0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
166 vues12 pages

Le classicisme : esthétique et principes

Exposé pour élève de seconde

Transféré par

Thierry Aimé OGANDAGA
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
166 vues12 pages

Le classicisme : esthétique et principes

Exposé pour élève de seconde

Transféré par

Thierry Aimé OGANDAGA
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

I.

Introduction
Le terme « classicisme » est utilisé, par les historiens de l’art et de la littérature, pour désigner
l’ensemble des œuvres artistiques et littéraires du siècle de Louis XIV, plus particulièrement celles
produites entre 1660 et 1685 et qui s’inspirent des chefs-d’œuvre l’Antiquité gréco-romaine.

Rappelons que ce terme n’a été appliqué aux œuvres artistiques et littéraires du siècle de Louis XIV
qu’a posteriori, au début du XIXe siècle. Il a été, d’abord, utilisé par Stendhal en 1817 pour distinguer
les œuvres qui se réclament de l’art antique de celles qui s’inscrivent dans le romantisme naissant. Le
terme a été repris par les historiens de l’art et de la littérature pour désigner le mouvement général
de l’art et de la littérature du Grand siècle.

Le classicisme est ainsi un mouvement esthétique et une période historique. Il est connu pour ses
œuvres, qui ont pour but de plaire au public et de l'instruire, qui se caractérisent par le sens des
proportions, le goût des compositions équilibrées et stables, la recherche de l'harmonie des formes,
une volonté de pudeur dans l'expression.

Par classicisme, nous n'entendons pas seulement ce qui précède, mais aussi tout courant historico-
artistique qui, visant à faire revivre les concepts et les théories de l'Antiquité, se réfère à la fois au
monde grec et au monde latin. Cette approche "revivaliste" des arts figuratifs est apparue après ce
que l'on a appelé les "âges sombres", le Moyen Âge, au cours desquels une relation plus étroite avec
les civilisations anciennes a été "perdue". En fait, c'est au cours de la Renaissance italienne que le lien
avec le passé est revenu à la mode, à une époque où les écrivains et les artistes ont reproposé les
classiques comme des modèles exemplaires de beauté et de perfection absolue.

II. Thèmes du classicisme


Conformément à sa définition, le classicisme se caractérise par une grande attention portée à
l'harmonie, à l'équilibre et aux proportions formelles, guides absolus de la plus haute production
artistique de l'époque dans un mélange des thèmes religieux et mythologiques.

On ne peut pas aborder le classicisme en omettant les liens étroits avec la monarchie française. C’est
un art qui sert les cours princières et le plus bel exemple est le Château de Versailles. Il permet de
montrer au reste du monde la grandeur et la puissance du Roi en prenant comme thème l’Antiquité́.

Néanmoins même si l’art classique sert la monarchie, il ne faut pas la caricaturer en pensant qu’elle
représente seulement cela. Le classicisme comporte de nombreuses autres caractéristiques.
Plusieurs thèmes et principes le définissent :

La volonté de vraisemblance avec la règle des trois unités au théâtre ;

Le concept « d’honnête homme », cultivé, aimable et en lien avec la littérature mondaine ;

La mise en place de « règles » régissant la langue française et la littérature de manière générale ;

Le fait de prendre comme repère les auteurs antiques ainsi que les thématiques liées à la mythologie.

Principes (ou idéaux) du classicisme

On peut relever trois grands principaux ou idéaux du classicisme : i) l’imitation (ou le culte) des
Anciens ; ii) l’imitation raisonnée de la nature et iii) la volonté de plaire et d’instruire.
II.1. Imitation des Anciens

Les auteurs classiques prennent les chefs-d’œuvre de l’Antiquité gréco-romaine comme référence
esthétique. 1° l’imitation des Anciens : c’est une loi fondamentale de l’esthétique classique.

Mais qu’est-ce qu’on entend au juste par « imitation des Anciens » chez les auteurs du XVIIe siècle ?
D’abord, les Anciens sont les auteurs grecs comme Euripide, Aristophane, Théophraste, Esope et des
auteurs latins comme Plaute, Térence, Virgile, Horace et Sénèque. Ces auteurs sont, en effet,
considérés par Molière, Corneille, Racine, La Fontaine, etc. comme des modèles à imiter, étant donné
les qualités formelles de leurs œuvres, mais aussi leurs œuvres révèlent une remarquable
connaissance de la nature, du cœur humain. D’ailleurs, Jean de La Bruyère, au tout début des
Caractères, exprime son inquiétude que tout soit dit :

« Tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes et qui
pensent. Sur ce qui concerne les mœurs, le plus beau et le meilleur est enlevé ; l’on ne fait que glaner
après les anciens et les habiles d’entre les modernes. » (Les Caractères (1696), 1, I).

Toutefois, l’imitation ou le culte des Anciens, chez les auteurs classiques, n’est pas synonyme
d’esclavage ou de plagiat. Les auteurs classiques ne cherchent pas à copier ou à reproduire
servilement les chefs d’œuvres de l’Antiquité gréco-latine. Il ne s’agit pas pour eux de copier les
expressions ni les pensées des grands maitres antiques, mais c’est surtout leur manière de penser
(ou leur esprit) qu’ils cherchent à s’approprier, s’assimiler. En effet, les auteurs du XVIIe siècle
n’imitent les modèles antiques que pour parler de leur temps et pour faire des œuvres modernes et
donc pour dire autres choses que de l’« Euripide », de l’« Ésope » ou du « Plaute ». C’est cette idée
qu’exprime la formule « J’en use d’autre sorte » (je fais autrement), dans les vers ci-dessous. Ainsi,
par exemple, La Fontaine, en reprenant les fables d’Ésope et de Phèdre, finit par en donner une
version moderne. La Fontaine affirme dans son « Épitre à Huet » :

La Bruyère dira que l’imitation, c’est « un art de s’approprier les pensées d’autrui, de les rendre
siennes par la manière dont on les exploite. »

II.2. Imitation raisonnée de la nature

Pour les classiques, une œuvre d’art doit imiter au mieux la nature. Les auteurs classiques cherchent
à peindre la nature humaine dans ce qu’elle a d’universel : se limiter à dire ce qui est tout en évitant
d’étaler ses sentiments personnels, viser l’universel (ce qui peut intéresser tous les hommes de tous
les temps). En effet, pour les classiques, l’art en général, l’art d’écrire y compris, doit imiter au mieux
la nature, représenter la vie avec naturel et vérité.

Quelques citations à titre d’illustration :

« Et maintenant, il ne faut pas quitter la nature d’un pas » (La Fontaine)


« Lorsque l’on peint les hommes, il faut peindre d’après nature » (Molière)

Un écrivain « qui s’écarte du naturel » ne peut que « trahir le bon sens » (Racine)

« Que la nature soit votre étude unique » (Boileau)

De ce point de vue, le classicisme s’oppose au baroque qui exprime un goût pour le mouvement,
l’exagération et l’artifice.

II.3. Volonté de plaire et d’instruire (placere et docere)

L’idéal du classicisme est de plaire et instruire à la fois. Pour le classicisme, l’art procure, par
définition, du plaisir, sinon il n’y a point d’art. Toutefois, dans l’art classique, le plaisir esthétique
n’est pas une fin en soi, il sert de moyen pour délivrer un enseignement. Sans cela, l’art sera futile et
sans consistance.

III. FORMES
Dans la forme le clarissime obéit à ses règles.

Règles classiques

L’apparition des règles est la conséquence de la création des Académies dont le but est de
réglementer les compositions des œuvres artistiques.

Pour atteindre ces idéaux, les auteurs classiques se plient à des règles que voici : i) la règle de la
vraisemblance, ii) la règle de la bienséance et iii) la règle des trois unités.

III.1. Règle de la vraisemblance

La règle de la vraisemblance est une règle fondamentale du classicisme. Selon cette règle, on ne doit
représenter que ce qui est vraisemblable, possible. Toute création fantaisiste est exclue. Tout doit
donc être conçu selon les valeurs fondamentales du classicisme, à savoir l’ordre et la raison ou le bon
sens.

Notons que le classicisme préfère parler de « vraisemblance » plutôt que de « vérité ». Autrement
dit, ce qu’il faut représenter est moins le vrai que le vraisemblable. En effet, l’objet de l’art classique
n’est pas ce qui s’est passé (la vérité historique), mais ce qui devrait se passer. Par conséquent, un
événement vrai peut ne pas être vraisemblable. Le vraisemblable correspond à ce qui doit être, selon
l’opinion commune. Par contre, représenter un événement contraire au sens commun, qu’on ne peut
pas expliquer par les codes sociaux, c’est d’aller à l’encontre du rationalisme classique.

Corneille ne partage pas cette conception. Pour lui, l’art doit représenter des événements
invraisemblables mais qui sont vrais.

Cf. Le Cid. Corneille

De la règle de la vraisemblance découle la fameuse règle des trois unités. Nous y reviendrons ci-
dessous.

III.2. Règle de la bienséance

À la vraisemblance s’ajoute la bienséance. Selon cette règle, il faut représenter la réalité sans pour
autant choquer les bonnes mœurs. Seul, donc, ce qui est beau, noble mérite d’être représenté. Par
contre, ce qui peut choquer le bon goût est proscrit : nudité, scènes de violence, de mort (batailles,
meurtres, suicides, …) le fait de manger sur scène, etc. ne doivent en aucun cas être montrés.
Pourtant, les personnages peuvent en parler. Les auteurs classiques font ainsi preuve de modération
et de réserve.

La règle de la bienséance est une exigence plutôt morale qu’intellectuelle : elle fait écho à la fin
morale de l’art mais aussi à une certaine conception de l’imitation. En effet, la représentation de la
réalité doit se conformer aux attentes du public. Autrement dit, l’imitation de la nature ne consiste
pas à copier le réel tel qu’il est, mais à sélectionner avec soin ce que l’on montre. Seule la partie
noble de l’humanité doit être retenue pour être montrée. En somme, le principe moral l’emporte,
dans le classicisme, sur celui de vérité[3].

III.3. Règle des trois unités

La règle des trois unités au théâtre : a) unité de temps : une seule journée, soit 24h ; b) unité de lieu ;
c) unité d’action : une seule intrigue.

La principale règle du théâtre est celle de vraisemblance, les autres règles sont dérivées de cette
règle, dont la fameuse règle des trois unités, que Boileau résume en ces deux vers :

« Qu’en un jour, qu’en un lieu, un seul fait accompli

Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. » (Nicolas Boileau, L’Art poétique, Chant III, 1674)
Ainsi définie par Nicolas Boileau, la règle des trois unités est fondamentale, dans le théâtre classique
notamment. C’est une règle que les dramaturges classiques du XVIIe et XVIIIe siècles se doivent de
respecter. Elle se constitue de trois unités :

i) l’unité d’action : la représentation doit s’articuler autour d’une seule action ou intrigue principale.
Dans le cas où il y aurait des actions secondaires, celles-ci doivent se rapporter à l’action principale.
Cela permettra aux spectateurs de se concentrer sur l’élément essentiel de la pièce, le problème qui
est au cœur de la pièce. Dans la doctrine classique, les actions qui n’ont pas liées principale n’ont pas
à être conservées. Dans le théâtre classique, les digressions étant en effet proscrites.

ii) l’unité de lieu : l’action se déroule dans un seul et même lieu, par exemple la place d’une ville. Au
nom de la vraisemblance, l’action ne doit pas se dérouler dans plusieurs endroits différents. Par
contre, les événements qui se déroulent hors de la scène peuvent faire l’objet d’une narration sur
scène.

iii) l’unité de temps : l’action doit se dérouler en 24 heures maximum. Selon Aristote, le déroulement
de l’action doit être limité au temps d’une « révolution de soleil », c’est-à-dire du lever du soleil au
lever du soleil suivant. Mais l’idéal, pour plus de vraisemblance, serait de faire coïncider l’action
dramatique et la représentation de cette action sur scène, c’est-à-dire que le temps soit le même que
celui de la représentation théâtrale.

L’unité d’action s’applique à toute la poésie, les deux autres (l’unité de temps et celle de lieu)
s’appliquent particulièrement au théâtre (la tragédie et la comédie).

Ces règles visent principalement deux objectifs : i) rendre l’action théâtrale vraisemblable ; ii) rendre
l’action facile à suivre.

III.4. Les manifestations du clacissime

Les premiè res manifestations de l’art classique sont visibles dans l’architecture.

Le ministre Colbert développe plusieurs académies des arts au milieu du XVIIe siè cle. Les architectes
définissent les rè gles du classicisme et les diffusent au sein des académies. Plusieurs bâtiments
emblématiques font partie de ce mouvement. Libéral Bruant, un architecte considéré comme le
grand représentant du classicisme construit l’Hô tel des Invalides caractérisé par un plan quadrillé et
une église dans son prolongement.
Hôtel des Invalides

La colonnade du Louvre est elle aussi un trè s bon exemple de construction classique. La façade
orientale est construite par Charles Le Brun, Claude Perrault et Louis Le Vau. L’accueil est mitigé à
l’inauguration du bâtiment, elle comporte une particularité, un doublement des colonnes qui ne
répondent pas totalement aux rè gles du classicisme.

Les artistes sont trè s strictes sur les critè res du classicisme toutefois la colonnade du Louvre est
devenue un emblè me de l’art classique.

La colonnade du Louvre de Claude Perrault

Le classicisme sans citer le Château de Versailles est impossible. La rigueur de ses bâtiments et de son
jardin mondialement connu en font l’une des œuvres architecturales la plus visitée en France chaque
année.

LA PEINTURE ET L’ART CLASSIQUE

Le premier représentant de la peinture classique est Nicolas Poussin. Il donna le goû t de l’Antiquité à
toute une génération de peintres. Les œuvres de Nicolas Poussin sont marquées par une lumiè re
naturelle qui tranche avec les tableaux baroques comprenant des contrastes ombres-lumiè res.

En 1648, Nicolas Poussin peint le tableau Orphée et Eurydice, une œuvre classique de grande
renommée actuellement exposée au Louvre.
Orphée et Eurydice de Poussin

Au XVIIe siè cle le mythe d’Orphée est évoqué à travers le prisme religieux puisque Orphée est
considéré comme une préfigure du Christ. La mythologie est réinterprétée, l’artiste peint deux
scè nes du mythe (la mort d’Eurydice et le mariage d’Orphée) dans le même tableau. Il s’éloigne de la
tradition antique.

Dans le fond de l’œuvre est peint un paysage d’Italie comprenant des ruines évocatrices donnant au
tableau une grande puissance.

Le jugement de Paris, Claude Lorrain

Claude Lorrain peint, en 1646, Le jugement de Pâris, un tableau encore une fois inspiré de la
mythologie grecque. L’œuvre se caractérise par un paysage occupant la majorité du tableau. La
verticalité et l’horizontalité des lignes se conjuguent avec des éléments aquatiques. Les chutes d’eau,
les torrents et des petites voiles blanches construisent la profondeur de l’œuvre. La lumiè re est
naturelle et tamisée donnant à la scè ne un caractè re sacré. Il est impossible de distinguer un
moment de la journée, mais la lumiè re profonde laisse penser que l’action se déroule à l’aube ou à
l’aurore.

Le tableau est une parenthè se de poésie.

Les portraits

Le classicisme est également marqué par des séries de portraits.


Portrait du cardinal Richelieu de Philippe Champaigne

Philippe de Champaigne peint Le portrait du Cardinal Richelieu en 1642. Aujourd’hui l’œuvre est l’un
des plus importants portraits français du XVIIe siè cle. Le portrait semble réel par son grand réalisme.
L’artiste a peint chaque détail du visage. Les cheveux du modèle ainsi que les poils de sa barbe sont
peints avec une grande précision.

L’artiste trouve un équilibre entre embellissement grossier et trop grand réalisme. Le cardinal est de
profil et évoque le buste de Jules César sur une médaille. Son profil aquilin et le cadrage du portrait
décrivent le tempérament sérieux du modè le qui représente l’État.

Philippe de Champaigne devient le portraitiste préféré du Cardinal Richelieu et de nombreux


portraits sont peints aprè s cette commande.

Portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud

L’un des autres grands portraits qui caractérise le classicisme est Le portrait de Louis XIV peint par
Hyacinthe Rigaud en 1701. Le roi adopte une pose solennelle avec tous les attributs de la monarchie :
le sceptre, la couronne, la main de justice et le collier de l’ordre du Saint- Esprit. En arriè re-plan on
distingue clairement des colonnes et un paysage appuyant le fait que la monarchie est puissante et
éternelle.

Hyacinthe Rigaud fige l’image du portrait d’apparat. Louis XIV affectionne ce tableau et demande
d’autres portraits à l’artiste. Hyacinthe Rigaud est débordé par les commandes et laisse des
collaborateurs peindre certaines parties de ces tableaux.
LES AUTRES ARTS

La sculpture

L’harmonie et l’élégance distinguent les sculptures classiques. François Girardon est le grand
représentant des sculpteurs de cette époque. Il réalise le groupe Apollon servi par les Nymphes dans
la grotte de Thétis à Versailles.

Groupe d’Apollon servi par les nymphes de Girardon

L’œuvre est un groupe de marbre blanc représentant Apollon au retour de sa course et prenant un
bain. Le dieu Grec est entouré de six nymphes qui s’occupent de sa toilettes et le servent. Le groupe
est posé sur un piédestal dans une fontaine en forme de coquille ornée de masques de bronze doré
qui jettent de l’eau.

L’œuvre fait référence au rè gne de Louis XIV. Apollon prend les traits du Roi et le décor de l’aiguiè re
(vase à eau) comporte un détail surprenant : il représente le passage du Rhin. Ce décor fait allusion à
l’armée française qui franchit le Rhin en 1672 aprè s la déclaration de guerre aux Pays-Bas prononcée
la même année par Louis XIV.

La sculpture classique est elle aussi étroitement liée au domaine politique. Les artistes propagent les
idées monarchiques à travers leurs arts. À partir de ce groupe de sculptures, le Roi lance le
programme d’ornementation du Château de Versailles à la gloire de sa personne et d’Apollon.

Le Château de Versailles comme symbole du classicisme

Le château de Versailles est le symbole de l’art classique. À l’origine Louis XIII aménage un pavillon de
chasse au milieu de la forêt. Louis XIV décide en 1661, quelques années aprè s sa prise de pouvoir,
d’embellir le château. Il confie cette tâche à l’équipe qui été chargée de créer la résidence de
Fouquet à Vaux-le-Vicomte.

Le Vau agrandit le château et reprend les façades, Le Nô tre dessine les jardins et Le Brun coordonne
les programmes de peinture et de décoration. C’est en 1678 que le Château de Versailles devient le
symbole de l’art classique français.

Louis XIV confie à Jules Hardouin-Mansart une deuxiè me campagne de rénovation afin de donner
une régularité plus classique au château. La décoration intérieure définie l’art royal. Le jeu des glaces
donne un éclat sans égal aux salles.
Galerie des Glaces par Hardouin-Mansart

L’opulence et la cohérence des moindres détails reflè tent la grandeur de la royauté. Le jardin est
quant à lui une véritable scè ne de théâtre. Les plans d’eau et la verdure se soumettent subtilement à
de vastes ensembles équilibrés et harmonieux. Le jardin fait écho à la volonté de contrô ler la nature
par l’esprit.

Grâce à ce chantier monumental, l’art classique possè de un modè le, le Château de Versailles. Cet art
est résolument fondé sur la clarté, l’harmonie et l’ordre.

IV. Ecrivains
Pierre Corneille

Connu sous le nom du « Grand Corneille » et de « Corneille l’aîné », Pierre Corneille était à la fois
dramaturge et poète classique. Il laisse une œuvre variée, composée de comédies, telles que «
L’Illusion comique », mais avant tout de tragédies. Le fameux « dilemme cornélien » est d’ailleurs
passé dans le langage courant : il représente un choix quasiment impossible, tel que celui du
personnage de Rodrigue, qui doit décider entre amour et honneur dans « Le Cid ». Un certain
nombre de pièces de théâtre de Pierre Corneille ont également été adaptées sous la forme d’œuvres
musicales.

Jean de La Bruyère

Avant tout connu pour « Les Caractères », Jean de La Bruyère a publié cet ouvrage anonymement et
son nom n’apparaitra d’ailleurs jamais sur le livre de son vivant. Constitués d’un ensemble de courtes
pièces littéraires, « Les Caractères » permettent de se faire une idée assez précise de l’esprit du XVIIe
siècle. Jean de La Bruyère y développe des phrases rythmées, qui invitent à la lecture à haute voix.
L’auteur fut une source d’inspiration pour de nombreux écrivains tels que Marivaux, mais également
Honoré de Balzac ou encore Marcel Proust.

Jean de la Fontaine

S’il est avant tout connu pour ses « Fables », Jean de La Fontaine est également à l’origine de
poèmes, de pièces de théâtre ainsi que de livrets d’opéra ayant su rencontrer leur public du vivant de
l’écrivain. Auteur classique reçu à l’Académie française en 1684, il se range du côté des Anciens lors
de la « Querelle des Anciens et des Modernes ». Il s’est beaucoup inspiré des auteurs de l’Antiquité
gréco-latine et surtout d’Ésope pour l’écriture de ses Fables. Parmi les fables les plus connues de Jean
de La Fontaine, on trouve « La Cigale et la Fourmi », qui a été adaptée d’une fable d’Ésope, mais aussi
« Le Loup et l’Agneau », « Le Corbeau et le Renard » ou encore « Le Lièvre et la Tortue », entre
autres.

Molière

Jean-Baptiste Poquelin, dit « Molière », est sans aucun doute le comédien et dramaturge français
classique le plus connu, probablement tout siècle confondu. Il fait en effet partie des références
incontestées de la littérature de langue française du XVIIe siècle, dans l’Hexagone comme à
l’international. Ayant produit plusieurs dizaines de comédies en vers et en prose, il est notamment à
l’origine de farces, comédies de mœurs, comédies-ballets… Molière nous a laissé une œuvre dense et
variée, avec un comique verbal, gestuel et visuel, mais aussi l’omniprésence d’un comique de
répétition. L’auteur demeure également un acteur majeur de l’histoire du théâtre, qui a écrit pour
lui-même plusieurs dizaines de rôles tels que ceux de Scapin, de Sganarelle ou encore de Monsieur
Jourdain. « Les Précieuses ridicules », « L’Avare », « Le Bourgeois gentilhomme » et « Le Médecin
malgré lui » font partie des œuvres les plus adaptées, jouées et étudiées de Molière.

Blaise Pascal

À la fois mathématicien, physicien, philosophe, théologien et moraliste, Blaise Pascal est notamment
connu en littérature pour ses « Pensées », régulièrement appelées les « Pensées de Pascal ».
Mathématicien hors norme, il a inventé la première machine à calculer à 19 ans et a posé les bases
du calcul des probabilités. C’est après une expérience mystique qu’il s’est consacré à la philosophie
et à la religion.

Charles Perrault

Auteur français du XVIIe siècle s’inscrivant au sein de la littérature classique, Charles Perrault est
avant tout connu pour ses contes. C’est en 1683 qu’il décide de rédiger les « Contes de ma mère
l’Oye », après avoir choisi de se consacrer à l’éducation de ses enfants. Au sein de ce recueil, on
trouve de nombreux contes devenus absolument incontournables, et très largement adaptés sous la
forme de dessins animés ou de films, livres pour enfants… Parmi ceux-ci, on peut notamment citer «
La Belle au bois dormant », « Le Petit Chaperon rouge », « Le Chat botté », « La Barbe bleue », « Le
Petit Poucet » ainsi que « Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre ».

Jean Racine

Jean Racine est avant tout associé à sa tragédie « Andromaque », publiée en 1667, mais également à
« Britannicus » (1669), « Bérénice » (1670) ainsi que « Phèdre » (1677). Auteur français considéré
comme ayant porté la tragédie classique à son paroxysme, il est notamment associé à une véritable
rigueur de construction et à un respect strict des unités de temps, de lieu et d’action, symbolique de
la volonté de vraisemblance du classicisme. Élu à l’Académie française en 1672, Racine est devenu
historiographe du roi Louis XIV en 1677.

René Descartes

Mathématicien, philosophe et physicien français, René Descartes a notamment rédigé le « Discours


de la méthode » duquel est issue le très célèbre « Je pense, donc je suis ». En plus de son apport
majeur en matière de philosophie, il a également largement contribué aux avancées scientifiques de
son siècle, notamment en mathématiques : il est ainsi à l’origine de la géométrie analytique. Au fil
des années, la philosophie de Descartes a continué d’alimenter les débats, particulièrement au XIXe
siècle, et le « Discours de la méthode », publié en 1637, représente l’ouvrage philosophique le plus
étudié en France.

Jacques Bénigne Bossuet

Prédicateur, Bossuet est passé à la postérité pour ses sermons et ses oraisons funèbres. Son œuvre
classique est empreinte de spiritualité. Il est également connu pour diverses polémiques, notamment
celle qui l’opposa à Fénelon à propos du quiétisme (perfection chrétienne existant dans un état
continuel d'union avec Dieu, où l'âme devient indifférente à son propre salut). Élu à l’Académie
française en 1671, il a été en charge de l’instruction du dauphin Louis de France, fils du roi Louis XIV.

François de La Rochefoucauld

Pair de France, François VI, deuxième duc de La Rochefoucauld, prince de Marcillac est un écrivain,
moraliste et militaire français du XVIIe siècle. Connu pour ses « Maximes », qu’il publie pour la
première fois en 1664 il participait régulièrement au salon de Madeleine de Sablé, au sein duquel a
été lancé le genre littéraire des maximes. Il s’est inspiré de ces expériences pour son ouvrage.
Voltaire dira que « c’est un des ouvrages qui contribuèrent le plus à former le goût de la nation, et à
lui donner un esprit de justesse et de précision… Il accoutuma à penser et à renfermer des pensées
dans un tour vif, précis et délicat ».

v. Conclusion

À partir du classicisme, la réflexion intellectuelle, la recherche de la perfection formelle et la vie


sociale cessent d'apparaître comme des sphères séparées. Bien plus qu'un mouvement esthétique, le
classicisme apparaît comme une véritable vision du monde, où « tout n'est qu'ordre et beauté ». Le
classicisme a émergé au XVIIe siècle sous l’impulsion du Roi de France. Ce mouvement artistique a
une résonance sans égal puisqu’il a touché aussi bien la littérature, la peinture ou encore la musique.
Aujourd’hui de nombreuses œuvres appartiennent à cette période classique et l’architecture reste le
domaine le plus marquant pour les créations classiques.

Vous aimerez peut-être aussi