Mathématiques
INTEGRATION
Exercices d'oraux
Les exercices qui suivent sont extraits d'oraux pour les concours Centrale et Mines-Ponts
des lières MP, PC et PSI. Il s'agit d'exercices rapportés par les candidats, dont l'exactitude
et l'authenticité ont été vériées.
Tous les exercices portent sur le sujet de l'intégration. Ils ont été disposés dans une progres-
sion logique des connaissances à acquérir sur le sujets : intégration sur un segment, intégrales
convergentes sur un intervalle quelconque, intégrabilité puis suites et séries de fonctions inté-
grables pour terminer sur les intégrales à paramètres réels (continuité, classe C k ).
Bien sûr, certains exercices peuvent toucher d'autres parties du programme d'analyse de la
classe (équations diérentielles, séries entières...).
L'intérêt d'une telle che d'exercices est qu'ils peuvent être globalement traités directement
après le chapitre en question, et donc bien avant la période de révision des oraux.
Il est bon d'anticiper le niveau des concours pour ne pas être pris au dépourvu. Aussi, il
est bon d'étudier ces exercices le plus tôt possible dans l'année. En eet, le chapitre des séries
numériques est souvent traité au début de l'année.
Bon courage pour vos révisions !
Exercice 1
D'après Mines-Ponts MP
n−1
Y
kπ
1. Montrer que pour tout a réel et a ∈ N on a a −1 = (a −1)∗ 2n 2 2
a − 2 cos +1 .
k=1
n
Z π
2. Soit alors I(a) = ln(a2 − 2a cos(t) + 1)dt.
0
Montrer que pour tout a ∈] − 1, 1[, on a I(a) = 0 et I(a) = 2π ln |a| sinon.
Exercice 2
D'après Mines-Ponts PC : Soit f :]0, +∞[→ R une fonction continue telle que :
ii) f est dérivable sur ]0, +∞[ avec f 0 (1) 6= 0
i) f (1) = 0
√
x
iii) ∀x > 0, (x − 1)f (x) > 0 iv) lim+ =0
x→0 f (x)
Z x2
dt
Lorsque cela est déni, on pose G(x) = .
x f (t)
1. Montrer que G est bien dénie sur ]0, 1[∪]1, +∞[.
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Exercices d'oraux
ln(2)
2. Montrer que G est prolongeable par continuité en 1 en posant G(1) = .
f 0 (1)
3. Montrer que G est prolongeable par continuité en 0.
4. Montrer que G est dérivable sur ]0, 1[∪]1, +∞[. Calculer G0 .
Exercice 3
D'après Mines-Ponts MP
Z :+∞
Soit f une fonction continue sur [0, +∞[. On suppose qu'il existe
s0 > 0 tel que l'intégrale f (t)e−s0 t dt soit convergente. Montrer que pour tout s > s0
Z +∞ 0
l'intégrale f (t)e−st dt est convergente.
0
Exercice 4
Z +∞
sin(t)
D'après Centrale PSI : On pose pour tout x > 0 : f (x) = dt.
x t2
1. Montrer que f est bien dénie et dérivable sur ]0, +∞[. Déterminer f 0 .
2. Montrer que f (x) ∼+ − ln(x).
0
1
3. Montrer que f (x) = O .
x∞ x2
4. Montrer que f est intégrable sur ]0, +∞[.
Exercice 5
D'après Mines-Ponts PSI : Soit a et b deux réels strictement positifs diérents.
+∞
cos(at) − cos(bt)
Z
1. Montrer l'existence et calculer I = dt (On pourra étudier l'inté-
0 t
grale sur [ε, +∞[, ε > 0.)
Z +∞
sin(at) sin(bt)
2. Même question pour J = dt.
0 t
Exercice 6
D'après Mines-Ponts MP : Soit a et b des réels strictement positifs.
1 +∞
ta−1 X (−1)n
Z
1. Montrer l'égalité dt = .
0 1 + tb n=0
a + nb
+∞
(−1)n
2. En déduire la valeur de .
X
n=0
4n + 1
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Exercices d'oraux
Exercice 7
+∞
e−xt
Z
D'après Mines-Ponts PC : On dénit pour x ∈]0, +∞[ : f (x) = dt.
0 1 + t2
1. Montrer que f est de classe C sur ]0, +∞[. ∞
2. Montrer que f vérie une équation diérentielle linéaire d'ordre 2 à déterminer.
3. Déterminer la limite et un équivalent de f en +∞.
Exercice 8
Z π
2 ln(1 + x cos(t))
D'après Centrale PSI : Pour x ∈] − 1, 1[, on pose I(x) = dt.
0 cos(t)
1. Montrer que I est de classe C sur ] − 1, 1[ et calculer I (x) par le changement de variable
1 0
u = tan 2 .
t
2. Montrer que I est développable en série entière sur ] − 1, 1[.
Exercice 9
1 dt
: Pour tout x > 0, on pose f (x) =
R
x
D'après Centrale PSI
0
x + sin2 (t)
1. Montrer que f est bien dénie et étudier ses variations sur ]0, +∞[.
2. Déterminer ses limites aux bornes.
3. Avec le changement de variable u = tan(t), déterminer un équivalent de f en 0.
Exercice 10
Z +∞
cos(xt)
D'après Mines-Ponts MP : On pose lorsque cela est déni f (x) = dt.
0 1 + t2
1. Montrer que f est de classe C sur R . 1 ∗
Z +∞
cos(xt)
2. Montrer que l'on a pour tout x non nul : xf (x) − f (x) + 2 0
dt.
0 (1 + t2 )2
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Corrections
Corrigé de l'exercice 1
1. Pour n ∈ N∗ , on factorise dans C[X] puis R[X] le polynôme X 2n − 1. Ses racines sont
les racines 2n-ième de l'unité. Deux sont réelles (1 et −1) et les autres sont les e n
ikπ
pour k 6= 0, k 6= n et k ∈ J1, 2n − 1K. On en déduit immédiatement la factorisation en
irréductible de C[X].
Pour la factorisation dans R[X], on utilisa la formule :
(X − eiθ )(X − e−iθ ) = X 2 − 2 cos(θ)X + 1
On rappelle également que e n et e n sont conjuguées pour k ∈ J1, n − 1K.
ikπ i(2n−k)π
La formule annoncée est donc immédiate en évaluant en a.
2. On note déjà que pour tout a réel, la fonction t 7→ a2 − 2a cos(t) + 1 ne s'annule pas et
elle est positive (en considérant le trinôme du second degré en a). Ainsi, on intègre une
fonction continue sur [0, π], il s'agit d'une intégrale classique.
On peut passer par les sommes de Riemann. L'intégrale demandée est la limite pour
n → +∞ des sommes :
n−1
πX 2 kπ
Sn = ln a − 2a cos +1
n k=0 n
On peut utiliser la factorisation de la première question pour avoir pour a 6= ±1 :
(a2n − 1)(a2 − 2a + 1) (a2n − 1)(a − 1)
π π
Sn = ln = ln
n a2 − 1 n a+1
On distingue les cas :
Pour a ∈] − 1, 1[, on a pour n → +∞ :
π 1−a
Sn ∼ ln −→ 0
n 1+a
Pour |a| > 1, on a :
π
Sn ∼ ln(|a|2n ) = 2π ln |a|
n
Enn, la fonction a 7→ I(a) est clairement continue par continuité sous le signe intégrale
(la domination est très simple puisque l'on peut majorer sur un segment en a). La formule
données est aussi valable en a = 1 et a = −1.
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Corrections
Corrigé de l'exercice 2
1. Lorsque x ∈]0, 1[ (resp. x ∈]1, +∞[), alors x2 ∈]0, 1[ (resp. x2 ∈]1, +∞[). Selon iii), f ne
s'annule pas sur ]0, 1[ et ]1, +∞[ et f1 est continue sur ces deux intervalles. G(x) existe
donc bien comme l'intégrale d'une fonction continue sur le segment [x, x2 ] (ou [x2 , x]).
2. Il faut et il sut que G admette une limite nie donnée par l'énoncé. Puisque f est
dérivable, on peut écrire un développement limité à l'ordre 1 de f avec f (1) = 0. En
eet, soit ε > 0. Alors il existe un η > 0 tel que :
∀x/|x − 1| 6 η, |f (x) − f 0 (1)(x − 1)| 6 ε|x − 1|
En intégrant les comparaison pour |x − 1| 6 η , on trouve si f 0 (1) > 0 :
Z x2 Z x2
dt dt
0
6 G(x) 6
x (f (1) − ε)|t − 1| x (f 0 (1) + ε)|t − 1|
1
Il sut alors d'intégrer pour avoir :
|t − 1|
ln(2) ln(2)
6 G(x) 6 0
f 0 (1)+ε f (1) − ε
ε étant arbitraire, on trouve bien que G(x) admet une limite qui est celle donnée par
l'énoncé. On laisse le soin à chacun de changer les inégalités dans le cas où f 0 (1) < 0.
1 1
3. On exploite ici la condition iv). Elle dit que =o √ et la dernière fonction est
f (t) t
intégrable en 0. Comme à la question précédente, on se donne ε > 0. Alors il existe η > 0
tel que :
1 ε
∀x/|x| < η, 6√
f (t) t
On peut noter par iii) que f est négative sur ]0, 1[. On intègre alors pour avoir :
Z x √
dt
|G(x)| 6 ε √ = ε( x − x) 6 ε
x2 t
On sait donc que lim+ G(x) = 0 ce qui assure que G est prolongeable par continuité en
x→0
0 en posant G(0) = 0.
1
4. Si F désigne une primitive de sur ]0, 1[ ou ]1, +∞[, on a :
f
G(x) = F x2 − F (x)
2x 1
On sait donc que G est dérivable avec G0 (x) = 2
−
f (x ) f (x)
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Corrections
Corrigé de l'exercice 3
Il ne s'agit pas ici d'absolue
Z convergence de l'intégrale mais seulement de sa convergence. Il
A
faut montrer que l'intégrale f (t)e−st dt admet une limite pour A → +∞. On sait l'existence
Z0 X
d'une limite nie à F (X) = f (t)e−st dt. On se donne s > s0 et on va alors procéder à une
0
intégration par partie :
Z A Z A Z A
−st −s0 t −(s−s0 )t
f (t)e dt = f (t)e e dt = F 0 (t)e−(s−s0 )t dt
0 0 0
t=A
Z A
= F (t)e−(s−s0 )t t=0 + (s − s0 ) F (t)e−(s−s0 )t dt
0
Puisque la fonction F admet une limite en +∞
Z , alors elle est bornée sur un voisinage de +∞ +∞
et en fait sur [0, +∞[. De ce fait, l'intégrale F (t)e−(s−s0 )t dt est absolument convergente
0
Z +∞
par comparaison aux intégrales e−βt dt avec β = s − s0 > 0. Enn, le terme entre crochets
0
admet lui aussi une limite (qui est 0 d'ailleurs).
Z +∞
Finalement, l'intégrale f (t)e−st dt est bien convergente.
0
Corrigé de l'exercice 4
sin(t) 1
1. Soit x > 0. La fonction g : t 7→ 2
est continue sur [x, +∞[ et on a |g(t)| 6 2 . Par
Z +∞
t t
comparaison, l'intégrale g(t)dt est absolument convergente donc convergente. Ceci
x
garantit l'existence de f (x) pour tout x ∈]0, +∞[.
Pour voir que f est dérivable, écrivons par exemple :
Z 1 Z +∞
sin(t) sin(t)
f (x) = dt + dt
x t2 1 t2
Il s'agit de l'intégrale d'une fonction continue de la borne inférieure sur un segment pour
sin(x)
le premier terme. f est donc dérivable sur ]0, +∞[ avec f 0 (x) = − 2 .
x
2. Reprenons l'écriture précédente de f (x) et notons que l'on a pour tout t ∈ R l'inégalité
|t|3
|sin(t) − t| 6 (par l'inégalité de Taylor-Lagrange entre autre). Ainsi, on a pour tout
6
x ∈]0, 1[ :
Z 1 Z 1 2 Z +∞ Z 1 Z 1 2 Z +∞
dt t sin(t) dt t sin(t)
− dt + dt 6 f (x) 6 + dt + dt
x t x 6 1 t2 x t x 6 1 t2
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