Constitution du Cameroun de 1996
Constitution du Cameroun de 1996
1996
LA CONSTITUTION
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PREAMBULE
LE PEUPLE CAMEROUNAIS
Fier de sa diversité linguistique et culturelle, élément de sa personnalité nationale qu’elle contribue à
enrichir, mais profondément conscient de la nécessité impérieuse de parfaire son unité, proclame
solennellement qu’il constitue une seule et même nation, engagée dans le même destin et affirme sa
volonté inébranlable de construire la patrie camerounaise sur la base de l’idéal de fraternité, de justice
et de progrès ;
Résolu à exploiter ses richesses naturelles afin d’assurer le bien-être de tous en relevant le niveau de
vie des populations sans aucune discrimination, affirme son droit au développement ainsi que sa
volonté de consacrer tous ses efforts pour le réaliser et se déclare prêt à coopérer avec tous les Etats
désireux de participer à cette entreprise nationale dans le respect de sa souveraineté et de
l’indépendance de l’Etat camerounais.
LE PEUPLE CAMEROUNAIS
Proclame que l’être humain, sans distinction de race, de religion, de sexe, de croyance, possède des
droits inaliénables et sacrés.
Affirme son attachement aux libertés fondamentales inscrites dans la déclaration universelle des
droits de l’homme, la charte des Nations-Unies, la charte africaine des droits de l’homme et des
peuples et toutes les conventions internationales y relatives et dûment ratifiées, notamment aux
principes suivants :
• tous les hommes sont égaux en droits et en devoirs. L’Etat assure à tous les citoyens les
conditions nécessaires à leur développement.
• l’Etat assure la protection des minorités et préserve les droits des populations autochtones
conformément à la loi ;
• la liberté et la sécurité sont garanties à chaque individu dans le respect des droits d’autrui et
de l’intérêt supérieur de l’Etat.
• tout homme a le droit de se fixer en tout lieu et de se déplacer librement, sous réserve des
prescriptions légales relatives à l’ordre, à la sécurité et à la tranquillité publics ;
• le domicile est inviolable. Nulle perquisition ne peut avoir lieu qu’en vertu de la loi ;
• le secret de toute correspondance est inviolable. Il ne peut y être porté atteinte qu’en vertu des
décisions émanant de l’autorité judiciaire ;
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• nul ne peut être poursuivi, arrêté ou détenu que dans les cas et selon les formes déterminées
par la loi ;
• la loi ne peut avoir d’effet rétroactif. Nul ne peut être jugé et puni qu’en vertu d’une loi
promulguée et publiée antérieurement au fait punissable ;
• tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie au cours d’un
procès conduit dans le strict respect des droits de la défense ;
• toute personne a droit à la vie et à l’intégrité physique et morale. Elle doit être traitée en toute
circonstance avec humanité. En aucun cas, elle ne peut être soumise à la torture, à des peines
ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ;
• nul ne peut être inquiété en raison de ses origines, de ses opinions ou croyances en matière
religieuse, philosophique ou politique sous réserve du respect de l’ordre public et des moeurs ;
• l’Etat est laïc. La neutralité et l’indépendance de l’Etat vis-à-vis de toutes les religions sont
garanties ;
• la nation protège et encourage la famille, base naturelle de la société humaine. Elle protège la
femme, les jeunes, les personnes les personnes âgées et les personnes handicapées ;
• la propriété est le droit d’user, de jouir et de disposer des biens garantis à chacun par la loi.
Nul ne saurait en être privé si ce n’est pour cause d’utilité publique et sous la condition d’une
indemnisation dont les modalités sont fixées par la loi ;
• l’Etat garantit à tous les citoyens de l’un et de l’autre sexes, les droits et libertés énumérés au
préambule de la Constitution.
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TITRE PREMIER
DE L’ETAT ET DE LA SOUVERAINETE
Article Premier :
Elle reconnaît et protège les valeurs traditionnelles conformes aux principes démocratiques,
aux droits de l’homme et à la loi.
5. Son drapeau est : Vert, Rouge, Jaune, à trois bandes verticales d’égales dimensions.
Il est frappé d’une étoile d’or au centre de la bande rouge.
Les armoiries de la République du Cameroun sont constituées par un écu chapé surmonté
Coté chef par l’inscription " République du Cameroun ", et supporté par un double faisceau de
licteurs entrecroisés avec la devise : " Paix, Travail, Patrie ", côté pointe.
L’écu est composé d’une étoile d’or sur fond de sinople et d’un triangle de gueules, chargé de
la carte géographique du Cameroun d’azur, et frappé du glaive de la balance de justice de
sable.
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Article. 2.-
2. Les autorités chargées de diriger l’Etat tiennent leurs pouvoirs du peuple par voie d’élections
au suffrage universel direct ou indirect, sauf dispositions contraires de la présente Constitution.
3. Le vote est égal et secret ; y participent tous les citoyens âgés d’au moins vingt (20) ans.
Article 3.- Les partis et formations politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils doivent
respecter les principes de la démocratie, de la Souveraineté et de l’unité nationale. Ils se forment et
exercent leurs activités conformément à la loi.
• Le Président de la République ;
• Le Parlement.
TITRE II
DU POUVOIR EXECUTIF
CHAPITRE I
DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Article 5.- :
Article 6.- :
1. Le Président de la République est élu au suffrage universel direct, égal et secret, à la majorité
des suffrages exprimés.
2. Le Président de la République est élu pour un mandat de sept (7) ans renouvelable une fois.
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3. L’élection a lieu vingt (20) jours au moins et cinquante (50) jours au plus avant l’expiration des
pouvoirs du Président de la République en exercice.
a. l’intérim du Président de la République est exercé de plein droit, jusqu’à l’élection du nouveau
Président de la République, par le Président du Sénat, et si ce dernier est à son tour empêché,
par son suppléant suivant l’ordre de préséance du Sénat.
5. Les candidats aux fonctions de Président de la République doivent être des citoyens
camerounais d’origine, jouir de leurs droits civiques et politiques et avoir trente-cinq (35) ans
révolus à la date de l’élection.
Article 7 :
3. La formule du serment et les modalités d’application des dispositions des alinéas 1 et 2 ci-
dessus sont fixées par la loi.
4. Les fonctions de Président de la République sont incompatibles avec toute autre fonction
publique élective ou toute activité professionnelle.
Article 8. :
1. Le Président de la République représente l’Etat dans tous les actes de la vie publique.
5. Le Président de la République promulgue les lois dans les conditions prévues à l’article 31 ci-
dessous.
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6. Le Président de la République saisit le Conseil Constitutionnel dans les conditions
déterminées par la Constitution.
Article 9. :
1. Le Président de la République peut, lorsque les circonstances l’exigent, proclamer par décret,
l’état d’urgence qui lui confère des pouvoirs spéciaux dans les conditions fixées par la loi.
ARTICLE 10.-
1. Le Président de la République nomme le Premier Ministre et, sur proposition de celui-ci, les
autres membres du Gouvernement.
2. Le Président de la République peut déléguer certains de ses pouvoirs au Premier Ministre, aux
autres membres du Gouvernement et à certains hauts responsables de l’administration de
l’Etat, dans le cadre de leurs attributions respectives.
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CHAPITRE II
DU GOUVERNEMENT
Article 11.
1. Le Gouvernement est chargé de la mise en œuvre de la politique de la Nation telle que définie
par le Président de la République.
2. Il est responsable devant l’Assemblée Nationale dans les conditions et selon les procédures
prévues à l’article 34 ci-dessous.
Article 12. :
3. Le Premier Ministre exerce le pouvoir réglementaire et nomme aux emplois civils, sous réserve
des prérogatives reconnues au Président de la République dans ces domaines.
5. Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux membres du Gouvernement et à des hauts
responsables de l’Administration de l’Etat.
Article 13.- Les fonctions de membres du Gouvernement et assimilés sont incompatibles avec
l’exercice de tout mandat parlementaire, la présidence d’un exécutif ou d’une assemblée d’une
collectivité territoriale décentralisée, toute fonction de représentation professionnelle à caractère
national et tout emploi ou activité professionnelle.
TITRE III
DU POUVOIR LEGISLATIF
Article 14. :
1. Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement qui comprend deux (2) chambres :
• L’Assemblée Nationale,
• Le Sénat.
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b. en sessions extraordinaires, à la demande du Président de la République ou du tiers des
membres composant l’une et l’autre chambre.
Toutefois, les deux chambres ne sont convoquées simultanément que si les matières portées
à l’ordre du jour concernent l’une et l’autre.
Lorsque le Parlement se réunit en congrès, le bureau de l’Assemblée Nationale préside les débats.
6. La loi fixe le régime électoral de l’Assemblée Nationale et du Sénat ainsi que le régime des
immunités, des inéligibilités, des incompatibilités, des indemnités et des privilèges des
membres du Parlement
CHAPITRE I
DE L’ASSEMBLEE NATIONALE
ARTICLE 15 . –
1. L’Assemblée Nationale est composée de cent quatre-vingt (180) députés élus au suffrage
universel direct et secret pour un mandat de cinq (5) ans.
Le nombre des députés élus à l’Assemblée Nationale peut-être modifié par la loi.
Article 16.-
2. Chaque année, l’Assemblée Nationale tient trois (3) sessions ordinaires d’une durée maximum
de trente (30) jours chacune.
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a. à l’ouverture de sa première session ordinaire, l’Assemblée Nationale élit son Président et son
bureau.
b. au cours de l’une des sessions, l’Assemblée Nationale vote le budget de l’Etat. Au cas où le
budget n’aurait pas été adopté avant la fin de l’année budgétaire en cours, le Président de la
République est habilité à reconduire, par douzième, le budget de l’exercice précédent jusqu’à
l’adoption d u nouveau budget.
Article 17 . -
Article 18 . –
1. L’ordre du jour de l’Assemblée Nationale est fixé par la conférence des présidents.
2. La conférence des présidents comprend : les présidents des groupes parlementaires, les
présidents des commissions et les membres du bureau de l’Assemblée Nationale. Un membre
du Gouvernement participe aux travaux de la conférence des présidents.
3. Seuls les textes relevant de sa compétence en vertu de l’article 26 ci-dessous peuvent être
inscrits à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale.
a. Sont irrecevables, les propositions de loi ou amendements qui auraient pour effet, s’ils sont
adoptés, soit une diminution des ressources publiques, soit l’aggravation des charges
publiques sans réduction à due concurrence d’autres dépenses ou création de recettes
nouvelles d’égale importance.
4. L’ordre du jour comporte en priorité et dans l’ordre que le Gouvernement a fixé, la discussion
des projets de loi ou des propositions de loi qu’il a acceptées. Les autres propositions de loi
retenues par la conférence des présidents sont examinées par la suite.
Lorsque, à l’issue de deux sessions ordinaires, une proposition de loi n’a pu être examinée,
celle-ci est de plein droit examinée au cours de la session ordinaire suivante.
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Article 19.-
2. L’Assemblée Nationale adopte ou rejette les textes soumis à son réexamen par le Sénat,
conformément aux dispositions de l’article 30 ci-dessous.
3. Avant leur promulgation, les lois peuvent faire l’objet d’une demande de seconde lecture par le
Président de la République. Dans ce cas, ces lois sont adoptées à la majorité absolue des
députés.
CHAPITRE II
DU SENAT
Article 20.-
2. Chaque région est représentée au Sénat par dix (10) sénateurs dont sept (7) sont élus au
suffrage universel indirect sur la base régionale et trois (3) nommés par le Président de la
République.
3. Les candidats à la fonction de sénateur ainsi que les personnalités nommées à ladite fonction
par le Président de la République, doivent avoir quarante (40) ans révolus à la date de
l’élection ou de la nomination.
Article 21 .-
1. Au début de chaque législature, le Sénat se réunit de plein droit en session ordinaire, dans les
conditions fixées par la loi.
2. Chaque année, le Sénat tient trois (3) sessions ordinaires d’une durée maximum de trente (30)
jours chacune.
A l’ouverture de sa première session ordinaire, le Sénat élit son Président et son bureau.
3. Le Sénat se réunit en session extraordinaire pour une durée maximum de quinze (15) Jours
sur un ordre du jour déterminé, à la demande du Président de la République ou d’un tiers des
sénateurs.
Article 22 .-
2. Le Sénat fixe lui-même ses règles d’organisation et de fonctionnement sous forme de loi
portant règlement intérieur.
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Article 23 .-
2. La conférence des Présidents comprend : les présidents des groupes parlementaires, les
présidents des commissions et les membres du bureau du Sénat. Un membre du
Gouvernement participe aux travaux de la conférence des Présidents.
3. Seuls les textes relevant de sa compétence en vertu de l’article 26 ci-dessous peuvent être
inscrits à l’ordre du jour du Sénat.
a. Sont irrecevables, les propositions de loi ou amendements qui auraient pour effet, s’ils sont
adoptés, soit une diminution des ressources publiques, soit l’aggravation des charges
publiques sans réduction à due concurrence d’autres dépenses ou création de recettes
nouvelles d’égale importance.
4. l’ordre du jour comporte en priorité et dans l’ordre que le Gouvernement a fixé, la discussion
des projets de loi ou des propositions de loi qu’il a acceptées. Les autres propositions de loi
retenues par la conférence des Présidents sont examinées par la suite.
Lorsque, à l’issue de deux sessions ordinaires une proposition de loi n’a pu être examinée,
celle-ci est de plein droit examinée au cours de la session ordinaire suivante.
Article 24 .-
2. Le Sénat peut apporter des amendements ou rejeter tout ou partie des textes soumis à son
examen, conformément aux dispositions de l’article 30 ci-dessous.
3. Avant leur promulgation, les lois peuvent faire l’objet d’une demande de seconde lecture par le
Président de la République.
Dans ce cas, les lois sont adoptées, à la majorité absolue des sénateurs.
TITRE IV
Article 26.-
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2. Sont du domaine de la loi :
f. le régime de l’éducation.
Article 27.- Les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi ressortissent au pouvoir
réglementaire.
Article 28 .- Dans les matières énumérées à l’article 26 alinéa 2 ci-dessus, le Parlement peut
autoriser le Président de la République pendant un délai limité et sur des objets déterminés, à prendre
des ordonnances.
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Ces ordonnances entrent en vigueur dès leur publication.
Elles sont déposées sur le bureau de l’Assemblée Nationale et sur celui du Sénat aux fins de
ratification dans le délai fixé par la loi d’habilitation.
Elles ont un caractère réglementaire tant qu’elles n’ont pas été ratifiées.
Elles demeurent en vigueur tant que le Parlement n’a pas refusé de les ratifier.
Article 29. –
1. les projets et propositions de loi sont déposés à la fois sur le bureau de l’Assemblée Nationale
et sur celui du Sénat. ils sont examinés par les commissions compétentes avant leur
discussion en séance plénière.
2. Le projet de loi examiné en séance plénière est le texte déposé par le Président de la
République. La proposition de loi examinée en séance plénière est le texte élaboré par l’auteur
ou les auteurs de celle-ci.
Article 30.-
1. Les textes adoptés par l’Assemblée Nationale sont aussitôt transmis au Président du Sénat
par le Président de l’Assemblée Nationale.
2. Le Président du Sénat, dès réception des textes transmis par le Président de l’Assemblée
Nationale, les soumet à la délibération du Sénat.
3. Le Sénat, dans un délai de dix (10) jours à partir de la réception des textes ou dans un délai de
cinq (5) jours pour les textes dont le Gouvernement déclare l’urgence, peut :
a. Adopter le texte.
Dans ce cas, le Président du Sénat retourne le texte adopté au Président de l’Assemblée
Nationale qui le transmet dans les quarante huit (48) heures au Président de la République
aux fins de promulgation.
b. Apporter des amendements au texte.
Les amendements, pour être retenus, doivent être approuvés à la majorité simple des
sénateurs.
Dans ce cas, le texte amendé est retourné à l’Assemblée Nationale par le Président du
Sénat pour un nouvel examen.
Les amendements proposés par le Sénat sont adoptés ou rejetés à la majorité simple des
députés.
Le texte adopté définitivement est transmis par le Président de l’Assemblée Nationale au
Président de la République pour promulgation.
c. Rejeter tout ou partie du texte.
Le rejet doit être approuvé à la majorité absolue des sénateurs.
Dans ce cas, le texte en cause, accompagné de l’exposé des motifs du rejet, est retourné
par le Président du Sénat à l’Assemblée Nationale, pour un nouvel examen.
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4. L’Assemblée Nationale, après délibération, adopte le texte à la majorité absolue des députés.
Le texte adopté définitivement par l’Assemblée Nationale est transmis au Président de la
République pour promulgation.
Le texte élaboré par la commission mixte paritaire est soumis par le Président de la
République pour approbation aux deux chambres.
Article 31.-
1. Le Président de la République promulgue les lois adoptées par le Parlement dans un délai de
quinze (15) jours à compter de leur transmission, s’il ne formule aucune demande de seconde
lecture ou s’il n’en saisit le Conseil Constitutionnel.
Article 32.- Le Président de la République peut, sur sa demande, être entendu par l’Assemblée
Nationale, le Sénat, ou les deux chambres réunies en congrès. Il peut également leur adresser des
messages.
Article 33.- Le Premier Ministre et les autres membres du Gouvernement ont accès au Parlement et
peuvent participer aux débats.
Article 34.-
1. Lors de la session au cours de laquelle le projet de loi de finances est examiné, le Premier
Ministre présente à l’Assemblée Nationale le programme économique, financier, social et
culturel du Gouvernement.
2. Le Premier Ministre peut, après délibération du Conseil ministériel, engager devant
l’Assemblée Nationale, la responsabilité du Gouvernement sur un programme ou, le cas
échéant, sur une déclaration de politique générale.
Le vote ne peut intervenir moins de quarante-huit (48) heures après la question de confiance.
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3. L’Assemblée Nationale peut mettre en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote
d’une motion de censure. Pour être recevable, la motion de censure doit être signée par au
moins un tiers des membres de l’Assemblée Nationale. Le vote ne peut intervenir moins de
quarante-huit (48) heures après le dépôt de la motion de censure. La motion de censure est
adoptée à la majorité des deux tiers des membres composant l’Assemblée Nationale. Seuls
sont recensés les votes favorables à la motion de censure.
En cas de rejet de la motion de censure, les signataires ne peuvent en déposer une nouvelle
avant le délai d’un an, sauf dans le cas prévu à l’alinéa 4 ci-dessous.
4. Le Premier Ministre peut, après délibération du Conseil ministériel, engager devant
l’Assemblée Nationale, la responsabilité du Gouvernement sur le vote d’un texte. Dans ce cas,
ce texte est considéré comme adopté sauf si une motion de censure déposée dans les vingt-
quatre (24) heures qui suivent est votée dans les conditions prévues à l’alinéa précédent.
5. Lorsque l’Assemblée Nationale adopte une motion de censure ou refuse la confiance du
Gouvernement, le Premier Ministre doit remettre au Président de la République la démission
du Gouvernement.
6. Le Président de la République peut reconduire le Premier Ministre dans ses fonctions et lui
demander de former un nouveau Gouvernement.
Article 35 .-
1. Le Parlement contrôle l’action gouvernementale par voie des questions orales ou écrites et par
la constitution des commissions d’enquête sur des objets déterminés.
2. Le Gouvernement, sous réserve des impératifs de la défense nationale, de la sécurité de l’Etat
ou du secret de l’information judiciaire, fournit des renseignements au Parlement.
3. Au cours de chaque session ordinaire, une séance par semaine est réservée par priorité aux
questions des membres du Parlement et aux réponses du Gouvernement.
Article 36.-
1) des projets de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics ou sur la révision de
la constitution ;
2) des projets de loi tendant à la ratification des accords ou des traités internationaux
présentant, par leurs conséquences, une importance particulière ;
3) de certains projets de réforme portant sur le statut des personnes et le régime des
biens etc...
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TITRE V
DU POUVOIR JUDICIAIRE
Article 37.-
Article 38.-
1. La Cour Suprême est la plus haute juridiction de l’Etat en matière judiciaire, administrative et
de jugement des comptes.
2. Elle comprend :
• les recours en cassation admis par la loi contre les décisions rendues en dernier ressort par
les cours et les tribunaux de l’ordre judiciaire ;
• les décisions des juridictions inférieures de l’ordre judiciaire devenues définitives dans les cas
où l’application du droit est en cause ;
Elle statue souverainement sur les décisions rendues en dernier ressort par les juridictions inférieures
en matière de contentieux administratif.
Elle connaît de toute autre matière qui lui est expressément attribuée par la loi.
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Article 41.- La chambre des comptes est compétente pour contrôler et statuer sur les comptes publics
et ceux des entreprises publiques et para-publiques.
Elle statue souverainement sur les décisions rendues en dernier ressort par les juridictions inférieures
des comptes.
Elle connaît de toute autre matière qui lui est expressément attribuée par la loi.
Article 42.-
TITRE VI
Article 44.- Si le Conseil Constitutionnel a déclaré qu’un traité ou accord international comporte une
clause contraire à la Constitution, l’approbation en forme législative ou la ratification de ce traité ou de
cet accord ne peut intervenir qu’après la révision de la Constitution.
Article 45.- Les traités ou accords internationaux régulièrement approuvés ou ratifiés ont, dès leur
publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve pour chaque accord ou traité, de son
application par l’autre partie.
TITRE VII
DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Article 46.- Le Conseil Constitutionnel est l’instance compétente en matière constitutionnelle. Il statue
sur la constitutionnalité des lois. Il est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions.
Article 47.-
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2. Le Conseil Constitutionnel est saisi par le Président de la République, le Président de
l’Assemblée Nationale, le Président du Sénat, un tiers des députés ou un tiers des sénateurs.
Les Présidents des exécutifs régionaux peuvent saisir le Conseil Constitutionnel lorsque les
intérêts de leur région sont en cause.
3. Avant leur promulgation, les lois ainsi que les traités et les accords internationaux peuvent être
déférés au Conseil Constitutionnel par le Président de la République, le Président de
l’Assemblée Nationale, le Président du Sénat, un tiers des députés ou un tiers des sénateurs,
les Présidents des exécutifs régionaux conformément aux dispositions de l’alinéa (2) ci-
dessus.
4. Le Conseil Constitutionnel donne des avis sur les matières relevant de sa compétence.
Article 48.-
2. En cas de contestation sur la régularité de l’une des élections prévues à l’alinéa (1) ci-dessus,
le Conseil Constitutionnel peut être saisi par tout candidat, tout parti politique ayant qualité
d’agent du Gouvernement pour cette élection.
Article 49.- Dans tous les cas de saisine, le Conseil Constitutionnel statue dans un délai de quinze
(15) jours.
Toutefois, à la demande du Président de la République, ce délai peut être ramené à huit (8) jours.
Article 50 .-
Article 51.-
1. Le Conseil Constitutionnel comprend onze (11) membres, désignés pour un mandat de neuf
(9) ans non renouvelable.
Les membres du Conseil Constitutionnel sont choisis parmi les personnalités de réputation
professionnelle établie.
Ils doivent jouir d’une grande intégrité morale et d’une compétence reconnue.
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2. Les membres du Conseil Constitutionnel sont nommés par le Président de la République et
désignés de la manière suivante :
TITRE VIII
1. La Haute Cour de Justice est compétente pour juger les actes accomplis dans l’exercice de
leurs fonctions par :
2. L’organisation, la composition, les conditions de saisine ainsi que la procédure suivie devant la
Haute Cour de Justice sont déterminés par la loi.
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TITRE IX
TITRE X
Tout autre type de collectivité territoriale décentralisée est créé par la loi.
2. Les collectivités territoriales décentralisées sont des personnes morales de droit public. Elles
jouissent de l’autonomie administrative et financière pour la gestion des intérêts régionaux et
locaux. Elles s’administrent librement par des Conseils élus et dans les conditions fixées par la
loi.
Les Conseils des collectivités territoriales décentralisées ont pour mission de promouvoir le
développement économique, social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif de ces collectivités.
3. L’Etat assure la tutelle sur les collectivités territoriales décentralisées dans les conditions
fixées par la loi.
4. L’Etat veille au développement harmonieux de toutes les collectivités territoriales
décentralisées sur la base de la solidarité nationale, des potentialités régionales et l’équilibre
inter-régional.
5. L’organisation, le fonctionnement et le régime financier des collectivités territoriales
décentralisées sont déterminés par la loi.
6. Le régime des communes est déterminé par la loi.
Article 56.-
1. l’Etat transfère aux régions, dans les conditions fixées par la loi, des compétences dans les
matières nécessaires à leur développement économique, social, sanitaire, éducatif, culturel et
sportif.
2. La loi détermine :
• le partage des compétences entre l’Etat et les Régions dans les matières ainsi
transférées ;
• les resources des regions ;
• le domaine et le patrimoine particulier de la Région.
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Article 57.-
• le Conseil Régional ,
• et le Président du Conseil Régional.
Le Conseil Régional et le Président du Conseil Régional agissent dans le cadre des
compétences transférées aux régions par l’Etat.
2. Le Conseil Régional est l’organe délibérant de la Région. Les conseillers régionaux dont le
mandat est de cinq (5) ans sont :
Le mode d’élection, le nombre, la proportion par catégorie, le régime des inéligibilités, des
incompatibilités et des indemnités des conseillers régionaux sont fixés par la loi.
3. Le Conseil Régional est présidé par une personnalité autochtone de la région élue en son sein
pour la durée du mandat du Conseil.
4. Les Parlementaires de la Région assistent aux travaux du Conseil Régional avec voix
consultative.
Article 58.-
Article 59.-
1. Le Conseil régional peut être suspendu par le Président de la République lorsque ledit
organe :
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3. La substitution de plein droit par l’Etat dans les cas prévus aux alinéas (1) et (2) ci-dessus est
décidée par le Président de la République.
4. Les modalités d’application du présent article sont fixées par la loi.
Article 60.-
Article 61.-
• L’ADAMAOUA ;
• LE CENTRE ;
• L’EST ;
• L’EXTREME-NORD ;
• LE LITTORAL ;
• LE NORD ;
• LE NORD-OUEST ;
• L’OUEST ;
• LE SUD ;
• LE SUD-OUEST.
2. Le Président de la République peut, en tant que de besoin :
b- créer d’autres Régions. Dans ce cas, il leur attribue une dénomination et fixe leurs
délimitations géographiques.
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ARTICLE 62.-
2. Sans préjudice des dispositions prévues au présent titre, la loi peut tenir compte des
spécificités de certaines Régions dans leur organisation et leur fonctionnement.
TITRE XI
DE LA REVISION DE LA CONSTITUTION
Article 63 .-
2. Toute proposition de révision émanant des membres du Parlement doit être signée par un tiers
au moins des membres de l’une ou de l’autre chambre.
3. Le Parlement se réunit en congrès, lorsqu’il est appelé à se prononcer sur un projet ou une
proposition de révision de la Constitution. Le texte est adopté à la majorité absolue des
membres le composant. Dans ce cas, la révision est votée à la majorité des deux tiers des
membres composant le Parlement.
Article 64.- Aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à la forme
républicaine, à l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Etat et aux principes démocratiques qui régissent
la République.
TITRE XII
Une loi détermine les autres catégories de personnes assujetties aux dispositions du présent article et
en précise les modalités d’application.
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TITRE XIII
2. Pendant leur mise en place et jusqu’à cette mise en place, les institutions de la République
actuelles demeurent et continuent de fonctionner :
b. Les députés à l’Assemblée Nationale restent en fonction jusqu’à la fin de leur mandat en
cours, sous réserve de l’application des dispositions de l’article 8 alinéa 12.
4. La Cour Suprême exerce les attributions du Conseil Constitutionnel jusqu’à la mise en place
de celui-ci.
5. L’organisation territoriale de l’Etat reste inchangée jusqu’à la mise en place des régions.
Article 68.- La législation résultant des lois et règlements applicables dans l’Etat Fédéral du
Cameroun et dans les Etats Fédérés à la date de prise d’effet de la présente Constitution reste en
vigueur dans ses dispositions qui ne sont pas contraires aux stipulations ce celle-ci, tant qu’elle n’aura
pas été modifiée par voie législative ou réglementaire.
Article 69.- La présente loi sera enregistrée et publiée au Journal Officiel de la République du
Cameroun en français et en anglais. Elle sera exécutée comme Constitution de la République du
Cameroun.
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
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