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DIH et Terrorisme : Défis Juridiques

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« Le DIH est spécifiquement conçu pour s’appliquer dans les situations de conflit

1
armé » . Ce constat traduit clairement que le champ d’application du DIH c’est lors des
conflits armés. Ainsi, dans toutes autres situations de violence non définit comme un conflit
armé, le DIH se voit automatiquement comme lié. Ainsi, « Le droit international humanitaire
(DIH) peut être défini comme une branche du droit international qui limite l’usage de la
violence dans les conflits armés »2.
Instinctivement, l’homme est de nature violent et près à user de la violence pour ses
intérêts. D’où le philosophe Thomas Hobbes dans Le Léviathan pouvait dire « L’homme est
un loup pour l’homme ». Dans le but d’échapper à cet état de barbarie, les hommes ont
décidé de remettre entre les mains de l’État leurs libertés de l’usage de la force ou de la
violence dans un contrat social. Ce qui fait de l’État en principe le seul détenteur légitime de
la force ou de la violence dans le but de maintenir l’ordre public ou de défendre son
territoire. Ainsi, l’utilisation de la force ou de la violence en dehors du cadre légitime de
l’État est interdit. Toutefois, nous constatons que la violence devient de plus en plus un
langage parlé sur l’étendue du globe.
L’une des formes que prends la violence depuis un temps est celle du phénomène du
terrorisme. En effet, le phénomène du terrorisme est depuis un certains moments une plaie
pour le droit international. « Nous savons ce qu’est le terrorisme à condition que personne ne nous
demande de l’expliquer »3 pouvait signifier Saint Augustin. Le flou ou l’incertitude lié à la
notion de la définition du terrorisme rend complexe sa qualification.
Ainsi, l’impasse de la définition du terrorisme emboite le pas au droit international
dans la lutte contre le terrorisme. Car, la question de la définition dans l’analyse juridique est
l’un des éléments les plus importants. En effet, c’est en fonction de la définition que le
régime juridique applicable nait. Toutefois, la communauté internationale jusqu’ici n’est pas
en accords sur la notion du terrorisme.
Notons que la qualification d’une situation de violence en conflit armé est ce qui
marque la compétence du DIH. Par contre le terrorisme échappe aux mécanismes de la
qualification. Alors, de façon raisonnable et mesurée, peut-on appliqué le DIH au
terrorisme ? Qu’en est-il de la guerre contre le terrorisme ? Ce sont, sans nul doute, ces
interrogations qui justifient le choix du sujet libellé comme suit : Le droit international
humanitaire et le terrorisme.
Le sujet ci-dessus annoncé présente deux notions dont la compréhension sera
impérative avant d’aller plus loin. Il s’agit des notions de « DIH » et du « Terrorisme ». Il sera
question dans un premier temps d’analyser le DIH et son évolution pour porter un regard
dans un second temps sur le phénomène de terrorisme.
1
Nils Melzer, Etienne Kuster, DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE, introduction détaillée, CICR, p.21
2
Marco Sassòli, Antoine A. Bouvier, Anne Quintin, Juliane Garcia, UN DROIT DANS LA GUERRE ? VOLUME I,
CICR, p.1
3
Mélanie Simon- Franza, Vous Avez Dit Terrorisme ? Ballast 2017/1 (N°6), Editions Aden, p.123

1
« Définir, en droit, est une entreprise de longue haleine dont on sait au départ qu’elle
n’aboutira pas à la perfection4 ». Pour comprendre le sujet, prenons le soin de définir
méthodiquement les termes suivants : « Le droit international humanitaire » et « le
terrorisme ».
Antoine A. Bouvier définit le DIH comme l’ensemble des règles « applicable dans les
conflits armés correspond aux règles internationales, établies par des traités ou par la
coutume, spécifiquement destinées à résoudre les problèmes humanitaires découlant
directement de conflits armés, internationaux ou non internationaux. (…) protéger les
personnes et les biens qui sont, ou peuvent être, impactés par les conflits armés, en
encadrant les méthodes et moyens de guerre des parties aux conflits. »5
À la question qu’est-ce que le droit humanitaire ? l’ouvrage DROIT INTERNATIONAL
HUMANITAIRE, GUIDE A L’USAGE DES PARLEMENTAIRES N°25 réponds : « Le droit
international humanitaire (DIH), parfois appelé « droit de la guerre » ou « droit des conflits
armés », régit les relations entre les États, les organisations internationales et les autres
sujets du droit international durant les conflits armés. Il constitue une branche du droit
international public et se compose de règles destinées à protéger les personnes qui ne
participent pas, ou plus, aux hostilités et à limiter les moyens et méthodes de guerre. En
d’autres termes, le DIH est formé de règles inscrites dans des traités internationaux ou issues
de la coutume et spécifiquement destinées à régler des questions d’ordre humanitaire
directement liées aux conflits armés, qu’ils soient de nature internationale ou non
internationale.6 »
Des deux définitions, notons que le droit international humanitaire abrégé DIH est le
droit de la guerre, c’est une branche du droit international, son champs d’application est
nécessairement en cas de conflit armé. Il s’invite dans les hostilités non pas pour prendre
parti ou pour donner raison mais il intervient en vue de protéger les civils c’est-à-dire les
personnes qui ne participent pas ou plus directement aux hostilités, à protéger les personnes
blessées et malades7ainsi que leurs biens. Cette première branche du DIH est appelé le droit
de Genève. La seconde branche est celle du droit de la Haye qui veille à la règlementation
des méthodes et des moyens de faire la guerre.
Pour faire un peu plus simple, à la question le droit international humanitaire c’est
quoi ? Le CICR répond « Le droit international humanitaire (DIH) est un ensemble de règles
qui, pour des raisons humanitaires, vise à atténuer les effets des conflits armés. Il protège les
personnes qui ne participent pas ou ne participent plus au combat, (telles que les civils, les

4
François Grua, Nicolas Cayrol, Méthode des études de droit, Conseils pour le cas pratique, le
commentaire, la dissertation et la note de synthèse, Dalloz

5
Antoine A. Bouvier, Harvey J. Langholtz, Le Droit International Humanitaire Et Le Droit Des Conflits Armés,
Ph.D., institut de formation aux opération de paix, P.12
6
DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE, GUIDE A L’USAGE DES PARLEMENTAIRES N°25, p.8

7
LES CONVENTIONS DE GENEVE du 12 août 1949, CICR

2
personnels médical, les travailleurs humanitaires, les blessés, les malades, les soldats
naufragés, les prisonniers de guerre, ou les autres détenus) et restreint le choix des moyens
et méthodes de guerre (par exemple l’utilisation de certaines armes). Le DIH est également
appelé droit de la guerre ou droit des conflits armés8 »
Parlant des règles de la guerre, pour Quincy Wright « Considérées dans leur
globalité, les pratiques guerrières des peuples primitifs illustrent divers types de règles
internationales de la guerre que nous connaissons aujourd’hui : des règles internationales de
la guerre que nous connaissons aujourd’hui : des règles établissant des distinctions entre
divers types d’ennemis, des règles fixant les circonstances, les formalités et l’autorité
nécessaires pour déclarer et pour conclure une guerre, des règles décrivant les limitations
relatives aux personnes, au moment, au lieu et aux méthodes de guerre, et même des règles
interdisant totalement la guerre9 »
En effet, Bien que la doctrine s'accorde généralement sur le fait que le DIH soit né en
1864 avec l'adoption de la Première Convention de Genève, il est aussi clair que les règles
contenues dans cette Convention n'étaient pas complètement nouvelles. En effet, le droit
international humanitaire plonge ses racines dans les pratiques coutumières des armées,
telles qu’elles se sont constituées au fil des siècles sur tous les continents 10. Comme toutes
les autres branches du droit international, le droit international humanitaire repose sur des
sources tant conventionnelles que coutumières. En réalité, une grande partie de la Première
Convention de Genève trouve sa source dans le droit international coutumier préexistant. En
fait, on peut trouver des règles protégeant certaines catégories de personnes lors des
conflits armés et des coutumes concernant les moyens et méthodes de combat autorisés ou
interdits dès 1000 ans avant Jésus Christ. Même si ces règles très anciennes et souvent
nature ont été établies non pas pour des raisons humanitaires mais pour des raisons
économiques, leurs impacts restent humanitaires. Par exemple, l'interdiction d'empoisonner
des puits (réaffirmé à la Haye en 1899) était à l'origine prévue pour faciliter l'exploitation des
zones conquises ; la première justification de l'interdiction de tuer les prisonniers de guerre
(réaffirmée et développée dans la troisième convention de Genève de 1949) consistait à
préserver la vie de futurs esclaves ou de faciliter l'échange de prisonniers de guerre.
Dans le code de Manu, écrit en 200 ans avant J-C, on trouve des règles sur le
comportement dans les combats. Ce code a été traduit par Auguste Loiseleur-
Deslongchamps et intitulé en « Lois de Manou » dans ce livre on y retrouve des règles
comme suite : « Qu’il mêle à tous ses aliments des antidotes, et qu’il ait toujours soin de
porter sur lui des pierres précieuses qui détruisent l’effet du poison. Que des femmes,
surveillées avec soin, et dont les parures et les vêtements ont été examinés préalablement,
de peur qu’elles ne cachent des armes ou du poison, viennent l’éventer, et répandre sur son
corps de l’eau et des parfums avec la plus grande attention. »11 On y voit clairement que
l’utilisation de poison comme arme de guerre était défendue. On trouve de telles

8
[Link] vu 06/03/2024
9
DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE, Réponses à vos questions, CICR, P.14
10
Jean-Marie HENCKAERTS et Louise DOSWALD-BECK, Droit international Humanitaire Coutumier Volume I
Règles p.
11
Auguste Loiseleur-Deslongchamps, Lois de manou, Genève, arbre d’Or, juin 2007, p.160

3
interdictions dans de nombreuses civilisations différentes, à travers le monde et à travers
l'histoire. Par exemple dans de nombreux endroits d'Afrique il y avait des règles spécifiques
concernant le commencement des hostilités entre différents peuples qui correspondent, en
grande partie, à l'obligation traditionnelle européenne de déclarer la guerre. Aussi, dans
l’Art de la guerre de Sun Tse qui est l’un des premiers traités militaire de stratégie, rédigé
vers le Vème siècle avant J-C ; ce traité prône un emploi modéré de la force, l’usage de
l’intelligence et de la ruse combinées avec la fermeté d’esprit et la ténacité 12 montre que les
règles de la guerre ne sont pas une histoire contemporaine.
« De nombreux textes anciens tels que le Mahâbhârata, la Bible et le coran contiennent
des règles prônant le respect de l’adversaire. Ainsi, le Viqâyet, texte rédigé vers la fin du
XIIIème siècle, à l’apogée du règne sarrasin en Espagne, comporte un véritable code des lois
de la guerre. Dans l’Europe médiévale aussi, les chevaliers devaient respecter les règles de la
chevalerie, code d’honneur qui garantissait le respect des plus faibles et des personnes dans
l’impossibilité de se défendre. 13» Ces faits montrent l’universalité du DIH.
Deux hommes ont joué un rôle dans la naissance du DIH moderne ; à savoir Henry
Dunant, homme d’affaire suisse, et Guillaume-Henri Dufour, officier de l’armée suisse. C’est
à Henry Dunant, philanthrope ardent, que revient le mérite d’avoir pensé et développé la
Croix Rouge qui marque la naissance du DIH moderne. Il fut témoin, à Solferino, en juin
1859, d’un carnage qui restera l’obsession de sa vie. En une journée, près de vingt-deux mille
Autrichiens, dix-sept mille Français et Italiens sont blessés et abandonnés sur le champ de
bataille. Henry Dunant, qui se trouve là pour des affaires, se joint immédiatement aux
habitants du village, qui ont spontanément organisé des secours rudimentaires. Trois ans
plus tard parait son ouvrage Un souvenir de Solferino 14 en 1862 qui est son témoignage de
cette journée tragique : " Le soleil du 25 éclaira l'un des spectacles les plus affreux qui se
puissent présenter à l'imagination. Le champ de bataille est partout couvert de cadavres
d'hommes et de chevaux ; les routes, les fossés, les ravins, les buissons, les prés sont
parsemés de corps morts (...). Les malheureux blessés qu'on relève pendant toute la journée
sont pâles, livides, anéantis; les uns, et plus particulièrement ceux qui ont été profondément
mutilés, ont le regard hébété et paraissent ne pas comprendre ce qu'on leur dit, ils attachent
sur vous des yeux hagards, mais cette prostration apparente ne les empêche pas de sentir
leurs souffrances; les autres sont inquiets et agités par un ébranlement nerveux et un
tremblement convulsif; ceux-là, avec des plaies béantes où l'inflammation a déjà commencé
à se développer, sont comme fous de douleur, ils demandent qu'on les achève, et ils se
tordent, le visage contracté, dans les dernières étreintes de l'agonie.”15 Le général Dufour,
parfaitement au fait des réalités de la guerre, apporta immédiatement un soutien moral actif
aux idées de Dunant, notamment en présidant la conférence diplomatique de 1864 qui
adopta la toute première Convention de Genève.
Dunant décrit dans son livre la situation et profite pour proposer des mesures
pratiques destinées à améliorer le sort des victimes de guerre. Ces mesures peuvent être
12
Sun Tse, L’art de la guerre, Agora, Octobre 2006
13
DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE, Réponses à vos questions, CICR, P.14
14
Un souvenir de solferino, CICR, Génève, 1990
15
Ibidem, p.41

4
résumé comme suit : Que des sociétés de secours volontaires soient établies dès les temps
de paix dans tous les pays afin de servir, en période de conflit, d'auxiliaires aux services
médicaux militaires. Que les États concluent un traité international garantissant légalement
la protection des blessés militaires et du personnel médical qui leur porte secours. Qu'un
signe international d'identification et de protection du personnel sanitaire et des
installations sanitaires soit adopté. « Inspiré par le souffle de Dieu ; convaincu que son
travail était un instrument de sa volonté sainte ; Dunant le pacifiste idéaliste ne croit pas à la
possibilité d’abolir les guerres, mais à l’urgence d’en adoucir l’horreur »16. Tout le système
des Sociétés Nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge découle de la première
proposition ; La seconde proposition donna naissance à la "Première convention de Genève"
en 1864, La troisième proposition conduisit à l'adoption de l'emblème protecteur de la croix
rouge et du croissant rouge. C’est à la date du 22 aout 1864 que la première convention de
Genève pour l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne est
signée.
Toujours, dans le but d’humaniser les conflits armés il a fallu établir un ensemble de
règles dont le but est d’encadrer les moyens et méthodes de faire la guerre. En effet, si tous
les moyens ou toutes les armes pouvaient être utilisés lors des guerres les désastres seraient
tellement énormes. L’évolution de la technologie et de la science fait apparaitre des armes à
destructions massives. La seconde guerre mondiale peut en témoigner, elle a vu une dizaine
de ville en Europe et au Japon être complètement détruites après des jours de raids aériens
avec l’utilisations de milliers de bombes. C’est ainsi que le droit international humanitaire,
par le droit de la Haye règlemente les moyens de guerre et les méthodes de guerre.
Comprenons par moyens de guerre les armes ou les systèmes d’armes à utiliser et par
méthode de guerre tous les moyens tactiques ou stratégiques destinés à écraser l’ennemi ou
à affaiblir l’adversaire. Ainsi, « Chaque partie au conflit doit prendre toutes les précautions
pratiquement possibles quant au choix des moyens et méthodes de guerre en vue d’éviter et,
en tout cas, de réduire au minimum les pertes en vies humaines dans la population civile, les
blessures aux personnes civil les et les dommages aux biens de caractère civil qui pourraient
être causés incidemment »17. Le code lieber quant à lui a inspiré pour la rédaction de la
conduite des soldats pendant les conflits armés. C’est ainsi que la déclaration de Saint-
Pétersbourg et le code lieber ont une place importante dans la convention de la Haye. Le
droit international humanitaire est donc la somme du droit de Genève ainsi que du droit de
la Haye. Le DIH a donc pour vocation d’humaniser les hostilités lors des conflits armés. Il
veille à éviter au maximum les actes de terreur pendant le jeu de la guerre.
Le DIH tourne autour de 5 principales règles qui régissent les hostilités, à savoir : le
principe d’humanité, le principe de distinction, le principe de proportionnalité, le principe de
précaution et le principe de l’interdiction de causer des maux superflus et des souffrances
inutiles. Le CICR condamne énergiquement les actes de violence aveugle, qui répandent la
terreur parmi la population civile.

16
L’action humanitaire, Rony Brauman, Dominos flammarion, p.35
17
DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE COUTUMIER, Volume I : Regles, Jean-Marie HENCKAERTS,
Louise DOSWALD-BECK, CICR, Bruylant, 2006, p. 76

5
Étymologiquement, le terme « terrorisme » provient du mot latin terror qui signifie
terreur ou effroi. En 1864, le Dictionnaire de l’Académie française définissait la terreur
comme une « épouvante, grande crainte, agitation violente de l’âme causée par l’image d’un
mal présent, ou d’un péril prochain18». Ce qui sous-entend qu’à la base, terroriser c’est user
de certaines méthodes afin d’affecter l’âme de sentiment de crainte ou d’insécurité. Le
Larousse 2016 définit le terrorisme comme un « ensemble d’actes de violence (attentats,
prises d’otages, etc.) commis par une organisation ou un individu pour créer un climat
d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à
l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système19 ».
Parlant du terrorisme, le ABC du droit international humanitaire fait l’approche
suivante :« La notion de terrorisme n’est pas définie par le droit international public.
Néanmoins, de nombreux agissements et activités liés au terrorisme sont interdits par le
droit international public, les droits de l’homme et le droit international humanitaire. En
effet, en vertu du droit international humanitaire, les actes généralement considérés comme
des actes de terrorisme, tels que les attentats contre la population civile et contre les biens
civils, les attaques sans discrimination et la prise d’otages, sont interdits tant dans les conflits
armés internationaux que non internationaux. De plus, le droit international humanitaire
prohibe explicitement les actes ou menaces dont le but principal est de répandre la
terreur.20 »
Du point de vue du Dictionnaire de la violence, « Le terrorisme proprement dit (…)
n’est pas le fait des États mais de groupes intérieurs ou extérieurs, parfois manipulés par
certains États il est vrai, qui emploient la violence contre des objectifs civils plutôt que
militaires en les frappant d’une manière spectaculaire susceptible de terroriser la population
et de faire parvenir un message de menace plus grande aux autorités (…)21 »
Pour la spécialiste britannique Lisa STAMPNITZKY, le terrorisme est un sujet qui souffre
d’un trop plein de définitions22. En effet, ce sujet a fait couler assez d’encres dans la
recherche scientifique sans pour autant arriver à apporter un consensus au sein de la
communauté internationale.
Assez de mots ce sont imposés dans notre vocabulaire souvent sans qu’on aperçoive
réellement la signification. C’est ainsi que parlant du terrorisme, BRUCE HOFFMAN dit :« La
plupart des gens en ont une vague idée et perçoivent de quoi il s’agit, mais ne peuvent en
proposer une définition précise, concrète ni vraiment satisfaisante »23.
Ainsi, nous voyons que l’on peine à définir le mot « terrorisme » il est assimilé la plupart
du temps à ses actes qui ont pour objectif de rependre la terreur. Il est important de noter
qu’il revient à la révolution française le mérite d’avoir inventer le mot “Terreur“ et aux
révolutionnaires russes d’avoir conçu le terme “Terrorisme“. Historiquement, « Pour
18
Siret, Thomas. « Le terrorisme contemporain. Aux origines historiques du phénomène : l’exemple de
l’anarchisme », Revue française de criminologie et de droit pénal, vol. 7, no. 2, 2016, p.22
19
Simon-Franza, Mélanie. « Vous avez dit terrorisme ? », Ballast, vol. 6, no. 1, 2017, p.7
20
ABC du droit international humanitaire, p.53
21
Dictionnaire de la violence, Michela MARZANO
22
Simon-Franza, Mélanie. « Vous avez dit terrorisme ? », Ballast, vol. 6, no. 1, 2017, P.4
23
BRUCE HOFFMAN, La mécanique terroriste, nouveaux horizons, p.15

6
certains historiens, le « terrorisme » est une notion récente qui semble émerger pour la
première fois peu après la Révolution française. Il vise alors le système de « la Terreur » du
gouvernement révolutionnaire qui sera en place d’avril 1793 à juillet 1794. La finalité du
régime mis en place par Robespierre est de terroriser ses opposants, stigmatisés comme des
ennemis du peuple, afin d’asseoir son pouvoir. »24
Nous remarquons qu’à l’origine, le terrorisme était exercé par l’État contre les
populations par contre aujourd’hui nous constatons que c’est l’inverse. Aujourd’hui, le
terrorisme bat ses ailes et fait les grands titres des journaux. Observer les conflits en cours
montre vite que le terrorisme est devenu l’une des composantes majeures de la guerre.
Le terrorisme est une notion polysémique. Dans le corps de notre travail nous aurons à
traiter la question de la problématique de la définition du terrorisme spécialement dans une
section vu la sensibilité de la notion.
Mener une étude sur le sujet intitulé le DIH et le Terrorisme requière une délimitation
précise. En effet, notre recherche s’évertuera à aborder la relation complexe entre le DIH et
le terrorisme, en soulignant que le DIH ne s’applique généralement pas au cas espèce du
terrorisme, mais prend effet lorsque la lutte contre le terrorisme évolue vers un conflit armé.
Le choix porté à ce sujet n’est pas fortuit. Il revêt un intérêt scientifique dans la mesure
où il soulève des questions importantes sur la pertinence et les limites du Droit international
humanitaire dans le contexte du terrorisme, mettant en lumière les défis juridiques
rencontrés lors de la lutte contre le terrorisme.
Au regard de ce qui précède, notre analyse s’articulera autour du problème suivant : le
droit international humanitaire est-il un cadre règlementaire applicable au terrorisme ?
Nous pouvons affirmer que le droit international humanitaire (DIH) n’est pas
compétent pour traiter directement la question du terrorisme. Cependant, si la lutte contre
le terrorisme évolue en un conflit armé, le DIH retrouve alors son champ d’application.
Sur cette base, notre étude utilisera des méthodes normatives, comparatives,
pratiques et casuistiques. La méthode normative, essentielle à toute analyse juridique, nous
servira à examiner des traités. L’approche comparatiste nous aidera à combler les lacunes
bibliographiques sur le sujet. L’approche pratique est importante car elle nous permettra de
rendre compte de l’actualité du sujet. Enfin, l’approche casuistique est opportune
puisqu’elle permettra de comprendre la perspective du juge sur le terrorisme.
Cela dit, la réponse au problème posé mérite une analyse. Dans ce sens, notre travail
sera fait en deux grandes parties. Dans un premier temps nous aborderons LE DIH : UN
CADRE NORMATIF INAPPROPRIE AU TERRORISME (PARTIE I) et dans un second temps nous
traiterons LE DIH : DES REGLES NÉCESSAIRES POUR L’ENCADREMENT DE « LA GUERRE
CONTRE LE TERRORISME » (PARTIE II)

24
ALAIN BAUER, CHRISTOPHE SOULLEZ, LE TERRORISME POUR LES NULS, FIRST EDITIONS, PREMIERE PARTIE,
QUERELLE SEMANTIQUES

7
8

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