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Introduction à la philosophie

Cours d'intro de Philo

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Qu’est-ce que philosopher ?

1/ Se poser des questions

L’ origine de la philosophie… l’étonnement

Marque d’un manque que l’on reconnaît et dont naît un désir : il y a qqch qui résiste à la
compréhension.

cf étymologie : D’où vient le mot philosophie ? L’amoureux de la sagesse, un savoir qui a


une dimension pratique et existentielle.

… et pas n’importe quelles questions,

*des questions qui touchent au cœur de nos vies. C’est dire que la philosophie part toujours
du réel.

Il y a dans le monde quelque chose qui nous force à penser. Les choses qui forcent à penser
sont donc dans le monde. Nous sommes poussés à nous interroger sur ce que nous vivons
par la vie même. Or nous n’avons pas l’habitude d’interroger la réalité la plus quotidienne,
celle qui nous est la plus familière. Commencer à philosopher, c’est donc chercher du sens
là où les choses n’étaient que senties ! Penser ce qu’on vit et ce qu’on pense. Attitude
réflexive. (voir la vache philosophe).

* qu’on ne peut trancher immédiatement : elles posent un problème (étym. « obstacle »),
une difficulté. Il va falloir d’abord précisément le retrouver, càd transformer ces question en
problèmes. Ce qui est déjà une manière de commencer à chercher à y répondre.

NB : Puisqu'on peut s'étonner de tout, la philosophie peut parler de tout. Elle n'a pas d'objet
propre (contrairement aux sciences comme la biologie qui traite des êtres vivants ou
l'arithmétique qui traite des nombres).

+ 2/ Chercher à y répondre.

L'étonnement est donc le début de la philosophie, mais il ne suffit pas de poser des
questions pour faire de la philosophie. Il s'agit de chercher à y répondre. Attention, à ce
qu’on entend par « répondre ». Il y a des réponses qui sont l’expression de simples opinions.

NB : Avoir une opinion c'est tenir pour vraie une affirmation sans avoir les moyens de justifier
cette croyance.

Or est-ce que philosopher, c’est exprimer son opinion (ce qui constitue bien une manière
d’entendre « répondre) ? On entend d’ailleurs souvent dire « A chacun sa philosophie. »
« Penser par soi-même » ne signifie donc pas opiner. D’où le fait que penser avec soi-même
implique de penser avec les autres, de dialoguer, de penser contre soi-même (càd contre
ses croyances immédiates). L’opinion est ainsi bien ce dont nous partons, car nous avons
tous des opinions. Mais il s’agit ensuite d’examiner de manière critique cette première
opinion. Le philosophe donc critique l'opinion pour la forcer à se justifier. Philosopher c’est ne
jamais s’en tenir à une réponse déjà acceptée, transmise ou révélée.

Par la critique. La grande affaire de la philosophie : c’est la critique > krinein, séparer, juger,
c’est-à-dire l’analyse, qui commence toujours par un travail sur le sens des mots, de façon à

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exprimer la réalité le plus précisément possible. Savoir de quoi on parle, là où souvent on
utilise les mots dans le flou.

NB : définir (Hippias majeur) ne revient pas à donner des exemples (C’est quand…)

la conceptualisation (toujours définir explicitement les idées générales que nous


manipulons),

la problématisation = montrer les difficultés que posent telle ou telle question/affirmation

et l’argumentation = la justification

Critiquer, ce n’est pas en ce sens rejeter, dévaloriser, comme on l’entend familièrement.


Critiquer, ici, c’est examiner, analyser minutieusement les idées pour en repérer les
faiblesses. C’est tester des idées, pour voir si elles sont solides, si elles tiennent. Je ne
m’arrête pas à cette simple opinion : je tente de la préciser, d’en percevoir les limites. Je la
critique, càd je l’examine, afin de remettre en cause mes présupposés. Autrement dit, le
travail du philosophe est un travail rationnel. Si la philosophie consiste à mettre sur la table
ce qu’on a dans la tête, c’est pour mieux l’examiner. = penser ce qu’on pense. Chercher à y
voir plus clair. Par là même on gagne en liberté : savoir ce qu’on fait, être responsable de
ses actes et de ses pensées. Choisir réellement le sens que nous voulons donner à notre
vie. Formule de B. Morizot « Carte qui oriente dans l’existence », image de la boussole.

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