sous
l’angle des démarches spécifiques.
16
Voir en particulier :
- le Cahier ETED 2, Analyse des emplois et des compétences : la mobilisation des acteurs dans
l’approche ETED, Céreq, Série documents n° 135, Mai 1998 ;
- le Cahier ETED 3, Evolution des métiers de la formation professionnelle et de leurs pratiques,
approche par l’analyse des emplois, Céreq, Série Documents, N° 149, Octobre 2000.
17
Le nouveau ROME a été élaboré sans lien avec la méthode ETED.
99
Finalités, Finalité globale
La finalité est considérée du point de vue de celui qui tient l’emploi, elle l’oriente dans ses
démarches, dans ses choix de solutions. La finalité globale, en particulier, est le sens
productif qu’il donne à son travail. Elle correspond aux objectifs de l’emploi indiqués par
l’organisation tout en étant plus riche car intégrant plus de dimensions. On peut aussi
considérer que la finalité globale désigne la raison d’être de l’emploi ou encore son out put :
ce qui est injecté dans le système productif. Cette notion de finalité globale nous permet
d’associer sens (sens productif) et complexité du travail. C’est un critère fort pour identifier et
distinguer les emplois-types ETED ou emplois-métiers.
Rôle socio-productif
Le rôle socio-productif indique :
- la part d’intervention des titulaires de l’emploi (TE dans la suite du texte) sur un ou
plusieurs processus de production de leur institution ou entreprise (les emplois spécifiques
d’un secteur interviennent en général sur le processus principal de production) ;
- leur positionnement d’interface vis-à-vis des autres intervenants internes ou externes ;
- la finalité globale de l’emploi (déduite de l’analyse des démarches spécifiques) ;
- le rôle socio-productif avec les démarches spécifiques permettent de caractériser et de
distinguer un emploi-type ETED (ou emploi-métier ou emploi générique).
Tendances d’évolution
Dans les dossiers résultats ETED, la rubrique « Tendances d’évolution » signale les
mouvements ou les changements socio-économiques, techniques et organisationnels, en
cours ou amorcés, présentant des impacts perceptibles ou possibles sur les emplois et les
compétences. Ces impacts ne sont pas prédéfinis mais « à suivre » (instaurer une veille).
Les tendances d’évolution sont repérées à partir des liens qu’il est possible d’établir entre les
variantes d’un emploi-type et les données sur le contexte, liens qui souvent confirment des
observations effectuées par l’analyste dans différentes études (sa propre veille et
capitalisation). L’analyste pointe alors les facteurs de changement et les aspects du travail
qu’il importe de suivre.
Variabilité
Dans l’approche ETED, la variabilité des formes concrètes prises par un même emploi type -
identifié par ailleurs par la spécificité de son rôle socio productif - est reconnue, acceptée
comme une caractéristique intrinsèque de l’objet étudié. La variabilité de l’emploi type
ETED : lorsque les variantes présentées par les situations de travail sont liées au contexte
local (choix local d’organisation, de management, composition du collectif de travail,
caractéristiques de la clientèle, des usagers...).
100
1.4 L’échantillonnage
18
Cf. Annexe n°1 de cette partie.
101
102
Chapitre 2 - L’emploi-type d’agent d’accueil central et/ou téléphonique :
une interface usagers/structures à construire en permanence
De plus en plus sensibles à leur image, les entreprises et services publics accordent
beaucoup d’importance à leur accueil central, premier point de contact avec leurs
visiteurs (clients ou usagers) et cherchent à normer, si ce n’est professionnaliser,
cette prestation. Cette démarche les conduit souvent à confier cette activité à des
prestataires spécialisés qui s’engagent à la fois sur le nombre et la qualité des
hôtes(ses) mis(es) à disposition et libèrent le client de la gestion de ce personnel au
quotidien (horaires atypiques, remplacements au pied levé, etc..). Cette stratégie
d’externalisation est cependant difficilement compatible avec le maintien d’une
conception large de la fonction d’accueil, incluant une activité d’information et
d’orientation du public, qui suppose une bonne connaissance de l’institution, de ses
missions et de son organisation interne. Les agents des standards téléphoniques
autonomes ne semblent pas touchés par l’externalisation de leur activité, sans doute
parce que cette connaissance intime de leur institution est indispensable à la qualité
du service rendu à la population qui appelle.
Finalité globale :
103
maximum les temps d’attentes, tout en respectant les procédures de sécurité en
vigueur (filtrage, élaboration de badges, etc.) et en orientant de manière précise et
exacte ces visiteurs et/ou appelants vers le service/personnes compétentes pour
traiter leurs affaires/dossiers.
Principales attributions :
L’agent d’accueil a pour mission de recevoir le public et/ou les clients dès leur
arrivée, qu’ils soient seuls ou en groupe. Il leur demande de s’identifier (l’objet de
leur visite, leur nom, celui de l’établissement d’appartenance) pour être annoncés
et/ou pour se voir attribuer un badge d’accès aux locaux. L’agent d’accueil peut
annoncer leur venue auprès du service ou de la personne concernée ou leur indiquer
le chemin à suivre pour se rendre sur les lieux (voire même les accompagner si
nécessaire).
Dans le cas du standard autonome, l’opérateur a pour mission de mettre en relation
téléphonique le public avec les bonnes personnes au sein de l’organisation.
Que l’accueil soit internalisé ou externalisé, l’agent d’accueil central peut aussi être
chargé de remettre de la documentation sur les missions de l’établissement ou de
l'entreprise et sur ses produits. Selon les cas, l’agent peut réaliser des tâches telles
que la saisie informatique d’information, la mise sous pli de documents, etc.
Il doit savoir faire preuve de discrétion et de tact pour filtrer des visiteurs indésirables
et rester calme face à un public impatient ou mécontent. La connaissance des
langues étrangères ne semble pas être primordiale dans les cas étudiés ici.
Position d’interface :
L’agent d’accueil est en relation avec un public très varié, qu’il s’agisse de simples
usagers/clients, de toutes origines sociales et culturelles, ou de personnalités, du
monde de l’entreprise ou des institutions politiques ou administratives, etc.
104
avec chacun de manière à obtenir leur coopération lorsqu’il a besoin d’aide ou
d’information pour renseigner un visiteur. Il peut être appelé à mobiliser également
quelques prestataires externes pour rendre service à un visiteur ou un salarié (taxi,
coursier, hôtel etc.).
Lorsqu’il réalise certaines activités annexes, il est amené à coopérer avec divers
services plus ou moins proches dans l’organigramme (service logistique, courrier,
communication, protocole etc.).
2.3 Variabilité
La fonction d’accueil peut varier de manière importante dans son contenu comme
dans ses conditions d’emploi selon qu’il s’agit d’un petit accueil ayant également une
fonction de standard (une ou deux personnes maximum), ou d’un accueil plus
important n’assurant pas l’accueil téléphonique et fonctionnant en brigades. Lorsqu’il
s’agit d’une fonction d’accueil téléphonique exclusive (standard centralisé), le
contenu du métier est encore différent, même si les missions et les savoir-faire sont
proches. L’étendue de la plage de l’emploi dépend également des objectifs assignés
par l’entreprise aux agents d’accueil et au choix d’internalisation ou d’externalisation
qu’elle fait.
Selon les missions qui lui sont attribuées, l’agent d'accueil central peut-être présent à
l’occasion de manifestations organisées par son institution (réunions, foires,
séminaires, congrès, stand de l’entreprise, etc.), pour accueillir le public, tenir le
vestiaire, gérer les flux au sein de l’espace dédié à la manifestation, faciliter la prise
de parole des invités en gérant les micro-baladeurs, etc.
Dans tous les cas de figure, les activités d‘accueil sont exercées massivement par
des femmes, à l’exception de certaines collectivités territoriales où les services
accueil comptent également quelques postes d’huissiers, tenus principalement par
des hommes.
D’autres facteurs, relatifs au parcours des agents positionnés sur les fonctions
d’accueil, peuvent également contribuer à élargir leur champ d’intervention ou au
contraire le réduire : parmi ceux-là, la nature et le niveau de leur capital scolaire, leur
parcours professionnel antérieur, mais aussi leur niveau d’implication dans la vie de
leur institution, leur propre conception de la mission qui leur est confiée, etc. Cette
« élasticité » de l’emploi, en fonction des profils des agents qui l’occupe, n’est pas
105
spécifique à ce métier : la réinterprétation que font les agents de leur mission évolue
au fil des ans, en cohérence plus ou moins importante avec les évolutions que
souhaitent impulser certains managers.
Dans de nombreux cas, les halls d’entrée où sont implantés les services d’accueil
sont difficiles à chauffer et les courants d’air peuvent les rendre glacials en hiver.
Lorsque l’activité de standard est autonomisée, l’environnement physique des agents
est souvent meilleur, mais en revanche la pénibilité peut augmenter du fait d’une plus
grande agressivité des personnes au téléphone.
Les agents d’accueil cohabitent de plus en plus souvent avec des agents de sécurité,
toujours des hommes, relevant généralement de sociétés prestataires de services.
En cas d’externalisation des deux types de prestation, les agents des deux sociétés
n’ont aucune relation hiérarchique entre eux, mais des tensions peuvent exister, sur
le terrain, quant à la définition des limites respectives des attributions des uns et des
autres, alors même que tout est supposé avoir été bien précisé dans les cahiers des
charges.
Dans beaucoup d’organismes, les agents ont à gérer des pics saisonniers d’activité,
qui varient en fonction des missions de l’organisme. Lorsque l’activité est assurée en
interne, il en résulte parfois un allongement du temps de réponse car les effectifs
sont rarement modulables. En cas de prestation externe, les pics prévisibles peuvent
donner lieu à un renforcement ponctuel des brigades mises à disposition.
Dans les établissements visités, les agents ont rarement été recrutés sur la base de
diplômes spécialisés dans l’accueil (une seule exception rencontrée). La plupart du
temps, il s’agit de personnes disposant d’un niveau bac (ou plus, dans le cas
notamment de diplômés de l’enseignement supérieur cherchant à mettre un pied
dans la fonction publique territoriale), mais certains agents en poste n’avaient aucun
niveau de qualification au moment de leur embauche. Lorsqu’ils sont diplômés de la
voie professionnelle, les formations le plus souvent suivies relèvent des secteurs du
106
tourisme, de la bureautique, du commerce et de l'hôtellerie/restauration (du
CAP/BEP au baccalauréat et plus).
Les expériences et profils des agents sont divers et variés dans le cas d’un accueil
interne. Ils sont le plus souvent issus d’un service administratif (collectivités) ou d’un
service de production (entreprise) suite à un remaniement de service (mobilité
contrainte) ou à une demande de mobilité. Dans la fonction publique territoriale,
certains accèdent aux postes d’accueil à l’issue de contrats aidés (Emploi-jeune ou
Contrat emploi solidarité -CES- par exemple).
Du côté des prestataires, les recrutements se font essentiellement parmi les sortants
du système scolaire, au niveau bac (toutes spécialités confondues) avec une
importance plus grande accordée à la maitrise orale de l’anglais et à la présentation.
Les recrutements se font en CDD pour effectuer des remplacements, avec une
stabilisation dans l’emploi à moyen terme.
Renseigner/informer Recevoir/filtrer le
le public et/ou public et/ou les
Assurer la gestion de son
les salariés appels téléphoniques
poste de travail
entrants
107
2.7 Tableau des relations
Personnels de sécurité Coopère pour appliquer les consignes de sécurité (ouverture des sas,
contrôle des sacs, etc.)
Demande une intervention en cas d’incident avec un visiteur
108
2.8 Tableau des démarches génériques : accueil central et/ou téléphonique
NB : Les spécificités relatives aux standards autonomes sont indiquées en italique
De l’importance de la qualité de son accueil pour l’image de son Saluant verbalement les visiteurs/interlocuteurs qui se présentent à Assurer la plus
établissement l’accueil et qui appellent grande fluidité
Des règles de civilité Déclinant une formule d’accueil lors de la prise d’appel, en adoptant un ton
possible dans
agréable et à l’écoute, avec une attention particulière pour ceux qui ont
l’accès à
attendu longtemps l’organisme, tout
en respectant les
De la nécessité de s’assurer que les personnes ont une bonne Se manifestant auprès de ceux qui ne se présentent pas spontanément à consignes de
raison de pénétrer dans les locaux (même en l’absence de l’accueil sécurité
procédures strictes de filtrage)
Le cas échéant, de sa double mission simultanée à l’accueil et au Décrochant le téléphone pour prendre un appel entrant, même s’il faut faire
19
standard [1] patienter l’interlocuteur pour terminer une interaction avec un visiteur
De l’effet négatif auprès du public d’un nombre de sonnerie trop Ecourtant une communication qui se prolonge pour éviter de perdre des
important avant d’obtenir la communication appels en attente
De la possibilité qu’elle a ou non de mettre en attente son Manifestant au visiteur que son arrivée a été remarquée, même s’il ne peut
interlocuteur et éviter le désagrément d’une rupture brutale s’occuper immédiatement de lui parce qu’il est occupé avec un
d’interaction interlocuteur, en ligne
De l’heure des RDV ou des réunions, des prévisions du nombre Adaptant le temps consacré à l’accueil de chaque personne à l’affluence du
de visiteurs attendus pour les réunions et les rendez-vous du jour, moment
Des campagnes saisonnières de communication, des dates
limites de dépôt de dossiers etc.
Du mécontentement perceptible dans la file lorsque l’attente se Restant polie en toute circonstance
prolonge du fait d’un afflux de personnes Adoptant une attitude compréhensive mais ferme pour gérer la file d’attente
Du risque de voir la situation devenir incontrôlable [2] Interpellant son responsable ou le PC sécurité pour prendre le relai en cas
de situation conflictuelle
Des appelants qui se montrent d’emblée agressifs [3] [4] En utilisant une formule adaptée et un ton neutre pour mettre fin à la
19
Les chiffres entre crochets renvoient aux illustrations de situations de travail décrites au point 2.9.
109
L’agent tient compte de… En… Pour…
conversation téléphonique en cas de dérapage verbal de l’interlocuteur ou
en transférant l’appel à son responsable
Des documents que les visiteurs peuvent présenter (invitation, Demandant aux visiteurs/interlocuteurs le motif de leur présence/appel,
convocation, mails de RDV, cartes de visite etc.) après les salutations d’usage et le nom de leur contact
De la connaissance qu’il a des différents services et des Vérifiant par téléphone la disponibilité de l’interlocuteur recherché
procédures établies Recherchant au besoin le nom de la personne à partir de sa fonction (RDV
avec chef du bureau de...) pour la prévenir
Des listes d’invités à des réunions ou du carnet de RDV Pointant sur un listing préétabli l’arrivée des participants à une réunion
De l’heure des réunions et de la longueur de la file d’attente Simplifiant la procédure si nécessaire
Des procédures en vigueur, des spécificités pour certains services Mettant en œuvre la procédure de filtrage prévue :
(les personnalités, leurs cabinets, certains services sensibles etc.) - échange de pièce d’identité contre badge, classement et
De la connaissance qu’il a des exceptions à la procédure dont restitution de celle-ci à la sortie du visiteur
peuvent bénéficier des personnalités supposées connues - et/ou attente d’une personne chargée de le conduire à son RDV
Des procédures et appareils mis en œuvre par le service de Indiquant lorsqu’elle existe la procédure de vérification du contenu des
sécurité ; de la répartition des rôles qui a été établie sacs et bagages réalisée par le service de sécurité
110
2) Orienter, guider, diriger et/ou accompagner le public
Des hésitations de certains visiteurs, de leur manque d’habitude, Adoptant une posture d’ouverture et d’écoute Eviter aux
de leur réserve ou défiance Analysant la demande du visiteur/interlocuteur, en procédant à des visiteurs/
De l’imprécision fréquente des demandes et des propos des reformulations, pour l’orienter vers le bon service (la bonne personne) interlocuteurs de
visiteurs, de leurs difficultés d’expression S’exprimant très clairement pour être compris par son interlocuteur perdre du temps
De la voix de son interlocuteur, de son mode d’expression, de son Connectant l’appelant avec le service qu’il demande ou avec celui qui en étant
intonation, de ses difficultés éventuelles pour s’exprimer [5] paraît le plus adapté à sa situation, ou encore le plus en mesure a priori de renvoyés d’un
le réorienter lui-même service à un
Reprenant les appels qui reviennent, en expliquant calmement à l’usager autre ou en
que le service demandé est occupé ou indisponible, errant dans les
Indiquant aux appelants les adresses mail des personnes visées ou en leur couloirs
donnant les lignes directes des secrétariats des services
De la connaissance que l’agent a des activités de l’organisme Utilisant son réseau interne pour identifier le bon interlocuteur
De l’organigramme de l’organisme [6] [7]
De sa connaissance des types de réunion qui peuvent s’y Faisant des recherches pour retrouver la salle/lieu où se tient la
dérouler réunion/manifestation en cas de manque de précision du visiteur
Des informations collectées précédemment auprès des autres
participants sur l’objet de la réunion
De la complexité du site, des différents modes de desserte Donnant des indications au visiteur sur la localisation de son RDV ou de la
(escalier, cour, ascenseurs) salle de réunion (étage, n° de salle, bâtiment), et celle des ascenseurs
pour y accéder
De l’habitude qu’a (ou pas) le visiteur de fréquenter ces locaux Montrant le chemin, à l’aide éventuellement d’un schéma/plan des
locaux/bâtiment pré-imprimé
111
3) Renseigner/Informer le public
Des connaissances qu’il a sur les services de l’établissement, Fournissant des indications précises et adaptées sur les activités et Satisfaire le
leurs missions missions de l’organisme (entreprise/administration) visiteur/
De tous les outils d’information/communication dont il dispose, interlocuteur
notamment les sites d’information et les annuaires ou Donnant de la documentation complémentaire à ses explications à un quant à sa
organigrammes en ligne visiteur demande
d’information, et
Recherchant par toutes les voies possibles quel service peut prendre en donner ainsi une
charge le problème posé par le visiteur/interlocuteur image positive de
l’établissement et
Du réseau de collègues dont il dispose au sein et en dehors de Fournissant le mode d’accès à ce service (par tél, mail, courrier) et les de son
l’établissement d’appartenance (partenaires) [8] coordonnées d’un correspondant en cas d’absence de celui-ci fonctionnement
112
4) Prendre en charge des activités relevant des services de communication/relation publique
Du besoin de sa hiérarchie en matière d’accueil et/ou d’animation Participant à des manifestations de type commercial ou institutionnel,
d’une manifestation selon les cas (accueil/pointage/orientation du public /micro baladeur …) sur différents
lieux (internes/externes)
113
5) Assurer la gestion de son poste de travail, mettre à jour et améliorer les outils et procédures
De l’aménagement de l’espace d’accueil /du standard Organisant son espace de travail de la manière la plus ergonomique et Faciliter le travail
Des équipements de son poste de travail (standard, casque avec confortable possible de l’équipe,
micro, ordinateur, imprimante, etc.) Gérant un standard téléphonique réduire les pertes
Des documents à manipuler (cahier de RDV, listings de réunion, de temps et
cahier de transmission de consigne etc.) améliorer le
service rendu
Des évolutions permanentes des organigrammes, en lien avec les Actualisant ses connaissances sur l’organisation, son fonctionnement, ses
mobilités et/ou les réorganisations missions et en mettant à jour les outils de travail (annuaires papiers ou
Du manque d’informations à jour sur les services, l’organisation et bases de données, organigrammes, sites Web les plus utiles), en allant à
le fonctionnement de l’établissement la « pêche aux informations »
Des questions auxquelles il n’a pas pu répondre
De l’expérience des difficultés rencontrées lors de pannes Créant des outils papiers destinés à prendre le relai de l’informatique en
cas de panne
Des informations les plus demandées par le public (visiteurs ou Veillant à alimenter le stock de brochures et autres documents à diffuser
appelants)
Des informations provenant des personnels des différents
services
Des indicateurs d’activité attendus de la hiérarchie (nombre de Rendant compte de son activité et en suggérant des améliorations des
personnes reçues, réclamation enregistrées, tableaux de bord, procédures
rapports d’incidents, dysfonctionnements constatés…) ou utiles
pour l’équipe
De la nécessité d’échanger/mutualiser des informations avec les Tenant de manière collective un cahier de consignes
collègues des autres brigades
Des disponibilités et préférences de chacun Se concertant au sein de l’équipe pour assurer la continuité du service
(planning de travail, congés…)
114
6) Prendre en charge des activités relevant des services généraux
De sa connaissance des différents services de l’entreprise, des Participant à la gestion du courrier entrant et sortant (affranchissement, Pour contribuer à
différentes personnes, de leur affectation pointage des services expéditeurs, remise au service interne ou à la poste, la performance
Des contraintes liées aux horaires de passage du facteur réception du courrier entrant, apposition de tampon dateur, ouverture et tri des services
Des procédures mises en place par service, et répartition dans des casiers, etc.) généraux en
Réceptionnant les fax et les répartissant par destinataire utilisant les
connaissances
détenues par
Des besoins des salariés avec lesquels il est amené à collaborer Participant à la gestion de la flotte de véhicules de services l’accueil
Des procédures de gestion de la flotte
Des procédures et outils en vigueur pour les réservations Réalisant les réservations des salles (réunions, manifestations, séminaires,
De sa connaissance de la capacité et de l’équipement des etc.)
différentes salles
Des procédures en vigueur en matière de mission Réalisant la réservation (ou la remise) de billets de trains/avions des
salariés qui ont des missions à l’extérieur
115
2.9 Quelques illustrations de situations de travail
Il n’est pas rare que l’agent d’accueil soit confronté à des personnes qui s’énervent,
notamment lorsqu’on ne leur permet pas d’accéder à certains services, dans la
mesure où ils n’ont pas rendez-vous. Dans ces situations, il tente alors de canaliser
la personne, c’est-à-dire de la ramener au calme, à la raison. Cette gestion de la
situation est du reste au cœur de sa professionnalité. Tout s’effectue par la parole.
Le ton est énergique : « vous vous calmez s’il vous plaît ! ». Mais l’agent d’accueil
s’efforce de garder toujours le sourire. Etre ferme tout en restant courtois, voilà l’art
dont il fait preuve dans ce genre de situation. Bien sûr, si sa fermeté et son sourire
ne suffisent guère à calmer l’interlocuteur, il dispose toujours des agents de sécurité
pour venir à son aide. Il appuie alors sur le bouton qui permet d’alerter le PC
sécurité : ce recours aux agents de sécurité s’avère heureusement assez rare.
Au standard, il y a surtout les retours à gérer, les appels qui n’ont pas abouti aux
services, en raison de leur indisponibilité. Dans ces moments-là, certains
interlocuteurs risquent de se montrer agressifs. Ils insistent et ne veulent plus être
mis en attente. Surtout lorsqu’ils ne parviennent pas à joindre les services qu’ils
demandent depuis des semaines. L’agent au standard qui récupère l’appel demande
alors à la personne de rester encore en attente ou de rappeler plus tard. En cas de
refus de ce dernier, il essaie alors de transférer à nouveau l’appel au service, auprès
116
d’un autre numéro de poste, ou d’appeler un autre service connexe. Si le succès
n’est toujours pas au rendez-vous, il donne fréquemment des adresses mails de
personnes travaillant au sein du service convoité ou la ligne directe de son
secrétariat. Le tout pour apaiser autant que possible l’appelant, au bord de la crise
de nerf. Il s’agit en tout cas de rester calme, de prendre autant que possible sur soi.
Si cela est trop difficile, l’agent peut passer l’appel à l’une de ses collègues ou à sa
responsable, pour tenter une bonne fois pour toutes de désamorcer la situation. Il
parvient de toute façon à décompresser en estimant n’être pour rien dans ces appels
infructueux et « ne pas à avoir à subir les foudres » des appelants.
Il n’est pas toujours facile de comprendre la demande des personnes qui appellent
l’institution, et par là même de les renseigner ou de les orienter vers les services qui
les concernent. La demande n’est pas toujours très claire ou peut être mal exprimée.
Dans ces cas-là, il faut aider la personne à mieux la préciser, en la questionnant, en
reformulant ses dires. Il faut aussi savoir trier parmi les informations transmises par
la personne au téléphone, les réordonner. Ensuite, le/la standardiste tente de passer
à l’interlocuteur le service qui semble le mieux correspondre à sa demande, en
prenant soin de lui dire : « si cela ne correspond pas, vous allez revenir au standard,
et on essaiera un autre service ou une autre direction ». Le/la standardiste cherche
aussi à appeler souvent lui/elle-même le service en question pour voir si c’est bien
celui qui est concerné par la demande de l’appelant. Bien sûr, cette façon de
procéder contraste avec l’exigence de rapidité assignée aux agents d’accueil. Quand
une personne ne sait pas précisément formuler d’emblée sa demande, il faut savoir
prendre un peu de temps avec elle pour l’aider en ce sens et « ne pas bâcler le
travail d’orientation et de mise en relation avec les services ».
[5] Aller jusqu'à accompagner l’usager désespéré et dépasser ainsi le cadre de ses
missions (l’accueil central)
Une employée d’un ministère, handicapée, en fauteuil roulant et avec des problèmes
d’élocution se présente à l’accueil pour que son administration lui retrouve son
numéro de fonctionnaire, dont elle a un besoin impératif pour des démarches
administratives. L’agent d’accueil prend alors la mesure de la situation de détresse
de son interlocutrice. Retrouvant l’établissement dont l’employée dépend en se
basant sur sa feuille de paye, il entre en contact avec une collègue au sein de celui-
ci et lui explique la situation. Il convainc son interlocutrice de rechercher l’information
117
et de la lui transmettre par fax. Armé de cet engagement, l’agent fait patienter la
visiteuse et une heure après, à la réception du fax, il est en mesure de transmettre
son numéro à l’agent, qui peut poursuivre les démarches qu’elle devait entreprendre.
118
2.10 Quelques savoir-faire fondamentaux de l’emploi-type d’agent d’accueil central et/ou téléphonique
NB : Les savoir-faire spécifiques aux standards autonomes sont indiqués en italique
- Ecouter activement les interlocuteurs, reformuler leurs questions - Lorsque les questions posées/situations présentées sont confuses
- Respecter le besoin de confidentialité de certaines démarches réalisées - Lorsque le visiteur manifeste des signes de gêne ou de stress
- Se concerter avec les collègues des services concernés, faire appel à - Avant la prise en charge de toute nouvelle activité, ou à l’occasion de
leur expérience changements de l’organisation ou des procédures
119
Savoir-faire Circonstances d’application
Technicité
Recevoir/filtrer/orienter/guider
- Apprendre à maitriser rapidement toutes les fonctionnalités d’un standard - Chaque fois que des technologies nouvelles apparaissent
- Utiliser les outils disponibles (cahier de RDV, liste des réunions…) et mettre - Lorsque le visiteur/usager ne connait pas le (ne se souvient pas du) nom de
en relation plusieurs informations pour identifier le lieu de réunion la personne qu’il vient voir
-Lorsque le visiteur n’a pas d’indications précises sur le lieu de réunion, de
RDV.
- Anticiper l’accueil des visiteurs (préparation de dossiers à remettre, lecture - Dès la prise de poste, avant la réception du public
des listings de réunion et agendas du jour…)
- Appliquer les consignes de sécurité sans froisser le public - Lorsque les visiteurs manifestent des réserves ou des interrogations sur les
contrôles opérés
- Appliquer les consignes de filtrage téléphonique, à bon escient, sans - Lorsque les personnes insistent pour avoir en direct une personne filtrée
froisser ses interlocuteurs
- Identifier les risques d’apparition d’un conflit avec un visiteur ou un groupe - Lors des périodes d’affluence ou en cas de contexte social troublé
de visiteurs
Renseigner/Informer le public
- Analyser la demande de son interlocuteur : décoder et reformuler ses - Lorsque la demande/les attentes sont confuses ou imprécises
propos, en mobilisant sa connaissance des activités/missions de l’organisme
- Réaliser des recherches d’information sur Internet - Lorsque l’information attendue n’est pas connue et que l’affluence le permet
- Mobiliser son réseau de relations, internes ou externes, pour aider à trouver - Lorsque la question posée dépasse les compétences de l’agent
une réponse adéquate
120
Savoir-faire Circonstances d’application
Assurer la gestion de son poste
- Utiliser correctement les outils bureautiques (traitement de texte, tableurs, - Lors des activités de reporting (rédaction des CR d’activité, suivi des
bases de données) indicateurs etc.) ou de mise à jour des outils documentaires
- Estimer correctement le temps que prendra la réalisation de la tâche - Chaque fois qu’une nouvelle tâche est proposée
confiée/ temps pouvant être consacré aux activités périphériques à l’accueil
Organisation-gestion
Recevoir/filtrer/orienter/guider ; Renseigner/Informer le public
- Améliorer et/ou concevoir des outils/procédures permettant d’assurer une - Lorsque le constat est fait de défaillances dans la qualité de la prise en
meilleure fluidité à l’accueil et une qualité de service supérieure charge du public
- Se mettre à jour régulièrement sur les changements d’organisation, - En utilisant toutes les occasions et tous les supports fournis par
d’organigramme, sur les missions de son organisme et mettre à jour ses l’organisation (réunions, journaux d’entreprise, etc.) ou à l’occasion
documents de travail d’échanges informels avec les collègues
- Interpeller au bon moment, et à bon escient la hiérarchie pour éviter qu’une - Face à une situation très conflictuelle avec un visiteur/usager
situation dégénère
- Faire preuve de méthode et de continuité dans la prise d’information -Tout au long de la journée, quelque soit l’affluence
permettant d’alimenter les indicateurs d’activité
121
122
Chapitre 3 - L’emploi-type d’agent d’escale : une double dimension
commerciale et logistique à l’œuvre, et une sensibilité sécuritaire
Finalité globale
Principales attributions
123
charge des voyageurs (distribution de boissons ou plateaux repas, poursuite en bus
ou en taxi, hébergement en hôtel, etc.).
Position d’interface
3.3 Variabilité
Les agents d’escale exercent leur activité au sein d’espaces qui sont en partie à ciel
ouvert (notamment gares SNCF et gares maritimes), soit au sein de mini-espaces
fermés (bulle accueil, guichets intégrés à des salles d’attente), soit sur les espaces
de circulation, intérieurs ou extérieurs. Leurs conditions de travail pâtissent du bruit
ambiant, très élevé, et des variations de température selon les saisons. Ils peuvent
124
être confrontés aux intempéries sur les espaces ouverts. Ils travaillent dans un
brouhaha permanent, entrecoupé d’annonces audio qui peuvent couvrir les voix de
leurs interlocuteurs. En gare maritime, ils subissent la pollution générée par le flot de
véhicules qui embarquent et peuvent être victimes d’accidents de la circulation.
Si l’activité connaît des pics réguliers d’activité, liés aux heures/jours d’arrivée ou de
départ de certaines lignes/destinations très utilisées, elle est aussi sujette à des pics
aléatoires, liés aux incidents du trafic. Ils ne peuvent jamais prévoir à l’avance si la
journée sera calme ou non, toutes sortes d’aléas pouvant perturber le trafic (pas
seulement des aléas climatiques).
Ils travaillent toujours en tenue, de manière à pouvoir être repérés facilement par les
voyageurs qui ont besoin d’information. Ils sont quotidiennement confrontés à des
voyageurs en colère, énervés, revendicatifs, qui subissent les aléas du trafic et leur
en tiennent grief : ils sont soupçonnés d’être incompétents chaque fois qu’ils ne
disposent pas des éléments leur permettant d’apporter une réponse précise à une
question portant sur l’état du trafic, alors même qu’ils sont dépendants de processus
de décision internes complexes, sur lesquels ils n’ont aucune prise.
Les agents peuvent évoluer vers des fonctions d’encadrement de premier niveau
(animateur d’équipe, coordonnateur) et poursuivre leur carrière au delà, vers des
fonctions d’encadrement plus larges (chefs d’escale par exemple) au sein de
l’entreprise pour certains.
Participer
à l’encadrement
des agents saisonniers
125
3.7 Tableau des relations
126
Relations spécifiques aux contextes
Gare ferroviaire
Agents de manœuvre Echange des informations sur les conditions de départ
Les conducteurs Quand il fait de l’embarquement, s’assure qu’ils sont en place,
signale la fin de l’embarquement pour permettre le départ
Les contrôleurs (à bord) En l’absence de superviseur, cherche des informations sur les
perturbations signalées
Les agents du Centre de Signale des comportements /des individus suspects lors de
Régulation trafic l’embarquement
La SUGE –police ferroviaire
Aéroport
Assistants des compagnies Reçoit l’information sur les vols, les assiste sur les banques
aériennes d’enregistrement en cas de panne de tapis, de BLS
Voyageurs appelant par téléphone Renseigne sur les prestations commerciales
Renseigne sur les conditions de trafic et les horaires
Renseigne sur l’ensemble des opérateurs du site (compagnie,
commerce, etc.)
127
3.8 Tableau des démarches génériques : agent d’escale (gare maritime, gare ferroviaire et aéroport)
Gare maritime
Passagers avec véhicules
Des informations transmises/affichées par le Donnant des informations relatives à l’embarquement Réaliser l’aiguillage ou le
bureau opérationnel (planning : destinations, Indiquant leur trajet aux conducteurs ou passagers des véhicules dans le circuit stockage des véhicules
horaires ; situation du trafic maritime), par les d’embarquement dans les files du circuit
autres agents ou coordinateurs placés sur le Ecoutant et rassurant les voyageurs stressés d’embarquement
circuit Gardant une distance (physique ou verbale) dans les situations conflictuelles correspondant avec une
Des réservations et des pièces d’identité Passant dans les voies pour renseigner les passagers sur les temps d’attente fluidité optimale
présentées par les passagers Expliquant l’ordre de passage aux impatients en fonction de la présence ou de
Des règles de communication, de langage et l’absence de la douane et de la police
des attitudes culturelles Appelant les services de police et de douane si ces fonctionnaires sont absents de
Des informations transmises par les autres leurs postes au moment des passages prévus
agents (guichetiers, contrôleurs, circulation et Vérifiant le panneautage et l’affichage, le cas échéant en reportant au bureau
appui) opérationnel pour modification
Des réservations présentées par les passagers Filtrant l’entrée des véhicules en gare maritime
des véhicules Vérifiant la destination et indiquant l’entrée du trajet d’embarquement vers le navire
Des informations relatives aux places Autorisant ou pas l’entrée du véhicule pour accéder à la vente de dernière minute
disponibles par destination (destination étrangère)
Des consignes de sécurité et de prudence Refoulant un véhicule non autorisé à entrer
Des informations données par les passagers Faisant appel aux vigiles du Port pour l’aider à la manœuvre d’expulsion du véhicule
concernant le véhicule (déclaration de passage Matérialisant le circuit par l’emplacement de panneaux et cônes de circulation
requis en douane, plaque d’immatriculation de Séparant les véhicules à l’export des autres
transit) Déplaçant le stockage si la limite du hangar est atteinte
Des informations accolées au véhicule Rangeant les véhicules sans se laisser déborder de façon à gagner de la place
indiquant sa destination, plaque minéralogique Alignant les véhicules par hauteur sur les postes à quai
indiquant export Distribuant de l’eau et des denrées en situation perturbée
Conduisant un convoi de véhicules (agent expérimenté) vers les postes à quai
Passagers piétons
128
L’agent tient compte de… En… Pour…
autres agents ou coordinateurs placés sur le Indiquant la direction à prendre aux arrivants, pour leur éviter de s’égarer (aide Permettre
circuit directionnelle) avant la police ou jusqu’à la navette l’embarquement et le
Des réservations et des pièces d’identité Surveillant les tentatives d’évitement des contrôles de police et réorientant les débarquement des
présentées par les passagers personnes passagers avec une
Des règles de communication et de langage Renseignant les arrivants (direction de la gare SNCF, du métro) ou les accueillants fluidité optimale en toute
Des activités de l’agent du Port responsable de Indiquant aux passagers les modalités de transport en matière de bagages sécurité
la manœuvre de la grue Orientant si nécessaire vers le service Bagage
Du signal visuel du sabord par le personnel Aidant à la manœuvre d’installation de la passerelle de coupée
navigant Aidant les personnes ayant des difficultés à se déplacer : personnes âgées, femmes
Des itinéraires de débarquement : circuit de avec enfant en bas âges, invalides…
sortie des pétons et véhicules, passage des Conduisant un convoi (agent expérimenté) avec une voiture pilote jusqu’à la douane
contrôles de police ou la sortie véhicule
Des consignes de sécurité et de prudence en
zone portuaire
Du nombre des véhicules en stockage ponctuel
à la sortie du bord
Des indications figurant sur le billet de train (n° Indiquant aux voyageurs le quai où ils doivent se rendre et sa situation dans la gare Faciliter l’accès aux
du train, n° de la voiture) Indiquant aux voyageurs la position des wagons sur le quai, lorsque le train est très trains, aux différents
Des données fournies par les panneaux long (TGV doubles) services de la gare et la
d’affichage en gare ou sur son écran, au Indiquant l’emplacement du panneau affichant la composition du train poursuite de leur
guichet Indiquant aux voyageurs où se trouvent les guichets de vente ou les automates, ou déplacement hors de la
De sa connaissance du mode habituel de tout autre service de la gare (taxi, toilettes, commerces consignes, objets perdus etc.) gare
composition des trains, selon les horaires et les Donnant des indications sur la ligne de métro ou de bus à prendre, ou même en
destinations Indiquant sur un plan de la ville, le circuit à suivre (si pas d’affluence)
De sa connaissance précise du site de la gare Guidant les voyageurs désemparés dans l’utilisation des automates, sans faire à leur
De ses connaissances personnelles des autres place
modes de transport et de la ville elle même
Des indications que celui-ci lui donne sur sa
destination finale
De la catégorie de voyageur auquel il a à faire
Des données contenues sur sa base Donnant les horaires du prochain train que le voyageur peut emprunter compte tenu Permettre aux voyageurs
consultable en ligne de sa destination [2] d’arriver à destination
De sa connaissance personnelle de la ligne et Distribuant les horaires papiers de la ligne empruntée, ou en signalant où on peut les dans les meilleurs délais,
des différents modes de desserte possible de trouver en cas de rupture au guichet quels que soient les
la destination du voyageur Donnant des indications sur les droits ouverts par le type de billet détenu aléas rencontrés [2]
Des conditions de circulation du jour [2] (échangeable ou pas etc.)
129
L’agent tient compte de… En… Pour…
Du type de billet détenu par le voyageur Alertant les voyageurs sur les surcoûts liés à l’achat du billet dans le train
Des règles commerciales en vigueur Expliquant les conditions requises pour réclamer un remboursement et les voies de
Des raisons et de la durée du retard recours possibles (adresse du service commercial)
Des informations diffusées par le chef d’équipe Donnant des informations sur la durée prévisible d’un retard
ou recherchées directement auprès des Vérifiant la validité d’un billet
services opérationnels et de son expérience de Imprimant le trajet proposé pour laisser une trace au voyageur
situations comparables Vérifiant que les conditions d’informations des voyageurs sur les quais sont correctes
(n° des voitures, destination du train …)
Intervenant si nécessaire pour améliorer la signalétique d’un train, avec les moyens
du bord
Des différentes informations sur la circulation Sollicitant les clients afin qu’ils montrent leur carte grand voyageur dès leur entrée ou S’assurer que le
des trains, des retards ou des annulations en allant vers eux ou en les interpellant voyageur prenne son
Des horaires des clients dans les différentes Téléphonant pour avoir des informations complémentaires train en temps et en
zones du salon Donnant une information sure aux clients heure tout en veillant à
Du bruit dans le salon Réveillant un client qui s’est assoupi son confort dans l’attente
De la capacité du client à gérer les difficultés Prévenant les clients que les journaux ne sont pas disponibles ce jour du départ de celui-ci
rencontrées Demandant à un client de parler moins fort dans un espace dédié à
De l’utilisation de la photocopieuse Remerciant le client de sa visite cette attente (salon)
De la connaissance du fonctionnement du Consultant régulièrement le panneau d’affichage
salon par le client Autorisant l’accès aux détenteurs de la carte et reconduisant les autres passagers
de l’arrivée des journaux Installant les journaux sur les présentoirs à disposition
du nombre de voyageurs
de l’absence de journaux
Aéroport
Des informations réellement disponibles, Fournissant si possible aux passagers et visiteurs, des informations en réponse à Permettre l’accès aux
transmises par des services internes et leur demande [1] divers services
externes [1] Expliquant les raisons de l’absence d’information aéroportuaires,
De son analyse du degré d’urgence et de Communiquant des informations spécifiques aux personnes ayant un handicap auditif touristiques et autres [1]
priorité des demandes ou réclamations, afin de ou oral
répondre directement ou bien d’appeler un Indiquant aux personnes désireuses de laisser un message écrit ou d’accueillir un
superviseur passager les modalités mises à leur disposition (tableau optique, panneaux)
De son analyse du caractère sensible ou non Appelant le service d’assistance pour aider les personnes à mobilité réduite à
d’une information pour la communiquer ou pour accéder aux installations
renvoyer sur une compagnie ou le service Allant au devant des passagers et visiteurs en tant qu’agent mobile pour leur apporter
130
L’agent tient compte de… En… Pour…
concerné information et assistance
Du type de demande formulée, d’interlocuteur, Ecoutant et en montrant de la compréhension auprès des voyageurs stressés
du contexte aéroportuaire (situation normale ou Fournissant éventuellement une aide à la communication (appels téléphoniques) à
crise) des voyageurs moins aguerris ou moins équipés (adolescents et jeunes adultes,
Des règles de communication interpersonnelle, personnes âgées)
de langage et des attitudes culturelles Maintenant, autant que possible, la communication avec un interlocuteur, passager
ou attendant, imposant une pression psychologique
Sollicitant d’autres agents d’information ou, s’il est disponible, le personnel d’autres
services ou d’autres sociétés pour obtenir une réponse à la question posée (par
exemple en interrogeant un agent du poste sécurité sur la possibilité de voyager avec
tel ou tel objet en cabine).
Utilisant son téléphone ou sa radio pour communiquer avec les agents mobiles et le
superviseur.
Apportant des solutions à certains problèmes de passagers (par ex. : trouver une
cage pour transporter un animal) ou d’autres publics
Effectuant, pour les passagers arrivants, des réservations d’hôtel en dehors des
horaires de l’OT.
Des signalements de dysfonctionnements par Indiquant aux passagers les emplacements surveillés, Prêter assistance aux
les compagnies Communiquant avec les agents de piste et de sécurité qui acheminent les bagages compagnies en cas de
vers les contrôles et les avions problèmes techniques
Installant d’un périmètre de surveillance des bagages,
Surveillant les bagages,
Du type de demande formulée, d’interlocuteur, Répondant aux demandes des clients de programmes de fidélisation issus d’appels Fournir de justes
du contexte aéroportuaire (situation normale ou externes réponses informatives
crise) Recherchant des réponses aux questions en utilisant les guides en ligne (entrée de aux appels téléphoniques
Des règles de communication et de langage mots clés) et emails (vols, contacts
Du fonctionnement des supports d’information Transférant l’email à un expert interne commerciaux,
informatisés Qualifiant la nature de la réponse apportée sur la base de données de l’ERC touristiques, etc.) avec
Des informations gérées par le progiciel de Transmettant aux comptoirs les appels portant sur des messages à laisser à des rapidité
relations clients et de l’annuaire en ligne. clients
Des informations transmises par les BDR Assurant la promotion des produits et des services pour fidéliser la clientèle.
131
2) Contribuer à la gestion commerciale
Gare maritime
Des informations transmises par le service Informant les passagers de voies de recours contre l’erreur d’une agence de voyage Vérifier la conformité du
d’exploitation (destinations, horaires, situation Expliquant au client qu’il doit, pour être autorisé à embarquer, décharger le véhicule billet
du trafic maritime, occupation des navires) ou s’affranchir d’une taxe
Des réservations présentées par les passagers Vérifiant les divers types de billets (automatique, manuel, ticketing) au jour du départ
(piétons et véhicules) ; pièces d’identité ; carte et l’état des réservations (conditions tarifaires) émises en agence
grise (destination étrangère) S’assurant que les critères de réservation sont conformes aux caractéristiques du
Des informations modificatrices apportées par véhicule et des passagers
le premier contrôle concernant le véhicule Délivrant la carte d’embarquement et le carton de rétroviseur
notamment de l’information corrective de la Contrôlant la hauteur avant et après un déchargement
hauteur du chargement (surtaxe), de l’âge des Indiquant la conformité de la hauteur sur la carte
passagers, du passage en détaxe, etc. Vérifiant la validité de la carte d’embarquement à l’entrée du navire
Des informations transmises par le service Informant et expliquant au passager des modifications tarifaires et ajustements Garantir la validité d’un
d’exploitation ; des informations données par un nécessaires billet et de la tarification
passager concernant la réservation ou l’achat Maintenant une relation non conflictuelle employée dans la vente
d’un billet par Internet en cas de perte ou Etablissant le cas échéant une nouvelle réservation à partir du logiciel de réservation du voyage
d’absence de billet ; de son appréciation de Contrôlant les documents de transport nécessaires (pièces d’identité, carte grise,…)
l’attitude et de la bonne foi des passagers Définissant les conditions supplémentaires ou les modifications de tarif nécessaires
contrôlés. pour l’embarquement
Des gammes de tarification. Encaissant les montants dus en frais de modification, redressements, billets
De son analyse de l’adéquation entre la carte Utilisant les moyens monétiques (CB, chèques, espèces ou autres)
d’embarquement d’un passager et l’identité de Délivrant ou remplaçant un billet en vente de dernière minute si le bateau n’est pas
son porteur ; de son appréciation visuelle du complet
nombre de bagages transportés par un
passager.
De l’aggravation des attitudes irrespectueuses
de la clientèle en situation perturbée ou avec
les commerçants informels, transfrontaliers ou
non, cherchant à éviter les vérifications de
bagages
132
L’agent tient compte de… En… Pour…
Des billets collectés par les contrôleurs Récupérant, comptant et vérifiant les billets et états de sortie (véhicules et passagers Rassembler et traiter des
De l’information de clôture des enregistrements embarqués) informations
Des informations nécessaires à l’édition du Clôturant les dossiers de navire commerciales relatives à
manifeste de traversée à remettre au bord Etablissant un arrêté de caisse (agent expérimenté) la fin d’un embarquement
Des contenus de caisse et procédures en
vigueur
Du comportement des voyageurs, de leur Allant au devant des voyageurs qui semblent en difficulté (devant une machine, Manifester l’importance
emplacement dans la gare, de leur vitesse de devant un panneau d’affichage …) et en leur proposant ses services lorsqu’il est en accordée par l’entreprise
déplacement accueil itinérant sur l’espace gare à la prise en compte des
Des caractéristiques personnelles des Utilisant un support (les étiquettes à bagage) pour entrer en contact avec les questions ou difficultés
voyageurs qui lui permettent de les classer voyageurs qui le zappent, lorsqu’il est en accueil / embarquement de ses clients/usagers
dans des catégories susceptibles d’avoir besoin Saluant les voyageurs qui se présentent au guichet, en se mettant ostensiblement
d’aide en position d’écoute bienveillante, en les questionnant si nécessaire pour décoder
leur demande
Appelant si nécessaire un agent itinérant ou spécialisé (par ex. PMR) pour réaliser la
prise en charge du voyageur ou du groupe de voyageurs
Des données fournies par la base des Evaluant par anticipation l’ampleur des problèmes de correspondance générés par Pallier aux conséquences
réservations et de ses limites le retard annoncé d’un train et en s’y préparant collectivement des aléas graves de
Des règles en vigueur en matière de Délivrant un titre de transport en substitution à un titre devenu non valide, en cas de circulation mettant en
correspondance rupture de correspondance du fait de la SNCF cause le déroulement du
De la durée du retard et de l’analyse faite par la Distribuant des enveloppes de demande de dédommagement en cas de retard trajet des voyageurs
hiérarchie, de ses causes supérieur à 30’
Des consignes données par la hiérarchie Mettant en œuvre les opérations de ravitaillement décidées par le chef d’escale
De la durée du confinement dans le train, de la (distribution d’eau ou de coffret collation),
durée d’immobilisation prévue en gare, des Accompagnant les opérations de transfert de voyageurs vers les cars de substitution
conditions météo ou vers des taxis
Délivrant des bons pour les réservations de chambre au sein du réseau des hôtels
conventionnés par la SNCF
133
L’agent tient compte de… En… Pour…
Des informations dont il dispose sur la Signalant les dysfonctionnements aux services concernés Limiter la durée
composition de l’équipage Appelant la société de nettoyage en cas de salissure ponctuelle à faire disparaitre d’immobilisation d’un
Des questions qui lui sont adressées en cas de Vérifiant que le conducteur d’un train à quai est en place et que les contrôleurs sont train à quai ou d’un
départ retardé présents équipement utile aux
Des mouvements de passagers sur le quai Sifflant la fin des opérations d’embarquement pour prévenir le chef de train placé à voyageurs et contribuer à
(retardataires qui courent etc.) et des consignes l’avant leur confort
de sécurité Repérant, dans le cadre de ses déambulations sur l’espace gare, tout
De sa connaissance du réseau des prestataires dysfonctionnement sur un équipement : automates, escalator, ascenseur : pose
Des caractéristiques techniques des d’affichette « en panne »,
équipements, de leurs points de fragilité … Vérifiant que le nettoyage a été fait à bord d’un train qui doit repartir, et que le
Des indicateurs de la qualité de service chauffage –ou la climatisation marche
attendue
Du niveau de tolérance des usagers en matière
de propreté
Du niveau de qualité garanti par l’entreprise et
attendu par les voyageurs (propreté, confort,
etc.)
134
L’agent tient compte de… En… Pour…
Aéroport
Du classement des rectifications de tarifs Informant les responsables commerciaux des erreurs de billetterie commis par des Participer à l’amélioration
réalisées agences de voyages de la qualité des
De la configuration de la plateforme et d’un Signalant les pannes de portes ou des divers automates au service technique prestations commerciales
itinéraire exhaustif de parcours auprès des Envoyant les réponses types aux questions posées aux superviseurs et à la direction ou autre
différentes installations et équipements à d’exploitation pour validation
inspecter ; Réclamant des brochures à l’Office de tourisme
Des consignes et informations transmises par Transmettant des informations internes auprès des collègues
le Poste de Contrôle et le superviseur Réalisant une série de contrôles sur la plateforme : vérification de l’ouverture des
concernant des évènements particuliers ou des commerces, du passage du personnel d’entretien dans toilettes, de la bonne tenue des
situations de crise salons VIP, du fonctionnement des automates divers (caisse parking, bornes
Des itinéraires de départ et d’arrivée de d’enregistrement, téléphones, distributeurs, sauf DAB).
passagers en cas d’affluence massive Réalisant ou consultant la main courante des incidents sur une main courante
Des questions formulées par les clients informatisée (ouvre un évènement ou le clôture, intervient sur le suivi d’un évènement
De la périodicité des publications utiles à non clôturé)
l’activité d’information Utilisant un logiciel informatique de report d’information
Du caractère original de l’information obtenue Procédant au réarmement des escalators et ascenseurs arrêtés et signalement au
service technique
Utilisant sa radio pour communiquer auprès des BDR et superviseurs
Formulant de nouvelles réponses types aux questions posées par email
Mettant à jour des supports d’information et annuaires
Des informations gérées par le progiciel de la Accompagnant les clients du programme, les assistant dans leur circulation et lors des Démontrer l’excellence
relation clients et de l’annuaire en ligne passages privilégiés lors des différents contrôles des services apportés par
Des caractéristiques des programmes de Réalisant les accueils VIP (majoritairement à l’international), individuels ou de groupes, l’aéroport en matière
fidélisation et des prestations d’accueil VIP, et S’assurant d’une parfaite coordination avec les intervenants extérieurs (protection d’accueil et de réception
de la contribution des agents dans ses rapprochée, guides, etc.) et aéroportuaires (administrations, compagnies, porteurs, d’un public privilégié
programmes ou prestations etc.)
135
L’agent tient compte de… En… Pour…
Des sollicitations du superviseur pour réaliser Informant les clients au sujet du programme de fidélisation Fidéliser la clientèle
des objectifs particuliers ou de ses propres Relayant le suivi des programmes de fidélisation auprès du service marketing
propositions exprimées en fonction de ses Répondant aux demandes des clients de programmes issus d’appels internes
appétences Allant au devant des clients du programme de fidélisation pour leur apporter
information et assistance
Saisissant des inscriptions sur support informatique
Produisant la carte de fidélisation
Transmettant à domicile la carte si perte
Transmettant les retours clients
De l’outil informatique qui permet de qualifier les Communiquant les réclamations ou demandes récurrentes aux services concernés Contribuer au suivi des
demandes des clients via les superviseurs activités des agents
Des informations gérées par le progiciel de Transmettant sans délai certaines réclamations au superviseur qui traitera avec les d’information
relations clients, des supports d’information services concernés (impossibilité d’embarquer par défaut de contrôle de police)
divers (annuaires, brochures, plans, fiches Qualifiant en temps réel sur base de données les demandes des clients s’adressant
horaires…) au bureau des renseignements (formalités, commerces, info vols, services CCI,
services hors CCI, assistance PMR…)
Enregistrant les réclamations ou demandes récurrentes
Mettant à jour les données clients dans le progiciel de relations clients et plus
globalement sur les supports d’information
Des informations gérées par le progiciel de la Accompagnant les clients du programme, les assistant dans leur circulation et lors Démontrer l’excellence
relation clients et de l’annuaire en ligne des passages privilégiés lors des différents contrôles des services apportés par
Des caractéristiques des programmes de Réalisant les accueils VIP (majoritairement à l’international), individuels ou de l’aéroport en matière
fidélisation et des prestations d’accueil VIP, et groupes d’accueil et de réception
de la contribution des agents dans ses S’assurant d’une parfaite coordination avec les intervenants extérieurs (protection d’un public privilégié
programmes ou prestations rapprochée, guides, etc.) et aéroportuaires (administrations, compagnies, porteurs,
etc.)
136
3) Participer à la sécurité
Gare maritime
Des caractéristiques d’une situation perturbée Ecoutant les messages du client Contribuer à gérer les
(stress des passagers, durée d’attente, Temporisant l’impatience des passagers conflits
chaleur) ou d’une rectification tarifaire Faisant appel à un superviseur ou bien aux vigiles du Port, en cas de conflit avec les
Des informations transmises par les autres passagers, pour ramener un voyageur énervé (ou un groupe de voyageurs) à la
agents (guichetiers, contrôleurs, circulation et raison (les vigiles sont habilités à faire appel à la police), faire appel à la police en cas
appui) d’agression physique ou de menace d’agression
Se retirant le cas échéant
Des situations à risques, notamment la Déplaçant à pied et se positionnant lors des manœuvres de façon à éviter les Protéger les voyageurs
mauvaise visibilité sur les trajets (obscurité, accidents et se protéger des
pluie ou brouillard) et la dangerosité des Installant des barrières et manœuvrant les portails dangers de la circulation
installations Vérifiant que les véhicules ne sortent pas du trajet et que les passagers respectent en zone portuaire
Des informations transmises par les autres les périmètres de sécurité sur les quais, et le cas échéant les ramener dans les
agents (guichetiers, contrôleurs, circulation et trajets ou les périmètres
appui) Anticipant la manœuvre d’une grue qui menacerait la sécurité d’un piéton
Actionnant l’arrêt d’urgence
Pratiquant les premiers secours (gestes d’urgence)
Utilisant des extincteurs
Organisant des balisages d’itinéraires et des périmètres de sécurité lors d’affluences
exceptionnelles
137
Aéroport
Des règles de sécurité sûreté (alerte à la Informant les passagers, les visiteurs ou tout autre acteur de la plateforme des Faciliter le déroulement
bombe, bagages abandonnés), plan SATER, procédures à appliquer des procédures au
plan VIGIPIRATE, plan ORSEC Mettant en œuvre les procédures de sécurité établies niveau de la plateforme
Des directives de son manager Faisant appliquer aux passagers les procédures de sécurité aéroportuaire ou sur un
périmètre restreint en
cas de crise ou
d’évènements
exceptionnels
Des demandes d’aide et de soutien exprimés Assistant et aidant des agents saisonniers pour la réalisation d’activités dans leur Aider le personnel
par les agents saisonniers fonction d’agent commercial, sur l’ensemble des postes auxquels les agents sont saisonnier à réaliser aux
affectés et en particulier sur les opérations de contrôle. mieux leurs taches pour
assurer la continuité des
activités de circulation
auprès des passagers et
des autres intervenants
de l’embarquement et du
déparquement, de
contrôle et de guichet
auprès des passagers
138
3.9 Quelques illustrations de situations de travail
[1] Etablir une communication efficace avec différents interlocuteurs des services
aéroportuaires
[2] Un échange difficile dans une journée considérée comme normale en gare SNCF
(perturbations de trafic ponctuelles et isolées)
Du fait des systèmes de brigades successives sur le guichet d’accueil et des départs
en pause, les agents d’accueil n’ont aucune possibilité de connaître les échanges qui
ont pu avoir lieu avec d’autres agents, en dehors de sa présence. Il doit donc être
très prudent dans ses réactions quant aux critiques qui peuvent être portées par des
clients sur la manière dont ils auraient été (mal) renseignés précédemment par ses
collègues. Si d’aventure une information erronée a été donnée, il doit la rectifier sans
mettre en cause la compétence de ses collègues devant les clients. Cette nécessaire
solidarité d’équipe, indispensable pour que la cohabitation au guichet soit possible, et
qu’une entraide mutuelle joue en faveur de la rapidité d’accès à l’information
recherchée, n’est pas toujours sans risque. Ainsi on peut rendre compte d’un
exemple où l’agent d’accueil s’est trouvé en porte à faux vis-à-vis d’un groupe de
jeunes filles qui avaient raté le train qui venait de partir, alors que celui qu’elles
visaient, un quart d’heure plus tard, avait été supprimé. Affirmant ne pas avoir été
correctement renseignées une heure auparavant, elles mobilisent l’attention de
139
l’agent pendant de longues minutes, alors que vingt personnes attendent derrière
elles, en exigeant, de manière agressive, de connaître toutes les solutions qui leur
restent pour rejoindre leur domicile.
En évitant d’entrer dans un débat sur la phase amont évoquée par les jeunes filles,
dans la mesure où il ne dispose d’aucun moyen de contrôler leurs dires, et sans se
désolidariser de ses collègues, l’agent d’accueil procède à toutes les vérifications
nécessaires pour s’assurer qu’il n’y a pas d’alternative plus rapide que le train prévu
une heure plus tard, pour le trajet qu’elles doivent faire. Ses recherches étant
négatives, il leur confirme l’information initiale (prochain train dans une heure) en
détaillant le trajet (un changement avec attente), qu’il imprime pour leur laisser une
trace. Malgré ses efforts pour mettre fin poliment à l’échange, il est en butte à
l’insistance des jeunes filles qui ne veulent pas quitter le guichet et reviennent à la
charge en mettant en cause la compétence et le professionnalisme des agents
d’accueil de la SNCF… Afin de leur signifier qu’il ne peut rien de plus pour elles, il se
déplace à un autre poste pour engager un échange avec un autre voyageur en
attente. Les trois jeunes filles ne lâchent pas prise et le suivent, et continuent à
l’interpeller, en s’interposant dans l’échange avec l’autre voyageur. Pour éviter que la
situation ne dégénère, car il y a beaucoup de monde en attente derrière le guichet,
un collègue fait appel au chef d’équipe qui vient proposer aux jeunes filles une
médiation, en leur demandant de lui raconter les raisons de leur grief. Cette
intervention ne suffit pas à calmer la colère des jeunes filles qui continuent à injurier
le personnel, et seule la menace de l’intervention des agents de sécurité de la gare
parvient à les faire sortir de l’espace accueil.
[3] L’assistance aux agents saisonniers dans les opérations de contrôle en gare
maritime
Un saisonnier peut aussi sortir de sa guérite pour aller voir la guérite d’à côté si
l’agent peut les dépanner, s’il peut lui montrer « comment faire les choses ».
140
L’agent permanent quitte momentanément sa guérite dans des cas particuliers. Il
s’agit de cas techniques, parce que des explications sont nécessaires sur l’utilisation
du logiciel à partir du poste informatique du saisonnier ou parce que des questions
doivent être posées à des collègues ou aux voyageurs. Des cas relationnels
apparaissent assez fréquemment, quand le saisonnier n’arrive plus à gérer un conflit.
Les agents, qui « supervisent si tout va bien ou si ça ne va pas bien, si ça monte en
température, si ça va vite déraper », se déplacent et essayent de canaliser le
passager à partir du moment où le saisonnier, confronté pendant trop longtemps à la
discussion, montre des difficultés évidentes à gérer le stress relationnel.
Les agents d’accueil sont alors chargés d’alerter leurs supérieurs et les agents de
sécurité quand il y a besoin d’un renfort pour prévenir les violences physiques ou les
dégâts matériels.
141
3.10 Quelques savoir-faire fondamentaux de l’emploi type d’agent d’escale
- Décrire leur cheminement (à pied ou en véhicule) aux passagers - Dans une gare ferroviaire, maritime ou un aéroport pour leur accès au
mode de transport ou pour en sortir
- Informer les usagers des conditions de voyage - En cas de retard, de changement d’horaire, de changement de billet
- Aller au devant des voyageurs - En toutes circonstances, pour leur apporter assistance en cas de besoin
Gestion commerciale
- Expliquer au passager les changements tarifaires dont son titre doit faire - En cas de non conformité du billet
l’objet
- Présenter aux clients les programmes de fidélité - A l’occasion d’une réponse à une sollicitation ou lors d’une prestation
d’accueil
- Formuler des propositions de réponses types aux questions reçues par - Dans le cadre des programmes de gestion de la qualité
email
- Actualiser les informations relatives à l’environnement (horaires de car, - Pour fournir aux usagers et aux collègues une information juste
numéros de téléphone, plan de transports en commun…)
- Transmettre des informations commerciales (données clients) - Lors de la fin d’un embarquement, à la suite des sollicitations des clients,
au bureau d’information ou en plateforme téléphonique
Savoir faire communs aux deux activités
- Transmettre aux membres d’autres services les informations nécessaires - En direction des agents de pistes, des agents de sécurité, des services
142
Savoir-faire Circonstances d’application
au bon déroulement de leur activité commerciaux, et de ses collègues
- Solliciter les services ou équipes dédiés à des situations particulières - En toutes circonstances
- Conserver des capacités d’appréciation et d’analyse (maîtrise de soi) - Pour l’aide au déplacement de personnes à mobilité réduite, pour la gestion
de conflit (police, vigiles), incidents techniques (pannes, nettoyage…), la
prise en charge de voyageurs isolés ou de groupe
Technicité
Recevoir renseigner orienter guider
- Sur les tableaux d’affichages et les autres supports (plaquettes,
- Vérifier la validité des informations données aux voyageurs brochures…)
- Contrôler la validité des titres de transport et des pièces justificatives - Pour autoriser l’accès des passagers au transport emprunté
nécessaires au voyage (carte d’identité, titre de réduction…)
- Se reporter aux conditions tarifaires des différents services concernant le - Pour répondre aux questions des voyageurs et satisfaire leur demande
voyage (rectification tarifaire, remboursement, échange…)
- Matérialiser le cheminement des voyageurs ou l’emplacement ponctuel de - A l’aide de balises, panneaux d’affichage, de cônes de signalisation….
bagages
- Identifier les facteurs d’apparition d’un risque ou d’un conflit - Lorsqu’un équipement tombe en panne ou lors de tensions
- Utiliser le matériel de communication et informatique - Pour faire des annonces micro, échange de billets, consultation
d’information en ligne)
- Contribuer à maintenir les usagers dans de bonnes conditions d’attente - Lors d’une situation dégradée (distribution d’eau, plateau repas,
couverture…), ou en fonctionnement normal (service d’un programme de
fidélité…)
- Fournir des outils de communication aux usagers - A l’attention des attendants ou de personnes en difficulté (accès au
téléphone, aux panneaux optiques, aux annonces vocales)
Gestion commerciale
- Appliquer les conditions tarifaires adéquates - En cas de changement de billets ou de nouvelle réservation
143
Savoir-faire Circonstances d’application
- Vendre une prestation commerciale (programme de fidélité, carte de - A l’occasion d’une réponse à une sollicitation ou d’une prestation d’accueil
réduction)
- Sur la plateforme aéroportuaire et en gares pour s’assurer de la qualité des
- Inspecter les installations et équipements prestations
Sécurité
- Faire appliquer des procédures de sécurité et d’urgence - Aux personnes présentes dans l’enceinte de la gare ou de l’aéroport lors de
manœuvres dangereuses, dans l’attente de l’intervention des services
spécialisés en cas d’incidents
- Appliquer au moment opportun les premières procédures de secours et de - En cas d’incidents (alerte à la bombe, bagages abandonnés, malaise…)
sécurité
- En cas d’affluence particulière (départs en vacances, manifestations
- Contribuer à une circulation fluide des voyageurs sportives…)
Organisation gestion
Recevoir renseigner orienter guider
- Collecter les informations relatives au trafic et à la continuité du voyage - En fonctionnement normal et en conditions dégradées concernant les
modes de transport en général, les déplacements …
Gestion commerciale
- Appliquer les procédures adéquates de la relation client et d’accueil - Pour répondre aux conséquences des aléas (retard de trains, rupture de
correspondance…)
Encadrement de saisonniers
- Apprécier les comportements et repérer les attitudes incompatibles des - En période de recrutement et de formation, pour aider le personnel
saisonniers avec leur fonction saisonnier à remplir au mieux leurs tâches
- Prodiguer des conseils et apporter une assistance technique - En période de recrutement et de formation, pour aider le personnel
saisonnier à remplir au mieux leurs tâches
144
Chapitre 4 - L’emploi-type de chargé d’accueil dans une banque : des
opérations techniques mais aussi un sens marqué du service pour
fidéliser la clientèle
Les investigations ont été conduites au sein d’une banque de dépôt, filiale régionale
d’un grand groupe bancaire français. Présente sur tout le pourtour méditerranéen et
dans la vallée du Rhône, elle se présente comme « la banque du Sud » et se définit
comme une « banque régionale de proximité », au service des particuliers, des
professionnels et des entreprises du grand sud. Entre le siège, basé à Marseille, les
18 directions régionales et les 144 agences, la banque totalise plus de 1 400
collaborateurs, répartis pour l’essentiel sur deux métiers relevant, au sein de la
classification de branche, de la catégorie des techniciens des métiers de la banque
(TMB) : les commerciaux, dénommés « conseillers clientèles » (particuliers,
professionnels, entreprises) et les chargés d’accueil au guichet des agences,
dénommés « chargés d’accueil commerciaux », qui font l’objet de ce dossier.
Finalité globale
Principales attributions
145
l’occasion de campagnes commerciales centrées sur un type de produit ou de
service, le chargé d’accueil commercial contribue à la réalisation des objectifs
collectifs fixés à l’agence en consacrant une partie de son temps à faire du phoning
(appel systématique des clients de l’agence à partir de listings). S’agissant de
l’accueil téléphonique, le chargé d’accueil commercial assure le standard de
l’agence, il répond systématiquement au téléphone, quitte à interrompre le traitement
d’une opération bancaire en cours pour le compte d’un client physiquement présent
au guichet. Il s’enquiert de la nature de la demande, filtre les appels, lorsque cela lui
semble justifié, il passe la communication au conseiller clientèle qui gère le compte
du client, il répond aux demandes d’information de nature générale sur la banque et
ses services. A titre exceptionnel, si il est certain de l’identité du client parce qu’il a
reconnu sa voix au téléphone, il prend sur lui de répondre à une demande de
renseignement de nature bancaire, ce qui est normalement interdit.
Qu’il s’agisse d’accueil physique ou téléphonique, dès lors que le chargé d’accueil
commercial ne connaît pas la réponse à une question ou a le moindre doute, il diffère
la réponse, prend le temps de vérifier la réponse en interne auprès de ses collègues
ou auprès du service compétent au siège, avant de donner la réponse au client
présent au guichet ou de le rappeler.
Position d’interface
Au sein de l’agence, le chargé d’accueil commercial est le pivot des relations entre
les clients et les autres collaborateurs : conseillers clientèle, directeur, mais aussi
conseiller patrimoine et conseiller entreprise dans les plus grandes agences. Il est le
point d’entrée par lequel transitent systématiquement les demandes des clients
puisque le chargé d’accueil commercial assure à la fois l’accueil physique et
téléphonique. Cette position d’interface – outre le fait de devoir « jongler » en
permanence entre le standard et les clients présents dans l’agence – présente deux
types de difficultés auxquelles le chargé d’accueil est confronté en permanence et
qui sont étroitement liées entre elles.
146
ou les flux physiques et téléphoniques sont les plus tendus. La tentation est alors
grande de passer systématiquement les communications, sans les filtrer, et même,
lorsqu’un client appelle plusieurs fois de suite pour avoir son conseiller clientèle, de
finir par lui donner sa ligne directe pour « s’en débarrasser ». Dans ce cas de figure,
chaque chargé d’accueil connaissant les conseillers clientèle de son agence et étant
capable d’anticiper leur réaction, de deux choses l’une : soit il sait que tel conseiller
clientèle ne se formalisera pas, et il lui revient de ne pas en abuser, soit il sait que tel
autre conseiller clientèle n’apprécie guère et il ne le fait qu’à titre exceptionnel, tout
en prenant sciemment le risque de se « faire remonter les bretelles » à l’occasion.
4.3 Variabilité
Lorsque que le chargé d’accueil est seul au guichet, il doit passer en permanence
d’une activité à une autre, sur des registres différents (relationnel, technique,
commercial), ce qui demande une grande capacité d’organisation, tout en faisant
preuve d’une extrême rigueur (maniement d’argent, physique et informatique) en
faisant de surcroît souvent fonction d’assistant du directeur d’agence… Dans ces
conditions, seuls les chargés d’accueil les plus expérimentés et motivés tiennent le
coup. Certains se plaignent de ce que la fonction est devenue intenable. D’autres au
contraire revendiquent et assument cette polyvalence fonctionnelle qui les rend
incontournables. A l’inverse, lorsqu’une ligne d’accueil existe, des formes
d’organisation collective du travail sont susceptibles de se mettre en place dès lors
que les relations interindividuelles sont bonnes et que la coopération prévaut.
Les exemples au sein des agences visitées sont nombreux et variés, preuve que ces
formes de solidarité spontanée excèdent largement le domaine du travail prescrit, en
particulier pour ce qui est de « mutualiser » la gestion de l’accueil physique et
téléphonique, ou encore l’atteinte des objectifs commerciaux (voir infra).
147
4.5 Recrutement et carrière
Dans les agences visitées, les chargés d’accueil (des femmes principalement et un
homme) ont été recrutés dans les années 1970, sont titulaires d’un diplôme de
niveau V (BEP Comptable, CAP Banque) ou d’un diplôme de niveau IV
(baccalauréat général, 1ère année BTS Secrétariat de direction) et ont fait toute leur
carrière ou presque au sein de la banque XX, en tournant dans des agences de la
région, toujours au guichet. La seule exception concerne une chargée d’accueil
recrutée plus récemment, en 2002, avec un diplôme de niveau III (DUT Techniques
de commercialisation) qu’elle a complété ensuite en formation interne par un BTS
Banque (2006), dans la perspective de passer conseiller-clientèle, conformément à
la politique de recrutement et de gestion des carrières qui prévaut au sein de la
banque depuis le milieu des années 1990 (voir point suivant).
148
4.7 Tableau des relations
Superviseur accueil Certaines des plus grosses agences bénéficient d’un superviseur
accueil qui constitue le référent des CAC sur tous les aspects de
leur fonction (plus un rôle de contrôle pas toujours bien perçu)
149
4.8 Tableau des démarches génériques : chargé d’accueil dans une banque
150
2) Le traitement des opérations bancaires courantes
Il tient compte de… En… Pour…
De la nature de l’opération (remise de chèques, retrait de liquide, En réalisant l’opération demandée par le client Donner satisfaction au client
virement, effet, clôture de compte) et du temps nécessaire à sa En s’assurant de ne pas commettre d’erreur dans les meilleurs délais tout
réalisation en fonction de sa complexité : du plus simple et rapide (notamment en cas de retrait d’argent liquide) en limitant le risque bancaire
(remise de chèque) au plus long (clôture de compte) En vérifiant le cas échéant sur son poste (litige) et commercial
De la file d’attente au guichet informatique le protocole correspondant à une (insatisfaction voire perte d’un
De la nécessité de s’interrompre régulièrement pour répondre au opération donnée client)
téléphone [2] En consultant un collègue du guichet (si ligne
De l’existence de procédures et de normes édictées par la d’accueil), en sollicitant un conseiller clientèle, voire
banque pour chaque type d’opération le directeur dans les petites agences, ou encore en
Du principe de précaution édicté par la banque, qui commande téléphonant à un service du siège
de surseoir à une opération en cas de doute ou de En réalisant le traitement administratif
méconnaissance, pour prendre le temps de vérifier, auprès d’un correspondant aux opérations réalisées depuis
collègue de l’agence ou du service compétent au siège l’ouverture de l’agence, ainsi qu’aux effets et
Du fait que le DAB doive être approvisionné en permanence virements reçus par courrier ou par fax, soit dans
les moments libres de la journée, soit après la
fermeture de l’agence
En envoyant les chéquiers aux autres agences.
En vérifiant le DAB chaque matin
151
3) Le développement commercial
Il tient compte de… En… Pour…
De l’absence de secrétariat de direction dans les agences du En récupérant et en distribuant le courrier Assurer le bon fonctionnement
réseau depuis plusieurs années En prenant l’initiative de solutionner les petits de l’agence au quotidien
problèmes du quotidien (changer une ampoule,
commander des fournitures…)
De la nécessité que le DAB soit en permanence en bon état de En faisant venir la société en charge de la
marche maintenance du DAB si nécessaire
152
4.9 Quelques illustrations des situations de travail
Une question récurrente revient dans les entretiens conduits avec les chargés
d’accueil commerciaux de la banque du sud : celle de la complexité, non pas du
métier lui-même, mais de l’organisation du travail quotidien au guichet dès lors que le
métier est de plus en plus polyvalent, et en particulier qu’il revient aux CAC, depuis la
suppression des secrétariats de direction d’agence, il y a une dizaine d’années, de
gérer simultanément le standard et l’accueil physique des clients. A cet égard, une
distinction essentielle doit être faite entre les petites agences, dans lesquelles il n’y a
qu’un seul chargé d’accueil, et les agences de moyenne et de grande taille dans
lesquelles existe une ligne d’accueil (qui ne dépasse jamais quatre chargés
d’accueil, superviseur inclus).
Dans les petites agences (un directeur, un conseiller clientèle, un chargé d’accueil),
seuls tiennent dans la durée les CAC qui revendique la polyvalence du métier et la
perçoivent comme un facteur d’enrichissement du travail. L’exemple le plus frappant
est fourni par une chargée d’accueil d’une petite agence de centre ville, présente
dans cette agence depuis plus de vingt ans, et qui a déjà vu passer huit directeurs.
Elle revendique la polyvalence croissante du métier, qui lui permet de maîtriser
différents registres (relationnel, technique, commercial). Elle laisse entendre que son
niveau de connaissance des produits bancaires et sa connaissance personnelle de
la clientèle de l’agence sont très largement supérieurs à ceux de beaucoup de ses
collègues d’autres agences, qu’elle constitue une personne ressource pour les
conseillers clientèle et parfois même les directeurs nouvellement arrivés, et qu’elle a
même « tenu la boutique » seule durant un intérim de direction de quelques mois.
Elle reconnaît qu’elle passe sont temps à « jongler » avec les multiples dimensions
de son activité, mais pour mieux mettre en valeur la nécessité « d’être organisée ».
Le seul point noir, selon elle, tient au fait de devoir assurer le standard – en plus de
tout le reste – dès lors que les directeurs d’agence n’ont plus de secrétariat. De ce
fait, la consigne étant de répondre systématiquement et sans faire attendre
153
l’interlocuteur, c’est désormais le standard qui constitue le pivot autour duquel
s’organise toute son activité.
Dans les agences comportant une ligne d’accueil la polyvalence du métier est la
même, la contrainte commerciale est également présente, mais les possibilités
d’organisation entre collègues modifient notablement la donne. Par exemple, dans
une grande agence de centre ville, qui voit défiler des clients toute la journée alors
même que le téléphone n’arrête jamais de sonner, cette contrainte, dénoncée
individuellement par les chargés d’accueil, fait l’objet d’une gestion collective, avec
des règles et des codes que se sont données les chargés d’accueil au fil du temps.
Par exemple, lorsque le téléphone sonne, c’est le CAC qui n’est pas occupé avec un
client qui décroche spontanément, sans qu’il soit besoin pour les deux autres de rien
exprimer, ni par la parole ni par le geste. Mais l’art de la chose consiste à ce qu’un
équilibre soit tenu tout au long de la journée, de sorte que ce ne soit pas toujours le
même qui réponde et que la contrainte du standard soit équitablement répartie. La
règle implicite est donc que chacun réponde une fois sur trois au téléphone, en
moyenne sur la journée, et cette règle est respectée sans qu’aucune comptabilité ne
soit tenue, bien évidemment.
154
4.10 Quelques savoir-faire fondamentaux de l’emploi-type de chargé d’accueil dans une banque
Savoir-faire Circonstances d’application
Relation-communication
Recevoir/filtrer/orienter
- Bien accueillir les clients tout en veillant à la sécurité de l’agence - Passage obligé par le sas
- Accueil physique obligatoire au guichet
- Garder son calme, maîtriser son vocabulaire, le ton de sa voix, sa gestuelle - Lorsque la file d’attente est importante et qu’un client perd patience
- En cas de conflit, lorsque le client devient revendicatif ou agressif
- Mettre fin à un échange physique ou téléphonique en faisant preuve de - Lorsque le flux est important et qu’un client est particulièrement bavard
fermeté tout en respectant les règles de civilité
- Statuer rapidement sur la suite à donner à l’appel (répondre au client soi- - Lorsque l’appel entrant émane d’un client de l’agence
même ou transmettre l’appel à son conseiller clientèle)
- Le cas échéant, rapporter succinctement au conseiller clientèle l’objet de
l’appel
- Ecouter activement les interlocuteurs, les informer et les conseiller sur les - En toutes circonstances
produits ou services
- Entretenir un climat de coopération et de solidarité au sein de son équipe - Lorsqu’il ne connaît pas la réponse à la question posée ou lorsqu’il ne sait
- Se concerter avec les autres chargés d’accueil et conseillers clientèle pas réaliser une opération donnée, y compris en cas d'incertitude, de doute
- Rester concentré pour faire preuve de rigueur dans la réalisation des - En particulier lorsqu’il s’agit de maniements électroniques ou physiques
155
opérations bancaires courantes et limiter ainsi le risque bancaire d’argent
-Trouver l’occasion de placer un produit à un client au cours d’une opération - Pour atteindre son objectif individuel de placement d’un produit par jour
bancaire courante
- Etre capable de faire du démarchage téléphonique - Pour atteindre les objectifs collectifs fixés à l’agence
Technicité
Recevoir/filtrer/orienter
- Apprendre rapidement à maîtriser les fonctionnalités d’un système - Chaque fois que des technologies nouvelles apparaissent
informatisé
- Analyser la demande du client : décoder et reformuler ses propos, en - Lorsqu’un client se présente au guichet avec une demande spécifique
mobilisant sa connaissance des activités/missions de l’organisme
- Utiliser correctement les outils bureautiques (traitements de texte, tableurs, - En toutes circonstances
bases de données)
- Maîtriser l’offre de produits et services bancaires de base - Lorsqu’il réalise les opérations bancaires courantes
- Maîtriser les opérations bancaires courantes et les procédures
informatiques et administratives correspondantes
- Connaître l’offre de produits et de services bancaires dans son ensemble - Lorsqu’il reçoit un client venu réaliser une opération bancaire courante
afin de pouvoir conseiller le client
- Maîtriser parfaitement le produit faisant l’objet d’une campagne de phoning - Lorsqu’une campagne commerciale est organisée pour promouvoir un
produit précis
156
Organisation-gestion
Recevoir/filtrer/orienter
- Gérer simultanément l’accueil physique des clients au guichet et l’accueil - A tout moment de la journée
téléphonique
- Gérer les flux de clients au guichet - Aux heures d’affluence, lorsque la file d’attente s’allonge
- Répondre par soi-même ou en cas d’incertitude trouver l’information (sur le - En utilisant toutes les occasions et tous les supports fournis par
poste informatique, en sollicitant un collègue, en appelant le siège, etc.) l’organisation ou à l’occasion d’échanges informels avec les collègues
- Intégrer la contrainte de l’objectif commercial individuel pour saisir les - A tout moment de la journée lorsque des clients sont présents dans
opportunités de placement d’un produit ou d’un service l’agence
- S’organiser pour arriver à libérer du temps pour faire du phoning - A l’occasion des campagnes commerciales
157
158
Conclusion
Trois emplois-types ont ainsi été étudiés : l’agent d’accueil physique et/ou
téléphonique en poste d’accueil centralisé ; l’agent d’escale ; le chargé d’accueil
dans une banque :
Dans la partie suivante, nous prolongerons cette analyse mais cette fois-ci en
adoptant une approche en termes de « dimensions de savoir-faire ». Pour ce faire,
nous nous intéresserons à un ensemble d’emplois de la fonction publique dans
lesquels l’accueil est associé à la délivrance d’une prestation. Cela nous conduira à
appréhender les activités d’accueil dans ce qui fait leur unité comme s’il s’agissait
d’un seul « métier », tout en nous plaçant au plus près de la vision que les
professionnels ont de leurs pratiques.
159
160
Documents annexes de la deuxième partie
Annexe n° 1 : Tableau de balayage
Entretiens réalisés Caractéristiques de l’échantillon Nombre
Les transports
Une compagnie maritime
1/ cadrage
Membre des services Responsable mobilités et recrutement 2
Ressources Humaines
(RH)
Membre de la Responsable du service clients et ventes 1
Direction commerciale
Membre de la Responsable de l’agence portuaire 1
Direction de Responsable administratif, responsable technique 2
l’exploitation
2/ Entretiens ETED
N+1 : Coordinateur H, 34 ans, bac+2 Comptabilité, expérience SNCF, agent d’accueil 1
auto en équipe polyvalente promu coordinateur lors de la
réorganisation des agences
Titulaire d’emploi (TE) F, 34 ans, bac+3 Informatique, expériences saisonnières d’agent 2
(+ observation) d’accueil, période en SSII puis retour à la compagnie maritime
pour un emploi d’agent commercial, ayant une fonction de
formatrice interne au moment de l’enquête.
Un aéroport
1/ cadrage
Membre des services Responsable des ressources humaines 2
RH
2/ Entretiens ETED
N+1 : Manager H, 40 ans, bac+2 Management, 15 ans d’ancienneté en transport 1
Terminal aérien et en aéroport
TE (+ observation) F, 28 ans, bac+2 Tourisme, expérience courte en agence de 1
voyages, plus longue comme PNC et agent d’escale compagnie
aérienne
TE (+ observation) F, 32 ans, bac+3 Management touristique (agent mobile) ; H, 30; 4
F, 42 ans ; F, 33 ans (comptoir d’information)
Une compagnie ferroviaire
1/ Cadrage
Membres direction Le responsable de la famille « services » à la DRH Voyage + le 3
nationale RH responsable
Membres de Un responsable formation régional, un directeur d’Unité 2
directions régionales opérationnelle escale
Un chef de gare voyageurs référent, une adjointe du service info 2
en gare
2/ Entretiens ETED
N+1 H 55 ans, carrière SNCF à l’accueil : a tenu tous les postes, 1
assure la coordination terrain équipe accueil
TE 1 (+ observation) H 40 ans, bac G + 1 an droit ; SM puis entre aux wagons lits 1
comme saisonnier (grâce à son père), y reste 13 ans comme
roulant, puis entre à la SNCF quand filiale WL disparait : depuis 4
ans occupe des postes d’accueil en gare, d’abord filtrage, puis
aujourd’hui embarquement TGV
TE 2 (+ observation) H 35 ans, CAP de menuisier + expérience dans les pompes 1
funèbres, concours SNCF après SM
Entre comme agent de manœuvre 4 ans puis devient contrôleur
(formation de 6 mois) arrête au bout de 2 ans pour cause
familiale. Poste à l’accueil, d’abord filtrage puis guichet
161
Entretiens réalisés Caractéristiques de l’échantillon Nombre
TE 3 (+ observation) F 32 ans, une hôtesse d’accueil salon grand voyageur, 1
bac pro gestion des transports – 1er emploi dans une société de
messagerie de transport – entre à la SNCF au service commercial
au guichet –mobilité géographique –poste toujours au guichet –
mobilité géographique –agent d’accueil sur les quais –mutation
arrivée au salon grand voyageur depuis avril 2009
La fonction publique territoriale
Une mairie
1/ cadrage
Membres de la Responsable du service Formation 1
direction RH
2/ entretiens ETED
N+1 Référent aux affaires générales 1
TE 1 (+ observation) Hôtesse chargée de l’accueil central et téléphonique : 1
F 40 ans, Maîtrise d’allemand ; en poste à l’accueil depuis 8 ans ;
a débuté en Mairie en tant que « gardien de la mémoire » (contrat
emplois-jeunes) pour l’Office Culturel durant 3 ans ; titularisée sur
un poste d’agent d’accueil suite à un remaniement de Service et
après candidature (poste classé en catégorie C).
TE 2 Agent polyvalent Service des élections : 1
F 31 ans, formation professionnelle en bureautique ; en poste à la
Mairie depuis 6 ans suite à un stage ; a débuté à l’accueil (9 mois)
pour remplacer l’agent d’accueil (congé maternité) puis est
passée au Service Elections ; remplace l’agent d’accueil en cas
d’absence ou lorsqu’elle est indisponible (catégorie C).
Une plate-forme téléphonique
1/ cadrage
Membres de la Responsable du Service 1
direction RH
2/ entretiens ETED
N+1 Assistant de la responsable, proche des équipes d’opérateurs 1
TE 1 (+ observation) Opérateur téléphonique : 1
H 31 ans, Maîtrise Sciences de Gestion ; a une petite expérience
au sein d’une banque ; a débuté en Mairie en tant qu’emploi-
jeune pendant 5 ans (chargé d’affaire à la création d’entreprise) ;
son emploi a été consolidé et lui a été proposé un poste
d’opérateur téléphonique (titulaire) depuis 4 ans (catégorie C).
Un conseil régional
1/ cadrage
Membres de la Responsable des Ressources Humaines ; Directrice des moyens 3
direction RH généraux ; Chef du Service Accueil et Sécurité
2/ entretiens ETED
N+1 Référents de l’Accueil physique et de l’Accueil téléphonique 2
TE 1 (+ observation) Hôtesse chargée de l’accueil central : 1
F 40-45 ans, bac Littéraire (A2) ; après 17 ans au Service
Courrier a fait le choix de l’accueil pour être en relation avec du
public ce qui n’était pas le cas avant ; en poste depuis 1 an (poste
classé en catégorie C)
TE 2 Hôte chargé de l’accueil central en départ pour mobilité : 1
H 40-45 ans, bac professionnel Hôtellerie-Restauration ; en poste
à l’accueil pendant 14 ans : 6 ans en tant qu’agent d’accueil au
Cabinet du Président, 5 ans auprès de la Direction de la Culture,
3 ans en accueil central ; création récente d’un nouveau poste qui
lui a permis, suite à une candidature, de prendre une fonction
d’accueil tournée vers la communication (passe en catégorie B).
TE 3 (+ observation) Hôtesse chargée de l’accueil téléphonique (standard) : 1
F 31 ans, CAP et BP Prothésiste dentaire ; exerce la fonction
d’accueil depuis 11 ans ; depuis sa prise de fonction, elle n’a pas
162
Entretiens réalisés Caractéristiques de l’échantillon Nombre
changé de poste par commodité et au vu des horaires car elle vit
à environ 90 km de son lieu de travail.
Un conseil général
1/ cadrage
Membres de la Direction des Services Généraux : Chef du service Formation ; 3
direction RH Chef du service Gestion des compétences ; Conseillère technique
chargée de la démarche de certification de la qualité de l’accueil
2/ entretiens ETED
N+1 Service du Courrier, des Actes et de l’Accueil : Chef de service 1
TE 1 (+observation) Hôtesse chargée de l’accueil central (accueil physique) : 1
F 35-40 ans, bac Gestion-Comptabilité-Commerce (G3) et 1 an
en faculté pour étudier l’anglais ; en poste en tant qu’hôtesse
depuis 15 ans ; a débuté en contrat CES au Service des visites et
a rejoint l’accueil central au bout de 12-16 mois (titulaire).
TE 2 (+observation) Hôtesse chargée de l’accueil téléphonique (standard) : 1
F 45-50 ans ; a débuté comme agent d’entretien dans
l’établissement ; a été sélectionnée suite à la création de postes
et a suivi des formations pour sa prise de fonction.
Ministères
1/ cadrage
Membres des Le responsable du pôle accueil d’un ministère 2
directions des Le responsable d’un Bureau logistique d’un ministère et ses
services adjoints
logistique/accueil
Membres de Deux responsables de sites 2
l’encadrement d’un
prestataire
2/ entretiens ETED
TE 1 Agent accueil interne 1
TE 2 Agent accueil prestataire 1
Un musée
1/ cadrage
Membres de la Une conservatrice d’un musée ; une directrice des musées 2
direction RH
2/ entretiens ETED
N+1 Un chef de service du personnel 1
TE (+observation) Un agent du patrimoine 1
Une entreprise agro-alimentaire
1/ cadrage
Membres de la Directeur commercial 1
direction RH
2/ entretiens ETED
N+1 Assistante commerciale 1
TE (+observation) Une hôtesse chargée de l’accueil téléphonique et physique. 1
45 ans, a quitté l’école à 16 ans, est entrée dans l’entreprise au
service fabrication, a changé de service, de site de production, a
demandé à changer de poste, est entrée au service expédition,
retour en production car pas de poste pérenne, re demande un
changement de poste, arrivée à ce poste accueil du groupe
depuis 5 ans.
Une banque
1/ cadrage
Membres de la Un DRH, un DRH adjoint, un responsable de formation 3
direction RH
2/ entretiens ETED
N+1 Des directeurs d’agence 4
TE (+observation) Des chargés d’accueil commerciaux (CAC) 6
163
164
Annexe n°2 : L’accueil central et/ou téléphonique (ETED)
1) L’entreprise : le cas d’une entreprise agro alimentaire
L’entreprise agro alimentaire à été créée en 1920, avec pour activité principale
l’abattage et la découpe de viandes fraîches. Dès 1930 l’activité charcuterie et
salaison voit le jour. En 1940 commence la phase d’industrialisation et en 1998 c’est
l’introduction en bourse. Rapport annuel 2008 : 502,7 millions d’euros de chiffre
d’affaires, 5,4 M euros de résultat net. 3 702 personnes, 11 unités de production dont
4 à l’international. La société comprend 3 divisions : France (production),
international (production et ressources humaines) et supports groupe (administratif).
L’accueil est rattaché à la division supports groupes, dont voici l’organigramme.
Président
Directeur général
Directeur logistique et
industriel
Directeur des
ressources humaines
Directeur de la
communication
Imprimerie
165
L’accueil au sein de ce groupe est réalisé en interne. Depuis l’origine l’accueil est
internalisé et c’est une volonté du groupe de le maintenir à l’interne. Les personnes
qui occupent ces postes sont des anciens(nes) de la production, c’est une promotion
en interne.
Le service accueil standard est rattaché au service commercial, au directeur
commercial et à l’assistante commerciale.
Ils sont trois à l’accueil et au standard, un agent est uniquement au téléphone pour la
réception des appels extérieurs et deux autres agents sont à l’accueil physique et
téléphonique. La personne qui est au standard est dans un petit bureau à part, elle
prend tous les appels entrants et les dirige vers les correspondants voulus. Les deux
autres personnes à l’accueil reçoivent le public physique en premier et prennent
d’autres appels téléphoniques.
Résumé de l’emploi
Contexte d’exercice
Finalité globale : donner une bonne image de l’entreprise par la qualité de l’accueil.
Conditions d’exercice
Les postes d’accueil sont situés dans un hall d’entrée assez réduit en taille. Il n’y a
aucun uniforme mais une tenue correcte exigée.
Ils sont rarement confrontés à des personnes manifestant de manière agressive leur
impatience ou leur incompréhension. Si tel est le cas, ils désamorcent la situation en
parlant peu fort.
Position d’interface
166
Chaîne d’activités
Communiquer avec eux, par téléphone ou par mail pour connaître les
manifestations organisées, les listes d’invités
Tendances d’évolution
167
2) La fonction publique territoriale (mairie, conseil régional, conseil général,
sièges de ministères)
La fonction d’accueil est très féminisée avec une moyenne d’âge de 43 ans environ.
On retrouve une mixité du côté des huissiers (qui ont pour mission principale
d’assurer la circulation et le portage des courriers et plis divers entre les services
d’une direction générale, entre les directions de l’institution et hors institution, et qui
168
peuvent également participer à des manifestations protocolaires selon les
organisations).
Des formations de base sont dispensées en interne. Elles portent par exemple sur
les thèmes suivants : « accueillir du public sur place et par téléphone », « renseigner
le public sur place et par téléphone/orienter le public vers les services ou organismes
compétents », « constituer, actualiser et diffuser un fond de documentation/afficher
des informations ». Des formations plus ponctuelles et centrées sur « la gestion de
l’agressivité », « la gestion de conflits », les langues étrangères, l’outil informatique,
existent également.
Le choix d’investigation qui a été fait dans le cadre de cette étude, porte sur des
agents ayant des fonctions d’accueil physique et/ou téléphonique au sein d’une
Mairie, d’un Conseil Régional, et d’un Conseil Général et dont voici quelques
caractéristiques :
Secrétariat Général
Accueil
169
Dans ce dernier cas, il s’agit d’un service crée récemment et qui s’est vu intégrer
quatre huissiers qui conservent des activités d’accueil en cas d’absence d’un agent.
En même temps, cela apporte une mixité aux équipes d’accueil physique (ce qui est
moins le cas au standard, même si le recrutement d’un homme n’est pas exclu).
Pool Navette
170
En termes d’effectifs, on y trouve des huissiers à majorité masculine (trente agents),
des agents d’accueil (douze personnes : deux équipes de six agents), et des
standardistes (douze personnes : deux équipes de six agents) qui travaillent en
brigade (chacun ayant deux référents), des agents d’accueil en étage au sein du
bâtiment principal (postes en cours de suppression et qui seront remplacés par des
huissiers « volants » pour palier aux absences des huissiers dans différentes
Directions). La moyenne d’âge est d’environ quarante ans. Les horaires de travail
des agents d’accueil sont : 8h00 à 14h00, 13h00 à 19h00, une permanence de
19h00 à 20h00, et une permanence le samedi matin.
Résumé de l’emploi
Contexte d’exercice
Notre analyse porte ici sur le cas de l’accueil central et/ou standard au sein d’une
mairie, d’un conseil régional et d’un conseil général. Pour ce qui concerne l’accueil
physique et/ou téléphonique, il s’exerce dans un hall principal, et le poste est localisé
par une signalétique et une banque d’accueil. Pour ce qui est de l’accueil
téléphonique, l’agent exerce dans un bureau partagé par le collectif de travail.
L’agent d’accueil central et/ou téléphonique est avant tout porteur de l’image de
l’institution pour laquelle il intervient et il est en permanence en contact avec les
usagers dont les profils et motifs des visites sont très variables. C’est une fonction
difficile notamment lorsque l’agent se trouve dans une situation qui le place en porte-
à-faux (un service qui ne répond pas au téléphone et dont l’appel rebascule au
standard, un usager mécontent car l’agent n’a pas d’informations à lui donner car
elles ne lui ont pas été communiquées par le service concerné, etc.). Il doit donc
savoir faire preuve d’une écoute attentive tout en restant calme et en usant de
stratégies et de ruses pour éviter que la situation s’envenime. Cette fonction requiert
également de la part de l’agent qu’il soit à l’affût de toute information susceptible de
lui permettre de mener ses missions à bien : recherche d’informations auprès des
services, sur l’intranet ou l’Internet, actualiser l’annuaire de la collectivité, etc., les
informations étant rarement transmises par les différents services.
Enfin, l’organisation spatiale des banques d’accueil à été repensée dans la majorité
des cas étudiés : il s’agit d’apporter un accueil plus personnalisé (collectivité
moyenne), et permettre aux agents de pouvoir recevoir le public et de travailler dans
de bonnes conditions (reconfiguration des espaces : installation d’une salle de pause
à proximité de la banque d’accueil, espace vitré évitant les courants d’air fréquents,
aménagement de l’accueil et de bandes dans un atrium pour les personnes mal
voyantes, installation récente dans l’une des institution d’un dispositif à destination
des malentendants, espace alimenté en lumière naturelle pour le standard, etc.).
Rôle socio-productif
171
Principales attributions : en règle générale, l’agent d’accueil exerçant dans une
collectivité reçoit l’usager, l’oriente, le guide, le dirige et le renseigne. Selon les
organisations, il peut également participer à la sécurité, à la gestion du courrier, à
des manifestations ou évènements protocolaires, etc. tout en veillant à améliorer ses
outils.
On peut aussi ajouter l’idée qu’en situation, l’agent dépasse souvent le cadre prescrit
et formel de son travail, notamment lorsqu’il s’agit d’informer le public sur des
éléments ou des manifestations qui ne font pas partie des compétences de
l’institution. L’intervention au sein d’une organisation publique traduit cette
« renormalisation » de l’agent en action, qui donne plus de sens à son activité.
Les emplois étudiés sont des emplois d’agents d’accueil en guichet (accueil
physique) et/ou exerçant auprès d’un standard téléphonique. L’agent peut travailler
au sein d’une équipe (brigade) à mi-temps ou bien en journée continue lorsque la
personne est seule. En période électorale, recensement, rentrées scolaires, etc. le
rythme des activités peut-être intense. Une tenue vestimentaire est exigée pour les
agents d’accueil physique (costume, tailleur, etc.). Par exemple, on note du côté de
l’accueil téléphonique que l’activité étant intense, il est essentiel pour l’agent de
respecter les horaires de relais, les horaires de brigade et d’être disponible pour
remplacer un agent absent.
Position d’interface
L’agent d’accueil physique et/ou téléphonique est en relation avec tous les services
de l’établissement et notamment les secrétariats, les agents du service Courrier qui
récupèrent dans un casier les plis et/ou courriers qui arrivent par coursier pour la
distribution en interne (ou « pool Navette » pour les courriers urgents à remettre aux
bâtiments extérieurs).
Ils travaillent en étroite coopération avec les services de sécurité, ou les services de
la police municipale, qui réalisent les contrôles à l’entrée de l’établissement
(Vigipirate) ou en cas de problèmes avec un usager très violent (ce qui est rarement
le cas dans les institutions enquêtées).
Ils coopèrent également avec les services du protocole dans le cadre de leur
participation à des manifestations de type séminaires, conférences, foires, dépôts de
gerbes, etc. (activités inscrites dans le cadre de leur mission ou bien sur la base du
volontariat, selon les organisations).
172
La chaîne d’activité
173
Interlocuteur Nature de la relation
- personne chargée de gérer les Réalisation de missions ponctuelles pour divers collègues
inscriptions sur les listes Réception de documents ou d’informations provenant de
électorales l’état civil
- secrétaires des services Identification de l’ensemble des employés (notamment les
- secrétaire du maire nouveaux)
- appariteur chargé du courrier Actualisation de ses informations auprès des différents
- secrétaire en charge du services
planning Collaboration avec les services pour gérer les appels
« difficiles » ou certaines situations conflictuelles à l’accueil
Appel de la secrétaire du maire en cas de rendez-vous avec
lui
Appel des secrétaires pour leur résumer l’objet des appels
téléphoniques avant de leur transférer
Réception de l’affichage officiel à mettre dans le hall de la
mairie de la part de l’appariteur
Transmission du courrier à l’appariteur
Réalisation de certains appels pour les secrétaires
surchargées
Information des réunions à venir par la secrétaire dédiée à
cette tâche
Transmission de la liste des nouveaux arrivants à la
secrétaire du maire
Maire Réalisation d’appels téléphoniques, notamment lors de sa
permanence
Police municipale Gestion des situations qui dégénèrent ou deviennent
violentes
Responsable hiérarchique Relation hiérarchique
Entretien d’évaluation annuel (transmission des souhaits
réciproques, notamment en termes de formation, de
mobilité, mise à plat des différentes choses…)
Prise des messages à destination de la responsable quand
celle-ci n’est pas là
Stagiaires (troisièmes, bacs pros…) Prise en charge régulière de stagiaires en formation
France-Télecom Révision et mise à jour des numéros de téléphone de la
mairie
Divers organismes extérieurs Prise de connaissance de manifestations à venir
Transporteurs de colis Réception des colis
174
Interlocuteur Nature de la relation
Secrétariats des élus Vérifier si les personnes qui se présentent au conseil
Elus régional et qui prétendent avoir rendez-vous avec un élu
disent bien la vérité
Orienter les élus lors des réunions plénières
Collègues de l’accueil : Adresser à la personne chargée d’acheminer le courrier
- personne chargée de faire la entre les différents services des plis ou des dossiers à
navette entre les services, entre remettre (notamment les dossiers de demande de
l’accueil et la cellule subvention subvention à la cellule correspondante)
notamment Savoir où se tiennent les réunions externes en cas de
- collègues de brigade demande
Réunions de service (très occasionnelles), pour faire un
bilan des points positifs et négatifs de l’accueil, et améliorer
le fonctionnement
Vigiles, PC sécurité Appartenance à la même direction
Recours au PC sécurité en cas de problème (par exemple
lorsqu’il faut raccompagner une personne énervée à
l’extérieur)
Responsables hiérarchiques Relation hiérarchique
(notamment le chef de service) Recours en cas de besoin (personne qui se montre
menaçante à l’accueil…)
Réunions de service (très occasionnelles), pour faire un
bilan des points positifs et négatifs de l’accueil, et améliorer
le fonctionnement
175
Tendances d’évolution
Depuis peu, des démarches qualité visant l’accueil sont mises en œuvre, en vue
d’assurer une optimisation du service et afin d’attester de l’existence des activités
d’accueil. Les responsables RH interrogés sont en accord pour dire qu’elles peuvent
contribuer à favoriser l’évolution et l’image de la profession tout en donnant une
meilleure visibilité à la fonction. C’est le cas d’un conseil régional et d’un conseil
général dans lesquels on retrouve cette préoccupation (notes de service, référentiel,
charte de bonnes pratiques) notamment au travers de la mise en place de groupes
de travail censés leur permettre de réfléchir aux moyens d’améliorer la qualité de
l’accueil physique et téléphonique en lien avec les activités principale de l’institution
concernée (animation du réseau interne, animation de l’équipe d’accueil, formation,
consignes de travail, moyens de travail, etc.).
L’évolution de la fonction passe aussi par l’image que les collectivités véhiculent tant
en externe qu’en interne à l’établissement. Par exemple, une expérimentation est en
cours au sein d’une mairie laissant présager l’élargissement à venir des tâches
d’agent d’accueil central : un service de pré-accueil Etat Civil dispensé par l’agent y a
été mis en place récemment (informations relatives aux documents que l’usager doit
apporter, gestion de la prise de rendez-vous pour les usagers). Cette évolution tient
aussi du fait de l’apparition du passeport biométrique. L’objectif dans ce cas est de
contribuer à modifier la perception qui existe de cette fonction, mais aussi à soulager
le bureau d’Etat Civil souvent surchargé.
176
La Nouvelle Bonification Indiciaire (NBI) est un complément indiciaire de
rémunération pour accomplir des activités d’accueil. Il ne s’agit pas d’une prime. Elle
est définie par le décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 qui abroge le décret n° 91-711
du 24 juillet 1991 modifié. L’accueil garanti par l’agent d’accueil ou l’agent
administratif de catégorie B ou C (puisque l’accueil se fond dans d’autres fonctions)
acquière donc une reconnaissance supplémentaire au travers de cette revalorisation
de l’indice de rémunération.
177
3) Agent d’accueil : l’accueil au siège parisien de deux ministères
Les activités d’accueil sont gérées au niveau des administrations centrales par des
cadres appartenant généralement aux directions logistiques, et en leur sein par un
responsable de bureau particulièrement chargé du « pôle accueil ».
Depuis quelques années deux modèles de gestion coexistent :
- l’activité d’accueil est assurée par des agents appartenant au ministère
considéré,
- l’activité fait l’objet d’une externalisation auprès d’un prestataire, à l’instar de la
sécurité ou du nettoyage.
Le second modèle s’est développé depuis 20 ans, en particulier dans les ministères
occupant des locaux modernes, dans des quartiers d’affaire (la Défense par
exemple) où des sociétés spécialisées assurent déjà une prestation en pied de tour,
pour plusieurs utilisateurs. Au gré des déménagements et des regroupements, le
modèle de l’externalisation semble se diffuser. Son principal avantage aux yeux des
gestionnaires est la simplification de la gestion des ressources humaines pour des
postes de travail ayant des horaires atypiques du fait de l’amplitude des plages
horaires d’ouverture de ces institutions (problèmes de recrutement et de statut
d’emploi pour des temps non complets, de carrière etc.). L’autre facteur avancé est la
facilité avec laquelle sont gérés les remplacements au pied levé des personnels
absents. En effet, compte tenu des procédures strictes de contrôle d’accès des
entrées/sorties dans des locaux qui abritent des directions d’administration (et/ou des
cabinets ministériels) susceptibles d’être l’objet d’intrusions malveillantes, ces postes
se doivent d’être pourvus en toute circonstance.
Nous avons observé les deux situations, l’une où l’accueil est encore réalisé en
interne par des fonctionnaires, et l’autre où à l’occasion d’un déménagement, il a été
totalement externalisé il y a un an. Bien que ce choix soit relativement transparent
pour une bonne partie des visiteurs, des différences assez sensibles ont pu être
notées dans le contenu des activités réalisées. Nous en rendrons compte dans le
paragraphe consacré à la « variabilité » de l’emploi dans des contextes différents.
Dans les deux cas l’accueil téléphonique (standard) a été dissocié de l’accueil
physique, qui se trouve, du coup, débarrassé de tout traitement d’appels entrants, à
l’exception des appels concernant spécifiquement l’équipe d’accueil. Nous n’avons
pas traité pour autant la fonction accueil téléphonique en plateforme autonome car
20
Au cours de la rencontre avec les responsables de la logistique et ceux du prestataire, aucune
allusion spontanée à ce type de difficulté n’a été évoquée.
178
elle a été observée dans le cadre des investigations menées au sein des collectivités
territoriales.
179
Pour chacun des prestataires, un correspondant interne a été identifié au sein du
service logistique pour assurer le pilotage du contrat. En 2005 une formation a été
mise en place pour aider les personnels à assurer cette nouvelle mission. Cette
fonction d’interface est en effet devenue essentielle : ce sont les pilotes de chaque
marché qui sont chargés au quotidien de vérifier la bonne application du cahier des
charges et d’évaluer la qualité de la prestation. Pour l’accueil, c’est le pilote qui est
appelé en premier lors de toute difficulté rencontrée avec un visiteur : il est supposé
se déplacer pour essayer de régler le problème, par exemple pour trouver une
solution à la personne qui insiste pour rencontrer quelqu’un alors qu’il n’a pas de
RDV.
Une réunion par mois est organisée avec le prestataire pour faire le point de tous les
problèmes, et faire état de toutes les remarques qui ont pu remonter au bureau
logistique sur la qualité de l’accueil. Si un agent ne donne pas satisfaction au pilote,
celui-ci peut demander son changement de poste à l’intérieur de l’équipe (ex. du
cabinet vers un poste grand public), mais il peut aussi exiger son départ de l’équipe.
Résumé de l’emploi
Contexte d’exercice
Comme les grandes entreprises, les ministères gèrent de plus en plus souvent
l’accueil de leurs sièges parisiens en faisant appel à des sociétés prestataires de
services. La gestion internalisée n’a cependant pas disparu de tous les sites, certains
ministères choisissant de conserver des services internes dans les sites les plus
prestigieux, là où se trouvent les cabinets des ministres, qui suscitent la curiosité du
public, ou au contraire dans les sites plus techniques, peu connus du grand public.
Dans beaucoup de sites, la tenue de nombreuses réunions génère des flux
importants de visiteurs sur des laps de temps assez courts, en début de matinée et
d’après midi. Dans tous les cas, le contrôle strict des entrées/sorties fait l’objet de
procédures précises, partagées entre les agents d’accueil d’un côté et les agents de
sécurité de l’autre.
Rôle socio-productif
180
sur le fonctionnement du ministère, sur les conditions d’accès à certains services ou
à certaines procédures, ou sur les personnes qui y travaillent.
Conditions d’exercice
Les postes d’accueil sont situés dans des halls d’entrée souvent très difficiles à
chauffer l’hiver, soumis aux courants d’air provoqués par l’ouverture des portes
extérieures. Ils sont assez fréquemment mal conçus au niveau ergonomique pour les
agents, qui disposent rarement des surfaces nécessaires au déploiement de
l’ensemble des outils dont ils ont besoin (cahier de RDV, listes de réunions,
annuaires internes, boites à badges etc.) et doivent souvent forcer la voix pour se
faire entendre. Les agents travaillent généralement en deux brigades successives
(matin et après midi), du lundi au vendredi. Ils sont le plus souvent astreints au port
d’un uniforme, et doivent avoir en toute circonstance une apparence soignée. Ils sont
confrontés fréquemment à des personnes manifestant de manière agressive leur
impatience ou leur incompréhension vis-à-vis des procédures de contrôle,
notamment aux heures de pointe où démarrent toutes les réunions. Lorsqu’ils
travaillent seuls ils peuvent avoir des difficultés à quitter leur poste pour prendre une
pause, hors de la vue des visiteurs.
Position d’interface
Variabilité
La principale source de variabilité des activités des agents d’accueil est le statut sous
lequel interviennent les agents : fonctionnaires du ministère ou salariés d’un
prestataire de service. En effet, à la différence des premiers, les seconds sont
rarement à même de pouvoir renseigner un public de visiteurs qui se présentent sans
être invités, sur la vie du ministère, les services qu’ils peuvent y trouver, les
personnes qu’ils peuvent y rencontrer en fonction des problèmes qu’ils ont à
résoudre. Le cahier des charges peut donc difficilement inclure ce type de prestation,
alors qu’il est revendiqué comme faisant partie intégrante du métier par les équipes
internes. Cette dimension de l’activité a d’ailleurs été spécifiée dans le référentiel
d’activité récemment actualisé du métier d’agent d’accueil et d’information, au
ministère de l’Education nationale 21 .
21
Parmi les 6 « activités principales » de la fiche figure l’activité « informer et renseigner l’usager », et
dans la liste des « compétences principales » figure celle-ci : « apporter une réponse personnalisée à
des besoins spécifiques ».
181
Chaîne d’activités
Tableau des relations des agents d’accueil d’un site parisien de ministère
Tendances d’évolution
182
Annexe n° 3 : L’accueil dans les transports (ETED)
1) Compagnie maritime : l’agent commercial passagers piétons et/ou véhicules
L’entreprise dans laquelle les emplois ont été étudiés a pour activité le transport
maritime de passagers, de fret et de transit, sur des destinations de continuité
territoriale et des destinations internationales. Il s’agit d’une ancienne compagnie
maritime dont la gouvernance a connu des transformations significatives au début du
XXIème siècle en relation avec une importante et rapide ouverture à la concurrence.
L’effectif total de l’entreprise en 2007 était de l’ordre de 2 000 salariés dont 70% de
navigants et 30% de sédentaires exerçant en agences de voyages et en agences
portuaires.
L’organisation du travail et les conditions de travail sont différentes selon la taille des
agences. Chacun des quatre sites présente une répartition des agents sur des
postes distincts : selon le type de transport (passagers ou fret sur le site principal et
le site 3) ou selon la localisation des activités (en gare ou sur les quais sur les sites 2
et 3). Le site 4 est exclusivement dédié au transport de passagers.
Chef d’équipe 11 4 2 1 1 3 1 1 24
ou
coordinateur
Lors du pic d’activité de la haute saison (mai-octobre), les effectifs du site principal
sont multipliés par trois et par deux ailleurs.
22
Désignés par l’appellation « agents commerciaux passagers » dans la suite du document.
183
La prédominance féminine parmi les titulaires des emplois n’est pas très marquée et
deux tranches d’âge sont surreprésentées parmi les salariés : 30-35 ans et 47-52
ans.
Directeur agence
Responsable exploitation
Dans l’entreprise, les emplois d’accueil sont régis par le statut du personnel
sédentaire (approuvé par décret du 17 juillet 1979, annexes modifiées par décrets du
15 mars 1983 et du 9 novembre 1987) mais les métiers actuels ne sont pas
positionnés dans cette nomenclature et la classification se fait par assimilation et
équivalence avec des métiers qui n’existent plus (par exemple A2 « agents qualifiés :
commis, secrétaires, brigadiers… » ; A3 « agents hautement qualifiés : employés
principaux… »). Les emplois de vendeurs téléconseillers et d’agents commerciaux se
situent à un niveau d’entrée dans la fonction commerciale à un premier niveau de
rémunération au SMIC en A2.2 et jusqu’à A3. L’objectif de la refonte des
classifications en cours est d’associer une rémunération déterminée par une grille de
classification à une fonction et de développer un système complémentaire de
rémunération des compétences.
Résumé de l’emploi
Le contexte d’exercice
L’activité des agents est déterminée sur le site principal par des conditions
environnementales très défavorables à l’exercice optimum d’une fonction d’accueil.
Les infrastructures sont inconfortables et peu propices à générer la satisfaction de la
clientèle, d’autant plus qu’un segment important de celle-ci se trouve d’emblée dans
une situation de stress important dès son arrivée en gare maritime (long voyage sur
route, obligation de stationner à l’extérieur du port dans des conditions précaires,
incertitudes concernant les conditions de passage en douane et de contrôle de police
184
à l’embarquement et au débarquement, retards fréquents et cumulatifs dans les
rotations des bateaux). Il en résulte des difficultés relationnelles et des conflits
fréquents dans les relations avec la clientèle. De plus, le nombre important d’erreurs
commises par les agences émettrices de billets et de réservation ou par les clients
qui effectuent imparfaitement leur achat en ligne engendre souvent des
redressements tarifaires propices aux conflits. A la différence des chargés d‘accueil
qui exercent dans d’autres infrastructures de transport (gares, aéroports), l’agent
commercial maritime sur ce site principal est de surcroît plus éloigné des personnes
pouvant le protéger des agressions ou des violences du public, notamment lors des
affluences massives en période estivale.
Rôle socio-productif
185
Les conditions d’exercice
Sur le site principal, l’amplitude journalière du travail pour les agents commerciaux
est 6h-20h en basse saison, 5h-23h en haute saison. Le travail s’effectue à ciel
ouvert, sous hangar, en guichet ou en guérite.
Position d’interface
L’agent est en relation avec les acteurs internes à l’entreprise et des acteurs
externes pour les opérations d’embarquement et de débarquement. En interne :
service bagages, navigants (assistants de bord ou aux manœuvres à quai), service
fret. En externe : services de police et de douanes, personnels du port.
Variabilité
Il s’agit d’un emploi polyvalent, l’agent étant appelé à des changements de poste au
cours de la journée de travail (guérite de contrôle, guichet, circulation, quai).
La chaîne d’activités
186
Tableau du réseau des relations
Acteurs portuaires : L’AC demande l’aide de vigiles pour guider les véhicules qui font demi
vigiles, exploitants tour à l’entrée dans la gare maritime, ou en en cas de comportements
portuaires, PAF, violents ou agressifs de la part de passagers
Douanes, Porteurs de L’AC communique avec les agents techniques d’exploitation portuaire au
bagages moment des manœuvres des portails et passerelles.
L’AC informe les services de douanes et de police de la mise en place
des véhicules en amont des contrôles, puis organise la circulation des
véhicules au passage des contrôles
Accompagne les passagers auprès des porteurs pour déposer ou
récupérer leurs bagages
187
activités (accueil à l’entrée du port, contrôle, stockage, contrôle et modification de
billetterie, embarquement), les salariés qui la constituait passant à des fonctions
d’encadrement (principalement en tant que superviseur, chef d’équipe, voire
coordinateur méthodes qualité). Aujourd’hui, un chef d’équipe sur deux est issu de
ces recrutements et ont un niveau bac+2. Le changement a finalement été conduit et
accompagné par des formations techniques en vente et en tarification pour les
contrôleurs de passagers piétons et en informatique pour les contrôleurs des
véhicules. Simultanément, un nouveau cycle de travail commun pour les services
(celui du traitement des piétons et celui du traitement des passagers véhiculés) a
constitué un levier de polyvalence (les journées de travail étant définies sur 12
semaines en rythme fixe et connues 5-6 semaines à l’avance). A partir de cette
réorganisation, la direction supprimera les dernières barrières existantes entre les
activités d’accueil des piétons et de circulation des véhicules avec la création de
« l’agent commercial passagers (piétons et/ou véhicules) ». L’organisation du fret ne
sera pas touchée, les activités au guichet (accueil des transporteurs, délivrance des
titres de transport, validation de facturation) et celles de manutention (accueil de
transporteurs sur le quai, réception des remorques, vérification de la mise à bord par
les dockers) restant distribuées à deux équipes spécialisées. Ces changements
d’organisation et la redéfinition des emplois en cours ne suppriment pas cependant
un sentiment de non reconnaissance et de dévalorisation parmi le personnel des
services commerciaux en relation avec la clientèle. Des chargés d’information
souffrent de la dégradation de leurs conditions de travail et expriment un certain
désengagement vis-à-vis de l’entreprise (absentéisme, dégradation des relations
avec la clientèle).
Pour la plupart, ce sont des salariés qui ont occupé récemment leur fonction puisque
20 d’entre eux ont une ancienneté inférieure ou égale à 4 ans mais qui ne sont pas
pour autant des débutants dans le domaine du transport aérien et du tourisme.
188
L’organigramme ci-dessous permet de mieux situer ces emplois dans la direction de
l’Exploitation et la ligne hiérarchique qui les encadre :
Chef
Dép. Terminaux
Chargé exp.
Responsable
Gest. hygiène et Agents Agents
propreté qualité de vie d’information télé- contrôleurs
conseillers qualité
Gest.
collecte Responsable
logistique
Résumé de l’emploi
Le contexte d’exercice
Rôle socio-productif
189
Les principales attributions : les chargés d’information et télé-conseillers réalisent
deux missions spécifiques en contact direct avec les clients et partenaires de
l’aéroport : accueillir, orienter, renseigner et assister les passagers et les clients aux
bureaux d’information ou dans les terminaux en tant qu’agent mobile; et assurer la
fonction de télé-conseiller à l’ERC (traitement des appels téléphoniques et courriels).
Lors des périodes estivales ou des pics d’activités liés à des évènements locaux, les
effectifs des chargés d’information et télé-conseillers sont augmentés d’une dizaine
de salariés intérimaires. Le chargé d’information effectue une rotation quotidienne de
8 heures sur ces trois postes, son service étant organisé en vacation par roulement
en fonction des horaires d’ouverture des terminaux (de 5h30 à 24h, 7 jours sur 7).
Des dépassements d’horaires sont possibles dans le cadre des obligations de
prolongation de service propres aux activités aéroportuaires (arrivées tardives des
vols, relations avec différents prestataires de service ou partenaires aéroportuaires
en situation de crise, etc.)
Position d’interface
L’agent joue un rôle de relais pour une grande partie des informations qu’il
communique. Les compagnies aériennes (agent d’escale, assistants) représentent
les principales sources avec lesquelles il est en contact régulier. D’autres services de
l’aéroport, notamment de contrôle et d‘exploitation, de sécurité et de logistique sont à
la fois destinataires et sources d’information.
Variabilité
La variabilité tient essentiellement à la différence des postes occupés dans les trois
banques d’accueil. L’une, située au terminal 2, a une double fonction de réponse aux
demandes relatives aux arrivées et aux départs, alors que les deux autres, en
terminal 1, sont spécialisées par leur localisation (arrivées ou départs).
Chaîne d’activités
Améliorer la qualité du service rendu dans le
domaine de l’accueil et de l’information
Participer à
Recevoir, renseigner et orienter les passagers et les la sécurité
visiteurs dans les terminaux des
Gérer à distance la relation avec la clientèle personnes et
Maintenir la qualité des installations et la continuité à la sureté
des prestations commerciales de l’aéroport des
installations
190
Tableau du réseau des relations
Public : voyageurs, attendants, Informe, oriente sur le trajet du circuit d’embarquement et l’accès
autres clients aux services aéroportuaires
Vient en aide pour usage des automates, lecture des panneaux
affichage, rendez-vous…
Compagnies aériennes Reçoit l’information sur les vols, les assiste sur les banques
(assistants) d’enregistrement en cas de panne de tapis, de BLS
Commerçants, salons, centre Contrôle les horaires d’ouvertures, la qualité des services et
de services, entretien de la produits
propreté
Acteurs touristiques Etablit des réservations et demande des renseignements
191
3) La SNCF
Au niveau des effectifs, les agents d’escale sont le groupe le moins nombreux
(3 000 environ), les vendeurs (et télévendeurs) étant autour de 9 000 et les
contrôleurs et chefs de bord près de 12 000 (CDI et CDD). Au moment des pics
d’activité saisonniers, les agents d’escale reçoivent les renforts des « gilets rouges »,
qui gèrent les flux, accueillent et orientent sur les quais : il s’agit généralement
d’étudiants recrutés en CDD par la filiale Effia de la SNCF.
23
Définition de la mission de l’Agent d’accompagnement clientèle des trains dans la fiche métier de la
SNCF : « Il assure l’ensemble des missions de service à la clientèle dans les trains. Ces missions se
déclinent autour de la relation de service, de respect des règles de sécurité et de l’assistance. Elles
visent à la fois la qualité des prestations fournies à bord et à quai, la sécurité de la clientèle et la
sauvegarde des recettes. Il a des responsabilités touchant à la circulation des trains, pour la part qui
lui incombe ».
192
conditions difficiles d’exercice du métier (horaires décalés, travail tard le soir jusqu’à
minuit..), lesquelles expliqueraient une forte masculinisation.
Quant à la catégorie des vendeurs, là ce sont les femmes qui sont majoritaires (60 %
globalement), mais la part des femmes progresse encore parmi les plus jeunes :
(73 % des moins de 35 ans).
Pour la DRH, l’accueil n’est jamais une activité exclusive en soi, elle est toujours
associée à une autre finalité : « accueil et orientation, accueil et information, accueil
et assistance, accueil et vente … ». Dans les petites gares, la polyvalence est
beaucoup plus accentuée, car l’agent d’accueil fait systématiquement de la vente et
de la gestion du site. Ils assurent aussi « l’ambiance », selon les termes d’un
193
professionnel, c’est-à-dire qu’ils gèrent la logistique en veillant à la sécurité des
voyageurs.
En matière de recrutement, les trois métiers recrutent de manière identique à
niveau bac (général ou professionnel), ce dernier étant considéré comme un
maximum. Les bacs pro Service, Commerce et Vente sont cités comme bien
adaptés. Mais « la priorité aujourd’hui n’est plus le diplôme, c’est l’expérience qui
prime. ». Est particulièrement recherchée une expérience de nature commerciale,
mais le recrutement se fait sur la base de tests d’aptitude très élaborés.
« Recrutement des profils avec une capacité verbale, numérique (capacité de
mémorisation), de la conscience professionnelle, de l’autonomie, de la convivialité,
de la communication, de l’esprit d’équipe, de la médiation et le sens du service (aller
au devant des gens…). Pour évaluer au mieux ces tests, nous avons un
psychologue qui joue le rôle du client avec des exigences beaucoup plus importantes
aujourd’hui. »
En Ile-de-France le recrutement est plus tendu car les besoins sont plus importants
et la concurrence des autres prestataires de services plus importante.
194
Structuration des activités sur un site (gare de grande ville)
Les deux équipes (plus l’équipe réserve) sont mises à contribution pour constituer
l’effectif des agents d’accueil présents en gare à un moment donné de la journée.
Cet effectif, variable selon l’heure de la journée, est géré, sur le terrain, par un
responsable unique, le « coordonateur des opérations en gare », qui en assure
l’animation et veille à la bonne répartition des agents aux différents postes de travail
(accueil guichet, fond de gare, quais d’embarquement), en fonction de l’affluence et
des aléas de circulation des trains. Il peut à tout moment affecter des agents
d’accueil guichet sur les quais et inversement, notamment lorsque les files d’attentes
au guichet s’allongent exagérément.
Les plages très larges d’ouverture des gares (4h30 du matin - minuit) se traduisent
par la mise en place de plusieurs types d’horaires de travail, certains agents prenant
en charge les horaires dits « extrêmes », incluant l’ouverture ou la fermeture : 4h/12h
24
Depuis le 01/01/2010. Auparavant l’établissement comptait une troisième UO, dite « circulation ».
Celle-ci est désormais passée dans une autre entité, pour éviter que la même entité juridique gère à la
fois la circulation de trains pouvant appartenir désormais à différentes compagnies et l’accueil et la
vente pour une compagnie.
25
Depuis le 01/01/2010. Auparavant l’UO escale comptait un troisième service « gestion du site », qui
a été rattaché à une autre entité dans la perspective d’une autonomisation de l’infrastructure gare.
195
ou 16h –Minuit), alors que d’autres travaillent sur des roulements de journée (ex
10h/18h). La durée du poste est de 7h 45 ou de 8h selon les cas, en continu, avec
deux coupures (20 minutes et 30 minutes) par poste.
Résumé de l’emploi
Contexte d’exercice
Rôle socio-productif
Conditions d’exercice
Les agents d’escale exercent leur activité au sein de l’espace gare, qui est un
espace ouvert, soit au sein de mini-espaces fermés (bulle accueil, guichets intégrés
à des salles d’attente), soit sur l’ensemble des espaces ouverts (fond de gare, quais).
Leurs conditions de travail pâtissent du bruit ambiant, très élevé, et des variations de
température selon les saisons. Ils travaillent dans un brouhaha permanent,
entrecoupé d’annonces audio qui peuvent couvrir les voix de leurs interlocuteurs. Si
196
l’activité connaît des pics réguliers d’activité, liés aux heures d’arrivée ou de départ
de certaines lignes très utilisées, elle est très largement sujette à des pics aléatoires,
liés aux incidents du trafic ferroviaire. Ils ne peuvent jamais prévoir à l’avance si la
journée sera calme ou non, toutes sortes d’aléas pouvant perturber le trafic (pas
seulement des aléas climatiques). Ils travaillent toujours en tenue, de manière à
pouvoir être repérés facilement par les voyageurs qui ont besoin d’information. Ils
sont quotidiennement confrontés à des voyageurs en colère, énervés, revendicatifs,
qui subissent les aléas du trafic et en tiennent grief aux agents de la SNCF,
soupçonnés régulièrement de ne pas faire leur travail et de se moquer de leurs
clients. Ils travaillent en brigades successives et certains assurent des horaires de
nuit, à l’ouverture et fermeture de la gare.
Position d’interface
Variabilité
Chaîne d’activités
197
Tableau des relations
198
Tendances d’évolution
La qualité de l’accueil en gare est désormais une préoccupation majeure de
l’entreprise, dans un contexte marqué par la perspective d’une ouverture du marché
du transport ferroviaire à la concurrence. Un processus de formation des agents à la
dimension « relation de service » de la fonction d’accueil/information a accompagné
cette stratégie de l’entreprise en matière de développement de la qualité de la
relation de service en gare. Des procédures de contrôle systématique de cette
qualité ont été mises en place, et se traduisent par la réalisation d’observations par
des « clients mystère », dotés de grilles d’analyse sophistiquées.
Les résultats de ces évaluations participent au processus de notation des gares, et
en leur sein des équipes d’accueil, ces notes ayant désormais un impact en termes
de rémunération des agents, à travers le versement de primes trimestrielles.
Structure de la SNCF
199
SNCF Geodis : la logistique de marchandises
Geodis : opérateur global de la chaine logistique dans 120 pays : messagerie
express, logistique contractuelle, commission de transport aérien et maritime, route.
STVA ; un leader européen de la logistique des véhicules finis
Transports ferroviaire de marchandises : frets SNCF, VFLI et les opérateurs de
transport combiné rail + route (Naviland, Cargo, Novatrans….)
Gestionnaire d’actifs : des wagons SNCF (France Wagons, Ermewa) de wagons
spécialisés (transengrais, CTC)
Directeur
d’établissement
Adjointe
service
info gare
Agent Agent
d’accueil d’accueil salon
salon grand grand voyageur
voyageur
200
Résumé de l’emploi
Contexte d’exercice
L’agent d’accueil du salon grand voyageur travaille en 2/8 (5h15 /13h ; 12h40 /20h),
une semaine le matin, une semaine l’après midi. Il travaille deux week-ends sur six
au guichet (les collègues des guichets en font plus). 20 minutes sont consacrée à la
passation de l’activité entre les deux collègues afin de faire le point sur les
informations de circulation, sur la caisse, sur un point particulier (pas de journaux par
exemple). Le salon grand voyageur est ouvert du lundi au vendredi, il est fermé le
samedi et le dimanche et jours fériés.
La semaine de l’interviewée : elle travaillait le lundi, mardi, mercredi, était en repos le
jeudi et le vendredi et elle travaillait les samedis, dimanche, lundi, mardi, mercredi
repos. 5 jours de travail, deux jours de repos.
Pic dans la journée 5h30-8h pour des échanges et des retraits de billets via les
réservations faites par une agence de voyages. Les gens arrivent avec un code de
réservation à retirer en gare. Ils donnent la référence et leur nom, on leur donne leur
billet automatique.
A propos des titulaires d’emploi (TE)
Intitulé du poste : agent au salon grand voyageur
Condition de recrutement : bac pro Gestion des transports sur Paris
Première expérience professionnelle sur Paris : dans une entreprise de messagerie
de transports pour gérer les tournées chauffeurs.
Elle a intégré la SNCF Paris gare du Nord au service commercial, fonction : agent
commercial au guichet. Evolution au sein de la SNCF : guichet, sollicité une mutation
en région. A obtenu un poste dans la région demandée, au guichet pendant un an et
demi. Elle est arrivée dans la ville actuelle en changeant de fonction : du guichet elle
intègre l’équipe Escale, il s’agit de l’équipe accueil de la gare, ceci pendant un an et
demi.
On lui fait ensuite deux propositions de postes : le premier au salon grand voyageur
et l’autre en boutique. Elle a préféré le salon grand voyageur car en centre ville « on
est décalé par rapport à la gare j’aime bien le mouvement de la gare, j’aime bien les
allers et venues en gare, en boutique on est plus à l’écart de ce qui se passe
concrètement au niveau des mouvements, des départs des arrivées des trains. » Elle
est donc au salon grand voyageur depuis avril 2009.
Insertion : contactée six mois plus tard, elle a commencé à faire deux mois en
intérim, puis trois mois en CDD, elle a ensuite été embauchée en CDI en qualité de
technicien de maintenance. Salaire net mensuel 1300 euros, plus primes soit 1500
euros.
Rôle socio-productif
Finalité globale : accueillir, informer, échanger les billets des détenteurs de la carte
grand voyageur.
Principales attributions :
- accueillir les porteurs de la carte grand voyageur dans le calme : dans un lieu
chauffé ou climatisé selon la saison ; accès aux toilettes gratuits, ils sont payants en
gare, l’accès à la presse, wifi ; possibilité de réaliser 5 photocopies ; accès à des
distributeurs de boissons chaudes à un tarif préférentiel ; vérifier l’accès au salon par
les détenteurs de la carte GV et d’un billet du jour.
201
- répondre aux demandes des clients ;
- réaliser des échanges de billets ;
- éditer des billets pour les agents de la SNCF ;
- éditer des billets pour les clients « entreprises » ;
- informer les clients d’éventuels retards, de perturbations ;
- présenter et vendre la carte « grand voyageur » ;
- se rendre disponible pour les clients ;
- maintenir le calme dans le salon (parler à voix basse).
● Chaine d’activité
Etablir une relation de service
Echanger des billets
Renseigner Guider /orienter Commander des billets pour tous les
salariés et les distribuer
Garantir calme et sécurité aux détenteurs de la carte grand voyageur
202
Troisième partie
PAUL KALCK
203
204
Introduction
Le projet initial prévoyait que le groupe serait constitué à l’occasion des entretiens de
cadrage menés dans le cadre de la mise en œuvre de la méthode ETED avec les
responsables des institutions et entreprises. Pour des raisons de calendrier des
travaux, assez largement conduits en parallèle, nous avons été conduits à prospecter
d’autres institutions et entreprises, à rencontrer leurs dirigeants, et à leur expliquer
les modalités et les finalités de l’exercice. Pour des raisons de coût du dispositif,
nous avons choisi de solliciter des institutions et entreprises implantées dans la
même région. Les entretiens réalisés avec les dirigeants et personnels
d’encadrement des institutions représentées dans le groupe de travail sont venus
enrichir, préciser et parfois pondérer les observations et réflexions du groupe de
professionnels. Le croisement du regard des professionnels sur leurs métiers avec
celui de leurs supérieurs hiérarchiques s’est révélé tout particulièrement utile à la
définition des scénarios prospectifs du métier.
Comme la démarche d’étude que nous avons employée est un peu nouvelle au
Céreq, il est apparu utile de la retracer ici avant d’en expliciter les fondements.
La démarche que nous avons utilisée avait été testée auparavant avec six groupes
de professionnels du bâtiment, puis avec des boulangers et des pâtissiers, et enfin
avec des chaudronniers et des mécaniciens. Toutes ces réunions avaient eu lieu à
l’initiative des responsables des instituts supérieurs des métiers, structures créées
par l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir dans l’objectif de favoriser un
dialogue, ouvert à tous, sur le devenir des métiers. Ce contexte nous avait amené à
composer des groupes associant titulaires d’emploi et personnel d’encadrement,
voire d’y intégrer d’autres participants comme des fournisseurs, des chercheurs, ou
des formateurs. Le cadre compagnonnique offrait une grande capacité de dialogue,
et la réflexion commune sur le métier nous a semblé s’enrichir de cette diversité de
points de vue. Toutefois nos deux dernières expériences dans le milieu industriel
furent moins probantes et nous avons conclu que la présence de titulaires d’emploi
205
et d’encadrants dans le même groupe est difficile à gérer et ne peut être un atout que
dans des cas particuliers C’est donc avec prudence que nous avons maintenu cette
possibilité pour l’étude sur les métiers de l’accueil. Seules deux entreprises dont
l’activité est liée au transport des passagers ont pu envoyer des agents d’accueil
accompagnés de leur responsable hiérarchique.
Secteur
Domaine Emploi occupé Sexe
d’activité
Piscine municipale Maître-nageur H
Agent d'accueil F
Fonction publique
territoriale Bureau municipal de Agent administratif F
proximité (BMDP)
Funérarium Agent d'accueil F
Fonction publique Monument historique Agent d'accueil et de surveillance du H
d’Etat patrimoine
Plate-forme de service public Agent de développement F
Associations (PFSP)
Cité des métiers Agent d'accueil et animateur cyberinfo H
Hôpital privé Agent d'accueil et standardiste F
Compagnie maritime de Agent commercial F
Entreprises traversée en bateau Coordonnateur H
Bureau d’information d’un Chargée d’information, téléconseiller F
aéroport Manager H
- Accueil ou médiation
Médiation sociale et accueil 27 relèvent de deux positionnements distincts dans la
relation que les professionnels établissent avec le public : aller à la rencontre de
populations menacées d’exclusion (sans domicile fixe, consommateurs de drogue,
26
Pour la fonction publique d’Etat, on peut notamment lire les résultats de l’enquête réalisée sur les
guichetiers du service des étrangers des préfectures (Spire, 2008).
27
La journée d’étude organisée par l’agence de médiation sociale sur le thème « La médiation
sociale, quel rôle dans la cité ? » nous a permis de rencontrer des responsables très soucieux de
défendre la spécificité des médiateurs même si les jeunes affectés aux différents domaines (vie du
quartier, transports collectifs, environnement des collèges) paraissent souvent douter de la réalité de
ces « métiers ».
206
prédélinquants…) et accueillir un client ou un patient demandeur d’une prestation ou
d’une aide déjà définies, constituent deux approches différentes. Les études menées
au Céreq à la fin des années 90 sur les « intervenants de proximité » qu’il s’agisse
des « médiateurs de ville » (Labruyere, Savoyant, Teissier, 2000) ou des
« médiateurs santé » (Causse, Roche, 2002) font bien apparaître la spécificité de ces
activités qui consistent à « aller à la rencontre » des publics et non à les « recevoir »,
même si, comme les activités d’accueil, elles incluent une mission d’information. La
frontière entre l’accueil et la médiation pourrait cependant évoluer. D’autres études
du Céreq montrent que des professionnels exerçant une activité à dominante accueil
sont amenés à intégrer partiellement cette dimension de médiation. C’est le cas des
référents animateurs jeunesse (Roche, Hoarau, 2009), des conseillers principaux
d’éducation (Cadet, Causse, Roche, 2007), voire des intermédiaires des politiques
de l’emploi (Causse, Roche, 1997). L’association de ces deux démarches reste un
exercice délicat. Pour un agent du Pôle emploi, quitter le guichet ou la banque
d’accueil pour aller à la rencontre du public consultant les offres ou explorant la
documentation, demande un effort particulier. Les référents animateurs jeunesse ont
du mal à concilier deux démarches aussi différentes que la rencontre des jeunes
fréquentant le centre social et l’animation d’un atelier. Tout cela donne matière à
réflexion sur l’évolution des métiers à forte composante relationnelle et nous en
avons tenu compte dans la composition du groupe de travail en cherchant à inviter
des agents œuvrant dans des structures dont le champ d’intervention est
particulièrement large (les plates-formes de service public, Allô mairie) ou qui offrent
des ressources en self-service associées à des services personnalisés (Cité des
métiers). Dans ces structures, le souci de transversalité des services et de
diversification des modes de réponses à la demande sociale, pousse les agents
d’accueil à aller à la rencontre du public.
207
prennent une place croissante dans la gestion de la relation entre l’agent d’accueil et
le client. L’accueil physique, décrit par les professionnels comme un temps de totale
disponibilité envers le client et la diversité de ses besoins, est de plus en plus finalisé
et encadré.
208
des savoir-être, des savoir-vivre qui constituent autant de manifestations de
l’appartenance à un groupe » (Chevallier, 1992). L’étude des métiers du littoral
(conchyliculteur, paludier, pêcheur) conduisait ses auteurs (Delbos, Jorion, 1984) à
mettre en évidence « l’expérience » comme source de savoir personnelle et privée,
et à suggérer que le savoir ne se transmettait pas mais se réalisait plutôt par
« frayage ». Elle invitait également à réexaminer le postulat sur lequel se fondait la
prééminence de l’école : « Le savoir propositionnel (scolaire) se présente comme
transposable à une multiplicité de circonstances tandis que le savoir procédural est
présenté comme nécessairement spécifique. En fait, le savoir scolaire n’est parfois
reconnu et utile que dans l’espace fermé que constitue la classe tandis que le savoir
procédural comme ensemble d’automatismes se révèle transposable dans d’autres
contextes. » L’étude minutieuse des artisans tabletiers et tourneurs du Jura révélait
les spécificités du savoir artisan (Schwint, 2002) et montrait l’intérêt de la notion de
mètis, cette forme d’intelligence rusée étudiée par les hellénistes (Détienne, Vernant,
1974).
La filiation entre ces travaux et ceux portant sur le développement des organisations
est illustrée par la contribution de Jean Lave (Lave, 1991) à l’émergence de la notion
de communauté de pratique (Lave, Wenger, 1991) et par les premières descriptions
de ces communautés dans des entreprises modernes, avec le cas exemplaire des
techniciens chargés de l’entretien des photocopieurs chez Xerox (Orr, 1996). Une
communauté de pratiques est « un groupe d’employés qui partagent un intérêt
commun pour un thème défini, et qui échangent de l’information, du savoir-faire, et
des expériences à travers les frontières organisationnelles, avec une motivation
commune de cultiver un climat de confiance, d’apprendre ensemble, et de
développer de meilleures pratiques pour l’organisation » (Probst, Borzillo 2007). De
même, ces travaux ont nourri les réflexions sur les relations entre travail et formation
et alimenté un point de vue critique sur l’école, comme en témoignent les
publications de Roger Cornu depuis ceux portant sur la culture ouvrière et les
pratiques sociales dans une entreprise de Port de Bouc jusqu’à la publication de son
ouvrage Education, savoir et production (Cornu, 2001). Ils ont incité les chercheurs à
retourner à une observation attentive de l’activité des travailleurs en reprenant la
distinction entre tâche (définie par l’organisation du travail) et activité (Leplat,
Montmollin, 2001), favorisé le renouvellement des approches des ergonomes avec la
référence à la notion de « compétences incorporées » (Leplat, 1992) et le
développement du cadre méthodologique des autoconfrontations simples et
croisées. Ils ont suscité une critique de la didactique des disciplines : « Une partie de
la formation des compétences professionnelles s’élabore à travers l’expérience de
l’activité de travail et au contact, plus ou moins guidé, d’un ou de plusieurs
professionnels confirmés. De ce fait, les approches classiques de la didactique des
disciplines ne sont que partiellement adaptées, et souvent insuffisantes pour traiter
les questions de formation dans le champ professionnel » (Rabardel, Six, 1995).
D’où l’émergence du courant de la didactique professionnelle (Samurcay, Pastre
1998 ; Pastré, Mayen, Vergnaud 2006) représentée au Céreq par Alain Savoyant,
mais aussi le développement d’une théorie sociale de l’apprentissage que les
« piagétiens » ont quelques difficultés à intégrer dans leurs analyses comme l’illustre
plusieurs des contributions d’un numéro de la revue « pratiques de formation » sur
les communautés de pratique (Berry, 2008).
209
Les savoir-faire ne se mettent pas facilement en mots ; ils semblent
irrémédiablement liés à l’action dans laquelle ils sont mobilisés, comme en témoigne
le recours à des notions comme celles de savoirs tacites ou de compétences
incorporées (sous-entendues incorporées à l’action). Les délais de réalisation des
études et les moyens dont dispose le Céreq permettent rarement de mener des
investigations aussi approfondies que celle des ethnologues ou des ergonomes,
mais nous pensons qu’il faut porter une plus grande attention à l’activité des
professionnels et à ce qu’ils savent des compétences qu’ils mobilisent dans leur
travail.
Depuis la philosophe Simone Weil (1951) jusqu’au psychiatre Christophe Dejours
(1993), la notion de savoir-faire a toujours été très précieuse du point de vue de la
recherche sur l’activité de travail. Elle permet aux professionnels eux-mêmes de
parler de leur métier en mettant directement l’accent sur ce qui fait sens dans leur
activité. Divers ouvrages écrits par des hommes de métier attestent de cette capacité
à énoncer et expliciter les savoir-faire du métier (Girel, 2004), mais aussi de décrire
l’itinéraire emprunté pour les acquérir, au point de paraître préfigurer l’énoncé d’une
théorie sociale de l’apprentissage (Maroli, 1978). Dès les années 1970, dans les
milieux de l’éducation populaire, l’idée de constituer des réseaux d’échanges
réciproques de savoirs était née et il existe aujourd’hui un grand nombre de ces
réseaux. Comment se fait-il que cette richesse culturelle ait été aussi peu reprise par
les institutions éducatives, les milieux professionnels et les intellectuels au point que
le concept de communauté de pratique nous revienne des Etats-Unis ?
210
Nous avons choisi d’interpeler les participants sur les savoir-faire qu’ils mobilisent
sans passer par le préalable habituel de la description de leurs tâches. Pour que la
discussion puisse s’engager entre des professionnels, par ailleurs très sensibles au
contexte particulier de leur activité – qu’y a-t-il de commun entre des activités qui
s’exercent dans une piscine municipale, un funérarium, un musée ou une compagnie
maritime ? – nous leur avons proposé de considérer qu’ils exercent tous un même
métier tourné vers l’accueil de l’usager, du client, du patient ou de l’administré. Ils ont
accepté ce postulat.
Par nature incorporés à l’action, les savoir-faire apparaissent toujours sous un jour
particulier, spécifique. On n’est pas exercé à les exprimer indépendamment de
l’action et on a souvent besoin d’expliciter le contexte dans lequel ils sont mobilisés.
Alors comment faire pour organiser la discussion et les échanges d’un groupe de
professionnels sur cette question ? Nous avons pris le parti de proposer une
typologie de dimensions de savoir-faire, chacune de ces dimensions regroupant un
ensemble de savoir-faire en fonction des finalités vers lesquelles ils sont orientés.
Nous en donnons ci-après les définitions qui devraient toutes commencer par la
phrase « sont regroupées ici tous les savoir-faire qui permettent de … ».
Au sein du groupe, nous avons commencé par définir et illustrer ce qui caractérisait
un savoir-faire. Il s’agit d’un savoir : qui s’acquiert dans l’action ; qui est issu de
l’expérience et régulièrement réinterprété ; qui est aussi acquisition d’une culture,
d’une identité de métier.
Puis, nous avons introduit chaque dimension de savoir-faire en apportant des
témoignages et extraits de textes qui illustraient quelques-uns des aspects que
pouvaient prendre les savoir-faire dans la dimension étudiée afin que chacun
comprenne, par des exemples, ce qui était attendu.
211
Définition succincte des dimensions de savoir-faire :
Les interventions ont été de plus en plus longues et structurées au fil des heures.
Lors de l’examen des premiers thèmes, la discussion s’est un peu écartée des
thèmes proposés. Les participants, qui ne se connaissaient généralement pas, ont
éprouvé le besoin de « planter le décor », de donner à voir aux autres participants ce
qui caractérisait leur métier. Ils ont évoqué très tôt les conflits avec le public. Nous
avons estimé qu’il fallait permettre cette expression et que cela faciliterait la
construction du groupe, même si cette discussion aurait davantage eu sa place au
moment où l’on traitait de la dimension « dialoguer avec le public ». De même, des
participants qui ne s’étaient pas sur le moment exprimés sur telle ou telle dimension
de savoir-faire, l’ont fait plus tard alors que l’on traitait d’un autre thème. Au moment
de l’analyse, nous avons réorganisé le matériau pour construire cette partie en
respectant l’architecture initiale des catégories de savoir faire. Au risque de masquer
un peu la dynamique des échanges.
A cause des impératifs de temps mais peut-être aussi parce qu’ils estimaient que
« tout avait été dit », tous les participants ne se sont pas exprimés sur chaque
212
dimension de savoir-faire. D’ailleurs, lors de l’évaluation réalisée à la dernière
séance, très peu de ces dimensions sont jugées peu importantes par un nombre
significatif de participants.
Pour l’emploi que vous occupez, quels sont les savoir-faire qui vous semblent les plus importants ?
Attribuer une note de 1 (très important) à 5 (pas important).
Du plus au moins important Nombre de
participants
Les dimensions de savoir-faire 1 2 3 4 5
Percevoir – sentir 7 2 1 10
Tirer le meilleur parti des moyens à disposition 4 4 2 10
Ajuster-corriger une action, gérer une situation 6 3 1 10
Créer, aménager ses outils 2 3 3 2 10
Faire un travail soigné 7 2 1 10
Coopérer, travailler en équipe 8 2 10
Appréhender les situations 4 3 2 1 10
Se représenter le déroulement des opérations 2 2 3 2 9
Dialoguer avec le client 8 2 10
Dialoguer avec les autres professionnels 4 3 3 10
Perfectionner, innover 4 3 3 10
213
214
Chapitre 1 - Percevoir-sentir
215
pour signifier que l’on est disponible. Cela relève d’un comportement de base. Une
écoute attentive et l’observation des attitudes et expressions permettent, en posant
un minimum de questions, de se faire une idée de la situation et d’orienter les
familles avec le tact nécessaire. La compréhension des situations vécues par les
endeuillés favorise une attitude de respect envers les personnes, même si elles sont
agressives ou ont des difficultés à comprendre ce qu’on leur explique. Cela constitue
une dimension particulière du travail au sein des services funéraires - la gestion des
émotions - qui s’apparente à une compétence exigeant un véritable « travail
émotionnel » de la part des agents : compréhension de la situation d’autrui (sans
aller jusqu’à l’empathie au sens d’éprouver les mêmes impressions ou émotions),
maitrise de ses propres émotions, adaptation de son attitude en fonction de la
situation. Cette compétence s’exprime dès l’accueil comme l’indique les propos d’une
personne ayant eu affaire à une petite entreprise familiale de pompes funèbres :
« J’ai été étonnée par l’accueil. Je n’avais pas l’habitude. Ils ont la bonne intonation,
les bons gestes… » (Bernard, 2009). Les agents des services funéraires ne sont pas
les seuls à devoir effectuer ce travail émotionnel mais ils ont sans doute davantage
conscience de devoir intégrer cette dimension dans leur pratique quotidienne. Les
surveillants de prison (Lhuillier, 2006), mais aussi les agents de l’ANPE (Revuz,
1990), sont aussi confrontés à la souffrance des autres : « Apprendre à côtoyer la
souffrance, à l’entendre sans être happé, contaminé et annihilé par elle, est un
apprentissage professionnel difficile et indispensable. » Tout comme naturellement,
les personnels de santé.
Toutes les activités ne réclament pas une aussi forte implication des agents d’accueil
lors du premier contact. « Percevoir-sentir » est une dimension de savoir-faire qui est
également mobilisée dans des activités de surveillance. La Cité des métiers, est un
lieu décrit comme anonyme, libre, gratuit qui nécessite une certaine autonomie de la
part des usagers. L’observation participe ici d’abord d’une fonction d’alerte, de
surveillance visant à éviter que des personnes viennent troubler cet espace
fonctionnant en libre-service. Cette surveillance doit s’exercer de façon permanente,
en parallèle avec d’autres tâches, comme c’est le cas pour les agents d’accueil et de
surveillance du patrimoine, les agents d’accueil en milieu hospitalier ou encore les
agents des bureaux municipaux de proximité (BMDP) 29 .
Le percevoir-sentir est également mobilisé dans une fonction d’orientation qui n’est
pas systématique et ne s’appuie pas sur une investigation formalisée des besoins du
client, un peu comme un vendeur en magasin doit savoir s’il doit ou non se
rapprocher du client. Dans sa fonction d’animateur cyber info, l’agent de la Cité des
métiers doit savoir s’il doit ou non aller « aller au devant de l’usager » pour s’enquérir
de ce qu’il cherche. Cet « aller au devant » ne va pas de soi. Il faut qu’il y ait une
« complicité ». Une relation peut se construire, à la longue, avec les habitués : « Il y a
des personnes qui viennent souvent … On sait très bien que ce n’est pas la peine
d’aller vers elles. A la limite, on leur fait un signe. S’ils sont polis, ils nous répondent,
ils font un petit signe. Et après, il y a une relation. » Il n’est pas simple pour l’agent de
29
L’encadrement ne manque pas de signaler que cette activité de surveillance ne donne pas toujours
entièrement satisfaction. Selon les cas, ils précisent que les besoins ne nécessitent pas de recourir à
des agents de surveillance spécialisés, ou qu’ils envisageraient volontiers de renforcer cette activité
en faisant appel à du personnel ou à des sociétés spécialisés.
216
découvrir ce que l’usager construit en utilisant les moyens d’information mis à sa
disposition, ni a fortiori d’engager un échange alors que des spécialistes des
questions de formation et d’emploi interviennent au sein de la Cité. Jusqu’où doit-on
ou peut-on aller, pour accompagner les usagers sans empiéter sur les missions de
personnes mieux qualifiées ? Jusqu’où s’impliquer dans la mission de l’institution ?
L’agent d’accueil n’est pas mandaté pour conduire un entretien d’orientation
professionnelle. Il est donc amené à apprécier les besoins de la personne de façon
quelque peu hypothétique afin de suggérer la possibilité d’utiliser les services d’un
conseiller, sans qu’il puisse toujours vérifier a posteriori que le conseil était utile. On
retrouve là un travail d’inférence et d’évaluation mis en évidence par les ergonomes
à propos du travail des hôtesses d’accueil d’une mairie (Pochat, Falzon, 2000). Il
n’est pas facile d’apprécier les limites de son activité et outrepasser ses fonctions est
une faute professionnelle, comme nous l’a rappelé la présidente de l’Association
d’aide aux victimes d’actes de délinquance à propos d’un agent qui avait manqué de
discernement en s’impliquant imprudemment dans le traitement d’une situation.
La question de la relation avec les habitués mériterait d’être approfondie. Celle-ci est-
elle évoquée simplement parce qu’elle apporte un supplément d’âme à des
échanges très circonscrits voire désincarnés, ou révèle-t-elle une part importante du
travail effectué par les agents d’accueil ? Tous les participants ne sont pas en
mesure d’effectuer cette distinction entre le public tout venant et les habitués. Pour
l’agent administratif du BMDP, reconnaître un habitué, le situer comme membre
d’une famille dont elle a eu connaissance, suscite une satisfaction morale, le plaisir
d’exister professionnellement au sein de son quartier. Pour l’administré, être
reconnu, c’est un peu sortir de l’anonymat et cela atténue la froideur de l’acte
administratif, renforce l’image de proximité du service, apaise les relations mais ne
change pas les procédures et influe assez peu sur la nature des relations de
fonctionnaire à administré. Certains agents ne font d’ailleurs pas le choix d’exercer à
proximité de leur domicile et choisissent l’équipe au sein de laquelle ils vont travailler
ou le type de public avec lequel ils vont être en contact. L’impact est plus important,
nous semble t-il, pour l’agent de développement de la plate-forme de services publics
(PFSP) car les visites renouvelées permettent des relations fondées sur une
meilleure lisibilité du service : « La personne sait très bien à quelle demande on
répond, à quelle demande on ne répond pas ».
Le sourire est un élément essentiel de l’accueil dans les piscines car il contribue à la
satisfaction de personnes qui viennent surtout dans l’objectif de se détendre, de
s’amuser : « c’est le souvenir que l’on garde d’un bassin », « même s’ils sont
vraiment satisfaits d’un lieu, ce que les gens retiendront, c’est toujours la qualité
relationnelle ». Le maître-nageur doit se montrer aussi à l’écoute des usagers tout en
s’efforçant de faire respecter le règlement avec patience et gentillesse malgré le côté
répétitif des rappels au règlement. Avec les habitués, il y a plus d’échanges, sur les
loisirs par exemple, et l’agent d’accueil peut signifier l’intérêt que leur porte
l’établissement. L’agent peut par exemple se réjouir avec lui de la résolution d’un
problème récurrent (température trop froide de l’eau des douches) ou de la mise en
place d’un équipement. Selon le maître-nageur, il est facile de distinguer un habitué
d’un nouvel arrivant, et cela l’oriente dans le choix des consignes ou des informations
à transmettre. Le novice doit faire l’objet d’une attention plus grande, notamment
quant à l’explication du règlement de la piscine. Cette capacité à opérer
217
instantanément des distinctions entre usagers permet le travail d’inférence mis en
évidence par les ergonomes.
Décrypter les situations vécues par les personnes, identifier leur état
émotionnel
L’identification des situations auxquelles sont confrontés les clients demande parfois
davantage d’investigations. Selon l’agent d’accueil du funérarium, il faut
« décrypter » ce que disent les endeuillés, du fait de la situation pénible dans
laquelle se trouvent les proches du défunt et leur état émotionnel. Cela l’amène à
faire son travail en évitant de faire répéter ou d’interroger les personnes de façon trop
abrupte. Décrypter, c’est rapprocher les informations que donne la famille du défunt
sur les circonstances du décès et sur ses intentions, des informations préexistantes
au niveau du service et des connaissances techniques, administratives et juridiques
dont elle dispose. Il faut vérifier que les intentions des familles ne vont pas se heurter
à des obstacles, traduire les attentes en une démarche organisée tenant compte des
règles et de l’organisation du service.
218
dans ces moments là on est sous le choc, en peine… Ce serait bien qu’on sente
moins le mercantilisme. » (Bernard, 2009)
Savoir-écouter,
décrypter. Percevoir - sentir Percevoir la nervosité,
l’état émotionnel
219
Observer, percevoir, sentir va pour une part déterminer les actions de questionner,
d’informer, d’orienter et la façon de le faire, avec tact, fermeté, humour, sympathie,
complicité… neutralité.
220
Chapitre 2 - Tirer le meilleur parti des moyens dont on dispose
Pour de nombreux agents, il s’agirait moins de tirer le meilleur parti des moyens
techniques disponibles que de se débrouiller pour offrir la meilleure qualité de service
possible avec des moyens limités et une organisation imparfaite. L’agent commercial
de la société de transport par bateau et l’agent d’accueil du funérarium sont parmi
ceux qui dénoncent le plus la pénurie de moyens. Pour la première, l’organisation et
les moyens informatiques présentent des failles auxquelles les agents s’efforcent de
remédier pour que le service soit quand même optimum. Les investissements et la
réorganisation qui accompagnent la privatisation de l’entreprise semblent redresser
une situation de perte de monopole à laquelle l’entreprise ne s’était pas préparée.
L’espace de travail est à la fois celui des agents et celui du public, et cette double
fonction est diversement prise en compte par les professionnels. La directrice des
bureaux municipaux veille à impliquer les agents dans les projets d’aménagement.
Mais comment abordent-ils la définition de l’espace d’accueil ? Les attentes résultent
au moins autant des besoins liés à la réalisation de tâches techniques et à la
communication avec les collègues qu’au souci de favoriser le contact avec le public.
Pour l’agent administratif du BMDP, la réalisation de « claustras » a permis de
recevoir chaque personne individuellement. Auparavant, les agents d’accueil
disparaissaient derrière des banques d’accueil très hautes et l’existence
d’hygiaphones les obligeaient à élever la voix pour se faire entendre. Sur les 25
bureaux, un seul, jugé le plus difficile, a encore peu bénéficié de ces aménagements.
La réception des administrés autour d’une table a permis de faire chuter l’agressivité
du public et la délimitation des espaces de réception par de simples cloisons mobiles
laisse la possibilité de s’adresser aux collègues. Cette dimension de l’aménagement
de l’espace avait été relevée à propos du travail des guichetiers de la Poste, où l’on
a observé que la suppression des vitres qui avait pour objectif le rapprochement de
la clientèle dans un objectif commercial, avait également eu pour effet d’imposer la
voix des clients au détriment des échanges entre agents (Hanique, 2004). Dans le
BMDP que nous avons visité, on veille au contraire à préserver l’espace de travail
221
des agents : tout au fond du bâtiment, un espace interdit au public a été
sommairement aménagé comme lieu de détente et de réunion. Entre la salle
d’attente et le couloir, des panneaux interdisent l’accès aux claustras sans y être
invités. Placé derrière une banque d’accueil classique, un agent s’occupe du premier
accueil lorsque le besoin s’en fait sentir. Cette fonction paraît généralement
considérée comme la plus pénible. On y est plus souvent exposé aux récriminations
et incivilités des administrés. On a cherché dans toute la mesure du possible à faire
assurer la prise de rendez-vous et le premier accueil par le service Allô mairie. Pour
les agents, le fait d’être déchargé de ce premier accueil facilitait la réalisation du
travail administratif tout en permettant de personnaliser la relation aux usagers qu’ils
pouvaient dès lors appeler par leur nom. Ce n’est que récemment que
l’établissement d’une relation par intranet permet aux agents du bureau municipal de
prendre eux aussi des rendez-vous. Jusque là, les administrés qui n’avaient pas fait
cette démarche préalable, devaient patienter en salle d’attente pendant une durée
variable selon l’importance du flux de rendez-vous.
222
Rechercher - produire - mutualiser l’information
223
Pour l’agent de développement de la PFSP, la recherche et la production
d’informations sont l’affaire du collectif. Cela relève de la culture du service. A leur
démarrage, chaque site avait élaboré un cahier d’information et d’orientation. Cela
constituait une première étape dans la structuration d’un service naissant. L’effort a
porté dans un second temps sur la normalisation de ces outils grâce à la construction
d’une base de données intranet commune à toutes les plates-formes. Cette base de
données est mise à jour et enrichie par les agents à l’issue de réunions d’équipe. Elle
sert à tous de référence et permet aux nouveaux embauchés et aux stagiaires d’être
rapidement opérationnels. Leur polyvalence constituant leur raison d’être, il importe
d’apprendre à connaître ce que font les services publics et les administrations afin
d’orienter les usagers vers une grande diversité de structures aptes à répondre aux
demandes. Le partage d’un même bâtiment avec un BMDP a favorisé une
connaissance réciproque des attributions et des compétences. Il faut aussi
développer le travail en réseau avec les partenaires et rester attentif aux évolutions
de leurs missions et de leurs dispositifs. La lutte contre le « cloisonnement » des
services est une raison d’être de la plate-forme, et le personnel de la PFSP est
conscient de la nécessité de lutter contre le repli sur son institution ou pire encore sur
son activité personnelle. Comme l’agent du BMDP, elle note que certains services
publics orientent les usagers vers la plate-forme pour des prestations qu’elle ne peut
rendre. Le problème persiste malgré les contacts pris pour avertir les
correspondants.
Il n’y a pas de dispositif de coordination aussi élaboré à la Cité des métiers du fait
d’une organisation qui propose d’une part un fonctionnement en libre-service et
d’autre part la consultation de spécialistes de l’orientation et du placement. Les
agents d’accueil et animateurs cyberinfo semblent cependant appeler à participer à
certaines prestations qui contribuent à relier les deux volets d’activités de la Cité :
réunion de professionnels, animation de séances de rédaction de curriculum vitae,
enquête auprès des usagers.
224
Chapitre 3 - Ajuster, corriger une action, gérer une situation
Dans l’une des piscines, l’afflux de personnes autour de l’espace d’accueil était tel
que les opérations d’encaissement ne pouvaient s’effectuer dans des conditions
satisfaisantes et comportaient un danger potentiel. Des cordons de délimitation ont
été installés qui permettent de limiter resquilles et fraudes. Aujourd’hui, l’agent
d’accueil et le maître-nageur considèrent que la mise en service de cartes avec
reconnaissance informatique permettrait d’améliorer la gestion des entrées. Elle
allégerait la charge de travail d’un personnel tout juste suffisant et réduirait la
pénibilité et les risques associés aux activités de billetterie, renforcerait le contrôle
sur les usagers. C’est un des bénéfices attendus par ces professionnels dont
l’implication dans la fonction est indéniable mais qui insistent sur la charge mentale
qu’impliquent l’accueil, la surveillance, les rappels constants au règlement. La
demande d’équipements de contrôle apparait liée à l’existence d’un sentiment
d’impuissance face à des incivilités que les agents ne parviennent pas à endiguer.
Une telle demande peut surgir à l’occasion d’un développement des transports
urbains lorsque celui-ci, en facilitant les déplacements des habitants des quartiers
défavorisés de la ville, expose les agents à un public auquel ils n’étaient pas jusque
là confrontés.
En cas d’afflux important de public, les agents du BMDP peuvent intervenir pour
diminuer globalement le temps d’attente en ouvrant un « guichet rapide » dont la
tenue est assurée par un agent volontaire. Cela ne diminue pas le nombre de
personnes à servir, mais permet de ne pas imposer un temps d’attente
disproportionné par rapport au contenu de la prestation. Il s’agit d’une action
corrective, d’un palliatif dont l’objectif est d’éviter de solliciter la patience de
personnes ne venant que pour des opérations très ponctuelles.
30
« Le bricoleur est apte à exécuter un grand nombre de tâches diversifiées; mais, à la différence de
l'ingénieur, il ne subordonne pas chacune d'elles à l'obtention de matières premières et d'outils,
conçus et procurés à la mesure de son projet : son univers instrumental est clos, et la règle de son
enjeu est de toujours s'arranger avec les "moyens du bord", c'est-à-dire un ensemble à chaque instant
fini d'outils et de matériaux, hétéroclites au surplus, parce que la composition de l'ensemble n'est pas
en rapport avec le projet du moment, ni d'ailleurs avec aucun projet particulier, mais est le résultat
contingent de toutes les occasions qui se sont présentées de renouveler ou d'enrichir le stock, ou de
l'entretenir avec les résidus de constructions et de destructions antérieures. »
225
A la Cité des métiers, les problèmes de flux sont rares. Ils peuvent survenir dans la
gestion des entretiens individuels avec les professionnels de l’orientation ou de
l’emploi. Aussi, l’agent qui tient le planning hebdomadaire de rendez-vous avec les
conseillers veille à proposer en priorité le jour où deux conseillers au moins sont
présents dans la structure, ce qui donne plus de souplesse pour répondre aux
demandes des usagers qui se manifesteront ultérieurement.
Dans l’une des plates-formes de services publics de la ville, l’ouverture des bureaux,
actuellement limitée à quatre matinées par semaine, ne permet plus d’absorber le
flux de demandeurs. Pour éviter l’engorgement du service, les agents arrêtent le pré-
accueil une heure et demie avant la fermeture. Selon l’agent du BMDP, cela
constitue cependant une entorse à la mission d’accueil, de plus en plus courante
dans certains services. Pour remédier aux insuffisances en personnel, il signale que
les bureaux disposent d’agents de renfort. Cette fonction est assurée par des
personnes récemment affectées dans le service. Dans les piscines, on regrette de ne
pas pouvoir bénéficier des mêmes facilités.
Dans la plupart des institutions, des incidents peuvent amener les agents d’accueil à
décider de faire appel à des agents de sécurité. Lors des opérations qui précèdent
l’embarquement des passagers, l’agent commercial veille à ne pas laisser les gens
entrer par groupe, pour éviter les bousculades. Il doit préserver les conditions de
réalisation du service en appelant les agents de sécurité dès qu’il sent que la
situation va « déraper ». Les collègues peuvent apporter un soutien en venant à la
rescousse lorsque la confrontation avec un voyageur s’éternise et que le ton monte.
De la part de l’agent en difficulté, cette intervention est généralement bien perçue.
Cela est plus délicat à gérer vis-à-vis du client qui peut interpeler celui qui s’immisce
dans la relation « De quoi vous mêlez-vous ? Ce n’est pas à vous que je parle. »
Ailleurs, cette fonction de recours est plus souvent dévolue à l’encadrement. Au
BMDP ou au bureau d’information de l’aéroport, lorsqu’il y a un conflit entre un agent
et une personne, celle-ci est reçue dans un bureau à part et la reprise du dialogue
avec un responsable contribue à l’apaisement du conflit.
Les participants se sont peu exprimés sur la façon dont ils s’y prenaient pour renouer
le dialogue avec l’usager, ni sur les raisons de ces mésententes et de ces conflits. Il
y a certainement nécessité à trouver un appui extérieur pour raconter et analyser ces
incidences.
Le public tient souvent les agents d’accueil pour responsables des difficultés qu’ils
rencontrent alors même qu’ils n’ont été que les révélateurs ou les messagers de
problèmes résultant d’une faiblesse dans la chaîne des intervenants impliqués dans
la production d’un service. Ils sont alors exposés à des demandes insistantes,
subissent des récriminations, sans pouvoir apporter de solutions satisfaisantes. Leur
place au sein des organisations ne leur permet guère d’obtenir qu’on y remédie. Ce
sont des situations pénibles parce qu’elles mettent plus ou moins directement en
cause la représentation que l’agent se fait de sa mission et l’image qu’il doit donner
226
de l’institution qui l’emploie. Pour l’agent de développement de la PFSP, les conflits
avec les usagers sont rares mais ceux-ci sont douloureusement ressentis par des
professionnels dont la motivation est justement de venir en aide aux personnes et qui
n’ont pas été préparés à faire face à ces situations.
Les agents d’informations de l’aéroport écopent des questions les plus diverses
restées sans réponse : « On vient nous voir pour tout et n’importe quoi... Il faut
s’adapter, on n’a pas toujours les éléments pour sortir les clients de leur situation. »
Les demandes des clients dépassent parfois les attributions des agents. En période
estivale, à l’occasion de manifestations ou d’événements exceptionnels, des
passagers s’adressent au bureau parce qu’ils ne trouvent aucune solution
d’hébergement. Certains voyageurs espèrent que les agents vont pouvoir leur
délivrer un billet SNCF. Or le bureau n’a pas accès au terminal et n’a donc pas de
visibilité sur la disponibilité, les tarifs. L’agent d’information apporte tout de même
une aide en renseignant sur les horaires et en donnant un numéro de téléphone :
« On essaie toujours de trouver, on ne veut pas qu’il reparte sans rien… Même si ce
n’est pas notre domaine. »
L’agent du BMDP évoque les difficultés rencontrées lors de la mise en place des
passeports biométriques dont les délais de production ont été singulièrement
allongés par rapport à ce qui avait été annoncé initialement par l’agence nationale
des titres sécurisés (ANTS). Les demandes émanant des grandes villes (Paris, Lyon,
Marseille) ont contribué à engorger le dispositif dont le bureau municipal ne constitue
que le premier et le dernier maillon (formulaire de demandes, collecte des pièces
justificatives, et au final remise du passeport), les services de la préfecture et
l’imprimerie nationale jouant entretemps un rôle majeur. Si le BMDP n’est pas à
l’origine du problème, ce sont ses agents qui sont interpellés par les clients
confrontés à l’allongement des délais et qui ont dû parfois, faute de passeport,
annuler leur voyage. Ni la préfecture, ni l’ANTS, ni l’imprimerie nationale ne sont
exposés aux récriminations des usagers car ils ne reçoivent pas le public. La
délivrance d’un passeport « de passage » d’une durée limitée a permis de gérer les
situations les plus délicates. L’action corrective n’a pu ici intervenir qu’après une
concertation avec les services de l’Etat et sa mise en œuvre a fortement sollicité le
service de la mairie. A charge pour les agents du bureau de transmettre les dossiers
prioritaires à la préfecture et de facturer le prix de ce passeport (30 €).
227
calme face aux manifestations d’humeur. Les fermetures de bassin pour cause
d’absence du personnel sont sans doute plus délicates à expliquer et il n’est pas
impossible qu’on préfère alors évoquer le manque de personnel.
Même si le service n’a pas ou peu de responsabilité dans le désagrément
occasionné, expliquer aux usagers mécontents qu’ils se « trompent de cible » ne se
révèle pas toujours efficace. Les passagers de l’aéroport viennent parfois pour faire
une réclamation au sujet de la détérioration de leur bagage. Après avoir reconnu
l’embarras de la personne, l’agent ne peut qu’indiquer la démarche à suivre tout en
signalant qu’il appartient à la compagnie aérienne d’apporter une solution qui ne peut
être immédiate. Mais les clients ont besoin d’exprimer leur colère. Faute d’avoir
accès à d’autres interlocuteurs, ils tiennent le bureau d’information pour responsable
des difficultés rencontrées dans leur déplacement. L’agent d’accueil de l’hôpital
confirme cette analyse : « Les mécontents viennent se défouler sur nous … lorsqu’ils
n’ont pas de rendez-vous assez tôt de la part d’un médecin ou lorsque la secrétaire
des urgences s’est absentée et qu’il n’y a personne pour enregistrer leur arrivée. »
Dans ce rôle tampon, le bureau d’accueil ou d’information tient un peu du bureau des
réclamations.
Pour le maître-nageur, les difficultés à gérer ces situations expliquent les réticences
des agents à mettre des affiches, à annoncer aux usagers qu’on les prive d’un
service. Ces situations sont à l’opposé de l’image que les agents se font de la
fonction d’accueil. Donner l’information, c’est provoquer des mécontentements qui
peuvent aller jusqu’à l’affrontement. Les agents ne sont généralement pas maître
des décisions relatives à l’organisation des services et pourtant leurs conditions de
travail et les relations qu’ils entretiennent avec la population en souffrent. Ainsi en
est-il du changement des modalités de préinscription aux activités d’aquagym qui
passent désormais obligatoirement par un contact téléphonique avec un autre
service :
« On est étranger à la préinscription. C’est le central Allô Mairie qui prend en charge.
Les personnes qui viennent sur les bassins demandent quand même qu’on les
préinscrive. Et il faut leur dire non … Les jours de préinscription, on aime bien ne pas
être de service, parce que les gens qui n’ont pas pu avoir satisfaction viennent sur le
bassin et disent que c’est une honte ! On leur explique que tout doit passer par Allô
Mairie, c’est le règlement, mais ils essaient à tout prix de se faire inscrire malgré
tout : vous me connaissez, vous savez que ça fait quatre ans que je fais de
l’aquagym, vous ne pouvez pas faire un petit quelque chose ? ».
Il arrive que des agences de voyage délivrent des billets à des tarifs promotionnels
offerts par la société de transport par bateau, sans prendre en compte qu’il y a des
tarifs particuliers lorsque les voyageurs accompagnent des véhicules destinés à
l’exportation, un cas fréquent pour les traversées vers l’Afrique du Nord. Dans ce
cas, l’agent commercial doit refuser les billets des passagers et les clients sont
obligés d’en acheter un autre au moment de l’embarquement. Naturellement, ils
cherchent à impliquer l’agent dans la recherche d’une solution moins onéreuse : « Ils
appellent parfois l’agence de voyage au téléphone et nous passent la
228
communication… On ne peut que proposer au client de se retourner contre l’agence
en contactant le service clientèle pour se faire rembourser un billet en principe non
remboursable. » Ces incidents semblent devoir se perpétuer car l’information sur les
conditions tarifaires spécifiques aux cas d’exportation de véhicules ne se fait qu’au
gré des contacts des commerciaux de l’entreprise avec les agences de voyage.
La plupart des situations évoquées ici ont été rapportées par des agents d’accueil et
de la surveillance du patrimoine, relevant de la fonction publique d’Etat. La fréquente
surqualification de ces agents n’y est pas étrangère.
La discussion collective autour de cette dimension « ajuster, corriger, gérer une
situation » a donc fini par faire émerger un aspect du travail des agents d’accueil que
l’on met rarement en exergue parce qu’il les met face à des situations que ni eux, ni
le service auquel ils appartiennent peuvent résoudre. Ils ne peuvent que s’efforcer de
gérer au mieux une situation dégradée, chercher à apaiser un conflit inévitable avec
les administrés ou les clients, sans garantie de résultat et sans possibilité d’agir au
sein de l’institution pour que ces situations ne se reproduisent pas 31 . Les attitudes
que nous avons décrites montrent que les agents vivent ces situations comme des
moments de crispation qu’ils aimeraient fuir et cela les empêche d’étudier les
démarches à engager pour apaiser les tensions, par exemple : assurer que l’on
comprend le désappointement des gens, favoriser l’expression des difficultés vécues
par les clients, les aider à envisager les alternatives possibles, leur indiquer les
recours possibles tout en faisant admettre qu’ils n’ont pas à s’impliquer au-delà d’une
certaine limite.
31
On pense à Malaussène, héros du roman Au bonheur des ogres de Daniel Pennac, qui exerce
comme bouc émissaire chargé d'apitoyer les clients grincheux dans un grand magasin parisien.
229
230
Chapitre 4 - Créer, aménager ses outils
Dans le droit fil de l’intérêt qu’elle portait à l’usage des plaquettes d’information dans
l’exercice de sa fonction, l’agent d’accueil de la piscine signale l’importance de la
signalétique tandis que d’autres agents en soulignent au contraire les limites. A
l’hôpital, la présence d’un panneau indiquant que les agents d’accueil ne font pas de
monnaie ne dissuade pas les patients et leur famille d’en réclamer. Le panneau
indiquant, à l’embarquement, que l’accès à la forteresse est payant, et qu’il ne suffit
donc pas d’acheter le billet pour le transport par bateau n’est pas lu par les touristes
lorsqu’il y a un afflux de visiteurs. Les autres participants ont plutôt concentré leurs
interventions sur les outils mis en place pour analyser la fréquentation, les
caractéristiques du public et leurs attentes, la qualité des services rendus et la
satisfaction des clients. Ces outils sont parfois développés par des professionnels
extérieurs au service et complétés par des audits. Réalisées le plus souvent pour
informer les autorités des besoins en fonctionnement, ces actions ont parfois un
impact sur la définition des prestations et l’organisation du service. A l’exception
peut-être de la PFSP, la discussion n’a guère permis de mesurer l’impact de ces
activités sur l’organisation et le fonctionnement du service d’accueil.
Développer la signalétique
La signalétique est l’un des outils à la disposition des agents pour assurer l’accueil
dans les lieux ouverts à un large public. A la piscine, elle contribue à l’utilisation en
sécurité de cet espace sportif et de loisir : le fléchage du parcours menant au
défibrillateur semi-automatique (DSA) en facilite l’accès. Le panneautage permet de
rappeler le règlement (douche obligatoire, port du bonnet de bain…) et de décharger
partiellement le personnel de la tâche répétitive de rappel des consignes, avec tout
l’argumentaire qui doit inévitablement l’accompagner : « L’obligation de la douche
n’est pas toujours comprise. Ils disent : moi, je suis propre, je n’ai pas besoin de
douche. C’est un dialogue que les dames de l’accueil ont en permanence. Le
panneautage est une bonne façon de rappeler le règlement. »
231
Pour les associations, dont le fonctionnement dépend du maintien des subventions, il
est indispensable de rendre des comptes aux autorités sur la base de données
statistiques. A la Cité des métiers, chaque agent a en charge l’établissement de
données portant sur un axe d’activités - fréquentation journalière, présence aux
ateliers et comités, réservations de salles - et doivent les exploiter. A la PFSP, les
outils d’observation du fonctionnement de la structure vont au-delà de l’évaluation de
la fréquentation. Les agents consignent la nature du service rendu (information,
orientation, aide rédactionnelle, mise en relation) et les problématiques abordées
(champ de compétence des CAF, de la mairie, questions d’emploi et de formation…).
Les agents sont sollicités pour décrire leurs prestations quand ils vont au-delà de la
demande initiale de l’usager, et mentionner les interventions qui n’entrent pas dans
les catégories statistiques habituelles. Cela sert de veille sur les besoins naissants
dans le périmètre d’interventions de la plate-forme, permet d’informer les autorités
sur les problèmes émergents (montée du surendettement des ménages) et de
développer des réponses sur des champs nouveaux (sollicitations croissantes suite à
l’entrée en vigueur de la loi sur le droit au logement opposable – dite loi « DALO »).
L’analyse des statistiques constitue un temps de réflexion, de prise de recul sur le
fonctionnement, qui semble intéresser davantage l’organisation elle-même que les
financeurs institutionnels.
232
Chapitre 5 - Faire un travail soigné
L’interrogation sur cette dimension de savoir-faire a permis de décrire les activités les
plus représentatives d’un accueil de qualité.
La qualité de service passe par l’attention particulière accordée aux plus démunis et
aux plus fragiles. A l’hôpital, il s’agit d’accompagner les personnes âgées venant
consulter un spécialiste. Lorsque celles-ci viennent en ambulance, l’agent d’accueil
appelle un brancardier pour les amener du hall d’entrée vers le spécialiste et à l’issue
de la consultation rappelle l’ambulancier pour reprendre le patient à l’accueil. Pour la
visite de la forteresse, il s’agit de gérer la file d’attente aux caisses en faisant passer
en priorité les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite et les jeunes
enfants s’il fait très chaud. Les malvoyants et les aveugles sont dirigés vers une
maquette tactile qui leur permet de découvrir le monument. Dans les BMDP, les
personnes handicapées ou âgées peuvent demander à un tiers de se présenter au
bureau avec un dossier complété et les agents se rendront au domicile sur rendez-
vous pour remettre les papiers d’identité.
233
234
Chapitre 6 - Coopérer, travailler en équipe
La même distinction équipe accueil – équipe élargie est reprise avec quelques
nuances par l’agent d’accueil de la Cité des métiers. Celle-ci emploie une douzaine
de salariés et cette équipe réduite permet de travailler en étroite relation avec les
autres professionnels chargés de la communication, du développement. Des
conseillers relevant d’autres structures (centres d’information et d’orientation de
l’Education nationale, Pôle emploi) effectuent des permanences. Parmi ceux-ci,
certains effectuent seulement des vacations tandis que d’autres sont détachés à
temps plein. Ces derniers semblent d’une certaine manière « assimilés » à l’équipe
élargie.
235
contacts avec les animateurs des clubs et les enseignants ne sont pas suffisants
pour que ceux-ci puissent être considérés comme faisant partie d’une équipe élargie.
Tout ne se passe pas de façon idéale, souhaitent rappeler les participants. Il suffit
que l’un ou l’autre ne fasse pas bien son travail pour provoquer des tensions, des
insatisfactions, qui se traduisent a minima par des lettres de réclamation, des
plaintes. Or, bien des agents sont affectés par défaut, notamment dans les musées
et les piscines, ce qui peut se traduire par une implication réduite dans le travail,
alors qu’au dire de l’encadrement, l’accueil demande un engagement personnel et
des qualités humaines que l’expérience peut contribuer à construire et/ou
développer.
Pour l’agent d’accueil de l’hôpital, plus que le travail d’équipe, c’est la division du
travail et la rotation des tâches qui caractérisent sa situation professionnelle : « Il y
en a une qui répond au téléphone et l’autre reçoit les patients … Une semaine, on
est à l’accueil physique, une autre semaine au téléphone. » Ces activités laissent du
temps pour les échanges. L’accueil physique des patients et des visiteurs constitue
la priorité : « Souvent on est trois parce qu’on doit aussi monter dans les services
pour distribuer le journal aux patients… Il y en a une qui reste en poste pendant que
l’autre accompagne parfois les patients dans les étages. »
236
Chapitre 7 - Appréhender la situation
Comprendre les clients pour emporter leur adhésion ou imaginer des solutions
Appréhender la situation, c’est une « gymnastique » que l’on fait mentalement tout
en écoutant et questionnant l’usager. Pour l’agent de développement de la PFSP,
avec l’expérience, cela se fait, presque de façon mécanique. On procède en suivant
une logique sans être forcément conscient de toutes les étapes que l’on suit :
« décrypter » le problème, faire le point sur les démarches engagées, apprécier l’état
237
moral de la personne, estimer l’importance de l’enjeu, identifier les ressources à
disposition, évaluer le temps nécessaire pour traiter la question, décider si l’on peut
résoudre le problème immédiatement ou s’il faut proposer un rendez-vous. Il ne faut
pas seulement prendre en compte toutes les composantes de la situation, il faut, et
cela demande beaucoup de concentration, s’adapter au fur et à mesure à ce que la
personne révèle de sa situation. Si on ne le fait pas, on provoque des déceptions et
on s’expose à des conflits.
Pour l’agent administratif de la BMDP, il s’agit de poser les bonnes questions pour
s’enquérir de la situation de l’administré. Pour une demande de carte d’identité ou de
passeport : s’agit-il d’une première demande ? D’un simple renouvellement ? Le
document a-t-il été perdu ou volé ? La personne habite-t-elle chez elle ou est-elle
hébergée ? Les réponses permettent à l’agent de conduire sa prestation. Les sujets
relatifs à la nationalité nécessitent de pousser plus loin les investigations car il n’y a
pas de relation directe entre le fait d’être né sur le territoire national et celui d’avoir la
nationalité française, et le public est d’autant plus sensible à une erreur
d’appréciation que la réglementation est elle-même tatillonne et les conséquences
d’un refus souvent graves.
A la Cité des métiers, l’interdiction d’utiliser une clé USB gêne les usagers qui
souhaitent enregistrer des documents qu’ils ont consultés sur Internet. Il faut
s’efforcer de proposer une alternative. Dans ce cas précis, l’agent les aiguille vers un
espace cyber. La Cité ne pouvant plus accorder, faute de temps, un
accompagnement à l’écriture de curriculum vitae, l’agent oriente les personnes qui
en ont besoin vers une association de bénévoles dont la mission est de venir en aide
aux illettrés. Ces solutions donnent-elles pleinement satisfaction ? La discussion au
sein du groupe n’a pas permis de vérifier si elles avaient fait l’objet d’une quelconque
évaluation.
238
Chapitre 8 - Se représenter le déroulement de l’action
239
240
Chapitre 9 - Dialoguer avec le client, le patient, l’usager…
La relation constante des agents d’accueil avec le public explique le grand nombre
d’observations des participants sur cette dimension de savoir-faire. Leurs propos ont
souvent porté sur les difficultés de ce dialogue, et moins sur leurs savoir-faire dans la
gestion des relations avec le public. C’est pourtant leur cœur de métier et on peut
s’étonner qu’ils n’aient pas davantage profité de l’occasion pour mettre en évidence
leurs compétences relationnelles. Au fil des interventions des participants, on perçoit
bien qu’en arrière plan de la discussion, il y a la question de l’altérité et des
jugements plus ou moins explicitement formulés sur telle ou telle catégorie de public.
Nous n’avons pas pu étudier suffisamment cet aspect que l’on ne doit pas considérer
comme relevant seulement des valeurs personnelles des agents mais aussi comme
le résultat de l’organisation du travail, des politiques de ressources humaines et des
pratiques professionnelles préconisées aux agents, comme le montre l’étude sur les
guichets de l’immigration (Spire, 2008).
Les gens ont tendance à interpeler les agents sans tenir compte des heures
d’ouverture des services. Ils considèrent que si l’agent se trouve là, c’est qu’il est
disponible pour leur répondre, reproduisant ainsi le préjugé qui conduit
l’encadrement à attribuer des tâches annexes au personnel dès que celui-ci n’est
pas occupé à répondre.
« Ils lisent les heures d’ouverture et puis, ils vous regardent, parce que c’est quand
même vitré : c’est à deux heures, l’ouverture ? » (agent d’accueil et de surveillance
du patrimoine)
« Ça c’est l’être humain… Les rideaux sont à moitié fermés, ils se penchent dessous
et ils font : vous êtes ouverts ? » (agent de développement de la PFSP)
Le public tient peu compte des affichettes indiquant les prestations non prises en
charge par le service, comme si le simple fait d’être là impliquait que l’agent se
démène pour dépanner les gens quel que soit le problème posé.
Dans le transport, de nombreux facteurs peuvent provoquer des files d’attente et des
retards à l’embarquement : problèmes de mécanique, intempéries, grèves. Ces aléas
font souvent l’objet d’une couverture par les media et les voyageurs savent que les
retards donnent lieu à des indemnisations, et de plus en plus à des remboursements
dont l’importance varie avec la durée du retard. Cette évolution constitue une
nouvelle source de difficulté pour les agents, comme en témoignent par exemple les
désaccords sur l’appréciation des retards des trains à l’approche des différents seuils
prévus par la réglementation.
Dans les BMDP, l’attente est un important facteur d’insatisfaction des administrés
que le développement d’un service de rendez-vous permet de réduire. A l’impatience
des usagers s’ajoute une autre difficulté relative au manque d’attention des clients.
Selon l’agent du bureau d’information de l’aéroport, les jeunes générations, et les
trentenaires en particulier, parce qu’ils sont préoccupés, stressés ou font plusieurs
choses à la fois, prêtent peu d’attention aux informations qu’on leur donne. Il préfère
241
s’adresser à des personnes âgées, plus enclines à écouter. « Elles ont été éduquées
comme ça. On pose une question, on a la politesse d’écouter la réponse. Elles ont
parfois du mal à entendre donc ça prend du temps, mais quand elles repartent, elles
ont compris. »
Les difficultés ne tiennent pas seulement à l’attitude du public. Il n’est pas toujours
facile d’agir dans le strict respect dû à la personne. L’agent peut céder à un fantasme
de contrôle, vouloir trop bien faire, montrer qu’il sait, ou encore craindre de faire un
oubli qui entraine une sanction de sa hiérarchie. Comme le rappelle le directeur des
BMDP, trop demander aux administrés pour une démarche administrative est une
faute : une personne qui n’est pas née en France mais qui a des parents français n’a
pas besoin d’un certificat de nationalité pour obtenir une carte d’identité. Mais cette
règle n’est pas respectée partout comme l’ont montré de nombreux incidents
signalés dans la presse ces dernières années.
Devant faire face à des relations tendues avec les passagers, l’agent commercial de
la société de transport par bateau exprime le besoin d’accroître sa capacité à mieux
analyser et contrôler ces situations. La répétition des agressions engendre une
certaine usure. Il faut apprendre à mieux « encaisser » pour rassurer le client de la
façon la plus positive possible. Un stage en programmation neurolinguistique (PNL)
lui est apparu utile. Les modèles d’analyse proposés facilitent une connaissance de
soi et la mobilisation de ressources personnelles dans un contexte professionnel en
s’appuyant sur des techniques de base (ancrage, switch pattern 32 ). Contrôler les
situations, c’est aussi savoir se contrôler, d’où l’intérêt pour des méthodes qui
permettent de développer des « compétences émotionnelles ».
32
Un procédé mis au point pour rompre un enchainement de pensées qui mène à un comportement
non désiré. La personne voulant modifier son comportement est invitée à visualiser un élément qui
précède l’apparition du comportement, et à basculer (switch) sur une image représentant l’état obtenu
avec le comportement souhaité. L’effet est renforcé si on peut associer à l’image un son ou une odeur,
etc.
242
peine parfois à comprendre le nom du patient et les visiteurs s’avèrent souvent
incapables de l’épeler. On finit par trouver à force de faire répéter. Cela prend du
temps, il faut beaucoup de patience. Les grandes villes sont de plus en plus
cosmopolites, et le tourisme sanitaire tend à se développer. Si les pays européens
ont du mal à conclure un accord sur le projet de directive européenne sur les soins
transfrontaliers, dans d’autres pays on offre aux patients un service complet incluant
l’opération et tous les frais afférents (transport, hébergement).
Dans les aéroports, le contact s’avère parfois difficile du fait des différences
culturelles. Le refus de certains étrangers de s’adresser à des femmes suscite de
l’agacement de la part des agents du bureau d’information confrontés au déni de leur
rôle professionnel. Les passagers en transit ne semblent pas considérer qu’ils ont à
se conformer à la culture et au mode de vie du pays. Les agents de la PFSP ou des
BMDP reconnaissent rencontrer aussi ces problèmes mais sont mieux en capacité
de faire valoir leur point de vue et leurs exigences. Il n’en demeure pas moins que,
dans les métiers de contact, les femmes sont davantage sujettes à des observations
mettant en cause leurs compétences ou leur autorité, y compris de la part de clients
nationaux : « Le bouclier statutaire des femmes contre les abus est plus faible que
pour les hommes. » (Hotschild cité dans Soares, 2002)
Accueillir et surveiller
243
Les tâches visant à assurer la sécurité (des biens) et la sûreté (des personnes)
concernent peu ou prou tous les professionnels de l’accueil, mais elles sont
naturellement moins fortes quand il n’y a pas à protéger des œuvres ou ouvrages de
valeur. A la Cité des métiers, un contrôle minimal des entrées doit être assuré et ils
doivent en outre veiller à l’usage que font les visiteurs des équipements
informatiques mis à disposition : « Quand on voit qu’il y a beaucoup de monde, on
fait le tour du cyber et on regarde sur quel site sont les gens. S’ils ne sont pas sur
des sites en rapport avec une recherche d’emploi ou de formation, on leur dit
poliment de laisser l’ordinateur. » Le principe d’autonomie demandé aux usagers
suppose qu’on laisse une certaine liberté.
Pour les piscines, un projet visant à installer un système informatique de gestion des
accès par cartes à puces est envisagé. Il pourrait avoir un impact important sur la
fonction accueil. Cela devrait réduire certaines difficultés liées au comportement des
usagers. Le système permettrait d’identifier plus aisément les fauteurs de trouble. Ce
renforcement du contrôle interroge certains participants au groupe de travail mais les
professionnels des piscines estiment qu’il faut y venir. Pour le maître-nageur il s’agit
aussi de sécuriser les paiements et de limiter la circulation d’argent liquide car tout
de même, la recette peut atteindre 1 000 euros par jour en été et tous les chefs de
bassin ne prennent pas soin d’accompagner les caissières qui se rendent au coffre.
L’instauration de ce système leur permettra de se sentir plus tranquilles. Et puis, fait
remarquer l’agent d’accueil, plus l’usage de la piscine est réglementé, plus le public
est incité à bien se conduire : l’instauration du port obligatoire du maillot et du bonnet
est à ce titre bénéfique : les gens se sentent davantage « encadrés ». Parce qu’elle
rend possible une mesure de radiation, l’existence d’une carte incitera à la discipline.
Cela simplifiera aussi les opérations de gestion, permettra d’accueillir plus de monde
en moins de temps, et d’encaisser davantage d’argent pour une activité actuellement
déficitaire : « (Avec ce système) vous pouvez nager à l’heure, à la demi-heure.
Quand les gens sortent, ils mettent leur carte et le crédit s’arrête. Chez nous
actuellement, avec 2 euros, vous pouvez rester 12 heures. »
Pour caractériser la nature de la relation que les professionnels doivent établir avec
leur public, certains proposent de substituer à la notion d’empathie celle d’assertivité
(Andrew Salter, Joseph Wolpe, William James, Herbert Fensterheim). On peut la
définir comme « une attitude qui met en œuvre les trois comportements suivants :
définir clairement son objectif ou sa position en accord avec ses propres valeurs ;
être capable de la faire connaître sans ambigüité à un tiers : pouvoir la défendre
sans agressivité tout en admettant que d’autres ne partagent pas nos propres
convictions » (Schuler, 1996). Certains cabinets de consultants proposent déjà des
interventions visant à favoriser l’adoption de cette posture d’assertivité, en travaillant
33
BRASMA : sigle mnémotechnique signifiant : Bonjour, Regard, Attention, Sourire, Merci, Au-revoir
(monsieur ou madame). Le BRASMA est un script de comportement prescrit aux agents en vue
d’améliorer la qualité de l’accueil.
244
avec les agents à partir de leurs situations concrètes de travail, comme le pratique
Thierry Tournebise, avec des personnels de santé : « Comment agir face à… une
demande qu’on ne peut satisfaire ; de l’agressivité ; quelque chose
d’incompréhensible ; une remarque ou réclamation ; un interlocuteur trop bavard ;
quelqu’un qui ne veut pas comprendre ; un remerciement ; quelqu’un qui est en
détresse… » (Tournebise, document non daté)
245
246
Chapitre 10 - Dialoguer avec les autres professionnels
L’essentiel du travail d’accueil des proches du défunt est dans l’acte d’orientation.
Pour ce faire, il faut suivre attentivement le déroulement des opérations funéraires :
le corps est-il en préparation chez le thanatopracteur ? Le défunt est-il en salon, en
chambre froide… ? Si le service est parfois inégal, c’est parce que d’autres services
ont pu mal orienter ou mal renseigner les familles, ou parce que tous les agents du
service n’ont pas le même niveau de maîtrise de la législation funéraire.
247
situations que les gens viennent dénoncer ou qu’on détecte nous-mêmes… Pour
cause de secret professionnel, on n’a pas forcément la suite de la procédure alors
que la personne pour laquelle on a fait un signalement, s’adresse à nous… Il y a des
raisons à cela mais nous avons la personne en face et ce n’est pas évident de lui
dire : il y a une enquête sociale qui va être lancée mais je ne peux pas vous dire
quand, je ne peux pas vous dire les conséquences. » Il faut donc au minimum
pouvoir s’assurer que la personne a eu toutes les explications nécessaires de la part
des services sociaux compétents.
248
s’en remettre à des structures associatives pour résoudre des problèmes de
coordination institutionnelle, les hiérarchies des différentes institutions devraient
créer les partenariats nécessaires pour assurer un fonctionnement conforme aux
principes de la charte Marianne.
249
250
Chapitre 11 - Perfectionner, innover
La volonté du directeur de la Cité des métiers de faire évoluer le parc des ordinateurs
et d’installer de nouveaux logiciels est clairement perçue par les agents : « il est sans
arrêt en train de se pencher sur l’efficacité de la structure… On essaie toujours
d’avancer, de se perfectionner ». Tous les salariés participent aux réunions
hebdomadaires et les agents d’accueil sont sollicités pour des tâches qui impliquent
l’abandon temporaire de leurs tâches d’accueil proprement dites : assister à une
information métier, réaliser une enquête de satisfaction. Pour l’agent qui travaille à la
réalisation d’une enquête de satisfaction par téléphone, cette activité inhabituelle
constitue un challenge : « Je l’ai pris comme un défi, pour voir si je pouvais le faire. »
A la PFSP chacun est appelé, au cours des réunions, à apporter ses idées, son point
de vue. Cela nous est présenté comme une spécificité des structures associatives :
« Je pense que nous, on a les moyens de prendre du recul … Ce qui n’est pas
toujours évident quand on est dans un autre service. »
La suite du rapport montrera que dans leur ensemble, les agents sont assez
rarement incités à envisager le devenir de leur métier avec l’encadrement, que leur
parcours (déclassement lors d’un premier emploi, reclassement dans un contexte
d’aménagement de fin de carrière) et la faiblesse de leurs perspectives
professionnelles les amènent à intérioriser leur position sociale de dominés et qu’ils
se sentent à la merci de changements technologiques et organisationnels.
251
252
Conclusion
Une rapide exploration sur Internet avait révélé que les emplois de l’accueil font
rarement l’objet d’une définition précise : alors que l’accueil en entreprise et l’accueil
événementiel constituent deux secteurs d’activités distincts, le terme d’hôtesse
d’accueil est parfois simplement utilisé comme le féminin d’agent d’accueil. Les
activités des agents d’accueil ne sont pas toujours valorisées : les tâches annexes
qui leur sont parfois confiées pour « désengorger les services » 34 sont néanmoins
jugées qualifiantes au regard des tâches habituelles : « L’élargissement des tâches
aux activités de secrétariat contribuerait à revaloriser l’image d’une profession
marquée par la précarité. » Dans les profils de poste, les critères d’embauche sont
plus souvent formulés en termes de qualités personnelles que de compétences
professionnelles : sourire imperturbable, courtoisie, présentation impeccable,
amabilité, goût du contact, résistance nerveuse. On insiste davantage sur l’image
que l’agent doit donner de l’entreprise, que sur son travail : il est « l’image
représentative d’un lieu, d’un site, d’une ville, de l’entreprise ».
Les participants n’ont pas perdu de vue la diversité des situations de travail et des
problèmes auxquels les uns et les autres sont confrontés, mais les distinctions qu’ils
opèrent ne recouvrent guère celles évoquées dans l’introduction du rapport, entre
accueil et médiation, accueil commercial ou administratif, accueil physique ou
« médiatisé ». Si, en dépit des études dénonçant l’illusion de l’adéquation formation –
emploi, il se crée tant de certifications spécifiques, nous faisons l’hypothèse que ces
distinctions sont plus le fait des gestionnaires de ces activités, qui cherchent à
promouvoir et faire connaître leur spécificité, que des titulaires d’emploi eux-mêmes.
Cette logique aboutit à de nouvelles segmentations plutôt qu’à accompagner
l’évolution du métier.
Les discussions au sein du groupe ont montré que les activités développées par les
agents d’accueil étaient plus riches qu’il n’y paraissait. Des activités de collecte, de
mise en forme de l’information et de mémorisation, considérées comme un préalable
au face à face avec le public, sont guidées par le travail de décryptage des attentes
et besoins des clients. Le travail d’information et d’orientation des agents d’accueil
peut-être décrit comme une situation particulière de coproduction du service avec le
client dans laquelle l’agent mobilise une connaissance des procédures, de la
réglementation, de l’organisation et du fonctionnement de structures au-delà même
du périmètre de leur service. L’expression des tensions et conflits entre les agents et
le public montre les difficultés de la communication, la nécessaire prise en compte
des situations d’anxiété et des différences culturelles, l’explication des décisions et
règlements, l’exercice d’une vigilance étendue à l’espace d’accueil, voire une
participation à l’activité de surveillance.
Une grande partie de ce travail est restée longtemps invisible… comme s’il était
naturel de maîtriser un ensemble très large d’informations, d’élucider les demandes,
d’anticiper l’accompagnement nécessaire à l’usager, de prévenir les conflits ou à
défaut de les gérer. La prise en compte des activités de service par les ergonomes,
le développement d’études se référant à la notion d’intelligence émotionnelle, ont
contribué à révéler l’importance de ces aspects du métier. Le groupe de
34
Comme cela est parfois mentionné sur Internet
253
professionnels a cependant peiné à mettre en évidence des techniques propres aux
métiers de l’accueil : techniques de reformulation bien plus élaborée que la simple
répétition de la demande de l’usager, repérage des violences cachées commises à
l’encontre des clients lorsque l’on tente de rassurer, de convaincre, d’excuser,
techniques basée sur l’assertivité permettant d’établir avec autrui une relation
respectueuse plutôt que de s’en tenir à une attitude fondée sur la maîtrise de soi.
Alors qu’elles sont au cœur de leur métier, les relations avec les clients font trop peu
souvent l’objet d’une réflexion approfondie dont le point de départ est celui de
l’analyse des situations d’accueil. Qu’elle soit réalisée à l’initiative de l’encadrement
ou des professionnels eux-mêmes, ce n’est pas dans la description des tâches que
l’on peut saisir l’essence de ce métier mais dans l’analyse des situations-problèmes
rencontrées dans les relations avec le public et en veillant à croiser les points de vue
des professionnels et des usagers. Pour reprendre le titre d’un article d’Annie Pochat
et Pierre Falzon, une part essentielle de la pratique de l’agent d’accueil est dans le
dialogue qu’il instaure avec le public : « Quand faire, c’est dire … ».
254
Quatrième partie
Facteurs d’évolution :
les activités d’accueil à l’épreuve des tensions croissantes
PAUL KALCK
Avec la collaboration de JEAN-PAUL CADET, VALERIE GOSSEAUME, CHRISTOPHE
GUITTON, CHANTAL LABRUYERE, SAMIRA MAHLAOUI, FRED SECHAUD
255
256
Introduction
Nous avons proposé aux membres du groupe de travail d’engager cette réflexion sur
le devenir de leur métier en procédant en deux étapes.
Dans un second temps, après une brève synthèse des débats, nous leur avons
proposé de s’exercer à l’élaboration de scénarios prospectifs de leurs métiers.
Quelques éléments de prospective, tirés de diverses ressources documentaires
(articles, ouvrages, sites web, etc.) ont été proposés pour stimuler la réflexion. En
revanche, nous avons renoncé à présenter des scénarios prospectifs déjà construits
sur d’autres métiers parce que les exemples dont nous avons connaissance sont
encore rares 36 et que cela n’aurait pas laissé le temps nécessaire pour leur propre
réflexion. Sur la base du travail effectué par le groupe, et à la lumière d’entretiens
complémentaires avec des responsables hiérarchiques, nous avons complété et
achevé le travail d’élaboration des scénarios, présentés en partie cinq.
35
Ces six facteurs sont ceux identifiés par le Conseil des métiers de l’Association ouvrière des
compagnons du Devoir pour engager une réflexion sur le devenir des métiers.
36
En effet beaucoup de travaux en ce domaine concernent non pas tant la prospective d’un métier
que la prospective d’entreprises ou la prospective sectorielle. Une des rares publications que nous
ayons lu avec intérêt sur le thème qui nous préoccupe concerne le métier de bibliothécaire :
Bibliothécaires en prospectives, Jean-Pierre Durand, Monique Peyriere, Joyce Sebag.
257
258
Chapitre 1 - Facteurs culturels et sociétaux qui impactent surtout le
métier sur les aspects communicationnels
Que les participants aient davantage à dire sur ce sujet que les professionnels du
bâtiment avec lesquels nous avions travaillé auparavant, ne nous a guère étonné car
les professionnels de l’accueil sont davantage confrontés à ces facteurs d’évolutions,
du fait de leur rôle d’interface entre l’entreprise ou l’administration qui les emploie et
le public (administrés, clients, usagers, patients, etc.). Leur réflexion est d’autant plus
précieuse qu’à l’étape précédente du travail, qui portait sur l’identification des savoir-
faire, ils avaient privilégié la description de leur activité de « production – construction
de l’information » au détriment de la dimension « dialogue avec le client ». Leurs
propos attestent de l’importance de la dimension relationnelle dans l’exercice de la
fonction d’accueil.
Ce sont les agents travaillant dans les transports aériens qui mettent le plus l’accent
sur les difficultés qu’engendrent les « nouveaux » rapports des clients à l’information.
A l’inverse, d’autres agents, dont la mission d’information, plus complexe, est moins
sensible à la concurrence des réseaux et de l’Internet, semblent moins directement
touchés par ces évolutions. Ainsi, en est-il pour l’agent de développement de la
plate-forme de services publics (PFSP) : « C’est différent dans mon domaine. Quand
je ne connais pas la réponse, la personne préfère revenir en étant sûre que c’est la
bonne réponse plutôt que de me dire : vous ne savez rien. » Si ses homologues du
secteur privé sont confrontés à l’intransigeance de la clientèle, c’est aussi, pense-t-
elle, parce que le public considère avec une certaine suspicion les institutions qu’ils
représentent : « Les clients ne sont pas devenus comme ça sans qu’on les y
encourage : ils sont dans une relation marchande avec l’entreprise. Si vous ne
donnez pas d’informations non vérifiées, j’imagine que c’est parce que si l’avion part
en retard, le client peut demander le remboursement d’une partie du billet. » Ils font
la distinction entre un accueil destiné à faciliter l’accès à des services et l’accueil
s’inscrivant dans une démarche commerciale.
259
l’impatience des clients s’ajoute, selon l’agent d’accueil de la piscine, un manque
d’attention aux réponses qui leur sont données. L’impatience génère de
l’inattention et de l’incompréhension : « ça leur brouille le cerveau !» Selon l’agent
d’information de l’aéroport, les clients n’écoutent plus les réponses, ne comprennent
pas et finalement reviennent. La fonction d’information s’en trouve alors plus
complexe et nécessite de nouvelles qualités professionnelles : capter l’attention du
client, vérifier qu’il a entendu, compris.
Les professionnels déplorent que les informations qu’ils donnent et celles qui sont
véhiculées par Internet et les réseaux, soient mises sur le même plan : les clients ne
font pas la différence. Ils ignorent que les agents doivent appliquer des procédures,
attendre par exemple que l’avion ait décollé avant d’annoncer l’heure d’atterrissage
approximative. « On ne donne qu’une information vérifiée. Donc, il y a un temps de
décalage. C’est ce décalage-là qu’ils n’apprécient pas, au sens propre comme au
sens figuré ».
- « J’ai mon enfant à bord qui m’a dit que… »
- « Oui, c’est très bien, effectivement, mais nous, on attend la confirmation du
décollage. »
- « A l’époque où on envoie des sondes sur la lune, vous êtes incapable de me dire à
quelle heure va arriver l’avion » ou bien « Tu le sais mais tu ne veux pas me le dire. »
L’accès à des sources multiples donne aux clients la possibilité de recouper les
informations et d’interpeller les professionnels sur certaines incohérences. Les
agents d’accueil de la piscine sont tenus pour responsables des informations
erronées publiées sur Internet ou suspectés de ne pas faire leur travail lorsqu’ils ne
peuvent offrir le service annoncé sur Internet. Ils vivent cela comme une injustice car
ils n’ont pas la maîtrise de ce qui est consigné sur les sites et qu’il ne leur est pas
facile d’obtenir leur rectification : « On se plaint mais ça ne suit pas forcément. Il
faudrait qu’on s’en occupe nous-mêmes. C’est le chef de bassin, qui devrait
intervenir… Le samedi, nous sommes fermés au public depuis le mois de septembre.
Des personnes viennent à l’accueil en disant : nous voulons entrer. Je suis allée sur
Internet et il y avait les horaires d’ouverture. Elles vont jusqu’à mettre en doute notre
bonne foi : vous n’avez pas envie de travailler, vous fermez la piscine ! »
Le travail des agents d’accueil se trouve compliqué par les évolutions d’une société
plus diversifiée où tous ne partagent pas les mêmes valeurs de respect mutuel. Pour
l’agent du bureau d’information de l’aéroport, les difficultés s’accroissent avec la
diversité des publics accueillis sur les vols internationaux :
260
- des femmes refusent de se dévoiler, ont des heurts avec la police et viennent se
plaindre au bureau d’information ;
- des hommes ne veulent pas être informés par une femme et demandent à parler à
un homme. Si par ses réactions, l’agent suggère l’existence d’un préjugé sexiste, ils
se réfugient dans la dénégation ;
Les responsables du bureau d’information ne proposent pas de solution. « Quand les
agents féminins sont seules au bureau d’information, soit la personne accepte de
passer outre la barrière culturelle, et de poser sa question, soit malheureusement elle
se débrouille. On ne peut pas prendre en compte toutes les composantes
culturelles. ».
Qu’ils accueillent le public dans un aéroport, une piscine, une plate-forme de services
publics, les agents sont nombreux à observer que le langage (et pas seulement la
langue pratiquée) fait obstacle à la communication et peut générer des
incompréhensions et de la violence dans les relations. Les « jeunes des quartiers »
sont particulièrement concernés mais c’est toute une génération qui a adopté des
comportements peu propices aux échanges interpersonnels. « C’est le langage SMS,
le verlan que personne ne comprend. Ils transposent du langage parlé à l’écrit.
Parfois on ne comprend pas ce qu’ils disent. On ne le fait pas exprès. La personne
en face nous dit : pourquoi tu ne comprends pas ? Je te parle français. Parfois ça
peut dégénérer. » (Le manager du bureau d’information de l’aéroport.)
261
stressées, angoissées. Lorsque surviennent des difficultés, ces personnes sont
déroutées et les situations deviennent compliquées à gérer :
« Avec les Français, ça finit assez mal. Si on a un Easyjet Paris-Nice qui est annulé,
c’est une catastrophe. Vous prenez un Easyjet qui arrive de Newcastle ou de
Glasgow, avec des anglais qui ne sont jamais sortis de leur pays, qui ne parlent pas
un mot de français et ont un fort accent, c’est également compliqué. On a à faire face
à un type de clientèle qui auparavant ne consommait pas de service aérien. Ces
personnes ne maîtrisent pas bien le système, elles ont acheté à un prix, sont
complètement déçues, et s’en prennent à nous. Avec les billets achetés sur Internet,
il y en a qui lisent mal l’heure sur le billet : l’an dernier, on avait un vol qui partait à
minuit dix, mais quel jour ? »
L’agent d’accueil de la piscine et celui de la Cité des métiers sont moins conciliants :
« Il y a des attitudes qu’on peut accepter et d’autres qu’on ne doit pas accepter. Il y a
des limites à l’agression et à l’irrespect. »
L’agent de la PFSP admet qu’il y a des situations difficiles, des comportements peu
acceptables. Cela doit faire l’objet d’une discussion d’équipe, de façon à adopter une
attitude commune qui ne consiste pas seulement à définir l’acceptable et
l’inacceptable mais peut aussi consister en une réflexion sur la façon de s’y prendre
pour agir sur la relation : « C’est pour ça que c’est important de définir un cadre en
équipe, et que tout le monde l’applique. Il faut en parler. Qu’est-ce qu’on accepte ou
n’accepte pas ? Qu’est-ce qu’on dit dans tel cas ? »
Au sein du groupe, les participants hésitent entre une attitude de compréhension que
justifie la prise en compte de l’état émotionnel de certaines personnes (cas de
malades ou de familles stressées lorsqu’elles se rendent à l’hôpital) et leur regret de
ne pouvoir « peser » sur les comportements des usagers, comme en témoigne le
commentaire désabusé du manager du bureau d’information de l’aéroport constatant
que les chartes d’accueil n’assignent des comportements qu’aux agents et pas à son
public : « La charte nous engage envers les personnes. Tout ce qui est charte
accueil, en termes d’équité, d’égalité de traitement, on le fait. Mais la charte
s’applique à nous, pas à la personne en face, laquelle n’est pas sur le même mode
de fonctionnement. La tension vient de là : on reste bien dans nos cadres définis, les
types de réponses, d’attitudes à tenir, mais la personne en face n’a pas le même
référentiel. »
262
Une image dévalorisée de la fonction accueil que l’on ne combat pas
suffisamment
263
264
Chapitre 2 - Facteurs règlementaires : un accroissement du poids de la
prescription et de la judiciarisation
37
[Link]
265
Dans le secteur hospitalier, la charte de la personne hospitalisée précise les
conditions d’accueil des patients, ses droits, les autorisations de visite, etc. Elle est
complétée par de nombreuses autres chartes : la charte de l’enfant hospitalisé
signée par les associations européennes en 1988, la charte de l’usager en santé
mentale du 8 décembre 2000, la charte des associations de bénévoles à l’hôpital du
29 mai 1991, la charte d’accueil des familles de victimes de la violence routière dans
les établissements de santé.
Ces réglementations définissent un cadre qui contraint les services à une certaine
qualité de prestations, définies souvent par des critères quantitatifs, faciles à vérifier.
On doit cependant s’interroger sur l’impact de ce type de réglementations sur la
qualité réelle des services rendus aux clients, comme le fait le rapport annuel 2009
du médiateur de la République 38 :
« Contractualiser les objectifs, valoriser les résultats, imprégner l’ensemble de la
sphère publique de la culture de la performance, pourquoi pas ? Encore faudrait-il
que ces indicateurs soient pertinents et n’aient pas pour seule finalité de satisfaire
une hiérarchie ou de servir de faire-valoir médiatique. Encore faudrait-il, également,
que ces indicateurs parviennent d’une manière ou d’une autre à intégrer la
dimension psychologique de la relation avec l’usager, par définition difficilement
quantifiable. On peut mesurer le délai de réponse moyen, par exemple, d’une
institution. Mais est-il possible de mesurer la douleur afférente à ces temps de
latence et d’incertitude ? À l’heure où la transparence s’affirme comme le principal
moteur de la confiance et où les citoyens veulent pouvoir mesurer avec justesse la
qualité des services rendus, un débat s’impose sur la validité des indicateurs de
performance. Lui seul pourra écarter le soupçon d’instrumentalisation qui pèse sur
ces outils de mesure et prévenir le risque d’une nouvelle fracture entre
administrations et administrés. »
38
Rapport annuel 2009. Jean-Paul Delevoye.
39
Pierre Mazet (2007).
266
cadre de performance que le respect de l’indicateur… Ainsi, face à des demandes
complexes, les agents perçoivent la performance de réception comme une obligation
de choisir entre répondre à l’allocataire et répondre aux indicateurs. Dans les
exemples cités, ils mettent régulièrement en scène les effets d’un strict respect de la
norme qui les obligerait à « bâcler l’entretien », « expédier » ou « gicler l’allocataire»,
en l’abandonnant à son sort et son problème… Il semble que la circulation des
notions de «relation de service » ou de « qualité de service », notamment par
l’intermédiaire des formations tant nationales que locales, ait modelé une sorte de
«référentiel » de la qualité des pratiques d’accueil auxquelles les agents se
rapportent, même en l’absence de formalisation explicite ou de projet d’action de leur
organisme. Dans les entretiens réalisés, la majorité des agents disent ne pas tenir
compte des indicateurs. Ils s’appuient sur la dimension individuelle et relationnelle
intrinsèque au contact physique de la rencontre pour justifier une hiérarchisation de
la norme en faveur de l’usager individuel présent. Ils revendiquent alors de pouvoir
répondre à l’allocataire sans faire peser sur lui la contrainte externe des indicateurs
de la convention d’objectifs et de gestion (COG).
267
été acté, en raison de l’opposition de la profession, qui se bat actuellement pour que
les chargés d’accueil restent hors champ.
Il ne nous semble pas que la réflexion sur le métier d’agent d’accueil ait joué un rôle
central dans la conception de ces réglementations ni dans les modifications des
politiques de gestion des ressources humaines que nous venons d’évoquer. Les
chartes et tout l’appareil réglementaire évoqué par les agents (cahier des charges,
procédures, certifications, audit, évaluations) sont d’abord des outils de
contractualisation entre les services, leurs donneurs d’ordre éventuels, et leurs
clients, qui s’accompagnent de contraintes dans l’organisation des services et se
traduisent en injonctions portant sur des points particuliers du travail des agents. Ils
ne semblent pas constituer un point d’ancrage pour le développement de la
professionnalité des agents. Cet encadrement réglementaire s’avère d’ailleurs peu
connu des agents, même si certains des principes qu’il promeut structurent leur
activité (comme par exemple ne jamais laisser quelqu’un repartir sans une réponse
au moins partielle à sa question). Le recours aux medias et la « judiciarisation » des
relations entre clients et entreprises révèlent les tensions croissantes entre les
institutions et leur public et ses conséquences sur le travail des agents d’accueil.
Les chartes ont peu prêté à débat au sein du groupe et l’agent d’accueil de l’hôpital
privé omet même d’en parler alors que l’application de certaines prescriptions
concerne directement son activité. La charte Marianne est évoquée, non pas par
l’agent d’accueil et de surveillance du patrimoine, seul fonctionnaire d’Etat présent
dans le groupe, mais par le manager de l’aéroport. Le ministère de la Culture
mentionne pourtant sur son site que « l'application de la charte Marianne est très
répandue dans les services déconcentrés du ministère puisque plus de la moitié des
directions régionales des affaires culturelles et les deux tiers des services
268
départementaux de l'architecture et du patrimoine au moins ont publié une version de
la charte adaptée à leurs services ». L’intérêt qu’on leur porte semble ainsi s’arrêter
au niveau de l’encadrement : « Elles ont le mérite de définir de manière globale
comment fonctionner. Ça fait un référentiel commun pour tous. Je préfère que ça
passe par une charte plutôt que par une note de service. Une charte, on peut la faire
évoluer. On peut l’adapter. » (Le manager du bureau d’information de l’aéroport.)
269
identifiées par les équipes de recherche ne fait l’objet d’aucune prescription de la
part de la direction ou des cadres. Cela signifie que le contenu du métier est
autoproduit par les agents… A quelques exceptions près, ils ne définissent pas leur
métier par des compétences. Ils le définissent par des « qualités » que l’on a ou que
l’on n’a pas : on est social ou pas, on aime l’accueil ou pas, on aime les gens ou
pas. En termes savants, ils « naturalisent » ces compétences. Ce sont des attributs
de la personne, non des attributs du métier… Le métier d’accueil n’est donc pas
sans contenu… mais son contenu est auto-défini et auto-produit par les agents, et
les compétences nécessaires pour l’exercer sont naturalisées sous la forme d’une
« vocation » qui existerait chez les uns et pas chez les autres. Donner un contenu
au métier implique donc de préciser les compétences requises pour l’exercer et les
moyens d’acquérir ces compétences. »
Cela s’ajoute à la judiciarisation des rapports entre les services d’accueil et leurs
clients. Les dépôts de plainte par les clients visent l’agent, le responsable du service
et à travers lui le service sur lequel il a autorité. On peut faire l’hypothèse que les
chartes, les procédures de certification, les contrôles de tous ordres ont aussi pour
fonction de répondre à cette situation tandis que les institutions cherchent aussi à se
défendre sur le plan juridique. Ainsi, dans certains aéroports étrangers, des
panneaux d’information avertissent les voyageurs à peu près dans ces termes
(traduit de l’anglais) : « Aucune action portée contre les agents publics ne peut être
tolérée et un dépôt de plainte sera immédiatement porté à l’encontre de la personne
qui commet l’infraction. »
Ces menaces et ces avertissements révèlent des rapports conflictuels entre les
services et leurs usagers. Pour les agents d’accueil, c’est un signe de mutation de la
société, un indice de la montée des violences. L’agent de développement de la
PFSP observe qu’au bureau de poste, un panneau annonce que « tout
comportement agressif fera l’objet d’un dépôt de plainte ». Au service des sports de
la ville, une personne s’occupe spécialement de la gestion des conflits. Elle est
chargée d’expliquer à l’agent victime d’une agression comment il doit rédiger sa
plainte. L’agent administratif du bureau municipal de proximité signale que des
psychologues de la médecine du travail sont à l’écoute des agents victimes
d’agression, physique ou verbale. Les services se dotent donc de moyens de prise
en charge des traumatismes causés aux agents et de riposte à l’encontre des clients
procéduriers. Il n’est pas certain pour autant que ces difficultés, vivement ressenties
par les agents d’accueil, fassent l’objet systématiquement d’une analyse plus
approfondie sur les motifs d’apparition de ce qu’il faut considérer à la fois comme un
risque professionnel et un échec dans la fonction d’accueil.
270
Chapitre 3 - Facteurs économiques : une recherche d’économies
budgétaires qui a des effets sur les critères de qualité
Interrogés sur les facteurs économiques qui impactent leur métier, les participants
ont évoqué des phénomènes que nous classerions pour la plupart dans les facteurs
culturels et sociaux – l’apparition d’une clientèle « low cost » - ou dans les facteurs
organisationnels – la gouvernance des établissements, la coordination des moyens
et des services. Nous n’avons retenu ici que ce qu’ils nous ont dit de la recherche de
rentabilité, de la réduction des dépenses publiques, de la privatisation et de
l’ouverture à la concurrence internationale. Les professionnels perçoivent plus
difficilement l’impact des facteurs économiques sur leur métier car leur position au
sein des entreprises et institutions concernées donne peu l’occasion d’en mesurer le
poids ou d’en faire un élément de référence dans la conduite de leur activité. Les
quelques brèves allusions à la révision générale des politiques publiques (RGPP)
entendues dans le groupe laissent penser que celle-ci est perçue dans sa vocation à
réduire la fonction publique plus qu’à la transformer. Un élargissement du groupe à
d’autres services des collectivités (Allô Mairie) et du secteur privé (entreprises
prestataires de service d’accueil) aurait sans doute enrichi le débat sur les facteurs
économiques.
L’ouverture à la concurrence
271
Une politique de réduction des effectifs de la fonction publique
40
A deux euros l’entrée pour la journée, celles-ci ne collectent guère de fonds, d’autant que les
RMIstes paient un euro, et que l’entrée est gratuite pour les pompiers, les militaires, les policiers.
272
Un développement des services à distance au détriment des structures de
proximité.
273
274
Chapitre 4 - Facteurs organisationnels : le poids d’un environnement
concurrentiel sur la gestion des ressources humaines
Les représentants du secteur privé se sont peu exprimés sur l’impact des facteurs
organisationnels mais la présence de supérieurs hiérarchiques a pu freiner leur
expression. En revanche, les fonctionnaires territoriaux ont évoqué de nombreux
problèmes organisationnels que les entretiens avec les responsables de services
sont bien souvent venus corroborer. L’engagement du groupe dans une réflexion sur
le métier d’agent d’accueil a été l’occasion d’exprimer un malaise tenant largement à
ces questions organisationnelles.
Une évolution similaire semble s’être dessinée pour le recrutement à des postes de
chargé d’accueil dans certaines banques. Selon la FFB, alors que celles-ci
alimentaient ce métier par des recrutements de jeunes formés aux niveaux III et II
appelés à évoluer rapidement vers un emploi de conseiller clientèle, certaines
profitent de la nouvelle donne « socio-technologique » pour embaucher des
personnes au niveau bac. Cela leur permet d’intégrer des candidats (demandeurs
d’emploi, handicapés…) prêts à s’installer durablement dans la fonction de chargé
d’accueil, tout en réduisant les problèmes causés par les frustrations des jeunes
diplômés du supérieur en attente d’être promus vers un poste de conseiller clientèle
(turn-over, faible implication dans la fonction).
Toutefois, il semble qu’il y ait une grande diversité de politiques en matière de
fonction d’accueil selon les réseaux, certaines pouvant être en décalage avec le
point de vue exprimé par la branche. Ainsi l’une des banques étudiées justifie le
maintien de nombreux emplois d’accueil comme un choix stratégique de proximité,
d’accueil physique et de service au client, à l’opposé des réseaux bancaires qui, en
s’appuyant sur les évolutions technologiques, multiplient les murs d’argent ou la
gestion par Internet. Ce qui ne l’empêche pas d’envisager d’alimenter ces postes par
de jeunes diplômés de niveau bac+2, bac+3, destinés à devenir conseillers clientèle,
et qui passeront 18 mois à 2 ans à l’accueil pour apprendre les rudiments du métier
et acquérir la maturité qui leur manque au sortir de l’université.
275
Pour ce qui concerne la fonction publique territoriale, l’agent d’accueil de la piscine
estime aussi qu’il y a eu une évolution dans les contenus du concours permettant
d’accéder au cadre d’emploi d’adjoint technique qualifié. Il y a quelques années,
l’examen présentait essentiellement des épreuves de culture générale (orthographe,
problèmes). Mais lorsqu’elle s’est présentée à ce concours, les épreuves écrites
portaient sur les problèmes liés à la fonction, et les épreuves orales sur la pratique
de l’activité : « On allait sur un bassin et on touchait vraiment à tout. On devait
connaître le métier de chauffagiste, celui de maître-nageur, savoir ce que faisait le
maître-nageur en matière de surveillance. On devait connaître en pratique l’entretien,
l’accueil, la trésorerie. »
Mais, d’une manière générale, les fonctionnaires territoriaux déplorent que nombre
d’emplois d’accueil soient pourvus par le biais de reclassements qui tiennent peu
compte des compétences, aptitudes et motivations des agents. Nécessité de
reclassement des personnels et manque d’attractivité des emplois d’accueil se
conjuguent pour aboutir parfois à l’affectation de personnes au funérarium dont les
soucis de santé apparaissent peu conciliables avec la mise au contact de familles
endeuillées. Des observations de ce type sont largement relayées par le personnel
d’encadrement des services funéraires, mais aussi de celui des piscines et des
musées :
« Non seulement on est obligé de prendre les personnes qu’on nous affecte mais en
plus il y a une pression pour qu’on les garde. »
« Les choix d’affectation sont faits sans tenir compte des besoins spécifiques du
service et des exigences par rapport à l’emploi. Les agents du patrimoine doivent
avoir des compétences mais l’idée ne passe guère. Ceci rend difficile les relations
avec la direction générale des ressources humaines. Les musées sont avant tout un
lieu de reclassement pour les agents de catégorie C : les femmes qui y sont
affectées sont souvent les anciennes « taties » de la ville (les cantinières). Les
hommes sont des agents des services techniques. Ces agents viennent souvent
avec une idée dépréciée d’eux-mêmes et le taux d’absentéisme est assez élevé. Il y
a des gens meurtris par la vie, et la formation ne peut guère améliorer leur situation
(illettrisme). »
276
expérience. A l’issue de la période d’observation, on demande à l’agent si le travail
lui convient et on se demande aussi s’il fait l’affaire. Il arrive qu’un agent renonce de
lui-même. Il m’est arrivé d’expliquer à un agent qu’il n’était pas possible de l’intégrer.
Dans ce cas, il retourne au service mobilité. » Nous avons pu constater le même type
de stratégie mise en œuvre par l’encadrement du service accueil au siège parisien
d’un ministère (voir partie2) : pour éviter de se voir affecter des agents n’ayant pas
les compétences attendues, le responsable du service préfère laisser vacant un
poste qu’accepter une mutation vivement soutenue par sa direction des ressources
humaines qui continue à penser « reclassement » quand un poste se libère à
l’accueil.
Lorsque les postes sont pourvus par des personnes « reclassées », cela ne se fait
pas sans difficultés comme le suggère cette remarque d’un agent de BDMP
participant au groupe de travail : « Tous les trois ou quatre mois, on a un contingent
d’agents reclassés, des écoles, des crèches, de n’importe quel service. Ces agents
passent des tests psychotechniques à l’issue desquels ils sont affectés chez nous,
mais sur le terrain, c’est parfois difficile. Un de ces agents, au bout d’une semaine,
m’a dit qu’elle ne pouvait pas affronter le public. Elle était reclassée par rapport à des
antécédents médicaux graves. La médecine du travail a répondu : vous avez réussi
aux tests, vous restez ici. »
277
répondre… Les attachés, on ne peut les joindre que par téléphone pendant le week-
end. Et nous, on gère les problèmes sur le tas. »
278
Chapitre 5 - Facteurs technologiques : des transformations profondes de
l’activité en lien avec l’usage des TIC
Alors que les témoignages ont été nombreux sur la progression de l’informatique
dans les services et son impact sur le métier, peu de choses ont été dites sur
l’évolution technique du téléphone et ses conséquences sur les conditions d’exercice
de la fonction d’accueil 41 . On tend semble t-il à sous-estimer les changements qui
affectent un outil dont l’usage familier masque les évolutions radicales 42 .
41
La médiateur de la République a dernièrement dénoncé les effets néfastes de la généralisation des
serveurs vocaux.
42
La présence au sein du groupe, de professionnels des centres d’appel aurait certainement conduit
les participants à accorder davantage d’attention à ses effets en termes d’internationalisation et de
restructuration de l’activité des fonctions d’accueil. Les agents des BMDP et des piscines n’ont
d’ailleurs pas manqué d’évoquer l’impact de l’activité du service Allô Mairie.
279
estime avoir connu beaucoup de changements. Il pense qu’il y en aura d’autres mais
il lui paraît difficile de savoir lesquels.
Dans la société de transports par bateau, une base de données clients va faciliter le
travail de l’agent commercial. Cette application est très attendue : « On est en train
de mettre en place un système où il y aura une base de données Clients avec toutes
les informations. Dès qu’un client aura voyagé une fois, on aura toutes ses
informations : nom, prénom, date de naissance, adresse, véhicule associé. On ne
sera pas obligé de tout redemander. Ce sera plus simple au niveau de la saisie. »
Cette évolution est considérée comme venant combler un retard car, pour l’instant, le
recours des clients aux nouvelles technologies est plutôt un facteur de complication :
« La vente des billets par Internet, c’est génial, sauf qu’on n’est pas encore dans le
billet virtuel, donc les gens achètent leur billet sur Internet, ils oublient de l’imprimer
et après ils se retrouvent à l’embarquement pour l’Algérie ou la Tunisie avec comme
seul justificatif le numéro de billet. Il faut alors qu’ils se connectent sur leur adresse
email pour l’imprimer. Parfois, ils nous donnent leur adresse, leur mot de passe, on
va se connecter à leur place, on imprime le billet. Parfois, malheureusement, ils sont
obligés de racheter un billet. »
280
fois moins de boulot après. Si je ne l’aide pas, je fais le mien et le sien. Donc, je
préfère l’aider. »
L’entretien que nous avons eu avec la directrice des bureaux confirme ces
observations : « Les BMDP prennent en charge 24 démarches administratives
différentes qui doivent être traitées de la même façon dans tous les bureaux.
Certaines démarches sont rares, comme la délivrance d’un certificat de visite des
tombes dans un cimetière militaire. Aussi, nous avons réalisé un guide intranet des
procédures qui favorise l’uniformité du traitement, si l’agent l’utilise. Ce n’est pas
toujours le cas et il peut arriver qu’on vous dise non dans un BMDP et oui dans un
autre. Jusque récemment, si un parent divorcé demandait un passeport pour un
enfant mineur, il fallait qu’il présente le jugement de divorce. Maintenant, on doit
seulement demander un papier attestant de l’autorité parentale. Il n’y a pas de raison
d’aller plus loin dans les investigations sur la vie des gens. Encore faut-il que l’agent
ait eu le souci de s’informer plutôt que de se fier aux habitudes prises. »
281
Un impact sur les services et les relations avec la clientèle
Les aléas et les lenteurs du processus d’informatisation nous semblent dus à cette
nécessaire solidarité entre des acteurs de différents niveaux hiérarchiques et de
différentes institutions. Quelques remarques des agents en apportent la
confirmation :
« Mes copines ont chacune leur ordinateur sur le bureau, mais il y en a encore qui ne
servent à rien puisqu’il n’y a pas de logiciel. »
« L’objectif, c’est le billet virtuel. C’est toujours un peu compliqué à mettre en place
car on travaille avec des compagnies étrangères. La compagnie tunisienne est
d’accord sur le principe. La compagnie algérienne fonctionne encore au billet
manuel. Ca prend un peu de temps. »
282
Comme on a pu le constater, l’informatisation a un impact sur le travail des
personnes mais aussi sur l’organisation du service (entraide, formation de supérieurs
hiérarchiques par les subordonnés, modification de l’organisation du travail, évolution
de la structure hiérarchique). Mais elle peut aussi modifier, provisoirement ou
durablement, les attributions d’un service et ses relations avec la clientèle. Le service
Allô Mairie qui assure l’essentiel des prises de rendez-vous, dispose désormais
d’informations plus complètes sur les démarches administratives mises en œuvre par
les agents des BMDP et peut prétendre s’engager au moins dans la réalisation des
prestations de base (mais peut-on réellement dire ce qu’est une prestation simple
tant qu’on n’a pas étudié la situation des personnes ?).
Les nouvelles procédures d’inscription pour les activités proposées par les piscines
(bébés-nageurs, aquagym) sont critiquées par les agents qui leur reprochent pêle-
mêle d’être contraignantes, anonymes, inégalitaires même s’ils admettent que le
système n’était pas meilleur avant. Les alternatives proposées par les agents visent
à redonner un rôle à leur service. « Les inscriptions pour bébés-nageurs sont très
demandées. Quand on les faisait, sur chaque bassin, les gens attendaient dans la
rue dès cinq heures du matin pour être les premiers dans le gymnase. Maintenant, il
y a une date à laquelle il faut téléphoner à Allô Mairie. Ils passent la matinée au
téléphone et ne sont pas contents quand ils s’entendent répondre qu’il n’y a plus de
place. Au téléphone, ils ne le prennent pas bien. C’est compliqué, on ne peut pas
revenir en arrière. C’est devenu impersonnel et puis il y a des appareils
téléphoniques qui facilitent les rappels. Il y a des personnes qui n’ont pas des
téléphones aussi performants. Il faudrait qu’il y ait un tirage au sort plutôt que de dire
que ce sont les premiers qui seront admis. »
De fait, cette nouvelle procédure ôte tout contrôle des agents des piscines sur une
prestation qu’ils sont chargés de mettre en œuvre. Ils perdent ainsi un lien avec
« leurs clients », et au premier chef, les habitués. Plus encore, ils sont obligés de
subir les récriminations des personnes qui n’ont pu s’inscrire sans être en mesure de
faire quoi que ce soit pour donner satisfaction. « On est étranger à la préinscription.
Les personnes viennent sur les bassins en demandant si on peut les préinscrire
quand même. Il faut leur dire non… Ces jours- là, on aime bien ne pas être de
service, parce que les gens viennent protester. Ils essaient à tout prix de savoir s’ils
ne peuvent pas se faire inscrire malgré tout. On en a des dizaines et des dizaines,
sans compter le téléphone. ».
283
Un tel système n’a pas seulement vocation à améliorer l’accueil des clients. Cela
permet au service commercial d’orienter la stratégie de l'entreprise autour des
besoins et des désirs du client. Le manager du bureau d’information de l’aéroport
tient cependant à bien dissocier les deux démarches. « Il y a une partie démarche
marketing, il y a une partie démarche accueil. A la base c’est une démarche de la
part du service commercial qui cherche à mieux connaître les clients de l’aéroport
pour les fidéliser, que ce soit des passagers individuels ou des agences de voyages.
En fait, toutes ces personnes sont démarchées par le service marketing qui sait donc
exactement la typologie des questions posées, les motivations. En ce moment, on
parle souvent des nouvelles contraintes imposées aux passagers pour les vols. Ça
permet de cibler les attentes des clients. On peut indiquer les questions les plus
couramment posées.»
Les nouvelles technologies ont aussi pour effet, comme cela a déjà été signalé,
d’amener les clients ou les administrés à effectuer eux-mêmes une partie des
prestations. Les agents d’accueil sont sur ce point très conscients des déplacements
que cela occasionne en ce qui concerne leur propre activité. Au niveau de l’aéroport,
les passagers sont de fait amenés à s’enregistrer, à utiliser des bornes self-service,
pour les détaxes par exemple. Le bureau d’information est ainsi amené à gérer la
maintenance de premier niveau des équipements mis à disposition et à intervenir
seulement en cas de difficultés. L’agent de développement de la PFSP, les agents
d’accueil des piscines, ceux des BMDP ont tous attiré notre attention sur
l’accentuation des inégalités que cette automatisation occasionne dans l’accès aux
services des publics les plus défavorisés, et incidemment sur l’effet de spécialisation
que cela engendre sur leur propre activité.
284
Chapitre 6 - Facteurs démographiques : un métier encore largement
féminin, qui se masculinise à certains endroits
A la SNCF, si les hommes sont largement majoritaires parmi les agents d’escale
âgés de plus de 50 ans, les femmes deviennent majoritaires dans les tranches
d’âges inférieures (35 ans et moins). Elles représentent même 60 % parmi les plus
jeunes (les moins de 25 ans). Du point de vue de la FFB, le métier de chargé
d’accueil ne connaît pas un processus de masculinisation. Au contraire, il subit plutôt
une féminisation croissante, à l’image des autres métiers de la banque. C’est aussi le
cas des agents de la fonction publique territoriale où les activités d’accueil sont
portées en majorité par des femmes.
285
entreprises spécialisées dans l’accueil événementiel fonctionnent également avec un
vivier d’étudiantes mobilisables facilement, et de stagiaires des écoles spécialisés
dans les métiers de l’accueil.
Dans d’autres secteurs où l’activité est plus régulière, il arrive que l’on doive faire
appel à du personnel précaire que l’on souhaite cependant stabiliser. Dans les
BMDP, lors des périodes précédant les élections, il y a des recrutements d’agents en
contrats emploi consolidés (CEC). En 1998, les contrats emplois-jeunes avaient
permis de doter les bureaux en personnel chargé du premier accueil. Cela permettait
d’alléger le travail des agents administratifs et de réduire les files d’attente tout en
apportant une aide aux administrés pour remplir les dossiers. Les agents en poste
regrettent que ces agents soient partis ou aient intégré un autre service et sont
tentés de conclure que « ça ne les intéressait pas, de faire ce métier d’accueil ».
Les politiques de gestion des personnels des établissements sont soumises à des
réglementations contraignantes de maintien dans l’emploi de travailleurs vieillissants,
de reclassements de personnels bénéficiant de garanties statutaires, de
reclassement de professionnels qui ne peuvent plus faire face à la pénibilité ou à
l’évolution technique de leur emploi. Le vieillissement des effectifs d’agents d’accueil
peut correspondre à un projet de disparition progressive de ce métier dans les
banques, mais il peut aussi résulter des contraintes qui pèsent sur la gestion du
personnel. L’hôpital, signale le DRH d’un établissement, est évalué sur sa politique
de maintien de l’emploi des salariés âgés et cela semble bien constituer un obstacle
au développement d’une politique de gestion de ressources humaines propice au
développement de la professionnalité dans les emplois d’accueil, développement qui
semble se justifier au regard des perspectives de développement de l’institution.
286
Conclusion
L’étude des facteurs ayant un impact sur le devenir du métier a souvent mis en
évidence l’existence d’un malaise chez les agents. Les clients sont plus exigeants,
impatients, utilisent des canaux d’information concurrents à partir desquels ils portent
des jugements sur la compétence des agents, mais ils se montrent aussi parfois peu
attentifs, et certains, notamment les plus âgés ou les plus précaires, peuvent être
déroutés par les évolutions en cours, assez éloignées de leur culture et de leur mode
de vie.
La réflexion sur les facteurs d’évolution constitue un bon moyen pour s’interroger sur
le devenir du métier. Toutefois, l’approche par facteurs ne permet pas de se faire une
représentation d’ensemble de ces changements. Il serait intéressant, dans la
perspective d’une amélioration de notre démarche, de prévoir une étape de synthèse
qui permette d’interroger le groupe sur les savoir-faire du métier qui seront sollicités à
l’avenir.
43
Luc Boyer et Aline Scandernec, La prospective des métiers, Edition management et société, 2009.
287
interrogation uniquement centrée sur les titulaires des emplois étudiés. On ne peut
mener à son terme une réflexion prospective sur le métier individuel sans prendre en
compte le fait que l’organisation du travail va orienter, favoriser ou freiner les
possibilités d’évolution des professionnels. Si la prospective est une construction de
l’avenir 44 par les professionnels, l’exercice concerne tout autant les titulaires de
l’emploi que leurs supérieurs hiérarchiques qui peuvent apporter un éclairage
complémentaire grâce à leur accès à d’autres sources d’information (par exemple les
orientations prises par d’autres institutions - professionnelles, scientifiques,
économiques, juridiques, politiques…- et qui vont impacter les missions et le
fonctionnement de leurs services). De fait, la rédaction du chapitre suivant s’appuie
davantage encore que le précédent sur les informations recueillies lors des
entretiens avec les directions des différents services.
44
Gaston Berger, Étapes de la prospective, PUF, 1967.
288
Cinquième partie
PAUL KALCK
289
290
Introduction
La consigne donnée aux participants était de décrire non pas un avenir mais des
avenirs possibles, sous la forme de scénarios devant refléter tout le contexte, être
exempts de contradictions et se distinguer nettement… de façon à ce que chacun
des scénarios constitue « un portrait riche et détaillé d’un monde futur plausible » 45 .
L’approche que nous avons proposée est centrée sur le métier au sens habituel du
terme, c'est-à-dire celui qui est exercé par les professionnels. Depuis quelques
années, on assiste en effet à la diffusion de notions telles que le métier de
l’entreprise ou le métier sectoriel, qui ont peu de choses à voir avec le métier du
professionnel. Cette précision est nécessaire car la référence au métier de
l’entreprise est souvent introduite par des dirigeants de grandes entreprises que leurs
visées stratégiques amènent à vouloir infléchir l’activité de leurs collaborateurs en
faisant parfois peu de cas des hommes, de leurs cultures et de leurs identités
professionnelles. Elle met l’accent sur les compétences requises par le
développement futur de l’entreprise tel que les dirigeants se le représentent. Quant à
la notion de métier sectoriel, elle exprime une vision synthétique de ce qu’est la
politique de branche sans prétendre prendre en compte la diversité des emplois. Ces
notions de métier sectoriel ou de métier de l’entreprise ne sont pas dénuées d’intérêt
mais elles sont fort éloignées de l’univers des professionnels.
Conscients de l’intérêt qu’il y a à réunir une variété d’acteurs autour d’un projet de
co-construction de scénarios prospectifs, nous avions, lors d’autres études, élargi la
composition de nos groupes de travail en intégrant des responsables de services,
des patrons, des représentants d’organisations professionnelles, des chercheurs et
des formateurs. Cela s’est avéré parfois positif, parfois contre-productif, selon la
capacité des uns et des autres à mettre en réserve leurs propres enjeux
institutionnels pour laisser chacun exprimer son point de vue. Il faut beaucoup de
temps et des conditions particulières pour réussir cet exercice que nous avons
expérimenté plusieurs fois dans les milieux du compagnonnage dont la culture
semblait propice à la qualité des échanges entre acteurs de niveau différent. Mais
même dans ce contexte particulier, l’exercice n’a pas été toujours concluant. Dans le
cas présent, l’ouverture du groupe à des responsables de services ou à des
partenaires extérieurs au métier est restée très limitée. Aussi, il nous a semblé que le
premier défrichage de scénarios prospectifs effectué par le groupe méritait d’être
poursuivi et complété à la lumière des informations recueillies auprès de
l’encadrement. Les scénarios présentés dans les pages suivantes prolongent donc
une réflexion engagée par le groupe de travail, qui ne pouvait qu’être esquissée
compte tenu du temps disponible et de la complexité du sujet.
Les trois scénarios prospectifs que nous avons élaborés ont fait l’objet d’une double
validation : vérification de leur pertinence par rapport aux informations recueillies
pour les emplois étudiés dans le cadre de la méthode ETED ; vérification de la
pertinence des critères qui fondent la construction de ces scénarios par leur
application à un ensemble de publications portant sur les emplois d’accueil dans les
45
U. (von) Reibnitz, La technique des scénarios, Afnor, 1989.
291
caisses d’allocations familiales (CAF) : rapports d’études de Numa Murard (2002), de
Pierre Mazet (2007) et ensemble de documents disponibles sur Internet 46 .
L’élaboration des trois scénarios s’appuie en effet sur la définition de onze critères 47
qui rendent compte de la position du métier au sein de l’entreprise ou du service, de
l’organisation du travail des agents, de leur recrutement, des possibilités de carrière,
du regard que les agents portent sur leur métier, etc. Certains de ces critères sont
assez courants dans les analyses portant sur les métiers, d’autres le sont moins
comme par exemple la représentation que le public se fait de l’activité d’accueil et
des agents qui en ont la charge :
L’application de ces critères permet tout à la fois de préciser les contours des
scénarios, et de les illustrer par des exemples que nous présentons dans les pages
qui suivent. Ces scénarios sont à considérer comme des tendances vers lesquelles
les métiers évoluent avec des probabilités plus ou moins fortes selon les services et
entreprises concernés. Croisant deux registres d’analyses, l’un portant sur les
professionnels (motivation, initiative, compétences, etc.), l’autre sur les organisations
(management, organisation du travail, etc.), les scénarios ne permettent ni le
classement individuel des professionnels, ni celui des emplois étudiés, ni celui des
organisations qui les emploient. Une entreprise ou un service peut fonctionner de
façon à promouvoir tel scénario prospectif et employer des professionnels qui
développent des pratiques se rapprochant d’un autre scénario. Un professionnel peut
s’attacher à développer des pratiques qui correspondent à l’image qu’il se fait de la
qualité de service même si l’organisation ne soutient pas cette démarche. Les
scénarios n’ont heureusement pas de valeurs prédictives. Ils définissent des futurs
plus ou moins probables au cas où rien ne change dans les tendances que font
apparaître les critères que nous avons définis. L’avenir est incertain, il se construit
dans un rapport entre les hommes et l’organisation. Aussi, on ne doit pas considérer
notre travail comme un classement mais plutôt comme une incitation à réfléchir sur
ce qui pourrait être entrepris pour consolider ou faire basculer le devenir du métier
dans telle entreprise ou service vers un scénario jugé plus approprié. Une telle
approche permet en effet de découvrir l’étroite imbrication entre les rapports des
professionnels à leur métier et les décisions relatives à l’organisation des services.
46
Syndicat Force Ouvrière, blog snfocos-caf13 ; [Link] avec AFP | 11.03.10 ;
[Link] ; Site du sénat
JO Sénat du 19/02/2009 ; Site du Figaro 24/09/2008 ; etc.
47
On trouvera à la fin du chapitre un tableau présentant les trois scénarios selon les valeurs que
prennent chacun des critères.
292
La représentation négative dont les agents sont souvent victimes de la part du public
peut être partagée par les agents eux-mêmes lorsque ceux-ci souffrent d’être
affectés à des missions dévalorisées par l’institution. Dans les emplois de la fonction
publique d’Etat, ils sont souvent surdiplômés par rapport aux responsabilités qui leur
sont attribuées tandis que dans la fonction publique territoriale, ils sont souvent
affectés là suite à un reclassement après avoir tenu longtemps des postes à
caractère plus technique. Si certains agents marquent un réel attachement à la
structure au sein de laquelle ils travaillent, dans les deux cas, les progressions de
carrière dans la filière accueil sont restreintes et les possibilités d’en sortir limitées.
Par exemple, du côté des agents d’accueil et de surveillance du patrimoine, la mise
en place du droit individuel à la formation (DIF) a suscité chez les moins âgés des
demandes de formations pour rejoindre des métiers d’art, attachés à l’entretien et à
la restauration des œuvres. Mais ces emplois nécessitent un haut niveau de
compétences, une longue expérience et les débouchés sont très restreints. Le DIF
ne peut assurer de telles reconversions. Solutions souvent envisagées par les
agents d’accueil, les formations d’encadreurs ou de doreurs sont pléthoriques sur le
marché et de qualité inégale. De nombreux diplômes de l’enseignement supérieur
ciblent des activités de médiation culturelle, mais les emplois sont en nombre limité.
Les stages de perfectionnement nous ont été présentés comme un élément
important de revalorisation de l’image que les agents ont de leur métier. Ils
découvrent que leur activité est plus riche et plus technique qu’on ne le pense
habituellement. C’est notamment le cas lorsque la formation aborde « les bases
juridiques de l’action des corps d’accueil et de surveillance » que les agents
aimeraient souvent prolonger.
Le premier scénario est celui de l’emploi peu qualifié que nous appellerons « l’accueil
banalisé » parce que, même s’il est pratiqué par des professionnels compétents,
leurs efforts et leurs qualités ont peu de chances d’être encouragés et reconnus. Ce
scénario se caractérise par l’atrophie d’un métier dont l’importance est mésestimée
et qui est jugé toujours trop coûteux en personnel. Le contexte actuel nous semble à
la réduction des emplois relevant de ce scénario. Le recrutement s’effectue souvent
dans un objectif d’aménagement de fins de carrière et la capacité des salariés à
s’adapter à ces postes fait l’objet d’une moindre attention car les fonctions sont
jugées peu exigeantes. Dans ce contexte, les professionnels restent souvent en
marge de l’activité de l’entreprise et ont peu d’estime pour leur travail tandis que
l’encadrement s’implique peu dans le management des équipes. Les agents qui
relèvent de ce scénario sont à la merci des décisions de restructuration des fonctions
d’accueil, des économies budgétaires, des investissements en équipements
informatiques, des décisions d’externalisation de l’activité. Comme on s’intéresse peu
à leur fonction d’accueil, on leur confie volontiers des tâches annexes peu qualifiées
pour décharger d’autres professionnels ou services.
293
niveau des horaires et des prestations à réaliser. Le contrôle du travail des salariés
est facilité par l’existence de protocoles précis et les possibilités d’enregistrement et
de supervision qu’offrent les équipements. L’activité des agents est dictée par
l’évolution des nouvelles technologies de communication, qui augmente les tâches
techniques d’organisation et de suivi de l’information au détriment des échanges et
des contacts avec le public. Ce scénario se rencontre aussi, et sans doute de plus en
plus, dans des situations d’accueil de personnes physiques lorsque, l’importance du
flux de visiteurs, la masse d’informations à recueillir ou à traiter, les consignes très
strictes de sécurité, incitent l’agent d’accueil à standardiser ses prestations.
L’externalisation des activités d’accueil peut favoriser l’émergence de ce scénario
dans la mesure où le système de conventionnement entre entreprises pousse à
l’élaboration de normes de qualité de services faciles à évaluer et dont le respect
conditionne l’accès au marché et son renouvellement.
294
Chapitre 1 - Scénario n°1 : l’accueil banalisé
Un premier accueil est parfois instauré dans les BMDP par des professionnels qui
« se dévouent » lorsque l’affluence nécessite la mise en place ponctuelle d’un
service rapide ; cette fonction est parfois confiée à un vacataire pendant la période
estivale. Dans les bureaux où les relations avec le public sont parfois difficiles, le
premier accueil a été instauré pour protéger le travail des agents administratifs et
désamorcer les tensions en limitant l’attente : « A l’accueil, il faut avoir de la poigne.
C’est très fatigant. C’est pour cela qu’on ne fait que des demi-journées. Ce n’est pas
de la surveillance mais…. On gère juste pour que les gens n’aient pas trop d’attente
et éviter qu’ils montent ennuyer les collègues. Parce que, quand on fait un passeport
biométrique il faut de l’attention, c’est quand même long ce n’est pas évident, les
personnes vous parlent, alors si vous êtes constamment coupé, au bout d’un
moment on répond qu’on est occupé, alors ils commencent à nous insulter. Il faut
que le travail puisse se faire correctement au guichet. »
La prise de rendez-vous avec un agent du BMDP par Allô Mairie est également
considérée comme une fonction de premier accueil qui « décharge le service » et
permet aux agents administratifs de se focaliser sur l’instruction des dossiers. Partant
d’une tâche peu valorisée, l’enjeu pourrait être pour Allô Mairie d’étendre son activité
à l’instruction des dossiers en captant une partie du public des BMDP, celle dont les
demandes se prêtent le mieux à un traitement à distance. Au cimetière de la ville, le
chef de service des concessions utilise le terme de « deuxième accueil » pour
spécifier la mission des « hôtesses d’accueil » et les distinguer des professionnels
qui ne se limitent pas à l’accueil des familles mais traitent aussi les dossiers : « Ce
sont des postes un peu plus complexes où on fait bien sûr de l’accueil, par la force
des choses, mais où en même temps on constitue des dossiers, récupère des
chèques, passe des commandes. »
295
Degré d’intégration de l’agent d’accueil dans l’entreprise
Le terme de premier accueil souligne les limites des attributions des agents, et cette
assignation a des répercussions sur leur place et leur degré d’intégration dans
l’organisation. Même si, dans les petites structures, les réunions de service
rassemblent l’ensemble du personnel, leur légitimité à participer aux débats est
faible. Ailleurs, le discours sur l’importance de leur fonction du fait des répercussions
sur l’image de l’entreprise ou du service, ne s’accompagne pas toujours d’une
attention à ce qui constitue le cœur de leur activité comme en témoignent l’attribution
de tâches supplémentaires annexes ou les décisions de concentration ou
d’externalisation de tout ou partie de ce qui constitue ce premier accueil.
Il semble que les tâches de surveillance confiées, de façon plus ou moins explicite,
aux agents d’accueil, tendent progressivement à leur échapper : respect des
consignes d’utilisation des installations, contrôle des accès, sécurité des biens,
sûreté des personnes. Les personnels ne réussissent pas toujours à concilier ces
tâches avec leur activité d’accueil et ont parfois peu de goût pour les remplir :
éloignement des SDF des salles d’attente des BMDP ou du hall d’entrée de l’hôpital,
contrôle de l’usage des ordinateurs en libre-service à la Cité des métiers, respect des
consignes d’hygiène et de sécurité de la part des usagers des piscines, surveillance
des œuvres dans un musée... Alors qu’il n’est pas rare d’entendre reprocher le
manque d’attention et de professionnalisme des agents dans l’exécution de ces
missions, se développe un secteur d’activité exclusivement orienté vers la
surveillance. Certains responsables envisagent une externalisation au moins partielle
de la surveillance, avec la possibilité de s’appuyer sur des moyens techniques plus
importants. Dans les musées municipaux, on estime que la présence d’un gardien en
salle est une dissuasion efficace, notamment pour éviter des comportements qui
portent atteinte à l’intégrité des œuvres, mais on souhaite aussi décharger les agents
de la part d’activité pour laquelle ils ne sont pas réellement formés (incendie, vol
organisé) et redéployer leurs activités vers la billetterie, la vente, la médiation
culturelle.
48
Extraits du tract de la CGT culture (12 mars 2010) : « En découdre avec la filière ASM (accueil,
surveillance et magasinage) qui concentre plus de 3500 emplois est devenu la priorité du
gouvernement… Madame Miquel, contrôleur général de Bercy, a remis en décembre au Premier
Ministre un rapport préparatoire aux nouvelles mesures RGPP pour le ministère de la culture dont la
première piste cible expressément la filière ASM : optimiser l’organisation des fonctions d’accueil et
surveillance par l’introduction des nouvelles technologies, l’évolution de l’organisation du travail et, au
cas par cas, envisager l’externalisation de tout ou partie de ces fonctions. »
296
Elles les affectent dans les entreprises avec lesquelles un marché a été conclu,
assurent leur rémunération, l’encadrement, le contrôle, le remplacement. Dans le cas
particulier de l’agence que nous avons contactée, elle définit les activités dans un
livret d’accueil établi avec le client, assure la mise en place du service dans les
premiers jours, effectue une visite par mois pour régler d’éventuels problèmes ou
difficultés. Au-delà, elle vise à consolider sa position en faisant découvrir l’intérêt de
services complémentaires mais cette stratégie paraît se développer plus difficilement
en province. Les clients apparaissent surtout soucieux de se décharger des soucis
de gestion de l’absentéisme et de contrôle d’une activité qu’ils ne parviennent pas
toujours à gérer efficacement, tout en réalisant des économies en faisant varier les
effectifs mis à disposition pour des prestations classiques d’accueil, selon les
périodes de l’année, voire selon l’heure de la journée. Cela ne facilite pas la montée
en compétence des salariés de l’entreprise. Les agents, rémunérés au SMIC,
touchent une prime de ponctualité. L’émergence de ce secteur nous semble favoriser
une évolution du métier vers un scénario de type « accueil prescrit » que nous
décrivons plus loin.
Organisation du travail
Les tâches dévolues aux agents d’accueil sont parfois disparates. Lorsque leur
activité d’accueil physique ou téléphonique ne parait pas les occuper à temps plein,
ils effectuent des tâches annexes : acheminement du courrier, petits travaux de
secrétariat, aménagement de salles de réunion, entretien courant des locaux,
réalisation de photocopies à usage interne… dont nous avons vu qu’elles
297
contribuaient à les détourner d’un perfectionnement sur leur mission de base.
L’agent d’accueil de la piscine n’échappe pas à cette polyvalence des tâches : « On
a le tee-shirt agent d’accueil, mais c’est très polyvalent dans les piscines. On est là
pour l’entretien, pour l’hygiène du bassin, on a l’accueil, le standard, le secourisme. »
Initialement tournée vers l’extérieur (accueil du public), l’activité des agents d’accueil
peut être infléchie vers des objectifs internes à l’organisation. Du fait de la stratégie
commerciale des entreprises de prestations de services d’accueil, les agents peuvent
être amenés à effectuer davantage de tâches de secrétariat ou de logistique :
- gérer une flotte de véhicules, les envoyer à l’entretien ou en réparation,
renouveler les « cartes Total » des représentants par exemple. Pour certains
donneurs d’ordre, cela peut aller jusqu’à la recherche d’optimisation des
solutions de déplacement (prêt de véhicule, utilisation des transports publics,
recours à une location de véhicule, etc.)
- gérer la billetterie pour les déplacements (train, avion, contact avec les
agences de voyage) avec parfois des consignes en matière de réduction des
coûts.
L’accumulation de tâches annexes répondant à des besoins internes de
l’organisation comme la réduction des missions tournées vers le public (abandon de
la dimension sécurité, surveillance, ou de l’activité d’information) sont à notre sens,
deux indices caractéristiques d’un scénario d’accueil banalisé.
Pour les responsables des services comme pour les agents concernés, ces
reclassements sont une forme d’aménagement de fins de carrière. Ainsi en est-il à la
division des piscines municipales dont le responsable mentionne l’existence d’une
faible marge de manœuvre pour prendre en compte les difficultés de ces
professionnels et répondre à leurs attentes en matière de condition de travail et de
proximité du domicile :
« Beaucoup de femmes viennent des écoles où le travail est physiquement
éprouvant (assistantes maternelles). D’autres sont des agents techniques dont la
santé est fragile. Passer à une activité d’accueil représente pour eux, un changement
298
de culture. Quelques uns ne font pas l’entretien de l’établissement car ils ont une
inaptitude physique. Certains bassins reçoivent plus de clubs qui viennent avec leur
encadrement (associations, centres sociaux), d’autres ont un public plus âgé. On
essaie de tenir compte de leurs préférences mais notre marge de manœuvre est
minime car la proximité du lieu de résidence leur importe beaucoup. »
Compte tenu des modes d’alimentation des emplois, les qualités et compétences
requises ont tendance à être sous-évaluées. Les attentes tendent à se limiter à la
régularité de la présence au travail, la tenue, la politesse, la maîtrise de soi. Les
agents se forment généralement sur le tas. L’accompagnement à la prise de fonction
est souvent pris en charge par les collègues de travail. Les stages de formation
continue sont conçus comme des moyens éventuels de remobilisation des agents.
L’encadrement les voudrait souvent plus proches de la réalité du travail des agents.
Ceux-ci ont en général un faible niveau de formation initiale, à l’exception des agents
d’accueil et de surveillance du patrimoine dont les conditions de recrutement par
concours ont un temps favorisé l’entrée de diplômés de l’enseignement supérieur 49 .
Cela ne suffit pas toujours à leur éviter le scénario de l’accueil banalisé comme en
témoigne les exemples qui nous ont été donnés du malaise ressenti par ceux qui
exercent dans les musées.
Evolution professionnelle
Les perspectives promotionnelles sont très limitées. Quand ils sont dans la fonction
publique territoriale ou la fonction publique d’état, les jeunes et les mieux formés sont
incités à passer des concours de catégorie B mais ceux-ci portent sur des fonctions
administratives peu en rapport avec l’expérience acquise dans les activités d’accueil.
49
Jusqu’en 2002, le concours se composait d’une épreuve écrite d’admissibilité, puis d’une épreuve
orale avec un jury, si bien que, dans les années 1990, marquée par un chômage intense, les
candidats ayant des diplômes jusqu’à bac+5 se sont présentés aux concours de catégorie C et les ont
naturellement réussi. La loi de modernisation de 2002 a changé la donne, en décidant la mise en
place d’une expérimentation sur 5 ans qui consistait à recruter les agents de catégorie C (Etat et
collectivités territoriales) sur lettre de motivation et curriculum vitae, avec néanmoins un entretien avec
un jury. Ce mode de recrutement a été pérennisé. Ces dispositions ont été accompagnées d’une
mesure imposant une large diffusion des annonces de concours (affichage à l’ANPE), ce qui a
favorisé l’émergence de candidatures sur des profils plus professionnels.
299
« Les agents pisciniers ont un travail plus technique, ils ont à vérifier la qualité de
l’eau, à mettre les produits d’entretien, à effectuer la maintenance de l’appareillage
technique. Bien que ce soit un emploi de même niveau, ça peut être considéré
comme une promotion car il y a une prime. »
Il y a à peu près vingt chefs surveillants, c'est-à-dire deux par musée municipal. Ils
ont en charge la gestion des congés, le contrôle des absences, le remplacement en
cas d’arrêt maladie, écoutent les revendications et s’efforcent d’y apporter des
réponses. Autrefois, ils étaient nommés à ce poste en fonction de leur seule
ancienneté mais aujourd’hui leur recrutement fait l’objet de davantage d’attention.
Les possibilités de promotion ne sont pas meilleures chez les agents d’accueil et de
surveillance du patrimoine exerçant dans les musées d’Etat. Du fait de leur intérêt
pour les œuvres d’art, ils expriment fréquemment le souhait de se qualifier dans un
des métiers techniques des musées mais le droit individuel à la formation (DIF) ne
leur permet pas d’effectuer un tel changement d’orientation car ces métiers, très
difficiles d’accès, nécessitent une solide formation de base.
Dans les bureaux municipaux de proximité, les agents « reclassés » font d’abord des
remplacements. Le reclassement s’avère relativement mieux maitrisé mais c’est
aussi parce que les tâches sont clairement identifiées et que les équipes sont rôdées
et accompagnées dans la mise en place de nouvelles procédures et de nouveaux
moyens de traitement. Existe également un encadrement de proximité que la
direction souhaiterait renforcer.
Dans les services funéraires, les piscines municipales, les musées, les perspectives
d’évolution technique et organisationnelle sont plus incertaines et pourraient jouer en
défaveur de l’emploi, tandis que les équipes paraissent davantage déstabilisées par
l’importance de reclassements faiblement accompagnés. Ces services n’ont pas
réussi à instaurer une période probatoire d’adaptation à l’activité et d’intégration. A la
direction des musées, la difficulté à animer et encadrer ces professionnels suscite
des mesures de précaution coûteuses qui visent à pallier l’absentéisme et le manque
de motivation par des recrutements en surnombre, mais ce palliatif entre en
contradiction avec l’objectif de réduction de la masse salariale poursuivi par la
direction générale des ressources humaines.
Le management de ce personnel est difficile et la qualité du service est souvent
jugée insatisfaisante. « Il faut toujours rappeler les règles. C’est un personnel qu’il
faut prendre en charge et cela est très consommateur de temps. Je demande que
l’on ferme les portes des salles pour que la climatisation, nécessaire à la bonne
conservation des œuvres, fonctionne correctement. Je le répète cent fois, j’ai
toujours comme réponse : je ne savais pas, on ne me l’avait pas dit. Un jour, un
restaurateur est venu chercher un tableau. Il l’a pris pendant que l’agent du
patrimoine s’était absenté. Je lui ai fait remarquer qu’il manquait un tableau. Il m’a
répondu : Ah bon, il y avait une œuvre là ? »
300
mais les syndicats s’y sont opposés, relayant en cela les réticences des agents qui
préfèrent être affectés à un musée en fonction de la proximité de leur domicile ou
rester avec les mêmes équipes. Par ailleurs, du point de vue des directions, cette
mobilité n’apparait pas forcément souhaitable pour la sécurité des œuvres, en raison
de la diversité des dispositifs de surveillance et les équipements de sécurité qui
relèvent de générations d’équipements différentes. Seule subsiste la possibilité de
mise à disposition lorsqu’une exposition temporaire suscite une affluence importante.
La direction souhaiterait qu’on repense la fonction d’agent du patrimoine, en veillant
à permettre des évolutions professionnelles pour les plus jeunes, en formant certains
agents pour leur permettre d’exercer des activités plus qualifiées : « Il faut faire
évoluer cette profession : former les gens à l’accueil, les faire évoluer vers la
médiation. Il y a moyen de faire de ce métier quelque chose de plus riche et de plus
utile. On peut leur demander de travailler en relation avec le régisseur des œuvres
d’art (signaler les petites altérations), surveiller les températures, mieux réguler le
flux de visiteurs. Il faut créer de nouveaux emplois pour nos agents : utiliser et
développer leur maitrise des langues étrangères ; leur confier des missions en
direction des publics scolaires. » Cette revalorisation de la fonction devrait
s’accompagner d’une redéfinition de la politique culturelle : « Est-il pertinent d’avoir
autant de musées ouverts ? Ne doit-on pas concentrer les musées en centre ville,
puisqu’il y a des moyens de communication plus aisés ? Quelle formation donner aux
agents du patrimoine ? Comment valoriser le potentiel de nos musées ? ». Comme
on le voit, les axes de progrès sont clairement perçus par les directions de ces
services mais au moment de l’enquête, les orientations ne sont pas arrêtées et on
est encore loin de la définition d’un contrat d’objectifs.
Le public a en général peu de considération pour les fonctions d’accueil et les agents
qui les exercent. Cela est notamment le cas pour les personnels des musées et des
parcs. Le représentant du département des professions et des personnels de la
direction des musées de France raconte cette anecdote : « Un couple entre dans
l’une des salles de musée avec une famille et deux enfants, dont un petit garçon
turbulent. Le père lui dit : tu vois, si tu n’es pas sage et que tu n’écoutes pas, tu vois
ce que tu vas devenir ! » Dans un stage de formation, les agents n’ont pas manqué
de l’interpeller : « Vous savez quelle est la question la plus courante qu’on nous
pose ? – Où sont les toilettes ? »
301
pour des raisons de droit à l’image, les visiteurs ne sont pas autorisés à faire des
photos. »
Les agents d’accueil sont soumis à des variations importantes de flux du public. Si
l’affluence crée des tensions chez les usagers confrontés à de longues files
d’attente, l’activité de surveillance peut également devenir pesante lorsque la
fréquentation est anormalement faible. Dans certains cas, l’encadrement veille à
intéresser le personnel à d’autres activités comme l’explique la directrice régionale
de l’entreprise prestataire de services d’accueil : « Il peut arriver que l’activité
d’accueil soit peu dense chez certains clients. Nous avons à intéresser le personnel,
à le motiver. Pour les agents, ça peut être horrible de ne rien faire toute la journée.»
Faute d’être en mesure d’occuper les agents à d’autres tâches, il faut veiller à ce que
les agents supportent le mieux possible les périodes d’inactivité car la vacuité génère
l’ennui et est parfois plus redouté encore que la surcharge :
« La surveillance est une tâche ingrate, surtout lorsque le musée est vide. J’autorise
à lire, faire des jeux fléchés, à condition que l’on arrête immédiatement lorsque
quelqu’un entre. Il ne faut pas que les agents s’ennuient trop. Quand il y a beaucoup
de monde, c’est fatiguant bien sûr, mais pour les agents, c’est moins pénible (…)
L’attente du public est ce qui est le plus mal vécu. Ca joue sur le moral, cela incite au
relâchement, entraîne une perte de motivation. Pour les expositions permanentes, il
n’est pas rare, sur 6 heures de présence, de n’avoir du public que pendant 1h30. Le
musée X est très excentré. Il faut parcourir à pieds plusieurs centaines de mètres
pour y arriver, alors il n’y a vraiment que les amateurs qui y viennent. Les agents
trouvent le temps long, se sentent marginalisés. » (Le chef du personnel des
musées)
302
Chapitre 2 - Scénario n°2 : l’accueil prescrit
Si la fonction de ces agents ne se situe pas en marge des objectifs de l’institution qui
les emploie, la posture de l’agent, entre la mission de réception du public et
l’exécution de tâches prescrites de recueil, de diffusion et de traitement
d’informations, limite les possibilités de développement de la dimension relationnelle
de son activité. La recherche de gains de productivité qui passe souvent par
l’élargissement de l’éventail des prestations administratives et techniques
demandées aux agents, et l’augmentation du périmètre des services couvert par les
agents, contribue à accroître ce dilemme entre activités techniques et relationnelles.
Aujourd’hui, moins accaparés par des tâches de saisie ou de vérification grâce à
l’automatisation des procédures, les agents d’accueil peuvent en effet couvrir un
éventail plus large de tâches et de missions, d’autant qu’ils disposent d’aide-mémoire
et d’outils de recherche d’informations performants avec Internet. Toutefois l’attention
et la technicité qu’exigent ces situations de travail peuvent aussi conduire à un
appauvrissement des relations avec le public.
Institué il y a une dizaine d’années avec pour premier projet de mieux assurer la
collecte des « encombrants 50 », le service Allô Mairie constitue désormais un
passage obligé pour l’accès à de nombreuses prestations, y compris pour celles qui
sont à la charge d’autres collectivités ou de grandes entreprises : signalement des
bornes cassés à Numéricable, relation avec EDF et France Telecom, etc. Le service
s’est vu attribué plusieurs prix 51 et ses responsables interviennent à titre de conseil
auprès d’autres collectivités ainsi qu’à l’étranger. Ces indices de notoriété confirment
qu’il répond à des fonctions en développement sur le marché des services.
50
Les objets hétéroclites dont les particuliers souhaitent se débarrasser.
51
Prix Territoria vie locale 2000, prix France Telecom pour l’accueil téléphonique, Casque d’argent
meilleure relation client.
303
Pour s’imposer, il a fallu que ce service fasse ses preuves car, comme nous avons
pu le percevoir à propos des piscines (et à un moindre titre des BMDP), ce rôle
d’interface obligé entre les administrés et les services « techniques » bouscule des
habitudes et des positions établies. Selon les cas, on peut en effet considérer que sa
mise en place aboutit à décharger d’une partie de leurs tâches d’accueil des
structures qui peuvent dès lors se concentrer sur leur cœur d’activité ou, au
contraire, à les priver de contacts essentiels et à les cantonner à un rôle de sous-
traitance. Sa force réside dans les faiblesses des services qu’il supplée : il constitue
une avancée quand ces services n’ont pas pu développer un niveau de maitrise
suffisant des besoins de la clientèle et des réponses diversifiées à lui apporter. Le
lancement d’une campagne d’information incitant les administrés à signaler les
anomalies a favorisé l’élargissement du rayon d’action du service car les administrés
ne se préoccupent pas de savoir si celles-ci concernent la mairie ou d’autres
collectivités (communauté urbaine, conseil général ou régional) :
« Dans ce cas, Allô Mairie sert de relais et peut moins systématiquement s’assurer
de la suite donnée. La mairie a compétence sur les écoles maternelles et primaires,
mais pas sur les collèges et les lycées. Si on a un signalement sur ces
établissements, on transmet la fiche concernant l’appel à la communauté urbaine…
Une convention a été établie avec elle pour avoir des liens efficaces et s’assurer qu’il
y ait bien des réponses aux demandes des administrés car un grand nombre
d’appels entre dans leur champ de compétences. Cette convention prévoit une
contrepartie financière qui permet d’augmenter les ressources du service. »
304
Degré d’intégration à l’entreprise
Les agents d’accueil peinent à développer leur professionnalité lorsqu’ils ne sont pas
suffisamment impliqués dans le suivi et la réponse institutionnelle aux attentes du
public. A l’image des médiateurs dont les emplois se multiplient dans les transports,
à proximité des collèges ou dans les quartiers, ils ne sont pas toujours en mesure de
répondre directement aux besoins et demandes du public car cela nécessiterait
d’avoir autorité sur l’activité de techniciens habilités à intervenir, voire sur
l’organisation d’institutions et services partenaires. Un exemple en est fourni par la
Cité des métiers dont la démarche innovante associant services d’orientation, Pôle
emploi, organismes de formation et organisations professionnelles, laisse cependant
à ces spécialistes une totale autonomie dans le traitement des questions. Cela fait
obstacle à un investissement plus important de la part de l’agent d’accueil qui finit par
se rallier à une conception traditionnelle des prestations portées par les conseillers
d’orientation – psychologues, ce qui empêche l’affirmation d’un nouveau mode de
prise en charge des usagers : « Ce sont surtout des psychologues. Il faut une
compétence particulière pour conduire ce type d’échange… Quand on est dans une
démarche de recherche d’orientation, je pense qu’on a besoin d’une remise en
question personnelle sur ses compétences, ses qualités. Ça ne peut se faire que
face à un autre être humain qui a les compétences et qui va vous aider à pointer vers
des choses vraiment personnelles qui vont permettre de mettre à jour ce vers quoi on
va être le plus opérationnel, le plus compétent, et aussi dans lequel on va se sentir le
plus épanoui. » (Agent d’accueil animateur cyberinfo)
Organisation du travail
Dans les centres d’appel, les horaires de travail font l’objet d’une grande attention de
la part de l’encadrement, de façon à adapter le plus possible les effectifs aux
fluctuations du nombre d’appels. L’impossibilité d’alterner les réponses
téléphoniques avec d’autres formes de sollicitations ou d’autres tâches est un facteur
de pénibilité. Le contenu du travail est en partie dicté par l’existence d’un protocole et
de logiciels qui orientent les échanges avec les administrés.
305
A Allô Mairie, les horaires sont planifiés un mois à l’avance et les opérateurs
changent d’horaires chaque semaine. La poursuite du processus de diversification
des champs d’intervention, caractéristique de l’évolution de ce service, devrait
permettre d’écrêter les pics d’activité au prix d’une plus grande polyvalence des
tâches des employés. L’élargissement des activités à la gestion des messages
électroniques comme l’extension de leur mission vis-à-vis du public des BMDP sont
actuellement envisagés.
L’organisation du travail n’est pas aussi stricte à la Cité des métiers. Les objectifs de
la direction s’expriment moins en termes de tâches que de responsabilités mais
celles-ci se limitent généralement à faciliter le déroulement des activités de la
structure : « Je les ai responsabilisés sur certaines choses. L’un s’occupe du
traitement des statistiques de fréquentation, l’autre de la gestion des flux dans les
ateliers-information métiers. Une autre gère l’affichage relatif aux activités de la Cité
ou des partenaires intervenant dans le même domaine ; elle a pris récemment en
charge l’animation de l’atelier Internet et recherche d’emploi.»
Alimentation de l’emploi
Comme cela a été observé pour les agents d’accueil et de surveillance du patrimoine
de l’Etat, les dix-neuf agents qui travaillent au service Allô Mairie ont été recrutés sur
la base d’un niveau de formation relativement élevé (bac+2). De plus, leur première
embauche s’est faite dans le cadre d’emplois aidés de type emploi-jeune. La plupart
de ceux qui sont restés ont été intégrés, au bout de cinq ans, sur des postes de
catégorie C. Aujourd’hui, la validation des compétences acquises est problématique
car les certifications professionnelles pour les activités exercées en centres d’appels
sont au plus de niveau baccalauréat.
Pour exercer cette activité, il faut avoir des qualités de rigueur dans l’exécution du
travail et de résistance au stress. Les changements fréquents dans les procédures,
matériels informatiques et logiciels, réclament des capacités d’adaptation et
d’autonomie dans la recherche des informations et consignes. Ces qualités sont
également requises dans des emplois comme ceux de la Cité des métiers où les
agents sont incités à construire leur activité en conformité avec les missions de
l’établissement et les besoins manifestés par le public.
306
Le même service prévoit de mettre en place une formation de gestion du stress. Les
opérateurs sont jeunes, l’âge moyen est de 26 ans. Proche des opérateurs,
l’assistante de la responsable du service estime qu’ils ont encore peu d’expérience
de la vie et qu’ils ne se sont pas endurcis : « Il faut qu’ils se sentent aidés, épaulés.
Ici, les administrés ont le sang chaud et les incivilités sont courantes. Quand ils ont
une difficulté avec un particulier, ils ne répondent pas, ne se rebellent pas mais ça
leur arrive de craquer après. »
Evolution professionnelle
Management
Les agents qui relèvent de ce scénario sont en général plus encadrés que ceux qui
sont en situation d’accueil banalisé. Cet encadrement vise surtout à garantir le bon
fonctionnement du service en levant les obstacles rencontrés par les équipes. Il vise
plus rarement l’élaboration collective d’objectifs nécessitant un développement
professionnel des agents, comme nous verrons que cela est le cas dans le scénario
d’accueil professionnalisé.
La responsable du service Allô Mairie élabore les réponses à apporter quand celles-
ci sont à construire avec des partenaires extérieurs. C’est un travail délicat : « La
difficulté, c’est lorsque les opérateurs reçoivent des appels sur des questions
auxquelles ils n’ont pas de solution. Les familles ont reçu des bons pour vacciner les
enfants. Dans les collèges, tout est en place mais dans les écoles, rien n’a été prévu.
Il faut parfois dépenser beaucoup d’énergie pour obtenir les informations. Il n’est pas
toujours facile de joindre les responsables des services de la mairie : les gens sont
en réunion, on me répond qu’on donnera la réponse pour la fin de la semaine… mais
c’est maintenant que nous recevons les appels… On devrait regorger d’informations
plutôt que d’être obligés de courir après. Trop de collectivités interviennent sur un
même domaine, il y a trop de relais avant de parvenir au responsable. »
307
professionnels dans le scénario d’accueil professionnalisé décrite au prochain
chapitre.
«Depuis que je dirige cette maison, j’ai toujours freiné pour faire des fiches de poste
qu’on me réclame quand je leur demande de faire quelque chose de nouveau mais
je n’ai pas envie d’y répondre car il faut que notre structure puisse évoluer…
Proposer des idées, des projets intéressants pour la Cité des métiers, cela se fait
beaucoup avec les cadres, mais pas avec les agents d’accueil… Toute l’équipe se
réunit le mardi matin. Depuis l’origine, je me dis que les agents d’accueil devraient
s’y exprimer, avoir un temps de parole sur un sujet qui est le leur... Régulièrement, je
dis : vous ne voulez pas tourner un peu dans la salle pour expliquer et être vraiment
avec les utilisateurs. » (Le directeur de la Cité des métiers)
Rapport au public
Cette décision a été mal perçue par les usagers qui ont estimé qu’on les exposait
ainsi au risque d’un refus de leur inscription. La réaction de l’agent, qui reproche aux
particuliers leur manque d’autonomie, reflète sans doute une lassitude des agents,
mais elle pourrait indiquer aussi qu’ils ont intériorisé, en quelque sorte, une politique
de repli de l’administration sur ses missions régaliennes au détriment de l’assistance
apportée aux ayants droit. En tout cas, ce désengagement du service semble ne pas
avoir été suffisamment anticipé et accompagné. Les agents qui travaillent sur des
supports informatiques sont amenés à se focaliser sur des questions techniques car
il y a toujours des spécificités que les logiciels peinent à prendre en compte.
Construits selon des normes administratives et sociales, les traitements automatisés
échouent à traiter les cas particuliers et transforment les particularismes et
exceptions culturelles en tracas pour les administrés et les agents : « A Mayotte, ils
travaillent en droit local. C’est un système qui n’est pas le même que le nôtre. Donc,
on se retrouve avec des administrés qui n’ont pas de prénom (Sans Prénom Connu)
ou dont les composantes de l’identité ne présentent pas d’ordre défini. Pour eux, à
l’envers, à l’endroit, au milieu, c’est la même personne. Pour nous, c’est assimilé à
une usurpation d’identité… Donc les passeports sont bloqués. Les personnes « nées
vers », ce n’est pas valable pour nous, alors qu’eux, ça ne les choque pas. Quand on
a créé les passeports biométriques, le logiciel utilisé rejetait les dates incomplètes.
308
On nous a dit de mettre « 01.01 » mais il y a aussi des personnes qui sont nées le
1er janvier. Quand la personne a voulu récupérer son passeport, ça a bloqué. Il a
fallu que l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), modifie le logiciel, puis
qu’on rappelle les administrés car leur passeport n’avait pas été débloqué…»
Les agents des BMDP sont invités, lors de stages de formation, à analyser les
enquêtes de satisfaction et les audits de fonctionnement réalisés par des organismes
extérieurs. La direction de la Cité des métiers demande aux agents de présenter des
états statistiques de fréquentation de l’établissement. Généralement ces activités ne
suffisent pas à les associer à une réflexion sur l’amélioration du service. Si
l’encadrement examine parfois les réclamations des clients avec leurs équipes, s’il
est attentif aux résultats des enquêtes de satisfaction, ces données ne reflètent
qu’imparfaitement la réalité des prestations et les difficultés du service. Pour le
responsable des services funéraires, le taux de satisfaction des familles révélé par
les enquêtes, généralement très élevé, n’est pas en adéquation avec le regard que
lui-même porte sur les prestations. Les familles n’ont pas le regard exercé d’un
professionnel et sont rarement en mesure d’en apprécier la qualité. Confrontés à des
activités qui ne leur sont pas familières, elles n’ont que des impressions diffuses que
les questionnaires ne permettent pas de préciser.
309
relationnelle de son activité d’autant qu’il est fortement incité à suivre une procédure
dont l’application aveugle se fait au détriment de la prise en compte des situations
particulières des personnes. Cela a parfois pour conséquence d’exacerber les
tensions avec le public.
Rapport au métier
310
Chapitre 3 - Scénario n°3 : l’accueil personnalisé
Les agents d’accueil que nous avons réunis ne veulent pas croire à la disparition
d’un accueil basé sur une confrontation directe avec le public et, sans toujours être
capables de l’expliciter, estiment que l’accueil pourrait jouer un rôle beaucoup plus
central. Le maître-nageur rejette l’idée selon laquelle la « wii » pourrait se substituer
au moniteur sportif : « le coaching sportif est à la mode. Le coaching, c’est de
l’accueil… Le développement des sports informatiques n’en limite pas le besoin. » Le
manager du bureau d’information de l’aéroport est convaincu que l’accueil constitue
un atout majeur pour le succès d’une entreprise : « A terme, l’idée de se démarquer
commercialement des autres entreprises par la qualité de l’accueil va progresser. »
Les PFSP ont une autre ambition que d’être les auxiliaires des services publics
existants 52 . Jouant un rôle d’interface entre les usagers et une multitude de services
administratifs ou sociaux, ils participent de cette démarche de « guichet unique » qui
cherche à établir des ponts entre des institutions et services multiples mais sans
prétendre que cela passe par une solution « tout Internet ». Les professionnels de
l’accueil occupent alors une position centrale dans le métier de l’association ou de
l’entreprise qui les emploie puisque celle-ci a pour objectif central de répondre aux
besoins du public. Ils remplissent une fonction d’écoute et d’assistance aux
personnes que les institutions ne parviennent pas à assurer parce que, composant
un millefeuille administratif et social, elles sont prisonnières d’une démarche qui
privilégie la recherche de gains de productivité et la gestion de leurs seules
prestations à la résolution des difficultés des personnes.
52
Comme ils le sont par exemple pour les BMDP : « On travaille avec les PFSP. On a besoin d’eux
pour aider les administrés à remplir les formulaires car les agents n’ont pas le droit de le faire. On a
essayé d’institutionnaliser les relations mais la convention n’a pas été signée. Il faudra y revenir. » (La
directrice des BMDP).
311
soucieuses de la cohérence et de la qualité de leurs actions et sont conscientes du
danger qu’il y aurait à se substituer aux institutions existantes : l’association dispose-
t-elle des compétences nécessaires ? Doit-elle faire l’effort de les acquérir ? Lui fait-
on jouer le rôle de béquille de services submergés ou peut-elle servir de laboratoire
d’idées, de lieux d’expérimentation pour moderniser les services publics ? La PFSP
élabore des outils et méthodes de travail, imagine des réponses nouvelles, travaille
en réseau avec les autres plates-formes ou points d’accueil, établit des partenariats
avec des services publics. C’est la raison pour laquelle agents d’accueil et de
médiation de l’information, agents de développement et responsables des différentes
PFSP sont impliqués dans la réalisation des chantiers du programme PARADS 53 .
Parce qu’ils sont au contact du public, les agents d’accueil et animateurs cyberinf,
comme on les appelle à la Cité des métiers, et plus encore les agents d’accueil et de
médiation de l’information comme on les appelle dans les PFSP, sont en première
ligne pour détecter les besoins et sont invités à réfléchir collectivement à la façon d’y
répondre. Cela suppose à la fois d’intenses échanges en interne et une ouverture
aux partenaires externes.
Organisation du travail
Le travail des agents n’est pas déterminé par la mise en œuvre de procédures mais
guidé par une démarche d’investigation des besoins du public. Il s’agit en premier
lieu d’établir un climat de confiance, puis de faire un diagnostic dans une optique de
résolution méthodique des problèmes et non pas de réponse à une unique question
comme on a vu que ce pouvait être la tendance dans le cas de l’accueil prescrit :
« Notre travail, c’est d’accueillir les gens, de les écouter et de faire, avec eux, un
diagnostic de la situation. On essaye de comprendre. En fonction de la situation et
de son contexte, on dit aux personnes : la chose la plus urgente que vous avez à
faire, c’est d’aller voir tel service pour demander tel dossier ; vous faites ça demain,
on va faire autre chose ensemble sur telle autre procédure mais, en tout cas, il faut
attraper les choses dans cet ordre. »
53
Un PARAD (pôle d’accueil en réseau pour l’accès aux droits sociaux) a pour but d’améliorer l’accès
effectif aux droits sociaux des personnes en situation de précarité. Plutôt qu’un lieu qui serait
nouvellement créé, il caractérise une méthode de travail visant à mieux organiser le partage des
informations et la coordination entre les partenaires impliqués dans l’accueil des publics en difficulté.
Cf. [Link]
54
Qui par ailleurs anime deux centres de service pour le personnel de l’aéroport et les passagers :
impression de documents, objets trouvés, consigne, dépôt de plis, encerclage de bagages.
312
Au stade du diagnostic, il y a souvent à expliquer aux gens les raisons pour
lesquelles telles demandes étaient restées sans réponse ou sans solution. Les
agents jouent ainsi un rôle de médiation entre le public et les services administratifs.
« On accueille des personnes qui ont eu une réponse négative à une demande, et
qui arrivent parfois énervées, ou ne comprennent pas. Notre rôle, c’est d’expliquer la
procédure et les critères de refus, d’indiquer les recours possibles. La plupart du
temps, ils repartent plus sereins. Parfois il n’y a pas de recours, ou ils ne veulent pas
en faire, mais quand on leur explique la vision administrative et qu’on casse l’image
d’une décision arbitraire prise contre eux, ils comprennent. On prend le temps
d’expliquer et d’adapter le vocabulaire administratif qui est parfois dur à comprendre.
Le rôle des plateformes, c’est aussi de restaurer l’image de service public. »
Ces agents ont aussi pour principe d’associer les personnes à la résolution des
problèmes en expliquant ce qu’ils font, en se refusant à faire à leur place chaque fois
que les usagers sont en mesure de faire par eux-mêmes. Enfin, ils veillent à toujours
donner les informations complémentaires qui leur semblent utiles en fonction de ce
qu’ils ont compris de la situation de la personne.
L’organisation du travail implique chacun dans la réponse aux usagers autant que
dans l’évolution et le développement du potentiel de la structure. C’est la raison pour
laquelle les agents consignent les questions auxquelles ils ne peuvent apporter de
réponse car cela peut susciter une adaptation de l’offre de services. Ce mode de
fonctionnement implique un moindre cloisonnement des fonctions. C’est ainsi que les
deux PFSP étudiées n’ont pu se résoudre à mettre en place un pré-accueil même
lorsque l’affluence aurait justifié cette mesure. Sous couvert d’efficacité, la division du
travail prive aussi les professionnels de l’accès à certaines informations qui peuvent
s’avérer extrêmement précieuses pour l’évolution du service.
« Ici, l’agent d’accueil et de médiation de l’information accueille les usagers, participe
aux réunions d’équipe, anime l’espace d’accueil, construit les projets avec l’ensemble
de l’équipe. Il faut aussi qu’il soit à jour des procédures, reçoive et fasse circuler
l’information. L’agent de développement consacre un mi-temps à l’accueil, et pour le
reste travaille sur des projets transversaux, du partenariat territorial, des actions
spécifiques et sur des questions administratives en liaison avec le responsable de la
plate-forme. »
Cette attention portée aux besoins de la population est source d’une extension des
domaines d’interventions de la plateforme : organisation d’un relai avec l’éducateur à
l’issue d’une mesure éducative de sauvegarde de l’enfance, coordination avec des
agents de services publics lorsque ceux-ci ne sont pas autorisés à aider les
administrés à remplir leur dossier, mise en place d’une aide à la constitution de
dossier de surendettement.
« Des personnes nous demandaient de remplir des dossiers de surendettement. Un
dossier de surendettement, c’est long, compliqué, et ça nécessite un savoir-faire. On
a commencé par dire non … et puis on appelait l’assistante sociale, elle n’avait pas
le temps, alors on a pris la décision de contacter la Banque de France et de former
une équipe. Généralement, quand on incrémente la liste de nos activités, on réfléchit
à la faisabilité à long terme de ce qu’on fait. Il pouvait y avoir une excellente
complémentarité entre les assistantes sociales qui font un suivi social et une
plateforme qui fait une démarche administrative car, de fait, les assistantes sociales
313
ne remplissent plus les dossiers. Alors, il n’y a plus que les écrivains publics, gratuits
ou payants, les amis et connaissances,… ou les plates-formes. »
Alimentation de l’emploi
Comme pour Allô Mairie, les PFSP se sont constituées en recrutant sur des contrats
aidés des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur n’ayant pas trouvé d’emplois
correspondants à leur formation initiale. Par la suite, d’autres personnes ont été
recrutées dont le profil de formation et l’expérience sont plus proches de l’activité de
la plateforme. Les agents du bureau d’information de l’aéroport que nous aurions
tendance à classer dans ce scénario de la qualification ont été recrutés avec un
diplôme de niveau bac+2 ou 3 et une connaissance des milieux du tourisme ou du
transport (compagnies aériennes, agences de tourisme).
Ces agents doivent faire preuve de grandes qualités relationnelles et de rigueur dans
leurs démarches afin d’établir les meilleurs contacts possibles avec toutes les
catégories de public et notamment les plus démunis, et obtenir la collaboration active
des professionnels susceptibles d’apporter une contribution à la résolution des
problèmes. Ces qualités s’acquièrent avec le temps, en se confrontant avec la réalité
quotidienne du travail, d’où l’importance de la stabilisation de leur situation
professionnelle : « Il faut du temps pour former les gens au travail, du temps pour
qu’ils puissent se sentir à l’aise avec les usagers, qu’ils comprennent bien comment
fonctionne le projet, qu’ils identifient les partenaires. Ce n’est guère possible avec
des contrats aidés de six mois. Les gens sont angoissés par les démarches qu’ils
doivent faire parce que de ces démarches dépendent les ressources de la famille.
Elles ont des difficultés de compréhension du fait de la langue ou de l’illettrisme. Il y a
un aspect pédagogique dans notre travail et mettre des agents précaires avec des
usagers fragilisés, cela peut fragiliser le salarié : ils ont besoin d’avoir un peu de
perspective devant eux pour pouvoir être dans une relation professionnelle
d’accueil. » (Responsable PFSP)
Les domaines de formation des agents des PFSP sont très divers 55 . Le niveau de
formation élevé constitue un atout pour des structures qui demandent à leurs salariés
une contribution active à l’évolution de leur mission. C’est aussi le cas des agents
d’accueil et de surveillance du patrimoine intervenants dans les monuments
historiques qui, lorsqu’on les encourage à élargir leurs activités, sont prompts à se
mobiliser sur une conception large de leur mission.
Evolution professionnelle
55
Parmi les actuels agents d’accueil et de médiation de l’information : BTS tourisme, BTS économie
sociale et familiale et aussi une ancienne élève de bac pro services ayant déjà effectué un stage à la
PFSP dans le cadre de ses études. Parmi les agents de développement : un DESS de muséologie,
une licence d’histoire.
314
d’animation qui ne sont pas valorisées dans les concours organisés pour l’accès à
des emplois relevant de la catégorie supérieure : « Les agents souhaiteraient qu’une
filière « visite commentée » puisse exister au sein du corps, mais les agents affectés
dans les monuments où des visites commentées peuvent être organisées (une
cinquantaine), sont trop peu nombreux dans le corps, principalement constitué
d’agents affectés dans les musées. Le concours de technicien, très orienté vers la
sécurité, débouche sur des emplois administratifs. L’expérience des agents est peu
utile pour le concours et à moins de bachoter, ils sont perçus comme des rêveurs par
les jurys. Les agents eux-mêmes se présentent rarement aux concours, par refus
d’entrer dans des fonctions administratives ou crainte d’être mutés ailleurs. » Ils sont
ainsi confrontés à un modèle de carrières dans la fonction publique d’Etat qui ne leur
est pas favorable. De plus, le contexte actuel d’externalisation de l’accueil dans les
musées et de transfert des monuments aux collectivités territoriales semble
constituer un facteur supplémentaire d’incertitude tant sur le maintien de conditions
favorables à un fort investissement dans leur métier actuel que sur les perspectives
de mobilité promotionnelles.
A travers ces deux exemples, on voit que les stratégies individuelles de construction
de carrière sont sujettes à de nombreuses incertitudes dans ce contexte marqué par
une réduction du périmètre des activités de la fonction publique, et un transfert vers
des associations dont l’avenir dépend du maintien de leurs conventions annuelles
avec des collectivités territoriales.
Management
56
Diplôme d'Etat de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport.
315
encourager et faciliter l’inscription des agents dans la préparation de diplômes
professionnels et de concours.
Rapport au public
Le rapport au public est empreint de compréhension parce que les agents pensent
en termes d’adaptation des services à leur public et non l’inverse comme cela a pu
être observé dans des situations où s’esquisse un scénario de l’accueil prescrit. Les
exigences de qualité dans la relation avec le public ont conduit l’encadrement à
mener, avec leur équipe, une réflexion approfondie sur les causes de conflits. Dans
les deux autres scénarios, la violence nous a souvent été décrite par les agents
comme importée de l’extérieur, tenant à la personnalité des usagers plus qu’aux
situations dans lesquelles ils se trouvent. Plutôt que de se plaindre du face à face
avec un public, impatient, peu attentif, indécis, qui s’exprime mal, ne comprend pas,
ne partage pas les mêmes valeurs de courtoisie et de politesse, les agents mesurent
les difficultés, l’angoisse, le sentiment d’exclusion des populations défavorisées :
« Les personnes qui constituent l’essentiel de notre public sont bénéficiaires des
minima sociaux. Ce sont des gens qui ont énormément de justificatifs, attestations,
informations à mettre à jour pour justifier et maintenir leurs droits sociaux. Ce sont
des démarches compliquées parce qu’elles correspondent à des textes de droit
transcrits en formulaires. »
57
Direction régionale des affaires sanitaires et sociales.
316
A l’accompagnement de ces publics s’ajoute un travail d’émancipation et
d’intégration à la société. Il s’agit d’expliquer : « Nos principes, c’est de ne pas faire à
la place des gens, de ne pas décider pour les gens, on est dans une relation de
respect. Quand on ne sait pas, on ne fait pas. Quand les gens ne respectent pas le
fonctionnement du service, alors on ne fait pas avec eux non plus. »
Rapport au métier
A l’inverse des agents du deuxième scénario fortement investis sur les questions
techniques et le traitement de l’information se rapportant à leur service, les agents
accordent ici une grande attention à la dimension relationnelle d’un métier qui les
amène à s’intéresser à l’éventail d’institutions avec lesquelles ils recherchent des
collaborations et des complémentarités avec le même souci de prise en compte du
public. Les agents des PFSP réfléchissent en permanence à leur attitude et, lorsque
celle-ci engendre des malentendus, sont capables de s’en rendre compte : désir de
reconnaissance de l’agent laissant croire qu’il allait « tout régler », empathie trop
marquée amenant à abandonner la « posture professionnelle », manque de
cohérence dans les règles de fonctionnement conduisant à autoriser certaines
facilités à quelques uns et à les refuser à d’autres, difficulté à expliquer certains
refus. Cela a permis de clarifier bien des règles et principes de fonctionnement. Ils
ont conscience que leur métier exige le développement de qualités relationnelles et
l’affirmation de compétences collectives.
317
318
Conclusion
La construction des scénarios met en évidence trois futurs possibles pour les métiers
d’accueil : accueil banalisé, accueil prescrit, accueil personnalisé. La réalisation de
tel ou tel scénario dépend des options qui seront prises par les directions des
différents services et organismes selon l’importance qu’ils accordent à cette fonction
dans l’accomplissement de leur mission. Elle dépend bien sûr du niveau
d’engagement de l’encadrement dans le management des agents, de leur volonté de
promouvoir les métiers de l’accueil au sein de l’entreprise mais aussi des
professionnels eux-mêmes, de leur capacité à s’investir dans la maitrise des relations
avec le public, à s’enrichir mutuellement de leurs expériences et de leurs pratiques.
Ce travail d’élaboration des futurs possibles des métiers de l’accueil montre combien
le devenir de ces métiers n’est pas, et de loin, déterminé par le seul jeu des
tendances d’évolution de la société mais sera aussi le produit des choix stratégiques
et de la mobilisation d’acteurs multiples : les titulaires de ces emplois, ceux qui les
encadrent mais aussi tous ceux qui, dans leurs domaines respectifs (recherche,
formation, management, etc.) peuvent influer sur la place et le rôle des fonctions
d’accueil dans les organisations.
319
Document annexe de la cinquième partie
SCENARIOS PROSPECTIFS
1. L’accueil banalisé 2. L’accueil 3. L’accueil
prescrit personnalisé
1. Place de Marginal Périphérique/ connexe Central
l’accueil dans
l’entreprise
Intégration limitée à Intégration limitée à Relations fréquentes
l’équipe et sentiment de l’équipe et échanges avec les autres
relégation par rapport au réduits avec d’autres composantes de
2. Degré reste de l’entreprise services de l’entreprise l’entreprise.
d’intégration de Contacts externes pour
l’agent d’accueil répondre aux attentes
dans l’entreprise Externalisation possible Externalisation possible des clients
Capacité à influer sur le
fonctionnement de
l’entreprise (médiation)
Tendance à la Effectifs et horaires liés Autonomie dans
réduction des horaires au flux l’organisation
Réduction des effectifs Spécialisation sur les Latitudes dans la
3. Organisation par informatisation et outils informatiques recherche d’optimisation
du travail restructuration d’interface avec le public du service
Extension possible des
domaines d’activités
Variabilité des modes
Eclatement des tâches Polyvalence imposée de contact avec le public
Reclassement Premier emploi Expérience
professionnel. professionnelle
4. Modalités Embauche sur critères Sélection sur niveau de Qualification sur des
d’entrée dans les sociaux formation générale, fonctions d’accueil…
emplois d’accueil Gestion de fin de gage d’une adaptabilité …et/ou ancienneté dans
carrières forte un plusieurs métiers de
l’entreprise
Bonne présentation, Rigueur, rapidité, Initiative, autonomie
maîtrise de soi respect des horaires, Proactivité
5. Qualités et des procédures
compétences Résistance au stress
mobilisées Précision de
l’expression, contrôle de
l’information
Formation minimale Formation Formation –
conséquente en relation développement
Adaptation aux activités étroite avec l’emploi : professionnel
strictement mentionnées Connaissance des Acquisition d’une
6. Formation des
dans le poste de travail procédures culture sur le domaine
professionnels de
Utilisation des d’intervention
l’accueil
équipements techniques Analyse des tensions
Application des dans les relations avec
consignes dans les le public
contacts avec le public.
320
SCENARIOS PROSPECTIFS (suite)
Absence de Evolution Perspectives de
perspectives d’évolution professionnelle limitée à progression
7. Evolution professionnelle l’encadrement des professionnelle
professionnelle Faible turn over équipes. Mobilité choisie interne
(stabilité par défaut) Turn over élevé ou externe
321
322
Conclusion
Des métiers riches et variés, de réels savoir-faire mais
aussi des évolutions contrastées et encore incertaines
Au travers de ce dossier, nous avons cherché à rendre plus visibles et donc plus
compréhensibles les activités et les savoir-faire des salariés ayant parmi leurs
missions l’accueil des usagers/clients, que celui-ci constitue le cœur de l’emploi
occupé ou seulement une étape incontournable préalable à la délivrance d’une
prestation de service.
De l’état des lieux des certifications de niveau V, IV et III (voire II) présenté en amont
de la plongée dans les emplois, on retiendra qu’il confirme l’extrême pluralité des
emplois et des secteurs professionnels concernés au premier chef par l’accueil. De
même, on notera la grande variété des niveaux de formation selon que la cible
« emploi » visée mette l’accueil au cœur du métier (niveaux V et IV) ou à sa
périphérie (niveaux III et II).
Au total, les deux approches mobilisées ont donné à voir toute la richesse et la
complexité des activités d’accueil : multiplicité des actions (réception/filtrage du
public, orientation/accompagnement des visiteurs, activités connexes comme la
gestion commerciale ou le traitement du courrier, etc.), tensions/conflits à gérer
individuellement ou collectivement en situation, etc.
Bien que construites à partir de périmètres différents, elles se sont révélées très
complémentaires pour cerner la professionnalité en action des personnels chargés
d’effectuer un travail d’accueil.
323
De manière transversale, on peut dire que cette professionnalité de l’accueil se
cristallise autour de quelques registres de savoir-faire, que l’on peut résumer ici à
grands traits :
- observer, écouter, décrypter, comprendre les situations rencontrées (les
personnes qui se présentent au guichet ou qui téléphonent, leurs intentions,
leurs demandes, etc.) ;
- informer, expliquer, argumenter, convaincre les usagers/clients (quand il s’agit
de répondre à leur demande) ;
- mettre en confiance, instaurer un dialogue, créer des relations de qualité avec
les personnes ;
- s’ajuster à la singularité, à la forte imprévisibilité des situations d’accueil,
trouver des solutions inédites pour répondre aux demandes ;
- gérer des mécontentements et des conflits liés, par exemple, à une défaillance
de l’organisation dans la délivrance d’une prestation de service attendue ;
- se tenir au courant des changements de procédures, d’organisations, etc.,
créer et/ou tenir à jour ses propres outils d’information ;
- créer et entretenir un réseau de correspondants, au sein de la structure ou
avec d’autres structures (partenariats).
L’étude des facteurs ayant un impact sur l’évolution des activités d’accueil a permis
pour sa part de mettre l’accent sur les enjeux et les transformations qui traversent
aujourd’hui ces activités. Au-delà des effets démobilisateurs du déficit d’image de la
fonction d’accueil, au sein même des organisations, cette étude donne à voir les
nombreuses tensions dans le cours du travail qui mettent à dure épreuve la
professionnalité des agents d’accueil :
- une exigence de plus en plus forte de la part des usagers/clients (attentes de
réponses/résultats « clé en main », impatience croissante, etc.) ;
- un poids grandissant de la prescription et de la judiciarisation des relations
avec les usagers-clients ;
- des contraintes budgétaires qui conduisent à des réductions d’effectifs
néfastes à la qualité de ces relations ;
- un développement de l’Internet (l’e-administration, vente en ligne, etc.) et des
automates en tous genres qui réduisent l’accueil à la prise en charge des
publics les moins autonomes devant les guichets.
Toutefois, cette évolution problématique ne détermine pas un seul avenir pour les
activités d’accueil. La prospective élaborée au terme de ce dossier suggère au
contraire l’existence d’au moins trois grandes voies possibles d’évolution pour ces
activités :
- la banalisation ;
- la prescription ;
- la personnalisation.
Si ces trois scénarios prospectifs trouvent déjà des traductions partielles dans
certaines des situations concrètes étudiées, il est cependant difficile de prédire celui
qui s’imposera demain. Il est même probable qu’on assistera plutôt à un
développement simultané des trois scénarios, en fonction des contextes
économiques et institutionnels, et des choix stratégiques réalisés par les différents
employeurs.
324
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leurs publics. Analyse des professionnalités. Tome 2. Le cas de l’ALE des 15° et 16°
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permanences d’accueil d’information et d’orientation et les missions locales
d’insertion en Languedoc-Roussillon », Céreq, CAFOC, Montpellier.
329
330
Liste des abréviations et des acronymes
BP : Brevet professionnel
CS : Certificat de spécialisation
DE : Diplôme d’état
331
DSA : Défibrillateur semi-automatique
MC : Mention complémentaire
TP : Titre professionnel
332
Table des matières
Introduction
De l’analyse des activités d’accueil à l’identification d’emplois-types et de
compétences spécifiques......................................................................................................11
Première partie
Etat des lieux des certifications de niveaux V, IV et III
dans le domaine de l’accueil : une extrême pluralité .........................................................15
Introduction................................................................................................................. 17
Chapitre 2 - Etat des lieux des certifications renvoyant à l’activité « d’accueil » : pour
une meilleure lisibilité de l’offre existante et de sa diversité........................................ 23
2.1. Les certifications pour lesquelles la fonction d’accueil se situe au cœur de
l’emploi visé .......................................................................................................... 28
2.2. Les certifications pour lesquelles la fonction d’accueil constitue une activité
parmi d’autres de l’emploi visé ............................................................................. 35
2.2.1 Le cas de l’exercice de fonctions d’accueil en accompagnement
d’activités d’une prestation de services de nature commerciale
(cf. tableau n°2) ................................................................................................. 36
2.2.2 Le cas de l’exercice de fonctions d’accueil en accompagnement de
tâches administratives (cf. tableaux n°3 et 3 bis) .............................................. 48
2.2.3 Le cas de l’exercice de fonctions d’accueil dans le cadre d’une animation
sportive ou culturelle (cf. tableau n°4) ............................................................... 54
2.2.4 Le cas de l’exercice de fonctions d’accueil dans le cadre d’une structure
d’accueil (enfants ou adultes) (cf. tableau n°5) ................................................. 60
2.2.5 Le cas de l’exercice de fonctions d’accueil dans le cadre d’une
intervention sociale (cf. tableau n°6) ................................................................. 62
2.3 Les extensions possibles à l’emploi « d’accueil » ........................................... 67
Conclusion.................................................................................................................. 75
Document annexe de la première partie..................................................................... 81
Deuxième partie
Analyse des activités d’accueil en termes d’emplois-types :
333
le cas de trois emplois-métiers emblématiques..................................................................93
Introduction................................................................................................................. 95
334
4.9 Quelques illustrations des situations de travail ............................................. 153
4.10 Quelques savoir-faire fondamentaux de l’emploi-type de chargé d’accueil
dans une banque ................................................................................................ 155
Conclusion................................................................................................................ 159
Documents annexes de la deuxième partie.............................................................. 161
Troisième partie
Analyse des savoir-faire mobilisés dans les activités :
le « métier » dans toute sa complexité...............................................................................203
Introduction............................................................................................................... 205
Conclusion................................................................................................................ 253
Quatrième partie
Facteurs d’évolution :
les activités d’accueil à l’épreuve des tensions croissantes...........................................255
Introduction............................................................................................................... 257
Chapitre 1 - Facteurs culturels et sociétaux qui impactent surtout le métier sur les
aspects communicationnels...................................................................................... 259
335
Chapitre 3 - Facteurs économiques : une recherche d’économies budgétaires qui a
des effets sur les critères de qualité ......................................................................... 271
Cinquième partie
Trois scénarios prospectifs :
banalisation, prescription ou personnalisation ? .............................................................289
Introduction............................................................................................................... 291
Conclusion................................................................................................................ 319
Conclusion
Des métiers riches et variés, de réels savoir-faire mais aussi des évolutions
contrastées et encore incertaines ......................................................................................323
Bibliographie ........................................................................................................................325
336
ISSN : 1776-3177
Marseille, 2011.